[CLOS] And when life can be hard... (Zenon)

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Sam 17 Nov 2018 - 12:36
And when life can be hard




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« Bientôt oui. » Souffla la belle Charpentier à son complice. Elle lui sourit sans beaucoup de joie. L'esprit altéré par ce qu'elle venait d'entendre. Une bombe intérieure à vrai dire. Elle coula un regard en direction de leur amie commune. Un furie silencieuse maintenant. « Je suis désolée. Dites-le lui si vous le pouvez. » Lui demanda-t-elle d'une voix feutrée, pour ne pas se faire entendre de l’intéressée. Rassurée de savoir que Zenon allait assurer son bon retour. « Merci de vous occupez d'elle. » Je l'aime disait la paire d'yeux brillants. Laure se détacha lentement de son complice pour aller retrouver son Ambassadeur de mari.

Amélia s'était habillée entre temps. Elle se maintenait en retrait. Dans le hall d'entrée. Les échos de la soirée cabaret lui parvenait par l’entrebâillement de l'une des portes de la salle. La perturbation était terminée. Show must go on.
Elle s'avança, vers le duo, salua la Française d'un regard impénétrable et suivit le comte. Ce ne fût qu'en franchissant le seuil qu'elle se rendit compte de la température nocturne. La colère maintenait -semble-t-il- le corps au chaud. Elle ne parla pas pendant ces quelques mètres côte-à-côte. Seuls lui venaient des mots plats. Des platitudes. Désolée ? Elle ne l'était pas. Pas encore.

Personne dans la rue. Pas un bruit. Celui de la portière qui s'ouvre est délicat.
Amélia échangea un regard avec Zenon. Sans dire un mot elle grimpa dans sa voiture. Les talons quittaient le sol avec l'énergie diffuse de la fureur éprouvée. Elle le laissa refermer et débarrassa ainsi son cou du foulard. Ses épaules du manteau. Ses cheveux noirs rejetés en arrière.

- Je suis sur Old Town sur red canal. Sortir du quartier. Gagner le cœur Edimbourgeois. Clark chercha à se souvenir de l’itinéraire le plus simple. La concentration lui faisait défaut. Les choses les plus élémentaires lui échappaient pour le moment. Elle s'enfonça dans le siège et se laissa donc conduire. Pour une fois.

Un profond calme entourait le Dragon. Atone. Ses muscles et son esprits ressentaient les effets d'un combat de trois heures. Physiquement comme épuisée mais avec ce double effet du sport. Elle s'apprêtait à faire nuit blanche. Avec elle même.
A cette pensée elle se remémora qu'elle n'était pas toute seule. Le comte était là. De chair et d'os. Quelle ironie. Encore une fois, il était là. Prés d'elle. Elle le fixa et envisagea un monde différent. Juste un instant. Puis elle se concentra de nouveau sur la route.

Ils finirent par arriver devant l'immeuble de location.
Clark n'avait pas plus desserre ses lèvres. Elle claqua la portière avant d'un un peu trop vif. Au moment d'ouvrir le coffre pour récupérer ses sacs elle fixa de nouveau le noble. Un de ces regards bleus et intense comme un feu.
Quand le couvercle claqua Amélia approcha de Zenon. Cette fois la tension changea de domaine. C'était celle qu'elle réprimait si souvent face à cet homme.

- Je n'ai pas envie de finir cette soirée sur ça. Elle avorta un mouvement en direction du libertin. Mais l'acte était là. Et il disait tout ce qu'elle ne pouvait pas dire. Pas encore.

La lumière s'alluma dans la cage d'escalier. L'Américaine entra la première et tenue la porte à son invité nocturne. Un vieux bâtiment, restauré pour faire des loft.
Une affiche -faite main- collée sur la porte de l’ascenseur indiquait une avarie du matériel. Amélia retira ses souliers de soirées pour monter les trois étages pieds nus. Évitant les pierres fendues du parcours sans les regarder. Elle arrivait souvent ainsi dans la nuit. Elle chercha sa clef sur le palier. Et dévoila ce qui faisait office d'espace privé.

- Entrez. Elle lui tint la porte. Ayant un petit sourire d’accueil. Un sourire de louve amusé. Le couloir donnait sur une pièce à vivre unique.

L'espace et l'aménagement donnait à penser que l'endroit était peu occupé. Moins occupé.
Avec un emploi du temps de ministre. Un amant posé en centre-ville. Ce sanctuaire avait perdu des attraits. En tous les cas pour l'Américaine. Elle posa ses sacs dans un coin. Et alla dés-actionner l'alarme de sécurité.
Ensuite elle se tourna vers son invité. Il était sombre. Beau.
Amélia s'avança vers lui Zenon.

- Voilà mon monde. Admit-elle en s'avançant encore un peu. Georges aurait au moins réussi à faire cela. Libérer sa proie de ses dernières sangles. Maintenant je vous en donne une clef.
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Lun 19 Nov 2018 - 23:46
<< Quand ça chauffe...

Zenon était désolé que Laure subisse ainsi les foudres d'Amélia, mais il l'avait aussi compris, en entendant les paroles de George. Il s'en doutait sans doute aussi un peu, connaissant les goûts de la belle française pour les jeux de la chaire. Il était juste dommage qu'elle ait succombé à cet odieux personnage. Mais étonnamment, il lui en voulait moins qu'à Charles, qui même après avoir vu les dégâts, n'avait rien fait. Laissant planer le doute, laissant une porte d'entrée à ce parasite. Ce n'était pas digne d'une amitié. Il comprenait donc la fureur du dragon et suivait le mouvement, il avait voulu partir, c'était donc ce qu'il faisait. D'un petit mouvement de la tête, il acceptait la demande de Laure, oui, il transmettrait le message, si Amélia était prête à l'écouter, bien entendu.

Nos deux amis sortirent donc en silence, elle suivait le mouvement, acceptait qu'il la ramène, il fermait la porte sur elle, quand elle fût dans le véhicule, puis revint derrière le volant, pour se mettre en route. La tension était encore palpable. Il était rare que de Lascelle se retrouve dans ce genre d'état, mais parfois, quand on le poussait un peu trop... peut-être n'aurait-il pas dû casser le nez de cet homme... peut-être. Pourtant, il n'avait aucun regret de l'avoir fait. Non vraiment, il était déçu, c'était surtout ça. Et cette colère profonde qu'avait fait ressortir Clark. Qui démontrait tout ce qu'elle avait vécu, comment les gens n'avaient-ils rien vu? Il ne poserait pas la question. Pas ce soir. Hochant de la tête, il roulait, connaissant l'adresse où vivait cette femme. Il ne la suivait pas, ne la faisait pas suivre non plus, mais au détour d'une conversation, l'adresse était tombée. Pas de celle qui se trouvait à ses côtés, mais de ceux qui s'étaient crus bienveillants, mais qui avaient sans doute tout fait de travers.

Une fois arrêté, il alla lui ouvrir le coffre, bien décidé à ne pas s'éterniser. Pourtant, le regard qu'elle lui lança, si intense, il plia. Sans doute pour un temps, la suivant sans rien dire de plus, les mains dans les poches, il montait les marches derrière elle, peut-être voulait-il simplement s'assurer que tout irait bien. Amélia n'était pas non plus connue pour faire des bêtises mais... on n'était jamais trop prudent. Surtout, il ne fallait pas qu'elle essaie de retrouver Georges, ou que ce dernier ne décide de venir dans les parages. Il se retrouverait sans aucun doute, face à un mur. Surtout si le comte restait dans le coin.

Il entra alors dans l'appartement, observant ce lieu de vie, qui semblait plus être un lieu de passage. Il savait que la belle américaine vivait surtout chez son amant. Il n'en était pas plus jaloux que cela. Il trouvait bien qu'elle ait trouvé quelqu'un qui était sans aucun doute plus sympathique que cet ex-mari. Son regard suivait ses mouvements, elle se rapprochait. N'étant pas stupide, Zenon comprenait parfaitement ce qu'il pouvait se passer, ce qu'elle voulait peut-être... son regard se plantait dans le sien.

- Je ne serai pas ce que vous attendez ce soir, Amélia... ni dans votre état, ni dans le mien.

Le comte faisait attention à elle, à sa façon. Il se doutait qu'elle n’aimera pas sa réponse, peut-être lui en voudrait-elle, comme aux français, mais cela n'était pas grave. Parce que ce qu'il s'était passé ce soir avait son importance. Pour la suite de leurs relations, à tous les quatre sans doute.
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Dim 25 Nov 2018 - 0:52
And when life can be hard






Dans le regard d'Amélia une ombre passa. Fugace ombre. Le désir se contracta au fond de ses reins. Pour y demeurer bâillonne.

- Évidement que non... Rétorqua la louve entre vexation et dérision.

Offerte et repoussée. Clark s'était rarement retrouvée dans ce cas de figure. Le don de soi n'était pas de ses spécialités. Elle prenait ce que l'on tendait à ses lèvres carnivores. Quand elle en avait envie. Quand la faim était plus forte que la raison.
Il y avait cette... cette énergie. Sombre. Elle n'avait pas été totalement expiée. Powell respirait. Le monstre était encore en vie. Alors, la paix était toute relative. Temporaire. Comme celle du soldat qui rentre pour quelques jours du calvaire.

- Je vois. Murmura-t-elle. Pour elle ou bien pour lui ?

Elle contempla Zenon encore un peu avant de le quitter des yeux.
Ce satané gentleman. Oui satané lui paru un mot bien trouvé. Peut-être n'avait-elle pas envie qu'il soit élégant avec elle. Peut-être qu'elle n'avait pas envie qu'il joue au grand chevalier. Ou bien peut-être les testait-elle encore. Après tout cela ?
Elle ne pouvait s'empêcher de tester les fibres de cette passion inassouvie. Comme pour la faire encore plus exister.

Et lui, le grand le beau libertin, prêt à prendre femmes et hommes dans leurs lits propres la repoussait. Elle.
Sans doute aurait-il préféré aller consoler Laure Charpentier. Fût une pensée pleine de mauvaise foi.
Head sentait les restes de sa colère se diriger contre la belle Française. Une absente. Et elle s'agaça elle-même de sa petitesse d'esprit. George la faisait régresser.

