Vogliamo solo amici al nostro tavolo. / Le duc

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Ven 29 Juin 2018 - 22:10
Vogliamo solo amici al nostro tavolo

Feat. Beleth



La villa était baignée de calme et de paix. Le soleil allait en déclinant nimbant la propriété d'un orange, qui rappelait les arches du sud. Les températures étaient montées hautes ce jour-là. Le souffle d'air qui revenait enfin, avec le soir, était un soulagement. Certains auraient même dit une bénédiction divine. Il transportait une odeur forte du jardin, un mélange de rose, de lys, de menthe, que la dame aimait cultiver pour ses activités. Le chant des alouettes renforçait l'impression de quiétude estivale.

En bas, on s'attelait à la préparation d'un soupé pour six couverts. Lotte ayant informé le service, de son absence, plus tôt dans l'après-midi. Madame et Monsieur Tomasi étaient en visite sur Édimbourg pour la semaine. Le frère avait bien entendu offert de les héberger, tant par commodité que pour le plaisir d'avoir Giulia non loin. Ils étaient venus avec les trois enfants. Ce qui amenait une étrange animation dans cet demeure d'adultes. Les plus jeunes étaient déjà dans leur chambre et prêts à dormir.

En plus de cela, un vieil ami, s'était annoncé à son tour. Il était historiquement un ami de Nikolas. Cela d'aussi longue date que pouvait le leur rappeler leur mémoire d’ancêtre. Odin était un immortel d'une grande discression aux multiples talents. Strega avait pour cet homme un respect indéniable. Ce qui était en soit la preuve qu'il s'agissait d'un homme peu ordinaire, pour ne pas dire, une force de la nature. Le retard dont il était ainsi coupable était vécu avec une certaine légèreté.

Un verre en main, la Duchesse passait dans le dos de son époux pour pénétrer dans le jardin. Sa main libre s'égarait un instant dans le dos du Sicilien. Brune, cheveux courts, plutôt grande, elle avait de l'allure quand bien même elle fût en noir. Pour l'occasion elle avait légèrement maquillé ses traits.

– Eh bien ? Demandait-elle tout en observant son beau-frère et sa femme.

Antonio avait été déclaré traître à la famille, des mois auparavant. Vito Lampeduza avait exigé que l'on attende son retour pour finir cette affaire. Ce qui, malgré des réticences féminines, avait été respecté. Il est vrai que cette visite eu été opportune. Ou bien la Duchesse évoquait-elle le cadet de la fratrie ? Ezio Lampeduza avait été officiellement convié au dîner. Comme à tout ceux de la semaine d'ailleurs. Il ne s'était toujours pas présenté.

– Giulia parle d'or et déjà du baptême. La plus jeune héritière des Lampeduza allait sur ses trois mois.

Un bébé en excellente santé. La petite démontrait une curiosité, qui remémorait chaque instant, l'enfance de leur fille, Sofia à sa mère. Les années avaient apaisées la douleur. Pour autant ce retour de la vie, agitait un vieux feu, dans le ventre de la Sorcière. Une nouveauté qu'elle avait à peine esquissé au détour d'une lettre envoyé au prisonnier. Elle levait le vin à ses lèvres tandis qu'un hurlement de chien tonnait à un kilomètre.

– Espérons que le voyage ne l'aura pas éteint. Ironisa amicalement la dame, avant d'aller donner un ordre.

Elle avait elle-même préparé le gaspacho, avec la recette de feu sa belle-mère. Des aimables dispositions qui se succédaient depuis quelques temps. En fait depuis le retour du Peintre en sa demeure. Les vieux amants n'avaient jamais été aussi en paix qu'à présent. Tant et si bien que Strega en venait à délaisser une partie de ses responsabilité envers l'Ordre. Là était la rumeur qui circulait dans le monde de la Sorcellerie. C’eut été oublier pourquoi Strega, s'appelait Strega.


Odin
IDENTITE : Eliott
GROUPE : Haute société
SPHERE : Culturelle
AGE : 65 ans
ETAT CIVIL : Célibataire sans enfant
PROFESSION : Antiquaire reconnu. Cuisinier haute gastronomie
POUVOIRS : Contrôle élementaire de la foudre et de la pluie. Communication avec la faune. Immortalité.
ETAT DE SANTE : Un peu de fatigue. Mal de dos.
LIENS : Ami de Strega et Beleth. Connaissance de Tohum. Protecteur de Hellequin.


Eliott sentait une certaine décontraction gagner ses épaules lorsqu'apparue la silhouette de la villa. Il était enfin arrivé à destination. Le trajet avait été plus long qu'il ne l'avait escompté. Quelques soucis techniques à aérodrome avait retardé le départ. Enfin, le voilà à Édimbourg. Il n'y était pas revenu depuis une petite éternité. Odin allait là où le vent l’emmenait. Ou plutôt là où les manuscrits l'appelait. Mais cette fois, la raison de sa visite ne concernait pas des pages, mais des hommes.

Il s'était montré assez casanier depuis quelques temps. Une affaire avait retenue tout son attention à demeure. Cela n'avait pas été sans éveiller la curiosité de certains de ses commendataires, habitués de le voir souvent. Eliott n'avait pas donné d'explication. A son âge il n'en devait plus à personne. Personne ne savait rien. Il s'en amusait un peu. Il ressortait de cet isolement très calme et même heureux.

Le véhicule garé dans la coure, un homme vint rapidement ouvrir la porte conducteur.

Ah Maurice. Maurice, vous ne changez pas !

Le majordome adressait un sourire polis au Norvégien. Il appréciait ce vieux nomade, plus que nombre des fréquentations de sa patronne. Il le guidait tranquillement vers l’endroit où se tiendrait le repas. Julia l'avait débarrassé en allant de son chapeau noir et de son long imperméable. Il apparaissait ainsi dans une chemise noire et un pantalon uni de même couleur. Les manches relevées au quart sur ses bras. Il accrochait le regard de ses hôtes et les saluait.

Bonsoir.

Il s'avançait d'abord vers Nikolas. Il attrapait sa main pour un baisemain, mais finalement la gardait dans la sienne pour aller plutôt embrasser ses joues. La familiarité, qu'il se permettait avec cette femme, était le témoignage d'une relation solide.

J'avais oublié... comme tu as bien choisi ton dernier vaisseau.

Le Duc ne tardait pas à recevoir les mêmes démonstrations d'amitié. Odin aimait assez l'artiste. Il avait d'ailleurs un charme indéniable. Il se doutait de ce que sa vieille amie avait trouvé en lui. Contrairement à d'autres, il n'était pas surprit de voire ce couple tenir leur barque, dans tous les raz de marée.

Vito... L'ami. La liberté a t-elle bon goût quand on la retrouve ?

Les autres Siciliens revenaenit sur la terrasse pour se présenter au dernier arrivé. Un verre fût servi au vieux visiteur. Les amuses-bouches étaient là pour faire patienter les plus affamés.


Strega
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Lun 2 Juil 2018 - 22:08

Vito goûtait chaque minute de liberté. Après avoir passé autant de temps à l'ombre, il avait du mal à rester longtemps en intérieur, surtout sur son domaine. Il profitait des enfants de sa sœur, pour pouvoir jouer avec eux à l'extérieur, profitant aussi ainsi de sa famille. Un besoin qui s'était fait de plus en plus sentir au fil du temps passé loin d'eux. Et puis, avec la nouvelle naissance chez sa sœur, cela réveillait aussi ses envies de paternité. Avec sa jeunesse retrouvée, c'était aussi quelque chose qui revenait en force. Sans compter que son épouse, elle aussi, avait retrouvé une jeunesse... il finirait par oser se lancer et poser la question directement, après tout, elle lui avait fait comprendre par quelques sous-entendus que cette pensée pouvait à nouveau être probablement une possibilité au sein de leur couple. De quoi donner quelques envies à notre Duc.

