[CLOS] Une envie qui nait et s’épanouie. [ Miss Kreizler, je vous prie.]

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Mar 15 Mar 2016 - 20:18
Une envie qui nait et s’épanouie.

Feat. Miss Kreizler



La propriété était excentrée. Le hasard ne menait pas dans ce coin de l’Arche. Il fallait un moyen de transport personnel pour arriver sur le territoire des Lampeduza. Un exil qui pour beaucoup de écossais aurait été vu comme une punition. Cependant, la paix du foyer ne voulait pas dire l’ennui. Une intense et vibrante vie habitait cette terre. À la nuit tombée une peuplade d’animaux campagnards faisait retentir leurs cris. Auxquels répondaient régulièrement rires et chants humains. Là, du chenil s’élevait une chorale d’aboiements. La meute de chiens était constituée de plus d’une douzaine de chiens de race.

Une silhouette longiligne s’extrayait de l’endroit, lorsque le bruit d’un moteur retentit, à l’entrée des grilles. Ainsi, comme lors de leurs premières rencontres les deux femmes se saluèrent au grand air. La Duchesse prit les devants pour arriver sur le seuil de la Villa avant son invitée. Elle portait des vêtements très sobres en comparaison de ses dernières apparitions en Ville. Les tenues de grands couturiers avaient été mises de côté, pour habit plus basique. Il lui sied néanmoins avec la même élégance affectée. Elle pénétra dans un des salons d’ordinaire fermés aux invités. Il était de taille plus modeste, cosy, avec tapis persans et couleurs chatoyantes aux murs. Une odeur d’encens en parfumait l’air.

Le majordome de la demeure se posta dans la pièce. Les mains gantées posées contre le bas ventre.  Il darda un regard curieux sur la femme blonde. - Servez nous un verre Maurice. Deux boissons étaient déjà posées sur un plateau en argent.  Le liquide ambré avait de profondes nuances dorées. La qualité était identifiable rien qu’à la réfraction de la lumière sur la surface. La dame alla ouvrir un petit coffret en ébène posé sur une table. Elle saisit délicatement un cigare. Elle prit ensuite la double guillotine, pour en couper en la tête d’un geste quasi chirurgical.  Une flamme jaillit vive se refléta dans ses prunelles sauvages. L’infirme indice d’une force domptée par l’éducation.

- Mettez-vous à votre aise, Gabrielle. Le Duc s’excuse de ne pas être présent pour vous recevoir. Mais il m’a fait promettre de vous donner son bonjour et d’être douce avec vous. La pointe d’ironie ne manqua pas de faire tiquer le majordome. Il regagna sitôt une expression neutre. Nikolas s’installa de biais, sur le canapé et croisa les jambes avec une décontraction marquée. Elle remercia son bras droit pour le verre tendu et en dégusta une première gorgée. La pupille se dilata sous le coup d’un plaisir gustatif. La gourmandise faillit lui en faire boire une seconde lampée.

- Comment allez-vous depuis notre dernière rencontre ? Un second plateau fut porté à l’intention des dames. Un assortiment d’amuse-bouche était joliment présenté. Les mets étaient délicats. Pourtant, la Duchesse les dédaigna d’un vague mouvement de main. Je veux des olives noires. Elle aspira ensuite une longue bouffée du succulent présent reçu par le Duc. Un cuisinier ne tarda pas à se présenter avec un nouveau plateau qu’il présenta à la critique. La Maîtresse de maison acquiesça et le fit disposer.

Pendant que l’on s’activa autour d’elles pour rendre le salon encore plus intimiste, Madame étudiait la jeune femme. Une douce mélodie s’éleva des quatre coins de la pièce. Les lamentos d’une soprano italienne vibrèrent dans un murmure secret. Les pas de velours d’un domestique s’éloignaient discrètement. Puis, les portes furent closes, laissant les deux femmes seules dans un huis clos nocturne.

Partageons un moment toutes les deux. Une trêve pour la femme-serpent  n’était jamais que la résultante d’un nouveau calcul.
Strega
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Mar 15 Mar 2016 - 23:22




DUCHESSE
LAMPEDUZA


<< Première rencontre
Une envie qui nait et s'épanouie

Rix ayant eu le feu vert de pouvoir venir en civile – keffieh, blouson, jeans, bottes, ce qu'on lui connaissait de base -, sans avoir besoin de porter quoi que ce soit de trop restreignant, elle avait donc finalement accepté l'invitation à manger chez la Duchesse. Tout en se demandant ce que cela allait leur apporter à toutes les deux. Pour le moment, elle avait plus de mal à la supporter que l'inverse, leur monde respectif était chacun bien trop à l'opposé de l'autre et pourtant... pourtant elles faisaient des efforts, rien que de se voir comme ça. Enfin, pour le moment, rien ne disait que tout ceci allait bien finir.

On lui avait donné le chemin à suivre pour rejoindre la villa, la moto - oui parce qu'elle adorait ces vieux engins, surtout de les bidouiller - roulait à plein régime, elle profitait des routes un peu moins bondée pour pousser le moteur à fond et profiter des chevaux qui se trouvaient dans le moteur. Certes, sa conduite pouvait paraître dangereuse, elle vous répondra seulement qu'elle aimait parfois le faire de façon un peu sportive. Elle mit donc sans doute beaucoup moins de temps que prévu pour arriver. Le bruit du moteur annonçait son arrivée et elle reconnut bien rapidement la silhouette de la Duchesse s'approcher d'elle, tandis qu'elle mettait pied à terre et enlevait son casque. Une main passée dans les cheveux pour tenter de les remettre un peu en ordre et Gabrielle salua son hôte, avant de la suivre à l'intérieur de la villa.

La maison était à l'image de ses propriétaires, somptueuse. Ce qui faisait se demander à notre agent, s'ils ne finissaient pas par s'emmerder dans cette cage dorée. Quoi que... les goûts et les couleurs. Silencieuse donc, elle entra à son tour dans le salon. Observant toujours, avec curiosité il est vrai, la pièce. Découvrant un peu plus l'intimité de ce couple. Même si le Duc n'était pas présent à l'instant. Elle resta presque surprise de voir Nikolas prendre si facilement ses aises, elle qui semblait d'ordinaire si... coincée. Un léger sourire furtif fit son apparition, avant qu'elle ne hoche de la tête. Se mettre à l'aise. Elle posa son casque à l’entrée, sur une table basse, enleva son blouson de cuir, qu'elle laissait sur le dossier d'un des fauteuils et s'installa dessus, remerciant le majordome du verre qu'il lui tendait. Tout en écoutant les dires de la dame.