Elle approcha tout de même. Ses doigts vinrent dessiner l'ossature de la mâchoire du noble. Un sourire, sans joie, détendit ses lèvres qui avaient été disposées à se donner.
Au fruit défendu. En connaîtrait-elle le goût ? Elle résista à la curiosité sensorielle. Le désir de lui se terra -plus loin- dans les profondeurs de son regard acier.

- Soit. Échappez nous. La main retomba. Elle hocha du chef. Presque tranquille. Trop. Ce sera qu'une fois de plus. Un verre tout de même ? Ou bien avez-vous envie de disparaître ? La réplique aurait pu être cassante. Mais l'ironie de Clark était au-delà des piques et des épées. Elle s'adressait tant à celui qui venait de l'éconduire qu'à elle-même. Une femme qui finalement se comportait comme une idiote.

Un étrange et puissant fatalisme la gagnait. Avec la vitesse d'un virus mortel il se propageait en elle. Amélia détacha ses yeux de lui et le dépassa pour gagner l'espace de cuisine. Son attitude mutait pour dissimuler, cacher et protéger, des réactions intimes.
Si intimes que la belle elle-même se faisait surprendre par ses propres secrets. Elle avait le rire prés à jaillir. Ou bien un cri animal. Ou encore des larmes. C'était un magma dont elle ne savait pas du tout quoi faire. Elle aurait presque voulu que le mur de verre se brise.

Une bouteille de scotch Américain arriva sur le comptoir. Entamée au quart. Un cadeau de David Clark. Sans doute le seul homme de cette famille qui croyait réellement en sa sœur. Il lui avait conseillé de la déguster en bonne compagnie.
La rage serait une excellente compagne nocturne pour cette infernale nuit.
La belle réapparue, un verre en main. La colère, sourde, lui donnait un air de comtesse indignée. Dans une superbe un peu hautaine dont elle n'avait plus la moindre visibilité.
Le second verre était prêt et patientait sur le bar.

Head trouva un paquet de cigarettes sur une table. Elle y posa le verre et embrasa la le bâton de nicotine posé au coin de sa bouche. Une fois la première dose infiltrée dans ses poumons elle l'écarta et la posa sur le rebord du cendrier.
Elle reprit son verre pour une gorgée. Le dos moitié tourné elle lança avec une soudaine vigueur :

- Tout de même c'est idiot ! Pendant toutes ces années, j'aurais au moins pu m'amuser avec vous. Car à défaut de passion, le plaisir aurait peut-être rendu cette époque moins... plus... autre. Une dérision sombre se lisait sur son visage lorsque Clark se dirigea vers un fauteuil.

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Jeu 6 Déc 2018 - 16:30
Zenon la voyait cette vexation dans ce regard, mais c'était ainsi. Lui aussi, pouvait ne pas vouloir. Et à cette heure, sa seule envie était en effet de disparaître dans son antre. D'être au calme. Seul. Cela lui arrivait aussi, on ne pouvait apprécier d'être tout le temps entouré, de tout le temps vouloir un contact plus intime. Malheureusement pour Amélia, elle voyait là une facette du libertin qui était plus rare, mais pas inexistante pour autant. Il aurait pu en être désolé, mais il ne l'était pas. Parce que la vie était ainsi faite. Il y aurait d'autres moments, il le savait pertinemment, ils finiraient bien par tomber dessus.

- Vraiment?

Alors que son regard ne quittait pas le sien. Il n'avait pourtant aucunement envie de s'expliquer plus. Trouvant que cette soirée avait suffisamment durée. Il se laissait toucher, sans répondre à quoi que ce soit. Ca aurait pu être agréable, ça aurait pu aussi être perçu comme une petite victoire, depuis le temps qu'ils se tournaient autour tous les deux, mais ça n'en était pas une. Parce que c'était sali par la pensée de Powell et ce personnage lui hérissait suffisamment les poils, pour qu'il ne veuille rien lui devoir et surtout pas ce dragon. Sans doute finirait-elle par le comprendre un jour.

- Un verre seulement, ensuite je m'en irai.

Et oui, le comte ne voulait vraiment pas rester. Pas qu'il avait peur d'une quelconque tentation, mais voilà, comme dit plus haut, il avait besoin de se retrouver un peu seul. Sans doute pour digérer tout ça. Chacun avait sa façon de faire. La solitude était un bon moyen pour cela. Que son interlocutrice pense autre chose, ne le touchait guère plus. Il s'était toujours moqué de ce que pensait les autres de ce qu'ils pouvaient croire sur lui et ça ne changerait pas aujourd'hui. Ses yeux suivaient donc son hôte, attrapant le verre qu'elle lui donnait, tout en la remerciant. Il prenait une gorgée, l'alcool était bon. De toutes les façons, le contraire aurait été étonnant, il savait ce besoin d'excellence dont elle avait besoin.

- Il n'est pas très utile de regretter ce qui est déjà passé Amélia. Ce qui est fait, est fait, n'est-ce pas? Il restait debout, comme de Lascelle l'avait dit, il n'était pas prêt à faire l'effort de rester plus longtemps que la bienséance pouvait lui commander. Vous vous ferez plus de mal que de bien à penser ainsi. Reprenant une gorgée de son verre. Mais je n'ai pas de conseil à vous donner, n'est-ce pas?

Ni moqueur, ni cynique. C'était une simple discussion, juste pour ne pas se retrouver dans un silence qui finirait par devenir gênant.

- Excellent ce scotch.
Zenon de Lascelle
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Sam 8 Déc 2018 - 22:40
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De Lascelle dégageait des ondes négatives. Son flegme n'en était que plus fort. Un haut de forme et il aurait fait un Britannique sur mesure. Un charisme différent.
La soirée avait si bien commencé. Cette fin laissait un goût amer. Amélia s'était sentit conquérante. Maintenant, elle sentait qu'on venait de lui retirer sa victoire. Ce qui redoublait sa rage intérieure. N'en avait-elle pas déversé assez ? Lasse d'être en colère. De voir chaque pas en avant être saqué par ses adversaires. Avancer et puis se faire rabattre en arrière. Toujours à la mettre devant les tests.

- Oui. Je vois. Le comportement de Georges nous retombe dessus. Agacée, tant par la situation, que par sa propre réaction. Elle aurait voulu ressentir plus d'indifférence. Ne pas être atteinte par l'attitude du Lord. Que lui prenait-elle au juste ? Pourquoi le vouloir dans un instant si... étrange ? Idiotie.

La platitude des paroles de Zenon n'échappa pas à la jeune femme.
Il n'avait pas envie d'être ici avec elle. Dans un appartement où tous les secrets seraient protégés.
Le faire monter avait été une erreur. Amélia avait mal évalué ses chances. Deux amis...

- Pitié Zenon. Lui rétorqua-t-elle en l'interpellant aussi du regard. Qu'il fasse l'économie de ce genre d'effort avec elle. Pitié qu'ils ne tombent pas dans ce genre de dialogue. Sans subtence et sans aucun sens. Ils étaient habitués à mieux. Au vif.

A ces phrases toutes faites. Vides de sens après tout ce qu'elle venait de libérer sur le pavé.
La remarque sur la boisson la fit rire. Elle se mordit la lèvres en fixant le visage fermé qu'il lui offrait. Les tensions de la soirée tombaient. La belle serait écrasée bientôt. Elle ne se moquait pas de lui. Plutôt d'elle-même. De cette tragi-comédie tout à fait ordinaire.
Qu'avait-elle imaginé ? Qu'il serait un compagnon de route après cette épreuve personnelle ? Qu'il la tiendrait dans ses bras ? Voilà qui éclairait cette quarantenaire. Elle en demandait trop. Encore.
Il n'en avait aucune envie.

- C'était stupide. Clark posa son verre sur l'accoudoir du fauteuil. Cigarette entre deux doigts elle approcha. Vous donnez l'impression d'être en prison. Votre mission est accomplie ! Lança-t-elle avec plus d'humour qu'elle n'en avait en elle. Elle lui offre ensuite sa paume de main, pour récupérer le récipient. Le retenir prés d'elle ne rimait à rien. Aller... Filez. Je ne vous retient pas. Souriant. Gentiment. Le Dragon pouvait être gentil. Humain.

Et Amélia se recula.
Pauvre Zenon se disait-elle. Il aurait sans doute mieux fait de rentrer directement chez lui. Face à cet homme coincé dans sa bulle de colère, elle se sentait une soudaine mansuétude. Une tristesse aussi. Une vague de tristesse qui n'allait plus tarder à monter jusqu'à ses yeux. Powell abîmait tout. Autant l'en épargner. Il en avait fait suffisamment pour elle.

- Merci. De m'avoir déposé. Lui dit-elle avec cette pudeur mal placée.

Ce qui lui évitait d'avoir à dire « merci » pour ce qu'il avait accomplie ce soir. Protéger leur honneur. Poussé Powell dehors. Défendu sa meilleure amie.
Amélia s'activa pour juguler l'émotion nouvelle en train de l'envahir. Elle aspira une grande bouffée. Occupant ainsi ses lèvres. Allant vers la porte pour éclairer la voie vers la liberté du libertin. Son visage masqué par un sourire un rien exagéré.

Je suis fatiguée de toute façon. Avec trop de bonne humeur. C'était pour pour la forme. Elle s'y mettait aussi. Comme ça il avait un double alibi pour décamper. Et elle préservait ses derniers lambeaux de fierté. Elle s'en donnait l'illusion. Et son ventre se tordait de chagrin en silence. Rentrez vite chez vous. Vous l'avez bien mérité. Nous nous recroiserons sûrement. S'il en avait envie.

Cette fois le noble avait la main.
Et l'Américaine apprendrait à vivre avec son échec. Le scandale. La honte. Mais pour le moment elle se concentrait pour rester en pleine possession d'elle-même. Vulnérable. Douce du regard. Réclamant juste une once de bienveillance. Que ce grand charmeur ne la voit pas pleurer.
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Sam 29 Déc 2018 - 12:38
Zenon aurait pu être désolé, aurait pu faire un effort. Mais Amélia lui en voudrait ensuite, parce que comme il le lui avait dit, il ne lui offrirait pas ce qu'elle attendait, ce dont elle avait envie. Il préférait partir, avant qu'ils ne fassent quelque chose qu'ils regretteraient ensuite. Mais elle ne pouvait guère l'entendre, pas dans ces conditions. Il le savait bien. Et ce n'était pas que de la faute de George, Charles avait aussi sa part de responsabilité pour le coup. Il ne voulait pourtant pas enfoncer plus le français face à cette amie en commun et gardait plutôt le silence, hochant juste légèrement de la tête, pour dire qu'elle n'était pas en train de se tromper. Ce n'était pas de sa faute à elle en tous les cas, il espérait que cela, elle le comprenne aussi.

