Can you find my boy ? [ Danny ]

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Dim 3 Sep 2017 - 11:14
Can you find my boy ?







Dans New-Town, comme à New-York, une rue faisait frontière. Un angle de pierre pour fouler la terre d'Asie. Plus modeste que chinatown. Tout aussi animé par le chaos de la vie. Ici circuler en VNP restait un exercice de patience. Les étales débordaient sur la rue. Les gens ignoraient les passages piétons. Ils criaient, plus qu'ils communiquaient. Des vapeurs de cuisines remontaient de tous les coins. Des brocantes sauvages ralentissaient souvent les passants.
C'était un coin où Amélia venait peu. Mais, elle aimait cet endroit. Il lui rappelait l'arche du Laos. Où elle avait travaillé pendant plus d'un ans. Pour implanté l'une des usines Clark. Les moussons faisaient pousser le café presque aussi vite que le riz là-bas. A l'époque, elle débutait dans le métier. Michael, son frère, l'avait accompagné. Ils avaient partagé. Beaucoup. Ça ne s'était pas reproduit ensuite.

Head comprenait pourquoi Data s'était implanté ici. Cela lui correspondait. Profusion de petits espions en herbe, courraient les rues. Plats à emporter tous les dix mètres. Une masse de clients à ne savoir qu'en faire. Un repère parfait pour cet enquêteur anti-conventionnel.
Pourtant l'Américaine se demandait les motifs de ce déménagements. New Victoria n'avait rien à envier à Édimbourg. Le travail ne manquait jamais sur cet arche. Ni l'animation. Tandis que l’Écosse était plus provinciale. Verte et tranquille. Passer de l'un à l'autre demandait un temps adaptation. Plus ou moins long selon le besoin d'adrénaline de l'organisme.

Le Bureau de Cooper était anonyme. Pour le trouver on devait savoir où regarder. Heureusement Clark n'en était pas à son premier jeu de piste. Elle reconnue tout de suite l'épicerie asiatique. Songeant à y passer lorsqu'elle partirait. Adressant un sourire au vieil homme posé sur un tabouret en bois, la visiteuse recula de deux pas. Poussa la porte d'un coup de hanche.
Elle avisa l'escalier et le monta rapidement. L'activité sportive lui permettait de compenser les effets néfastes du tabac. Globalement en bonne santé, Amélia était même plus équilibrée, depuis qu'elle s'était installée sur l'arche.

Trois coups secs sur la porte vitrée.
Clark replongea la main dans sa veste en cuir. Aujourd'hui, point de tailleur chic. Une tenue plus libre. Une robe au genoux. L'agent avait fait tellement d'heures au cours des deux derniers mois, que son chef d'équipe la forçait à prendre des heures chaque semaine. Le temps de revenir dans des quotas « à peu près » légaux. Qu'à cela ne tienne. Amélia en profitait pour s'occuper de ses petites affaires. Plusieurs dossiers étaient sur le feu. Powell, avec qui elle avait encore des choses à régler. Celle des enfants disparus, mené avec Charles. Et depuis les événements de du salon de l'innovation, Monsieur :Einar (Barthram de son prénom), avait droit à enquête officieuse de Miss Clark. Seulement, quelque-chose clochait. Des éléments ne collaient pas avec la logique.
Somme toute, Head n'avait pas de formation réelle pour faire de l'investigation. Tandis que Danny était l'un des meilleurs. Parfois, le bon choix était de déléguer. Bien entendu Cooper pouvait aussi refuser le cas.
Mais peu importe, Amélia était contente de pouvoir -enfin- lui faire une petite visite. À New-York, il avait fait partie des quelques personnes en qui elle avait confiance. Même si tout tournait autour des affaires de la firme Clark... Enfin de compte, elle avait appris à connaître l'individu derrière « Data ».

- Salut, Cooper. Amélia n'avait pas compté. Ces fois où le bureau de Daniel lui avait permit d'exprimer sa révolte. Quand elle ne pouvait le faire ni devant sa famille -les coupables-, ni face à son ennemi -son mari-. Elle entrait tranquille, observant le lieu. Il ressemblait à celui qu'elle avait connu. Tu m'excusera, il n'est pas écossais. Lui dit-elle, tendant un sachet en papier dans lequel se trouvait un produit Clark : du café.

La veste glissa des épaules pour atterrir au dos d'une chaise.
Head poursuivait son tour de la pièce. Curieuse. Un sourire sur le visage.

- J'espère que tu vas tout me raconter ! Cela ferait bientôt un an qu'elle avait quitté la Grosse Pomme. Que s'était-il passé entre temps ?
Head
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Lun 4 Sep 2017 - 17:46



« The powers of a man's mind are directly proportioned to the quantity of coffee he drinks. »
James Mackintosh

Le quartier valait un autre, mais il avait un avantage comparé à des artères plus populaires et animées de la ville : on y fouttait la paix. Chacun avait son propre business, et tant que vous ne les cherchiez pas ou que vous n’interfériez pas dans les affaires des autres, on ne se mêlait pas de vos oignons. Un luxe que je n’avais pas souvent connu sur New Victoria. De plus, ici, personne ne me connaissait ou seulement de vue. Ce qui me convenait parfaitement. Bien sûr, ce n’était pas la raison principale qui avait motivé mon départ, il y a dix ans de cela. Toujours était-il que je m’étais habitué à Edimbourg, et que je n’avais nulle envie de retourner à New-York.

Surtout pas alors que j’avais enfin une certaine reconnaissance professionnelle, et ma propre agence qui fonctionnait. A tel point que j’avais enfin cédé aux demandes d’Alice il y a un an pour engager un associé. Et comme cela se passait bien avec Roxy, j’avais décidé d’engager deux auxiliaires supplémentaires. Enfin, pour l’un d’eux, je n’avais pas vraiment eu le choix… J’espérais simplement ne pas regretter ce service rendu à Elias. Mais une fois encore, l’aide de Roxy n’allait pas être de trop.

