[CLOS] Les pendules à l'heure | Domhnall

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Jeu 4 Jan 2018 - 1:43
Le rendez-vous avec été fixé dans une petite cantine japonaise du côté de New Town. Le restaurant se trouvait sur Saint Andrew Square, en terrasse des grands magasins Harvey Nichols, ce qui lui permettait de jouir d'une vue imprenable sur Melville Monument. Il s'agissait de ce genre de restaurant qui attirait exclusivement les cadres supérieurs qui travaillaient dans les environs et qui cherchaient une ambiance zen mais décontractée pour leur déjeuner d'affaire. D'ailleurs, de cantine, ce restaurant n'en avait que le nom, on y servait, certes, d’excellents ramens, mais les tables étaient séparés de suffisamment d'espace pour garder une certaine intimité, les conversations étaient entretenue à un niveau sonore respectable et l'on s'y plaisait à prendre son temps plutôt qu'à manger sur le pouce. D'ailleurs, aucune autre sorte de client que ceux sus-nommé, n'aurait accepté de payer plus de vingts livres pour un bol de ramen.

Grace avait poussé la porte du restaurant à midi pile. O'Malley était installé à une petite table dressée pour deux, à côté d'une baie vitrée. D'un doigt pensif, il faisait défiler la une d'un journal sur sa tablette plasma mais releva instinctivement la tête lorsque Grace entra. Sa bouche s'était fendue d'un large sourire et il s'était levé pour l'accueillir. La jeune femme avait pris son parti de traverser la petite salle, bondée à cette heure, pour le rejoindre, une serveuse sur les talons.

-Grace ! Ravie de vous rencontrer enfin en personne !  Une franche poignée de main plus tard, il l'invitait d'un geste à s’asseoir tendis que l'employée lui collait un menu dans les mains.

La demoiselle s'installa tranquillement, posant la carte tout en cherchant à se défaire de sa veste et de son écharpe. O'Malley reprenait déjà avec énergie :

-On a besoin de journaliste comme vous Grace. Engagée et avec une plume acérée ! 

-Je ne me considère pas comme journaliste, rectifia-t-elle au tac-au-tac, coupant un peu l'homme dans son élan. Il s'arrêta, un peu surpris de cette réponse, mais eut pour toute réaction un sourire bienveillant, presque paternaliste :

-Oui, bien sûr...  

Il laissa planer un petit silence qui semblait vouloir laisser entendre qu'elle parlait peut-être un peu rapidement, sans savoir vraiment ce qu'elle disait. Après tout, elle était encore jeune et le terme de journaliste pouvait en effrayer plus d'un.

-Quoi qu'il en soit, votre papier à fait le buzz et...

-A ce sujet, le coupa une nouvelle fois Grace, qui, décidément, se montrait un peu plus incisive qu'il ne s'y était attendu. J'aurais aimé ne pas être mise devant le fait accompli de la publication...  

Elle se força tout de même à sourire, se rappelant qu'elle jouait peut-être son avenir dans le milieu à Edimbourg, il fallait qu'elle y aille plus en douceur.

-Je vous suis très reconnaissante d'avoir accepté de me publier dans vos colonnes... seulement... j'ai été un peu surprise que cela se fasse aussi rapidement, sans être prévenue au préalable.  

-Je comprends, je comprends,  assura-t-il d'une voix suave. J'en suis vraiment désolé. Effectivement, les événements se sont un peu précipité et les choses n'ont pas vraiment été faites dans l'ordre. Je peux vous assurer que cela ne se reproduira pas lors d'une prochaine collaboration.

Grace demeura silencieuse un instant. En dépit de ses paroles, elle pensa avec un certain cynisme que l'éditorialiste y avait surtout vu une occasion de faire un scoop et n'avait surtout pas voulu prendre le risque qu'un autre journal ne publie l'affaire avant lui.
En un sens, la nomade avait été soulagée et fière que son article est été publiée et sa voix entendue. Seulement, elle aurait voulu que ça se soit passée différemment. Tout s'était enchaîné un peu trop rapidement à son goût. Elle aurait voulu pouvoir parler avec le président au préalable, ou tout du moins avec son oncle -puisque c'était lui qui portait la casquette - le prévenir de la parution de son papier et de sa teneur. Car ce n'était pas à l'homme mais à la fonction qu'il endossait qu'elle s'était adressée, bien que l'un était parfois difficilement détachable de l'autre... Cependant il fallait reconnaître que le président était un homme occupé et pendant son séjour à Guthrie Street, elle n'avait pas eu beaucoup l'occasion de le croiser. S'en était suivit les terribles événements du Salon des Inventions et si la nièce était restée auprès du First Man pendant la période de rétablissement d'Alastair, elle avait jugé bon de rendre aux deux hommes leur intimité une fois le président rétabli. Autant dire qu'elle n'avait pas pu, ne serait-ce que faire mention de ses écrits avant leur publication.

La jeune reporter n'eut le temps de répondre quoi que ce soit qu'une jeune asiatique aux couleurs du restaurant se présentait à leur table pour prendre leur commande. Gavin choisit sans un regard à la carte, ce qui confirmait qu'il était un habitué, après tout, les bureaux de son journal n'était qu'à quelques rues d'ici, Grace, elle, dût parcourir le menu d'un seul coup d’œil et choisi les ramens au nom le moins compliqué à prononcer.  

-Où en étions nous ? Reprit O'Malley, qui semblait ne pas vouloir perdre une minute. Ah, oui. Votre collaboration avec nous. Que pensez-vous pouvoir nous apportez, miss Andrews, si ce n'est « du journalisme » ? Rétorqua-t-il avec une malice un peu surjouée, fier de faire allusion à ses termes.
Grace
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Ven 5 Jan 2018 - 16:05

Nièce Grace Andrews

Président Alastair MacBeathag

Les pendules à l'heure

Dire que le Président était en colère, était un euphémisme. Alors qu'il sortait enfin de la clinique privée dans laquelle il était soigné à cause de la balle prise dans la jambe, on posait sur son bureau les derniers journaux sortis en date. Qu'elle ne fût pas sa surprise en découvrant un article parlant du drame des Arches tombées, qui accusait directement son gouvernement et lui de n'avoir rien fait pour aider. De cacher les informations au public et de crier au scandale. Il aurait pu ne pas s'emporter, si le nom qui signait cette attaque frontale n'avait pas été celui de sa nièce... SA NIÈCE!

Son poing s'était écrasé dans le bois de son bureau, alors qu'il reprenait son calme petit à petit. Il estimait cette attaque plus qu'injuste. Tout en estimant que cette gamine parlait sans savoir. Dans un mouvement brusque, l'homme s'était relevé, demandant à ce que l'on retrouve où se trouvait la jeune femme, il avait des choses à lui dire et elle verrait à quel point ce président n'avait aucun problème à dire la vérité crue, sans se poser plus de question.

Heureusement que les services d'informations étaient efficaces. En quelques minutes, Andews avait été repérée dans un restaurant à New Town, en compagnie d'un individu que notre homme avait bien du mal à supporter. Ce genre de journaliste fouteur de merde, qui ne savait jamais garder leurs stylos dans la poche, au lieu de cracher leur bile sur tout ce qu'ils pouvaient, tant que cela permettait de faire le buzz et vendre ces torchons qu'il osait appeler journal.

