[CLOS] Hello darkness my old friend | Domhnall

 :: Zone Quantique :: Machine à remonter le Temps Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Lun 24 Juil 2017 - 19:08
Hello darkness
my old friendDébut de la trentaine

Domhnall

Erend

Aujourd'hui était un jour spécial. Aujourd'hui était le jour de leurs quinze ans. Et aujourd'hui serait un jour d'autant plus important, à la demande qu'il allait lui faire. Car s'il se résolvait petit à petit à l'idée de ne jamais élevé d'enfants avec son compagnon, il était une idée qui lui restait en crâne. Celle de l'épouser. On pouvait se demander ce qui le poussait enfin à agir après vingt années et la première était l'amour évidemment. Ils le filaient parfaitement. Tant et si bien qu'il ne se voyait pas vivre la fin de ses jours sans Gareth à ses côtés. Ce n'était pourtant pas la seule raison. La seconde était bien plus pragmatique. Une reconnaissance officielle aux yeux de la loi et de tout le reste. Car s'il avait toujours eu l'intention de lui demander un jour, il fallait avouer qu'un événement récent lui trottait encore dans la tête et l'inquiétait au plus haut point. Alastair avait été envoyé à l'hôpital juste pour observation suite à un autre sursaut avec son bras. Et voilà comment il avait été accueilli :

▬ Je suis désolée mais seule la famille proche est autorisée à le voir.

▬ Mais enfin, je suis son compagnon depuis quasiment 15 ans!

▬ Je suis désolée mais vous n'êtes pas autorisé. Seuls les MacBeathag le sont, sa famille a été claire. Êtes-vous un McBeathag?

Impossible de le voir. Que ce serait-il passé si cela avait été plus grave? Il préférait ne pas l'imaginer mais cela ne le rassurait guère. Maudits MacBeathag... mais après tout, Erend était le démon qui entraînait Gareth dans les bras du Malin. Lui le médecin qui retournait le cerveau d'un pauvre être malade et faible. C'était ainsi qu’ils le percevaient, quand bien sûr il ne s'agissait que d'amour. Et si cela n'avait pas été lui, il était fort à parier que le futur président en aurait choisi UN autre. Après tout, ce n'était pas des choses qui se décidaient. Cela était plutôt imposé au contraire. Pas une maladie, pas un choix, juste un fait. Que la famille du Lord ne semblait pas accepter. Pour autant, romantique comme il l'était, il ne comptait pas mentionner ce fait. Comme il ne mentionnerait jamais la dernière raison qui motivait son geste et qu'il ne s'avouait pas non plus à lui-même. Un mariage semblait une bonne façon de consolider le lien profond qui les unissait déjà, et surtout une confirmation que Gareth le trouvait suffisant pour le reste de sa vie également. Car contrairement aux apparences, le petit Erend était bourré d'insécurité. Il se trouvait très loin d'être à la hauteur pour lui. Au fond, se disait-il, peut être que la vie de son compagnon aurait été plus simplement sans lui. A cause de lui, il avait été obligé de subir certaines épreuves comme la maison de correction... Et parfois, il se demandait pourquoi il l'avait choisi lui; même si il lui en était reconnaissant, même après 20 ans et même quand Alastair avait été celui a lui donné son premier baisser, l'inquiétude restait. Se rendrait-il compte un jour de son erreur? Lui être calme et toujours souriant était toujours dévoré par cette crainte sur laquelle il ne mettait pas encore le doigt.

Quoi qu'il en soit, il avait bien l'intention de le demander en mariage. Il avait donc savamment tout orchestré. Puisque leur première rencontre, leur premières attractions et leurs premiers baisers avaient tous eu lieu dans l'univers équestre, il souhaitait utiliser ce symbole. D'autant plus que monter à cheval détendait toujours Gareth. Il leur avait donc prévu une balade en amoureux. En toute tranquillité, si on omettait le stress qu'une telle demande impliquait. Vérifiant que l'écrin contenant les bagues se trouvait bien dans la poche de son veston d'équitation, il s'approcha de Saorsa, sa jument. Il plaça sur sa selle le sac contenant leur dîner et caressa ensuite la belle. Le contact avec les animaux l'avait toujours tranquillisé. Tout était prêt désormais. Ne manquait plus que l'homme avec qui il souhaitait partager le reste de sa vie. Si celui-ci acceptait. Il prit une inspiration.

▬ Ah dans quel état tu me mets Gareth. murmura-t-il, pour lui-même.


Coltach
Sphère Savoir
avatar
lovu lovu
Messages : 56
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : Memory artist
Revenir en haut Aller en bas
Lun 31 Juil 2017 - 16:15

EREND

DOMHNALL

Hello Darkness my old friend
Alastair était clairement à 100 lieues des pensées de son amant. Déjà parce qu'il n'avait jamais réellement pensé au mariage, estimant que c'était une futilité que personne n'avait réellement besoin et que chez lui, c'était réservé à des couples dit normaux et donc pas pour lui. Ensuite parce qu'il était bien dans son couple ainsi et qu'il ne voyait pas vraiment pourquoi se mettre une bague au doigt avec tout l'emmerdement des procédures qui allait avec. Enfin, c'était peut-être son mauvais caractère qui le poussait à penser ainsi ou juste sa mauvaise humeur du moment.

Jeune politique encore, il s'était vu refermer une porte sur son nez, car son père s'était permis de venir mettre son grain de sel dans ses affaires, alors qu'il n'en avait pas besoin! Ce dernier prenait un malin plaisir à lui pourrir sa vie professionnelle autant que sa vie privée. Des fois, il espérait simplement le voir passer l'arme à gauche, pour enfin pouvoir respirer sans plus sentir son souffle sur sa nuque à chaque pas qu'il faisait. C'était là le lot qu'il devait porter, puisqu'il avait décidé de ne pas quitter l'arche Écossaise et de lui démontrer qu'il était tout à fait capable de faire les choses sans lui. Bien entendu, le paternel ne le voyait pas ainsi et lui démontrait tout le contraire. Ce qui ne manquait pas de le foutre dans une colère noire, ne pouvait-il pas lui foutre la paix!?

Enfin... son compagnon l'avait invité à une balade équestre, il n'allait pas lui faire le déshonneur de lui mettre un vent en ne venant pas. Domhnall mettait donc un terme à son rendez-vous pour pouvoir retrouver Erend à l'heure et habillé pour monter à cheval. Son homme avait raison, cela lui ferait du bien, l'équitation lui avait toujours permis de se vider un peu la tête. Erend lui tournait le dos, alors qu'il arrivait en tenant par la bride son propre équidé, Orion, un franche montagne au caractère aussi têtu que celui de son cavalier. Autant dire que ces deux-là avait de quoi s'entendre. MacBeathag capta au vol les paroles de son compagnon et haussa légèrement un sourcil.

- Pourtant, je n'ai encore rien fait. Avec un léger sourire, au moins se retrouver en sa présence le détendait un peu. Salut. L'embrassant sur la joue. Ta matinée?

Oui, il était intéressé, non ce n'était pas une question pour tenir la conversation. Au moins avec Dunbar, notre homme était lui-même et plutôt de bonne humeur. De quoi en profiter, au moins un peu.
Domhnall
Sphère Dirigeante
avatar

Messages : 101
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : La Vérité
Revenir en haut Aller en bas
Sam 2 Sep 2017 - 21:00
Hello darkness
my old friend

Domhnall

Erend

Son front collé à celui de sa jument, Erend lui caressait l'auge. Les yeux clos, il tenait de se calmer. Certains auraient sans doute dit que ce n'était pas là la sécuritaire des postures face à un cheval, pourtant le psychiatre connaissait suffisamment sa bête pour savoir qu'il ne craignait rien avec elle ainsi. En effet, si Orion était un canasson aussi têtu que son cavalier, Saorsa, elle, tenait également du sien. Ainsi l'Oldenbourg était une jument aussi calme et détendue que pouvait l'être Erend, en règle générale. Et c'était justement ce point qui différait de l'habituel car cela n'était pas réellement son cas ce jour-là. Il fallait avouer qu'il connaissait les risques. Il savait que Gareth, s'il n'était pas contre là mariage gay, n'avait jamais réellement envisagé le sien. Les chances d'un non était donc plus qu'élevées.

Pourtant son compagnon était prêt à tenter la demande malgré tout. D'aucuns diraient que c'était son côté romantique, d'autres ses insécurités ou l'aspect légal de la chose mais c'était surtout et avant tout, car il le souhaitait. C'était pour lui plus qu'une bague au doigt. C'était une promesse. Entre eux, pour le monde. Un souvenir perpétuel. Et si cela pouvait, au passage, refermer le caquais de ceux qui tentaient de se mettre entre eux, c'était un bonus. Qu'il s'agisse de lui-même, des MacBeathag ou Dieu seul savait quel autre obstacle.

C'était donc concentré sur une relaxation peu probable qu'il laissa échapper sa complainte. Et ce fut contre ce front chevalin qu'il sursauta en entendant une voix lui répondre dans son dos. C'était celle de Domhnall. La voix, comme la réponse. Et une partie de son inquiétude s'envola. Il se retourna alors tranquillement pour lui faire face.

▬ Pas encore. répondît-il, le sourire en coin.

Sa phrase se voulait à double sens mais cela n'était pas faux pour autant. Après tout, le stress qu'il avait ressenti jusque-là n'avait été provoqué que par sa personne. Maintenant, beaucoup reposait entre les mains du politique. Ce dernier vint l'embrasser sur la joue et Erend se détendit quelque peu. Cela avait toujours été comme si à ses côtés, rien n'avait été impossible. Il fallait espérer que cela serait effectivement le cas.

