Au tout début... / Lewis

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Sam 30 Sep 2017 - 13:36



« Il est temps d'instaurer la religion de l'amour. »

Louis Aragon


Années 90 London


    Je rendais grâce au Vent que Fanny soit restée sur l'Arche britannique jusqu'à la fin de l'automne. Elle avait un clic-clac et un double de clef ce qui m'évitais de brûler mes économies trop vite. Je m'étais abonnée à la navette Paris-Londres la semaine passée. C'était une pure folie étant donné l'état de mes finances ! Mais, je ne voulais pas manquer une occasion de voir Lewis. Je cherchais activement un atelier prêt à m'embaucher sur cette arche. Avec un peu de chance je pourrais définitivement m'installer à Londres avant la fin de l'année. Mon père n'était pas enchanté à cette idée. Mais c'était là qu'il y avait le plus d'opportunité et surtout la fac où je voulais aller à la rentrée.

    J'avais réussi à finir la comptabilité de maman plus tôt que prévu, ce qui m'avait permis de prendre le vol précédant. Je n'avais pas pu revenir depuis trois semaines à cause de l'ouverture des défilés. J'avais hâte de passer du temps avec Lewis. On se voyait depuis un peu plus de cinq mois. Il était différent des hommes que j'avais connu avant lui. Je me sentais vraiment bien avec lui. Quand je pensais à lui j'avais cette sensation au creux du ventre qui réveillait ma timidité. Je ne savais pas vraiment ce qu'il attendait de cette relation de son côté. En tous cas, j'espérais que cette fois, j'aurais une chance de le découvrir.

    J'étais en chemin pour le cirque où Lewis se formait, quand je me souvenais que j'avais encore oublié le gilet à la ferme. J'avais décidé de le prendre en modèle pour m'exercer à la coupe. Le résultat n'était pas mauvais. J'avais dans l'idée de le lui offrir. Enfin, ce serait pour la prochaine fois, encore... Je descendais un arrêt avant le sien pour être certaine de faire un effet de surprise. Je me mêlais à la foule bigarrée avec l'impression d'être un peu chez moi. Rencontrer Lewis m'avait encouragée à pratiquer mon anglais. Je me sentais plus à mon aise maintenant et j'apprenais à aimer cette ville et ses habitants.

    Je m'installais sur l'un des bancs dans parc adjacent principal pour attendre l'étudiant en art du cirque. Il était en fin de formation. Il avait déjà quelques contrats avec des petites troupes et des centres culturels. Je me retrouvais une fois sur deux à aller l'écouter conter dans des endroits complètement improbables. Mais j'aimais ça. Ça me rappelait un peu les quartiers de Paris. Et ça me donnait un aperçu de sa culture. Il sortait dans les derniers, ce qui ne m'étonnais pas, je laissais mon baluchon pour aller le trouver.

    « Salut ! »

    Je m'étais avancée de façon à être visible. Je lui souriais avant d'avancer pour aller à sa rencontre. Je saluais poliment les personnes avec qui il se trouvait. Un ou deux visages me disaient quelque-chose. Lewis m'avait emmené à l'une de leur soirée, une fois. Mais j'avais surtout retenu les conversations que nous avions échangé lui et moi, que le nom des personnes présentes. Je le laissais digérer l'imprévu de ma présence en allant récupérer mes affaires laissées de côté. Je l'attendais tranquillement en observant les étudiants vaquer sur le campus. Je me mis en mouvement avec lui et venais naturellement prendre sa main.

    « C'est une bonne surprise ? » Quand nous fûmes assez loin de l'université pour ne pas le mettre mal à l'aise je l'embrassais sur la joue. Les derniers jours avaient parus plus longs. « J'ai pu avoir un vol plus tôt. Ne change rien à tes plans. Je suis ! Il faudra juste que je passe récupérer les clefs à la boutique à un moment dans la soirée. Ça va toi ? Tu es beau comme ça. »

    Je ne savais rien de son programme. La boutique pour laquelle travaillait Fanny était vers Covent Garden. Je n'avais qu'à suivre le pas je savais qu'on retrouverait un chemin. De toute façon tout ce que je voulais c'était le voir, peu m'importait ce qu'il allait faire. Je me satisfaisais d'un rien. Comme cela faisait un bon moment qu'on n'avait pas pu se voir, j'avais un tas de choses à lui dire.

    « J'ai un entretien demain matin. C'est une boutique de retouches pas loin de la cathédrale St Paul. » Je le tirais par la main, passant face à lui en marchant à reculons. J'avais attendu ce week-end toute la semaine. « On ira faire le marché cette fois ? J'ai promis à maman de lui apporter du vrai thé anglais ! »[i] J'avais parlé de Lewis à maman. Maintenant, elle avait envie de le rencontrer.

Charadh
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Jeu 23 Nov 2017 - 22:26


Lewis était un jeune homme déjà bien occupé. Sa formation lui prenait tout son temps. On leur en demandait beaucoup. Ca ne rigolait pas de faire du cirque. Il fallait être au taquet et c'était bien ce qu'il essayait de faire. Mais! Il fallait bien l'avouer, depuis quelques mois, notre ami avait parfois quelques petites absences... rien de grave, l'amour faisait juste son bout de chemin dans son cœur et dans son esprit. Car oui, il se savait éprit d'une jeune femme qu'il avait rencontré 5 mois plus tôt. Une française, qui était venue faire un échange avec l'un des étudiants du cirque pour quelques semaines. Il avait rapidement craqué pour elle, il avait pris un peu plus de temps à oser l'approcher, un peu intimité par cette demoiselle.

Finalement les choses s'étaient faites presque naturellement, avec un peu d'aide des membres de son groupe d'amis, qui ne s'étaient pas gênés à le pousser - façon de parler - dans les bras de la belle française. Ils se voyaient donc assez épisodiquement. Lewis essayait de venir en France quand son emploi du temps le lui permettait et Claire faisait de même de son côté. Heureusement, les examens approchant, il avait dû mettre un peu de côté ses rêveries, pour se concentrer sur ses études, ce qui fait qu'il avait moins vu les trois dernières semaines passées.

Sortant de son dernier cours de la journée, son sac sur l'épaule, il discutait avec quelques-uns de ses camarades, quand l'apparition non-attendue de sa petite-amie le laissa un instant bouche-bée, s'arrêtant pour la regarder avec un grand sourire. Plus qu'heureux de cette surprise, bien entendu, mais il fallait juste que les connexions se fasse.

- Hey!

Ses yeux ne quittant pas la demoiselle, ses compagnons d'étude dans des petites piques taquines, le laissèrent sur place, sachant parfaitement que les deux tourtereaux auraient envie de passer du temps seuls. L'anglais rejoignit alors bien vite sa surprise, pour lui voler un petit baiser, alors qu'il serrait sa main.

- C'est plus qu'une bonne surprise! Je suis content de te voir Claire, tu m'as manqué! Le baiser sur sa joue continuait de lui tirer un sourire de gamin. Je pensais aller boire une bière avec les copains au pub, mais je préfère aller la boire juste avec toi. La regardant un instant, perdu dans son regard émeraude. C'est un peu le bordel chez moi en ce moment, les examens c'est pour bientôt... mais il y a de la place! Tu vas pas dormir ailleurs j'espère. Hochant de la tête. Pas de problème, on ira en posant tes affaires chez moi. Lui embrassant la main tendrement. Maintenant que t'es là, tout va bien. Riant un peu, se passant une main derrière la tête, presque gêné de ce compliment. Pourtant j'ai mis ce que j'ai trouvé ce matin... j'crois que j'ai même pas les chaussettes pareilles. C'est toi qu'es belle!

Grimm allait lui demander pourquoi elle était là, alors que rien n'avait été prévu entre eux, elle le prit de cour. Il haussa les sourcils, avant de l'attirer à lui pour l'embrasser à nouveau.

- Excellent! Il était touché qu'elle soit prête à mettre sa vie en France de côté, pour venir plus près de lui. Enfin, si elle faisait cela pour lui. Tu fais pas ça pour moi hein? Parce qu'il voulait qu'elle fasse ce qu'elle voulait et puis, ça ne faisait que 5 mois qu'ils étaient ensemble, cela ne voulait pas dire qu'ils finiraient ensemble tous les deux. Ouais, on fera ça, promis. Tu restes jusqu'à quand?

