C'est un début || Lydia

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Dim 22 Juil 2018 - 1:50
Elle était sortie le matin même. Il avait bien fallu, de toute manière. Même si elle n'était pas spécialement enthousiaste à l'idée de retrouver son appartement et à être de nouveau seule. Alexis était venue la chercher à l'hôpital pour la déposer chez elle. Oh, elle était bien restée un peu, mais la pauvre avait sa vie, et une compagne à rejoindre. Au moment ou elle avait refermé la porte sur son amie, Sigrid avait pris conscience du silence. Elle était restée quelques secondes, la main sur la poignée, et devant ses yeux défilaient quelques visages. Dans un pêle-mêle grotesque se succédaient les amis, éloignés, présents, les connaissances, les collègues, les quelques relations sans lendemain. Tout pour ne pas être seule ce soir. Quelqu'un. N'importe qui.

C'était le visage d'Axel qui s'était imposé avec le plus de force. Comme souvent en cas de coup dur. L'illustrateur la connaissait bien, et avait été à ses côtés pendant deux ans et demie. Mais il respectait à la lettre la demande de la jeune femme de ne plus la contacter. Il supposait qu'elle reviendrait si elle en avait envie. Et il était hors de question qu'elle revienne, en fait. Elle avait tiré une croix sur l'Arche Scandinave. Sur qui elle était. Et malheureusement pour Axel, ça signifiait tirer une croix sur lui aussi, même s'il n'était qu'une victime de la situation.

La sonnerie de son téléphone l'avait interrompue dans ses réflexions. Pas un mal. Et aussitôt, c'était le visage de Matthew qui avait relégué celui de son ex. Oserait-elle lui demander... Non. C'était impensable. Il avait une vie, deux filles. Autre chose à faire que de s'occuper d'elle. Il avait déjà été adorable en venant la voir. La flic en repos ne voulait pas lui imposer sa présence dans une vie à laquelle elle n'appartenait pas.

Il fallait se rendre à l'évidence... Elle était seule. Et si, à n'importe quel autre moment, elle s'en serait réjoui, aujourd'hui, cela lui pesait. Sur son flanc, sous le pansement, la blessure brûlait, oh, pas douloureusement, juste assez pour ne pas la laisser penser à autre chose. C'était en bonne voie de guérison. La cicatrisation partielle était saine, même si la peau ne s'était pas encore vraiment reconstituée. Elle avait eu des points de sutures. Ce salaud l'avait bien amochée. Une blessure grave, pas mal de sang perdus, des hématomes divers, un trauma crânien et un bras inutilisable. L'affrontement avait détraqué le poignet droit, déjà fragilisé l'année auparavant par un accident de voiture. L'entorse avait été plus violente, ce coup-ci, et l'épaule démise. On lui avait prescrit une rééducation.

La Scandinave, en regardant son appartement désert et silencieux, décida que maintenant, c'était le bon moment pour commencer. Un conseil d'un médecin, et elle appela un nouveau cabinet, Elféa. Elle ne les connaissait pas, mais s'ils étaient efficaces et disponibles dans l'heure, elle n'en demandait pas plus.

Un coup de chance, une annulation avait eut lieu. On lui donna rendez-vous dans la journée. Et sans, regret, la rouquine referma la porte de son appartement. Elle gérerait plus tard. La procrastination psychologique était en quelques sorte sa spécialité. Elle enfermait ses craintes et ses gênes dans les tiroirs mentaux d'une armoire fictive qui devenait de plus en plus imposante. Un jour, elle les ouvrirait et les affronterait. En attendant... C'était plus simple de faire comme si tout ça n'existait pas. Son père, sa mère, Axel, son départ, sa solitude. Tout le reste. Elle n'était pas assez forte pour s'y atteler maintenant.

Maintenant, elle allait simplement commencer la reéducation de son poignet et de son épaule. C'était un début, non?