Doug ne s'opposa pas aux ordres de son supérieur, la voiture l'attendait à l'extérieur, il s'y engouffra sans attendre, malgré sa démarche boitante. Il faisait fi des douleurs, la colère pouvait tout emporter sur son passage et malheureusement, c'était un trait commun qu'il avait avec sa soeur, voir même sa famille en général. Il y avait certains points sensibles sur lesquels il ne valait mieux pas trop appuyer. Grace avait carrément défoncé le tout à coup de marteau. Et dire qu'il l'avait hébergé, qu'il avait tenté de l'aider, au mieux... ingrate... sa mâchoire était serrée, tandis que ses doigts caressaient nerveusement le bas de sa barbe. Ce qui le rendait fou, c'était bien le manque de vérité dans cet article plein de rage. Les noms des victimes n'avaient pas été balancées dans la presse, pour respecter les familles, mais chaque famille avait eu droit à la visite d'un membre du gouvernement, ils auraient droit à un soutien, les choses étaient fait dans le respect du deuil de ces gens.

Le véhicule s'arrêta devant la fameuse cantine. La canne du Président tapa d'abord le sol alors que son pied suivait le mouvement, puis le corps tout entier sortit de la voiture, son regard était profondément, noir, sa mâchoire pas plus décrispée qu'avant. Suivit de son garde du corps, il faisait presque voler la porte d'entrée en la poussant. Les regards le suivaient se demandant bien ce qu'il faisait ici, mais de ça, il s'en moquait. Son regard était déjà posé sur la jeune femme, dont il rejoint la table plutôt rapidement pour sa blessure, la canne marquant son pas. Il se retrouva à sa hauteur et sans attendre, lâcha le journal sur la table.

- Je peux savoir ce qui vous a pris? Vous pensez vraiment ce qui est écrit sur ce torchon?! Tournant la tête vers l'éditeur qui était en train de l'ouvrir pour faire une remarque. Fermez là, O'Malley! Je ne suis pas d'humeur à vous entendre...

En fait, Garisson lui faisait même comprendre qu'il serait de bon augure qu'il ait prendre l'air, le temps que le Président finisse son rendez-vous improvisé. Ca risquait de faire les choux gras de ce journaleux, mais honnêtement, Gareth s'en moquait éperdument. Il était vexé que ce membre de sa famille, censé être plus sensé justement, agisse sans réfléchir à ses actes et aux conséquences que cela allait être, surtout pour son gouvernement et lui.

- Vous auriez pu m'en parler, Grace. Au lieu de me planter ce couteau dans le dos. Restant debout, droit, insondable et franchement très en colère. Vous êtes bien comme votre mère, à agir sans réfléchir!

Pas de doute, cette phrase serait sans doute pire qu'une baffe physique. Il s'en voudrait sans doute, mais plus tard. Pour le moment, il voulait bien lui passer le goût de recommencer une chose pareille à l'avenir.
Domhnall
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Sam 6 Jan 2018 - 0:27
Pour une jeune femme telle que Grace, qui avait reçu l'éducation sévère propre à son rang, l'humiliation était l'une des punitions les plus cruelles. Aussi, lorsque le journal était tombé avec fracas sur la table dressée en faisant tinter bruyamment la porcelaine et chanceler les verres, elle avait su que son supplice n'aurait pu être pire.

A vrai dire, elle n'avait pas prêté attention au silence qui était soudainement tombé comme une chape sur la salle du restaurant, pas plus qu'elle n'avait entendu le claquement régulier de la canne sur les dalles du sol. A l'atterrissage impromptu du papier sur leur table, la jeune femme avait eu un sursaut d'effroi, ne sachant pas tout à fait encore ce qui lui tombait dessus moins littéralement. Elle avait légèrement reculé dans sa chaise et avait redressé un visage surpris d'incompréhension vers l'homme qui avait déposé l'objet avec violence.
Toutes couleurs quittèrent ses joues lorsque son regard rencontra la silhouette de son oncle. Son cœur loupa un battement.

Elle n'eut pas besoin de jeter un regard à la ronde pour savoir que tous les yeux étaient braqués sur leur table et le chef du gouvernement. Ce dernier semblait d'ailleurs s'en moquer comme d'une guigne, tandis que Grace, qui s'était figée, perdait contenance à mesure que les secondes s'égrainaient.

MacBeathag s'était alors adressé à elle et chaque mot avait eut l'effet d'une gifle. Le ton était dur et cassant et ne cachant nullement la colère qui animait le frère de sa sœur en cet instant.

O'Malley avait saisi l'opportunité qui lui avait été donnée de s'eclipser en lançant un dernier regard désolé à la reporter et la laissant seule face à cet homme qui la toisait de toute sa hauteur. Son regard noir la pétrifiait, pourtant, plusieurs fois, elle avait ouvert la bouche pour tenter de répliquer, mais, à chaque fois, son oncle répliquait, l'accablant un peu plus de sa fureur. Elle demeurait alors muette, baissant les yeux, encaissant les reproches avec amertume.
Sa poitrine vibrait sous la force des pulsations de son cœur, la honte lui colorait maintenant les joues et sa gorge était nouée de rancœur, elle aurait tremblé de frustration mais son éducation lui avait apprit à serrer les dents. Elle aurait pu endurer les admonitions sans broncher. Elle avait d'ailleurs cru la diatribe de son oncle terminée lorsqu'elle avait péniblement relever la tête, mais ce fut à ce moment qu'il choisit de lui porter le coup de grâce en la comparant à sa mère.

Il n'aurait pu lui faire plus mal. Elle en eut presque la nausée de colère Elle en aurait pleuré de rage. Il lui reprochait d'être comme sa génitrice, mais il n'avait pas la moindre idée que lorsqu'il s'agissait d'appuyer là où ça faisait mal, il ressemblait lui-même à sa cadette. En réalité, l'espace d'un court instant, la nomade avait eu l'impression de voir dans les traits d'Alastair, la dureté froide et violente de ceux du patriarche MacBeathag.

Sous la table, elle serrait ses mains jusqu'au sang pour ne pas trembler de frustration. Elle ne s'était jamais sentie plus incomprise et plus injustement traitée. Désemparée, elle restait profondément silencieuse. Tout ce qu'elle avait écrit, c'était avec son âme qu'elle l'avait formulé. Elle ne s'était jamais senti plus légitime dans ses mots qu'à ce moment là et maintenant, face à cet homme, elle n'arrivait plus à trouver les mots pour se défendre. Elle lui en voulait de cette prise à partie en public, de ses paroles qui ne lui avaient laissé aucune chance de s'en tirer, de répliquer, ni même de se défendre.
C'était injuste, elle n'avait pas voulu que quoi que ce soit se passe de cette façon, ni cette pénible entrevue, ni la publication dans ces conditions, et encore moins ce qu'elle avait vécu et pourtant, on lui collait tout sur le dos, c'était à elle d'en payer les frais.

Elle refoula les larmes pour ne pas lui faire le plaisir de lui offrir un spectacle aussi misérable. Elle chercha sa respiration.

-J'imagine que vous avez estimé qu'avoir cette conversation au milieu d'un restaurant bondé était la meilleure des options, souffla-t-elle à mi-voix. Les mots s'échappaient de sa bouche avant que sa pensée ne les formules.

