But, tell me, what is the point ! [ Daniel ]

 :: Zone Quantique :: Machine à remonter le Temps Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Ven 29 Juin 2018 - 15:57
But, tell me, what is the point !






Summer 2008




Un four. New Victoria en été était un four. Bitume fondant. Verre brûlant. Conducteur fous.
Peaux salées. Les New-yorkais déployaient tout un tas de stratégies pour contrer la chaleur. Donnant des scènes parfois atypiques. Des tenues extravagantes aussi.
Amélia, rebutée par les grandes sources d'eau, traquait le frais comme une proie inestimable. Toute climatisation, ruelles épargnées par le soleil, était en liste. Parmi tous les sanctuaires de l'ombre... une préférence. Et Elle était prête à traverser la capitale. Pour un peu d'air -et de paix-.

Hells Kitchen. Une source fiable. Car là se trouvait le logis de Daniel Cooper. Un détective dont le cabinet était employé par la filiale. Depuis prés d'un an maintenant Clark and Co se satisfaisait de leurs services. De ses services en particulier. Autant dire qu'ils faisaient la sale besogne avec efficacité. Tout ce que demandaient les hommes de la famille.
Mr. Cooper et Mrs. Powell s'étaient rencontrés dans ce contexte. À une réunion interne. Probablement. Ils ne savaient plus exactement. Mais, ils n'en étaient pas restés là. La faute à cette jeune femme d'affaire. Elle avait perçu l'intelligence de cet homme.
A cette époque, il n'en fallait guère plus pour embrasser l'esprit d'Amélia.

Finalement échappée d'un -horrible- dîner d'affaires, elle arrivait. A force d'aises, de liberté(s), Danny lui avait indiqué, où trouver un double de clefs. Sous un pot. Le coup le plus classique. Jamais avec les mains vides. Souvent avec des fruits ou encore une bouteille. Elle arrivait, parfois sans prévenir, comme ce soir-là.

Georges était au courant. Bien entendu. Il n'y avait une chose que l'époux ignore des habitudes de sa femme. L'inverse n'était plus aussi vrai. Mais à ce temps-là, Amélia était -encore- aveugle. D'autant qu'elle avait d'autres choses à penser. Une seconde fausse-couche (quelques mois plus tôt) l'avait frappée au cœur. Elle s'extrayait des griffes du deuil, comme elle savait le faire. Avec la splendeur d'un Phoenix !
Profitant de la présence des Charpentier, pour l'été, elle passait sa vie entre le bureau et les soirées. La fuite en avant classique, elle aussi. Et quand elle avait besoin de calme, c'était ici, son sanctuaire.

- Hellow ! A la fermeté de son pas, une contrariété cachée. Mais le sourire grand éclatant. La force de la vie était encore sur elle. En elle. Exemplifiée par une volonté de fer... de feu. J'ai trouvé des poires ! Je me suis dis, tiens je vais prendre mon dessert avec Cooper. Comme ça je pourrais lui raconter comment ce gros porc de Maldwin a empesté le restaurant. Du coin de l’œil elle voyait Dany regarder dans sa direction. Des habitudes étaient instaurées. Dont celle qu'Amélia cuisine. Elle lui avait même demandé d'investir dans quelques mystérieux. Indispensables. Cet homme est vraiment infecte. Il y avait une liste -aussi- pour les personnes qu'Amélia pouvait qualifier de « infecte ».

- Il veut absolument une fusion. Tu sais pourquoi ? Pour piquer le porte-feuille relationnel. Les dents longues, Clark avait le flaire pour les repérer. Le succès, non de son mariage, mais de l'alliance des deux compagnies, attirait l'attention. Novice, au Comité d’administration, Amé était muselée par un frère macho et un époux égocentriste. Pour l'heure, elle voyait ça comme un défi. Quel défi ! Encore quelque-chose qui occupait son esprit. Ils sont aveuglé par la perspective des arches du sud. Ça m'agace. Que ça m'agace !

Un bol contenant, poire nue, glace vanille et coulis de caramel, squattérisait devant l'enquêteur.
Amélia avait pris le temps de retirer ses sandales. La robe de soirée, rouge et blanche, lui arrivait aux genoux. Un barcelet de cheville, en argent, en coquetterie. Une jolie femme. Juste un peu trop maigre peut-être.
La citadine investissait un fauteuil qu'elle aimait bien. Une cuillère s'enfonçait dans la crème. La gourmandise... était revenue, elle aussi. Enfin la jacasserie se tarissait.

- Tu bosses sur quoi ? Oui, généralement Cooper travaillait. Essayait. Une fois que Clark était là. Cela se résumait à de vaines tentatives.
Amélia Clark
Sphère Economique
avatar

Messages : 291
Etat Civil : Divorcée
Pouvoirs : /
Revenir en haut Aller en bas
Dim 1 Juil 2018 - 20:33
La chaleur s’était abattue sur la ville, comme à son habitude en cette période. Putain de four. A ce niveau, il faisait aussi chaud aux bureaux que chez moi. Et l’avantage de l’appartement familial, c’était que j’y étais seul. Pas besoin de supporter la chaleur corporelle de plusieurs dizaines de personnes qui s’affairent sans cesse autour de moi. Et j’avais besoin d’être au calme, et seul, en ce moment. Même si cela voulait dire rester dans ce logement beaucoup trop grand pour moi, et rempli de souvenirs pas toujours agréables. Lorsque mon père avait eu son attaque, j’avais été tenté de le vendre. Mais comme mon paternel était toujours dans le coma, ayant explicitement refusé d’être débranché ou de donner ses organes, je gardais l’endroit. Surtout qu’avec les frais d’hôpitaux à payer pour lui, je ne crachais pas sur l’économie d’un loyer.

