[CLOS] La fable du loup et de la lionne Part II [SVEDA]

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Sam 7 Oct 2017 - 15:34
La fable du loup et de la lionne
Part II

<< Du temps passé en famille

Finalement, les "jeunes" parents se retrouvèrent seuls. Ils pourraient donc profiter pleinement de leur petite soirée à deux. Caleb n'avait rien eu contre se faire accompagner dans sa petite douche, c'était toujours un plaisir d'avoir sa belle rose à ses côtés. Une fois prêt, il observait l'air curieux de sa compagne, toujours d'un air amusé. Il aimait particulièrement la surprendre et se réjouissait de voir sa réaction, une fois qu'elle comprendrait.

- Non tu peux laisser tes affaires ici, je n'ai pas encore prévu de t'emmener dans un autre pays. Pas le temps en une soirée. Sur un ton de plaisantin, un sourire accompagnant la boutade.

Mais Caleb avait noté, la prochaine fois, il se permettrait de leur offrir un petit voyage. Peut-être avec le petit. Cela pourrait être amusant de le voir réagir, déjà à son âge, à un nouvel environnement. Vraiment, le père se réjouissait de pouvoir emmener son fils partout où il irait, bien entendu, en restant dans le raisonnable. Jamais il ne le mettrait en danger. Enfin, pour le moment, c'était la maman dont il voulait s'occuper. Si elle pouvait avoir hâte de découvrir sa surprise, lui se réjouissait de la faire. Bref, tout le monde était heureux dans leur petit monde et dieu savait que cela faisait du bien à notre vieux loup.

Dante ne cherchait pas non plus à lui cacher les choses, si elle devinait ce qu'il avait en tête, il en serait amusé. Elle comprenait déjà qu'ils allaient au musée, pour le reste, Sveda semblait être encore un peu dans le flou. Il hocha tranquillement de la tête.

- Oui. Il lui frotta le dos. Oh si tu me le demandes, pourquoi pas. Taquin, encore. Sale gosse.

Arrivé devant les portes du musée, le conservateur de ce dernier les attendait sur le haut des marches. D'une franche poignée de main, notre explorateur lui serra la main, un grand sourire aux lèvres. Le remerciant de leur ouvrir les portes à cette heure. Enfin, les portes du bâtiment étaient ouvertes pour la soirée, car le musée faisait des nocturnes un soir par semaine. Mais il y avait des portes qui ne l'étaient pas encore. Justement, celles de la fameuse nouvelle exposition.

Prenant la main de sa belle, il l'emmena donc dans le musée, à travers les différents visiteurs qui s'amusaient de pouvoir parcourir les couloirs de ce bâtiment antique la nuit. Jusqu'à un endroit encore interdit au public. Il lui ouvrit donc la porte, se retrouvant dans une ambiance plus tamisée, des colonnes marquaient l'entrée, des bruits de marché, tout avait été fait pour que l'on se projette dans une ville antique, d'un passé fort lointain. Sans aucun doute, Sveda reconnaîtrait rapidement Constantinople.

- Bienvenue. Lui embrassant la joue. Ce qu'il ne disait pas, c'est qu'il avait aidé à la création de la scénographie, n'ayant pas vécu à cette époque, il pouvait s'être trompé sur certains points, mais ses recherches avaient toujours été suffisamment précises pour donner une vraie authenticité à la reproduction. J'ai besoin de ton avis, si c'est assez ressemblant. Avec un petit clin d'œil. Ils déambulaient donc dans les rues anciennes, découvrant les artefacts posés en vitrine, jusqu'à joindre ce qui avait été un palais grandiose.

Carso les fit alors s'arrêter devant le portrait d'une femme. Noble à voir son habillement. Il laissa sa belle l'observer un instant et se plaça dans son dos, pour lui murmurer à l'oreille.

- Est-ce qu'il y a quelque chose qui attire ton regard sur cette peinture?

Il lui laissait la possibilité de bien observer, le tout, il savait qu'un bijou attirait particulièrement son attention. C'était là l'une de ses plus grandes trouvailles. Mais pour le moment, notre loup préférait laisser sa lionne faire ses propres déductions.

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Caleb
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Dim 8 Oct 2017 - 19:07



“A street in Constantinople is a picture which one ought to see once-not oftener. ”

Mark Twain



Que Caleb se soit si bien organisé pour préparé une surprise la mettait en joie. Aussi la rose du désert se laissait porter par le courant. Avec un sourire radieux elle saluait le conservateur de l'établissement, se faisant l'effet d'être une privillégiée. Sa main, toujours dans celle du loup, elle en faisait son guide.

« Qu'est ce que tu mijotes ! » La réponse ne tardait pas : Byzance, Constantinople, les Croisades... tout était là.

Sveda demeurait à l'entrée de la salle d'exposition, prenant en compte toute la mise en scène, d'un regard émerveillé. Ses yeux découvraient progressivement la scénographie qui faisait éclore tout un monde de souvenir. Elle fût stupéfaite de retrouver la couleur des drapés, l'archtecture des échopes, et tous ces sons liés à son enfance. Cette reconstitution avait dû réclamer des mois de recherches aux vues de certains détails. La rose tourna un visage aux traits extatiques vers son compagnon et sans lâcher sa main, elle avança lentement dans l'allée principale. Dante devait bien avoir une petite idée de l'effet que cette surprise devait avoir, sur cette mère de famille aux origines tronquées.

« Depuis combien de temps prépares-tu ça ?! »

Ils avançaient pas à pas, tant Tohum voulait étudier le contenu des vitrines d'exposition. L'envie de toucher à tout ces objets pouvait se voir dans sa façon d'effleurer le verre protecteur. Tohum n'avait pas mis les pieds dans la ville rebaptisée Istanbul depuis une éternité. Cette ville était si différente de celle qu'elle avait connue étant petite fille, que c'était comme d'aller dans un endroit étranger. Jusqu'à la cathédrale Saint-Sophie, que des années de modernisation avaient fini par dénaturer. Pourtant, souvent, elle rêvait de retrouver les traces de son passé.

« Mon dieu ! Mais, comment avez-vous fait pour retrouver les détails... » Les colonnades étaient directement inspirées de gravures que notre nomade reconnaissait. Elle caressait l’imitation en stuc en murmurant le nom de l'ancien palais impérial. « Dolmabahçe Sarayı.»

Dans ses yeux d'enfant cet édifice lui avait paru gigantesque démesuré. Aujourd'hui elle savait qu'il en existait de beaucoup plus grands dans l'archipel. Elle était fascinée par le marbre blanc qui étincelait au soleil, par les dorures et les peintures. Mais la splendeur de l'endroit avait été malmenée par les siècles et les guerres.

« C'est fou. Oui, je me souviens de ces statues. » Déclarait-elle ravie de revoir ces petites choses longtemps oubliées. Elle suivait naturellement le mouvement intimée par Carso, sans trop discuter. Son regard se posa sur la copie d'une mosaïque en pied. L'art Byzantin avait peu de secrets pour la belle immortelle qui avait longuement étudié ce courant artistique tout au long de sa vie. Elle identifia rapidement les symboles de la lignée impériale d'occident. « C'est l'une des impératrices. C'est un peu loin. Il faut que je revois mes livres d'histoire. »

Sveda scruta les abords du tableau pour trouver son cartel. Il était court :


« Anne Ange-Comnène impératrice consort de Nicée
1262, Constantinople (Istanbul)
Mosaïque
Coll. Marek Halter (acquit 1977)
 »



Le sous-entendu de Dante encouragea Sveda à examiner la mosaïque avec un soin particulier.

« Elle porte mon collier ! »

L'étonnement était aussi sincère que brusque. Assez mécaniquement elle fit un premier calcul mentale. En effet, Tohum ignorait quelle était la date exacte de sa naissance. Elle savait cependant qu'elle avait vu Andronic II Paléologue venir à Constantinople en 1290 et qu'elle était assez grande pour assister à la parade au moment de sa venue. Ce qui voulait dire qu'elle avait probablement connu le règne de cette femme. Tandis qu'elle tentait de se rappeler de l'Impératrice de Constantinople une déduction se fit. Prise d'une émotion incontrôlable Sveda saisit la main de Carso.

« Dant'... » Elle plongea son regard dans celui de cette inconnue. Voilà le premier lien entre ses racines et elle. Enfin ! « Tu crois que... c'est lui ? » Sveda replongeait dans des souvenirs enfouis depuis très longtemps. Une image lui revenait timidement. Une main d'albâtre sortant d'une manche soyeuse. Des longs cheveux blonds, qui nimbaient un visage angélique... Cette vision avait hanté ses rêves pendant des années. « Non... La fille d'Alexis III a porté mon collier ? Mais alors... alors... »

Sveda était encore très loin de la réalité historique. Elle ne pouvait pas se projeter vers la vérité tant son psychisme tentait de la protéger d'une nouvelle déception. Cependant, elle était perplexe. C'était la première fois qu'elle voyait son bijou sur une iconographie. Elle savait que Caleb ne l'aurait pas invitée ici sans être sur de lui. Elle lui faisait confiance. Ils savaient tous les deux que le sujet des origines était trop délicat pour créer de faux espoirs. Alors, ni tenant plus, la belle fit un quart de tour pour épier son amant.

