I dream of gardens in the desert sand || Tohum

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Sam 19 Aoû 2017 - 14:07



« Ont-ils science assez pour ton pied sur le sable
Hiéroglyphe adorable et toujours effacé. »
Aragon


1443 –Sahara Occidental

L’aube commençait à poindre à l’horizon, et le sable tout comme le ciel se teintaient peu à peu de couleurs pâles et lumineuses. Je n’y accordais cependant qu’un bref regard, bien trop occupé à inscrire frénétiquement des notes sur plusieurs feuilles. La lueur de mes bougies, souvent remplacées, devint de plus en plus inutile au fur et à mesure que le jour arrivait, inexorablement. Et pourtant, je tentais encore de grappiller un peu de temps, et surtout, un peu de vue des étoiles qui disparaissaient petit à petit.

A tous mes camarades professeurs de divers universités qui me demandaient pourquoi Diable je quittais si souvent l’Europe et ses puits de savoir pour me perdre dans les déserts de pays lointains et primitifs, je leur répondais invariablement : la pureté du ciel nocturne y était à nul autre pareil. Sans parler de la faune, des coutumes, de la flore de ces contrées, encore largement inconnues des savants européens. Le calme qui y régnait me changeait des villes surchargées, et le désert me rappelait de lointains souvenirs. Ceux de mes origines, déjà oubliées.

Finalement, je mis un point final à mes notes sur la position des étoiles, ainsi que mes calculs astronomiques. Quand je pensais au savoir acquis par l’humanité ces derniers siècles, on pouvait rêver à un jour où l’homme pourra partir vers les cieux pour y découvrir d’autres mystères. Et j’espérais bien être encore là quand ce moment viendrait. Mais en attendant, je rangeais soigneusement mes notes, sachant qu’il me faudrait les mettre au propre au plus vite dans l’un de mes codex de parchemin afin de les envoyer au domaine de ma famille, actuellement en France, où j’étais né en tant qu’Emile Saint-Agnan.

C’était là qu’étaient gardées toutes les archives que j’avais accumulées au cours de mes nombreuses vies, et qui me fournissaient une bibliothèque plus que précieuse. Bien sûr, elle avait déménagé plusieurs fois de place, suivant mes voyages et le contexte politique. Et sans doute qu’elle se déplacerait encore. La seule chose que je regrettais, c’était les documents perdus ou égarés durant ces déménagements. Mais heureusement, ce n’était qu’une toute petite part somme toute inévitable.

Une fois mon matériel rangé, je m’étirais face au soleil levant, observant en contre-bas de la dune où je m’étais installé notre campement avec un sourire heureux. Nous nous déplacions avec le strict nécessaire. Pour une famille de quatre, une aide pour les enfants et un assistant, ainsi que les nombreuses choses nécessaires à deux scientifiques acharnés. En dehors de cela, nous vivions simplement, profitant de notre liberté pour nous déplacer à notre guise. Une vie de nomade qui nous convenait parfaitement.

Je crus voir un début d’agitation sous les tentes, mais un faux pas me fit trébucher, puis dévaler la dune en roulant sur moi-même. J’atterris lourdement au pied, couvert de sable et sous des rires enfantins.

"Ami’, Papa est encore tombé !"

La voix mélodieuse de Sahar émit un nouveau rire, et je la rejoignis avec bonne humeur. Elle avait beau n’avoir que huit ans, elle était bien la digne fille de ses parents. Et du désert. Elle connaissait déjà plusieurs langues, dont le français et l’italien. Elle composait elle-même ses propres mélodies sur divers instruments, et savait presque aussi bien que nous se repérer dans les étendues de sable. Sauf que chez elle, c’était un savoir naturel, instinctif. Ses cheveux blond vénitien et sa peau dorée au soleil n’enlevait rien à son charme, et je savais déjà qu’elle aurait beaucoup de prétendants à l’avenir. Si du moins, je les laissais approcher d’elle.

"Papa a toujours été très maladroit." répondis-je avec un sourire, me relevant pour m’épousseter alors que ma fille venait me serrer sans ses bras. Lorsque je levai la tête, je croisai un regard azur et clair qui illumina encore plus mon visage. "Bonjour Sved’. Tu as bien dormi ?"

Tout était si bien, et je me sentais si heureux d’être en vie.
Wairua
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Dim 20 Aoû 2017 - 17:04


“ Je ne savais pas ce qu'était la paix jusqu'à ce que tu la dépose dans le creux de mes mains. ”

Marie (XV éme siècle)


    Azenzâr échappait aux mains de sa mère, attiré par la voix de son père comme un lésard par le soleil. A 5 ans, il vouait une adoration sans borne à cet homme, dont il partageait le sourire et une insatiable curiosité. Dans sa joyeuse précipitation de petit garçon, il tombait lui aussi sur le sable. D'abord étonné, son regard commença à se troubler prémisse de larmes, mais aussitôt le sable autour de lui prenait vie, mue par une force invisible, pour le relever avec tendresse.

