"Una vita così dolce" Feat. Beleth

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Ven 17 Aoû 2018 - 8:56
Una vita così dolce


Feat. Beleth





Nikolas Lampeduza ( Oslo été 1996 )



L'avion Palerme – Oslo, posé avec près de douze heures de retard, libérait des passager groguis de fatigue. La famille Lampeduza, fût des premiers à sortir de l'appareil, avec les plus plates excuses du commandant. Un couple à la quarantaine et deux adolescentes, aux allures de gravure de mode, la composait. Ils parcouraient les longs couloirs de l'aéroport dans le calme. Leur aura faisait presque naturellement s'écarter les employés.

La femme très longiligne, d'une grande minceur, était d'un grand chic. Si de légères cernes habillaient ses yeux, elle restait très apprêtée. La veste de grand couturier, posée sur ses épaules, dénotait un pécule d'importance. En dehors de cela Nikolas Lampeduza arborait sa classe sociale avec une discression pleine d'élégance. Elle marchait aux côtés de son époux tout en jetant de fréquent regards en arrière. Là où se trouvaient leurs délicieuses hoirs.

Les deux adolescentes avançaient d'un pas paresseux, visiblement encore contrariées d'avoir été réveillées. Elles échangeaient à peine quelques mots, suivant leurs parents sans se préoccuper de ce qui se passait autour d'eux. La lumière timorée de l'aube venait frapper la baie vitrée et éclairer leurs traits encore endormis. Elles étaient charmantes malgré leur mine renfrognée. Chez elles se devinaient les femmes à venir... déjà.

Le quatuor s'étaient arrêtés, au point de rendez-vous, dans un hall. Quelqu'un allait arriver pour prendre en charge le trajet de la capitale à leur destination, une petite ville du nord de la Norvège. Ils profitaient d'une invitation pour venir passer quelques jours de fraîcheur dans un été caniculaire. La Duchesse tenait à ce que la plus jeune des filles connaissent les forêts du nord.

L'aînée Sofia, bientôt dix-sept ans, était la moins facile des enfants. Elle avait fait une année scolaire difficile, refusant le travail. L'insolence dont elle faisait preuve envers les enseignants avait failli provoqué son renvoi. Les disputes se succédaient à de courtes fuites chez l'un de ses oncles. Ezio Lampeduza s'étant mis d'accord avec son frère à ce sujet. La demoiselle voulait renier, en bloc, son milieu et les attentes des siens.

Une situation qui avait de quoi compliquer les relations entre fille et mère. La Sicilienne avait du mal à concevoir un rejet aussi frontal de ses origines. Elle ne comprenait pas le but et les attentes de sa fille. Cela la laissait perplexe et presque désemparée. Aussi, un silence tacite régnait entre les deux depuis les derniers mots durs. Nikolas laissait son époux gérer cette petite rebelle. Elle les laissait d'ailleurs tous les deux, accompagnant la benjamine pour acheter un magazine.

– Pour une fois que l'on est dans une grande ville. Pourquoi encore des montagnes ? Tout était prompte à la critique depuis le départ.

Sofia avait été obligée d'accompagner le voyage. Une façon de passer du temps en famille. Strega espérait ainsi avoir le temps de dialoguer ensemble. Cependant, la jeune fille n'en avait cure. Elle se préoccupait uniquement des magnifiques yeux bleus de Jack Clark, le jeune officier Américain, qui était arrivé à la caserne au début de l'été. Tout deux avaient débuté -en secret- une romance estivale qui lui tournait un peu la tête.

Une jeune femme aux cheveux quasi translucides arrivait à la hauteur du duo. Elle se présentait rapidement comme une amie d'Eliott et les invitaient à la suivre. Une voiture les attendaient à l'extérieure. Apprenant leur retard Odin avait organisé une petite surprise. Il était arrivé en ville très tôt. Il avait ouvert les cuisines du restaurant très tôt. Le petit-déjeuner royal serait prêt à leur arrivée.

Les deux autres revenaient avec leurs trouvailles. Strega, suite aux salutations en rigueur, laissait leurs filles prendre de l'avance vers le véhicule. Elle profitait de ce court instant pour aller prendre la main du peintre. Ses yeux de geais fixaient le dos de leurs enfants. Elle souriait, tranquille, amusée malgré tout par Sofia, si belle dans son obstination enfantine.

– Sa tante ne pourrait la renier, Mi Amir. Giulia aurait été d'accord.

Ils sortaient à l'air frais. Nikolas ressert le foulard autour de son cou d'albâtre. Un sourire conquit se peignait sur son visage à la vue des ombres de la capitale. Ses doigts se faisaient plus caressants sur la main de l'Italien. Elle tournait son regard sur lui, avant de fixer l'horizon qui s'éclairait. Ce petit séjour leur ferait du bien, elle en était convaincue.

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Ven 31 Aoû 2018 - 15:58


Malgré son statut et tout son argent, il n'avait pas été possible à Vito de pouvoir faire changer le retard de leur moyen de transport. Heureusement, la petite famille voyageait toujours en première classe, le personnel avait donc été aux petits soins avec eux. Il avait fait passer le temps en buvant quelques verres de bon whisky, tout en observant les nuages, jouant parfois aux cartes avec Olivia la plus jeune. Sofia ayant souvent cette furieuse envie de montrer qu'elle était plus proche de l'âge adulte et plus en état de faire ce genre de jeu pour... gamin. Comme elle le disait souvent. Ce qui faisait sourire son père. Il n'avait pas les mêmes problèmes avec ses filles que son épouse. Il était plus coulant. Sans doute parce qu'il voyait en son aînée, ce qu'il avait été à son époque. Un jeune homme rebelle, qui voulait faire une scission claire et nette avec sa famille. Parce que ce monde ne l'intéressait pas, enfin, le croyait-il à l'époque. Il fallait bien que jeunesse se fasse. Alors oui, il avait pris sans trop de problème la relève de Nikolas et s'occupait de sa fille.

Il tentait souvent de lancer des conversations, pour qu'elle puisse s'exprimer et dire ce qui lui pesait tant. Les ados avaient cette fâcheuse habitude de croire que ce qu'ils vivaient, personne ne l'avait jamais vécu avant eux et que par conséquent, personne n'avait son mot à dire. Sans être d'accord, le géniteur laissait parler sa progéniture. Toujours bienveillant. Bien entendu, la jeune fille ne pouvait pas non plus faire tout ce qu'il lui plaisait, il veillait et n'avait pas de problème à se montrer ferme quand la situation l'exigeait. Il avait aussi cet avantage sur les deux demoiselles de la famille, de pouvoir entendre leurs pensées... pourtant, il faisait souvent abstraction de ce qu'il entendait, pour ne pas être brouillé et laisser cette liberté à ses filles.