En attendant, Gareth lui avait demandé comment s’était passée sa matinée. Et la vérité était que malgré le stress, celle-ci c’était plutôt bien passée. Il fallait avouer que s’agissant du premier jour de congé qu’il s’accordait depuis une éternité, il en avait quelque peu profité. Se lever après le soleil, prendre son temps, etc… Autant de chose qu’il avait su apprécier à leurs justes valeurs. D’autant qu’il avait pu passer derrière les fourneaux pour leur mijoter un petit repas. Non vraiment, matinée tranquille mais il n’allait pas s’en plaindre, pour une fois. Enfin, si on oubliait bien sûr, son petit projet. Dire qu’il ne lui avait pas trotté à l’arrière du crâne toute la demi-journée aurait été un mensonge éhonté. Un mélange d’excitation, de stress et de relaxation ; détonnant !

▬ Plutôt bonne, résuma-t-il donc posément, et la tienne ?

Il voulait lui laisser l’opportunité de l’exprimer par lui-même, même s’il se doutait de la réponse. En effet, Erend avait repéré la marque rosé sur le front de son compagnon. Celle-ci était caractéristique d’un fronçage de sourcils, long ou répéter. Les nouvelles n’avaient clairement pas été aussi bonnes qu’il l’aurait souhaité. Et il en était désolé.

Il lui laissa donc la possibilité d’énoncer ce qui pouvait lui peser avant de finalement se mettre en selle. Le mouvement fut agile, témoin d’une longue habitude. Après tout, cela faisait maintenant plus d’un quart de siècle qu’il s’occupait de ces braves bêtes. Il avait toujours su les apprivoiser. Comme il avait su apprivoiser le cavalier en face de lui. Ou cela avait-il été l’inverse ?

▬ Prêt ? demanda-t-il en faisant trottiner Saorsa qui de toute évidence, elle l’était.

Bien entendu, la question incluait également la petite surprise mais il se garda bien d’en faire mention. Et ils se mirent ainsi en route. Le pas était tranquille, de quoi admirer le paysages et discuter paisiblement. La preuve en était encore une fois faite : Gareth le tranquillisait. Et si sa nature l’était de base, il devenait quasi inébranlable en temps normaux. Aujourd’hui il se détendait simplement. Et ce n’était pas forcément une mauvaise chose.

Il les entraina donc sur le chemin, ayant une destination précise en tête. Et Saorsa la connaissait. Du moins se rappelait-elle qu’au milieu de la dite-route se trouvait une immense clairière. Et cela signifiait, le plus clair du temps, la possibilité d’un galop à toutes enjambés. Elle commença donc à tirer sur ses rennes dès qu’elle reconnut l’endroit. Ils se trouvaient désormais à quelques mètres de l’embrasure. Erend se retourna donc vers son compagnon, qu’il savait adorer ce genre d’instants aussi.

▬ Une petite course ? lança-t-il, un grand sourire en coin.

Sa jument ne portait pas un nom qui signifiait « liberté » pour rien. Pour autant, son comparse savait tenir la distance. Les débouchées d’une telle initiative étaient donc toujours hasardeuses. Et c’était ce qui rendait la perspective d’une course aussi intéressante.


Coltach
Sphère Savoir
avatar
lovu lovu
Messages : 56
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : Memory artist
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 7 Sep 2017 - 11:11

EREND

DOMHNALL

Hello Darkness my old friend
Dom' ne manqua pas le léger sursaut d'Erend et eut un petit sourire amusé. Il avait toujours aimé le surprendre. D'un regard plus malin, il fixait l'homme de sa vie.

- Bah alors, t'as quelque chose à cacher? Sur le ton de la taquinerie.

Beaucoup aurait été surpris de le voir aussi, sympathique et avenant, mais c'était bien l'effet qu'avait Erend sur Gareth. Il lui permettait d'être lui-même, sans jugement, sans contrainte. Il pouvait baisser ses barrières pour apprécier simplement de se trouver en sa compagnie. Bon le sourire que lui renvoyait son compagnon lui fit hausser un sourcil et secouer légèrement la tête.

- Tu ne penses vraiment qu'à ça. Continuant donc de le taquiner, profitant d'en oublier sa matinée exécrable. C'est vrai que monsieur est en vacances. J'espère que tu en profites pour ne surtout pas mettre ta tête dans tes dossiers. Tous deux savaient parfois un peu oubliés qu'ils avaient le droit de lâcher le boulot quand ce n'était plus l'heure.

Le lord savait qu'il pouvait parler, mais il appréciait de voir son homme reposé. Il dormait profondément quand il l'avait quitté au matin et avait tout fait pour ne surtout pas le déranger. Car qu'importe ce que pouvait dire Dunbar, les problèmes des patients ne restaient pas toujours dans son cabinet une fois la journée finie.

- Exécrable. Père a réussi à convaincre Dancy que je n'étais pas digne de représenter le parti aux prochaines élections. Grogna-t-il de mécontentement. Pourriture... fit-il entre ses dents avant de prendre une grande inspiration. Mais! Évitons de m'y faire penser, si tu ne veux pas que je tire la gueule toute la ballade. Grattant le museau de son animal qui se frottait vivement à son épaule.

A son tour, il se mit en selle, tenant bien les rênes vu comment Orion tirait déjà dessus. Monsieur était tout excité de pouvoir sortir. Il avait plu, cela rendait toujours les chevaux plus nerveux. L'air frais semblait leur donner un coup de booste qu'il fallait savoir gérer, ou se faire embarquer était de mise. Heureusement, tout comme son ami, Alastair avait une longue expérience de monte et son assiette était exemplaire. Il n'avait quasiment pas besoin d'utiliser ses jambes pour diriger son cheval, signe d'un cavalier émérite.

- Toujours mon cher. Avec un clin d'oeil, lançant donc son animal en route.

Le pas était tenu, Orion avait les oreilles dressées et droites, la tête bien relevée, signe qu'il était aux aguets de tout et prêt à partir au quart de tour, dès que son cavalier lâcherait sa vigilance. Un combat de toutes les secondes entre les deux, mais le politicien aimait ce petit combat entre sa bête et lui.

Ils discutaient de choses et d'autres tout en se baladant, les animaux devenaient plus intenables à chaque mètre fait. Ce qui annonçait une possibilité de galop indéniable. Pour calmer un peu la bête, son cavalier avait lancé le cheval au trot. La marche la moins confortable, mais qui permettait qu'il arrête de tirer aussi fort sur les rênes. Un fin sourire se dessina sur ses traits en voyant la clairière. Autant dire que la course allait être serrée.

- Bien entendu! Tu penses vraiment qu'il va me laisser le choix? Fit-il amusé, alors qu'il maintenait encore un peu son canasson. Top! Lâchant alors un peu la bride, se mettant en position de galop de chasse pour que l'animal ait toute la portée qu'il voulait, Orion parti comme un boulet de canon. Déjà parce qu'il avait besoin de se dégourdir les jambes et ensuite parce qu'il adorait faire la course avec sa partenaire.

Ce fût Saorsa qui s'arrêta en premier à la fin de la clairière. Les têtes des chevaux n'avaient presque pas eut de séparation, mais juste le centimètre qu'il fallait pour qu'Erend gagne la course. Un petit rire marqua l'arrêt d'Orion et de son cavalier.

- Bravo, à ça prêt, je te battais. Prenant une longue bouffée d'air frais, le visage quelque peu rougit de la course, flattant affectueusement l'encolure de son cheval. Il s'était bien battu et profitait de cet arrêt pour arracher quelques feuilles à une branche d'arbre qui traînait devant lui. Mmm, ça fait du bien! Tu as parfois d'excellente idée. Se penchant à nouveau pour lui voler un baiser cette fois-ci, avant de reprendre une marche plus tranquille, les chevaux s'étant bien dépensés, ils donnaient un moment de répit à leurs propriétaires.
Domhnall
Sphère Dirigeante
avatar

Messages : 101
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : La Vérité
Revenir en haut Aller en bas
Sam 16 Déc 2017 - 21:51
Hello darkness
my old friend

Domhnall

Erend

Les taquineries d’Alastair tiraient toujours un rire, ou au moins un sourire, sincère à son partenaire. Ce jour-là, son éclat de rire eut une teinte légèrement plus gênée. Il lui cachait quelque chose en effet, et préférait ne pas lui répondre que de lui mentir. Il espérait simplement que cela ne se verrait pas comme le nez au milieu de la figure. Avec la matinée que Gareth semblait avoir eu et le fait qu’il ignorait quels plans étaient les siens, il passerait sans doute outre, sans même une question. Et sa réplique suivante sembla effacer le moindre doute.

▬ C’est le problème quand on a une imagination débordante comme la mienne, que veux-tu. Il prit un air faussement humble, avant de finalement rire de bon cœur. Eh oui, le grand luxe ! Que tu devrais t’accorder aussi, de temps en temps ! Plaçant sa main sur sa poitrine en un mouvement de croix de bois croix de fer, il signa. Je n’en ai pas ouvert un seul !

A vrai dire, il n’avait pas eu tellement le temps. Son esprit tout entier avait été accaparé par les préparatifs et ce n’était pas plus mal. Car il avait beau, en effet, beau se persuadé qu’il réussissait à cloisonner aisément, c’était loin d’être le cas. Il voulait se rendre utile, au plus grand nombre possible, et s’oubliait parfois dans la manœuvre. Heureusement, MacBeathag était là pour le recentrer. Leur relation était basée sur ce principe : chacun permettait à l’autre de devenir la personne qu’il devait vraiment être, en toute liberté. Et l’amour qui les unissait était palpable. Quand bien même certains étaient incapables de la voir, ou malgré les insécurités de certains.

Apprendre que MacBeathag Père s’était encore mêlé des affaires de son fils fit grincer des dents Erend. Pour autant, Gareth – après avoir exprimé son mécontentement – assura qu’il était préférable de lui changer les idées. Son compagnon lui caressa donc le dos pour toute réponse avant de grimper en scelle. Saorsa frappa du sabot le sol, visiblement prête et ravie par les perspectives de cette promenade. Avec un Orion tout aussi excité que pouvait l’être sa complice, Gareth assura qu’il était toujours prêt.

