Thé au citron et casse-tête - Dastan

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Jeu 26 Jan 2017 - 0:14
Léopoldine dépose avec attention sa tasse de thé sur le comptoir. Quand la boutique était vide, elle en profitait pour s’accorder une petite tasse bien méritée. Adèle rentrerait dans 2 heures, elle pouvait bien profiter un peu du calme qui régnait pour le moment.

La boutique. Depuis que son père était parti, Léopoldine s’était permise quelques changements mineurs, l’ajout de quelques bonsaï, aérer les étagères,espacer les présentoirs et surtout réorganiser la vitrine. Elle n’était pas peu fière de ces changements même si elle avait parfaitement conscience que son père froncerait les sourcils s’il voyait cela. Tant pis. De toute façon il n’avait, aux dernières nouvelles, pas l’intention d’y retourner. Léopoldine souffla délicatement sur sa tasse avant d’ingurgiter une gorgée de thé citron/gingembre. Adèle faisait toujours la grimace face à ce breuvage, mais c’était le parfum préféré de Léo. Aujourd’hui, il couronnait une journée pour l’instant bien organisée, où tout avait été à sa place. Léopoldine avait reçu quelques habitués le matin même pour leur montrer la dernière nouveauté, en prenant grand soin de le pas y toucher et de regarder ailleurs quand ses clients tentaient de résoudre le puzzle. Parfois, elle sentait ses mains trembler tant la tentation était grande mais elle devait se contrôler si elle ne voulait pas être découverte.

Il ne fallait pas qu’elle pense à cette possibilité. Elle avala une seconde gorgée de thé et se pencha sur un des paquets en cour posés sur le comptoir. Un set de casses tête de voyage, quelques puzzles de difficulté moyenne. Avec application, elle disposa les boîtes de manières à remplir le colis au mieux. Elle préférait faire cela quand la boutique était vide, car sa capacité lui permettait d’envisager cette tâche comme un puzzle et donc de la remplir avec une rapidité et une efficacité désarmantes. Une fois, un client l’avait vue faire, mais elle avait réussi à faire passer son habileté pour de l’habitude. Après tout, elle travaillait là depuis si longtemps.

Le sifflet du pinson mécanique de la porte lui indiqua qu’un client était arrivé. C’était une habituée qui venait chercher sa commande. Léopoldine abandonna ses paquets et sa tasse pour l’accueillir et lui montrer quelques modèles.

-Celui-ci est assez ardu, avec beaucoup de petites pièces, il faut faire attention à le garder hors de portée des enfants. Comme pour tous nos puzzles, les pièces sont taillées de manière à avoir une forme unique ce qui permet de rehausser le niveau de difficulté et de mettre en valeur le dessin. Comme d’habitude, nous remplaçons toute pièce perdue selon les tarifs standards.

Léopoldine la laissa à la contemplation d’une pièce en volume, l’une de ses dernières créations : Un pan faisant la roue, un puzzle en volume et tout en nuances de bleu et vert. Une petite merveille qui avait nécessité des mois de recherche et de réflexion. Et malheureusement, quelques secondes pour la résolution pour Léopoldine. Mais ce n’était pas le moment d’être nostalgique. Elle se dirigea vers la réserve afin de se saisir de la commande. C’est de là qu’elle entendit une nouvelle fois le pinçon, qui annonçait un nouveau visiteur.

- Un instant, je m’occupe de vous tout de suite, lança-t-elle à l’aveugle en se saisissant d’un paquet.
Léopoldine Sheller
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Sam 28 Jan 2017 - 16:29
La matinée avait été assez dense, en majorité composée de réunion et de rendez-vous professionnels pour l’école. Depuis sept heures ce matin jusqu’à treize heures, j’avais enchaîné sans prendre de pause. Aussi étais-je heureux lorsque la dernière réunion sur le bilan financier du mois se termina, me permettant d’aller manger. A cette heure, la cantine était presque vide, la pause des étudiants se déroulant entre midi et treize heures. Je retrouvais néanmoins quelques collègues professeurs et intervenants, et en profitais pour manger à leurs côtés, content néanmoins d’avoir un peu de calme après cette matinée chargée.