« Je t'en pris, dis-moi ce que tu sais Dant' ?! » L'excitation était palpable jusque dans son sourire. Sa mère était peut-être une servante au service du palais. Ou bien son père avait subtilisé le bijou. Ou bien encore une autre fable ! « Qu'est-ce que tu as trouvé ? »

Il n'y avait de plus beau cadeau pour Tohum que ce petit espoir. Aussi était-elle prête à tout entendre. Tout pour vus qu'on puisse lui dire, enfin, d'où elle venait.
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Jeu 23 Nov 2017 - 17:53
Dante observait plus les réactions de sa compagne que réellement ce qu'il avait monté avec l'équipe du musée. Après tout, il commençait à connaître ces salles par cœur. Mais voir le regard brillant de Sveda lui démontrait qu'ils avaient bien fait de prendre autant de temps. De faire ces recherches, de vouloir coller au plus près de la réalité de l'époque. Car il lui semblait qu'elle se projetait dans un passé fort lointain et il pouvait le dire, il en était juste ravi. Avec un petit sourire en coin, il marchait à ses côtés, lui laissant tout découvrir, lui laissant le temps de le faire, personne n'était pressé ce soir.

- Un moment, je l'avoue.

Depuis qu'elle lui avait donné ce collier en fait. A la base, il n'était pas parti dans l'idée d'en faire une expo, mais en parler à ses collègues, les avaient motivés à faire quelque chose, à montrer aux nouvelles générations comment était Istanbul à l'époque, avant même que les Arches n'existent. Les différentes expéditions qu'avaient fait Dante, depuis, avaient donc été surtout faite dans l'idée de retrouver des archives, des objets, et autres, qui touchaient à ce passé. Quelques versements des Lampeduza avaient aussi aidé à cela. Même s'il avait bel et bien trouvé l'objet que Nikolas l'avait envoyé chercher, mais qu'il gardait encore - pour l'instant - dans un endroit secret et protégé. Ce qu'elle avait fait à la petite-fille de sa compagne, ne l'avait pas mis dans les bonnes dispositions pour lui donner ce truc, sans contrepartie.

- J'ai fait pas mal de recherches. Avec un petit sourire, fier de lui. Il avait le droit de l'être puisqu'il avait touché juste, à voir comment réagissait la belle rose.

Si en plus elle se souvenait de ce qu'elle voyait. Tout était donc parfait et même réussi. Restant les mains dans le dos, il laissait le temps à sa compagne d'observer la mosaïque, ainsi que de comprendre pourquoi il l'avait amené face à cette pièce en particulier. Il savait qu'elle ne voudrait pas se faire d'idée, mais autant laisser planer encore un petit doute.

- En effet.

Et ce n'était pas pour rien qu'elle le portait, mais Sveda ne semblait pas vouloir y croire. En tous les cas, le plus logique ne semblait pas être totalement prêt à se faire à ses yeux. Caleb lui prenait doucement les mains, alors qu'elle lui demandait finalement ce qu'il avait pu trouvé. Avec un sourire tranquille, rassurant, il lui remis une mèche de cheveux en place.

- Tu l'as bien reconnu, c'est bel et bien ton collier. Et ce collier, c'est bel et bien le sien. Je n'ai guère de doute sur sa provenance et son authenticité. Sveda, tu voulais connaître tes origines, elles sont devant toi. Je ne peux pas encore te dire qui est ton père, mais ta mère, c'est elle.

L'archéologue laissait sa compagne digérer ce qu'il venait de lui apprendre. Il y avait des papiers retrouvés et conservés qui parlaient bel et bien d'une ou deux naissances non-voulues, mais à quoi bon tuer les bébés? Ils avaient été laissés aux soins d'autres personnes, cachés aux yeux du peuple. Mais cette Impératrice venait parfois les voir, de loin.

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Caleb
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Dim 3 Déc 2017 - 0:25

Bien bien à ce stade de notre intrigue, je me permettrais seulement de rappeler que Sveda avait été confiée à une jeune sage-femme du bas de la capitale babylonienne. Cette même femme avait juré les grands dieux de ne jamais révéler sa provenance à cette enfant, qui lui avait été amenée une nuit d'orage par une fille du palais. Elle lui avait cependant avoué ne pas être sa mère biologique, à peine quelques mois avant de périr dans un incendie. Celui qui avait précipité la fuite de « Constance » dans les montagnes. Le mystère demeure encore sur les circonstances de ce dernier.

« Je... » Non, aucune phrase complète ne parvenait jusqu'à sa bouche. Tohum n'arrivait qu'à répéter ce mot en gardant le regard planté dans celui du nomade. « Je... »

Une foule d'émotions diverses et contradictoires, se frayait un chemin, naissant de ses tripes, pour remonter jusqu'à son cœur. La belle ne savait pas exactement si elle était heureuse, ou triste, soulagée ou excitée. Cela faisait si longtemps qu'elle cherchait la réponse. Elle avait l'impression d'être arrivée au bout d'un voyage, sans y être préparée. Elle savait que cette impératrice consort était morte jeune. Avant d'avoir atteint sa trente-septième années pour être exact. Aussi, cela réduisait le tout petit espoir -idiot- d'avoir hérité ses gênes d'une autre immortelle.

« Est-ce... Est-ce que... tu sais... » Au fond d'elle Sveda connaissait la réponse à cette question. Mais comme tous les enfants elle avait besoin de l'entendre pour accepter la vérité. La lignée des Ange de Constantinople s'était éteinte très vite après la prise de la citée. Les chances pour que Sveda ait encore de la famille en vie étaient quasi nulles. « Elle m'a laissé vivre... Pourquoi ? »

Très lentement, la rose s'écartait de son amant pour revenir devant la céramique. Cette fois, elle se postait face au portrait de cette femme, avec le cœur et les yeux, pleins d'attentes et naturellement de nouvelles questions. Que savait-elle de cette femme ? Très peu de choses évidement. Il y avait très peu de documents historiques de cette époque. Théodore Lascaris n'était pas son père, alors qui ? Bien entendu, je le sais, mais vous savez combien j'aime vous faire subodorer.

« Je suis une enfant illégitime... » La fille illégitime d'une consort de Nicée. C'est à dire pas grand chose à l'échelle de la dynastie de toutes les façons. En songeant à cela Sveda essayait d'imaginer la vie de cette femme qui avait été sa génitrice, plus que sa mère. Qui avait-elle été ? Avait-elle aimé l'homme de qui elle l'avait eu ? Sveda l'espérait. Avait-elle été peinée de la laisser ? Cela aussi... « Il faut que je vois Angie... ou Eliott. Peut-être l'un d'eux se souviendrait-il d'elle... »

Bien sûr, il y avait eu sur la route de Tohum, des individus aux âges antédiluviens. Elle aurait aussi bien pu demander au père d’Élias et d'Abby. Mais, autant que faire se peut, elle voulait éviter les contacts avec lui. Cnossos aurait probablement eu quelques informations étant donné qu'elle gravitait depuis toujours dans la sphère du Pouvoir. Mais les personnes citées étaient (sans le moindre doute) les plus sûres.

« Merci Dant'. » Les mots s'accompagnaient d'une tendre embrassade. La fille du désert venait délicatement le serrer contre son cœur ému. Son oreille écoutait le battement régulier de ce dernier. Carso avait répondu à l'une des plus grandes énigmes de son existence. Et une fois encore, il l'accompagnait sur le chemin de la paix intérieure. Grâce à cela Sveda pouvait commencer à se réconcilier avec une partie de son histoire et mieux construire celle qui leur était commune. « Samy saura qui était sa grand-mère grâce à toi. »

Ce moment avait une part d’irréel pour la belle et éternelle nomade. Cette reconstitution, la nouvelle de sa filiation, tout se mélangeait, pour la plonger dans une sorte de rêve éveillé. Elle n'avait aucune envie de lutter, se sachant en sécurité avec Caleb. Alors, elle se laissait aller à fouiller au plus profond de sa mémoire, là où étaient cachés les souvenirs d'une jeune fille encore ordinaire, innocente, seulement destinée à assister une accoucheuse.

« As-tu une piste pour mon père ? » Lui demandait-elle en s'écartant juste assez pour aller croiser son regard. A quatre ou cinq mètres de leur position, une affiche mal accrochée, retombait sur elle-même. Le bruit parvint à faire sursauter la nomade. Elle se tournait lentement dans sa direction et souris.