Lui était déjà en train de faire les plans du séjour de sa compagne, ne voulant qu'une chose, passer le plus de temps en sa compagnie. C'était tellement grisant, jamais il n'avait connu ça auparavant.
Grimm
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Dim 3 Déc 2017 - 18:55



« Il est temps d'instaurer la religion de l'amour. »

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    Je le suivais avec joie et même mon ballot me paraissait moins lourd. A présent tous les soucis de la maison étaient loin très loin. Je les laissais derrière moi. J'étais trop contente d'échapper au quotidien de la ferme, le temps d'un week-end.

    « Tu m'as manqué aussi. » Il y avait tant de fois où je me disais « Je le dirais à Lewis. » Ou « Tiens, qu'est-ce que Lewis en aurait pensé ? » Sans la distance géographique j'aurais passé plus de temps avec lui. En même temps, je savais que cette éloignement participait à rendre chacune de nos retrouvailles encore plus agréables. Ça n'empêchait pas que j'étais un peu gênée quand il me plaçait en priorité ainsi. Je ne voulais pas passer pour « la copine qui l'éloigne de ses amis ». « Sûre, hein, je ne veux rien bouleverser surtout. Je m'adapte à toi. »

    J'avais justement pensé qu'il serait pris par la préparation de ses examens. C'est pour ça que j'avais vu en amont pour mon hébergement avec Fanny. Mais, à le voir si spontané à m'accueillir je revoyais tout de suite mes plans. A choisir, bien sûr que je préférais venir chez lui. Fanny comprendrait bien. Elle aussi était avec quelqu'un. Il venait d'entrer à l'école de police.

    « Non non... plus maintenant. »

    Même dépareillé, Richard avait un certain charme. Il était grand, svelte, gracile, à l'image que l'on nous faisait des Anglais. Mais, moi c'était son sourire qui m'avait fait craquer tout de suite. Quand il souriait il émanait quelque-chose de lui, quelque-chose de beau. Je revenais plus proche de lui et savourais un baiser un peu plus prononcé avec joie. J'avais aussi imaginé sa présence, la chaleur de ses bras, et de ses baisers. Il avait un effet rassurant dans sa douceur et sa façon de me garder contre lui. Je n'avais connu ça que dans les bras de mon père.

    « Non, je fais ça pour moi. Tu es une motivation supplémentaire, c'est tout. Je ne pariais pas mon avenir que sur une rencontre, ne t'en fais pas. » Je pressais sa main. « J'ai la première navette de lundi matin. Maman a encore besoin de moi au champ. » Ça me laissait le temps d'arriver dans ma bourgade pour reprendre la semaine. La récolte avait commencé et il y avait besoin de force d’œuvre. Père n'avait pas été content d'apprendre que je serais absente ce week-end. Mais « jeunesse devait bien se faire. »

    «Pub donc ?» Je m'avançais pour embrasser sa joue. « Et je veux m'a revanche au billard ! » Il y avait presque toujours une table de billard pour disputer des match. Lewis m'avait montrer les réglés de la version anglaise et j'aimais assez y jouer avec lui. Je remontais la bretelle de mon sac quand on s'arrêtait pour attendre de traverser la rue. J'en profitais pour lui lancer un regard en biais et dans un rire retournais lui embrasser la joue. Je n'allais pas me priver maintenant qu'il était là en chair et en os. « Fanny proposait de se retrouver au festival de jazz demain soir. Est-ce que ça te dirais ? » On traversait main dans la main, lui aux commandes pour l'itinéraire.

    Je reconnaissais un peu mieux les quartiers à force de venir. Mais Lewis était encore mon guide la majorité du temps. J'aimais l'atmosphère autour de nous. En plus il faisait vraiment doux et les journées étaient longues. C'était vraiment la bonne période de l'année pour profiter de l'arche londonienne.

    « Tu te sens prêt pour tes examens ? On peut faire des sessions de révisions si tu veux ? » J'aimais bien aider les autres, cela me faisais toujours découvrir des choses auxquelles je n'aurais peut-être même jamais pensé sans cela. Et puis, je ne voulais pas non plus être une distraction qui le mette en difficulté dans ses études. Je m'en serais voulu et lui aurait pu me le reprocher avec raison. Donc je voulais que tout se passe bien !

Charadh
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Sam 16 Déc 2017 - 18:10
Se rendant compte qu'il manquait à ses premières obligations de gentleman, Lewis attrapait le ballot de sa petite amie sans plus attendre, avec un sourire tendre. Il ne fallait pas laisser la demoiselle porter son sac sans au moins faire le geste de vouloir l'aider. Pas qu'il était vieux jeux ou l'estimait faible, bien au contraire, mais il voulait juste l'aider, enfin surtout, tout faire pour rendre son séjour agréable. A commencer par ce geste, ravi d'entendre en plus qu'il lui avait manqué.

- J'en suis certains même. Je peux les voir tous les jours, pas toi. Ils comprendront. Avec un nouveau sourire, plus rassurant celui-ci. Il n'était pas le genre d'homme à se laisser éloigner de ses amis à cause d'une femme. Mais pour le coup, il avait envie de profiter de sa présence. Car il savait qu'elle ne resterait pas non plus des semaines. Leurs moments ensemble étaient souvent trop courts à ses yeux.

- Super!

Son enthousiasme n'était clairement pas feint. Certes, ce serait peut-être un peu plus compliqué d'étudier avec sa nana à la maison. Mais qu'importe, rien ne valait plus que d'être avec elle. Sans doute qu'elle lui donnerait le dernier coup de fouet dont il avait besoin pour réussir ses examens. Sans compter qu'il avait une facilité naturelle dans ses études, après tout, il était dans son milieu, pourquoi s'inquiéter de rater ce qui n'était finalement qu'une broutille à passer. En tous les cas, à ses yeux. Il n'était clairement pas inquiet.

- Tant mieux, tant mieux. Je me sentirai bien con si tu avais fait ça pour nous.

Après tout, il estimait trop Claire pour la voir faire ce genre de choix, juste parce qu’ils étaient bien ensemble. Ce n'était pas dit qu'ils finissent leur vie ensemble. Et puis, elle avait quand même tout pour être une femme forte et libre de faire ses choix pour réussir une carrière qui lui plairait. En plus de cela, il estimait qu'elle avait un sacré don dans son domaine. Pour ce qu'il en avait vu en tous les cas, avec son peu de connaissance dans le domaine.

- Oh... ça nous laissera donc pas beaucoup de temps. On ira demain matin au marché, qu'est-ce que t'en pense? Toujours avec son petit sourire avenant et surtout, épris. Oh oui, il l'avait dans la peau cette belle française, ça c'était une certitude. Et vu comment il se faisait charrier par son entourage, pas de doute que ça devait se voir sur sa tête.

- Pub! Lewis prenait donc le lead de la marche, pour amener sa compagne au pub dans lequel il avait l'habitude d'aller boire une bière. Un petit rire accompagna l'envie de sa compagne, tandis qu'elle l'embrassait sur la joue. Aha! Ok! On va voir si tu n'as pas tout oublié. D'un petit air taquin. Pourquoi pas? Si t'en as envie, je te suis! Tant qu'ils étaient ensemble. En plus, il n'avait rien contre revoir Fanny qu'il trouvait plutôt sympathique, il s'entendait même plutôt bien avec cette amie. Qui était aussi un peu à la base de leur rencontre. En plus, c'est dans un coin sympa de la ville, je t’emmènerai dans un petit restau, tu m'en diras des nouvelles! Marquant un petit temps. Frank sera là aussi?

Ils arrivaient devant le fameux pub, "The Queen's Head", rien de très joyeux au nom, mais l'intérieur était plus que chaleureux. En plus, l'avantage d'y venir souvent, faisait de Richards un client régulier et donc connu par le barman, qui le saluait chaleureusement, alors qu'il passait au comptoir pour commander de quoi boire. Deux bières, bien entendu!

- Hum, ouais ça risque de pas être trop compliqué. Secouant la tête, tout en payant les consommations, avant d'aller chercher une table. Non on va pas perdre de temps avec ça quand même? Dans un sourire. A moins que cela t'intéresse un peu. Il ne voulait surtout pas l'emmerder avec ça. Levant alors son verre. A ton prochain job. Souriant de toutes ses dents. Cheers!
Grimm
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Jeu 21 Déc 2017 - 19:09



« Il est temps d'instaurer la religion de l'amour. »

Louis Aragon


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    Je l’avais laissé faire le galant car je savais qu’il n’y avait pas de connotation machiste.  C’était d’ailleurs quelque-chose qui m’avait plu chez lui, ce côté féministe. Les garçons revendiquent encore trop peu leur soutien envers nous les filles ! Je trouvais qu’il y avait encore beaucoup trop de domaines avec lesquels il fallait batailler. C’était pendant la fac que j’avais entendu parler de politique féministe. Depuis quelques temps, je participais aux meetings pas loin de Place de la République !

