Par respect [ALPHA]

 :: Édimbourg :: Leith :: Balance Point Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Mer 27 Juin 2018 - 21:28
Par respectMiranda & Gabrielle
<<
La nouvelle de la mort du chef d'Arkadia n'avait pas défrayée les chroniques mondiales, pourtant, Gabrielle avait fini par apprendre son décès. Ce qui n'avait pas manqué de lui faire un choc, finalement, heureusement qu'Eliott avait été dans les parages, pour cela aussi il avait été une force sur laquelle elle avait pu se reposer. Parce qu'elle n'avait pas oubliée ce qu'elle avait vécu avec cet homme et le fait qu'il disparaisse ainsi... Kreizler avait eu l'impression que finalement, eux non plus, n'avait pas totalement fini leur histoire. Elle avait voulu en savoir plus, mais les informations avaient été bien gardées, rien ne filtrait. Et ce n'était clairement pas Arkadia qui laisserait sortir quoi que ce soit qu'elle ne voudrait pas. Au moins avait-elle appris que Miranda avait succédée à son patron, chose qui ne l'avait pas surprise outre mesure. Elle était sans doute la mieux placée pour reprendre cette place, même si - sans doute - devait-elle penser qu'elle n'avait pas les épaules pour, enfin, qu'elle n'était pas faite pour ce genre de poste.

Hellequin s'était décidée à rendre une visite impromptue au siège central, déjà pour présenter ses condoléances à Miranda, qui avait été là pour les débuts de l'histoire et même si elles n'avaient pas beaucoup échangé toutes les deux, cela n'empêchait pas notre protagoniste d'apprécier cette femme d'une certaine façon. Ensuite parce qu'elle voulait en savoir plus, elle voulait comprendre ce qui était arrivé. Percy n'était pas le genre de type à se faire tuer bêtement, il était censé être immortel, quelque part, elle devait estimer que quelque part, il n'avait pas le droit de les quitter aussi abruptement, sans aucune raison valable... si elle savait.

La moto se parquait alors sur une place prévue à cet effet. Voilà un autre petit plaisir qu'elle avait apprécié retrouver en revenant à Édimbourg, sa moto. Parce qu'il n'était pas aussi évident de conduire une deux roues sur les routes glacées du nord. Surtout quand on était sous la protection d'un homme qui faisait tout ce qui était en son pouvoir, pour vous empêcher de faire trop de bêtise. Et puis, soyons honnête, elle n'avait pas été en état de faire grand-chose pendant de longues semaines. La guérison avait été lente, mais c'était pour que son corps s'en remette complètement.

Enlevant le casque avec facilité, elle le gardait pendu sur son bras, tout en observant le vaisseau à quelques mètres au-dessus. Jamais elle n'avait mis les pieds ici, ce serait une première. Ses pensées allaient vers le mort, le remerciant de la faire venir alors qu'il n'était plus là. Petit soupire, avant de prendre les devants pour rejoindre l'entrée, ouvrant d'un mouvement son blouson, l'air était chaud. Le cuir n'aidait pas à faire passer l'air.

D'un pas décidé, elle venait poser son casque sur le bureau d'accueil, avec un léger sourire, tentant de se montrer le plus... sympathique possible. Elle espérait qu'on ne l'oblige pas à sortir sa carte de flic pour pouvoir passer les sécurités. Mais ne sachant pas vraiment où trouver Miranda, elle venait au plus simple.

- Bonjour, agent Kreizler, j'aimerai pouvoir rencontrer la directrice, si cela est possible, bien entendu.

Bien entendu...
© 2981 12289 0
Hellequin
Sphère Militaire
avatar

Messages : 554
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Connexion aux esprits psychopathes



Tu ne t'intéresses aux gens
qu'une fois qu'ils sont morts!
Revenir en haut Aller en bas
Ven 29 Juin 2018 - 13:59
Miranda Lockhart décocha un nouveau coup de point, qui s'écrasa sur le gant de son partenaire d'entraînement. Elle n'avait pas cherché à retenir son coup, pour la simple bonne raison qu'elle n'en avait pas besoin : Judas aurait pu encaisse une locomotive de plein fouet sans sourciller. L'avantage d'un prodige indestructible comme assistant. Car c'était ce qu'il était, et il l'était d'abord devenu sans que Miranda s'en rende compte. Un jour, elle avait réalisé que c'était le cas, et voilà. Il avait surgi des rangs d'Arkadia sans attirer l'attention de personne, et il s'était tellement bien adapté à Miranda qu'elle doutait qu'il s'agisse d'une simple coïncidence ou d'un résultat de son ambition. Elle y voyait plutôt la main du patron, qui avait sans doute préparé Judas en prévision de son départ, celui qui conviendrait le mieux à la nouvelle directrice. Une Miranda pour Miranda. Elle en avait d'abord été offusquée, voyant la manœuvre comme une manipulation, voire un manque de confiance, et puis elle avait réfléchi. C'était essentiel de pouvoir se reposer sur quelqu'un, c'était une leçon que Percy avait mis toute sa vie à comprendre, et qu'il avait fait de son mieux pour transmettre à se seconde. Et pour le moment, elle n'avait pas à se plaindre : Judas était discret, efficace, et ne se plaignait jamais. En plus, il anticipait ses besoins à merveille, savait gérer son emploi du temps et s'occuper de l'administratif. Quant à son nom, voilà qui avait sans doute amusé le patron ; l'intéressé n'avait rien à redire là-dessus, c'était son nom, simplement.

« Oui ? »
Miranda leva une main pour interrompre l'entraînement ; elle recevait un appel dans l'oreillette d'Arkadia, implantée directement le long du canal auditif. « Merci, faites la monter. » Voilà qui était intéressant. Le temps que la visiteuse arrive, elle avait encore le temps pour quelques passes. Vêtue d'un débardeur de sport noir et d'un short du même acabit, elle avait noué ses cheveux en une queue de cheval serrée, et la sueur commençait à ruisseler sur sa peau, signe qu'elle était à l'ouvrage depuis un moment déjà. Elle avait eu besoin de se défouler un peu, après de longues heures à passer des rapports en revue. Elle comprenait maintenant mieux que jamais pourquoi cette partie du job pouvait taper sur les nerfs, et elle ne bénéficiait pas d'une mémoire parfaite pour l'aider à tout intégrer... Alors elle avait mis le tout en suspend, elle avait alpagué Judas qui ne lui avait rappelé que trois rendez-vous futurs à achalander d'urgence avant de la suivre sans plus protester.

