Dov'è il mio dovuto ? / Mr Carso, je vous prie.

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Dim 13 Mai 2018 - 13:11
Dov'è il mio dovuto ?


Feat. Caleb



Une porte métallique se refermait sur ses gonds. La seule source de lumière venait d'une rangée de luminaires suspendues à des tringles métalliques. Il était impossible de donner une heure ou un lieu. La cave appartenait à une petite compagnie de commerce italienne. Elle hébergeait des cargaisons de vin importées des îlots méditerranéennes. Parfois, elle pouvait servir à des usages plus surprenant.

Elle était vide à l'exception d'une femme, de deux hommes, et trois chiens. L'un des hommes était assit sur une chaise, les mains et les pieds attachés, avec la tête cagoulée. Le second, grand et sec, venait d'ouvrir une mallette sur un établi en chêne. Il en sortait différents outils aussi calme et placide qu'un chirurgien. La femme, une cigarette entamée coincée entre deux doigts, marchait en consultant un cellulaire. Les bêtes déambulaient dans la périphérie de la chaise occupée. Elles avaient le pas tranquilles, leurs muscles fermes roulant lentement sous leur pelage clair.

– Hum. Bien. Commençons. Décréta la dame en revenant vers le centre. Les sons frappaient les murs de pierre et faisaient un écho lancinant sur les trente mètres de long.

L'homme de main reposait délicatement le chiffon qui lui servait à essuyer les instruments. Il attrapait le zippo, rangé dans un étui, pour allumer les six cierges qui encerclaient le prisonnier. La ligne sombre d'une rosace apparaissait sur le sol de la cave. Elle faisait environ six mètres sur six. Les courbes s’enchevêtraient à la manière des dessins cabalistique du Moyen-Age. Les canidés se postèrent à un angle chacun, assis sur leurs énormes pattes, en Cerbère. Ensuite, seulement, le Français alla ôter la cagoule du captif.

La petite trentaine, blanc, mince, il ne portait aucune marque de coup. L'équipe de l'enlèvement avait fait preuve d'une certaine élégance. Toute l'intégrité physique du Prodige avait été préservée. Ils avaient même fait attention à ne pas froisser ses vêtements. Il avait été confortablement transporté. Ce n'était qu'une arrivant sur le lieu qu'il s'était retrouvé sans aucun accès à ses dons et à la liberté de parole.

– Bienvenue Mr Carso. La Duchesse délaissait le téléphone de l'archéologue sur l'établi. Vous êtes un homme difficile à convaincre. Constatait-elle avec sévérité.

Strega s'arrêtait juste en face de l'Immortel. Une main dominatrice descendait négligemment caresser le crâne du chien le plus près. Vétue de noir, c'était une femme svelte, aux traits carrés et au visage froid. Elle portait des cheveux courts, couleur de nuit, ce qui contrastait avec son grain de peau diaphane. A l'exception d'une alliance, elle ne portait aucun attribue qui pu indiquer sa richesse. Pourtant, on saisissait sans le voir, qu'elle n'était pas une simple nobliote, mais une très ancienne Dame.

Une légère vibration résonnait. Le communicateur du prisonnier bougeait sur la table. Madame Lampeduza tandis une main pour le réceptionner, par Monsieur Pelletier. Ses yeux noirs prenaient tranquillement connaissance du message. Ainsi débutait, sans qu'il n'ait besoin de le dire, une séance de torture digne des catholiques fanatiques. Un sourire carnassier se dessinait sur son visage, lentement, alors qu'elle reprenait :

– Bien. Assise de bais, les pieds glissés sous la chaise. Elle rendit l'objet achevant de présenter les enjeux aux vieux loup. Une satisfaction doucereuse faisait luire ses prunelles. – Commençons par une question simple, voulez-vous : où se trouve mon coffret?

La barbarie n'était apparemment pas dans le style de cette Sorcière. Elle préférait perdre un peu de temps et faire dans les règles de l'art. Il y avait chez elle un plaisir sadique à savourer la victoire sur son adversaire. D'autant plus qu'elle se trouvait en présence d'un connaisseur. Quelqu'un capable d'apprécier toute la subtile ironie de la situation.
Strega
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Mer 27 Juin 2018 - 15:41
Dov'è il mio dovuto ?

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Si Dante pensait que sa journée allait être tranquille, entre vie de famille et boulot, il s'était bel et bien trompé. Avait-il mit un pied à l'extérieur de la maison, qu'une voiture s'était arrêtée à sa hauteur et qu'il avait été embarqué par quatre gaillards qui n'étaient pas là pour rigoler et qui l'avait fait entrer de force dans leur véhicule, pour le mener Dieu seul savait où. Une cagoule mise sur la tête pour l'empêcher de voir quoi que ce soit, Dante restait concentré sur les émotions qui émanaient de ses ravisseurs. Peut-être pourrait-il apprendre quelque chose, mais rien, ils étaient juste calmes. Ce qui pouvait l'inquiéter un minimum. Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait dans une telle situation, mais la dernière fois remontait à très loin. Il pouvait avoir une petite idée de qui le convoquait ainsi. Après tout, il gardait précieusement un objet qu'une dangereuse sorcière cherchait avidement.