D'un pas tranquille, le sicilien marchait dans le hall de l'aéroport, pas fâché d'être enfin arrivé à bon port. Tout en sachant pertinemment qu'ils avaient encore quelques heures de route qui les attendait. Mais ça ne serait jamais pire que ces trop longues heures de retard. Son veston poser sur l'avant de son bras, les manches remontées au coude, il semblait être en vacance. Ce qui était un peu le cas. Le froid de l'extérieur finirait bien par le faire se rhabiller, mais il était encore un peu dans la chaleur du vaisseau qu'ils avaient pris. S'arrêtant à l'endroit indiqué en attendant qu'on vienne les chercher, il suivit du regard son épouse et la cadette s'éloigner pour quelques achats. Sofia, bien entendu, n'attendit pas pour se faire entendre, comme bien souvent, jamais rien ne lui plaisait. Mais il n'en était pas vexé.


- Voudriez-vous avoir quelques jours à passer en son centre? Se frottant lentement sa barbe taillée. Il était prêt à faire des efforts pour sa fille, comme elle savait que tout était donnant-donnant avec son père. Je peux voir à en discuter avec votre mère. Nous pourrions faire quelques visites, puis la rejoindre dans les terres. Marquant un petit temps. Mais je suis certains que quand vous découvrirez le domaine d'Eliott, vous comprendrez pourquoi il est plus agréable d'y être, que de rester dans cette capitale.

Certes, chez leur hôte, il n'y avait pas de grands magasins de marque, d'endroit où l'on pouvait dépenser son argent sans compter, mais le charme du grand Nord, ce lieu isolé où il régnait en maître. Et puis, il savait être charmant en plus de cela. Ses filles l'avaient sans doute oublié, il les avait vues quand elles étaient petites encore. La jeune femme qui s'approchait d'eux, se présenta rapidement, calme et tranquille, il lui sourit tout en serrant sa main, ravi de la rencontrer, avant que les deux autres femmes de sa vie ne les rejoignent.

- Avez-vous trouvé votre plaisir? Fit-il à sa fille, avant de la laisser partir devant avec sa soeur, se laissant prendre par sa belle, amenant sa main à ses lèvres, pour embrasser tendrement sa peau. Personne dans la famille ne pourrait le faire, mi amor. Marquant un petit temps. Je crois que Sofia a envie de découvrir cette ville, peut-être que je pourrai rester avec elle un jour ou deux ici? Elle sera sans doute moins ingérable chez Eliott ensuite.

Lampeduza n'était pas stupide et c'était un malin, il connaissait bien ses enfants. Ses femmes en général. La porte de la voiture était ouverte pour les laisser monter, il s'installa confortablement alors qu'on leur annonçait qu'un repas en ville les attendait. Il eut un petit rire.

- Il saura toujours me surprendre. Nous allons nous régaler! Se frottant les mains. La réussite du chef n'était plus à faire. Il était connu pour être l'un des plus grands de son arche, Vito aimait les plaisirs de la table presque autant que ceux de la chaire parfois.

La demoiselle Sofia aura au moins se plaisir de ne pas se retrouver directement perdue en pleine cambrousse. C'était déjà ça. Un fin sourire aux lèvres, il faisait un petit clin d'oeil à sa cadette, elle n'était pas oubliée dans le lot. Jamais.
Beleth
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Dim 2 Sep 2018 - 17:21
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La demoiselle Lampeduza s'animait quelque peu aux paroles de son père. Elle s'avançait sur le bord du siège, ses mains s'y tenant. Le buste penché en avant, elle laissait un sourire s'épanouir sur son visage, qui montait jusqu'à son regard de geai.

– Je me moque bien des forêts père ! Sa voix était soudain plus enjouée. Oh quelques jours, ici, rien que vous et moi, ce serait de vraies vacances ! Ouiiii ! Le regard de l'adolescente se teintait un peu de malice. Vous trouvez toujours ce qu'il faut pour qu'elle dise oui. C'était là une vérité absolue. Vito connaissait Nikolas. La perspective d'échapper à sa mère transformait radicalement l'humeur de Sofia. Elle se levait, sans que l'on ait à le lui demander pour aller saluer la Norvégienne.

De retour, Olivia souriait au Duc en plaquant devant son nez la couverture de son magazine. A cette distance difficile de lire. C'était une revenue spécialisée sur l'équitation dont la jeune fille faisait sa grande passion depuis quelques mois. Elle voulait absolument prendre des leçons. Elle vibrait d'une passion si forte qu'elle pouvait devenir colérique quand on lui refusait l'accès aux écuries du Duchet.

– Est-ce que je pourrais monter ? Mama dit que tonton Eli a des chevaux !! Suppliait-elle avec des grands yeux noirs pleins d'amour et d'espoir. Elle venait serrer son père, autour de la taille, et relevait le nez vers lui en riant. La voix de sa sœur l'attirait alors et elle fonçait la retrouver pour monter à côté d'elle. La petite attachait sa ceinture en accéléré pour pouvoir ensuite plonger son nez dans les pages de sa bible.

Un peu plus loin en arrière, la Duchesse avait ralenti, en entendant la demande de son mari. Cette idée, bonne certes, perturbait les plans qu'elle avait en tête. Un élan de pur égoïsme l'aurait poussé à refuser tout de suite. Mais, le bonheur de ses filles étaient -malgré tout ce que pensait l'aîné- sa première préoccupation.

– C'est une idée...

Le mouvement étant engagé, le couple devrait reprendre la discussion un peu plus tard. Cela donnait le temps à Nikolas de réfléchir et de se faire à l'idée en douceur. Elle n'aimait guère être séparée de l'un d'entre eux. Assise juste en face de Sofia, elle la contemplait, tandis que la jeune femme enfonçait ses écouteurs dans ses oreilles, fermant toute possibilité de discussion. Strega pinçait les lèvres sans un mot et s'absorbait dans la contemplation du paysage glacé.

Olivia qui croisait le clin d’œil de son père riait doucement. Elle relevait la revue pour lui montrer la photographie d'un saut d'obstacle. Derrière la revue elle ouvrait grand les yeux, clownesque, en mimant un onomatopée muet. Elle riait ensuite avec lui, puis s’engouffrait dans les tableaux des concours dont elle ne comprenait que la moitié des colonnes.

– Il a toujours su se rendre agréable. Quel plaisir. Approuvait la Sicilienne dans un sourire complice.