▬ Est-ce que je relève un double sens ? demanda-t-il, le sourire en coin avant de laisser sa jument lancer son pas.

La ballade fut d’une tranquillité à laquelle ils goutaient rarement, avant que les braves bêtes ne veuillent elles aussi gouter à un peu de liberté. Alors qu’il le veuille ou non, Domhnall devrait effectivement concourir ; au plus grand plaisir des chevaux comme de leur cavalier.

Le départ fut à peine donné que les brides furent relâchées et les postures adaptées. Les nez des chevaux restèrent longtemps à même niveau avant que l’un des museaux ne se détache pour venir l’emporter sur les derniers mètres. La demoiselle venait d’arracher la victoire et se pavoisait désormais face à son rival. A croire que ces canassons avaient hérité de la tendance de leur cavalier à se charrier.

▬ A ça près, en effet. ajouta le médecin, l’air narquois ; et le souffle court, lui aussi.

Il plaisantait bien sûr, comme toujours. Cela aurait pu surprendre bien des gens mais c’était là leur mode de fonctionnement. Un comportement que le politique ne semblait s’autoriser qu’avec sa personne, comme bien d’autres choses. Un privilège qu’Erend savait apprécier. Et dont il jouait, comme à l’instant. Ou comme lorsque Gareth se pencha pour lui voler un baiser, le félicitant pour son idée.

- Toujours, tu veux dire? le corrigea-t-il, toujours avec le sérieux qu’on lui connaissait.

Caressant Saorsa pour la féliciter de sa performance, ils reprirent leur marche. Bien plus tranquillement, maintenant que les chevaux avaient eu ce qu’ils voulaient. La troupe finit par s’arrêter en haut d’une colline. La vue qu’ils avaient d’ici était à couper le souffle. Le soleil déchirait les nuages ici et là en des raies de lumières qui semblaient surréaliste ; féérique, même. Un peu plus loin, un enclos avait été réhabilité par les soins du psychiatre pour ce jour. Toutes ces années à s’occuper des cheveux lui avait permis de réparer les clôtures avec une facilité déconcertante. Faisant entrer leurs protégés, il débarrassa sa jument de sa scelle et de son harnachement pour qu’elle puisse profiter également de cette pause bienvenue.

Il récupéra ensuite les sacs qui contenaient ce qu’il avait préparé. Par acquis de conscience, il vérifia si la principale raison de leur venue ici était toujours dans sa poche et constata avec soulagement que cela était toujours le cas. Il n’aurait plus fallu que les bagues ne s’échappent pendant la course. Il soupira un instant, avant de se diriger un peu plus loin pour installer leur camp de fortune. Il installa une couverture sur le sol et entreprit de dévoiler le repas. Il ne s’agissait de rien de bien sophistiqué, juste de quoi les nourrir correctement. En bref, un repas made in Dunbar. Cependant, cordon bleu comme il l’était, aucun doute que cela saurait les satisfaire.

▬ Monsieur est servi ! s’amusa-t-il en tapotant la place qu’il avait fait à côté de lui, le sourire en coin.

Décidemment, celui-là…

Coltach
Sphère Savoir
avatar
lovu lovu
Messages : 56
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : Memory artist
Revenir en haut Aller en bas
Dim 17 Déc 2017 - 13:10

EREND

DOMHNALL

Hello Darkness my old friend
Le problème avec Alastair, c'était bien le fait qu'il pouvait rapidement savoir qu'on lui mentait. Il suffisait qu'on ne lui dise pas toute la vérité, pour qu'il le sache. Pourtant, il se doutait que si, aujourd'hui, son compagnon semblait gêné alors qu'il avait touché un point sensible en lui demandant ce qu'il pouvait bien lui cacher, c'était bien qu'il lui préparait une surprise ou un truc du genre. Alors il avait décidé de se laisser surprendre, après tout, Erend était plutôt bon dans ce genre de chose. Et cela permettait, aussi, d'arrêter de se focaliser sur ce qu'il s'était passé le matin même et qui l'avait mis dans une colère noire. Il secoua légèrement la tête.

- Bah voyons, la bonne excuse! Tout en le regardant. J'en prendrai, sans doute à Noël, puisque personne ne travaille pendant cette période. Il était difficile de faire s'arrêter une machine telle que Domhnall, quand ce dernier était lancé sur des rails, il était capable de s'en oublier. Heureusement, finalement, que son compagnon était présent. Bien. Oui il pouvait parler, mais le bien-être de cet homme était plus important à ses yeux que le sien.

La remarque de son interlocuteur lui fit lever les yeux au ciel, avant qu'il ne le fixe quelques instants silencieux.

- Tu ne penses vraiment qu'à ça. D'un ton on ne peut plus convaincu de ses paroles.

La galopade fit du bien aux animaux, comme aux hommes, qui semblaient tous ravis finalement de cette petite escapade. Il y avait de quoi permettre d'oublier tous ses soucis quand on se retrouvait à dos de cheval. Orion semblait ignorer avec sagesse la demoiselle, comme l'aurait fait son cavalier d'ailleurs, face à son ami qui aurait fait le malin de la même façon, mais ce dernier répondit alors, avec un sourire en coin.

- Nous sommes des gentlemen, on laisse gagner. Avec un petit clin d'oeil. Avant d'avoir un petit rire tout en secouant la tête, rire qui était suffisamment rare pour être noté, mais en effet, Gareth se permettait généralement d'être un peu plus lui-même quand il était en sa compagnie, l'une des rares, voir des seules personnes dans son entourage qui avait ainsi le droit de voir ce qu'il cachait sous sa peau d'ours. Presque toujours, très cher.

Le pas était donc repris, tout le monde pouvait apprécier les bienfaits de cette ballade, les deux hommes continuant à discuter, les chevaux à marcher, tout en observant le paysage. Sans être réellement étonné, MacBeathag découvrait donc un endroit reculer du domaine, où son homme avait pris la peine de remettre en état un paddock, ainsi les chevaux seraient libres pendant le repas. Oui, non il avait raison, il avait toujours de bonnes idées. Suivant le mouvement, Orion se retrouva donc débarrasser de son harnachement, ne gardant qu'un licol autour de la tête pour être récupérer plus vite, le moment venu. Puis scelle et bride posées sur un des rondins de bois du parc, il rejoignit son compagnon près du lieu du repas, allant lui embrasser l'arrière du crâne, plus paisible.

- Bel endroit. Tu vas souvent en repérage sans moi hein?

Le politique s'installait à côté du médecin, étalant ses jambes, ses deux mains posées derrière lui, simplement pour profiter du moment. Avant de s'étirer un peu et d'attraper une assiette, même si le repas n'était pas celui d'un palace, il connaissait suffisamment les talents culinaires de son ami, pour savoir qu'ils risquaient bien de se régaler.

- Qu'est-ce que tu nous as prévus? Curieux, presque gourmand.

Oui, oui, ça lui arrivait de l'être. Quand il était en bonne compagnie.
Domhnall
Sphère Dirigeante
avatar

Messages : 101
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : La Vérité
Revenir en haut Aller en bas
Lun 18 Déc 2017 - 16:49
Hello darkness
my old friend

Domhnall

Erend

Franc par nature, Erend choisit le silence plutôt que de révéler la nature de la surprise qu’il concoctait ; voire même reconnaitre l’existence d’une telle chose. On aurait aisément pu croire que cela s’était développé au contact de son détecteur de mensonge de compagnon, mais il en avait toujours été ainsi. Et malheureusement pour lui, Gareth savait lire en lui comme dans un livre ouvert ; à son plus grand damne. Pour autant, s’il avait compris, le Lord ne chercha pas plus loin ; lui octroyant ainsi le plaisir de le surprendre encore un peu. La question restait néanmoins sur l’adjectif de plaisir, quand il découvrirait ce que le psychiatre avait en tête.

▬ Toujours. commenta-t-il, le sourire en coin ; avant que l’annonce de probables congés de noël ne le transforme en enchantement. Autant en profiter, en effet, alors !

C’était d’ailleurs une période creuse pour lui aussi. Aussi creuse, du moins, que cela pouvait se faire pour un psychiatre avec autant de dossiers. Pour autant, les plus stables passaient souvent les fêtes en bonne compagnie, repoussant ainsi leur rendez-vous et le libérant ainsi des cas les moins en détresse. C’était donc la période de l’année où il était le plus aisé pour lui de prendre plus d’une journée de congés. Car, comme l’affirmait souvent Alastair, les tourments de ses patients restaient rarement au cabinet. C’était donc rare de voir l’homme de soins loin de ses dossiers, quand bien même il n’était pas en service.

Seulement ce jour-là faisait exception, son esprit tout entier tourné vers Alastair et la surprise qu’il mettait en place. Entre les préparatifs et le stress que la perspective de la question engendrait, il n’avait guère eu le temps de penser à autre chose ; même si désormais, le politique était persuadé du contraire. Haussant d’abord un sourcil pour venir incliner la tête, Erend se mit à rire en lançant Saorsa au pas. Après tout, c’était en grande partie de sa faute à lui. Car si cela était surtout un jeu, nul doute qu’après tout ce temps passé à ses côtés, Gareth était encore capable de lui faire tourner la tête ; certainement bien trop souvent pour son gout d’ours.

Rapidement, le pas tranquille fut échangé contre une course ; remportée par une jument plus que ravi d’avoir devancé son partenaire. Celui semblait tenter de l’ignorer royalement mais c’était très mal connaitre la bête qui lui faisait face. Et le meilleur moyen qu’elle trouva pour attirer son attention fut d’affectueusement venir lui mâchouiller la crinière.

▬ Evidemment. répondit-il, l’accompagnant dans son rire franc. Eh bien merci de nous avoir laissé cette victoire, messires. Vous êtes trop bons. alors que Saorsa exécutait une révérence.