- Hum et vous êtes du genre à tenir vos promesses faites au Duc?

Kreizler avait le droit d'en douter un peu, non? Et puis, elle estimait ne pas avoir besoin de la protection du vieil homme pour s'en sortir face à sa sorcière d'épouse. Ce n'était pas cette femme qui lui faisait peur. Bien au contraire. Le liquide ambré tourna un instant dans le verre.

- On ne peut mieux. Était-ce un mensonge? Elle jeta un regard vers elle. Et vous? Oui, elle était éduquée, parfois. Et puisqu'elles étaient en terrain... "neutre".

Observant alors le petit manège de la maîtresse de maison avec son cuisinier. C'était bien parce qu'elle avait le pouvoir et l'argent qu'elle pouvait se permettre d'être aussi exigeante. Rix accepta ce qu'on lui mettait devant elle, n'ayant pas non plus une faim de vorace, elle était prête à grignoter quelques amuse-bouche. Surtout que ceux-ci, avaient l'air particulièrement bon. Tout comme l'alcool dans lequel elle venait de tremper les lèvres.

- Excellent. Mais elle n'apprenait sans doute rien à la propriétaire.

Elles finirent par se retrouver en tête-à-tête. Gabrielle se permit de s'installer plus confortablement, croisant les jambes, tenant toujours son verre dans une main. La remarque de la Duchesse lui fit hausser un sourcil, alors qu'elle la fixait du regard.

- Un moment? Elle porta le verre à nouveau à ses lèvres. De quel genre?

Ne voyez pas là une invitation à quoi que ce soit de la part de la profileuse. Elle se montrait juste intéressée par les idées qui pouvaient passer par la tête de son interlocutrice. Il semblait que la hache de guerre était enterrée pour le moment. Allez savoir combien de temps cela durerait.

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Rix
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Mar 15 Mar 2016 - 23:48
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La maisonnée se mura dans le silence. Le personnel était d’une discrétion exemplaire. Une sélection d’hommes et de femmes débauchés des meilleures maisons des îles européennes Europe pour servir les Lampeduza. L’homme de main, de madame, se chargea des effets personnels de l’invitée. Le casque et la veste disparurent du paysage comme par enchantement. Il revint ensuite, prendre sa place habituellement, devant les portes closes du petit salon.

- Le Duc n’est pas l’unique gardien de mes promesses. Déclara tranquillement la dame.

Les affaires de madame étaient dérobées au regard importun. Une signature apparaissait parfois sur des documents officiels. Une encre qui ne pouvait cependant jamais la confondre devant la Justice. Le couple magnait les lois à leur avantage depuis des décennies. Ils connaissaient et maîtrisaient chaque faille. Les dettes n’étaient pas plus que des accords temporaires, que chaque vie effaçait les unes après les autres. Les promesses existaient, mais se faisaient dans l’Ombre, ou dans des langues inconnues du commun des mortels.

- Vos collègues disent que vous écourtés chaque homme qui se présente. Doit-on y voir de l’indifférence ? La questionna-t-elle avec soupçon.

Il y avait dans les yeux de Nikolas une lueur de pure intelligence. La lucidité s’apparentait même à de la fourberie dans son sourire. Une femme qui demeurait perpétuellement consciente de ses forces et de ses faiblesses, surtout. On ne l’imaginait pas laisser la main au hasard ou commettre une maladresse, tant elle donnait une impression parfait contrôle. La voir au repos était un cadeau dispensé avec attention.

Je vais bien, je vous remercie de le demander. Nous avons la chance que les vents soient calmes.Conclu-t-elle sans juger utile d’aller dans le détail . Une recrue du FBI se tenait évidemment au fait des événements.

Initiatique.Déclara ensuite la dame, tout en se penchant pour déposer son verre, sur la table basse.

La femme avait une sorte de masculinité dans sa façon de bouger. Le définir eu été impossible. Les éléments étaient impalpables. Elle aspira une bouffée du cigare avec délectation. La saveur acre du tabac ne la déstabilisait pas. Elle était même gagnée par le charisme que partageaient les hommes d’une autre époque. Puisque vous êtes la amenée à côtoyer des Prodiges, il vous faut prendre connaissance de certains… points, disons. Les yeux de Nikolas épiaient les réactions de la jeune femme. Vous a t-on dit en quoi consiste le titre d’Immortel ?

La jambe croisée surélevait un pied, qui formait des cercles dans le vide. Le mouvement rotatif lent et répété pouvait faire penser à la queue d’une panthère qui attendait que son repas sorte du terrier. Un sourire se dessina au coin de ses lèvres félines. Servez-vous, surtout. Si vous désirez quelque chose en particulier mon cuisinier peut vous le préparer.

A cet instant, une magnifique chienne arriva, de la porte du fond du salon. Elle était grande, musclée, le poil lustré et le regard vif. Le frottement de ses pattes sur le tapis était très délicat. Elle s’étendit au pied de la Duchesse avec délicatesse. A l’image de celle qui l’avait élevée, elle était calme et élégante.
Strega
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Mer 16 Mar 2016 - 0:05




DUCHESSE
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Une envie qui nait et s'épanouie

La réponse de Nikolas ne la surpris guère, elle eut même un petit regard amusé. Au moins se rejoignaient-elles sur ce point. Elles n'avaient guère besoin des hommes, pour savoir ce qu'elles voulaient et comment y parvenir. Voilà bien longtemps que Gabrielle s'était détachée de l'influence qu'ils pouvaient avoir sur elle. Elle aimait leur compagnie, pour ce qu'ils pouvaient apporter, surtout le côté amusant, mais c'était tout. Simon avait été l'exception, bien entendu. Maintenant c'était une toute autre histoire, elle qui ne se laissait guère plus approchée... mis à part Percy, qui pouvait parfois lui faire se poser quelques questions, mais cela ne durait jamais qu'un temps.

Le liquide ambré tourna encore dans sa prison de verre, tandis que l'agent fixait son interlocutrice sans ciller. Que cherchait-elle vraiment à savoir? De plus, elle estimait que ce sujet ne la regardait guère, après tout, elles n'étaient pas de grandes copine. Madame la Duchesse n'avait finalement été, qu'un témoin dans l'une de ses enquêtes.

- Mes collègues parlent beaucoup pour ne rien dire. Ils aiment croire qu'une femme doit impérativement être maquée, sinon sa vie est ratée. Je les déconcerte certainement, mais je m'en moque complètement.Prenant une gorgée de la boisson. Sans doute oui, l'indifférence est un bon moyen d'avoir la paix, dans un monde d'homme.