L'aéroport était en périphérie extérieure extrême. Aussi rejoindre le restaurant prendrait un peu de temps encore. La femme qui les escortait conduisait de façon prudente. Elle avait allumé le poste de radio qui diffusait la station locale. Le Norvégien envahissait une partie de l'espace sonore. Mais, en dehors de cela tout était très calme.

La Duchesse laissait ses yeux s'attarder sur les demoiselles, toutes deux plonger dans leur petit monde. Elle regardait ensuite son peintre. Un sourire lui venait naturellement. Elle était trop loin de lui pour pouvoir lui effleurer la main. Mais, qu'à cela ne tienne ses yeux caressaient pour elle.

– Vous souvenez-vous de ce petit refuge où nous avions du nous arrêter ? S'il est encore là comme j'aimerais y retourner.

Peu à peu les formes de la ville elle-même se faisaient plus précises. L'heure était encore jeune et les rues étaient plutôt calmes. Olivia avait quitté ses chevaux pour venir sur les genoux de sa mère et coller son nez à la vitre. Sofia avait à peine jeté un coup d’œil au dehors. Elle écoutait Aretha Franklin sa dernière idole, depuis que Jack lui avait enregistré une cassette avec les chansons de l'artiste.



Nikolas - Sofia - Olivia
Strega
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Ven 7 Sep 2018 - 23:11
Évidemment, Vito touchait les cordes qui marchaient avec sa fille. Parce qu'il la connaissait bien et savait comment faire avec la demoiselle. Il sourit légèrement à ses paroles. Se moquer des forêts, Eliott serait heureux de l'apprendre tiens. Mais bien entendu, il ne lui ferait pas savoir les pensées profondes de sa fille à ce sujet. Surtout qu'il estimait qu'elle pouvait encore changer d'avis. Mais le père pouvait aussi comprendre que la petite avait envie de faire tout l'inverse de ce que voulait sa mère. Une façon comme une autre de défier l'autorité, en pensant avoir son géniteur de son côté. Lui tentait juste de calmer les esprits. Alors si pour cela il fallait passer quelques jours en ville pour faire plaisir à son aînée, pourquoi pas?

- Voilà que vous avez bien confiance en mes capacités tout d'un coup. Avec un petit clin d'œil, bien que la gamine n'ait pas tort, le Duc savait aussi que les discussions touchant leurs enfants, pouvaient parfois être plus compliquées qu'il n'y paraissait. Mais tout le monde, ici, voulait être en vacance et avoir un peu de paix, Strega comprendrait sûrement. Elle était loin d'être idiote et se pliait très souvent en quatre pour le bonheur de ses filles, même si Sofia faisait comme si elle ne le voyait pas.

La plus jeune n'était pas encore dans ces considérations et tant mieux! Lampeduza se disait qu'ils verraient bien assez tôt les changements s'opérer et qu'elle finirait sans doute par prendre exemple sur sa grande soeur. Comme dans toutes les fratries d'ailleurs. Il regardait le journal avec une petite moue amusée. Sa fille était parfois maniaque sur les choses qui lui plaisaient, voilà que l'équitation était son nouvel hobby et il était bien difficile de lui faire changer d'avis ou penser à autre chose.


- C'est à Eliott qu'il faudra le demander Olivia, je ne sais pas si ses chevaux sont dressés ou sauvages... tout en lui caressant doucement les cheveux. Dieu qu'il aimait ses filles.

Mais l'heure était au déplacement à nouveau, il posait doucement une main sur le creux des reins de son épouse, alors qu'ils échangeaient sur son idée pour réussir à se mettre Sofia dans la poche pour ce voyage. Il sentait que Nikolas n'était pas totalement pour. Sans doute parce qu'elle voulait profiter de ses enfants pendant ces vacances, ce qui était compréhensible. Mais mieux valait parfois se faire violence, pour profiter ensuite pleinement du plaisir d'être en famille.


- Je vous laisse y réfléchir...

De toutes les façons, le trajet en voiture ne permettait pas qu'ils en discutent ouvertement. Les jeunes n'avaient pas à entendre leurs parents sur ces faits. Sofia aurait la surprise, ou pas, de la visite de la capitale. Il riait avec Olivia, la regardant lire avec intensité son magasine, avant que son regard ne tombe sur celui de son épouse, un sourire apaisant et aimant marquait ses traits, il était bien, là, avec les trois femmes de sa vie. Doucement, il tentait une caresse sur la tête de sa fille, qui d'un mouvement agile évitait la main de son père. Pas de contact, elle était grande, elle n'avait plus besoin d'être traitée comme Olivia.

Bien... Vito n'obligeait jamais au contact, il reposait sa main sur sa cuisse, voyant que la cadette était clairement plus intéressée par l'extérieur que sa grande sœur. Cette dernière qui voulait passer quelques jours en ville, montrait déjà qu'elle se moquait de pouvoir la voir à travers les vitres de la voiture... les adolescents étaient bien difficilement compréhensible. La voix de son épouse le ramenait à elle, il hochait doucement de la tête.


- Nous pourrions y faire un tour, tous les deux. D'un air complice. Il avait des souvenirs très clairs de leur petit séjour dans ce refuge. Ils n'avaient guère eu le temps d'avoir froid.

La voiture se déplaçait avec une certaine fluidité dans les rues qui se réveillaient lentement. Le froid à l'extérieur avait l'air mordant. Ils finirent par s'arrêter devant un des restaurants du chef. Ce dernier les attendait sur le perron, un sourire en coin, ravi de revoir ces vieux amis et leur progéniture. A peine ils sortaient de la voiture, qu'ils étaient tous salués avec chaleur. Vito l'embrassait comme un frère, ravi de revoir Eliott, que finalement, ils croisaient peu.


- Je ne sais pas si vous vous souvenez de nos filles. Sofia notre aînée et Olivia, la petite dernière. Qui ne devait pas être plus haute que cela, la dernière fois que nous nous sommes vu. Montrant une hauteur de sa main. Les filles saluaient l'homme avec une pointe de timidité, après tout, Odin avait ce côté quelque peu impressionnant quand même.

Il invitait toute la petite famille à entrer, en s'enquérant de savoir si le voyage c'était bien passé et s'ils savaient pourquoi ils avaient eu autant de retard.
Beleth
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Lun 10 Sep 2018 - 22:04
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Les enfants voyaient beaucoup plus de choses que ne se l'imaginaient leurs parents. Sofia voyait clair, même trop clair, certaine chose. Elle possédait l'intuition et surtout l’intelligence des Lampeduza, allier à celle des Cnossos. Un savant mélange qui faisait d'elle un esprit vif et parfois oui, plein de malice. Son oncle avait remarqué cette clairvoyance et n'avait pas manqué d'en toucher un mot à son frère. Ils devaient faire attention à ce que la jeune fille ne souffre pas d'une trop grande précaucitée.