    Au même instant la toile de la tente se soulevait pour révéler Marie, le visage adoucie par la dérision. C'était elle qui manipulait ces milliers de minéraux à sa guise et donnait un petit air de magie à cette matière dorée. Elle répondait au sourire de son compagnon avant de se baisser vers leur fis.

    « Et Azi est comme papa. » La jeune Immortelle attrapait délicatement le garçonet, pour le porter. Sa bouche déposait un baiser magique sur le front pour chasser la peur. L'enfant s'apaisait en un clin d'oeil. « Oui. » Sveda s'approchait, tournant lentement autour du jeune Saint-Agnan, pour l'épousseter, glissant dans chacun de ses gestes la complicité de leur amour, rapidement assistée par la menotte d'un joyeux petit garçon. « Tu as réussi à voir la comette ? »

    Ils étaient établis sur cette zone pour qu'Emile poursuive son étude astronomique de la région. A des centaines de kilomètres de la première tribue avec pour seuls voisins les coyotes et les serpents de sable. Une lune jaune allait bientôt avoir lieu, ce qui serait une belle occasion d'observer les secrets des étoiles. Sveda avait appris énormément de choses grâce à ces études. A mesure, qu'Anima partageait sa passion avec elle, il lui donnait envie d'en découvrir davantage à son tour.

    Cependant, la rose du désert n'était pas en manque de recherches de son côté. C'était vers la terre et les plantes qu'elle s'était dévolue, fascinée par la beauté avec laquelle la nature parvenait à rester en totale harmonie. Ses propres codex annexaient des observations de la flore aride. Des tentatives de remèdes grâce aux savoirs encestraux des peuples des sables étaient aussi consignés. Les poèmes et les lettres d'amours allant plus volontiers se dissimuler dans les poches du chercheur.

    « Le brasero est encore allumé, si tu veux dormir un peu. » Le petit réclamait un retour au sol. Sveda le laisser s'échapper et alla caresser tendrement les cheveux de la petite Sahar lui demandant : « Est-ce que tu as faim ? »

    Ouiii ! Manger ! Mooa j'ai faaaaimmm ! Des yeux brillants de gourmandise s'accrochaient au visage maternel. La jeune femme riait face à tant d'enthousiasme, la belle échangea un regard avec son amant, lui embrassait la tampe, puis accompagna leurs enfants auprés du feu de camp matinal.

    « Azi pas si près du feu. » Sveda attrapait la main du petit pour l'écarter du danger. Elle gardait un œil sur la sœur et lançait d'un ton faussement hésitant. « Mince, je ne me souviens plus... Comment est-ce qu'on appelle cette chose ? Sahar ? Tu te souviens ? » Lui demandait-elle en montrant la base d'une racine enfouie dans le sable.

    L'assistant qui les accompagnait pouvait être amené à donner des leçons aux enfants. Néanmoins, Anima et Sveda se chargeaient pour la majorité de leur éducation et de leur culture. Paradoxalement une enfance loin des grandes citées et des grands savoir en faisaient des élèves vifs et curieux.

    L'odeur du lait de chèvre entrain de chauffer embaumait l'air. Le soleil teintait lentement le Sahara d'une palette de millier de couleurs magnifiques. Dans peu de temps la température allait grimper. Mais Armageddon était encore loin, très loin, du paradis terrestre. Sveda se laissait bercer par la musique du vent sur les dunes, son cœur battant au rytme de la plaine, ressentant sa complétude avec l'univers tout entier.
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Sam 9 Sep 2017 - 20:34
Un sourire similaire à celui de mon fils apparut sur mes lèvres lorsque je le vis émerger de la tente. A cinq ans, il était déjà bien éveillé, et ressemblait beaucoup à sa sœur aînée. Ils partageaient la chevelure claire et le sourire de leur mère. On disait qu'ils avaient hérité de ma curiosité et de mon regard émerveillé. Mais s'ils étaient aussi parfaits et beaux, c'était sans conteste un héritage maternel. Sahar avait de plus acquis ma facilité en musique, et Azenzâr... ma maladresse !

