Vedere ciò che si semina / Wairua

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Dim 2 Juil 2017 - 18:38
Vedere ciò che si semina

Feat. Wairua




Magus


Les tours de Dunvegan n'avaient pas résisté -elles non plus- aux attaques du temps. Pourtant Nikolas Cnossos pouvait revoir, en son intérieur,le glorieux château fort d'antan. Un temps où le monde était encore un. Un pincement tiraillait le cœur de la vieille dame. La nostalgie n'était pas de ses traits de caractère habituel. Mais, quelque-chose dans ce paysage provoquait cela. Ceux qui avaient connu le monde d'avant ne pouvait retenir, parfois, la mélancolie. A présent que les champs de force naturels se faisaient plus faibles, et que les îlots tombaient du ciel, certains murmuraient que le deuxième Armageddon serait aussi le dernier.

« This is not what we want; there is nothing more tedious, puerile and inhumane than love; yet it is also absolutely beautiful and necessary... » Chuchotait Strega. L'échos du regard, que porta un jour cette chère Virginia, sur l'ïle de Skye.

La Duchesse de Lampeduza était perchée en haut d'une colline verdoyante. Bien que l'été soit annoncé depuis plusieurs semaine, une capeline violine la protégeait des vents. Sous la capuche se cachait, un visage anguleux, d'une beauté froide. La femme portait autour de son cou un pendentif imposant. Pour tout croyant en la science de l'ancien monde, cet objet était le sujet de plusieurs légendes fantastiques. Il avait fallu plus de dix ans à la Sorcière pour retrouver la trace de son ancien bijou magique. Mais, il n'y avait pas plus déterminée que la fille du Roi Cnossos.

Elle se présentait à un rendez-vous donné par Wairua en personne. Il avait exigé qu'elle vienne seule. Aussi, après une longue négociation avec son époux, Nikolas avait obtenu que Maurice Pelletier reste à Édimbourg. L'homme de main pourrait ainsi garder un œil sur Lotte et Fawn dont Strega soupçonnait quelque frémissement de révolte juvénile. Il n'était pas encore le temps où ces petites prennent leur envol. La menace de Marisa convainquait d'ailleurs la Sorcière de se montrer encore plus exigeante et dure avec ces demoiselles.

Se détournant du paysage la dame descendit pour aller retrouver le lieu de la rencontre. L'occasion de songer une fois encore à l'homme qu'elle s'apprêtait à découvrir. Si les souvenirs de Sofia Lampeduza étaient sujet d'une souffrance de mère, ceux de Louisa Cnossos, se résumaient à la vision d'un nourrisson geignard. Nikolas n'avait jamais cherché à savoir ce qu'était devenue cette bâtarde. Elle savait du couple d'adoption qu'elle était morte jeune de lapidation. Un destin pour le moins tragique mais qui avait cependant libéré sa génitrice de s'en préoccupé un jour. C'est bien plus tard, que l'existence de « Marius » lui avait été révélée.

M. Wintertowne... En une révolution terrestre, le rapport entre les deux sorciers s'était considérablement dégradé.

Strega avait passé un accord avec Wairua. Mais l'esprit de rébellion d'un certain Lingbao avait récemment compliqué le marchandage. Nikolas avait été très souvent tentée de rompre sa promesse et d'approcher le jeune Wang. Mais la présence de « Magus » dans l'équation lui imposait des précautions supplémentaires. C'était une situation très désagréable pour une femme habituée à avoir le contrôle sur tout. Elle était d'autant plus contrariée, que les cartes elles aussi s'évertuaient à aller à l'inverse de ses désirs.