– Alors, oui, vous la convaincrez ? Nous pourrons même lui trouver un cadeau si vous voulez. J'ai déjà une idée.

Même du haut de ses six ans la cadette percevait également des choses. Elle ne le disait pas. Elle le gardait pour elle. Mais elle avait bien vu que sa mère allait plus souvent dans son atelier depuis le début de l'été. Elle voyait aussi Hécate et Platon rôder plus souvent à l'entrée du bois. Elle n'était pas idiote ! Il se passait des choses dés quelles les adultes voulaient les tenir éloignées. Elle trouvait cela injuste et allait donc souvent harceler Luke de ses milles questions sans queue ni tête.

– Je pourrais au moins les brosser ? Ouiii ? Négociait Olivia sans réellement prendre en compte la partie de la réponse qui n'allait pas avec son idée.

Nikolas sentait déjà ses épaules se détendre alors qu'ils étaient dans la voiture. Le début de l'été avait été intense. Une suite quasi ininterrompue de visites, de soirées, de réunions aussi. Cette famille était nantis en apparence. En vérité, ses activités clandestines, lui donnait l'apanage d'une petite entreprise. Sur les dix dernières années Giulia avait étendu le champ d'action sur plus d'une dizaines d'arches métropolitaines. Autant de monde à introduire dans le réseau, à charmer et surtout à diriger.

Les trois femmes descendaient de voiture. Sofia avançant la première, les épaules rentrées, pour contrer le vent du nord. Sa sœur sautillait à côté de son père, en bavassant à propos des juments irlandaises. Strega fermant tranquillement la marche en observant la devanture de l'établissement. Elle ne se souvenait pas d'une façade aussi moderne. Elle était surprise de voir qu'Odin s'était finalement décidé à se mettre à la page. Elle y voyait là les conseils de la femme qu'il avait pour compagne depuis quelques années maintenant.

– Bonjour Eliott. La Duchesse s'avançait une fois les enfants entrées, elle baisait délicatement les joues du vieil ami, notant la présence d'une barbe foisonnante. Une facétie qu'elle ne lui avait pas vu depuis Rome peut-être. Vous avez eu une excellente idée l'ami. Nous n'avons rien mangé de correct depuis hier soir. Les filles retirez donc toutes ces couches. Disant cela, la mère allait aider la plus jeune à défaire la fermeture éclair de son manteau. Sofia hotait son bonnet de laine et son écharpe, alors que ses splendides cheveux partaient en anglaises sauvages autour de son visage. Une grâce féline, propre à son sang Sicilien commençait à attirer les regards des hommes.

Hum. Vous voilà arrivés ! Venez, nous vous avons préparé un festin ! Annonçait le Nordique en adressant un sourire taquin à l'adolescente. Sofia détournait le regard du vieil homme pour fixer son père avec insistance. Elle n'avait jamais été très à l'aise avec les représentants du troisième âge. Ils étaient si... vieux. Elle était une innocente enfant qui ignorait encore combien ses parents étaient anciens sur la terre. A l'inverse Olivia avait déjà décrété qu'elle l'aimait bien. Elle venait donc tout de suite lui poser la question essentielle de la matinée.

– Tonton Eli est-ce que je pourrais monter à cheval après mangé ??

– Olivia... Soupirait la mère à la fois amusée et lasse d'entendre parler de destrier.

Haha ! Eh bien il se trouve mademoiselle que nous aurions bien besoin d'aide pour promener le vieux Philibert. Ce sera donc votre mission. Qu'en dites-vous ? Odin rassurait immédiatement le Peintre d'un sourire. Philibert était un très vieux shetland à la retraite, aussi doux qu'il était paresseux. Nous avons d'ailleurs prévus pleins de jeux pour vous ! Disait-il en les guidant vers la salle principale.

Le restaurant était à l'image du propriétaire. Tout était ancien et solide. Passé mais rassurant comme une maison d'antan. La bâtisse avait été un cloître de Bénédictines il y avait longtemps. L'espace avait été modifié pour créer un splendide jardin d'hiver qu'une baie en verre ouvrait sur le ciel et don le cœur accueillait les tables. Des brasserauts permettaient d'avoir chaud. Dans les anciennes niches, qui abritaient les statues des saints, se trouvaient des couffins douillets, où roupillaient des chats.

L'endroit était vide. Une table pour quatre attendait la famille. Les tables en bois et les fauteuils d’ébènes créaient une impression de sécurité. Un parfum de chocolat chaud et de confiture embaumait l'air, ainsi qu'un léger parfum de lys. Une lanterne trônait, au centre de la table, pour ajouter une touche de féerie dans le décor. La petite abandonnait ses gants dans les mains de sa mère pour aller s'aventurer dans le jardin enchanté. Sofia, quant à elle, se tirait une chaise pour s'y laisser choir dans un soupir.

– Sofia, chérie, redressez-vous un peu. La fille du roi Minos tenait à un code de conduite. La jeune fille se redressait avec la nonchalance de son âge, dardant un œil agacé sur sa mère.

Bien chers amis, nous vous proposons le petit-déjeuner des rois ! Un petite chatte tigrée approchait de Sofia, se frottant au passage aux jambes de Vito. Oh voici Colette. La dernière née. La chatte n'avait pas encore un an. Elle était la fille de Pod l'une des favorites de la maisonnée. Profitez donc ! Ensuite nous irons ensemble au village où vous pourrez vous reposer. Une charmante Norvégienne entrait avec un plateau chargé de brioche, de pain perdu et de toasts. Le rire d'Olivia se faisait entendre de l'autre côté d'un mur végétal.



Eliott

Nikolas - Sofia - Olivia -
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Ven 14 Sep 2018 - 17:10
La priorité de Vito était de toutes les façons, de voir ses femmes heureuses. Toutes les trois. Si pour cela il fallait parfois donner un peu plus d'attention à l'adolescente du lot et bien, il le faisait. Non sans plaisir. Passer du temps seul avec son aînée lui plaisait à lui aussi. Ils partageaient plus quand ils étaient tous les deux, elle osait s'ouvrir un peu à son père. Ils pouvaient discuter tranquillement. Sans doute se sentait-elle privilégiée quand ces moments arrivaient. Voilà pourquoi il leur en offrait. Nikolas finirait bien par accepter l'idée. Sa fille en avait d'ailleurs quelques-unes. Un sourire presque amusé marquait les traits du paternel. Ainsi, elle trouvait les mots pour le convaincre, s'il ne l'était pas déjà en fait.

- Je vais faire de mon mieux, Sofia. Se frottant légèrement la barbe du menton. Hum, vraiment? Je serai curieux de savoir à quoi vous pensez.

