Nièce en détresse part.II [Dom/Grace]

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Jeu 29 Juin 2017 - 22:48
Nièce en détresse

Domhnall

Grace

Le 10 Gurthie Street ; jamais ce petit prolétaire d’Erend ne se serait cru l’appeler un jour maison. Pourtant, il était là, tranquillement assis sur le sofa de leur salon privé, annotant ses dossiers. Il n’avait, bien entendu, jamais douté des capacités de son mari à accéder à un tel poste et une telle bâtisse, il ne s’était juste jamais imaginé dans ce décor-ci. Comme quoi, la vie était pleine de surprises. Surprises qui pouvaient arriver sous diverses formes.

Ce jour-là, c’était un SMS.

Gareth le prévenait de son potentiel retard car il devait déposer sa nièce à l’hôtel, précisant la raison d’un tel transport. La réponse du First man fut sans appel. Elle devait venir chez eux. Et il serait inflexible sur ce point ; même s’il savait à quel point son époux aimait garder sa vie privée séparer de tout le reste. Sa nièce avait subi un traumatisme. Elle avait besoin d’être entourée, ou elle se trouverait à ressasser l’expérience seule dans sa chambre d’hotel impersonnel. Ou pire, entouré de la famille MacBeathag. Il en frissonna rien qu’à l’idée. Non, c’était ici qu’elle pourrait trouver de l’aide et il le savait. Il ne laissait donc pas vraiment le choix à son petit mari. Ce dernier le remerciait plus tard. Quand l’intruse aurait quitté le nid, en bonne santé. Physique et morale. Car malgré tous les différents et toutes les apparences, Gareth se sentait concerné par son bien-être. Il ne sera pas allé personnellement la chercher sinon.

Une fois sa réponse envoyée, il referma ses dossiers pour retourner en cuisine. Heureusement pour eux, il avait déjà commencé à cuisiner. Pour tout un régiment, comme à son habitude. Ce soir ce serait Rumbledethumps. Un plat à base de pommes de terre, d’oignons et de choux. De quoi caler n’importe quel ventre affamé, et il pariait fort sur le fait que celui de Grace était bien vide. Son tablier autour des hanches, il remua le tout rapidement, avant d’aller dresser la table. Il entreprit également d’ajouter des bouteilles de sodas au frigo. Un peu de sucre ne ferait pas de mal non plus. C’est ainsi qu’il se retrouva, les bras chargés de boissons à remplir le réfrigérateur quand les pneus crissèrent dans la rue. Il termina sa tâche, s’essuyant les mains sur son devantier, et alla leur ouvrir avec chaleur.

▬ Grace! Bienvenue! Entre seulement. fit-il se décalant pour les faire entrer. La déchargeant de ses affaires, il ne remarqua son erreur que trop tard. Il réparerait cela bien assez tôt. Allez-vous installer à table, je me suis dit que tu devais être affamée.

Il profita également de ce moment pour prendre la température avec Gareth. Sa tentative de taquinerie fut un échec cuisant aussi jugea-t-il bon de s’arrêter là. Gareth était sur le qui-vive, il respecterait ça. Après tout, il était celui qui lui avait forcé la main. Il devait accepter de jouer selon ses règles, même s’il serait reconnaissant plus tard.

Il s’avança donc avec Grace vers la salle à manger en tentant de la mettre à l’aise. Son sac toujours entre les mains, il esquiva bien entendu la fameuse question qui consistait à savoir comment elle allait. Il se doutait bien de son état et elle devait être lasse de répondre bien par politesse. Il préféra donc donner à leur conversation un trait plus terre à terre ; comme pour lui donner la possibilité de se raccrocher à une réalité plus simple.

▬ J’espère que tu aimes le chou ? demanda-t-il tranquillement. Si ce n’est pas le cas, je peux te préparer autre chose, ça ne me pose pas de problèmes! La personne qui cuisine habituellement a laissé le frigo plein à craquer.

En tous les cas, le grognement que fit entendre l’estomac de la demoiselle prouvait que manger allait être une bonne chose. Et si cela la gêna, ce ne fut pas son cas, bien au contraire. Il serait ravi de nourrir un ventre affamé et lui sourit pour lui signifier. Il posa ensuite son sac près de la chaise qu’il lui avançait, comme pour lui montrer qu’elle n’avait pas d’inquiétude à avoir ; qu’il n’avait fait que le porter.