Les enfants finalement couchés, en tous les cas, pour le bébé. Vito était resté un moment dans la chambre, à la regarder dormir. C'était étrange de revoir une fille. Il se laissait bercer par quelques souvenirs, avant de rejoindre à pas de loup, l'étage inférieur. L'homme de la maison s'était alors retrouvé dehors, une main dans une poche, l'autre tenant un verre, pieds nus pour profiter de l'herbe sur sa peau, de simple plaisir que l'on goûte encore mieux après avoir été emprisonné, dans une tenue détendue, chemise ouverte, manches remontées sur ses bras, il observait un peu le domaine, perdu dans ses pensées, ne sachant pas vraiment où se trouvait réellement les autres, mais ils n'étaient pas loin, c'était certains. Sa soeur avait fini par le rejoindre, ils avaient discutés, félins tranquilles. La main dans son dos lui fit tourné la tête, il avait repéré la venue de sa belle avant qu'elle ne s'annonce, son parfum l'envoûtait toujours autant. Il eut un petit sourire pour elle. Tandis que sa cadette retournait vers son mari.


- Les choses iront à leur rythme...

Parce que c'était la famille et que Vito ne voulait rien précipité. Ne surtout pas faire d'erreur que personne ne pardonnerait. Il réfléchissait encore à comment s'occuper de son beau-frère. Comment parler à Ezio d'Amélia, bref, tout ceci était une pelote un peu compliquée à démêlée si l'on voulait le faire trop vite. L'homme préférait prendre son temps. Il déplaçait ses pions, petit à petit et certains feraient mieux de faire attention.

- Oui, elle est venue me demander si je pourrai aller à Lampeduza. Passant alors sa main libre autour de la taille de sa compagne de vie. Prenant une gorgée de son verre. Je lui ai dit que j'en parlerai avec mon avocate...

Parce que si Vito était sorti, il était sous le coup d'une interdiction de quitter le pays. Les autorités craignaient qu'il se réfugie dans son fief et qu'ils ne puissent plus lui mettre la main dessus. Ce qui était une peur tout à fait valable. Même si le duc n'était pas du genre à se cacher. Il faisait face, c'était presque un jeu pour lui. Même si cela pouvait mettre les nerfs à tout son entourage. Lui, étonnamment, le vivait assez bien.

Son regard partait vers le hurlement du chien, sourcil haussé, avant d'avoir un petit sourire en coin.


- Vous êtes bien médisante, ma Dame. L'embrassant sur la tempe. Faisons lui un bon accueil, il vient de loin.

Eliott était un homme que le Duc appréciait et respectait réellement. La force tranquille de ce nordique avait quelque chose de charismatique, alors que lui, n'avait pas son pouvoir. Autant dire qu'on pouvait parfois impressionner Vito Lampeduza. Sans doute l'âge de ce vieil ami y était aussi pour quelque chose, il n'avait plus rien à prouver à personne. La voix de ce dernier se fit entendre, tandis qu'il s'approchait d'eux. Il laissa les vieux amis se saluer, sans éprouver aucune jalousie à cette familiarité qu'Odin avec son épouse. Il savait qu'il ne risquait rien. Un vrai sourire marquait ses traits, tandis qu'il répondait à l'accolade sans vraiment en être dérangé. Après tout, c'était ainsi que l'on faisait avec les plus proches.

- Eliott, quel plaisir. Riant légèrement. Un des plus beaux goûts qui soit, mon cher. Vous avez fait bon voyage? Mis à part ce retard? Un verre?

Faisant signe qu'on lui en serve un rapidement, avant que les siens ne reviennent vers eux. Il faisait alors les présentations, même si pourtant, ils s'étaient sans doute déjà croisé Eliott et Giulia en tous les cas.
Beleth
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Mar 10 Juil 2018 - 14:15
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Feat. Beleth



La vie du domaine s'était équilibrée de nouveau. D'autant que l'occupation du lieu par Beleth y implantait une touche de charme. Le personnel -féminin surtout- mettait beaucoup plus de cœur à l'ouvrage. Quand à la dame, elle accommodait au huis-clos juridique avec zèle. Du moins c'était ce qui se dégageait de son attitude générale. Elle délaissait plus volontiers son laboratoire pour lui préférer l'atelier du peintre dans lequel elle lisait des traités d'herboristerie du Moyen-âge avec passion.

– Hum. Fût la seule réaction de la Duchesse en entendant parler de l'héritière de Keenan.

Jessica Keenan était une Américaine aux dents longues. Elle était également toxicomane, alcoolique au dernier degré, et imbue de sa personne. Nikolas était intimement persuadée qu'elle n'avait pas géré la crise au mieux. La jeune femme avait néanmoins la confiance du Duc. Une protection inégalable contre l'ire de la meneuse de l'Ordre. Aussi cette dernière acceptait de ne rien faire sur le sujet.

– Et je ne suis pas certaine que nous soyons la raison principale, cette fois. Un sous-entendu équivoque dans la bouche de cette vieille partenaire de rituel.

L'atmosphère environnant la propriété se modifiait sensiblement. Strega pinçait les lèvres dans un long sifflement, pour rappeler la meute de chiens près d'eux. Celle-ci se composait à présent de quatre chiens adultes de trois chiots, que Monsieur avait lui-même baptisé : Aristote, Socrate et Beccaria. Les bêtes revenaient dans le jardin principal par tandem.

– Vieux Fanfaron. Qu'as-tu trouvé en Écosse ? Je suis curieuse.

Nikolas prenait le verre tendu par la petite domestique sans lui accorder un regard. Un vin rouge pétillant ouvert spécialement pour la soirée. Il venait de Lampeduza. De même tous les produits servi au menu le seraient. C'était une volonté de la Duchesse. Une façon d'apaiser les cœurs expatriés de leur terre. Elle faisait attention à ce genre de détails et plus encore maintenant que leurs neveux et leur nièce étaient dans la demeure.

Elle revenait se glisser aux côtés de son époux, tandis qu'ils discutaient. Son attention se portait sur la Donna Tomasi Lampeduza. Giulia approchait des soixante-dix ans en réalité. Un âge avancé qui donnait à ses yeux bleus charbons une fascinante force.

«  Seulement deux heures. J'en ai profité pour lire. J'ai retrouvé à Cork un livre des heures érotiques tout à fait splendide. Je vous le monterait Vito. Une vraie merveille. » Affirmait le bibliophile tout en suivant le mouvement. «  J'essayais de me souvenir de votre dernière visite pendant le trajet. Je n'ai pas su. » Sofia était alors une petite fille. Une adorable enfant qui avait été adorée de toute la forêt norvégienne.

Le groupe prenait tranquillement place autour de la table extérieure. Chacun s’asseyait où bon lui semblait lors de ces repas informels. La Duchesse laissait Julia tirait l'une des chaises qui faisait dos au jardin. Elle attrapait la serviette en tissu qu'elle déposait sur ses genoux d'un geste négligeant.

