Premier été / Lewis

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Ven 29 Juin 2018 - 16:07



« ...there ain't no journey what don't change you some. »

David Mitchell


Années 90 - Montagne du Pérou



    Je me levais tôt même si rien ne m’y obligeait. J’aimais ça. Voir le soleil émerger de l’horizon et colorer le ciel. Je me sentais toujours paisible devant un levé de soleil. Cette impression était encore plus forte devant ce paysage fantastique. Nous étions là depuis quatre jours et j’avais du mal à m’accoutumer à cette lumière typique des arches du sud. J’avais déjà utilisé les deux tiers de ma réserve de pellicules. Je n’avais pas prévu assez et me réapprovisionner ne serait pas évident. Peut-être que je dessinerais.

    La laine du poncho sentait encore le troupeau. La femme qui l’avait tricoté m’avait conté l’histoire de son peuple et la symbolique des couleurs. J’avais été captivée et je crois que Lewis aussi. Mon espagnol était très moyen, mais j’avais réussi à comprendre, grâce à ses mimes et ses sourires. Ce sourire édenté et cette peau profondément tannée m’avaient ému, au point qu’au moment du départ, je l’avais enlacée. Les argentins étaient aussi généreux et joyeux que les Italiens. Cela me mettait à l’aise et je ne m’étais jamais autant ouverte à la rencontre qu’au cours de ces semaines de voyage.

    Celui à qui je m’ouvrais le plus dormait sous la tente. Nous profitions de cette aventure pour nous découvrir en profondeur. Je posais autant de questions que je répondais aux siennes. Ce que j’avais trouvé chez lui se confirmait chaque jour un peu plus. Il apportait le calme et l’optimisme dont je manquais sans doute parfois. C’était agréable. Tout comme de m’endormir dans ses bras chaque nuit. J’avais très tôt aimé le contact charnel, pour ce qu’il avait de réconfortant et de fort. Mais je découvrais avec Grimm ce que cela signifiait de tomber amoureux.

    Je me tirais de ma rêverie tout en douceur. J’allais allumer le réchaud pour faire bouillir l’eau douce que nous avions récoltée dans une rivière hier. Je sortais les tasses en métal pour le café. Nous déjeunions pour le principal de ce que nous trouvions pendant les randonnées. Dans ce coin, il y avait beaucoup de pécher. J’en avais glané tellement que mon sac à dos était déformés par les bosses. Je sortais aussi les pates de fruits que j’avais achetés dans un petit village en bas de la montagne. J’essayais de tester toutes les spécialités des coins où nous passions. Heureusement que nous marchions beaucoup pour compenser.

    Je laissais tout en plan sans aucune crainte pour revenir sous notre tente. J’adorais retrouver Lewis ainsi. C’était comme de rentrer à la maison. Je me venais m’allonger prés de lui. Je posais mon front contre son corps chaud. Le chant des oiseaux finissaient souvent par me bercer. Je me retrouvais dans un demi-sommeil qui me ressourçait autant que la nuit. Dans ces moments je n’imaginais pas pouvoir un jour me reposer auprès de quelqu’un d’autre que lui. Il arrivait, je ne sais pas comment, que mon corps se retrouver encastré au sien. C’était la chaleur montante qui me faisait émerger.

    Ou encore les chèvres sauvages dont les sabots cognaient contre les cailloux. Le bruit se précisait à mon oreille. Je me redressais un peu vite quand je comprenais ce qui était en train de se passer. Je repoussais le duvet ouvert et sortais à quatre pattes, en essayant de ne pas m’empêtrer dans nos affaires. Je sortais la tête et contemplait les trois bêtes en train de chaparder dans nos réserves. Mon sac avait déjà été renversé et les fruits croqués à moitié. Je bondissais hors de la toile espérant les effrayer.

    « Oust ! Oust ! »

    Celle qui avait l’air la plus jeune reculait de quelques pas en arrière. Mais ses aînées me regardaient à peine. Je devais avoir une drôle d’allure avec mes cheveux en pétard et ma sandale à la main. J’avançais de trois mètres et comme je n’avais pas fait attention au terrain, je me prenais le pied dans un caillou.

    « Aie, ouille, quelle nouille ! » Je levais mon pied vers l’arrière et regardais par-dessus mon épaule pour examiner la plante. Une goutte de sang me confirmait le pouvoir de la petite douleur. L’une des chèvres avait finalement levé le nez, la babine débordante de jus de pèche. Elle me fixait d’une expression tellement blasée que s’en était comique. Je me mettais à rire devant sa mine et désignais les fruits avec un sourire résigné.