Sans un mot, on le faisait sortir, marcher quelques mètres, descendre des escaliers, puis s'asseoir sur une chaise, à laquelle on lui attachait les chevilles, les mains attachées dans le dos, il soupira un instant. C'était vraiment pas ce qu'il avait prévu de sa journée. Aucun moyen de contacter un allié pour s'en sortir. Il allait devoir attendre le bon vouloir du commanditaire, pour en savoir un peu plus.

Comme il l'avait déjà vécu une fois, son empathie se tût d'un coup. Comme si on venait de couper la vanne des émotions du monde entier. Tiens. Il avait donc eu raison, c'était bel et bien Strega qui voulait le voir. Une voix mis fin au silence. Il ne la connaissait pas. Mais il ne doutait pas que c'était la sorcière qu'il allait bientôt voir. Et quand, enfin, on lui rendit la vue, il secoue légèrement la tête, avant de lever les yeux vers la dame. Elle avait bien changée, en effet, c'était assez spectaculaire. Mais il tenta de rester de marbre. Bien sûr, elle voulait sa boîte.

- Vous pouviez me passer un coup de téléphone, madame. Même si des échanges s'étaient déjà fait. Je vous l'ai dit, je ne l'ai pas trouvé.

Mensonge, bien entendu, mais il lui avait ramené tout le reste. Comme il l'avait dit à Sveda, il serait prêt à l'aider pour mettre quelques bâtons dans les roues de la sorcière.

- Vous avez trouvé la fontaine de Jouvence? Je serai curieux de savoir où elle se trouve.

Bon lui n'en avait pas besoin, mais quand bien même. En tant qu'archéologue, ce serait une découverte incroyable.

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Caleb
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Ven 29 Juin 2018 - 22:06
Dov'è il mio dovuto ?


Feat. Caleb



Les premiers mots du prisonnier tirèrent un sourire sur la bouche de la duchesse Lampeduza. Elle reculait son dos en arrière, bien droit, à l'image d'une classe aristocratique moribonde. Le style de la vêture très moderne, mettait en valeur ces manières passées. Pour autant ce qui était le plus marquant restait son absence totale d'empathie ou de doute.

Strega était la descendante directe et l'unique représentante du roi Minos. En tant que telle, elle disposait des êtres et des choses, depuis pour ainsi dire toujours. A ses yeux, ce prodige était un pion. Il n'avait pas plus de valeur que les esclaves qu'elle condamnait au fouet, naguère, pour avoir renversé son vin. Et si aucun rebelle n'avait réussi à la faire plier, c'est parce qu'elle s'en était occupée, elle-même. Elle refusait donc les diversions et reprenait selon son goût.

– Caleb. C'est ainsi qu'ils vous appelle. Caleb. Fils de Jephunne. Père d'Akhsa. Nikolas avait entendu parler de Moïse, du peuple maudit, de la terre promise à l'époque. Elle s'était demandée, pourquoi ce nom ? Un simple éclaireur. Puis, elle avait compris. Monsieur Carso désirait être un berger insignifiant. Invisible. Mais, en se liant à une fille de Constantinople, il avait levé un voilé. Ou devrais-je dire de Samuel Kent. Se moquait-elle, avec le sourire d'une tyran.

Monsieur Pelletier venait d'achever la circonscription. Tous les candélabres étaient allumés. Les flammes faisaient des ombres dansantes et fantasmagoriques sur les murs nus. L'un des chiens, le roux, eu un spasme buccal, comme la bête impatiente de passer à table. Tous attendait que la dame de la nuit dispose. Or Strega aimait se faire désirer.

– Voyez-vous Caleb. Je n'ai pas pour habitude d'être flouée. Cnossos joignait ses mains sur ses genoux. L'agacement qu'elle contenait depuis des mois réclamait le soulagement. Il eu été aisé de profiter de la situation. C'était cette facilité qui retenait d'ailleurs la meurtrière.

– L'objet qui se trouve dans ce coffret dégage une signature thermique unique. Les enchantements altéraient, de fait, la structure de la matière. Avec les bons outils Il était possible de les traquer. Aussi je sais que vous l'avez eu en votre possession pendant le trajet au retour de l'expédition. Le véhicule de transport avait été équipé d'un mouchard. La signature était identifié à 67% valable. Bien assez pour convaincre la Sorcière. Malheureusement son équipe avait perdu la trace.

L'erreur de Strega avait été de compter sur la crainte de l'archéologue, tout comme celle de sa compagne actuelle. Elle avait négligé l'entêtement de son ancienne élève. Peut-être également l'indépendance d'esprit de ce vieux soldat divin. Il lui rappelait quelqu'un. Ce souvenir avait même joué en la faveur de ce fripon... pour quelques temps.

Sur un signe de tête la Sicilienne congédiait le Français. Dans cet endroit Madame n'avait nul besoin de protection. Elle était la maîtresse. Les choses étaient moins bien partie pour celui qui était attaché. Le majordome acquiesçait de façon professionnel et disparaissait de la zone éclairée. Ils se retrouvaient à deux. Il n'y avait plus de témoin. Ce qui convenait très bien à la dame.

