Premier été / Lewis

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Ven 29 Juin 2018 - 16:07



« ...there ain't no journey what don't change you some. »

David Mitchell


Années 90 - Montagne du Pérou



    Je me levais tôt même si rien ne m’y obligeait. J’aimais ça. Voir le soleil émerger de l’horizon et colorer le ciel. Je me sentais toujours paisible devant un levé de soleil. Cette impression était encore plus forte devant ce paysage fantastique. Nous étions là depuis quatre jours et j’avais du mal à m’accoutumer à cette lumière typique des arches du sud. J’avais déjà utilisé les deux tiers de ma réserve de pellicules. Je n’avais pas prévu assez et me réapprovisionner ne serait pas évident. Peut-être que je dessinerais.

    La laine du poncho sentait encore le troupeau. La femme qui l’avait tricoté m’avait conté l’histoire de son peuple et la symbolique des couleurs. J’avais été captivée et je crois que Lewis aussi. Mon espagnol était très moyen, mais j’avais réussi à comprendre, grâce à ses mimes et ses sourires. Ce sourire édenté et cette peau profondément tannée m’avaient ému, au point qu’au moment du départ, je l’avais enlacée. Les argentins étaient aussi généreux et joyeux que les Italiens. Cela me mettait à l’aise et je ne m’étais jamais autant ouverte à la rencontre qu’au cours de ces semaines de voyage.

    Celui à qui je m’ouvrais le plus dormait sous la tente. Nous profitions de cette aventure pour nous découvrir en profondeur. Je posais autant de questions que je répondais aux siennes. Ce que j’avais trouvé chez lui se confirmait chaque jour un peu plus. Il apportait le calme et l’optimisme dont je manquais sans doute parfois. C’était agréable. Tout comme de m’endormir dans ses bras chaque nuit. J’avais très tôt aimé le contact charnel, pour ce qu’il avait de réconfortant et de fort. Mais je découvrais avec Grimm ce que cela signifiait de tomber amoureux.

    Je me tirais de ma rêverie tout en douceur. J’allais allumer le réchaud pour faire bouillir l’eau douce que nous avions récoltée dans une rivière hier. Je sortais les tasses en métal pour le café. Nous déjeunions pour le principal de ce que nous trouvions pendant les randonnées. Dans ce coin, il y avait beaucoup de pécher. J’en avais glané tellement que mon sac à dos était déformés par les bosses. Je sortais aussi les pates de fruits que j’avais achetés dans un petit village en bas de la montagne. J’essayais de tester toutes les spécialités des coins où nous passions. Heureusement que nous marchions beaucoup pour compenser.

    Je laissais tout en plan sans aucune crainte pour revenir sous notre tente. J’adorais retrouver Lewis ainsi. C’était comme de rentrer à la maison. Je me venais m’allonger prés de lui. Je posais mon front contre son corps chaud. Le chant des oiseaux finissaient souvent par me bercer. Je me retrouvais dans un demi-sommeil qui me ressourçait autant que la nuit. Dans ces moments je n’imaginais pas pouvoir un jour me reposer auprès de quelqu’un d’autre que lui. Il arrivait, je ne sais pas comment, que mon corps se retrouver encastré au sien. C’était la chaleur montante qui me faisait émerger.

    Ou encore les chèvres sauvages dont les sabots cognaient contre les cailloux. Le bruit se précisait à mon oreille. Je me redressais un peu vite quand je comprenais ce qui était en train de se passer. Je repoussais le duvet ouvert et sortais à quatre pattes, en essayant de ne pas m’empêtrer dans nos affaires. Je sortais la tête et contemplait les trois bêtes en train de chaparder dans nos réserves. Mon sac avait déjà été renversé et les fruits croqués à moitié. Je bondissais hors de la toile espérant les effrayer.

    « Oust ! Oust ! »

    Celle qui avait l’air la plus jeune reculait de quelques pas en arrière. Mais ses aînées me regardaient à peine. Je devais avoir une drôle d’allure avec mes cheveux en pétard et ma sandale à la main. J’avançais de trois mètres et comme je n’avais pas fait attention au terrain, je me prenais le pied dans un caillou.

    « Aie, ouille, quelle nouille ! » Je levais mon pied vers l’arrière et regardais par-dessus mon épaule pour examiner la plante. Une goutte de sang me confirmait le pouvoir de la petite douleur. L’une des chèvres avait finalement levé le nez, la babine débordante de jus de pèche. Elle me fixait d’une expression tellement blasée que s’en était comique. Je me mettais à rire devant sa mine et désignais les fruits avec un sourire résigné.

    « Bon appétit mesdames ! » Ils nous restaient des biscuits dans un des sacs à l’intérieur. Alors, autant en rire ! Et j'en riais.
Charadh
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Mer 4 Juil 2018 - 21:06


Ce voyage qu'ils avaient évoqué, voilà qu'ils le vivaient enfin! Ca n'avait pas été si compliqué que cela de faire accepter les parents de la demoiselle à la laisser partir ainsi à l'aventure, avec un homme qu'ils n'avaient rencontrés que pour une semaine. Mais l'entente s'était passée sans aucun accroc. Même si Grimm avait été un peu stressé au départ, une fois lancé dans le bain, il s'était montré, charmant, détendu, à l'écoute et prêt à aider en tout, alors qu'il n'était qu'un invité. Autant dire qu'il avait réussi à faire une bonne impression auprès de ses "beaux-parents", ce qui avait permis d'amener tout en douceur le sujet et l'acceptance d'une telle idée. Et puis, les parents Chevalier n'étaient pas si obtus que cela, ils savaient aussi que pour leur fille, cette aventure pouvait être un plus. Alors nos deux jeunes gens étaient partis, un sac sur le dos, sans regarder en arrière, pour les arches qui les faisaient rêver. Un petit tour du monde, qui avait tout de grisant.

En homme sociable, curieux, il ne manquait jamais de tenter de converser avec les locaux, même si la langue pouvait être une barrière et plus souvent que l'on pouvait le croire, il y avait toujours un moyen de communiquer. Les gestes, les mélanges des mots et même son don, permettait de discuter, de comprendre, d'appréhender des cultures qu'ils ne connaissaient pas. Il trouvait tout cela génial. Et tellement inspirant! Dans un petit carnet qui se trouvait dans une poche protégée de son sac à dos, il notait, chaque soir, ce qu'ils avaient vécus, vus, rencontrés. Tous les détails, un carnet de bord et en marge, quelques idées d'histoires, qu'il tentait parfois de raconter à sa belle, pour voir ce qu'elle en pensait, s'il arrivait à la faire rêver, alors qu'elle connaissait. Son premier public, le plus critique.

Et puis, cela permettait aussi qu'ils se découvrent, tous les deux, dans une intimité que peu de couple pouvait obtenir. Chaque jour, il sentait qu'il tombait un peu plus amoureux de cette femme. Chaque jour, il ressentait l'intime conviction qu'elle était la seule et l'unique. Pourtant, il évitait de le dire à voix haute, il ne voulait pas gâcher ces précieux moments, il ne voulait pas non plus lui faire peur. Les choses viendraient en temps et en heures, comme le lui répétait souvent sa mère.