    « Bon appétit mesdames ! » Ils nous restaient des biscuits dans un des sacs à l’intérieur. Alors, autant en rire ! Et j'en riais.
Charadh
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Mer 4 Juil 2018 - 21:06


Ce voyage qu'ils avaient évoqué, voilà qu'ils le vivaient enfin! Ca n'avait pas été si compliqué que cela de faire accepter les parents de la demoiselle à la laisser partir ainsi à l'aventure, avec un homme qu'ils n'avaient rencontrés que pour une semaine. Mais l'entente s'était passée sans aucun accroc. Même si Grimm avait été un peu stressé au départ, une fois lancé dans le bain, il s'était montré, charmant, détendu, à l'écoute et prêt à aider en tout, alors qu'il n'était qu'un invité. Autant dire qu'il avait réussi à faire une bonne impression auprès de ses "beaux-parents", ce qui avait permis d'amener tout en douceur le sujet et l'acceptance d'une telle idée. Et puis, les parents Chevalier n'étaient pas si obtus que cela, ils savaient aussi que pour leur fille, cette aventure pouvait être un plus. Alors nos deux jeunes gens étaient partis, un sac sur le dos, sans regarder en arrière, pour les arches qui les faisaient rêver. Un petit tour du monde, qui avait tout de grisant.

En homme sociable, curieux, il ne manquait jamais de tenter de converser avec les locaux, même si la langue pouvait être une barrière et plus souvent que l'on pouvait le croire, il y avait toujours un moyen de communiquer. Les gestes, les mélanges des mots et même son don, permettait de discuter, de comprendre, d'appréhender des cultures qu'ils ne connaissaient pas. Il trouvait tout cela génial. Et tellement inspirant! Dans un petit carnet qui se trouvait dans une poche protégée de son sac à dos, il notait, chaque soir, ce qu'ils avaient vécus, vus, rencontrés. Tous les détails, un carnet de bord et en marge, quelques idées d'histoires, qu'il tentait parfois de raconter à sa belle, pour voir ce qu'elle en pensait, s'il arrivait à la faire rêver, alors qu'elle connaissait. Son premier public, le plus critique.

Et puis, cela permettait aussi qu'ils se découvrent, tous les deux, dans une intimité que peu de couple pouvait obtenir. Chaque jour, il sentait qu'il tombait un peu plus amoureux de cette femme. Chaque jour, il ressentait l'intime conviction qu'elle était la seule et l'unique. Pourtant, il évitait de le dire à voix haute, il ne voulait pas gâcher ces précieux moments, il ne voulait pas non plus lui faire peur. Les choses viendraient en temps et en heures, comme le lui répétait souvent sa mère.

Ce n'était pas non plus de tout repos. Partis donc avec des sacs à dos, nos deux aventuriers en herbe, marchaient souvent de longs kilomètres avant de pouvoir s'installer dans des camps de fortune. Enfin, ils tentaient d'avoir le maximum de confort dans la tente, pour au moins bien dormir, quand ils ne trouvaient pas un endroit où loger chez l'habitant. C'était donc le cas pour la nuit qu'ils venaient de passés. Perdus dans l'immensité de la montagne, ils avaient installés leurs camps.

Lewis ayant un sommeil plutôt profond, ne se réveiller pas aussi facilement que sa compagne. C'était une sorte de marmotte qui adorait prendre son temps au lit. Dormir était l'un de ses petits plaisirs et puisqu'ils étaient - quand même - en vacances, il ne s'en privait guère. Alors que Claire profitait du lever du soleil, lui dormait dans la chaleur de la tente, sans plus aucune protection pour couvrir sa peau nue. Et quand mademoiselle revenait dans ses bras, instinctivement, il les refermait sur elle, son nez planté dans ses cheveux, tel un bienheureux.

C'était finalement le bruit qui finissait par le sortir des bras de Morphée et il se redressait, assis sur le matelas, se frottant vigoureusement le visage, avant de se frotter la barbe qu'il laissait pousser, en prenant soin quand ils se retrouvaient dans des endroits habités. S'étirant un peu, il entendait que sa belle semblait se battre contre un ennemi tenace, mais qui la faisait rire - et dieu qu'il aimait entendre ce rire -, finissant par sortir de la tente, tout en se passant un t-shirt un peu élimé.