– Faut-il réellement que je vous présente les risques ? Vous savez bien de quoi je suis capable n'est-ce pas. Une petite garce avait probablement raconté les atrocités du passé. Contrairement à l'adage, les années n'avaient pas adouci cette manipulatrice. Donc reprenons, où est mon coffret ? Hum ? L'onyx luisait de malveillance et de sadisme. Les traits de caractères les plus sombres étaient aussi les plus encrés dans l'âme. Un point que Nikolas était d'ailleurs persuadée de partager avec cet immortel.

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Mer 4 Juil 2018 - 21:49

Oh, la dame souriait. Potentiellement, il y avait de quoi faire. Enfin, Caleb ne se faisait guère d'idée. Tohum lui avait peint un portrait de cette femme, qui pouvait lui faire craindre le pire, mais il n'était pas prêt à lui montrer sa peur, ses craintes. Ce serait trop lui faire plaisir. User d'amour pourri était une façon de se détendre. Même si elle n'allait pas dans son sens, ne répondant pas à ses questions, remettant la conversation là où elle voulait qu'elle soit. Ce qui n'était pas pour lui plaire. Il n'était pas prêt à lui dire où se trouvait ce coffret, bien planqué dans un endroit que lui seul connaissait, mais il pouvait tenter de mentir, encore un peu.

Il resta surpris de l'entendre l'appeler par son surnom. C'était quelque chose qu'il ne criait pas sur les toits. Qu'il gardait le plus souvent pour lui. Même si elle pouvait se tromper quelque peu de la provenance, il était pourtant curieux d'apprendre comment elle avait pu savoir une telle chose. Enfin... ils n'étaient pas les deux seuls immortels des arches, sans doute avaient-ils plus de connaissances en communs que notre archéologue pouvait imaginer.

- On? Qui ça, on? Avec un léger sourire en coin. C'est bien trouvé, je l'avais même oublié. Un comble pour un ancien prêtre, inquisiteur même, non? Bien qu'incorrect. Le fait que cette vipère nomme son fils, lui tira une moue. Il n'aimait pas son prénom dans cette bouche, avec cette voix. Il y avait quelque chose de désagréable, quelques poils de sa nuque se levaient.

Son regard fixait la vieille âme assise face à lui, sachant qu'elle pourrait bel et bien menacer son fils, le mettre en danger, tout comme sa compagne. Et cela, il ne le souhaitait pas. Pourtant, ce coffret... ils en avaient parlés avec Sveda, ils savaient ce qu'ils pouvaient risquer tous les deux. Heureusement que Sam' avait eu droit à quelques bénédictions.

- Oh je n'en doute pas une seule seconde. Avec un léger sourire, tentant de se montrer peu peureux de la suite. Hum, il se retrouvait un peu bloqué. Si cet artefact pouvait être suivi par sa signature thermique, la partie se compliquait pas mal pour lui. Il eut alors une petite moue, presque désolé. Hum...

Mais l'aventurier n'eut pas à en dire plus. L'homme dans la pièce s'en allait, aussi silencieusement qu'il avait travaillé. Autant dire que Dante comprenait que se retrouver seul face à cette femme et ses chiens, le mettait un peu plus dans les ennuis. Combien de temps aurait-elle de la patience? Voilà où en était ses questions silencieuses. Il réfléchissait à comment s'en sortir au mieux. Ce serait difficile, c'était un fait. Elle lui faisait comprendre qu'à faire le malin, il risquait vraiment gros, mais il ne voulait pas lui faciliter la tâche... et oui, notre homme était parfois une tête de mule. C'était aussi pour cela qu'il était l'un des meilleurs dans sa branche.

- Mmm... Peut-être qu'un rafraichissement de mémoire ne me ferait pas de mal? Reprenant son sourire. Décidément, il savait se montrer insolent. N'oublions pas non plus, que dans son passé, il n'avait pas toujours été un ange, bien au contraire, il avait été - entre autre - membre d'équipage d'un bateau de pirates, et son capitaine n'était pas un tendre, il en avait fait trembler des bateaux, rien qu'en levant son pavillon noir. Alors Strega... c'était un peu pareil. Elle venait de le lever, son pavillon. Bon d'accord... d'accord... je ne voulais pas vous le dire mais... il est tombé du pont... à nouveau sur terre, enfin... s'il ne s'est pas brisé en morceaux... désolé.

Un peu de baratinage, y avait-il vraiment du mal à ça? Sans doute face à cette femme, surtout si elle se rendait compte qu'il se foutait vraiment d'elle.

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Caleb
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Mar 10 Juil 2018 - 14:12
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La Sorcière plaquait un sourire narquois sur ses lèvres. Elle ignorait la question de l'Italien en le regardant droit dans les yeux. Elle ne céderait pas une information dont son adversaire puisse se servir. Elle laissait ainsi libre champ aux spéculations et l'angoisse. Une torture psychologique ravageuse.

– Incorrecte. Répétait la dame comme si elle reprenait un terme médical.

L'employé avait relevait la tête pendant une seconde. Aucune directive ne venant il avait reprit sa tâche consciencieusement. Il était somme toute ravi que Madame n'attende pas après lui pour régler la situation. Que la Duchesse soit disposée à gérer une affaire de cet acabit en démontrait toute l'importance.