Ce n'était pas non plus de tout repos. Partis donc avec des sacs à dos, nos deux aventuriers en herbe, marchaient souvent de longs kilomètres avant de pouvoir s'installer dans des camps de fortune. Enfin, ils tentaient d'avoir le maximum de confort dans la tente, pour au moins bien dormir, quand ils ne trouvaient pas un endroit où loger chez l'habitant. C'était donc le cas pour la nuit qu'ils venaient de passés. Perdus dans l'immensité de la montagne, ils avaient installés leurs camps.

Lewis ayant un sommeil plutôt profond, ne se réveiller pas aussi facilement que sa compagne. C'était une sorte de marmotte qui adorait prendre son temps au lit. Dormir était l'un de ses petits plaisirs et puisqu'ils étaient - quand même - en vacances, il ne s'en privait guère. Alors que Claire profitait du lever du soleil, lui dormait dans la chaleur de la tente, sans plus aucune protection pour couvrir sa peau nue. Et quand mademoiselle revenait dans ses bras, instinctivement, il les refermait sur elle, son nez planté dans ses cheveux, tel un bienheureux.

C'était finalement le bruit qui finissait par le sortir des bras de Morphée et il se redressait, assis sur le matelas, se frottant vigoureusement le visage, avant de se frotter la barbe qu'il laissait pousser, en prenant soin quand ils se retrouvaient dans des endroits habités. S'étirant un peu, il entendait que sa belle semblait se battre contre un ennemi tenace, mais qui la faisait rire - et dieu qu'il aimait entendre ce rire -, finissant par sortir de la tente, tout en se passant un t-shirt un peu élimé.

- Salut toi. Allant l'embrasser sur la nuque. Bien dormi? Remarquant une chèvre qui se gavait d'une partie de leur petit-déjeuner. Oh... on va être au pain sec et à l'eau? D'un petit ton taquin.
Grimm
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Mer 11 Juil 2018 - 20:18



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David Mitchell


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    Je tournais la tête pour sourire à Lewis. Mes yeux étaient illuminés par la bonne humeur. Le rire était encore au coin de ma bouche. Je lui caressais le bras. Il était encore chaud du sommeil. Sa mine moitié réveillée m'attendrissait. Je voyais dans sa physionomie le reflet de tout ce qu'il était. Il était terriblement beau. Je dois avouer que j'aimais beaucoup le fait que l'on puisse s'habiller comme on le voulait, sans penser au travail et l'allure.

    «Je crois bien, que oui. Elles m'ont eu par surprise. » J'avançais pour attraper mon sac par une bretelle et le ramener vers la tante. Je m'accroupissais et commençais à voir ce qu'il était possible de sauver. «Je suis désolée Le'.» Je tournais la tête vers lui. «Mais il y a de l'eau chaude !»

    Les chèvres commençaient à s'éloigner sans plus se tracasser de notre présence. Elles laissaient un bon gros bordel derrière elle. Je sortais un paquet de biscuit avec un « Yes » de victoire. Nous aurions au moins de quoi démarrer la journée. Je posais la victuaille. J'allais me mettre illico presto à ranger. Mais je m'en rendais compte et me reprenais, je m'étais promis de casser mes habitudes. Je me relevais :

    « Tu as bien dormi ? Pas trop froid ? J'ai l'impression que la couverture tiens bien chaud. On a bien fait.» Je venais déposer un bisou sur sa joue droite, je caressais sa joue gauche. Ma main descendait tendrement frotter sa poitrine. Je lui murmurais rieuse : « La journée commence bien. »

    J'allais récupérer de quoi attacher mes cheveux sous la tente. J'en profitais pour plier rapidement la couverture en question et rouler les duvets. Bon, même si j'essayais, c'était dur d'aller contre mes habitudes. A la ferme, on remet rarement quelque-chose à plus tard. Il faut que le matériel soit dispos et prêt à tout moment au cas où on en aurait besoin. Au moins, j'ai arrêté de vouloir aussi ranger les affaires de Grimm pour aller plus vite. Je progresse !

    « Il doit y avoir un troupeau plus haut. Peut-être qu'ils feront du fromage. Hélé. »

    Je revenais prés du cercle de pierre avec un peau d'eau et la trousse de secours portative. L'écorchure n'était pas bien méchante. Mais comme je vivais la moitié du temps pieds nus, je ne prendrais pas de risques. Ce serait trop idiot qu'il y ait des complications. Je me mettais en tailleur et j'examinais la blessure avant de la soigner.

    « J'ai regardé. Il y a une source un peu plus à l'est. On pourra se baigner. » Et laver deux, trois, shorts. Parce qu'avec la chaleur, ce qui était propre ne le restait pas longtemps.

    Je rebouchais le mercurochrome. Je refermais la trousse et la laissais sur le côté. Voilà qui était fait. J'attrapais le café en poudre pour nous préparer notre petit café du matin. J'aimais ces petites habitudes du matin. C'était comme de se retrouver dans un foyer. C'était de loin les meilleures vacances que je vivais pour le moment. Je savais que la compagnie de Richards y était pour beaucoup.

    Je posais une des tasses prés de lui. Puis je prenais la mienne entre mes deux mains. Je restais en tailleur sur le sol. Mes yeux furent attirés par la suite du levé de soleil. C'était vraiment très beau. J'arrêtais de parler, et même un peu de respirer. Je laissais toute cette nature m'en mettre plein les yeux. Waouh. Le monde était... unique.
Charadh
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Sam 21 Juil 2018 - 11:30
A voir son regard, Lewis pouvait parier que la demoiselle avait bien dormi et c'était tant mieux. Son bien-être lui était plus qu'important. Après tout, si c'était elle qui avait proposé un voyage tous les deux, c'était lui qui était parti sur le délire d'en faire un long de quelques mois. Il ne voulait donc pas qu'elle le regrette un jour. Il fallait que cela reste l'un de leur meilleur souvenir, à deux. Il l'embrassait à son tour sur la joue, la trouvant toujours aussi belle au réveil. Enfin, à son réveil à lui, en tous les cas.

- C'est pas grave, ça arrive. C'est ça de partir à l'aventure, non? L'observant faire. Il hocha de la tête tout en se grattant la barbe. Ça sera parfait, un café et ça repart!

Il se redressait pour s'étirer lentement, tout en observant les animaux qui reprenaient leur chemin, après s'être gavée. Avec un sourire, il attrapait le paquet de biscuit que lui tendait sa belle pour l'ouvrir, avant de commencer à allumer le feu. Quelques braises restaient encore allumées de la nuit, mais il n'y avait plus grand chose. Pour se faire un bon café, il fallait bien faire chauffer de l'eau. Parce que du café en poudre avec de l'eau froide... sans façon.

- Très bien dormi. Lui souriant. Avec toi, difficile d'avoir froid! Surtout que cet homme avait chaud naturellement. Et toi? Faisant une petite moue positive. Autant que ce petit matelas de sol. Autant il faut les porter, autant je suis content de les avoir le soir. Non parce que bon, dormir sur de la caillasse, ça pouvait finir par tuer le dos. Sa main se posait sur la sienne, son nez venait se coller au sien. On aura des choses à raconter. Taquin.

Notre conteur continuait donc à s'occuper d'allumer le feu, tout en voyant sa compagne revenir avec de quoi se soigner. Il l'observait faire.

- Qu'est-ce que tu t'es fait? Tu veux que je t'aide?