Lorsque tout le monde repartit vaquer à ses occupations, je fis un crochet par mon bureau pour récupérer mon manteau et vérifier une nouvelle fois mon programme pour la suite de la journée. L’après-midi s’annonçait plus calme, heureusement. J’avais quelques courses à faire en ville, mais aucune obligation jusqu’à demain. Ce qui avait été rare, depuis quelques mois. Je décidais donc de prendre ma voiture pour me rendre au centre-ville, et de me promener. Je quittais donc la banlieue où se trouvait la PH pour rejoindre le centre d’Edimbourg, et laissais mon véhicule non loin d’Old Town.

Profitant d’un rare rayon de soleil, je me décidais pour un petit tour dans les parcs entourant la colline. L’air était frais, mais vivifiant, et être dehors après avoir passé plusieurs heures à l’intérieur et cloîtré dans un bâtiment me fit du bien. Et ce d’autant que je n’avais plus beaucoup eu l’occasion de venir au centre et de prendre le temps d’en profiter. Maintenant que mon emploi du temps s’allégeait un peu, je devais penser à avoir davantage d’après-midi comme celui-ci. Peut-être que cela plairait à Charlie de venir se balader dans le coin ?

Après quelques instants, je finis par bifurquer pour retourner dans Old Town et y flâner tranquillement. Laissant mes pas me guider, je me surpris à me retrouver dans une ruelle connue, puis devant une devanture qui ne m’était pas inconnue. Un petit sourire amusé apparut sur mes lèvres, et je me décidais à entrer dans la boutique, me disant que le hasard ne m’avait certainement pas amené jusqu’ici sans raison.

J’étais déjà venu plusieurs fois dans la boutique des Sheller, ces dernières années. D’abord, pour acheter des casse-têtes et autres puzzles pour les élèves de l’école. C’était typiquement le genre de jeux que nous mettions à disposition dans les différentes salles communes, et qui avaient rapidement connu un grand succès, même auprès des professeurs et du staff. J’étais donc revenu à plusieurs reprises dans la boutique, et avais finalement appris que le fils du couple était également horloger, fait assez rare pour être souligné. Victor Sheller était un garçon qui appréciait tout autant que moi la précision et la rigueur de cette discipline. Et même si avec mes nouvelles fonctions de directeur, j’avais moins de temps pour pratiquer cet art, je n’en restais pas moins passionné, et avais à plusieurs occasions discuté horloges et mécanisme avec le jeune homme.

C’était désormais sa sœur, Léopoldine, qui s’occupait de la boutique. Et puisque cela faisait un moment que je n’étais pas passé, je me dis que c’était l’occasion de prendre également de ses nouvelles.

Un petit bruit accompagna mon arrivée dans la boutique, cependant, je vis rapidement que la jeune femme était occupée avec une autre cliente. Je la laissais donc terminer, profitant en attendant d’observer les différents produits de la boutique. Là aussi, la précision des pièces et la réflexion nécessaire aux différents puzzles et casse-têtes me plaisaient, même si je devais admettre avoir une patience limitée dans ce domaine.

"Bonjour Léopoldine." saluai-je la jeune femme avec un sourire lorsqu’elle eut terminé, amusé qu’elle ne m’ait pas remarqué tout de suite. Je me permis donc d’ajouter : "Je sais que ça fait longtemps, mais je ne pensais pas avoir autant changé… Comment vas-tu ?"
Dastan
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Mer 1 Fév 2017 - 12:23
- Pardonne-moi Dastan, je n’avais pas vu que c’était toi. Comment vas-tu ? répondit Léopoldine avec un sourire timide. Dastan la mettait moins mal à l’aise que la plupart des gens. Il avait un sourire agréable et franc, pas une simple crispation de zygomatique dictée par les règles de bonne conduite en société.

- Une tasse de thé ? C’est du citron gingembre. Un peu particulier, mais délicieux, dit-elle en désignant sa théière.

Dastan était un bon client, fidèle, elle pouvait bien se permettre cette familiarité. Elle retourna derrière son comptoir pour encaisser l’argent et noter la sortie d’une commande. Tiens, il faudrait qu’elle recommande le puzzle en forme de tulipe, et le casse-tête du tiroir secret, ils n’en auraient bientôt plus en stock. Décidément, les puzzles en trois dimensions fonctionnaient très bien. Quant aux casse-tête où il s’agissait de trouver un tiroir secret, il s’agissait d’un indémodable classique. Quand elle était enfant, c’était son jeu préféré. Parfois, son frère y dissimulait des bonbons, en cachette de leurs parents bien sûr.

- Au fait, le paon n’était pas là la dernière fois que tu es venu je crois ?