Assise dans la salle d'attente, c'est ce qu'elle se dit.
Un début, c'est déjà ça.
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Mar 7 Aoû 2018 - 15:24


Sigrid & Lydia

C'est un début


Et moi qui pensait pouvoir monter prendre une douche et une heure de repos avant la suite du service et ben c'est loupé. La standardiste était venue m'apporter le dossier du patient qui remplaçait Mr Vinck, un gentil petit retraité de la police que son arthrite sévère faisait souffrir de temps en temps maintenant mais qui avait annulé son rendez vous pour partir voir ses petits enfants. Il faut dire qu'il avait moins mal depuis qu'il venait au cabinet. Il était logique qu'il espace ses rendez vous.

Je réceptionne le dossier et ouvre le tiroir de mon bureau. Un tic tac pour soigner mon mal de crâne et une petite bouteille d'eau plus tard, j'entamais le cas de Sigrid Andersson, enquêtrice, 29 ans. D'après le dossier médicale que ma secrétaire avait pu récupérer, elle avait été récemment agressée et en était ressortie amochée mais en vie. Point de suture sur le côté, épaule déboitée, poignet foulé et bien comme il fallait au vu de la radio. Je comprenais pourquoi elle venait au cabinet. Je souris en coin en pensant que m clientèle dans la police était en train de s'agrandir... Des retraités, quelques jeunes recrues qui se blessaient en entrainement, et maintenant elle... Qui sait je finirai peut être par avoir Doherty sur ma table. Je ris intérieurement en pensant à lui, obligé de suivre ce que je lui dis de faire. Une première pour lui.

La policière venait pour de la rééducation. Donc il allait falloir y aller doucement. L'épaule avait été remise en place mais le poignet était encore fragile. Bon il me restait cinq minutes avant de recevoir la patiente officiellement. Je pouvais descendre la chercher. Je pris donc l'ascenseur et deux minutes plus tard me voici dans la salle d'attente. Je souris à ma nouvelle patiente, me présente et l'invite à me suivre dans mon cabinet. Une fois à l'intérieur, je l'invite à s'installer devant mon bureau.

Avant de commencer, j'aimerai que vous m'expliquiez vos douleurs dans l'épaule et le poignet. Plus j'en saurai sur l'inconfort que vous ressentez plus je pourrai vous soigner. Je ne lui demandais pas de me décrire son agression mais au moins de m'en donner les conséquences sur l'utilisation de son épaule et de son poignet au quotidien.





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Lydia O'Neill
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Mar 4 Sep 2018 - 23:54
Elle n'avait pas eu à patienter longtemps. Et tant mieux, à vrai dire. Il lui devenait difficile de faire comme si le magazine féminin dont elle s'était emparée l'intéressait vraiment. Pourquoi elle avait choisi ce genre de lecture? Plus que par intérêt pour les "dix trucs pour perdre les kilos de l'hiver", c'était surtout pour se donner une contenance.

Sigrid Andersson était nerveuse.

Cela ne lui arrivait pas souvent, il est vrai. Le fait de ne compter que sur elle-même y était pour beaucoup. Plutôt que de devoir faire confiance à un tiers, elle trouvait bien plus simple de ne se faire confiance qu'à elle-même. Au moins, impossible d'être déçue. Mais en cette après-midi, elle s'apercevait qu'elle ne parviendrait pas à être seule, cette fois-ci. Une constatation qui la consternait. Son agression l'avait fragilisée. Oh, physiquement, évidemment, mais aussi mentalement. Enfin, après tout, personne n'était invincible. Elle se serait simplement crue plus dure, et voir que ce n'était pas le cas la rendait un peu amère. Rien d'insurmontable. La rouquine avait appris à tout surmonter, tant bien que mal. Il fallait bien, quand on ne voulait dépendre de personne.