La coupure ne semblait pas si profonde que cela, mais elle avait bien raison d'en prendre soin. Ils marchaient beaucoup, mieux valait ne pas laisser les pieds blessés. Surtout quand madame aimait enlever ses chaussures dès qu'elle le pouvait. Ce n'était pas faute de lui avoir dit de faire attention, mais bon, c'était aussi ce qui faisait son charme.

- On ira voir, si les paysans sont dans le coin. Peut-être qu'ils amènent les chèvres ici et redescendent.

Enfin, il devait sûrement y avoir au moins un gardien dans les parages.

- Pour moins sentir le fauve, quelle bonne idée!

Il en profiterait aussi pour se raser un peu. Pas couper complètement la barbe, mais au moins la tailler correctement. Il évitait d'utiliser l'eau qu'ils gardaient en réserve pour cela. Ce qui faisait qu'il se rasait peu, car il n'était pas vraiment un adepte de le faire à sec.

Richards aiderait aussi sa belle à faire la lessive, à deux, tout allait plus vite et il était un homme qui avait appris à s'occuper lui-même de ses affaires. Ce n'était pas à la femme de faire toutes les corvées. Tout comme ranger, il avait dû se battre au début du voyage pour lui faire comprendre qu'il était un grand garçon et qu'il rangerait, même s'il pouvait être un poil plus bordélique qu'elle. Mais au final, tout était remis correctement dans les sacs quand ils étaient prêts à partir. La remerciant pour le café, il lui tendait le paquet de biscuits ouvert, trempant le sien dans la boisson chaude. Un petit sourire heureux au coin des lèvres.

Sa compagne semblait être happée par le paysage que leur offrait cette nature sauvage, c'est vrai que c'était incroyable à regarder. Doucement, il venait lui embrasser la joue, pas pour la faire détourner les yeux, mais simplement parce qu'elle lui donnait envie de le faire.

- Respire... dans un murmure taquin, avant de boire une longue gorgée de son café, une fois son biscuit terminé.

Dans un sac en plastique, il jetait leurs déchets, pour ensuite l'attacher à son sac à dos. Au prochain village, il profiterait d'une poubelle pour s'en débarrasser. Leur but étant de ne surtout pas laisser une marque de leur passage. Il serait dommage de dégrader de tels endroits. Tranquillement, il commençait à défaire leur tente. S'ils se dirigeaient vers la rivière, le campement suivrait, il préférait ne pas laisser trainer leurs affaires.

- Je me demande s'il y a un village dans le coin. Rien n'est noté sur la carte.

Heureusement pour eux, ils ne s'étaient pas encore perdus et ils trouvaient toujours de quoi s'en sortir. Mais la carte qu'ils avaient achetée en arrivant, ne marquait pas tout ce qu'ils pouvaient croiser. Ils se déplaçaient donc un peu, au petit bonheur la chance. Mais c'était aussi ainsi qu'ils faisaient les découvertes les plus incroyables.
Grimm
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Mar 24 Juil 2018 - 13:49



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David Mitchell


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    Je riais. Voilà ce qui me plaisait avec mon Anglais. Il n'y avait rien de fâcheux, rien qui soit insurmontable. Il avait ce truc pour rendre tout plus léger. Nous avions eu quelques situations périlleuses, depuis le début du voyage. Mais avec lui tout semblait s'arranger. J'avais l'impression qu'il avait un don pour rendre la vie plus simple. Ou bien était-ce cet amour qui me rendait moi aussi plus apte à recevoir les coups du sort ?

    « Oui c'est toi qui a raison ! Tant qu'elles ne s'en prennent pas à mes mollets. »

    Je le laissais gérer la suite. J'avais fais assez de catastrophe pour entamer la journée. C'était aussi agréable d'en faire un peu moins. Je découvrais le plaisir de se faire servir grâce à Lewis. Il était attentif à mes besoins. Il écoutait mes envies. En fait, je me sentais respectée. Non pas que mes autres relations ait été mauvaises... mais jamais ainsi. Je caressais mon nez au sien. Mes doigts remontaient sur l'arrière de son crâne. Je me sentais bien.

    « Je vais écrire à mon frère. Tu voudras mettre un mot ? »

    étant donné nos destinations, il n'y avait pas souvent de service postal. Ça ne faisait rien. J'écrivais quand même et dés que nous passions à proximité d'une grande ville, j'envoyais tout. C'était autant pour rassurer nos parents que pour partager l'aventure avec eux. D'autant que ma mère avait fortement parlé en notre faveur pour que papa accepte de me laisser partir.

    « Une petite coupure. C'est rien. Tu vois, hop, déjà réglé ! Ni vu ni connu. » Je laissais le produit agir avant de remettre des souliers. « Tes coups de soleil, ça va ? »

    Je riais. Avec la chaleur notre odeur pouvait se rapprocher de celle des fauves. Pas de quoi me faire sourciller une seconde. Quand je n'avais connu mon père que dans sa tenue de travail et avec des odeurs fortes collées sur la peau. Cela faisait partie de la nature. J'aimais particulièrement l'odeur de la peau de Lewis juste après qu'on se soit aimé. Peut-être un petit côté sauvage que je n'étais jamais imaginé avoir.

    « Et un peu de linge aussi. » Nous voyagions avec le minimum. Nous allions surtout sur des arches où il faisait bon, même chaud. Ce qui était pratique. Je lui rendais un sourire en attrapant un biscuit. « Je pense qu'on a encore de quoi tenir un ou deux jours. Le temps de remonter vers les villes. On pourra essayer d'avoir Franck si on trouve une ligne. »

    Le baiser me donnait envie de sourire. Alors je souriais. Notre complicité tactile prenait forme. Surtout que nous n'avions pas à courir après le temps ici. Je n'aurais pas cru être quelqu'un de câlin. Ce n'était pas trop le genre des Chevalier. On était un peu trop timides pour ça. Avec Lewis c'était autre chose. Sûrement parce que je me sentais en confiance. Parce que j'étais amoureuse aussi. J'étais plus spontanée, plus tendre, plus quémandeuse de contact.

    « Oh ! On va bien voir. Là où il y a de l'eau... en général il y a des hommes pas loin. J'aurais bien envie de voir à quoi ressemble leurs bergeries. »

    Pendant que Richards commençait à plier la toile je rassemblais nos sacs et les remplissais. Nous nous partagions les charges. Cela aidait aussi pour conserver de l'équilibre en marchant. La chaleur n'allait pas tarder à monter. Je rangeais le poncho. J'avais fait une radizia sur une série de débardeurs avant de partir. Un super investissement ! Le short était devenu mon meilleur ami.

    Je faisais un tour du campement pour une dernière vérification. Le feu était bien éteint. Il n'y avait pas de papier. C'était nickel. Je coinçais nos duvets dans les sangles des sacs. Je venais. J'attrapais une partie de la toile de tente, pour aider Grimm à tout replier. A force nous avions une technique. Je lui souriais, en venant vers lui, pour réunir les deux pans. Je lui volais un baiser au passage.

    « S'il ne fait pas trop froid ce soir on pourrait dormir à la belle étoiles. Ça te dirait ? »

    Une fois prêts la marche du matin commençait. Nous prenions donc la direction de ce cours d'eau. Les distances n'étaient pas toujours super précises. Ça ne m’inquiétais pas. J'aimais la randonnée. Passer mon enfance à courir dans les champs m'avait donné le goût. Je pensais avoir une assez bonne endurance. Et puis, je savais que nous faisions pas un marathon. Selon notre énergie nous pouvions faire dix comme quarante kilomètres.