J'esquissai un premier geste dans sa direction lorsque je le vis tomber à terre, avec les prémices de grosses larmes. Heureusement, la maman fut plus rapide, et un voile de sable aida le jeune garçon à se relever tout en le rassurant. Nos enfants étaient également ceux du désert, et, tout comme je leur apprenais à voir ce qui les entourait avec curiosité et bienveillance, Sveda leur avait montré les bienfaits de ces immenses étendues. Suivant son emprise sur le sable, elle sortit à son tour de sous la tente, partageant la tendresse de mon expression.

"Et Sahar est aussi belle que sa mère." dis-je en posant une main sur les cheveux de notre fille. Elle répondit avec un nouveau rire chantant, avant d'aller rejoindre sa mère et son frère. Je laissais ensuite celle qui se faisait appelée Marie m'aider à me débarrasser du sable que la chute dans la dune avait déposé un peu partout sur mes habits, lui retournant son sourire avec une expression légèrement désolée.

"Merci mes trésors." leur dis-je, déposant à tout de rôle un baiser sur le front. Avant d'afficher une expression enthousiaste à la mention de la comète. "A merveilles ! J'ai rarement eu d'aussi bonnes conditions pour voir un tel phénomène ! Et on ne sait jamais, la prochaine fois, je ne pourrais pas être aussi chanceux."

Le prochain passage était prévu pour dans plus de trois cents ans. Mais la vie, ou plutôt es vies, prenaient parfois des tournants inattendus, et même si j'étais capable de prévoir certaines choses, c'était typiquement les événements que je ne pouvais pas prévoir. Et ne voulais pas prévoir non plus. Je profitais donc de chaque occasion qui m'était offerte, et étais plus que reconnaissant envers ma compagne pour avoir accepté de me suivre jusqu'ici.

"Pour le moment, je suis en pleine forme !" répondis-je à sa proposition de me reposer un peu. À l'instar de son frère, Sahar répondit à l'affirmative concernant un repas. Et mon estomac gargouilla, preuve que je n'étais pas contre non plus. "Allons déjeuner dans ce cas !"

Je caressai les cheveux de Sveda quand elle s'approcha de moi, humant l'odeur familière de sa personne. Heureux comme jamais auprès de ma petite famille. Prenant place autour du feu, je créai l'illusion d'un chat pour détourner l'attention d'Azenzâr vers quelque chose de plus sûr, et laissai mon fils enlacer l'animal plus vrai que nature, qui lui rendit son étreinte avec tendresse, avant de jouer avec lui tout en gardant un œil sur lui pour nous.

"Une racine de Tamaris ?" proposa Sahar en réponse à sa mère avec un grand sourire complice. Elle avait grandi tellement vite, et gagnait chaque jour en maturité. Bientôt, ce ne sera plus une petite fille. Mais je comptais bien profiter des années où elle resterait ma petite fille. J'aidais à servir du lait de chèvre pour tout le monde, accompagné par des morceaux de galette et des dattes séchées. Un autre matin parfait dans une existence parfaite.

"Vous avez bien dormi ?" leur demandai-je, avant de me tourner vers Marie. "Tu auras besoin d'aide aujourd'hui, pour tes travaux ?"

Nouys nous aidions mutuellement pour nos recherches, dans des mêmes efforts partagés pour l'amour et l'avancée de la science.

"Et puis, je crois que nous avons une leçon de géométrie et d'Histoire à donner aujourd'hui, non ?" Je vis Sahar grimacer légèrement au-dessus de sa tasse. Les mathématiques n'avaient pas sa préférence. Je ris de sa réaction, amusé, avant de me tourner vers Sveda à nouveau : "Nos méthodes éducatives marchent bien. Nous devrions songer à créer une école, un de ces jours."

Une boutade à moitié sérieuse. Mais un projet, un rêve, parmi les nombreux que nous avions développés sous ce ciel sans nuages.
Wairua
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Sam 30 Sep 2017 - 13:32

    Trois cents ans était un temps considérablement long. Marie avait à peine vécu plus d'une vie humaine sur la Terre et elle s'attendait encore à ce que ce prodige ne cesse un jour ou l'autre. Comment pouvait-elle réellement imaginer qu'elle verrait encore plusieurs siècles et de nombreuses comètes dans les cieux ? Elle contemplait son fils qui jouait avec l'illusion récurrente d'un chaton. Les enfants étaient bien trop jeunes pour développer une capacité particulière. Cependant, Sveda avait eu un fils, jeune fille, Hachim, qui en plus de sa longévité avait hérité d'un de ses dons. C'était bien que tout était possible. Un doux sourire accueillait la bonne réponse de Sahar.

    « Tamarix ramosissima, oui. Il est très résistant. Il peut supporter des températures très froides. »

    La fille des sables riait devant la mine contrit de leur fille.