Strega avait sans doute fait quelque chose de juste, montrer à Kreizler qu'elle pouvait être autre chose que ce cul coincé qu'elle rencontrait le plus souvent, la faisait être moins directement sur la défensive. Elle était prête à discuter ainsi.

Son regard se teinta un instant de curiosité, un moment initiatique? Cela ne répondait guère à sa question. Il y avait plein de façons de passer ce genre de chose. Rix eut un léger rire quand elle vint alors sur le sujet de ces prodiges immortels. Finalement, pourquoi cela ne l'étonnait pas? Elle secoua légèrement la tête, un sourire toujours en coin, reprenant une gorgée d'alcool.

- A tous porter ce délicat parfum de formol?
Après en avoir apprécié profondément le goût. Du whisky, pas du formol - elle n'avait rien de Sherlock Holmes à ce niveau -.

Oui, Gabrielle avait fini par identifier très clairement cette odeur qui flottait sur un certains nombres de prodiges qu'elle avait pu croiser. Cette dernière ne manquera sans doute pas d'éclairer un peu plus sa lanterne quand même, puisque sa réponse démontrait bien que non, personne ne lui avait rien dit. Ce n'était pas le sujet principal en général.

Peut-être n'était-ce pas non plus le meilleur des mouvements, de dévoiler quelque peu, une partie de son don, mais il faudrait pour cela que la noble tilt sur le fait que pouvoir sentir les "âmes" des gens, en était un.

- Merci, mais je pense qu'avec ce qu'il y a déjà sur la table, je devrais trouver mon compte. Se penchant pour attraper quelques mets. Son regard fût attiré par l'animal qui venait de rentrer dans la pièce. Vous aimez les chiens, n'est-ce pas?

Gabrielle était parfaitement consciente d'avoir sorti une évidence, mais c'était simplement pour entretenir une discussion et montrer que même si elle s'était permis un petit trait d'humour, que son interlocutrice avait gouté ou pas, elle ne cherchait pas la guerre avec elle ce soir.

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Rix
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Dim 3 Avr 2016 - 18:36
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Le pied de la Duchesse s’arrêta de tourner une fraction de seconde. La ritournelle recommença comme si de rien était.

- Oui… cette civilisation est bien lente. La dame aspira une autre bouffée. J’aimerai que vous veniez à la prochaine soirée que je vais donner à la Villa. J’ai comme l’intuition que vous pourriez y trouver quelques intérêts.

La formulation était faite de façon qu’il ait été grossier de l’éconduire. La femme abordait ce point comme une formalité dont elle l’informait par commodité, plus que par obligation.

Le regard de Nikolas se fit plus vif. Il n’y eut pas d’étonnement, mais de la curiosité. Le chasseur ayant discerné un mouvement dans les fourrés et calcul son prochain pas. La dame hocha du chef et partagea un sourire avec la jeune femme, acceptant de bonne grâce sa petite saillie.

J’y associe plus volontiers une odeur de cendre chaude. La confession était cela dit quelque peu intime. Le monde des sens appartenait au corps, à la chair, au privé. La boutade les amena à effleurer des secrets plus anciens que ne l’était la sorcière elle-même.

Il serait périlleux d’y voir une décrépitude. La plupart de ces individus sont plus vifs d’esprits, que ne le sont tous vos Einstein, Turing, Dizhou, ou autre « génie » contemporain. « Contemporain » dans la bouche de la femme semblait avoir un sens différent du sens commun.

Le temps n’influençait pas ses pensées et ses actes comme il le faisait avec un être mortel. Le recul donné par l’infini était tel, qu’il réduisait en lambeaux les concepts les plus fondamentaux à l’Humanité. Un esprit humain de nature devenait progressivement inhumain. Un processus auquel aucun des Prodiges ne pouvait se soustraire. Strega avait intégré ce fait. Elle le faisait sien. Elle avait très vite assumé d’être en dehors des normes. À ce jour, elle achevait près de sa trente-troisième existence. Elle en avait oublié une bonne moitié et conservait de l’autre que des brides.

Il vous faut comprendre que... quant bien même, ils vous gardent prés d’eux. Vous n’aurez ensuite pas plus de force qu’un parfum, ou un geste agréable.

La chienne comprit qu’elle était le sujet de leur conversation. Oui. Ils ont des aptitudes tout à fait fascinantes. Quand on parvient à les exploiter. Ainsi qu’un sens de la loyauté dont peu d’humains peuvent se targuer. Un regard en biais de la Duchesse. Elle retroussa ses lèvres en un sourire mesquin. Pour autant, je suis certaine que vous savez comment vous attacher la loyauté de vos pairs, Gabrielle. Le cigare alla reposer sur le bord d’une coupole.

La femme échangea la nicotine contre un goût de son pays d’adoption. Elle piqua une olive avec une étrange délicatesse et s’en délecta. Nikolas passa son pouce à la commissure droite de ses lèvres. Elle s’installa ensuite dans une posture de repos. Une expression amusée sur le visage lui donnait un air de louve mutine. Elle entonna un petit discours.

Vous savez Gabrielle… je ne crois pas beaucoup à toute cette psychologie moderne. Quelques névrosés qui cherchant à justifier leurs erreurs. Exactement comme des croyants qui justifient leur petitesse par le divin. Une critique acerbe et discutable qui lui servait visiblement d’introduction.

Le liquide doré dansa dans le verre quand la Duchesse le porta vers sa bouche. Je ne crois pas non plus que vous soyez aussi indépendante que votre attitude le suggère. Madame Lampeduza reposa alors tranquillement le récipient. Elle cultivait les mots autant que les silences qui les séparaient les uns des autres. Je crois au contraire que vous dissimulez une âme sensible et protectrice envers votre genre. Avança-t-elle sur le ton de la conversation.
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Dim 3 Avr 2016 - 19:46




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Rix fût presque un peu surprise de la tournure de la conversation. Voilà qu'elle se faisait inviter, sans avoir rien demandé. Avouez que ça pouvait surprendre. Elle estimait ne pas réellement appartenir à la catégorie de femmes que cette Duchesse pouvait avoir envie de voir à ses soirées huppées.

- Quel genre de soirée? Vous savez, je ne suis pas très portée sur les petits fours et ce genre de chose...

Au moins était-elle honnête, elle préférait prévenir son interlocutrice, ce n'était pas son genre de tenter de faire bonne impression, juste pour entrer dans des trucs qui n'était pas de son monde. Bien au contraire. Voilà pourquoi on évitait aussi de l'envoyer en mission d'infiltration dans ce monde-ci. Elle n'était pas la plus douée pour se fondre dans cette masse avec facilité.