– 1976. Une décennie dont chaque instant était incrustée dans le parcours émotionnel de la Sorcière. Elle ne se trompait jamais sur un événement de cette période. La Donna eu un regard pour son frère et lui sourit. Un printemps très doux. Vous nous aviez montré votre nouvelle maison.
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Le Norvégien rendait sa main à la Dame de Lampeduza avec un sourire au coin des lèvres. Ils se regardèrent dans les yeux. Un échange silencieux de quelques secondes, durant lequel Eliott comprit, que son secret était déjà éventé. Il lui était toujours difficile de dissimuler quelque-chose à cette vieille sorcière. Ils ne l’évoquèrent cependant pas et les questions du Duc firent une parfaite diversion.

Avant de prendre place devant ce dernier Odin prenait le temps de saluer correctement le second couple. Il ne savait rien, ou peu de chose de la famille Sicilienne. Mais, il se souvenait avoir croisé Giulia, il y avait longtemps quelque part à Napoli. Ils avaient passé une excellente soirée dont les reflux se devinait dans l’œil amusé « d'Octavie ». Ils s’essayèrent en même temps, sous le regard attentif d'Antonio.

Eh bien vous reviendrez. Je l'ai modernisé depuis. Vous vous y plairiez. L'assurance amusé du nomade, intriguait l'hôtesse. Elle le fixait un instant. L'homme lui répondait d'un sourire énigmatique.

L'immortel vivait dans une petite arche du nord dont il était le gardien et le maître depuis des siècles. Les pouvoirs dont il était le possesseur lui avait permit d'asseoir une autorité quasi divine sur ce bastion. Il y gouvernait avec un calme paternaliste assurant la sécurité des Hommes et des bêtes. Depuis la mort tragique de Salambô, une compagne adorée, il y vivait seul. Une solitude volontaire et appréciée qui avait pourtant été perturbée pendant quelques mois.

J'ai entendu parler de vos ennuis pendant l'Exposition Universelle. Une bien mauvaise histoire. A-t-elle été retrouvée ? Odin, de part ses origines, était connecté à la nature et à la sphère occulte, même s'il s'en était énormément détaché au cours du temps. Vous savez bien tous les deux que...

Les yeux de l'homme se détournait brusquement en direction de l'ouest. Son regard se planta dans celui d'une chienne, cachée dans les herbes hautes. Kleidukos était l'une des métamorphe que Strega avait sous sa coupe depuis des années. Elle était plutôt vive de caractère. Pourtant, sous ce regard de mâle dominant, elle quittait les lieux sur le champ. Odin la regardait filer avant de revenir à ce qu'il disait visiblement un peu distrait et curieux.

… que je suis là pour vous aider. … Qui est « Lotte » ? Demandait-il enfin de compte, comme quelqu'un qui cherche à éclaircir une incompréhension.

Trois domestiques arrivaient avec la première entrée. Un gaspacho au rouge vif dont le parfum réveillait le souvenir de l'enfance.

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Antonio & Giulia

Strega
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Sam 21 Juil 2018 - 12:42
Vito savait que son épouse avait quelques réserves concernant son avocate. Mais pour le coup, elle avait fait de son mieux. Parce que le gouvernement avait eu un dossier en béton contre lui. Et il avait fallu toute la réussite de cette jeune femme pour qu'il puisse, aujourd'hui, se retrouver sur leur terrasse, à boire un verre, en homme libre. Alors il lui pardonnait ses écarts, drogue et alcool... tant qu'elle faisait du bon boulot. Le reste ne le regardait pas. Si un jour les choses changeaient, il serait le premier à agir en conséquence. Elle le savait, puisqu'il le lui avait dit. Et il était difficile de lui cacher quoi que ce soit, après tout, il pouvait lire les pensées, rappelez-vous. Le sujet était donc clos, Nikolas ne rentrait pas dans le débat et notre homme, ne souhaitait pas l'ouvrir, ils restaient donc sur un statu quo, ce qui n'était pas plus mal.

A croire que depuis qu'ils avaient tous les deux rajeunit, ils étaient devenu plus sage. Ou en tous les cas, ils avaient beaucoup moins matière à se prendre la tête l'un et l'autre. Sans doute parce qu'ils comblaient presque toutes les attentes de l'autre. Il y avait quand même encore des sujets délicats, que le Duc cherchait à aborder de la meilleure des façons. Mais ce ne serait sans doute pas pour ce soir. Surtout entouré d'autant d'invités. Il haussa d'ailleurs un sourcil au sous-entendu que sa compagne posait sur le pourquoi de la visite de ce très vieil ami.


- Ah oui? De toutes les façons, ne sont-ce pas les livres sa raison principale pour ses déplacements en général? Avec un petit sourire amusé. Qu'avez-vous appris?

Oui, il était curieux et ne s'en cachait pas. Surtout pour ce genre de ragots. Après tout, la vie était faite ainsi et si quelqu'un intéressait le vieux solitaire alors là, ce serait même un scoop! Et il n'était donc pas le seul, à voir la question directe que posait sa compagne à son vieil ami. Ce dernier profita de la diversion des questions du maître de maison pour détourner la conversation en se faisant un plaisir de lui répondre. Ce qui ne manqua pas d'amuser Vito. L'esprit affuté de ce compère, était plaisant. Il se frotta la barbe en riant un peu.


- Difficile de refuser une telle proposition, Eliott. Vous savez bien que l'érotisme et moi... avec un clin d'oeil. Personne n'était dupe et tout le monde connaissait la réputation du peintre, qui n'avait jamais démenti. En tous les cas, pas celle-ci.

Parler de sa fille n'était plus aussi douloureux qu'à l'époque, même si cela éveillait toujours le chagrin de l'avoir perdu. C'était plus pour Nikolas qu'il évitait souvent la discussion, il se souvenait des problèmes que ce décès avait emmenés dans leur couple. Pourtant, qu'Odin en parle, ne mit pas un froid direct dans la discussion, même s'il sentit une légère tension chez sa compagne, cette dernière ne donnait qu'une date, mais rappelait à eux pas mal de souvenirs. Leur invité n'avait pas fait cela pour les blesser, il le savait. C'était sans doute fait dans le sens de dire, regardez le temps que vous mettez à venir voir vos vieux amis. Sans doute comprenait-il aussi, que la sorcière n'avait guère envie de retourner à des endroits où le souvenir de sa fille était trop présent.


- Oh, nous devons venir voir cela alors. Si la maison avait changée, s'ils voulaient prendre un nouveau départ, ce genre d'endroit méritait donc qu'on leur donne de nouveaux souvenirs. Quand il me sera donner de quitter cette Arche, bien entendu. D'un ton presque taquin. Il ne voulait pas faire de cette assignation à demeure un drame, bien au contraire, il lui était important de montrer que cela ne le gênait en rien. Après tout, ses ennemis observaient ses moindres faits et gestes, il fallait donc démontrer que tout allait bien.

Tout le monde prenait donc place à la table. Vito était assis à côté de sa soeur, ils échangèrent quelques mots à voix basse. Pour ne pas déranger les autres convives ou parce que certaines choses ne devaient être entendues que d'eux seulement, avant que la voix d'Eliott ne reprenne son attention. Ce dernier, comme beaucoup, avait entendu parler des problèmes que l'Exposition Universelles avait vécus, un vrai drame, pour beaucoup. Même lui en avait été touché. Il fit un petit mouvement de la tête, tout en prenant une gorgée de son verre de rouge, observant les réactions de son invité. Ce dernier semblait être troublé par quelque chose. Il savait que son lien avec les animaux étaient spécial, mais que c'était surtout avec les oiseaux qu'ils avaient le plus d'accroche. Que la ballerine entre dans la conversation le laissa un instant perplexe.