    « Oui ! Tant que ce n’est pas aux aurores.»

    Les matinées de libres se faisaient rares surtout à cette période de l’année. Je n’étais très paresseuse de nature. et puis de toute façon impossible de l’être quand ton père est cultivateur. Le soleil n’attend pas, la nature non plus, nous étions bien forcés de suivre son rythme. Mais donc, c’est vrai que quand je n’étais pas à la maison, c’était agréable de changer l’heure du réveil.

    «Ha ! Ha ! Tu vas voir !»

    Fanny n’avait pas encore su me dire ce qu’il en était des disponibilités de Franck. Galaway était le petit-ami de Fanny depuis un peu plus d’un an. Pour le coup, Franck était passé de Édimbourg à Londres pour les beaux yeux de Fanny. Je voyais déjà arriver le jour où ils allaient nous annoncer leurs fiançailles. Je leur avait fait promettre que si ça arrivait JE m’occuperais de la robe et du costume. J’y tenais vraiment.

    «Je n’ai pas eu l’info. Mais, il sait que je suis là ce week-end, il va sûrement essayer.»

    La température pris facilement deux degrés rien qu’en ouvrant la porte. J’avançais, dans le dos de Lewis, en découvrant l’endroit. Je sentis tout de suite que l’ambiance était bon vivant, gaillarde, comme dans les bars où j’allais refaire le monde aux pieds de Saint-Michel. Je lui montrerais mon quartier général me disais-je en l’observant papoter avec le patron.

    «C’est que je ne veux pas te mettre en difficulté.» Je me débarrassais de ma veste, la déposant sur la chaise libre à ma droite.

    Enfin assise, je pus aller voir ce qui clochait avec ma botte. Le haut de la semelle s’était décollée sur deux, trois, centimètres. Mince… Elles avaient bien sept ans, et déjà fait un tour chez le cordonnier. Hugo me les avaient déniché dans une boutique de Mexico pendant son voyage d’étude. Je les adorais.  Je tenterais une seconde résurrection quand je serais rentrée. J’avais beaucoup plus agréable à regarder juste devant mon nez. Je levais ma chaise à deux mains pour l’accoler à la table, plantais mes pieds dans le sol.

    «J’aime bien l’ambiance.» J’écartais mes cheveux de mon visage. Ils étaient longs. Maman voulait que je les coupe. Mais pas moi. «Ta sœur est venue enfin de compte ?» Je me référais à notre dernier échange par lettre, à sa baroudeuse de sœur. J’avais eu la chance de la croiser pendant un week-end. Le contact était bien passé entre nous. En tous cas, j’en avais eu l’impression !

    Je me rabattais en arrière pour que la serveuse est la place de poser les bières. Elles n’avaient pas le même goût qu’en arche française. J’aimais la saveur plus amère de celles des britanniques. Je voulais, un jour visiter l’arche de Munich et tester la version allemande. Ce qui me fit penser à ce que ma mère avait glissé dans mon sac à l’intention de Le’. Elle venait de finir les confitures et bien entendu il y en avait toujours assez pour nourrir un régiment. J’attrapais le verre pour porter le premier toast du week-end, puis j’enchaînais.

    «Ça va mieux au cirque ?» Doris l’éléphante avait eu un souci de santé sérieux il y a une semaine ou deux. C’était l’une des stars.
Charadh
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Jeu 4 Jan 2018 - 18:13
Lewis ne manqua pas de sourire à la réponse de sa compagne. Il n'était pas connu pour être un lève-tôt. Lui était plutôt du genre marmotte, il appréciait de pouvoir faire de bonnes grasses matinées, quand il pouvait se le permettre. Alors avec sa copine, vous pensez bien qu'il préférait passer un peu de temps au lit. Il l'embrassa sur la tempe, alors qu'il passait un bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui.

- Tu sais à qui tu parles? D'un ton taquin. Bien sûr que ça ne sera pas aux aurores, mon dieu non!

Bon il ne faudrait pas non plus qu'ils traînent trop où le marché allait leur passer sous le nez, mais normalement, ils auraient jusqu'à midi pour aller faire leurs courses. L'avantage de ce genre de coin. Il en connaissait même qui duraient toute la journée. Autant dire qu'ils auraient le temps.

- Tu t'es entraîné en secret?

Oui, il aimait bien la taquiner, enfin, à ses côtés, il se sentait parfois plus gamin qu'il ne l'était vraiment. Allez savoir... ses potes lui disaient souvent que l'amour pouvait aussi rendre niais, c'était peut-être le cas pour lui. Il ne s'en formalisait pas, parce qu'il était trop heureux de voir Claire et d'être en sa compagnie. Rien ne pouvait réellement mettre à mal sa bonne humeur dans ces conditions.

- Je suis sûr qu'il fera un effort pour te voir. Remerciant alors la serveuse qui venait poser les boissons sur leur table. Il la remercia d'un sourire chaleureux, avant de lever son verre vers sa belle. La pinte était généreuse dans ce pub, il aimait bien voir comment sa belle tenait l'alcool. En bon anglais qu'il était, sa descente était sérieuse. Il faisait pourtant attention, surtout quand la française était dans les parages, elle n'avait pas besoin de le voir complétement à la ramasse. Cheers! A ton entretien. Même si elle avait porté un autre toast.

La fraîcheur de la bière était plus que bienvenue. Il la reposait ensuite pour se frotter les mains, avant d'attraper l'une des siennes. Avec un petit mouvement de la tête.

- Oui, Kristin a squatté quelques jours, avant de filer à l'anglaise. Elle est impossible. Enfin autant qu'elle en profite, je serai presque tenté de faire pareil parfois. Ca te dirait pas? De faire un tour du monde?

Richards était un homme curieux, de tout, sa soeur le faisait rêver à voyager ainsi. Alors qu'elle devait reprendre ses études d'ambulancière. Enfin... elle avait bien raison d'en profiter un maximum. Il fit un petit mouvement de la main pour montrer qu'ils avaient assez parlés d'elle pour la journée. Même si sa belle embrayait sur ce qui touchait encore et toujours à sa famille.

- Elle va un peu mieux oui. Le vétérinaire a demandé à ce qu'elle reste en congé prolongé... sans qu'elle soit dérangée. Le stress est un facteur d'accentuation de son problème, paraît-il... c'est pas la meilleure des nouvelles pour la Famille - et par là il entendait celle du cirque en général - mais on fait sans. Heureusement qu'elle n'est pas la seule star du show. Reprenant son sourire, ainsi qu'une gorgée de bière. Et tes parents? La ferme? Comment ça se passe? Ils te laisseront venir ici si tu es prise?

Grimm avait bien compris que la demoiselle aidait plus qu'il ne fallait ses géniteurs et il espérait que ces derniers ne l'empêcheraient pas de bouger, si sa carrière le lui demandait.
Grimm
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Dim 7 Jan 2018 - 14:46




« Il est temps d'instaurer la religion de l'amour. »

Louis Aragon


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    Je n'avais pas du tout le niveau de Lewis concernant ce sport de table. Mais, je comptais bien défendre mon honneur de petite Française !

    « Oui... enfin en secret ! Karl m'a redonné deux trois techniques.»

    Karl était l'un des garçons du village. Il était arrivé dans le coin il y a deux ans. Les nouveaux étaient rares dans notre patelin. Alors, ça avait pas mal retenu l'attention comme on s'en doute. Ma mère, qui donnait de son temps à la municipalité m'avait fortement poussée à « faciliter » l'intégration du monsieur. Ce que j'avais fait, de bon cœur. Même si mes parents avaient miroité, qu'il en découle quelque-chose de plus, Karl et moi étions des amis.

    « Merci ! »

    J'étais heureuse de savoir que sa sœur allait bien. Je m'étais vite attaché à eux. J'aimais cette grande famille. D'ailleurs j'avais toujours regretté de ne pas être née dans une fratrie plus grande. Je me disais toujours que j'aurais, du coup, beaucoup d'enfants ! Au moins cinq ou six ! Si un jour j'avais des enfants.