Un très court instant, Sveda sentit son cœur se serrer en pensant à toutes ces fois où Joachim lui avait proposé de faire des recherches sur leurs origines. Il avait toujours été le plus avide de savoir. Peut-être parce qu'il avait été son aîné ? Allez savoir ! Mais grâce à Dante c'était maintenant chose faite. La nouvelle méritait d'être partagée... enfin peut-être pas avec tout le monde. D'aucun trouverait encore le moyen de s'en servir.

« Penses-tu que je pourrais amener les enfants ? Sahar va adorer. »

Les yeux de Sveda pétillaient, encore intimidés par cette bouleversante vérité fondatrice. Ils se posaient de nouveau sur le loup cette fois plein de douceur et de complicité.
Tohum
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Sam 16 Déc 2017 - 20:50

Dante ressentait, bien entendu, toutes les émotions qui traversaient sa compagne en ce moment même. Il pouvait la comprendre, n'était-il pas, lui aussi, un orphelin? Il ne pouvait que comprendre ces sentiments, alors qu'elle découvrait enfin une partie de ses racines. Peut-être l'enviait-il un peu. Il y avait quelque chose d'important à savoir d'où l'on venait. Même à leurs âges. Ils avaient suffisamment de vécu, pour que l'on pense que ces choses n'avaient plus grand intérêt, mais bien au contraire. Plus Dante avançait dans les âges, plus il sentait parfois le besoin d'en savoir un peu plus sur ses racines. Mais contrairement à Sveda, il ne savait même pas par où commencer, ses parents, s'étaient plutôt bien arrangés pour que toute trace disparaisse à jamais. Enfin, il était plus content qu'envieux, ne nous méprenons pas. Le loup était heureux de faire ce cadeau à sa compagne. Il ne la quittait pas du regard, lui tenant doucement les mains, hochant de la tête à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche, simplement pour lui dire, ne t'inquiète pas, tu as le droit de le dire.

Pourtant, l'archéologue n'avait pas les réponses à toutes les questions qu'elle aurait. Qu'une partie seulement, car même si les recherches pouvaient être poussées, il lui faudrait pouvoir revenir dans le temps, pour être certains de certaines de ses conclusions. Maintenant que Charlie était en couple avec un retourneur de temps, il pourrait parfaitement y penser. Le jour où il serait mis au courant du pouvoir de Dastan, bien entendu.

- Je n'en suis pas certains... mais je ne pense pas qu'il y ait eu des survivants, à part toi. Ou s'il y en a eu, voilà longtemps que les lignées sont éteintes, voir beaucoup trop mélangées. Après tout, vu les siècles qui les séparaient de cette vie à Constantinople... Parce qu'elle ne voulait sans doute pas tuer l'un de ses enfants, même si c'était le fruit d'une union interdite. Souriant légèrement. Tu as sans doute hérité de cette facette de sa personnalité. Tentant un instant de rendre la situation plus légère.

Laissant sa belle refaire face au tableau, il se tenait pas loin d'elle, les mains dans les poches, l'observant, restant concentré sur ses émotions, qui se calmaient petit à petit. La nouvelle était intégrée, digérée, acceptée, il la laissait à ses pensées, presque désolé de ne pouvoir répondre à toutes les interrogations qu'elle pouvait avoir. Il haussa légèrement un sourcil.

- Eliott? En voilà un qu'il ne connaissait pas.

Sveda avait décidément beaucoup plus de contact que lui. On voyait bien la différence entre eux, le loup avait été solitaire et avait clairement préféré la compagnie des vieilles pierres et des tribus perdues, contrairement à la rose des sables qui s'était intégrée dans la vie des Hommes, avec toute cette humanité qu'elle avait. La serrant contre lui, il l'embrassa sur la tempe, acceptant l'embrassade sans se faire prier. Toujours prêt à la soutenir en toute circonstance.

- Je t'en prie. Riant un peu. J'espère qu'il ne sera pas trop étonné d'apprendre qu'elle a plusieurs siècles! Et même s'il en riait un peu, il était encore quelque peu perdu sur la façon qu'ils auront d'aborder ce petit "détail" avec leur fils, leur immortalité, leur âge... même si c'était encore un peu tôt pour le faire, c'était quelque chose à laquelle ils allaient bien devoir faire face. Enfin, il se reposerait sans doute sur sa belle, qui avait une plus grande habitude que lui, à tous les niveaux, concernant les enfants.

- Pas vraiment... mais je continue à chercher, je finirai bien par tomber sur quelque chose, enfin... je l'espère. La problématique d'une histoire aussi vieille, c'est que les preuves sont plus difficiles à trouver, voire impossible. Il préférait ne pas lui offrir trop d'espoir. Mais je ferai au mieux. Lui caressant les joues de ses deux mains.

Son regard alla du côté où il y avait eu du bruit, il caressa doucement le dos d'une main, pour la rassurer, avant d'hocher de la tête.

- Bien entendu. L'exposition ouvre dans deux jours, vous aurez le temps de venir en famille. Je voulais juste t'en offrir l'exclusivité! Fier de lui, encore et toujours. Lui volant un baiser. Je suis quand même ravi de mon petit effet. Lui prenant la main. On continue la balade? Le musée étant ouvert encore un moment, on peut continuer à déambuler, avant la suite de la soirée.

Car oui, la soirée ne faisait finalement que commencer et Carso avait sans doute préparé deux, trois petites choses en plus. Rien d'aussi incroyable que cette révélation, mais tout ce qui pourrait plaire à un couple de jeunes parents, qui pouvaient enfin profiter d'une soirée à eux. Il contrôla pourtant un instant son téléphone, pour s'assurer que la marraine n'envoyait pas un sms d'appel à l'aide, avant de revenir sur la mère de son fils.

- Qu'est-ce que t'en dit?

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Dim 7 Jan 2018 - 14:28



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Quel courage avait démontré cette femme à une époque où l’adultère était condamné par la mort. Et pas la plus douce des morts. Plus encore, dans la caste des nobles, pour laquelle le sang bâtard était une ignominie. On peut donc supposer que la demoiselle était, soit une simple d’esprit, ou alors une franche rebelle. Sveda souriait timidement et répondait d'une voix vive d'espérances.

« Oui ! Oui… peut-être bien que oui. »

Cal’ était plus proche de la vérité encore qu'il ne pouvait s'en douter. Quelle se soit nommée, Marie, Isabel, Judith, notre rose n’avait jamais été la compagne officielle de ses amants. Le hasard de la vie ? Follement amoureuse du père des blonds, elle n'avait jamais réussi à le convaincre de l'épouser. Après la naissance d'Abygaël les dernières illusions s'en étaient allées. A présent, la nomade n'aspirait plus qu'à pouvoir aimer en paix.

«Eliott ? Oh c’est un bibliophile, un antiquaire...  Il aime retrouver des trésors.» La prunelle de Tohum luisait d’un éclair de génie. Elle se souvenait sans peine de ses longues conversations avec le vieux scandinave. « Il te plairait ! Vous auriez plein de choses à échanger tous les deux. La prochaine fois qu’il passe par ici, on l’invite à dîner ! Comme ça tu le découvrira.» Et croyez-moi que ces présentations devraient valoir le détour, fois de narrateur.

Delight travaillait en centre-ville ce serait autrement plus facile pour mener sa petite enquête. Mais Carso avait raison, retrouver le père biologique de Sveda s’avérerait plus ardu. Les hommes ne portaient pas les enfants. Mine de rien ils restaient le plus souvent dans l’anonymat le plus complet. Puisque la procréation n'était pas attendue l'homme avait probablement cherché à se faire oublier. Enfin, est-ce là vraiment de quoi éteindre la flamme de la Rose du désert ?

« Il n’empêche, en moins de deux ans tu as résolue une énigme de sept siècles… Je ne sais pas si tu te rend compte ! J’espère que l’on retrouvera une trace de tes parents aussi.» Lui confia-t-elle en lui souriant avec tendresse.

Le rire du loup entraînait celui de la lionne. Ils riaient au milieu des vestiges d’une époque oubliée. Ils étaient beaux à regarder ces deux-là. Le monde avait beau être chambardé par des conflits à l'échelle subatomique... Ils étaient comme les héros d'un roman que rien ne pouvait dérouter de leur destinée.

« Oh oui, c’est une belle surprise, tu peux être fier !! Très ! C’est… L’une des plus belles choses qu’on n’est jamais fait pour moi.» Ce qui en disait long sur la valeur qu’avait cette découverte aux yeux de Sveda. Tout comme sur le peu d'attentions de ses autres compagnons de vie. «En dehors des enfants. » Ah, Tohum n’aurait pas été Tohum si elle n’avait pas évoqué ces trésors de sa vie. Samy était un bébé affectueux, vif. Sveda nourrissait pour lui des espoirs sans limite.

La belle se penchait pour échanger un baiser amoureux avec le père. Une fois de plus, Dante était une source de joies. En fait, quand il était là, les soucis s'effaçaient. Et il était moteur d'idées et d'attentions qui donnaient au quotidien quelque-chose de magique.