Enfin.
Sans l'aide des autorités compétentes et de divers corps de métiers, elle serait morte sur ce lino un peu sale, cette nuit du 1er février. L'ancienne infirmière avait beau avoir quelques compétences, se recoudre à l'aide de fil dentaire après un affrontement épuisant tant physiquement que mentalement, en endurant des vagues de douleurs aussi régulières que perfides, n'était pas l'une d'entre elle.

Mais elle avait survécu, tant bien que mal. Et même si les yeux du Mat la poursuivraient probablement encore un moment, même si être seule dans un appartement qui risquait peut-être de recevoir la visite de ce fou qui viendrait finir le travail lui donnait des frissons -même s'il était peu probable qu'elle l'admette à voix haute... elle était vivante, et pour le moment, c'était tout ce qui comptait.

Ça, et sa rééducation. Une chose à la fois.

Elle leva les yeux lorsqu'une femme vient la chercher en salle d'attente, et lui sourit, tout charme, toute innocence. Sigrid lève vers elle des yeux circonspects et se force à lui rendre son sourire. Politesse. Chichis.
La flic amochée la suit sans plus de commentaire, et s'installe à la place qu'on lui désigne, vaguement amusée par le fait que, pour une fois, c'est elle qui se trouve de l'autre côté du bureau. D'ordinaire, vu son métier, c'était plutôt elle qui avait tendance à demander aux visiteurs de s'asseoir.

Lorsque le Docteur O'Neil lui pose des questions sur son état, elle croise les jambes, sans la quitter des yeux. La Scandinave avait beau avoir besoin de ces soins et en être parfaitement consciente, elle savait que ça n'allait pas être chose facile. Elle n'avait pas le contact spécialement facile, et se laisser manipuler par une inconnue n'était pas quelque chose qu'elle vivait bien. Médecin ou pas, blessure ou pas. Ses yeux clairs jaugent la jeune femme assise face à elle, méticuleusement. A la recherche du moindre détail qui prouverait qu'elle ne devait pas baisser sa garde face à elle. Mais rien ne lui saute aux yeux. Alors elle relâche ses épaules. Rien qu'un peu. Et pas totalement parce que mobiliser celle qui avait été démise lui était encore un peu difficile.

Son attitude clairement fermée laisse peu de place à l'interprétation.


- Je...

Elle ferme les yeux, et inspire profondément. Pour que les choses marchent, il allait falloir qu'elle fasse des efforts. Pourtant, sa voix est un peu mécanique alors qu'elle réponds à la question, avec un reste d'accent suédois qui n'est manifestement pas voué à disparaître.

- J'ai eu une entorse au poignet droit en février dernier suite à un accident de voiture dans lequel mon partenaire s'est brisé le bras et défoncé la cage thoracique. Malgré des soins correctement effectués et une période d'immobilisation respectée, mon poignet en est resté fragilisé. D'autant que je suis droitière. Et boxeuse.

Un sourire automatique, vide de sens, dénué de chaleur.

- Mon agresseur m'a projeté contre une étagère et je me suis mal réceptionnée. Le fait que je me sois défendue en utilisant le bras malgré la douleur n'a rien arrangé, mais on regarde peu à ce genre de chose quand on est en danger de mort, paraît-il. L'épaule était luxée et a été remise en place, mais on m'a prescrit une rééducation pour l'épaule comme pour le poignet. Histoire que je puisse espérer un jour renfiler des gants de boxe, voire tirer de nouveau droit. Ce genre de détails.

Autant pour "faire des efforts". Elle haïssait l'ironie qu'elle sentait poindre dans sa voix. Un mécanisme d'auto-défense, de dérision, une manière de prendre du recul dont pâtissaient généralement les gens qui la fréquentaient. Elle était dépitée des capacités qu'elle avait perdues, de la force qu'elle n'avait plus. De la douleur, qui l'avait lancée des jours et des jours. Frustrée d'avoir mal, et de se sentir faible. Mais ça, la kiné qui lui faisait face n'y était pour rien. L'agent Andersson ferma les yeux et poussa un long soupir.


