Hell on Earth [GRACE/EREND/VOX]

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Dim 12 Aoû 2018 - 11:45

Époux
EREND

Nièce
GRACE

Compagnon de Grace
VOX

Soeur cadette
Elizabeth MacBeathag

Père
Godric MacBeathag

Président
Alastair MacBeathag

Hell on Earth
<<

Alastair ne semblait pas vouloir quitter le miroir en pied devant lequel il était planté depuis quelques minutes, observant sans discontinuité son reflet dans la glace, alors qu'avec une lenteur qui lui était propre, il fermait ses boutons de manchette. On pouvait lire sur son air, que tout ceci ne lui plaisait pas, qu'il s'habillait à contrecœur, que décidément, non, il n'avait pas envie de faire cet effort, pas aujourd'hui. Qu'il aurait préféré se prendre une deuxième balle, plutôt que de subir cette soirée qui risquait d'être longue, beaucoup trop longue à son goût. Mais il lui était pourtant difficile de se dérober. Encore plus parce que le repas auquel il allait assister, fêtait sa nièce. Il ne pouvait décemment pas la laisser seule face à sa mère et les rapaces de leur maison. Un soutient comme un autre même si potentiellement, elle n'en voudrait pas.

Car oui, il fallait fêter la réussite de la jeune femme, qui avait été nommée pour un prix de renom, pour ses derniers articles en date sur la chute des Arches. Même si Domhnall avait pu se sentir trahi par un tel écrit, ce n'était que son ressenti. Le reste du monde voulait l'encenser, applaudir son travail de journaliste, sa démarche, son courage. C'était une façon de lui dire, tu as bien fait de survivre, sinon, qui aurait osé dire quelque chose? Un beau monde d'hypocrite aux yeux du Président, qui tenterait de ne rien dire du fond de sa pensée. Ce serait donner le bâton pour se faire battre, et il n'y tenait pas. Surtout qu'ils avaient rendez-vous dans le fief des MacBeathag, là où son père, Lord Godric siégeait en maître incontesté. Non, il faisait la promesse de ne pas desserrer les dents de la soirée, de laisser couler toutes les remarques comme de l'eau sur les plumes d'un canard. Tout en savant pertinemment, qu'il n'y arriverait sans doute qu'à moitié. Sa famille avait le don de le faire sortir de ses gonds en un claquement de doigt.

Bref, d'humeur plus que noir, il tourna légèrement la tête quand on vint le prévenir que la voiture était prête et qu'on attendait plus que lui. Petit mouvement de la tête pour faire signe qu'il avait compris et il quitta à regret son miroir, pour rejoindre la sortie, passant un long manteau noir sur ses épaules et le smoking qu'il avait pris la peine de passer. C'était son gilet qui avait le tartan aux couleurs de la famille, il ne leur ferait pas l'honneur de venir en habit traditionnel. Jamais. Croisant le regard de son compagnon de vie, il eut du mal à lui faire un sourire. Il détestait devoir faire subir cela à Erend, mais ce dernier insistait souvent pour l'accompagner, pour ne pas le laisser seul et puis... aussi... quelque part, sans doute, pour emmerder le géniteur, qui avait bien du mal à apprécier la présence de cet homme à sa table. D'une main ferme, il lui remit son nœud papillon droit.

- Ne lui donnons pas la possibilité de t'humilier dès notre arrivée... déposant un baiser sur ses lèvres, autant pour l'encourager que pour prendre un peu de courage.

Comme toujours, il essayait de ne pas faire subir sa mauvaise humeur à son compagnon et c'était plus que compliqué. Dans ces moments, il se retrouvait à être encore plus asocial qu'à l'ordinaire. Mais bon, il fallait bien supporter sa famille de temps en temps, même si c'était plus que désagréable.

S'installant dans la voiture, il s'accouda à la porte, ses doigts frottant lentement et automatiquement sa barbe, signe d'une concentration profonde, tandis que ses yeux fixaient sans s'accrocher, le paysage qui défilait. Il ne pensait à rien d'extraordinaire, il tentait de rejoindre un état de calme nécessaire pour ce qui allait arriver par la suite.

Car il le savait déjà, tout ceci allait être plus qu'éprouvant pour ses nerfs.


Godric MacBeathag
IDENTITE : Godric MacBeathag
GROUPE : Haute Société
SPHERE : Dirigeante
AGE : Septantaine
ETAT CIVIL : Marié
PROFESSION : Politique
POUVOIRS : /
ETAT DE SANTE : Très bon
LIENS :
- Père de Domhnall et Hera
- Beau-père *sigh* de Coltach
- Grand-père de Grace


Le domaine MacBeathag était en effervescence, c'était toujours ainsi lorsque l'on recevait du monde. Il fallait que tout soit nickel. Rien ne devait être laissé au hasard, encore moins dans la maison, encore moins dans la salle à manger, où le majordome de monsieur s'occupait de chaque détail, donnant ses ordres à une armée de domestiques qui réagissaient au quart de tour. De toutes les façons, si ce n'était pas le cas, on se retrouvait à la porte dans l'heure.