Mon associé était de sortie aujourd’hui, partageant son temps entre l’agence et ses recherches à la Potential Home. Cela me dépassait qu’une personne puisse s’intéresser à autant de sujets différents, mais visiblement, cela ne dérangeait pars Roxy. Ni n’entravait son travail chez moi, alors, cela me convenait. Et en attendant le début officiel des nouvelles recrues, je profitais d’être seul et au calme à l’agence pour ranger et trier des dossiers. Je savais que de tels moments allaient rarement se présenter à l’avenir, si l’on était quatre à se partager les lieux.

Malgré la progression des affaires, je n’avais toujours pas déménagé, et continuais à vivre dans le même logement qui me servait également de lieu de travail. La pièce principale était dédiée au boulot, avec mon bureau, des étagères remplies de dossiers, un serveur informatique et un endroit pour recevoir les clients. Autrement, une autre pièce attenante me servait de chambre, complétée par une cuisine et une petite salle de bain. Vie privée et boulot étaient tellement indissociables chez moi que je n’avais pas cherché à séparer physique les deux. Et j’avais dû choisir entre engager de nouvelles personnes et investir dans un autre loyer. Alice m’aurait fait la gueule si j’avais eu le malheur de faire le choix inverse.

J’étais occupé à archiver des dossiers d’affaires classées ou interrompues, lorsque trois coups furent frappés à la porte. Je n’avais pas de rendez-vous, à moins que cela soit un nouveau client, et je n’avais pour ainsi dire jamais de visites privées. Mais j’avais une intuition suite au souvenir d’une récente rencontre et d’un échange de messages. J’allais ouvrir la porte pour découvrir que ma supposition était fondée.

"Salut, Clarke." Je la gratifiai d’un bref sourire, avant de m’écarter pour la laisser entrer. J’observais le présent qu’elle me tendit avec un autre sourire en coin. "Merci. Peu importe. Ce n’est pas pire qu’à New Victoria, mais ils ne savent pas non plus faire le café ici."

Je m’éclipsais un instant pour sortir la vieille cafetière italienne, héritage d’une grand-mère napolitaine que je n’avais jamais connue, et préparais deux cafés, laissant ainsi le temps à mon invitée de découvrir les lieux. Ces derniers n’avaient rien d’extraordinaires : propres, rangés et fonctionnels. Un portrait de Miles Davis venait apporter un peu de couleurs aux murs blancs, et le seul détail notable était les carreaux fraîchement neufs des fenêtres. Roxy et sa magie les cassaient régulièrement. Ce qui, au moins, m’évitait de devoir les nettoyer.

"Je ne sais pas si j’ai beaucoup à dire." lui répondis-je en revenant avec deux tasses à café. "C’est toujours la même chose : boulot, boulot et boulot." Je m’assis derrière mon bureau, attrapant une des tasses. Rien à voir avec ces horreurs servies ici, à l’exception de ceux de Chez Reggie. "Mais, ça se passe bien. En dix ans, j’ai fait mon réseau. Et j’ai même engagé, récemment."

Cela changeait du temps où je bossais chez Pinkerton, où j’avais toujours quelqu’un dans mon dos, même en étant un excellent élément. J’avais connu Amelia durant ces années, et c’était une expérience que je ne regrettais pas malgré tout. Mais j’étais heureux d’être indépendant désormais. Déjà à l’époque, la détermination de Clarke m’avait marqué, et je doutais que cela ait changé. C’était l’une des rares personnes avec qui j’avais gardé un semblant de contact. La retrouver sur la même arche était donc surprenant. Mais dans le bon sens du terme.

"Dis-moi plutôt : cela fait longtemps que tu es sur Edimbourg ? Toujours dans les affaires ?"
Data
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Dim 17 Sep 2017 - 19:06

Can you find my boy ?





Le regard de Clark s'attardait sur Davis. Un sourire flotta sur ses lèvres. Une collection de vinyle attendait encore qu'un meuble soit monté pour les ranger. Le jazz... Découvert dans les clubs new-yorkais. Devenu pour elle une culture underground. Que de nuits blanches passées à débattre dans la fumée acre et la musique.
Le grain torréfié emplissait l'air.
Amélia accompagna le mouvement. Elle tirait la chaise de la clientèle pour y siéger. Saisie la seconde tasse. Tout à l'écoute. Data et l'art de la synthèse. Voilà dix ans de résumé en un mot « boulot ». Rien qui puisse étonner son interlocutrice. Il dormait probablement autant qu'elle. Toujours investis par une mission. Les horaires de Pinkerton n'avaient pas été les leurs.

- Engagé ? C'est que les affaires sont bonnes. Toi en employeur. Ça doit être quelque-chose. Et ça se passe bien ?

Daniel n'avait pas beaucoup changé. Des rires, des cheveux gris, à part cela, il était fidèle au souvenir. Le revoir derrière un bureau réveillait cette autre époque. Où s'étaient-ils laissés ? Avait-elle déjà commencé sa conquête des arches européennes ? Elle courait, plus qu'elle ne vivait, déjà. Tous ces galas. Touts ces défis.
Head se pensait invulnérable.

- Bientôt un an et demi. Oui. Enfin de compte, elle s'était installée en arche écossaise. La faute aux autres. A un en particulier. Plus depuis mon divorce. Enfin, plus directement. La fin chaotique était mise sous silence. Pour l'instant. Data avait croisé Georges Powell. Très épisodiquement à New-York. Pas assez peut-être pour entrevoir l'homme derrière le masque. Elle annonça pleine d'ironie la réalité de ses quarante ans : - Je travaille pour le Cercle maintenant. Je suis déléguée de commission exécutive, dans l'application des décrets de régulation dans l'import-export. Rien de très exaltant. La tâche est aussi abscons que son nom l'indique. Mais elle m'ouvre une voie inintéressante et j'ai d'autres dadas à côté. Commenta-t-elle.

Dans la bouche de Clark quelle étrangeté. Elle qui parlait de conquête et de révolution commerciale. Il fallait la connaître pour comprendre que sa progression se trouvait ailleurs. Car à la vérité, passer ses journées à s'assurer que les lois étaient respectées, ne faisait pas parti de ses grands rêves. Mais, c'était une porte. Une petit porte pour arriver aux grands défis.
Le travail à pour Arkadia était autrement plus stimulant. Et productif. Cooper pourrait être dans la confidence. Amélia avait confiance en lui. Ils renouaient d'abord. Ne rien précipiter.