«... Que c’est une belle soirée. » Sveda pressait tendrement les bras de Carso, les frottait de bas en haut. « Profitons de ces merveilles.»

Cela faisait trop longtemps que Kent était venue dans ce musée pour se souvenir précisément de son agencement. Elle prenait donc une direction complètement au hasard se fiant à son instinct. Seuls dans cette caverne aux merveilles ils étaient comme des explorateurs. Le bruit de leur pas résonnait sur le paquet. Chaque grincement amplifiait l'étrange atmosphère du lieu.

« Tu crois que l'on va croiser des fantômes ? » Plaisantait la Rose en se nichant contre son loup.
Tohum
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Dim 21 Jan 2018 - 13:59
Rien de plus agréable que de sentir sa compagne heureuse. Heureuse d'en savoir plus sur ses origines. De pouvoir mettre un nom, le vrai, après son prénom. De découvrir de l'où on venait. C'était important, pour tout être humain. Un petit sourire heureux flottait sur le visage du vieux loup, le bonheur de sa belle se propageait dans son être et cela lui faisait tout autant de bien. Il se disait qu'il lui faudrait continuer à maintenir ce niveau de bonheur entre eux. Il ne voulait pas la voir triste et abattue, il ferait tout, jusqu'à ce qu'elle ne le veuille plus, pour que ces sentiments existent le moins possible tant qu'ils seraient ensemble. C'était une promesse silencieuse qu'il se faisait.

- Parce que c'est un homme qui aime les vieilleries que tu estimes que l'on aura pleins de choses à se dire? Fit-il sur un ton on ne peut plus taquin. Mais il ne voyait pas d'inconvénient à rencontrer un homme qui semblait être intéressant et que sa compagne estimait. Ce qui était le plus important. En plus, si lui aussi était un immortel. Pourquoi pas? Tu m'as rendu curieux de le rencontrer. Et encore, il ne savait pas à quel point, une telle rencontre pourrait changer ses perspectives.

Comment perdre son sourire, quand celui qui était en face était plus que désarmant. Caleb ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était un homme chanceux, d'avoir rencontré ce qu'il pouvait estimer être comme une âme sœur.

- C'est parce que personne n'a jamais vraiment cherché. Plongeant son regard dans le sien. Et qu’à mes yeux, rien n'est plus important que de te voir épanouie, Sveda. Il lui volait un doux baiser. Je ne me fais pas trop d'illusions à ce sujet, je n'ai absolument rien qui me relie à mes géniteurs... pas même un vague mouchoir. Mais celui qui m'a recueilli, c'est lui que je considère comme mon père.

Même s'il pouvait être curieux, il avait perdu depuis longtemps l'idée d'un jour savoir d'où il venait. On ne pouvait pas tout avoir dans la vie. Une chose pourtant, il ferait en sorte que son fils, n'ait pas à subir ce que lui avait subi. Jamais il ne serait loin de son père longtemps. Il aurait droit à une vraie vie de famille.

- Tu sais quoi, je suis heureux d'être celui qui te fait sourire ainsi. Et ce n'était pas un mensonge, loin de là. Comme dit plus haut, il souhaitait tout faire pour que plus jamais cette femme ne subisse les maltraitances d'un compagnon ne pensant qu'à son propre nombril. Cette femme avait tant à donner. Pourquoi l'avait-on blessé autant? Cela le rendait presque hors de lui, voilà pourquoi il prenait tout à contrepied et était prêt à tout pour elle. Quitte à passer un petit pacte avec le diable, simplement pour ses beaux yeux.

Ils partirent donc à la découverte du musée, en amoureux, bras-dessus, bras-dessous. Dante se permettait quelques explications quand ils passaient devant des vitrines qu'il connaissait bien. Toutes les sociétés antiques qu'il avait étudiées, celles qu'il avait connu aussi. Il eut un petit rire à la question de sa belle.

- J'ai parfois l'impression que l'on marche déjà entouré d'eux. Dans ce genre d'endroit. Les pierres amènent beaucoup de souvenirs, d'énergie avec elles. Elles ont traversés tellement de chose. Tu ne le sens pas?

Sans pour autant parler de fantôme à proprement parler. Il n'y aurait clairement pas des esprits qui s'afficheraient devant eux pour leur faire peur. Mais en fermant les yeux, en se concentrant un peu, Dante pouvait ressentir parfois toutes ces foules qui étaient passées là avant eux. L'air vibrait de cette énergie. Ni positive, ni négative d'ailleurs, juste... une preuve de vie ancienne, encore présente, quelque part. Ils finirent par se retrouver proche de la sortie. Il lui prit alors la main doucement.

- On va changer un peu d'ambiance. Avec un petit sourire. Plus de vieilles pierres pour ce soir. L'entraînant alors à l'extérieur, il avait dans l'idée que le petit restaurant africain qu'il avait dégotté grâce à quelques recherches précises sur la machine à internet leur ferait passer un moment culinaire des plus appréciables!

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Sam 27 Jan 2018 - 17:58

La Rose se faisait happée par le regard de son bel Inquisiteur. Elle y lisait tout ce qu'il lui disait. Peut-être se le disait-il dix fois, cent fois, de l'aube au crépuscule, ce sentiment qui faisait grandir son cœur sous ses poumons. C'était doux comme le vent d'été dans les voiles d'un navire, violent comme la tempête qui le fait chavirer... vibrant comme le chant du matelot qui aperçoit sa terre d'arriver.

« Crois-moi tu t'en sors très bien. Je... j'ai tout... tout ce que j'ai recherché. » Sveda acquiesçait délicatement, levant une main, pour effleurer les épis blond sur le crâne de Caleb. « Comment était-il ? » Questionnait-elle avec tendresse et sollicitude.

Tohum avait l'esprit assez ouvert pour laisser une part de mystère à ce monde morcelé. Après tout, elle aussi avait vécu tellement de situations où il se passait des choses inexplicables. En tous les cas jamais expliquées. Rien que l'histoire d'Hypnos l'avait bien forcée à composer avec les anomalies de l'Univers. Kussi était, quant à lui, un grand maître de l'insoluble. Il avait des dons qu'aucune science ne parvenait encore à imiter. Il n'était pas le seul...

« Oui c'est vrai. Je me souviens avoir eu cette impression plein de fois. » C'était souvent dans les cimetières, où sur des zones où avaient eu lieu des batailles. « J'aime assez l'idée qu'il y a quelque-chose qui persiste. Même si c'est infime... » Cela voulait dire qu'il y avait dans l'Univers encore un peu de ses fils, de ses filles, de ses amis et c'était réconfortant.

Souvent Kent proposait les choses, était l'initiatrice des activités. Parce qu'elle était ainsi. Sans doute aussi parce qu'elle avait été par la force des choses habituée à être le moteur du couple. Mais là aussi était la différence avec ce compagnon l'équilibre. Pour une idée donnée, Dante en proposait une autre. Ils avaient appris à se partager les tâches de la vie quotidiennes et tout ce qui les embellissaient autour. Sveda avait très rapidement appris à se laisser faire.

« Oh bonne idée ! » Un dîner en tête à tête, en dehors de la maison, c'était devenu une denrée rare. Un moment qu'ils savouraient d'autant plus.

Édimbourg était dans le noir. Même si en été les nuits n'étaient jamais tout à fait sombres. On pouvait sentir dans l'air le parfum de cette saison. D'ailleurs, les rues étaient pleines d'une vie nocturne et enjouée, comme on en trouve souvent à cette période de l'année. Sveda comme toute lionne était encore plus épanouie. Elle écoutait d'une oreille la prière des Aoliens, qui officiaient dans l'un des temples du quartier, dont les portes étaient ouvertes sur la ville. Ces imprécations ressemblaient à celle des prêtres Égyptiens de l'Antiquité et à tant d'autres...

« Quand je suis arrivée à Égypte j'ai trouvé refuge dans un temple. C'était la première fois que je me sentais vraiment à l'abri.» Ce soir Sveda avait l'impression de revoir ses primes années. La reconstitution avait ouvert une porte de sa mémoire qu'elle n'ouvrait que très rarement. À son âge c'était étrange de s'imaginer à vingt ans. Mais, elle trouvait cela amusant aussi. « J'étais si bien là-bas que j'ai décidé de devenir servante... d'Hator. J'étais... fascinée par son aura et sa bienveillance. »

L'idée de dédier sa vie à la Déesse avait habité son cœur. Un homme l'avez détourné de son service divin. Et sans posé de question la jeune Sveda l'avait suivie jusqu'au confins du Royaume de Bulgarie. Il ne s'agissait de nul autre que du futur père de Élias. Quand elle y repensait Tohum se rendait compte de sa crédulité juvénile. Elle souriait tendrement à l'enfant qu'elle avait été il y a si longtemps. Toutes ces rencontres heureuses ou malheureuses lui avait beaucoup appris sur l'humain et l'amour.

