Alors! Voilà l'idée ! Je vous explique ! / Hunter

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Ven 12 Jan 2018 - 0:45



« Les Défis : ils vous gardent jeunes. »

Elvis Presley



    Le café, où Madame Richards avait prévu de retrouver le comte était malheureusement fermé, à cause d’un dégât des eaux. Contre mauvaise fortune la fileuse n’en avait pas moins bon cœur et les orienta naturellement chez Reggie, un dinner situé plus au centre. Elle échappait de justesse à une averse qui eu tout juste le temps de boucler les mèches rebelles.  Le contraste de température était tellement saisissant qu’il fit remonter le sang à ses joues, le temps d’arriver dans la salle.

    Elle chercha du regard une table libre et un peu à l’écart, avant qu’une des filles viennent l’aiguiller. Toutes les deux se connaissaient de vu, étant donné que pas mal de gens de l’école pour prodige venaient faire des soirées ici. Elles se donnaient ainsi rapidement des nouvelles, avant que Charadh aille s’installer. Elle profitait de l’occasion pour demander un grand verre d’eau et faire un rapide tour aux commodités. Une fois effacés les signes de la précipitation Claire retourna s’installer en attrapant la carte.

    Une rapide lecture lui fit arrêter son choix sur un café gourmand tout à fait adapté à son humeur. Elle repoussait le document, fit de la place pour sortir le dossier qu’elle avait l’intention de présenter à Monsieur de Lascelle. Elle avait mis un peu de temps, mais elle avait enfin obtenu le troisième devis qui lui manquait. Comme elle le redoutait les taux avaient un peu augmenté avec le début de l’année. Mais, il en allait de même avec la subvention de la ville.

    Maintenant que les jumeaux étaient à la PH toute la semaine, et que Colm avait un petit boulot, le rythme avait un peu changé. Claire avait réussi à réorganiser son emploi du temps, avec l’embauche d’un mi-temps, se libérant assez d’heures pour préparer plus sérieusement le projet. Elle avait eu quatre entretiens dans les différentes compagnies bancaires et la dernière était semble-t-il la bonne.

    La vue de son client la fit spontanément se lever. Claire portait ce jour-là une robe beige et unie que quelques accessoires égayaient. C’était une création de l’hiver précédant, dont la sobriété n’avait pas assez charmé la clientèle. Mais la fileuse l’aimait bien. Elle donnait une vive poignée de main à son allié.

    «Bonjour » Entamait-elle dans un joyeux Français avant de continuer dans la langue du territoire. « Comment allez-vous ? Oh « Bonne année ! » santé et surtout sérénité ! »

    A ce moment arrivait la serveuse de tout à l’heure avec la commande de Claire. La dame souleva rapidement l’une de ses piles pour lui faire de la place. Une feuille se détachait du lot. Un dessin d’Elise qui avait dû se glisser là sans qu’ils n’y prennent garde. Il représentait la ferme de Flow avec tous les animaux. Cette année s’étaient les Chevalier qui étaient venus à Edimbourg pour faire les fêtes. Une bonne occasion pour rassembler à la fois Richards et Chevalier, bien qu’Hugo ait été aux abonnés absents.

    L’odeur du café chaud était alléchante et les mignardises ouvraient l’appétit. Charadh observait la présentation avec un peu de gourmandise. Elle mit le dessin de sa fille à l’abri dans son sac, puis s’adressait de nouveau au fameux « Hunter ».

    «J’ai de très bonnes nouvelles ! Une banque m’a finalement fait une offre viable ! C’est une petite structure mais leurs placements sont solides et le Conseil devrait aussi se faire soutien, ce qui me permet d’amorcer un premier acompte sans trop de difficulté ! » Comme l’avait si bien crié Fanny Galaway en apprenant la nouvelle Alléluia ! Il avait quasiment fallu un an pour en arriver là. Mais, les efforts portaient leurs fruits. « Il y a deux locaux qui semblent intéressants. J’ai apporté les photos, voulez-vous voir ? »


Charadh
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Dim 21 Jan 2018 - 14:25
<< Rencontre au marché

Vu le temps pourri qui sévissait, Zenon avait opté pour prendre le bus jusqu'au diner où madame Richards lui avait donné rendez-vous. Oui, ce noble aimait bien prendre les transports publics. Surtout dans des jours de grandes affluences dans la ville. Ca permettait d'éviter d'être coincé des heures dans les bouchons. Et puis, cela permettait aussi de voir un peu la vie de la ville. Il aimait bien toute cette effervescence, une façon de voir si la ville allait bien, ou pas. Les traumatismes de l'exposition universelle semblaient s'estomper enfin.

Il descendit à l'arrêt le plus proche et remonta le col de son manteau, pour se protéger un peu du froid, mais pas de la flotte qui lui tombait dessus. Ce n'était pas son genre d'utiliser un parapluie. Tant pis pour lui. Il allait donc arriver un peu mouillé à son rendez-vous, mais seul son manteau montrerait quelques signes, il le protégeait suffisamment pour ne pas que l'eau pénètre les fibres plus loin. Poussant la porte de "Chez Reggie", qu'il ne connaissait pas si bien que cela, sans doute un peu trop loin des endroits dans lesquelles il aimait bien traîner, il se passa une main gantée dans ses cheveux humides pour en enlever un peu le surplus, tout en cherchant son rendez-vous des yeux.

De Lascelle la repéra rapidement et s'approcha donc de la table, avec un petit sourire, tout en enlevant ses gants, il serra la main tendue avec franchise.

- Madame Richards. Il avait répondu avec une certaine promptitude à son message, alors qu'elle l'avait contacté pour savoir s'il était toujours intéressé par son projet. Bien évidemment, cet homme n'était pas du genre à se rétracter au dernier moment et s'il avait offert son aide, il allait réellement le faire. C'est un plaisir. Posant les gants sur la table et commençant à ouvrir son long manteau noir. Je vais bien, et vous-même? Avez-vous profité de vos vacances? Il se débarrassa de son habit qui se retrouva sur la banquette à ses côtés. A vous aussi, mais je pense qu'elle commence plutôt bien, n'est-ce pas?

L'homme s'installa alors en face de son interlocutrice et observa ce qu'on lui amenait, ça avait l'air plutôt intéressant et avec un sourire charmeur pour la serveuse, commanda lui aussi, la même chose, avant que Claire n'accapare toute son attention. Son regard se porta un instant sur le dessin de l'un de ses enfants, enfants qu'il avait pu croiser une fois ou deux à l'atelier, pleins de fougues d'ailleurs.