Sa remarque le rendit silencieux. Elle ne voulait pas d'une conversation creuse, il n'en voulait pas non plus. Pourquoi l'avoir suivi ici alors? Il ne le savait pas vraiment non plus. Amélia trouvait stupide le fait de l'avoir fait monter, il se trouvait stupide d'avoir accepté l'invitation. Son regard observait le dragon, il voyait bien qu'elle était blessée, qu'elle ne savait pas trop comment gérer tout ça. Il soupira un instant, frottant doucement ses doigts sur le verre qu'il tenait.

- Je n'aurai pas dû accepter, en effet. J'espère que vous m'excuserez de vous avoir suivi sans réfléchir. Parce qu'il aurait bien dû se douter de ce qui allait suivre. Oh, la prison est beaucoup moins agréable. Fit-il avec un léger sourire, comme pour désamorcer un peu le drame de la situation.

Clark lui laissait la possibilité de filer, finalement, il ne la quittait pourtant pas du regard. Même si c'était ce qu'il souhaitait, il ressentait bien que tout ceci allait avoir des répercussions sur la suite. Il était tout autant en colère qu'elle, de voir cette soirée qui avait si bien commencée, se finir en queue de poisson. C'était rageant. Finalement, quand ils n'étaient pas tous les deux à s'envoyer des piques, il y avait presque toujours quelque chose pour les empêcher d'échanger, sans que cela ne tourne au vinaigre. Il suivait le mouvement, retournant vers la porte, reconnaissant la fausseté dans les airs de son interlocutrice, se sentant coupable de la rendre ainsi.

Alors qu'il aurait dû passer la porte sans demander son reste, lui dire qu'il avait fait ce que tout ami aurait fait, qu'il était normal qu'il la ramène, rien de tout ceci ne se fit. Même si elle ne voulait pas pleurer en sa présence, il n'était pourtant pas prêt à la laisser seule dans cet état. Finalement, c'était son côté altruiste qui prenait le pas, comme il le faisait plus souvent qu'on ne pouvait le croire venant de lui et dans un mouvement doux et protecteur, il l'attrapait pour l'attirer tout contre lui.

- Venez là. Cela n'avait rien de charnel, c'était juste une vraie étreinte amicale, de soutient, qui disait, avec moi, vous êtes en sécurité, ne vous cachez pas, je comprends et je suis là pour vous. Ses mains frottaient doucement son dos, lentement. Je suis désolé de ce qui vous est arrivé Amélia, si j'avais su qu'il était là... je l'aurai fait sortir directement. Mieux aurait voulu que les anciens époux ne se croisent pas. George ne serait plus jamais admis dans l'établissement, ça, il pouvait en faire la promesse.

Pour le moment, c'était le bien-être de cette femme qui était plus important. Finalement, de Lascelle resterait, jusqu'à ce que les émotions se tassent un peu. Si seulement elle acceptait de lui faire confiance, aussi pour cela.
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Jeu 3 Jan 2019 - 13:46
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Le Lord soupir. Clark se questionne sur son sens.
Oui c'est elle qui lui a demandé de rester encore un peu. Rester avec elle. Parce qu'elle vient de vivre une soirée éprouvante. Ce n'était qu'un pur acte d'égoïsme et de survie.
Ce n'est pas de l'agacement. Ce n'est pas de la colère. Zenon va en son sens. Avec ce calme et ce flegme qui le caractérise dans l'imaginaire de la femme.

- Soit disons que le tort est partagé. Un tort partagé. Clark ne sait plus si c'est mieux ou moins bien, que de ne rien partager du tout. Une partie d'elle est pourtant soulagée. Elle respire. Elle se rend compte que cet étrange lien entre eux est important. Celui-là est important à ses yeux. Le trait d'humour l'empêche de dériver. Amélia reconnaît le savoir-faire de De Lascelle. Une réplique. Un sourire. Une fausse désinvolture. Cela l'aurait peut-être agacée. Ou bien aurait dû. Un autre soir. Une autre nuit. Mais, ici, dans cet appartement vide. Maintenant. C'est tout à fait ce dont elle a besoin. Une petite plaisanterie. Vous me rassurez... Elle éloigne la cigarette. Pour lui sourire. Contenant encore le flot.

- Quoi qu'il en soit vous pouvez partir l'esprit tranquille. Le relance-t-elle. Car Head ne veut pas qu'il pense qu'elle profite de lui. Ou de la situation. Elle l'aurait fait oui. Avec un accord mutuel. Mais sans désir chez les deux parties... Ce ne serait qu'une mauvaise comédie dramatique. Elle ne les placerait jamais dans cette posture. Il y a bien trop d'estime en elle pour... chacun d'eux.

Amélia s’attendit donc à ce que Zenon saisisse l'opportunité. Et disparaisse. Mais non. Il trouva un autre moyen pour la déstabiliser. Un peu plus.
Il lui dit « non » pour la seconde fois. Et ce refus là -aussi- lui fait du bien. Ce soutient qu'elle n'a pas osé demander. Mais dont elle a réellement besoin. Sans aucune protestation la brune accepte ce renfort. Et se laisse faire physiquement. Laissant la cigarette se consumer sur la petite table de l'entrée. Allant se reposer contre cet autre. Ce corps solide qui ne lui voulait aucun mal. Cet homme.

Ce fût instantané. Comme un mécanisme actionné. A peine le libertin posa-t-il une main, sur son dos tendu, que la digue s'écroula. N'attendant qu'un souffle. La bride abandonnée. Nerfs lâchés. Les larmes partirent du coin de ces deux océans teintés du gris.

- Les mots s'entrechoquent -eux aussi- devant sa bouche. A qui ce Dragon parle librement de son ennemi juré ? Avec qui le faire ? Comment ? Car Georges à juré. Aucune trêve. La guerre et seulement la guerre. Alors même si, parfois, la belle serait tentée d'abandonner. Elle ne peut pas le faire. Pas sans perdre beaucoup.

Les mains d'Amélia se plaquent sur les omoplate de l’Écossais. Elle se tient à lui. Amarrée. Phare dans cette nuit noire de colère et de haine. Depuis quand n'avait-elle pas pleuré ? Elle sait. Depuis son dernier séjour à l’hôpital. Ce souvenir douloureux fait se fracasser les derniers blocs de contenance.
Les larmes se métamorphosent lentement en un sanglot. Qui fait s'ébrouer ce corps si fier et si fragile. Amélia délaisse ses armes. Enfin.

Plusieurs fois, elle est tentée de parler. Pour s'excuser peut-être. Mais les cordes vocales sont fermées. Alors elle laisse le flux décider. Libérant sans aucun doute plus que la pression de ces dernières heures.
Dés qu'Amélia sent qu'elle peut reprendre -un minimum pied- elle se fait moins pesante contre Zenon. Elle dessert ses bras. Sans le lâcher encore. Y allant progressivement. Continuant de pleurer, plus calmement, plus tranquillement. Attendant que la pluie s'arrête d'elle-même.

Dans l'entre deux. La louve blessée se retrouve dans ce qu'il y a de plus simple. Ses sens la guide. Ses mains bougent doucement pour appréhender concrètement celui qui la soutient. Elle écoute les battements de deux cœurs vivants. Et respire l'odeur de cet autre.
Quand elle réalise. Se rend compte. De cet état étrange. Second on pourrait même dire. Amélia ouvre les yeux. Confuse, émue, elle retire ses mains, son nez, fait un pas en arrière.

- ... Désolée. Je... Un sourire. Voilà sourire. Quelque peu gêné. Elle passe ses mans sur son visage pour évacuer l'eau. L'émotion. La confusion. Puis gonfle ses poumons. La contenance est un peu dure à retrouver. Mais les saphirs sont moins orageux. Ils luisent comme le ciel après l'orage. Je vais me reprendre un verre. … Je vous en repropose un ? Amélia se sentait étrange. Cela lui avait fait du bien. Mais, elle n'avait pas pour autant envie de se retrouver seule. Non pas seule et isolée après un tel torrent. Parler. Boire. Quelque-chose de simple. Ne restons pas sur mon drame et votre chemise trempée.

Head retrouva les deux verres là où ils avaient été posé. Elle les posa sur la table les rempli généreusement. Elle tendit de nouveau le sien au noble. Joint à un sourire plus sûr. Amusé. Avec la complicité que vient de créer l'imprévu. Ensuite, elle avaler le siens. Comme les Clark mâles le fond après une partie de chasse. La brûlure interne fit son effet.
Moins hébétée. L’Américaine se reprend un autre verre. Des larmes et du scotch. N'est-ce pas le planning qu'elle avait en tête en arrivant ?
Amélia Clark
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Mer 16 Jan 2019 - 22:13
Peut-être que le tort était partagé, ou peut-être que la finalité de cette invitation, puis de l'acceptation aurait un tout autre but. Allez savoir ce que l'avenir leur préparait à tous les deux. Enfin, ils étaient d'accord, ce qui n'était pas rien. Alors que quelques années en arrière, ils seraient sans doute en train de se piquer l'un et l'autre... en tous les cas, Zenon n'aurait jamais été dans cette pièce. Il restait donc auprès de la dame, encore un peu, le temps que la décence lui disait de rester, avant qu'elle n'ouvre la voie vers la porte et le départ, qu'il souhaitait. Mais quelque chose le retenait, encore et toujours, elle prenait avec le sourire sa remarque, tant mieux, il y avait moyen de dédramatiser un peu, ou en tous les cas, de rendre l'atmosphère un poil plus légère, le temps que cela durerait.