J’avais installé le maximum de ventilateurs possibles, surtout dans le salon que j’avais reconverti en bureau. La chambre de mes parents était depuis longtemps devenue un local d’archives pour mes dossiers. Surtout depuis ces derniers mois, maintenant que mon poste à Pinkerton avait pris du grade. Toutes ces années à accepter les boulots ingrats et difficiles finissaient par payer. Et à faire autant d’heures sup que d’heures de travail.

Même si cela avait été une source de conflit avec Andy, récemment. A tel point qu’on avait préféré arrêter de se voir. Je n’allais pas dire que j’en étais soulagé, pas vraiment. Il me manquait, parfois. Mais il était évident que lui et moi n’attendions pas la même chose de notre relation. Lui se voyait déjà marié, et avait eu le malheur de parler à deux reprises d’enfants. Deux gros autres points de discordes entre nous. C’était inévitable, je suppose.

Le soleil était redescendu, et la chaleur aussi. Ça ne m’empêchait pas de bosser, comme à mon habitude. Un vinyle d’Ella Fitzgerald tournait, le volume à fond pour couvrir le bruit des ventilos. De toute façon, dans cet immeuble, personne ne viendrait se plaindre. Chacun faisait autant de bruit qu’il le pouvait. Et mes voisins directs étaient mélomanes, donc ça ne les dérangeait pas. Dont notamment ma professeurs de piano improvisée, qui m’avait donné le goût de la musique et enseigné le piano, en échange de quelques heures de ménages, par le passé. J’allais toujours lui rendre visite, de temps à autre. Mais elle n’allait pas très bien, ces temps. Et ses enfants étaient revenus, tournant autour d’elle comme des vautours, sentant la mort et l’héritage arriver. Bande de petits cons.

Un bruit de pas familier me tira cependant de mes dossiers, ainsi qu’un bruit de clé dans la porte. Pas besoin de réfléchir longtemps avant de deviner de qui il s’agissait. Avec un telle énergie et détermination, on ne pouvait pas se tromper.

"Hello Clark." Un simple regard pour voir qu’il y avait un truc qui lui restait dans l’esprit. A voir quoi en temps voulus, peut-être. Sa remarque me fit remarquer que j’avais oublié de manger depuis ce matin. Ça arrivait de plus en plus souvent, mais je ne m’en formalisais pas. "Tu as bien fait. J’adore les potins."

Ironie, mais à moitié. J’aimais les discussions avec Amelia. On se comprenait, et ça changeait du boulot. Déjà, pas besoin de cacher certains détails personnels. Mon père, et mes préférences. Certains devaient se douter, au travail. Mais tant que ça restait des rumeurs, ça passait. Pour vivre, vivons cachés. Je l’écoutais d’une oreille, toujours dans mes dossiers, mais d’une oreille attentive. Pas besoin de l’interrompre, pour dire quoi ? J’attendis qu’elle revienne vers moi, deux bols en main. Je la remrciais d’un signe de main, avant de me laisser aller dans ma chaise en soupirant. Depuis quand est-ce que je bossais là-dessus aujourd’hui ? Je n’arrivais même plus à me rappeler.

"C’est pas comme ça que ça marche, le business ?" dis-je, en attrapant le bol. La première fournée en bouche, j’observais mon interlocutrice. "Tu ne lui as en tous cas pas donné de contre-arguments pour le dissuader. Et je sais comment les mecs hétéros pensent…"

Jamais très glorieux. Quoique, parfois chez nous, ce n’était pas mieux. Je me renfrognais un peu, continuant à manger. Et trop heureux de pouvoir parler de mon boulot.

"Une affaire de terroristes anti-prodiges. Mon premier gros dossier. Je ne me suis pas fait que des amis à Pinkerton pour avoir réussi à l’avoir, mais tant pis. A quoi ça sert de toute manière ?" Pause pour manger un peu de poire. "C’est délicieux. Et toi ? A part tes infectes ?"
Data
Sphère Economique
avatar

Messages : 132
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Télékinésie
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 5 Juil 2018 - 17:01
But, tell me, what is the point !






Summer 2008




Une nomenclature avait du sens. Particulièrement quand elle donnait de la fierté.
Amélia ne se cachait pas. Elle était une Clark. Avant d’être Powell. Elle avait pris le nom de Georges W. Powell par “facilité”. Accédant à plus vite à un statut social. Obtenant une identité. Autre celle de fille de. Sœur de. Mais ce choix pragmatique se révélait aussi malheureux.
Alors, elle prenait un certain plaisir à se faire appeler « Clark. »

- Ce n’est pas parce que c’est comme ça que ça doit le rester. Je ne suis pas là pour bêtement suivre le pas. Entrer dans cette entreprise avait levé quelques illusions. Amélia était une idéaliste. Mais une idéaliste pragmatique. Droite. Une faille était faite pour être réparée. Une faute réprimandée. Tricher n’a jamais rien donné de bon. Je ne comprends pas comment ils ne voient pas que ça va se retourner contre eux.

Baissant la cuillère  vide.
La tête posée contre le dossier. Le bol sur ses cuisses repliées.

- Avec leur paquet. Reconnaissait-elle. Une moue dépitée. Cette obsession de l’espèce pour le sexe lui échappait. Georges avait été son premier partenaire. Il serait le seul. Si elle avait parfois eu du plaisir elle voyait avant tout l’utilité reproductrice.
Alliance rutilante à l’annuaire. Noces d’étain en approche. Pas un jour elle n’avait réellement aimé Georges en tant que Georges. Pas comme Cooper aimait son Andy. Elle avait pour les amoureux une tendresse naturelle. De ceux qui envie et admire un trésor mystérieux.
Nous sommes les animaux les plus primaires de la chaîne alimentaire. Ironie lucide. Je rassembles mes preuves. Je vais leur mettre ça sous le nez à la prochaine commission la semaine prochaine. Exit Baldwin.