On mesurait donc l'espace entre les couverts, entre le verre et l'assiette, aucune poussière ne trainait, chacun était assigné à une tâche, puis à l'un des convives. Personne ne devrait manquer de rien, même ceux qui étaient sans doute une honte pour la famille, car il ne serait pas dit que Godric MacBeathag ne savait pas accueillir ses convives. En tous les cas, en ce qui concernait le repas. Les mots qui pourraient bien être prononcés et échangés ça...

Le maître de maison était encore à la chasse, tandis qu'on lui rappelait que ces messieurs, dames allaient bientôt arrivés. Remontant avec élégance à cheval, il repartait du côté de la bâtisse, pour aller y prendre une bonne douche avant de passer un costume tailler sur-mesure, qui le rendait encore plus impérieux. Quoiqu'on en dise, cet homme en imposait. Voilà pourquoi beaucoup s'écrasait face à lui. Il ne donnait guère l'envie de vouloir dire autre chose qu'amen en sa présence. Ce qui rendait sa relation avec son fils encore plus tempétueuse, puisque ce dernier ne s'était jamais plié à ses commandements. Dire qu'il lui faudrait supporter, encore, ce hippie qu'il avait choisi. Oui, Erend n'était clairement pas le bienvenu au sein de cette famille, mais rien ne donnait l'impression de pouvoir les séparer. Et ce n'était pas faute d'avoir essayé.

Enfin... il concentra plutôt ses pensées sur sa petite-fille. C'était pour elle qu'il faisait ce repas. Il était fier d'elle - mais sans le dire à haute voix, il avait sans doute toujours été un peu plus... moins sévère avec elle, sans doute le pouvoir d'être, justement, la petite-fille - il pouvait être encore plus fier d'elle quand elle réussissait à se démarquer dans ce monde. Recevoir un prix comme celui pour lequel elle avait été nominée démontrait son originalité et le fait qu'elle sortait du lot. Comme devrait le faire chacun des MacBeathag - ce qui ne manquerait pas de faire rouler des yeux Alastair s'il l'entendait n'était-il pas devenu président de l'arche? -. Elle avait annoncée qu'elle serait accompagnée, ce qui rendait curieux le chef de famille, il espérait bien la voir au bras d'un homme qui en vaudrait la peine, pour changer la déception que son fils, comme sa fille, lui avait apporté dans leurs choix de compagnons...

On annonçait l'arrivée des invités, il était temps d'aller les accueillir. Avec son épouse, qui était finalement tout aussi impérieuse que lui, qui n'était pas la mère de ses enfants, ils se retrouvèrent rapidement à la porte pour les accueillir.


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Domhnall
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Ven 31 Aoû 2018 - 11:17
Hell on earth.Une famille presque parfaite

MacBeathags

Erend

Si Erend, malgré son éducation libertaire, avait fini par s'habituer à toutes ces soirées mondaines auxquelles il se devait d'assister, d'abord en tant que compagnon d'un Lord, désormais en tant que First man, il était des événements qu'il aurait préféré leur éviter, à tous les deux. Car ce qui était le plus difficile à vivre ce n'était pas toujours l'ambiance, qu’il détendait avec une facilité déconcertante parfois, telle une Bulle autour d'eux, mais bel et bien de voir dans quel état cela plaçait Alastair. Bien entendu, un repas chez son géniteur supposait un mauvais moment pour tout le monde comme une base, mais l'exercice était rendu d'autant plus difficile qu'il devait assister – impuissant – à la descente aux Enfers de Gareth. C’était pourquoi il insistait toujours pour l’accompagner, il espérait pouvoir le soulager telle une Béatrice Portinari, ou de quelque autre manière que ce soit. Et peut-être aussi espérait-il également, dans le fond, montrer au Lord Godric qu'ils avaient résisté.

Cette fois-ci, il s’accrochait à l’idée qu’ils allaient célébrer leur nièce et ses accomplissements. Et si Domnhall pouvait exprimer quelques… désaccords avec ceux-ci, Erend ne pouvait s’empêcher d’être fier d’elle. Malheureusement, la dernière fois qu’il s’était rendu au Manoir MacBeathag cela avait été pour approximativement la même raison et cela n’avait pas été qu’une partie de plaisir. Il n’y avait donc aucune rassurance à se le répéter, mais il s’y cramponnait dur comme fer. C'est ainsi qu'il se retrouvait à nouer nerveusement son nœud papillon face au miroir de la salle de bain. Du coin de l’œil, il pouvait apercevoir Alastair dans leur chambre. Et comme à l’habituée, il pouvait ressentir l’humeur noire dans laquelle ce dernier se trouvait rien qu’à l’observer. Tout, de ses mouvements lents à sa posture, criait son appréhension face à la soirée qui les attendait. Et celle-ci promettait d’être longue !