« Mmm, en fait je n'étais pas si différente de Charlotte à l'époque. » Le sourire dans le fond de sa voix était à la fois amusé et affectueux. Sveda s'était sincèrement attachée à cette charmante demoiselle. Elle la considérait probablement avec la même tendresse qu'elle avait pour Alex. « Heureusement, elle est mieux entourée. Quel genre de jeune homme étais-tu toi ?»

Sveda imaginait assez vite un adolescent posé, calme, même introverti et très serviable. Elle essayait de l'imaginer en service auprès des prêtres romains eux. Un sourire attendrie trahissait sa vision.
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Jeu 1 Mar 2018 - 18:04

Quoi de plus agréable que d'entendre que l'on réussissait son but? Que Sveda soit bien avec lui, qu'elle le lui dise de vive voix, même s'il pouvait le voir, même le ressentir, c'était... si bon. Son petit sourire ne quittait pas ses lèvres, il était heureux. Voilà tout. Et il ne pouvait dire depuis combien de temps il ne l'avait pas été autant. Il souhaitait que cela ne s'arrête plus, plus jamais.

- Tant mieux. Moi aussi, tu sais. Parce qu'ils se complétaient à deux. Mon père adoptif? C'était un homme bon, solide, compréhensif, croyant... j'avais une grande admiration pour lui. Mais puisqu'il était le frère supérieur du monastère où ils m'ont accueilli... je ne pouvais pas réellement avoir une relation "normale" avec lui. En tous les cas, pas comme tu le fais avec tes enfants. Mais ça me convenait.

Ses souvenirs d'enfance remontaient à bien trop loin pour qu'il puisse les avoir encore réellement clairement dans sa tête. Mais en ce qui concernait le père Carso, ça, ils étaient restés. Et ils n'étaient pas désagréables. Son enfance n'avait pas été un désastre comme on aurait pu s'y attendre. Ce fût son don et la suite, qui marqua et changea sa vie à jamais.

- J'en suis persuadé. Et ce n'est pas mon empathie aiguë qui me fait le croire. Peut-être ma croyance de base... haussant les épaules. Qui sait.

Après tout, la vie après la mort. Il y avait un peu de ça. Même s'il avait posé le col blanc depuis bien des siècles, qu'il avait côtoyé d'autres religions, la sienne restait pourtant dominante. Même s'il avait un faible pour les croyances amérindiennes, qui lui avaient apportées beaucoup. Dont le calme dont il faisait preuve aujourd'hui.

Ses doigts glissés dans les siens, Caleb menait donc sa belle au restaurant. Il aimait la surprendre, voir ses yeux pétiller quand elle découvrait alors ce qu'il lui avait préparé. Il aimait lui montrer par ces petites intentions à quel point il l'aimait. C'était tout simple, mais c'était primordial pour lui. Il goûtait à l'air frais du soir, écoutant la ville vivre, écoutant la voix de sa compagne. Il était toujours curieux d'en savoir plus sur elle et haussa légèrement un sourcil, alors qu'il apprenait qu'elle aussi, était entrée dans les ordres. Qu'importe la religion suivie. Ils avaient encore plus en commun que ce qu'ils pouvaient croire.

- Je te vois bien en servante tiens. Avec un petit sourire, tout en l'embrassant sur la joue. QUOI? Tu mangeais autant de sucre que ça?! D'un ton on ne peut plus taquin, avant de rire de bon cœur.

Peut-être qu'elle avait ressemblé à Charlie, c'était possible. Il essayait d'imaginer et en riait encore plus. Car quoi qu'on en dise, sa petite loutre était particulière. Difficile d'en trouver deux comme elle. Mais il l'aimait comme sa petite sœur et il deviendrait un loup dangereux si on s'attaquait à elle.

- Oui, si je t'avais connu à l'époque, jamais ne n'aurais permis qu'on s'en prenne à toi comme ça. Lui embrassant la main, avant de réfléchir un peu. J'étais loin d'être turbulent. J'allais souvent vers ceux qui avaient besoin d'un peu de réconfort. Je découvrais mes pouvoirs, j'aimais être seul et au calme. Le monde me faisait un peu peur, je ressentais trop de chose. Le monastère était un vrai havre de paix. Et les frères savaient comment agir avec moi. Ça s'est un peu gâté quand je suis devenu adulte. Avec un petit sourire. Ah!

L'aventurier s'arrêta devant une porte, à nouveau un petit air mystérieux posé sur ses traits.

- Nous y sommes! Il lui ouvrit alors la porte, pour la laisser entrer. Le restaurant était petit, ne payait pas de mine de l'extérieur, mais une fois à l'intérieur, c'était comme si on était projeté directement sur l'arche d’Afrique. Les couleurs chaudes et chatoyantes apaisaient les cœurs. Une musique s'entendait quelque part. L'odeur faisait saliver rapidement, on avait presque l'impression de sentir le sable sous ses pieds et le vent sur le visage. J'espère que tu as faim!

Il salua une serveuse qui s'approchait d'eux, donnant son nom de réservation avant qu'on ne les emmène dans un coin, des poufs étaient posés sur le sol, une table en bois ronde à hauteur les attendait.

- Je me suis dit que ça pourrait te rappeler de bons souvenirs. S'installant donc en tailleur sur le coussin. Il appréciait de pouvoir manger différemment que leurs coutumes occidentales. Après tout, Carso était un homme qui aimait partager les coutumes d'autres cultures.

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Caleb
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Ven 9 Mar 2018 - 1:21

Un courant d'air souleva délicatement les cheveux blonds sur la nuque de la nomade. Elle frissonnait un peu en resserrant les pans de son manteau contre sa taille. Elle oubliait vite ce détail quand Caleb se confia sur son passé. Ils en parlaient peu. Aussi, chaque fois que le vieux loup se livrait, sa compagne était toute ouïe. Comme lui, elle était curieuse.

« Je comprends oui. » Une bonne âme s'était prise d'affection pour chacun de ces nomades. Cela les avaient empêchés de vivre une vie de misère. « C'est grâce à lui que tu es entré dans les ordres ? Il t'a donné la vocation ? »

Sveda souriait en imaginant tous leurs défunts quelque part en train de regarder l'Arche flotter. Un paradis, un autre monde, avait de quoi réconforter. Dans leurs vies longues les épreuves étaient forcément plus nombreuses que dans celle d'un mortel. Le tout était d'arriver à compenser avec des moments de bonheur... de grâce.

« Qui sait oui... » Les expériences scientifiques autour de la mort existaient depuis toujours.

Sur le trajet, Tohum sentait la pression naturelle du sable sur son corps et son esprit. Lorsqu'elle était aussi décontractée, ses sens étaient affûtés. La belle avait tant et tant étudier ses dons, qu'elle pensait tout savoir d'eux. Mais, elle en oubliait peut-être l’essentiel parfois. Cette élément naturel influençait sa vie. Pas seulement la sienne, puisque au moins deux de ses enfants avaient hérité d'un lien spécial avec le sable.

Le regard de la rose étincelait d'une malice amoureuse. Elle avait porté la robe avec beaucoup de fierté. Plus tard, elle s'était faite la protectrice d'autres cultes. Son discours était établi sur des faits. Elle avait été adepte de plus de l'un d'entre eux. C'était les dérives fanatiques qui avaient fini par la rendre méfiante. Les génocides, les Croisades, toutes ces monstruosités, qui continuaient. Même Aloeus avait ses extrémistes.

« Je m'en sortais bien ! En fait, j'aimais la sérénité. Même la répétition des tâches. » Disons que oui, cette expérience s'était présentée au bon moment dans la vie de la jeune femme qu'elle était à l'époque. « Ah ça non, pour le sucre personne ne peut la battre ! » Le sourire de Kent restait accroché à son visage, encore jeune et beau.

Il était vrai que la première découverte d'un don puissant n'était pas une expérience qui se déroulait bien généralement. Sveda était donc heureuse de savoir que Dant' avait été soutenu au moment où son empathie s'était manifestée.

« Enfin de compte la vie est parfois bien fait. Tu es arrivé dans un endroit favorable. » Sveda se souvenait vaguement de sa fuite, de sa peur, du sable en avalanche. La cavalerie avait été littérairement avalée par le désert. L'un des souvenirs de son adolescence qui ne pourrait jamais s'effacer de par l'impact qu'il avait eu sur elle et sur sa façon de considérer les pouvoir acquits. Tohum comprenait la situation dans laquelle s'était retrouvé son amant. L'une de ses filles avait été une empathe. La vie avait été intense pour ce petit oiseau. « Oui... tu sais, j'ai tout de suite été frappée par ton self-control. J'espère qu'Ava arrive à profiter de ton exemple. Est-ce qu'elle a osé venir te parler ? »

A la porte poussée, la Rose se fit envoûter par le parfum qui flottait dans le restaurant. L'atmosphère du lieu faisait déjà remonter des émotions, des sensations en elle. Elle se sentait tout de suite bien, un peu comme chez elle. Ils l'avaient dit tous les deux, leurs terres d'origine leur manquait parfois. Sveda n'avait pas mis les pieds en Afrique depuis plusieurs années.