Comme convenue, seule et désarmée. A présent, je veux voir mon petit-fils.
Strega
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Lun 3 Juil 2017 - 17:43



« And my heart is black as coal
It’s been mined and there ain’t no gold
It’s so dark in there but I don’t care
I will lay down in this emplty hole
Where my heart is black as coal. »
Andrew Peterson

Autrefois, l’île de Skye avait été une véritable réserve naturelle. Elle l’était toujours, même si Armageddon était passé par là, comme partout ailleurs. L’endroit continuait à conserver un charme reculé, encore plus éloigné désormais des arches plus métropoles comme Edimbourg. J’étais venu ici à plusieurs reprises. Avant, et après la grande tempête. Des recherches en ornithologie et en botaniques, qui à elles-seules avaient réussi à m’enthousiasmer assez pour revenir plusieurs fois. Désormais, c’est davantage la quiétude des lieux, ainsi que son isolement qui m’intéressaient.

Le rendez-vous avait été donné au pied d’une ruine, elle-même située au milieu d’un lac. D’énormes efforts de restauration avaient été effectués pour conserver ce qui restaient de l’ancien bâtiment médiéval, désormais sécurisé et visitable. Mais à cette période de l’année, peu de monde s’aventuraient jusqu’ici, touristes comme habitants. L’Île de Skye ne comptait plus beaucoup de population, du moins en ses terres intérieures.

Et puis, je trouvais le paysage apaisant.

Attendant que l’autre partie du rendez-vous arrive, je fixais les eaux calmes du lac, au bord de la rive. Mon reflet me renvoyait la figure d’un homme pâle, vêtus de noir. J’étais mieux qu’il y a quelques mois, juste après l’incident du sérum. Mais mes traits étaient désormais aussi fermés et insondables que la surface lisse du lac. Une deuxième silhouette se tenait à mes côtés. Johanna. L’aide de Sveda n’avait contenu mes illusions et cauchemars que durant quelques mois, ce qui avait déjà été beaucoup. Et désormais, même si elles commençaient à se manifester à nouveau, j’en avais un bien meilleur contrôle.

Lorsque le sourire de ma femme disparut, je sus que Cnossos était en train d’arriver. Je me détournais alors du lac et de sa contemplation pour aller à sa rencontre, et l’attendre devant l’entrée des ruines.

"Cnossos." Me contentai-je en guise de salutations. Nos rapports avaient considérablement évolués depuis ces derniers mois, et cela se sentait chez la dame. Pour ma part, la croissante indifférence à ce qui m’entourait avait remplacé ce que j’aurais pu ressentir. Je ne réfléchissais qu’en des termes tactiques désormais, et avec les quelques ressentis qui me restaient encore.

"Vous n’appréciez pas ce qui est en train de se passer." dis-je en inclinant la tête pour l’observer. Une affirmation plutôt qu’une question. Je me redressai ensuite. "Les termes de notre marché étaient pourtant assez clairs."

Après quelques instants, je levai une main et claquai des doigts. Une silhouette apparut au-dessus de nous, alors que l’illusion qui le maintenait caché se désintégrait. Cnossos avait beaucoup pouvoir réduire mes pouvoirs, mon ancienneté et la puissance de mon don me permettait encore de faire ce que je souhaitais dans le cas présent.

Le descendant que la sorcière souhaitait tant voir se tenait en haut des ruines, au bord de ce qui avait été autrefois les murs d’un château. Derrière lui, des ombres le surveillaient, l’empêchant de reculer. Ne restait que le vide, en face de lui. Un pas de trop, et c'était la chute.

"Voulez-vous redéfinir notre accord ? Mes revendications ne changeront pas." déclarai-je d’un ton égal, toujours en fixant la femme. "Mais nous pouvons discuter. Peut-être pourriez-vous commencer par me dire pourquoi ce jeune homme vous intéresse ? Quitte à avoir une garantie, j’aime mieux savoir ce qu’elle est exactement."
Wairua
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Lun 10 Juil 2017 - 15:47
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Feat. Wairua



Le vent s'engouffrait sous la cape. Il en faisait enfler la base comme les voiles d'un bateau. Les chants de la nature s'entendaient dans la vallée. Il y avait quelque chose d'un esprit gothique dans cette scène dés plus contemporaine. Le temps ne parvenait pas à éteindre le charisme de ces deux individus sans âge.

Ils l'étaient.

