[CLOS] The Last Rites [Scénario]

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Ven 27 Avr 2018 - 13:44

Contrairement à ce que l'on attendait de l'impératif narratif, il ne pleuvait pas ce jour-là. Il faisait même grand soleil, dont les rayons d'une fin de matinée baignaient l'ensemble du parc d'une lueur dorée presque irréelle. Les arbres se découpaient dans la lumière, droit et tranquilles. Certains étaient là avant que la première pierre du château qui se dressait non loin ne soit posée. Parmi eux, il y en avait qui avaient survécu au cataclysme, s'élevant dans les cieux avec les arches. Il y avait quelque chose de rassurant dans leur présence. D'immuable. Et dans ce monde changeant, l'immuable faisait du bien. Miranda Lockhart en tirait la force nécessaire. Pour aujourd'hui du moins. Pour demain...et bien, elle verrait demain. Une chose après l'autre. Et celle qui l'attendait avait déjà attendu trop longtemps. Aussi, ce fut cinq jour après sa mort aux mains de Marisa Coulter que les obsèques de Perceval Gabriel Rose eurent lieu.

Il n'y avait pas énormément de monde. Une cérémonie officielle aurait lieu plus tard, retransmise pour Arkadia. L'officiel suivrait, la passation de pouvoir, l'administratif, les premières réunions, ce genre de choses. Aujourd'hui étaient pour ceux qui voulaient vraiment être là. Pour les proches, pour ceux qui en avaient besoin. Il y avait les directeurs de divisions, bien sûr. Et la famille. Andrea Antonov et Agrafena McAdams, les sœurs du patron, encadraient Miranda. Toutes deux vêtues de noir, elles avaient organisé la majeure partie de l'événement. Agrafena avait préparé le buffet froid, bien sûr. Elle faisait de son mieux pour conserver sa contenance, mais ses yeux étaient rouges d'avoir pleuré. Andrea était la dignité incarnée, droit et silencieuse, le visage fermé. Miranda ne savait pas encore comment elle se situait par rapport aux deux femmes. Elles avaient participé au plan de Percy, elles s'étaient tenues à ses côtés alors qu'elles savaient. Leur peine était évidente, et Miranda comprenait leur raisonnement. Cela ne voulait pas dire qu'elle était prête à l'accepter. Pas encore. De même, elle n'était pas sûre de pouvoir pardonner à l'homme qu'on honorait aujourd'hui. Il avait dû se dire qu'il n'avait pas le choix, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait pris la porte de sortie la plus facile. Partir, tant qu'il avait encore ses facultés, tant qu'il imaginait pouvoir avoir le dernier mot. Mais il y aurait dû avoir un autre moyen. Il y avait toujours un autre moyen. Il y en aurait toujours un, Miranda s'en fit le serment.

« Perceval Rose était un homme compliqué. » reprit-elle, continuant l'eulogie. Elle s'en chargeait, parce que les sœurs ne s'en étaient pas senties le droit. Du regard, elle chercha des visages amicaux dans la foule. Sa sœur Lucy, Kevin, Lotte... Dahlia. Si Dahlia pouvait lui pardonner. Miranda n'était pas encore sûre de pouvoir se pardonner à elle-même. Elle n'avait pas pu le sauver, et des enfants avaient perdu leur père. Deux petites-filles avaient perdu un grand-père dont elles venaient de faire la connaissance. Arkadia perdait son directeur, des agents leur mentor. Comment pouvaient-ils croire que Miranda serait capable de le remplacer ? « Il a cru qu'il n'avait pas d'autre choix. Que c'était le seul moyen. Et peut-être avait-il tort. Cela, nous ne le saurons jamais. Mais depuis qu'il avait décidé de réformer Arkadia, il faisait en sorte d'aider ceux qu'ils pouvaient. D'une manière...unique. Pas du goût de tout le monde. Et il a commis des erreurs. Mais... Il nous a beaucoup appris. A sa manière. Et à sa manière, il aura essayé de nous protéger jusqu'au bout. Et aujourd'hui...aujourd'hui il nous a laissé le flambeau. Et je sais que ce n'est pas lui qu'il nous demandera d'éviter de décevoir. Mais nous-mêmes. »

Le flambeau... Un brasier avait été allumé, sur une pierre frappée des antiques armoiries du château ; on y avait aussi accroché le tartan. Perceval avait demandé à être incinéré, ce qui avait été fait rapidement après sa mort. Plus tard, ses cendres seraient déposés dans la crypte, avec les ancêtres qui s'y trouvaient encore. L'acte final, celui qui confirmerait cette nouvelle réalité. Il n'y avait pas vraiment de mots. Que pouvait-elle dire ? Elle pouvait seulement s'assurer de faire de son mieux. Après le discours, ce fut au tour des cornemuses. Le patron aurait adoré tous ces clichés. Peut-être sa dernière occasion de s'en amuser à leurs dépends, où qu'il soit. Ensuite suivrait le buffet, les discussions, les souvenirs. La colère, peut-être. Et puis le formel serait terminé, les affaires reprendront.

Le monde continuerait de tourner. Et c'était ce que Perceval Rose avait toujours voulu.
Alpha
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Thème: Canta Per Me - Yuki Kajiura