- Hum... si vous le dites. Sans vouloir aller plus loin dans la discussion, même si elle aurait pu la convaincre que ce n'était pas une association, mais bien l'odeur réelle qu'ils avaient tous, bons ou mauvais et que ça n'avait pas été, pour le coup, une pique lancée pour le plaisir. Même si ça pouvait en avoir l'air. Finalement, notre agent préféra le relever. Je n'ai pas dit cela pour vous rentrer dedans Duchesse, cette odeur, elle vous suit, tous autant que vous êtes. Je ne pense pas que les autres et même vous, êtes vraiment capable de vous en rendre compte, mais c'est une sorte de marque de fabrique, concernant les... gens comme vous. Comme ça que je les perçois en tous les cas.

Reprenant une gorgée de sa boisson. Elle se moquait bien de ces mutants sans âge. Ils pouvaient avoir toute l'expérience, tout la sagesse qu'ils voulaient, ça ne changeait pas grand-chose à sa vision. Elle préférait ne pas avoir l'éternité devant elle. N'être que de passage sur cette terre lui convenait parfaitement et elle se foutait finalement des autres. Elle haussa les épaules.

- Qu'importe, je me moque finalement pas mal de savoir ce qu'ils pensent, ce que je serais pour eux, vous, une fois que je ne serais plus sur cette terre. Ça n'a absolument aucun intérêt à mes yeux.

Rix observait la chienne, tout en écoutant la réponse de sa patronne, relevant ensuite les yeux sur elle, quand il fût question de loyauté et de sa propension à savoir le faire. Légèrement - même - l'un de ses sourcils marqua une sorte de curiosité à ses paroles.

- Vous croyez? Qu'est-ce qui vous fait dire cela?

Oui, elle avait le droit de vouloir en savoir plus, non? Bien entendu, l'agent savait parfaitement que cette femme qui lui faisait face, ne disait jamais les choses à la légère et qu'il devait sans doute y avoir quelque chose derrière. Ça se confirma assez rapidement avec la suite. Tiens-donc, pensait-elle avoir cerné notre profileuse? Sa remarque lui tira un air intrigué.

- Et pourquoi ne serais-je pas aussi indépendante que j'en donne l'air? Vous pensez que je suis à la solde de quelqu'un? Qu'on tire les ficelles de ma vie sans que je n'aie mon mot à dire? La dame lui donna une réponse assez rapidement, ce qui tira un petit silence de sa part, alors qu'elle posait le verre sur la table. Mon genre? Quel est-il?

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Dim 3 Avr 2016 - 20:41
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- Vous le découvrirez si vous venez. La Dame n’argumenta pas plus loin en faveur de cette invitation. Elle ne réitérait jamais ses propositions. Une personne rusée se devait de réagir sans cela. Elle avait en tête d’autres stratégies pour garder un œil sur cette nouvelle connaissance. Elle reprit donc la conversation comme si ce sujet n’avait pas été abordé. Les propos de la visiteuse parurent confirmer une opinion. Les mains de madame Lampeduza se figèrent. Elle sembla sourire pour elle-même cette fois.

Un don de détection qui peut s’avérer dangereux étant donné le vivier implanté dans cette ville, depuis quelques années. Nikolas fixa plus intensément son vis-à-vis. Gardez ce talent pour vous. Conseil prodigué avec des accents de sagesse. Il était comme un écho aux intuitions. Un rapport différent s’instaurait.

La suite plaça les deux femmes a priori dans deux camps distincts. Il n’y eut aucune tension. Le calme du salon La Duchesse ne disait rien sur les mortels. Elle les côtoyait quotidiennement sans sembler en être indisposée. Elle était dure avec son personnel et ses associées. Les exigences qu’elle imposait autour d’elle lui valaient parfois de savoureux surnoms. La vie aux côtés de l'Italien avait pourtant eu des effets sur elle. Aucun ne pouvait se figurer, que cette femme, qui portait un nom et une alliance, était une incarnation adoucie d’une âme noire. Une âme forgée par une suite de morts et de renaissances, de passions et de pertes.

Vous avez raison. Seule l’opinion que vous avez de vous-même a du sens. Êtes-vous satisfaite de vous-même Gabrielle ? Poursuivit-elle ainsi le déroulé d’une pensée.

Un sourire énigmatique accueillit la curiosité de la jeune femme. Nikolas ménagea un temps de pause. Elle se cala un peu plus confortablement et inspira une bouffée de son cigare.

Vous et mon époux partagez un point commun. Une chose qui fait de vous les plus beaux et les plus talentueux des conquérants. Le charisme. Je ne parle pas de l’attraction physique. Je parle du kharisma. « La Grâce ». Qui vous donne cette capacité d’influencer autrui. D’autres ont déjà dû le percevoir.

Un aboiement tonna dans le lointain.

Non. Ce n’est pas ce que je pense. Non… Je pense que votre passé influence fortement votre comportement. J’ai su votre histoire. Malheureuse. Elle pousserait une femme à céder à la facilité de la folie. Il est vrai aussi que certaines âmes ne font pas naître le mal, elles le cultivent. Pourtant… je sens chez vous une résistance.

La vieille chienne au poil roux releva la truffe en direction de Strega. Toutes les deux échangèrent un regard. La connivence sembla possible entre une bête et une femme. Madame ne masquait pas une affection naturelle pour les animaux. Elle se concentra néanmoins sur son invitée.

Vous ne désirez pas sincèrement du baiser de Lucifer, Gabrielle. Au contraire, vous cherchez à devenir un ange. Un veilleur. Voilà votre genre.

Une affirmation déclamée non sans une pointe d’ironie. L’émancipation ne suffisait pas à faire d’un être quelqu’un de nouveau. Il n'y avait pas encore d'accusation portée. La dureté n'était pas non plus présente. La Vipère avait rangé ses crocs. Le temps ne manquait pas encore. La Duchesse était une femme douée de patience et de mystère. Elle savait attendre le moment opportun avant d'agir. Les dernières interactions avec la policière lui avaient appris certaines choses. Elle en prenait acte et agissait en conséquence.

-Comment vous projetez-vous dans les années à venir ? Une question, encore une fois d'apparence anodine. Il n'en était rien. Madame Lampeduza démontrait une ferme détermination à soulever le voile d'ombre qui recouvrait sa cadette.
Strega
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Dim 3 Avr 2016 - 20:58




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Il n'y eut qu'un petit mouvement de sourcil à la réponse de son interlocutrice concernant cette fameuse soirée. Venir pour voir... voilà qui était facile. Mais suffisant pour piquer la curiosité de notre protagoniste.