Elle se rendait bien compte que ce n'était peut-être pas ce qu'elle aurait dû exprimer en premier, mais dans son esprit où ses pensées furieuses se mélangeaient à ce qui voulait sortir de ses lèvres, elle avait dû mal à contrôler. Elle devait reprendre rapidement contenance, maîtriser ses émotions si elle voulait se construire une défense recevable. C'était l'heure de son procès, très bien, elle refusait de prendre les coups sans rechigner. Domhnall découvrirait bientôt qu'Elizabeth avait fait de sa fille un cabot qui ne redoutait plus les coups de journaux sur la truffe qu'on lui distribuait à chaque bêtise, au contraire, il lui arrivait même de mordre les mollets.

-Je sais ce que vous pouvez penser... cela n'a rien... cela n'as rien à voir avec tout ce que vous avez pu faire pour moi. Reprit-elle finalement avec peine. J'ai voulu vous en parler... de nombreuse fois...mais c'était presque impossible, déplora-t-elle. Je... Je n'ai pas voulu que l'article soit publié dans ces conditions, pas après... les événements....

Un regard vers la canne était suffisamment explicite pour savoir à quels événements elle faisait référence. Ça n'était pas censé se passer comme ça, s'était-elle répétée.

-Ne croyez pas que je n'ai pas réfléchis à ce que j'ai écris, reprit-t-elle finalement à mi-voix. J'y réfléchis chaque jour. Il n'y a pas une heure sans que j'y réfléchisse. Cet article, c'est tout ce que je pouvais faire. C'est tout ce que je pouvais faire pour tout ceux que j'ai laissé là-bas, ceux que je ne reverrais jamais, ceux qui ne reviendrons pas, ceux qui sont morts. Qui sont morts dans l'indifférence générale de la population et de vos gouvernements. Sa voix n'était plus qu'un souffle tant ses paroles étaient douloureuses, comme si chaque mot lui arrachait la gorge en même temps qu'une partie de son âme.

- Je. Suis. Sincèrement. Désolée. Je suis désolée que cet article soit arrivé avant la réaction de votre gouvernement. Je ne doute pas que vous avez cherché à tout mettre en œuvre pour agir au mieux, mais combien de temps vous a-t-il fallu pour prendre la bonne décision ? Elle avait presque l'impression d'étouffer sous les mots et la douleur de ce qu'elle se retrouvait à évoquer. Je peux vous assurer. Que pendant trois semaines. Entassés dans des camps de fortune. Personne. Personne n'a vu la couleur de la moindre aide. Écossaise. Ou autre. Tout ce que j'ai vu. Ce sont des hommes, des femmes, des enfants mourir de faim. C'est des militaires péruviens tirer sur des réfugiers. Laisser des cargos s'abîmer à la surface plutôt que de leur porter assistance. Alors, je suis vraiment. Vraiment. Désolée. Désolée si j'ai jeté un pavé dans la mare.

Sa gorge était sèche et ses mots rêches. Elle n'avait presque plus de couleur sur les joues et elle cacha sa main gauche qui tremblait légèrement, pourtant, son regard brun lui, ne cillait pas et ne quittait pas celui de son oncle, comme un défi. Sur sa joue elle sentit quelque chose d'humide pour se rendre compte qu'une larme s'était échappée contre sa volonté de son œil et d'un revers de main elle l'a fit rapidement disparaître.

-Je suis profondément navrée, Monsieur le Président, que mes mots aient pu blesser mon oncle, ce n'était pas mon intention, ils ne lui étaient pas destinés. Trouva-t-elle seulement à conclure.
Grace
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Dim 21 Jan 2018 - 23:10

Nièce Grace Andrews

Président Alastair MacBeathag

Les pendules à l'heure
Personne n'aurait souhaité être à la place de Grace en cet instant, subir la colère d'un MacBeathag n'était souhaitable à personne. Celle d'Alastair était aussi terrible que les autres, Erend en avait fait les frais un jour, ce dernier s'était sans doute promis de ne plus jamais mettre son compagnon dans un tel état. La jeune femme ne pouvait pas le savoir, aurait-elle pu prévoir sa réaction? Y avait-elle seulement réfléchi? Sans doute pas... et c'était cela aussi qui le mettait hors de lui. Heureusement qu'elle ne fit pas la remarque à voix haute qu'il pouvait ressembler à son père dans ces instants... s'eut été la pire des insultes, comme celle qu'il s'était permis de sortir en la comparant à sa mère... cette famille décidément.

Il ne pouvait que voir à quel point il mettait mal à l'aise la jeune femme, mais pour le moment, il n'en avait cure. A ses yeux, elle méritait ce qui lui arrivait. Après tout, on ne pouvait publier un tel article, sans que les conséquences ne vous tombent sur le coin du nez, que ce soit en bon ou en mauvais. Car pas de doute qu'une partie des gens qui avaient pu le lire, étaient d'accord avec ses dires.

- Vous estimez peut-être que vous auriez eu droit à ce que l'on règle cela en privé?

Après tout, puisqu'elle avait publié son article, craché sur son costume de Président dans la presse, à la lecture de tous, il pouvait bien se permettre de lui dire le fond de sa pensée, devant tout le monde à son tour, non? C'était potentiellement dangereux pour lui et surtout sa réputation, mais là, c'était trop pour qu'il attende quoi que ce soit, mais rapidement, le restaurant se retrouva vider de ses occupants, le service de sécurité présidentiel avait fait son travail. Rien que pour garder l'intégrité physique du premier homme de l'Arche en sécurité. Personne ne risquait ainsi de l'attaquer à coup de fourchette ou de couteau.

Les excuses que tentaient de formuler sa nièce ne pouvait pas le convaincre. Il ne comprenait pas comment elle n'aurait pas pu en parler. Après tout, que ce soit Erend ou lui, ils lui avaient pourtant explicitement dit qu'elle pouvait tout leur dire. Et sincèrement, Gareth aurait préféré apprendre tout cela de sa bouche, dans un face à face potentiellement difficile à avoir, mais qui aurait été sans doute plus gagnant que cette publication dans cet ersatz de journal.

- Impossible? Pourquoi ça? Vous dormiez sous mon toit... et ce ... malheureux incident ne pas empêcher d'être présent. C'était presque une insulte pour lui, cette façon de faire. Je pense bien que vous avez réfléchi à chaque mot, que vous avez écrit en votre âme et conscience, mais c'était au reste qu'il fallait réfléchir, jeune femme. Pensez-vous vraiment qu'un tel article fasse bouger les choses? Pensez-vous vraiment que le gouvernement reste les bras croisés à attendre de voir ce qu'il se passe? Tout n'est pas aussi aisé! La politique et l'aide humanitaire ne se fait pas en un claquement de doigts!

Surtout quand des gouvernements comme ceux des arches concernées pouvaient ne pas vouloir d'aide, ou le moins possible. Que les informations se voyaient restreinte. C'était parfois plus facile à dire qu'à faire. Et Domhnall était le premier contrarié par cette affaire. La communication n'avait pas été bonne, les solutions longues à trouver, les permissions longues à arriver, bref... rien n'avait roulé correctement. Il n'avait guère besoin qu'on revienne lui mettre le nez dessus en lui disant, "hé c'est pas bien!".