« C'est... C'est la soirée du voyage dans mon histoire. Constantinople... maintenant le Centre-Afrik. » Le regard de la nomade était complètement accaparé par le décor du restaurant. « Dant' ! J'adore ! Tu es... Haha. C'est parfait. » « un amour », « une perle », « adorable » tout cela à la fois. On ne pourrait pas le nier cet homme était aux petits soins.

Une fois assise, à la mode du pays, Tohum portait son sourire ravie sur son cher comparse de soirée.

« Merci.» Combien de fois était-elle amenée à lui dire ce mot ? Beaucoup ! Sûrement moitié moins que le nombre de fois où elle le pensait. Sveda, ou quelque soit son nom de naissance, était forgée dans la reconnaissance et l'amour de l'autre. Alors vous comprenez bien qu'avec un ange gardien comme Caleb. « Quels coins de ce continent tu as eu le temps de voir avant Armageddon ? Est-ce que tu as pu voir le Cameroun ? Kussi vient de là-bas. Et les déserts ? Est-ce que tu as eu le temps de parcourir le Sahara ? C'est là-bas que J'ai accouché d’Élias, derrière une dune, en pleine nuit ! Et la seule chose qui me faisait peur c'est qu'il attrape froid en sortant de mon ventre. »

A ce souvenir la belle du désert se mit à rire. Sa main se tendait naturellement pour aller caresser le bras de son loup... mais déjà une jeune femme à la peau d’ébène venait leur offrir une boisson de bienvenue. Sveda ne pu résister à parler dans la langue maternelle de la demoiselle. Elle se concentrait ensuite sur Dante rayonnante.
Tohum
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Jeu 29 Mar 2018 - 22:17

Caleb n'était pas l'homme le plus fier de son passé. Sur beaucoup de point, il en avait honte ou n'aimait pas trop en parler. Mais avec Sveda, il avait envie de partager ce qu'il se souvenait. Il tenait toujours à l'emmener en Suisse, dans son petit coin de paradis, où elle aurait sans doute la plupart des réponses à ses questions. Pour le moment, il le faisait oralement, ayant toujours du plaisir à parler avec elle. Et puis, puisqu'ils étaient dans le passé, autant s'ouvrir un peu plus à cette belle dame.

- Grâce je ne sais pas. Mais à cette époque, je ne voyais pas vraiment quoi faire d'autre... après tout, c'était les frères qui m'avaient élevés, pourquoi aurais-je fait autre chose? Je suis devenu inquisiteur par la force des choses, c'était un moyen comme un autre de voir du pays. Mais... enfin... j'ai vite compris que ce n'était pas fait pour moi.

Les fantômes, les esprits, il y en avait. Pourquoi n'y aurait-il rien après la mort? Et les catholiques n'étaient pas les seuls à avoir une croyance là-dessus. D'autres cultures qu'il avait rencontrées, d'autres sociétés dans lesquelles il avait vécu le croyaient aussi. Alors ça n'avait que pu renforcer cette pensée. Il n'était pas pourtant du genre à imposer ses vues aux autres, mais il était content de voir que Sveda pouvait être d'accord. Et quand il apprit qu'elle aussi était entrée dans les ordres à une époque... cette femme était faite pour lui!

- Oui il y a quelque chose de tranquille, voir de rassurant à faire ces choses. L'observant avec un petit sourire en coin. J'aurai été curieux de te voir dans ton petit habit de servante. Bah quoi? Il n'y avait pas que les femmes qui avaient le droit de fantasmer sur l'habit de prêtre quand même! Ha ha, en effet, elle est la reine du sucre. Ce sourire qu'elle avait sur les lèvres... ça lui donnait envie de l'embrasser et Dante se permit de le faire sans attendre, parce qu'il l'aimait et que tout était prétexte à le lui montrer. J'ai été trouvé par la bonne personne oui, heureusement... je ne sais pas si j'aurais survécu autrement. Les crises étaient plus que violentes... il lui prenait la main tendrement, tout en marchant. Non, pas encore. Je ne suis pas certains qu'elle osera le faire, après tout, maintenant que nous sommes ensemble, elle a l'air pudique. Mais j'irai lui en parler.

L'important était de pouvoir aider les gens. Il aimait faire cela. C'était resté ancré en lui, malgré les passages plus noirs de sa vie, il était toujours revenu à cela. Son humanité, son altruisme. Un peu comme sa compagne finalement. Ils aimaient les autres et étaient prêt à beaucoup pour eux. Sans qu'on le leur rende de la meilleure des façons parfois... mais maintenant qu'ils étaient ensemble, peut-être que les choses allaient changer.

Pour l'instant, c'était de Sveda dont il voulait s'occuper, à qui il voulait faire plaisir et pas de doute, il tapait dans le mille avec toutes ses surprises de la soirée. C'était elle que notre vieux loup observait alors qu'ils entraient dans le restaurant. Les ressentis de la belle blonde, il les prenait de plein fouet, mais avec un certain plaisir. Elle était heureuse, surprise, c'était plaisant à ressentir. Il savait qu'il avait fait le bon choix, la petite lueur dans ses yeux en était une nouvelle preuve. Son sourire s'agrandissait sur ses traits.

- Oui, c'est un peu ta soirée ma rose. Embrassant sa main. Je suis content que ça te plaise.

Installés, il lui fit un petit clin d'œil alors qu'elle le remerciait.

- Ça me fait plaisir, j'ai envie de prendre soin de toi, toujours. Peut-être qu'il se répétait, mais quelle importance? Je suis surtout allé en Égypte. Le Sahara je l'ai parcouru une fois oui, c'était... surprenant. Il l'écouta alors avec un vrai intérêt. Si Sveda était curieuse de connaître son passé, il en était de même de son compagnon pour elle. Oh... tu as accouchée toute seule? C'est vrai qu'il fait très froid la nuit.

Ses doigts caressaient doucement les siens, la laissant parler dans la langue de la jeune femme qui s'était présentée à eux. Après tout, c'était sa soirée. Il comprenait quelques mots, mais ce n'était pas les langues qu'il avait le plus étudiés. Il était plutôt un connaisseur des Amériques.

- J'espère que tu as faim. Fit-il alors que la serveuse repartait avec leur commande. Il parait que leurs plats sont plutôt généreux.
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Caleb
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Mer 4 Avr 2018 - 20:56



“A street in Constantinople is a picture which one ought to see once-not oftener. ”

Mark Twain


Tant de religions été nées, tant d’autres étaient mortes… Constance avait été élevée avant le Christ et ses apôtres. Elle avait grandi dans l’idée que le sacré s’incarnait dans des êtres et des forces multiples. Elle avait longtemps recherché la réponse. Y avait-il une force au-delà de toutes les autres ? Elle en était venue à délaisser les livres, pour retrouver la terre.

«  Et aujourd’hui ? » Carso avait donné son accord pour que Samuel soit baptisé selon un ancien rituel. Catherine Kent avait beau être un esprit scientifique, il y avait en elle de vieilles superstitions… «  L’animisme ? » En vivant en Asie, Sveda avait rencontré le bouddhisme. Dans les temples, elle avait retrouvé cette force sacrée qui l’avait tant impressionnée jeune fille. Il lui arrivait encore d’y retourner quand son état de vie était perturbé.

« Il était très saillant ! »  Pendant très longtemps Tohum avait eu un rapport au corps très instinctif, naïf, sans code. Délivrée de la pudeur dont les jeunes filles se protégeaient, elle se baladait nue dans les dortoirs. Leur discussion l’amenait à réfléchir. Pourquoi certaines personnes parvenaient à lutter contre la facilité de la violence et d’autres, non ? Sveda souriait tendrement au vieux loup. A ses yeux, il représentait tout ce qu’il y avait de noble dans l’être humain. « Ce serait bien que les jeunes entendent ton histoire. Peut-être que cela aiderait certains d’entre eux à rester… positif. »  Ava la première avait peut-être besoin d’entendre parler de ces victoires. Elle qui pensait que la seule solution était de détruire son don. Autrement dit, détruire une partie d’elle-même. « Merci… Si cela ne vient pas de moi, peut-être qu’elle écoutera davantage. »

La serveuse avait d’abord été un peu surprise d’être interpellée dans sa langue. Mais finalement, depuis qu’Edimbourg accueillait l’exposition universelle l’arche était encore plus cosmopolite. Le tourisme avait augmenté. Les étrangers arrivaient de toutes les directions.