- Salut toi. Allant l'embrasser sur la nuque. Bien dormi? Remarquant une chèvre qui se gavait d'une partie de leur petit-déjeuner. Oh... on va être au pain sec et à l'eau? D'un petit ton taquin.
Grimm
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Mer 11 Juil 2018 - 20:18



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David Mitchell


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    Je tournais la tête pour sourire à Lewis. Mes yeux étaient illuminés par la bonne humeur. Le rire était encore au coin de ma bouche. Je lui caressais le bras. Il était encore chaud du sommeil. Sa mine moitié réveillée m'attendrissait. Je voyais dans sa physionomie le reflet de tout ce qu'il était. Il était terriblement beau. Je dois avouer que j'aimais beaucoup le fait que l'on puisse s'habiller comme on le voulait, sans penser au travail et l'allure.

    «Je crois bien, que oui. Elles m'ont eu par surprise. » J'avançais pour attraper mon sac par une bretelle et le ramener vers la tante. Je m'accroupissais et commençais à voir ce qu'il était possible de sauver. «Je suis désolée Le'.» Je tournais la tête vers lui. «Mais il y a de l'eau chaude !»

    Les chèvres commençaient à s'éloigner sans plus se tracasser de notre présence. Elles laissaient un bon gros bordel derrière elle. Je sortais un paquet de biscuit avec un « Yes » de victoire. Nous aurions au moins de quoi démarrer la journée. Je posais la victuaille. J'allais me mettre illico presto à ranger. Mais je m'en rendais compte et me reprenais, je m'étais promis de casser mes habitudes. Je me relevais :

    « Tu as bien dormi ? Pas trop froid ? J'ai l'impression que la couverture tiens bien chaud. On a bien fait.» Je venais déposer un bisou sur sa joue droite, je caressais sa joue gauche. Ma main descendait tendrement frotter sa poitrine. Je lui murmurais rieuse : « La journée commence bien. »

    J'allais récupérer de quoi attacher mes cheveux sous la tente. J'en profitais pour plier rapidement la couverture en question et rouler les duvets. Bon, même si j'essayais, c'était dur d'aller contre mes habitudes. A la ferme, on remet rarement quelque-chose à plus tard. Il faut que le matériel soit dispos et prêt à tout moment au cas où on en aurait besoin. Au moins, j'ai arrêté de vouloir aussi ranger les affaires de Grimm pour aller plus vite. Je progresse !

    « Il doit y avoir un troupeau plus haut. Peut-être qu'ils feront du fromage. Hélé. »

    Je revenais prés du cercle de pierre avec un peau d'eau et la trousse de secours portative. L'écorchure n'était pas bien méchante. Mais comme je vivais la moitié du temps pieds nus, je ne prendrais pas de risques. Ce serait trop idiot qu'il y ait des complications. Je me mettais en tailleur et j'examinais la blessure avant de la soigner.

    « J'ai regardé. Il y a une source un peu plus à l'est. On pourra se baigner. » Et laver deux, trois, shorts. Parce qu'avec la chaleur, ce qui était propre ne le restait pas longtemps.

    Je rebouchais le mercurochrome. Je refermais la trousse et la laissais sur le côté. Voilà qui était fait. J'attrapais le café en poudre pour nous préparer notre petit café du matin. J'aimais ces petites habitudes du matin. C'était comme de se retrouver dans un foyer. C'était de loin les meilleures vacances que je vivais pour le moment. Je savais que la compagnie de Richards y était pour beaucoup.

    Je posais une des tasses prés de lui. Puis je prenais la mienne entre mes deux mains. Je restais en tailleur sur le sol. Mes yeux furent attirés par la suite du levé de soleil. C'était vraiment très beau. J'arrêtais de parler, et même un peu de respirer. Je laissais toute cette nature m'en mettre plein les yeux. Waouh. Le monde était... unique.
Charadh
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Sam 21 Juil 2018 - 11:30
A voir son regard, Lewis pouvait parier que la demoiselle avait bien dormi et c'était tant mieux. Son bien-être lui était plus qu'important. Après tout, si c'était elle qui avait proposé un voyage tous les deux, c'était lui qui était parti sur le délire d'en faire un long de quelques mois. Il ne voulait donc pas qu'elle le regrette un jour. Il fallait que cela reste l'un de leur meilleur souvenir, à deux. Il l'embrassait à son tour sur la joue, la trouvant toujours aussi belle au réveil. Enfin, à son réveil à lui, en tous les cas.