« Mademoiselle Kreizler, bienvenue à Arkadia. Vous êtes sur la liste. » Plus bas, dans le bureau du petit bâtiment duquel partait l'ascenseur de verre qui menait au Balance Point, le réceptionniste avait accueilli Gabrielle Kreizler avec la politesse de celui qui représentait une compagnie. Il lui pria simplement de patienter un instant, sans lui demander la moindre accréditation. Son nom et son visage avait suffi pour qu'il réalise qu'elle était dans une des bases de données spéciale. Il appela la patronne sans attendre, le temps de le signaler. Puis il sourit à l'agent de Scotland Yard : « Vous pouvez monter. Deuxième pont, suivez les lignes rouges dans la coursives, et vous arriverez à la salle d'entraînement. La directrice vous y attend. »

L'intérieur de l'aéronef bourdonnait comme toujours d'activités : des agents se déplaçaient dans les couloirs d'un pas pressé, les membres d'équipage et le service de maintenance accomplissaient leurs tâches, et on remarquait à peine le service de sécurité, discret mais toujours présent. Une véritable ruche, où les abeilles faisaient du miel de l'information qu'elles y rapportaient sans cesse. Avec tout ce qui s'était passé dernièrement, l'état d'alerte était presque constant, et le travail ne manquait pas. Personne n'accorda beaucoup d'attention à Kreizler, dont le chemin put se dérouler sans encombres. La salle d'entraînement était petite mais son espace était soigneusement aménagé pour tirer au maximum profit de l'espace, comme c'était généralement le cas à bord d'un bâtiment. Plusieurs machines de musculations étaient alignées le long d'une cloison, et un petit ring trônait au milieu de la pièce, sur lequel Miranda continuait de faire pleuvoir les coups contre un Judas imperturbable. Ils étaient les seuls présents, profitant d'un créneau plutôt isolé. Du coin de l’œil, elle aperçut Gabrielle, elle se faufila agilement sous les cordes. Elle se saisit d'une gourde et but à gros goulots plusieurs gorgées, avant d'essuyer la transpiration sur son front à l'aide d'un linge. Elle ôta ses gants, et tendit une main à l'attention de la policière : « Agent Kreizler. Bienvenue sur le Balance Point. Judas, mon...assistant. » fit-elle en désignant l'homme qui rangeait leurs affaires ; elle avait encore hésité sur le terme. Bah, elle finirait par s'y habituer. Judas se fendit d'un hochement de tête poli en guise de salutation avant de continuer son rangement avec efficacité et discrétion.

« Pardonnez moi de ne pas vous recevoir dans mon bureau, mais... j'avais besoin de taper sur quelque chose. La paperasse et moi, ça fait deux. Que puis-je faire pour vous ? »


PNJ: Judas
Alpha
avatar

Messages : 80
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : capacités physiques améliorées, résistance mentale


Thème: Canta Per Me - Yuki Kajiura




“There’s no way things should be. There’s just what happened and what we do.” Terry Pratchett
Revenir en haut Aller en bas
Lun 2 Juil 2018 - 20:20
Par respectMiranda & Gabrielle- Madame... corrigea alors l'agent, elle n'avait plus rien d'une demoiselle, et cela depuis bien longtemps.

Peut pouvait l'étonner en ce qui concernait Arkadia, même si Percy n'était plus, son œuvre elle... continuait de tourner et donc, quand on la laissa passer sans plus de questions, elle comprit que - sans aucun doute - cet homme l'avait mis dans ses petits papiers. Mais le contraire aurait été étonnant, vu leur passif. Elle remercia donc l'homme d'un sourire tranquille, mains sur les hanches, elle entra dans l'ascenseur et se laissa porter jusqu'au pont du bâtiment, qui était clairement impressionnant. Elle n'y avait jamais mis les pieds, elle regrettait quelque part, que ce soit dans cette situation.

Suivant la ligne rouge comme on le lui avait dit, son regard accrochait un peu tout, observant les visages, les activités, cette mauvaise habitude de flic qui ne laissait rien passer, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Tout le monde semblait ne pas lui prêter attention, pourtant, elle était certaine que quelques yeux devaient suivre son avancée. La salle de sport n'était donc plus très loin et elle passa la porte, avec un petit sentiment presque amusé.

Miranda n'était pas Percy, elle était clairement faite pour l'action, pas pour s'assoir derrière un bureau à lire des rapports. Les deux femmes se ressemblaient bien plus qu'elles n'en disaient et elles avaient été proches du directeur, chacune à sa façon, mais les liens étaient pourtant là. Un regard à la ronde, en attendant que Miranda finisse de taper sur un homme qui semblait imperturbable. La salle était sobre, propre, plus entretenue que celle du Yard en tous les cas, mais finalement, ça se ressemblait pas mal.

D'un léger sourire, elle prenait la main tendue, pour la serrer avec conviction.

- Madame la directrice. Lui relâchant la main. Merci de me recevoir, vous devez être bien occupée. Saluant alors l'homme d'un mouvement de la tête, haussant un sourcil à son prénom. Vous aimez prendre des risques... bon c'était une sorte de petite pointe de taquinerie, on ne pouvait pas juger un homme à son prénom, il n'empêche qu'il portait celui qui tenait la plus belle place de traître aux Enfers, se faisant dévorer par Lucifer chaque jour que Dieu fait. Enfin... elle n'était pas là pour ça et son interlocutrice le lui rappela bien rapidement en lui demandant le pourquoi de sa venue. Aucun problème, si j'avais su, j'aurai sans doute prit mes gants, que nous fassions un petit échange, je préfère aussi l'action à la paperasserie. Je venais voir comment vous alliez et surtout... croisant un peu les bras. Savoir ce qui était réellement arrivé à Perceval.

Certes, ça ne devait pas être agréable pour l'ancienne bras droit de devoir en parler, mais l'agent ne quitterait pas ce pont, tant qu'elle ne connaîtrait pas l'histoire, Percy avait été plus qu'une simple connaissance et si elle pouvait faire quelque chose pour venger sa mort, elle le ferait.
© 2981 12289 0
Hellequin
Sphère Militaire
avatar

Messages : 554
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Connexion aux esprits psychopathes



Tu ne t'intéresses aux gens
qu'une fois qu'ils sont morts!
Revenir en haut Aller en bas
Dim 8 Juil 2018 - 14:19
« Très bien, madame. » avait répondu le réceptionniste avec naturel. Il lui avait indiqué la suite sans se départir de son sourire. Les employés d'Arkadia étaient formés pour conserver un calme naturel en toutes circonstances, et à s'adapter au moindre changement sans donner l'impression de manquer ne serait-ce qu'un battement de cœur. Ils auraient pu accueillir le président monté sur un ours vert fluo sans se départir de leur calme (1). Et puis Gabrielle Kreizler n'était pas la première policière qui avait ses entrées pour le Balance Point. L'organisation comptait même un certain nombre d'agents des forces de l'ordre qui avaient discrètement intégrés ses rangs. De là, on pouvait se demander ce qu'en aurait pensé Kreizler ; elle devait probablement s'en douter. Percy ne s'en était pas vraiment caché de son vivant, après tout. Une fois à bord, son avancée fut notée plus que surveillée, mais il en allait de même pour la plupart de celles et ceux qui se retrouvaient à arpenter ses coursives.

Toutes les salles de sport se ressemblaient. On y trouvait des appareils de marques différentes, un niveau d'entretien plus ou moins poussé, et certaines se trouvaient à bord d'engins volants... Mais elles partageaient toutes une même atmosphère d'effort et d'accomplissement née des efforts des participants. Miranda aimait y passer du temps quand elle le pouvait, et mettait un point d'honneur à ne jamais négliger son entraînement. Elle n'était pas du genre à se laisser happer par la vie de bureau, et elle savait que ce n'était pas ce que Percy aurait attendu d'elle. Il l'avait choisie parce qu'il savait qu'elle ferait les choses à sa façon à elle. A son tour, elle façonnerait Arkadia de la même manière qu'Arkadia la façonnait depuis qu'elle y avait été accueillie.

« Miranda. » dit-elle en lui serrant la main. « Directrie Lockhart, c'est plutôt pour mes agents. Pour tout dire, je n'y suis pas encore habituée, et je ne sais pas si je le serai jamais. Changer sa dénomination, ce n'est pas aussi simple que sur le papier. » Un nouveau sourire, accompagné d'un bref soupir. « On peut dire ça, oui. Ce n'est pas l'occupation qui manque. J'imagine que c'est pareil à Scotland Yard, surtout après ce qui s'est passé à l'exposition. »

« Mes parents ont un sens de l'humour très particulier. » glissa Judas. Il avait l'habitude qu'on commente son prénom d'une manière ou d'une autre. C'était devenu pour lui un moyen de jauger autrui, et Miranda avait fini par s'y habituer. Pour sa part, elle n'allait pas douter de sa loyauté pour un nom, et il avait plus que fait ses preuves. Il s'était mis à l'ouvrage, rangeant les équipements avec méthode.