Rougissant de fierté, elle lui montra du doigt la pièce qui trônait fièrement sur son présentoir. La lumière mettait en valeur le nuances et de bleu et de vert qu’elle avait mis des heures à choisir auprès du fabriquant. Certes, cela aurait plus de panache avec des pierres précieuses mais elle ne comptait pas encore de milliardaires dans sa clientèle, elle devait donc être raisonnable.

- Bien sûr, c’est une pièce qui nécessite un niveau avancé, je le déconseille pour les enfants. Plusieurs personnes m’ont demandé de la leur vendre déjà montée, avec les pièces collées comme élément de décoration.

D’un geste de la main, Léopoldine invita Dastan à se diriger vers un rayon plus approprié à ses besoins. Elle extrait des rayons plusieurs modèles, dont un chat miniature, un casse-tête en bois en forme d’étoile et un cube composé de carrés jaunes, rouges, verts et bleus.

- Les animaux, c’est une nouveauté parmi mes puzzles en trois dimensions. C’est l’idéal pour de jeunes enfants, ou des débutants récalcitrants. Les pièces en bois sont très résistantes, et j’ai plusieurs modèles d’animaux, cheval, chien, poisson, hamster, en fonction des gouts de chacun. Sinon, j’ai l’étoile, un modèle de casse-tête classique mais toujours très efficace. Si tu préfères, j’ai de nouveaux modèles à tiroir secret. L’avantage, c’est que le les vends démontés avec la notice, tu peux glisser une petite récompense à l’intérieur. Les enfants adorent.

C’était le seul moyen d’encourager Adèle à faire un puzzle : une friandise. Décidément, elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour ne jamais se conformer à la tradition familiale. Déjà petite, au lieu de jouer sagement, elle traversait la maison nue comme un ver, la bouille couverte de confiture. Elever Adèle, même aujourd’hui, restait franchement fatiguant.

-Sinon, j’ai mis au point un petit truc amusant récemment, c’est du puzzle d’équipe en quelque sorte. Tu as un certain nombre de pièces vertes, jaunes, rouges, vertes et bleues et tu obtiens des formes géométriques de base, carrés, triangles etc. Mais si tu les associe avec les formes qu’a créées ton voisin, cela donne un tout autre résultat, une fleur géante, ou une roue selon la manière dont tu les assemble. Ça permet de développer l’entraide, l’esprit de cohésion, ce genre de chose.
Léopoldine Sheller
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Mar 14 Fév 2017 - 17:53
Le plaisir de retourner dans ce magasin, ainsi que de retrouver la vendeuse, fut immédiat. L’inconvénient, avec les responsabilités, c’est qu’elles vous laissaient beaucoup moins de temps pour ce que vous souhaiteriez réaliser. Et encore, j’avais de la chance, puisque je pouvais jouer avec le temps pour étendre certaines périodes plus que la normale et ainsi pouvoir réaliser davantage d’activités que les autres. Néanmoins, cela avait ses limites, et je n’en avais pas profité pour revenir ici plus tôt, malheureusement.

Je secouais la tête, affichant un sourire rassurant envers la jeune femme.

"Ce n’est rien, ne t’en fais pas. Et je vais bien, merci." Mon regard se posa sur la théière, passant de la curiosité à l’intérêt. "Avec plaisir. Je te fais confiance, et j’aime bien prendre des risques !"

Mais en ce qui concernait le thé, j’avais peu de chances d’être déçu. Et cela me changerait du thé noir que j’avalais ces dernières semaines pour me tenir éveillé. J’en buvais une telle quantité qu’on aurait pu me le transfuser directement par intraveineuse, pour aller plus vite. Mais je n’étais pas certain que cela était très recommandé. Déjà, je voyais notre infirmière s’inquiéter de ma consommation, me forçant à ralentir ou à passer au thé vert, une alternative moins forte en caféine. Mais, comme le sport, c’était un comportement addictif pour lequel j’avais de la peine à me refreiner.

Quoi qu’il en soit, je laissais Léopoldine terminer de s’occuper des comptes, en profitant pour parcourir une nouvelles fois la boutique du regard. Comme les magasins de jouets traditionnels, cet endroit avait un charme particulier, qui évoquait l’enfance mais également la patience et le calme nécessaires à ces casse-têtes. Une atmosphère qui me plaisait tout particulièrement, et me changeait du moulin qu’était parfois mon bureau, avec tous les passages et réunions qu’il y avait là-bas.