La vie chez Pinkerson n’était pas rose. Grise. Data y était comme un électron libre.
Amélia comprenait. Partageant ce sentiment affreux de ne pas coller au moule. Leur différence était qu’elle s’échinait à tenir l’image. Daniel s’en moquait. En cela il était plus libre. Source d’un respect silencieux.
La belle se redressait. Le fixant de son regard saphir. D’une louve qui a baissé sa garde. Depuis qu’elle vivait à la Grosse Pomme elle avait l’impression de se perdre dans son propre jeu. Elle en venait à mépriser cette image qu’elle passait son temps à perfectionner.
Paradoxe qui finirait par la dépasser.

- A quoi sert quoi ? De rendre la vérité ? Le cherchait-elle. Il savait l’admiration de cette Fille pour le métier qu’il exerçait. Peut-être seulement faire que cette ville soit un peu plus sûre. Décréta-elle avant de prendre une autre bouchée. Les mentalités vont évoluer. Mais ça commence par résoudre ce genre d’affaire et rendre une Justice équitable. Avant que Jack se porte volontaire pour rejoindre les escadrons du C. S. N. Amélia ne s'était pas sentit concernée par la question de l'intégration des Prodiges. Par exemple.

Un sourire satisfait accueillait le compliment. Motivée à reprendre la main sur la cuisine, Clark était dans une guerre tacite avec le cuisinier.
La prochaine fois je t’apporterais un sheescake.  Réplique d’une femme d’intérieure. Mon dieu… écoute-moi ! Haha !

L’expression se ferma. Un peu.
Horribles étaient les dîners. Mais là au moins Powell contenait son animosité. Amélia et Georges avaient perdu une grande partie de leur complicité dans les draps rouges de l’hôpital.
Il lui en voulait. Elle lui en voulait de lui en vouloir. Et ils alimentaient une colère. Apaisée par des échanges physiques passionnels et bruts. Mais c'était un sujet qu'elle n'abordait qu'aprés un -plutôt- deux verres.

- On m’a demandé de participer à la rédaction de la prochaine charte des échanges inter-archipels. Sourire retroussé par l’ambition. Clark ne tarderait plus à être Head. Ambitieuse. Compétitrice. Seul son genre retenait son entrée dans le plotons de tête. Je vais à San Francisco en septembre pour la réunion rédactionnelle. Voyage qu’elle attendait. Excitée et impatiente face à toute découverte. Plus la perspective d’être loin des Powell pendant un mois. Sans compte à rendre. Tu pourrais venir m’y voir. De ce que j’ai lu cette ville va te plaire.

Cruche en verre, glaçons. Et puis un peu de la vodka sortie du freezer.
Amélia posait le plateau sur un coin de la table de travail. Elle tendait le verre d’eau glacée à Cooper. Manger et boire. Sans cela impossible de réfléchir.

- Sinon ma belle-soeur s'est mis en tête de me faire faire de la broderie. C'est une activité qui apaise les nerfs vois-tu. Lucille Powell, femme de bourgeoisie, revéche et jalouse. Aveuglée par sa haine médiocre, était l'unique cause de ces humeurs indésirables.
Amélia Clark
Sphère Economique
avatar

Messages : 291
Etat Civil : Divorcée
Pouvoirs : /
Revenir en haut Aller en bas
Lun 20 Aoû 2018 - 22:36
Amélia faisait comme chez elle. Elle avait cette aisance, et je pouvais difficilement lui en vouloir. Parce que c’était une femme fascinante, et attachante. On s’était mieux entendu que prévu, se retrouvant dans nos vues sur le monde, parfois cyniques ou extérieures. Discuter avec elle était reposant, comme lorsqu’on trouve quelqu’un sur la même longueur d’ondes et avec qui parler de ses ennuis sans se sentir jugé ou devoir se justifier constamment. Et Dieu seul savait combien nous en avions besoin.

Et elle était tout aussi têtue que moi. Cela m’amusait beaucoup, et parvenait toujours à me faire esquisser un sourire. Comme à cet instant, à l’entendre pester contre le système. Non, nous n’étions pas faits pour suivre le reste, comme des moutons. C’était à la fois une force, mais aussi une grande source de solitude. Je l’apprenais chaque jour un peu plus.

"Bien sûr. Et s’il y a bien quelqu’un pour ne pas plier, c’est toi." Je haussais ensuite les épaules, avant de piocher un nouveau morceau de glace. Je voyais ce genre de choses arriver tous les jours. Que cela soit dans mon boulot, ou même chez Pinkerton. Tout le monde pensait pouvoir profiter du système pour tirer sa part du gâteau. "Ça marche, parfois. Mais il faut être doué, et très peu le sont."

Tout comme les individus avec un pénis entre les jambes, de manière générale. A se demander pourquoi j’étais gay, alors que j’avais toujours trouvé les femmes beaucoup plus intéressantes et compétentes. Peut-être parce que justement, je n’étais pas aveuglé par leur décolleté. C’était fou comme ça pouvait déstabiliser la majorité des hommes, ces deux morceaux de gras. On devait définitivement avoir quelque chose de différent au niveau du cerveau.

"Ils réfléchissent avec, ne l’oublie pas." lui dis-je en pointant ma cuillère dans sa direction, comme pour la prévenir. Mais elle semblait très bien le comprendre, et ne pas perdre ses objectifs de vue. Et ses paroles me laissèrent une moue pensive, quoique compréhensive. "Ouais. Tu as frappé à la bonne porte. Et ça, c’est la Clark que je connais."

