[Clos] I dream of gardens in the desert sand || Tohum

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Mar 3 Juil 2018 - 21:33


“ Je ne savais pas ce qu'était la paix jusqu'à ce que tu la dépose dans le creux de mes mains. ”

Marie (XV éme siècle)



    La rose observait les hommes assis autour du feu avec la secrète certitude qu’un jour ils se retrouveraient autour d’une grande découverte. Cette fois, si forte, si sûre alimentait en elle une source inépuisable. Elle couvait alors son partenaire d’un de ses regards reconnaissant alors qu’il se levait pour s’occuper des enfants. Azen lui prenait le pas avec une fierté de petit homme que seuls ont les garçons de son âge. Si heureux qu’il était d’être soumis au regard de son père. Sa soeur était moins enthousiaste quoiqu’elle gardait en elle toujours assez de curiosité pour faire ses devoirs avec du coeur.

    Sveda soulevait le pan, en se penchant pour entrer dans la tente principale du campement. Elle entrait et maintenant l'ouverture pour permettre aux hommes de passer sans souci. Les tentures étaient en peau de chèvres La matière première qui se trouvait dans cette partie du monde. Ils l’avait faites bien avant la naissance de Sahar, utilisant la peau des vieilles bêtes d’un troupeau d’amis. Sveda avait eu bien du mal à les achever. Une odeur de bête, d'encens imprégnait le logis. L'hôtesse  gagnait le fond de la pièce. Elle se glissait à genoux devant une malle en bois et ouvrait le loquet pour en soulever le couvercle.

    Le plateau de jeu était en bois, vernis, et décoloré par les rayons du soleil. Les pièces du jeu avaient des formes plus lisses à force d’être tenues par les mains. Sveda installait le tout pendant que les hommes prenaient leur place de chaque côté. Les poufs eux aussi avaient été confectionnés par la famille. Marie était enceinte du plus jeune quand elle avait terminé le dernier. Elle souriait à son compagnon qui approchait avec le thé brûlant.

    « Le nord… »

    Sveda levait des yeux rêveurs vers leur ami scientifique.Elle n’avait pas idée de ce qui se passait si loin du désert et des montagnes. Les livres étaient son unique source d’information et d’inspiration, avec les récits des berbères. Aziz faisait glisser le pion noir sur deux cases, paisible comme un grand-père.

    « J’imagine des gens à la peau très claire. Des oasis aussi grande que le désert. Des bêtes de toutes les formes et de toutes les couleurs. Et des rivières partout où aller chercher de l’eau douce. »

    Dans ses rêves en tous les cas c’était aussi beau que cela. Le rire des Arabes montaient dans la tente. Visiblement cette description paradisiaque avait de quoi faire rire. Sveda qui n’en comprenait pas la raison interrogeait son voisin du regard. Était-elle si loin de la vérité ? Cela avait attiré l’attention d’Azenzar qui, cela va de soi, bondissait sur ses pieds pour venir voir ce qui se passait. Il fonçait dans le dos de son père en riant lui aussI. Sa mère écartait prestement les bolets de thé pour éviter tout incident.Puis, elle cherchait du regard celui de son aînée et échangeaient un sourire.

    « Vous qui y êtes allés… décrivez le moi, ce grand nord ! »

    Marie se penchait pour attraper un pion entre deux doigts et le déplacer. En se redressant elle allait pencher la tête en arrière pour faire un clin d’oeil au jeune curieux. Il tentait de l’imiter en fronçant du nez. Un grand sourire aux lèvres Sveda riait et déposait un baiser sur son front bronzé.

    « Retourne avec ta soeur petit coquin.»

    Revenant sur le devant, la rose lorgnait Wairua du coin de l’oeil. Elle savait qu’il entrevoit déjà les futurs coups du joueur même si ce n’était pas son adversaire direct. Il l’avait initié à la stratégie pendant des heures entières. Parfois, lassée de perdre, elle se contentait de créer une diversion pour les éloigner du plateau. Elle venait lui murmurer:

    « Crois-tu que j'ai une chance ? » Un lésard venait de passer près de la table. Avec un cri surexcité le plus jeune se mit en chasse.
Tohum
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Lun 24 Sep 2018 - 16:57
La tente offrait une ombre et une fraîcheur relative, agréable par rapport à l’air du dehors. Elle protégeait également des coups de vent sableux, qui pouvaient s’avérer aussi douloureux qu’un fouet lorsqu’ils battaient la peau nue. Même celle tannée et robuste des habitants du désert. Toutefois, les enfants auraient peut-être préféré y rester, si cela pouvait leur éviter de se consacrer à leurs travaux. Mais nous avions réussi à leur inculquer le plaisir d’apprendre malgré tout, et Sahar ne faisait jamais d’histoire pour s’y mettre. Elle était déjà plongée dans ses calculs, son visage enfantin formant une expression concentrée et réflexive.