« Ce n'est que partie remise : nous pourrons toujours trouver un moment pour partager le ring. C'est parfait pour réfléchir, plus encore pour apprendre à connaître les gens. » Elle tendit sa gourde à Judas, qui était apparu à ses côtés comme par magie pour la réceptionner. La blonde s'assit sur un banc, les mains sur les genoux. Elle observait soigneusement Gabrielle, sans pour autant se montrer trop scrutatrice ; il lui semblait néanmoins que quelque chose avait changé chez l'agent. Elle dégageait quelque chose de légèrement différent.

« Je vais aussi bien que possible. J'avoue que je n'ai pas vraiment l'habitude -ni le temps- de me poser la question. Et vous ? J'ai cru comprendre que vous aviez quitté Édimbourg quelque temps. J'espère que vous avez trouvé ce que vous cherchiez. » Ah, la question inévitable qui planait depuis les premières rencontres de leur rencontre. La directrice savait qu'elle n'y couperait pas, mais cela ne la rendait pas plus facile pour autant. Bah, autant ne pas tourner autour du pot. « Il est mort parce qu'il l'a décidé. Pour lui, c'était le seul moyen de protéger sa famille. Il a mis au point un plan compliqué qui se terminait par son sacrifice, ce qui a mis son adversaire en échec. Du moins pour le moment... Il était convaincu qu'il n'y avait pas d'autre moyen, pas s'il voulait éviter à coup sûr que ses enfants et ses petites-filles courent le moindre risque. Il ne m'as pas tout dit, et j'ai dû le regarder mourir. Et maintenant... » Elle fit un geste de la main, comme pour englober le vaisseau : « Il m'a laissé tout ça à gérer. » Puis elle attendit ; si Gabrielle voulait des précisions, elle les lui donnerait.
__________________________________________________

(1) Arkadia devait sûrement avoir une réserve de friandises pour ours rangée quelque part pour ce type d'occasion.
Alpha
avatar

Messages : 80
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : capacités physiques améliorées, résistance mentale


Thème: Canta Per Me - Yuki Kajiura




“There’s no way things should be. There’s just what happened and what we do.” Terry Pratchett
Revenir en haut Aller en bas
Dim 8 Juil 2018 - 21:17
Par respectMiranda & GabrielleIl était dommage que les deux femmes se retrouvent ainsi, à cause de ce drame. Hellequin avait quand même du mal à se dire que Percy n'était plus là. Il y a des choses que l'on croit immuable. Surtout quand on côtoyait des gens se disant immortel. Enfin... les drames arrivaient à tous les niveaux, c'était ainsi. Elle hocha de la tête quand son interlocutrice lui fit comprendre qu'il fallait utiliser son prénom.

- Miranda, bien. Tout en lui lâchant la main. Elle l'observait, cette nouvelle directrice, tout en l'écoutant avec attention. Elle ne pouvait que comprendre ce qu'elle devait ressentir. Se retrouver projeter à une place que l'on avait jamais réellement voulu avoir, cela pouvait être troublant. Un changement drastique d'habitudes, qui pouvait ne pas plaire à tout le monde. Mais Miranda était une combattante et ne se laisserait sans doute aucunement dérouter par une telle chose. En effet, mais vous finirez par vous y faire, on finit par se faire à tout. Haussant quelque peu les épaules. L'exposition est déjà bien loin derrière, mais oui, il y a toujours de quoi faire.

Le fameux Judas se faisait entendre. Gabrielle posait un regard sur lui. Il n'avait pas l'air touché de sa remarque, il devait certainement en avoir l'habitude. Elle eut un petit sourire, appréciant son flegme.

- Très particulier, c'est le cas de le dire.

Les parents semblaient parfois oublier que les enfants allaient devoir porter leurs noms, jusqu'à la fin de leur vie et ils pouvaient en souffrir... profondément. Combien de fois on avait cru avoir affaire à un mec, avant d'être presque déçu de voir une femme la concernant? Et encore, elle avait la chance d'avoir l'ortographe féminin de Gabriel... qu'importe, elle reportait toute son attention sur Miranda, qui ne manquait pas de lui faire comprendre qu'elle pourrait venir s'entrainer avec elle la prochaine fois.

- J'utilise plutôt le ring pour tout oublier. Pour me dépenser et faire passer toutes mes frustrations. En évitant d'envoyer mon adversaire à l'hôpital, bien entendu.

Chacun avait sa manière d'utiliser le sport. Kreizler n'était pas connue pour être quelqu'un qui faisait dans la dentelle. Bien au contraire. C'était elle qui participait parfois à des combats illégaux, juste pour le plaisir de frapper les autres jusqu'au sang, sans qu'on ne l'interrompe. Et l'adversaire était là pour la même chose, aucun risque que l'on porte plainte ensuite. Dommage que les suspects ne puissent pas être secoués pareillement parfois. Elle s'installa aux côtés de la directrice d'Arkadia, voyant bien qu'elle se faisait scruter, mais n'en prit pas ombrage. A croise que les gens étaient surpris de la revoir, ou remarquaient bien que quelque chose avait changé chez elle.

- Je vais bien. De toutes les façons, c'était la réponse basique, qu'elle donnait toujours. Bien ou mal, qu'est-ce que les autres pouvaient faire pour elle? Mais aujourd'hui, oui elle allait bien, il n'y avait pas de mensonge pour cette fois-ci.

Se passant une main dans les cheveux, tendant les jambes, croisant les bras ensuite, Gabrielle écoutait avec attention tout ce que lui exposait Miranda, une moue posée sur le visage. Voilà, Percy avait donc décidé de se sacrifier pour les siens. Elle soupira un instant en secouant légèrement la tête, négativement. Pourtant, elle ne le jugeait pas, elle pouvait comprendre, être prêt à mourir pour les siens. N'avait-elle pas fait un peu pareil? Pour une vengeance certes, mais pour celui qui avait été son complément?

- Une noble cause, stupide diront certains, mais noble, surtout. Cela lui correspond. Se frottant finalement le visage, se redressant rapidement, la station assise ne lui convenait pas. Son regard passait d'une machine à l'autre, alors qu'elle faisait quelques pas, dans un sens, puis dans l'autre. Il avait toute confiance en vous, il ne doutait pas que vous vous en sortiriez. Et je pense qu'il avait raison sur ce point. Marchant encore, pensive. Contre qui s'est-il battu ainsi? Ses proches sont-ils réellement mis hors de portée du danger? Que puis-je faire pour vous aider? Si je le peux?

Voilà, elle apportait son aide, d'une façon ou d'une autre, cela pourrait devenir personnel. Peut-être.
© 2981 12289 0
Hellequin
Sphère Militaire
avatar

Messages : 554
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Connexion aux esprits psychopathes



Tu ne t'intéresses aux gens
qu'une fois qu'ils sont morts!
Revenir en haut Aller en bas
Dim 15 Juil 2018 - 15:02
Comme Gabrielle, Miranda trouvait dommage qu'il ait fallu une occasion pareille pour les réunir. Véritablement les réunir, au-delà de la seule reconnaissance de leur existence mutuelle. Avant, Kreizler était une relation du patron, et Alpha sa garde du corps, et c'était tout. Elles s'étaient rapidement estimées, mais n'avaient pas jugé bon d'aller plus loin, chacune se cantonnant dans son rôle : il faut dire qu'elles avaient bien assez de choses à gérer chacune de leur côté. Ce qui n'avait pas changé, au contraire ; mais leur dynamique à toutes les deux avait été subtilement changée par les épreuves qu'elles avaient traversée. Toutes les deux ne lâchaient jamais l'affaire, et se laissaient absorber par leur travail : qui d'autre aurait pu le faire ?