    Je testais le sol avec prudence pour éviter les pierres dangereuses. J'étais toujours attentive sur les terrains de ce genre. Une cheville cassée pouvait gâcher le voyage. Il y aurait surment de l'argile au bord de la rivière.

    « Je pourrais te faire un soin du visage si tu veux. S'il y a de l'argile, c'est bon pour la peau. Quand j'étais gamine on s'en recouvrait et on se laisser sécher au soleil. » Je riais en me souvenant de la tête de mon frère la première fois qu'ils nous avait retrouvées étendues sur la pierre plate.
Charadh
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Dim 12 Aoû 2018 - 15:33
Oui, la vie était suffisamment faite de complications pour ne pas avoir besoin d'en rajouter. La perte d'une partie du petit déjeuner n'était en rien un problème. Il savait qu'ils retrouveraient des fruits sur le chemin et si ce n'était pas le cas, ils pouvaient toujours voir à en échanger à des paysans, contre un peu de travail, des sous ou tout autre chose. L'avantage de pouvoir faire un peu de troc dans ces contrées un peu plus reculées du monde. Il gardait toujours son sourire en parlant avec Claire. Elle avait cette tendance à le faire sourire, pour un oui ou pour un non. Parce qu'elle le rendait heureux et qu'il était bien avec elle. Il ne démordait pas de l'idée que ce voyage avait été la meilleure idée qu'ils avaient eue. De plus, s'ils le passaient sans encombre, cela voudrait sans doute dire quelque chose pour la suite... enfin... mieux valait d'abord profiter de l'instant présent avant de se projeter dans un futur même peu lointain.

- Le jour où une chèvre te mord le mollet, je m'inquiéterai du pays dans lequel on est entré. Amusé, avant de l'embrasser encore sur la joue. Oui, j'ai toujours des choses à dire à la famille.

Même si c'était sa belle qui écrivait le plus, il faisait aussi l'effort d'envoyer des mots à ses parents. Pour les rassurer et pour leur raconter le voyage. Bien qu'il gardait tout en tête et dans un carnet. Car il avait dans l'idée dans faire un récit. Chaque soir, il posait sur le papier les aventures de la journée, tout ce qui était - bien évidement - pertinent et utile à dire, ses longues nuits avec sa belle ne concernait qu'eux, par exemple. Mais faire de ce voyage une aventure qui pourrait faire rêver des adultes et des enfants, voilà le but qu'il s'était donné.

- Tant mieux, tant mieux. Regardant ses bras et ses épaules, passant ses mains sur sa peau. Mmmm... ça va, la peau est sèche et je pèle. Ça veut dire que ça guérit.

On pouvait être noir de peau et attraper des coups de soleil. C'était tout aussi douloureux et peu plaisant. Il n'avait pas fait attention sur leurs premiers jours, alors qu'il savait pertinemment qu'il aurait dû faire gaffe. La crème solaire n'avait pas été assez puissante face à la chaleur de ce soleil qui n'avait rien avoir avec celui de Londres. Maintenant, nos deux aventuriers faisaient bien attention de ne pas se laisser brûler la peau. Tout comme une cheville foulée, il serait dommage de devoir arrêter ce voyage pour une telle négligence.

- Et bien crois-le ou non, j'y ai aussi pensé!

Enfin Grimm faisait parti de ces hommes qui avaient appris rapidement à ne plus être dans les jupes de leurs mères et de devoir se démerder seuls comme des grands garçons qu'ils étaient. Alors la lessive, faire la bouffe, ranger, se tenir un peu... il savait faire. Et il n'était pas prêt à laisser Claire faire toutes les tâches ménagères, encore moins alors qu'ils étaient en vacance. Le partage des tâches, la base d'une relation saine. Là était toute sa croyance.

- Franck, la famille, Fanny. Je me demande comment ils s'en sortent tous les deux.

Les plus proches amis de Lewis et Claire étaient eux aussi en couple. Ils partaient sur une aventure tout aussi épique que la leur, puisqu'ils avaient décidés d'emménager ensemble. Grimm savait que Franck préparait déjà sa demande, il avait promis de la fermer à ce sujet, que les deux femmes soient surprises en même temps. Même s'il se demandait souvent si elles n'avaient pas un peu deviné, après tout, elles avaient le nez pour ça.

Elle avait raison, ils rencontreraient bien du monde à un moment ou à un autre. Ils replièrent donc le camp, prenant leur temps, avant que les sacs reviennent sur les épaules et qu'ils lancent la marche. Grimm marchait devant, ouvrant la marche, faisant tout aussi attention que sa compagne à là où il mettait les pieds. Avant de tendre l'oreille, il avait l'impression d'entendre de l'eau couler. Se dirigeant alors vers le bruit, il eut le plaisir de tomber sur une chute d'eau naturelle, avec un bassin où l'eau était plutôt claire et belle.

- Tu trouves que ma peau n'est pas assez belle? D'un ton taquin, avant de poser son sac au sol sur de la mousse. On est chanceux. Le coin était magnifique et peut toucher par l'homme. C'était pour cela qu'ils faisaient ce voyage. Regardant en l'air, pour voir où en était le soleil. Le ciel ne semblait en aucun nuageux. On pourra dormir à la belle étoile ce soir, comme tu le souhaitais.

Il l'aidait à enlever son sac, avant de virer son t-shirt et son short, pour s'approcher du rebord de la flotte et planta sa main dans l'eau fraîche. Elle avait l'air bonne et vu comme il transpirait, un bon bain ne lui ferait pas de mal. Sans attendre, sans peur non plus, il plongea la tête la première dans la crique, ressortant la tête de l'eau dans un rire, tout en se passant les mains sur la tête.

- Allez saute, elle est bonne! Souriant de toutes ses dents, tout en nageant sur place. Ils feraient la lessive plus tard.
Grimm
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Ven 17 Aoû 2018 - 11:22



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    Je savais que Lewis prenait beaucoup de note. J'étais curieuse. Même si je me gardais bien d'aller lire par dessus son épaule. Ça ne se faisait pas trop. Je pourrais voir le résultat quand il me conterait l'histoire. J'aimais être son public. C'était d'ailleurs grâce à lui que je lisais plus depuis quelques temps. L'entendre jouer autant avec les mots m'avait donné l'envie de retrouver le plaisir des romans.

    « Profite en pour pour dire à ton frère qu'on a trouver ses piments. »

    Je finissais de m'occuper de mon pied. J'attrapais dans le sac la crème prés exposition au soleil. Je me redressais pour aller dans le dos de l'Anglais. Le soleil montait vite. Ils avaient appris à anticiper. J'appliquais la crème sur mes mains pour la passer sur la nuque. J'embrassais son crâne puis je le laissais tranquille.

    Lewis et moi, nous retrouvions sur pas mal de point dans la vie à plusieurs. Pour le moment la gestion matérielle ne posait pas de souci. J'étais agréablement surprise. Même si je savais que le contexte jouait, je trouvait cette collaboration encourageante.

    « Je me demande aussi... » L'amie commune se mettait à parler de bébé. Elle y pensait de plus en plus. Si ce n'était pas un signe que ces deux-là c'étaient trouvés ! Comme quoi, le monde pouvait être petit.