- Excusez-moi.

Elle aurait pu rajouter "je suis un peu à cran". Mais le sous-texte était clair, après tout. Elle inspire, doucement, profondément. Puis continue, plus calme.

- L'immobilisation m'a affaiblie. J'ai mal dès que je porte trop lourd, et "trop" peut arriver très vite. J'ai mal si ma position est mauvaise. J'ai mal à la moindre rotation un peu forcée du poignet, de l'épaule. J'ai l'impression d'avoir un bras qui ne sert plus à rien, et je dois avouer que j'ai beau savoir que tout est normal, ça n'en reste pas moins frustrant.
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Ven 21 Sep 2018 - 9:31


Sigrid & Lydia

C'est un début




Ma patiente m'a l'air d'être un cas particulièrement difficile. Comme la moitié des militaires qui passaient par mon bureau. Ils avaient tous une telle barrière qu'il était souvent lent et difficile de la passer. Je me doute que l'expérience qu'elle a vécu est traumatisante mais je ne fais pas cela par curiosité. J'ai besoin de savoir ce que donnent les gestes au quotidien. Elle finit par me parler avec un petit accent que je ne connais pas. Alors je note.

* une entorse au poignet droit /février/ un accident de voiture / poignet fragilisé. => droitière et boxeuse.
* épaule luxée et remise en place / même poignet en souffrance=> une rééducation épaule/poignet.
* possible dommage à la colonne vertébrale => auscultation DON


Je sens que la voix de ma cliente monte un cran dans l'ironie. Je sais que ce n'est pas facile de perdre en motricité et en mobilité. Et l'ironie est un moyen d'autodéfense comme le serait un excès d'humour ou de mélancolie. Je lui souris de manière rassurante.

Il n'y a aucun mal. Si vous avez besoin de vous montrer un peu... disons... cassante, ironique ou autre, ce n'est pas ici que vous trouverez un jugement. Les personnes que je reçois en sont coutumiers pour la plupart. Bien vous semblez souffrir de manière relativement normale. Vos lésions sont sérieuses et leur réparation peut demander du temps. Venez vous mettre sur la table de massage et retirer votre haut. Je vais regarder votre poignet, votre épaule et votre dos.

Une fois que ma patiente est installée, je commence par lui expliquer comment nous allons fonctionner. Je tends mes mains devant elle et active mon don. Mes mains s'éclairent légèrement, diffusant une légère chaleur. Voici comment cela va se passer. Je vais vous ausculter le poignet, l'épaule et le dos. Avec mon don, je peux mieux soigner les blessures des muscles et des tissus. Quand je poserai mes mains, vous sentirez une légère chaleur. C'est cette chaleur qui va m'aider à vous soigner. On y va? je vais commencer par votre poignet avec des exercices de flexion/extension du poignet, des doigts et de pronosupination. En gros je vais exercer des torsions sur votre poignet. Arrêtez moi dès que vous sentez une tension n'allez pas jusqu'à la douleur. Après je passerai à votre épaule.

Je me place devant elle et prends son poignet entre mes doigts. Je manipule son poignet jusqu'à ce qu'elle me fasse par de l'inconfort. Puis je passe à l'épaule. Je lui fais faire de petits exercices de rotation, je tendre le bras en avant, en arrière, sur le côté, lui fais soulever le bras je m'arrête à chaque fois que je vois une grimace sur le visage de ma patiente ou que je sens une légère résistance.



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Mer 21 Nov 2018 - 22:46
Sigrid Andersson détestait perdre le contrôle. C'était profondément ancré dans près de trente ans d'existence. Elle avait détesté son enfance à cause de ça, de cette ombre cogneuse qui pouvait sévir à tout moment. Chaque matin, enfant, elle se demandait si elle pourrait aller au bout de sa journée d'école. Ce qu'elle trouverait en rentrant. Elle passait sa journée dans la peur qu'il soit arrivé quelque chose à sa mère, quelque chose que, cette fois, elle ne serait pas capable de soigner. Alors, elle avait repris le contrôle quand elle avait pu.