Je ne savais pas trop comment cela allait, avec son mari. Déjà, parce que ça ne me regardait pas. Ensuite, parce qu’elle n’en parlait que quand elle le voulait, ce qui m’allait très bien. Autant, discuter de nos vies me convenait, autant discuter couple ne me plaisait pas tant que ça. Comme si j’avais quelque chose à dire sur le sujet. Surtout maintenant. D’ailleurs, je devrais peut-être lui dire…

"Nan, de faire de ses collègues des amis." Je secouais la tête, me redressant avec une lueur d’intérêt dans le regard. Cette affaire me plaisait déjà, et me faisait oublier Andy et le reste. "Plus sûre, c’est certain. Si tu voyais le nombre de vies brisées que ces ordures laissent derrière eux…"

J’encaissais, mais je sentais que cela ne serait pas toujours le cas. Je finirai par être aussi abîmé que ces gens que je voyais détruit par la vie et la connerie des hommes. Mais pour l’heure, je n’y pensais pas, forçant ma chance, comme toujours. Je rendis son sourire à mon interlocutrice, terminant mon bol par la même occasion.

"On aurait fait un couple d’enfer. Et quand tu veux, pour le dessert."

Je l’écoutais me parler de ses prochains projets, hochant la tête avec une expression appréciative. Elle ira loin, et je l’avais toujours su.

"Joli. Le début d’une longue et prometteuse carrière." Mon sourire se transforma en une légère grimace. "Tu dis ça pour la pride, les collines ou le quartier gay avec ses hommes nus à moustache ? La Californie, très peu pour moi. Trop coloré. Et puis, je doute d’avoir le temps. Mais tu me raconteras…"

Sans parler du fait que je ne supportais déjà pas de monter sur un vap, je me voyais mal traverser le pays. J’étais bien ici. Je pris le verre d’eau, la remerciant avec un hochement de tête.

"Tu pourrais apprendre de choses. Comment crever des yeux avec une aiguille." Je haussais à nouveau les épaules, pragmatiques. Je fixais un instant le fond de mon verre, et ajoutai après un silence : "Andy et moi, c’est fini."

Je savais que ça lui ferait de la peine. Elle l’aimait bien. Et moi aussi, mais pas assez, visiblement. Pas assez pour changer, ou le faire changer. Et est-ce que cela arriverait tout court, de toute manière ? Je commençais à en douter fortement.
Data
Sphère Economique
avatar

Messages : 132
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Télékinésie
Revenir en haut Aller en bas
Mer 29 Aoû 2018 - 16:33
But, tell me, what is the point !






Summer 2008




Personne ne savait d'où Amélia tenait cette morale intransigeante. Ses parents lui avait certes inculqué les mêmes valeurs qu'au reste de la fratrie. Bible de Saint-Jack avait été pour livre de chevet. Les messes. Le confessionnal. Les rites les plus basiques réglait la semaine. La mise en pension à Baltimore avait été un vrai coup de fouet.
Il n'en restait pas moins qu'elle ne savait pas mentir. Cela lui en demandait trop. Beaucoup trop. Elle comprenait -plus ou moins confusément- que cela allait lui porter préjudice. En public comme en privé. Composer avec les contraintes faisait partie de son travail, de toute façon.

- Hum. Peut-être oui. Répondait-elle sans trop y croire.

Tout de même, évoluer dans un univers aussi masculin finissait par vous changer. En fait rapidement. Par de menus détails d'abord... Clark s'était moquée. Quand son frère avait parlé d'armure de guerre. Aujourd'hui, elle tissait elle-même sa cotte-de-mailles. Une barrière sociale pour se protéger.
Amélia avait -donc- abandonné sa bienveillance moqueuse pour une froideur pincée. Elle avait commencé par arrêter de sourire aux collègues. Arrêté de mettre des tailleurs de couleur vive. Modifié sa façon de marcher et de parler. Une part d'elle était en train de disparaître pour de bon.
Le dragon était né. Battante, elle en -souffrait- jouait.

- Impossible de l'oublier. Je pensais que le niveau de culture était l'un des facteurs principaux. Mais non Daniel. S'ils pouvaient conclurent les contrats en baisant ils le feraient. … certains jours je les émasculerais à la tronçonneuse, je te jure. ... C'est fatiguant.

Et cette noirceur humaine, ils la voyaient au quotidien. Leurs domaines étaient variés. Mais leur révolte était du même feu. La méchanceté, la malhonnêteté étaient leurs adversaires principaux. Ils y laisseraient des plumes.

- Oui je le vois. C'est intolérable. Parfois je rêve d'être dans une dictature éclairée pour passer deux trois décrets... sympathiques. Tu vois, je crois que finalement, je suis en train d'apprendre le métier. Je deviens extrémiste ! S'auto-critiquait-elle avec une grande lucidité. Head était -encore- capable de voir ses failles les plus infimes. Dans dix ans on fait un putsch, qu'est-ce que tu en dis ?

C'était des fantasmes de passage. Ils faisaient du bien. Ils permettaient d'évacuer le sentiment de déception, ou de frustration.
Elle avait tout intérêt à rentrer chez elle avec la tête au repos. Sans quoi, Powell devenait son pire ennemi. Et ils n'avaient qu'une façon de régler leurs différents. La méthode avaient des résultats d'une efficacité effrayante.

Dans un tout autre genre, oui, Clark s'était imaginée une vie avec quelqu'un d'autre que Georges. Souvent même depuis quelques temps. Depuis la fausse-couche.
Avec Cooper, elle savait que la vie aurait été beaucoup plus facile à partager. Plus douce. Ils auraient pu être heureux tous les deux. Malheureusement, la jeune femme manquait d'une chose essentielle. Enfin, elle savourait l'idée avec dérision. Et profitait de leur amitié avec reconnaissance.
Sans lui, ici, cette période aurait été un double enfer.

- Merci, oui... prometteuse, je ne sais pas. Je mettais fixé tellement plus pour cet âge. J'ai déjà trente ans passé Danny. J'ai l'impression que tout va lentement. A mon âge Mike était déjà coordonnateur. Michael Clark avait fait une carrière fulgurante. Le grade de l'armée Américaine avait sans doute joué. Un peu...