Rabattant son col, il passa son gilet également aux couleurs du clan MacBeathag. C’était un droit qui était le sien depuis leur mariage et si Erend les portaient pour quelques autres événements, il ne manquait jamais de les sortir lors des rares évènements au Manoir ; comme un doigt envers le patriarche qui n’avait jamais dissimulé son dégout pour sa personne. Pourtant, il n’avait pas poussé l’affront jusqu’au kilt, qu’il appréciait énormément, chauvin qu’il était. Il ne voulait pas créer de conflit ouvert, simplement souligner qu’il, que Lord Godric le veuille ou non, faisait partie de la famille. Et ce malgré ses estocades répétées.

Il terminait de boutonner le dit-gilet lorsqu’on vint les prévenir que la voiture était prête. Gareth acquiesça d’un signe de la tête et sortit de la chambre. Erend termina donc d’enfiler sa tenue, passant promptement sa veste afin de le rejoindre dans le hall. Croisant son regard, il lui répondit par un de ses sourires chaleureux. Il savait que son mari redoutait les prochaines heures car il savait que rien ne lui serait épargner, pas même sa présence à lui, voire même son existence. Aussi malgré sa propre nervosité, il voulait être son roc, sa présence rassurante. Une fois à son niveau, il le laissa tranquillement remettre en place son nœud papillon, formulant l’une de ses craintes. Ne pas laisser la possibilité au géniteur de l’humilier dès leur arrivée. Malheureusement, le psychiatre n’avait pas de doute sur la question : il n’y couperait pas. Heureusement pour lui, cela ne l’importait que peu pour sa propre personne. Il avait appris avec les années et les erreurs à laisser couler mais il savait que cela touchait Alastair.

▬ On parle de ton père, je te rappelle. lança-t-il, haussant quelque peu les sourcils avec humour, avant de lui voler un baiser à son tour. Très élégant. finit-il par ajouter après une œillade très discrète.

Il était loin d’être l’homme le plus impartiale en l’occurrence, au vues de son penchant pour les trois pièces et Gareth, mais cela n’en était pas faux pour autant. Se glissant à son tour son manteau du soir, il prit place à ses côtés. Observant quelques temps les paysages qui défilaient sous leurs yeux, il ne tarda pas à rapporter son attention sur le Président. Voyant qu’il cherchait à retrouver un certain calme avant la tempête, Erend glissa l’une de ses mains autour de celle qu’il gardait libre pour venir appuyer entre son pouce et son index. C’était un point d’accupression qu’il utilisait souvent sur ses patients mais il n’en était pas moins efficace dans ce genre de situations. Puis, tournant son regard vers lui, lui asséna une nouveau sourire réconfortant.

▬ Tout ira bien.

Au final en tous cas. Il était une chose de sûr, le psychiatre attendait la fin de cette soirée avec beaucoup d’impatience, il n’aimait pas voir Gareth ainsi. Il se consolait cependant à l’idée de partager avec Grace les joies de sa réussite. Le reste ne serait qu’un mauvais moment à passer.


Coltach
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Sam 1 Sep 2018 - 21:24
Les lèvres légèrement pincées, la mine soucieuse et le regard obstinément fixé sur le paysage de campagne verdoyante qui défilait sous ses yeux, Grace dissimulait avec difficulté l'appréhension qui l'agitait depuis quelques jours.
À l'arrière d'un taxi qui sillonnait les routes étroites et désertes de l'arrière pays des Highlands écossais, ses yeux quittaient avec une régularité maladive leur contemplation acharnée pour se poser sur l'écran tactile de son téléphone et observait, sans les voir, les chiffres numériques qui s'égrainaient péniblement entre chacun de ses coups d'oeil. Elle se perdait alors à nouveau dans les champs vallonnés et déserts, dont le vert presque irréel se découpait avec franchise sur la noirceur aux teintes violine des nuages qui montaient à l'est.
Silencieusement, sa main avait glissée avec délicatesse sur la banquette et s'était lovée tâtons dans celle de cet ami si proche, ce confident même, qui avait accepté de l'accompagner. La chaleur de sa paume contre ses doigts était comme un baume apaisant sur son inquiétude mal dissimulée.