“There’s no way things should be. There’s just what happened and what we do.” Terry Pratchett
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Dim 29 Avr 2018 - 12:35
Alexis se réveilla au milieu de la nuit, alerte, sans trop savoir pourquoi. Elle s'était redressée d'un coup dans son lit, le drap glissant de son torse pour s'affaisser sur ses cuisses. Ses yeux, trop vifs et sur le qui-vive, scannèrent la chambre d'instinct. Fenêtres fermées, rideaux tirés, le fauteuil dans le coin, avec son plaid duveteux qui pendait du bras, délaissé la veille au soir, sa revue sur la petite table à côté. Elle remarqua également le défaut de peinture du mur d'en face. La commode, de l'autre côté de la pièce, présentait photos et bijoux – et une clé à molette. La porte qui menait au dressing était bien fermée. Tout était normal dans la chambre d'Alexis et pourtant quelque chose avait changé. Quelque part, dans le monde, dans l'univers, il s'était passé quelque chose. Ace le sentait.
Puis elle soupira. La voilà paranoïac. Elle jeta un coup d'oeil à l'autre côté du lit. Vide. Amy était de service cette nuit-là. Habituellement, Lexy faisait des heures pour ne pas avoir à être seule dans l'appartement, pour s'occuper. Mais cette nuit-là, elle s'était pliée aux bons désirs de sa compagne d'aller rattraper les deux dernières nuits blanches et de faire le tour de l'horloge. Lexy avait en effet enchaîné elle aussi les heures de services et autres heures supplémentaires. C'était calculé. Elle travaillait en même temps qu'Amy, à peu près, et ensuite elle faisait coincider leur temps de repos pour être le plus possible avec elle.
Alexis se recoucha après avoir vérifier ses deux téléphones, bien silencieux. Elle eut du mal à retrouver le sommeil.

Au petit matin, elle comprit pourquoi. Un SMS sur son portable Arkadia. Provenant de Resolve. « Percy est mort. » Alexis dut relire trois ou quatre fois le message pour comprendre ce qu'il se passait, pour assimiler la nouvelle.
La pilote resta un long moment assise, sur son lit, les pieds bien ancrés au sol, la main tenant son téléphone devant elle, l'autre accrochée aux draps. Ses longs cheveux drapait son visage d'un voile.
Le texto suivant, à une heure d'envoi plus tardive, donnait des indictions sur la suite des évènements. Resolve mentionna dedans un rassemblement en petit commité pour rendre les derniers hommages à Percy. Famille et proches. Lexy déglutit. Si sa supérieure lui en faisait part, c'était qu'elle la considérait faisant partie de ce cercle.
Dahlia.
Les yeux de la jeune femme s'embuèrent. Leur amie venait de perdre son père, alors qu'elle, elle venait de perdre un patron, un chef respectable, un presque mentor. Une figure dans sa vie. Alors que les larmes coulaient librement sur ses joues pâles, Alexis se dit que la journée sera longue.

~~

Il faisait beau ce jour-là. Et chaud. Une simple veste sur les épaules semblait l'étouffer. Ace avait revêtue un tailleur noir, chemise noire, cravatte noir et un mouchoir blanc dans la poche de la veste. Ses ballerines noires n'étaient d'aucun rempart contre la chaleur du bitume sous ses pieds.
Lexy n'aimait pas les enterrements, elle n'aimait pas les morts, La Mort. Ses yeux clairs, triste, étaient cachés derrière une paire de lunettes solaires. Cette dernière lui servant de masque, son visage inexpressif. Elle se devait de garder une distance avec les événements auxquels elles assistaient. Alexis tenait la main de sa compagne, dans un besoin de soutien mutuel. Elle serrait les dents. Ne sachant trop vers quel sentiment se vouer : la tristesse ? La colère ? L'indifférence protectrice ? Non. Ace était de loin indifférente à la raison de leur présence à tous et toutes.

Miranda fit l'eulogie de leur patron et ami. Elle était celle qui le connaissait le mieux. Alexis n'osait même pas penser à ce que la seconde pouvait éprouver en ces instants. Elle écouta religieusement ses paroles.

Puis, elle alla présenter ses derniers hommages à Percy devant le brasier, seule. Cet homme qui lui avait donné une chance de donner plus au monde. De faire plus, pour la justice. Qui avait su la cerner et le lui donner les moyens de ses ambitions. A cet homme qu'elle respectait profondément. A cet homme qui avait fait d'elle la femme qu'elle était.
Comme l'avait souligné Miranda, Ace se jura de ne pas le décevoir, de ne pas se décevoir. Il était temps, plus que jamais, de retrousser ses manches et de poursuivre, quoiqu'il arrive, le rêve de Percy : Pour un monde meilleur. souffla-t-elle devant les flammes.

Ace salua solennellement Miranda, les Soeurs Andrea et Agrafena, les enfants de Percy, tous, et ses petits-enfants.
Ensuite vint le temps des rassemblements en petit groupe. Lexy et Amy trouvèrent Dahlia et restèrent à ses côtés un moment.
Enfin, les deux jeunes femmes prirent leur départ et s'en allèrent, retournant dans leur cher appartement d'Edimbourg, le cœur gros.
Ace
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Dim 29 Avr 2018 - 20:55






C'était son troisième enterrement en peu de temps : son amie Natasha, son père et maintenant Perceval Rose. Kevin n'y habituerait jamais à voir disparaître ses proches même s'il pouvait se consoler à croire que leurs esprits allaient rejoindre le paradis. C'était d'ailleurs plus qu'une croyance mais une conviction.

En écoutant l'eulogie de Miranda, Kevin se plongeait dans ses souvenirs, pour revivre les moments passés avec l'homme. Son père Gordon le couvrait de louanges, alors que ce n'était pas du tout dans son genre de complimenter quelqu'un autant. Kevin n'avait jamais eu besoin de son pouvoir de télépathie, pour lire la force intérieure et la belle âme que Perceval avait. Dès leur première rencontre, il y avait une connexion qui s'était faite. Ils s'appréciaient et se comprenaient l'un et l'autre. Le sacrifice de Perceval, Kevin le comprenait tout à fait. Il aurait été capable de faire la même chose. Il était également redevable auprès de Perceval Rose pour l'avoir aidé à connaître la vérité sur l'assassinat de ses parents naturels. Il y avait maintenant celui de son père adoptif à élucider, mais Kevin avait de forte présomption de croire que les crimes étaient liées. Il avait enfoui sa colère pour l'instant mais il ne renonçait pas à ce que la justice soit rendue. Mais, il y avait encore plus important encore que la justice : protéger les vivants. Kevin se devait par exemple d'être là pour Lucy, qui considérait comme sa petite sœur. Il se posait également la question si la famille de Perceval serait également en sécurité après son sacrifice. Kevin se faisait le devoir d'être là également pour eux.