L'homme ligoté usait d'une tactique basique. Strega hocha du chef acceptant le jeu de sa victime. L'insolence était le lointain reflet de la peur. Derrière le sourire du captif se dissimulait de la lucidité. L’un comme l'autre savait à qui il avait à faire. Le tableau de chasse de cette immortelle était rempli des noms des leurs. Il y avait, en effet, des chances que ce vieux loubard ne ressorte jamais de cet entrepôt vivant.

– D'abord, je vous laisserais regarder mes chiens dévorer vivante votre compagne. Une voix calme et amusée donnait à l'énumération un aspect anodin.

Bientôt deux ans étaient passées depuis la mort du Samouraï. Un temps qui s'était avéré utile pour la Strega. Tout en respectant son marché, avec le vieux Wairua, elle était chercher les informations sur Dante Carso. L'enquête sur le passé s'était avérée compliquée. La tradition écrite était arrivée tardivement dans la civilisation occidentale. Cependant celle sur la vie qu'il menait en Écosse était des plus aisée.

– Ensuite nous irons ensemble au château, du haut duquel vous pourrez voir votre bâtard tomber, comme un vulgaire sac de grains. Ils étaient trop loin d’Istanbul pour que Cnossos puisse laisser aller son inspiration morbide. Néanmoins, l'image procurée par cette description semblait satisfaire la tortionnaire. – Ou peut-être l'inverse. Que Sveda puisse elle aussi savourer le spectacle de sa perte.

Elle était maintenant dans le dos de l’archéologue.

– Puis, nous rassemblerons, Miss Homes, Monsieur Novak, Mademoiselle Baker... pour commencer. Vous assisterez à leur immolation.

Tout en évoquant les prévisions la silhouette se déplaçait. A présent à droite de l'archéologue, elle tenait ne aiguille entre ses doigts. Elle attrapait la tête de l'homme d'une main autoritaire et la faisait basculer sur la gauche. La pointe en métal se ficha dans la carotide battante. Nikolas tendit alors un alambique vide pour réceptionner quelques gouttes. Elle posait un bout de coton sur la plaie avant de s'écarter.

– Étant donné votre historique, vous ne m'en voudrez pas de profiter de votre résistance à la douleur... Dante ?

Le souvenir de Florence au XIII siècle, tirait une expression moqueuse sur cette face mauvaise. Les notes de Alighieri, la poésie, les vers, accompagnaient intérieurement le pas silencieux vers la table de torture. Elle versait, le contenu sangré dans un bol de terre cuite, où se trouvait déjà d'autres ingrédients. Elle mélangeait le tout avant de souffler quelques mots au-dessus. Le liquide se mit à bouillir de lui-même. La lame d'une dague d'argent fût plongée dans le liquide brûlant.

Strega l'immergeait jusqu'à la garde pendant environ une minute. Lorsque l'arme fût retiré le métal luisait de noire. La Sorcière prenait le temps de vérifier son œuvre avant de revenir dans le dos du prisonnier. Elle plaqua sa main libre sur la nuque masculine pour lui faire basculer la tête vers l'avant. Elle attendit un peu.

– Une dernière chose à dire ? Ironisa la Dame de la Nuit.
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Mer 11 Juil 2018 - 21:31
La dame ne croyait pas à son mensonge. Caleb ne fit aucune moue, mais n'en pensait pas moins. Ils étaient deux têtes de mules, aucunement prêtes à lâcher quoi que ce soit. Il ne voulait pas lui donner ce qu'elle voulait, pas après tout ce qu'elle avait fait subir à Sveda et pour maintenir un semblant d'équilibre aussi. Cette femme n'avait pas à devenir toute puissante. Jamais il ne serait à l'origine d'une telle chose. Quand il avait accepté le travail, il avait aussi accepté les risques de sa décision. Il fallait pourtant qu'il trouve un moyen de s'en sortir. Il ne tenait pas à disparaître maintenant, surtout qu'il avait enfin trouvé la compagne idéale et qu'une famille se construisait.

Évidemment, la femme prenait un malin plaisir à lui faire part de quoi elle serait capable pour le faire parler. Certes, il n'aimait clairement pas ce qu'il entendait, mais tentait de ne rien en montrer. Sveda savait se défendre, les autres aussi, ils pouvaient être bien protégés. Autant dire qu'elle n'aurait pas autant de facilité qu'elle pensait à les avoir. Surtout s'ils finissaient par se rendre compte qu'il avait disparu. Mais il était clair qu'il n'aimait pas que l'on menace ses proches, encore moins son fils.

- Ne soyez pas jalouse, ce n'est pas parce que nous avons un enfant qu'il vous faut absolument le traiter de bâtard. Avec un sourire de défi.

Oh, il savait qu'ils avaient perdu leur seul enfant et puisqu'elle se permettait d'attaquer son fils, lui tapait aussi là où ça faisait mal. Il savait être une mauvaise langue, surtout en mauvaise position et face à quelqu'un qu'il n'appréciait guère. Qu'elle ne croit pas qu'il était un agneau blanc. Ce n'était pas le cas. Il avait peut-être quitté les ordres ne supportant pas la souffrance et les tortures infligées à des innocents mais ce n'était pas pour autant qu'il avait perdu son caractère.