Bien entendu, au lieu de partir, le comte décida de rester, pour le bien de cette femme, finalement, c'était pour cela qu'il avait dit oui. Il le comprenait. Peut-être l'avait-il aussi senti sans le vouloir. Ce n'était pas tant le besoin de s'abandonner à l'autre entre les draps dont Amélia avait besoin, mais plutôt d'une épaule solide, à laquelle s'accrocher, une oreille attentive, qui la laisserait baisser toutes les barrières. Contre qui, elle pouvait enfin se laisser aller, sans crainte d'être jugée. De Lascelle gardait cette femme en pleurs contre lui, silencieux, mais bien présent, les mains sur son dos le frottaient lentement, pour la rassurer, lui dire qu'il ne bougerait pas d'un poil, tant qu'elle en aurait besoin.

Jamais il ne l'avait vu ainsi, mais il n'en était pas pour autant surpris. Après tout, tout le monde pouvait se retrouver aussi démuni qu'elle l'était à l'instant. En espérant que cela pourrait lui faire du bien, de lâcher enfin toute cette pression, de faire sortir ce qui bouillonnait au plus profond d'elle. Et la couche était profonde, les blessures l'étaient tout autant. A chaque larme, notre homme se rendait de plus en plus compte de ce qu'avait bien pu faire George à celle qu'il avait épousé... de quoi lui faire se dire que certains mériteraient des punitions à la hauteur de leurs méfaits. Mais ne disait-on pas que le karma finissait toujours par se rappeler à votre bon souvenir? Il fallait espérer que ce soit la même chose pour cet Américain. En tous les cas, le comte allait mettre les points sur les i avec Charpentier... certaines choses ne pouvaient pas rester dans l'état.

Enfin, pour le moment, son attention devait être toute à celle qui pleurait dans ses bras. Amélia semblait reprendre peu à peu son souffle, les larmes se tarissaient gentiment, elle arrivait au bout de la peine. Tant mieux. La laissant se reculer sans faire plus de mouvement, il lui offrit un petit sourire, de soutient. Pourquoi s'excuser, alors qu'il l'avait poussé à se laisser enfin aller.

- Ne vous excusez pas. Tout ceci est parfaitement compréhensible. L'invitation revenait sur la table. Avec ce qu'il venait de se passer, le noble ne pouvait clairement pas mettre les voiles. Pas de suite. Il hochait de la tête. Pourquoi pas... gardant son petit sourire, plus complice cette fois, tout en la suivant.

Pour montrer qu'il n'était plus pressé, qu'il avait compris. Zenon enlevait son long manteau noir, qu'il déposait sur le dossier d'un fauteuil, avant de venir prendre le verre que lui tendait son hôte. Levant son verre vers elle. Il appréciait de retrouver ce sourire sur ses traits, ce regard un peu moins sombre, plus clair, lavé de l'orage. Un pas, un nouveau, venait d'être fait, à n'en pas douter. Il buvait plus tranquillement, préférant ne pas trop se saouler maintenant. Même si le verre perdu son contenu de moitié.

- Vous... vous sentez mieux?

Maintenant qu'ils étaient tous les deux plus calme. La conversation devait bien reprendre quelque part, n'est-ce pas?
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Dim 20 Jan 2019 - 19:13
And when life can be hard




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Les derniers plis d'un voile se déchire. Pour une fois sans violence. En douceur.
Son corps a un frisson de fatigue. Mais son esprit est plus au clair. La nuque courbée. Cervicales apparentes. Les trapèzes tendus comme deux blocs armés. Armés pour faire face à toutes ces grandes figures qui cherchent à dominer. A dominer les femmes souvent.
Ou pour résister à cette figure mauvaise de Powell. Car il lui a appris comment se barricader en elle-même. A la lisière du tissu bleu, dans le dos, la fin d'une zébrure. Ce n'est qu'une. Dans tout un parchemins de stigmates. Que peu de doigts ont pu effleurer. Encore moins caresser. Car il failait être élu. Sinon de ce coeur frilleux au moins de cette peau peureuse.

- Vous croyez ? Avec un nouvel aplomb. Le retour de son auto-dérision. Elle s'excusait rarement. Trop rarement. Alors quand elle le fait c'est qu'elle juge qu'il le faut.

Clark avait agit avec assurance. En offrant le verre. Comprenant que son « invité » se comporterait correctement. En ne prenant pas la fuite aussi vite.
Elle l'escorta de son regard apaisé alors qu'il parcourait la pièce pour déposer son manteau. A sa démarche tranquille elle fût convaincue. La hâte s'était dissipée. Pour quelle raison ? Les larmes ? La paix revenue ?
Elle n'était pas sûre. Il y avait avec cet homme des attitudes et des raisonnements qu'elle ne comprenait pas toujours. Pas de façon instinctive. Parce qu'elle se trompait souvent avec lui De Lascelle. C'est ce que la Française répétait sans cesse avec le sourire. Qu'il y avait une fausse image collé dans l'esprit. Qu'elle avait tenue jusqu'à récément.
Elle lui tendit donc ce verre ami. Amicale.

- Asseyez-nous ? Une bouteille comme cela, elle se savoure. Je ne vous mangerais pas de toute façon. Proposa Amélia à Zenon. La bouteille et son verre avec elle. La plante de ses pieds nus survolait le parquet. Un parquet de bois. Dont les traitent échardes lui ont déjà fait quelques mauvaises surprises. Pour autant, elle marchait pieds nus. La menace ne pouvait la dissuader. Lui faire renoncer au plaisir de sentir la matière. D'être en contact. Faites attention le parquet est vieux lui aussi. Cet immeuble fait parti du lot vintage du quartier. Le sourire au coin. Songeant à la tête du propriétaire quand elle avait suggéré la rénovation de fond. Au moins propriétaire, Clark pouvait faire ce qu'elle voulait à ses foyers.

- Je crois oui. En tous cas plus légère disons. C'est comme si je venait de perdre deux tonnes sur mes épaules. Cette fois c'est de l'autre côté de la table basse qu'elle se rend. Vers le canapé-lit gris anthracite. Une façon simple de montrer qu'elle n'est plus dans la réserve avec le Lord. Je ne sais pas trop. Ça a été une soirée... étrange. Premier mot qui lui vient en tête. Elle prend à gauche. Aimant davantage la vue sur le salon de cet angle là. Ses jambes viennent se replier souples. Talons au fesses. Position plus détendue. Ils n'ont pu se voir ainsi qu' Aux Messanges. Vraiment faites comme chez vous Zenon. Ça ne se voit peut-être pas là mais j'aime que les gens soient à l'aise quand ils viennent chez moi. Et puis, nous avons passé l'heure de faire des cérémonies. Verre dans une main. Effleuré par les doigts de l'autre. L'Américaine laissa aller. Elle ne replaça pas la bretelle de la robe. Ou le tissu du jupon sur ses chevilles.

- Une mauvaise habitude du travail de tout contenir. Dit-elle en levant son verre pour vider une bonne partie. Elle sent le liquide couler dans son corps. Dans l'estomac vide. Manger aurait pu être une bonne idée. L'appétit n'est pas. Clark ne veut se forcer de rien. Elle n'en a pas le courage ce soir. Ni de se forcer. Ni de faire semblant. J'ai appris tard que l'on avait le droit de pleurer sans passer pour la pire des fillettes. J'ai encore quelques années à rattraper visiblement. Reconnue-t-elle sans honte. Pamela l'avait bien élevée pour cela. A ne pas verser une larme. Parce qu'une fille qui pleure est désagréable et dé aimée. Alors même à l'enterrement de Jack elle n'avait pas réussi à pleurer. Même pour ses propres enfants. Elle avait attendu la solitude et la nuit. J'espère que vous le garderez pour vous. Poursuivit-elle sur le thème d'un ton qui suggéra plutôt qu'elle se moquait qu'on ait vent de son état de faiblesse. Que ses adversaires ricanent. Cette nuit, Head était surtout écœurée par le tournant que prenait la Vie.

- Cette histoire est vraiment stupide. J'espère que ce qui s'est passé ne va pas trop d'impacter vos amitiés internes du cabaret. Dit-elle, ses yeux rieurs une seconde. Parce qu'elle usait de ses petites piques. Non pas pour piquer cette fois. Mais pour plaisanter avec lui. Rendre l'affaire plus légère. Je ne pensais pas qu'il irait jusque là. Le dernier courrier de l'avocat n'a pas du lui plaire. Elle posa le verre vide sur la table passe pour le remplir. Elle reprit ensuite sa position initiale. L'épaule calée au dos du canapé. Un petit sourire de louve en coin. Signe que la belle se sentait tout de même mieux. Elle avala une gorgée. L'alcool la désinhibait doucement. Elle le savait mais ne se freinait pas. De Lascelle venait de la voir coup sur coup, jouer le charme et abandonner toute dignité. Clark pouvait considérer qu'elle ne pouvait pas tomber plus bas que ça.

- J'aurais du me contenir moi aussi. Mais quand j'ai compris que Laure... Enfin... Un rire. Une fraction de rire. Car la réalité est bien tristement banale parfois. L'époux qui couche avec la meilleure amie c'est un classique. Clark aurait dû le voir. Elle avala deux bonne gorgées de scotch pour bloquer sa langue. Prendre plus d'aplomb. A la vérité Amélia n'avait jamais eu envie de médire sur Laure. Jamais. C'était une amie. Une amie poche. Peut-être bien la seule qu'elle eu réellement eu dans sa jeunesse. Il y a une différence entre imaginer quelque-chose. Et savoir qu'elle a vraiment eu lieu. N'est-ce pas ? Sans doute elle aurait préféré qu'il regarde du côté de ses sœurs de sang. Oui sa chaire. Son sang. Pas de Charpentier. La belle Madame Charpentier qui pouvait avoir tous les hommes de l'Archipel et l'avait choisi lui. Même celui qui se trouvait actuellement dans le salon. Le libertin. Amélia éloigna la pensée d'un revers de tête. Et bu. Encore. Encore un peu. Elle était belle. Dit elle alors. Se faisant ainsi pardonner à elle-même ses pensées ambivalantes.

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Lun 21 Jan 2019 - 22:11
Zenon était quand même rassuré de la voir un peu plus calme, finalement, oui, il avait bien fait de la suivre. C'était pour être son épaule solide qu'il était monté, même s'il n'y avait pas pensé de prime abord. Et tant mieux. Cette femme ne devait pas être seule ce soir. Il savait se montrer bon ami, tout autant que bon amant. Mais il fallait juste savoir choisir son moment. Et ce soir, c'était le premier qui était le plus important. Il haussa légèrement un sourcil à la remarque de la dame.