    « C'est grâce aux chiffres que tu pourras faire les schémas de tout ce que tu imagine déjà. » Un léger mouvement du menton répondait au scientifique. C'était quelque-chose qu'ils avaient déjà évoqué, avant même d'avoir des enfants. Avant même de tomber amoureux. « Oui. Un jour, je suis certaine que tous les petits prodiges de la terre pourront venir apprendre le théorème de Thalès dans notre école. »

    Ils n'étaient pas seuls à être pourvus de capacités extraordinaires. Il y en avait dans le monde entier. Ils étaient souvent l'objet de persécutions. Sveda avait elle aussi eu des ennuis pendant son périples jusqu'à Casablanca. Elle avait parfois encore un peu peur quand des caravanes passaient prés d'eux. Heureusement, depuis qu'ils avaient commencé le périple, ils n'avaient pas eu d'ennuis, la paix demeurait.

    « Je voudrais aller sur les oughrouds vers l'ouest pour récolter les racines. » Reprenait-elle, pendant qu'elle dénoyautait des dattes pour le plus jeune de la famille.

    L'une des complexités, en travaillant sur un terrain désertique, était de supporter les températures pendant les heures de soleil. Marie avait grandi dans une grande citée byzantine. Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour s'acclimater au désert. Les enfants étaient nés dans les dunes. Ils ne connaissaient que cette chaleur. Il y avait peu de chance qu'ils découvrent le climat tempéré du nord un jour.

    Sveda allait se resservir un peu de lait chaud à Sahar. D'un geste naturel et tendre elle passa une main douce sur la joue de la blondinette. L'aurore commençait et déjà le vent du matin s'effaçait. Bientôt l'ombre serait une rareté. Mais cette abondance de lumière de déplaisait pas à la rose du désert. Au contraire, elle y trouvait une force profonde. Les seules menaces ici venaient du vent et des mercenaires des sables.

    « Après la leçon nous irons voir comment vont les bébés. D'accord ? »

    Un peu plus au nord un petit troupeau d'addax sauvages profitaient de l'herbe tendre d'une oasis. Une femelle avait mis bas une dizaine de jours plus tôt. Ils les avaient trouvé au cours d'une marche. Les enfants avaient tout de suite été séduits par les petits bovidés. Une réaction tout à fait naturelle face à la magie de mère nature. Ils allaient les voir de temps en temps. Cependant Anima et Sveda savaient aussi qu'ici plus qu'ailleurs la loi du plus fort était intraitable. Les hyènes faisaient régulièrement des ravages. Elles redoutaient fort heureusement trop les hommes pour approcher de trop près le campement.

    Papa ? Azenzâr approchait de son père de sa démarche encore un peu rebondie. Il tenait dans ses petites mains une « rose des sables ». Probablement faites pendant la nuit grâce à l'un des deux dromadaires qui étaient avec eux. La forme rappelait en effet une rose, quand on avait déjà vu les fleurs dont elles dont ce nom s'inspirait. C'est maman ?

    La dites maman s'était levée pour aller, sous la tente, chercher les chèches de tout le monde. Ces grandes écharpes colorées étaient le moyens le plus efficace de protéger les crânes d'une insolation. Elle tendit un premier à Sahar non sans un sourire complice. Elles avaient elles-mêmes fait celui-ci en y ajoutant des broderies selon les goûts de la joliette. Maintenant elles en confectionnaient un pour son frère. Sveda alla ensuite vers les garçons. Elle s'accroupissait pour être à leur hauteur et commença à habiller Azen.
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"Le bonheur c'est mieux quand on le partage."


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Dim 8 Oct 2017 - 19:22
Ni Sahar ni son frère n’avaient développé de dons. Pas encore du moins. Mais j’avais pu constater qu’avec deux parents biologiques qui en étaient dotés, il n’était pas rare que cela arrive. Un autre sujet d’études fascinant, parmi mille autres. Néanmoins, aussi merveilleux que cela puisse paraître, naître avec de telles capacités n’était pas toujours un cadeau, et nombreux étaient ceux qui avaient été pourchassés et tués sous divers prétextes. Nous n’étions pas si nombreux que cela, même s’il était parfois difficile de donner un chiffre. Dans un pays comme la France ou l’Angleterre, il pouvait y en avoir environ une cinquantaine, bien cachés pour la plupart. Le temps n’était pas encore venu où nous pourrions tous vivre ensemble, mais je ne perdais pas espoir. Avec l’avancée de la Science, l’évolution des mentalités suivaient rapidement.