La détresse de sa nièce ne pouvait l'émouvoir à cet instant, sa main se resserrait légèrement sur sa canne. Ils avaient chacun un point de vue sur la situation, différent bien entendu, parce qu'elle avait été au cœur du drame et lui pas. Tout ce qu'elle disait en cet instant, il aurait préféré qu'elle le lui dise quand elle avait été chez lui, qu'ils en discutent, qu'elle lui hurle dessus s'il avait fallu, mais pas qu'elle garde tout, pour recracher tout dans la presse.

- Comprenez bien une chose Grace, ma fonction c'est ce qui me définit, il n'y a pas de dissociation possible, quand vous vous attaquez au costume, c'est aussi à l'homme qui le porte. C'est ma réputation, ma vie, que je dédie à ce travail, je ne pose pas ma veste le soir en rentrant, ce n'est pas ainsi que cela marche. Vous pouvez être désolée, sincèrement, cela ne change rien à ce qui a été fait.

Il ne doutait pas une seule seconde de sa sincérité, puisqu'il voyait qu'elle ne mentait pas, bien au contraire.

- Les retombées de votre article n'épargneront personne et rendront le travail plus difficile encore... je ne vous remercie pas pour cela. Mais en sommes, vous avez fait ce que toute personne de votre milieu ferait... cracher sur ce qui déplaît sans venir poser les questions justes.

Bon c'était vrai aussi que MacBeathag ne portait pas les journalistes dans son cœur. Il en estimait très peu, parce qu'il n'aimait pas leur méthode, leurs écrits, le buzz, les fausses informations ou les informations erronées, bref... ce n'était pas pour autant qu'il allait empêcher la presse de faire son travail, il n'était pas un tyran, mais que sa nièce se mette de ce côté de la barrière, l'emmerdait plus qu'il n'était prêt à l'admettre.

L'homme finit par s'asseoir sur la chaise face à la jeune femme.

- Mais en tant que victime de ce drame, j'aurai voulu vous entendre Grace... finit-il par lâcher enfin, entre ses dents. Ne croyez pas que le gouvernement se moque de ce qu'il s'est passé, au contraire, je suis préoccupé par cette affaire... plus que vous ne pouvez l'imaginer. Sa tête légèrement penchée sur le côté, il la fixait de son regard noir.

Certes, avec ce qu'il venait de dire, il ne s'attendait pas à ce qu'ils puissent discuter tranquillement, mais il ne pouvait s'empêcher pourtant d'être honnête avec elle et de vouloir, quelque part, lui montrer qu'il n'était pas son ennemi. Même si pour le coup, la colère n'aidait pas à ce qu'il fasse les choses convenablement, bien au contraire même.
Domhnall
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Dim 28 Jan 2018 - 22:20
La mâchoire serrée, Grace tentait de recevoir les reproches avec le peu de dignité qu'il lui restait.
Droite sur sa chaise, le menton légèrement relevé pour ne plus baisser les yeux face à l'offensive, tous ses muscles semblaient tendus au maximum. Son regard flamboyait d'une colère contenue et les larmes refoulées lui brûlaient les paupières. Elle fixait le visage du Président sans pour autant pouvoir s'ancrer dans ses yeux sombres à la dureté glaciale.
Sous la table, ses mains toujours crispées l'une contre l'autre, elle sentait ses ongles entamer la chair douloureuse de ses paumes.
La fureur de l'injustice faisait naître dans sa poitrine un flots de répliques qui remontaient comme un magma ardent dans sa gorge. Elle avait l'impression de suffoquer sous ce trop pleins de pensées qui restaient bloquées entre ses cordes vocales et mourraient au bord de ses lèvres sous l'impulsion de sa raison qui lui intimait fermement de se garder de renchérir pour ne pas empirer une situation déjà critique. Alors, avec amertume, elle ravalait ses mots et sa fierté.

Effectivement, elle estimait que son oncle aurait pu se garder de la sermonner comme une enfant, au milieu de tous ces regards indiscrets. C'était un coup bas, peu digne d'un homme comme Alastair, une vengeance mesquine.
Au moins, la sécurité se chargea de faire évacuer les lieux dans le calme et la salle se vida avec une docilité exemplaire. Ils n'étaient maintenant plus que tous les deux et sa sécurité rapprochée et la situation avait soudainement quelque chose de... solennel...

MacBeathag lui reprocha son silence. Alors qu'il avait été jusqu'à lui ouvrir sa porte, à l'accueillir chez lui, il prenait clairement l'attitude de sa nièce comme une trahison. Imaginait-il un seul instant que la situation n'avait peut-être pas été aussi simple pour elle ? Comment aurait-elle été censée lui faire part de ses intentions, comme on lançait un bonjour entre deux portes, ou entre le fromage et le désert ? Son sarcasme intérieur masquait une forme de culpabilité.
Elle avait essayé. Plus d'une fois. Elle avait essayé d'aborder le sujet à plusieurs reprise et même longuement hésité à laisser l'article pas encore paru sur son bureau. Mais ses tentatives avaient toutes été avortées pour des raisons qui lui avait apparu légitimes.
Seulement, l'homme ne semblait pas comprendre que cette incapacité à s'exprimer n'était pas un entêtement. Encore aujourd'hui, elle n'était pas certaine de réussir à mettre en voix ce qu'elle avait pu coucher sur le papier. Ce qu'elle avait vécu - ce qu'elle vivait au quotidien - n'était pas une banalité qu'elle pouvait aborder avec aisance et détachement.

La jeune femme était parfaitement consciente que ses oncles s'étaient toujours montrés prêt à l'écouter. En lui offrant une oreille attentive, elle avait elle-même eu le sentiment de les avoir trompés publiant cet article. Mais elle n'avait pas eu le choix. Pas si elle voulait faire avancer les choses, si elle voulait elle-même avancer. Elle en était convaincu. Alastair lui reprochait la stérilité de son entreprise, mettant en avant les dégâts qu'elle avait provoqué, elle aurait voulu pouvoir lui montrer qu'il avait tord. Au contraire, la rescapée voulait croire que quelque choses de positif pouvait naître de tout cela. De toute cette souffrance.
Qu'aurait-elle pu faire d'autre, de toute façon ? Elle y avait pensé, sauter dans le premier cargo pour les Arches Latines. Retourner là bas, apporter des secours concrets sur place. Mais elle n'en était pas capable. L'idée seule lui retournait le ventre de terreur. Elle ne pouvait imaginer retourner sur les lieux sinistrés où une partie de son monde s'était écroulé, tout simplement incapable de fouler à nouveau des rues familières parmi les décombres de ses souvenirs, entourée des spectres de ceux qu'elle avait perdu.
Alors elle était restée terrée à Edimbourg, dans le confort douillet des métropoles qui la rebutaient tant. Confrontée à sa propre impuissance -ou plutôt sa propre lâcheté - elle avait eut l'espoir qu'avec cet article, elle pourrait agir à son échelle en réveillant les conscience. En levant des fonds également.
La parution de son papier lui avait permis de lancer une campagne de dons destinée à l'envoi d'une aide humanitaire et le crowdfunding qu'elle parrainait avait, en quelques jours seulement, récolté plus d'argent qu'elle ne l'aurait espéré.
Était-ce des arguments que le Président était prêt à entendre ?
À subir ses récriminations, Grace en doutait largement.

