But, tell me, what is the point ! [ Daniel ]

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Ven 29 Juin 2018 - 15:57
But, tell me, what is the point !






Summer 2008




Un four. New Victoria en été était un four. Bitume fondant. Verre brûlant. Conducteur fous.
Peaux salées. Les New-yorkais déployaient tout un tas de stratégies pour contrer la chaleur. Donnant des scènes parfois atypiques. Des tenues extravagantes aussi.
Amélia, rebutée par les grandes sources d'eau, traquait le frais comme une proie inestimable. Toute climatisation, ruelles épargnées par le soleil, était en liste. Parmi tous les sanctuaires de l'ombre... une préférence. Et Elle était prête à traverser la capitale. Pour un peu d'air -et de paix-.

Hells Kitchen. Une source fiable. Car là se trouvait le logis de Daniel Cooper. Un détective dont le cabinet était employé par la filiale. Depuis prés d'un an maintenant Clark and Co se satisfaisait de leurs services. De ses services en particulier. Autant dire qu'ils faisaient la sale besogne avec efficacité. Tout ce que demandaient les hommes de la famille.
Mr. Cooper et Mrs. Powell s'étaient rencontrés dans ce contexte. À une réunion interne. Probablement. Ils ne savaient plus exactement. Mais, ils n'en étaient pas restés là. La faute à cette jeune femme d'affaire. Elle avait perçu l'intelligence de cet homme.
A cette époque, il n'en fallait guère plus pour embrasser l'esprit d'Amélia.

Finalement échappée d'un -horrible- dîner d'affaires, elle arrivait. A force d'aises, de liberté(s), Danny lui avait indiqué, où trouver un double de clefs. Sous un pot. Le coup le plus classique. Jamais avec les mains vides. Souvent avec des fruits ou encore une bouteille. Elle arrivait, parfois sans prévenir, comme ce soir-là.

Georges était au courant. Bien entendu. Il n'y avait une chose que l'époux ignore des habitudes de sa femme. L'inverse n'était plus aussi vrai. Mais à ce temps-là, Amélia était -encore- aveugle. D'autant qu'elle avait d'autres choses à penser. Une seconde fausse-couche (quelques mois plus tôt) l'avait frappée au cœur. Elle s'extrayait des griffes du deuil, comme elle savait le faire. Avec la splendeur d'un Phoenix !
Profitant de la présence des Charpentier, pour l'été, elle passait sa vie entre le bureau et les soirées. La fuite en avant classique, elle aussi. Et quand elle avait besoin de calme, c'était ici, son sanctuaire.

- Hellow ! A la fermeté de son pas, une contrariété cachée. Mais le sourire grand éclatant. La force de la vie était encore sur elle. En elle. Exemplifiée par une volonté de fer... de feu. J'ai trouvé des poires ! Je me suis dis, tiens je vais prendre mon dessert avec Cooper. Comme ça je pourrais lui raconter comment ce gros porc de Maldwin a empesté le restaurant. Du coin de l’œil elle voyait Dany regarder dans sa direction. Des habitudes étaient instaurées. Dont celle qu'Amélia cuisine. Elle lui avait même demandé d'investir dans quelques mystérieux. Indispensables. Cet homme est vraiment infecte. Il y avait une liste -aussi- pour les personnes qu'Amélia pouvait qualifier de « infecte ».

- Il veut absolument une fusion. Tu sais pourquoi ? Pour piquer le porte-feuille relationnel. Les dents longues, Clark avait le flaire pour les repérer. Le succès, non de son mariage, mais de l'alliance des deux compagnies, attirait l'attention. Novice, au Comité d’administration, Amé était muselée par un frère macho et un époux égocentriste. Pour l'heure, elle voyait ça comme un défi. Quel défi ! Encore quelque-chose qui occupait son esprit. Ils sont aveuglé par la perspective des arches du sud. Ça m'agace. Que ça m'agace !

Un bol contenant, poire nue, glace vanille et coulis de caramel, squattérisait devant l'enquêteur.
Amélia avait pris le temps de retirer ses sandales. La robe de soirée, rouge et blanche, lui arrivait aux genoux. Un barcelet de cheville, en argent, en coquetterie. Une jolie femme. Juste un peu trop maigre peut-être.
La citadine investissait un fauteuil qu'elle aimait bien. Une cuillère s'enfonçait dans la crème. La gourmandise... était revenue, elle aussi. Enfin la jacasserie se tarissait.