Raison pour laquelle nous avions tenu à ce que nos enfants soient éduqués au mieux, mais ce qu’ils avaient surtout reçu, c’était le grand humanisme de leurs deux parents. Quoique, le goût des mathématiques n’était pas forcément inné chez eux, comme l’on put le constater avec humour.

"Et pense à la musique. C’est la même logique." Elle nous sourit à tous les deux, hochant doucement la tête. La connaissant, elle finirait par surmonter ses difficultés dans cette matière. Je passais une main dans ses cheveux dorés, qui ne manquaient jamais d’attirer les regards dans ces régions désertiques. Pour peu que l’on croise quelqu’un. Et évoquer un si vieux projet que nous avions ne pouvait que me rendre plus rêveur encore. "Ce sera une réalité un jour, je le sens ! Et te connaissant, tu ne pourrais manquer une telle opportunité."

Je lui souris tendrement, avant de boire un peu de lait chaud une fois que tout le monde fut servi. Le soleil se levait inexorablement et avec lui, la chaleur torride. Mon corps était né dans des régions plus tempérée, même si de lointains ancêtres avaient connu l’Egypte des pyramides et même au-delà. Venir dans tels climats m’avait un peu habitué, surtout dans les réflexes à avoir.

"Bonne idée. On devrait pouvoir s’y rendre un peu plus tard dans la journée, en fin d’après-midi peut-être ? Ou plus tôt ?" répondis-je tout en lançant des regards à Azenzâr, qui jouait toujours avec le chat tout en mangeant. Malgré son jeune âge, ses gestes étaient emprunts d’une certaine élégance, même s’ils étaient encore parfois un peu hésitants.

"Ouiiii !" répondit Sahar en clapant des mains à la proposition de sa mère, une lueur impatiente dans le regard. Elle éprouvait une tendre affection pour tous les animaux qu’elle croisait, et même si la nature pouvait parfois être cruelle, elle se faisait petit à petit au cycle naturel des choses pour mieux en saisir toute la beauté. "Tu crois qu’on pourra leur amener quelque chose pour les nourrir, Ami ?"

"Tout à fait Az, c’est aussi beau et élégant que ta maman, non ?" Après avoir déposé un baiser sur son front, j’entrepris de lui expliquer comment de telles merveilles se créaient, utilisant un vocabulaire aussi simple que possible. Je terminais en lui disant : "Tu veux la garder pour toi ? Ou l’offrir à Maman ? Cela lui ferait très plaisir, je suis sûr."

J’aidais ensuite Sveda à habiller notre garçon avant de faire de même pour moi. Même si nos peaux avaient été bien tannées par le soleil, nous n’étions pas à l’abri des dégâts qu’ils pouvaient occasionner.

"N’oubliez pas de boire beaucoup." rappelai-je aux enfants, avant d’entreprendre de mettre mon chèche autour de ma tête. Ce qui était toujours une grande aventure, n’étant pas toujours très doué de mes mains. Je me tournais vers Marie, lui demandant avec un petit sourire navré : "Un peu d’aide ? Je ne voudrais pas abîmer ces magnifiques ouvrages. Tu t’es encore améliorée Sahar, bravo !"

Malgré la peau dorée, je vis les joues de ma fille se teinter de plaisir. Aussi adorable que sa mère, avec qui elle s’entendait parfaitement. Bruno, mon assistant rencontré à Venise, sortit alors de la tente avec un service à thé et une théière fumante.

"Merci Bruno." lui dis-je, suivi de près par Sahar qui l’aida à mettre en place une petite table près du brasero pour le servir. "Et où est-ce qu’on en était dans nos cours d’Histoire, déjà ?"

"La prise de l’Egypte par l’Empire romain" répondit notre fille tout en versant le thé.

Je me lançais alors dans la suite de mon récit, plus une histoire que de l’Histoire, lançant des regards tendre de temps à autre vers l’autre scientifique du groupe. Lorsque j’appréciais un sujet, je pouvais facilement m’emballer. Heureusement, Sveda était toujours là pour me ramener les pieds sur terre.
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Mer 25 Oct 2017 - 17:04


“ Je ne savais pas ce qu'était la paix jusqu'à ce que tu la dépose dans le creux de mes mains. ”

Marie (XV éme siècle)



    Quand les enfants seraient plus grands, peut-être les parents envisageraient-ils de concrétiser ce projet, quelque peu utopique. Rien ne les pressaient si ce n'étaient leurs désirs. A l'heure actuelle la belle rose du désert se surprenait à songer à avoir un troisième enfant. Ce qui était encore une autre sorte de rêve. Elle ne l'avait pas encore partagé avec Anima tant celui-ci avait encore les traits d'un fantasme.