Ce dernier ne tarda d'ailleurs pas à arguer qu'elle n'avait pas une seule seconde pensé aux conséquences de ses actes. Il se trompait. Elle y avait longuement réfléchi, elle avait pesé le pour et le contre, elle avait accepté de prendre ses responsabilités pourvu qu'elle puisse faire connaître une vérité qui demeurait obstinément tue. Car, même si Domnhall n'était pas vraiment disposé à le reconnaître, en dépit de la critique ouverte qu'elle avait formulé contre son gouvernement, le reste de l'article n'en demeurait pas moins documenté et véridique.
La reporter ne donnait certes à voir qu'un point de vue - le sien - mais c'était aussi au chef de l'état et à son équipe de prendre les mesures nécessaires pour mettre en place un communiqué de presse qui donnerait une version complémentaire des faits. Pourquoi le gouvernement était-il resté muet sur les points qu'il abordait maintenant face à elle ? Délier cette langue de bois, voilà ce qu'elle avait cherché.
Cependant, elle l'avait bien compris, le premier homme du pays ne voyait pas vraiment les choses de cet œil... Et il fallait reconnaître que le retour de flamme était un peu plus violent qu'elle ne l'avait prévu.
Néanmoins, jusque là, Grace semblait reprendre contenance. Elle tentait de prendre sur elle les remontrances et préparait sa riposte avec méthode et soin pour faire entendre ses arguments. Elle n'aurait pu ne se fourvoyer davantage ; Domnhall n'était pas là pour lui donner la possibilité de répliquer.

Aussi, le politicien porta un nouveau coup à sa nièce lorsqu'il refusa, implacablement, la distinction entre leur lien et sa fonction. Malgré les excuses pénibles qu'elle avait tenté de formuler, il avait tout rejeté d'un simple revers de la main et l'irrévocabilité de ses paroles la terrassa.
En quelques mots lâchés avec une âpreté inflexible, tout s'effondra en elle comme un château de carte. Comme si elle venait de se prendre un seau d'eau glacé en pleine figure, elle eut le souffle coupé et tentait de reprendre une respiration, glacée d'effroi. Son cœur résonnait dans poitrine et jusque dans ses tempes, là où son cerveau avait fait le vide total. Il lui semblait qu'à cet instant, elle ne ressentait plus rien. Plus de haine, plus tristesse, juste le néant, pendant ses secondes suspendues où elle tentait de comprendre comment elle en était arrivée là.
Elle resta abasourdie, le temps de réaliser ce qui se passait, tandis que l'homme, pas encore tout à fait disposé à lui laisser un repit, reprenait en l'accablant un peu plus encore, si c'était possible. Il n'hésita pas à la comparer à ces induvidus peu scrupuleux qui souillaient le titre de journaliste en cherchant la sensation, manipulaient les faits pour faire la sensation, salissaient les réputations pour le buzz.

L'espace d'un instant, Grace douta, avec une certaine lucidité, d'avoir les épaules pour en supporter davantage.
En d'autres circonstances, probablement lui aurait-elle volé dans les plumes, puisque les combats de coq étaient presque une tradition familiale. Mais c'était avant...
Mortifiée, la fille d'Hera regardait à présent cet homme comme s'il s'était agit d'un inconnu, puisque lui-même la traitait comme tel. Était-ce donc tout ce qu'elle était à ses yeux, tout ce qu'elle valait ? Et son mépris, tout ce qu'elle méritait ?
Il lui avait fallu endurer bien des choses depuis son retour, traverser les difficultés de la réadaptation, essuyer des retrouvailles peu attendue avec sa génitrice, mais ça... C'était plus dur que tout le reste.

En dépit de ce qu'elle avait peut-être pu laisser paraître, Erend et Alastair avaient été le pilier sur lequel elle avait pu se reposer un peu, le temps de se reconstruire. Ils avaient été là pour elle, et elle ne pourrait jamais leur montrer toute sa gratitude. Avait-elle vraiment tout détruit en laissant paraître ses écrits ? Bafoué leur confiance ? Quoi qu'il en soit, il semblait à la nomade qu'elle pouvait voir s'effriter, à mesure de cet entretien, le peu de considération que Macbeathag avait pu avoir pour elle.
Il appuyait exactement là où ça faisait mal avec une application presque cruelle.

Tétanisée, elle respirait à peine. Il lui semblait qu'elle était au bord du malaise.
Intérieurement, elle en était venue à prier pour que le sermon s'arrête. Elle priait pour qu'il tourne les talons en la désavouant une bonne fois pour toute, quitte à ce qu'il refuse qu'elle entre une nouvelle fois dans sa vie. Qu'il la laisse en plan, avec ses regret, ses remords, et la honte cuisante. Qu'il s'en aille comme il était venu, sans prévenir. Pour lui laisser une chance de reprendre ses esprits.

À la place de quoi, il tira la chaise face à elle et s'assit.
Elle en eut presque un hoquet de surprise. A quoi jouait-il ? Prenait-il un plaisir sadique à s'acharner ainsi ? Que lui faudrait-il encore subir pour qu'il estime son affront payé ?
Un frisson glacé parcouru sa nuque alors qu'il plongeait son regard d'acier dans le sien.
Il déplora alors le fait qu'il n'ait jamais eu a sa version des faits - autrement que dans un torchon, cela allait sans dire - avant d'affirmer que le gouvernement était particulièrement préoccupé par la situation et profondément impliqué dans ce qui se jouait à des milliers de kilomètres de là. De ce dernier point, la reporter n'en avait jamais douté. Certes, elle ne pouvait plus vraiment l'avouer après avoir écrit ce qu'elle avait écrit, pourtant, elle savait pertinemment qu'ils avaient tous essayé de faire leur maximum. Cependant, il fallait également comprendre que pour quelqu'un qui avait traversé ce qu'elle avait traversé - et pour tous les autres, ceux qui n'avaient pas eu sa chance -leur maximum n'était clairement pas suffisant.

Un silence se mort s'installa entre l'oncle et la nièce. Elle se retrouvait sans voix et n'osait même plus ouvrir la bouche de peur de lui donner matière à de nouvelles récriminations.
Elle détourna les yeux pour fuir ce regard courroucé et regarda ses mains blêmes, qui se floutaient à travers les larmes. Macbeathag attendait une réponse et elle ne sut pas vraiment où elle avait trouvé la force pour murmurer la réponse qui avait filtré entre ses lèvres.

-Vous n'avez jamais demandé.