- Qu'est-ce qui t'as attiré dans cette ville ? La première gorgée de café noir. Quel plaisir solitaire. Quelle saveur affectueuse sur le palais.

L'absence d'une alliance. Le mode de vie inchangé. Danny n'avait pas l'air d'avoir trouvé chaussure à son pied. Mais Amélia n'aurait pas fait de raisonnement hâtif. Les gens étaient complexes. Ils surprenaient toujours. D'autant plus les loubards indépendants comme celui-ci.

- Entre les Aoliens et les anti-Prodiges tu ne dois pas t'ennuyer. L'un et l'autre n’intéressaient pas plus l'Américaine que cela. Éléments perturbateurs qui compliquaient leur travail. Sources de craintes et de soucis qui ralentissaient les accords inter-archipel.

Amélia alterna le croisement jambier. Détendue. Souriante. Elle avait un peu l'impression d'être rentrée en New Victoria.
Head
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Mer 20 Sep 2017 - 22:03
Laissant mon invitée prendre connaissance des lieux, je restais quelques instants dans la cuisine pour préparer du café. L’endroit, comme le reste de mon appartement/agence était impeccable. Un côté maniaque, et sans doute de très rares repas, aidaient à garder la cuisine propre, J’avais néanmoins dû investir dans une nouvelle vaisselle pour les nouveaux employés, et certains signes comme des post-it ou des affaires laissées en évidence trahissaient une nouvelle dynamique, plus vivante qu’auparavant. De même, mes placards étaient un peu plus remplis, Roxy ayant l’habitude de toujours laisser une boîte de biscuits ou un paquer de chips, ne serait-ce que pour nourrir l’araignée-flamme qui lui servait d’animal de compagnie.

Elias avait aussi l’habitude d’amener à manger quand il passait. Beaucoup trop pour deux, trois voire même cinq personnes. Je le soupçonnais d’essayer de compenser mes fréquents « oublis », lorsque le travail était si prenant que j’en oubliais de manger. Qui arrivaient bien plus souvent qu’il y a plusieurs années, c’était vrai. Mais au moins, j’avais une boîte de chocolats neuve, que je pus sortir pour en disposer plusieurs sur une assiette, puis sur le plateau avec le café. C’était assez paradoxal, mais lorsque j’en avais le temps –et donc très rarement-, j’appréciais cuisiner et prendre le soin de dresser des plats. Il allait falloir me contenter du plateau café pour aujourd’hui.

"J’ai de quoi les payer décemment, donc je suppose oui." me contentai-je de répondre avec un léger haussement d’épaules. Mais je pouvais comprendre son étonnement : il m’avait fallu des années pour me laisser convaincre de prendre d’autres personnes à l’agence. Une solitaire comme Amelia pouvait bien le concevoir. Et pourtant. "Assez bien oui. J’en suis le premier surpris. Je te présenterai correctement mon associé à l’occasion, c’est une personne… très compétente."

Malgré ses apparences juvéniles, Roxy possédait un nombre impressionnant de diplômes, et était un véritable puit de savoir. En plus d’être une personne qui apprenait très rapidement et débrouillarde. Rien dont je puisse me plaindre, si ce n’était peut-être ses facultés à casser des vitres aussi vite que je les faisais réparer.

Voir mon interlocutrice ravivait des souvenirs que j’étais étonné de sentir lointain. J’avais tellement œuvré pour laisser mon ancienne vie loin derrière, et tout ce qui s’y rattachait ou presque. Question de survie, pour éviter de penser à certains événements trop traumatisants. Raison de plus pour m’intéresser davantage à la vie d’Amelia plutôt à ces fantômes de mon passé. Je fus surpris de voir qu’elle était depuis un an et demi à Édimbourg, ne pensant pas qu’elle pouvait rester aussi longtemps. Mais la suite expliquait assez bien pourquoi.

"Je vois." répondis-je simplement à la mention de son mari. C’était le genre d’informations sensibles qu’il ne valait mieux pas trop remuer, et je détestais lorsqu’on le faisait avec moi. Néanmoins, je restais ouvert si elle avait besoin d’en dire plus, me contentant autrement de la regarder avec un regard compréhensif. "Je ne doute pas que tu aies une idée derrière la tête, et cela m’aurait étonné de te voir sans buts à poursuivre. Et même dans tes tâches de déléguées, je suppose que tu dois en voir des choses…"

C’était fou à quel point il se passait des choses sur cette arche. Pour peu que l’on sache où regarder. L’activité économique y était intense, autant légalement que par des voies plus détournées et souterraines. Ce qui avait bien sûr ses avantages, et ses dangers. En tous cas, nous n’allions pas manquer de travail. Surtout vu quel place ce dernier avait dans nos vies. Presque omniprésent.

"Honnêtement ?" répondis-je avec un nouvel haussement d’épaules. "J’avais besoin de changer radicalement d’air. Et le marché était prometteur ici. Et de ton côté ? Tu arrives à t’y faire ?"

Je n’avais pas eu le choix. Et plus rien ne me retenait plus à New Victoria. J’avais refait ma vie ici, en essayant d’enfuir ce que je n’avais pas pu abandonner derrière moi. Mon psy devait m’en remercier. Je vis son regard s’attarder un instant sur ma main gauche, et eus un petit sourire coin.

"Ça non plus, ça n’a pas changé." Dis-je en levant ladite main, avant d’esquisser une légère moue. "Et ça ne risque pas."

Quel était l’intérêt de m’encombrer d’une relation ? Et qui serait assez fou ou stupide pour supporter mon rythme de vie ? Avoir accepté d’engager des employés était le maximum que je puisse faire concernant, plus ou moins, ma vie privée. Et si cette dernière était minimum, elle me posait moins de problèmes. C’était aussi simple que ça.

"J’ai de quoi faire. Mais toi aussi, j’imagine ? Peu importe dans quoi tu travailles…" Je fis un geste vague de la main, avant de boire une nouvelle gorgée de café. "Tu voulais me voir pour des raisons professionnelles, également, je crois ?"
Data
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Sam 30 Sep 2017 - 19:52
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Head validait l'idée d'une future rencontre. Qui, pour travailler de concert avec Cooper ? Une femme, plus qu'un homme aurait dit l'Américaine. Une déduction simple ou plutôt simpliste. Encore bien enracinée dans la culture manichéens du genre. Certes, ouverte, compréhensive, elle ne parvenait pourtant par à s'offrir la liberté de pensée.