Et l'avait gardé depuis, du mieux qu'elle pouvait. Elle prenait, dans sa vie personnelle, du moins, ses propres décisions, afin de gérer au mieux ce trait de caractère particulier. Et si dans le processus, des gens se sentaient blessés... c'était dommage, mais ça n'était pas son problème. Dans sa vie professionnelle... C'était autre chose.

La rouquine regarde la kiné lui sourire et retient un grognement de frustration. Pourquoi fallait-il qu'elle soit aussi gentille, aussi compréhensive? Une part d'elle aurait espéré que le Docteur O'Neil la regarde froidement et lui demande de quitter son bureau. Cela lui aurait offert une porte de sortie, et une excuse pour continuer à ne faire confiance à personne.

Peut-être que venir ici seule avait été une erreur. Mais avait-elle le choix? Pas vraiment. Tôt ou tard, elle aurait dû faire cette rééducation. Mais la commencer alors qu'elle était clairement frustrée et pas forcément stable mentalement... Le timing n'était peut-être pas le plus sain. Mais, une fois encore... aucun de l'aurait été. Avec son habitude douteuse à compartimenter tout ce qu'elle faisait et ressentait, la flic commençait à sentir que tous les tiroirs, les malles, les coffres poussiéreux de son grenier mental commençaient à déborder. Bientôt, il faudrait qu'elle se mette au ménage.


- Vous n'avez pas à subir mon caractère. Vous n'êtes pas là pour ça.

Elle se tait de nouveau, et la laisse parler, attentive au pré-verdict. Une grimace l'accompagne. Ses connaissances médicales, bien que basiques, lui avaient fait craindre ces mots. "Lésions sérieuses". "Cela prendra du temps". Du temps? comme si elle en avait. Sans le sport, elle ne se laissait pas un mois avant de devenir folle. Mais elle n'ajouta rien, sachant pertinemment que les mots qui sortiraient de sa bouche n'auraient rien d'agréables. Alors, c'est en silence qu'elle se lève, marquant une légère hésitation lorsqu'il est question de se déshabiller. Rien d'anormal dans la demande, pourtant. Juste une hésitation idiote. Elle se rabroua mentalement, et avec précaution, après avoir tourné le dos à la kiné, retira le pull et le débardeur qu'elle avait passé, non sans une grimace lorsqu'il lui fallu lever le bras un peu trop haut. Sur son côté, un gros carré de gaze fixé au sparadrap masquait la blessure vaguement circulaire en voie de guérison. Son dos, en revanche, portait quelques cicatrices, longues, rondes, plus étranges encore. Une brûlure sur l'épaule. Deux coups de ceinture trop enthousiastes dans le dos. La marque en croissant de la boucle métallique, au bas de son omoplate. Etirées, déformées, alors que son corps avait grandi.

La flic se retourna rapidement et s'installer sur la table, le regard résolument tourné vers le sol. Elle hoche doucement la tête quand la jeune femme lui explique les différents exercices, retenant un commentaire malvenu sur le fait qu'elle comprenait le sens des mots utilisés, de par son précédent emploi. Lydia O'Neil ne la prenait pas pour une idiote : elle ne la connaissait simplement pas. Il fallait qu'elle se mette ça dans le crâne.

Les exercices commencent, et, avec application, et parce qu'elle avait toujours détesté les patient qui jouent au super héros quand elle était infirmière, Sigrid s'applique a être le plus explicite possible quand à sa douleur et à la possibilité de ses membres. Force était de constater que la kiné était douce, et attentive. Au moins ça qu'elle ne pourrait retenir contre elle, au moment de choisir si elle continuait sa rééducation avec elle... ou pas.