- Comment va votre petite famille?

Aucunement besoin de directement se lancer dans les détails de l'affaire, il n'était pas pressé. Il laissait pourtant la dame mener le jeu de la discussion. L'écoutant avec une vraie attention. Il était curieux de savoir ce qu'elle avait déjà réussi à faire et pourquoi elle aurait donc besoin de lui.

- En effet, c'est une excellente nouvelle. Le taux de prêt vous semble correct? A combien se monte-t-il? Si je peux vous le demander, bien entendu. Hochant alors de la tête. C'est pour ça que je suis là, madame Richards, je suis curieux de tout savoir sur votre projet. Et comment je pourrais contribuer à vous aider, au final.

Parce que finalement, là était tout le point de cet entretien, n'est-ce pas? En tous les cas, Zenon démontrait une vraie envie de s'impliquer, son ton ne mentait pas.
Zenon de Lascelle
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Ven 26 Jan 2018 - 21:38



« “Les Défis : ils vous gardent jeunes.” »

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    Dans un effet de miroir, les deux convives trouvèrent leur place à la table du Diner. Claire toujours élégante glissait ses jambes en arrière, croisant ses chevilles, à l'image de ces femmes des années 50 à qui l'on enseignait les bonnes manières dès le berceau. Élevée par un père cultivateur et une mère couturière, la commerçante avait reçue une éducation tout autre. Difficile de l'imaginer peut-être pourtant cette femme avait appris à marcher en courant après les poules. Elle connaissait mieux le cycle menstruel des vaches qu'elle ne connaissait les le courts des bourses sur la soie de Singapour. C'était en entrant dans le monde de la haute couture qu'elle avait appris les codes de ce monde auquel elle aspirait.

    « Pour moi aussi oui. »

    Charadh appréciait sincèrement cet écossais qui était toujours très agréable dans le cadre professionnel. C'était toute l'équipe de l'atelier qu'il avait finalement séduit. Il n'y avait pas de mystère Mr De Lascelle savait parfaitement se faire aimable. Quant à sa réputation sulfureuse elle ne faisait que lui ajouter quelque-chose de romanesque ! Madame Richards aimait sincèrement échanger avec lui qui savait autant apprécier la beauté de leur art que de se montrer... aventureux ! Claire l'aurait volontiers compté de ses amis s'ils n'avaient pas été son client.

    « Tant mieux ! Oui, je vais bien aussi merci. Très bien. Oh oui, les vacances ont été. Toujours très rapides avec les fêtes. Mais ça permet de se ressourcer avec ses proches ! J'aime beaucoup ces moments en famille. Et vous avez-vous passé une bonne fin d'année ? » Un sourire s'attardait sur le visage de la costumière. « Comme vous dites ! Quelle aventure, n'est-ce pas ! Quelle aventure... »

    Un nouveau sourire, éclairait les traits de la fileuse, lorsqu'elle relevait la tête vers son interlocuteur. Elle se réinstalla sur la banquette avec ces petits gestes graciles, qui eux ne devaient rien à une formation sur le tas. Charadh se mouvait de la même façon qu'elle respirait, ou qu'elle pensait, avec liberté. Une liberté qui avait d'ailleurs fortement contribué à sa réussite actuelle. Elle était cependant aussi une mère et une mère très heureuse de son rôle. Si elle se montrait pudique avec certains clients Zenon n'en faisait pas partie et elle lui confiait des nouvelles des enfants avec plaisir.

    « Ils vont bien, je vous remercie. Notre aîné est reparti la semaine dernière pour l'arche de Centre-Afrik pour un reportage... » Guillaume Richards était un jeune photographe-reporter plein de passion. Il était très impliqué dans son travail à l'image de ceux qui l'avaient éduqué. « Colm entame un travail dans un petit atelier de réparation de pièces de voiture. Et nos jumeaux sont à la Potentiel Home depuis quelques mois.» Charadh ne s'affichait pas comme une Prodige. Elle ne dissimulait pas pour autant ses liens avec cette communauté. Avec un mari directeur de maison il aurait de toute façon été idiot de s'en cachait. « Comment vont vos proches ? »

    Le comte n'avait pas d'enfant, mais il possédait bien quelques personnes de cœur dans sa vie. Claire avait plus ou moins saisi qu'il connaissait ses compatriotes les Charpentier par exemple. Le diplomate l'avait directement évoqué pendant un essayage. Avec son tempérament sociale le noble avait probablement énormément d'amis.

    Claire bu rapidement une gorgée de café avant de répondre aux premières questions financières.

    « Oui bien sûr, je n'ai pas de tabou sur la question de l'argent. Et puis il faut bien que vous ayez une idée des choses. Le taux est à 1,30% sur dix ans. »

    Le banquier avait réellement pris le temps de lui expliquer les faits. Elle avait demander de l'aide à un avocat spécialisé pour être certaine de comprendre correctement les tenants et les aboutissants. Les crédits immobiliers écossais n'avaient presque plus de secret pour elle ! Avec précaution elle plaçait de photographie couleurs, grand format devant la place du chasseur de tête.

    « Voilà le premier ! Il donne sur l'Union Canal. Rez de chaussé et premier étage. Il est spacieux. Bien éclairé. Mais le système électrique n'est plus aux normes. Et il y a tout de même un risque d’inondation... même s'il est léger. Mais, regardez cet espace de vie. De quoi créer un vrai petit salon pour les visiteurs. Et ici... » Indiquait-elle en montrant un mur du fond. « De la place pour déployer une petite chapellerie ! »

    Le vieux rêve de la créatrice brillait dans ses yeux verts et animés. Elle vivait son rêve rien qu'en l'exposant. Si bien qu'elle ne remarquait pas tout de suite la serveuse qui revenait apporter le deuxième café gourmand.
Charadh
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Jeu 29 Mar 2018 - 23:35
L'élégance de cette femme se retrouvait dans son travail, c'était sans doute cela qui avait dû marquer, aux premiers abords, le comte, qui n'était pas insensible à ce genre de chose. Ensuite, le professionnalisme et le caractère de cette femme avait fait le reste. Voilà pourquoi il était client chez elle depuis quelques années maintenant. Il aimait le travail de cet atelier, la créativité de cette femme et il estimait que ce n'était pas grand-chose que de l'aider à voler encore mieux de ses propres ailes. Il avait une vraie affection pour cette charmante dame, sans pour autant - pour une fois - voir plus loin. Ce qui n'était pas rien. Mais bon, il respectait sa vie de famille et voyait qu'elle n'avait rien à dire sur son mari, ce qui était presque rare pour être noté. Il ne serait pas donc celui qui mettrait fin à un mariage aussi réussi. Il garda son petit sourire de circonstance alors qu'ils échangeaient les banalités des débuts de conversation. Enfin, ce n'était pas pensé dans un sens péjoratif. Loin de là.