- Vous avez une certaine imagination, c'est sûr. Mais si j'ai perdu cette boîte, j'ai perdu cette boîte.

Il y tenait à sa version, elle finirait peut-être par y croire. Ou pas. L'observant faire, Carso n'avait pas de mal à comprendre qu'elle allait bientôt à la partie physique et il ne s'en réjouissait pas.

- Qui vous dit que j'ai une bonne résistance à la douleur? Vous savez qu'à mon époque, c'est vous qui aurait fini sur le bûcher. La sorcellerie, ttttt....

L'homme grognait quand la femme lui tint la tête. Il n'avait vraiment pas envie d'en arriver là, mais il ne desserrerait pas les dents. Savait-elle qu'il n'était pas un immortel? Dans le sens qu'une blessure mortelle pouvait le tuer? Il n'avait aucun pouvoir de guérison, il devait aller à l'hôpital pour des blessures. Par contre, Caleb se réveillerai réellement s'il se sentait en vrai danger et là... Strega serait aussi dans une situation à risque... il ne faudrait pas trop qu'elle s'approche de lui, il pourrait bien lui voler quelques années de vie.

- Me tuer ne vous permettra pas d'avancer, réfléchissez-y.

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Caleb
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Ven 13 Juil 2018 - 13:45
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Le calme de l'entrepôt transformait chaque son en bruit infernal. La pique de Caleb raisonnait dans un silence soudainement glacé. La colère qu'elle ressentait brutalement lui faisait perdre son masque. Sur le faciès de la quarantenaire se dessinait une rage sombre. Les phalanges de contractaient pour presser un objet invisible. La gorge se soulevait légèrement. Elle avait le regard d'un animal assoiffé de violence. Cnossos apparaissait dans sa nature la plus profonde.

Une profonde inspiration jugulait une partie de sa rage. Elle laissait son visage redevenir impassible en même temps que la flamme s'éteignait doucement. Une légère contraction dans la nuque démontrait le passage de l'émotion. Nikolas affichait un sourire carnassier devant la perversité de son adversaire.

– J'aurais pu vous croire, si seulement vous me l'aviez dit à votre retour. Seulement non vous avez préféré attendre et le cacher. La dame de la nuit scrutait la silhouette ennemie. Quelque part où Sveda n'aura jamais mis les pieds. Élaborait la Sorcière.

L'esprit vicieux en branle, la Sicilienne dégageait cependant moins cette impression de concentration. Elle regardait l'espièglerie de l'archéologue de loin, gardant au fond de l’œil une haine silencieuse. Elle ne disposait pas d'assez de données pour formuler des hypothèses viables. L'une des raisons qui justifiait ce rendez-vous en privé.

Strega eu un silence nostalgique. Un souvenir la replongeait dans cette ancienne époque.Les paupières closes, elle revoyait le temps béni des Sabbats. Le monde des sciences occultes avait connu son apogée occidentale.

– Hum. J'aurais eu le temps de dévorer votre cœur avant. Disait-elle en revenant dans le dos de l'homme.

Elle souriait à la remarque pleine de bon sens sans y répondre. La « mort » était pour elle un état, comme le son l'état solide et l'état liquide dans la nature. Elle avait pour les lois de la nature un respect qui n'excluait en rien quelques manipulations. Elle déchirait le tissu qui recouvrait les épaules du loup.

La lame allait ensuite déchirer la peau sur un centimètre de profondeur. Le sang se mit à couler de la plaie. Nikolas terminait une ligne sinueuse et reprenait plus haut sur la droite. Ainsi se répétait l'opération plusieurs fois. Les incisions étaient prononcées que le réclamait le sort. Un étrange et antique dessin apparaissait faisait revivre une culture interdite.

Un bruissement d'ailes se faisait entendre dans les hauteurs de l'entrepôt. Un volatil à plumes noires se posait sur l'une des barres en métal. Le bec claquait dans le vide. Une certaine agitation faisait bonder le poitrail de ce mâle mécontent. La Duchesse n'avait rien vue. Elle était focalisée sur le sort qu'elle s'apprêtait à lancer.

Le croassement de l'animal lui faisait alors lever les yeux. Ils observaient le corbeau avec une grande attention. Sans détourner les yeux de l'oiseau la dame ordonnait fermement :

– Kleidukos. L'un des chiens quitta sa position. Le pas velouté était comme des touches délicates sur le béton.

Kleidukos

Les deux autres chiens allèrent se postaient à proximité de la zone d'où le volatil venait de s'envoler. La dame s'arrêtait un instant pour scruter son ouvrage. La chair de Carso était rosie. Le sang s'était rependu sur le reste du tissu.

– di lign vet zeyn tsores Chuchotait-elle avec application. Yiddhish la langue la plus efficace pour pénétrer un esprit récalcitrant. La peau de la victime se mettait progressivement à rougir. Le sort entrait lentement en lui pour à travers les chemins nerveux de la mémoire.

