Sur le chemin des écoliers (Siren)

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Mer 23 Mai 2018 - 19:53
“ Toute légende a un fond de vérité. ”

Strega



L'approche des examens de fin d'année mettait les étudiants dans une drôle de frénésie. C'était comme si tout à coup le temps s'accélérait. Les paresseux devaient se mettre au travail. Et les studieux, entamaient un régime à base de coca et de petits gâteaux, pour survivre à des sessions de révisions. Le parc du manoir devenait l'endroit le plus occupé de l'école. Des petits groupes se formaient au quatre coin, manuels sur les genoux et cœurs aux abois. Ce qui n'était dû qu'au trac scolaire seulement une fois sur deux. En définitive tout allait bien.

Catherine Kent s'était proposée pour donner quelques cours de rattrapage au volontaires. Raison pour laquelle, elle arrivait aux abords de la propriété, en ce beau début d'après-midi. Elle se déplaçait en vélo, comme chaque jour, depuis que le temps était plus clément. Une veste en jeans la protégeait du petit vent. Elle portait des sandales à lanières et elle avait même vernis ses pieds, sous le regard curieux de Samuel. Un teint halé témoignait des heures passées à construire le potager derrière leur maison. Elle pensait aux bulbes de roses qu'elle avait planté le matin même avec un sourire heureux. Car elle l'était heureuse.

Un parfum de glycine flottait dans la rue. Les passants portaient des chapeaux et des lunettes de soleil. La chaleur et l'atmosphère générale, donnait un avant-goût de vacances. Tant et si bien que Sveda se sentait le cœur léger. Elle chantonnait une chanson qui passait à la radio, un peu plus tôt dans la matinée, sans même en connaître le titre. Dans ses souvenirs revenait le rire de Dante, quand elle était venue le taquiner pendant qu'il se rasait. Son sourire s'embellissait en entendant de nouveau leurs mots d'amour. Portée par ces pensées doucereuses, Tohum allait virer sur la gauche.

« Madeline ? » La blonde actionnait le frein et descendait de selle.

La jeune femme était pareille à ce que l'Immortelle s'en souvenait.

« Incroyable! » Sveda se souvenait très bien de cette jeune femme. Elle l'avait eu comme étudiante. Madeline Lafayette une personnalité brillante, dont elle gardait un bon souvenir. Et bien qu'elle n'ait suivi que quelques semestres... sa vivacité d'esprit avait marqué la chercheuse. « Qu'est-ce que tu deviens ? Il faut absolument que tu me racontes. Est-ce que tu as quelques minutes ? J'allais à la PH. Faisons quelques pas ensemble ?! Ça alors... quel bel hasard. »

Sveda aimait savoir ce qui arrivait aux personnes qu'elle avait un jour rencontré. Plus encore quand il s'agissait de ses anciens élèves. Elle était curieuse de savoir quel chemin ils avaient finalement pris. Aussi c'est vrai si les sciences faisaient encore partie de leur vie. Bien sûr elle était toujours heureuse quand c'était le cas. Pour Madie, la piste s'était tournée vers des études en physique appliquée, pour la météo. Kent ignorait encore que leur route se recroisait sur les bancs de l'école.

« Es-tu en ville ?» La familiarité de la cardiologue allait de paire avec son entière sincérité. Elle était une enseignante investie, passionnée même, et qui ne pouvait pas s'empêcher d'aimer ses protéger. Madie avait d'ailleurs ce petite quelque-chose de finesse qui lui avait souvent rappelé Natacha. Oui Natacha était un peu partout dans ces jeunes esprits inventifs. Cette pensée i teintait la joie de la nomade d'une ombre. Mais la vie reprenait le pas aussitôt. Catherine souriait avec une douceur naturelle. « J'aimerais que tu rencontres l'un de mes protégés, si tu veux bien... »

Pendant tout cet heureux verbiage Tohum ne s'était rendue compte de rien. Iemanja cachée là-dessous ? Cela faisait des siècles, ou presque, que les ces deux-là s'étaient perdues de vue. Les seuls échos étaient des racontards de marins ou de fous. La Siren aimait garder un voile de mystère autour d'elle. La rose des sables ne pouvait pas de figurer qu'elle était à présent sur le même bloque qu'elle et tous les autres immortels.
Tohum
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"Le bonheur c'est mieux quand on le partage."


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Ven 15 Juin 2018 - 0:29
Je marche, depuis une heure, peut-être plus. Je profite de la douceur du temps. Cette ville m’avait manqué, réellement, profondément. Si c’était en Louisiane que j’étais née et que j’avais passé mes premières années, c’était ici, sur l’Arche Ecossaise, que j’avais grandi et connu mes premiers bonheurs. Et que j’avais trouvé ma voie. Tout est ici si… calme. Je n’étais là que depuis quelques jours, et j’étais déjà persuadée que Juno avait eu raison de me renvoyer chez mes parents. Que même si cela avait été difficile de quitter notre appartement après deux ans de vie commune, revenir à Edimbourg était ce qu’il fallait faire.

- Comment tu fais pour avoir tout le temps raison, et pour me connaître aussi bien ?

Dans mes écouteurs, je l’entends éclater de rire, et involontairement, je souris. Elle a cet effet-là sur moi, je ne peux pas m’en empêcher.

- Cherche pas à comprendre et contente-toi de m’écouter, va. J’dois aller en cours, Love. On se rappelle plus tard ?
- Ok. Tu me manques, June.
- Toi aussi. On se parle vite.