« J'espère vous donner raison. C'est fou ce que l'on est capable de réaliser lorsqu'on a pas le choix. Rien de tel que de se retrouver dos au mur. Enfin, si on ne se retrouve pas noyé sous la paperasse. » Elle se fendit d'un sourire amusé, tendant la main pour réceptionner le stylo électronique que lui tendait Judas, toujours adepte de la synchronicité. Elle n'avait jamais vu d'assistant plus à propos, se dit-elle en signant l'écran que l'homme lui présentait. Le log de la salle de gym : même la directrice n'en était pas exempte. A dire vrai, être la directrice de la compagnie ne l'exemptait pas de grand chose ; cela avait même tendance à réduire sa marge de manœuvre sur certains points au moins autant que cela l'élargissait sur d'autres. « Elle s'est peut-être déroulée il y a des mois, mais les retombées se font toujours sentir. Et maintenant, les arches tombent. Une crise ne vient jamais seule. »

Le problème des arches occupait la brigade scientifique d'Arkadia jour et nuit, sans parler des détachements parés pour intervenir en cas de catastrophe. Malheureusement, les avancées n'étaient pas très probantes, et ce malgré la collaboration entre Arkadia, le gouvernement et plusieurs autres arches et compagnies. C'était typiquement le défi plus grand que nature qu'on ne pouvait pas surmonter en lui criant dessus ou en cognant un bon coup. Elle se demandait si Gabrielle souffrait de cette impuissance face à des problèmes plus grands, impossibles à confronter directement.

« Et je ne vous dis pas comment s'appellent mes frères et sœurs. Les appels en classe étaient toujours intéressants. » Miranda n'avait jamais su si Judas avait souffert de son nom ; son assistant ne s'épanchait pas sur sa vie privée. Soit il ne le prenait vraiment pas mal, soit il avait appris à soigneusement cacher son ressentiment. Pour sa part, la blonde s'y était habituée, et il aurait aussi bien s'appeler Ulysse ou Jean-Christophe que cela n'aurait rien changé. « J'imagine que vus voulez que j'aille chercher l'objet ? »

Il fallut un bref instant à Miranda pour devenir de quoi il parlait ; comme toujours, il savait anticiper ses pensées. « Oui, merci Judas. »

Le barbu hocha la tête, et quitta la salle, laissant les deux femmes en privé. Elle n'était pas censée accueillir du monde avant le prochain quart, ce qui devrait leur laisser bien assez de temps pour discuter tranquillement. Et puis Miranda n'avait pas envie de retourner au bureau ; l'endroit présent lui semblait plus approprié pour son interlocutrice.

« Peu de choses évacuent mieux les frustrations qu'un bon combat. »
Encore un point sur lequel elles pouvaient s'entendre, bien que ne le percevant sans doute pas tout à fait de la même manière. Lockhart n'éprouvait pas de plaisir à démolir son adversaire ; elle appréciait la technique, la maîtrise de son corps, la satisfaction de surmonter son épreuve. Elle aimait gagner, mais elle veillait à ce que cela ne lui monte pas à la tête. Elle s'efforçait de maîtriser sa colère, de l'évacuer sans se laisser dominer par cette dernière.

« C'est tout nous ça, nous allons bien. Nous n'avons pas vraiment le choix. »
Elle ne chercha pas à en savoir plus. Si Gabrielle se montrait élusive, c'était son droit, et elle n'allait pas lui tirer les vers du nez. Elle respectait l'intimité de ses semblables, en grande partie parce que c'était ce qui lui permettait de maintenir ses propres barrières. Et puis la conversation revenait inévitablement sur le patron. Toujours le patron. Il ne la quitterait jamais.

« Rien que pour ça, je me dis que j'aurais dû le voir venir. Mais je crois que je me disais qu'il trouverait toujours un moyen de s'en sortir. Un rappel que personne n'est infaillible, y compris ceux qui pensent toujours garder le contrôle. » Un bref soupir. « Ce qui est stupide, c'est de ne pas m'avoir incluse. Peut-être que j'aurais pu... Enfin, je ne sais pas. C'est surtout ce que j'ai envie de croire, je pense. Mais ce qui est fait est fait. »

Du regard, elle suivit les déplacements de Gabrielle le long des machines. La policière avait de la peine à rester en place, ce que la directrice comprenait bien. Aucune des deux n'était faite pour rester sur la touche, et elles avaient plutôt tendance à se jeter droit dans les ennuis pour mieux les combattre. La suite ne la surprit pas plus que cela ; le patron avait toujours su attirer à lui des personnalités fortes et capables. Des gens qui voulaient faire une différence, ou bien qui ne refusaient pas un défi ou une bagarre.

« Sa famille est autant en sécurité que possible. Son ennemie ne peut pas s'en prendre à son propre sang, cela fait partie du plan du patron. L'ennui, c'est qu'elle l'a aussi lié dans l'autre sens : la supprimer reviendrait à causer la mort des autres. Tant que nous n'aurons pas trouvé comment passer outre le sort... Bon sang, ce que je peux détester la magie ! » Elle n'essaya même pas de cacher la frustration dans sa voix. « Quant à la responsable de tout ça... Qu savez-vous de Mesa ? Carla Stone ? Il s'agit en réalité de Marisa Coulter, l'ex-femme du patron. Une puissante sorcière, et grosso modo autant d'états d'âme qu'une poignée de porte. »
Alpha
avatar

Messages : 80
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : capacités physiques améliorées, résistance mentale


Thème: Canta Per Me - Yuki Kajiura




“There’s no way things should be. There’s just what happened and what we do.” Terry Pratchett
Revenir en haut Aller en bas
Sam 21 Juil 2018 - 9:32
Par respectMiranda & GabrielleGabrielle eut un petit mouvement de la tête. Honnêtement, elle n'avait aucun doute sur les capacités de Miranda. Certes, elle ne la connaissait pas plus que cela, mais elle l'avait vu travailler pour commencer, ensuite, si Percy lui avait dit qu'il avait toute confiance en elle, qu'il avait remis sa vie entre ses mains, c'était bien qu'on pouvait compter sur elle. Et elle estimait que ce n'était clairement pas de la faute de cette femme si l'homme était mort. Il avait sans doute choisi que cela arriverait et il aurait été difficile de contrer ses choix. Car lui aussi avait été une tête de mule. Un léger soupire passa ses lèvres à cette pensée, avant de reporter son attention sur la nouvelle directrice d'Arkadia.

- Avec un assistant comme le vôtre, la paperasse n'aura pas votre peau.

Qu'importe le prénom de ce dernier, la profileuse voyait parfaitement son efficacité redoutable. Ce n'était pas la même chose que Miranda avec Percy, la dynamique était tout autre, mais il était exactement ce dont elle devait avoir besoin, sans trop s'en rendre compte au début. N'en ayant jamais eu besoin, Kreizler ne pouvait pas savoir comment se déroulait ce genre de choix, mais elle était suffisamment observatrice et avait croisé assez de monde pour monter des profils et comprendre certains paternes que les gens ne voyaient pas obligatoirement. Encore une mauvaise habitude de son travail.