"Non." dis-je en reportant mon attention sur la vendeuse, puis sur le paon dont elle me parlait. J’en admirais les détails avec attention, tout en écoutant les explications de la jeune femme, très vite emporté par son enthousiasme. "Mais je les comprends, c’est un très bel article. Tu devrais peut-être songer à le vendre terminé, et beaucoup plus cher, comme une œuvre d’art."

J’avais dit cela avec amusement, et sur le ton de la plaisanterie. Bien sûr, l’objet perdait une toute autre valeur s’il était vendu terminé et collé. Une valeur qui n’échappait certainement pas à Léopoldine, aussi je doutais que cela soit son genre de faire une telle chose.

Elle me présenta ensuite divers pièces, observant chaque puzzle ou casse-tête qu’elle me sortait avec attention et minutie. D’un autre côté, je devais admettre que ces objets étaient de petites œuvres d’art en soi, dont la précision ne cessait de me rendre admiratif. Je l’écoutais me présenter ses articles en silence, la laissant faire son travail, étant donné qu’elle le faisait à merveille. C’était définitivement son rayon, et quelque chose qui lui plaisait.

"Les animaux me plaisent bien, et je suis certain qu’ils plairont aux plus jeunes, comme tu dis. Ainsi que quelques tiroirs à secret, si tu en as de nouveau. Si je me souviens bien, ils rencontrent un très grand succès à l’école." Nous avions parfois des petits génies, dans divers domaines, mais dont le développement, social ou gestuel, était parfois empêché, par leur don ou autres. Mais ce genre de jeux était alors d’une grande aide. Aussi, la nouvelle d’une version collaborative ne put que m’intéresser. "Ce serait parfait pour l’école. Pour quel âge dirais-tu que ce serait adapté ? Je pense que ça pourrait également être bien pour les adolescents et les adultes. L’esprit d’équipe, cela se travaille à tous les âges."

Je lui adressai un nouveau sourire, reconnaissant pour tous ses conseils, avant de lui demander :

"Et comment se porte ta famille ? Je n’ai pas eu de nouvelles de ton frère depuis un petit moment, il travaille toujours dans l’horlogerie ?"
Dastan
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Mer 1 Mar 2017 - 16:56
Tout en l’écoutant, Léopoldine servit à Dastan une tasse de thé.

-Sucre ?

Elle se tourna ensuite vers les puzzles.

- Pour l’âge, cela dépend. S’ils sont encadrés par un adulte, des enfants de 12 à 14 ans peuvent s’en sortir. Je ne le recommanderais pas pour des enfants plus jeunes, à moins qu’ils travaillent tous ensemble sur le même, bien sûr et sous la surveillance d’un adulte. En dehors de cela, tu as raison, c’est le genre d’activité qui peut plaire à des adolescents comme à des adultes, tout dépend de leurs capacités en matière de logique.

Certains enfants avaient de véritables facilités, notamment quand on les avait habitués à manipuler des puzzles dès l’enfance. Certains adultes, en revanche, rencontraient d’énormes difficultés. Ils demandaient d’ailleurs souvent conseil et Léopoldine se retrouvait dans un drôle de pétrin. Comment expliquer quelque chose qui vous venait naturellement ?
C’était pour elle comme essayer d’expliquer comment respirer, comment dormir ou bien de décrire la couleur verte. Déjà enfant, elle était douée. Alors avec le fil rouge… mais il ne fallait pas y penser. Le fil rouge allait lui attirer des ennuis, elle le savait. Parfois, elle tremblait à l’idée qu’Adèle ne révèle quelque chose sans s’en apercevoir. Adèle était adorable, mais incroyablement bavarde. Ses professeurs s’en plaignaient souvent, même sa professeure de danse. Visiblement, même son activité préférée n’empêchait pas Adèle d’ouvrir sans arrêt son bec de moineau.

-Ma famille ? Aux dernières nouvelles, tout le monde se porte très bien. Victor est toujours dans l’horlogerie et travaille toujours dans la même boutique. Je ne sais pas si tu y es déjà allé, c’est O’clock, elle est tenue par Andrews Reilly. Visiblement, il est très fier de Victor.

Et les parents de Léopoldine aussi. D’ailleurs, ils se félicitaient souvent de la réussite de Victor en parlant à Léopoldine. A croire qu’il était le seul à avoir réussi à satisfaire les exigences de leurs parents. Merveilleux.