- Bien. N'hésitez pas à m'envoyer un carton d'invitation. Elle déciderait ensuite si oui ou non, elle répondrait par la positive.

Ces dons qu'elle avait, ce n'était pas généralement une chose dont elle parlait comme ça, si facilement. Et si Strega avait compris son sous-entendu, tant mieux pour elle. Un petit mouvement de la tête de la part de Rix, démontrait qu'elle l'avait parfaitement entendu et que oui, ce n'était pas une partie de sinécure ce pouvoir-là, aussi. Les odeurs de certains avaient de quoi rendre malade. Car il n'y avait pas que des prodiges tarés qui se baladaient dans les rues d’Édimbourg. Enfin, elle avait appris à vivre avec depuis le temps et reconnaître à quoi correspondait chaque odeur. Ou presque.

- Tout est dangereux par ici, Duchesse. Fit-elle avec raison.

La question la laissa silencieuse quelques instants. Etre satisfait de soi-même. Voilà bien une question à double tranchant. Elle n'en était pas sûre, certainement même, qu'elle ne l'était pas du tout. Il y avait des erreurs et des regrets qu'il lui était difficile d'accepter. Les fautes qu'elle ne se pardonnait pas, ne lui offraient pas la meilleure image d'elle. Pourtant, elle vivait avec, jusqu'à ce que son but soit atteint. L'agent haussa les épaules.

- Autant que l'on peut l'être. Qui s'aime vraiment, sans complexe? Hum? Avec un léger sourire. Oui, elle pouvait être philosophe parfois.

Et bien, Gabrielle ne s'attendait vraiment pas à une telle explication de la part de son interlocutrice. A croire qu'elle l'avait en plus haute estime, que ce qu'aurait pu croire notre profileuse. Comme quoi, on pouvait se tromper. Mais elle se demandait pourquoi elle se faisait ainsi caresser dans le sens du poil. Ce n'était pas rien, quand même, d'être comparée au Duc. Après tout, il devait être celui que Nikolas respectait réellement, de tout son entourage. Rix attrapa à son tour une olive, qu'elle mangea avec appréciation, se demandant ce que tout cela pouvait cacher, toutes ces paroles n'étaient pas dites simplement pour son bon plaisir quand même.

- Je ne pense pas avoir la capacité d'influencer qui que ce soit. Vous voyez peut-être ce que vous avez envie en moi. Mais je ne suis pas comme ça.


Après tout, Kreizler était plutôt du genre effacée, qui préférait se faire oublier rapidement. Elle n'avait pas d'équipe sous ses ordres et faisait son boulot dans son coin. Ne se mêlant que très peu au reste de la population. Elle ne comprit pas totalement cette histoire de folie et de résistance. Résistance à quoi?

- Une résistance? A quoi?
Elle manqua de rire à sa comparaison avec des anges. Je crois que vous avez trop bu. Je ne cherche ni à être l'ange de qui que ce soit, ni le veilleur. Je fais mon travail, c'est tout.

Il serait difficile à la Duchesse de percer l'armure que portait Rix. Après tout, elle ne s'était plus ouverte à personne depuis longtemps. Seul peut-être, Percy, avait pu la voir un peu plus libre. Mais c'était tout. Elle portait des masques, des protections, pour ne pas risquer de se faire toucher trop profondément. La question lui tira un air sans doute un peu plus ironique. Se relevant pour aller se servir à nouveau de scotch, elle répondit alors que le liquide se répandant dans son verre.

- Je ne me projette pas. Je vis au jour le jour. C'est déjà pas mal. Se retournant pour lui faire face, posée contre le bar. Et vous? Quels sont vos visions du futur?

Pariant que contrairement à elle, Lampeduza devait réellement en avoir. Des plans, des idées, de ce qu'elle voulait pour son futur, voir même le futur de tout le monde.

En tous les cas, Gabrielle ne semblait pas démontée par cet interrogatoire sous-jacent, elle avait sans doute une réponse à tout. Ou presque. Mais toucher à ses points sensibles n'était pas aussi simple que cela. Elle était blindée et préparée, quoi que l'on dise. Revenant s'asseoir face à la dame, elle attrapa un petit feuilleté pour le manger.

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Mar 5 Avr 2016 - 18:56
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Le feu qui brûlait dans l’âtre émit un long sifflement. Le bois noircis rougeoyait plus tardivement à cause de l’humidité dont il était imprégné. Il avait passé trop de temps à l’air libre. L’acheminement des fagots avait été retardé par l’avarie d’une plateforme aérienne. Les importations étaient souvent ralenties par les intempéries pendant la saison. La Duchesse quitta les flammes des yeux et les darda sur son invitée.

- Le danger ne s’arrête pas à Edimbourg. Contredit-elle avant de goûter au whisky.

La chienne battit de la queue. Le mouvement d’air fit voleter un pan de nappe blanche. La lumière illumina le délicat tissu. Exporté depuis l’île où Florence inspirait toujours les artistes. L’artiste qui vivait dans cette demeure en particulier. La vieille femme observa cet infime mouvement avant de reposer ses yeux sombres sur la jeune femme.

Le front plissé par la contrariété quand elle entendit cette dernière user d’un vocabulaire dévalorisant, Strega se garda de réagir trop vite. L’attitude de l’Agent était alimentée par un excès de modestie. Ou bien un désastreux manque de confiance en soi. A l’un comme à l’autre Nikolas faisait une guerre sans pitié.

Je serais curieuse de connaître le nom de la personne qui a détérioré votre estime de vous. Vous auriez intérêt à ouvrir les yeux. Pensez-vous que mon expérience ne me donne pas assez de recul pour observer mes semblables Gabrielle ? L’interrogea-t-elle avec une pointe de provocation.

Madame Lampeduza appartenait à une caste qui surpassait de loin toutes les autres. Les comptes en banque, les carnets d’adresses, les commerces illicites, aucune de ces choses matériels, ne donnaient autant de pouvoir que la connaissance. Une connaissance plus grande que celles qu’avaient déjà emmagasinées les archives des Archipels. Une connaissance qui donnait le moyen d’anticiper sur l’avenir.

J’espère assister à la prochaine révolution humaine.

Le hurlement du vent se fit entendre à travers les vitres. Hécate tourna sa truffe en direction de la fenêtre la plus proche. Le ciel se chargeait de nuages. Il prenait une teinte grise. Une atmosphère qui présageait l’arrivée d’une pluie. Les fins d’hiver étaient souvent pluvieuses dans cette partie de l’Archipel. La Duchesse se leva de son fauteuil. Elle avança dans le fond de la salle. Là, elle sortie une chaîne d’argent de sous son pull. Une clef pendait à son extrémité. Celle-ci ouvrit une porte débordée cachée prés de la bibliothèque.