    Nous n'avions pas eu à marcher trop longtemps. L'eau se présentait à nous. C'était une chance car les températures montaient déjà. Cela devait faire trois jours que nous nous nous lavions à l'eau claire de façon minimaliste. Alors, ce petit bassin me faisait bien envie !

    « J'adore ta peau. » Lui répondais-je sur le même ton.

    Je lui souriait, pendant que je posais le sac sur le sol, prés du sien. Accroupie, je jouais des épaules pour les détendre. Je sortais nos deux serviettes pendant qu'il se dé habillait. Je les étendais sur un espace plane avant l'imitée. Nue comme un ver, j'avançais vers le bord. Je visualisais la distance, je reculais de trois mètres et courais pour sauter à l'eau.

    La fraîcheur de l'eau sur ma peau était un régal immédiat. Je nageais quelques brasses avant de remonter chercher de l'air. Je tournais autour de moi-même en me maintenant à la surface par des mouvements de bras. Je levais le nez pour observer le paysage. Les animaux étaient tout autour de nous, dans les arbres et les petits bosquets. Le chant des oiseaux, le bruissement des feuilles, tout avait un goût. La nature était sauvage et libre, comme j'aimais ça.

    « Je crois que je viens de voir un Plegadis ridgwayi ! » La vieille femme de l'autre jour m'avait parlé de plusieurs variété d'oiseaux de la région. J'avais tout noté pour tenter une observation plus attentive de la faune. C'était aussi ce qui m'intéressait dans ce genre de voyage.

    Je nageais vers Grimm tranquille. Je lui sourirais de connivence. Cette baignade tombait à pique. Nous étions bien, juste avant le midi ainsi. Tout me semblait parfait. L'effet de cette arche sans doute. Mais aussi parce que je me sentais en harmonie avec tout ce qui se passait. Pour un peu, j'aurais bien passé toute ma vie sur les routes en compagnie de Lewis.

    Je nageais de côté autour de lui sans le quitter des yeux. Je me figurais que notre présence ici n'était pas un hasard. Les vents nous avaient guidé. Peut-être même, précisément l'un vers l'autre. C'était une pensée qui me paraissait de plus en plus ravissante. Je remontais devant lui. Je lui caressais la barbe, rapprochais mon visage pour venir cueillir sa bouche.

    Je me collais à lui, savourant cette sensation agréable de nos peaux mouillées l'une à l'autre. J'aimais le contraste que faisait nos peaux. J'aimais ce corps gigantesque et doux. Lewis était à mes yeux un homme très beau. Plus je l'aimais et plus il me paraissait beau. A présent, j'imaginais parfois, notre mélange un bébé avec son sourire. J'embrassais amoureusement l'une de ses épaules. S'il savait tout ce à quoi je rêvais.

    « Mmmm.» Je caressais son dos, créant des clapotis à la surface. « Tu crois qu'on pourrait se faire une vie comme ça ? »

    Des gens y arrivaient certainement. Je me demandais surtout pour nous, pour lui et moi.
Charadh
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Ven 31 Aoû 2018 - 16:33
Parfois, Claire anticipait pas mal ce qui concernait sa propre famille. Il riait tout en lui faisant un petit signe d'un pouce vers le haut, comme quoi il n'oublierait pas d'écrire cette petite remarque à son frère. Au pire des cas, il le verrait à leur retour. Ce serait une petite surprise, parmi les tonnes d'autres qu'ils allaient ramener chez eux. Enfin, le couple faisait quand même attention, c'était eux qui devaient porter tout ce qu'ils trouvaient. Les cadeaux étaient donc choisis en conséquence. Et quand ils arrivaient dans une ville, Grimm faisait toujours un paquet qu'il envoyait chez eux, avec la mention "ne pas ouvrir". C'était à chaque fois une petite dépense, mais cela permettait de ne pas prendre de risque, de casser ou de perdre ce qu'ils voulaient offrir à leurs proches.

Fanny et Franck était un sujet commun de nos deux protagonistes. Ils s'imaginaient souvent où aller les mener leur histoire et parfois, Lewis faisait un parallèle avec la leur d'histoire et espérait que ça parte sur la même voie. En tous les cas, pour le moment, c'était le cas. Il estimait qu'en plus, s'ils étaient tous les deux capable de se supporter pendant ce voyage, ils pourraient tout supporter. Ce n'était pas la même chose d'être ensemble 24h sur 24 quand on était dans un appartement et que l'on pouvait sortir quand on le voulait, contrairement à ce voyage, où mieux valait qu'ils ne se séparent pas trop et surtout, que les tâches étaient réellement distribuées. Il serait dommage de s'engueuler pour des broutilles, mais pour le moment, ils s'en sortaient, plutôt bien. Il aimait être à ses côtés, découvrir de nouvelles arches et la voir les découvrir. Ils partageaient quelque chose d'assez unique ensemble et il sentait que cela les rapprochait de plus en plus.

Ils se charriaient comme des gamins, même si parfois, ils avaient des réactions beaucoup plus... adultes. Son regard noir ne quittait pas la silhouette de sa belle. Ils n'étaient pas pudiques tous les deux et à quoi bon? Il n'y avait personne aux alentours qui pourrait les déranger, alors pourquoi ne pas profiter d'être nus comme des vers? Il s'approchait d'elle lentement, alors qu'elle pointait du doigt l'endroit où elle avait - semble-t-il - vu une espèce rare d'oiseaux.

- Peut-être que si on fait moins de bruit on en verra plus.

La prenant alors dans ses bras sans se faire prier quand elle se colla à lui, répondant avec tendresse à son baiser. Ses mains caressaient lentement sa peau, alors qu'il se perdait un instant dans son regard, avant d'aller déposer un baiser sur sa tempe. Il devait avouer que ce contact ne manquait pas de lui donner quelques idées qui pourraient en faire rougir certains, mais pourquoi être honteux de ce que cette femme pouvait lui inspirer? Ils nageaient en rond, lentement, profitant de l'instant.

- Tu veux dire, à vivre dans la nature ainsi? Taquin. Hochant de la tête. Je n'aurai pas vraiment de problème à cela. Et toi? Les conversations devenaient de plus en plus sérieuses entre eux. C'était grisant, ils ne se connaissaient pas depuis deux ans, que déjà, il se voyait finir ses jours avec elle. Ses doigts glissaient le long de sa colonne, venant prendre un baiser au coin de ses lèvres. Et même sans vivre sous une tente sur les routes. Même dans un studio miteux de Londres, je serai pour. Autant dire qu'il faisait part de ses pensées les plus profondes et démontrait l'amour qu'il lui portait. Ma porte t'es ouverte quand on rentre... autant dire qu'il l'invitait à emménager. Ça n'avait pas encore été fait mais... je me vois mal vivre une journée sans toi maintenant, après ce périple. La fixant. A moins que tout ne finisse mal et qu'on ne puisse plus se voir. Dans un petit rire, même s'il doutait pertinemment que cela n'arrive un jour.
Grimm
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Mar 4 Sep 2018 - 19:46



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    C'était comme si le monde était à nous, là seuls, dans ce lac d'eau pure. Savoir que de tels endroits existaient sur l'Archipel me donnait une certaine confiance en l'avenir. Je savais que ce monde était imparfait. Mais, quand bien même il regorgeait de trésors qui me donnait envie d'y croire. Alors, c'est vrai que dans ces moments si particulier, j'en venais à imaginer une vie différente.