- Bien entendu. Je dois connaître celle qui a réussi à te convaincre. Amélia le taquinait. Parce qu'elle le pouvait. Et un autre pécheur d'infos. Ça sert toujours !

Vérité triste à dire.
Arkadia, Cercle, Conseil gouvernemental, toutes les instituions étaient sollicitées. Sur tous les fronts. Malgré les moyens diversifiés, cette île était un champ de guerre. Les groupuscules extrémistes pullulaient sur l'arche. Les arrestations contre les Aeoliens avaient augmenté de 50% en un an. L'Organisation XIII était l'ennemie publique n°2. Juste derrière des Prodiges kamikazes. Oui. Qu'importe où regarder. Il y avait de quoi travailler.

- C'est vrai oui. Plus que tu l'imagines déjà. Malheureusement. Pas de défaitisme. Non. Ce n'était pas le credo de cette Américaine. Si elle était là c'est qu'elle était au combat. Les résignés pouvaient rester chez eux. Cependant, ça prouve qu'il y a une volonté d'amélioration. Et c'est ce que je recherche. Quelque part, dans l’expansion commerciale, j'aurais fini par tourner en rond. Je crois.

Tasse mise de côté. Clark se renfonça dans le fauteuil.

- Honnêtement. Le silence se fit compréhensif. Oui. Édimbourg est en train de devenir un épicentre. Et avec l'accueil de l'Exposition Universelle, autant dire un second Londres. A la question retournée, un mouvement de hanche, trahit. Les mains qui se contorsionnent sur les cuisses aussi. Amélia avouait rarement qu'elle s'était laissé séduire par autre chose qu'un poste. A la base je venais pour une mission de trois mois. Finalement, je me suis dit comme toi. Il y a beaucoup à faire ici. Et puis cette petite ville a des charmes. Sans doute.

Daniel ne se serait pas moqué. Mais Ezio était son bonheur privé. Enfin, cela allait changé bientôt. Le Sicilien l'avait officiellement invitée à l'accompagner. Un vernissage. Celui du frère. Celui de la cible numéro une du C.S.N.

Le regard malicieux. La pupille espiègle d’éclaircie. Si Amélia avait parfois parlé de son mari. Son vis-à-vis n'avait pas partagé de confession. Il pouvait tout aussi bien être père de deux enfants, abstient, gay. Tant qu'il ne rejoignait pas le clan des libertins... se disait la brune avec humour. Une référence stupide à ses relations extraverties.

- Tu as raison. Reste indépendant. Libre... Quel plaisir de n'être enjoint que par le désir, le cœur, à voir l'autre.

Clark fixa le bureau de Danny. Rêveuse. Elle sourit. L'éclat de ses dents blanches faisait penser aux canines d'une louve. Ne pas oublier que cette femme venait d'une terre de gibier. Élevée dans une famille de chasseur. Elle avait choisie de prendre les hommes pour proie. Ce n'était pas un acte de misandrie. Il se trouvait seulement que les fauteurs de troubles étaient souvent pourvues de testicules. En tous cas sur sa liste.

- C'est une vraie mine de créativité ici. Mais comme toujours là où se trouve l'activité il y a aussi les profiteurs. Proportionnel à l'attractivité. C'était une sorte d'équilibre constant. Pourtant Head voulait que la balance penche. Pour eux.

Rebond de la pensée.

- Oui ! Tout à fait... Clark se pencha pour ouvrir la sacoche. Une clef USB en main. Tout est là. J'aurais besoin d'infos sur un homme qui vit ici en, ce moment. Barthram Einar. Elle alterna d'une jambe sur l'autre, encore. L'envie d'une cigarette se faisait sentir. J'ai du mal à trouver des infos sur lui. Des podcasts Voilà ce qu'avaient donner les recherches.

“One day in the life of a king”. Un choix de rubrique ironique. Enfin quand on entrevoyait l'homme en question. Amélia savait maintenant tout sur un roi Danois. Elle avait écouté la présentation. Jusqu'à la fin. Par esprit de recherches. Et puis, bien qu'elle ne veuille pas le reconnaître, par curiosité intellectuelle. Ça, personne ne le saurait. Jamais.

- On peut fumer ici ? Pour ça, aucune combativité.
Head
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Jeu 12 Oct 2017 - 18:08
Roxy s’entendrait bien avec Amelia. Mon associé s’entendait bien avec tout le monde. L’avantage, c’était que j’étais compris dedans, ce qui rendait notre collaboration beaucoup plus aisée que je l’aurais cru. C’était une personne parfois assez surprenante, qui ne se laissait enfermer dans aucune case. Mais, ayant moi-même mes propres originalités de caractère, j’avais très vite passé outre. Et je devais avouer que sortir un peu du cliché du duo de détectives ne me déplaisait pas du tout. Quoique, l’avis des autres ne m’importait absolument pas.

"Roxy parvient toujours à convaincre tout le monde." dis-je en agitant légèrement la main. Tout le monde s’attachait à mon associé, et inversement. Roxy était aussi sociable que je ne l’étais pas, et avec n’importe qui d’autre, cela aurait pu être très agaçant. Mais nous nous compensions, ce qui était toujours un avantage. "Et j’espère que tu n’as pas peur des araignées."

Mon assistant ne se départait en effet jamais de Trevor, l’araignée-flamme créée grâce à une magie que je ne comprenais encore pas très bien. Mais comme pour Roxy, on finissait par s’y habituer, et Trevor avait parfois son utilité. A défaut de brûler réellement, il était une source naturelle de lumière, et impressionnait toujours beaucoup les gens. Et même s’il était un compagnon comme n’importe quel chat ou chien, j’étais bien content de ne pas être arachnophobe, pour côtoyer certes pas une véritable araignée, mais une bête qui faisait tout de même la taille d’une grosse mygale.

