Il y a les morts, il y a les vivants.

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Mer 7 Mar 2018 - 0:31


Rackham était plutôt très aviné quand il remit le pied sur son aéronef: le Walrus. Cet enterrement l'avait touché bien plus qu'il ne l'avait laissé paraître. Oh il était encore en état de tenir debout et il avait ramené ses matelots à bon port. Maintenant c'était son tour de s'effondrer dans son lit. Il regarda l'heure... 4 heures du matin, bah il était encore rentré tôt. Avec des gestes rendus quelque peu maladroits par l'excès de rhum dans son sang, il enleva son long manteau de cuir noir. Il s'assit lourdement sur son lit pour enlever ses bottes qu'il envoya valser à l'autre bout de sa cabine. Il prit le temps de se désarmer... une dague à la cheville gauche, un mini pistolet à la cheville droite, un autre poignard dans la ceinture et pour finir la ceinture elle même. Il finit par s'étaler dans son lit. Le reste attendrait son réveil. Heureusement ils avaient quartier libre le lendemain. Il ne tarda pas à plonger dans un sommeil profond....


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Septembre 1720, Bureau de Lord Hamilton, gouverneur de Jamaïque.


Rackham se présenta aux portes du gouverneur de Jamaïque en pleine nuit. Il était attifé de vêtements sombres qui n'étaient pas dans son habitude. Et pour raison... il était là incognito. La maison du gouverneur était dans le plus pur style Georgien... Maison cubique, blanc sale, bâtie sur pilotis, un étage avec cinq grandes fenêtres à guillotine symétriques. La porte d'entrée était surmontée d'une corniche décorée de moulures à denticules décoratives... Il aurait dévalisé cette maison sans le moindre remords si sa visite n'était pas aussi vitale...
Il s'avança sans bruit dans l'allée. La porte avait été laissée entrouverte à son attention... Il pénétra dans le vestibule. La maison était vide et plongée dans l'obscurité à l'exception d'une pièce à l'arrière dans laquelle se trouvait le gouverneur. Rackham entra dans le bureau où il était attendu. Il savait qu'il devait la jouer fine, la vie de sa compagne en dépendait.


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Rackham s'agita dans son sommeil, à tel point qu'oreillers et couverture suivirent le chemin des bottes. D'allonger sur le dos, il se retrouva sur le ventre en travers de son lit. Heureusement que c'était un deux places où il serait bien vite tombé lui aussi. Ainsi que toute personne qui aurait dormi avec lui. En un sens, c'était heureux qu'il n'est ramené personne cette nuit là.


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Novembre 1720, les troupes du Capitaine Barnet capturent Rackham et son équipage.


Tôt dans la journée, Rackham et son équipage abordèrent un galion espagnol et réussirent leur acte de piraterie. Ils trouvèrent refuge dans une des criques de la Jamaïque pour partager le butin. Rackham savait que c'était sa dernière journée de liberté. Aussi bien pour lui que pour le reste de son équipage. Il ordonna donc à l'équipage de décharger les tonneaux de rhum et de sortir les provisions. Il fit faire un feu de camps. Anne n'était pas d'accord mais il la laissa crier et rouspéter dans son coin. Ni elle ni Mary ne purent festoyer avec eux. Leur état ne le permettait pas. Oh, il ne se berçaient pas d'illusion... Aucun des enfants qu'elles attendaient n'était de lui. Les deux femmes avaient pas mal roulé leur bosse avec les autres équipages. Mais il ne pouvait s'empêcher d'aimer Anne et il donnait sa propre vie pour la sauver. Aussi rejoignit-il ses hommes et il s'enivra comme un boit-sans-soif. Minuit approchait à grand pas et l'équipage bambochait comme jamais il ne l'avait fait. La tête de Rackham était comme dans la brume marine quand les hommes du Capitaine Barnet leur tombèrent dessus. Vu l'état d'ébriété avancé de l'équipage et de leur capitaine, la résistance à l'arrestation fut faible... Ce qui malheureusement signifiait aussi que peu d'entre eux échapperaient au jugement......


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Rackham parlait dans son sommeil . Ne lui faites pas de mal! Vous avez promis... Pas de mal... Anne arrête ça ne sert à rien... Anne pense au bébé! Arrête.... Le voici maintenant la tête à la place des pieds, de nouveau sur le dos, surement pas pour longtemps au vu de son cauchemar.


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16 Novembre 1720 , tribunal de Spanish Town, présidence de Sir Nicholas Lawes.

La salle était bondée... On aurait pu croire que toute la Jamaïque était venue assister au procès des pirates. Parmi les condamnés se trouvaient Rackham, son quartier-maitre, son pilote, son maitre d'équipage, son artilleur et cinq de ses meilleurs hommes.

Jack Rackham, vous êtes reconnu coupable d'actes de piraterie, de meutres, de vols, ...... Vous êtes donc condamnés à danser la gigue au bout du chanvre.

La voix du président résonna par 10 fois encore pour les condamnations à la pendaison. Les dernières paroles qu'Anne lui accorda furent très dures à encaisser pour Rackham.


« I'm sorry to see you here, but if you'd have fought like a man you needn't hang like a dog. »


Ainsi il allait mourir pour rien, pour une femme qui le détestait au plus au point... Jamais elle ne saurait le sacrifice qu'il avait fait pour elle. mais peut être était ce mieux ainsi.... Elle était celle qu'il aimait et au moins elle aurait la vie sauve. Deux jours plus tard, Rackham monta sur l'échafaud, il serait pendu haut pour le spectacle de la pleibe. Il dut monter sur des marches, comme ses camarades, car les cordes étaient courtes par soucis d'économie... La situation l'aurait fait sourire si la valeur de sa vie ne se résumait pas à la longueur de la corde. Ses camarades de pendaison commencèrent à entonner leur chant. . .

Le roi et ses pairs
Ont enfermé la reine,
A bord d'un bateau de plomb.
Nous naviguerons, et par ses pouvoirs
Moi et mes frères vogueront.

Yo ho sur l'heure
Hissons nos couleurs.
Hissez haut, l'âme des pirates
Jamais ne mourra.

Yo ho quand sonne l'heure
Hissons nos couleurs
Hissez haut, l'âme des pirates
Jamais ne mourra.


Le chant, fort au début, se fit de moins en moins fort au fur et à mesure qu'ils passaient par la corde. La dernière phrase fut pour lui... Et le bourreau fit son office.


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Rackham se réveilla en sursaut . Il avait fini par terre. La chute l'avait réveillé alors que la trappe se dérobait sous ses pieds. Il porta la main à sa gorge. Il pouvait encore sentir l'étreinte de la corde. Il se releva avec un peu de mal, encore chamboulé par cette scène qu'il revivait pour la énième fois. Finalement le jour de sa mort avait aussi été le jour il avait découvert qu'il ne pouvait pas mourir... Il regarda son réveil... 6 heures du matin... Ce cauchemar ne lui avait pris que deux heures... Il ne se rendormirait plus maintenant... Après avoir pris une bonne douche et changer de vêtement, il sortit sur le pont profiter des embruns du matin....


Rackham
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