- Mes parents vont bien. Je vais essayer d’aller leur rendre visite, peut être le mois prochain.

Non, Léopoldine n’était pas enchantée à cette idée. Elle se ferait taper sur les doigts pour avoir osé fermer le magasin, le voyage serait d’un ennui mortel et il faudrait qu’elle confie Adèle à Victor. Adèle et Victor ne s’entendaient pas très bien. Si Victor était plutôt épidermique et réagissait à la moindre provocation, Adèle ne faisait rien pour éviter de provoquer son ire, bien au contraire. Dès qu’elle pouvait le chatouille, l’ennuyer, le taquiner, elle ne se gênait pas. Ils avaient du mal à se supporter plus de trois jours consécutifs. Il faudrait qu’elle essaie de trouver un autre moyen pour que quelqu’un s’occupe d’Adèle… quoique Victor insistait toujours pour le faire. Il semblait se sentir coupable du fait que Léo s’occupe de l’éducation d’Adèle, même s’il participait aux frais. Garder la petite et veiller sur la boutique pendant les absences de Léo, c’était sa manière de se rattraper.

-Et Adèle est en pleine forme, comme d’habitude.

D’ailleurs, quand elle rentrerait, il faudrait lui préparer son goûter. Léopoldine pensait naïvement qu’après un certain âge, les enfants n’avaient plus besoin de manger à quatre heures. Visiblement, Adèle n’était pas au courant.

-Et toi, comment vont tes élèves depuis ta dernière visite ?

Tout en discutant, elle mettait quelques modèles de côté pour lui préparer une commande, allant de ci, de là pour fouiller ses tiroirs.

- Je te propose 3 modèles d’animaux différents, en plusieurs exemplaires pour que les enfants ne soient pas jaloux, avec 6 tiroirs secrets, est-ce que cela te convient ? Pour le modèle collectif, je peux te proposer 2 sets complets ?
Léopoldine Sheller
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Jeu 23 Mar 2017 - 12:33
Je refusais poliment la proposition de sucre, préférant tester le thé directement. L’acidité du citron se mariait à merveille avec le piquant du gingembre, et, de manière générale, je n’étais pas un amateur de choses sucrées. Je laissais volontiers cela à d’autres. Je me concentrais ensuite sur les explications de Leopoldine, ma tasse à la main, savourant à la fois la chaleur de la boisson et la clarté des paroles de la vendeuse. Elle parlait des puzzles de manière aussi naturelle que respirer ou voir, comme si cela allait de soi. Et c’était sans doute le cas pour elle.

"D’accord, je garde plutôt ça pour les plus grands, mais à voir. En matière de logique, certains enfants sont étonnamment avancés, et ce genre d’activités leur convient parfaitement. Je note aussi pour la surveillance d’un adulte, c’est toujours plus sûr, en tous cas dans les premières tentatives, tu ne trouves pas ?"

C’était elle l’experte, après tout. Mais, d’un autre côté, la pédagogie n’était pas à la portée de tous, et ce n’était pas parce que l’on était bon dans un domaine que l’on savait l’expliquer, en particulier à des enfants. Avant de pouvoir enseigner l’horlogerie, j’avais moi-même dû faire d’énormes efforts pour préparer mes cours et me mettre à la place de novices, exercice qui s’était avéré très complexe. Même aujourd’hui, je modifiais toujours mes leçons pour les adapter à mes élèves, et prenais toujours soin de ne pas me figer dans la matière que j’enseignais, autant dans la forme que dans le fond.

En parlant d’horlogerie, je demandais des nouvelles de la famille de mon interlocutrice, son frère étant dans le même domaine. J’acquiesçai avec un léger sourire à la mention de la boutique et du nom de Reilly. Le milieu n’était pas si grand, surtout sur cette arche, et tout le monde finissait par connaître tout le monde.

"Oui, je connais très bien. Un bon horloger, qu’on a déjà invité plusieurs fois à l’école pour des conférences. Ton frère est entre de bonnes mains." Pour le reste, j’observais la jeune femme, intrigué par le peu d’enthousiasme que je sentais chez elle lorsqu’elle parla de rendre visite à ses parents. Peut-être que je me trompais, ou que ça ne me regardait pas, mais je ne pouvais m’empêcher de m’en faire pour elle. "Tu penses que ça va mal se passer ? Pourtant, j’ai l’impression que tu es une personne qui sait gérer beaucoup de choses. Trop, peut-être… Enfin bon. Je suis content que ta sœur se porte bien. Tu sembles en prendre grands soins, elle a de la chance."