- Nikolas ne voulait sans doute pas vous sortir de votre... retraite. Avec un sourire, attrapant une cuillère, pour entamer la soupe après que tout le monde eut été servi. Une danseuse étoile de talent. Vous n'êtes jamais allé voir un ballet lors de vos séjours parisien?

Sans tenter de noyer le poisson, ce n'était pas à Vito de poser certaines questions et il ne savait pas si son épouse souhaitait en parler, alors que sa belle-sœur et son mari étaient, eux aussi présents à cette table.
Beleth
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Mar 24 Juil 2018 - 15:47
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Feat. Beleth & Odin



Odin
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La connivence des deux hommes n'était plus à prouver. Il n'était d'ailleurs pas si rare qu'Eliott écrive à Vito sans passer par Nikolas. Il suivait sa carrière artistique avec attention. Pour tout dire, il avait même fait un petit passage au dernier vernissage en date sur Édimbourg. Seulement les événements l'avait privé d'une occasion d'aller lui parler.

Un point que l'on retrouve dans vos dernières œuvres, j'ai trouvé. Odin avait acheté deux toiles. Ils les avaient faites expédier.

Il allait de soit que ce vieux comparse ne cherchait aucune dispute avec ses amis. Il comprenait fort bien la peine du couple. C'était tout à fait naturel de pleurer la perte d'un enfant. Tout comme lui avait tant pleuré la mort de son adorée. Salambo lui avait donné des enfants. Il les avait élevés et soignés. A ce jour, Odin savait que son lignage s'était perpétré sans son assistance. Il n'aurait su dire si cela le rendait heureux ou non.

Oui, bien entendu. Rien ne nous presse. Je n'ai pas eu l'occasion de vous dire Vito. Ce brun retrouvé vous va fort bien. J'y vois le savoir-faire de ce bon vieux Viktor. De juste ?

Avec le temps, le cercle des très anciens Prodiges n'était pas si grand. Quoi que l'on ait pas rencontré tout le monde. On connaissait les noms et les réputations qui y étaient attachées. C'était ainsi qu'Odin avait eu vent de la présence de Tohum en Écosse depuis quelques temps. Quand d'autres comme Siren ou Delight étaient plus difficiles à suivre.

Cela ressemblerait bien à notre Duchesse. Notait-il avec un regard de guingois pour l’intéressée.

Voir Cnossos en sobre petite Duchesse Italienne lui donnait le sourire. Il avait vu cette femme, sous bien des formes, porter bien des titres, dont certains s'étaient éteins avec l’émergence de la Démocratie. Le temps passait aussi sur eux les dieux. Sans doute les amollissait-il un peu. Un léger sourire lui venait alors qu'il pensait aux paroles de la dernière occupante de sa demeure, sur le sujet de la divinité.

Non. Cela doit faire deux ou trois ans que je n'ai pas été à Paris plus de deux ou trois jours consécutifs.

Ce n'était pas cet hiver qu'il y serait allé non plus. Si occupé qu'il était à faire chauffer les fourneaux de la maison. Il avait passé une délicieuse saison, dont la paix et le bonheur, lui laissait le cœur un peu mélancolique.

Mais donc je m'y intéresserais, si vous dites qu'elle est talentueuse. J'ai fois en votre regard. Cela me changera un peu de mes bouquins.

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Nikolas scrutait attentivement la réaction de leur vieil ami pendant qu'il goûtait la première entrée. Un homme qui était tant fin gourmet que grand cuisinier, parmi d'autres talents. Le restaurant qu'il avait ouvert sur sa petite île était tous les soirs remplis.

– Si la demoiselle se décide à remonter sur scène, nous vous inviterons ici. Promis l’hôtesse d'une voix un peu plus froide. Odin avait acquiescé d'un petit sourire aimable.

Lotte était l'apprentie de Strega. Cela faisait plus d'un an qu'elle vivait ici à la Villa Sofia pour parfaire son apprentissage. Une étudiante qui se révélait douée, comme la Sorcière l'avait entrevu naguère. Seulement, la jeune femme avait perdu de son sérieux depuis un mois. Elle se faisait dilettante. La Duchesse se montrait d'une patience excessive, voyant chez Nikiya son futur bras-droit dans l'Ordre. Elle ne voulait pas que sa contrariété sur ce point emporte la tablée.

– C'est quoi qu'il en soit un bel endroit que l'Opéra. Nous y avons contribué. N'est-ce pas ? Interpellait-elle alors le Duc avec un sourire plus calme. Elle se décidait enfin à goûter à la soupe froide.

Antonio Tomasi était silencieux. Il parlait peu pendant ce genre de dîner. Il préférait entre mille les repas plus tranquilles qui n'avaient besoin ni de table, ni de tenues. Cependant, marié qu'il était à une Lampeduza, il avait apprit à se tenir comme il le fallait. Giulia ne lui pardonnant que peu d'écart de toutes les façons. Elle était du même feu que feu la mère Lampeduza et que Madame la femme de Vito.

- Eliott, connaissant votre tendresse pour les volatils en tout genre, je vous recommande vivement de prendre contact avec Zenon De Lascelle. Il loge en ville et a pour passion les oiseaux. Je n'ai pas vu volière d'aussi bonne qualité que la sienne. Nikolas en sera d'accord avec moi.

Les animaux que les Siciliennes avaient acheté à l'automne se portaient fort bien. Giulia songeait d'ailleurs qu'il lui faudrait profiter de sa visite en arche Écossaise pour avoir l'une de ces leçons dont le Comte se disait capable.

– Un éleveur efficace. C'est un fait. …

Strega retenait une légère pique à l'encontre du noble aux mœurs légères. Toute « adoucie » qu'elle fût, par sa renaissance, Cnossos conservait des griefs contre ces coutumes charnelles disproportionnées et dont elle avait elle-même était une victime. Elle se retint, comme de juste d'observer son Amor pour ne pas laisser entrevoir sa pensée fugitive.

Les oiseaux présents dans le grand jardin s'en étaient tous aller. La disparition de leurs piaillements était surprenante. La Duchesse ne s'en alarmait point. Elle savait le plaisir que leur invité avait de jouer avec les petites bêtes. Elle qui adorait mâter et materner les membres de la race canine comprenait fort bien cela. Ils savouraient ainsi un second verre de vin dans un calme quasi christique.

– De toutes les façons, Eliott, nous vous gardons la semaine, au moins. Vous devez tout de même nous conter toutes vos aventures depuis notre dernière entrevue. Personne à la table n’eut alors, ne serait-ce que l'envie, de contrarier la Dame.

Strega
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Dim 12 Aoû 2018 - 17:24
Oui, les deux hommes étaient devenus de vrais amis au fil du temps. Peut-être bien parce qu'ils se comprenaient sans avoir besoin d'en dire beaucoup. Et puis parce qu'ils faisaient partie de ce peux de personne capable d'être resté dans le cercle restreint des intimes de Nikolas. Sans compter que Vito était un homme curieux de la vie de cet immortel, plutôt discret. Comme son épouse, elle ne parlait pas plus de son passé que lui. Il savait beaucoup de choses, mais pas tout. Quand on avait autant vécu, il était difficile de tout résumé.

- Que l'on retrouve dans toutes mes oeuvres voulez-vous dire. D'un air un peu taquin. J'avoue que la prison m'a quelque peu... inspirée.