Voir son partenaire aussi décontracté le rassura autant qu’il le mit en joie. Ce qui expliqua surement qu’il ne chercha pas à le contredire, lui accordant une victoire dans ce compromis. Ou peut-être était-ce simplement parce que cela était la vérité ? Après tout, personne n’avait jamais toujours que de bonnes idées. Et il commençait à se demander si celle qui les amenait réellement ici en était une. Néanmoins, il riait de bon cœur, préférant reléguer cette interrogation au moment où elle s’avèrerait utile. C’était dire au moment fatidique.

Bientôt, leurs pas les conduisirent à bonne destination et les protégés furent libérer de tous leurs harnachements, à l’exception des licols. Erend s’occupa d’installer le repas. Et Alastair ne tarda pas à le rejoindre, embrassant l’arrière de son crâne avec tendresse.

▬ Quand besoin de me vider la tête, histoire de ne pas ramener tous mes patients chez nous. concéda-t-il.

Cela ne fonctionnait jamais à 100% mais c’était suffisant pour dissiper les problèmes qui n’étaient pas les siens. C’était sans doute aussi, une des raisons qui lui permettait d’être aussi détendu et paisible, à l’habituée. Une tranquillité qu’il tachait toujours de communiquer à son partenaire. Qui y semblait réceptif, s’installant à ses coté, déjà bien plus serein qu’à son arrivée.

Attrapant une assiette, le politique prit l’air gourmand, demandant ce qu’il lui avait prévu. Erend ouvrit donc la boite contenant le plat principal. Des wraps de Tattie scone et Cullen skink* ; deux plats typiquement écossais combinés dans un format à emporter. Il lui avait fallu plusieurs essais pour réussir à trouver les bons dosages mais si pas le plat le plus sophistiqué au monde, il était certain qu’il plairait à son homme.

▬ Création maison ; tu m’en diras des nouvelles ! fit-il en le servant tranquillement avant de sortir un bon vin blanc. Oh et le dessert, c’est moi. Cette dernière phrase avait été prononcée sur le ton de la conversation mais il savait que Gareth ne manquerait pas de lever les yeux au ciel dans la seconde, ce qui déclencha l’hilarité qu’il tentait de retenir. Et en dessert du cranachan. Avoua-t-il finalement, levant son verre pour trinquer. Slàinte mhath, mo ghaol!**

Si Erend avait appris à diminuer son accent pour rendre plus simples les consultations, ses réflexes linguistiques n’avaient pas tous disparus. Le gaélique refaisait donc souvent surface et il n’était pas obligé d’y prêter attention en compagnie du lord. Celui-ci le comprenait généralement, comme il le comprenait sur bien d’autres points. A cette pensée, le psychiatre toucha sa poche pour se rassurer.

Car s’il avait tout prévu jusqu’ici, il n’avait pas de plan particulier pour la suite. Il avait estimé que le mieux aurait été de voir sur le moment, comme toujours. Maintenant que le moment se rapprochait, il ne savait toujours pas. Haussant imperceptiblement des épaules, il tacha plutôt de profiter du repas pour leur. Servi également, il se rapprocha de son ami pour venir poser sa tête dans le creux de son épaule. Installé ici, face à la vue qui s’étendait devant eux, le bonheur se fit plus grand et le stress moins présent. Pendant quelques minutes, du moins. Lui qui n’avait jamais vraiment eu l’habitude de l’anxiété se retrouvait désormais l’estomac noué. Sentant que Domnhall ne tarderait pas demander à savoir pourquoi, il finit par se lancer, sans réfléchir plus avant.

▬ Gareth, tu voudrais m’épouser ?

Il avait formulé cela comme une simple question. Presque comme un renseignement, plutôt qu’une proposition ; mais c’était ce qui lui était venu naturellement. Pour le romantisme, il pouvait revoir sa copie mais finalement, n’est-ce pas là la meilleure façon de faire face à un ours toujours aussi mal léché que pouvait l’être Alastair lorsqu’on tournait trop longtemps autour du pot. Gareth était un homme simple, et il fallait croire que cela lui avait convenu jusqu’ici. Alors pourquoi pas un peu plus ?

Pour autant, il était à noter que dans sa spontanéité, Erend avait été si vif qu’il en avait oublié de sortir l’écrin de sa poche. A vrai dire, il n’avait plus osé bouger depuis que la question lui avait comme échappée. Il avait l’impression que toute sa vie se jouait maintenant sur cette simple question. Quelle allait en être la réponse ?


* Tattie scone : entre la tortilla et le scone, Cullen Skink : soupe épaisse à base de haddock fumé et d’oignons. (Erend s’est préparé une version végétarienne.)
** Santé, love!

Coltach
Sphère Savoir
avatar
lovu lovu
Messages : 56
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : Memory artist
Revenir en haut Aller en bas
Mer 20 Déc 2017 - 22:15

EREND

DOMHNALL

Hello Darkness my old friend
Alastair en bon prince ne poussa pas plus loin l’interrogatoire. Quand c'était son compagnon qui pouvait cacher des choses, il appréciait de se faire surprendre. C'était rarement déplaisant. Tout comme le démontrait la petite balade. Les chevaux s'étaient toujours entendus, comme leurs cavaliers, ils semblaient réagir de la même façon d'ailleurs. Quand on vint lui mâcher la crinière, Orion tira un peu la gueule, mais se laissa faire, avant de balancer un petit coup de nez à la demoiselle qu'elle arrête de lui foutre de la bave partout. Tandis que les humains sur leurs dos, continuaient d'échanger paisiblement.

- C'est un plaisir, lâcha notre politique avec un petit sourire.

Qu'Erend vienne sur ce domaine pour se changer les idées n'était pas plus mal. Quand un cas le préoccupait passablement, il avait bien du mal à laisser le boulot au bureau. Mais ce n'était clairement pas son compagnon qui allait lui en tenir rigueur, après tout, il était aussi assez difficile pour notre homme de ne pas ramener parfois des soucis chez eux. Ils tentaient pourtant tous deux de faire des efforts dans ce sens. Que leur lieu de vie, soit le plus neutre possible à ce niveau, même s'ils en parlaient aussi. En tous les cas, aux yeux de Gareth, l'avis de son ami était toujours important et il avait besoin parfois d'avoir quelqu'un d'un peu extérieur à tout cela pour y voir plus clair.

- Tu fais bien. En plus ça te permets de trouver des endroits plutôt sympa.

Il n'y avait pas à dire, monsieur Dunbar était plutôt créatif et culinairement parlant, il y avait toujours matière à être surpris. Voilà pourquoi Domhnall n'avait guère de honte à mettre les pieds sous la table et le laisser faire à manger. S'il savait faire quelques plats, il n'avait pas le talent de son interlocuteur et préférait se laisser surprendre, là aussi, par ses créations. Ce qui ne manqua pas d'ailleurs de l'amuser en découvrant la nouveauté.

- Mmm, ça à l'air très bon. Il leva alors les yeux au ciel, comme prévu, alors qu'il parlait du dessert. J'aurai du me douter que ce ne serait pas gratuit tout ça. Cachottier Bien qu'il garde un air un peu trop sérieux, le sourire en coin qui était posé sur ses lèvres, démontrait bien qu'il le taquinait. Oui, il savait le faire avec en sa compagnie. Merci, love. C'est parfait!

MacBeathag croqua alors dans son wrap, manquant d'en faire tomber un bout sur son costume, il évita de justesse sa cravate et grogna quelques mots en gaélique, lui aussi. Frottant du côté de la main les miettes, il reprenait là où il s'était arrêté, laissant son homme venir prendre appui sur son épaule. Il frotta alors un peu sa barbe contre sa tête, démontrant son affection, tel l'ours qu'il était. Perdu un peu dans sa contemplation du paysage et surtout ses pensées, la question d'Erend l'en sortit, pas brusquement, mais un peu quand même.

- Pourquoi faire? Haussant les épaules. Ils échangeaient rarement sur ce sujet, notre protagoniste n'ayant jamais ressenti un tel besoin et surtout, ne voyant guère l'intérêt. Ce n'était pas pour autant qu'il estime son amour moins faire, bien au contraire, mais il y avait plein de façons différentes de le montrer, sans pour autant se passer la bague au doigt. Tu tiens vraiment à entrer dans l'enfer familial qui est le mien? Non je ne crois pas... observant son wrap presque terminé. Sans compter le drame que cela amènerai... non on est mieux ainsi.

Bon ça, c'était bien entendu son avis, son compagnon pouvait en avoir un autre. Il le savait beaucoup plus famille que lui, notamment vu où il avait grandi mais... non Domhnall ne souhaitait clairement pas devoir subir d'autres confrontations avec son père à ce sujet. Quoi qu'il arrive, le Lord de cette famille restait Godric MacBeathag pour l'instant et c'était bien le pire chef de famille que l'on pouvait avoir. Notre ami préférait que son partenaire reste encore suffisamment loin et sans attache direct à son père.

Il lui passait une main dans le dos, pour le caresser doucement.

- Excellent ton repas, chéri.

Non, Alastair n'avait clairement pas compris que ce qu'avait demandé son homme, était plus une vraie demande en mariage qu'une conversation banale sur le sujet... parfois, ils étaient tous les deux à mille lieues l'un de l'autre.
Domhnall
Sphère Dirigeante
avatar

Messages : 101
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : La Vérité
Revenir en haut Aller en bas
Sam 23 Déc 2017 - 14:18
Hello darkness
my old friend

Domhnall

Erend

On disait souvent tel maître, tel chien mais cela semblait aussi s'appliquer aux chevaux. De la à savoir si le maître le choisissait lui ressemblant ou l'influençait, le débat pouvait rester entier mais nul doute ne faisait qu'Orion et Soarsa ressemblait à leur propriétaire respectif. La seconde se retrouvait donc à emmerder le premier qui, l'air blasé, tentait tant bien que mal de conserver la face. Pendant que sur leur dos joutaient également leur cavalier. Finalement le psychiatre laissa le dernier mot au politique se contentant d'un sourire et d'un baiser volé.