Bizarrement, en ce jour, il ne redoutait pas du tout qu'on le touche. En fait, cela était assez constant chez lui qu'il oublie sa phobie lorsqu'il doit porter secours ou réconforter quelqu'un. Il arrive dans ces circonstances à la surpasser. Il présenta donc ses condoléances à la famille, avec toute l'affection dont il était capable. Lorsqu'il tomba nez à nez devant Miranda, il l'entoura de ses deux bras pour l'étreindre. Il lui avait déjà adressé une lettre pour lui présenter ses condoléances et son soutien. Il savait que Miranda n'était pas du genre expressive mais pour autant elle n'en avait pas moins une souffrance enfouie au fonds d'elle-même.

- Miranda, mes sincères condoléances. Je compatis à ta souffrance. Le monde vient de perdre un homme extra ordinaire. Tu sais que ma maison est la tienne. Si tu as besoin de quoique ce soit, de parler, de faire disparaître un coup de blues, ou même de manger les meilleures pâtisserie italienne de l'Arche, je serai là, n'hésite pas. Toi aussi tu es une femme extra ordinaire, et je crois en toi.




Iron Will
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Lun 30 Avr 2018 - 17:53


« Je ne sais pas si des gens comme vous et moi sont réellement capables de prendre leur retraite. Pourrons-nous un jour résister à l'appel du devoir, surtout pour tenter d'épargner nos proches ? »

Perceval Rose


music




Catherine Kent était sous le choc de la nouvelle. La mort de Perceval Rose avait était un coup dur, d'autant plus qu'il était pour ainsi dire imprévisible. Un mystère entourait cette brutale disparation. Que signifiait exactement « mort en service » pour un personnage comme Percy ? Sveda était intimement persuadée que Marisa y était mêlé. Qui d'autre aurait eu intérêt à éliminer cet homme aussi brusquement ? Selon ses dernières informations Rose se chargeait d'entrer en contact avec certaines personnes à même de la défier Maintenant...

Bien entendu, la blonde s'était tout de suite arrangée pour pouvoir être présente, à la cérémonie organisée sur l'île de Perceval. Dante avait compris l'importance de ce témoignage aux yeux de la nomade. Elle ferait l'allée-retour dans la journée, mais elle y tenait, car au-delà de l'estime et du respect, Sveda s'était attachée à cet homme. C'était peut-être une nouvelle fois son erreur... Pourtant, en se remémorant la dernière conversation qu'ils avaient eu ensemble, elle ne pouvait le voir comme tel.

Au cours des derniers jours Tohum avait péniblement trouvé le sommeil. Elle avait beaucoup pensé à cette -ultime- rencontre avec Percy. La peine aiguillée son éveil. Elle cherchait à se souvenir. Quelque-chose lui avait-il échappé ? Un indice, le moindre indice, qui aurait pu lui indiquer la précarité de la situation dans laquelle, il se trouvait ? Mais tout au contraire, Rose lui avait paru très posé, optimiste, réjoui même à l'idée de (re)découvrir sa famille. Connaissait-il déjà alors le danger qui rôdait autour de lui ?

Les murs d'enceintes du château faisait ralentir le pas de l'immortelle. Pendant un instant les frontières temporelles s'étaient brouillées. Elle se revoyait, approchant une propriété de cette envergure, pour rejoindre une coure dont elle anticipait les mesquineries et les méchancetés en tous genres. Elle eu sans doute préféré revivre l'une de ces horribles soirées que d'aller enterrer un allié de cette valeur. Lentement, elle avançait vers l'entrée du parc, saluant d'un simple signe de tête, le personnel de la sécurité.

Ses yeux bleus embrassaient la scène avec précaution. Ils ralentirent naturellement sur la source de feu. Un ancien rituel qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps. Mais, cela ne la surprenait pas. Elle aperçue Andréa et sa sœur, alors que Miss Lockart prenait place au centre, certainement pour dire quelques mots. Sveda s'approchait silencieuse et discrète, pour écouter l'hommage. Les paroles de la jeune femme lui donnèrent le sourire par leur véracité... leur justesse. Cependant qu'elles éclairaient les pensées de Sveda d'une nouvelle lumière. Immédiatement, son regard se portait pour la deuxième fois sur les sœurs.

Pourquoi ne pas y avoir songé plus tôt ? Après tout, n'avait-elle pas été dans la même direction quand il lui avait fallu défier Jao Wang ? Un sacrifice. Était-ce réellement la seule option qu'il possédait, alors qu'ils s'étaient mis d'accord pour regrouper des forces... Des forces dont quelques-unes étaient d'ailleurs venues ce jour-là. Dont le jeune Scottly qu'elle venait de voir passer.

Tout en marchant vers le bloc de pierre, Tohum ouvrait son sac pour prendre une fiole de verre, qui contenait du sable. Ce sable venait du Sahara, enfin l'ancien Sahara celui d'avant la castastrophe. Entre ses mains, la matière devenait malléable, comme une pâte. Une forme émergeait progressivement. Celle d'un oiseau, petit, malicieux, posé sur ses pattes. Elle déposait la sculpture temporaire prés du brasier en murmurant une prière d'un autre temps.

Puis, la belle se détournait, pour chercher cette nouvelle génération, cette relève dont ils étaient si fiers. Sveda observait ainsi, plus attentivement, la descendance de Perceval avec tout un monde de compassion. Elle s'imaginait leur peine, leur colère, leur frustration. Lentement, elle cherchait à aller vers Matthew et ses frères et sœurs. Elle patientait jusqu'à pouvoir s'arrêter devant eux. Une peine profonde ternisait son visage. Mais son sourire était sincère et calme comme le sont les lieux paisibles.

« Bonjour... Je m'appelle Sveda. » Le sourire de la rose s'attardait un peu plus sur le jeune médecin. Lohen et elle avaient une histoire particulière vous vous souvenez. « La dernière fois que j'ai vu votre père, il me disait combien vous étiez important pour lui... Une force directrice. » Elle croisait délicatement ses mains sur son bas ventre, pour éviter d'avoir un geste d'affection, qui aurait pu être déplacé. « J'espère que nous nous reverrons dans des circonstances plus douces. Bon courage.... à vous tous. » Ajoutait-elle en virant son regard sur la nouvelle directrice d'Arkadia.