- Oui, elles ont été... bien arrosées dirons-nous. D'un ton amusé. De Lascelle savait qu'elle connaissait sa réputation et il ne faisait rien pour la nier. Sans compter qu'il ne mentait pas. L'alcool avait coulé à flot et lui avait, la chance, de ne pas avoir de famille à charge, il pouvait bien faire ce qu'ils voulaient. Les Charpentier avaient réussis à le garder pour eux quelques jours, ça aussi, ça avait été intense.

Madame Richards pouvait parler des siens pendant des heures, Zenon en avait déjà fait l'expérience. Mais il n'en était pas dérangé. Cette petite famille avait quelque chose d'attachant. Surtout qu'il avait eu le plaisir d'en croiser certains. Les turbulents jumeaux et monsieur Richards, quand il était en plein essayage à l'atelier. Il connaissait les deux autres garçons de nom. N'étant donc pas perdu quand elle en parlait.

- C'est un vrai pigeon voyageur. Vous n'êtes pas trop inquiète? En voilà une question à poser, il se doutait qu'en tant que mère poule, Claire Richards devait ne pas en dormir la nuit, parfois. Oh très bien, il veut devenir pilote? Créateur de VPN? Ce n'était pas très étonnant qu'ils aient des enfants à l'école pour prodiges, après tout, le père des petits en était un reconnu. Il savait qu'il était capable de manipuler la fumée. Cela vous offre un peu de calme, n'est-ce pas? Est-ce qui vous a poussé à tenter l'expérience pour ce nouvel atelier? Moins d'enfants à la maison, plus de temps libre. De quoi se lancer dans de nouvelles aventures, non? Ils vont biens.

De ce qu'il savait. De Lascelle n'était pas très famille. Il faisait attention à ses neveux, mais c'était à peu près tout. Il n'avait jamais vraiment trouvé nécessaire d'en faire plus. Encore moins maintenant qu'il n'était plus marié. Il préférait sa liberté aux obligations qu'une famille pouvait apporté. Et le sujet était clos, de son côté en tous les cas. Il était là pour ce nouveau projet, ne l'oublions pas. Claire s'emballa alors sur la suite, lui, l'écoutait attentivement.

- Cela me semble correct, en effet. Se frottant un instant les lèvres, avant que ses yeux ne se posent sur les photos qu'elle posait devant lui. De deux doigts, il les faisait venir plus près, avant de les soulever pour mieux observer. Le lieu semblait grand, lumineux, accueillant. Les défauts pouvaient pourtant poser quelques problèmes. Surtout les inondations. L'endroit a l'air très agréable. Vous n'êtes pas plus gênée que cela par les inondations? En ce qui concerne l'électricité, je peux m'en occuper. Mais vous avez dit, premier, vous avez d'autres locaux qui pourraient faire l'affaire?

Autant d'abord tout voir, avant de décider lequel serait le meilleur pour cette nouvelle installation. Enfin, si madame Richards voulait son avis là-dessus aussi.
Zenon de Lascelle
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Lun 2 Avr 2018 - 17:10



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    Les yeux verts de la fileuse étaient alors rieurs. Elle imaginait fort bien que son interlocuteur croquait la vie à pleines dents et d'une façon peut-être excessive. Claire avait eu une jeunesse festive quoi que sans doute plus tempérée que celle de son interlocuteur. Ses folies avaient plus touché à des voyages très border-line et des investissements financiers incertains. Mais, quand on était une artiste, les risques faisaient partie du métier. Guillaume ne venait pas de nul part. Elle avait rencontré son mari au moment opportun pour se construire une belle vie paisible.

    « Tout le temps si ! Mais je sais bien qu'il ne fera pas autre chose. Heureusement qu'il nous donne des nouvelles.» Madame Richards était très fière de ses enfants. Leur aîné était investi d'une passion.

    Tout ce que Claire pouvait reprocher à ce choix c'est que son garçon n'était pas souvent avec eux. Mais c'était la pensée un peu égoîte d'une mère. Elle savait bien que ses enfants finiraient tous par quitter la maison. C'était ce pourquoi ils les élevaient. Sans doute qu'une deuxième vie commencerait alors pour Lewis et elle. Charadh n'anticipait pas dans ce domaine. Elle appréciait chacun des jours avec une secrète reconnaissance envers Aoélus pour lui avoir permis de construire cette vie.

    « Oh j'aurai préféré qu'il s'occupe des design des voitures. Il se voit plutôt pilote ! » Voilà encore une profession qui n'avait rien de tranquille, elle non plus.

    Sans trop l'avouer devant les garçons, la couturière était d'ailleurs assez soulagée de savoir que Vito Lampeduza ne pourrait plus tenir sa promesse envers Colm. Le pauvre se trouvait en prison et personne ne savait pour combien de temps encore. Ça n'avait pas étonnée la Française plus que cela. Ces Siciliens étaient des gens spéciaux. Elle ne pouvait pas leur retirer leur sympathie. Mais ils étaient aussi très... sûrs d'eux, maîtres du monde. Le comte de Lascelle était un noble beaucoup plus accessible lui semblait-il.

    « C'est en grosse partie pour cela oui. Nous avions toujours convenu qu'une fois les enfants autonomes nous reprendrions nos projets. »

    Charadh aimait sa famille plus que tout au monde. Elle n'aurait rien changé à sa vie. Mais, tout comme Grimm, elle était animée par une passion. Une flamme brûlait en elle. Lewis le savait et il était le premier à la raviver, quand la Française émettait des doutes. Il était en effet le meilleur de ses supporters, bien avant ses propres parents et même son frère. Les Chevalier étaient trop terre à terre pour saisir totalement tout le bonheur qu'elle avait à rendre les gens plus beaux avec ses créations.