- Quel tort? Le fait qu'elle pleure sur son épaule, il ne le voyait pas comme une faute. Loin de là même.

Pourquoi fallait-il toujours que les gens pensent que c'était une faiblesse de se montrer aussi vulnérable? Alors qu'au contraire, il estimait qu'il y avait de quoi y puiser toute sa force. Personne n'était inébranlable. Même lui, dont beaucoup de chose lui passait bien au-dessus de la tête, pouvait le toucher. C'était ainsi. Il le savait et l'avait accepté depuis longtemps. Mais le comte ne voyait pas la vie de la même façon que ce dragon et il le savait pertinemment.

Petit mouvement de la tête, il suivait le mouvement. Oui, qu'ils s'assoient un moment. En même temps que les larmes de la belle s’écoulaient sur sa chemise, sa colère s'était quelque peu éteinte. Sans doute parce que la peine de cette femme était plus forte et importante que ses propres ressentis. Ce qui ne l'empêchait pas, pourtant, d'être prêt à vouloir casser le nez à ce prétentieux Américain. Un jour peut-être, lui mettrait-il son gant dans la face. Il y avait parfois des honneurs à défendre. Mais le comprendrait-il seulement? Ils n'étaient pas du même monde tous les deux et ce type... ce type était une ordure.

- Je n'ai guère peur de me faire manger. Fit-il sur un ton plus posé, un peu taquin. Lui gardait ses chaussures, le parquet ne risquait donc pas de l'agresser. C'est vrai que cet endroit à un certain cachet... je ne vous voyais pas vivre dedans, je vous l'avoue. A moins que dans la suite d'idée, vous êtes prête à tout rénover. Ce qui... pour le coup. Ne m'étonnerai guère.

Voilà donc qu'il reprenait un peu le goût de la parole, de la discussion. Ce qui n'était pas un mal. Il aurait pu même continuer en disant qu'elle devrait demander à Charpentier de venir s'occuper de son intérieur, mais s'arrêta avant que les paroles ne dépassent sa pensée. Car les deux femmes ne s'étaient pas vraiment séparées amies de cette soirée. Le Lord s'installait tranquillement, confortablement, croisant les jambes, tenant son verre dans une main, posé sur sa cuisse, alors qu'il observait toujours son interlocutrice.

- Tant mieux. C'est un poids que vous ne devriez pas avoir à porter. Mais les blessures étaient profondes, il le concevait parfaitement. Les divorces, avaient aussi cette tendance à tout accentuer, à montrer les pires facettes d'une personnalité. Qu'est-ce que cela devait-être, quand le personnage était déjà un enfoiré au départ. Amélia avait sans doute paré déjà un bien grand nombre de coups. Vous n'êtes pas seule, sachez-le. Elle aurait tout son soutien, qu'elle l'entende et l'enregistre. Il ne la laisserait pas comme ça. Ne vous inquiétez pas pour moi, je suis à mon aise. Avec un petit sourire.

Ce qu'elle lui expliquait, il s'en doutait, bien entendu. Comme dit plus haut, ils n'avaient pas la même conception de la vie et de comment la vivre d'ailleurs. Il espérait pourtant, que cette femme change un peu et apprenne à la mordre à pleine dent, plutôt que de se contenir. A quoi bon d'ailleurs? On n'emportait rien dans la tombe, peut-être à part des remords et des regrets.

- C'est bien dommage de le voir comme ça oui. Les fillettes peuvent être tout aussi combattantes et fortes que les autres. Pleurer n'a rien d'une faiblesse, croyez-moi. Secouant la tête. Aucun risque, après tout, je ne suis pas à la base de la bagarre et je suis un suffisamment bon client, pour que ma parole soit reine. Nous resterons bien accueillis là-bas. Lui par contre... prenant une gorgée de son verre. Les gens blessés dans leurs égos peuvent devenir les plus teigneux... mais cela lui reviendra dans la figure.

On ne gagnait que rarement à jouer à ce petit jeu de mesquins. Et George n'était pas le plus fort. Il pouvait oublier que son ex-épouse pouvait avoir des alliés puissants. Qu'il n'était pas en terre conquise et qu'il ferait mieux de lâcher l'affaire, pour de bon. Quant à Laure... et bien... il ne lui en voulait pas. Parce qu'étant, tout comme elle, libertin, peut attacher à ce que l'on appelait la fidélité, il ne pouvait guère la juger. Sur ce point, lui aussi, couchait avec des femmes et des hommes mariés et n'y pensait pas plus. Les gens étaient adultes, tout le monde prenaient ses responsabilités. Il n'était pas là pour renvoyer quelqu'un dans les bras de l'être épousé. Il n'était pas un garde-fou, Laure ne l'était pas non plus. Cela pouvait surprendre qu'elle couche avec le mari de sa meilleure amie, certes, mais peut-être avait-elle fait ça pour tenter de se rapprocher d'elle. Ne lui avait-elle pas dit une fois, qu'elles s'étaient un peu perdues de vue? Cela avait affecté la Française, mais est-ce que ce dragon pouvait l'entendre?

- Ce n'est sans doute jamais agréable à découvrir, oui. Il se souvenait de quelques maris bafoués qui avaient demandés à en découdre avec lui. Elle l'est toujours, mais ce n'est pas la seule. Je ne veux pas prendre sa défense, mais je ne crois pas qu'elle l'ait fait pour vous faire du mal... contrairement à lui. Vous devriez tenter d'en parler avec Laure, même si la conversation pourrait s'avérer peu agréable. Je sais qu'elle tient à vous, à sa façon.

De Lascelle en médiateur. Il le faisait plus souvent qu'on pouvait le croire. Mais il était l'oreille attentive aussi de la femme de l'ambassadeur. Il était peut-être temps de lui donner un petit coup de pouce.
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Lun 28 Jan 2019 - 22:21
And when life can be hard




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Leur silence est soutenu. La sérénité du Lord fait que la gêne ne tient pas. Un souffle.
Ils peuvent se regarder dans les yeux. Sourire. Sans qu'il n'y ait de compte. Ce qui est déjà un luxe dans l'univers de l'Américaine. Là où sont tous les hommes de pouvoir aux gestes prémédités. Mille fois calculés. Si bien qu'on en vient à oublier que les actes de bonté peuvent venir de l'autre. Oui. De l'autre aussi.
Amélia aurait probablement mieux fait de quitter totalement les affaires. Abrogé sa carrière. A un moment donné. Pour faire, comme elle le rêvait avant, des projets différents. Des projets qui l'auraient éloignée de ces bourreaux.

- Un tort... si je dois en dire un seul ce soir. Celui de vous avoir fait manquer la fin du spectacle. Clark trouvait cela intéressant.

Elle a beau s'émanciper. Être capable de désir un homme. De lui proposer de monter chez elle. Enfin de compte, elle est souvent celle qui fait lever le rideau avant l'heure. Celle qui avorte les choses. Elle se demanda si sans l'intervention de Powell quelque-chose d'autre ne se serait pas produit. Juste pour la priver du plaisir de la soirée.
L'habitude de ne pas obtenir gain de cause dans le bonheur. Quoi que la vie est tout de même plus tendre, plus douce, depuis qu'elle est à Édimbourg. Même si rien ne se passe comme elle le prévoyait. Des choses positives arrivent. Souvent.

De Lascelle prête -de nouveau- à sourire. C'est un sourire au coin des lèvres. Un sourire qu'Amélia a quand elle entrevoit une subtilité. Son indexe frappe le verre. Au rythme d'un battement de cœur. Régulier. Calme.
La malice rehausse la teinte de ses iris. Ses traits sont moins tendus. Durs.

- C'est vrai que ce n'est pas vers le type de location vers laquelle je serais allée naturellement. Une confirmation dite avec humour. Elle sait le comte observateur. Mais sur ce genre de faits... Ou bien était ce le résultat de toutes leurs conversations ? Entre deux piques lui disait-elle ses goûts et ses aspirations ? Head se rend compte qu'ils se connaissent. Qu'elle connaît cet homme sans doute mieux que Charles Charpentier. Cela l'interpelle. C'est Laure qui m'a décidé. Pour ce cachet justement. Pour que ça me change du moderne de New Victoria. Tactique qui a bien marché les premiers mois. Ce renouveau l'a sortie d'un cercle vicieux. Dangereux même. Malheureusement -ou pas- elle avait repris un mode de fonctionnement similaire. Mais je ne passe pas assez de temps ici pour pouvoir l'agencer à mon idée. Dit-elle en contemplant ce salon. Un peu désincarné. Il faudrait que je le fasse. Il a toujours « plus urgent » que s'installer. Se poser. Elle ne parvient à le faire qu'au bord de l'épuisement. Ou quand on lui force la main.

Les cheveux noirs. Corbeaux. Ils se libèrent de la tenue imposée du matin.
Elle doit les repousser en arrière. Ils sont peut-être un peu trop longs. Une envie de changement la retient à prendre un rendez-vous. Elle voudrait se détacher de sa propre rigueur. Vraiment. Mais chaque rébellion qu'elle se permet lui semble un peu puérile.

- Non c'est vrai que j'ai tout de même quelques personnes de confiance. Même s'il s’avère compliqué de pouvoir faire réellement confiance à quelqu'un. Je veux dire vraiment. Amélia tendit la main levée vers lui. Pris à témoin de leur propre passif. Combien de temps nous a t-il fallu pour nous faire confiance. Six ans ? Sept ans ? Alors que vous êtes l'un des plus honnête. Rendre au Lord ce qui est au Lord. Il fait partie des rares -très rares- personnes à être constant. Auprès d'elle. Même Lancelot ne sait pas être aussi sûr et régulier dans son affection pour elle. Il me semble que vous fumez le cigare ? Crut-elle se souvenir d'une soirée en Provence. La gourmandise d'un petit plaisir coupable. Mais qui est toujours plus agréable quand il est partagé.

Alors la belle acquière lentement. Silencieusement.