Ils cherchèrent également ceux d'Agrafena vers qui elle allait maintenant pour rendre un hommage encore plus personnel.
Tohum
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"Le bonheur c'est mieux quand on le partage."


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Mar 1 Mai 2018 - 12:03
The last rites.








Cette heure entre la nuit et l'aube. La lune observant l'arrivée du soleil. Le gris qui se transforme en blanc. Un jour de printemps pareil à des milliers d'autres.
Le fond de l'air froid. Juste avant la rosée. Les voix sont basses. Percluses par le manque de repos. D'autres, fraîches comme des gardons, brisent le silence consensuel. Et puis, la silhouette de cette femme que l'élégance rendait mystérieuse. Ses origines -profonde- marquée par la façon de tenir sa nuque. Head, encore nimbée de fatigue, sortait d'un vaisseau commercial. Le pas un peu mécanique.

Un autre. Encore. Les correspondances aériennes étaient un sport quotidien. Deux mois de circulation d'un bureau à l'autre de l'Archipel. Pour présenter le dossier... le vendre. Tenter de faire émerger une coalition. Le décès de Mr Rose impactait déjà la dynamique. A échelle mondiale. D'autant que la rumeur se confirmait, Lampeduza était sur le point de sortir de prison.
Le planning de la fin de semaine tournant dans un coin de la tête. Découvrant l'aéronef d'une arche de la zone européenne. Ces halls immenses, quand ils sont dépeuplés. Cette vie qui hésite à frémir trop vite. Les hologrammes anglophones guidant vers l'air libre.

Amélia avait besoin de deux choses. Un café. Une cigarette. Elle traversait le quartier l'aéronef. Ses yeux inquisiteurs cherchait un petit troquet matinal. Mais rien, pas même un bar. Cet endroit était désert. Lieu de repos, de villégiature pour un homme de pouvoir. Un pouvoir qui ne l'avait pas protégé.
A la place, la silhouette du Château, en fond de décor. Une petite île. Une toute petite île.
Une raison de faire une marche matinale. Bifurcation vers le chemin de traverse. Puisque le temps ne manquait pas. Pour une fois. Savourer le calme, la solitude. Cette air de fin de semaine en avance. C'est agréable.
Bien que l'occasion ne le soit guère.

Les Messages étaient déjà en fleur. Laure l'y invitait dans quelques jours. Cette fois, pas de secret. Clark viendrait. De nouveau. Un an après. Pour expérimenter plus loin. Peut-être. Si la compagnie était bonne. Que la chaleur était là. Beaucoup de choses avaient changé. Ou plutôt l'Américaine avait changé.
La colère et la haine avaient desserré leur serres. Georges et elle n'avaient pas eu de contact depuis des mois. De même qu'elle n'en avait eu avec ses aînés. Mais ce silence était bénéfique. Amélia pouvait se concentrer sur autre chose. Sur elle. Sur ses désirs. Les démarches pour l'adoption avaient été arrêtée en attendant que son rythme de vie soit plus posé. Serait-ce seulement possible un jour ? D'autres bonheurs, d'autres plaisirs, la comblait.

La musicalité des oiseaux montait. Avec les premiers rayons rouges. Ils réchauffaient.
Head contemplait le parc auréolé par l'aube. Elle appréciait la beauté de l'image. Elle inspirait. Se recueillait devant le spectacle de cette nature transformée.
La cérémonie n'avait pas encore débutée. Un tour complet permettrait d'attendre.
La tentation d'allumer une cigarette suspendue par la vue des écureuils. Ce monde fou gardait des petites merveilles ordinaires. La tranquillité se tânait lentement. Les convives et leur air grave. Clark prenait leur suite. La promotion d'Alpha n'avait pas encore été officialisée. Une rumeur. Head y prêtait du crédit. Miranda avait l'étoffe du leader.
C'est Dahlia qu'Amélia chercha pendant l'oraison.

Ace était là. Un sourire teinté de solennité éclairait ses traits.
Solaris devait être dans les parages aussi. Clark appréciait son homonyme. Elle ne l'avait pas revue depuis un long moment. Leurs vies étaient trop pleines. Et puis, ce n'était pas souvent que toutes les unités étaient réunies.
Amélia quittait le rang. D'abord les respects aux plus âgés. La cheffe de la Green Division. Une femme d'estime, elle aussi. Les mots écrits avaient semblé déplacés à l'Américaine. Elle avait préféré attendre un face-à-face. Ce face-à-face.

-
Madame, Bonjour. Clark -malheureusement- n'avait pas besoin d'imagination. Perdre un frère était une douleur particulière. Toutes mes plus sincères condoléances. D'autres mots lui venaient. La bienséance les suspendaient à sa langue. Sa mort, comme sa vie, sont une inspiration. Et elle sourit, honnête.

Ensuite... le sang nouveau. L'héritière. Persona méritait un geste d'amitié... d'affection. Cette belle âme aurait sûrement besoin de réconfort.
L'Américaine la cherchait dans la foule endeuillée.


***


Au même instant, une femme représentante de l'Ordre passait prés de la belle pour aller sauler des sœurs sorcières. Son regard noir brillait d'une intelligence tout aussi sombre.

- « Strega vous félicite mesdames. » Un sourire étirait lentement ses lèvres aux accents canins.