- C'est pas grave, ça arrive. C'est ça de partir à l'aventure, non? L'observant faire. Il hocha de la tête tout en se grattant la barbe. Ça sera parfait, un café et ça repart!

Il se redressait pour s'étirer lentement, tout en observant les animaux qui reprenaient leur chemin, après s'être gavée. Avec un sourire, il attrapait le paquet de biscuit que lui tendait sa belle pour l'ouvrir, avant de commencer à allumer le feu. Quelques braises restaient encore allumées de la nuit, mais il n'y avait plus grand chose. Pour se faire un bon café, il fallait bien faire chauffer de l'eau. Parce que du café en poudre avec de l'eau froide... sans façon.

- Très bien dormi. Lui souriant. Avec toi, difficile d'avoir froid! Surtout que cet homme avait chaud naturellement. Et toi? Faisant une petite moue positive. Autant que ce petit matelas de sol. Autant il faut les porter, autant je suis content de les avoir le soir. Non parce que bon, dormir sur de la caillasse, ça pouvait finir par tuer le dos. Sa main se posait sur la sienne, son nez venait se coller au sien. On aura des choses à raconter. Taquin.

Notre conteur continuait donc à s'occuper d'allumer le feu, tout en voyant sa compagne revenir avec de quoi se soigner. Il l'observait faire.

- Qu'est-ce que tu t'es fait? Tu veux que je t'aide?

La coupure ne semblait pas si profonde que cela, mais elle avait bien raison d'en prendre soin. Ils marchaient beaucoup, mieux valait ne pas laisser les pieds blessés. Surtout quand madame aimait enlever ses chaussures dès qu'elle le pouvait. Ce n'était pas faute de lui avoir dit de faire attention, mais bon, c'était aussi ce qui faisait son charme.

- On ira voir, si les paysans sont dans le coin. Peut-être qu'ils amènent les chèvres ici et redescendent.

Enfin, il devait sûrement y avoir au moins un gardien dans les parages.

- Pour moins sentir le fauve, quelle bonne idée!

Il en profiterait aussi pour se raser un peu. Pas couper complètement la barbe, mais au moins la tailler correctement. Il évitait d'utiliser l'eau qu'ils gardaient en réserve pour cela. Ce qui faisait qu'il se rasait peu, car il n'était pas vraiment un adepte de le faire à sec.

Richards aiderait aussi sa belle à faire la lessive, à deux, tout allait plus vite et il était un homme qui avait appris à s'occuper lui-même de ses affaires. Ce n'était pas à la femme de faire toutes les corvées. Tout comme ranger, il avait dû se battre au début du voyage pour lui faire comprendre qu'il était un grand garçon et qu'il rangerait, même s'il pouvait être un poil plus bordélique qu'elle. Mais au final, tout était remis correctement dans les sacs quand ils étaient prêts à partir. La remerciant pour le café, il lui tendait le paquet de biscuits ouvert, trempant le sien dans la boisson chaude. Un petit sourire heureux au coin des lèvres.

Sa compagne semblait être happée par le paysage que leur offrait cette nature sauvage, c'est vrai que c'était incroyable à regarder. Doucement, il venait lui embrasser la joue, pas pour la faire détourner les yeux, mais simplement parce qu'elle lui donnait envie de le faire.

- Respire... dans un murmure taquin, avant de boire une longue gorgée de son café, une fois son biscuit terminé.

Dans un sac en plastique, il jetait leurs déchets, pour ensuite l'attacher à son sac à dos. Au prochain village, il profiterait d'une poubelle pour s'en débarrasser. Leur but étant de ne surtout pas laisser une marque de leur passage. Il serait dommage de dégrader de tels endroits. Tranquillement, il commençait à défaire leur tente. S'ils se dirigeaient vers la rivière, le campement suivrait, il préférait ne pas laisser trainer leurs affaires.

- Je me demande s'il y a un village dans le coin. Rien n'est noté sur la carte.

Heureusement pour eux, ils ne s'étaient pas encore perdus et ils trouvaient toujours de quoi s'en sortir. Mais la carte qu'ils avaient achetée en arrivant, ne marquait pas tout ce qu'ils pouvaient croiser. Ils se déplaçaient donc un peu, au petit bonheur la chance. Mais c'était aussi ainsi qu'ils faisaient les découvertes les plus incroyables.
Grimm
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