    « En fin d'après-midi oui, ce sera très bien. » Acquiesçait la douce Marie tout en surveillant la cuisson du lait.

    Un simple sourire encouragea la généreuse idée de la jeune fille. Sahar était profondément attentionnée envers son prochain. Sveda était sans cesse émerveillée par ces gestes de bonté. Elle voyait, chez elle et son frère, toute la grandeur de l'Humain. Ils étaient la plus belle des sources d'inspiration. Ils étaient, avec leur frère Joachim, sa plus grande source de joie et de craintes parfois. Être une mère avait profondément transformé cette jeune immortelle.

    Alors que, le petit subissait patiemment le rituel matinal sans broncher, il mis ses menottes en coupe devant le nez de sa mère pour lui présenter sa magnifique trouvaille. Hélianthème baissa les yeux sur l'objet. Un petit sourire se dessina à ses lèvres en découvrant la rose des sables. Elle caressa la joue de son petit garçon et lui soufflant en lui offrant un baiser :

    « Merci mon Malaki. »

    Sveda se tendit lentement les genoux pour se mettre à la hauteur de son bel Émile. Elle plongea ses yeux clairs dans les siens, pendant qu'elle dépliait le tissu. Milles petits messages de tendresses se lisaient dans le mouvement de ses doigts autour de son visage. Ils s'attardaient sur les joues masculines. Elle lui souriait, ressentant la force tranquille qui la reliait à lui. Elle l'embrassait au coin de la bouche.

    « Elle est aussi perfectionniste que toi. »

    Bruno était le dernier pilier de leur tribu. D'aussi loin que Marie pouvait se souvenir il accompagnait son compagnon dans ses aventures. Ils prirent un thé tous ensemble. La main de la belle n'était jamais très loin de celle du professeur d'histoire. Où qu'ils soient dans l'immensité de cet espace dorée, c'était vers Émile que Marie retrouvait le nord.

    Ils reprirent l'histoire de Caius venue représenter Rome sur les terres égyptiennes. Un grand homme politique de son époque qui ne s'était pas non plus déshonorer avec les verres. Les conquêtes construisaient l'Histoire cependant les deux précepteurs accentuaient aussi l'Histoire des sciences. Sveda intervenait parfois pour apporter des précisions dans le récit enflammé.

    Azenzâr, posé dans le creux des jambes de sa mère, réclamait tant et plus de câlins. Un pouce dans la bouche il se laissait bercer par les caresses maternelles sur ses jolis cheveux blonds. Il s'endormait presque.

    « … Émile ? » Les yeux de Sveda étaient portés au loin, vers le nord, d'où se devinait un nuage de poussière. Le ciel était pourtant d'un bleu pur. « Des cavaliers ?»

    C'était si rare. Tout comme Bruno la jeune chercheuse faisait mine de se remettre debout. Sa main se portait finalement sur la tête du petit pour effleurer ses petits cheveux blancs. La paix qui émanait de lui suffit pour effacer l'ombre d'une crainte du regard de sa mère.
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Mar 7 Nov 2017 - 10:33
J'avais beau avoir connu plusieurs vies et plusieurs relations, aucune n'était aussi complice et complémentaire que celle que j'avais avec Sveda. Nous partagions les mêmes points de vue, et surtout, la même passion pour l'humanité et ses savoirs. Vivre plus longtemps nous donnais une avancée sur notre temps, et nous étions la preuve vivante que l'apprentissage rendait plus ouvert et tolérant. Ou peut-être que nous étions naturellement comme cela. Quoiqu'il en soit, nous étions à la fois un couple, mais aussi un soutien scientifique et philosophique, ce qui était extrêmement motivant et créatif. Je lui souris donc lorsque le programme de la journée fut décidé, et l'embrassai avec tendresse sur le front.

Mais de tous nos projets, c'était sans conteste nos enfants qui constituaient celui dont nous étions le plus fiers. Ils représentaient l'avenir, et même si nous en ferions certainement partie, ils me permettaient de toujours me donner à fond pour leur offrir la meilleure existence possible. Tous les parents trouvent leurs enfants merveilleux, mais j'étais persuadé que Sahar et Azenzar allaient tout mettre en œuvre pour rendre le monde meilleur, chacun à leur manière. Et en être le témoin était le plus beau cadeau que l'on puisse me faire. En voyant notre fille s'extasier pour les autres êtres vivant ou notre fils présenter avec bonheur la rose des sables à sa mère, j'étais certain que je ne pouvais pas être plus heureux.

Et que rien, pas même les plus belles découvertes scientifiques, ne pourraient être aussi précieux à mes yeux.