    « Oh ce serait un soulagement, si vous avez quelqu'un de confiance ? » Quant aux inondations potentielles, la fileuse était plutôt de nature à relativiser. « Depuis que je suis ici, les crues sont rares. »

    Il y en avait eu une quand Colm était encore petit dont elle se souvenait. La ville avait été paralysée. Mais sinon, rien qui ne soit aussi dangereux.

    « Oui, je vous montre l'autre piste. » Le deuxième dossier prenait place au-dessus de celui qu'elle venait de présenter au Comte. « Cette fois, Old Town ! A quelques rues du château. L'achat est un peu plus cher étant donné la localisation.»

    Mais l'espace offert avait fait totalement craquer la commerçante. Les vieilles pierres lui avait toujours plut. Parce que les lieux anciens étaient porteurs d'une histoire qui étaient souvent fascinante. Cet endroit de manquait pas à la règle. L'un des apothicaires de la dernière reine d’Écosse avait vécu là. Mrs Richards racontait l’accelerando, à son partenaire, sans le talent de Grimm, mais avec un entrain assez similaire.

    « Pas d’inondation mais la charpente est à refaire. » Précisa-t-elle en déployant les autres clichés. Elle profitait ensuite de l'une des pâtisseries du café. La saveur lui plut et se reflétait dans le fond de ses émeraudes. Voilà qui pouvait donner une idée d'atelier avec les enfants. « Que vous dit votre première intuition ? »
Charadh
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Lun 7 Mai 2018 - 20:53
Ahhh être parent. Zenon écoutait Claire avec un air amusé. Il pouvait comprendre que l'on s'inquiète pour ses enfants. Surtout que madame Richards lui avait toujours donné l'impression d'être une mère poule. Qui aurait tout fait pour ses enfants, qui faisait sans doute tout pour ses enfants en fait. Alors avoir l'un de ses garçons loin de chez eux, dans des endroits dangereux... ça ne devait pas être évident pour elle. Mais elle le laissait faire ce qu'il voulait et c'était la principale qualité d'un parent, soutenir son enfant, qu'importe ses choix. Tant qu'il ne devenait pas un tueur sanguinaire, bien entendu.

- C'est bien la moindre des choses! Fit-il avec un petit sourire, avant de presque rire en apprenant que le deuxième de la fratrie aimait, lui aussi, vivre dangereusement. Un pilote, rien que cela. A croire que vos enfants tentent de ne surtout pas toucher à l'artistique.

Enfin ça c'était vu, déjà. La progéniture qui prenait d'autres chemins que ceux déjà connus. Une réaction tout à fait normale. Un petit mouvement de la tête marqua ses paroles.

- Vous faites bien, je suis certains que l'ouverture de ce nouvel atelier sera un succès. Vous le méritez.

Tout comme le mari de cette dernière, le comte était à fond derrière elle, estimant que ce genre de talent méritait qu'on le soutienne et qu'on le fasse connaître. Le noble n'hésitait pas à envoyer des clients à Richards d'ailleurs. Même s'il aimait aussi porter des habits originaux, que personne d'autre ne pourrait porter. Une petite fierté.

- Je peux trouver sans trop de problème, oui. Se frottant les lèvres. Hum mais c'est quand même un risque. Il préférait voir le deuxième choix, avant de donner son avis final.

Et ce fût un peu comme un coup de foudre. Voyant les photos, l'emplacement, de Lascelle n'avait pas besoin d'y réfléchir plus. C'était là que la dame devait faire son atelier. Qu'importe que la charpente soit à refaire, il avait les sous pour l'aider, même pour avoir son prêt s'il le fallait. Il releva alors les yeux sur Claire, avec un petit sourire en coin, le regard presque pétillant, alors qu'il finissait d'écouter la petite histoire de son interlocutrice sur l'endroit.

- Mon intuition me dit que vous devriez vous installer ici. Montrant donc la photo du deuxième choix. Comme je vous l'ai dit, je suis prêt à aider, si vous avez besoin d'un peu plus d'argent pour l'achat, vous pouvez compter sur moi et je m'occuperai de votre charpente. Je connais un bon charpentier. Vous méritez qu'on vous donne toutes les chances. Vu l'emplacement de cet endroit, vous pourrez vous faire une clientèle intéressée et fidèle. Marquant un petit temps. Ça m'a l'air plus grand aussi. Non vraiment c'est l'endroit idéal.

Reprenant une gorgée de son café.

- Encore une douceur? Il avait bien vu qu'elle avait apprécié ce qu'elle avait goûté. Et Zenon, fidèle à lui-même, était toujours présent pour satisfaire ces dames.
Zenon de Lascelle
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Dim 13 Mai 2018 - 19:18



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    Charadh avait connu des difficultés pour faire accepter son métier à ses parents. Elle s'était jurée de ne pas reproduire cela avec des enfants. Elle y était parvenue avec les deux premiers. Il était trop tôt pour savoir si elle serait mise à l'épreuve avec les plus jeunes également. La force de caractère des Richards lui faisait cependant présager encore quelques nuits sans sommeil. Grimm était là pour l'apaiser et lui rappeler ce qu'ils avaient promis.

    « On dirait oui. » Un sourire tranquille accueillait cette vérité. Claire n'avait pas réellement envisagé que son travail devienne un héritage pour ses enfants.

    La confiance de Monsieur De Lascelle pour ce faramineux projet avait de quoi booster la fileuse. A ce jour, chacune des personnes avec qui elle en avait parlé était positif. Certains étaient même très enthousiastes. C'était une preuve de reconnaissance qui faisait presque oublié toutes les complications survenues avant d'en arriver ici. Claire se doutait que la banque mettrait encore des embûches. Pourtant, cela ne faisait que renforcer son envie d'y arriver. Elle avait cet esprit de combat.

    « Merci. Et c'est grâce à des clients comme vous que nous pouvons tenir face à l'industrialisation. »

    Une réponse honnête qui en plus donnait toute sa valeur au soutien de l'écossais. A l'heure où l'importation était de plus en plus aisée, les métiers de création devaient encore plus batailler. Il ne s’agissait pas que de soutenir Claire Richards, mais tout un mode de production. Quant à faire un paris avec Mère Nature c'était joué un jeu dangereux. Mais, le danger n'avait pas arrêté la Française que ce soit ici ou dans le reste du monde. Ça n'allait pas commencer maintenant. De plus, sa croyance était profonde, et elle enjouait à se lancer des défis.