Enfin, le trait d'humour du détective fit mouche. Clark cessait d'être grave. De se flageller.
Elle retrouvait la lumière dans les yeux. La perspective d'un voyage était une source -incommensurable - de joie. Aller ailleurs était une vraie motivation. Elle postulait pour être représentante de la « Clark&Co » spécifiquement pour cette raison. La réponse ne devrait plus tarder. L'entreprise s'étendait. Il y avait des besoins.

Trop coloré ? C'est tout ce qui fait son charmes ! Tu ne veux pas vivre cette expérience... avec moi ? Depuis quand n'as-tu pas quitté NYC Dan' ? La taquinerie n'était pas méchante. Bienveillante même. Car elle savait tous les effets positifs d'une escapade.

Amélia détroussait son sourire de jeune louve rebelle. Espiègle.
En monde onirique, sa belle-sœur était morte de toutes les manières imaginables. Avec l'ingéniosité d'une Agatha. Alors qu'elle n'avait pas. Elle n'avait jamais de gestes de violence. Pas un mouvement déplacé. Pas d'agression physique avec ses semblables.

- J'ai trouvé celle que je lui réserve. Acquiesçait la belle avec ce même sourire en coin. Une ironie bien sombre sur un visage aimable. Mais, j'ai décidé de regarder pour de l'escrime de combat. Tant qu'à se servir d'aiguilles autant prendre le niveau au-dessus. Tu es d'accord avec moi ?

Le sourire disparu d'un coup. Une ombre descendait du front vers les yeux bleus métalliques. Elle s'était redressée. Piquée à vif.

- Mais... il est totalement fou de toi. Constatait-elle d'une voix ténue. Soudain, Clark refaisait son âge. Elle posait rapidement son verre sur la table basse. Pour se lever. Elle la contournait pour s'y installer, juste devant Data. Est-ce que tu as envie d'en parler ? Je suis désolée pour toi Danny. Doucement, elle venait presser son genou droit. Geste léger de réconfort.
Amélia Clark
Sphère Economique
avatar

Messages : 291
Etat Civil : Divorcée
Pouvoirs : /
Revenir en haut Aller en bas
Sam 13 Oct 2018 - 16:14
Le mensonge n’était pas quelque chose d’envisageable pour mon interlocutrice. Elle était la droiture même. Mais peut-être valait-il mieux être roseau et plier sans casser plutôt que rester obstiné… Enfin, j’étais mal placé pour dire ça. Je savais me montrer très borné quand je voulais, même si ce n’était pas dans les mêmes domaines. J’agissais seul la majorité du temps, et avais beaucoup moins l’occasion de côtoyer mes semblables. Raison pour laquelle j’avais peut-être plus de recul, allez savoir. J’espérais simplement que cela n’allait pas porter préjudice à Amelia à l’avenir. Mais elle avait déjà changé depuis notre rencontre, c’était indéniable. Qu’en était-il de moi, par ailleurs ? Est-ce que je voulais vraiment le savoir ?

Je pouffais légèrement. Il lui restait toutefois un peu de… comment dire, candeur ? Pas dans le sens négatif du terme. Mais restait à voir si cela allait rester ou non.

"De la culture… Même dans les niveaux associatifs et culturels, ça n’est pas comme ça. Dès que ça brasse de l’argent, tous les moyens sont bons. Et qu’est-ce qui te fait croire que ce n’est pas déjà le cas ?" Je passais mes mains derrière ma nuque pour m’étirer. "Je comprends. Je suis bien content de ne pas être une femme. Ma vie est déjà assez compliquée…"

Je retrouvais un léger sourire en l’entendant parler de dictature. Pourquoi cela ne m’étonnait pas venant de sa part ? Elle serait parfaite à la tête d’un tel système. Quoique, ce n’était pas forcément mieux pour elle. Mais, je pouvais comprendre. J’avais encore un peu envie de changer le monde, sinon je ne me serais pas lancé dans le boulot que je faisais.

"Mais tu es dans une démocratie, ou au moins en théorie. Dans le même bateau que tout le monde. Avec la lie et le meilleur de l’humanité. Faut composer avec." Je secouais doucement la tête. "Pourquoi pas. Tu me mettras à la tête de ta police d’état, et je laisserai mes employés bosser pendant que je profiterai de mon temps libre pour m’occuper d’affaires non-résolues. Et pour jouer au golf, le sport le plus nul du monde."

Pas vraiment mon rêve, mais autant la suivre dans son délire. Je ne savais pas ce que l’avenir me réservait. Et je ne voulais pas vraiment le savoir. Peut-être que j’allais rester à Pinkerton toute ma vie. Même si ouvrir ma propre affaire m’avait déjà traversé l’esprit. Mais pour le moment, c’était plus de paperasse et de changements que je ne pouvais en supporter.

Et concernant ma vie sentimentale, c’était encore plus flou et désertique. Ah ça, mon existence aurait été beaucoup plus simple si j’avais pu me trouver quelqu’un comme Amelia. Mais finalement, on était mieux dans notre amitié, et on s’apportait sans doute davantage ainsi. Le concubinage avait un effet impressionnant sur les gens, pouvant les changer du tout au tout. Sauf moi.

"C’est parce que tu vois grand. Et que tu veux aller trop vite. Ne compare pas ce qui ne peut pas l’être. Tu as tes propres atouts." Et c’était vrai. Sinon, nous n’aurions jamais pu nous fréquenter. Tout ce monde qu’elle côtoyait, ça m’aurait déjà rendu fou. Pourtant, cela n’avait pas déteint sur elle. Pas sur les aspects que j’appréciais. Ce qui ne m’empêcha pas d’accentuer ma grimace lorsqu’elle poursuivit sur son idée de San Francisco. "Je suis sûr d’être allé à la mer, une fois. Et… ton mari ne va pas être jaloux ?"

Pas qu’il ait des raisons. Enfin, si ta femme préférait partir avec un gay cynique et rabat-joie, c’était peut-être un autre coup à l’estime. Enfin bon, ça ne me regardait pas vraiment.