Je retrouvais un léger sourire, sincère. Avant de prendre quelques instants pour réfléchir à la question qu’elle me posait au sujet des élèves. Il y en avait un certain nombre, et on pouvait dire qu’il y avait toujours de l’animation à l’école. Gérer de jeunes prodiges n’était jamais de tout repos, mais c’était un travail que j’appréciais toujours autant, alors, je passais largement sur les efforts que cela demandait.

"Tout le monde va bien, oui. Enfin, par là, je veux dire que personne n’a fini aux urgences ou au poste de police ces derniers mois. Tu sais comment peuvent être les enfants, et ceux de la PH peuvent être particulièrement animés. Un peu comme ta sœur."

Je passais une main sur ma nuque dans un geste faussement embarrassé suite à ma tentative d’humour. Même si, plus sérieusement, n’avoir personne à l’hôpital ou en situation d’incarcération était bien évidemment une bonne chose. J’observais ensuite la commande que Leopoldine me préparait, et approuvai d’un signe de tête.

"Ça me semble parfait. Dis-moi combien je te dois ?"

L’école avait de larges moyens, grâce à de nombreux mécènes et soutiens. Et je tenais à payer les artisans et vendeurs comme mon interlocutrice à leur juste valeur.
Dastan
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Mer 5 Avr 2017 - 13:37
- Les enfants doivent toujours être surveillés par un adulte quand ils font un puzzle, à mon avis. Cela limite le risque de perte des pièces et ils sont rapidement frustrés s’ils ne trouvent pas la réponse.

Léopoldine n’aurait probablement jamais pu occuper le poste de Dastan, elle aimait trop le calme, la tranquillité et sa petite routine. Elle avait déjà du mal avec un enfant, alors toute une armée, non merci. Mais elle faisait confiance à Dastan pour encadrer les enfants, il émanait de lui une sorte d’autorité calme, de force tranquille. Il semblait être de ceux qui n’ont pas besoin d’élever la voix pour être écouté. Léopoldine, elle, avait plutôt tendance à se fondre dans le paysage.

La remarque de Dastan sur le maître de Victor la fit sourire. Le monde de l’horlogerie était petit, Dastan devait connaître la plupart des professionnels et s’il affirmait que Victor était entre de bonnes mains, ce devait être le cas. Les parents de Léo ne s’inquiétaient pas vraiment de savoir si le patron de Victor le traitait bien, ils s’intéressaient seulement à la qualité de la formation. On ne pouvait pas leur reprocher de s’intéresser à la formation dispensée à leur fils, mais un peu plus à son bien être n'aurait pas été de trop.

« Tu penses que ça va mal se passer ? Pourtant, j’ai l’impression que tu es une personne qui sait gérer beaucoup de choses. Trop, peut-être… Enfin bon. Je suis content que ta sœur se porte bien. Tu sembles en prendre grands soins, elle a de la chance."

Léopoldine hésita. Parler de ses soucis personnels devant les clients… certes, depuis le temps, Dastan n’étais plus un client comme les autres…

- Cela va très bien se passer, dit-elle en affichant un grand sourire de façade. Tu sais, mes parents se font vieux… tu sais, parfois les personnes âgées… il faut juste un peu de patience.

Léopoldine n’aimait pas s’étendre sur ce sujet et elle espérait que Dastan ne réalise pas son malaise. Il lui arrivait parfois de voir entrer des parents accompagnés de leurs enfants. En les observant, elle se posait de plus en plus de question sur sa propre famille. Il lui semblait qu’il manquait quelque chose mais elle n’arrivait pas à mettre la main dessus. Elle en parlerait la prochaine fois à Victor, peut-être, même si en général ils évitaient le sujet. Mais elle aurait aimé savoir s’il avait la même sensation en voyant des parents prendre leurs enfants dans leurs bras.

Fort heureusement, Dastan lui parla de ses élèves, distrayant ses pensées. Pendant qu’il parlait, elle emballait les différents modèles dans du papier bleu nuit dans de les glisser dans de grand sacs. Les puzzles collectifs prenaient toujours de la place. Elle leva la tête et esquissa un sourire poli à la tentative d’humour de Dastan.