Enfin, il lui suffisait simplement d'écouter ce qu'elle pensait pour le savoir. Mais qu'elle aurait été l'intérêt? Il aimait découvrir ses filles, il ne voulait pas voler leurs pensées. Il tentait au maximum d'éviter ce genre de chose, pour les laisser libre, comme tous les enfants du monde. Elles avaient droit à leur jardin secret et lui en tant que père, n'avait pas à s'immiscer dans leurs esprits. Même si parfois... il lui arrivait de capter une ou deux pensées. Son épouse étendait souvent son pouvoir à ses filles, simplement pour aider son mari à contrôler au mieux son pouvoir, ce qui n'était pas un mal.

Heureusement, la cadette avait des considérations beaucoup plus... terre à terre, dirons-nous. Cet amour qu'elle portait aux chevaux était toute sa vie, pour le moment. Jusqu'à ce qu'une autre passion prenne le pas. Un petit rire passait les lèvres de Lampeduza. Celle-ci aussi, serait une vraie terreur plus grande.


- Comme je l'ai dit, c'est avec Eliott qu'il faudra voir cela.

Il ne pouvait clairement pas parler au nom du nordique. Il ne se le permettrait pas. Déjà pour éviter une déception à sa gamine, ensuite pour éviter qu'un drame ne noircisse le tableau de ces vacances en famille. Sans compter qu'il ne voulait pas non plus ennuyer ce vieil ami avec tout cela. Ils étaient tous là pour se détendre. Ce n'était pas parce que Vito n'était plus aux commandes des affaires de la famille, qu'il s'en était retiré pour autant. Il avait convenu avec sa cadette, après que Sofia se soit remise d'une maladie rare et mortelle, qu'il lui laissait les rennes des affaires, pour se consacrer plus spécifiquement aux siens. La peur d'avoir failli perdre sa fille, avait remis les perspectives du mafieux. Il voulait profiter des siens, totalement. Mais il restait dans le coup, simplement, entre autre, parce que Guilia avait besoin de bons conseillers et qu'il était sans doute l'un des meilleurs.

Mais quand la porte de la voiture s'ouvrit, les problèmes de la Famille étaient tous mis de côté. Les vacances commençaient enfin et tout le reste n'avait plus d'importance. Il attrapait les affaires de ses femmes, les donnant ensuite à un des serveurs qui se trouvaient à côté du maître des lieux pour qu'il les mette en lieu sûr. Son regard capta celui de Sofia et il lui fit comprendre qu'elle n'avait pas à être ainsi avec un homme comme Odin. Bien entendu, elle ne connaissait pas toutes les histoires, on ne lui avait pas dit qu'elle côtoyait très souvent des immortels, mais les siciliens se mettaient un point d'honneur à ceux que leurs filles, se comportent de la meilleure des façons possibles avec leurs amis. Au moins pour cela, Olivia était moins compliquée. Elle s'osait même, avec la non pudeur de son âge, à parler de sa passion. Heureusement que ce dernier s'en amusa.


- Hum, je crois qu'Olivia sera ravie de cela, Eliott. Hochant de la tête, se montrant on ne peut plus confiant.

Posant alors une main sur la tête de la plus jeune de ses filles, l'autre dans sa poche, il suivait le mouvement pour découvrir les lieux. Calme, ancien, à l'image du propriétaire. Le père de famille s'installait sur l'un des sièges mis à sa disposition, laissant mère et fille se faire la guerre. Il n'avait pas à devoir toujours intervenir entre elles.


- Vous nous gâtez cher ami. Son regard suivait la promenade d'Olivia dans le jardin. L'homme avait une certaine faim et se réjouissait de découvrir ce qu'on allait leur servir. Il caressa le chat un instant, connaissant l'amour qu'avait leur hôte pour ces bêtes. Combien en avez-vous maintenant? D'un ton taquin, mais intéressé. Et votre compagne, comment va-t-elle?

Il remerciait d'un sourire plutôt charmeur la belle norvégienne qui les servait. Vito ne pouvait s'empêcher de le noter, même si la plus belle des femmes portait son nom, son regard pouvait parfois capter les autres beautés de ce monde. Ce n'était pas pour autant qu'il se permettait d'aller batifoler en-dehors du lit conjugal. Il ne se permettrait pas un tel déshonneur.

Son assiette était rapidement remplie et il en faisait aussi une pour la petite.


- Olivia? Venez manger. Cela ne sonnait pas comme un ordre, mais le ton de la voix du père faisait quand même comprendre qu'il serait bon qu'elle obéisse. Le voyage avait été long, il était important de se nourrir aussi.
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Mar 18 Sep 2018 - 19:16
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– Ouiiii. Après mangé ? Olivia était prête à poser la question cent fois s'il le fallait. Tant qu'elle n'aurait pas une confirmation ferme et inflexible que son désir trouverait une réponse. Strega inclinait du chef pour soutenir tant le propos de son époux que celui du propriétaire. Il y aurait bien une balade à cheval. C'était promis. Un Lampeduza tenait ses promesses.

Le cliquetis des couverts, de la vaisselle, s’entendait en arrière fond. Une musique légère entrecoupée par  une voix haut-perchée, aux accents de mégère. Celle-ci était de la second en chef, une quinquagénaire courte sur pattes, aux hanches rebondies, avec un sacrée caractère. Cette bavaroise avait migré sur l’Arche dans les années 70, après la mort de son époux. Odin l’avait rencontré sur un marché. Après l’avoir écouté parler de son île, il s’était trouvé charmé, par cette poétesse disgracieuse. Il l’avait embauchée. Elle tenait d’une main de maître les cuisines. Le Nordique lui faisait grande confiance et pouvait partir en voyage l’esprit paisible.

C’était cette bonne dame qui avait préparé la table des Lampeduza. Ainsi que la crème caramel et le poudingue autrichien qui leur était servi. Elle avait entendu la famille arrivée. Elle avait tout de suite envoyé une des filles voir un peu à quoi ressemblaient ces Méditerranéens. Une visite peu commune dans leur bourgade et qui faisait jaser les gens du village depuis des jours. La petite arrivait avec un pichet de jus frais et observait les visiteurs avec insistance. Tant et si bien qu’elle manquait de renverser le braud en percutant la bonne vieille Pod.

- Au dernier décompte il y en avait vingt-deux. Mais nous avons aussi des chats sauvages qui viennent profiter du chaud le soir. Et quelques adoptions temporaires quand les voisins parent en vacances. Comme chaque fois que l’on lui demandait des nouvelles de sa compagne Odin souriait. C’était un homme sinon pudique, qui ne mettait rien de sa vie en avant. Peut-être par méfiance, mais on lui prêtait plutôt de la sagesse. Gabrielle va très bien. Elle ne pouvait pas venir ce matin. Mais, elle vous passe le bonjour. Vous la verrez un peu plus tard. Elle ne connaît pas encore les filles. Je lui ai parlé de vous.