Derrière les yeux noirs de la Duchesse Lampeduza revint le visage de Xin Wang, épouse du très estimé Jao Wang. Tous deux assassinés au cours de cette année-là. Leur trépas était survenu trop tôt. Strega avait par là même perdu des subalternes de talent. A présent toute une génération de Wang se disputait la tête d'un empire illégal. Lin et Kim Wang se faisaient une guerre d'usure pendant que Lily-Viviane essayait d'attirer les nouveaux chefs de guerre chinois avec elle. Ce n'était que l'une des complications aux laquelles était confronté l'Ordre et non la plus dangereuse.

Nous devons recentrer les forces en présence. Tohum et son engeance sont un probléme de second plan.

Une onde particulière, invisible, passa entre les Immortels. Nikolas leva alors son regard vers les hauteurs. Sans réelle surprise elle découvre l'objet de l'entente suspendu à quelques centimètres du grand vide. Wairua était prêt à se débarrasser du prodige. Cnossos lui avait révélé le lien de parenté, qu'elle savait que « Magus » lui avait confessé depuis toutes ces semaines de séquestration. Que Marius soit du sang de Strega n'était pas l'élément le plus important de l'histoire. Il y avait, comme toujours, plus d'une strate dans cette intrigue.

Cet homme est un puissant Sorcier. Un compliment qui valait son pesant, venant de la bouche de l'une des plus anciennes pratiquante de l'art de la magie. Laissez-moi m'entretenir avec lui.




Magus

L'homme séquestré en haut de la colline était immobile. Il était grand, mince, avec des cheveux blonds grisonnants sur les tempes. Il n'y avait rien chez lui qui détonnait le moindre pouvoir. La pudeur extrême, avec laquelle il était vêtu, ne réussissait pas à cacher un regard puissant. Une puissance que l'on ne trouvait généralement que chez empereurs et les rois. Au contraire de sa pauvre mère, Magus, avait hérité de la force de la dynastie de Minos. Il jouait, lui aussi, une partie dans laquelle il était le maître des pions.

* Johanna ? Pensez-vous qu'ils sachent à quoi ils jouent ? * Sorel, sans la voire, pouvait sentir la présence des esprits qui harcelaient Wairua. Il avait une sorte de d'amitié respectueuse pour l'ange gardien du vieux fou.

Le regard acéré du magicien se concentra sur la silhouette de l'homme qui avait été son geôlier. Les deux hommes avaient passé beaucoup de temps ensemble. Ils avaient eu beaucoup d'occasions d'échanger sur le monde et son avenir. Marius s'était montré très collaboratif au point d'en être soupçonnable. Il n'avait d'ailleurs jamais réellement indisposé par sa condition de prisonnier. Il continuait de souffler des mots dans l'esprit du scientifique, tel l'esprit protecteur dont il s'était donné le rôle pendant les derniers mois.

* Voyons, Camille, ne vous laissez pas abuser par son air sévère. Cette femme est aux abois.* Susurra-t-il alors qu'il devinait la silhouette d'un des gardiens à canines de Strega. Deux ombres gigantesques à l'orée d'un sous-bois.

Une menace s'est révélée. Marisa Stone. Magus s'avéra être un second efficace.

* Un second ? * Le ricanement de Marius Sorel fondit dans le vent écossais. * Pauvre folle. Jamais je ne serais le second de qui que ce soit. *

Tout comme vous Anima. Catégorique et alarmante cette révélation tomba comme une lame.

* Nous y voilà... * Riait Magus dans un souffle interne.

Nul frémissement du regard, ou de l'âme, de la Sorcière ne trahissait son ressentit, concernant celle qui avait été son ancienne élève. Il n'y avait pas non plus de signe, qu'elle pouvait suivre ou non l'échange entre les deux sorciers masculins. Nikolas était, telle les figures peintes par les grands maîtres, une allégorie du pouvoir. Le pouvoir nocturne et solitaire, qui se dévoile uniquement quand tous les autres sont à terre.
Strega
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