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Amélia Clark
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Lun 7 Mai 2018 - 18:45
Je n’avais jamais aimé les enterrements. Trop de monde, pas assez d’intimité. Pas assez de place pour ma propre douleur et mon deuil. Je n’avais pas été à celui de Sacha. Mais je me voyais mal ne pas aller à celui de notre père. Surtout pour soutenir Léon, Matthew, les filles et Miranda. Voir des visages familiers et partager notre douleur aidaient également. Mais dans le fond, je ne savais toujours pas mieux comment gérer ma tristesse, la mort de Rose ou me comporter durant ses funérailles. Pour le coup, Ellen avait pris les choses en mains. Elle n’en était pas à sa première mort, et réalisait peut-être qu’il allait nous falloir une mère pour affronter ce qui nous attendait. Elle avait donc fait de son mieux pour offrir son aider pour la cérémonie, avant de se concentrer sur mon frère et moi. Elle avait tout organisé, pour que nous ayons le minimum à faire. Ou du moins, ce que nous avions la force d’accomplir.

C’était aussi un soulagement de l’avoir à nos côté durant les différents hommages rendus à notre père. Droite dans la robe simple et sombre que ma mère avait choisi pour moi, le visage caché derrière de grandes lunettes de soleil et les cheveux relevés dans un chignon strict ; je me tenais non loin de mes frères et de mes tantes. Je ne savais toujours pas vraiment comment me comporter avec ces dernières, dont le chagrin me touchait tout de même malgré tout. Le temps viendrait de régler nos comptes. Matthew avait été celui qui avait su me consoler le jour de la mort de notre père, comme le grand frère qu’il était, et je m’étais jurée d’être toujours là pour lui, éternellement reconnaissante de son attention et de sa douceur malgré son propre chagrin. Miranda avait également besoin de soutien. En plus de sa peine, elle devait reprendre les rênes d’Arkadia, et je voulais être là pour elle. Durant son discours, je la regardais directement, esquissant un sourire encourageant ou un hochement de tête pour la soutenir.

Mais le plus difficile restait la souffrance de Léon. Celui que la mort de Rose avait le plus touché et détruit. De par notre lien, je ressentais sa tristesse vibrer jusqu’au plus profond de mes os. Et le vide se propager dans mon être, comme un voile noir et sombre. Partagés entre le chagrin et la colère. Le deuil et la volonté dévorante de faire justice. Le cri de désespoir et celui de vengeance. Et cela, même notre famille ne pouvait le faire partir. Même entourés, nous étions seuls. Mais je voulais qu’au moins, nous nous ayons l’un et l’autre dans cette souffrance et cette épreuve. Durant les discours, ma main alla serrer la sienne. Pour l’aider à tenir le coup. Mais aussi pour avoir quelque chose à quoi m’accrocher. Pour ne pas flancher, pas maintenant. Pas devant tout le monde. Nous avions toujours partagé quelque chose de particulier et d’unique, tous les deux. C’était encore plus particulièrement criant aujourd’hui.

Je ne lâchais sa main qu’à la toute fin de la cérémonie, pour aller saluer tous les gens qui étaient venus. Leur présence me touchait, et je voulais les en remercier. Je lançais un dernier regard vers Léon, le laissant avec notre mère, avant de me lancer dans la foule d’un pas aussi assuré que je le pouvais. Je commençais par Lexy, prenant de ses nouvelles ainsi que de celles d’Amélia. Pour d’Head, dont le visage familier était un réconfort. Et puis, viendrait le tour de Miranda, pour la féliciter et lui assurer qu’elle pourrait toujours compter sur moi. Malgré moi, je cherchais la silhouette de Lotte. La voir m’aiderait à continuer tout le long de cette journée.

Mais par la force des choses, le futur se présentait déjà à nous, et me rappelait le plan que j’avais prévu avec Lotte. Mon autre bouée de sauvetage. Le travail qui m’éviterait de sombrer. Catherine Kent était là, et j’ignorais qu’elle connaissait à ce point Rose. Mais viendrait le temps où cela pourrait être utile, afin de la convaincre de se joindre à nous pour renverser l’Ordre. La membre de ce dernier n’échappa pas à mon attention lorsqu’elle alla saluer mes tantes, et je la dévisageais un instant derrière mes lunettes.

Cependant, toutes ces salutations m’avaient épuisée. Et je n’avais qu’une seule envie : retourner auprès de mon frère. Tout cela n’était pas une fin, mais le début d’une nouvelle chose. Et nous avions tant à faire. Avec l’Ordre, Lotte, mais également pour nous assurer que Marisa ne s’en tirerait pas ainsi. Mes pères avaient également fait part de leur souhait de venir se poser à Edimbourg, ayant appris la nouvelle. Ne pas nous décevoir nous-même, comme l’avait dit Miranda. Voilà mon nouvel objectif. Pardonner ou non à notre père n’était plus la question. A quoi bon, maintenant qu’il était mort ? Peut-être que j’aurais le temps d’y réfléchir davantage lorsque tout le reste serait terminé. Et de réaliser à quel point il me manquait.

"On ne devrait pas s’attarder…" dis-je à Ellen et à Léon, en regardant particulièrement ce dernier. La suite nous attendait déjà. Nous consumait. Et il n’était plus temps de se recueillir.
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Sam 12 Mai 2018 - 23:41
L’agent Red, de la Shadow Division se tenait en retrait, de tout ce monde, toute cette douleur, cette tristesse qu’elle ne sait pas comment assimiler. Peut-être que venir ici était une erreur, après tout. Elle avait vaguement l’impression d’être une imposteur, au beau milieu de la peine des présents. Il y avait beaucoup de visages qu’elle connaissait. Miranda Lockhart, évidemment. Lexy et Amelia, non loin. Dahlia aussi, puisqu’elle avait appris il y a peu que Perceval était son père… à elle aussi. Quelques agents ou chef de division d’Arkadia, aperçus, connus… peu importait. Et puis, Matthew et ses filles.

Et elle, derrière tout ce monde, qui observait le brasier de loin, pas réellement sûre d’avoir le droit de le regarder, de lui rendre hommage.
Perceval Rose n’était ni père, ni un frère, ni un modèle. Il avait été une rencontre décisive dans sa recherche d’un monde meilleur, un homme qui avait su beaucoup d’elle, deviné le reste, mais qui lui avait fait confiance. Il lui avait donné une opportunité de compter. De faire changer les choses. Mais elle le connaissait assez peu.