    « Moi non plus. Je pense que je pourrais m'y faire. Je nous ferais des habits en bambou ! Tu t'occuperais de faire les feux... » Quoi ? C'était lui le plus doué de nous deux pour tout ce qui avait à trait à la fumée, non ? Je ne faisais que... le souligner.

    Et puis, en vrai, je préférais qu'il ait son plaisir que de me disputer avec lui. Non, tout sauf ça, j'aimais beaucoup trop la paix entre nous. Elle me rendait solide et forte. C'était aussi grâce à elle que je me lançais dans ce gigantisme tour du monde.

    « Je suis sûre qu'il y a une vie à imaginer comme ça. »

    Je lui souriais. Il y avait des chances qu'en revenant sur l'arche de Londres cette petite utopie disparaisse. Au moins elle avait le mérite d'exister maintenant. Ce qui n'était pas rien. J'allais m'approcher pour avoir un petit baiser. Mais, je reculais la tête pour l'écouter. Au fur et à mesure que je comprenais, je sentais mon cœur s'affoler. Ce n'était pas de la peur. Ou bien peut-être un petit peu. C'était de la joie. Je n'attendais que ça, voilà ce dont je me rendais compte pendant qu'il se lançait. Comme il faisait bien !

    « Haha... c'est malin. » Je murmurais quand mon rire se calmait. Je venais plaquer ma bouche contre la sienne.

    J'inspirais profondément. Une fois que j'entendais un peu moins mon cœur battre, je lui souriais. Je prenais une voix d'annonce.

    « Lewis Richards... oui, je veux vivre avec toi, dans un studio miteux. Oui. Mille fois oui. » Je le regardais. Je souriais. Ma main sortait de l'eau pour aller se poser sur l'arrière de son crâne. J'étais presque sur le point de lui avouer mon rêve à propos d'un bébé. Ça faisait ceci dit beaucoup pour une journée, pour une arche même. « Je suis tellement heureuse que tu m’aie convaincu de faire ce voyage ensemble. » Je l'aimais plus qu'à notre départ. Parce que je découvrais un homme profondément humain, bon, curieux, tout un tas de qualités encore, qui rayonnaient autour de lui. « Je voudrais passé le reste de mes jours à te regarder changer. » Je savais que cela sonnait comme une réplique de cinéma. Tant pis, pour aujourd'hui elle retranscrivait parfaitement ce qui était en moi.

    Je venais pour enlacer sa taille de ma jambe. Mais, une sensation étrange remontait le long de mon mollet. Je fixais Lewis étonnée. Ça ressemblait à la texture un peu visqueuse entre la méduse et le poisson. La sensation revenait une seconde fois, cette fois.

    « Y a quelqu... »[i] Je me sentais attirer vers le bas. L'eau commençait à m'entourer de partout.

    Je n'avais pas eu le temps de prendre une respiration. J'essayais de préserver mes réserves et bloquais mes poumons. Je baissais les yeux pour voir... en fait, je ne savais pas du tout ce que ça pouvait être. Ça ne ressemblait à rien que j'avais pu voir. Il y avait bien des tentacules. Elles avaient l'air vertes mais l'eau pouvait déformer les couleurs. En dehors de ça, je ne voyais rien. S'il y avait une tête, elle devait être encore plus loin.

    Je jouais de la cheville pour me libérer. Les travaux de la ferme m'avait rendu forte. Mais, rien à faire. Cela semblait renforcer la prise autour de l'os. Il continuait de n’emmener vers le fond. Est-ce que c'était pour me manger ? Cette idée me faisait brusquement paniquer. Mourir mangée par une créature, au beau milieu d'un magnifique lac, alors que j'étais sur le point de demander mon amant en mariage ! C'était la pire fin de série B possible.

    Je levais les yeux en direction de la surface. Heureusement que le lac n'était pas très profond. J'essayais d'aller à contre-courant pour remonter. Dans ma tête je n'avais qu'une seule pensée : revenir vers l'air.
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Ven 7 Sep 2018 - 21:27
Les envies de sa compagne ne manquaient pas de le faire rire. Voilà qu'elle les voyait aussi vivre ainsi. Mais beaucoup plus simplement que lui aurait pu le penser. Il aurait vu peut-être finalement une petite maison, voir même une bergerie perdue dans les hauteurs. Pour profiter de ce que les animaux leur offraient à manger. Il l'embrassait, ne pouvant pas s'en empêcher.

- Tu crois que le bambou c'est confortable à porter? C'est parce que je suis l'homme que tu veux que je m'occupe du feu?

S'il y avait bien une chose que Grimm n'était pas, c'était bien être un machiste. Mais là, c'était plus sous l'hilarité de l'image qu'il répondait ainsi. Elle était tout autant capable d'allumer un feu que lui. Parfois, elle avait même mieux la technique que lui. Tout dépendait du bois qu'ils trouvaient, de leur fatigue, etc...

Au moins étaient-ils tous les deux assez d'accord sur le fait qu'imaginer une telle vie pouvait être agréable. Sans doute utopique aux yeux de beaucoup, mais s'ils ne quittaient plus des pays comme celui qu'ils visitaient à l'instant? La vie y était plus paisible sur certains points. Certes, ça n'avait rien avoir avec leurs habitudes occidentales, mais ils étaient ouverts et prêts à changer leurs habitudes. Mais est-ce que cette vie serait faite pour eux sur le long terme? Ces deux artistes qui aimaient créer, que feraient-ils si finalement ils épuisaient toutes les possibilités? Il serait dommage de quitter un paradis, pour revenir presque la tête basse dans des endroits qui leur conviendrait mieux. Il lui caressait tranquillement le dos, les cheveux, perdu dans sa contemplation et ses pensées, cette femme le faisait d'un coup souvent plus réfléchir à son avenir. A ce qu'il voyait et ce qu'il voulait. Il répondait à son baiser.

A croire qu'il était temps d'enfin s'avouer certaines choses. Il l'écoutait avec attention, le cœur battant sans doute un peu plus fort. C'était presque trop solennel comme elle s'adressait à lui. Elle acceptait de venir vivre avec lui, c'était un sacré pas. Mais ils vivaient déjà ensemble depuis le début de ce voyage, ce n'était qu'une suite logique de tout ceci. Mais quand elle parla de vouloir le voir changer... il comprenait lentement mais sûrement le fond de sa pensée et... est-ce qu'ils voulaient la même chose tous les deux? Mais avant qu'ils puissent en parler, voilà qu'un évènement surprenant et même inquiétant les prit par surprise. La française se retrouvait alors tirée hors de ses bras, sous l'eau, sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit.

- Claire?! CLAIRE!!!!

Sans attendre une seule seconde, Lewis partait sous l'eau pour voir ce qu'il se passait, il la voyait être tirée au fond, sans réfléchir, il partait à sa poursuite, sans doute sans assez d'air mais qu'importe. D'une main ferme il attrapait son bras et tentait d'arrêter sa descente dans les profondeurs, mais la créature qui la tenait avait plus de puissance. L'homme n'était pas prêt à se laisser faire, il la sauverait coûte que coûte! Sans réfléchir aux poumons qui commençaient à le brûler, il dépassait sa belle, pour rejoindre son mollet et la tentacule qui la tenait et avec rage, il mordait alors dans le visqueux, suffisamment fort pour qu'elle relâche sa compagne et rapidement, il l'attrapait pour l'attirer à la surface, la sortant même avec rapidité de l'eau, le souffle court, lui manquant presque, il recrachait de l'eau et un morceau de chaire, avec dégout.