    « Si ! En fait, j'ai toujours eu envie de me faire une année sabbatique pour aller voir ce qui se passe ailleurs. » La seule raison pour laquelle je ne le faisais pas c'était pour les parents. La ferme... Ils avaient besoin d'aides et même d'argent. C'était aussi pour ça que je me dépêchais de trouver un travail.

    Mais, je n'allais pas me mentir. La perspective de voyager en compagnie de Lewis avait franchement de quoi me faire rêver. Je baissais les yeux sur ma bière pour cacher un sourire idiot. Peut-être que dans un an ou deux, j'aurais réussi à convaincre mon frère de prendre le relais, qui sait ! Là, à moi les grands espaces, la liberté, les découvertes !

    « Oh d'accord. J'espère qu'elle guérira convenablement. » Je plaignais toujours les animaux gardés en captivité. Ce n'était pas naturel. Même si je savait qu'ils étaient choyés et aimés par l'équipe.

    Dommage que je ne puisse pas aider les animaux. Je lui avais plus ou moins dis, que je suis une prodige. Enfin, pas directement comme ça, mais je ne sais pas, je n'étais pas très à l'aise sur la question. Surtout avec ce qu'on entendait à la radio à propos des mouvements anti-mutants. Ça avait de quoi vous donner la chair de poule. Vraiment !!

    « Ça va, oui. » Bon, ça irait encore mieux si Hugo mettait un peu plus la main à la patte. Mais avec lui, il ne fallait jamais trop espérer de toute façon. Je ne comprenais pas comment il faisait pour autant se foutre de tout. J'en venais parfois à l'envier le con. « J'ai pu faire la compta. S'il y a pas de mauvaises surprises, ça devrait aller ! On commence les foins là donc pas trop le temps de souffler. Heureusement papa a enfin accepté de prendre deux gars pour nous aider cet été. » Karl s'était porté volontaire d'ailleurs. Je connaissais assez mon père. Je sentais qu'il était fatigué. Mais bien entendu on ne pouvait pas lui parler de médecin, tous des charlatans, vous comprenez.

    « Mouais. Bof. P'pa m'a clairement dit qu'il veut que je reste. Maman me comprend, je crois. » Je me demandais souvent si mes choix n'étaient pas trop égoïstes. J'avais honte de me réjouir à l'idée de quitter ce bléde perdu. Mais faire des études à Paris, connaître Fanny à Londres et Lewis. Je savais qu'il y avait tellement plus... ailleurs ! « Ils y arriveront sans moi... » Je cherchais malgré tout à ce que Lewis me rassure.

    Je touchais encore à mes cheveux, la preuve que je n'étais pas encore cent pour cent à l'aise avec ma décision. Bien sûr, j'avais quand même prévu un plan B, voire un plan C, si jamais les choses ne se passaient pas comme je l'espérais.

    « Sinon, je pourrais toujours être couturière à domicile. Mais bon, on verra ! » Je ne voulais pas trop penser au pire scénario. Non, j'avais envie d'être optimiste. Surtout quand j'étais avec ce beau british. « Ça te dirais, après tes examens, de venir nous voir à la ferme ? Je pense que ça ferait plaisir à maman. Elle t'aime bien. » J'étais d'ailleurs convaincue que tout le monde allait l'apprécier.
Charadh
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Dim 14 Jan 2018 - 20:37
- Karl? Qui est ce Karl? J'ai intérêt à m'en méfier? Fit-il en plissant les yeux comme un chat, tout en l'observant.

Ne soyons pas dupe, Lewis n'était pas du genre à être jaloux, il taquinait plus sa belle, qu'il ne cherchait vraiment à savoir si elle avait un autre soupirant de l'autre côté de ce qui avait été la manche il y a fort longtemps. Cela ne manquait pas de l'amuser en fait. Après tout, elle était plutôt mignonne, intelligente, pourquoi ne ferait-elle pas tourner les têtes des français qu'elle croisait sur son passage? Il pouvait s'avérer chanceux, lui le petit anglais. Avec un léger clin d'oeil, adoubé d'un sourire en coin, i l démontrait que bien entendu, il déconnait. Humour britannique dirons-nous.

Le fait qu'elle abonde dans son sens concernant un tour du monde, où en tous les cas, un voyage long qui permettrait de découvrir plusieurs arches, étira un peu son sourire. Ils avaient vraiment pleins de points en commun et notre jeune homme était toujours ébahi d'en découvrir de nouveaux. Bon certes, cela ne faisait pas un an qu'ils étaient ensemble tous les deux, mais ça n'empêchait rien. Il en était vraiment heureux.

- Oh! On pourrait tenter de faire notre année sabbatique ensemble, qu'est-ce que t'en pense?

Bon... c'était peut-être se projeter un peu loin dans les plans à deux. Mais l'artiste espérait bien qu'il n'allait pas trop rapidement terminer son histoire avec la belle costumière.

- C'est toujours plus sympas de voyager en bonne compagnie. Lâcha-t-il peut-être un peu précipitamment, pour ne pas faire fuir trop vite cette nana qui lui faisait tourner la tête. On l'espère tous, sinon elle aura droit à une retraite anticipée, c'est peut-être pas plus mal aussi. Enfin, on verra. Haussant alors les épaules, pour reprendre une gorgée de sa bière.

Richards écoutait alors attentivement sa belle française, sans doute avec un petit air amoureux flottant sur le visage, tandis qu'elle lui expliquait ce qu'il se passait chez elle. Évidemment, il n'était pas aisé de tenir une ferme. Son père semblait être un homme droit dans ses bottes, un peu dur quand même, il le voyait grand, baraqué comme un ours... autant dire qu'il se disait que si un jour il rencontrait les parents de la française, il tenterait d'éviter de se prendre un poing dans le nez.

- C'est bien d'avoir un peu d'aide. Une petite moue marqua ses traits, il lui embrassa alors une main. J'espère qu'il te demande pas à prendre ce que l'on appelle un "vrai" métier... il ne supportait pas quand on lui demandait ce que vraiment, il allait faire comme boulot, quand lui disait qu'il deviendrait acteur, conteur, artiste de cirque. Comme si ça ne demandait pas des études aussi, du travail, de donner de sa personne, etc... le monde artistique était bel et bien méconnu et c'était parfois plus qu'agaçant. Oui, je suis certains que quand ils verront de quoi tu es capable, tes oeuvres, ils seront fiers et comprendront pour de bon.

Lui avait eu cette chance de naître dans une famille d'artistes, ce n'était pas tout à fait la même chose. Une grande partie de sa fratrie voulait quitter le milieu, voir autre chose et les parents parfois, étaient, eux aussi, un peu dépassés. Il démontrait aussi par-là, qu'il croyait au talent de sa petite amie.

- Ne te laisse pas trop faire, va au bout de ce que tu as envie Claire, c'est ultra important! Dans ses yeux brillait une détermination sans faille. Pour lui, mieux valait faire ce qui faisait rêver, plutôt que de se cantonner à un métier dans lequel on finirait par être malheureux.

Ses sourcils se haussèrent à sa proposition.

Pourquoi pas? Avec un petit sourire. Je serai ravi de les rencontrer! Ce qui rendrait leur relation un peu plus officielle encore. Elle m'aime bien? Qu'est-ce que t'as encore dit sur moi. Riant un peu, allant lui voler un léger baiser.

Bien que les anglais soient reconnus pour ne pas être trop démonstratifs, c'était bien loin d'être le cas de Lewis, qui ne pouvait pas s'en empêcher quand il était à son contact.

- Billard?
Grimm
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Dim 21 Jan 2018 - 12:09




« Il est temps d'instaurer la religion de l'amour. »

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    Je riais à sa mine de chat suspicieux. Je comprenais son jeu de clown, d'autant que nous savions tous les deux qu'il n'y avait pas de danger de ce côté là. Je ne ferais pas ces trajets réguliers, sans être un minimum impliquée. Quand quelqu'un me plaisait les autres étaient juste moins intéressants. Pour le moment, il me semblait que notre seul vrai rivale était la distance.