Ce Domaine avait sur eux un effet apaisant dont Erend usait souvent pour se vidée l'esprit. Car il avait beau prétendre le contraire, les problèmes des autres le poursuivaient jusque tard dans la nuit. L'imaginer un seul instant sans ce sas de décompression était très certainement signer leur internement dans un hôpital psychiatrique. A l'entièreté du couple qui, de surcroît, puisait également l'un dans l'autre pour préserver leur santé mentale. Et avec des métiers comme les leurs, mieux valait la préserver. Ils s'épaulaient donc au besoin et faisaient en sorte, le reste du temps, de trouver des dispositifs pour préserver l'harmonie sous leur toit. Pour Erend, la découverte des collines en était un bon et il trouvait toujours un peu de temps pour cela, quitte à s'y rendre entre deux séances. Pour ce qui était de la restauration du paddock, cela lui avait demandé un peu plus de temps, mais il ne regrettait pas, bien au contraire.

▬ N'est-ce pas? Tu verrais en hiver, c'est tout simplement magique!

Dévoilant le menu, Erend ne put s'empêcher de faire le pitre à nouveau. C'était presque inscrit dans ses gènes. Et cela ne manqua pas de faire réagir son homme qui, sur le ton de la conversation, ne manqua pas de le taquiner. Toute autre personne que le psychiatre aurait pu être surprise de voir Domhnall réagir ainsi mais pour eux, c’était une habitude. Une habitude qu’il savait apprécier et à laquelle il participait bien volontiers.

▬ Tu sais bien qu’avec moi rien n’est jamais gratuit, mais grand seigneur, je t’autorise les payements en nature. plaisanta-t-il.

Pas que l’idée lui déplaisait, bien au contraire, mais s’il était bien une personne à faire les choses sans jamais rien en attendre en retour, c’était bien cet homme. De plus, son esprit était encore accaparé par d’autres objectifs, pour lesquels ses plans s’arrêtaient malheureusement ici. Il avait voulu faire avec sa spontanéité légendaire, mais il n’était pas réellement habitué à ce genre de stress. Ou à quelconque stress d’ailleurs, malgré sa profession. Remerciant d’un sourire ravi son compagnon, pour le compliment qu’il venait de lui adresser, il ne tarda pas à pouffer devant la maladresse de celui-ci.

▬ Apparemment, même ta tenue trouve ça appétissant ! se moqua-t-il gentiment, venant prendre place dans le creux de son épaule, alors que Gareth retirait les dernières miettes du revers de sa main.

Réattaquant son repas, l’Ours prit tout de même la peine de montrer son affection au Renard collé contre lui. Fermant les yeux, ce dernier se contenta de profiter de son contact. Ahhh, ce qu’il pouvait l’aimer. Du plus profond de son âme. Aussi la spontanéité fit son œuvre, et la question fatidique échappa à ses lèvres sans qu’il ne pense même à sortir l’écrin de sa poche. Pour autant, si la réponse était sans doute celle à laquelle il aurait pu s’attendre, l’entendre l’attrista quelque peu. Souriant pourtant au compliment et au geste d’affection, il comprit rapidement à quel point ils avaient pu être sur deux fréquences différentes. Il entreprit donc d’expliquer le pourquoi de sa démarche. Cela ferait appel au sens pratique de Gareth, le seul qu’écouterait certainement Alastair sur cette question. Et celui qui avait poussé Erend a bravé l’Ours.

▬ J’y tiens vraiment oui… Pas qu’appeler tes parents ma belle-famille me mette particulièrement en joie mais officialiser tout ça face à la loi éviterait quelques… quelques désagréments. commença-t-il, se déplaçant pour pouvoir planter son regard dans le sien. Ton père a fait en sorte que seule la famille légalement reconnue ne puisse venir voir un MacBeathag à l’Hôpital, pour ne donner qu’un exemple… Et la détresse qu’il avait ressentie à se voir refuser son chevet, il ne souhaitait plus jamais la vivre. Pas plus que toutes les autres situations qui aurait pu se résoudre d’une simple bague au doigt. Il espérait que son partenaire pourrait le voir, et le comprendre. Et je sais qu’il ne va clairement pas nous accorder sa bénédiction mais c’est quelque chose d’important pour moi.

Un besoin presque, mais cela, il n’en avait pas encore conscience. Car, tout psychiatre qu’il était, il était des choses que lui-même méconnaissait de sa personne. Ses propres insécurités en faisaient encore partie, à cette époque-là ; avec cette pensée lancinante que le Lord pourrait faire mieux que quelqu’un comme lui, même s’il s’en voilait la face autant que faire se peut. De son côté pourtant, il aurait été prêt à sacrifier beaucoup – il s’était déjà fait à l’idée qu’il ne serait très certainement jamais père – mais il espérait qu’Alastair saurait aussi faire des pas dans sa direction.

▬ Donc je te le redemande, Gareth ; est-ce que tu voudrais m’épouser ? fit-il, fouillant dans sa poche. Sinon, je suppose que je vais tout simplement devoir aller les rendre.

Sortant l’écrin, son rire fut malgré tout franc. Les yeux dans les yeux, il retint son souffle. Il aurait pu ne rien en montrer et s'éviter ainsi l'humiliation du refus qu'on venait de lui formuler; mais il avait toujours souhaité être le plus honnête possible avec son ours et la vérité était celle-ci. Il avait essayé, bien que maladroitement, de lui demander sa main. Et il espérait que les arguments qu’il lui avait apportés changeraient la donne. Rien n’était moins sûr, cependant.

Coltach
Sphère Savoir
avatar
lovu lovu
Messages : 56
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : Memory artist
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 4 Jan 2018 - 20:10

EREND

DOMHNALL

Hello Darkness my old friend
Alastair avait sans doute moins de temps que son compagnon à consacrer à se vider la tête. Il avait fait installer au sous-sol de leur maison un rameur, sur lequel il allait se dépenser quand il en avait besoin. Un moyen comme un autre de bien transpiré et de ne plus penser à rien. Ce qui lui était plus ou moins difficile, notre homme avait bien du mal à lâcher le morceau. Et quand son père se mêlait de ses affaires, encore plus. Heureusement que son compagnon savait y faire avec lui. Et il fallait bien avouer qu'il était plus agréable de se retrouver à dos de cheval dans la nature, plutôt qu'enfermer dans un sous-sol à ramer dans le vide.

- Nous reviendrons alors.

Se frottant la barbe, Dom' observait son compagnon présenter le repas, tout en ne manquant pas de lever les yeux au ciel à sa remarque sur le payement en nature. Quand il disait qu'il ne pensait qu'à cela, il n'était clairement pas si loin de la vérité. Pauvre Erend, ce n'était pas son compagnon qui était le plus porté sur la chose. Il n'était jamais contre mais... ce n'était pas ce qui faisait la base de son couple, en tous les cas, à ses yeux. Parfois, au fil des discussions, Gareth se demandait ce qui les liait tant tous les deux, alors qu'ils étaient si contraire, si éloignés, en beaucoup de points d'ailleurs. Mais une chose était certaine, cet homme le rendait au moins heureux, et ce n'était clairement pas rien.

- Mmm... je verrai à faire un effort, pour toi. Avec un petit clin d'oeil, finalement. Qu'est-ce que j'y peux, si tout ce que tu fais est appétissant.

Oui, ça lui arrivait de suivre les pitreries de son compagnon. Qu'on ne vienne pas ensuite dire que MacBeathag n'avait pas d'humour! Même si l'humour tombait un peu à plat avec la discussion qui s'amorçait. Même si le politicien n'était pas vraiment emballé par un mariage, il écoutait avec attention les différents arguments qu'avançait son homme. Il marquait des points, notamment sur le fait de pouvoir éviter des désagréments. Mais le problème, c'était bien que notre ami en voyait d'autres à l'horizon, s'ils décidaient de se passer la bague au doigt et il n'était pas sûr de vraiment vouloir leur faire face. Ce n'était pas qu'il était lâche, mais il connaissait sa famille et son seuil de patience les concernant était infime, voire inexistant.

Ce ne fût qu'en voyant l'écrin qu'Alastair comprenait sa bourde. Erend ne lui avait pas posé cette question dans le vent, pour tâter le terrain. Ça avait été une demande, un peu maladroite, en mariage. Il se mordit un peu les lèvres, ne sachant pas vraiment quoi répondre ou quoi faire. Il ne voulait pas lui faire du mal, un refus lui en ferait, mais il ne voulait pas non plus lui faire une fausse joie. Il était emprunté, réellement, parce qu'en pesant le pour et le contre, à ses yeux, le contre l'emportait et... ça n'arrangerait pas leurs affaires.

- Erend.. je... excuse-moi de ne pas l'avoir compris comme ça, j'aurai été moins catégorique dans ma réponse. Le fixant de son regard sombre. Lui qui était plutôt un roc assez inébranlable, pour le coup, c'était lui qui ne savait plus trop où se mettre et quoi faire. La vérité, c'était ce qu'il savait dire de mieux. Il n'allait pas commencé à faire autrement avec l'homme qu'il aimait. Je t'aime plus que tout Erend... si les choses n'étaient pas aussi compliquées avec ma famille, je n'y verrai aucun inconvénient, j'en serai même heureux mais... je connais mon père... il serait capable de casser l'acte d'une façon ou d'une autre. Et notre vie sera infernale...

Soyons honnêtes, ce n'était pas Domhnall qui criait sur les toits qu'il était homosexuel, qu'il vivait avec un homme. Il était plutôt réservé, voir silencieux à ce sujet. Peu de personne dans son entourage était au courant finalement. Et dire que les choses changeraient plus tard... pour le moment, il était plutôt timide à ce sujet. Sans doute à cause de tout ce qu'il avait dû subir lors de son adolescence.

- .... Prenant une inspiration. Est-ce que tu me laisses le temps d'y réfléchir à tête reposée?