La laissant continuer son examen et ses soins plus poussés, la Scandinave finit par relever le nez et chercher son regard.

- A votre avis, dans combien de temps je peux reprendre le sport?

Sans ses jogging tous les deux jours et ses quatre heures de natation et de boxe par semaine, elle sentait qu'elle allait perdre pied. Et pas uniquement parce que ce corps qu'elle avait forgé avec patience et acharnement allait se ramollir. Mais parce qu'il s'agirait d'autant de moments de sa semaine ou elle serait confinée chez elle, seule, dans un appart ou le silence la mettait foncièrement mal à l'aise.
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Dim 13 Jan 2019 - 13:22


Sigrid & Lydia

C'est un début


Bon apparemment la patiente que j'étais en face de moi était une centrale nucléaire sur le point d'exploser. Elle avait un fort caractère et sûrement un mental qui allait avec. En même temps il en fallait pour refuser de mourir alors qu'on a reçu de telles blessures. La jeune femme qui se trouvait devant moi n'avait rien à envier aux militaires que j'avais pu soigner. Elle a eu légère hésitation à ma demande mais je ne pourrais pas faire grand chose si elle ne suivait pas mes consignes. Elle finit par se plier à ma demande. En la regardant faire je pus constater que les articulations fonctionnaient encore bien. Un bon point.

Mon autre constat se porta sur l'état physique de ma patiente. Son dos était un tableau vivant de son passé. Je pouvais observer des cicatrices, marques et brûlure. Elle n'avait pas eu une vie facile jusque ici. Ainsi que le beau sparadrap sur son flanc. Le plus déroutant dans le comportement de ma cliente était qu'elle fuyait mon regard. Elle ne serait pas facile à amadouer. Mais elle fut l'une des meilleures patientes que j'ai eu. Elle m'expliqua chacune de ses sensations, l'intensité de la douleur et les blocage. Le poignet tournait plutôt bien. L'épaule un peu moins. Les muscles du bras et de l'avant bras étaient douloureux. Ce qui n'était pas illogique. Mais ils n'étaient pas atrophiés comme ils auraient pu l'être après l'immobilisation forcée. Signe que la demoiselle en face de moi était très sportive. Il y aurait donc moins de rééducation musculaire. Ce qui baissait considérablement la durée de rééducation.

Quand j'eus terminé mon examen, elle daigna enfin lever son regard vers moi. Un regard que je trouvais partagé entre l'appréhension et l'espoir. Je ne vais pas vous mentir. Généralement ce genre de blessure entraîne une convalescence de plusieurs semaines voir mois... Cependant, au vu de votre condition physique avant vos blessures, ce ne sera pas le cas ici... Je dirais que si vous prenez trois semaines de rééducation avec moi vous pourrez recommencer le sport... Hum... pour ce qui est le sport de type course à pied qui ne demande pas de gros effort de votre épaule... Je dirais au bout de trois séances d'une heure pleine. Pour des sports plus rudes comme la boxe, le basket ou le tennis... 3 semaines à raison de 3 à 4 séances de rééducation par semaine.

Je m'éloigne alors d'elle assez pour qu'elle puisse se rhabiller et réfléchir. Je ne suis pas le seul Kiné du coin. Certes j'ai une grosse clientèle de militaires et de force de l'ordre mais elle n'est pas obligée de passer par moi. Et travailler avec un patient qui ne veut pas être ici n'aide en rien sa guérison, ça aurait même plutôt l'effet inverse...