- Ça... ça... va? Tu vas bien? Lui prenant doucement le visage entre ses mains pour s'assurer que tout allait bien, la mettant sur le côté pour l'aider à respirer qu'elle recrache, elle aussi, tout l'eau qu'elle avait pu avaler.
Grimm
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Mar 11 Sep 2018 - 22:07



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    Mes muscles se contractaient tellement que la douleur était difficile à tenir. Rien à côté des effets du manque d’oxygène. La brûlure dans mes poumons était insoutenable. Une seconde correspondait à une éternité. Je voyais arriver le moment où le manque d’air allait l’emporter. Tout ce que je parvenais encore à me dire c’est combien c’était une fin idiote. Il y avait tellement de choses que je n’avais pas encore eu le temps de faire. Une tâche noire envahissait mon champ visuel. Et puis soudain cette sensation d’ascension. Aoelus me rappelait-il auprès de lui ?

    Je comprenais brusquement qu’il n’en était rien. J’étais sortie de l’eau. Je ne sais même pas comment. Une force que j’avais l’impression de connaître, me portais. L’eau dans mes bronches me faisait tousser. Je fus reconnaissante d’être étendue sur le côté. Je mettais ce qui me restait de force dans mes poumons pour expirer. Je ne reconnaissais pas les sons que faisait mon propre corps. J’avais le vertige. Mes jambes étaient encore raidies par les contractions musculaires.

    « Lewis ? Tu... tu vas bien ? La bête... tu» Une toux de tuberculeux me prenait en traître. J'étais obligée d'arrêter de parler. « Ça... va ? »

    Même porter ma tête me semblait un effort surhumain. Je me laissais retomber en sentant l’air pénétrer enfin dans ma gorge. L’ombre à l’horizon de mon champ de vision se dissipait un petit peu. Je balançais ma tête sur le côté pour essayer de voir Lewis. Ma main se tendait péniblement pour venir effleurer son bras. Il venait de me sauver de la noyade. Il m’avait clairement sauvé la vie.

    L’envie de vivre avait probablement déclenché quelque-chose dans mon cerveau. J’avais envie de pleurer, de rire, de crier de soulagement, de me reposer pendant cent ans. Je ne savais pas décrire où on se trouvait au bord de ce lac. Ni même combien de temps nous étions rester sous l’eau. Tout ce que je pouvais voir c’est que nous étions vivants!

    « Je veux un bébé avec toi. » Je ne savais pas exactement pourquoi ces mots-là étaient sortis en premier. Mais ça me semblait parfaitement logique. « Je t’aime et j’aimerais qu’on ait des enfants ensemble. Un jour. »

    Je lui souriais à présent sans aucune angoisse à ce sujet. Je préférais le dire avant qu’une autre catastrophe nous tombe sur le coin du nez. Je voulais tout lui dire.

    « Parce que je sais, oui, je sais que c’est toi. C'est avec toi que je veux faire tout ça. Tu comprends ? Je le sens. Et c'est... » Je partais dans un rire. J'avais certainement l'air d'une timbrée. Et alors ? J'avais presque vu la lumière blanche. On pouvait bien m'accorder un moment de folie !

    Je me redressais doucement, sur mes coudes, comme je sentais que je tenais à peu prés, je tentais carrément la position assise. Voilà, on y était. Je repliais mes jambes, les serraient l'une contre l'autre et penchait la tête pour voir ma cheville. La contraction de la tentacule avait fait un beau bleu. Pas grand chose à côté de ce à quoi nous venions de réchapper.

    « Tu crois qu'il y a matière à faire un conte avec tout ça ? » Je remontais mes genoux serrés contre ma poitrine pour les enlacer. Je frottais mon nez contre mon genou, posant ma tête dessus. Je souriais à cet homme, sentant dans le creux de mon ventre ce délicieux frisson. Qu'est-ce qu'il était beau.

    Mon corps avait arrêté de trembler. Mon cœur par-contre avait un peu de mal à se calmer le pauvre. Je sentais l'eau qui dégoulinait de mes cheveux. La chaleur du soleil qui se reflait sur la surface du lac. Tout était calme, très calme. Jamais l'on aurait pu dire que deux humains venaient de risquer leurs peaux. La Nature se moquait bien de nous elle. J'aimais ce principe.

    « Bon et ce linge ? » C'est vrai, je venais de dire à mon mec : fondons une famille ensemble et j'embraillais sur les histoires de lessives en pleine air.

    Je me relevais. J'évitais un caillou qui avait l'air dangereux pour la plante des pieds. Il y en avait en fait pas mal sur la rive. Je remontais tranquillement vers nos sacs pour aller chercher les habits à laver. J'en profitais pour passer une robe de plage. Non pas besoin de me sécher étant donné la température. Je prenais le sac en tissu avec les linges sales. Mon ventre gargouillait. La peur ça pouvait donner faim.

    « Tu me coupera les cheveux après ? »[i] Je ne voulais pas tout couper. Mais entre le soleil et la nature, la pointe était en souffrance. Alors, mieux valait anticiper avant d'avoir à me faire une boule à zéro.

    Je commençais par les sous-vêtements. On avait trouvé un produit à base de plante, à priori non polluant. Chaque fois que nous faisions une session laverie bio je me sentais l'âme d'une lavandière du dix-neuvième siècle. Alors évidement, je chantais et en Français !
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Ven 14 Sep 2018 - 15:07
Heureusement que l'adrénaline permettait de faire quelques miracles parfois. Ou si ce n'était pas des miracles, permettait de donner tout ce que l'on avait. Lewis ne se serait jamais pardonné si par malheur il était arrivé quelque chose à Claire. Il avait donc fait tout ce qui était en son pouvoir pour la tirer hors de ce mauvais pas. Il doutait que la tentacule appartienne à une bestiole qui aurait pu les dévorer, mais les noyer par contre... ça... c'était ce qui aurait pu se passer. Le pire venait d'être évité et il espérait bien que sa compagne revienne à elle, doucement, il lui caressait les cheveux, la laissant cracher toute l'eau qu'elle avait avalée, qu'elle reprenne aussi son souffle et son air. Il était rassuré de la voir prendre l'inspiration d'un noyé. Tout allait revenir dans l'ordre, ce ne serait plus qu'un incident de leur voyage, dont ils pourront rire... enfin... peut-être.

- Ca va chérie... moi ça va... et toi?

Pourtant, ce ne fût plus à la pieuvre ou tout autre chose à laquelle il pensa, alors que la belle française lui faisait part d'un rêve que lui avait avec elle et dont il n'avait jamais osé aborder le sujet. De peur qu'on le traite de naif, car leur relation était encore jeune. Elle voulait un bébé avec lui, elle voulait fonder une famille avec lui. Tout ce qu'elle lui disait, il s'y reconnaissait. Ils pensaient tous les deux la même chose, sans jamais avoir osé se le dire. Il avait fallu de manquer de peu un drame, pour que les langues se délient et Grimm ne la voyait pas comme folle, au contraire!