Venez.

Un couloir dissimulé joignait à une pièce, elle aussi fermée à clé. Une salle carrée, sans ouverture, dans laquelle se trouvaient surtout de grandes étagères de rangements. Au centre se trouvait une longue table de bois noir. Un plafonnier diffusa une lumière crue. Nikolas se dirigea vers l’un des meubles et en tira un bocal. Elle le posa au centre la table. Une tête –humaine- flottait dans du formol.

Il semble que M. Ygor Nabov ai été négligent. Quoiqu’il en soit vous pouvez classer ce dossier. Dit-elle avec neutralité.

Un mouvement fut ensuite lancé pour que les deux femmes s'en retournent dans le petit salon.
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Jeu 7 Avr 2016 - 12:26




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Oh ça, ce n'était pas à Gabrielle qu'on apprendrait que le danger n'était pas que sur cette Arche. Elle observa son vis-à-vis avec un petit air presque ironique. Elle tenait vraiment à lui faire la leçon? A elle? Si elle s'était aussi bien renseigner sur sa vie, qu'elle semblait vouloir le lui faire croire, elle aurait pu découvrir que la profileuse avait déjà pas mal voyagé de par le monde et en effet, ce n'était pas Édimbourg l'endroit le plus dangereux de cette planète désastrée.

- Je n'ai jamais dit le contraire, Duchesse. Tout en buvant à son tour.

A croire que ce qu'elle pouvait dire, ne plaisait pas à son interlocutrice. Elle n'en était pour autant pas désolée. Ces deux femmes risquaient d'être souvent en désaccord, il valait mieux s'y habitué maintenant. Elle haussa légèrement un sourcil en la fixant. En quoi, ne pas penser être quelqu'un d’influençable démontrait une mauvaise estime de soi? Ok, Rix avait quelque problème avec son moi intérieur, mais c'était plutôt une vraie culpabilité qui la rongeait. La mort de Simon était une chose qu'elle ne se pardonnerait sans doute jamais. Oui, c'était le Chuchoteur qui avait appuyé sur la détente, mais si elle ne l'avait pas amené avec elle entre les griffes de ce démon... elle haussa légèrement les épaules.

- Personne ne s'occupe de détruire l'estime que je me porte. Elle n'aimait pas trop parler d'elle. Si son psy avait du mal à le faire, vous vous doutez bien que cette noble, ne l'aurait pas aussi facilement. Ce n'est pas parce que vous avez l'âge de savoir observer les gens, que vous voyez toujours juste, madame... sauf votre respect.

Elle ne cherchait pas à se mettre cette femme à dos, mais bon... tout était dit de façon tranquille. Il n'y avait aucune attaque dans le ton employé, même si Nikolas avait tentée de la provoquer. Elle ne s'en moquait pas, mais elle ne voyait pas à quoi cela servirait si elle montait les tours. Surtout que là, pour le coup, la raison n'était guère valable pour cela.

Par contre, la réponse qu'elle lui fit sur ses attentes, la surpris un instant. Elle aurait bien voulu qu'elle précise un peu plus sa pensée. Mais la dame n'en fit rien.

- Parce que vous pensez qu'il pourrait y en avoir une?


Kreizler ne la verrait sans doute jamais. Mais cela portait sa curiosité à savoir ce qui pourrait arriver après eux. Comment l'humanité pourrait bien évoluée. Sans doute rien en bien, mais parfois, on pouvait être surpris.

Le temps était pourri, rien de nouveau sous le soleil de l'Ecosse, pourrait-on dire. Mais cela ne dérangeait pas les deux femmes qui se trouvaient bien au chaud à l'intérieur. Gabrielle continuait de se sustenter un peu, observant son hôte, tient, lui offrait-elle une petite visite de cette immense villa? Elle suivit sans trop se faire attendre et se demanda où tout cela allait finir. La pièce carrée et fermée, ne manqua pas de la faire tiquer légèrement, elle n'aimait décidément pas les espaces trop cloitrer. Cela lui rappelait quelques mauvais souvenirs. Sa claustrophobie la faisait rendre un peu plus méfiante, si elle se retrouvait coincer ici, elle doutait pouvoir s'en sortir. Enfin...

Le bocal attira rapidement son attention, mais ce qu'elle vit, ne manqua pas de lui faire froid dans le dos. Elle aurait pu faire un bond en arrière, si elle n'avait pas été habituée à ce genre d'horreur, mais dans un mouvement réflexe, sa main s'était portée à sa ceinture, où, de base, se trouvait son arme de service. Que bien évidemment... elle n'avait pas prise ici. Sa mâchoire se serra alors, tandis qu'elle fixait Lampeduza.

- En vous arrêtant pour meurtre?

Rix se demandait pourquoi elle lui montrait cela. Pensait-elle vraiment que notre agent allait laisser passer ça, sans rien faire? Cette fois-ci, elle ne suivit pas le mouvement, mais resta bien droite, plantée sur ses pieds, croisant les bras, en attendant des explications. Si c'était une façon sous-jacente de la menacer, elle allait lui montrer qu'elle n'était, en rien, intimidée.

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Mer 13 Avr 2016 - 22:51
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Hécate poussa un lourd soupir. Ses épaules se soulevèrent avec fatigue. La bête était peut-être le reflet de sa maîtresse ? Une vieille créature sombre et déterminée, qui attendait son heure. La chienne reprit sa rêverie en regardant les flammes s’agiter dans l’âtre. Elle en savait plus sur madame Lampeduza que beaucoup d’humains.

La Duchesse inclina gracieusement la tête sur le côté. Elle marqua un temps de silence. Son regard se fit plus distant et lointain, comme quand il recherche un souvenir. Strega était une femme à l’orgueil démesuré. Le mot « erreur » ne faisait pas partie de son vocabulaire. Les paroles de la jeune policière avaient à peine suggéré un sourire intérieur. Elle semblait pourtant comprendre quelque chose.

Le respect. Une chose qui se mérite. N’est-ce pas ? Une rhétorique pour ceux qui évoluaient dans une sphère.

La question –attendue- de l’Agent éclaira les yeux de son aînée d’un peu de malice. Nikolas la détailla, jeune, vive, passionnée. Elle apercevait en cette femme celle qu’elle avait été. Il arrivait qu’au cours d’une vie, un individu croise son propre reflet, dans l’âme d’un autre. Il n’était pas exactement pareil, mais les similitudes suffisaient. Avec un air entendu, elle consentit à répliquer. Ne serait-ce que pour que la demoiselle puisse suivre son raisonnement.