-Je suis ravie de savoir que tout se passe bien, j’imagine qu’ils doivent te donner un peu de fil à retordre, mais tous les enfants sont ainsi n’est-ce pas ?

Surtout Adèle, mais il était inutile de le préciser. Léo gribouilla sur un petit papier la facture qu’elle tendit à Dastan. Elle lui avait fait une petite remise, après tout c’était un excellent client. Elle se doutait qu’il s’en rendrait compte, mais il lui rendait suffisamment visite pour qu’elle amortisse ce petit cadeau.

-Est-ce que tu veux payer en une fois ou je note ça sur ton compte ?
Léopoldine Sheller
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Lun 24 Avr 2017 - 15:32
Je souris, et pensais à toutes ces fois où, effectivement, les jeunes auraient mieux fait d’être sous surveillance d’un adulte. C’était fou la créativité que certains pouvaient mettre à faire des bêtises, et le fait qu’ils soient des prodiges n’aidait pas toujours. Entre celui qui avait décidé d’inonder l’une des salles de gym pour créer un aquarium, ou celle qui avait accidentellement créé un black-out de l’école et des environs en essayant d’allumer plusieurs ampoules avec ses mains ; les enfants ne manquaient pas d’idées pour s’attirer des ennuis. Heureusement, ce n’était jamais bien grave, et l’on arrivait à rattraper les dégâts sans trop de casses.

Aussi, je ne doutais pas des conseils de Lépoldine quant au fait qu’il valait mieux accompagner les élèves lors de la réalisation de puzzles.

"Tu as raison. Le but est tout de même que cela se passe bien pour tout le monde, et que l’on s’amuse. De plus, il serait vraiment criminel d’abîmer ces puzzles ou d’en perdre une partie. Surtout après que tu nous aies si bien conseillés."

Le respect, sous toutes ses formes, était l’un des piliers de l’école. Aussi, nous l’apprenions très tôt aux élèves. Respecter l’autre ne concernait pas uniquement le fait qu’il soit prodige ou non, ses origines ou sa langue ; mais également son travail. Cela n’englobait d’ailleurs pas que les êtres humains, mais également toute forme vivante et, plus globalement, le monde dans lequel nous vivions. Armageddon nous avait montré ce qu’il se passait lorsque l’humain exploitait la terre à l’extrême, et l’explosion en arche nous avait au moins appris à faire preuve d’humilité.

La conversation passa ensuite naturellement sur Leopoldine et sa famille. Le sourire à la mention de son frère laissa cependant place à plus de retenue lorsque je l’interrogeais sur ses parents. Mon interlocutrice était une jeune fille discrète, presque effacée, et je craignais qu’elle ne prenne trop sur elle. Surtout si la situation familiale était compliquée, et Dieu savait que j’avais pu voir à quel point la famille pouvait être un souci.

Un peu inquiet, j’essayais cependant de ne pas me montrer trop intrusif lorsque je lui répondis. D’un côté, cela ne me regardait pas, mais de l’autre, je ne voulais pas qu’elle se sente seule et démunie face à une situation difficile. J’avais déjà l’impression qu’elle acceptait beaucoup, avec la garde de sa sœur et ce magasin, et dans le fond, je ne lui souhaitais que d’être épanouie. Comme son frère pouvait l’être.

"Oui, j’imagine que ce n’est pas toujours évident…" Ce fut à mon tour de me montrer un peu embarrassé. Je n’avais jamais connu mes parents, et ce concept m’était finalement assez étranger et impersonnel. Je devais me référer aux gens que je connaissais pour essayer de me représenter ce que des parents pouvaient être, mais, devant la diversité des portraits, je devais admettre que cela ne m’aidait pas vraiment. Je tâchais donc de me concentrer sur Leopoldine, et esquissais un petit sourire navré. "Enfin, j’espère que ça va bien se passer, comme tu dis. Que ça ne t’empêche pas de vivre comme tu le souhaiterais. Même s’ils veulent bien faire, les parents ne devraient pas décider de la vie de leurs enfants…"

Mais pour l’heure, je préférais enchaîner sur les enfants de l’école à nouveau, un sujet un peu plus sûr. Je la laissais emballer les différents puzzles avec soin, heureux de pouvoir parler de mon boulot. Malgré toutes ses contraintes, je ne le changerais pour rien au monde.