- Je vous crois. Elle lui sourit. Car de plus en plus, elle le croit. Elle bouge pour mieux détendre son dos. Un autre soir, avec moins d'ambre liquide et moins d'émotions. Ils n'auraient pas autant parlé. Sans doute. Peut-être. Amélia sent que le dialogue est possible. Comme elle est aussi avide d'échanges que de... Enfin. Elle parle aussi. Elle s'ouvre à lui. Puisque c'est lui. Mais j'ai déjà beaucoup pleuré dans ma vie. Je ne sais plus ce qui mérite encore qu'on le pleure ou non. Un sourire carnassier. arrive sur la bouche de Clark. Lui ira droit en Enfer. Et le ticket pour le voyage est déjà acheté. Depuis des années. Je serais là pour le regarder passer sans doute. Avec un plaisir un rien sadique. Ce qui n'est pourtant pas de la nature de cette femme. Exigeante oui. Dure aussi. Mais le sadisme il n'y avait que George qui allumait ça chez elle. Beaucoup lui conseillait l'apaisement. Encore trop tôt. On ne crève pas impunément le cœur d'une louve.

La commodité. Voilà ce qui amène Clark à revenir sur cette soirée.

Il y a beaucoup de belles femmes sur l'Archipel oui. Nous sommes d'accord. [i Nota la brune avec un petit trait d'humour. Elle pince les lèvres. Inspirée par leurs langues déliées l'Américaine s'expose. Elle donne sa pensée. Son avis. Sans se tenir et cela lui fait du bien aussi. Il faut sinon toujours faire attention à ce que l'on dit. Dans quelles conditions. Et avec qui. Mais pas cette nuit. ][/i] Non. Je crois que je l'ai toujours plus ou moins su. Car le corps se trahit. Matière vivante qui n'a pas à obéir. Ou alors aux seules lois que l'individu s'impose. Georges ne s'imposait plus rien. A la fin. S'il n'avait redouté la colère d'Amélia, il aurait amené ses conquêtes dans leur lit. Ce n'est pas tant cette aventure que je lui reproche. Clark tacle le libertinage. Par idées, principes, et un peu d’esbroufe intellectuelle aussi. Ainsi commandent les codes qui la régente. Bien que philosophiquement elle parvient à comprendre cette philosophie de vie. Maintenant. Grâce à eux. Laure et puis Zenon. Un peu Ezio également qui défend devant elle un frère séducteur. Je voulais qu'elle m'aide sans que j'ai à le lui demander. Comme si leur pacte d'amitié rendait l'invisible visible. Comme si la belle Charpentier aurait pu voir ce que personne, pas même Victoire ou Pam' n'ont pu voir. Ce qui est parfaitement injuste pour elle. Mais je n'y peux rien. S'avisant que son verre est vide. Elle relève lentement son visage vers son partenaire de discussion. Une agréable chaleur monte dans ses pores. … Je suis très bonne pour dire les choses dans mon métier. Mais demandez moi de le faire dans le privé et là... Une négation mimée. Un petit sourire de dérision personnel.

- Je tiens à elle aussi. A toutes les personnes qui étaient à cette table. Rétorque-t-elle en observant De Lascelle. Des larmes. Trois verres de scotch. Des mots. Faut-il donc tout cela pour arriver à dire « que l'on aime ». Oui... Visiblement.


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Dim 10 Fév 2019 - 22:11
Zenon n'était pas un homme de calcul, ou ne l'était plus. Peut-être qu'à une époque de sa vie, il réfléchissait plus à ce qu'il pouvait de tel ou tel parti. Au jour d'aujourd'hui. Ce n'était plus le cas. Ce genre de considération coulait sur lui, comme l'eau sur les plumes d'un canard. Il appréciait seulement de profiter de la vie. Car il savait que tout pouvait s'arrêter d'un battement de cil. La mort n'était qu'à un souffle et personne ne pouvait prédire quand tout finirait par s'arrêter. Il avait donc mis de côté certaines considérations, pour se concentrer sur tout ce dont il pouvait jouir. Que cela plaise ou pas. Il était aussi, pourtant, prêt à être à l'écoute, à être là pour ceux qu'il considérait et qui en avaient besoin. Amélia, malgré tout leur passif, faisait partie de ces gens. Il le lui démontrait à l'instant et sans qu'elle ait besoin de lui dire quoi que ce soit, il ressentait cette reconnaissance. Au moins, faisait-il les choses presque de la bonne façon avec elle, ce qui n'était pas rien, quand on connaissait les défenses que ce dragon pouvait avoir. Elles étaient lourdes, épaisses et quasiment impénétrables.

- Oh, ce sera simplement une bonne excuse pour retourner le voir. Avec un léger sourire, accompagné d'un petit mouvement d'épaule.

Ce n'était pas ce comte qui serait déçu de rater une fin de spectacle. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait, ce ne serait sans doute pas la dernière. Il était plutôt triste pour cette amie qu'ils avaient en commun. Mais les priorités... Laure l'avait compris. Elle lui avait fait comprendre de s'occuper de l'américaine, quoi que cela lui en coûte, surtout ce soir. Il prendrait, plus tard, les nouvelles de la belle française. Encore une fois, chaque chose devait être faite, en son temps.

- Je suis moins étonné de voir que l'offre vient de Laure. Il la connaissait bien. C'est une bonne raison. Observant un instant son interlocutrice. Vous devriez apprendre à prendre le temps. Rien de mieux que de se sentir à l'aise chez soi. Le meilleur endroit pour se réfugier quand on décide que le monde entier fini par nous peser. Zenon était comme tout le monde. Il pouvait aussi, en avoir marre d'être sociable, il venait d'en montrer d'ailleurs une infime partie, en souhaitant d'abord quitter au plus vite cet appartement. Bien qu'il était déjà revenu à de meilleur sentiment. Vraiment, vous devriez essayer.

Ne se souvenait-elle déjà plus de cette maison française? Cette retraite que ce couple d'amis avait et qui permettait d'oublier le reste? Même sur l'Arche où ils vivaient et travaillaient, cela pouvait être un plus. Se sentir appartenir, au moins un peu, à quelque chose. Ça pouvait ne pas avoir de prix. Son regard observait les mouvements de celle assise en face de lui, elle semblait déjà plus calme, un peu plus sereine, ses mouvements ne mentaient pas. Le corps retrouvait un repos, même si l'esprit pouvait encore chercher comment mordre. Un fin sourire, même un rire, passa ses lèvres, alors qu'elle le complimentait. Une main glissait dans ses cheveux noirs, dont quelques-uns étaient déjà devenus blancs.

- Désolé, je ne me moquais pas, mais vous entendre me dire que je suis sans doute l'un des plus honnêtes... en effet, cela démontre qu'il nous aura fallu du temps pour y arriver. Même si je ne me considère pas ainsi. J'estime juste que je n'ai pas à faire plus attention que cela, à ceux qui ne le méritent pas. Une façon de lâcher prise dans ma vie, pour me concentrer sur ce qui le mérite vraiment. Prenant une gorgée de son verre. Pour permettre une paix de l'esprit. Pourquoi s'imposer la proximité de gens qui nous déplaisent? Ça n'a plus aucun intérêt. Elle parlait de cigare. Cela m'arrive oui, en auriez-vous en stock? Avec un petit air complice.

De Lascelle n'était pas le plus grand des fumeurs, mais il ne disait jamais non à ce genre de petit plaisir de temps en temps. A une époque, il en avait abusé, comme de l'alcool, des hommes et des femmes dont il croisait la route. Au jour d'aujourd'hui, même s'il restait ce libertin que rien n'arrêtait, il avait appris à ne plus brûler la chandelle par les deux bouts. Pour mieux profiter encore. Il lui avait fallu du temps pour le comprendre, la maturité de son âge.

- Si vous pleurez, c'est que ça doit en valoir la peine, quelque part. Faisant tourner l'alcool dans son verre. Mmmm.... il paraît que la haine n'apporte rien d'autre que du malheur. Je sais qu'on ne se détache pas facilement de ce genre de chose, mais votre meilleure arme, votre meilleure vengeance, sera de lui démontrer, que vous êtes bien, heureuse, loin de lui. Un bon coup à l'égo pour lui et un bon coup à votre bien-être. Tant que vous resterez focalisée sur lui, vous ne pourrez pas avancer.

De ça, notre homme en était quasi certains. Comment avancer quand on restait croché à un boulet qui ne voulait que nous couler? Difficile étape, mais pas insurmontable, surtout si Amélia était bien entourée et elle l'était. Il faudrait du temps. Il en discuterait avec Laure. Au moins étaient-ils d'accord sur certains faits, Zenon lui offrait un petit mouvement de la tête, tout en l'écoutant toujours avec attention. S'il comprenait la pensée de cette dame, ayant un petit rire étouffé alors qu'il sentait sa pique sur les libertins, qui l'amusait plus qu'autre chose, le reste était plus... intime et surtout, sensible.

- Je comprends. En effet, c'était injuste pour la belle blonde, qui - si elle pouvait avoir ses torts, comme tout le monde - ne pouvait pas être jugée pour avoir manqué de discernement. Vous êtes une bonne menteuse, Amélia. Vos masques.... vos masques ne se craquèlent pas aussi facilement que vous pouvez le croire. Même si Laure avait voulu vous approcher, l'auriez-vous réellement laissé faire? Elle mordait, cette belle louve, encore plus blessée. Il se souvenait que Laure lui avait fait la remarque que finalement, Clark avait mis les distances avec eux, qu'elle en avait été blessée mais qu'elle n'avait rien pu faire contre. Sans vous jeter la pierre pour autant, je crains malheureusement que ce n'est pas dans le caractère de notre amie en commun, de venir vous tirer les vers du nez. C'est aussi difficile à vouloir ouvrir les yeux sur une vraie possible souffrance de quelqu'un que l'on aime. Mais comme je l'ai dit, je ne cherche pas à la défendre. Je continue de penser pourtant que vous devriez vraiment vous parler.

Lui pouvait extrapoler autant qu'il le souhaitait. Il n'était pour autant pas à la place de Charpentier. Et finalement, il n'y avait qu'elle qui pouvait répondre à tous les remarques de cette femme blessée. Même si l'échange risquait de s'avérer violent, froid, ce n'était que pour rendre l'amitié de ces deux femmes encore plus forte. Enfin, c'était ainsi que le noble voyait les choses.