- En effet, et c'est sans doute ce qui est le plus préoccupant...

Elle ne pouvait rien faire contre cela, elle n'était pas scientifique, ni douée d'un pouvoir qui permettrait de tenir les arches en place. Comme beaucoup, elle attendait de voir la suite, avec cette petit inquiétude au coin de l'esprit qui disait, à quand celle sur laquelle tu te trouves? Est-ce un signe d'une fin prévue de l'Humanité en général? Rien de très agréable en soi, quoi.

Observant Judas et Miranda elle les laissa échanger en silence, observant la dynamique du duo. Avant que la discussion entre les deux femmes ne reprennent comme si rien ne l'avait vraiment arrêtée. Et Hellequin ne pouvait qu'être d'accord avec son interlocutrice sur le fait qu'un combat permettait d'évacuer beaucoup de chose.

- C'est un fait.

Un fin sourire marqua les traits de l'agent. Miranda comprenait vite, sans avoir besoin qu'on lui explique et cette sorte d'ironie lui plaisait bien. En effet, elles n'avaient pas le choix d'aller bien. C'était comme ça et pas autrement. Mais elle, était habituée et ne s'en plaignait pas. Et puis, pour le coup, elle était loin de mentir, voilà longtemps qu'elle ne s'était pas sentie aussi... en paix. Percy revenait au centre de la conversation et c'était avec une attention redoublée que Gabrielle écoutait ce qu'avait à lui dire la directrice.

- Il a justement dû estimer que vous seriez mieux à sa succession que tout autre chose.

Elle ne disait pas cela pour la réconforter ou la consoler, mais simplement faire preuve de logique. De toutes les façons, il n'y avait pas grand-chose à dire pour consoler quelqu'un de la perte d'un proche. Même si la femme en face d'elle ne le montrait que très peu, elle ne doutait pas qu'elle devait être encore sous le choc d'un tel événement, un deuil ne se faisait pas en deux jours, même quand on s'appelait Miranda Lockhart.

Les mains dans le dos, Kreizler continuait de faire les cent pas, tournant parfois son regard sur l'autre femme, parfois sur les différentes machines et la pièce dans laquelle elle se trouvait, secouant légèrement la tête aux questions qu'elle lui posait, rassurée quelque peu de savoir que la famille ne serait pas attaquée aussi facilement.

- La magie? Moi qui croyait que c'était déjà assez compliqué avec les Prodiges... Strega n'était donc pas la seule à faire ce genre de chose, super... Pas grand-chose... Elle ne s'était jamais vraiment intéressée aux grandes entreprises, elle avait déjà assez à faire avec ses psychopathes. Je vois. Vous savez où la trouver? Comment la mettre hors d'état de nuire? S'il fallait encore se débarrasser de quelqu'un, elle était tout à fait prête à le faire, vu où elle en était arrivée.
© 2981 12289 0
Hellequin
Sphère Militaire
avatar

Messages : 554
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Connexion aux esprits psychopathes



Tu ne t'intéresses aux gens
qu'une fois qu'ils sont morts!
Revenir en haut Aller en bas
Mar 24 Juil 2018 - 13:09
S'il y avait bien une personne qui avait des doutes sur les compétences de Miranda Lockhart en tant que nouvelle directrice d'Arkadia, c'était bien Miranda Lockhart. Intellectuellement, elle voulait bien admettre qu'elle n'était pas arrivée là où elle était par hasard, et que Perceval Rose n'aurait pas fait d'elle son héritière au sommet de la hiérarchie s'il ne l'avait pas jugée capable d'assumer ses fonctions. Pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de se remettre en question. Elle avait le sentiment de ne pas réellement mériter sa place, ce qui était déjà le cas du vivant de Percy. Oh, elle ne laissait rien paraître aux yeux du monde et travaillait dur pour conserver sa façade d'exemplaire efficacité, mais intérieurement rien n'était moins sûr. Elle bataillait sans cesse contre ses origines, qu'elle devait à un père qui n'en avait jamais été un et qui avait voulu faire d'elle l'outil parfait. Rien de moins...et rien de plus non plus. Elle n'aurait jamais dû être une sœur, une amie, une femme. Elle n'aurait jamais dû être une personne. Et aujourd'hui, voilà qu'on lui avait confié les rennes d'une des organisations de l'ombre les plus puissantes ! Comment pouvait-elle être sûre qu'elle prendrait les bonnes décisions, que son passé ne la rattraperait pas ? Il ne se passait pas une seule journée sans qu'elle ne débatte de la question avec elle-même, et ce n'était pas près de changer.

« Depuis que j'ai accepté le poste, j'ai l'impression que je risque bien plus de mourir asphyxiée par une pile de papiers qu'au combat... Et tous les efforts de Judas n'y changeraient rien. »

Du doute, elle passa à l'amertume. Elle n'avait plus vraiment l'occasion d'être sur le terrain, c'était inévitable. Elle ne s'était pas rendue compte à quel point cela allait lui manquer, ni à quel point il lui serait pratiquement impossible de revenir en arrière. Son temps à accomplir personnellement des missions critiques semblait révolu. Non seulement elle avait tout Arkadia à gérer maintenant, mais elle devait aussi se préserver ne serait-ce que pour éviter le chaos que provoquerait sa disparition. Autant de responsabilités qu'elle acceptait en traînant des pieds et en serrant les dents. Enfin, elle ferait son travail de son mieux, comme elle l'avait toujours fait. Elle ne connaissait pas d'autre manière d'agir.

« Comme si on avait besoin d'un nouveau sujet de préoccupation. » grogna-t-elle, frustrée. La chute des arches était un autre problème sur la longue liste de ceux qu'elle ne pouvait régler directement. « Je préfère quand on peut s'occuper d'une situation avec un bon coup de crosse sur le nez. Là, on ne peut qu'attendre que les scientifiques ne trouvent quelque chose...et espérer pouvoir réagir assez vite en cas de catastrophe. »

De ce côté-là, elle savait qu'elle avait fait de son mieux. Arkadia était aussi préparée que possible à intervenir, en liaison avec tout gouvernement qui pourrait avoir besoin de son aide en cas d'évacuation. Mais cela n'empêcherait pas de trop nombreuses vies d'être perdues si une nouvelle arche devait s'effondrer. Enfin, c'était une crise pour un autre jour. Pour l'heure, elle était contente de la présence de Gabrielle : leurs points de vue semblaient s'accorder sur pas mal de choses, et c'était toujours agréable de converser avec quelqu'un qui comprenait. Qui comprenait que non, elles n'avaient pas d'autre choix que d'aller bien. De le clamer haut et fort, de le montrer et de l'assumer aux yeux du monde, de ne jamais faire preuve de faiblesse. Parce que leurs métiers le demandaient, parce qu'elles affrontaient chacune des monstres à leur façon, parce qu'elles étaient des femmes. Et ce n'étaient que les premières raisons...