Concernant le travail de mon interlocutrice, je n‘avais pas de grandes difficultés à imaginer à quel point cela pouvait être prenant. Ou ennuyant. Tous ces domaines économique ou politique, très peu pour moi. Faire des ronds de jambes, côtoyer des individus insupportables à longueur de journée, faire des concessions… Très peu pour moi. Mieux valait pour tout le monde que je reste dans mon coin. Mais pour Amelia, c’était différent. Elle avait des ambitions, et les moyens d’y parvenir. Restait à croiser les doigts pour que les bonnes portes s’ouvrent au bon moment, car pour le reste, je savais qu’elle gérait ses affaires avec brio.

"Tu as déjà d’autres projets ? Ou des directions vers lesquelles te tourner ?" lui demandai-je, conscient que ce n’était peut-être pas des informations qu’elle souhaitait partager avec précision.

Il était tout de même étonnant de se retrouver dans la même ville, des années après. Mais il était vrai qu’Edimbourg devenait un centre cosmopolite important, qui drainait de plus en plus de monde. Les opportunités s’y développaient, et je ne regrettais pas mon choix de m’y être établi. Ce n’était pas plus reposant que New Victoria, mais cela n’avait jamais été le but. Et pour mon interlocutrice non plus, de toute évidence. Je l’observais quelques instants, notant ses mouvements de hanche et ses mains s’agiter. Quelque chose lui traversait l’esprit, mais quoi que cela soit, elle ne le mentionna pas. Et je n’avais pas de raison de l’interroger davantage.

"Ou les gens ici ont désespérément besoin de personnes compétentes comme toi." dis-je donc en haussant simplement les épaules. "Je trouve le temps un peu déprimant parfois. Mais les pâtisseries ne sont pas mauvaises. En revanche, la cuisine…"

C’était autre chose. Tout comme les spécialités anglaises, je n’étais vraiment pas un grand amateur de ragoût ou de mélanges étranges. Heureusement que je savais me débrouiller dans le domaine, quand toutefois j’en avais le temps ou l’envie. Et on trouvait assez d’épiceries étrangères ou fine pour se procurer des produits de qualité.

Question relation, ce n’était pas que je souhaitais évoquer des souvenirs pénibles à mon interlocutrice, mais l’absence qu’une alliance ou d’une quelconque relation tout court méritait quelques mots. A sa remarque, je haussai une nouvelle fois les épaules, avec une légère moue.

"Je ne te le fais pas dire."

J’avais déjà fait des efforts en agrandissant l’équipe de l’Agence. Mais je n’allais certainement pas faire de même avec mes relations sociales ou affectives. Ça ne pouvait être que des emmerdes en plus, et j’en avais déjà ma dose. Je me contentais de quelques personnes, l’histoire d’un soir, à l’exception d’Elias ou d’Owen, plus réguliers. Mais il avait été clair depuis le début que cela n’avait rien de sentimental.

J’acquiesçais à ses paroles quant aux pendants de l’activité florissante de la ville, qui me donnait bien assez de boulot. Mais pour aider une vieille connaissance, j’étais toujours d’accord d’agrandir encore un peu mon champ d’investigation. Ce n’était pas comme si j’avais besoin de dormir la nuit, de toute manière. Lorsqu’elle me déclara le nom de l’homme qu’elle souhaitait que j’observe, j’eus une expression à la fois surprise et blasée. Je poussais un profond soupir.

"Je connais." Je me levai, et me dirigeai vers une étagère remplies de classeurs pour en sortir un, puis un dossier. Il ne contenait pas grand-chose, quelques photos, des interviews et des notes manuscrites. "Ce taré vient régulièrement en bas de l’agence. Il veut absolument que je l’embauche, ou que je lui apprenne à devenir détective… Je l’ai plusieurs fois menacé d’obtenir une mesure d’éloignement, mais il n’a jamais rien fait d’illégal ou de mal. Jusqu’à présent. Je ne pense pas qu’il soit dangereux, juste particulièrement agaçant. Et je n’arrive pas à dire s’il complètement stupide, ou s’il le fait exprès… Tu as eu des ennuis avec lui ?"

Je lui tendis le dossier, qui contenait également des informations relatives à son entreprise vestimentaire. D’après ce que j’avais pu trouver là-dessus, tout semblait réglo. Il donnait même régulièrement des sommes importantes à des œuvres caritatives, et ses voisins le trouvaient tous charmants. Mais c’était ça qui était étrange. Personne ne s’entend avec tous ses voisins. Je désignais ensuite la fenêtre à mon interlocutrice, où traînait encore un cendrier. Celui d’Elias, quand il venait à l’agence.

"J’ai arrêté de fumer." me contentai-je de lui dire en guise d’explication. Ça n’avait pas été une mince affaire, mais Alice savait être très persévérante quand elle voulait. Et il était vrai que Roxy ne fumant pas, je n’avais pas vraiment eu le choix que d’arrêter.
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Dim 15 Oct 2017 - 13:20
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L’arcade sourcilière relevée. Qu'est-ce qu'une aranéide venait faire dans la conversation ?
Head en voyage en avait croisé de belles espèces. Sans compter celles qui couraient dans les murs de la Ferme familiale. Dans les cultures de tabac. Les insectes faisaient parti du tout. Pas d'affection particulière pour ces bêtes. Un grand respect teinté de méfiance naturelle.
Les fauves rendaient la belle plus nerveuse. Quant aux créatures de l'eau... Amélia les redoutai. Pareil à une peste humide.

- Les araignées ? Pourquoi ? Il en fait la collection ?

Longtemps Clark s'était projetée. Loin. Visionnaire sur plusieurs décennies.
Toujours déterminée à ouvrir sa voie. A coup de pioche au besoin. Oui, un combat moderne comme la société en créent. Quand, ce n'était pas la société, c'était la famille. Des obstacles. Amélia y avait laissé son bonheur. L'idée d'une famille à elle. Dire qu'elle était résigné n'était pas vrai. Mais elle composait avec.
Si cela la rongeait parfois -souvent- ce n'était rien, comparé à sa soif du défi. Ainsi était-elle faite.

- Oui. Tu me connais. Je ne sais pas m'arrêter. Je travaille sur un gros dossier. Ça pourrait éradiquer une bonne partie de la corruption sur l'Arche. J'attends l'aval du Conseil.