Le souffle qui s'était échappé de sa bouche et de son cœur ne portait aucun reproche. Du moins pas contre lui, mais bien contre elle-même.
Erend et son mari lui avait, dès son arrivée, fait savoir qu'ils seraient là pour elle et ce en toute circonstances. Pourtant, dans la réalité des faits, il existait un abîme entre le courage qu'il fallait pour se confier de son propre chef et celui qu'il fallait pour répondre aux questionnements de quelqu'un. Elle n'aurait su expliquer le manque de légitimité, la pudeur peut-être aussi, qui l'avait retenue de s'apesantir sur le sujet, mais il était clair que son éducation y était également pour quelque chose.
Grace
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Ven 30 Mar 2018 - 13:20

Nièce Grace Andrews

Président Alastair MacBeathag

Les pendules à l'heure
En fait, MacBeathag aurait certainement préféré que sa nièce lui réponde, lui montre le répondant qu'elle avait. Que son nom lui avait offert. Il savait qu'en étant la fille d'Elizabeth, voir même la petite fille d'un homme comme Godric, elle avait le caractère nécessaire pour lui voler dans les plumes. Pour ne clairement pas le laisser lui parler comme il le faisait. De lui montrer où il pouvait avoir tort, bref, de défendre son steak, sans se démonter. Mais non, elle préféra garder le silence. C'était une tactique comme une autre, c'était aussi et il devait ouvrir les yeux là-dessus, une preuve que la demoiselle n'allait pas bien. Qu'il lui faudrait encore du temps pour se remettre de ce qu'elle avait vécu. Il ne pouvait pas tout comprendre, si lui aussi avait vécu des drames, ce n'était pas les mêmes et puis, chacun agissait à sa façon, réagissait aussi différemment. Personne n'était pareil. Mais cela n'empêchait pas la colère du président de se manifester et s'il n'avait aucun mur face à lui, et bien, il ne se gênait pas pour dire ce que lui avait sur le cœur. C'était ainsi, on ne pouvait pas prendre le risque de réveiller un dragon, sans sentir son feu vous roussir les cheveux...

Il voyait, au fur et à mesure de ce qu'il lui disait, les états dans lesquels cela la mettait. Dans un autre monde, il aurait pu s'en vouloir de faire subir ce face à face à sa nièce. Mais pas dans son état actuel. Il estimait qu'elle devait entendre ce qu'elle avait provoqué. Qu'elle devait faire face à ses actions. C'était aussi ainsi que l'on apprenait. Même si cela pouvait être douloureux. Domhnall n'était pas un tendre, il ne l'avait jamais réellement été. Il ne pouvait pas vraiment l'être en fait... pas dans ce monde. Surtout dans cette nouvelle position. Beaucoup de gens l'observaient, attendaient de le voir faire le mauvais pas de trop. Il ne pouvait pas se le permettre. Il l'avait dit dans sa campagne, il serait intraitable. Cela était aussi valable pour ses proches, pour les siens. Grace, même si elle était sa nièce, même s'il avait pu compatir à ce qu'elle avait vécu, n'aurait pas droit à un traitement de faveur. Surtout pas quand elle se permettait de balancer de telles inepties dans la presse. Oui, c'était comme une trahison à ses yeux, parce qu'il lui avait ouvert sa porte, parce qu'il avait tenté de faire tout ce qui était en son pouvoir pour qu'elle lui parle. Mais soyons honnêtes, l'un comme l'autre, étaient des handicapés de la communication. Un problème familiale, à n'en pas douter.

Pourtant, malgré ce qu'il venait de lui balancer à la tronche, il tentait, encore et toujours, d'ouvrir à nouveau une porte pour le dialogue. C'était maladroit, ce n'était plus le bon moment, mais qu'importe, il n'arrivait pas à se dire qu'il devait la lâcher et ne plus rien faire pour elle. Cette jeune femme avait besoin d'aide, il le savait pertinemment, Erend le lui avait aussi dit. Pourquoi refusait-elle obstinément de comprendre qu'il avait toujours été là pour elle? Il n'arrivait pas à comprendre et finalement, demandait quelque part à ce que cela change. Mais la jeune femme ne semblait pas être de cet avis. Alors qu'il ouvrait difficilement le dialogue, elle lui refermait la porte au nez. Sans possibilité de la contrer.

Le poing du politicien se serra, sa mâchoire en fit tout autant, il manqua de frapper la table, mais resta plutôt stoïque, tout en fixant son interlocutrice. Ils n'ont pas demandés? Se moquait-elle sincèrement de lui? Ou était-ce juste une bassesse pour se venger de ce qu'elle venait de vivre? Il prit une longue inspiration, pour tenter d'éviter d'envenimer plus la situation.

- Grace... je... bien sûr que si. Je ne l'ai pas fait de manière aussi directe pour ne pas que vous vous sentiez attaquée, mais je vous ai toujours dit que nous étions là si vous aviez besoin de parler. Il tapota alors doucement la table des doigts de l'une de ses mains. Qu'est-ce qui vous a pris? Hum?

Alastair et la diplomatie... ce n'était vraiment pas son point fort. Mais peut-être qu'il appuierait sur le bon bouton pour la faire exploser et qu'elle lui dise enfin tout ce qu'elle avait besoin de dire. Après tout, il était le président de l'arche, il était son oncle, autant en profiter, non?
Domhnall
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Dim 29 Avr 2018 - 12:45
L'espace d'une seconde, la jeune femme cru que sa réponse allait déclencher un nouvel accès de colère. 
Les yeux fixés sur ce poing serré, elle s'était préparée à le voir s'écraser avec fracas sur la table, faisant fi de ce qui s'y trouvait. Mais rien ne vint. 
L'homme qui lui faisait face semblait recourir à tout ce qu'il possédait de volonté pour garder son sang froid et éviter un nouvel éclat. 

Il n'en demeurait pas moins flagrant que chacune de ses réponses irritait un peu plus son oncle. Rien qu'elle n'eut envie de dire ne lui semblait pouvoir convenir. Quoi qu'aurait été sa réponse, il lui semblait que MacBeathag aurait trouvé une parade pour tourner l'entretien en sa faveur. Aussi, elle préférait s'enfermer dans un mutisme borné en constatant que chacune de ses paroles l'incriminait un peu plus. 

L'inspiration que prit finalement Alastair dénota un désir d'arrondir les angles - ou du moins de ne pas renchérir - et pour la première fois depuis qu'il était entré dans le restaurant, il s'était adressé à elle autrement qu'en formulant un reproche. 
Choisissant ses mots, il justifia de son comportement envers elle à son arrivée au 10th Guthrie Street et en d'autres circonstances, Grace aurait pu entendre toute la légitimité de l'argument. En d'autres circonstances. 
Elle aurait reconnu que son mari et lui avaient agis de la façon la plus adéquate, en montrant leur soutient tout en lui laissant de l'espace. Cependant, la Grace qui était prête à le reconnaître n'était pas celle qui avait dû encaisser sans broncher une suite interminable de reproches. La Grace qui savait reconnaître une tentative de paix n'était pas celle qui venait de subir une fureur qui lui semblait injustifiée et l'humiliation qu'il venait de lui flanquer. Celle qui tentait tant bien que mal de reprendre sa vie en main tandis que son oncle semblait vouloir lui maintenir la tête sous l'eau ne possédait pas le recul nécessaire pour le reconnaître. Pas après tout ce qu'il venait de lui dire. 