Son appréhension résultait de la conjugaison de deux événements impromptus.
Le premier était arrivé par le courrier, plus d'une semaine auparavant et avait pris l'apparence d'une lettre estampillée au sigle de la Fondation Carrère-Vignot, qui décernait annuellement le prix du même nom, une reconnaissance dans le milieu du journaliste attribuée par des pairs pour une carrière ou un article.
Cette missive inattendue l'avait laissé perplexe jusqu'à ce qu'elle n'ouvre l'enveloppe pour en lire la lettre qu'elle contenait et tomber sans voix. En d'autres circonstances, probablement la reporter aurait-elle observé une réaction toute autre, plus démonstrative de la joie et de la fierté qui l'étouffait. Mais voilà, elle s'était retrouvée seule, dans son petit appartement, la lettre entre les mains, à relire encore et encore cette nouvelle qu'on lui annonçait, cherchant à s'assurer que ce courrier lui était bien destiné alors qu'elle apprenait que le président de l'ONG « Journalistes du monde » et éminent reporter lui remettrait son prix à l'occasion du gala annuel de la Fondation auquel elle était pompeusement conviée. Elle avait fixé les mots qui se suivaient, les uns après les autres, jusqu'à ce que sa vue ne se brouille, qu'ils se mélangent sur le papier et ne s'effondre en une cascade de mots sur le fond blanc et vide.
Assise sur son lit, le malaise passé, elle avait voulu prévenir le monde entier de ce succès, de cette réussite dans son combat mené pour la vérité. Mais ce monde là c'était effondré. Toutes ces personnes, pour qui elle avait fait porter sa voix, avaient laissé un vide immense par leur absence de ce monde et dans son cœur, et sa solitude présente avait pris une toute autre dimension. Aussi, il lui avait fallu plusieurs heures avant de réussir à décrocher le téléphone pour informer de la nouvelle les deux amis chers qui lui restaient et qu'elle avait retrouvé à Édimbourg.
Le second, avait été un coup de téléphone quelques jours plus tard, un appel aussi inattendu qu'il sortait de l'ordinaire. Il fallait croire que dans certaines cercles, la nouvelle de sa nomination n'avait pas tardé à ce faire savoir.
La voix au bout du fil était reconnaissable entre mille, bien qu'elle ne l'ai entendu depuis des années. Une voix profonde et assurée, une voix qui la faisait se sentir comme une enfant de dix ans à nouveau, impressionnante au point d'en devenir silencieuse et docile. Sans grande surprise, elle s'était retrouvée à vouvoyer son grand père et à accepter avec déférence son invitation à un dîner en famille pour célébrer la nouvelle de sa nomination.

Mais voilà, Grace redoutait la soirée qui se profilait, comme se profilait les lignes strictes du manoir familial qui se dressait à présent au bout de la route tortueuse. L'imposante demeure dominait de son austérité les forêts domaniales et les pâturages bucoliques et à mesure qu'ils s'approchaient, il semblait à la jeune que l'oppression dans sa poitrine se faisait plus présente. Il lui semblait même qu'elle étouffait.
En dépit de son sourire crispé qui n'avait pas quitté son visage depuis leur départ d’Édimbourg, elle suffoquant dans cette robe de soirée bien trop pompeuse pour elle. Longue, finement plissée, sa robe de jersey de soie gris perle empruntait directement à l'antiquité et elle ne pouvait la blâmer pour cet impression d'oppression.
Elle posa une main sur la naissance de son cou, ferma les yeux pour une seconde pour se donner un peu de courage, avant de vérifier sa coiffure, une longue natte qui entourait sa tête. Immanquablement, des mèches rebelles avaient réussit à se défaire de leur carcan.

Elle jeta un dernier coup d’œil encourageant à son compagnon d'infortune, alors que le chauffeur entrait dans les limites de la propriété. Entourée d'un jardin parfaitement entretenue, mais sans la moindre fantaisie à l'image de leur propriétaire, la maison semblait en effervescence.
Le véhicule s'immobilisa sur les graviers, à quelques pas de l'entrée principale et la demoiselle insista pour régler la note avant de sortir de l’habitacle. Elle ajusta l'écharpe au tartan de sa famille sur ses épaules anguleuses avant de se diriger vers le grand porche.
Devant l'entrée imposante était posté en un rang parfait, le personnel de la maisonnée, et, en haut des quelques marches, sous l'arche de la grande porte, se tenait avec une droiture impeccable, Lord Godric Macbeathag et sa seconde femme.
La jeune femme avança alors de quelques pas pour se trouver à quelques mètres seulement de son aïeul et salua le couple comme le voulait l'étiquette et avec un respect que l'on avait profondément ancré dans son éducation, avant de présenter son ami et cavalier pour la soirée. La distance qu'elle observait avec son grand père était formelle, mais les effusions ne faisait pas vraiment partie des habitudes de leur famille.

Quelques minutes plus tard, une seconde voiture s'engageait dans l'allée et la jeune femme espéra secrètement l'arrivée de ses oncles. Non pas qu'elle imaginait Alastair ravi de ce rassemblement familiale – d'autant plus lorsque la raison de ce rassemblement était l'article qu'il lui avait durement reproché – au moins savait-elle qu'Erend se montrerait un second soutien, qui ne serait pas de trop dans ce panier de crabe.
Ses attentes furent largement déçue et Grace reconnu sans mal la voiture et le chauffeur de ses géniteurs. Sans surprise, son père n'avait pu se libérer et avait trouvé une excuse quelconque pour se décharger de ses obligations de père et échapper par la même occasion à la corvée familiale. En revanche, sa mère était bien présente – même si elle aurait pu s'en dispenser. Après cette pensée mesquine, la nomade observa sa mère descendre avec grâce du véhicule et s'approcher de ce grand pas svelte.
La lady avait salué son père et sa belle même avec le même respect dont avait fait preuve sa fille, avant de saluer cette dernière avec un peu plus de chaleur réservé à une mère pour sa fille. Elle avait déposé un unique baisé sur sa joue, un geste travaillé, maniéré, dénué d'un réel amour mais emplie de cette idée de paraître comme il faut en société. A la façon dont le regard d'Hera fuyait celui de sa fille, cette dernière savait que sa mère pensait à mille choses plutôt qu'à ce geste normalement d'affection.
Elizabeth posa finalement un œil sur sa fille, comme si elle venait de se rendre compte que c'était cette dernière qu'elle venait de saluer. La jaugeant d'un regard, elle laissa sciemment lui échapper une petite moue plus déçue que réellement peinée.