Elle raccroche, et je grimace. On avait beau avoir vécu notre début de relation à distance, y revenir maintenant, ça n’allait définitivement pas être simple. Enfin. Encore un mois, et c’était les vacances. On se verrait à ce moment-là, avant qu’elle ne commence son stage en laboratoire à New Victoria. Ils se l’arrachaient. Juno, c’était une tête. Une doctorante qui se spécialisait en biomécanique, y’en avait pas des tas. C’était un champ encore trop novateur. Pas assez porteur. Mais avec ses compétences et ses envies de recherches, pas de doute qu’elle allait trouver quelque chose. Elle parlait de ce stage depuis des mois, déjà. Excitée comme une puce de pouvoir bosser dans un vrai labo, et de réellement commencer ses expériences sur les prothèses mécaniques qu’elle tentait de mettre au point. Son sujet de thèse.

Sur mon téléphone, je lance une playlist romantique. La bande-son parfaite pour cette promenade, et la mélancolie mêlée de joie que je ressentais. J’aime accorder ma vie en musique. Ça m’aide à réfléchir. Mais j’ai à peine le temps de me lancer dans la Symphonie du Nouveau Monde que j’entends une voix, familière, m’interpeller. Je retire un écouteur, et le chant des cordes et des vents se perds bien vite dans le bruit de la vie citadine.

Revenir dans sa ville après l’avoir quitté 4 ans, ça à l’air de rien comme ça, mais on a quand même l’impression que tout est différent. Les gens. Les paysages. Les magasins. Mais, parmi toutes ces choses en constantes évolutions, il en reste, quelques unes, fixe. Un foyer, souvent. Des amis, parfois… et en l’occurrence, une professeur.



*** Oh, voilà qui allait être intéressant. Cette chère Sveda. Le hasard avait conduit les pas de Madeline jusqu’à mon ancienne alliée. Je m’étais parfois demandé s’il fallait que je me manifeste à elle. J’avais fini par décider qu’elle avait moyen de me joindre, grâce au pendentif dont je lui avais fait don. S’il était resté silencieux, c’était qu’elle n’avait pas besoin de moi. Pourquoi alors réapparaître dans sa vie ? Cette femme avait bien d’autres choses à faire… Et j’aimais assez mon anonymat. Puis, c’était intéressant d’apprendre à la connaître au travers du regard de Maddie. Comme si je la rencontrais de nouveau. Mon hôtesse la regarde, et je l’examine moi aussi. Elle avait eu un enfant. Je sentais ces choses-là, déesse nourricière que j’étais. Un autre enfant, devrais-je dire… Sveda avait toujours été une mère dans l’âme.***


Je fourre mes écouteurs dans la poche de mon jean et y enfonce mes mains, avec un sourire un peu mal à l’aise, mais pas mécontent pour autant. J’ai jamais vraiment été à l’aise avec les gens, de toutes manières…

- Bonjour, Mrs. Kent !

Sa question me prend de cours. Je ne m’y attendais pas forcément. Les gens que j’ai revus depuis mon retour, il y a quelques jours, c’est principalement des voisins. Passé l’usuel « bon retour, réinstalle-toi bien », ils ne cherchent pas à grand-chose à part à s’enfuir.

- Oh, je…

***Détends-toi donc, petite. Tu es en terrain sûr, auprès d’elle.***

Elle continue sur sa lancée et je me dandine un peu d’un pied à l’autre, avant de me forcer à respirer. Mrs. Kent, je la connaissais. Elle avait suivi mon parcours à la House Science, et m’avait encouragée sur la voie de la science. Un peu plus détendue, j’entreprends de répondre à ses questions.

- Je suis revenue de New Victoria il y a quelques jours. Je ne pensais pas croiser qui que ce soit…

J’arrive même à avoir un petit rire. Je me moque de moi-même, à vrai dire. On habite à New Town, et mes pas m’ont conduit sur la route de la PH. L’habitude, peut-être bien. Je lui fais signe de la tête que je peux la suivre, et nous reprenons la route, tranquillement.


- Et pour ce qui est de ce que je deviens, euh… J’ai eu mon Bachelor en Physique au MIT l’année dernière et euh là… je suis plutôt en année sabbatique, on va dire.

***Elle ne dit rien sur les trous noirs, évidemment. Comment le pourrait-elle, alors que ses mères ne sont pas au courant ? Pourtant, Sveda pourrait l’aider, si seulement cette tête de mule acceptait de demander de l’aide, plutôt que de s’obstiner. Mais Madeline est comme ça. Aussi secrète que moi… alors comment l’en blâmer ? Je me prends à sourire. Je l’aime, cette petite. J’ai aimé toutes les autres, mais Maddie… peut-être est-ce à cause de notre rencontre, mais j’ai un attachement tout particulier pour elle. Au point que j’ai, maintes fois, hésité à lui parler. Je me suis toujours abstenue, par peur de sa réaction. Oserait-elle embrasser ma présence, ou chercherait-elle à se débarrasser de moi ? Je ne veux le savoir. Tant que cette question reste en suspens, Madeline ne peux pas me décevoir. Mon ego ne souffrirait pas une trahison de sa part.***

Je me tais un instant. J’aurais envie de parler du MIT avec elle. De ce que j’ai appris. De ce que je veux faire, après. Mes projets, mes envies, mes questions. Mais pas ici, pas comme ça, en pleine rue. Elle doit avoir plein de choses à faires. Alors, je la lance sur elle, plutôt.

- Et de votre côté ? La Potentiel Home se porte toujours bien ?

Mais j’ouvre de grands yeux quand elle me demande de rencontrer quelqu’un, et me voûte un peu plus, ma main effleurant mes cheveux tondus court.

- Je euh… je suppose que oui ? J’peux aider à quelque chose?
Siren
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