Le chef de l'état tapotait du bout des doigts sur la surface lisse de la table, un tic nerveux ou non, qui martelait le bois comme un signe d'impatience ou d'un sentiment mal contenu. 
Encore fébrile des attaques personnelles du frère d'Hera, ses dernières paroles tirèrent à la reporter un sursaut. L'étonnement stupide d'une telle réflexion, si simple ou anodine, et formulée sur un ton qui suffit à raviver la colère qui s'était étouffée sous le malaise.
Elle haïssait l'accent paternaliste de la formulation, alors qu'il semblait sous entendre le caractère insensé et irréfléchi de son acte, tout juste un caprice digne d'une enfant. N'avait-il donc rien écouté de ce qu'elle avait pu lui dire ? Elle n'avait certes pas beaucoup desserrer les dents mais le peu qu'elle avait laissé entrevoir lui semblait déjà beaucoup...
La jeune femme serra si fortement la mâchoire que l'espace d'un instant elle ceu que ses dents allaient se briser. Ce qui lui avait pris ?! 

-Ce qui m'a pris ?
Murmura-t-elle avec une fureur mal contenue. Ce qui m'a pris ?.... Hmmmm, elle grinça des dents, se mordant la langue pour ne pas exploser. 

-Il m'a prit que j'ai soudainement eu besoin de justifier le fait que j'avais survécu alors que d'autres non. Que j'avais pris une place sur l'un des cargos de sauvetage là où une autre personne aurait pu embarquer. Il m'a pris que j'avais besoin de montrer au monde ma légitimité a être vivante là où trop d'autres avait péri, et que pour cela je n'ai pas d'autre choix que de faire entendre par tous les moyens possible ce que j'ai à dire sur ce qui c'était passé là-bas, parce que je n'aurai jamais assez de voix pour parler à la place de tous ceux qui sont morts dans la catastrophe. Et quoi que vous estimiez des membres de votre famille, j'ai le droit de porter une opinion, même différente de la vôtre. Vous ne supportez pas que l'on vous contredise ou que l'on pense autrement ? Nièce ou non, je suis comme vous, je ne range pas mon costume de reporter une fois rentrée, et j'aimerais savoir ce que l'on penserais de vos agissements envers moi ; c'est ainsi que vous traitez avec les journalistes de l'opposition, par intimidation ? Jusqu'à ce qu'il se range à votre opinion ou se taisent de peur ? 

Mais cette réponse acerbe n'était restée que le fruit de son désir et ses lèvres étaient obstinément restées closes. Le léger tremblement dans ses mains avait repris, en échos aux sentiments qui lui retournaient le ventre. 
Elle devait surtout ce dégager de cette situation, plutôt que de remettre de l'huile sur le feu. Elle n'aurait su dire où elle avait finalement trouver le courage de desserrer les dents pour répliquer, non moins durement :

-Vous avez fini ?  Demanda-t-elle sèchement. Mon humiliation vous a-t-elle satisfaite, ou estimez vous que je mérite encore que vous vous apesentiez sur mon manque de professionnalisme et mon irrespect pour les valeurs familiales ? Faut-il que je formule à nouveau des excuses pour que vous les piétiniez sans la moindre considération ? Qu'aurait il fallu que je fasse, que je taise ce que j'avais vécu ? Ne vous inquiétez pas, je ne vous ferai pas le déplaisir de revenir la prochaine fois. 

Sa voix était coupante, un frisson, comme un courant glacé parcourait sa nuque, ses épaules, pour descendre jusque dans ses bras. 
Pour la première fois, Grace formulait un désir qui s'était ancrée en elle depuis qu'elle avait mis le pieds dans l'aéronef de rapatriement. Elle n'aurait jamais dû revenir. Elle aurait dû rester là bas, parmi ceux qui lui étaient le plus chers. Car ils avaient été sa famille, bien plus que ceux qui partageaient sont sang ici à Edimbourg, et elle les avait abandonné.
Malgré tout ce qu'elle avait souhaité, c'était à dire, se tirer de cette situation sans faire plus de vagues, c'en était trop pour elle. Peut-être s'était-il approché trop dangereusement de ses limites pour qu'elle réussisse à se contenir plus longtemps. Aussi, elle s'était redressée et faisait à présent face à son oncle, les deux mains posées à plat sur la table. Sa voix était un murmure étouffé par la colère et les larmes qui baissaient dans sa gorge :

-Je n'ai jamais demandé à vivre ça, croyez-moi, et chaque jour qui passe me le fait payer. Alors vous ; et votre mandat ; et votre ego ; et votre gouvernement...  vous pouvez bien allez vous faire foutre, avec vos "conséquences", vos reproches et vos sentiments de trahison. Allez vous faire foutre avec votre hypocrisie. Parce que personne n'est prêt à entendre ; personne n'est prêt à accepter que le sort de ceux qui ont péri là-bas est probablement plus enviable que le semblant de vie après ça. Que la peur qui vous crampe les tripes et la sensation de chute dès que les yeux se ferment. Maintenant, si vous avez quelque chose à ajouter, faite-le, sinon vous m'excuserez de ne pas rester vous écouter me dire ce que j'ai le droit de faire ou non. 

Elle tremblait, son regard flamboyait à présent d'une rage mêlée au désespoir. Elle n'avait pas eu l'intention d'en arriver là, de laisser s'échapper des pensées qu'elle osait à peine formuler dans son esprit, de peur qu'elles ne prennent trop d'espace. Sa colère n'était pas entièrement dirigée contre son oncle, même s'il en avait été le catalyseur. Elle était furieuse contre le monde entier, contre elle-même en vérité. Elle savait qu'elle devait se calmer et respirer. Elle sentait monter en elle comme un courant électrique qui faisait trembler sa main plus qu'elle ne pouvait le contrôler. 
Grace
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Lun 7 Mai 2018 - 15:41

Nièce Grace Andrews

Président Alastair MacBeathag

Les pendules à l'heure
Si la colère brûlait dans les yeux de son interlocutrice, elle n'en laissa quasiment rien paraître. Ses lèvres restaient obstinément fermées. Rien n'en sortait. Elle ne voulait sans doute pas risquer d'envenimer un peu plus la situation. Elle était plus sage que son aîné pour le coup. Mais le regard qu'elle lui lançait, montrait bien à Alastair qu'elle devait se faire violence pour ne pas lui balancer ses quatre vérités à la gueule. Encore une fois, il aurait préféré une explosion, qu'ils puissent  ensuite remettre tout à plat et discuter plus sereinement. C'était une façon un peu spéciale de voir les choses, mais c'était un peu comme ça que faisait cet homme.

Il le savait, qu'il avait touché des points sensibles, c'était une chose dans laquelle il excellait. Il mettait souvent ses interlocuteurs au pied du mur, sans leur laisser le choix de se battre pour s'en sortir. Surtout quand il estimait qu'il était en position de le faire. Erend, sans aucun doute, lui reprochera sa manière bien cavalière d'avoir attaqué sa nièce. Peut-être en éprouverait-il du regret, mais pas à l'instant présent, même s'il tentait tant bien que mal de s'adoucir un peu. Le mal était déjà fait. Restant de marbre quand Grace osa enfin ouvrir la bouche, il l'écouta l'envoyer se faire voir ailleurs, lui faire comprendre que rien de tout cela n'était voulu. En tous les cas, pas le fait qu'elle ait survécu. Elle vivait ce que l'on appelait communément, la culpabilité des survivants. Et pour cela, il n'y avait qu'une chose à faire, voir un psy, se faire aider. Le président estimait que ce n'était pas en déversant sa colère dans un journal que cela l'aiderait à aller mieux.