-Tu as vraiment une mine affreuse, ma chérie. Tu devrais prendre soin de toi... la réplique, si elle était distillée sur un ton qui se voulait être celui du conseil affectueux, portait clairement un jugement en sous texte, et un reproche mesquin ; Une critique d'un laisser aller à une apparence qui n'était ni avantageuse, ni digne d'une jeune femme de sa naissance, de son rang.
A l'évidence, Grace ne rétorqua rien, se contentant d'entériner les présentations de son cavalier pour la soirée.

-Je vous présente Owen Morrison. Maman, vous vous souvenez probablement de lui...

Elle n'avait probablement pas été tout à fait honnête avec son cavalier, sur la teneur de l'épreuve qui les attendait et elle s'en voulait de ne pas l'avoir mis entièrement au courant des caractéristiques... peu banales... de sa famille.
En un sens, elle avait eu peur qu'il ne décline, mais elle savait que personne n'aurait sciemment accepté de joindre une réunion de famille chez les Macbeathag sans montré une forte tendance au masochisme. Aussi, elle avait préféré taire certains détail, comptant sur la vivacité d'esprit d'Owen pour comprendre qu'avec une mère et un oncle de leur acabits, il était difficilement concevable de donner lieux à des repas de famille « normaux ».
Grace
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Lun 17 Sep 2018 - 17:09
Pourquoi avait-il accepté de se lancer dans ce piège qu'il sentait déjà se refermer sur lui alors qu'il était confortablement installé à l'arrière d'un taxi ? La question avait le mérite d'être posée, surtout lorsque l'on regardait la situation d'un point de vue extérieur. Vox ne savait pas réellement à quoi s'attendre durant cette soirée. Cependant, il avait déjà rencontré la Harpie qui servait de mère à son amie et la seule pensée que le reste de sa famille puisse être du même acabit le mettait quelque peu mal à l'aise. Il avait très brièvement rencontré ses oncles mais dans des circonstances dramatiques pas des plus opportunes pour cerner leur caractère respectif. Il se lançait donc à l'aveugle, d'autant plus que la journaliste avait été avare sur les détails. Tout ce qu'il savait, c'était la date et l'heure du dîner ainsi que le dress-code auquel il ne pouvait se soustraire. C'était donc vêtu d'un impeccable costume trois pièces bleu marine et d'une chemise blanche immaculée qu'il était passé prendre sa cavalière. Il ne l'avait jamais vu aussi tendue et cela suffit à lui rappeler pourquoi il se trouvait là. Il tenta de la rassurer par un sourire confiant qui masquait ses propres insécurités quand au déroulement de la soirée à venir. Il avait accepté pour elle, parce que c'était une amie chère à son cœur qui avait besoin de soutien. Alors peu importait l'accueil qu'on allait lui réserver au final. Il avait assez de bouteille pour ne pas se laisser marcher dessus et, plus important encore, pour défendre son amie au besoin.

Lorsque Grace l'avait appelé pour lui faire part de l'excellente nouvelle qu'elle venait de recevoir, le musicien avait fait preuve d'un enthousiasme sans bornes. Il savait ce par quoi elle était passée ces derniers mois et même si rien ne pourrait changer ces événements, au moins avait-elle réussi à se faire entendre. Le prix qu'on allait lui décerner n'était que la reconnaissance bien méritée de son travail acharné et il éprouvait une immense fierté. Cependant il ne s'était pas attendu à ce qu'elle le rappelle quelques jours plus tard pour lui demander une faveur. En ami loyal, il n'avait pu lui refuser ce service et en l'observant à présent à l'arrière de la voiture, si nerveuse, il se félicitait de l'avoir accompagnée. Le silence emplissait l'habitacle, tous deux bien trop crispés pour prononcer la moindre parole. mais lorsque sa main atteignit la sienne, il la serra avec douceur en lui souriant d'un air confiant. Plus l'heure avançait et plus ils semblaient s'enfoncer dans la campagne écossaise, loin d'Edimbourg et de son agitation. Owen avait grandi dans un petit village, il adorait cette ambiance en règle générale. Sauf qu'en regardant au-dehors, l'atmosphère lui paraissait plus machiavélique que rassurante. Quelque chose à voir avec le mélange de verts et violets dans le ciel qui le mettait mal à l'aise.

Alors qu'ils approchaient enfin de l'imposante demeure familiale, il glissa une main dans son dos pour rejoindre ses doigts sur sa nuque et la masser légèrement. Il lui rendit son regard tout en déposant un baiser sur sa main qu'il tenait encore dans la sienne, puis la laissa régler la course et sortit à sa suite. L'air était frais mais teinté d'une lourdeur qui convenait parfaitement à l'ambiance austère de la scène. Le manoir était à couper le souffle, quoique sévère, à l'image de leurs hôtes qui les attendaient sur le perron entouré d'une armée de domestiques. Vox attendit sagement que la journaliste fasse les présentations et salua comme il se devait le couple MacBeathag. Il n'était pas sûr qu'il ferait l'unanimité, il était même persuadé qu'il serait méprisé à vrai dire, mais il s'en fichait pas mal. Il n'était pas là pour obtenir une quelconque approbation de toute manière, simplement pour soutenir moralement Grace qui était une véritable boule de nerfs.