Sans jamais la lâcher vraiment de ses mains, pour s'assurer qu'elle allait bien, il lui souriait. Avec le sourire d'un homme comblé, qui venait, lui aussi, de vivre la peur de sa vie. Mais dont il appréciait chaque seconde loin du drame évité. Il caressait sa joue, riait un peu avec elle.

- Moi aussi, moi aussi je veux tout ça avec toi. Une famille, vieillir à tes côtés... il n'y a que toi.

Et ce qu'ils venaient de vivre, renforçait encore plus sa conviction. Elle était la femme de sa vie. Il deviendrait le plus malheureux des hommes si tout devait s'arrêter. Il ne voyait personne d'autre qu'elle pour être la mère de ses enfants, sa compagne, celle qu'il soutiendrait en tout et qui le soutiendrait en retour. Le rire était contagieux, il restait assis en tailleur près d'elle, encore, à l'écoute, observant comment elle allait, s'assurant que le traumatisme allait passer. Doucement, il massait la cheville blessée.

- Oh oui... je t'en ferai le récit plus tard. Souriant. Tu vas mieux?

Pas de réponse, mais une pile électrique en marche. Signe que ça devait aller mieux, non? Lewis regarda Claire se lever en secouant la tête. Elle manquait d'avoir été noyée et elle pensait déjà à faire la lessive, alors qu'il aurait été prêt à ce qu'ils se prennent un petit temps à deux. Mais c'était une façon comme une autre de gérer le stress et d'oublier tout ça. Il se releva à son tour et l'aida à porter la pile jusqu'à l'eau. Allant se passer un simple caleçon, profitant du soleil qui séchait sa peau.

D'un baiser, il embrassait l'arrière de la tête de sa belle.

- A notre retour chez nous, je t'épouse... le lui murmurant à son oreille avant de filer à son tour pour leur préparer un petit repas.

Les émotions creusaient. Toutes les émotions d'ailleurs. Sans compter qu'il était l'heure de manger. Il attrapait le réchaud, les quelques casseroles et commençait à préparer le repas. Surtout fait à base de pomme de terre et d'autres légumes trouvés au gré du chemin. Il sortait aussi un peu de viande séchée, pour le goût, l'observant nettoyer les habits de loin, d'un air rêveur, se laissant bercé par sa voix.

- Tu voudras un peu de café pour le dessert? Alors qu'il laissait la bouffe mijotée, il attrapait les habits propres, pour aller les étendre sur une corde qu'il avait tendue entre deux arbres. Les corvées étaient faites à deux. Rien de plus naturel.
Grimm
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Dim 16 Sep 2018 - 20:01



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David Mitchell


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    Quelque-chose chez moi me murmurait que j'avais bien fait de me lancer. Je n'arrêtais pas de dire aux gens d'être à l'écoute de leur instinct. C'était bien de suivre ses propres conseils aussi.

    « Oui ! Des enfants, des chiens, des chats... peut-être pas tout ça dans une forêt mais, pas loin de la nature ? Je sais déjà comment j'aimerais appeler notre première fille... si tu es d'accord, Élise. »

    Cela faisait des années déjà que j'avais ces prénoms en tête. Si c'était une fille Élise et pour un garçon Thomas. Je souriais sans doute bêtement. Oui il y aurait plusieurs, trois, je me disais que c'était l'idéal. Un de plus que ma fratrie, mais moins que la sienne, pour que l'on puisse tout gérer. Je nous voyais déjà en train de pouponner des enfants. A essayer de concilier leurs activités avec nos horaires de travail. Lewis travaillerait peut-être dans une troupe de théâtre. Moi je ferais des habits dans une boutique de Londres.

    « On pourrait l'appeler «  La pieuvre géante. » » Je n'étais pas la plus à l'aise avec les mots. Quoique depuis que je connaissais Lewis, je m'étais nettement améliorée. C'était à force de l'écouter préparer ses textes pour les mises en scène. Il trouverait mieux. Je lui souriais aussi. Maintenant que je pouvais respirer normalement, tout allait mieux. Je ne me baignerais plus dans ce lac en tous les cas. J'évitais la zone où l'on venait de se faire prendre. « Je me sens bien ça va. J'ai juste eu tellement peur ! Toi aussi ça va ? »

    Je sentais mon visage s'étirer part un sourire. Mariage... L'idée était plantée. Je la laissais gagner sa place dans mon esprit. Je ne pensais alors plus du tout à la bête cachée sous l'eau. Ni à la noyade... ni même à ce que j'étais en train de faire. Lewis venait de me proposer le mariage. Je savait que cela allait m'habiter jusqu'à la fin du voyage.

    « Oui. Un café s'il te plaît. »

    Sinon avec la chaleur qu'il faisait, j'allais m'endormir sans demander mon reste après manger. Ça nous arrivait de faire une sieste. Mais on avait prévu d'avancer aujourd'hui et demain. Comme ça on pourrait arriver dans la zone où les allait avoir lieu la cérémonie des oiseaux. Une tradition qui se faisait uniquement sur cette arche et à cette époque de l'année.

    Le sentant approcher, je le suivais des yeux, pendant qu'il ramassait la pile de vêtements. Je lui adressais un sourire léger et interrogateur aussi. Non, vraiment, n'allait-il pas revenir sur la nouvelle ? C'était la première fois que le sujet venait sur la table. Je ne savais pas du tout comment il voyait la chose. Au cours de nos conversations il y avait bien eu des détails. Mais dans l'ensemble...

    Je finissais de frotter la chemise que j'avais dans les mains. Je surveillais de temps en temps la profondeur du lac. Il n'y avait pas de signe de la créature. Les dents de Lewis devaient l'avoir convaincu de ne pas revenir tout de suite. J'essorais le tissu détrempé en respirant le parfum qui flottait. Ça sentait bon. Le plus gros de la lessive était fait. J'allais étendre ce que je venais de faire, en lançant des coups d’œil vers le cuistot. J'avais envie de rire, de bondir sur lui pour qu'il me dise plus.

    J'allais poser mes mains encore mouillées sur son dos chauffé par le soleil. Je le regardais faire. Le mouvements des muscles des épaules était beau. Il me donnait un peu plus chaud.

    « Tu vas vraiment me laisser imaginer sans rien dire de plus ? » Je caressais son dos. Je m'approchais, lançant un coup d’œil par dessus son épaule pour voir ce qui mijotait. Une de mes mains passait et repassais sur son dos. Je posais mon autre main sur sa taille, en embrassant le haut de son épaule chocolat. « On va se marier ? » Je le répétais en souriant. Ma bouche revenant embrasser la base ses épaules. La chaleur qui émanait de lui passait derrière le tissu. Je pensais à l'enlever. Je pensais aussi à lui dans une tenue de mariage. Je ne pouvait l'empêcher, alors je riais encore. « Je nous ferais nos tenues... » J'adorerais préparer ces habits-là. Je le savais. « J'aimerais qu'il y ait une petite cérémonie... dans un Temple. »

    Notre famille était croyante. La religion du vent faisait partie de chez nous. Je ne me souvenais pas d'un jour dans ma vie sans la présence d'Aeolus. Hugo accepterait sans doute d'aider à la préparation. C'était une idée qui me plaisait beaucoup elle aussi. J'allais respirer le creux du cou de Richards. Oui, c'était cette odeur que je voulais à chacun de mes réveils.

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