Mais pas dans le sens des expériences, dans l'absence du plaisir surtout, dans le manque qu'il avait pu ressentir. Autant dire que l'imagination avait été sa meilleure amie et que les papiers et les crayons qu'on lui avait laissé à disposition avaient fait le reste. Il n'était pas surpris qu'Odin lui ait acheté des toiles, il le savait, puisqu'il voyait toutes les transactions et les acheteurs de son travail. Même si ce n'était pas lui qui s'occupait de tout cela.

- Merci Eliott. Le fixant un instant, avec un petit sourire. Rien ne pouvait lui être caché décidément. Sans compter que le monde des immortels était bien petit. Ils se connaissaient tous, ou presque. En effet, il a réussi un tour de force assez incroyable. Je suis plutôt satisfait et je n'ai presque pas subi de contrecoup.

Ce scientifique de génie avait réussi un tour de force incroyable. Viktor était un immortel qui n'aimait pas trop que l'on parle de lui. Il restait discret. Il se consacrait à ses études et ses expériences, comme un Frankenstein. Le génome humain était sa passion, encore plus ceux des Prodiges. Bien entendu, avec lui, rien n'était gratuit. Mais c'était bien de sa personne que Lampeduza avait payé. Car l'expérience n'avait pas été simple. L'année écoulée pour ce changement radicale avait surtout été douloureuse, il avait souffert, souvent le martyr. Mais au jour d'aujourd'hui, toute cette souffrance en avait valu la peine. Il était heureux d'avoir retrouvé cette seconde jeunesse.

Les deux hommes étaient d'accord, comme bien souvent. Ils se retrouvaient souvent à être sur la même longueur d'onde, tout en connaissant très très bien Nikolas. Cette dernière ne sembla pas relever. Peut-être que le sujet de Lotte était encore un peu sensible. L'homme de la maison avait bien compris qu'il y avait un problème, mais il n'avait pu revoir la danseuse, comme si cette dernière tentait tant bien que mal de l'éviter. Ce qui était dommage, il aurait pu ainsi savoir ce qu'il se passait dans sa tête. Mais s'il apprenait ce qu'elle était en train de manigancer, elle risquait bien de disparaître sans laisser d'adresse. La froideur dont elle faisait preuve, démontrait bien qu'il y avait anguille sous roche entre les deux femmes. Vito s'intéressa un instant plus sérieusement à son assiette, avant que la voix de son épouse ne le fasse revenir à eux.


- En effet, un très bel endroit. Nous vous trouverons une place, Eliott. Deux même, si vous souhaitez être accompagné.

Une façon comme une autre d'en savoir un peu plus sur la vie intime de cet homme. Puisque la sorcière l'avait abordée avant que ce dernier n'arrive et avait donc piqué la curiosité du sicilien qui était toujours intéressé de découvrir quelle femme pouvait bien accaparer toute l'attention d'un mystérieux comme ce nordique.

Sa soeur prenait la parole à son tour, pour parler d'un autre noble de l'arche, DeLascelle avait une réputation sulfureuse que Vito connaissait très bien. Tout comme l'homme d'ailleurs, qu'il avait rencontré ici ou là, lors de soirée mondaine. Il appréciait l'esprit libertin de ce dernier, les deux hommes avaient parfois échangés sur le sujet. Sans plus se connaître. Il découvrait donc que sa femme et sa cadette étaient allées lui rendre visite notamment pour voir des oiseaux. Les laissant discuter, il gardait pourtant toujours un œil sur son beau-frère. Même si ce dernier ne s'en rendait pas compte, il était surveillé et assez étroitement. Ce que Keenan avait rapporté au parrain ne lui avait pas plus et depuis, Tomasi était dans son viseur. Il connaissait aussi son peu d'amour pour ce genre de soirée et se demandait souvent ce qui l'avait poussé à épouser sa frangine ou plutôt, ce qui avait poussé sa frangine à épouser un type pareil, alors qu'elle pouvait avoir tous les hommes qu'elle souhaitait... enfin... il n'avait pas non plus son mot à dire sur cela.


- Qu'as-tu acheté chez lui? Tout en parlant à Giulia, évitant ainsi la remarque que sa compagne aurait pu faire sur cet éleveur.

Un petit rire marqua les dernières paroles de la maîtresse de maison. Nikolas avait toujours eu le don de faire comprendre que ses envies étaient presque des ordres et qu'il serait difficile de s'y soustraire.


- Je crois que vous n'avez guère le choix mon ami. La chambre est déjà prête. J'essaierai, cela dit, de commuer votre peine... sur le ton de la taquinerie, tout en faisant un petit clin d'oeil à son épouse. Votre gaspacho est un délice, vous l'ai-je déjà dit? Servant alors à nouveau toute la tablée de vin.

Lampeduza était bien, cela se voyait. Comme si jamais il n'avait fait ce long séjour derrière des barreaux. Ou alors était-ce, justement, cette liberté retrouvée qui le rendait aussi léger. Allez savoir.
Beleth
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Jeu 16 Aoû 2018 - 17:22
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Odin
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ETAT DE SANTE : Un peu de fatigue. Mal de dos.
LIENS : Ami de Strega et Beleth. Connaissance de Tohum. Protecteur de Hellequin.



Odin n'avait pas pour lui de fibre artistique particulière. Ou bien il fallait lui allouer les plaisirs de bouches comme tels. Il aimait avant tout voir le plaisir briller dans les pupilles de ses goutteurs. Pour se faire il était prompte a une inventivité hors du commun et dont il s'était surpassé pour de charmantes papilles.

En quoi cela l'ami ? Cela veut-il dire que vous exposerez de nouveau bientôt ?

Le monde de la recherche était assez abstrait pour ce vieux divin. Bien sûr il y portait un intérêt intellectuel mesuré. Mais, il laissait néanmoins à d'autre le plaisir de la découverte et toutes les responsabilités qui en découlaient toujours. A son humble avis le monde eu pu s'arrêter à l'arrivée du feu pour cuire la viande. Il s'en serait fort bien accoutumé. A l'exception peut-être de son plaisir coupable pour la lecture.

Un talent inouï... et bien caché, heureusement. Murmurait le Nordique.

Avec un grand sérieux le gourmet découvrait le premier plat sévi. Il écoutait d'une oreille ses hôtes lui parler de l'art de l'opéra. Le sous-entendu du peintre ne tombait pas dans l'oreille d'un sourd. Eliott sourit, amusé d'être ainsi soupçonné de galanterie. Il ne voyait point l’intérêt entretenir plus loin le silence. Néanmoins par respect pour la belle Gabrielle il gardait sa langue.

J'en prend bonne note. Merci à vous. Je vous dirais ce qu'il en est. Je ne sais encore rien de ce qui va m'occuper. Pour avoir côtoyé la jeune femme, Odin doutait que ce genre d'activité soit de ses plaisirs. Il tenterait tout de même de la convaincre, tant pour la beauté de cet art que pour le plaisir de la revoir.

Eliott plongeait son regard dans celui de la Dama. L'un comme l'autre avait partagé la fraction d'un souvenir commun. L'homme acquiesçait tranquillement à la recommandation. Enfin de compte, ses connaissances en cette arche se compilaient sur les doigts d'une main. Cela allait avec sa personnalité.

Dans ce cas je tenterais de rencontrer cet homme. A dire vrai ce voyageur ne prévoyait jamais plus loin que le jour suivant quand il était en déplacement. Il aimait être libre d'improviser ce qui lui faisait envie. C'était un peu sa façon de partir en vacances. Quoique de nouvelles idées lui étaient venues à ce sujet, en partageant à nouveau la compagnie de la gente féminine.