Son état ne s'améliora pas lorsqu'une voiture s'engouffra dans l'allée et que sa mère en sortit. La gifle cuisante que cette dernière lui avait infligé quelques mois plus tôt était toujours aussi vive dans l'esprit du professeur, même si la cicatrice s'était à présent estompée. Il ne laissa toutefois rien paraître, plutôt mourir que de montrer la moindre faiblesse face à cette sorcière. Il afficha donc un sourire aimable et regarda la Mégère saluer sa fille aussi froidement que s'il s'était agi d'une mouche particulièrement insignifiante. La remarque qu'elle fit à sa progéniture resta en travers de la gorge d'Owen qui, bien qu'il fut décidé à ne pas embarrasser sa cavalière, ne put la laisser passer. Miss Andrews n'avait pas besoin qu'on la sauve, il le savait mieux que personne, ce n'était pas pour autant qu'on pouvait l'insulter devant lui sans qu'il ne réagisse.


- Je la trouve pourtant particulièrement en beauté ce soir.

Il lança un regard tendre à Grace avant que son sourire ne prenne une teinte de défi lorsqu'il posa les yeux sur sa génitrice qu'il salua avec autant de déférence que son aversion le lui permettait. Toujours prêt à donner le ton, il poursuivit d'un ton aimable qui contrastait avec ses propos.

- Je ne sais pas si ta mère se souvient de toutes les personnes qu'elle gifle, mais au moins maintenant avons-nous été présenté comme il se doit.

D'accord, il jouait avec le feu, qu'il ne vienne pas se plaindre ensuite des réactions qu'il provoquerait. Cependant il avait toujours assumé les conséquences de ses actes et ce n'était pas maintenant qu'il allait déroger à cette règle. Ou se laisser impressionner par une gorgone sans cœur qui malmenait sa fille sans ménagement. Peu importe qu'il se trouve dans le domaine familial et qu'il puisse se faire jeter comme un mal-propre au moindre faux-pas. Son amie ne lui avait pas demandé de venir pour faire la potiche, ça il le savait. Et même si elle n'avait pas besoin d'un chevalier à l'armure blanche, un side-kick pour faire redescendre un peu la pression ne serait sûrement pas de refus. Du moins il l'espérait. Restait maintenant à savoir si la Marâtre Andrews allait démarrer au quart de tour ou si elle se tiendrait devant son père qui semblait avoir autant de potentiel comique qu'une pierre tombale.
Vox
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Dim 30 Sep 2018 - 19:41

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EREND

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Père
Godric MacBeathag

Président
Alastair MacBeathag

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Gareth n'était clairement pas d'humeur à comprendre l'humour. Même si Erend faisait cela pour détendre l'atmosphère, il n'avait droit qu'à un regard qui lui disait bien, n'oublie pas que c'est mon père et qu'il a déjà réussi beaucoup. Les séparer une fois, en l'occurrence. Même si cela ne risquait plus d'arriver, le vieux salaud savait toujours y faire, si son compagnon arrivait enfin à faire que les mots de ce serpent glisse sur lui comme l'eau sur les plumes d'un canard, c'était plus difficile pour Domhnall, qui pouvait voir rouge en quelques secondes. Supporter le patriarche MacBeathag n'était clairement pas une partie de plaisir pour son fils. Se retrouver avec en plus, la belle-mère et la sœur... la soirée serait infernale, il le savait déjà, sans avoir besoin de s'appeler Nostradamus.

Ce qui faisait donc qu'il ne répondait pas à la remarque de son homme, préférant garder sa salive pour les piques du père, qui ne manqueraient pas de tomber. Il pouvait très clairement le parier. Mieux valait se rassurer en disant que tout irait bien, mais Gareth avait du mal à s'en assurer. Il y aurait des problèmes, comme toujours. Les MacBeathag ne savaient pas passer une soirée sans que tout finisse par exploser, d'une façon ou d'une autre.

Il aurait sans doute préféré que la voiture se perde sur les routes écossaises qu'ils montent jusqu'au Nord voir les Lochs, pour redescendre ensuite, sans pour autant s'arrêter sur le territoire familiale, mais c'était trop demandé. Le chauffeur connaissait parfaitement le chemin et bientôt, la haute stature du manoir se faisait voir. Comme si elle écrasait peu à peu tout ce qui l'entourait. Un peu comme le patriarche de cette famille. Tout ici donnait l'envie de s'enfuir en courant. Ses souvenirs d'enfant dans cette demeure n'étaient pas chaleureux ou agréables, il ne pouvait dire depuis quand il n'y avait pas passé juste un bon moment. Peut-être aux funérailles de son père... ça y est, ça le rendait mauvais... il lâcha un soupire profond, alors que la voiture s'arrêtait derrière d'autres, ils étaient les derniers à arriver... bravo. Prenant une dernière grande inspiration, il laissa la porte s'ouvrir pour s'extraire du véhicule, suivi de son mari, pour monter les marches qui menaient jusqu'au couple des propriétaires.