- Nous sommes deux. Gardant donc son petit sourire. Bien sûr qu'il tenait à elle. Depuis longtemps, même si les premiers temps, la guerre des mots était au cœur de leur relation. Mais toute relation peut évoluée, il suffisait de voir où ils en étaient tous les deux, aujourd'hui. Je vous ressers? Se levant alors sans attendre, pour prendre la bouteille et venir remplir le verre de son interlocutrice. J'ai cru comprendre que vous étiez prête à oublier la décence et noyer cette fin de soirée dans l'alcool. Finissait-il avec humour. C'était bien ce qu'il fallait faire non? Dédramatiser finalement tout cela. En tous les cas, cela ressemblait bien à la façon de faire de ce comte libertin.
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Lun 18 Fév 2019 - 16:59
And when life can be hard




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Amélia partagea un sourire et un regard. Ces successives démonstration d'amitié la touchait.
Parce qu'elle se figurait toujours -encore- que le comte et elle n'ont rien à voir. Ensemble. Ils sont si différents. Plus différents qu'elle ne l'est avec les autres hommes de son entourage. De sa vie. Oui. Quand elle y regarde de prés. Zenon est si loin d'elle. C'est probablement ce qui fait toute l’ambivalence qu'elle éprouve.
L'envie de fuir et de s'approcher.

- Je ne dois pas avoir trouvé le bon endroit pour ça. Objecte Amélia dans le calme.

Elle réfléchie. Revoit ses demeures. La première du Maryland, avec ses volets blancs et son grand jardin. Une propriété que le père de Georges leur avait offert. Elle y avait débuté sa vie de femme. Perdu sa virginité. A peu prés en même temps que ses illusions. Puis l'appartement de NYC. Grand et lumineux avec une belle salle de réception. Elle y avait convié des représentants de tous les courants. Conduits des disputes flamboyantes avec ses opposants philosophes et politique. Perdu deux enfants aussi. Appris la violence et la haine. La maison familiale peut-être ? Non. Le souvenir de Jack y est pesant. Marteau, enclume, qui vous retient le cœur dans le passé.
Les Messanges, oui, peut-être bien les Messanges. Clark a plaisir à repenser à son dernier passage là-bas. Il y avait Zenon d'ailleurs. Un libertin qui courrait après une nymphe blonde. Elle s'en souvient bien.

- Je vous ai toujours envié votre détachement au monde Zenon. Lui dit-elle. Sourire aux lèvres. Sans méprise, sans aigreur non plus, Powell l'a dépossédée de tout cela. Elle est comme une page vierge. A nouveau. Lavée des émotions les plus acres. Il n'y a plus qu'elle dans son linceul bleu. Bien souvent c'est ceux que l'on aime pas qu'il faut combattre. Vous en conviendrez, dit alors son regard bleu-gris. Elle a un sourire pour tous ses ennemis défaits. Écrasés au cours des années. Les arrivistes, sexistes, macho. Les tricheurs, manipulateurs et sadiques aussi. Dont elle rit souvent avec Cooper. Ils font bon front contre elles les femmes fortes et opiniâtres. Oui. Clark a donné de sa personne. Pour faire bouger une société plus étriquée que ne la décrit les médias. C'est difficile de le faire à distance. Par avocats interposés. Lettres recommandées. Bientôt quatre ans que la bataille se prolonge. Powell aurait pu renoncer. Il a retrouvé femme. Une blonde. Eu un enfant. Tout ce qui lui manquait pour asseoir son nom. Ce nom... Mais mon combat contre Georges ce n'est pas qu'une question de fierté blessée Zenon. C'est un besoin de Justice. Vous comprenez ? Je me moque de l'argent, des parts, de ce qu'il m'a volé. Amélia est assez prévoyante pour ne pas redouter la banqueroute. Contrairement à ses aînés. Elle n'a jamais pris pour acquit ses biens. Toujours été prudente et pris une indépendance financière. S'il avait été plus humain... L'alcool délit les mots. J'aurais eu ces enfants. J'aurais eu ce que je voulais. A la place de lutter contre les lois naturelles. Dix ans de traitements dans tous les sens. De produits injectés dans le corps. Tout ça pour tenter de réparer.

Tout n'est pas à jeter. Il y a des combats qui lui ont appris beaucoup. D'autres qu'elle voudrait avoir évité. Comme tout à chacun.

- J'en ais. Ils viennent de chez moi. Je les garde pour les occasions spéciales. Soudain les traits brillent. Voir Georges se faire mettre en respect me paraît une raison bien suffisante ! Juge-t-elle avec ravissement. La Louve s'étire tranquillement. Quittant le repli pour aller chercher un coffret en ébéne sur un meuble. L'intérieur et revêtu de velours rouge. Le bois et creusé pour marquer les armoiries de la lointaine famille maternelle. La famille d'Elisabeth Sanders tire ses racines d'une famille noble Anglaise. Une branche qui avait décidé de partir à la conquête du Nouveau Monde. Quelques décennies -à peine- avant l’Armageddon. Servez-vous. Amélia pris un cigare et le passa sous son nez. La fragrance de sa terre natale lui fit du bien. Les yeux mis clos elle revit la maison de son enfance. Son père Jefferson qui fume le cigare. Victoire et Jack qui courent aprés les chiens. Elle qui rêve de voir l'Archipel tout entier.

L'ironie revient frapper la pupille bleue. Dirigée contre elle-même ce soir. Clark sait ses failles. Ses défaillances.

- Hum. Vous n'êtes pas le seul à me le conseiller. Je sais. C'est pour prendre de la distance que j'ai quitté New Victoria. Que je suis venue m'installer ici. Sur le conseil -avisé- de ces libertins de Charpentier. Honnêtement, ça semblait une bonne idée. Laure et Charles étaient installés depuis peu. Je savais que quelques amis seraient ici. D'ailleurs, au début, tout s'était bien passé. Elle avait même eu le plaisir -indécent- d'aller chercher querelle à ce comte. Elle s'était dit que tout irait mieux. Ezio l'aidant à guérir de son rescent deuil dans une passion imprévisible. Une éclaircie. Juste une éclaircie. La distance ne doit pas être assez importante. Je devais peut-être aller sur un îlot Australien dont personne ne connaît le nom à part les cartographies et les marins ? Ironise la belle. Puis elle aspire un peu du tabac brute. Le parfum l'entête. Ou bien est-ce le mélange du tout ?

Les paroles de Zenon cognent à l'oreille. Il parle pour la Française. Mais pas seulement pour Laure. C'est ce qu'elle comprend. Ils n'ont encore jamais été aussi loin dans une discussion privée. Alors que ce soir les mots viennent. Aussi aisément que si Amélia était face à Linlcon.
Cela... oui, cela lui plaît.

- Je ne sais pas. J'étais... égocentrique. Sans doute. J'étais concentrée sur moi et sur ma survie. Lui dit-elle maintenant que le temps est passé. Analyse et auto-critique sont plus faciles à faire. Je sais que je ne suis pas facile. Anticipe-t-elle. Par défense. Par habitude aussi. La critique est ancienne. Le tempérament d'Amé avait changé. Il n'avait pas fallu un an. La vie d'épouse l'avait transformée. Point de Papillon. Mais ce Dragon. Ce dragon qui avait détruit tellement de monstre sur son passage.

Brusquement, un rire. Un rire aux dents blanche. A la vulnérabilité revient l'assurance.

- Je ne fais plus l'erreur d'ignorer les conseils d'un Comte. De Lascelle s'est trouvé aussi bon que Lancelot, ou Liconln pour donner une voix. Une voie peut-être aussi. Quoiqu'elle n'en dise rien de prime abord, Clark écoute. Même si ça ne se voit pas ce soir-là. Elle avait fait des démarches. Des efforts. Pour se recentrer sur l'essentiel. Seulement... seulement l'actualité n'aide pas. Vraiment pas. La sérénité est un luxe. Un luxe que la belle ne s'octroie pas.

L'expression de l'Ecossais l'interpelle. Elle. La charme un peu. Sans qu'elle n'y prenne garde.
La confiance qu'il y a ce soir permet d'apprécier. Sans plus de crainte. Le plaisir d'être sous un charme. Elle tend le cou. Amusée.

- Comme le bateau ivre ! Rit la brune. Avec le même humour que son compère de boisson. Pourquoi bouder ce qui est bon ? C'est bien la philosophie de tous ces amis. Elle s'avance pour tendre le verre vide. Elle a écarté son cigare pour ne pas les enfumer. Elle sent leurs parfums respectifs. Le sourire est espiègle. Complice. Il y a une chambre d'amis. Buvons tout notre soul. Lui dit-elle avec un rien de malice. Et elle boit. La peau chaude. La tête lègère.

Ce n'est plus celle qui est sortie du cabaret.
C'est Amélia Clark. Femme qui a conquit une place dans le monde des Hommes. Aux écailles écorchées. Mais aux triomphes réels.
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Lun 1 Avr 2019 - 12:36
- Ou peut-être n'avez-vous pas envie de voir que cet endroit puisse être le bon.

Zenon gardait son petit sourire en coin. Ce n'était pas des piques, comme ils avaient eu l'habitude de s'en envoyer. Non, c'était autre chose. Une façon comme une autre, de potentiellement lui ouvrir un peu les yeux ou en tous les cas, de la faire réfléchir, plus posément à tout cela. Après tout, l'endroit était bien, l'Ecosse était loin de l'Amérique, que son ex soit dans les parages pour quelques temps, ne changeait pas le fait qu'il partirait encore et qu'elle serait maître en son Royaume. Il fallait juste... prendre ce qui était à soi et en faire une force. Mais d'abord, les blessures devaient être cicatrisées, puis la louve pourrait s'installer, définitivement.

- Je ne sais pas s'il faut l'envier. Cela n'apporte pas non plus que du bon. Lui aussi savait être critique de sa propre situation. Mais il l'avait fait depuis longtemps déjà et s'était accommodé de ce qu'il était. Sans se détester. Il s'appréciait et c'était là, la base, pour commencer une vie saine. C'est mieux même. Avec un petit sourire, avant de se frotter la joue. Je ne peux que l'imaginer. Pour lui, son divorce était presque passé comme une lettre à la poste. Parce qu'avec son épouse, ils étaient d'accord, ils n'avaient rien eu à faire ensemble. Alors la problématique que vivait Amélia... Vous devriez imposer la fin, je peux comprendre ce besoin de Justice, mais est-ce qu'il vaut encore toutes ces souffrances? Et l'obtiendrez-vous? Cette Justice que vous cherchez? Car si vous tenter de combattre des moulins à vent... vous ne ferez que vous apportez encore plus de malheur. Et vous mériteriez d'être apaisée et heureuse, Amélia. Marquant un petit temps. Peut-être que vous pourrez aussi vous concentrez sur ce que vous souhaitez vraiment. Pour le moment, elle donnait l'impression d'être bloquée, d'avoir encore cet énergumène qui l'empêchait d'avancer. Parce qu'elle se tenait trop au passé. De plus, réussir à finalement ignorer quelqu'un... vous donnera plus de pouvoir que vous auriez pu en avoir d'une autre façon. Ne plus lui donner aucune importance, risque bien de le blessé dans son égo. Croyez-en mon expérience, l'ignorance et le silence sont des armes extrêmement puissantes.