Les visites étaient distantes les unes des autres. Mais, ces vieux amis faisaient en sorte de se donner des nouvelles. Eliott aimait particulièrement parler de l’art moderne avec le peintre. Sa femme pensait toujours à transmettre les choses importantes que ce soit sur la Famille ou sur la magie. Nikolas avait adouci son attitude pour ne pas entretenir la querelle naissante avec Sofia. Elle contenait ses réflexions et préférait se concentrer sur le vieux loup.

– Aurons-nous la chance de voir l’une de vos fêtes ? La Sicilienne échangeait un regard avec le Duc. Être des parents ne les avaient pas condamnés à une vie monastique comme c'était le cas pour d'autres couples. Ils avaient trouvé le moyen d'accorder leur vie de famille avec leurs plaisirs.

Odin entretenait une culture locale. On vénérait les dieux de la nature, sous la forme de grands festins, de danses, de fêtes de village. Les gens se costumaient et décoraient les maisons. Le temps d’une nuit on se croyait plongé au Moyen-Age de nouveau… C’était une expérience fantastique surtout pour les enfants.

– Encore des trucs de vieux snobs... Une condamnation rapide. Cette fois Nikolas ne relevait même pas. Elle posait la serviette en tissu sur ses genoux, en profitant pour presser délicatement la cuisse de son voisin, complice dans le meilleur et le moins bon. Cette période passerait.

La plus jeune arrivait, chaperon d’ambre, sautillant d’un pied sur l’autre en chantonnant une comptine, qu’elle avait appris à l’école. Elle avait chapardé une fleur et l’effeuillait en pensant au petit Ulrik. Celui avec qui elle jouait autant à se marier qu’à se bagarrer. Elle sautait sur la chaise à côté de sa sœur. Voyant les abricots elle se penchait par-dessus la table vive comme un espadon.

– O’ ! Stai attento! Mi infastidisci! S’emportait l’adolescente en recevant le contenu de son verre sur son chemisier neuf. Sofia se levait en ressort pour s’écarter de la catastrophe. Elle contournait le danger pour attraper une serviette et éponger le tissu. Le liquide formait une flaque sur le sol. Regarde ! Il est fichu !! Rahhh ! Mère dites quelque-chose !!

Olivia, horrifiée par cet élan de colère, avait tremblotait du menton. Elle explosait en larmes et courrait vers son père en tendant les mains pour se faire cajoler.

– Papa !

Le cri tonnait sous la coupole. De tous les coins, les félins dressaient l’oreille. Les plus curieux bondissaient sur le sol pour venir voir ce qui troublait le calme. Ils étaient de toutes les espèces, roux, blancs, gros, timides, fonceurs. Il n’y en avait pas un pareil. Colette, la première, avait couru pour laper le jus. Bientôt une dizaine de chats furetait dans la salle, scrutant les humains et surtout cette petite braillarde, qui s’agitait dans tous les sens.

-Ce n’est rien. Haha Ce n’est rien. Regardez. Voilà Maud, merci Maud. La jeune fille qui espionnait la scène, apparaissait. Elle avait prestement été cherché une serpillière. Pendant que la première allait récupérer un uniforme au vestiaire.

– Merci Eliott. Chérie vous voyez. Tout s’arrange. … Votre père vous emmènera faire les boutiques. Soldait tranquillement la Dame, donnant ainsi sa réponse au père et sa fille. Odessa serait à eux seuls.

La nouvelle calmait un peu Sofia, qui acceptait donc de suivre la jolie Norvégienne, pour aller se changer. Sa sœur reniflait encore, les yeux rouges, suçant son pouce. Ce qui lui arrivait encore quand elle était contrariée.

– Olivia c’est fini. La voix de la Sorcière était posée, inclinant la petite à s'apaiser.

La Duchesse attrapait un chat noir par la peau du cou, pour le poser sur ses genoux. Un beau mâle adulte aux yeux verts. Il se redressait sur ses pattes et avec une sorte d’intuition, approchait sa tête de la menotte de l’enfant. La jeunette scrutait la bête et timidement allait le caresser. Un gros ronron se faisait vivement entendre. Le son attirait un sourire puis le rire de la benjamine. L’orage passait comme il était venu, sans faire de bruit.

-Comment se porte Lampeduza dites-moi ? Le Nordique souriait toujours. Plutôt amusé par le spectacle anodin de cette vie de famille. Gabrielle et lui n'avaient pas d'enfants. Ce n'était pas un manque pour l'homme qui avait déjà fécondé ce monde plus de fois que nécessaire. Mais, il est vrai que ce genre de moment pouvait le rendre rêveur.

– Très joli. Remarquait alors Nikolas en suivant son aînée des yeux, tandis qu'elle arrivait. L'uniforme de service lui saillait.




Nikolas - Sofia - Olivia -

Eliott
Strega
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Dim 30 Sep 2018 - 21:44
Que ce soit l'aînée ou la benjamine, on ne pouvait pas dire que ces filles n'avaient pas de caractère. Quand elles voulaient quelque chose, elles s'y accrochaient aussi sûrement que des pitbulls. Tout le caractère de leurs parents. Car ni Vito, ni Nikolas, ne lâchaient prise, quand ils avaient quelque chose en vue. Il fallait bien que les parents découvrent ce que cela faisait, quand ils se retrouvaient face à eux-même. Il caressait encore la tête de sa fille.

- Dans la journée, Olivia. Dans la journée.

Au moins, ainsi, les adultes pourraient tenir la promesse, mais pas directement après le repas. Surtout que les chevaux ne se trouvaient pas à portée, comme la petite pouvait le croire. Il y aurait encore un peu de route. Mais les grands se mettaient donc tous à table. Les chats... il y en avait partout, ils faisaient partie intégrante de la vie de ce vieux nordique, ce qui amusait passablement le félin qu'était Vito. Ils n'en avaient pas autant chez eux, Nikolas préférant les canidés, mais ces boules de poils avaient toujours une place s'ils débarquaient sur la propriété.

- Et bien, une vraie petite famille dites-moi! Fit-il tout sourire, avant d'hocher de la tête. Très bien, très bien. Je serai ravi de la voir à nouveau.