- Père. Les deux hommes se saluaient froidement, aucun contact entre eux, pas même une poignée de main. Mais c'était ainsi qu'ils faisaient depuis longtemps. Madame. Saluant la belle-mère, voilà longtemps que leur mère, à Elizabeth et lui n'était plus de ce monde. Beatrice MacBeathag avait donc prit sa place, d'une main de maître. La pire chose qui était arrivée aux enfants sans doute.

Puis il se retrouvait face à sa sœur, qu'il saluait avec tout autant de froideur.

- Elizabeth. Avant de s'adoucir légèrement en voyant sa nièce, voilà bien la seule qui aurait droit à un peu de chaleur. La pauvre, ils étaient tous là pour elle, mais personne n'avait vraiment envie d'être présent. Grace, félicitation. Avec un très léger sourire, même s'ils s'étaient engueulés, cela n'empêchait rien. Son travail été reconnue, tant mieux pour elle finalement, avant de finalement découvrir celui qui l'accompagnait. Et vous êtes? Alors qu'il lui tendait la main pour un salut plus officiel, il n'avait pas encore de raison de le mépriser, contrairement à son père qui devait déjà s'être fait une bonne idée de qui était ce type.


Godric MacBeathag
IDENTITE : Godric MacBeathag
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- Beau-père *sigh* de Coltach
- Grand-père de Grace


MacBeathag père observait donc ses invités arriver les uns après les autres. Ce fût donc sa petite-fille qui arrivait en premier. Bien entendu, ses enfants n'étaient pas capables d'être présents avant pour accueillir celle qu'ils allaient fêter. Mais que pouvait-il bien attendre de ces deux garnements qui n'en faisaient qu'à leur tête. Mais le patriarche de cette famille avait un peu plus d'affection pour cette jeune femme et un fin sourire se faisait sur ses lèvres alors qu'elle venait le saluer.

- Grace, je suis heureux que vous ayez pu vous libérez. Son regard se faisant plus froid sur l'homme qui l'accompagnait, sans que pour autant, il ne dise quoi que ce soit, pour le moment, mais le jugement se ferait au moment où il ouvrirait la bouche sans doute. Déjà une chose était sûre, son costume montrait que cet homme ne roulait sans doute pas sur l'or et qu'il devait réutiliser cet habit autant de fois qu'il le pouvait. Il lui tendit pourtant la main, pour la serrer avec une certaine force, sans doute pour lui faire comprendre qu'il n'était là qu'en tant qu'invité et que le maître des lieux, c'était lui. Monsieur Morrisson.

Les salutations s'arrêtaient là. Voilà que sa fille débarquait. Il la saluait comme le protocole le voulait, puis observait les retrouvailles mère-fille, avant d'hausser légèrement un sourcil, tandis que le cavalier de la plus jeune finissait par oser ouvrir la bouche et pas pour se montrer des plus aimables. Même s'il avait raison sur le fond, Grace était très en beauté. Il aurait pu dire quelque chose, mais le... les derniers invités arrivaient enfin. Au moins avaient-ils tous prit la peine d'être là à l'heure chacun leur tour. Son fils et son... mari... si ce dernier avait pu se porter pâle, ce n'aurait pas été un mal. Bien au contraire.

Les deux hommes de la famille se saluèrent donc, mais Erend n'eut même pas droit à un regard, ce qui était un bon début aux yeux d'Alastair qui se disait que son père n'avait rien à dire sur leurs tenues, c'était déjà un début.

- J'ai failli attendre...

Bon ok Alastair s'était un peu fait des idées trop vite.

- Allons sabrer le champagne. Fit-il en observant sa petite-fille et en faisant signe à toute la petite troupe d'entrer dans le manoir. Il était l'heure de passer à l'apéritif.

Dès qu'ils passèrent la porte, le majordome de la maison s'occupait de faire prendre les affaires en trop de chacun des MacBeathag présent, le personnel s'agitait en tous sens, sans qu'on aille l'impression de se déplacer dans une fourmilière. Tout se passait dans les ombres, on ne les voyait que quand on en avait besoin. Chaque domestique était trié sur le tas, le majordome en chef s'assurait qu'aucun d'eux ne serait un boulet pour le travail qu'exigeait le maître de la maison.

Ils se retrouvaient tous bientôt dans le salon d'honneur, la table était montée, les plats prêts, tout n'attendait plus que les invités ne se mettent à table. Mais comme le patriarche l'avait fait comprendre, c'était d'abord le champagne qui serait à l'honneur, après tout, ils étaient là pour fêter sa petite-fille. Un sabre était tendu au Lord, pour qu'il sabre la bouteille présente dans les règles de l'art.