Peut-être finalement que c’était par soutien envers les autres, alors. Une manière de montrer qu’elle partageait leur tristesse. De se joindre à eux. De les soutenir peut-être ?

Mensonges. S’il n’y avait pas eu Matthew, jamais elle n’aurait osé venir. Elle se serait rendue à la cérémonie d’Arkadia, tout simplement, baissant la tête en rythme avec tous les autres. Rien de plus. Elle n’était pas douée pour gérer la mort. La rouquine basculait dans le déni. Déni de ses émotions. Elle se composait un visage neutre, pour qu’on ne la prenne pas à ressentir. Pour ne pas s’avouer, plutôt, qu’elle ressentait quelque chose. Mais elle était là, aujourd’hui. Non pas parce que le jeune docteur le lui avait demandé. Mais parce qu’il l’avait appelé en ce 2 d’avril, peu après le décès de son père. Et qu’elle avait senti que peut-être, elle pourrait l’aider à traverser cette épreuve. Même si elle n’était qu’un soutien, loin, derrière la foule. Une femme invisible…

Elle lisse sa jupe crayon et tire sur les manches de sa veste presque nerveusement, mal à l’aise dans la tenue de deuil qu’elle avait porté lors de l’enterrement de sa mère, dans un cimetière presque vide. Elle résiste à l’envie de défaire le chignon banane qui entrave ses cheveux, et joint ses mains devant elle, les pressant avec force.

Elle allait regretter cet homme. Cette manière qu’il avait de lui parler, de la regarder, lors de cette première rencontre dans une serre emplie de fleurs et autres arbustes. Il était quelqu’un de bien, foncièrement. Et il manquerait beaucoup à sa famille, se disait-elle alors que ses yeux trop bleus passaient de dos en dos, voyant les pleurs, les visages fermés. Le vide, naissant.

Une boule pesa sur son estomac et elle pinça, les lèvres, prête à faire demi tour. A attendre, plus loin, les hommages. Les gens commençaient à saluer la famille, et elle ne s’en sentait pas la légitimité. Croiser leurs regards et leur dire : je suis une femme que Perceval à rencontré une demi douzaine de fois. Mais c’était un chic type. A Dahlia, elle dirait un mot, plus tard, avant qu’elle ne parte. Elle le méritait. Et Matthew… Tout avait été dit. Elle avait fait de son pauvre mieux, maintenant, elle n’avait plus qu’à être présente, s’il le souhaitait.
Sigrid se retint de partir. Ce serait encore plus disrespectueux. Alors, au moment ou les gens se rassemblent et commencent à partir, jugeant que personne ne la remarquera… elle s’avance vers le brasier dont il ne reste plus grand-chose.

Et, en silence, elle se souvient de Perceval Rose, assis dans une serre face à elle. Un an, à peine plus. Une éternité.
Red
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Ven 15 Juin 2018 - 20:36


Le temps paraissait jouer des tours à Zephyr depuis quelques jours. Ou était-ce quelques semaines ? Son esprit embrouillé avait de la peine à revenir au monde qui l'entourait. La souffrance et le désespoir se disputaient le contrôle de son être et il n'était pas en mesure de lutter. Il avait toutefois eu quelques moments de lucidité après cette nuit-là. Il se souvenait de sa mère et sa sœur qui l'avaient raccompagné chez lui, de Castiel qui avait veillé et d'Ava qui avait accouru aussitôt qu'elle avait appris la nouvelle. Il se remémorait les heures passées à pleurer dans le giron de ses proches lorsque le chagrin ne l'assommait pas durant de longues heures. Et puis il y avait eu le choc de découvrir le message de son père, le déchirement de le revoir, souriant, de l'entendre dire toutes ces choses que l'artiste aurait aimé entendre de vive voix. L'héritage, il n'y pensait pas pour le moment, à vrai dire, cela ne revêtait aucune importance à ses yeux. Seuls comptaient Percy et la vengeance de sa mort. Mais avant cela, il fallait affronter les funérailles et la vague d'émotions qui se préparait à déferler sur lui.

Il n'avait pris aucune part à l'organisation de la cérémonie et même s'il avait été en état, il n'aurait pas été d'une grande aide. Cela le dépassait complètement et il s'était contenté de se laisser guider sans aucune protestation. Il avait donc laissé le soin aux autres, en l’occurrence ses tantes et sa mère, de s'occuper de tout, jusqu'au choix du costume qu'il porterait. D'une coupe simple et d'un noir profond, accompagné d'une cravate de la même teinte et d'une chemise d'un blanc immaculé, il observait les invités arriver peu à peu sur le domaine familial. Se retrouver ici, à l'endroit même où il était mort, avait quelque chose de malsain qui lui donnait la nausée. Il lui avait déjà dit au revoir, longuement, alors qu'il le tenait dans ses bras et il ne comprenait pas pourquoi il devait subir cela à nouveau. Son regard, caché par des lunettes de soleil aux verres noirs, scruta la nature environnante presque avec colère. La journée s'annonçait magnifique et la lumière ambiante avait quelque chose de magique. En temps normal, Leon aurait adoré la retranscrire sur une toile, mais ce jour n'avait rien de normal et il lui semblait que jamais plus il ne serait capable de peindre la beauté qui l'entourait. Cette dernière semblait le narguer et il détourna le regard pour le poser sur sa famille qui prenait place devant le brasier.

Entouré de Dahlia qui lui serrait la main et d'Ava qui lui avait pris le bras en posant délicatement sa tête sur son épaule, il fixait intensément l'urne placée devant eux. Il avait beau essayer, il n'arrivait pas à se dire que ce qu'il voyait était tout ce qu'il restait de son père. Un si grand homme réduit à un petit tas de cendres. Cette pensée plus que toutes les autres lui crevait le cœur en cet instant et il ne prêta pas la moindre attention à l'éloge funèbre que fit Miranda. Ce n'étaient que des paroles, sans importance, il n'y aurait que les actions à présent qui en auraient. La mâchoire serrée, les larmes coulant le long de ses joues, Leon était plus déterminé que jamais à venger son père et à partir à la poursuite de Marisa. Il sentait une rage monter en lui ainsi qu'un sentiment d'étouffement. Etait-ce normal qu'il ait aussi chaud ? Il ne pouvait pas faire aussi chaud, si ? Et pourquoi avait-il de la peine à respirer ? Il n'attendit pas la réponse et lorsque les obsèques prirent fin et qu'il lâcha la main de sa jumelle, il tourna rapidement les talons pour se diriger loin de la foule.