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Sam 21 Juil 2018 - 11:03

Pas besoin de son pouvoir à l'instant, pour ressentir que l'atmosphère, avait perdu un ou deux degrés. Sa pique avait fait mouche et pas qu'un peu. Il voyait sur le visage de la sorcière la colère sourde qui marquait ses traits. Le sujet était plus que sensible. Et il venait de montrer qu'il était tout autant capable de lui faire du mal, qu'elle. Qu'il n'était pas un agneau et que finalement, ce n'était pas parce qu'il avait été un prêtre à une époque qu'il n'était pas capable de tirer sur les cordes les plus sensibles. Pourquoi tendre la joue gauche, quand on frappait sur sa droite? Ce n'était plus quelque chose qu'il faisait. Surtout face à des gens aussi dangereux que Strega. Surtout quand elle se permettait de parler mal de sa chair et son sang. C'était ainsi.

Au moins, tous deux voyaient de quoi l'autre était capable. Il avait été un peu obligé d'attaquer aussi fortement tout de suite. Parce qu'elle n'allait pas lui faire de cadeau. Il le savait parfaitement. Pas besoin de la connaître depuis des siècles pour s'en rendre compte. Alors autant lui dire que ça ne serait pas aussi évident que cela, qu'il n'était pas un petit être faible sans défense. Qu'il avait de la ressource et de la répartie. Voilà qui était maintenant dit.

Bon la logique de la dame était difficilement contrable, puisqu'elle avait raison. Loin d'être dupe aussi. Et oui, cette boîte se trouvait dans un lieu inconnu de tous, sauf de lui-même. Sveda était ainsi intouchable, enfin en tous les cas, en ce qui concernait lui soutirer une quelconque information à ce niveau. Il réfléchissait rapidement, que pouvait-il bien répondre, il pouvait continuer à faire le con, certes, mais cela n'amènerait à rien. Peut-être à gagner du temps, mais du temps sur quoi? Qui savait seulement qu'il se trouvait là?

- Je me suis dit que je réussirai à la récupérer d'une façon ou d'une autre... mais la Terre n'est pas si facilement accessible. Finalement, il continuait. Peut-être que finalement, il réussirait à lui mettre le doute?

Sans succès, elle était donc prête à le torturer ou allez savoir ce qu'elle allait faire, pour qu'il lui dise où se trouvait donc ce précieux sésame. Il tentait de se préparer mentalement à tout ce qu'elle pourrait bien lui faire. Le but serait de ne pas craquer... et trouver un moyen de filer. Mais pour le moment, ses liens le tenaient. Il avait l'impression qu'il lui serait vraiment difficile de s'en sortir. Est-ce que garder ce secret en valait vraiment la peine? Mais il avait promis. Promis à Tohum qu'elle ne l'aurait pas. Quoi qu'il arrive. Il tourna un peu la tête dans sa direction, un petit sourire amusé en coin.

- Oh, j'en doute.

Vu le maître inquisiteur avec qui il était, il aurait été bien difficile d'approcher ce jeune disciple. Son maître avait été impitoyable et il ne laissait guère le temps aux femmes que l'on traitait de sorcière de faire quoi que ce soit. Enfin, pour le coup, les rôles étaient quelque peu inversés et un grognement de douleur se fit entendre quand le couteau commença son travail. Carso bougeait sur sa chaise pour tenter d'éviter la lame sans succès. Il suait à grosse goutte, la mâchoire serrée, alors qu'il tentait tant bien que mal de lutter contre le sort qui inévitablement, prenait possession de son esprit. Non, il ne voulait pas lui donner ses réponses.

Lutter, il lutterait jusqu'au bout, quoi qu'il arrive. Dans un mouvement, il essaya de faire basculer la chaise, pour rompre le contact entre eux, pour lui faire perdre sa concentration, le but était de faire le maximum de mouvement, pour qu'elle ne puisse pas arriver au bout de son incantation.

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Mar 24 Juil 2018 - 15:46
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Strega se délectait, impatiente de voir le sourire de sa victime disparaître. Bientôt, Mr Carso n'aurait plus les moyens de faire le fier à bras. Il n'aurait plus les moyens de grand-chose d'ailleurs. La tortionnaire qui le tenait sous son joug ne montrait plus aucun signe d'humanité.

La seule chose qui l'empêchait d'attaquer l'intégrité physique de ce maudit archéologue, était un pacte, passé avec un autre Immortel. Cnossos n'était pas assez stupide pour se mettre à dos un sorcier tel que Wairua. L'un des rares Prodiges qui pouvait rivalisé avec elle sur le plan des sciences de la nuit.

– … zeyn tsores, di lign vet zeyn tsores, … di lign vet zeyn tsores, di...

L'agitation de Caleb devenait compliquée à réfréner. L'homme se battait comme un diable pour échapper à la dame. Nikolas avait reposé sa lame. Elle tenait les épaules du loup pour l'immobiliser le plus possible. La dernière réincarnation avait redonné une certaine vigueur à Nikolas. Elle avait abandonné la fatigue d'un corps de plus de soixante-dix ans. Cependant, même dans la force de ces quarante ans retrouvés, elle demeurait la plus faible des deux.