« Le patron a estimé beaucoup de choses. J'aurais préféré qu'il ne me garde pas en dehors du coup. Je crois que c'est ça le plus dur : de ne pas avoir pu m'y préparer, de ne pas savoir si j'aurais pu faire...quelque chose d'autre. » Quoi ? Elle n'en avait aucune idée. Si Percy en était arrivé là, c'était probablement parce qu'il n'avait pas réussi à trouver d'autre solution, aussi elle doutait qu'elle y serait parvenu. Mais là encore, Rose n'était pas infaillible, et peut-être... Peut-être n'arrangeait rien, se morigéna-t-elle. Il lui fallait avancer, elle n'avait pas le choix. « A qui le dites-vous... Je n'aime pas la magie. Surtout parce que je ne la comprends pas, et parce qu'elle crée de nouveaux problème. « Mesa est sans doute la méga corporation la plus influente et étendue de la planète. Leur siège est basé à Singapour -ils ont grosso modo privatisé le pays entier, et ils essaient de le reproduire ailleurs, notamment sur les arches africaines- mais il n'existe pas un pays où ils ne sont pas basé. C'est à eux que l'on doit les portails, et de nombreuses avancées médicales, cybernétiques et dans l'armement. L'ex femme du patron s'est hissée au sein de leur conseil, se faisant passer pour Carla Stone. On ne sait toujours pas comment elle a survécu, mais ses pouvoirs sont grands, aussi bien en magie qu'avec toutes les ressources qu'elle a à disposition. D'une manière ou d'une autre, elle est déterminée à amasser toujours plus de pouvoir, et à prendre ce qu'elle veut. Comme ses petites-filles. Le sacrifice du patron l'en empêche pour le moment, mais on ne peut pas s'en prendre...définitivement à elle sans risquer leur vie. Il nous faut trouver un autre moyen de la mettre hors d'état de nuire, ce qui n'est pas partie gagnée. Et même si nous devions trouver...l'atteindre est encore une autre histoire. Après tout, il ne s'agit que de percer les défenses de la corporation la plus redoutable de toutes les arches... »

Autant dire que c'était loin d'être gagné.
Alpha
avatar

Messages : 80
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : capacités physiques améliorées, résistance mentale


Thème: Canta Per Me - Yuki Kajiura




“There’s no way things should be. There’s just what happened and what we do.” Terry Pratchett
Revenir en haut Aller en bas
Dim 12 Aoû 2018 - 18:48
Par respectMiranda & GabrielleAh la paperasse, qui aimait ça? Vraiment? Mis à part les rats de bibliothèque et encore... Gabrielle ne pouvait que comprendre Miranda et être désolée pour elle. Le terrain, y avait vraiment que cela de vrai. Elle s'arrachait tout autant les cheveux quand George commençait à exiger ses rapports d'enquêtes. Dieu qu'elle détestait les faire. Le passage était obligé, mais douloureux. Elle était ravie de ne pas avoir la place de Miranda pour le coup. Elle fit un petit mouvement de la tête.

- J'en doute pas... au pire, trouvez quelqu'un pour vous remplacer et repartez sur le terrain?

Mais oserait-elle seulement laisser la place de la direction à un tiers? Pas sûr, même si parfois, c'était la meilleure chose à faire et la preuve d'un très bon dirigeant. Pouvoir laisser le pouvoir à quelqu'un d'autre, mais continuer à surveiller en sous-main, tout en continuant à faire ce pour quoi on était le plus doué. Enfin, elle disait ça, comme ça. Alpha savait sans doute parfaitement ce qu'elle devait faire, même si elle avait dû être prise au dépourvu.

Les deux femmes étaient d'accord, elles étaient toutes les deux pour l'action, peut-être un peu brutale, qui réglait une situation que de devoir attendre et voir ce qui allait se passer. Il n'y avait rien de plus rageant que de se sentir totalement inutile et de ne pas savoir quoi faire pour régler le problème. La chute des arches rendaient tout le monde désemparé. Personne ne savait vraiment comment gérer une telle crise. La pire depuis bien des lustres. Et ce n'était pas le seul problème... autant dire que ce n'était pas demain que tout ce petit monde prendrait des vacances.

Hellequin pouvait comprendre la frustration de son interlocutrice. Elle comprenait aussi parfaitement la douleur de perdre quelqu'un que l'on aimait. Qu'importe le type d'amour. C'était toujours extrêmement douloureux et bien entendu, on ne pouvait qu'essayer de se dire que les choses auraient parfaitement pu se passer autrement, si on avait su avant, si on avait été mis au courant. Mais la Mort était injuste et il fallait vivre avec. Difficile de faire autrement. Pourtant, elle se garda bien de dire quoi que ce soit, parce qu'elle savait aussi combien, ce genre de phrase pouvait être irritante et n'aidait pas à avancer. Par à l'étape où se trouvait cette femme en tous les cas. Elle ferait son deuil et finirait par apprendre à vivre avec. Pas à l'accepter non, juste... vivre avec.

Magie et Mesa, ça semblait être une association d'idée un peu dégueulasse et bien emmerdante. Kreizler l'écoutait avec attention, comprenant toute la problématique de cette histoire. Elle ne pensait pas avoir une solution à tout ce bordel. Et si Percy n'en avait pas trouvé, que Miranda non plus, elle n'aurait pas vraiment de pierre à apporter à l'édifice.

- Et trouver d'autres... "magiciens" puissants qui pourraient vous aider à y mettre un terme? Mesa, c'est une corporation puissante, certes, mais il y a toujours des moyens pour les faire tomber. Avez-vous parlé avec le Président? Je suis certaine que vous avez les moyens de le contacter. Vu sa politique, je ne serai pas étonnée qu'il marche avec vous pour les mettre à terre... autant profiter de toutes les forces possible à avoir. A mon échelle, je vois pas trop ce que je pourrai faire par contre, mais si vous avez besoin d'un agent de terrain, je peux me porter volontaire.

Elle était débrouille, elle avait du flair et savait quoi faire en quoi d'emmerdes. Sans pour autant entrer à Arkadia. Elle tenait à son indépendance, celle que lui offrait Scotland Yard. Ca ne l'intéressait guère d'entrer dans ce genre de... boîte.
© 2981 12289 0
Hellequin
Sphère Militaire
avatar

Messages : 554
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Connexion aux esprits psychopathes



Tu ne t'intéresses aux gens
qu'une fois qu'ils sont morts!
Revenir en haut Aller en bas
Mar 14 Aoû 2018 - 12:42
La paperasse. Un ennemi bien plus redoutable pour Miranda Lockhart qu'une troupe de ninjas prodiges renforcés par des prothèses cybernétiques. Dans cette mission à Berlin (1), elle s'était contentée d'être l'exécutante de la mission, fonçant joyeusement dans le tas sans vraiment se soucier des rapports qui allaient suivre. Et puis le boss était dans un van au même moment, à superviser le tout sans avoir eu le temps d'ôter son costume de hot-dog (2). Certes, il y avait toujours des papiers à rédiger, et Percy s'était toujours assuré qu'elle apprenne à l'accomplir au mieux, mais il avait toujours accompli le gros de l'administratif, comme on s'attendait de la part d'un directeur d'une organisation comme Arkadia. Et puis Percy avait toujours aimé ça ; là où beaucoup craignaient les longues heures de rédaction et de passage en revue, il s'y sentait comme un poisson dans l'eau, y voyant une pile de nouveaux défis plutôt que d'ennuis. Le plaisir qu'il ressentait en la matière ne serait jamais celui de Miranda, mais elle devenait reconnaître qu'il lui avait bien appris. Et puis le patron s'était certainement attendu à ce qu'elle s'en charge à sa manière, comme toujours. Elle n'aurait pas dit non à une mémoire parfaite pour ce genre de choses, ceci dit...