    « Je te le présenterais à l'occasion. Je suis sûre que vous allez vous entendre. Il est gentil comme tout. »

    Je le fixais, moitié surprise, moitié heureuse par sa proposition. Si je l'avais envisagé ? Bien sûr que oui. Et à la façon qu'il eu de pondérer son enthousiasme, je compris que nous devions avoir la même réserve. Ce n'était pas mon genre d'aller trop vite en besogne. Avec Lewis les choses se faisaient d'elles-mêmes le plus souvent. C'était un aspect de notre relation qui était agréable pour moi. Tout avait l'air d'être... simple.

    « Si tu as envie, oui ! On peut essayer ! » Je lui souriais. J'étais plutôt optimiste sur notre bonne entente dans le contexte d'un voyage. Je savais que nous fonctionnons globalement de la même façon. « Qu'est-ce que tu aimerais voir en priorité ? »

    Je ne voulais pas discréditer mon père. Et encore moins devant un amoureux. Loin de là ! J'étais autrement consciente des sacrifices faits par ma mère et lui pour nous élever Hugo et moi. Je leur en était reconnaissante. Mais, la vraie Claire, avait besoin de créer le monde qui germait dans mon imaginaire.

    « Disons qu'il aimerait un métier plus... sûr. Je le comprends aussi d'une certaine manière. Ça lui fait peur. Il voudrait que je sois à l'abri du besoin. »

    La fois de Lewis, envers l'art en général et le mien en particulier, était un véritable stimulateur pour moi. Je savais que cela faisait partie des choses qui m'avait attirée vers lui. Il aimait tout ce qui se rapportait à la création et lui donnait la même valeur. Là où j'avais grandie ce n'était pas le cas. Pour moi, il faisait figure de rebelle et peut-être un peu de muse. Je me sentais plus courageuse, plus capable de folies !

    « Il faut espérer que tu as raison. Je ne sais pas trop. » Décidément la passion de ce beau conteur était inébranlable. La lumière dans son regard me tirait un sourire. Il était terriblement beau quand il avait l'air heureux. Si je m'écoutais parfois, je fondrais sur lui. « Je sais oui. »

    Je répondais à son baiser, en profitant pour effleurer sa joue barbue. Il avait un rire beau aussi. Vraiment, quand il était heureux quelque chose se dégageait de lui. Ou alors, peut-être que c'était moi qui était contaminée par sa joie de vivre ? Je ne pouvais n’empêcher de penser que mon père verrait cela aussi. Il ne pourrait pas faire autrement !

    « Mais rien que la vérité figures-toi ! Que tu es un artiste talentueux et généreux. »

    Je repoussais doucement ma chope avec un sourire. Oui, autant ne pas s’appesantir plus longuement sur ce que j'avais bien pu raconter à ma mère. Je n'avais pas envie, de passer pour une précieuse ridicule, avec mon regard amoureux. Je me levais et lui décochais un sourire malicieux.

    « Billard ! »

    Plus assurée que tout à l'heure, cette fois, je prenais les devant pour rejoindre la table de billard. La soirée était encore jeune et aucune partie n'avait été lancée. Je m’occupais de placer le triangle et les boules sur la moquette verte. Puis, je contournais le meuble pour aller prendre une canne. Je faisais ensuite comme on me l'avait appris pour préparer l'embout.

    « Tu veux faire un pari ? »

    Je le proposais d'avantage par jeu que par esprit de compétition. Je m'amusais surtout de nous voir chahuter tous les deux. Je m'avançais vers la table en affichant un petit air de défi, non sans remarquer qu'un petit public venait observer le début de partie. Mince, voilà qui risquait de mettre encore plus d'ambiance.
Charadh
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Lun 22 Jan 2018 - 23:14
La faire rire, ahh il adorait ça! C'était un son qu'il appréciait d'entendre, quand il l'entendait. Mais Lewis faisait toujours un effort pour cela. Elle goûtait donc à sa plaisanterie et c'était tant mieux. Son fin sourire démontrait qu'il était fier de lui avoir soutiré ce premier éclat. Il espérait bien en avoir d'autres lors de ce séjour improvisé. Il ferait bien tout pour.

- Je suis toujours prêt à rencontrer ceux qui t'entourent et qui sont sympas. Les autres par contre... avec un petit clin d'œil taquin.

Claire ne partait pas en courant alors qu'il avait personnellement eu l'impression de s'emballer comme une voiture de course. Tant mieux si ça n'avait finalement pas été le cas. Ou alors, sa compagne avait-elle eu la même idée. Ce qui était aussi possible. En tous les cas, envisager un long voyage en sa compagnie ne manquait pas de lui faire avoir un petit pétillement au fond du regard. Le jeune homme ne doutait pas un seul instant que ce serait inoubliable.

- Moi j'en ai envie oui, mais bon, seulement si tu es aussi motivée, parce que si tu fais ça pour me faire plaisir mais que tu préfères partir en solitaire, je pourrai comprendre aussi, hein? Vu comment elle avait formulé sa réponse, il voulait juste lui assurer qu'elle était aussi libre que l'air. C'était tout à fait compréhensible qu'elle veuille faire les choses de son côté. L'arche italienne m'intéresse beaucoup! Une base de théâtre différente que je suis curieux de connaître et aller chez les Scandinaves, pour voir un peu ce que c'est des journées ou nuits interminables. Et puis... un peu tout, voir le plus possible! Avec un grand sourire. Et toi? Tu voudrais commencer par quoi?

Il faudrait bien qu'ils mettent leurs envies par écrit, pour créer un itinéraire qu'ils pourraient suivre, afin de visiter tout ce qu'ils voudraient voir. En espérant que les géniteurs de la belle française seraient plus disposés à ce qu'elle parte faire un tour du monde, qu'à devenir costumière à temps plein. Grimm écoutait sa belle tout en ayant une petite moue, car bien qu'il pouvait comprendre les réserves, il estimait qu'il fallait se forcer à faire confiance et pousser le talent dans la bonne direction, sa belle ne pourrait qu'être plus épanouie si ses parents supportaient ses démarches. Mais il ne doutait pas non plus qu'une fois qu'ils verraient ce dont elle était capable, les craintes disparaîtraient. C'était toujours difficile pour des parents d'oublier leur propre éducation et voir que le bonheur et le reste, n'était peut-être pas ressenti de la même façon par leur progéniture.

Richards avait cette chance de venir d'une famille de créatif, mais cela n'empêchait pas qu'ils ne voyaient pas tout pareil. Loin de là même. Mais notre homme était une tête de mule et il serait bien difficile de le dissuader d'emprunter un autre chemin que celui qu'il avait décidé de prendre.

- Quel parent ne penserait pas ainsi? Fit-il en hochant de la tête. Mais ne lâche pas ce que tu fais, ils comprendront, ils verront même! J'en suis certain! Avec un grand sourire. Sache que j'ai toujours raison. Sur le ton de la confidence, alors qu'un petit sourire en coin, presque mystérieux se formait. Bien entendu, il ne fallait pas oublier que notre homme était aussi un comédien, un vrai clown à ses heures. Chose encore plus flagrante avec cette magnifique compagnie. Pourtant, il y avait une part de vérité dans ses dires, il suffisait parfois de croire à ce que l'on disait pour qu'en effet, on ait raison.

Voilà que c'était à son tour de rire, tandis qu'il apprenait ce que la belle française disait sur lui à sa mère.

- Oulha, mais tu mets la barre super haute, je vais devoir être à la hauteur. Se grattant la tête. Va pas falloir que je me plante. Lui attrapant les mains pour les embrasser, avant qu'ils ne se lèvent pour un billard.

Laissant Claire s'occuper de la table, il attrapait leurs bières pour les mettre pas trop loin, la regardant faire non sans l'admirer. Elle dégageait tellement de choses... il aurait pu l'observer pendant des heures, sans rien dire. Ce qu'il faisait souvent quand elle dormait, en fait. Laissant là sa rêverie, Richards la rejoignait finalement, attrapant à son tour une queue de billard, talquant le bout.

- Un pari? De quel genre? Intéressé. Il posait la boule blanche au centre. Honneur aux dames! Il passait dans son dos pour aller embrasser l'arrière de son crâne avant de se reculer et la laisser faire. Les deux mains posées sur la canne, il fit remarqué à l'un des curieux, que la demoiselle était une pro et qu'il fallait rester pour admirer.

Quoi? Il avait bien le droit de s'amuser un peu, non?
Grimm
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Ven 26 Jan 2018 - 21:38



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    Je sentais mon sourire s’agrandir au fur et à mesure que mon British s’expliquait sur ses envies. Ses attentions, son côté précautieuneux avec autrui, résonnaient tellement avec ma façon de faire. Chaque fois que j'assistais à ça je l'aimais un peu plus.