Cette femme était intrigante. Discrète, mais avec un caractère que l'on pouvait qualifier de fort et sauvage. Tout ce qui aurait pu plaire à ce peintre, si ce dernier n'était pas déjà totalement accaparé par celle qui partageait sa vie. En tous les cas, les échanges avec la compagne de leur hôte étaient toujours intéressants. Même s'ils ne s'étaient vus que quelques fois.

Les fêtes d'Odin avaient quelque chose d'assez magiques, qui permettait de remonter dans le temps avec une vraie facilité. Il savait qu'Olivia serait ravie d'y participer. Sofia quant à elle, se faisait entendre alors qu'on ne lui avait rien demandé. Si Lampeduza pouvait laisser passer beaucoup de chose, il n'appréciait guère que l'on se montre impolie face à un ami de la famille. Elle le savait pourtant.


- Sofia, je ne crois pas que nous vous avons donné cette éducation. Fit-il sur un ton un peu plus froid, qui annonçait que si elle ne s'excusait pas auprès d'Eliott, ça pourrait barder pour son joli minois. Qu'importe la relation qu'elle pouvait avoir avec son père, ce dernier était intransigeant sur certains points. Et celui de ne pas froisser les hôtes en était un. Veuillez l'excuser, Eliott, l'adolescence n'est pas nommée l'âge bête pour rien... voilà c'était ainsi qu'il pouvait mettre des soufflets à sa fille. Mais si elle voulait jouer à l'idiote, il fallait assumer les conséquences avec un père comme le sien.

La conversation s'arrêta donc sur le drame qu'il se passait entre ses filles. La plus grande se faisait renverser du jus d'orange sur le chemisier par la plus jeune. Le duc ouvrait ses bras pour attraper sa benjamine et la mettre sur ses genoux, lui embrassant la tête tout en lui parlant en italien, lui faisant comprendre que ce n'était pas si grave que cela. Au moins, la mère prenait les devants et enterrait la hache de guerre avec la plus vieille. Ce qui n'était pas plus mal, même si l'affront fait au vieux nordique était encore un peu présent.


- Ce n'est rien Olivia, tout va bien, c'est juste un accident.

Heureusement, Nikolas faisait venir à la rescousse un félin qui jouait volontiers le jeu de calmer cette petite humaine en pleurs. Vito lui caressait aussi la tête, en même temps que sa fille, faisant redoubler le ronronnement de l'animal. Ils avaient ce pouvoir sur les hommes ces animaux.

- Bien, très bien même. Vous devriez venir cet été, voir les orangers et les oliviers. L'odeur y est enivrante!

Le domaine était très bien entretenu. Toute la famille vivait au même endroit, mais tous avaient leurs pavillons propres. Chacun vivait sa vie comme ils l'entendaient. Mais mieux valait rester souder. Et puis, c'était encore Vito qui portait le titre de chef de famille, le duc Lampeduza, même s'il n'était pas à la tête du côté mafieux de la Famille, la Dona, c'était bel et bien sa soeur, qui s'en sortait avec une main de maître.

- Nous vous devrons bien cela, à Gabrielle et vous, après votre accueil ici. Son regard se portait un instant sur Sofia, avant de revenir sur Eliott. Quels sont les endroits où je devrai impérativement amener ma fille dans cette ville?

Autant se faire conseiller par ce vieux loup qui devait connaître cette Arche sur le bout de ses doigts. Vito donnait aussi de quoi manger à Olivia qui continuait de caresser le chat, il était temps qu'elle se nourrisse un peu sérieusement.
Beleth
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Ven 5 Oct 2018 - 12:19
Una vita così dolce


Feat. Beleth



Odin avait toujours été entouré par les bêtes. Qu’on voit une tapisserie, une statue, ou une peinture à son effigie, il s’y trouvait chaque fois des animaux symboliques. Le loup et le corbeau étaient, avant tout autres, ses ambassadeurs. Mais ces créatures indomptables occupaient montagnes et forêts alentours. Là où ils pouvaient remplir leur mission au mieux.

-Une partie oui. Accordait-il alors au Duc, calme et mystérieux. La faune qui vivait sur l’arche était liée à l’Immortel. Elle formait tout à la fois, son armée, son service, un armada qui l'aidait à contenir les menaces extérieures. C'était d'ailleurs l'une des raisons qui faisait que cette arche était rarement impliquées dans les conflits internationaux. D'ailleurs, si vous désirez adopter l'un d'entre eux.

La jeune fille mal lunée se redressait automatiquement sur sa chaise, sentant qu’elle venait d’approcher une limite. Sofia était pertinente mais pas folle. Elle avait appris à crainte ce timbre de voix et ce regard accusateur. Elle se renfrogna en baragouinant ce qui ressemblait de très loin, en prêtant l’oreille, à des excuses.

-Oh oui l'adolescence. S’amusait le vieux Nordique. Il comprenait cette enfant. Lui vivait en effet, comme l'ancien qu'il était. Nous n’en avions pas. Nous naissions et à 12 ans nous étions des hommes. Et nous mourrions à 35 ans. Hum. L'espérance de vie de l'Humanité était trois plus longue. Sauf exceptions.

Si l’une des sœurs étaient dans une mauvaise passe l’équilibre de la famille était indubitablement fragilisé. Olivia y était la plus sensible. Sa maladresse en était une preuve directe. Elle plaquait contre la chaleur de son père, l’homme le plus puissant du monde à ses yeux.

Sofy est fâchée contre moi. Elle relevait son regard mouillé sur sa mère et le chat. Elle avait maintenant très -très- envie de le prendre dans ses bras. Pardon, papa.

Il allait de soit pour Lampeduza qu’une invitation en appelait une autre. La Duchesse approuvait les paroles de son époux d’un regard.

– Un peu de chaleur et de plaisir oui. Vito a fait une admirable collection l’an passée. Sans parler des acquisition pour la bibliothèque. Nikolas souriait en voyant le regard de leur ôte briller de passion à la mention des livres.

La tablée était complétée à nouveau. Le petit déjeuner pouvait reprendre dans la bonne humeur et le calme. Eliott fixait l’hoir première pendant qu’elle se posait sur sa chaise.

Pardon monsieur Eirik. Articula la demoiselle.

Elle affectait l'attitude posée et soumise à l'autorité qu'il fallait. Quelques minutes lui avait suffit pour voir qu'elle risquait de perdre ses chances, si elle n'obéissait pas à son père. De plus, elle avait été vexée d'être mise devant sa puérilité. Il n’y avait rien de mieux pour lui faire retrouver son sang froid.