Il y en a toujours. Sans quoi cette race serait déjà éteinte. La nature ne garde rien d’inutile.

La salle dans laquelle Madame les conduisit était l’une des seules auquel le personnel n’avait pas accès. À l’exception du garde du corps de la dame dont les attributions justifiaient des droits supplémentaires. L’endroit était donc moins clinquant. Le faste dans des pièces communes n’aurait pas eu sa place ici. Il pouvait faire office d’espace secret. Pareil à l’atelier dont le Duc avait fait son territoire.

Les deux dames arrivaient à un point culminant. Strega savait comment fonctionnait cette femme. Elle était satisfaite d’en avoir une preuve.

Hum. Pensez-vous réellement que cela mènerait quelque part ? Cet homme a connu le châtiment qu’il méritait. Je voulais simplement que vous preniez connaissance, que la justice a été rendue, comme il se doit. Tout est en ordre à présent. Vous et moi pouvons nous concentrer sur la suite.

Nikolas eut un sourire. Elle avait gardé son calme et sa détente malgré la situation. Il n’était guère plus question pour elle que d’un embêtement qu’autre chose. La mort était un élément intrinsèque de la vie, dont une immortelle était totalement détachée. Elle était en cela plus dangereuse que son époux. Les remords n’avaient pas de prise, ni même la peur d’être damnés. Puisque de toute façon, elle finirait par quitter ce vaisseau et son histoire.

Je gage que vous ne tarderez pas à être très demandée. L’été sera chargé avec tous ces événements politiques à surveiller. Je me suis contentée de vous enlever une épine du pied. Vous pouvez retourner à votre chasse.

Les mains jointes sur le bas ventre la vieille dame attendit. Elle avait l’air encore plus à son aise au milieu de ses méfaits.

Votre supérieur ne tarit pas d’éloge quant à votre intuition. C’en est à se demander d’où vous vient ce superbe instinct. Remarqua la Duchesse avec provocation.
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Sam 16 Avr 2016 - 14:26




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Le regard qu'avait la duchesse, tirait quelques questions à son interlocutrice. Rix se demandait ce qu'il pouvait se passer dans sa tête. Comment elle pensait, qu'elle était finalement sa logique. Et puis, après réflexion, elle était contente de ne pas avoir à entrer dans sa tête. D'être au moins un peu tranquille de ce côté. Tout en se rendant compte que peu à peu. Il lui manquait quelque chose. La tension qu'elle supportait presque constamment à cause de son pouvoir, avait presque disparue, ce poids qu'elle avait à l'arrière de la tête, il n'était plus. Voilà qui était étrange. En y réfléchissant, elle l'avait déjà ressenti une fois, déjà en compagnie de cette femme. Elle l'observa avec plus d'intensité, comme si elle cherchait à voir si elle y était pour quelque chose.

Enfin, elle l'a sorti de ses pensées, avec sa question. Nécessitait-elle vraiment une réponse?

- Comme la confiance sans doute.
Deux choses qui allaient souvent de pair. Après tout, sans confiance, difficile d'avoir réellement du respect. Quoique... l'on pouvait avoir du respect pour un adversaire, sans lui faire confiance. Enfin, notre agent mettait plus d'importance sur ce point. La confiance, était une chose rare, qu'elle ne donnait vraiment pas facilement.

Confiance que la grande dame n'avait encore pas acquise auprès de la plus jeune. Mais avec la suite des événements, c'était quelque peu compromis. La tête coupée dans le bocal, n'avait vraiment rien de rassurant. Et démontrait une violence peu commune, doublée d'un sadisme assez oppressant. Après tout, qui garderait un tel trophée chez soi? Si Rix écoutait ce que lui disait Lampeduza, ce n'était pas pour autant qu'elle était d'accord avec sa façon de faire.

- ... vous auriez pu me donner son nom et je l'aurai arrêté. C'est ainsi que marche la justice en ce bas-monde, madame... pas en se croyant au-dessus des lois.
La fixant d'un regard plus sombre. Vous ne croyez pas que je vais laisser passer ça? Qu'importe ce qu'était ce pauvre homme, il était devenu une victime et dans la tête de Gabrielle, il fallait que son tueur soit puni. Qui a fait ça? Se pinçant un instant l'arrêt du nez. Comment savoir qui vous voulait du mal maintenant? Revenant sur son interlocutrice. Quelle suite? La seule suite qui va se passer, c'est vous et moi au poste et vous ensuite derrière les barreaux, pour meurtre.

Le pire dans tout ça, c'est que la femme face à elle, ne semblait en aucun déranger de montrer la preuve de son meurtre. Elle semblait calme et sûre d'elle. Comme si elle allait trouver un moyen de s'en sortir. Bon il fallait bien avouer que la suite dérouta un instant Kreizler, qui ne comprenait pas où voulait en venir cette noble.

- Comment...? De quoi parlez-vous?
Méfiante comme pas deux, elle n'allait sans doute pas parler librement de quoi que ce soit. Oui d'un coup, la fameuse confiance n'était plus.

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Rix
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Jeu 28 Avr 2016 - 0:01
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Feat. Miss Kreizler

Aussi flagrant que fût le mécontentement de la jeune femme il ne perturba pas l’aristocrate. Tout au contraire, la dame s’en délectait. Le mal-être des autres lui assurait une position de force dont la privait sa condition physique. Madame Lampeduza aurait facilement pu être défaite par l’homme qui l’avait attaqué. La raison pour laquelle elle vivait toujours était que cette femme était rusée, perfide, sans état d’âme.

J’applique la première de toutes les lois des Hommes. Contredit l’Ancêtre.

Les lois fondamentales de l’humanité étaient archaïques, mais pérennes. Les codes, les constitutions, les réglementations, de la société moderne, reformulaient des mécanismes primaires. Strega avait pour la justice contemporaine de la complaisance. Elle admirait la mauvaise foi sans faille des dirigeants. Une hypocrisie faite pour rassurer le commun et amuser les puissants.

Ne voyez-vous donc pas que c’est ici, que c’est une immense preuve de confiance que je vous fais. Je vous laisse le soin à vous et en votre jugement.

Les grandes institutions étaient rarement aptes à rendre une Justice directe et sans échappatoire. Le système était fait, de telle façon, que les pires crapules avaient des moyens de s’en sortir. Un Agent de police devait en avoir fait l’amère expérience au cours de sa carrière. Nikolas comptait sur son interlocutrice pour voir au-delà du tracé imposé par la profession. Elle attendait.