Pendant qu'ils se battaient l'un contre l'autre, la Sorcière persévérait dans son incantation avec obstination égale. La sonnerie du téléphone de Carso implosa dans le vaste vide de l'entrepôt. De là où elle se trouvait, Strega vit la photographie de l’expéditeur, en la personne d'une charmante blonde. Catherine Kent cherchait donc à joindre son compagnon directement. Une information qui redonnait un coup de fouet à la tortionnaire.

Elle attrapait alors de nouveau sa dague et la plaçait au niveau des reins gauche de Caleb. La pointe aiguisée était collée contre la peau et prête à percer chair. Une mise en respect qui renforçait la menace latente entre ces deux adversaires. Strega était tout aussi déterminée que lui. Ce serait donc à qui céderait le premier.

– DI LIGN... vet zeyn tsores.

Une dernière salve vive franchissait la bouche hargneuse de la Sorcière, complétant la première phase de l'enchantement. Avec un sourire satisfait elle relâchait donc l'homme et s'écartait. Dans moins de cinq minutes ce vieux têtu lui dirait tout ce qu'elle voulait savoir. Cela qu'il en ait envie ou non. Cnossos allait reprendre sa place sur la chaise vide devant lui. Elle croisait les jambes, gardant l'arme blanche posée sur la cuisse la plus haute.

– Cessez de vous débattre. Ce sera plus long. La Duchesse prenait alors l'appareil de communication volé. Votre compagne a appelé. Voulez-vous que je lui transmette un message ? Fiéleuse comme une peste Strega le défiait du regard.

Strega
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Dim 12 Aoû 2018 - 16:24
Dante n'était pas prêt à lui offrir les réponses qu'elle cherchait, mais serait-il suffisamment puissant pour contrer des pouvoirs qui étaient sans doute beaucoup plus fort que les siens. Honnêtement, il en doutait. Il avait foi en son sacré caractère, mais contre de la magie... peut-être réussirait-il à la mener en bourrique encore un peu. Il fallait qu'il lutte, il continuait à se débattre sur sa chaise. Si seulement il réussissait à défaire ses liens. Il avait l'impression qu'à force de bouger dans tous les sens, les cordes se desserraient légèrement sur ses poignets, mais ce n'était pas suffisant. Elle aurait le temps de finir son incantation.

- Je n'ai vraiment rien à vous dire! Tentait-il.

Il n'était pas désespéré, pas encore, mais il voulait la baratiner, même si elle ne le croyait pas. Cette femme était aussi têtue que lui et plus dangereuse encore. Il le savait. Sveda l'avait mis en garde. Il avait pris beaucoup de risques, il les assumait. Mais rien ne serait trop beau, que de mettre des bâtons dans les roues de cette femme. Elle n'avait pas à gagner la guerre, si quelques batailles pouvaient lui être concédées, le combat final en revanche, jamais. L'ancien inquisiteur l'avait compris et ça, depuis longtemps. Depuis qu'il avait croisé le chemin de la belle du désert.

Le froid de la pointe de la lame contre sa hanche le fit arrêter de bouger un instant. Il ne souhaitait pas se faire planter. Il savait ce qu'il risquait si la lame traversait sa chaire et n'y tenait pas. La douleur était une chose, mais vu où elle était placée, rien ne disait qu'elle ne toucherait pas quelque chose de vital. Mais s'il ne bougeait plus, cela voulait dire qu'il la laissait finir. Il revint sur ses pensées, laisse-lui une bataille, pas la guerre. Il grogna un peu quand elle le relâcha et la fixa d'un air un peu noir.

- J'ai tout mon temps, et vous? Avec son petit sourire débonnaire en coin. Il secouait la tête comme pour tenter d'empêcher la source d'énergie de venir jusqu'à son esprit. Son ton de voix ne lui plaisait pas. Il détestait vraiment l'entendre parler de Sveda. Que je serai à l'heure pour le dîner? Désinvolte toujours. A quoi bon lui laisser la possibilité de se nourrir de quoi que ce soit venant de lui. Il préférait l'emmerder, tant qu'il en était encore capable. J'ai cru comprendre que vous aviez été bonnes amies, vous voudriez peut-être vous joindre à nous?

Allez savoir pourquoi il disait cela. Peut-être pour gagner du temps, pour tenter de la faire parler. Alors qu'il continuait à faire bouger ses bras lentement, pour détendre toujours un peu plus les cordes qui le maintenaient. Elles allaient finir par céder. Même dans les pires situations, il avait réussir à s'en sortir. Ce n'était quand même pas aujourd'hui que les choses allaient changées. Il n'y avait pas que la loi de Murphy qui lui collait à la peau. Il lui arrivait d'être un des hommes les plus chanceux de la planète. Sinon, jamais il ne se serait sorti de certaines des situations dans lesquelles ses expéditions l'avait mises. Il fallait juste... croire en sa bonne étoile.

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Caleb
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Jeu 16 Aoû 2018 - 15:51
Dov'è il mio dovuto ?