– Ce n'est rien Sofia. Je comprends ma douce. Merci Vito. Bien sûre, j’en parlerais avec ma dame. Nous vous dirons cela. Mais pourquoi pas. Comme vous le dites, cela nous changera de la neige. Eliott reculait sa chaise, prenant de l’aisance, étendant ses jambes. Il contemplait père et fille avec attention, prenant finalement la parole : Vigeland. Le Parc. Gustav Vigeland, l’artiste à la base de cette oeuvre grandeur nature, avait été un bon ami du Nordique. Sa création était aussi démesurée que son grand esprit. Une perte regrettable pour la Norvège. Tout comme Christian IV d’ailleurs, avec qui il avait partagé une vive passion pour l’astronomie. L'Akershus la forteresse également est un prodige architectural. Pour tout ce qui plaît aux jeunes filles nous allons plutôt demander aux filles. Concédait-il avec un petit sourire pour les filles.

– Y a-t-il encore cette charmante petite herboristerie... non loin de la cathédrale, je crois me souvenir ? Une pensée en amenant une autre Nikolas laissait un sourire malicieux trahir ses pensées. Elle se souvenait de la première fois qu'elle avait guidé le peintre entre ces vieilles pierres. Oh et il y a un centre-commercial. Car oui, la Duchesse ne manquait jamais de repérer ce qui pouvait plaire aux Lampeduza quelqu'ils soient.

Voilà, j'ai finiiiis ! Olivia montrait ses mains vides. Elle avait mangé à la vitesse d'un bébé glouton. Elle gonflait ses poumons en aspirant de l'air. L'excitation dans ses yeux revenait comme une houle. Extirpant brutalement l'oxygène de ses joues roses, elle parlait aussi vite qu'un film accéléré de Fellini. Maintenant je peux aller jouer avec les chatons, papa s'il te plaît, s'il te plaîiiiit ? La bambina ne tenait déjà plus en place. De l'autre côté de la table sa soeur se retenait -encore- de soupirer. Parfois, elle rêvait d'être fille unique.




Nikolas - Sofia - Olivia

Eliott Eirik
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Sam 13 Oct 2018 - 20:11
Vito offrait un sourire mi-amusé, mi-désolé à Eliott quand ce dernier proposa que s'ils souhaitaient adopter l'un des chats, ils étaient sans doute les bienvenus pour cela. Ce n'était pas que le père de famille n'en voulait pas. Mais il savait qui s'occupait des animaux chez eux et puis le voyage était long. Il préférait que ces chats restent là où ils étaient. Leur territoire était sans doute plus intéressant que de se retrouver dans un endroit inconnu.

- Merci Eliott, mais je crois que nous avons, nous aussi, une petite ménagerie.

Entre les chevaux, les chiens de Nikolas, les quelques chats qui traînaient dans les parages et le reste... ils avaient bien assez à faire. Ce n'était pas non plus la troupe de chats qu'il remarqua ici, mais mine de rien... Mieux valait ne pas en rajouter. Heureusement qu'Olivia n'avait pas entendu, ou compris la proposition, sinon ils auraient été bons pour se retrouver avec un nouvel animal sur les bras.

Son aînée semblait avoir été mouchée, très bien. Il fallait parfois remettre ces enfants à leur place. Bien entendu, Sofia avait cette chance de pouvoir tout avoir. Elle était l'héritière d'un empire important, elle le savait. Ses parents la choyait plus qu'elle ne pouvait réellement le comprendre. Parce qu'elle n'avait pas eu besoin de vivre dans une misère crasse, elle ne la voyait sans doute pas. Elle était dans l'élite des enfants du pays, meilleures écoles, chauffeur personnel, argent de poche... rien qui permettait de se plaindre réellement. Mais quand on avait tout, on se pensait être meilleur que tout le monde, plus haut que le reste des mortels. Il fallait donc parfois la ramener sur Terre. Ce que faisait donc son père en lui rappelant qu'elle n'était encore qu'une enfant et que le respect dû à ses aînés n'était pas une blague. Les vieilleries qui pouvaient la fatiguer souvent, lui permettait d'avoir tout ce qu'elle voulait aujourd'hui et il faudrait qu'elle ne l'oublie pas.

Odin parlait d'un temps bien lointain que même Vito n'avait pas connu, mais il comprenait. Son père disait un peu pareil à l'époque. Il ne fallait jamais se moquer des aînés. Ils avaient une sagesse qu'il était important d'écouter et de prendre en compte. Et puis, elle le verrait pendant ce séjour, mais elle découvrirait des choses sur cette arche, qu'elle ne verrait jamais ailleurs.

- Mais non, elle juste de mauvaise humeur à cause du voyage, chérie. Embrassant la tête de sa petite, lui caressant doucement le dos. C'est tout pardonné Olivia. N'y pensons plus.

Lampeduza ne voulait pas que la cadette de la famille en fasse une montagne, heureusement le chat permettait que tout cela s'oublie très rapidement. Nikolas appuyait son invitation, parfait, ils n'avaient pas besoin de se consulter pour être d'accord sur la marche à suivre. Eliott devait comprendre par-là qu'il n'aurait sans doute pas vraiment le choix d'accepter cette invitation. Les Siciliens seraient bien en peine, s'il ne venait pas leur rendre visite, avec sa compagne, bien entendu. Sofia revenait à table et s'excusait pour de bon, enfin, le père eut un léger mouvement de tête pour sa fille, voilà qui était mieux.

Il prenait note de ce que lui disait Eliott. Ce qu'il faudrait absolument visiter avec Sofia, tandis qu'il faudrait en demander plus à ces demoiselles en cuisine pour savoir ce qui pourrait faire plaisir à cette dernière. Notamment sur les boutiques à voir, mais le père ne doutait pas que sa fille trouverait d'elle-même ce qu'elle voudra visiter aussi. Elle maîtrisait les nouvelles technologies, bien mieux que lui. Il eut un petit sourire pour son épouse.

- Voudriez-vous que j'y fasse un tour?

Si elle avait besoin qu'il lui achète quelques plantes, il le ferait avec plaisir. Olivia attirait à nouveau son attention, bougeant rapidement sur ses genoux, il riait un peu et lui caressait la tête.

- Oui, allez jouer, mais ne faites pas trop de bruit, les chatons aiment dormir dans le silence. Lui faisant un petit clin d'oeil, avant de porter sa fille pour la mettre debout au sol et la laisser filer. Ils seraient tranquilles pour la fin du repas. La petite risquait de passer tout son temps avec les félins. D'ailleurs, il remarquait que certains adultes suivaient la plus jeune, pour la surveiller sans doute. Ces animaux étaient curieux.

Beleth attrapait un fruit qu'il dégustait tranquillement.

- J'espère que vous êtes prêt à subir cette tornade Eliott... Olivia est d'une énergie épuisante... avec un petit sourire presque désolé. Mieux valait prévenir que guérir, non?
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