De notre côté, nous allions aussi aiguiser nos esprits, bien que d’une toute autre manière. Tandis que Marie sortait le jeu, je m’installais avec notre invité, et admirai l’intérieur de notre foyer. Il était sommaire et fonctionnel, mais nous ne manquions de rien. De plus, nous avions réalisé la plupart des objets s’y trouvant, ou les avions troqués pour acquérir ce que nous ne pouvions fabriquer. Il régnait donc dans cet endroit une ambiance à notre image, et qui nous apaisait tout autant que le thé que nous buvions. Difficile de nous imaginer ailleurs, et pourtant…

Sveda n’avait jamais été dans ces contrées, mais elle s’y plairait sûrement. Je la voyais déjà s’émerveiller devant les différents paysages, loin de ses déserts, même si s’ils se trouvaient ne pas être semblables à ce qu’elle imaginait. Cela faisait rire notre invité, et je passais un bras rassurant derrière son dos, un sourire tendre sur les lèvres.

"Ce n’est pas complètement faux. Mais tout dépend de l’endroit où tu te rends… Le nord est aussi vaste et varié que le sud. Tu le verras très vite." Je déposais un baiser attendri sur sa tempe, prenant un moment pour réfléchir à ma réponse. "Il fait froid, plus froid que tu peux l’imaginer. Et plus sombre aussi. Mais, là où il n’y a que le sable à perte de vue ici, certaines contrées là-bas sont verdoyantes et humides. A certains endroits, il pleut presque tous les jours. Et la mer… La mer qui va aussi loin que l’horizon, avec des vagues parfois aussi grandes que des dunes."

C’était sans doute ce qui me manquait le plus. L’océan, et l’air marin. D’aussi loin que remontait mes souvenirs, il y avait toujours la mer. Je m’y sentais comme chez moi. Raison pour laquelle j’avais passé la plupart de mes vies à voyager dessus. Et peut-être était-il temps de recommencer un peu dans celle-ci.

Le jeu avait commencé, malgré l’arrivée d’un nouveau spectateur. Rieur, je regardais Azenzar essayer d’imiter le mouvement de sa mère, passant une main dans ses cheveux avant de le renvoyer vers sa sœur. Il était vraiment curieux, mais c’était une qualité chez nous. Surtout combinée à son énergie et à son espièglerie. Sahar récupérait son frère pour reprendre les études, et nous retournions à notre partie. La question de Marie me fit sourire, et je la regardai, un peu espiègle à mon tour :

"Veux-tu vraiment savoir ?" L’inconnu fait partie du jeu… Raison pour laquelle j’essayais de ne pas trop me projeter dans l’avenir, pour deviner l’issue de ces duels. Quoique pas toujours… Curiosité, encore. Je la rassurais cependant. "Tu peux tout à fait y arriver. Rappelle-toi nos leçons."

La stratégie était un art qui se créait, et s’entraînait. Et Sveda avait toute la vivacité d’esprit et la patience pour y parvenir. Au cri de notre cadet, je lui fis signe que je m’en occupais, et l’illusion du chat apparut devant Azenzar, se dirigeant à nouveau vers la table de travail pour l’y attirer. Il se posa ensuite tranquillement sur la table, veillant à ce que le jeune garçon continue sans déranger sa sœur. A chaque nouvelle tentative de détournement d’attention, il ramenait notre garçon au calme, se laissant caresser, pour l’apaiser.

Notre après-midi s’annonçait donc calme, et propice à de nombreuses parties. Du moins, jusqu’à ce que le temps soit venu de préparer le repas, auquel était convié notre invité bien évidemment. Une autre journée calme et paisible dans notre vie. Et nous aurions très vite le temps de les regretter, ou d’y penser avec nostalgie.

Fin du sujet
Wairua
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