"Ah bon ? Et tout à fait. L’escrime, c’est beaucoup plus classe. Ça te va bien. Faudrait que je vienne te voir un jour."

Ce fut dérangeant de voir que ma rupture semblait plus l’affecter elle que moi. Mais c’était peut-être signe que j’avais fait le bon choix. Même s’il n’avait pas été facile.

"Justement, un peu trop…" Je me massais les tempes un instant, avant de la regarder, un peu plus fatigué. "Il nous voyait déjà mariés, avec des enfants. Moi avec un autre job, qui me prendrait moins de temps… Et le plus loin que je nous voyais, c’était à la sortie cinéma du mardi suivant. Ça ne servait à rien de le laisser vivre dans ses illusions. Plus le temps avance, plus je me dis que la vie de couple, c’est pas pour moi."

Je laissai échapper un long soupir. Pourquoi je ne tombais que sur des hommes qui se sentaient l’obligation de vouloir me changer ? Peut-être parce que c’était ainsi que la société voulait qu’on soit. Et que je m’y refusais. J’aimais trop mon indépendance. Et avais encore assez de respect pour moi-même pour ne pas tomber dans une relation où je ne pourrais pas être moi-même.

"C’est moi qui suis désolé de t’embêter avec ça. Je vais m’en remettre. C’est pas grave."

J’esquissai un léger sourire. J’avais connu pire, dans ma vie. Et ce n’était clairement pas ma priorité. Même si la peur lancinante de la solitude me surprenait parfois. Encore un autre de mes paradoxes. Pas étonnant que je ne trouve personne pour me supporter.
Data
Sphère Economique
avatar

Messages : 132
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Télékinésie
Revenir en haut Aller en bas
Dim 21 Oct 2018 - 16:25
But, tell me, what is the point !






Summer 2008




Il y avait des images qu'Amélia préférait ne pas garder en tête. Les prouesses sexuelles d'une collègue étaient sur la liste de ses choses.
Une fraction de seconde, la belle se demanda, si son mari avait -déjà- envisagé ce genre de choses... Profiter de sa position hiérarchique dans l'entreprise. Pour obtenir des faveurs d'une femme. Très vite, son esprit cartésien se rebiffa. Impossible. Elle le tuerait autrement. Et il le savait.

- Erk... Non, s'il te plaît Dan. Une grimace de dégoût donnait le sentiment de Clark. Elle comprenait l’utiliser du sexe dans les rapports entre êtres humains. Mais savoir que des hommes profitaient de leur ascendant sur les femmes pour obtenir un plaisir égoïste. Quasiment toujours sans égalité. Franchement, jamais ne pourrais utiliser cette méthode. Les obligations maritales gâtaient sa vision de la sexualité. Elle en venait à envier les autres. Dans leurs vantardises puériles. Oh oui. J'aurais bien voulu ne pas être une femme moi aussi. … parfois. Le charia-t-elle en toute amitié.

Avoir une idéologie était porteur. A la fois c'était un poids aussi. Certaines étapes auraient été plus rapide. Rien qu'avec un tout petit peu de triche. La belle aurait pu se faciliter les choses. Un nombre incalculable de fois. C'est vrai. Mais, elle s'imposait la rigueur à laquelle elle aspirait dans le milieu.
Tout commençait par soi.

- Composer avec... oui. Mais, quand je vois ce que certains font à cette société. Ils devraient être en prison ! Ou au moins de pas pouvoir agir. Non ? Franchement il y a de sacrés cas avec bien trop de pouvoirs entre les mains. Ils pouvaient subodorer. Imaginer. Ça n'était pas dangereux. Ça faisait du bien. Du golf ? Haha mais pourquoi ?! Amélia réfléchie une seconde. Si elle avait eu du « vrai » temps libre à sa disposition ? Moi, je pense que j'écrirais. Dans ses tiroirs reposaient des manuscrits inachevés.

Pudique, Head en parlait rarement. Néanmoins, son esprit hyperactif, trouvait dans l'écriture une libération. Coucher sur du papier, utopie, rêves, idées inexploitables dans le cadre actuel. Cela l'aidait à ne pas ruminer sans fin. Tout en continuant à faire germer des principes en toute sécurité. Un bon compromis.

- Mes atouts ? Mes ovaires tu veux dire. Dans un murmure cynique elle ajouta. S'ils se décident à faire leur job un jour ceux-là. Un sous-entendu qu'elle ne se permettait qu'en présence de personnes de confiance. La contrariété passa aussi vite. Amélia secoua la tête amusée. Une fois... Mais quel ours des cavernes tu peux être. Tu n'es pas curieux. Tout à coup le visage de la belle se ferma. Non. Atone. Si Georges avait été jaloux... cela aurait changé quelque-chose. C'est plutôt l'inverse.

Phrase sybiligne. En même temps, celle-ci en disait plus long sur le couple Powell-Clark que tous les silences de la jeune femme. S'interdisant le plus souvent de parler du priver. Il y avait tout de même l'image à tenir. Elle n'avait pas envie de subir un peu plus les foudres de la belle-famille. Son propre deuil était déjà assez compliqué à gérer ainsi.
Mais avec Daniel ce n'était pas pareil.

- Nettement plus classe oui. Elle le regarda un peu étonnée. Ah ? Tu trouves ? L'idée que Cooper la voit tenir la lame l'amusait. Viens ! Ça me fera plaisir.

Qu'il puisse la voir en guerrière. Lui au moins n'aspirait pas à ce qu'elle soit une « dame du monde ». Parfaite avec cela. Autre chose de fatiguant dans la haute bourgeoise victorienne. Quoique la belle ne s'en plaignait pas trop. En fait, c'était elle qui avait planté les graines de ce qu'elle récoltait à présent.
Mais enfin, assez parlé d'elle.