"C’est aussi ce qui fait leur charme, et on ne peut rien leur pardonner. Heureusement, certains sont plus calmes. Mais c’est peut-être ceux qu’on doit le plus surveiller, car ils ont du mal à extérioriser leurs problèmes, ou à venir chercher de l’aide. " J’avais été l’un de ses enfants, aussi, j’en savais passablement quelque chose. Et, peut-être en avait-il était de même pour Leopoldine. Je lui adressai un sourire sympathique, avant de prendre la facture. "Qu’est-ce qui t’arrange le plus ? Je peux faire les deux, mais avec tout ce que tu fais déjà, je ne voudrais pas te causer plus de souci."

Je lui adressai un clin d’œil complice. L’école n’avait pas à ses soucier de ses comptes, mais je me doutais que ce n’était pas le cas d’une petite boutique. Et lorsqu’on trouvait des commerçants et des artisans aussi bons et précieux, il fallait en prendre soin.
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Jeu 20 Juil 2017 - 18:19
[Je suis de retour ! Toutes mes excuses pour le délais, mais ça y est je vais enfin pouvoir rp ! ]

-J’ai déjà des commandes pour ma dernière pièce et la boutique se porte bien, tu pourras régler cet achat la prochaine fois que tu passes, je la mets sur ton compte.

Léopoldine accompagna sa remarque d’un sourire. Dastan faisait partie de ses meilleurs clients, il était normal qu’elle en prenne soin.

-Mademoiselle Sheller ? Appela une voix.

Le livreur. Pour une fois, il était en avance. Léopoldine s’excusa auprès de Dastan et s’empressa d’aider son livreur. Il lui apportait plusieurs reproductions de modèle dont elle commençait à être à cours. D’habitude, il avait le chic pour arriver en retard. Il la salua d’un coup de tête et lui désigna les différents cartons et paquets qui lui étaient destinés. Elle se saisit du plus proche et le porta dans son arrière-boutique. Elle fit signe à son livreur d’attendre et lui servit une petite tasse de thé. Depuis le temps, ils avaient leurs habitudes et elle venait d’avoir une idée dont il fallait qu’elle fasse part à Dastan

-Et si tu amenais quelques-uns de tes élèves chez moi ? Les plus calmes ?

Cela ferait de la compagnie à Adèle pour un après-midi et elle pourrait peut-être faire naître des occasions. Elle savait parfaitement qu’Adèle ne reprendrait jamais la boutique. Si une visite pouvait susciter chez un des enfants une vocation… Non, on n’en était certes pas au stade de la retraite, Léopoldine venait à peine de reprendre la boutique. Mais chez les Sheller, on avait la manie de regarder au loin dans le futur, histoire de ne jamais avoir de surprise. Bon, pour la dernière génération, avec la drôle de capacité de Léopoldine, c’était un peu fichu. Tant pis, au fond.

-Si cette idée t’intéresse, fais-moi signe et je te proposerai des dates. Je ne suis pas très douée avec les grands groupes, mais un nombre limité d’élève ne devrait pas poser de problème.


Bien sûr, Dastan les aurait briefés auparavant au sujet de la fragilité des différentes pièces exposées. S’il y avait bien une chose que craignait Léo, c’était bien qu’on brise en public un de ses puzzles. Elle aurait la tentation de le résoudre, elle sentirait des picotements dans ses doigts qui se transformeraient vite en une intolérable brulure. Le fil rouge l’empêcherait de voir quoi que ce soit d’autre.
Il faudrait sans doute qu’elle songe à installer autour de son chef d’œuvre une barrière de protection, histoire d’éviter les catastrophes.

-En tout cas, cela m’a fait plaisir de te voir, n’hésite pas à repasser quand tu veux. Une petite tasse de thé avant de reprendre la route ?

Dans l’arrière-boutique, le livreur s’était probablement confortablement installé avec la sienne pour sa pause quotidienne. Il en avait pris l’habitude et Léopoldine ne voyait pas l’intérêt de l’en dissuader, le pauvre homme parcourait la ville de long en large toute la journée, il méritait un peu de repos et surtout une certaine compassion. De plus, certaines commandes de Léo pouvaient être lourdes et encombrantes, même si ce n’était pas le cas ce jour-là.

Adèle serait bientôt rentrée. Il fallait préparer son goûter. Avant cela, vérifier que la commande était au complet, proposer des petits gâteaux au livreur s’il en restait.

La journée n’était pas terminée.
Léopoldine Sheller
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