Rire.
Quand la réalité n'est pas satisfaisante. Ils n'avaient d'autre choix que de composer avec ce qui se trouvait sur cette roche. Faire des compromis... Des trouvailles qui pourraient adoucir la vérité. Head était assez forte à ce jeu là. On ne la démoralisait pas facilement. Être têtue avait au moins cet avantage.

- J'ai découvert un indien fantastique sur Portobello. On y dînera un jour, si tu veux.

Une première réaction annonciatrice... Amélia ne pu retenir un sourire. Son instinct ne l'avait pas trompée. Un individu « atypique » ne plaisait pas à Cooper. A classer dans la catégorie des parasites relationnels. Head avait profité du divorce pour faire un tri « drastique » dans ses relations. Les soutiens de Georges étaient maintenant sur une liste noire. Cet homme n'était pas très loin d'y figurer. Délit de faciès ? Peut-être au départ...

- Seulement une petite altercation publique. Mais... quelque-chose cloche. Je n'arrive pas à savoir quoi. Rien d'illégal, disait Danny. Il a déjà été examiné par des professionnels ? Le dossier attérit sur ses genoux. Clark eu un sourire en retrouvant le classement de Cooper. Un peu le même que le sien. Travailler avec lui avait toujours été un plaisir pour ça. Des témoignages. Le contenu avait de quoi faire rire. Elle cita un passage : - « Un homme charmant et d'une grande prévenance. » Crois-tu qu'il les paies ? Reposa le document au coin du bureau.

Le boîtier de métal dans la main. Un bel objet. Un cadeau du Père. Ce cher Jefferson Clark avait toujours soutenu les « bons goûts » de la benjamine. La flamme, la fumée, le parfum, tout ce succédait dans un rituel immuable.

- Félicitations ! Je n'arrives même pas à ralentir ma conso depuis que je suis ici. Pourtant on aurait pu penser qu'en quittant N.Y.C. Lampeduza -le cadet- aurait aimé. Amélia s'arrêtait une journée pour reprendre de plus belle le lendemain. Compulsive. Pourtant, elle savait que cela n'aidait pas la médecine. Pas du tout. Une lutte impossible. Comment as-tu fais ? La nicotine montait au cerveau.

L'Américaine, prit appuis, dos-contre le rebord. Ses yeux saphirs plantés dans ceux de l'investigateur.

- Alors, cette brebis galeuse. Il n'y a rien donc... ça ne te paraît pas bizarre ? Data avait une hypohèse. Sûrement. Il en avait toujours une.
Head
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Sam 21 Oct 2017 - 20:11
La remarque sur l'araignée eut son petit effet. Pas que ce soit volontaire, mais Roxy avait souvent cet effet sur les gens. Sans même les avoir encore rencontrés. Et pourtant, c'était ainsi qu'était mon associé. Avec son étrange animal de compagnie qui ne manquait pas de passer inaperçu. Toutefois, Amelia ne semblait pas perturbée par la perspective de se retrouver face à Trevor, de son petit nom. Je me contentais donc d'un haussement d'épaules.

"Je suppose que tu t'en rendras rapidement compte quand tu rencontreras Roxy. Mais pas de quoi s'inquiéter."

A part son apparence assez impressionnante d'araignée-flamme, Trevor n'était pas méchant. On s'y attachait même, une fois habitué. Et puis, mon assistant était sans doute la personne la plus sympathique qui soit, une fois qu'on passait outre son côté excentrique. Il n'y avait rien de magique ou même qui soit lié à un quelconque don de prodige là-dedans, mais on ne pouvait s'empêcher d'apprécier Roxy. Même moi, c'était dire. Aussi, je ne me faisais pas de souci concernant mon interlocutrice, leur rencontre se passerait certainement pour le mieux.

Si toutefois on parvenait à trouver un moment dans leur planning bien rempli. Roxy travaillait comme chercheur le reste du temps, en particulier dans le domaine prometteur de la conquête de l'espace. Et mon invitée avait ses propres engagements, fidèle à l'image que je gardais d'elle. Toujours engagée quelque part, à travailler dur sur un tas de projets. Professionnellement, nous n'avions pas vraiment changés tous les deux. Et on pouvait dire que son travail actuel était ambitieux.

"Une bonne partie de la corruption, rien que ça ?" Je haussais un sourcil avant d'ajouter, avec un sourire : "Il n'y a bien que des personnes comme toi pour y parvenir."

Et sur cette arche, ce n'était pas le boulot qui manquait. L'augmentation des affaires et de l'attractivité d'Edimbourg avait logiquement attiré à leur suite tout un tas d'activités illicites. Toutes les arrêter était une illusion, mais cela ne devait pas empêcher de tout faire pour aller dans cette direction. Enfin, chacun dans son domaine.

J'acquiesçai ensuite à sa proposition d'aller manger indien à l'occasion. Histoire de me réconcilier avec la nourriture dans la région, et peut-être de rattraper un peu du temps perdu en portant un toast aux souvenirs d'autrefois. Mais la raison professionnelle de sa présence ici attira bien plus mon attention. Boulot, toujours boulot. Surtout qu'elle mentionnait un nom qui était loin de m'être inconnu, à mon grand regret. Le genre d'individus typiques à créer des "petites altercations publiques" pour citer Amelia. Il était seulement tombé sur les mauvaises personnes.

"J'ai déjà un peu jeté un œil à son cas. A priori, rien qui ne sorte de l'ordinaire, ce qui est justement étonnant. Comme tu dis, quelque chose cloche..." Je haussais simplement les épaules. "Peut-être, va savoir. Mais la plupart de ses voisins sont invités à ses fêtes. Je ne sais pas comment il fait, mais cet idiot est très populaire."

C'était peu surprenant, à la réflexion. Einar était le type de personnalités excentrique typique qui fascinait les foules assoiffées de divertissements abrutissants. Peut-être était-il assez intelligent pour en profiter, ou non. Et si seulement il pouvait arrêter de venir régulièrement me harceler, j'avoue que je n'aurais pas fait grand cas de lui. Qu'est-ce qui pouvait bien me rendre aussi intéressant que ça à ses yeux ? Enfin, peut-être qu'il y avait pas d'explication logique, juste un cerveau complètement grillé et malade.