- Oh... Un sourire compatissant se peignait lentement. Alors, tu as sans doute bien fait oui. A quoi ça sert de se forcer... Pour une fois Clark mentait. Hypocrite de premier degré. Un cas de figure différent... Et puis être en couple c'est un engagement important. Mais ça ne devrait pas être une obligation. Les yeux bleus s'attardaient sur les traits tirés de l'enquêteur. Ça te dérange si je l'appelle ? Je l'aime bien. Ce qui n'était pas un mystère.

Doucement Clark attrapa la main de son ami.

- Non... Non, Danny ne dit pas ça s'il te plaît... s'il te plaît. Son sourire était un rien sévère. Lui interdisant tout net d'avoir ce type de raisonnement. Surtout avec elle. Si je ne suis pas là pour ça, alors dis moi à quoi servent toutes ces soirées passées à parler ensemble. Je suis là pour toi. Pour t'écouter. D'accord ?

Amélia Clark
Sphère Economique
avatar

Messages : 291
Etat Civil : Divorcée
Pouvoirs : /
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 8 Nov 2018 - 21:25
Je ne pus retenir un léger rire en voyant son expression dégoûtée. C’était presque charmant de sa part. Dans le bon sens du terme. Elle savait tellement de choses, et côtoyait tellement de monde. Mais la réalité des choses ne lui plaisait pas toujours, et elle ne se gênait pas de le montrer. J’espérais sincèrement que cela ne se transformerais pas en simple lassitude, un jour. Pas que cela ne me révolte non plus. Mais je savais depuis longtemps qu’intervenir directement n’était pas dans mes possibilités. Contrairement à mon interlocutrice, je n’avais pas ce don pour les gens, ni l’énergie de me lancer dans ce genre d’actions. Et puis, j’étais encore trop en bas de l’échelle. Ce qui n’était pas forcément plus mal. J’apprenais à prendre d’autres chemins, à bosser encore plus dur que les autres.

"Je nous épargne les détails, t’en fais pas. Et je sais bien que ce n’est pas ton genre, ma grande." Je lui souris doucement. C’était aussi pour ça que je l’appréciais. Les gens faisaient ce qu’ils voulaient de ce qu’ils avaient entre les jambes, mais je ne tenais pas à le savoir. Ni à ce que cela perpétue les inégalités qui existaient déjà dans la société. Je levai mon verre. "Au bonheur de ne pas être un homme hétéro, alors."

Je préférais penser que c’était une bénédiction plutôt qu’une malédiction. Après tout, leur vie avait vraiment l’air d’être ennuyeuse, à ces tristes bonhommes. Toujours la même chose, les mêmes filles, les mêmes boulots. On était au-dessus de ça. De quoi rêver d’un monde où nous serions les despotes, pour une fois. Même si ça ne me tentait pas plus que ça. Tout comme la politique, que je laissais volontiers à Amelia. Elle était faite pour ça, pas moi.

"On est d’accord. Peut-être que les gens comme toi vont faire évoluer ça. Tu serais tellement mieux que tous ces pauvres types." Et c’était vrai. Même si je me disais parfois que nous étions une race vouée à répéter les mêmes erreurs, quand j’étais avec elle et en voyant la passion dans son regard, je me disais que les choses pouvaient être différentes. "Parce que c’est le genre d’activités que font les gens de pouvoir ? On comprendra peut-être, quand on en aura. Je méditais sa réponse, un peu surpris. Ah oui ? Et écrire sur quoi ?"

L’idée me paraissait étrange, mais surtout pour moi. Je ne m’imaginais jamais capable de créer quoi que ce soit d’intéressant ou d’utile. Mais Amelia… peut-être que ce serait son truc, ouais. A sa remarque, je levai les yeux au ciel.

"Tu ne te définis pas par tes ovaires. Pas plus que moi ma prostate." Je soupirai et me redressai pour poser une main sur son épaule. Je savais que ce n’était pas facile pour elle. Un fin sourire compatissant et rassurant s’afficha sur mes lèvres. Heureusement, on pouvait compter sur l’ours pour alléger la situation. "Si je suis curieux. Mais pas pour la plage et le défilé BDSM. Je fronçai les sourcils. C’est moi qui vais être jaloux ? Enfin, si ça me regarde…"

Je ne savais pas toujours où me mettre quand elle parlait de son couple. Je voyais vaguement qui était son mari, et n’avait pas plus d’affinités à aller vers lui. Mais c’était pas moi qui vivait avec lui, alors je fermais ma gueule. Mais tout de même… elle n’avait pas toujours l’air aussi heureux qu’elle devrait, à mon goût. Pour ce que les goûts d’un ours gay peuvent valoir. C’est que je commençais à la connaître, un peu.

Je souris, hochant la tête. Au moins, elle avait retrouvé le sourire, c’était toujours ça de pris. Et s’il fallait juste que je bouge mes miches pour aller la voir écraser des gens au fer, c’était peu cher payé.

"Oui, tu as ce qu’il faut pour ce genre de sport. Dis-moi la prochaine fois que tu joues un match, je serai là. J’enlèverais peut-être mon costume d’ours, pour une fois."

Ce surnom allait rester. Surtout si je devais expliquer ce qui me rendait encore plus casanier, à savoir, mon nouveau statut de célibataire. C’était triste à dire, mais… être en couple ne me manquait pas. Andy me manquait, parfois, on s’entendait bien. Mais sans doute plus comme de bons potes. Peut-être que c’était pas le bon. Ou que c’était pas fait pour moi. Dans tous les cas, c’était fini.

"Ce n’est pas mon genre en tous cas. Enfin, pas pour ça. Plus je restais avec lui, plus j’allais le faire souffrir, alors…" J’avais coupé net. Sans laisser le moindre espoir. Cela n’avait pas été facile, et Andy avait quand même été blessé. Mais aucun moyen d’éviter la casse. J’espérais qu’il s’en remettrait facilement. Je secouais doucement la tête. "Tu es libre de faire ce que tu veux. Il faudra peut-être juste éviter de me mentionner… avant un petit moment."