Peu lui importait les hommages à la famille, de toute façon, personne ne savait qu'il était le fils de Percy et c'était bien mieux ainsi. Encore des paroles qui ne changeraient rien et qu'il n'arriverait même pas à assimiler. Autant s'éloigner et défaire cette maudite cravate qui semblait vouloir l'étouffer. Il l'ôta d'un geste pressé et agacé avant de poser une main sur la pierre brute du manoir et de se pencher en avant en respirant à fond. Son cœur cognait contre sa poitrine et il avait l'impression qu'il allait s'évanouir d'une seconde à l'autre. La nausée le prit à nouveau et cette fois-ci, il fut incapable de la retenir et déversa le contenu peu fourni de son estomac dans un parterre de fleurs. Il fut pris d'un léger vertige et ferma les yeux en inspirant profondément à plusieurs reprises avant de se relever lentement.

Ava, qui l'observait de loin, s'approcha avec calme et lui tendit un mouchoir et un bonbon mentholé en lui souriant gravement. Elle ne savait pas tout de sa vie, c'était un fait, il souhaitait la protéger au maximum. Cependant elle n'était pas dupe et elle avait déjà vu cette lueur au fond de son regard, en moins intense peut-être, mais le résultat avait été là : son agresseur était mort. Et quoiqu'il se soit passé au moment du décès de Percy, elle était persuadée que son frère de cœur avait quelque chose en tête. Même si cela l'effrayait, elle était résolue à l'aider du mieux qu'elle pourrait, ou en tout cas à ne pas lui mettre de bâtons dans les roues. Et cela commençait par prendre soin de lui et le ramener vers Ellen et Dahlia qui avaient visiblement terminé de saluer les différentes personnes présentes. Des gens auxquel Leon n'avait pas prêté la moindre attention auparavant mais qu'il dévisageait à présent. Des membres d'Arkadia, Kevin Scoltly et d'autres visages totalement inconnus. Il n'avait aucune envie de discuter avec qui que ce soit et après un dernier coup d'oeil au brasier posé non loin, il hocha la tête et entraîna les femmes de sa famille vers un endroit où ils pourraient enfin souffler.
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Zephyr
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Lun 25 Juin 2018 - 17:03
Les filles se tenaient droites, l'une à côté de l'autre. Particulièrement sages, dans le hall du manoir, elles étaient belles comme des anges dans leurs petites robes beiges. Des anges tristes et silencieux.
Trop jeunes pour porter la couleur du deuil, Matthew avait préféré leur passer des robes portées à l'occasion du mariage d'un couple d'amis de la famille. Ce dernier, les couvait du regard, incapable de rompre leur mutisme. Il savait que cela reviendrait, pourtant, elles n'avaient presque pas décroché une parole depuis l'annonce du décès de leur grand-père et leurs rires spontanés lui manquait

Il passa une main caressante dans leur chevelure blonde. Un geste doux et plein d'amour, qui le rassurait lui, autant qu'il cherchait à les rassurer. Elles étaient ses piliers. Sa force. Son énergie vitale.

Dans son costume sombre, Matthew paraissait terne. Les cernes noirs qui soulignaient ses yeux fatigués donnaient à son regard une dureté inhabituelle et l'absence de sourire sur son visage lui donnait un air plus froid et distant qu'à l'accoutumée.
Depuis le décès de Perceval Rose, il avait multiplié les aller-retours entre la capitale écossaise et la petite arche privée et en plus des formalités engendrées par la disparition soudaine du patriarche, il avait repris le travail. Les filles, elles, n'étaient pas encore retournées à l'école et étaient restées au manoir avec Roan et leurs grandes-tantes pour les préservées de plus possible des désagréments des déplacements inutiles.

Sans grande surprise, Perceval n'avait laissé que peu de choses au hasard en ce qui concernait sa mort. Il était le genre d'homme à choisir le costume dans lequel il serait inhumé ou encore la couleur du cercueil de présentation. Il était de ce gens qui ont le besoin de contrôler jusqu'à la fin, aussi, les affaires avaient été mise en ordre et la suite n'avait plus qu'à se dérouler comme du papier à musique. Certes, il y avait tout de même eut certaines choses à prendre en main. Des détails qui avaient leur importances. Et Matthew n'avait pas envisagé laisser Andrea et Agrafena s'en charger seules. En dépit de leur douleur visible, elles avaient mené la barque avec détermination. Elles étaient des femmes d'action qu'une tempêtes comme celle-ci n'arrêtaient pas.

L'aîné était soulagé que la cérémonie soit privée. Il avait redouté de devoir affronter la douteur. La douleur de ceux pour qui Perceval Rose avait été un homme qui avait compté. La douleur d'étrangers qui avait partagé plus que lui-même ne partagerait jamais avec son géniteur. Il avait la certitude qu'elle ne ferait que mettre en exergue son propre détachement.

Passant une main dans le dos d'Anny et de Lou, il déposa tour à tour un baiser sur le haut de leur crâne avant de les guider vers l'extérieur.

-C'est l'heure, murmura-t-il aux demoiselles, tandis que dans le parc du domaine, une petite foule était déjà rassemblée.