    Ils reprenaient pour l'autre présentation. Charadh achevait son petit récit en voyant le visage du Lord se métamorphoser. Elle comprenait que le deuxième local avait attiré son attention, ce qu'il lui confirmait. La spontanéité dont il faisait preuve interpellait la fileuse. Elle ne s'attendait pas à un coup de cœur. Une réaction très positive. Sensiblement la même que celle qu'avait eu Mr Galaway sa grande amie. Claire avait presque envie d'y voir un signe. Elle essayait cependant de garder la tête froide.

    « Connaissez-vous quelqu'un dans tous les cors de métier ? » Demandait-elle à la fois amusée et impressionnée par le réseau de cet homme.

    Mais le plus important venait d'être dit. Il se proposait d'aider de façon très concrète. Cette confirmation était un autre pas en avant. La couturière était heureuse de voir qu'elle ne s'était pas trompée sur son interlocuteur. Avec l'âge la fileuse avait l'air de savoir s'entourer des bonnes personnes. Elle avait appris à mieux discerner le paraître du réel. Ce qui était d'ailleurs indispensable pour ce genre d'aventure.

    « Je dois donner une réponse définitive à la fin du mois... » Les dates bétoires mettaient une pression. Elles forçaient à avancer de façon de plus en plus concrète. Bientôt ce ne serait plus du fantasme, de la spéculation. Ils seraient lancés. Claire préférait avoir une deuxième confirmation. Et elle devait l'avoir rapidement. « Êtes-vous libre pour venir faire une visite ? Après ? » Au moins ainsi, ils seraient fixés de façon définitive.

    La Française regardait sa tasse vide. Elle avait déjà bu trop de café dans la journée. Cette boisson pouvait avoir des effets indésirables. D'autant plus pendant une période intense comme l'était celle-ci. Ça ne l'empêchait pas d'être une gourmande. Elle ne disait jamais non aux petits plaisirs de la vie et quoiqu'en disent les hanches.

    « Au diable l'avarice ! Oui ! Je prendrais bien une boule de glace. Et vous ? »

    Les papiers furent tranquillement mis à l'abri. Charadh ne quittait pas son sourire ravi pendant tout son rangement.

Charadh
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Dim 24 Juin 2018 - 20:25
Les enfants, la famille, était un sujet intéressant, mais pas celui pour qui ils étaient ainsi installés tous les deux l'un face à l'autre. Non, il y avait quelque chose d'important qui se préparait et Zenon avait donc proposé tout son soutien à cette dame. Il le réitérait, parce qu'il estimait que c'était la moindre des choses. Un petit mouvement de la tête, montrait qu'il la remerciait de prendre en compte le fait que grâce à des clients comme lui, elle en était là aujourd'hui.

- Disons que c'est un travail d'équipe. Avec un sourire. Parce que sans ses créations, il n'aurait sans doute pas continué à venir se faire habiller par elle.

Pourquoi se retenir quand on avait un coup de cœur? Ce n'était pas le genre de cet homme, en tous les cas. Sans se laisser toujours porter par ses émotions, il vivait pour l'instant présent, pour ce qu'il ressentait. Et là, il fallait bien le dire, il le sentait bien. L'endroit était parfaitement placé, agréable à regarder. Pourquoi s'en priver? Elle n'avait peut-être pas les moyens seule, mais justement, lui, s'occuperait d'avancer ce qu'elle aurait besoin. Ils s'arrangeraient pour un remboursement si besoin était, mais ce n'était pas trop son genre de courir après l'argent. Il en avait, autant le dépenser et pour ce genre de cause, ça valait tout.

- Hum... laissez-moi réfléchir. Marquant un temps en buvant une gorgée de son café. Presque oui. Avec un petit air taquin, avant de redevenir plus sérieux. Disons que je sais comment chercher les meilleurs, même si je ne les connais pas personnellement.

L'avantage du réseau qu'avait de Lascelle. On pouvait trouver de tout. Parce qu'il avait les bonnes connexions et il serait clairement stupide de ne pas en profiter. Surtout pour aider une femme qui voulait agrandir son gagne-pain.

- Pourquoi attendre, vous pouvez leur donner une réponse demain. Je peux même soutenir votre demande. Je ne pense pas que la banque fera des histoires, si mon nom est dans le dossier. Sans contrepartie, peut-être à part un nouveau costume. Avec un petit air malin.

Il ne fallait surtout pas que Richards se sente ensuite être son obligée, car ce n'était clairement pas ce qu'il voulait. Il préférait la savoir libre de ses mouvements et jamais il ne mettrait le nez dans ses affaires. Zenon était simplement content de pouvoir aider. Autant que son argent serve à quelque chose.

- Oui, je suis libre, vous me ferez visiter, mais cela risque de me confirmer encore plus que c'est ce choix qui est le bon. Levant la main pour demander une deuxième tournée de douceur. Vous avez raison et il nous faut fêter cela. Marquant un petit temps. Comment avez-vous trouvé cet endroit?

Il était curieux de voir aussi quel pouvait être les réseaux de la dame, car depuis qu'elle travaillait à Édimbourg, il était évident qu'elle connaissait, elle aussi, du monde.
Zenon de Lascelle
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Lun 9 Juil 2018 - 21:33



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    Le projet était en plein élan. Ce rendez-vous permettait à Mrs Richards de s'en rendre compte. D'autant qu'ils entraient dans des considération très techniques. Des points qui étaient pensé quand on passait du fantasme à la réalité. Cela voulait aussi dire que Claire allait souvent être en contact avec cet homme au cours des mois suivants. Elle était enthousiaste à l'idée d'une collaboration de cet ordre. Ce serait différent des galères au moment de l'ouverture de l'E-S.

    « Oh haha ! Est-ce qu'il y aurait un projectionniste dans vos petits papiers ? » La demande n'avait pas à voir avec la boutique. Mais, l'occasion se présentait et la fileuse ne voyait pas de mal à en profiter. Son interlocuteur lui avait souvent fait comprendre qu'il était disposé à aider au sens général. Il aurait été stupide de ne pas en profiter. « Quelqu'un qui ne serait pas contre de travailler avec des Prodiges. » Charadh avait du mal à se dire qu'il fallait encore préciser ça. Mais, elle ne pouvait pas nier la recrudescence des mouvements anti-prodiges depuis quelques mois.

    Les yeux verts de Charadh s'agrandissaient un peu. Elle se laissait tomber vers le dossier de la banquette, comme prise de court. La générosité du lord n'avait vraisemblablement pas de limite. Même si la couturière avait souvent rencontré des mécènes leur entrain n'était pas aussi grand quand ils étaient question d'un engagement nominatif.