Le rire d'Odin se faisait écho à celui de Beleth. Un rire de bonne humeur à la franchise désarmante. Si bien qu'il remarquait un petit sourire au coin de la bouche de Nikolas.

Eh bien soit ! Je serais ravi de redécouvrir la campagne écossaise avec vous. Voir même dans l'un de ces quatre roues, qui si mes souvenirs sont bons, font tant votre joie. Oui, le plaisir de la vitesse était une chose encore, qu'Eliott avait pu apprécier par l'intermédiaire de sa douce pensionnaire. Imaginer l’intéressée au volant de son deux roues lui tirait un fugace sourire. Il échangeait un regard complice avec le Duc avant de prendre son verre plein.








De concupiscence la benjamine des Lampeduza, reprenait au vol, la question de son frère. Elle lui répondait par le menu qui étaient les membres de leur volière en construction. Si Giovanni n'y prêtait qu'un intérêt limité, son cadet, Roméo était tout à fait fasciné par les bêtes à plumes. Il lui arrivait souvent de se lever plus tôt le matin pour être celui attitré à remplir les mangeoire par le jardiner.

- Dites-moi votre jour. Je dois faire d'autres affaires. Je serais ravie de vous y accompagner si l'occasion se peu. Proposait-elle à l'ami du couple. Elle reprenait ensuite la parole pour d'adresser de nouveau à Vito. Profiterions nous de la présence d'Odin pour lancer une partie de chasse ? Les lièvres sont beaux cette année encore.

La cygénique avait été enseigné par feu le Duc de Lampeduza à chacun de ses hérités, mâles et femelles. Giulia était cependant la plus versée dans cet art. Silvio ne s'y intéressait pas le moins du monde. Quant à Ezio, cela semblait dépendre de ses humeurs. Ne restait que Vito qui pouvait de temps à autre concéder de partager ce plaisir avec sa sœur. Giulia espérait ainsi retrouver un peu de liberté, à présent que sa fille pouvait boire au biberon. Elle savait que sa belle-sœur suivrait le jeu avec curiosité.

– S'il vous plaît, alors je suis satisfaite. A croire que l'avis de cuisinier était secondaire.

Nikolas était dans une épopée de séduction à l'encontre de son époux. Elle retrouvait des envies et des attentes qu'elle avait cru éteintes. Ce nouvel état lui rendait une humanité que tout le monde appréhendait avec un espoir ténu. La Duchesse reprenait une gorgée de vin. Du coin de l’œil elle faisait signe à la douce Julia qui filait prendre une autre bouteille à la cave. Un frisson de tissu se faisait entendre par la porte entrouverte. Le service préparait la seconde entrée.

– Vos douces pourront-elles également profiter de vos talents en la matière ? Demandait Madame, ajoutant d'une caresse sur la cuisse du peintre, la réclame de talents plus spécifiques. Eliott, mon cher, contez donc. Où avez-vous donc été ces mois passés ? Quels trésors avez vous trouvé ?

«  Mama... «  Une voix fluette qui attirait soudain toute l'attention de la tablée. Roméo, garçonnet moitié endormi, s'avançait vers ses parents. Il était petit pour son âge. Il avait des cheveux très bruns. Ses yeux étaient comme ceux de sa mère par la teinte mais infiniment plus doux. Il avait remarqué Odin et le surveillait du coin de l’œil avec peur. Ce vieux monsieur, ridé, grand, l'impressionnait beaucoup. «  J'ai soif. »  

Serait-ce le futur Duc qui se présente à nous ce soir ? Questionnait le Nordique, qui ne tenant point de compte des naissances, ne savait point qu'il parlait d'un cadet. Il voyait cependant le plaisir qu'avait l'enfant à être dans la pièce avec eux les adultes. Certaines choses demeuraient immuables.

- Oh non. Voici Roméo. Le secon... deuxième. S'amusait l'Italienne en attrapant un verre vide pour répondre à la demande de son fils. De l'autre côté de la table, le visage de la grande Strega s'était très légèrement adouci.

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Ven 31 Aoû 2018 - 15:10
Une nouvelle exposition, le nordique était bien trop enthousiasme. Vito secouait la tête dans un petit rire. Ce n'était pas encore prévu au programme. Il devait d'abord reprendre quelques affaires et mettre les points sur les I avec certains de ses associés. La peinture, dans ces moments, passait après tout le reste.

- Oh... je ne crois pas que ces toiles seraient exposables. Avec un petit air entendu. Car oui, en plus du temps qu'il n'avait pas vraiment à consacrer à cela pour le moment, les toiles d'un homme prisonnier qui aimait peindre des femmes pouvaient potentiellement en choquer plus d'un. Il ne souhaitait pas que la bonne société Edimbourgeoise le mette sur une liste noire, à cause de certains de ses fantasmes d'homme dont la liberté avait été entravée. Et mieux vaut pour tout le monde, que je reste sous les radars quelques temps, que le gouvernement m'oublie un peu.

Même si cet homme appréciait de braver ceux qui souhaitaient tant le mettre sous les verrous, il savait aussi faire en sorte de calmer le jeu. Pourquoi se faire oublier? Pour mieux revenir ensuite, faire tomber les défenses, pour mieux revenir à l'attaque. L'important était de savoir avoir de la patience. Et ce vieux félin en avait à revendre. Surtout maintenant qu'il avait l'éternité devant lui. Donc mieux valait ne pas tout de suite faire une nouvelle exposition artistique, son nom ne devait pas revenir à la une des journaux tout de suite. Il allait travailler son retour à la vie publique, de façon à mettre K-O ses adversaires.

- Oui, mieux vaut que Viktor reste dans l'ombre, il serait dommage qu'il s'attire des ennuis.

Ce qui risquait de ne jamais arriver avec ce dernier. Il était bien trop paranoïaque et faisait attention à tout. Il fallait connaître son existence pour pouvoir profiter de ses talents. Le sicilien avait un grand respect pour cet homme, encore plus avec ce qu'il lui avait fait. Certains talents devaient demeurer cacher, pour le bien de tous.

Au petit air d'Odin, le peintre savait que son épouse avait donc vu juste, que ses petites voix n'avaient pas mentis. Ce vieux grigou avait donc quelqu'un, c'était amusant. Il avait l'impression de toujours l'avoir connu célibataire, sans réelle envie de côtoyer la gente féminine, ou masculine d'ailleurs. Plus que par souci intellectuel. Même s'il pouvait apprécier ses œuvres un peu plus érotiques. Cela l'amusait et le rendait surtout très curieux de rencontrer cette femme qui - en tous les cas pour un temps - lui faisait changer d'avis. Ce n'était pas tous les jours qu'un tel changement s'opérait.


- Oh je vous laisserai même en conduire une si vous le souhaitez. Avec un air taquin.

C'était bien connu de l'entourage, que Vito était du genre à ne justement pas laisser le volant aux autres. Il aimait trop conduire pour cela. Mais... il savait être capable de faire des efforts, parfois. Sa sœur prit alors son attention, lui parlant donc des nouveaux animaux qui occupaient le jardin de leur maison à Lampeduza, à croire que ce De Lascelle savait parfaitement être vendeur. Il marqua un petit temps quand elle parla de chasse. Il n'y avait bien que Giulia pour encore apprécier ce sport. Aucun des trois frères n’était réellement friant d'une telle chose. Si Beleth était un homme de la mafia, il n'avait quasiment jamais appuyé sur la gâchette d'une arme. Il n'aimait pas se salir les mains ainsi. Enfin, il savait pourtant faire parfois plaisir à sa cadette et accepter de l'accompagner dans des parties de chasse. Tout en se demandant si Eliott ferait le déplacement lui aussi, cet ami des animaux.