«  Oui… quand j’y repense j’étais imprudente à cette époque. » Mais face à l’imprévu que pouvez-vous faire, excepté vous adapter ? Tanit s’était volatilisé quelques semaines après qu’ils aient découvert son état. Et il n’était réapparu que des années plus tard, alors qu’Elias avait déjà commencé sa vie d’homme. Sveda était tellement… éprise, où plutôt hypnotisée, par l’Immortel qu’elle l’avait pardonné. « Mais, je ne regrette pas. Elever Elias seule… c’est comme cela que j’ai compris que quoi qu’il arrive, nous serions toujours capables de survivre. » Ce qui s’était vérifié par la suite.

Tohum songeait alors à cette mère dont elle venait à peine de découvrir le nom. Elle se demandait comment cela aurait été d’avoir une mère, quelqu’un de plus expérimentée, à qui l’on pouvait demander des conseils, confier des secrets, et même se plaindre ! Une fugace pensée, un peu nostalgique, qui s'effaçait dés l'instant où la belle croisait le regard de son amoureux. Car c'était là toute la beauté des sentiments d'amour.

« Oui ça a l’air copieux ! Le folong est difficile à trouver ici. Qu’est-ce que j’ai pu en faire… » Non il n’y avait pas eu d’embargo sur cette espèce d’épinard. Mais Edimbourg était dans les prémisses de la politique rigoriste que le nouveau Comité allait bientôt mettre en place. « Le manioc aussi… » Des images de la récolte, Niji enrubanné dans son dos, à chanter en maniant la lame du couteau. La vie avait été douce avec la rose du désert. « J’en ferais à Sammy. »

Il ne lui manquait rien. Pas d’ombre pour venir gâcher le tableau. Elle ne pensait pas aux grands, où à la menace de Marisa, ou Nikolas. Elle était pleinement et sereinement heureuse. Voir Caleb et elle réunit par la vie lui fournissait la seule chose dont elle avait besoin pour avancer : de l’espoir. Un infini espoir. Qui lui donnait l’impression d’avoir de nouveau un siècle et toute l’éternité devant elle.

« Dant… tu sais, j’ai toujours eu un rêve. Un grand rêve. Je l’ai dans un coin de la tête. » Platon, Hippodamos, Vinci, More, elle les avait lu. Elle avait même échangé quelques lettres avec Thomas. Elle avait été aux frontières de Pondichéry, vers Phénix, au Brésil, voir de ses propres yeux. Chaque fois, le schéma recommençait. Le projet mutait. « Je vois ce qu’on créer toi, Sam et moi. Ça m’inspire… Tellement ! La PH c’était un début, un beau et grand début. Mais ce que je voudrais. Ce que j’aimerais… Ce serait qu’on imagine, qu’on créer, un endroit à notre image. Un endroit où l’on pourrait rassembler nos expériences. Ou l’on pourrait tenter quelque-chose de… de différent ! » La plus grande expérience scientifique et surtout humaine, que Tohum avait toujours espéré mener un jour. « Je sens qu’à deux on aurait des chances de faire quelque-chose… quelque-chose de bien. Pas tout de suit ! Mais quand on aura eu le temps de faire ce tour du monde. De Qu’est-ce que tu en dis ? » Lui demandait-elle tendrement avant d'émettre un doux rire.

Ce désir était profond, si profondément enraciné dans le cœur de cette femme qu'il la rendait belle. Ou peut-être tout simplement était-ce parce que la lumière était parfaite. Aussi parfaite que tout ce qui composait cette soirée.

« Me croiras-tu si je te dis que j'ai parfois l'impression que cette histoire m'a sauvée ?»
Tohum
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Sam 5 Mai 2018 - 11:21

- Aujourd'hui? Caleb se frottait doucement la joue, la question ne se posait plus, en tous les cas, pas chez lui. Je suis encore profondément catholique. Quoi que je vois ou fait. Hochant la tête. Oui avec une pointe d'animisme. Passant une main sur ses hanches, pour la garder contre lui. Mais j'ai arrêté de vouloir transmettre la bonne parole. Après tout, tout le monde à le droit de croire en ce qu'il veut.

En plus, de nos jours, la religion n'avait clairement pas la meilleure des places. Mieux valait garder cela pour soi. Et ne surtout pas en faire part autour de soi, à moins d'être prêt à se faire regarder de travers. Mais notre vieux loup avait suffisamment confiance en sa compagne pour oser en discuter avec elle à cœur ouvert. Et puis, c'était la base d'une relation non? Connaître l'autre, presque sur le bout des doigts.

Sans compter que tous les deux, étaient un peu pareil sur beaucoup de points. Ils avaient eu des vies qui pouvaient se ressembler. Pas sur tout, mais en tous les cas, sur les débuts. Orphelins l'un comme l'autre, une disposition pour entrer dans les ordres. Des pouvoirs qui aient fait des dégâts. S'il n'avait pas de famille à lui, il avait pris soin des autres, du mieux qu'il l'avait pu. Bref, ils avaient suffisamment en commun pour se faire encore plus confiance. Dante se demandait souvent comment se faisait-il qu'ils ne s'étaient pas croisés plus tôt tous les deux.

- Oh je n'en doute pas. Avec un petit sourire. J'aurai craqué, sans aucun doute. Toujours taquin. Peut-être oui, mais il n'y a pas que mon histoire qui peut inspirer les jeunes. Et je ne suis pas très bon pour parler de moi, comme tu peux le voir.

Il était plus facile pour lui d'aider, en donnant des conseils, en tentant de mener les gens sur la bonne voie, comme il l'avait souvent fait à l'époque quand il portait encore le col blanc, mais c'était bien tout. Parler de son expérience et donc devoir parler de lui... il préférait éviter le plus souvent. Enfin, il était prêt à faire des efforts pour sa compagne et ses enfants, il avait bien senti qu'Ava avait besoin d'être écoutée, même si elle ne semblait pas être prête à le faire pour le moment. Les choses évoluaient toujours.

- Imprudente peut-être, voir courageuse. Surtout à cette époque, élever seule un enfant, dans le désert. Pourquoi le père n'a jamais voulu en entendre parler? Il ne connaissait pas très bien, encore, l'histoire qu'avait eue cette rose avec le père d'Elias. Mais il ne doutait pas que comme beaucoup d'autres, ce dernier avait profité de la jeune femme, sans penser plus loin. Seulement pour le plaisir de lui faire du mal. Enfin, c'était ainsi qu'il le voyait. Sa main venait caresser doucement son dos. Je n'en doute pas.

Au moins les problèmes étaient souvent oubliés quand ils se retrouvaient ensemble. La terre pouvait s'arrêter de tourner, tant que Sveda serait auprès de lui, le reste n'avait aucune importance. Encore plus quand elle était heureuse. Il savait qu'il ne s'en lasserait jamais.

- Ah ah, il sera ravi ou il détestera. Taquin, avant de l'écouter avec attention. Pourquoi pas? Même s'il se demandait s'ils seraient capables de réussir à être loin de tous les problèmes que la vie mettait automatiquement sur leurs chemins, à tous. Il ne voulait pourtant pas mettre une ombre noire au tableau dès le début, surtout que la lueur qui brillait dans les yeux de sa lionne, lui donnait envie aussi, d'essayer. Il lui vola un doux baiser, tout sourire.

- Sauver de quoi?

Le loup n'avait jamais réellement estimé que sa compagne ait été une demoiselle en détresse, bien au contraire. Il était donc curieux de comprendre son point de vue.
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Caleb
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Ven 11 Mai 2018 - 22:36
Qu'ils étaient charmants, à déambuler tranquilles, en abordant l'une des questions fondatrice de l'humanité. C'était l'un de ces sujets sur lequel il faudrait des nuits entières. Ces nuits ils les auraient, les unes après les autres.

« Est-ce que tu le sens Dieu ? » Dieu, Yahvé, Allah, ou quelque soit le nom qui lui était donné.

Sveda regardait son complice avec attention, avant d'hocher de la tête, le sourire aux lèvres. Elle ne le forcerait pas. Jamais. Grâce à son âge, elle savait lorsqu'elle devait battre en retraite. Caleb n'était pas quelqu'un d'extraverti. Elle avait mis du temps pour réussir à ce qu'il s'ouvre. Quand de son côté elle avait été tellement heureuse de trouver quelqu'un à même de la comprendre.

« Alors juste pour Samuel » Souffait-elle, sans résister à embrasser sa joue.

Pour une fois, Tohum fût celle qui montrait de la pudeur. Non, c'est vrai, aussi retenue qu'une vestale. Elle avait parlé de Pietro bien sûr, celui qui hantait leur présent. Il y avait eu Jao aussi, puisque Dante avait consenti à l'aider à l'écarter. Et bien sûr, tous les deux connaissaient le père de Sahar, Wairua le fou. Enfin je ne vais pas tout redire. Seulement que recement Tarek était revenu sur le devant en se manifestant dans les cauchemars « d'Eda ». Mais de ça, ils finiraient par s'en occuper, nous le savons.

« Non. Il n'en voulait pas. Ni d'Aby... Il voulait le plaisir. Le présent. Moi, je le voulais lui et peu importe comment. Il a cette force... qui arrive à te faire croire que tu existes plus en sa présence. J'ai recherché cet effet... souvent.» Tohum courrait après l'amour et maintenant elle se laisser enlacer par ses bienfaits.