Ce n'était ni un non catégorique, ni un oui tambourinant, mais au moins, laissait-il la porte ouverte à se diriger plutôt vers la bonne réponse que la mauvaise.
Domhnall
Sphère Dirigeante
avatar

Messages : 101
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : La Vérité
Revenir en haut Aller en bas
Ven 5 Jan 2018 - 15:19
Hello darkness
my old friendDébut de la trentaine

Domhnall

Erend

Si leurs emplois du temps étaient pour le moins remplis, il fallait avouer qu’être de profession libérale avait un avantage certain sur celui du politique. Erend avait, certes, du mal à ne pas trop se charger en rendez-vous, il pouvait toujours se ménager quelques créneaux pour son propre bien être. Après tout, qui aurait voulu d’un psychiatre assommé par les problèmes des autres ? Il devait garder l’esprit ouvert et clair. Et la meilleure technique qu’il avait trouvé pour chasser tous les nuages qui pouvaient s’amonceler sous son crane était la nature. Raison pour laquelle il profitait de la magie du Domaine, toujours accompagnée par sa fidèle jument qui se détendait désormais dans son paddock.

▬ Quand tu voudras. commenta-t-il simplement, sachant pertinemment que chaque saison avait sa part de magie, surtout en aussi bonne compagnie.

Bonne compagnie qu’il ne tarda pas à taquiner à nouveau en mentionnant le prix de ses services ; payable en nature. Ce n’était pas réellement qu’Erend ne pensait qu’à cela. Il s’amusait plutôt toujours de voir son compagnon réagir ainsi à chaque mention. Néanmoins, il fallait avouer qu’en comparaison avec Alastair, nombreux seraient passés pour obsédés de première. Et s’il ne considérait pas non plus cela comme central dans son couple, loin de là même, il ne pouvait non plus nier l’agréabilité de tels échanges. L’intimité à son paroxysme disaient certains, à un degré qu’il n’avait jamais expérimenté qu’avec Gareth.

Aussi ne put-il pas s’empêcher de rire lorsque celui-ci lui assura qu’il verrait à faire un effort pour lui, agrémentant le tout d’un clin d’œil.

▬ J’en suis bien honoré. s’amusa-t-il, lui volant un baiser pour la peine.

Avant de le laisser, lui et sa tenue, goûter à son plat ; ce à quoi le politicien rétorqua que la faute revenait au cordon bleu face à lui. Bien évidemment. L’accusé se contenta donc d’un haussement d’épaules innocent puis d’un sourire sur le visage indiquant clairement « Et moi, qu’est-ce que j’y peux si je suis si doué ? » silencieux. Il ne manquait jamais d’entrer dans son jeu. Jeu que très peu étaient à connaitre de la part du Lord, mais qu’il appréciait plus que tout. Il se savait privilégier mais il y voyait surtout la manifestation du bien être de son homme, et cela n’avait pas de prix à ses yeux.

Pour autant, l’humeur joueuse fut rapidement remplacer par une ambiance plus sérieuse. Et malgré sa réticence quand à la question qui lui avait été posée, Gareth prit le temps de l’écouter, notant avec attention les pours que lui apportait Erend. Pourtant, ce ne fut que lorsqu’il sortit enfin l’écrin de sa poche que l’autre comprit réellement l’importance de ses réponses. Cela n’avait pas été dans le vent ou simplement pour se renseigner l’air de rien, même si cela y avait beaucoup ressemblé au vue de la maladresse du parti requérant. Et si les raisons d’une telle demande restaient également pratiques, les sentiments n’en étaient pas moins présents. S’apercevant tous deux de leur erreur, un silence s’installa entre eux quelques instants. Jusqu’à ce que l’Ours ne le brise. Il s’excusait pour l’inflexibilité de ses réponses. Car bien que toujours honnête avec lui, il savait aussi le ménager dans la forme, surtout sur des points qu’il savait si sensibles. C’est ainsi qu’il lui exposa les raisons de son hésitation avec plus de détails. Et Erend écouta simplement, comme Gareth l’avait fait plutôt.

Il reconnaissait les raisons d’une telle irrésolution. Et s’il fut malgré tout comblé de savoir que, dans d’autres circonstances, il aurait été heureux de l’épouser, il ne put empêcher ses épaules de s’abaisser sensiblement. Une part de lui aurait voulu que leur amour soit plus fort que tout. Plus fort que ça. Plus fort que cette famille qui exerçait sur son compagnon un joug qui les strangulait tout deux, sans jamais ne rien apporter de bon à son compagnon. Il aurait voulu le sortir de là et profiter de leur liberté mais il savait que cela signifiait la mort pure et simple du plus grand rêve de Gareth, et il ne pouvait s’y résoudre. Il avait beau être attristé par la situation, c’était un sacrifice qu’il ne pouvait se résoudre à lui demander ; si tant est qu’il puisse seulement envisager de l’accepter. Il ne voulait briser ni ses rêves, ni sa vie. Il savait Godric aussi malsain qu’influent mais tout psychiatre qu’il était, il savait également que son partenaire n’aurait pas survécu longtemps sans pouvoir atteindre son but. C’était un mal nécessaire, semblait-il.

Alors il était prêt à sacrifier encore un peu. Après tout, le mariage était moins primordial à ses yeux que son Ours lui-même. Il fallait simplement espérer qu’aucun accident grave ne lui arriverait, ou que MacBeathag ne trouverait pas d’autres moyens de les empoisonner. Il avait su en faisant sa demande que la réponse serait sans doute négative, il s’y était préparé et cela n’avait pas manqué. Un oui, néanmoins, l’aurait mis dans une joie telle qu’il n’aurait certainement plus su son propre nom et la possibilité de la voir écrasée l’aurait assurément anéanti. Aussi ne voulait-il cependant pas se laisser aller à trop d’espoirs.

▬ Ne t’excuse pas, Gareth, c’est moi qui… qui ne suis pas très doué, admettons-le. s’esclaffa-t-il, alors qu’il passait sa main sur sa nuque. Prends tout le temps qu’il te faudra. Ca n’est pas une décision à prendre à la légère, j’en ai conscience. Et j’accepterai un refus. Je saurai pourquoi. affirma-t-il, un sourire timide sur les lèvres.

Celui-ci redeviendrait plus grand au fur et à mesure des minutes, il fallait simplement lui laisser le temps de reprendre son souffle. Après tout, il s’était exposé comme rarement, malgré l’absence de grand discours. Rangeant l’écrin dans sa poche, il mit donc fin à ce sujet pour ramener le calme entre eux. Evidemment, la question resterait en suspens dans leur crane respectifs mais du reste ils en seraient libérer.

Embrassant son front d’ursidé, Erend se redressa ensuite pour prendre une grande inspiration.

▬ On reprend notre balade ?

Le grand air, rien de mieux pour retrouver la sérénité ! Et sur son visage se lisait déjà le calme revenu. Après tout, il lui aurait dit oui. Et il en aurait été heureux. C’est tout ce qu’il lui fallait au final. Du moins pour le moment.


Coltach
Sphère Savoir
avatar
lovu lovu
Messages : 56
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : Memory artist
Revenir en haut Aller en bas
Ven 5 Jan 2018 - 17:51

EREND

DOMHNALL

Hello Darkness my old friend
Difficile de croire que cet homme pouvait être un psy tout à fait sérieux et concerné par ses patients, quand on le voyait faire le pitre ainsi avec son compagnon. C'était quelque chose qu'Alastair - même s'il ne le disait pas souvent - appréciait particulièrement. Il y avait quelque chose d'assez touchant finalement, à le voir ainsi. Mais c'était sans doute aussi pour cela qu'il était apprécié par ceux qui venaient le voir. Ce côté finalement détendu, permettait aux sujets d'être plus en confiance, d'oser dire les choses, de se confier à lui. Après tout, si Erend avait réussi à apprivoiser un homme comme Gareth - bon certes ils se connaissaient depuis longtemps aussi - il pouvait faire face à n'importe quel caractère.

- Manquerait plus que ça t'emmerde... lâcha-t-il sur le ton de la conversation, avec quand même un petit sourire en coin, démontrant qu'il restait dans le jeu. Ce n'était pas non plus le dernier des rabats joies, pas avec son homme en tous les cas.

Même si la conversation devenait beaucoup plus sérieuse. L'un comme l'autre s'écoutait, c'était là aussi, une grande force dans leur couple. Ils pouvaient tout se dire, sans rien se cacher. C'était assez rare pour être gardé précieusement. Ils semblaient se comprendre, l'un comme l'autre. Bien que Domhnall était plutôt mal à l'aise vis-à-vis de son compagnon. Parce qu'il savait que cette décision le blessait. Alors qu'il aurait voulu lui répondre oui sans réfléchir plus loin. Mais chaque acte avait ses conséquences et concernant Erend, les conséquences pouvaient être violentes. Ils en avaient déjà fait les frais tous les deux. Il faisait cela plus pour protéger ce qu'ils avaient réussi à gagner, que risquer que tout se détruise. C'était ainsi. Il lui frotta doucement le bras.

- Non je m'excuse, vraiment. Et que l'autre ne revienne pas lui dire que c'était plus de sa faute, il n'était clairement pas d'accord avec ce fait. Pour le coup, c'était bien MacBeathag le problème. Après tout, il pourrait parfaitement faire un gros doigt à tous ces biens pensants et faire ce qu'il voulait avec son mec, mais... les choses semblaient tellement plus compliquées à ses yeux. Il lui faudrait bien un jour réussir à se dresser pour de bon face à ceux qui l'empêchaient de vivre sa vie tranquille. A commencer par son géniteur... mais Godric MacBeathag était plus impressionnant qu'on pouvait le croire. Merci love. Caressant alors sa joue avec une vraie tendresse.

Dieu qu'il pouvait l'aimer cet homme. Il espérait que malgré tout, il le savait, le sentait, le voyait... Alastair faisait son possible pour cela. Dans la mesure de ses capacités empathiques en tous les cas. Le baiser lui fit sourire, puis il l'observa se lever, silencieux, avant de ranger un peu les affaires et de se redresser à son tour, pour venir l'enlacer par derrière, posant son menton sur son épaule.