    « Ce serait... une vrai aide ! » Un rire crédule s'envolait. « Je vais en parler au mien. Il va être heureux. Haha ! Je pense que vous pouvez compter sur la gratuité dans tout ce que cette nouvelle boutique proposera ! »

    La motivation qu'ils partageaient était stimulante pour elle. Claire se sentait de plus en plus impatiente. Elle se retrouvait dans le même était qu'à ses touts débuts, au moment de se lancer dans une entreprise indépendante. Sauf qu'elle avait des années en plus et l'expérience qui allait avec. Elle était impatiente de parler de tout ça à Lewis.

    « En fait, je surveillais l'immobilier depuis deux ans. Juste par curiosité. » C'était son fils, Guillaume, qui lui avait donné un premier déclic. « C'est l'un de nos clients qui m'a signalé la mise en vente du local. » Les discussions avec la clientèle apportait souvent beaucoup à la Française. Elle appréciait particulièrement l'aspect social de son métier. Mais ce n'était pas tout. Grâce à eux elle apprenait énormément de choses. « Je l'ai visité sans trop avoir d'attentes... et comme vous j'ai eu un espèce de coup de cœur. L'agence m'a fait d'autres propositions ensuite. Mais... mon intuition a parlé. » Les Richards avaient profité d'un après-midi de libre pour en visiter deux, trois, dans le quartier.

    Charadh terminait le verre d'eau cette fois. Elle écartait les couverts avant de les poser sur la plaque qui servait « d'assiette ». Pendant ses études à la Capitale, elle avait fait des petits boulots. Elle avait été serveuse entre autre.

    « Je voudrais que cet endroit me ressemble encore plus que le premier. Mettre l'accent sur le recyclage des matières, l'écologie. Si c'est possible même une économie participative sur le long terme. » Claire venait de la terre, de la campagne. Son lien avec la nature demeurait très fort.

    A son niveau, autant qu'elle l'avait pu, elle avait tenté d'avoir une attitude éthique dans son travail. Le manque de moyen, mais plus souvent les freins des gros lobbies, frustrait ses élans progressistes. Heureusement, ses principes se retrouvaient plus faciles à mettre en place dans sa vie privée. Grimm et elle avaient à cœur d'agir, même à leur mesure, pour préserver le monde dans lequel leurs enfants grandissaient. « Et je crois qu'il y a vraiment quelque-chose à faire ici. »

    La deuxième tournée servie, les odeurs gourmandes revenaient titiller la dame. Elle entamait la crème glacée sans attendre.
Charadh
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Sam 21 Juil 2018 - 13:33
Il y avait quelque chose de grisant à se retrouver dans le tourbillon de la création d'un projet. Enfin là, c'était carrément plus que la création, mais la concrétisation de ce dit projet. Et Zenon était ravi d'y participer. Il était prêt à tout faire pour que Claire Richards puisse mettre en route cette nouvelle boutique. Il resta surpris de sa question, ne comprenant pas ce qu'un projectionniste pouvait venir faire là-dedans. Voulait-elle pouvoir mélanger couture et art visuel dans sa boutique? Qui sait, vu l'imagination débordante qu'elle pouvait avoir concernant les pièces de tissus qu'elle pouvait créer.

- Il faut que je cherche, mais peut-être. Puis-je demander pourquoi un projectionniste? Toujours pour la boutique? Que je sache quoi dire en le démarchant. Avec un sourire amusé. Mais ça doit se trouver, oui.

Le comte en oubliait souvent qu'il était, en effet, entouré de prodiges. Que des gens étaient capables de choses incroyables, qu'ils avaient des dons. Et que d'autres, par peur et par bêtise, les attaquaient sans raison valable. Lui n'avait rien contre eux. Il n'avait rien contre personne en fait. Il estimait que chacun avait le droit de vivre comme il l'entendait, avec des pouvoirs ou non. Certes, certains les utilisaient à des fins mauvaises, mais les gens n'avaient pas besoin d'être prodiges pour se comporter comme des cons. Alors bon...

L'argent était fait pour être dépensé et si son nom pouvait être accolé à quelque chose qui lui plaisait, alors Zenon ne se faisait pas prier. Elle n'avait même pas eu besoin d'y penser, pour se demander comment lui en faire la demande. Là, il était suffisamment enthousiaste pour le faire de lui-même. Et avec un vrai plaisir. Encore plus en voyant sa réaction sur son visage. C'était parfois tout aussi agréable de faire plaisir à une femme ainsi, qu'au lit.

- Alors considérez que c'est fait. Enfin, parlez-en à votre mari et donnez-moi votre réponse. N'ayez crainte, je ne reviendrais pas sur ma proposition. Mieux valait quand même lui assurer qu'îl ne disait pas cela sur un coup de tête mais que tout était déjà bien réfléchis. Oh, juste pour un costume. Si après je viens me servir sans rien payer, vous risquez de vous retrouver sur la paille et ce n'est clairement pas mon envie. D'un ton taquin. Il n'avait rien contre se faire offrir des choses de temps en temps, mais il était clairement dans l'optique d'aider à faire vivre cette boutique, en y dépensant son argent. Et ce n'était pas vraiment négociable.

Il tournait tranquillement la cuillère dans sa tasse de café, tout en l'écoutant avec un vrai intérêt. Finalement, c'était une succession de chance qui l'avait amenée à cet endroit. Très bien, comme quoi... il fallait toujours faire preuve de patience pour arriver à des succès. Qu'importe la forme du succès d'ailleurs. Un fin sourire continuait de marquer ses traits, alors qu'il continuait de l'observer.

- Votre intuition est plutôt bonne. Je vous conseille de continuer à la suivre. Je ne doute pas que vous ferez quelque chose de bien avec ce nouvel emplacement. Remerciant la serveuse qui posait les nouveaux desserts devant eux. C'est intéressant, une vision différente des autres, de quoi attirer une plus grande clientèle, les gens font de plus en plus attention à l'écologie. Il y a un filon à tenir oui.

Ils mangèrent avec appétit, laissant la gourmandise prendre le pas sur le reste. Zenon était gourmand, en tout, il ne disait jamais non à une bonne sucrerie. Surtout en bonne compagnie. Il s'essuyait les lèvres avec une serviette, avant de poser quelques billets sur la table, offrant donc le repas à son interlocutrice.

