[One shot] La fin d'un apprentissage -Un nouvel ordre- Troisième Partie

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Dim 1 Avr 2018 - 11:59
La fin d'un apprentissage





Nikiya & Strega


Une soirée ordinaire s'apprêtait à débuter à la villa Sofia. Une mécanique bien huilée démarrait en cuisine pour préparer le souper des dames. Les dames car le Duc se trouvait encore en prison. Le jugement avait débuté quelques semaines plus tôt ce qui accentuait l'humeur difficile de sa compagne. La vie était difficile en ce moment sur la terre des Lampeduza. La Duchesse consultait un ouvrage dans la petite bibliothèque de l'aile sud.

Julia, la jeune domestique, aux cheveux dorés, venait d'être envoyée à la recherche de la danseuse qui vivait depuis prés d'un an et demie auprès des Lampeduza. La demoiselle approchait de la salle de danse et toquait délicatement sur le bois de chêne pour informer de sa présence. Elle retenait un peu son souffle car la Française avait tendance à l'impressionner.

-Oui. La voix de l'étoile s'était élevée de l'autre côté de la porte.

Dans le studio aménagé pour ses exercices quotidiens, la ballerine française travaillait ses assouplissements et s'était immobilisée à l'interruption inopinée. La jambe à la barre, tout son corps gracile était couché sur cette jambe relevée et s'étirait avec un certain délice. La joue, délicatement posée sur son genou, elle s'était prise à rêvasser. A présent, elle été tirée de cette torpeur et si elle n'avait bouger d'un cil, tout son corps et ses sens étaient concentré sur la voix de la petite serviteur de la duchesse.

La blondinette entrait, précautionneuse, captivée par la souplesse de l'artiste. Les mouvements étaient si beaux... elle même savait à peine danser un slow. Elle devait prendre sur elle pour arrêter de la fixer et se concentrer sur la raison de sa présence. En ce moment, tout devait être fait sans anicroche pour éviter les ennuis avec Madame.
Une rougeur montait doucement à ses joues comme chaque fois qu'elle parlait à Lotte:

--Madame te demande à la petite bibliothèque... tout de suite, ajoutait-elle avec un peu de gêne.

Lotte tourna son visage de porcelaine vers la jeune servante et la dévisagea d'un œil presque indiscret, un fin sourire narquois sur les lèvres. Se redressant finalement avec grâce, elle leva sa jambe comme si elle avait eu le poids d'une plume pour la reposer au sol et se tourna tout à fait vers la maid pour plonger son regard dans le sien. Il brillait d'une lueur qui n’appelait pas à la contradiction.

-Dites à Madame que j'arrive dans cinq minutes.

Déjà, la ballerine ne prêtait plus attention à la petite Julia. Elle attrapait une serviette et une bouteille d'eau et entreprit de retirer ses pointes. Si l'injonction de sa mentor l'agaçait, elle n'en montra rien. Depuis son entrée dans la maison de la duchesse, son visage s'était paré d'une neutralité aussi docile qu'impénétrable et seule la détermination de son regard laissait entrapercevoir ses aspirations.

La réponse semblait faire hésiter Julia. Pour autant la jeune femme n'osait pas presser l'Apprentie. Lotte était naturellement respectée par la maisonnée. Peut-être percevaient-ils tous indistinctement le charisme qui grandissait chez elle. La jeunette filait donc sans demander son reste pour passer d'une sorcière à l'autre.

Elle arrivait devant la Duchesse faisant quasiment une révérence, lâchant l'information d'une petite voix timide. L'expression de Madame l'encouragea tout de suite à disparaître, ce qu'elle fit en sortant aussi sec de la bibliothèque.

Quelques minutes plus tard, Lotte descendait le grand escalier dans le plus parfait des silences. Elle avait passé un grand châle autour de ses épaules blanches et semblait perdue dans ses réflexions. Elle entra dans la bibliothèque sans frapper mais en s’annonçant d'un « Madame ». Sans même poser son regard ambré sur sa maîtresse, son œil fut directement capté par l'extérieur et le jardin qui se dévoilait à travers la fenêtre à proximité :

-Vous m'avez fait demander ? À ces paroles elle vint fixer son regard dans celui de la Duchesse dosant parfaitement entre le respect et l’irrévérence.

Le jardin, endormi pendant la saison hivernal était recouvert d'une poudreuse qui ne cessait de tomber depuis l'aube. La nature, recouverte de ce duvet glacé, sommeillait dans l'attente de plus de clémence. Tout était comme immobile, suspendu.
Il en était de même pour l'âme de Strega la Sorcière, qui parée de noir, semblait avoir de nouveau perdu de son éclat depuis la fin de l'été. Sa froideur naturelle n'en paraissait que plus intense. Nul doute que l'absence du Duc en était l'une des causes principales. Vito n'était pas seulement absent des affaires Siciliennes. Il était absent de ce mariage, qui aurait pourtant eu besoin de revivre. Ce vide n'était qu'une raison supplémentaire pour Strega d'exécuter ses desseins les plus égoïstes et les plus sombres.