    « Si ! Ça me plairait vraiment de barouder avec toi Lewis !  » Je ne voulais pas qu’il se méprenne sur mon envie. Je voulais passer du temps avec lui et partager plus de chose, et découvrir son côté aventurier. Alors, eh bien tant pis, si je passais pour une fonceuse. Et même si je bousculais l’ordre habituel des choses. Je n’avais qu’à lui dire le fond de ma pensée. « En fait, je pense à te le proposer depuis qu’on a parlé des autres arches, à ta soirée. »

    Cette discussion remontait à plus d’un mois en arrière. J’étais sortie de la soirée avec l’assurance que Richards pourrait être un super compagnon de route. Maintenant que la fin de l’année d’étude arrivait à grand pas, le sujet se précisait de plus en plus dans mon esprit. Je décroisais mes jambes pour me rapprocher du bord de la chaise et me pencher vers lui. J'adorais me projeter dans ce genre de projet et d'autant plus si je pouvais le partager.

    « J’ai très envie de faire de la randonnée dans la neige ! Et Fanny est allée à Rome une fois elle m’a dit que c’est vraiment chouette comme ville. Que c’est très animé et qu’on y mange comme des rois. Alors, ça me dirait bien de voir tout ça avec toi. » Je lui exposais ensuite l’idée que j’avais eu après avoir découvert un livre sur les méthodes encestrales de tissage à la bibliothèque de l’Université. « J’aimerais bien aller en Inde et en Perse et en Amérique du Sud aussi, j’ai lus un livre dans lequel il parle des techniques de tissage et ça a l’air vraiment magnifique. Je voudrais aller voir ! » J’avais commencé à pointer sur une carte de l’Archipel toutes les zones que je voulais voir à tout prix, soit l’année prochaine, ou au moins une fois dans ma vie. « J’ai commencé un itinéraire, je te le monterais quand tu viendras. Je pensais à le faire avec sac-à-dos sur l’épaule et dormir chez l’habitant. Ça serait moins cher et plus libre… Ca correspondrait aussi à ton idée ? »

    Je lui souriais en faisant au mieux pour ne pas trahir ma timidité au sujet des études. Je savais qu’il m’encourageait dans cette voie à juste titre. Je rirais à le voir faire le pitre. Je posais mon menton dans le creux de ma main, en essayant de ne pas trop le dévorer des yeux. Tout avait l’air plus facile quand il était là. J’attrapais une de ses mains pour la garder dans les miennes.

    « Je suis en train de faire une tenue à mon père. Je ne lui ai rien dit. J’espère que comme ça il se rendra compte que je sais dans quoi je me lance. »

    On parlait de le présenter à mes parents et étrangement, je n’étais pas du tout inquiète. Je savais que mes parents seraient incapables d’ignorer le don de Grimm pour faire rêver les gens. Il avait ça en lui.  Et puis, je voulais que ma mère voie pourquoi j’étais heureuse, pourquoi j’avais envie d’aller à Londres. Au moins, elle me ferait un peu moins la tête à cause de mes absences.

    « Je ne me fais pas de souci moi ! Tu vas les dérouter et les charmer. Tu seras parfait ! »

    Maintenant, je comprenais un peu plus à quel point le jeu était stratégique. Il ne suffisait pas d’éviter la boule noire. Il fallait aussi essayer de marquer des points avant l’autre. Je m’appuyais volontairement contre l’Anglais quand il était derrière mon dos. Je tournais la tête pour claquer un baiser sur sa joue la plus proche. J’échangeais un bref regard avec lui et je me sentais tout bêtement bien.

    « Je ne sais pas trop en fait. Haha !  Mmmmm ! On verra si on trouve quelque-chose ! »

    Je n’avais pas envie de me compliquer la vie à chercher plus loin. Gagner une manche contre Lew était déjà un défi en soi ! Je m’avançais donc pour pointer la boule blanche. Je prenais un peu de temps pour me placer comme tout bon débutant qui veut bien faire. Je me souvenais à peu prés de tous les conseils. Je me penchais, mais pas trop, je faisais attention à l’angle de mon coude. Bam ! Je m’étais ensuite deux autres boule de couleur au tapis. Je m’écarter de la table en lui adressant un sourire rayonnant de motivation.

    « A toi ! »

    Je prenais sa place en retrait et j’en profitais pour reprendre un peu de bière. Je remarquais les gens qui nous suivais et leur fit un hochement de tête. J’observais ensuite la technique de l’artiste pour jouer. C’était aussi une bonne méthode pour s’améliorer. J’aimais bien voir ses longs bras bouger. J’aimais encore plus quand je pouvais aller m’y réfugier dans ces longs bras. Je lui souriais et j’allais rapidement demander des petits trucs à grignoter. Le barman me confiait un bol remplis. Je le laissais prés des bières avant de faire le tour de la table pour faire face au joueur et suivre son coup.

    « Tu m’emmènera danser ce soir ? J’ai envie de décompresser. »

    J’avais pris quelques cours de danse l’an passé. Mais je n’étais pas plus qu’une amateur. En fait, ce que j’aimais vraiment dans la danse c’était le laisser aller.
Charadh
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Jeu 1 Mar 2018 - 20:09
Un grand sourire marqua les traits du futur conteur, puisqu'elle lui confirmait qu'elle voulait faire ce tour du monde à ses côtés. Quoi de plus fantasque ? Partir ainsi avec sa belle, rien que tous les deux et le monde pour eux. Non vraiment, il avait déjà hâte. Il devait même avoir des petites étoiles dans les yeux, tout en l'observant avec son sourire de gamin. Etait-ce seulement normal d'être aussi attaché à une femme? Il ne se posait pas la question, il vivait pleinement cette relation. Même s'ils ne se connaissaient que depuis peu, si on y réfléchissait.

- Oh! Cool! Trop bien! Enfin... cool quoi.

Ne pas trop s'emballer Lewis. Sait-on jamais, il ne voulait pas non plus la faire fuir s'il se montrait un peu trop surexcité par cette perspective. Il ne voulait pas gâcher tout cela par un manque de retenue. Son côté anglais qui ressortait. Pourtant, ce n'était pas dans sa famille qu'ils étaient le plus calme. Mais quand même, il voulait être parfait aux yeux de sa belle française.

Il posait son menton - à son tour - dans le creux de sa main, tout en l'observant pendant qu'elle lui parlait. Richards avait bien du mal à ne pas la regarder. Il profitait de chaque instant en sa compagnie. Il s'obligeait à se souvenir du moindre de ses gestes, du moindre plissement de ses lèvres, de se perdre dans la couler de ses yeux. Oui, il était un peu accroc, il fallait bien l'avouer. Ses idées de voyage lui plaisait, beaucoup. Il reprenait sa main pour la caresser.

- J'aime bien. Un sac à dos et se démerder, on aura de quoi faire comme ça. Dès que j'ai fini mes études, on peut partir. Si toi tu es disponible? Faut qu'on en profite tant qu'on peut. J'ai un peu d'argent de côté, on pourra faire avec. Je suis curieux de voir ton itinéraire en tous les cas. Et je suis pas difficile, vu que je veux tout voir, ou presque.

Ils avaient l'âge pour se permettre un tel voyage, pas d'attaches - mis à part leurs familles respectives, mais ils comprendront sans aucun doute - pas de boulot fixe encore, l'énergie d'aller de l'avant dans l'inconnu, alors il fallait en profiter. En tous les cas, notre ami était réellement motivé par ce voyage. Il espérait qu'il serait inoubliable, alors que rien n'avait été posé... autant dire que Lewis était capable de se faire des films très rapidement, quand tout s'y prêtait, en tous les cas. Ses doigts jouaient lentement avec les siens.

- Oh c'est bien ça. Je suis certains que ça va lui plaire et qu'après ça, il te poussera à continuer.

Encore une fois, Lewis ne doutait pas du talent de sa compagne. Parce qu'il avait vu de quoi elle était capable. Elle avait des doigts de fée, et pas seulement pour la couture mais ça... ça ne regardait qu'eux. Claire semblait avoir toute confiance en ce qui concernait sa présentation à ses parents. Notre homme gardait le sourire, même s'il savait que ce serait un peu stressant pour lui, quoi qu'on en dise, rencontrer les parents, ça voulait dire officialiser un peu plus la relation. Pas que cela le dérangeait, bien au contraire, mais il voudrait vraiment leur faire une bonne impression. Il fera tout pour en tous les cas.