Pour autant, l’heure ne sembla pas encore au repas. Elle avait pris son courage à deux mains, souhaitant se rafraîchir un peu, et il pouvait le comprendre. Une bonne douche délassait toujours les muscles, ce ne serait donc pas un mal. Il ravança donc la chaise contre la table et se mit en marche vers le couloir.

▬ Bien sûr, je vais te montrer ta chambre. fit-il tranquillement.

Il l’entraina ainsi dans l’une des chambres d’amis toujours prête, laissant Gareth profiter d’un peu de répit. Le chemin ne fut pas long. Erend poussa la porte, s’arrêtant sur le seuil. La chambre était surprenamment cosy ; ce qui n’avait pas été le cas à l’arrivée du couple présidentiel. En vérité, le First man n’était pas une fée du logis qu’en matière de cuisine, et avait fait redécorer pas mal de pièces trop froides à son gout. Ses choix avaient été simple mais bien plus accueillant. Il espérait que Grace apprécierait celle-ci.

▬ Ta salle de bain est juste derrière cette porte. commentât-il, pointant celle qui se trouvait sur la gauche. Il doit y avoir des linges propres dans le placard. Et je vais aller te chercher des vêtements propres si tu veux. Il l’observa un instant. Ma sœur doit faire à peu près la même taille que toi. Je les poserai derrière la porte. Il fit une pause pour lui laisser le temps de tout assimiler puis repris. Rejoins-nous quand tu auras fini ?

Il s’agissait plus là d’une question que d’un ordre. Si elle préférait dormir, il ne lui en voudrait certainement pas. Une fois la demoiselle entrée dans la chambre, il se mit en quête des dits vêtements. Il en gardait toujours ici mais c’était une longue histoire. Il voulut faire confortable, mais il ignorait ce qui conviendrait à leur invitée. Il regroupa donc trois t-shirts, une veste, un pantalon et une robe, sans oublier une paire de sous-vêtements. Il visait large dans les possibilités qu’il lui offrait. Il n’avait pas plus l’habitude que Gareth.

Une fois les habits déposer comme promis, il rejoint son mari. Plaçant ses mains sur ses épaules, il vint le masser légèrement, approchant son visage de sa nuque. Il savait qu’il était travaillé. Après plusieurs décennies de mariage, il avait appris à reconnaitre les signes mais il voulait l’entendre le formuler. Toujours pour son bien. Aussi demanda-t-il :

▬ Comment tu vas, toi ?


Coltach
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Sam 1 Juil 2017 - 21:32

Nièce Grace Andrews

First Man Erend MacBeathag

Président Alastair MacBeathag

Nièce en détresse
Part. II

Domhnall remarqua bien rapidement les rougeurs qui marquaient le visage de sa nièce. Se sentait-elle mal de ne pas vouloir lui parler? Ou qu'il l'ait compris? Elle ne devait pas en faire tout un foin. Il comprenait parfaitement. Pourquoi voudrait-elle seulement se confier à un oncle qu'elle ne connaissait que très peu et qui dans l'ensemble, ne se montrait ni très loquace, ni très sympathique. Enfin, au moins faisait-il le minimum pour elle. L'accueillir et lui offrir un toit pour le temps qu'elle retombe sur ses pieds. Il ne doutait pas un seul instant que cette jeune femme avait du potentiel et devait savoir faire les choses. Après tout, si elle avait disparu autant de temps, sans donner signe de vie, c'était bien qu'elle était débrouillarde. Il ne lui demandait pour autant pas de faire bonne figure devant lui. Il n'avait pas à la juger, bien au contraire, il la comprenait sans doute beaucoup plus qu'elle ne pouvait le croire. Mais la demoiselle ne connaissait sans doute pas son passé et ce n'était clairement pas Alastair qui allait s'ouvrir sur ce point, bien au contraire. Enfin, il respectait son silence et sa non-envie de lui parler. Erend saurait gérer cette partie. C'était lui l'altruiste du couple.