Sans doute qu’Amelia parviendrait à lui remonter un peu le moral. Ils s’entendaient bien tous les deux. Enfin, c’était aussi sans compter de me remonter le moral, à moi aussi. Je la regardais me réprimander, et lui offris un léger sourire.

"D’accord, d’accord. Mais il n’y a plus grand-chose à dire sur le sujet, je crois…" C’était pas non plus la plus amusante des discussions. Surtout parce que j’étais moins triste que ce que j’aurais dû être, sans doute… "J’aurai moins de regrets à accepter les nouvelles responsabilités qu’on me confierait à Pinkerton, si j’en crois mes supérieurs."

Bon, ça aussi, j’aurais pu m’abstenir. Mais je savais qu’Amelia pouvait comprendre. Le boulot avant tout.
Data
Sphère Economique
avatar

Messages : 132
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Télékinésie
Revenir en haut Aller en bas
Dim 11 Nov 2018 - 11:28
But, tell me, what is the point !






Summer 2008




L'amitié a ça de précieux qu'elle donne de la légèreté à -presque- tout. Au cours de cet été. En particulier, ce fût un don précieux.
La vie d'Amélia Clark n'était pas au plus haut de son sommet. Les moments passé avec l'agent Cooper demeuraient des pépites, dans un océans, de complications personnelles. Chose qu'elle finirait sans doute par lui avouer à demie mots.

- C'est si bien résumé ! Admit Amélia avec humour.

Elle posa une main sur son cœur pour rendre hommage à cette petite maxime.
A force de voir Daniel la commerçante en était venue à faire des hypothèses sur les genres. Elle se sentait plus à son aise avec lui. Elle était plus naturelle aussi. Parce qu'il n'y avait pas d'enjeux charnels possible.

- Je finirais par briguer un poste de haute responsabilité. On ne me fera plus bouger. Clark vaincrait. Peut-être oui. Enfin, j'espère que non dans le fond. Je préfère ne pas entrer totalement dans les habitudes des gens de pouvoir. Puis le regard de la jeune femme si fit plus vif. Sur le commerce. Sur les femmes. Sur je ne sais pas, pleins de choses en fait.

Des envies. Multiples et désordonnées. Comme le sont les projets encore immatures dans l'esprit de leur géniteurs. Sans doute, trop de choses encore parasitaient l'esprit de l'Américain. L'élan créatif -primaire- n'avait pas encore toute la place nécessaire pour exister.
Mais le temps de la création viendrait. Que celle-ci soit de chair ou de papier.

-Mmm Oui. Tu ne veux pas en informer mon mari pour commencer ? Ça me rendrait service. Ironisa la brune. Un sourire reconnaissant se peignit sur son visage au geste d'amitié. Cooper comprenait vraiment ce genre de problématique. Cela faisait du bien.

Un état de confiance. Qui se trouvait plus rare que ce que Clark aurait imaginé. Elle avait cru que c'était le Maryland qui provoquait une fermeture sociétale. Elle était tombée -de haut- en arrivant à New-York city. Le problème n'était pas la région. L'arche.
L'Humanité était le problème.

Non. C'est plutôt l'inverse. Moi je suis présente et plus il est heureux ces derniers temps. Je crois qu'il me déteste. Plaisanta-t-elle. Même si sous l'humour se cachait une triste vérité. Mrs Powell-Clark n'était pas l'épouse la plus épanouie. Son mari non plus. Mais que faire ? Je lui laisse son espace. Ce n'est pas comme s'il me manquait de toute façon. Ce qui est horrible dit comme ça. Un mariage pragmatique avant tout. Une façon d'assurer une stabilité en dehors des affects. Enfin c'est ce que la jeune provinciale avait imaginé. La vie commune s'avérait plus complexe.


Pour cette raison aussi Amélia entreprenait maintenant plus de choses en solitaire. Ou plutôt encore plus de choses. Des activités pour lesquelles Powell n'avait pas d'intérêt. Le sport en exemple.
Donc elle était ravie de le partager avec quelqu'un d'autre.

- C'est un deal ! Je pense que ça devrait être à l'automne pour la présentation annuelle. Je te redirais.

Chacun son tour ouvra la porte de l’intime. Témoignage d'une confiance mutuelle.
D'autant que cela permettait de s'écarter de ses propres problématiques personnelles. Un soulagement pour Amélia.

- Alors tu as agis en homme responsable. Je comprends. Et puis tu sais je pense qu'il y a beaucoup de monde qui devrait avoir le même cran. Ça éviterait de la perte de temps et des drames. Une analyse sans compromis. Disant cela Amélia se demanda une fois encore les raisons de sa posture actuelle avec Georges. Je lui parlerais de tout sauf de toi.

Elle n'était pas une experte en affaire de cœur. Mais elle avait un petit bagage de phycologie. Sa propre situation lui avait fait prendre beaucoup -beaucoup- de recul sur les comportements humains.
Une leçon rude mais formatrice.

- Tu crois ? Alors je n'insiste pas. Elle lui avait dit être présente pour lui. Il savait qu'il pouvait compter sur elle. Donc c'était à lui de décider. Al ! Ils se sont enfin décidés !! Ce n'est pas trop tôt. Et donc ? En quoi elles consistent ces nouvelles responsabilités ? Demanda-t-elle pour l'encourager à poursuivre. La belle prenait en compte cette diversion avec respect et sollicitude même.

Aussi tira-t-elle le fauteuil. La position accroupie n'étant pas la plus confort. Elle le plaça de bais prés de celui de Cooper.
Amélia Clark
Sphère Economique
avatar

Messages : 291
Etat Civil : Divorcée
Pouvoirs : /
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Arche :: Zone Quantique :: Machine à remonter le Temps-