Toujours aussi maladroit, je laissais Marie s'occuper de mon chèche,, la couvant d'un regard doux et amoureux. Certes, nous nous étions bien trouvés, mais je m'estimais chaque jour encore plus chanceux de pouvoir partager la vie de cette femme extraordinaire. Je lui rendis son baiser, la remerciant d'avoir contribué à m'avoir évité de cuir sous le soleil du désert.

"Ce n'est pas avec mes talents qu'elle aurait pu faire de telles broderies, c'est certain !" riai-je à sa remarque. Moi et une aiguille, mieux valait oublier. Il risquerait s'y avoir des morts. "Enfin, peut-être que vous pourriez nous apprendre, à Az' et à moi ? Je suis curieux de voir comment cela marche !"

Une fois que Bruno nous eut rejoint, je pus continuer la leçon d'histoire, aidé à la fois par mon assistant et par Marie. Heureusement qu'ils étaient là, sinon, j'étais tout à fait capable de m'emballer et de parler pendant des heures. Avoir vécu à ces époques rendait mon cours riche d'anecdotes personnelles, parfois peut-être superflues pour comprendre le tableau général. Mais je ne pouvais pas, dans mon enthousiasme, m'en empêcher. Sahar écoutait avec attention, ayant toujours été passionnée et admirative des récits et cours que sa mère et moi lui donnions. Azenzar était plus jeune, et même s'il écoutait d'une oreille, il se laissait plutôt bercé par les paroles. C'était un début, en attendant qu'il grandisse et puisse suivre les cours comme sa sœur.

L'arrivée d'un tiers interrompit cependant ma leçon, et je me levai d'un bond, partageant la crainte de Sveda. Les rencontres étaient rares, au milieu de nulle part, et pas toujours très agréable. Sur le qui-vive, je fis un signe à Bruno.

"Amenez les enfants à l'intérieur." Sahar prit son frère par la main, nou adressant un regard peu rassuré. Je lui souris pour l'encourager et lui dire que tout allait bien se passer, avant de revenir vers Marie. Je me retroussais les manches, et peu à peu, des ombres apparurent à mes côtés, prêtes à défendre notre campement si besoin était. Quand il s'agissait de ma famille, je ne souhaitais prendre aucun risque. Et je savais qu'il en était de même pour ma compagne. "Prête ?"

Sur nos gardes, il ne nous restait plus qu'à attendre que les cavaliers soient assez proches pour pouvoir les identifier et les cataloguer en ennemis ou en amis. L'attente fut presque interminable, mais au bout d'un moment, il nous apparut qu'il s'agissait de deux cavaliers. Et après quelques secondes, je pus reconnaître l'un d'eux, et poussais un soupir de soulagement. Les ombres disparurent immédiatement, et je posai une main rassurante sur l'épaule de Marie.

"Tout va bien, c'est Aziz. Celui que j'ai chargé de nous apporter le courrier urgent."

Aziz était un érudit que nous avions rencontré lors de notre dernière escale dans la ville la plus proche, et nous avions beaucoup discuté. Il s'était proposé lui-même pour nous apporter les nouvelles importantes, et je devais admettre que c'était bien pratique. Je les accueillis, lui et son assistant, donc avec un grand sourire, lui offrant du thé pendant que Bruno et les enfants sortaient de la tente, aussi rassurés que moi. Je parcourus ensuite rapidement les lettres et missives qui nous étaient adressées, et qui constituaient pour la majorité des messages de collègues et des résumés de découvertes ou avancées récentes dans le milieu de la Science.

"Les nouvelles de ton côté sont bonnes ou intéressantes ? Oh, il semblerait qu'un allemand se soit lancé dans une technique pour coucher les mots sur le parchemin de manière rapide, un peu comme les chinois ! Tu te rends compte, le temps que cela nous ferait gagner, de ne plus écrire à la main ?"

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Jeu 7 Déc 2017 - 15:02

    Marie suivait les enfants du regard et s'assura que la tenture retombait avant de se focaliser de nouveau sur l'intrusion. Encore jeune immortelle à cette époque, elle avait à peine effleurer son potentiel. Mais, grâce à l'aide de quelques personnes elle était à même de garder un certain contrôle sur ses capacités. D'une pression de l'esprit sur le désert, elle pouvait activer la connexion entre elle et le minéral. Des volutes de sables se formaient autour des silhouettes fantomatiques pour les protéger plus efficacement que toutes les armures du monde.

    « Dieu soit loué. » Chuchota-t-elle pendant que l'inquiétude s'épanouissait en soulagement. Elle souriait à son compagnon puis elle alla réceptionner Azenzâr à la sortie de la tente pour le rassurer.