- Mmm... on peut. Lui embrassant alors la joue. Je t'aime.

Il estimait que c'était important de le dire, juste pour que la question du mariage ne parasite pas les vrais sentiments qu'il avait pour lui. Sa poche vibra alors et il grogna légèrement.

- Excuse-moi. Il se recula alors pour sortir son téléphone et voir que c'était un collègue qui l'appelait. Finalement, le boulot le rattrapait toujours. Je suis à toi dans deux minutes... il se devait de répondre... non plutôt, il ne pouvait pas s'empêcher de répondre.

Domhnall s'éloigna alors un peu de son compagnon pour prendre l'appel, tout en échangeant de manière plutôt vive avec son interlocuteur. Une main sur la hanche, la tête relevée qui observait au loin, une petite moue sur le visage, démontrait que les nouvelles ne semblaient sans doute pas être des meilleures. La question serait de savoir, si cela allait impacter sur la suite... ou non.
Domhnall
Sphère Dirigeante
avatar

Messages : 101
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : La Vérité
Revenir en haut Aller en bas
Mer 14 Fév 2018 - 18:55
Hello darkness
my old friendDébut de la trentaine

Domhnall

Erend

Aux détracteurs du politique que beaucoup croyaient sans humour, ils ne l'avaient tout simplement pas mérité. Il lui fallait un climat de confiance pour pouvoir se laisser aller à ce genre de comportement et rares étaient les privilégiés. Aussi certains novices auraient pu se laisser choquer à le voir plaisanter sous couvert de conversation mais Erend n'était, lui, pas à son coup d'essai. Et c'était quelque chose qu'il cherchait souvent à provoquer de ses propres pitreries, car il n'y avait -selon lui- pas de meilleure thérapie à la vie trépidante qu'ils menaient déjà à cette époque-là.

▬ Sait-on jamais? dit-il, en haussant innocemment les épaules.

Il plaisantait, évidemment mais la suite des festivités prit un tour bien plus sérieux très rapidement. Après tout c'était une question d'importance! Et comme sur toute question, qu'importe l'importance en vérité, ils prenaient le temps de s'écouter l'un l'autre. De prendre en considération les arguments et les craintes de chacun. Et si une partie d'Erend était attristé de voir le négatif l'emporter, il comprenait. Après tout, Godric MacBeathag restait un obstacle de taille pour son fils, sur tous les plans. Et son compagnon en avait déjà fait les frais plusieurs fois. Souvent par le biais administratif mais il connaissait également sa violence. Il se rappelait comme si c'était hier de l'état dans lequel il les avait laissés lorsqu'il avait découvert leur relation. Erend n'avait reçu que quelques coups mais le jeune lord avait subi bien pire.

Aussi comprenait-il, malgré cette peine qui le lancinait, le choix d'Alastair. Il lui sourit lorsqu'il lui frotta le bras. Pas d'un pauvre sourire triste mais bien d'un sourire sincère. Il l'aimait plus que tout, il vivrait avec; qu'importe ses peurs à lui, il finirait par les vaincre. Plus facilement, se disait-il, qu'on se débarrasserait d'un parasite comme MacBeathag Père. Il s'accrochait à la vie et ses principes tordues comme une moule à son rocher. Et Erend ne pouvait rien y faire. Sa prise terrifiante sur son fils était plus grande que celle aimante de son compagnon, malgré tous les efforts que celui-ci déployait pour l'aider à surmonter tout cela. Ils leur restaient encore beaucoup à faire.

A ses excuses, il se contenta de hocher de la tête. Il avait bien compris le qui pro quo que sa question à la volée avait créé, mais il appréciait les excuses à leur juste valeur et les acceptait. Quand bien même il reconnaissait sa faute, il préférait laisser à Alastair son droit de demander pardon. Tout comme il respectait son droit à la réflexion, pour lequel on le remerciait. Sa main vint se poser sur celle de son homme, avec la même tendresse, son regard planté dans le sien. S'il était bien un point sur lequel des deux hommes se ressemblaient c'était l'amour qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. Qu'ils essayaient de communiquer au maximum, malgré leur craintes respectives dues à d'autres qu'eux même.

Quelques secondes, peut-être quelques minutes passèrent ainsi, avant qu'Erend ne viennent déposer un baiser tranquille sur son front. Il ne voulait pas que cette question tabou qu'il avait osé poser ne viennent ternir ce jour. C'était sa façon d'y mettre un terme pour repasser à plus joyeux. Et moins sérieux. Après tout, c'était leur anniversaire, même si cela aussi il avait oublié de le mentionner dans le stress qu'avait causé tous ces préparatifs. Il fallait qu'ils profitent. Se relevant doucement, il s'étira tranquillement, proposant de reprendre leur balade. De son côté, Gareth s'était affairé à ranger un peu avant de le rejoindre, l'enlaçant dans le dos. Passant ses bras sur les siens, il balança sa tête vers l'arrière, juste pour l'observer. Il se demanda s'il devait relever les sous-entendus de sa réponse.

▬ Quoi d'autre, sinon? lança-t-il, le sourire en coin.

Après tout, lui serait bien resté ainsi des heures durant. Surtout quand il vint à son tout, lui déposer un baiser. Les trois mots qui suivirent ensuite en déclaration lui décochèrent un sourire tendre et franc. L'espace d'une seconde, il envisagea de répondre d'un « Mais moi je t'aime plus » d'adolescent amouraché, mais il délaissa la plaisanterie pour une réponse plus sérieuse, bien que rébarbative.

▬ Je t'aime aussi, Gareth.

Plus que tout. Plus que lui-même. Il ne faudrait jamais en douter. Quand bien même les craintes faisaient parfois faire des choses stupides. C'était ainsi, c'était la vie. Celle qui les avait réunis malgré tout. Et celle qui les séparait à l'instant en faisant vibrer la poche du politicien. L'observant du coin de l'œil, il remarqua rapidement que les nouvelles n'étaient pas les meilleures. Lorsqu'il revint vers lui, il en eut la confirmation. Peut-être était-ce cette moue ou peut être le connaissait il seulement comme l'arrière de sa main.

▬ Je suppose que la fête est finie? demanda-t-il sans jugement aucun.

Il savait l'importance de l'objectif de Domhnall et le respectait. Récupérant les affaires qu'il avait préalablement rangées lors du coup de fil, il se dirigea avec lui vers le paddock. Saorsa fut bientôt prête à rentrer. Le retour se fit tranquillement tandis qu'ils -du moins lui- profitaient d'être à cheval encore un peu. C'était ce genre de calme que l'on savait éphémère et que l'on appréciait à la fois plus, et moins. Une espèce de sursis à l'épée de Damoclès.

Arrivés aux écuries, ils descendirent de leur monture pour rejoindre les box. Côte à côte, sur ce qui leur restait de chemin, Erend en profita pour attraper cette main qui se balançait non loin de lui. C’était des moments de simplicité qu’il appréciait tout particulièrement, il n’était pas homme difficile à combler. Ce fut donc un sourire sincère qu’il affichait sur ses traits, le poids de la question oubliée, alors qu’il s’approchait pour déposer un énième baiser sur sa tempe. Quoique Gareth lui réponde, il ferait avec. Ces instants le valaient bien.

Du moins quand ils n’étaient pas interrompus. Car ils n’avaient pas fait trois mètres qu’on hélait au loin. C’était un collègue du politicien. Assurément un sympathisant pour savoir où le trouver, pensa le psychiatre, sans changer de posture. Le travail savait toujours trouver son ours, à son plus grand damne…


Coltach
Sphère Savoir
avatar
lovu lovu
Messages : 56
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : Memory artist
Revenir en haut Aller en bas
Ven 30 Mar 2018 - 15:30

EREND

DOMHNALL

Hello Darkness my old friend
Le regard que lui jeta alors Gareth était presque outré, mais ce n'était qu'un jeu entre eux. Avant qu'il ne lève à nouveau les yeux au ciel en secouant la tête. Décidément. Ils avaient décidés de se chercher aujourd'hui. Mais ça ne faisait clairement pas de mal à notre politique, qui pouvait un peu décrocher de ses problèmes de boulot, ce qui n'était pas plus mal. Vu le coup tordu de MacBeathag père.

Malgré le petit moment que l'on pourrait qualifier de malaise. Le moment était vraiment agréable et il n'y avait rien qui pourrait l'entacher. Enfin, ça c'était dans le monde des bisounours, dans lequel ils n'étaient clairement pas. Parfois pourtant, Alastair appréciait de se dire que plus rien n'existait à part son homme et lui. Que le monde s'écroule et les laisse tranquille. Pourquoi cela ne pouvait jamais arriver plus d'une petite heure? Il soupira un instant, avant d'embrasser l'arrière de son homme, qui bien entendu, recommençait avec ses sous-entendus.

- Rien du tout. Il fait trop froid. Toujours taquin pourtant.

Et bien entendu, la réalité se rappelait à eux. Il fallait retourner à eux. Alors que pour une fois, notre homme serait bien resté avec le sien jusqu'à la fin de la journée. Mais parfois son travail était plus important que le reste. Heureusement qu'Erend comprenait, qu'il était un vrai pilier pour lui, qui le soutenait et le poussait dans sa carrière. Serait-il arrivé aussi loin sans lui? Il se le demandait parfois. Parce que ce n'était clairement pas les membres de sa famille qui étaient aussi encourageant et prêts à le soutenir ainsi.

- Hum... oui... je dois retourner au bureau. Désolé...

Tout en lui faisant un petit sourire qui était vraiment désolé. Les deux hommes repartirent donc vers les écuries. Les chevaux n'avaient sans doute pas envie de rentrer aussi vite, mais il fallait bien que tout le monde acceptent que le moment de paix était terminé. Mais seulement pour aujourd'hui. Rien ne les empêcherait de faire pareil demain, peut-être pour en profiter plus. C'était ce que se promettait notre homme en tous les cas. Parfois il se disait qu'il ne faisait sans doute pas assez pour son compagnon. Et puis, il se sentait un peu coupable de ne pas avoir répondu positivement à sa demande.