- Je ne sais pas si Eliott aime vraiment ce genre de pratique que l'on fait pour le plaisir, mais si tu tiens à faire une partie de chasse, nous pouvons voir à en organiser une.

Si cela pouvait lui faire plaisir finalement, il n'avait rien contre. Cela fêterait la naissance et sa sortie de prison.

Que Nikolas tente de le séduire par toutes sortes de moyens, convenait parfaitement à notre homme. Il aimait ce petit jeu qui s'installait entre eux. Voilà longtemps que ce n'était pas arrivé et il en profitait un maximum. Attrapant la main de sa belle il la portait à ses lèvres pour un doux baiser, avec un petit sourire en coin, tandis qu'elle reportait toute son attention sur leur invité, pour tenter de lui soutirer quelques informations. Pas de doute que le vieux nordique se plierait de bonne guerre à cet interrogatoire, jusqu'à faire comprendre qu'il en avait assez.

C'était sans compter l'arrivée impromptue d'un des frères de la fratrie. Vito avait une affection toute particulière pour ces enfants. Il attrapait le jeune Roméo pour le faire venir sur ses genoux, tandis que sa mère remplissait un verre, répondant à l'interrogation de leur invité.


- Mais qui sait, s'il me le demande... avec un petit sourire, passant une main dans les cheveux ébouriffé du garnement. Je crois qu'il préfère rester avec nous que de dormir. Il a déjà tout compris au métier. Taquin.
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Dim 2 Sep 2018 - 17:18
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Les individus qui évoluaient dans l'ombre, comme c'était le cas de Viktor ou bien de Lampeduza, mettaient en place des stratégies pour ne pas être importunés. Ils en venaient à passer comme des chefs de guerre. Eliott quand à lui, avait rangé son épée de guerrier, il y a plusieurs siècles de là. A la demande d'une femme dont il avait été profondément amoureux. En hommage à cet amour il s'était toujours refusé à faire couler le sang et ce même après son trépas.

Eh bien oui, pourquoi pas ! Cela doit bien faire trente ans que je n'y ais plus touché. Vous devrez me faire une petite leçon. Eliott ne prendrait pas le risque d'abîmer l'un des trésors du Sicilien. Il tenait à son amitié et en tant que collectionneur il comprenait le plaisir de posséder des belles choses.

Quant à la sœur... Giulia lui faisait encore penser à une jeune louve. Quant bien même, les années avaient incrusté de jolies pattes d'oie, au coin de ses yeux d'acier. Il appréciait de l'observer évoluer au milieu de tous ces hommes de pouvoir, comme une vraie conquérante. Il aurait aimé voir certaine de ses « filles » avoir ne serait-ce que la moitié de son tempérament...

Mardi après-midi ? 15H00. Je compte sur vous pour passer me prendre. Il songeait au petit restaurant où il pourrait ensuite emmener la dame.

Votre frère me connaît bien. … je suis d'accord pour participer, à une condition. A ces mots le Nordique croisait le sourire en coin de la Crétoise. Bien sûr la Duchesse avait deviné son idée. Nous ne chassons que ce que je vous préparerais ensuite à dîner. Car chasser pour se nourrir était une façon différente appréhender la mort de l'animal.

Voilà que la conversation revenait sur les affaires du vieux bouquiniste. L’intéressé se redressait sur sa chaise, avant d'attraper son verre à moitié plein. Il n'avait pas dans l'idée d'éventer son bonheur personnel devant cette tablée, si sympathique fût elle. Pourtant, son amitié pour Strega aurait pu le faire céder. Il observait le petit hérité de la Dama en portant le vin à sa bouche. Il avait bien remarqué le froncement de sourcil de Nikolas à l’évocation du titre. Une réaction qui n'était pas sans l'amuser. Ainsi la belle Sorcière voulait réserver une place sur le trône.

Il n'y a pas plus beaux moments dans l'enfance c'est vrai. Petit. Restes un peu avec nous. Encourageait le vieux loup en lui faisant un clin d’œil. Roméo, sur les genoux de son oncle, levait son visage vers lui pour obtenir la permission d'un grand. Il attrapait le verre de vin du Duc comme un chapardeur voulant découvrir la boisson des adultes.

Odin relevait alors les yeux sur les Tomasi dans un rire. Voilà que le petit garçon faisait honneur à un autre de ses oncles.

En fait, je n'ai pas énormément bougé pendant l'hiver. Il a été rude.







Le rire de la Duchesse Lampeduza s'envolait tout à coup dans les airs.

– Vil menteur. Allez-vous bien céssé de me faire languir ! Nikolas interpellait son époux pour avoir un peu d'aide. Mais enfin qu'a t-il a ainsi nous tenir en haleine !

Les portes du salon s'ouvraient en grand. Trois domestiques entraient pour déservir les premiers couverts de la tablée. Trois autres leur succédaient pour servir la seconde entrée du soupé. Cette fois c'était un feuiletté aux légumes et aux coquiles de Saint-Jacques. Les couleurs étaient éclatantes. Un parfum d'épice remontait aux narines.

- Vito ! Rirait la cadette. Attention ! Roméo était en train de se pencher pour attraper la panière de pain.


Strega
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Ven 14 Sep 2018 - 16:18
- 30 ans?! Mais comment vous déplacez-vous? Ne me dites pas que vous préférez avoir un chauffeur que de vous conduire vous-même. Lâcha alors un Vito plus taquin que vraiment surpris. Il ne serait même pas étonné que ce vieux loup finisse par lui dire qu'il faisait tout à pied. Ce serait bien raccord avec un homme tel qu'Eliott. Mais si ce dernier était partant pour faire un tour en sa compagnie, il en était heureux. Car oui, le nordique était un homme qu'il appréciait réellement. Et en qui, fait rare, il avait une vraie confiance. Sans doute parce que Nikolas elle-même, l'appréciait profondément. Cela avait très clairement un poids dans la relation que le sicilien avait avec leur invité. Très bien, je serai là. Ne vous défilez pas au dernier moment, Eliott.

Prenant alors une gorgée de son verre de vin avec délectation. Il appréciait ce genre de soirée, encore plus depuis sa sortie de prison. Il aimait tout avec plus de force. Et ce n'était clairement pas son épouse qui pourrait dire le contraire. Un fin sourire marquait les traits du maître de maison, alors qu'Eliott confirmait ses dires et posait déjà une exigence concernant la chasse. Tout comme sa belle compagne, le peintre pouvait mettre sa main à couper sur ce qu'allait dire ensuite le nordique. Et comme prévu, ce n'était pas une surprise, il exigeait de pouvoir utiliser les animaux tués pour un repas.

- Ce sera avec plaisir. Voilà longtemps que je souhaite à nouveau goûter votre cuisine, mon ami.

Quand on avait un pareil chef sous la main, il ne fallait surtout pas s'en priver. Il ne voulait pas de faire de peine à la duchesse, mais elle comprendrait sans aucun doute pourquoi son mari se montrait aussi jovial et intéressé par une telle proposition. Elle aussi aimait la cuisine de ce vieil immortel. Ce n'était pas un fait qu'elle pouvait lui cacher.