    Aziz était un érudit doublé d'un poète et comme Anima Sveda avait été ravie de leur rencontre. Elle accueillait les deux voyageurs d'un sourire chaleureux. Parmi les courriers l'un d'eux retenu l'attention de la rose. Un immense sourire se dessinait sur son visage alors qu'elle reconnaissait le trait délicat de Joachim.

    « C'est Hachim ! » Les yeux clairs découvraient les lignes avec avidité. Cela faisait près d'un an qu'ils n'avaient pas eu de nouvelles de lui. A l'image de sa mère, il avait l'âme nomade et passait son temps à arpenter les recoins les plus reculés du monde. « Oh mon dieu. Il a rencontré quelqu'un. Ils se sont mariés.» Sveda relever les yeux, ébahie et venait montrer la missive à Émile. « Je suis grand-mère... »

    MaMaaannnnn ! Réclamait le plus jeune en essayant d'attirer l'attention de sa mère.

    La nouvelle transfigurait la jeune immortelle et elle adressait un sourire rayonnant à sa fille. La demoiselle allait bientôt devenir tante. l’étrange longévité dont était pourvue Marie l’obligeait à revoir sa conception d’une famille. Quand celle-ci pouvait s’agrandir sur plusieurs siècles il le fallait bien ! Cela avait d’ailleurs posé question à la jeune femme au moment où Anima et elle avaient commencé à parler d’enfants. Ils ne sauraient pas tout de suite si la chance avait été de leur côté.

    « Aziz, merci ! Vous ne pouvez pas savoir quel charmant Hermès vous êtes !» Sveda s’approcha de Wairua le regard pétillant d’un ardent désir maternel. «Proposons-leur de venir nous rendre visite ici. Tu veux bien ?»

    De bien des aspects Tohum préservait un enthousiasme et une innocence que seules de nombreuses guerres et chagrins finiraient par émousser. Ces qualités, elle les enseignait aux petits et aux grands, persuadée que la paix viendrait un jour par ce biais.

    «Aziz l’avez-vous trouvé ce dont nous avions parlé ?» L’étincelle dans les yeux de la belle pris une teinte presque avide. Elle avait profité d’un passage à Casablanca pour poursuivre une recherche documentaire de longue haleine. L’encyclopédie en question avait été rédigée trois siècles plus tôt et le nombre de copies était inconnu. Pourtant le  Kitab Al Qanûn fi Al-Tibb avait fière réputation auprès des médecins d’Orient et d’Occident.

    En tant que femme Sveda avait beaucoup de mal à se faire entendre de ses confrères. Très peu d’entre eux étaient prêts à voir ses capacités intellectuelles. Aussi, ne comptait-elle plus le nombres de refus, de rejets, et même d'humiliations. Fort heureusement, Émile était aux antipodes de ces raisonnements dont les hommes peinent à se défaire encore à cette époque.

    Az, libéré, avait pris en course un scarabée dont l'ingéniosité tactique peinait à contrer la malice enfantine. Il riait d’excitation et d’impatience de voir sa course poursuite récompensée. Ses éclats de joie parvinrent même à contaminer la nomade qui se mit à rire rien qu’à le voir gambader comme un fou. D’une petite pression mentale elle prit le contrôle d’une dune pour aider l’insecte à se cacher. L’enfant se figea sur place face à la supercherie et commença à s'indigner dans un mélange d’arabe, de français et d’espagnol.  

    Du haut de son perchoir le garçonnet entendait sa mère rire lui adressait un regard furibond. Sveda l’observait tendrement et vint à sa rencontre pour l’attraper par le torse le porter et lui couvrir le ventre de baisers en faisant mine de la dévorer. Tous les deux essoufflés et souriant tombaient ensuite dans les bras l’un de l’autre.

    «Qu’allais-tu faire à cette pauvre bête hum ? Coquin !» Sveda écartait les mèches folles du front de son petit chuchotant au creux de son oreille. «Tout ce qui est vivant est précieux.. comme toi.» Ajouta-t-elle en pointant un index sur son ventre de bébé.

    Ils revenaient vers les autres en se câlinant et le coléoptère s’enfuyait aussitôt pour rejoindre sa propre colonie. Azenzâr, apaisé retrouvait le sol sablé et retrouvait sa sœur. Il l’imitait, et une fois sagement assis, il plongeait une main dans sa poche pour en sortir l’une de ses trouvailles et la tendre à Sahar avec un fier sourire sur la face.

    « Émile ... » Sveda se glissait près de son complice de recherches et de vie. « Parle leur de ta nouvelle théorie ! »
Tohum
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