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Dim 27 Jan 2019 - 18:44
Elle la laissa la manipuler sans rien dire. C'était elle qui avait le diplôme. Elle qui pourrait aussi lui donner la sentence fatidique. Lui apprendre si son bras était foutu pour de longs mois, ou si elle avait une chance de pouvoir reprendre un minimum d'entraînement. Red craignait l'inaction. L'inaction menait à la réflexion, aux pensées, aux regrets. Aux doutes. Elle s'était toujours efforcée de laisser ceux-ci à distance. Par le biais d'un entraînement forcené. Lorsqu'elle avait émigré à Edimbourg, ça avait été pour fuir une vie qu'elle cherchait à oublier. Au début, elle s'était demandé si elle avait fait le bon choix. Et puis, elle avait commencé à courir. Elle avait constaté que la course apaisait les voix dans sa tête. Celles qui lui disait qu'elle était un imposteur. Une fraude. Qu'elle n'était pas faite pour devenir flic. Qu'elle ne pourrait jamais honorer le souvenir de sa mère, et qu'au passage, elle avait perdu l'occasion d'être heureuse.

Plus elle s'entraînait, plus les voix reculaient, sans qu'elle ne sache si c'était parce qu'elle s'appliquait à ne pas y penser, ou parce que le voix se rendaient compte, peu à peu, qu'elle avait tord. Au bout d'un moment, elles s'était tues. Sigrid avait continué à endurcir son corps, par habitude, et parce que le sport lui apportait une sérénité qu'elle ne parvenait pas totalement à trouver ailleurs. Pas de cette manière. Alors si on lui retirait ça...

La kinésithérapeute finit par énoncer le verdict. Pas si affreux. Au moins, elle n'aurait a tenir que trois séances avant de reprendre la course. Cela tiendrait les voix qui maintenant s'appliquaient à lui chuchoter que peut-être cela aurait été mieux pour elle de mourir sur le lino douteux de cette supérette.

La flic hoche la tête, une fois. Pour montrer qu'elle a compris.


- Et la natation?

Maintenant commence la réflexion. Est-ce qu'elle faisait confiance à cette femme, ou pas? Elle détestait devoir compter sur quelqu'un d'autre pour fonctionner. Mais la rouquine, face à elle... N'était très certainement pas pire qu'un autre.

C'était une femme. Et mine de rien, c'était déjà un bon point. Un très bon point, même. Au vu de son passif, la Scandinave se méfiait généralement plus des hommes et en laissait peu la toucher. Même professionnellement parlant. Il y avait bien sûr quelques exceptions. Matthew, qui en tant que praticien avait su obtenir sa confiance. Quelques relations, rares. Mais si elle devait être allongée une heure sur une table à moitié nue à se faire palper dans tous les sens, d'instinct, Sigrid préférait que ça soit par une femme. Cela n'avait pas grande logique. Mais elle avait appris au fil du temps à faire confiance à ses instincts. Elle se connaissait. Avec un homme, elle serait trop tendue pour faire de réels progrès.

Elle a l'air compétence. A l'écoute.

Elle se rhabille, avec précautions, et laisse son regard errer un moment sur la salle ou elles se trouvent. Puis sur le docteur face à elle. Elle prends une décision.


- Vous êtes prête à travailler avec moi?

La question lui semble importante. Au delà de ses envies et de son propre ressenti, si son médecin n'est pas à l'aise avec sa propre personne, cela ne serait utile ni pour l'une, ni pour l'autre. Et une sacré perte de temps.

- Vous avez eu un vague aperçu de qui j'étais. Ayant ça en tête, vous êtes prête à vous lancer dans une rééducation intense avec moi? Je ne tiens pas à ce que vous jetiez l'éponge parce que je ne vous conviens pas.

Une rééducation, comme tout autre acte médical, c'est un contrat. Il faut que les deux parties soient d'accord sur les termes. J'ai l'intention d'être opérationnelle le plus vite possible. Donc si vous n'avez pas envie de devoir me supporter dans cette pièce, 4h par semaine... Ce n'est pas la peine que nous perdions du temps, l'une comme l'autre.


La flic se tait, et retourne s'asseoir sur la chaise face au bureau. Avec un léger sourire. Un sourire qui quelque part veut dire : je t'accepte. M'acceptes-tu?

- Si c'est ok pour vous, ça l'est pour moi. A vous de voir.
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