- Tu bosses sur quoi ? Oui, généralement Cooper travaillait. Essayait. Une fois que Clark était là. Cela se résumait à de vaines tentatives.
Amélia Clark
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Dim 1 Juil 2018 - 20:33
La chaleur s’était abattue sur la ville, comme à son habitude en cette période. Putain de four. A ce niveau, il faisait aussi chaud aux bureaux que chez moi. Et l’avantage de l’appartement familial, c’était que j’y étais seul. Pas besoin de supporter la chaleur corporelle de plusieurs dizaines de personnes qui s’affairent sans cesse autour de moi. Et j’avais besoin d’être au calme, et seul, en ce moment. Même si cela voulait dire rester dans ce logement beaucoup trop grand pour moi, et rempli de souvenirs pas toujours agréables. Lorsque mon père avait eu son attaque, j’avais été tenté de le vendre. Mais comme mon paternel était toujours dans le coma, ayant explicitement refusé d’être débranché ou de donner ses organes, je gardais l’endroit. Surtout qu’avec les frais d’hôpitaux à payer pour lui, je ne crachais pas sur l’économie d’un loyer.

J’avais installé le maximum de ventilateurs possibles, surtout dans le salon que j’avais reconverti en bureau. La chambre de mes parents était depuis longtemps devenue un local d’archives pour mes dossiers. Surtout depuis ces derniers mois, maintenant que mon poste à Pinkerton avait pris du grade. Toutes ces années à accepter les boulots ingrats et difficiles finissaient par payer. Et à faire autant d’heures sup que d’heures de travail.

Même si cela avait été une source de conflit avec Andy, récemment. A tel point qu’on avait préféré arrêter de se voir. Je n’allais pas dire que j’en étais soulagé, pas vraiment. Il me manquait, parfois. Mais il était évident que lui et moi n’attendions pas la même chose de notre relation. Lui se voyait déjà marié, et avait eu le malheur de parler à deux reprises d’enfants. Deux gros autres points de discordes entre nous. C’était inévitable, je suppose.

Le soleil était redescendu, et la chaleur aussi. Ça ne m’empêchait pas de bosser, comme à mon habitude. Un vinyle d’Ella Fitzgerald tournait, le volume à fond pour couvrir le bruit des ventilos. De toute façon, dans cet immeuble, personne ne viendrait se plaindre. Chacun faisait autant de bruit qu’il le pouvait. Et mes voisins directs étaient mélomanes, donc ça ne les dérangeait pas. Dont notamment ma professeurs de piano improvisée, qui m’avait donné le goût de la musique et enseigné le piano, en échange de quelques heures de ménages, par le passé. J’allais toujours lui rendre visite, de temps à autre. Mais elle n’allait pas très bien, ces temps. Et ses enfants étaient revenus, tournant autour d’elle comme des vautours, sentant la mort et l’héritage arriver. Bande de petits cons.

Un bruit de pas familier me tira cependant de mes dossiers, ainsi qu’un bruit de clé dans la porte. Pas besoin de réfléchir longtemps avant de deviner de qui il s’agissait. Avec un telle énergie et détermination, on ne pouvait pas se tromper.

"Hello Clark." Un simple regard pour voir qu’il y avait un truc qui lui restait dans l’esprit. A voir quoi en temps voulus, peut-être. Sa remarque me fit remarquer que j’avais oublié de manger depuis ce matin. Ça arrivait de plus en plus souvent, mais je ne m’en formalisais pas. "Tu as bien fait. J’adore les potins."

Ironie, mais à moitié. J’aimais les discussions avec Amelia. On se comprenait, et ça changeait du boulot. Déjà, pas besoin de cacher certains détails personnels. Mon père, et mes préférences. Certains devaient se douter, au travail. Mais tant que ça restait des rumeurs, ça passait. Pour vivre, vivons cachés. Je l’écoutais d’une oreille, toujours dans mes dossiers, mais d’une oreille attentive. Pas besoin de l’interrompre, pour dire quoi ? J’attendis qu’elle revienne vers moi, deux bols en main. Je la remrciais d’un signe de main, avant de me laisser aller dans ma chaise en soupirant. Depuis quand est-ce que je bossais là-dessus aujourd’hui ? Je n’arrivais même plus à me rappeler.

"C’est pas comme ça que ça marche, le business ?" dis-je, en attrapant le bol. La première fournée en bouche, j’observais mon interlocutrice. "Tu ne lui as en tous cas pas donné de contre-arguments pour le dissuader. Et je sais comment les mecs hétéros pensent…"

Jamais très glorieux. Quoique, parfois chez nous, ce n’était pas mieux. Je me renfrognais un peu, continuant à manger. Et trop heureux de pouvoir parler de mon boulot.

"Une affaire de terroristes anti-prodiges. Mon premier gros dossier. Je ne me suis pas fait que des amis à Pinkerton pour avoir réussi à l’avoir, mais tant pis. A quoi ça sert de toute manière ?" Pause pour manger un peu de poire. "C’est délicieux. Et toi ? A part tes infectes ?"
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Jeu 5 Juil 2018 - 17:01
But, tell me, what is the point !