Mais pour le moment, place au fun, à l'amusement et au partage d'un instant à deux. Décidément, il était vraiment content de cette surprise. Il alla lui embrasser furtivement la joue.

- On peut commencer soft, par un baiser par exemple. D'un ton taquin, tandis qu'elle semblait encore réfléchir à l'issue d'un pari. On vous l’avait dit que ce garçon n'était pas compliqué. Les choses simples, rien de meilleur.

Il lui laissait son espace pour jouer correctement, continuant de l'observer, ne faisant aucun commentaire sur sa façon de faire. Puisqu'elle s'était entraînée, il voulait voir de quoi elle était capable. Et elle ne s'en sortait pas si mal finalement. Il se redressait une fois que son tour était venu, avec une moue impressionnée.

- Pas mal, pour une débutante. Lui tirant la langue, alors qu'il s'installait à son tour. Concentré sur la boule blanche, il tentait d'analyser quel serait le meilleur chemin à lui faire faire, pour faire disparaître une boule ou deux du tapis. C'était sans doute un peu tôt pour cela. Il fallait en rapprocher des trous déjà. Son regard se redressa vers elle à sa question. Tout ce qui te fera plaisir, Claire. Avec un petit clin d'oeil, avant de taper dans la boule blanche. Rien ne tomba, mais le plan se mettait en place.

Richards vint alors près de la demoiselle, après avoir attrapé quelques cacahuètes dans le bol mis à disposition.

- Si tu gagnes, je t'offre une danse et un repas de roi, que je ferai moi-même, cela va sans dire. Voilà, le défi était donc lancé.
Grimm
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Jeu 8 Mar 2018 - 15:13



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    Je me contrôlais pour ne pas trop sourire. Je ne voulais pas qu'il pense que je me moque. C'est juste qu'il était mignon quand il avait l'air timide. Lui au moins ne se cachait pas derrière des manières de bourrins. Le jeu du gros dur me paraissait lourd. J'appréciais sa finesse d'esprit et sa façon de faire attention à ce qui se passait.

    « Je m'arrangerais pour les dates on fera selon toi. Pour ça ne t'en fait pas. Je pensais partir au moins un mois... Pour avoir le temps de faire un bon tour. En voir un maximum. » Surtout, parce que je ne savais pas si j'aurais de nouveau l'occasion de voyager, une fois entrée dans le monde du travail. Alors autant en prendre un maximum. Après, peut-être qu'un mois paraîtrait trop à Lewis. Nous n'avions passé que trois jours ensemble au maximum. Ce serait une tout autre échelle. Surtout que nous serions seuls dans des endroits inconnus. « Tu en dis quoi toi ? Tu te sentirais de faire un mois à deux... ? »

    Je me disais que oui. Oui j'étais sûre que je pouvais passer du temps avec Lewis. Et découvrir le reste de l'arche avec lui serait quelque-chose de magique. Peut-être parce que je sentais qu'il me correspondait. Peut-être parce qu'il était à la fois l'oreille, et le regard, dont j'avais besoin pour apprécier le monde tel qu'il est. C'était une façon de voir très néo-romantique. Je n'étais pas réellement habituée à penser comme ça. Mais ça traduisait assez fidèlement mon impression.

    « Oh peut-être pas jusque là mais s'il accepte mon choix ce serait un victoire. Je pourrais vivre de créations, d'eau fraîche et d'amour !» Philosophais-je, en lui adressant un sourire sans équivoque. Mais pas trop longtemps, pour ne pas nous mettre mal à l'aise à mon tour.

    Une fois autour de la table de jeu, nous laissions de côté les parents et le reste. Sans doute que le premier tour n'était qu'un échauffement. La bonne humeur de Le' était toujours contagieuse et je me retrouvais à lui tirer la langue à mon tour. C'était peut-être de la régression. Je m'en moquais. Être léger faisait du bien. A la maison, depuis le départ d'Hugo, tout était devenu plus sérieux... Je ne mentais pas quand je disais que ces visites me faisaient du bien.

    « Donc Mmm si j'ai envie de faire un tour en montgolfière ? »

    Je me tournais dans sa direction et piquait de quoi grignoter, juste après lui. Tout en croquant dans la caoutchoute je riais doucement. Il nous l'avait trouvé ce défi. Je prenais une autre poignée, tout en allant l'embrasser à la volée. Il avait un goût salé maintenant. Je lui caressais le bras, plus possessive avec lui, que ce que mon féminisme aurait du m'encourager à être. Mais j'étais amoureuse. C'était une excuse valable !

    « Alors, prépares ton menu !»

    J'avais repéré, une partie de sa tactique. Enfin, il me semblait. Je me plaçais donc là où il avait fait son dernier mouvement. Je reprenais la boule jaune en cible pour la faire un peu plus progresser. Je sentais que le coup suivant allait être plus épineux. J'avais du mal à doser la force à donner dans mes coups. Les Chevalier étaient aussi forts que leur bataille, disait souvent ma mère. Mine de rien c'était vrai, le travail à la ferme était le meilleur sport pour une gamine. Je ne fuyais pas devant les tâches ardues, ni devant l'effort.

    Quand, je ratais le dernier coup, deux trois hommes poussèrent un grondement déçu. Il faut croire qu'on était vraiment suivis. Je me redressais et quittais les abords de la table. Je croisais le regard de Richards et souris. Oh non, je ne déclarais par forfait ! Mais j'aimais autant jouer que de le regarder jouer. J'allais tirer une chaise pour m'asseoir prés de nos bières. Je remontais ma jambe droite sur la gauche, tout en le suivant des yeux. J'observais son jeu avec toujours la même attention. Mais mon regard fini par s'attarder sur sa nuque. Je secouais la tête d'autodérision, en songeant que j'avais choisie ma robe de demain, rien que pour lui plaire.

    « Lew, je peux te piquer une cigarette ? Je me levais tranquillement.Un autre bière ? » J'avais fait le changement de monnaie avant de venir le rejoindre. J'avais réussi à mettre de l'argent de côté pour ne pas avoir à être préoccupée par la question pendant le week-end.

    The Cure montaient dans les micros du pub. Ils étaient sur toutes les ondes depuis des semaines ! Je commençais à chantonner et me retournais pour pointer Lewis du doigt et lui chanter les paroles avec un petit sourire charmeur. Je lui faisais un clin d’œil et allait nous chercher de quoi boire et fumer. Je me dépêchais pour revenir avec lui et lui.

    « Tu as du feu ? C'est mon tour? »
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Jeu 29 Mar 2018 - 21:03
Lewis était clairement plutôt un clown qu'un gros dur, ça c'était une certitude. Il perdait encore plus ses moyens en présence d'une jolie fille. Surtout quand cette dernière s'avérait être sa belle et qu'il en était complétement sous le charme. Il se souvenait encore de leur première rencontre et du manque de vocabulaire qu'il avait eu face à elle, tellement il était resté scotché. Le rouge lui avait vite monté aux joues, il ne s'était jamais senti aussi stupide que cette fois-là. Depuis, il avait réussi à faire des efforts, mais parfois, cette timidité qu'il ne comprenait pas, revenait quand son enthousiasme était peut-être un peu trop fort face à elle. Il ne voulait surtout pas faire d'impair, il ne voulait surtout pas la perdre.

- Un mois? Il se frotta un instant l'arrière du crâne. Tu crois que c'est suffisant pour un tour du monde toi? Avec un petit rire. J'avais plutôt imaginé 6 mois. La fixant alors un instant. Autant te dire que je nous vois parfaitement faire un mois à deux. Alors qu'un sourire agrandissait un peu ses traits. Qu'est-ce que t'en pense? Faut en profiter tant qu'on peut et que rien ne nous bloque.

Parce que le jour où ils auraient tous les deux un travail, une vie de famille, des enfants. Oulha garçon! Il s'emballait peut-être un peu trop pour le coup. Mais le fait était là. A attendre, peut-être qu'ils ne partiraient jamais. Non, il n'envisageait même pas la séparation. C'était quelque chose qu'il excluait pas mal de sa pensée en général, quand cela concernait Claire. Ce qui pouvait paraître idiot, mais ils étaient au début de leur histoire, alors pourquoi déjà devoir envisager une fin?