- Nous sommes donc tous réuni ici pour fêter la réussite professionnelle de Grace, qui fait honneur à notre nom. Le sabre sortait de son fourreau et sans attendre la bouteille était sabrée avec une facilité déconcertante, autant dire que le grand-père ne perdait pas la main, puis les verres étaient servis. A Grace. Levant son verre pour porter son toast.

Il y avait une vraie fierté, il fallait bien l'avouer, dans la façon qu'avait Godric de regarder sa petite-fille. Il pouvait être le plus grand des enfoirés, quand on faisait honneur à son sang...


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Domhnall
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Dim 4 Nov 2018 - 20:05
Hell on earth.Une famille presque parfaite

MacBeathags

Erend

C’était justement parce qu’il avait réussi à les séparer une fois –et surtout parce que cela ne manquait jamais– qu’Erend s’était amusé de voir son partenaire continuer à espérer. Le patriarche ne ferait jamais de cadeau à son genre. La réelle question était : allait-il commencer par l’ignorer ou le lancer une petite pique bien sentie ? Pour autant, à voir le regard que Gareth lui lança après son trait d’humour, il se contenta de garder le silence. Car Godric c’était tenu entre eux une fois, et ce n’était guère des souvenirs agréables. Loin de là même. Et si l’idée de le croiser une énième fois ne l’était pas non plus, il y tenait pour trois raisons. Soutenir son mari, sa nièce, et bien évidemment, se trouver comme en travers de la gorge du dit-patriarche. Il fallait bien, après tout, trouver du positif où on le pouvait. Et si c’était légèrement mesquin, le psychiatre ne s’en était jamais caché. Il n’était qu’humain après tout, mais lui ne se voilait pas la face contrairement à certains.

Accoudé à la fenêtre de leur voiture, il regardait le paysage défiler. Lui aussi le connaissait par cœur. Il fallait dire que sa famille n’habitait pas très loin de leur destination ; dans une propriété bien plus modeste mais proportionnellement plus chaleureuse et accueillante. Il n’était, en même temps, pas difficile de faire plus froid que le Manoir qu’ils rejoignaient présentement. C’était cette proximité qui lui avait permis de devenir palefrenier dans ce domaine, et qu’il avait rencontré Gareth. Godric devait, à n’en pas douter, fortement se mordre les doigts concernant cette décision d’embauche.

Une fois la porte ouverte, un soupire et une grande inspiration, il vit son mari quitter l’habitacle. Il suivit peut après, trouvant toujours ridicule de devoir attendre qu’on lui ouvre la portière – il était suffisamment grand garçon pour pouvoir le faire lui-même. Cependant, il se pliait tout de même à cet exercice comme il savait que le pauvre employé de maison serait crucifié sur place pour ne pas avoir été plus rapide que lui. C’était pour eux, et eux seuls, qu’il acceptait. Assurément pas pour ces coincés d’aristo.

Le rejoignant de l’autre côté du véhicule, ressentant son manteau autour de lui, ils grimpèrent les marches en silence. Et comme celui-ci ne semblait pas être d’or, la première pique fusa. Erend regarda furtivement sa montre. Eh bien, vingt secondes... pas mal. Et tout cela pour l’ignorer ensuite complètement. Il haussa imperceptiblement des épaules. Ça lui convenait très bien ainsi. Au moins n’avait-il pas besoin d’être cordial.

Par politesse, il salua toute l’équipe des balais dans le cul avant d’arriver enfin à Grace. Il la félicita bien plus chaleureusement que n’avait pu le faire les membres de sa famille de sang. La prenant dans ses bras, avant de se retourner vers son cavalier. L’homme lui disait quelque chose, mais il lui fallut quelque secondes pour le remettre. Il fallait avouer que lorsqu’ils s’étaient rencontrés pour la première fois, les conditions n’avaient pas été des meilleurs. En effet, il avait été présent lors de l’attaque. Et il avait défendu Grace contre son harpie de mère. Ce souvenir lui valut d’office une poignée de main franchement reconnaissante. Il était plaisant de le rencontrer à nouveau, même si les conditions n’étaient toujours pas optimales.

▬ Ravi de vous rencontrer à nouveau !

Le patriarche mit fin aux salutations en initiant la marche vers l’intérieur. L’objectif : sabrer le champagne en l’honneur de la demoiselle qui les avait réuni ici ; pour le meilleur comme pour le pire. Et cela risquait d’être surtout le pire… A l’intérieur, la symphonie des employés de maisons se joua sans accroc. Le psychiatre, qui décidément trouvait tout cela toujours aussi exaspérant à chaque passage – à croire que les nobles ne savaient rien faire eux-mêmes – il se plia à nouveau au jeu. Et si, à l’extérieur, MacBeathag avait raté son gilet à leurs couleurs, c’était désormais très compliqué.

Arrivés au salon d’honneur, où se trouvait dressé une imposant table de diner, ils trinquèrent enfin. Et quelques gouttes d’alcool ne feraient sans doute pas de mal. A sa personne, en tous les cas.

▬ A Grace. lança-t-il avec entrain, levant son verre dans sa direction.

Coltach
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