Assise devant une table de travail, elle refermait délicatement la couverture d'un ouvrage, puis portait son attention sur la demoiselle. Le manuscrit se mettait à léviter pour aller retrouver sa place initiale dans le rayonnage, sans que Nikolas n’eut à prononcer de vive voix le sort de déplacement.

- Il est temps d'achever votre formation. A ces mots, la porte d'entrée se refermait sur elle-même sans un bruit. Ainsi furent-elles séparées du reste des occupants de la demeure.

Les paroles de la Lampeduza résonnèrent dans l'air avec une certaine gravité. Nikiya avait redouté de les entendre et maintenant elle était face à cet instant fatidique. Elle demeura parfaitement neutre, et chassa le frisson qui parcouru sa nuque en replaçant le tissus de laine qui ceignait ses épaules.

-Je suis prête , répondit-elle avec la simplicité de la confiance en soi.

Pendant plus d'une année, elle avait traversé des centaines de fois la peur de l'hésitation, il n'y avait maintenant plus de place à laisser au doute. Elle chassa toutes les appréhensions qu'elle avait accumuler, galvanisée par de nouvelles perspectives. Elle en devenait presque impatiente.
Aussi, un fin sourire sombre naquis au coin de ses lèvres et elle hocha de la tête avec une assurance insoupçonnée.

D'un sort simple Nikolas allumait alors simultanément les cinq candélabres disposés en cercle au fond de la pièce. La lumière des chandelles déployaient d'étranges ombres sur les étagères. En quelques secondes, l'ambiance était changée. La pièce était gagnée par un mystère opaque. Les deux femmes se retrouvaient à nouveau dans une séance de travail.

La Sicilienne quittait ses chaussures, pour avancer pieds nus, au centre d'un pentacle de poudre noire. Elle restait debout, droite, sa silhouette longiligne se mariait parfaitement avec le décor. Cnossos, quelque soit son apparence, possédait le charisme de ces êtres à jamais coupé du temps... les Immortels. D'un regard, elle invitait ensuite la novice à la rejoindre dans cet espace circonscrit.

– Avant, protégez cette pièce convenablement , Commandait la dame en écoutant le silence avec attention.

Le visage de l'apprentie était serein. Sans un mot, elle s'avança à son tour dans la pièce, ses pieds nus frôlant le parquet avec une grâce sauvage, et s'exécuta sans attendre.
D'un large geste du bras, elle fit vaciller les flammes qui les entouraient avant de murmurer quelques paroles anciennes et intelligibles au commun des mortels. Petit à petit, elle effectuait un tour autour de leur position, répétant un à un les sorts qui scellaient les verrous destinés à les protéger. Elle répétait avec une régularité parfaite les mouvements appris par cœur et ancrés jusque dans son corps.
Lorsqu'elle eut finit, elle se tourna vers sa mentor, ses mains se retrouvèrent derrière son dos en signe d'attente.

D'une pression magique l'Immortelle vérifiait le travail. Un infime mouvement du menton accordait donc la validité de l'exercice. Tout avait été correctement exécuté. La dame de la nuit se positionnait ensuite dans le cercle. D'une phrase les emprisonnaient dans une sphère d'énergie. A peine la bulle achevée, elle récitait un lamento dans ce qui semblait être du crétois médiéval.

Une fleur de feu naissait, lentement mais sûrement, sur la chaire du ventre de Nikiya. La lésion permettait à une énergie clanique de s'infiltrer sans ses pores et se propager partout. Celle-ci pouvait rappeler les effets de l’héroïne par son intensité et son addiction. Néanmoins, une seconde vague, plus sinueuse traquait la force résiduelle de la danseuse pour l’emmailloter. Une chaîne magique dont la puissance irait en grandissant.

La voix de Strega finissait par s'éteindre permettait à son acolyte de découvre la teneur de son ultime test.

- A présent. Vous avez un mois pour trouver Kim Wang. Lui voler son énergie vitale et l'exécuter.