Plus tôt dans la matinée, il avait eu un regard, un mot, un geste pour chacun des membres de la famille. Leur douleur était sa douleur à lui, à défaut de pleurer le départ d'un père, d'un frère, d'un mentor. A présent, il était serein.
Il écouta l'oraison funèbre de l'agent Alpha avec bienveillance.
Les yeux perdus dans les flammes du brasier, Matthew repensait aux moments passés avec l'homme qui n'avait laissé derrière lui qu'une petite boite pleine de cendre, des proches atterrés, une organisation sans leader... et une femme ruminant sa vengeance... Les cendres seraient entreposées. Les proches feraient leur deuil et l'organisation avait été gérée de façon à poursuivre sa mission. Ne resterait que Marisa...

La cérémonie touchait à sa fin et les proches de Perceval ou de la famille venaient rendre leurs derniers hommages au défunt symbolisé par le brasier et témoigner e leur soutient à la famille. Il fallut serrer des mains, recevoir des embrassades compassées ou bien sincère, remercier. Matthew esquissait parfois un petit sourire triste à quelques remarques, mais son regard s'était perdu dans la foule, accroché au reflex rougeoyant d'une chevelure, entre-aperçu à l'arrière. Il s'était surpris à espérer qu'elle ne s’éclipse pas pendant qu'il était aux obligations auxquelles il ne pouvait déroger.

Puis la foule se clairsema finalement. Léon semblait, de la fratrie recomposée, être celui qui vivait le plus mal cette disparition soudaine. Il aurait voulu trouver les mots et les gestes pour le réconforter, mais il savait également que sa sœur ferait ça mieux que lui.
Les filles étaient restées extrêmement sages. Il les invita à suivre leur protecteur pour rentrer au manoir, lui avait surpris la silhouette rousse près du feu. D'un pas lent et légèrement hésitant, il était venu se placer à ses côtés. Sans esquisser le moindre geste, à voix basse, à défaut de pouvoir mettre plus de volume sans altérer la qualité de sa voix, il lui dit :

-Merci d'être venue. Après quelques secondes, il ajouta. Merci pour lui. Et pour moi.
Lohen
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Sam 15 Sep 2018 - 13:51
A bien des égards, la cérémonie s'était déroulée comme Miranda Lockhart s'y était attendue. En grande partie parce que Perceval Rose avait pris grand soin de mettre ses affaires en ordre et de préparer l'événement avant de tirer sa révérence. Le lieu, le décors, la crémation et toutes les autres dispositions avaient été consignées, et la nouvelle directrice n'avait eu qu'à réaliser les instructions. Ce qui était tout aussi bien : elle n'aurait pas su par quoi commencer. Ce genre de manifestation lui était jusqu'ici inconnue, et elle n'était pas pressée de recommencer. Ses sentiments étaient encore compliqués à démêler, entre la colère, la tristesse, la confusion et les incertitudes quant à son nouveau rôle... La mort du patron, elle ne savait toujours pas comment la considérer vraiment, aussi s'était-elle plongée dans la compartimentation, qu'il s'agisse de préparer cette journée ou d'asseoir sa nouvelle autorité.

Le nombre de personnes présentes était restreint, l'attroupement néanmoins conséquent pour le parc du domaine. Les tours du château s'élevaient au-dessus de la scène, témoins supplémentaires de la fin d'une longue vie. Et qu'il s'agisse des membres d'Arkadia, de la famille, des amis ou de ces relations compliquées mais anciennes qu'on ne pouvait facilement définir, tous étaient venus dans le même but. Pour reconnaître le départ de cet homme qui les avait marqués d'une manière ou d'une autre. Ce n'avait pas été le moment des témoignages éloquents ou des adieux larmoyants, ni même des accusations. Le calme n'avait pas été rompu, et chaque personne présente avait pu présenter ses hommages ou simplement contempler la situation de la manière qu'elle avait choisie. Leon et Dahlia, différents dans leurs actes mais toujours soudés. L'aide d'Ellen avait été bienvenue, et Matthew... Matthew était venu avec ses filles, qui encaissaient la situation à la manière d'enfants qui avaient déjà traversé bien trop d'épreuves, et leur père faisait aussi bonne figure que possible malgré le conflit qui ne cessait de l'agiter. Miranda était heureuse de voir que Sigrid était là pour l'épauler dans cette épreuve. Andrea et Agrafena avaient fait leur part tout en ne forçant pas leur présence ; encore une situation qui devrait bien être résolue un jour, mais qui pouvait attendre. Attendre que les concernés soient prêts.

Miranda sentit la main de sa sœur se glisser dans la sienne pour la serre fermement ; sa sœur avait refuser de la laisser traverser la journée sans se tenir à ses côtés. Les deux Lockhart honoraient en silence celui qui leur avait permis de se choisir une nouvelle vie, bien disposées à en tirer le maximum. La disparition de Rose laissait un vide certain, mais aussi un grand nombre d'opportunités nouvelles pour celles et ceux décidés à tracer leur propre chemin avec les cartes qu'il leur avait laissé en mains. Petit à petit, les participants quittèrent les lieux, formant des groupes de plus en plus petit pour évoquer des souvenirs du défunts ou simplement se soutenir en silence. Jusqu'à ce que même Lucy rejoigne la demeure, laissant Miranda seule devant le mémorial. Elle s'accroupit devant la stèle, et y déposa une rose immaculée qu'elle avait mise de côté pour l'occasion, issue de la serre où Percy avait passé une grande partie de son rare temps libre.

« Au revoir, patron. Je ferai de mon mieux. »

Elle n'avait rien d'autre à dire, pas maintenant en tout cas. Elle décida que ses actes parleraient d'eux-mêmes, c'était la meilleure chose qu'elle pouvait faire. Pour lui, pour sa famille, pour Arkadia...et pour elle-même. Le soleil continuait de briller, peu concerné par la cérémonie qui s'était déroulée sous ses rayons. C'était aussi bien : pour qu'il y ait toujours un lendemain, pour que le soleil continue de se lever... Voilà des objectifs simples mais importants auxquels elle était prête à se dédier. Elle avait fait son choix.

Perceval Rose était mort mais, quelque part, cela ne faisait que commencer.

[Sujet terminé]
Alpha
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Thème: Canta Per Me - Yuki Kajiura




“There’s no way things should be. There’s just what happened and what we do.” Terry Pratchett
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