« Je délègue ce que je peux. Et si le patron pouvait se permettre des missions en terrain, je ne vais certainement pas m'en passer. Je ne compte pas oublier ce que c'est que d'être en mission, et je vais mener la barque à ma manière. J'ai eu un bon mentor, et je pense que la leçon la plus importante, c'est que je n'ai pas à être lui. Sinon, il ne m'aurait pas laissé la baraque. »

Perceval Rose avait toujours été du genre à cultiver les talents et les personnalités qui existaient déjà plutôt que de vouloir les calquer sur d'autres, y compris les siens. C'était une des qualités qu'il avait toujours eues, même lorsqu'il avait créé Arkadia pour des buts bien moins nobles que ceux d'aujourd'hui. Il n'avait jamais essayé de modifier Miranda, de faire d'elle quelqu'un qu'elle n'était pas. Il lui avait toujours laissé le choix, que ce soit lorsqu'il lui avait proposé de rejoindre l'organisation ou qu'il avait confié de nouvelles responsabilités par la suite. Il n'y avait bien qu'en lui laissant les rênes qu'il l'avait mise devant le fait accompli, mais le connaissant il avait dû mettre en place des contingences au cas où elle aurait décidé de refuser. Mais elle ne l'avait pas fait. Parce qu'elle reconnaissait qu'elle avait été préparée au mieux, et...parce qu'elle le voulait. Elle s'en était aperçue plus tard, et luttait encore avec le concept, mais elle ne pouvait plus le nier. Autant qu'elle aimait être une simple agent de terrain, elle avait envie d'accomplir plus. De faire en sorte que l'héritage d'Arkadia soit à la hauteur de ce que Rose avait voulu, mais aussi de lui imposer sa propre marque.

« Je sais que je peux me reposer sur une bonne équipe, et ça aide beaucoup. Je n'ai jamais été très douée pour travailler en équipe, mais à être si bien entourée, je commence à m'y faire. On ne peut pas changer le monde seule. Qu'il s'agisse des arches ou des gens qui les habitent. »

Miranda partageait l'impuissance de Gabrielle sur la question : tout ce qu'elle pouvait faire, c'était superviser les recherches de son mieux, et s'assurer qu'Arkadia y injecte le plus possible de ressources. Elle ne pouvait pas retenir les morceaux de terre par la seule force de ses bras ou de sa volonté ; personne ne le pouvait. Et elle ne pouvait pas non plus changer les gens, les forcer à se montrer raisonnables là où ils se montraient fanatiques.

« C'est juste que...parfois, je suis fatiguée de ne pouvoir agir qu'après que les dommages aient été causés. »

Un sourire contrit sur les lèvres, elle croisa le regard de Kreizler. Sur ce point, elles pouvaient sans doute se comprendre également : c'était souvent le lot de la police de ne pouvoir réagir qu'après les faits. De réparer les dégâts et d'arrêter les responsables sans avoir pu empêcher le crime. Sans doute une des plus grosses frustrations dans leurs domaines. Ce qui motivait Lockhart à redoubler d'efforts pour empêcher que Mesa et Marisa ne se livrent à de nouvelles exactions. Avant qu'il ne soit définitivement trop tard...

« Les sœurs du patron s'y connaissent en magie, elles ont participé au rituel. Et j'ai des liens avec d'autres sorcières. Vous étiez présente à la soirée de recrutement de l'Ordre, si ça ne mes souvenirs ne me font pas défaut ; certaines d'entre elles reconnaissaient l'importance de s'opposer à Marisa Coulter. Quant à Mesa, l'ennui c'est que ce n'est pas « juste » une société de plus. C'est la première parmi les mega-corporations mondiales. Ils ont acheté des arches entières, à commencer par Singapour, qui sont de facto devenus les premiers états corporatistes, et qui représentent un véritable pied-de-nez au CSN. Leurs ressources sont à ce point considérables. Et ce sans parler de la véritable armée privée qu'ils ont mis sur pied. Pour s'opposer à eux directement, ce n'est pas la loi qui va nous servir ; ils ont les moyens d'aller au-delà, et de s'y opposer violemment s'ils le veulent. Mais cela ne veut pas dire qu'on ne bénéficierait pas d'un rapprochement avec le président de notre arche. Le patron l'avait envisagé, et je sais qu'ils se sont rencontrés. Je sais aussi que McBeathag n'est pas un fan du concept d'Arkadia, mais nous devrions pouvoir travailler ensemble si besoin... Aussi étonnant que cela puisse paraître, la Feuerbach Corp semble prête à nous épauler également : s'unir contre le plus grand danger, ce genre de choses... » Elle haussa les épaules, avant de sourire pour signifier sa gratitude : « Si l'occasion se présente, je ne manquerai pas de faire appel à vous. Quelqu'un dans votre domaine, ça peut toujours se révéler très utile. Et vos compétences ne sont plus à démontrer. Je sais que vous n'avez jamais eu l'occasion de nous rejoindre, et je le comprends. Je le respecte, même. Et je serai ravie de travailler avec vous, d'une manière ou d'une autre. »


_______________________________________________________

(1) Ne demandez pas.

(2) Vraiment, ne demandez pas.
Alpha
avatar

Messages : 80
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : capacités physiques améliorées, résistance mentale


Thème: Canta Per Me - Yuki Kajiura




“There’s no way things should be. There’s just what happened and what we do.” Terry Pratchett
Revenir en haut Aller en bas
Dim 26 Aoû 2018 - 11:12
[quote="Hellequin"]Par respectMiranda & GabrielleBon au moins, se retrouver à la tête d'Arkadia apprenait à Miranda que l'on travaillait mieux en équipe que seul. C'était déjà une bonne chose. Apprendre à déléguer, qu'est-ce que cela pouvait être compliqué. Ce n'était pas Gabrielle qui dirait le contraire, vu comment elle-même, pouvait avoir une peine d'enfer à passer ses informations. Bon, elle, c'était surtout parce qu'elle estimait être la personne la plus à même de régler certains cas. Sans que cela ne soit de la surestime de soi. Elle avait juste tellement l'habitude de devoir gérer ces tueurs, connaissant leurs habitudes et surtout les risques que l'on pouvait encourir, qu'elle ne voulait surtout pas mettre d'autres personnes en danger. Ce qui pouvait être bien stupide parfois, c'était un fait. Mais bon, on ne changeait pas les bonnes habitudes, si?

- C'est une bonne façon de penser, oui.

C'était même logique, Percy n'aurait pas donné les pleins pouvoirs à Miranda, s'il avait souhaité que la barque continue d'être menée comme lui le faisait depuis bien des années. Un changement n'était pas plus mal, même si cela était dû au décès du créateur de cette... entreprise. Elle soupira à nouveau légèrement en y pensant. Vraiment, il aurait pu trouver un autre moyen, moins radical, si c'était vraiment la retraite qu'il avait cherché. Bon bien sûr, c'était l'ironie qui la faisait penser ainsi, mais elle savait que l'ancien directeur, où qu'il soit, n'en prendrait sans doute pas ombrage. Elle faisait un peu... d'humour... ironique oui, mais d'humour quand même.

- Hum oui c'est ce que j'entends souvent aussi. Pourtant, qu'est-ce que ça serait plus simple, n'est-ce pas?

Ces deux femmes étaient sans doute sur une même longueur d'onde. Elles voulaient faire beaucoup de chose, elles-mêmes si possible. Tout en aidant le plus de personne. Chacune à leur façon bien évidement. Enfin, peut-être finiraient-elles par réussir à travailler ensemble.