Summer 2008




Une nomenclature avait du sens. Particulièrement quand elle donnait de la fierté.
Amélia ne se cachait pas. Elle était une Clark. Avant d’être Powell. Elle avait pris le nom de Georges W. Powell par “facilité”. Accédant à plus vite à un statut social. Obtenant une identité. Autre celle de fille de. Sœur de. Mais ce choix pragmatique se révélait aussi malheureux.
Alors, elle prenait un certain plaisir à se faire appeler « Clark. »

- Ce n’est pas parce que c’est comme ça que ça doit le rester. Je ne suis pas là pour bêtement suivre le pas. Entrer dans cette entreprise avait levé quelques illusions. Amélia était une idéaliste. Mais une idéaliste pragmatique. Droite. Une faille était faite pour être réparée. Une faute réprimandée. Tricher n’a jamais rien donné de bon. Je ne comprends pas comment ils ne voient pas que ça va se retourner contre eux.

Baissant la cuillère  vide.
La tête posée contre le dossier. Le bol sur ses cuisses repliées.

- Avec leur paquet. Reconnaissait-elle. Une moue dépitée. Cette obsession de l’espèce pour le sexe lui échappait. Georges avait été son premier partenaire. Il serait le seul. Si elle avait parfois eu du plaisir elle voyait avant tout l’utilité reproductrice.
Alliance rutilante à l’annuaire. Noces d’étain en approche. Pas un jour elle n’avait réellement aimé Georges en tant que Georges. Pas comme Cooper aimait son Andy. Elle avait pour les amoureux une tendresse naturelle. De ceux qui envie et admire un trésor mystérieux.
Nous sommes les animaux les plus primaires de la chaîne alimentaire. Ironie lucide. Je rassembles mes preuves. Je vais leur mettre ça sous le nez à la prochaine commission la semaine prochaine. Exit Baldwin.

La vie chez Pinkerson n’était pas rose. Grise. Data y était comme un électron libre.
Amélia comprenait. Partageant ce sentiment affreux de ne pas coller au moule. Leur différence était qu’elle s’échinait à tenir l’image. Daniel s’en moquait. En cela il était plus libre. Source d’un respect silencieux.
La belle se redressait. Le fixant de son regard saphir. D’une louve qui a baissé sa garde. Depuis qu’elle vivait à la Grosse Pomme elle avait l’impression de se perdre dans son propre jeu. Elle en venait à mépriser cette image qu’elle passait son temps à perfectionner.
Paradoxe qui finirait par la dépasser.

- A quoi sert quoi ? De rendre la vérité ? Le cherchait-elle. Il savait l’admiration de cette Fille pour le métier qu’il exerçait. Peut-être seulement faire que cette ville soit un peu plus sûre. Décréta-elle avant de prendre une autre bouchée. Les mentalités vont évoluer. Mais ça commence par résoudre ce genre d’affaire et rendre une Justice équitable. Avant que Jack se porte volontaire pour rejoindre les escadrons du C. S. N. Amélia ne s'était pas sentit concernée par la question de l'intégration des Prodiges. Par exemple.

Un sourire satisfait accueillait le compliment. Motivée à reprendre la main sur la cuisine, Clark était dans une guerre tacite avec le cuisinier.
La prochaine fois je t’apporterais un sheescake.  Réplique d’une femme d’intérieure. Mon dieu… écoute-moi ! Haha !

L’expression se ferma. Un peu.
Horribles étaient les dîners. Mais là au moins Powell contenait son animosité. Amélia et Georges avaient perdu une grande partie de leur complicité dans les draps rouges de l’hôpital.
Il lui en voulait. Elle lui en voulait de lui en vouloir. Et ils alimentaient une colère. Apaisée par des échanges physiques passionnels et bruts. Mais c'était un sujet qu'elle n'abordait qu'aprés un -plutôt- deux verres.

- On m’a demandé de participer à la rédaction de la prochaine charte des échanges inter-archipels. Sourire retroussé par l’ambition. Clark ne tarderait plus à être Head. Ambitieuse. Compétitrice. Seul son genre retenait son entrée dans le plotons de tête. Je vais à San Francisco en septembre pour la réunion rédactionnelle. Voyage qu’elle attendait. Excitée et impatiente face à toute découverte. Plus la perspective d’être loin des Powell pendant un mois. Sans compte à rendre. Tu pourrais venir m’y voir. De ce que j’ai lu cette ville va te plaire.

Cruche en verre, glaçons. Et puis un peu de la vodka sortie du freezer.
Amélia posait le plateau sur un coin de la table de travail. Elle tendait le verre d’eau glacée à Cooper. Manger et boire. Sans cela impossible de réfléchir.

- Sinon ma belle-soeur s'est mis en tête de me faire faire de la broderie. C'est une activité qui apaise les nerfs vois-tu. Lucille Powell, femme de bourgeoisie, revéche et jalouse. Aveuglée par sa haine médiocre, était l'unique cause de ces humeurs indésirables.
Amélia Clark
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