Nikiya eut un hoquet de surprise et de douleur lorsque sur son ventre se dessina la rune magique. Cependant, la sensation fut rapidement balayée par quelque chose de plus fort, plus intense. L'invocation déversait sa magie dans chaque parcelle de l'âme de Nikiya. Cette énergie pure lui faisait l'effet brûlant et glacial à la fois d'un liquide en fusion parcourant son corps, ses veines avec une volupté inconnue. Rapidement, une seconde force était venue restreindre la première. La contenir.
Quelques secondes plus tard, la française reprenait conscience de son environnement, l’enivrement de la magie s'était estompée et ne lui laissait qu'une sensation étrange. Le souffle plus court, elle dissimulait au mieux la peur qui s'était soudainement insinuée en elle et qui contrastait violemment avec l'exaltation de ce qu'elle venait de vivre.
Inspirant profondément par le nez, elle composa son visage et ne sourcilla pas à l'ordre de Nikolas.
Pendant plus d'une année, elle avait traversé des centaines de fois la peur de l'hésitation, il n'y avait maintenant plus de place à laisser au doute. Elle chassa toutes les appréhension qu'elle avait accumuler, galvaniser par de nouvelles perspectives. Elle en devenait presque impatiente.
Aussi, un fin sourire sombre naquis au coin de ses lèvres et elle hocha de la tête avec une assurance insoupçonnée.

Un silence, plus dense s'imposait dans la pièce pendant ces quelques minutes. La magie imposait sa temporalité propre. Le temps se percevait à une échelle plus ancienne.

Madame Lampeduza avait scrupuleusement suivit les réactions de son apprentie. Sans doute soupçonnait-elle chez Lotte ces désirs de grandeurs qui touchent tout prodige de ce monde. Néanmoins, elle conservait ce silence, qui était souvent le sien durant les dernières leçons. Elle imposait d'ailleurs d'un regard de rester dans le rituel un peu plus longtemps. La jeune femme devait saisir toute l'importance de ce qui venait de se passer.

Le stigmate gravé sur la peau de Nikiya ne se résorberait qu'une fois le meurtre accompli. D'un sort mineur Strega déployait une illusion pour rendre à ce ventre son aspect ordinaire.

- Toutes nos ressources sont à votre disposition à présent. Nikolas évoquait par là celle de la Villa mais également celle de leur Ordre. [/color]

D'un doigts effleurant son abdomen, Lotte avait doucement retracé le signe du lien qui l'unissait magiquement à son devoir. Elle se doutait que ce sort serait son ascension, ou sa chute...
La jeune sorcière releva le regard vers la maîtresse des lieux. Elle ne demanderait pas ce qui se passerait en cas d'échec, car il n'y aurait pas d'échec.

-Très bien.

Elle n'avait pas à argumenter. Elle avait souhaité que ce moment n'arrive jamais. Maintenant qu'elle y était confrontée et elle ressentait une excitation insoupçonnée. Elle savait qu'elle y arriverait, car c'était le bon moment.

Tout à coup, les flammes s'éteignirent dans un même souffle, sans que la Sorcière eu à ouvrir les lèvres là non plus.
La salle reprit son aura naturelle le temps d'un battement de cil. Ce qui était inscrit sur le sol avait disparu. La Duchesse s'écartait lentement de son élève. Avant de quitter le cercle incantatoire, Strega donnait une ultime indication à son apprentie.

– Son cœur sera la preuve de votre réussite. Bien des sorts nécéssitaient des éléments organiques. A présent allez reprendre vos lectures... Nikiya. Tel un second baptême le nom était donné à la Sorcière.

L'élève hocha doucement la tête, docile. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, en dépit du calme de ses traits.

-Bien, Madame. Lotte s'éclipsa ensuite de la pièce.


Kleidukos
IDENTITE : Kleidukos
GROUPE : Voyageur
SPHERE : Art
AGE : 26 ans
ETAT CIVIL : Inconnu
PROFESSION : Germologue
POUVOIRS : Métamorphose
ETAT DE SANTE : /
LIENS : Ancienne apparentie de Strega, Soeur d'Hécate, Fille de Junon, membre de l'Ordre



Lorsque la ballerine arrivait à la hauteur de l'escalier, une silhouette canine se dessinait sur la droite, venant d'un couloir opposé. L'un des animaux appartenant à la meute de la Duchesse. Une jeune femelle au pelage soigné.

A l'angle suivant l'animal avait disparu donnant vie à une jeune femme au teint claire et à la chevelure aux reflets roux. Elle marchait d'un avec volupté sur le marbre, calme et charismatique. Elle était le portait exacte d'une jeune sorcière que Lotte avait bien connu.

Nue comme une Eve, la métamorphe croisait le regard de la Prodige un quart de seconde. Juste assez de temps pour échanger un sourire teinté d'une imprévisible connivence, car le souffle de la rébellion était arrivé jusque dans le foyer de la Strega et Beleth.

La sœur d'Hécate disparaissait derrière une porte sans avoir prononcé un mot. L'œuvre était en marche. Par cette apparition, Nikiya savait ce qu'il lui restait à faire.


Strega
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