Ses doigts caressaient doucement les siens, alors qu'ils se voyaient dérangés par l'un de ses collaborateurs, venu le chercher directement pour le ramener au bureau. Il soupira un peu. Décidément, il n'avait même pas le droit de terminer ce moment tranquille en bonne compagnie.

- Je crois qu'ils sont pressés... lâcha-t-il avec un ton un peu plus sec. La mauvaise humeur revenait assez facilement chez lui. Ce n'était rien contre Erend bien évidement, mais plus contre sa situation. Merci encore, c'était super chéri. On se voit ce soir? Reprenant un vrai sourire et l'embrassant sur le coin des lèvres. Tu peux t'occuper des deux? Clairement, l'autre n'attendrait pas que Gareth puisse remercier sa monture correctement. Orion renâcla un coup, il lui caressa le nez avant de donner les rennes à son homme et de le saluer une dernière fois avant de filer.

Mieux aurait-il valu qu'il ne parte pas aussi précipitamment.


Godric MacBeathag
IDENTITE : Godric MacBeathag
GROUPE : Haute Société
SPHERE : Dirigeante
AGE : Soixantaine
ETAT CIVIL : Marié
PROFESSION : Politique
POUVOIRS : /
ETAT DE SANTE : Très bon
LIENS :
- Père de Domhnall et Hera
- Beau-père *sigh* de Coltach
- Grand-père de Grace


En effet, le fils indigne aurait potentiellement dû rester jusqu'à entrer dans l'écurie. Il aurait pu être une bonne protection contre celui qui était présent en cet instant. Godric MacBeathag en personne, habillé pour partir en ballade à son tour, un costume taillé à sa taille, d'un noir sombre, aussi sombre que la couleur de la robe du cheval imposant qu'il montait. Daredevil n'était clairement pas aussi agréable que les chevaux du couple. Il demandait une main de fer, que le Lord avait totalement. Et comme souvent... le cheval ressemblait à son cavalier. Et ce cavalier en particulier, n'avait rien d'agréable à être côtoyé.

Surtout que Godric, ne supportant pas Erend, ne s'empêchait jamais de lui dire ce qu'il pensait. Et quand son fils n'était pas dans les parages, les paroles pouvaient être encore plus violentes. Il ne levait pas la main sur cet être inférieur, pourquoi se salir ainsi les mains? Alors que quelques phrases bien lancées, pourraient parfaitement le faire quitter son héritier une bonne fois pour toute. Après tout, c'était tout ce qu'il voulait. Il avait fini par comprendre que cela ne servait à rien de s'acharner sur Alastair, par contre, les monter l'un contre l'autre ou utiliser les points de faiblesse de l'un ou de l'autre, pouvait sans doute s'avérer profitable. C'était un travail de longue haleine, mais c'était faisable. Après tout, ils jetaient une certaine disgrâce sur son nom, ce qui n'était que peu tolérable, qu'importe ce que son fils en pensait.

Il ne les faisait pas surveiller, mais il connaissait certaines des habitudes. Ce n'était pas pour rien s'il se retrouvait ici-même aujourd'hui.

- Dunbar. Décidément, vous vous accrochez comme de la mauvaise herbe. Son ton était dédaigneux au possible, alors qu'il passait ses gants, noirs, l'un après l'autre, sans même jeter un regard au pauvre psy. Quand comprendrez-vous que personne ne vous veut dans cette famille.

Attrapant les rennes de son cheval, il s'approchait alors de son interlocuteur, pour pouvoir sortir de l'écurie. Faisant une bonne tête de plus que lui, il dédaigna poser un regard glacial sur lui.

- Faites-vous les films que vous voulez, Dunbar, Alastair finira bien par comprendre que vous ne lui apportez que des ennuis, pour lui, pour son travail. Ce n'est qu'une question de temps, avant qu'il n'ouvre les yeux. Alors faites-lui une faveur et disparaissez avant. Pour lui éviter de perdre encore plus de temps à se trouver des excuses pour refuser ce que vous attendez le plus.

Cette ordure, sans tout savoir, avait compris beaucoup de chose sur cet ancien palefrenier. Il appuyait donc là où ça faisait mal. Plus fragile que son fils sur le point psychologique et la confiance en soi, il finirait par le faire craquer. Tout serait bientôt fini.


[url="..."]Fiche PNJ[/url]
Domhnall
Sphère Dirigeante
avatar

Messages : 101
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : La Vérité
Revenir en haut Aller en bas
Mer 13 Juin 2018 - 14:29
Hello darkness
my old friendDébut de la trentaine

Domhnall

Erend

Si l’idée d’un énième sous-entendu lui avait traversé l’idée, la notion de froid pretant facilement à la plaisanterie, il s’en abstint cette fois. Il savait quand s’arrêter parfois et se contenta de répondre par un sourire taquin. Alastair saurait bien à quoi il avait pensé.

Toutefois, aussi agréable que puisse être l’instant qu’il partageait, la réalité les rappelait toujours à elle. Certains auraient dit que cela ne faisait que mettre l’emphase sur ces instants de pur bonheur, et Erend aurait habituellement été de ceux-là, mais il aurait souhaité qu’il dure encore. Même juste un instant. Malheureusement, ce ne serait pas une option. Son partenaire en semblait profondément désolé de couper court, et cela suffisait au psychiatre. Il n’avait pas besoin de le retenir, juste de savoir qu’il aurait préféré sa compagnie ; même après avoir essuyer un refus tel que ce jour.

D’ailleurs, Erend aurait difficilement pu voler quelques minutes de plus, à voir comme arrivait déjà un envoyé. Main dans la main, il rendit sa caresse à son homme avant de le libérer.

▬ J’en ai l’impression oui… On se voit ce soir, oui. répondit-il, souriant au baiser posé sur le coin de ses lèvres.

Du moins l’espérait-il, car il avait toutes les raisons de croire qu’Alastair ne rentrerait pas assez tôt pour encore appeler cela le soir, à voir comme l’autre semblait le presser. C’était ainsi, et le politicien ne s’en était jamais caché. Il opina du chef lorsqu’il lui transmit les rennes d’Orion. Il le remercierait pour le politicien, mais également pour lui-même. Car la bête l’avait aidé dans son plan, quand bien même celui-ci c’était résolu par un échec.

Et, alors que Gareth s’éclipsait, il le héla une dernière fois, se rappelant d’un détail qui lui avait échappé jusqu’à présent.

▬ Eh Gareth, joyeux anniversaire ! lança-t-il au loin.

Car oui, c’était aujourd’hui. La date de leur premier baiser. Raison pour laquelle il avait fait sa demande ce jour. Ce menu détail lui avait échappé l’espace de leur rendez-vous mais il voulait le lui souhaiter malgré tout. Même si cela devait être avant son départ. Peut-être cela l’amènerait-il à rentrer légèrement plus tôt, qui savait ? L’idée n’avait certes germé dans son esprit qu’après coup, mais elle l’amusait un peu. Il était loin d’être un mastermind. D’autant plus quand on le comparait à l’homme qu’il aperçut en entrant dans l’écurie.

Godric MacBeathag. Merveilleux.

Et les premiers mots qu’il lui adressa confirma la raison de son entrain. L’homme face à lui ne l’appréciait guère, pour parler d’euphémisme, et il le savait. Celui-ci l’accusait d’avoir dévergondé son fils et l’avoir attiré dans les méandres maléfiques des sodomites, à peu de choses près. Ajoutez à cela le fait qu’il avait été leur palefrenier, petit prolétaire sans manières ni argent, c’était un ticket pour une haine magistrale de la part de MacBeathag père. Et cela n’était même pas une supposition, puisqu’il leur avait très bien fait comprendre lorsqu’il les avait découvert quelques années plus tôt, en tentant de les séparer par la force. Le fait est que cela n’avait visiblement pas marché. Du moins, pas encore. Ce requin était tenace.

▬ Je pourrais vous retourner le compliment, MacBeathag. lança-t-il avec un ton surprenamment sec pour le psychiatre. Il semblerait pourtant que l’un d’entre eux ne soit pas d’accord avec ça.

Continuant d’avancer, c’est à peine si lui adressait un regard; mis à part celui qu’il lui avait lancé, l’apercevant ouvrir la bouche. Pour autant, cela fut difficile de continuer à l’ignorer quand il se planta devant lui, le toisant de haut. Son regard était glacial mais Erend tenta de le soutenir, non sans mal. Il y avait chez cet homme quelque chose de profondément cruel. Une méchanceté qui vous transperce de part en part. Vous décontenance.

Et cela ne manqua pas d’écorner la carapace qu’affichait le plus jeune. Ses mots le pénétraient donc comme des lames. Cette enflure savait les choisir, toujours au bon moment. Car si en d’autres circonstances ils auraient glissé sur lui, ce n’était pas le cas aujourd’hui. Même si Gareth ne lui avait pas clairement répondu non à sa demande en mariage, ce n’était clairement pas un oui pour autant. Leur relation lui apportait effectivement des ennuis, ou lui en apporterait du moins s’ils l’officialisaient aux yeux de tous. Il le savait, quand bien même il ne pouvait s’empêcher de le souhaiter. C’était égoïste mais c’était humain. Et l’humanité engendrait parfois la culpabilité chez les plus sensibles. Erend faisait partie de ceux-là.

Il ne sut donc que répondre, décrochant son regard vers le sol. Seul un « nous verrons bien » timide lui échappa. Il n’avait pas réellement d’argument pour le contrer, et cela ne faisait qu’ajouter à sa culpabilité. Peut-être n’avait-il pas tort ?


Coltach
Sphère Savoir
avatar
lovu lovu
Messages : 56
Etat Civil : Marié
Pouvoirs : Memory artist
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Arche :: Zone Quantique :: Machine à remonter le Temps-