Pour ce qui est de mes ennemis, je m’en charge. De cela aussi vous êtes déchargée. Comprenez que c’est par pur esprit collaboratif que j’ai répondu à la demande de l’autorité municipale. Commenta-t-elle afin d’ouvrir les yeux de la jeune femme.

Il n’avait jamais été question que Miss Kreizler intervienne. La Duchesse avait décidé de la fin de cette affaire avant même que la policière en soit chargée. Un sourire effrayant étira le visage de la Duchesse. L’expression transformait son visage. Elle en devenait inquiétante.

Voyons Gabrielle, ne vous montrez pas moins futée que vous ne l’êtes. Vous savez qu’il n’en sera rien.

Au sein du liquide, dans lequel baignait la dernière preuve du meurtre, une substance s’occupait de dissoudre chair et os. Le processus de destruction ne prendrait que quelques heures. À l’aube, rien ne pourrait plus relier Strega à la mort de son agresseur.

Ne craigniez rien. Votre petit secret est en sûreté avec moi. S’amusa l’Italienne.

Cette fois, Nikolas se défia de la posture réfractaire de son invitée et s’avança jusqu’à la porte. Elle fit basculer la poignée. Le couloir de la Villa était aussi silencieux qu’elles l’avaient laissé quelques minutes plus tôt. La chienne patientait à quelques mètres de là. Elle se remit en mouvement à l’instant où elle aperçu la sorcière. Celle-ci regagna le petit salon de son pas leste.
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Dim 1 Mai 2016 - 18:52




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Ces gens qui se croyaient au-dessus des lois, pouvaient avoir tendance à rendre notre agent malade. C'était souvent à cause d'eux, qu'elle avait autant de travail. Pourtant, bien qu'elle sentait à quel point cette femme pouvait être dangereuse, ce n'était pas du même acabit que ceux dont elle s'occupait de base. La fixant d'un regard toujours méfiant, Rix se demandait comment elle allait devoir gérer la suite de cette affaire.

- Et de quelle Loi parlez-vous? Le Talion? Ça n'a jamais rien réglé.

Elle estimait que les gens qui se faisaient justice eux-mêmes, mettaient à mal cette fameuse justice que le gouvernement tentait de faire tenir. Si chacun se permettait de faire ce qu'il voulait, comment avoir l'air un peu vraisemblable? Là était bien tout le problème des gens comme Nikolas. Ils mettaient à mal les pouvoirs en place et semblaient le vivre parfaitement bien.

- Excusez-moi de ne pas le voir comme ça... vous me mettez plutôt au pied du mur, en m'obligeant presque à accepter votre façon de faire. Alors que je deviens la complice d'un meurtre auquel je ne tiens pas à être rattachée... grogna-t-elle pour toute réponse.

Oui certes, c'était une sorte de confiance de la part de son aînée, n'empêche que... Gabrielle était agent de Scotland Yard, elle estimait être un tant soit peu intègre... pourrait-elle vraiment faire comme si de rien n'était? C'était ce que semblait espérer la grande dame face à elle en tous les cas.

- Vous estimez que vous êtes au-dessus de tout? Elle était aussi curieuse que méfiante, cherchant à comprendre mieux son interlocutrice. Allez savoir pourquoi ensuite, mais mieux valait savoir avec qui l'on échangeait, non? Qu'en savez-vo... Son regard se reporta alors sur le bocal, dans lequel, la tête commençait à se dissoudre lentement, bientôt, il n'y aurait plus rien, ce serait donc sa parole, contre la sienne. Sa parole se bloqua un instant à ce constat.

Kreizler soupira un instant, posant une main sur sa hanche, l'autre allant se frotter le front, comme si un mal de crâne venait prendre part à sa réflexions. Elle comprenait surtout qu'en effet, cette femme avait raison. Et quelque part, elle n'aimait pas vraiment cela. Mais voilà que son hôte décidait de sortir de la pièce, tout en lui faisant comprendre qu'elle savait. Ce qui ne manqua pas de faire tiquer notre profileuse encore un peu plus.

- Et quel est donc ce petit secret que vous me pensez avoir? Fit-elle, en la suivant finalement, alors qu'elle jetait un dernier regard aux lambeaux qui restaient encore dans le liquide. Avant que ses pas ne suivent ceux de Lampeduza.

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Mar 10 Mai 2016 - 23:36
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Précisément. Affirma la dame avec un sourire.

Le regard qu’elle adressa à la jeune justicière ne fit aucune équivoque. Gabrielle était prise à partie par son interlocutrice. Madame Lampeduza avait étudié l’âme humaine sous toutes ses coutures. La civilité était à ses yeux un leurre. L’Homme était dominé par des instincts. C’était d’ailleurs en cela qu’il était prévisible, maniable. L’agent ne faisait pas exception.

J’admets que la situation est délicate. Cependant, votre Bureau n’est pas à une enquête près.

La pique déguisée servait à rappeler toute l’imperfection de la machine judiciaire. Une femme qui œuvrait au nom de ce dernier devait avoir remarqué. Les débordements –réguliers- des cultistes, les coupes jarrets, les preuves venaient de partout. L’ordre ne durait pas. La paix était, comme toute aspiration, destinée à rester une idée. La Duchesse l’avait compris.

Oh non. Pas de tout. Une réponse encore une fois évasive.

Strega était une femme très imbue d’elle-même. Elle devait ce trait de caractère sans doute à sa mère. Pour autant, elle détenait encore toutes ses capacités mentales. Elle savait qu’elle ne pouvait pas atteindre certains pouvoirs. A moins, de changer de mode opératoire, et de sortir de l’ombre, son influence était limitée. Cela ne l’intéressait pas.

Ne vous blâmez pas. Personne d’autre n’aura pu remarquer.

Escortées, les deux femmes retrouvèrent leurs places. Nikolas se prépara une cigarette. Elle aspira une première bouffée, avant de se diriger vers la baie. Droite comme un « i », elle contemplait le panorama nocturne. Il était très différent du jour. À peine quelques étoiles et une Lune pour éclairer le jardin.

Quand j’ai eu connaissance de votre capacité j’ai eu envie de vous connaître. Je me suis demandé à quel type de personne avait pu échouer un don pareil. Je suis curieuse. Dit-elle enfin.

La vue perdit de son intérêt. La dame se tourna vers l’intérieur du salon. Elle amena la cigarette à ses lèvres tout en étudiant la jeune femme du regard. Après avoir aspiré une dose de nicotine elle abaissa sa main et fit quelques pas vers le centre.

Je cherche des êtres d’exception.
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