J'indiquai à mon invitée la fenêtre et le cendrier pour ses envies de cigarettes, ne me joignant pas à elle pour une fois. Un subtil changement dans nos longues habitudes. Je haussais simplement les épaules à ses félicitations.

"J'ai eu des coachs très persuasifs." Il n'y avait pas d'autre mot. Elias -qui fumait pourtant comme un pompier mais se cachait toujours derrière son don d'immortalité-, et Alice ne m'avait pas lâché à ce sujet pendant des années. "Et puis aussi, depuis que j'ai des employés, c'est une question de responsabilités." Je décroisais les bras et fis quelques pas pour aller jusqu'à mon bureau pour sortir une bouteille de whisky d'un tiroir. "Par contre ça, ça n'a pas changé."

Ma consommation d'alcool n'avait pas augmenté à l'arrêt de la cigarette, ce qui était tout de même bien aussi. Mon mode de vie état déjà assez peu sain, inutile d'en rajouter. Je laissais la bouteille dehors, au cas où cela intéresserait Amelia plus tard, et retournai m'adosser au mur près d'elle pendant qu'elle fumait.

"Si, justement. Mais il y a toujours une petite voix dans ma tête pour me dire : tu crois vraiment que ce guignol peut faire quelque chose d'important et de sérieux ?" Je me grattais la tête, silencieux et pensif durant quelques secondes. "Et il n'est jamais apparu dans mon radar concernant les milieux anti-prodiges, qui sont ma priorité. Mais si tu partages mon doute, je peux continuer à le surveiller."
Data
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Mer 25 Oct 2017 - 17:00
Can you find my boy ?





Head imaginait l'associée. Le mystère.
Un petit sourire pour seul témoin de son amusement. Décapant. Le mot lui venait.
L'expression muta brusquement au compliment de Data. Quoique sa comparse cherche la reconnaissance des paires. Celle de ses frères. Celle de ses proches était la plus cher (chérie aussi) à ses yeux. Sous la fière persistait la blessure d'une femme bafouée. Raison principale pour laquelle le jugement continuait contre Powell. Aussi Amélia était touchée.

- Merci Danny. Beaucoup disent que l'on perd notre temps et leur argent. Ça les rassure de penser que tout ça est inéluctable. En tous les cas, j'y crois personnellement. Avec de bons moyens. Très tentée de parler de son autre secteur d’activité, l'Américaine se pinça la lèvre. A peine une dizaine de personnes étaient au courant. Lance évidement. Il était son subalterne. Charles depuis leur accord secret. Les filles avec qui elle avait fait la mission sur l'arche asiatique. Les missions confiées par Arkadia occupaient une bonne partie de son temps également. - Il y a plus de personnes qui désirent un monde meilleur que ce que l'on pourrait le penser. A commencer par ce président. Je crois que les gens y aspirent Danny.

Clark se concentra sur la raison de sa visite.
Un homme... A l'échelle d'un parcours féminin. Ils avaient la palme. Toujours plus teigneux, fourbe, malhonnêtes. Aucun prix n'était trop élevé pour gagné. Le monde du commerce était un banc ce requin. Mais dans tout cela, Head était un dragon purificateur. Quand elle avait une proie elle ne la lâchait pas. Elle tenait jusqu'à la victoire. Même si cela prenait du temps. Même si des gens battaient en retraite.
C'était sans doute aussi pour cela qu'elle n'était pas aimée de tous.

- Bon eh bien, ce n'est pas grave. Je vais chercher un autre angle d'attaque. Il y a toujours un secret à découvrir, pas vrai ? Clark eu un éclat d'insolence féline. - Je suis devenue très douée pour débusquer les vices de procédures. Voilà au moins quelque-chose que m'aurai appris ce satané Georges.

Présence d'un cendrier au contenu éparse.
L’œil connaisseur associa chacune à sa marque. Des années à travailler. Le secteur industriel du tabac était important sur les arches américaines. Sur tout l'Archipel la cigarette restait l'un des produits les plus exporté. Des milliers de V.N.P. passaient leur temps à transporter ce doux poisons. Les Clark s'enrichissaient toujours grâce à cela. Excepté, elle, la fille de mauvaise graine. Qui s'accoquinait avec un homme beaucoup plus âgé. A peine six mois après l'annonce du divorce. Scandale !

- Je devrais peut-être les rencontrer eux aussi... Songea-t-elle, tout haut

C’eut été bien.

Ambre liquide. Voilà un autre doux poison pour les papilles. Clark, en évoluant d'un milieu masculin, en avait intégré les codes. Elle fumait, buvait, pensait, comme tous ces hommes. De l'actionnaire, au manutentionnaire, tous, partageaient le plaisir du bon verre. Elle avec eux.
Pendant un temps, quand les relations, avec Georges se détérioraient. Le mariage devenant un cauchemar. Il lui eu été facile de se réfugier dans la chaleur de la boisson. Amélia avait sans doute une petite tendance à l'alcoolisme. Une facilité à se laisser tenter par le vice. Les nuits de vin et de rancœur avaient été du nombre de ses faiblesses. Mais, elle était toujours restée droite.

- Hum. J'aimerais bien oui.

Fumée enlaçante.
La silhouette d'Head disparaissait derrière ce voile gris.

- Qu'est-ce que tu penses de « Mesa Corporation » ? La question sous-entendait une réponse. Clark enquêtait toujours -de façon totalement illégale- sur l'affaire de 2012. Le Comité. Néo-Séoul. La disparition pure et simple de ces enfants. Withmore espérait des réponses. Il n'était pas le seul. - Cooper avait parler de l'attaque pendant le grand rassemblement. Mais peut-être en savait-il plus.