- Bon, nous allons visiter ce local? Tout en frappant dans ses mains. Il était vraiment curieux de le voir en vrai. Se levant alors, pour passer son manteau, avant d'attraper celui de Claire pour l'aider à le mettre, gentleman jusqu'au bout des ongles comme toujours. Il lui tenait la porte lorsqu'ils sortirent, puis marcha à ses côtés, calme jusqu'à leur point d'arrivée.
Zenon de Lascelle
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Mar 24 Juil 2018 - 13:48



« “Les Défis : ils vous gardent jeunes.” »

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    Charadh n'était pas du genre à mentir. Elle avouait donc sans détour la vérité. En tous cas l'une des idées qu'elle avait en tête. Pour l'autre elle devait avant confirmer auprès de Grimm la faisabilité.

    « Ce serait pour mon autre boutique. J'ai accepté d'organisé un défiler au printemps. Mais j'aimerais que ce soit... avec une touche différente. »

    Claire ne reprochait rien aux défilés de Paris ou de Milans. Elle avait pu assister à plusieurs d'entre eux pendant les dernières années. Il y avait un savoir-faire indiscutable. Les grandes maisons savaient se mettre en valeur. Or ce format là personne ne pouvait l'avoir sans les moyens équivalant. Autant créer autre chose quelque-chose qui correspondait à l'esprit de cet atelier et de sa créatrice.

    Monsieur De Lascelle avait le mot juste. Il était en effet l'un des clients les plus dépensiers. Il aurait été dommage de perdre son a port direct. D'autant qu'avec l'ouverture prochaine de la deuxième boutique la fileuse ferait probablement une collection un peu moins importante que les autres saisons. Elle saurait composer avec ça. Elle avait commencé en libéral, en faisant de la couture dans le salon du petit appartement qu'elle partageait à Londres avec Lewis.

    « Ni la mienne non plus haha ! Vous rendez-vous compte, nous allons pouvoir monter une seconde équipe. Je mettrais la priorité sur les licencier de l'usine qui a fermé l'an dernier. Et nous aurons des apprentis bien sûr ! Qu'est-ce que c'est excitant ! »

    L'époque était en effet à la conscience collective. Claire aurait aimé que cela aille plus vite. Elle était toujours surprise de voir certains traîner des pieds pour participer à l'effort commun. En fait, elle ne comprenait pas ce qui dérangeait. Même elle ne comprenait pas comment les gens arrivaient à salir ce monde sans avoir un semblant de remord. Mais, ce nouveau projet lui donnait enfin une occasion d'exprimer son avis.

    « Un filon oui sans aucun doute. Je n'aurais pas osé le faire à vingt ans. Mais maintenant, maintenant, j'aimerais participer à quelque-chose de plus global. De plus important... Voyez-vous ? » Disant cela Charadh songeait à son arche d'origine et à la façon dont les produits toxiques étaient en train d’assécher les terres. Tout ceci était une réalité. Ils pouvaient agir.

    Ils terminaient la pâtisserie en même temps. D'ailleurs la fileuse se sentait repus. En plus de cela ses cheveux avaient eu le temps de sécher. Elle était réchauffée par la chaleur du salon de thé. Sa bonne humeur était plus que jamais présente.

    « Oh non, je tenais à vous inviter. Pour vous remercier ! … Pour notre prochain rendez-vous alors ? C'est un deal ? »

    Direction Old Town, qu'ils rejoignaient visiblement à pied, sans avoir eu à se consulter. L'averse était passée laissant derrière elle l’humidité d'après la pluie. Mais, les températures n'étaient pas assez basse pour que cela se transforme en verglas. Il fallait remonter une bonne partie du quartier. Mrs Richards montrait rapidement une impressionnante capacité à marcher en talons sur des pavés écossais. Elle était exercée depuis des années l'ayant même fait en poussant landau et poussette !

    « Je pensais mettre en avant l'histoire du lieu. Je pense que les gens sont friands de ça. Peut-être que je pourrais trouver un portrait de cet apothicaire dans les archives de la bibliothèque centrale. »

    Ils marchaient ainsi presque un bon quart d'heure. Mrs Richards n'était pas en reste de conversation. Elle se permettait d'aller plus loin dans le concept. Comment elle comptait marchander avec des producteurs de fleurs locaux. Comment elle voulait aider des jeunes couturiers à se lancer dans le second atelier. Elle le pensait plus grand, plus espacé aussi, avec un matériel peut-être moins moderne mais plus respectueux des matières.

    Quand ils entraient dans la rue, Mrs Richards fouillait son sac à la recherche de la clef du local. Elle prenait les devants pour avancer vers la porte en bois massif. Une vitrine spacieuse se dessinait sur la gauche. Elle poussait la porte et laisser le lord passer le premier. Elle connaissait déjà l'endroit. Tellement qu'elle en rêvait la nuit depuis quelques temps. L'entrée était large. Une grande fenêtre murale dans le fond offrait un éclairage naturel.

    « Je pense que nous garderons le style d'origine. Il y a du cachet. Peut-être une couche de peinture. » Charadh avait déjà acheté la peinture et demandé à son cher et tendre et son cadet de lui donner un coup de main, quand tout serait prêt. Tout l'entourage de la fileuse était dans l'aventure.
Charadh
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Dim 12 Aoû 2018 - 14:04
- Très bien, ça doit pouvoir se trouver sans trop de problème. Et puis, plus votre défilé sera original et plus il pourra attirer du monde, pas besoin que cela ressemble à tout ce que l'on connait déjà.

Zenon était sans doute un habitué de ce genre de chose. Pas pour les faire, mais bien pour y participer en tant que spectateur. Il aimait venir voir les expositions des grands couturiers. Après tout, il aimait être habillé à la dernière mode. Il avait l'argent pour se le permettre et il savait que dans son milieu, la tenue était quelque chose d'important. Enfin, pour finir, si on voulait briller et attirer lors d'une soirée, mieux valait porter les habits adéquats. Et il ne s'en privait jamais. Mais il aimait aussi découvrir des talents plus petits, qui devaient se démener pour trouver leur originalité et c'était ainsi qu'il avait rencontré madame Richards. Le comte n'avait jamais été déçu. Voilà aussi pourquoi il était autant prêt à l'aider dans toutes les démarches qu'elle entreprenait. Jamais il ne le ferait pour quelqu'un qu'il n'estimait pas.