- Tu te contentes de peu, alors que tu pourrais tout avoir ma chère. L'embrassant sur la tempe. Il espérait aussi que le père de cette dernière change d'avis. Au pire, il verrait comment il pourrait aider sa belle avec cette affaire, une fois qu'il serait chez les parents de cette dernière.

Si ensemble, ils étaient deux grands gamins, cela convenait parfaitement à Richards, qui n'en attendaient pas moins en fait. Pour tout dire, il se moquait bien du quand dira-t-on. De ce que les autres autour d'eux pouvaient penser. Lui se sentait bien en sa compagnie et c'était tout ce qui était important à ses yeux. L'amour rend aveugle n'est-ce pas? Il lui donnait aussi des ailes. Tout pouvait arriver, tant qu'elle serait à ses côtés, rien ne serait impossible. Même si pour le moment, c'était bien le fait de gagner à du billard.

- Si c'est ce que tu veux, on ira faire un tour en montgolfière. On est à Londres, y a tout qui est possible ici, si on sait où chercher!

Mais sa proposition semblait déjà beaucoup plus lui plaire. Il ne manqua pas de rire à nouveau. Avant de se faire couper par un baiser surprise, qui ne manqua pas de lui plaire.

- C'est déjà prêt. Avec son grand sourire de séducteur.

Ce n'était pas le meilleur des cuisiniers mais il y avait des recettes qu'il connaissait sur le bout des doigts et qu'il savait plutôt bonnes. Alors il lui en ferait profiter. Après tout, il n'avait jamais réellement prit le temps de lui faire à manger. Ils ne se voyaient pas assez longtemps pour que ce genre de petit moment d'intimité se passe vraiment. Se dire qu'ils allaient partir potentiellement en voyage ensemble allait offrir aussi ces créations de moment simples et agréables. Il se réjouissait vraiment de les voir évoluer en couple, qui avait le temps de se découvrir.

Lewis buvait une longue gorgée de sa bière, tout en l'observant jouer. Elle voulait gagner, ça se sentait. Il ne serait pas aussi gentleman que cela en la laissant réussir sans se battre. De toutes les façons, ce serait l'insulter que de le faire ainsi. Il applaudit comme les autres à un coup qu'elle avait réussi avec une belle habilité. Quand il put enfin reprendre son tour, il lui vola un baiser au passage, avant de sortir les clopes de la poche avant de sa chemise pour le lui lancer.

- J'ai cru que t'aimais pas ça? Avec plaisir.

Se laisser inviter était tout aussi bien que d'inviter. Et comme tout bon anglais qui se respectait, notre ami avait une bonne descente en ce qui concernait la bière. En attendant, il jouait sa partie. Manquant à son tour d'en mettre une dans le trou, il s'appuya contre la queue de billard qu'il avait entre les mains. Pour l'observer faire, avec toujours un air amusé sur le visage. Il se demandait s'il allait vraiment l'amener danser ce soir, il aurait bien voulu aller s'enfermer dans son appartement avec elle, mais... mais la voir s'amuser et rayonner était tout aussi plaisant finalement. Il tendit la main pour attraper la bière.

- Merci ma belle. Sortant son briquet et lui tendant. Oui m'dame, c'est à toi. Lui montrant la table. Je pense que le combat va être rude. Héhé.
Grimm
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Sam 7 Avr 2018 - 23:41



« Il est temps d'instaurer la religion de l'amour. »

Louis Aragon


Années 90 London


    Nous n'avions pas la même notion du long voyage. Ça c'était un fait ! C'était une toute autre approche. Cela posait des questions en plus. Des questions qui étaient tristement pragmatique : l'organisation, l'argent, le travail ? Et surtout, nous deux ? On était un jeune couple. Est ce que ce n'était pas trop rapide de se lancer dans quelque-chose de commun de cette envergure ? Bien sûr, à ce stade, je ne me doutais pas une seconde que j'allais devenir Mrs Richards et qu'ensemble nous allions en plus des voyages, passer les trente années suivantes ensemble.

    « Six mois ! Ah, oui c'est totalement autre chose pour le coup. Dans l'idée bien sûr oui. Mais six mois... faut que je vois. » C'était une autre paire de manche de laisser les parents aussi longtemps.

    Je riais. Cet homme était surprenant. Dans le bon sens du terme. Je me demandais s'il avait des peurs ? Si oui, lesquelles ? Il avait quelque-chose de tellement serein en lui. Je me demandais si c'était uniquement le fait de son tempérament ou bien s'il y avait autre chose. Je n'avais pas encore abordé la question de la croyance. C'était un sujet délicat parfois. Je me disais que sa paix intérieure venait peut-être de ça. D'ailleurs, j'avais déjà repéré le temple de Londres et je comptais m'y rendre à une prochaine visite.

    « Et toi tu est très confiant haha. » L'ambition ce n'était pas ce qui étouffait les Chevalier enfin de compte.

    Lewis était amoureux de sa ville. Ce que j'avais tout de suite compris. Je ne pouvais pas en dire autant de mon village perdu dans la campagne. Flow n'avait pour ainsi dire aucun intérêt. A part ses pâturages.... Il n'y avait rien. Mais je voyais ce que Londres pouvait avoir de captivant. Cette cité avait survécu à tout les déluges, même à Armageddon. Chaque fois que j'y revenais, je me prenais à l'aimer encore plus. Secrètement, je me voyais tout à fait être une colocataire impromptue le plus souvent possible.

    « Alors, puisqu'on peut tout trouver, j'ai besoin de jersey. Lui confiais-je sur un ton coquin, uniquement pour jouer.

    « Oh ! Eh bien... j'ai le droit de savoir ce que tu as prévu ? » Je demandais sans pouvoir retenir un petit sourire en coin. Savoir que Lewis avait pris le temps de nous préparer un repas, me charmait. C'était une marque d'attention qui était loin de ce que j'avais connu.

    Je refermais la main sur le paquet de cigarettes entamé. Je notais la marque. En fait, je n'y connaissais pas grand-chose. Je souriais un peu, au souvenir de la démonstration que m'avait fait Richards avec sa fumée de cigarette une fois. Cela m'avait permis de comprendre assez vite qu'il n'était pas prêt d'arrêter de fumer. Lewis avait un don. Il faisait parti de ses gens particuliers, ceux que l'on appelait les Prodiges. Ils avaient une place très importante dans pour Aoelus.

    « De temps en temps... quand c'est la fête. » Ça c'était les gars du bistro qui m'avaient donné la première.

    La flamme embrasait le tube. J'aspirais une taffe, en rendant son briquet à Richards. L'effet de la nicotine me montait assez vite au cerveau. J'avais, en réalité, plus fumé de joins dans les champs, avec les gars, que les cigarettes de mes oncles. Je rendais son briquet à Lewis, avec en prime une caresse sur sa barbe. En croisant son regard, dans cette seconde, je voyais repasser notre dernière nuit ensemble. Un délicieux petit frisson me parcourais de l'intérieur avant que je ne reprenne le fil.

    « Tant mieux, j'aime bien quand ça se corse. »

    Après une observation du tapis, je contournais la table pour me poster à un angle. Étant donner la posture des billes, j'étais quelque peu sépctique. Mais, je pouvais lui donner du fil à retordre. Je jouais mon tour dans le plus grand calme surtout parce que je me concentrais sur mon geste. Cependant, une fois fait, je reprenait mon poste d'observation en chantonnant l'air qui passait.

    A force de savourer la bière du coin, un besoin naturel se manifestait. Je passais dans le dos du british pour l'informer que je éclipsais un moment, résistant à l'envie de lui caresser le bas du dos. Pas en public, je ne voulais mettre personne mal à l'aise. Je filais, passant entre les tables, il y avait un peu de queue évidement devant les WC pour les filles. Je patientais, dos contre le mur, observant la salle, le voyant de loin. Il était beau mon conteur. Je sortais de là, soulagée, le cœur léger, et je décidais de passer au comptoir pour préparer une petite surprise.

    « Alors... » Je taquinais Lewis en passant devant lui alors que j'aurais pu le contourner. Je riais doucement de mes enfantillages, avant de … râter un coup. « flûte ! » Bon l'honneur de la France était quelque peu en péril pour le moment. Maaais ! Qui sait comment pouvait tourner la fin de cette partie.
Charadh
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