Tranquillement, de ce geste ordinaire et pourtant sensuel, Clark écrasa le mégot.
Head
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Lun 30 Oct 2017 - 21:26
Amelia avait du mérite, et ce à plusieurs égards. La vie n'avait pas toujours été tendre avec elle, ou ne lui avait distribué les meilleures cartes. Comme pour beaucoup, mais elle avait réussi à passer outre pour continuer à se battre. Elle savait se montrer déterminée lorsque beaucoup d'autres auraient abandonné depuis longtemps dans un milieu qui n'était pas des plus faciles. Encore moins avec une femme. Aussi, je ne voyais pas en quoi la complimenter à ce sujet posait problème. D'autant que je ne le faisais pas souvent, et seulement lorsque c'était mérité et avéré. Pas qu'elle ait besoin de ma bénédiction, mais je savais ce que cela faisait, de réaliser un travail ingrat dans l'indifférence générale. Même si les résultats étaient la meilleure récompense qui soit pour des gens comme nous, un soutien n'était pas superflu de temps à autre.

"Il est facile de se montrer fataliste. Et si on était tous comme ça, rien n'avancerait jamais. Quoi qu'il arrive, en ce qui me concerne, je n'ai pas envie de m'être retrouvé dans le clan des fainéants." Pourtant, Dieu savait qu'il n'y avait pas plus pessimiste et cynique que moi. Je ne me rappelais même pas un moment de ma vie où je n'avais pas été désillusionné par la vie. Et si je pestais régulièrement contre presque tout, cela ne m'empêchait pas de continuer à bosser pour essayer de faire changer les choses. Je n'avais pas la prétention de sauver le monde, certainement pas. Mais j'étais de ceux qui savaient qu'une vie sauvée pouvait faire toute la différence, et valait donc la peine qu'on se batte pour. Et je savais aussi que je n'étais pas seul. Même si mon enthousiasme pour le nouveau président était beaucoup plus modéré que celui de mon interlocutrice. Je me méfiais de ceux qui prétendaient entreprendre de grands changements, encore plus lorsqu’ils venaient du monde politique. Et de manière générale, avant de pouvoir me faire une idée par moi-même, je me méfiais de tout le monde par principe. "On verra bien. Je suppose que ce n'est en tous cas pas pire que d'autres."

J'attendais des preuves, et pour le moment, le seul fait marquant que j'avais pu voir, c'était son enlèvement spectaculaire par ces tarés de l'Organisation XIII. D'un autre côté, cela m'avait intrigué, mais pour des raisons purement professionnelles. Cette organisation terroriste était connue depuis quelques temps, mais étant plus des anarchistes que des anti-prodiges avérés, ils n'avaient jamais vraiment été au centre de mon radar. Quoique, après le salon, cela n'était plus certain. S'il s'avérait qu'ils représentaient un danger pour la PH ou mes autres clients, cela changerait immédiatement. Je les gardais donc à l'œil, étant toutefois plus préoccupé par les kamikazes qui avaient constitués un danger direct et qui n'avaient apparemment pas eu un lieu direct avec le vol de l'aéronef, selon mes dernières informations.

Parler de cet idiot d'Einar fut un changement radical de sujet. Mais j'étais tout de même intrigué de voir que mon impression sur lui était partagée par quelqu'un d'autre. De toute manière, que je le veuille ou non, il revenait régulièrement à la charge, donc je pouvais difficilement l'oublier.

"Je vais t'envoyer une copie de ce que j'ai. Mais si tu cherches la petite bête, tu devrais peut-être regarder s'il n'y a pas une fraude à l'assurance, ou avec les impôts. Il y a toujours un petit détail pas net, et ça devrait au moins te donner une porte d'entrée pour creuser davantage."

L'espace d'un bref instant, je partageais son sourire. Moi aussi, je n'étais pas du genre à baisser les bras. Et je savais très bien m'obstiner jusqu'à obtenir des résultats. Cela ne plaisait pas à certains, mais nous n'étions pas du genre à nous en formaliser. Je la laissais profiter du cendrier inutilisé depuis des mois, et à mon étonnement, je constatais que la voir fumer m'était moins difficile que prévu. Mon médecin n'avait de cesse de me rappeler que j'étais plus susceptible de tomber dans des comportements addictifs, aussi j'avais pris le parti d'opter pour des drogues moins dangereuses pour la santé. Du moins, en partie. Je n'étais toutefois pas sûr que ce soit une bonne idée qu'Elias rencontre Amelia. Alice, en revanche, avait de quoi s'entendre avec mon interlocutrice.

"Tu connais le Alice's club, au centre ? Je connais la gérante, et c’est une de ces personnes. On devrait y passer, un de ces quatre." Pour arrêter de fumer, je ne savais pas si cela fonctionnerait. Mais pour avoir un bon verre, cela en valait déjà la peine.

Et en parlant de boisson, je commençais à nous servir deux verres de whisky, avant de lever la tête à sa soudaine question, un sourcil arqué. Bien sûr que je connaissais Mesa, et il fallait être un ermite pour que ce ne soit pas le cas. Leurs anneaux de téléportation avaient été l'une des innovations les plus importantes de ces dernières décennies. Et l'incident de l'arche de Corée du Nord l'un des incidents les plus tragiques. J'observais Amelia à travers le mur de fumée, la sondant pour essayer de déchiffrer ce qui se cachait derrière cette interrogation en apparence anodine. Mais elle était loin de l'être, c'était une certitude.

"Comme pour beaucoup d'autres entreprises de cette taille, je m'en méfie. Leur volonté de rester seul maître d'une technologie aussi importante et dangereuse que leurs portails suffit pour cela." Je marquais un silence. D'un autre côté, ils avaient été présents durant le salon de l'innovation. Et en cela, ils s'approchaient un peu plus de mon champ d'investigation. De plus, si Amelia me posait cette question, c'était pour une très bonne raison. Surtout qu'on ne parlait plus d'un individu qui pouvait n'être potentiellement qu'un débile profond, mais belle et bien d'une organisation tentaculaire et puissante. C'était tout de suite d'un autre niveau. "Il y aurait plus à explorer selon toi ? C'est officiel ?"

A en croire les gestes et la légère hésitation que j'avais pu apercevoir dans son comportement depuis le début de notre discussion, je penchais plutôt pour une réponse négative quant à cette deuxième question. Mon travail avec des institutions de la PH m'obligeait à me montrer irréprochable quand il s'agissait d'être dans la légalité. Toutefois, je savais aussi que ces moyens étaient aussi limités, et qu'une entorse pouvait être nécessaire, lorsque faite à bon escient.
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