- Votre enthousiasme est contagieux et plaisant à voir.

Claire avait déjà toutes ses idées. Il le sentait parfaitement et allait le découvrir au fil de leur conversation. Ce qui renforçait sa pensée sur le fait que son argent était plutôt bien investi. Qu'il ne serait pas déçu et qu'elle le méritait. Elle mettait le communautarisme en avant, chose que lui faisait peu, trop habitué à ses privilèges, mais il respectait ceux qui le faisait. Il hochait doucement de la tête. Oui, lui s'en rendait bien compte. Mais il était sans doute plus habitué à le faire qu'elle. N'oublions pas qu'ils venaient de deux milieux totalement opposés. A se demander parfois comment cela se faisait-il qu'ils s'entendaient si bien tous les deux.

- Je vois oui. Ce ne sera pas évident, tout le monde n'est pas prêt à ce genre de changement, mais vous saurez vous faire entendre, n'est-ce pas?

Son sourire en coin montrait qu'il ne l'aurait jamais laissé l'invité. En tous les cas, pas aujourd'hui.

- Dites-vous que c'était pour fêter cette nouvelle. Hochant doucement de la tête. C'est un accord, je ne sortirai pas mon portefeuille la prochaine fois, vous avez ma parole.

Surtout qu'il était pressé de voir ce nouveau lieu. Les deux associés, car c'était ce qu'ils étaient devenus par la force des choses, se rendirent donc au futur atelier de création. L'homme écoutait avec attention la femme. Il la laissait parler, posant quelques questions parfois, mais lui laissait tout le loisir d'exposer tout ce qu'elle avait en tête. Il était curieux. Arrivés sur place, Zenon observait les lieux, les mains dans les poches, il observait la vitrine qui était vide pour le moment, tout en jugeant qu'avoir pignon sur rue ainsi, allait sans doute faire doubler le travail de la dame et ses équipes. Il ferait en sorte de leur offrir encore plus de pub. Ça commençait bien en tous les cas. La porte en bois donnait du cachet à l'endroit, et quand il pénétra la pièce, il eut un petit sourire, tournant sur lui-même, tout en continuant de tout regarder. Les pierres que l'on voyait dépasser du mur, les poutres apparentes, tout était parfait.

- Les gens s'en amuseront, c'est évident. Marchant de long en large, découvrant peu à peu les lieux. Pour rafraichir les murs, oui. Des couleurs plutôt chaleureuses, pour accueillir la clientèle? Il venait déjà regarder les prises, tout ce dont il y aurait besoin de refaire. Un nouveau plancher aussi peut-être?

Qu'elle profite d'avoir un mécène à disposition.
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    Charadh plannifiait donc mentalement les choses à anticiper pour ce défilé. Le comte aurait une invitation de VIP, pour peu que la fileuse se décide ou non à faire plusieures classes. Elle aimait mettre tout le monde au même niveau. D'ailleurs c'était un point qui se sentait dans sa façon d'encadrer les équipes, et même de traiter ses enfants. Alors, il était vrai aussi qu'elle ne comprenait pas le fonctionnement de la classe noble. Elle essayait de moins les juger que dans sa jeunesse.

    « Oui. Ce n'est pas ça qui va me décourager. Quand je suis arrivée ici aussi les gens se sont demandés ce qui se passait. Une petite étrangère qui voulaire faire de la haute couture.»

    Les Richards avaient quitté Londres alors que Colm était tout petit. Ils avaient pensé qu'Edimbourg serait plus à leur image. Il y aurait moins de monde, plus de nature. Claire avait grandi dans les champs. Il y avait une partie d'elle à qui la nature manquait. Et de fait, le recul, lui permettait de valider leur choix.

    « Ce qui ne devrait pas tarder. Une fois le coup de fil passer tout va aller vite. Si nous nous y prenons bien, l'ouverture se fera à l'automne prochain ! »

    Une petite année était un délai raisonnable. Cela offrait le temps de faire les choses dans les formes. La dame connaissait trop bien le milieu pour se précipiter.

    Dans la boutique tout était calme. L'espace paraissait immense et paisible. La lumière du ciel frappait le sol poussiéreux. La Française, avait abandonné ses affaires sur une chaise avant d'aller enclencher le circuit électrique. Les plafonnier étaient un peu vieux. Mais la dame cherchait un artisan pour faire une commande sur mesure. Elle voulait reprendre les codes des années 30.

    « Oui. Peut être du sable... ou pistache. J'ai pris plusieurs options. Mince, je crois que les échantillons sont chez moi... vous auriez des suggestions ?» Une grande partie du bureau de la maison était invisible sous la couche de paperasse accumulées.

    D'ailleurs, tout en parlant la dame se rappelait d'une chose. Elle passait derrière le comptoir d'accueil, un vieux marbre rosé, qui datait des années 50. Cette matière avait une histoire. Charadh n'était pas une conteuse, mais elle avait envie de raconter cet endroit, de le mettre en valeur. Elle s'accroupissait, pour être à bonne hauteur et fouiller.

    « Pour une pièce de cette taille... cela va revenir cher. Surtout si on veut rester sur des méthodes non polluante. Quoi que je pourrais réquisitionner des paires de bras.»

    La créatrice était bien entourée ici. Franck, Charles, leurs fils et les siens aussi. Sans oublier la grande fratrie de Grimm. Il n'y avait bien qu'Hugo pour oublier sa sœur. Un tas de personnes se dévoueraient probablement pour donner un coup de pouce. C'était une assurance qui avait aussi encouragé la démarche.

    « Ah. Et j'ai aussi pensé à faire un petit espace d'exposition. De la peinture ou de la photo. Ici... » Disait la femme en avançant vers un mur de grande mesure.

    Lewis avait lui-même dit que c'était une bonne idée. Celle-ci aussi allait dans le sens d'un lieu pour tous. Même si Claire n'oserait pas exposer ses propres photographie, elle savait qu'un tas d'artistes Edimbourgeois pourraient embéllir cette boutique.

    « Alors ? Votre impression ? » Les bras écartés, la fileuse, observait son allié. Normalement, les Richards avaient fait un point sur les priorités. Mais le regard extérieur du noble leur serait utile pour repérer d'autres choses. Ainsi de Lascelle pourrait réellement se projeter dans l'avenir.

    Depuis le départ, ce local dégageait quelque-chose. Pour un peu Charadh aurait dit que le Vent lui souffalit de venir.


Charadh
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