Domhnall fixa sa nièce droit dans les yeux, le regard noir, mais pas de colère, c'était celui qu'il avait le plus souvent.

- Ce que vous auriez dû faire, pour commencer, Grace. C'est d'en parler, de vous faire soutenir et aider. Ne pas vivre dans cette culpabilité qui vous ronge, en pensant que personne sur cette Arche n'est capable de vous comprendre, de comprendre ce que vous avez vécu, du traumatisme de vos pertes. Ce n'est pas vous contre le monde entier, même si c'est ce que vous avez l'air de croire en ce moment. Je sais, qu'il y a des gens prêts à faire beaucoup pour vous...

Il y avait une vraie rage contenue dans le ton de cette jeune femme. Sans avoir vécu un tel drame, MacBeathag était à même de comprendre ce qu'elle traversait. Ce sentiment de remonter le courant tel un saumon, seul et sans appui. Comme si tout se retournait contre vous. Sans jamais la quitter des yeux, il resta assis, pour ne pas se montrer hostile, en tous les cas, physiquement. Il ne baissait pas le regard, il écoutait ce qu'elle avait à dire. Finalement, la repousser dans ses retranchements faisait ressortir ce qu'il y avait sous la carapace, tout ce qu'elle n'avait pas pu leur dire quand elle était chez eux. Il en était presque désolé, pour le coup. Ce n'était vraiment pas la meilleure des façons de faire parler quelqu'un.

- Apprendre à vivre avec le deuil n'est rien d'aisé, Grace. Fit-il avec une douceur qu'on lui connaissait peu.

Alastair pouvait être un ours borné, il ressentait pourtant la détresse de la jeune femme et il n'arrivait pas à y être totalement hermétique. Sans doute parce qu'elle était de sa famille, sans doute aussi, parce qu'il n'était pas non plus un coeur de pierre. Il n'avait pas non plus de rancœur envers elle, elle avait certes fait son travail, il avait réagi en conséquence, mais il y avait plus entre eux. Après tout, elle s'était tournée vers lui d'abord, pour chercher de l'aider. Il avait été stupide de se monter aussi cassant.

- Nous en avons fini, oui. Il se redressa, pour réajuster un peu son veston. Et ne pensez pas que ce fût un déplaisir de vous accueillir. Croyez-le ou non, notre porte vous reste ouverte... il n'était vraiment pas doué avec les gens. Posant un mouchoir sur la table et le faisant glisser dans sa direction.

Le Président n'irait pas jusqu'à s'excuser de son comportement, il n'estimait pas non plus avoir tout fait faux. Là était sans doute son tort, mais voilà, on ne changeait plus un homme comme lui.

Domhnall
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Mar 22 Mai 2018 - 16:31
En dépit de ce qu'elle avait imaginé, déballer son sac n'avait pas provoqué chez elle de sentiment de soulagement.
Elle ne se sentait pas plus sereine, ou plus légère, ou apaisée. Elle ne se sentait pas non plus moins en colère ; ou moins triste ; et ne se sentait pas même moins coupable.
Les mots, presque sortis de sa bouche sous la contrainte, n'avaient pas cicatrisé la plaie béante dans son âme ni déchargé son esprit des souvenirs qui la hantaient. Pas plus que ne l'avait fait des mots couchés sur le papier, devait-elle amèrement le reconnaître.
Non, le vide n'était pas davantage décidé à céder sa place au creux de sa poitrine, mais au contraire, semblait resserrer ses griffes autour de son cœur pour comme réaffirmer son emprise.

Sortir ce qu'elle avait sur le cœur la laissait simplement épuisée. Dans un état de fatigue tel qu'il lui semblait qu'elle ne ressentait plus rien. Anesthésiée. Imperméable.
Peu importait ce qu'il pourrait lui répliquer, elle n'avait plus rien à perdre. Elle pouvait difficilement tomber plus bas dans l'estime de son oncle, traversé plus difficile que ce qu'elle avait déjà traversé.
En un sens, cela lui avait permis de retrouver une certaine contenance à défaut de la calmer tout à fait. Elle avait retrouvé un visage calme bien que ses traits étaient à présent tirés de fatigue, ses épaules légèrement voûtées.

Pendant tout ce temps, le président ne l'avait pas lâché du regard. Accueillant ses paroles avec une placidité presque agaçante. Cependant, après la colère noire dont il avait fait preuve, se retour au calme avait de quoi dérouter.
Le ton qu'il usa pour lui répondre était d'ailleurs particulièrement posé, même s'il n'avait rien de chaleureux, au moins ne donnait-il pas l'impression que chaque mots étaient autant de dagues cherchant à l'assassiner.
Il tenta, dans son discours, de lui faire entendre avec raison que, malgré ses certitudes, elle aurait dû agir autrement et comprendre qu'elle n'était pas seule.
La nomade avait conscient de la rationalité des paroles de Macbeathag, une partie d'elle voulait le reconnaître, voulait pouvoir lui faire confiance et se laisser guider par ses conseils. Seulement, elle savait que rien n'était aussi simple. Qu'il existait un gouffre entre les mots et la réalité des actes. Entre ce qu'elle devait faire et de qu'elle réussissait à accomplir. S'ouvrir était nécessaire en dépit du mécanisme primaire de préservation qui, au fond de ses tripe, lui soufflait de tout enfouir, mais il lui apparaissait que se lever chaque jour, faire face au miroir, être en vie, était un véritable exploit quotidien, une bataille. Alors parler, évacuer, faire confiance, mais aussi reléguer au passé ce qu'elle avait vécu lui paraissait être une véritable croisade à mener et pour laquelle elle n'était pas certaine d'avoir la force.

Les paroles de son oncle prirent presque une certaine douceur qui contrastait presque violemment en comparaison au ton qu'il avait employé plus tôt et ce revirement de situation la laissait sans voix. Elle devait admettre qu'elle s'était attendue à beaucoup de chose sauf à ça. Un court silence s'installa entre les deux membres de la même famille un silence pendant lequel Grace se trouvait partagée entre des sentiments contradictoires. Elle n'arrivait pas à comprendre comment, après le savon qu'il venait de lui passer, après l'avoir traité de moins que rien, il puisse observer à nouveau cette sollicitude à son égard. Elle demeura muette, les lèvres légèrement entrouvertes, comme si aucun son ne pouvait en sortir. Elle cherchait dans l’œil sombre d'Alastair des réponses à ce changement radical. Elle se sentait de plus en plus désemparée face à cet homme dont elle n'arrivait décidément pas à cerner la personnalité.
Sans rien pouvoir ajouter, elle le regarda se relever et accompagner son départ de quelques paroles qui la laissait encore plus sans voix si c'était possible. Son regard brun suivi la pièce de tissu qu'il avait déposé face à elle et elle l'observa s'éloigner, sans avoir pu décrocher une dernière parole.

Bientôt, la vie reprendrait son cours suite à cette parenthèse et Grace ne voulait pas se retrouver dans l'agitation du restaurant. Aussi, Elle fourra finalement le mouchoir dans sa poche après s'être essuyée les yeux et s'excusait auprès de son rendez-vous qui revenait vers elle, un peu penaud. Elle le laissa en plan sans plus d'explication et quitta la cantine en espérant laisser dernière elle cet entretien par la même occasion.
Grace
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