Et parfois les meilleures réponses à toutes les attaques. Ce n'était pas toujours évident de ne rien dire, rien faire, en réponse, mais quand lui, démontrait que tout ce qu'on pouvait lui dire, lui coulait dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard, ses interlocuteurs pouvaient voir rouge et cela... en plus... finalement, l'amusait. Clark n'avait-elle d'ailleurs, pas été dans cette situation?

Les cigares lui étaient présentés, de Lascelle gardait un petit sourire en coin. Il savait que les cigares de la famille Sanders étaient d'une qualité rare, beaucoup trop chers pour le commun des mortels aussi. Lui n'avait aucun problème à s'en offrir une boîte, quand il en avait l'envie, mais c'était plus agréable de se le faire offrir par l'une des représentantes de la famille. Il en prenait donc un sans attendre, en coupait le bout, après en avoir senti l'odeur, puis l'allumait avec délicatesse, laissant la fumée et son goût envahir son palais.

- Un délice ces cigares. Fit-il avec appréciation. C'est sans doute toujours une bonne idée, mais comme je vous l'ai dit, il faut que vous appreniez à vous détacher un peu, le passé est le passé. Je sais que ces phrases sonnent creuses, que je ne peux pas savoir ce que vous avez vécu, ce qui vous fait avancer. Mais je sais aussi qu'on finit toujours par s'en sortir, quand on laisse le sac de brique au sol et qu'on prend la vie à pleine main. Plutôt que de toujours être dans la fuite.

Si elle voulait des enfants, si elle voulait profiter de ce que cette vie avait à lui offrir, il fallait lâcher ce qui la retenait. Faire tomber les chaînes, une fois pour toute. L'emprise d'un homme tel que George, ne devait plus avoir lieu d'être, sur une femme comme elle. Et notre comte continuerait sans doute à le lui marteler, jusqu'à ce que cela entre dans sa tête.

- Vous n'étiez pas égocentrique, lâcha-t-il pour la rassurée. Comme elle le disait si bien, elle était en mode survie et ça... rendait les perspectives sans doute plus compliquées. Comme nous tous. Lâcha-t-il avec un ton taquin.

Le rire démontrait que la dame était bien avec lui, que finalement, la tension partait enfin. Finalement, cette soirée ne serait plus un désastre et c'était le plus important. Zenon appréciait de la voir rire, de l'entendre ce son. C'était comme ça qu'il préférait la voir, assurément.

- Vous ne les suivrez pourtant pas tous, je le sais. Avec un petit air complice, avant de la servir sans attendre. L'invitation était parfaitement enregistrée. Parfais, alors buvons. Se servant encore, levant son verre devant elle. A votre liberté. Et votre crochet du droit. Toujours avec un sourire, agréable, charmeur, s'installant à nouveau sur son siège, sirotant son verre, fumant son cigare.

Oui vraiment, cette soirée ne serait pas totalement perdue.
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Lun 6 Mai 2019 - 10:23
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De Lascelle, sa philosophie, font un écho à celle des Charpentier. Une fois de plus.
Ils ont une facilité à apprécier ce que l'Existence met devant eux. Alors qu'elle, l'Américaine vise ce qui est après. Ce qui est derrière l'Horizon. C'est vrai. A peine a-t-elle conquis une victoire qu'elle organise sa bataille pour la prochaine. Elle ne sait pas s'arrêter. Elle ne sait pas dire stop. Les résultats sont là. A peine 40 ans et un CV aussi long que celui des aînés. Les plus cyniques diraient qu'elle n'a que cela. La récolte de réussites professionnelles. C'est justement le problème aujourd'hui. Car Amélia s'éveille enfin. Pour voir le vide implanté au sein même de sa vie.

- Peut-être oui. C'est d'ailleurs l'une des rares raisons de « conflit » -si l'on peut le nommer ainsi- d'avec son compagnon actuel. Elle qui regarde l'instant présent en pensant au lendemain. Elle ne sait pas s'accorder la paix. C'est terrible oui. Elle même ne sait pas exactement pourquoi elle se refuse ce cadeau. Précieux cadeau. Elle l'effleure un soir et le rejette au matin. De quoi fait-elle la pénitence ?

Le combat entre les anciens époux est un symptôme assez parlant. Il cristallise beaucoup des choses que Clark trouve intolérable. Penser Powell comme un prétexte lui est donc compliqué. Assumer qu'il est son alibi ? Regarder par dessus cette quête stérile. Pour trouver quoi exactement ?
Là est la question. Peut-être la seule vraie question.

Un éclat passe. Météore dans la pupille en acier. Le bonheur. La paix. Amélia en a eu. Plus que beaucoup de personnes sur cet Archipel branlant. Il lui semble que ceux sont néanmoins les dons donnés aux pauvres et aux ignorants. Le luxe auquel elle s'est interdit. Elle se retrouve avec les mains vides. C'est pour cela, précisément pour cela que sa vie personnelle n'avance pas.
A se damner soi-même on finit par perdre.

- Ce que je souhaite... Les souhaits de Clark ont été longtemps les plus simples qu'on puisse avoir. Trouver une personne avec qui fonder une famille et un empire. Elle avait choisi Powell en sachant qu'il lui apporterait le second. Et elle avait exigé le premier... sans se douter de ce qui arriverait. Idiot. Encore faudrait-il le savoir. Elle le dit d'une voix intelligible. Effet de sa liberté temporaire. C'est un peu flou.

Amélia fixa Zenon droit dans les yeux. A l'inverse de ses paroles sont regard est brusquement lucide. Il expose le tiraillement. L'interdiction. La question aussi qui plane dans son esprit de plus en plus souvent. Finira-t-elle seule sur cette arche ? Ou ailleurs.
Bien entendu. Ce qu'il lui dit résonne avec son intelligence. L'intellect. Elle est d'accord avec lui. Elle sait que lâcher prise avec le passé la soulagerait. Peut-être que la louve cesserait de lui griffer les entrailles pendant la nuit. Peut-être trouverait-elle cette paix qu'il vient de lui souhaiter.

- Je vous ai vu faire. Autant qu'elle l'a fait. Ils se sont ignorés l'un après l'autre. Georges est un d'une autre nature. Le démon premier de son existence. Il lui a fait entrevoir l'Enfer. Et sans complaisance elle s'y ait chauffé pendant des années. Lui en vouloir à lui c'est un peu moins s'en vouloir à elle. Oui. C'est ce qu'il faut faire. Je ne dis pas le contraire.

Une fois le parfum des cigares dans l'air tout parut plus calme. Clark inspira ces parfums avec reconnaissance. Elle pensa à son père. Elle le vit installé dans le grand fauteuil. Un chien à ses pieds. A fumer un cigare en lisant les nouvelles dans le journal. Il lui manque. Comme lui manque sa mère. Comme lui manque sœurs et frères. Nonobstant Ezio... qui est maintenant intime ? Pour deviner ces peurs d'animal sauvage ?
Clark s'était isolée. Comme tout ce qu'elle entreprenait elle réussissait.

- Ce n'est pas une chose que je sais faire Zenon. Ne pas dire jamais. Il y a des moments d'abandon. Des bulles de légèreté. Mais... ils résultent des efforts de ceux qui l'entourent. Laure quand elle l'invite aux Messanges. Ezio quand il l'invite à l'opéra. Zenon quand il l'accompagne à une soirée de Cabaret. Toute seule Clark ne sait tout simplement pas faire. Faut-il plaindre cette incapacité naturelle ? Naturelle peut-être pas d'ailleurs. Amélia n'a pas toujours été ainsi. Elle n'a pas toujours été un dragon. Mais, elle n'ose pas s'en souvenir. Hum. Allez dites-le. Je suis comme toutes les femmes carriéristes de cette époque. L'invita-t-elle sans offuscation.

Le verre brandit pour leur second toast de la soirée. Un toast plus intime cette fois. Plus heureux également. Amélia rendit un sourire à Zenon.

- A votre popularité aussi. Dit-elle.

Le sourire un rien taquin et séducteur. Les choses ne se seraient sans doute pas passé de la même façon si De Lascelle n'avait pas été un ami du Cabaret en question. A cette pensée les yeux d'Amélia se nimbent d'une pointe de culpabilité.
Laure... sa tendre Laure. Elle n'avait pas été douce avec elle. Mais cette pensée passait comme un nuage. L'alcool aidant. Elle se sentait moins accaparées par ces mauvais penchants.

- Où vous sentez-vous le mieux Ici-bas ? Se montra-t-elle de nouveau intéressée.

Une formulation très spirituelle. Si l'Archipel était l'enfer. Il était déjà dans le Ciel. Cet espace censé être celui du Paradis et des Anges. Ou était-il alors l'endroit sacré de l'éternel repos ? Beaucoup de Théologues désespéraient d'avoir la réponse à cette question un jour.

- Vous devriez voir le Maryland. Une terre d'hommes libres. Ca le peuple Américain était connu pour adorer la liberté. Plus que tout le reste. Amélia ne s'était jamais senti aussi libre que sur sa Terre natale.

Une nouvelle invitation ? Oui. Non. Peut-être. Head ne se posait pas ce genre de question à présent. Elle parlait comme elle pensait. Ce qu'elle pensait c'était que ce comte aurait fait bel effet parmi ces rustres de Clark.
Amélia demeura sur cette idée pendant quelques secondes amusées. Elle scrutait son vis-à-vis. Appréciant égoïstement sa beauté plastique. Cette fois sans songer à demander un avis ou une permission au propriétaire. Elle était libre, n'est-ce pas. Libre de prendre ce qu'il y avait, ici-bas.
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