Ils mettaient le passé de côté, lorsque Kent les projetait dans le futur. C'était là une force de cette relation, elle la conduisait à voir l'horizon. Un futur idyllique et qui correspondait bien à sa force actuelle.

« Oui ! Pourquoi pas ! Je dois avoir les plans... quelque part. » Les cartons seraient bien fini un jour ou l'autre. Quand ils se décideraient.

Guidée par ces rêves la belle s'était laissée aller à une autre confidence. Elle ne l'avait pas formulé de façon aussi concrète devant le loup. Néanmoins, il était vrai que ces deux années avaient fait renaître plus qu'un sentiment amoureux. Rencontrer un semblable l'avait écartée de la folie qui finie par emporter les vieilles âmes comme les leurs.

« Parce que j'étais doucement en train de me résoudre à une vieillesse solitaire et tranquille. Plus maintenant... Maintenant j'aimerais vivre encore 700 ans pour regarder nos enfants fonder leur famille et eux la leur et après encore... » Riait-elle doucement.

En entrée de salle montait du bruit. L'une des serveuse du restaurant se retrouvait dans une posture pénible. Un groupe de six hommes forçait pour entrer. L'un d'eux la bousculait au point qu'elle se retrouvait projetée contre la table dans son dos. La violence de la scène ébrouait toute la salle. Certains se levaient lentement dans l'idée d'intervenir. Une des collègues accourait pour aider à se redresser.

« … des Aoliens... ici ? » Chuchotait la nomade en surveillant le groupe des yeux.




Marco Rodriguez


Aeolisme avait augmenté pendant les quinze dernières années. Peut-être à cause de la récurrence des ouragans ? Peut-être parce que l'Islam n'avait finalement pas donné toutes les réponses. Édimbourg était une arche où le culte était toléré, à l'égal des autres, malgré la guerre de 90. Trois Temples se comptaient dans la métropole. Ils étaient plutôt discrets généralement. Mais, depuis la chute de l'Arche Bolivienne, la presse faisait écho de nombreuses manifestations d'envergure dans l'Archipel. Ils avaient poussé une table. Un homme s'était avancé. Il avait sur sa face les stigmates qui marquaient sa position dans l'ordre écossais. Il était l'une des figure de proue. Il lui arrivait, de passer sur les ondes pour transmettre les prières aux fidèles, les jours de célébrations. Il invectivait la salle avec la force de la passion :

_ «  ET LE GRAND GUIDE A DIT : Les vents se tourneront vers le Sud. La pierre tombera et les hommes...  » Un grand gaillard venait de prendre le prêcheur par sa chemise d'une main plus que ferme. Un autre se tenait à ses côtés et tendait les mains en signe d'apaisement vers les comparses du croyant. Mais deux religieux sortaient de la ligne pour aller à la confrontation. Le « Guide » en profitait pour apostropher l’assistance, les prenant à témoins. _ «  VOUS NE POUVEZ FAIRE TAIRE LA PAROLE DU MAITRE DES VENTS !  »

« Dante... On devrait peut-être ? » Sveda était de moins en moins tranquille. La tension qui montait l'imprégnait. Ajoutez à cela son passé en rapport avec ce culte. Joachim avait fait parti des casques bleus envoyé à apaiser les Aoliens au cours de l'année 98. Une nouvelle raideur prenait ses épaules. Elle était tentée de se lever.

_ «  NE TOURNEZ PAS LE DOS AU SAINT DE TOUS LES SAINTS. LUI SEUL EMPECHERA LE NOUVEL ARMA...  » Le nom se termina dans un borborygme informe. Un uppercut le mettant au tapis.

Les cinq confrères s'élancèrent contre le mécréant. Qu'importe son gabarit... La scène allait dégénérer. La rixe envahissait la salle, les cuisiniers quittant les fourneaux pour venir en assistance à l'un des leurs.Un client attrapait son téléphone pour appeler la police. Des conversations éparses partaient de tous les côtés. Fallait-il intervenir ?

Eux qui évoquaient la bonté divine en venant. Une énième dérive se targuait de titiller leur sagesse. En même temps que de compromettre la soirée romantique. Un lointain son de sirène se faisait entendre par l’entrebâillement d'une fenêtre. Notre Tohum serrait la table d'une main en lorgnant cette violence gratuite avec reproche. Seule la présence de Caleb l'encourageait à demeurer en retrait. Que la fable puisse continuer !
Tohum
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Mar 26 Juin 2018 - 23:04
La question le laissait silencieux, il y réfléchissait sérieusement. Peut-être qu'à l'époque, quand il était avec les moines, il avait cru sentir quelque chose, une présence, ou quelque chose s'en rapprochant, au jour d'aujourd'hui... il ne pouvait guère le dire. Il avait sans doute envie, parfois, que cela revienne, mais il était trop vieux pour ressentir ce genre de chose, il y croyait pourtant encore un peu.

- Non. Pas aussi nettement que quand je portais le col. Mais parfois, dans un geste ou une parole. C'est surtout ce que les autres font autour de moi, qui parfois me faire le sentir. En tous les cas, ressentir une vraie bonté humaine. Elle existe, je m'y accroche souvent. Marquant un temps. Et toi, une croyance en particulier? En tant que païenne?

Un petit sourire répondait au doux baiser sur sa joue. Ses lèvres lui offrait toujours un léger frisson ou c'était les émotions qui traversaient sa compagne quand elle le touchait qui le faisait réagir, sans doute un savant mélange des deux. Oui, pour son fils, il était prêt à s'ouvrir, à lui raconter le monde, celui qu'il a parcouru, ce qu'il a vécu. Lui offrir son expérience, qu'il en fasse ensuite ce qu'il voudra.

- Oui, pour Sam'. Que ne ferait pas le loup pour son fils?

Ce Tarek n'avait clairement rien pour lui plaire. S'il existait encore, le mec aurait sans doute risqué de se prendre un poing de l'aventurier dans le nez. Parce que Caleb ne pouvait pas supporter qu'il ait pu faire autant de mal à sa belle. Et lui en faisait encore. Bien entendu, il serait là pour l'aider à s'en débarrasser, qu'il disparaisse de leurs vies pour de bon. Heureusement que les enfants avaient pris plus de leur mère que du père... il ne préféra pas en rajouter, mais sa main se serra un peu plus sur la sienne, pour lui montrer tout son soutien. Elle était tombée sur un pervers narcissique et lui avait survécu, c'était bien là le plus important. Maintenant qu'ils étaient ensemble, il ne laisserait plus personne lui faire du mal.

Et puis, il était plus intéressant de se concentrer sur leur présent, dans ce restaurant, un dîner en amoureux, plus difficile à avoir depuis qu'ils avaient Sammy. L'enfant demandait beaucoup d'attention et les parents la lui donnaient avec plaisir. Mais c'était aussi un plaisir de pouvoir se retrouver, à deux, de profiter de leur couple, de leur complicité. Il lui caressa doucement la joue.

- Et bien tant mieux, parce que j'espère pareil.

Bien évidemment, ils ne pouvaient pas avoir droit à une soirée tranquille. Cela ne devait pas faire partie des plans d'une de ces divinités dont ils avaient parlés quelques heures avant. Il soupira en sentant les changements d'émotions, l'inquiétude, la colère, la haine. Il détestait ce genre de chose. Il ne supportait pas les extrémistes, les Aeoliens pouvaient être extrêmement pénibles. Il ne voulait pas entendre ce que ce taré de prédicateur avait à dire et surtout, il ne voulait pas être dérangé maintenant. Tohum était tendue, bien évidemment, la bagarre n'était pas loin, les flics arrivaient, l'ancien inquisiteur se levait, prenant la main de sa belle.

- Allons-nous-en...

Le dérangement n'allait pas être oublié quand les hommes seraient arrêtés. Mieux valait partir, sortir, s'éloigner. Il ne voulait pas être témoin. Ce n'était pas qu'il était lâche, mais ce n'était pas le moment qu'on leur gâche la soirée. Un billet était posé sur la table pour s'excuser et il filait, avec sa lionne, qu'importe ce que l'on penserait. Dehors, il l'amena contre lui pour l'embrasser.

- On ne se mêle pas de ces problèmes ce soir. Ce soir, il n'y a que nous qui comptons. Et puisque même les petits restaurants que je trouve, ne nous permettent pas d'être tranquilles, je vais nous faire quelque chose à la maison. Avec un sourire.

Dante prenait alors le chemin de leur nid. Bien entendu, si Sveda avait une autre idée, une autre envie, il s'y accommoderait, il n'était pas du genre à s'imposer. Mais tout était bon pour s'éloigner des fanatiques et finalement, le reste de la soirée n'appartenait qu'à eux.


>> Virer les emmerdeurs

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Caleb
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