Feat. Caleb


Héraklion Créte 1558

Nikolas & Marie




Les deux immortels pouvaient se tenir tête ainsi, durant des heures, voir des jours. Le dénommé Caleb avait raison de dire que le temps n'avait aucune prise sur eux. Strega avait bien quarante ans devant elle avant d'avoir à se soucier de quoique ce soit. Était-ce de même pour le voleur d'âme ? Car tout deux étaient de la race des obstinés, des incontrôlables. Un trait de personnalité qui leur avait permis d'aller là où d'autres mortels n'oseraient jamais se rendre. Un point fort qui les avaient également aveuglés.

*Les hommes avaient monté l'échaffau une heure plus tôt...L'aurore, le ciel rosé par les rayons, les beuglements de la foule en colère. Une houle qui vociférait à tout va. Leurs bâton de berger bandit comme des épées. Ils l'agitaient d'un air menaçant en direction de la potence. Pour une meurtrière de cet acabit la condamnation était exécutée en place publique. Après délibération, ce serait pas le bûcher, mais une pendaison par chute.

La coupable se tenait en la personne de Nikolas Cnossos, une femme, une abominable sorcière. Cela faisait des mois que le village la soupçonnait de jouer avec les démons. Ils en avaient eu la preuve avec la mort du petit Hélicos. Le jugement avait été rapide. Le verdicts sans surprise.

– Marie, oh Marie... Ricanait méchamment la rouquine, en s'adressant à une jeune femme cachée dans la masse. Lorsqu'elle avait saisi la noirceur l'âme de cette femme, Sveda avait tout tenté, pour la faire changer d'avis... Tout.

Une pierre frappa le visage de la condamnée de plein fouet. L'étonnement paralysait le public. Un silence de mort régnait sur la place.

Un aigle noir -le signe du dieu Nordique- passait alors dans le ciel. Il hurlait. Nikolas relevait lentement sa tête ensanglantée. Un sourire maléfique sur le visage. Ses lèvres commençaient à bouger. Elle psamodiait dans la langue des démons. Un sombre grave remontait de sa gorge de cygne. Un homme donnait l'ordre de la bâillonner sur le champ. Mais le désigné ne pu jamais approcher car une pluie de pierres s'abattait sur le plancher.

ATTEND... Déclamait, la jeune rose.

Un filament de lumière s'extrayait de l'oreille droite de la sorcière. Sveda s'élançait à sa poursuite, le suivant difficilement des yeux. Il finissait cependant par entamener une descente, pour entrer dans la bouche d'une fillette à la peau d’ébène., que mère paniquée emportait au loin. *


Entrepôt Édimbourg 2018

C'est dans la peau de la Duchesse Lampeduza que Nikolas retrouva le temps présent. Le souvenir de la douleur s'estompait, alors qu'elle toisait le malotru. Cnossos savait que sa vieille ennemie s'était gardé de raconter leur histoire. Sveda concevait bien trop de remord et de honte, quant à cette exécution dont elle était en grande partie responsable. Le compagnon de la Rose était-il seulement conscient de ce don elle était capable ?

– Je vois. Sainte Marie ne vous a pas compté notre histoire commune. Une ironie froide glaçait la voix de la dame.

Un geste leste abandonnait le téléphone sur la table. La Sorcière attrapait le pomo de l'athame pour tapoter son genou du plat de la lame. Avec une fréquence lente elle répétait le mouvement, patiente et observatrice. Elle attendait que le sort produise son effet sur Carso. Bien qu'évoquer la nomade avait de quoi la mettre dans de très mauvaise dispositions, la Sicilienne aimait l'idée d'abîmer l'image de celle-ci.

– Je l'ai formée. Sveda n'avait pas été aussi talentueuse que Marisa ou Lotte. Quoique tout aussi rebelle sur la fin. Tout de même, elle aurait pu être une excellente alchimiste en un autre temps. Mais, une fois encore, la morale avait paralysé le potentiel. Les femmes avaient toujours eu peur de désobéir.Tant de gâchis pour quelques règles de savoir-vivre. Savez-vous de quelle façon elle m'en a remercié ?

Strega décroisait les jambes pour aller retirer ses chaussures. Les talons italiens lui tenait magnifiquement la cheville. Elle déposait la paire près du pied avant gauche de la chaise. Ensuite, elle se levait pour entrer dans le cercle minimal sur la droite du pentacle. La concentration la rendait aussi distante qu'une créature divine. Un léger souffle d'air soulevait le bas de sa robe pendant une seconde. Pourtant, il n'y avait aucun courant, aucune fenêtre à proximité.

– Vous allez commencer à avoir chaud. C'est tout à fait naturel. Encore une fois, ne résistez pas. Cela ne fera que renfoncer les désagréments. Une entaille, dans la paume gauche, Strega laissa quelques gouttes de son sang tomber sur la ligne du cercle. di lign vet zeyn tsores La marque dans le dos de l'Inquisiteur se mit à chauffer au fer blanc. La porte de son esprit tentait de s'ouvrir.

Les mains, apposées l'une sur l'autre, contre le bas ventre Madame Lampeduza épiait le visage de sa victime. Elle ressentait la force dégagé par le rituel. Il en était imprégné.

– Maintenant dites-moi : où est mon coffret, Dante ? Réitérait-elle aussi solennelle qu'une prêtresse.

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