Kreizler hochait lentement de la tête, encore une fois, elle comprenait. Même trop bien. Oui c'était frustrant, épuisant même, d'arriver toujours après les catastrophes. Quelles qu'elles soient. Sans pouvoir rien faire, mis à part constater les dégâts. Même avec ses visions, la profileuse ne pouvait pas empêcher les meurtres. Elle pouvait peut-être arrêter plus tôt la série, mais il fallait bien qu'un se commette pour que la piste se fasse et qu'elle la suive. Elle voyait mal comment cet état de fait pourrait changer un jour... il fallait espérer que les technologies évoluent. Elle n'avait rien à dire de plus à ce sujet. A part compatir, mais elle doutait que c'était ce dont avait besoin son interlocutrice, comme elle savait qu'à elle, cela ne l'avancerait aucunement.

Oui il était vrai qu'elles avaient participés toutes les deux à la soirée de l'Ordre, même si Hellequin n'y avait rien vu de particulièrement intéressant pour elle, elle avait remarqué que ce n'était pas que des femmes ordinaires. Un nouveau petit hochement de la tête pour confirmer les dires de la directrice, avant de continuer de l'écouter avec attention. Rien de bon n'allait sortir de tout cela. Il fallait que les forces en présences puissent combattre un ennemi qui semblait tout puissant. Et Gabrielle savait qu'elle ne pouvait rien faire. Peut-être se mettre en grain de sable dans le rouage et encore, cela serait sans doute assez compliqué.

- Mes capacités s'arrêtent là, je ne vois pas comment vous aider plus, même en cherchant des solutions. A quoi faire semblant de savoir où ils allaient? Ce n'était pas non plus son travail. Mais ce qui était important, c'était bien de faire comprendre qu'elle serait là pour aider, quand ils auraient besoin d'elle. Je verrai à faire une petite enquête de mon côté. Sait-on jamais, si quelque chose avait pu échapper à tout le monde. Tant qu'elle ne s'affichait pas trop en lien avec Arkadia, elle pourrait bosser en sous-marin, plus tranquillement. Je sais que nos chemins finiront bien par se croiser à nouveau. Observant autour d'elle, avant de revenir sur Miranda, lui tendant une main franche et amicale. Merci de m'avoir reçu, je ne vais pas vous retarder plus que nécessaire. Elle avait eu les réponses à ses questions et la dame devait avoir une montagne de travail qui l'attendait. Tout comme en elle en fait. Vous avez mon numéro, n'hésitez pas.

Confirmant ainsi sa proposition de donner un coup de main. Et si elle trouvait quelque chose, elle n'hésiterait pas à le lui transmettre d'une façon ou d'une autre. Puis ayant pris congé de la nouvelle directrice, la flic prenait le chemin inverse à sa venue, pour quitter Balance Point.

Autant dire que tout cela ne l'avait pas rassurée, mais au moins, savait-elle maintenant ce qui était arrivé à Percy. Sans ressentir un besoin de vengeance aussi ancré que pour Simon, elle ne sera jamais contre remettre cette Marisa à sa place. On ne touchait pas impunément aux gens de son entourage.

Foi d'Hell'.

>> Croiser les collègues
© 2981 12289 0
Hellequin
Sphère Militaire
avatar

Messages : 554
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Connexion aux esprits psychopathes



Tu ne t'intéresses aux gens
qu'une fois qu'ils sont morts!
Revenir en haut Aller en bas
Mar 11 Sep 2018 - 12:17
« Je n'ai pas vraiment le choix. Je m'adapte, voilà tout. »

La directrice d'Arkadia haussa les épaules. Au fond, cela n'avait rien d'étonnant : elle avait été créée pour ça. Pour exceller dans n'importe quelle situation, pour apprendre et dominer, pour être toujours à la pointe. C'était pour elle aussi naturel que de respirer. Alors pourquoi avait-elle autant l'impression de ne pas savoir ce qu'elle faisait ? Quand Arkadia l'avait libérée de son père, elle avait découvert un monde nouveau, et le seul concept pour lequel elle n'avait pas été préparée : le choix. Rien ne la forçait à diriger Arkadia, elle aurait pu dire non ; a n'importe quel moment, elle avait la liberté de faire ce qu'elle voulait de sa vie. Pourtant, elle avait accepté. Premièrement parce que c'était la bonne chose à faire, parce qu'elle voulait s'assurer du futur de l'organisation. Et ensuite...parce que c'était un défi difficile à refuser. Et les défis, c'était comme les gâteaux : une fois qu'on avait commencé, c'était pratiquement impossible de s'arrêter.

« Quelque chose me dit que le plus simple, ce n'est pas pour nous. On est plutôt là pour que ce soit plus simple pour les autres. Celles et ceux qui en ont le plus besoin. »

C'était le but d'Arkadia, après son remaniement par Percy. Et un objectif qu'elle était bien décidée à réaliser. Le groupe avait le potentiel de faire une sérieuse différence, et peut-être même qu'elle saurait la faire avancer encore plus loin. D'une manière différente, peut-être plus ouverte. Les jeux d'ombre, ça avait été le truc de Percy, il avait passé toute sa vie à s'y employer, il n'aurait pas su comment faire autrement. Miranda était plus directe, cela allait être à elle d'orienter la direction de la compagnie. Et ce n'était pas une tâche aisée. Elle devait asseoir son autorité aux yeux des directrices et directeurs de division. Ils ne se montraient pas hostiles, mais certains observaient attentivement tous ses faits et gestes, que ce soit pour mieux la défier ou l'aider à rester alerte, comme Andrea Antonov. Heureusement, elle pouvait compter sur le soutien d'Agrafena et du Concierge. Et puis il y avait Judas, bien sûr. Et en parlant de l'assistant, voilà qu'il revenait dans la salle, une boîte sous le bras.

« Pour vous, agent Kreizler. » Il tendit le paquet à la policière. A l'intérieur, elle put y trouver un petit boîtier noir, et une bouteille de scotch. « Le scotch est l'une des trois bouteilles encore en circulation de cette vieille marque. Le boîtier, c'est un message. »

« Merci, Judas. » Elle hocha la tête à son attention, et revint à Gabrielle. « Il avait laissé ça pour vous, au cas où vous repreniez contact avec nous. Pour le reste... Peut-être bien que vous finirez par trouver un angle qui nous a échappé. Nous n'avons pas besoin de magie ou d'un cerveau surdimensionné pour leur mettre des bâtons dans les roues, j'en suis persuadée. D'une manière ou d'une autre, leur arrogance causera leur perte. Nous ne sommes que des grains de sable pour eux, mais le grain de sable au bon moment, et les rouages se bloquent. » Elle serra la main que lui tendait Kreizler, et lui passa une carte. « Merci à vous d'être venue. Maintenant, vous avez mon numéro aussi. N'hésitez pas. Oh, et si cela vous dit qu'on s'entraîne ensemble de temps en temps, ce serait avec plaisir. »

Lockhart était curieux de voir Gabrielle en action sur le ring, et elle ne doutait pas qu'elle ferait une adversaire à sa mesure. Oui, leurs chemins allaient se recroiser, cela ne faisait pas de doutes. Et l'agent de Scotland Yard n'avait pas besoin de s'affilier à Arkadia pour cela. Un électron libre avait aussi son utilité, peut-être plus encore face à des conglomérats comme Mesa. Leurs adversaires se rassemblaient, de tous les horizons, et il y en aurait bien dans le lot auxquels la corporation ne s'attendrait pas. Miranda Lockhart regarda Gabrielle Kreizler s'en aller, et sa résolution était plus farouche que jamais.

Elle avait du travail.


Un dernier message:
 
Alpha
avatar

Messages : 80
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : capacités physiques améliorées, résistance mentale


Thème: Canta Per Me - Yuki Kajiura




“There’s no way things should be. There’s just what happened and what we do.” Terry Pratchett
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Arche :: Édimbourg :: Leith :: Balance Point-