L'attention de Vito se voyait donc accaparée par son neveu, il laissait Strega tenter tant bien que mal de tirer les vers du nez à son vieil ami, sans trop de succès, tandis qu'il discutait avec le garçon, attrapant le verre de vin que ce dernier était curieux de prendre.


- Ah ça non, mon jeune ami. Lui souriant tranquille, attrapant un verre d'eau qu'il lui mettait dans les mains. Attendez juste quelques instants.

Puis dans un mouvement, lui versait quelques gouttes de son vin dans son verre. Il ne demandait pas la permission aux parents, ce qui était peut-être une erreur, mais si ce garçon voulait faire comme les grands, il fallait bien lui en donner l'impression. Aussi pour ne pas avoir droit à une crise à table. L'ambiance était dans l'ensemble plutôt agréable, mieux valait ne pas laisser une ombre venir gâcher ce moment.

Le rire de la maîtresse de maison lui fit lever les yeux, alors qu'il haussait légèrement un sourcil, reportant toute son attention sur Odin.


- Oui vraiment, Eliott. Vous nous tuez avec votre suspens... vous voyez bien que Nikolas brûle d'envie d'en savoir plus.

Mais si Odin souhaitait garder ses secrets, Lampeduza ne voyait guère comment le faire parler. En tous les cas, il aimait voir Nikolas ainsi. C'était assez rare, surtout en présence d'autres personnes. Cela démontrait à quel point Eliott avait une place spéciale pour cette femme. Heureusement que Vito l'avait rapidement compris, sans pour autant ressentir une once de jalousie, ce n'était pas la même chose qui les unissait tous les deux. L'âge avait aussi son poids dans la balance de la relation et il n'aurait jamais fait le poids face à cela.

A la voix de sa cadette, Vito rattrapait le garnement et lui donnait un morceau de pain, le callant mieux sur ses genoux, il entamait le deuxième plat avec appétit, faisant goûter son neveu ce qu'il voulait, le gamin retroussait le nez presque de dégout aux fruits de mer, ce qui faisait rire le plus vieux.
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Dim 16 Sep 2018 - 0:23
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Odin
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Un court silence réunissait le bibliophile et le l'artiste peintre. Le viel homme du Nord étudiait son ôte, avec une bienveillance coutumière envers le genre humain.

J'aime toujours autant la marche à pied. Ou alors, je prend le bus. Et parfois, oui, je le reconnais un taxi. Ainsi se confirmait l'intuition du Sicilien. Odin ne changeait pas énormément. Oh non l'ami ! Loin de moi l'idée de fuir un défi pareil. Eh tenez, dites-moi donc, comme se porte cette écurie dont vous avez l'attention ?

Pendant très longtemps, il n'y avait eu que les équidés qui permettaient aux hommes de franchir les grandes distances. Odin aimait ces bêtes. Il était plutôt bon cavalier. La transition pour l’ère industrielle n'était probablement pas terminée dans son esprit. Il était possible qu'elle ne le soit jamais. Tout simplement parce qu'il était trop vieux pour savoir apprécier la vitesse induite par toutes ces machines. Il venait d'un temps où la nature imposait le seul rythme. Ce temps il le cultivait, là-bas dans son petit royaume.

– Oui, nous serons ravis de déguster vos mets. Nikolas allait dans le sens de son mari. Ce qu'elle faisait depuis le début de la soirée. Eliott souriait un peu. Il n'avait plus vu le couple apaisé de cette façon après la mort de Sofia. Il y voyait les conséquences des mois de séparation. Mais, y avait-il autre chose ?

C'est donc un marché. Je serais le cuisinier. Vous me permettrez de demander l'assistance de votre personnel ? Les gens de la Maisonnée avaient certainement changé. Odin avait connu l'époque où Pierre Pelletier était en fin de carrière. Le fils lui avait succédé. Bientôt tous deux finiraient par se rencontrer.

- Que fais-tu ? Interpellait la Sicilienne en fixant fils et oncle. Giulia suivait son louveteau des yeux alors qu'il penchait le verre pour goûter au vin que son oncle venait de lui verser.

La tablée entière se focalisait sur l'invité, par la faute de la Duchesse. Eliott avait un peu oublié le côté entêté de son ancienne comparse. Il reposait son verre alors que Beleth se joignait à une amicale inquisition.

Ma douce amie, prenez-le tel que je le dis : je ne peux m'avancer. J'aimerais d'abord consulter l’intéressée. D'une délicate façon Eliott venait de lui offrir une réponse partielle. Quelqu'un occupait en effet ses pensées. Une personne avec qui il avait une relation agréable. Mais, avec l'âge n'apprenait-on pas à apaiser le feu ? Vous serez informée. C'est promis. Il mettait là un point final au débat.

De cette façon un compromis serait trouvé. Eliott ne voulait pas contrarier Nikolas. Mais, il n'était pas de ceux qui cèdent à l’envoûteuse pour un oui ou pour un non. Il savait d'ailleurs qu'il pouvait lui tenir tête en toute amitié. C'était un réel confort au sein de la caste des prodiges. D'un sourire, il écartait donc le sujet, en observant le bambino sur les genoux de son oncle. D'une pensée à une autre il en venait à demander :

Bien bien. C'est assez parlé de mes amours pour le moment. Parlez-moi plutôt du reste de la famille. Comment vont Silvio et Ezio ? C'étaient ceux de leur fratrie qui étaient le plus difficile à voir. Odin cherchait quand était-ce la dernière fois qu'il avait vu l'un d'entre eux. Peut-être Ezio à Naples ? Ou bien le plus jeune pendant l'une de ses tournées. Et comment va le charmant Alonzo ? Le compagnon du musicien avait la sympathie du vieux loup.






Strega observait son vis-à-vis avec insistance. Il éludait avec une aisance qui l'agaçait presque. Elle n'était pas accoutumée à ce que les autres se dérobe à ses questions. Elle revenait dans le fond de son siège alors que le Duc riait. La belle inclinait la tête pour voir la tête du jeune Roméo. Elle souriait, plus pondérée dans sa réaction. Sa main allait frotter la joue de son neveu du dos de l'index. Elle avait davantage de manifestations d'affection envers les enfants depuis un an.

- Ah oui. J'aurais pu te le dire. Il n'aime pas les fruits de mer. Notait la sœur de Vito. Elle gardait le sourire. Posant une main apaisante sur celle de son époux.

Strega regardait sa belle-sœur. Son attention était attirée par Antonio qui proposait de faire le service, présentant la bouteille entamée. Le vin était bon. Les associations de saveurs étaient une part très importante d'un bon soupé. Nikolas était aller rechercher des crus. Elle avait même été elle même dénicher la perle rare pour accompagner le plat principal. Elle baissait sa main sous la table pour presser le genoux de Beleth, la cuisse étant inaccessible.

– Peut-être devrais-je accorder à votre sœur sa demande de les garder. Lui chuchotait-elle pendant que les autres conversaient.

En soi Roméo et Giovanni étaient des garçons un minium autonome. Selena venait d'avoir deux mois à peine. Elle était encore nourrisson. La Duchesse avait émit une réserve. Elle n'avait pas pouponné depuis de bien trop longues années. L'attitude de Vito l'encourageait néanmoins à voir la chose sous un autre œil.

– Cela nous donnerait un premier aperçu. Une phrase quelque peu énigmatique.

- Et toi Vito ? A quand remonte tes nouvelles de Silvio ? La Dona réitérait sa question non sans un petit pétillement de malice dans le fond de la prunelle.

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