La suite du voyage se fit donc en silence. Si son invitée semblait s'obstiner à observer l'extérieur, le Président lui, observait plutôt sa nièce. Il déduisait ainsi, ce qu'elle avait pu vivre, comment elle devait réellement se sentir. Rien de bien compliqué en y réfléchissant. Ça avait dû être un enfer. Il avait lu les rapports, il savait beaucoup de choses et ça n'avait rien d'agréable. Alors pour quelqu'un qui avait clairement vécu ce drame de l'intérieur... quelque part, il en était désolé pour elle. Mais de là à le dire de vive voix... peut-être avec un verre ou deux de rouge ingurgité et encore... non vraiment, son époux ferait tout ça pour lui. Il aurait le tact et la manière, lui savait qu'il serait bien trop brusque et ce n'était sans doute pas la meilleure façon pour obtenir des informations.

A voir la tête qu'elle faisait et la façon dont elle l'observait, il sembla à notre homme que Grace venait de percuter à qui elle avait réellement affaire. Mieux valait tard que jamais. Et finalement, heureusement qu'il n'était pas capable de lire dans les pensées de cette dernière, où il aurait sûrement grincé des dents et plus d'une fois. Enfin, oui, elle avait devant elle le chef de l'Etat, qui en effet, s'était déplacé personnellement pour elle. Le cas était suffisamment important pour qu'il vienne en personne, déjà parce qu'elle était un témoin important d'une catastrophe qui menaçait toutes les arches du monde, ensuite parce qu'elle était de sa famille et dernièrement parcequ'Erend lui en aurait sans doute voulu s'il avait ignoré les demandes des deux femmes, mère et fille. Cet homme était bien trop porté sur la famille, même quand sa belle-famille était les 9 cercles des Enfers réuni. Bon Grace était extérieur à cela mais... bref.

Heureusement que ce fût lui qui les accueillit, il se chargea de la prise en main de la nomade et ce n'était clairement pas mal venu, même si Dom' ne goûta guère au petit trait d'esprit de ce dernier. Non, il n'était pas d'humeur, c'était un fait. Lui qui avait besoin d'être chez lui au calme, il était clairement dérangé par cette invitée. Ce n'était pas de la mauvaise volonté ou... si peu. Certes, en homme intelligent, Gareth comprenait qu'il n'offrait pas la meilleure image de son hospitalité, mais il lui était très difficile de mettre ses mauvaises habitudes de côté. Peu de personne pouvait se targuer d'entrer ainsi dans son sanctuaire, autre que son cercle le plus proche. Il finirait par se faire à la présence de sa nièce... enfin, il fallait l'espérer.

Le manteau sur le bras, suivant d'un pas tranquille le duo, de son regard observateur, il écoutait son mari prendre le pas et être ce qu'il savait faire le mieux, être attentif à l'autre. Une qualité non négligeable, surtout avec un ours comme lui. A l'odeur qui se faisait sentir dans le couloir, monsieur Dunbar avait fait chauffer les fourneaux, pour quelque chose de bon. Mais la demoiselle avait besoin de se rafraichir d'abord, ce qui était compréhensible, le psy s'occupait donc de faire l'hôte en l'amenant à sa chambre, le président quant à lui, rejoignait son bureau pour y poser sa veste et se mettre un peu à son aise, sortant une cigarette d'un paquet planqué dans un de ses tiroirs, grattant une allumette, il amena la flamme près du bout du bâton de nicotine pour y mettre le feu et aspira une grande bouffée de fumée, alors qu'il se dirigeait vers la fenêtre et l'ouvrit en grand. Un moyen comme un autre de se détendre. La ville était calme ce soir. Les bruits de pas de son compagnon ne lui firent pas tourner la tête, il le laissa le toucher, alors qu'il continuait à fumer.

- Ça va. Il était un peu fatigué, les journées étaient longues, encore plus depuis qu'il avait pris le poste. Mais ce n'était pas son genre de se plaindre, encore moins d'en profiter pour être chouchouter. A ton avis, comment va-t-elle, elle?

Ce qui pouvait paraître étonnant quand on ne connaissait pas trop le personnage, de le voir se préoccuper d'une personne qu'il connaissait à peine. Mais les premières impressions d'Erend sur Grace le rendaient réellement curieux et concerné. Car ce n'était pas parce qu'il appréciait à moitié d'avoir quelqu'un d'extérieur à son couple investir son intimité, qu'il n'était pas totalement insensible à l'état de détresse dans lequel pouvait se trouver sa nièce.
Domhnall
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Dim 30 Juil 2017 - 23:41
Les manières d'Erend à son égard étaient prévenantes et sa douceur, réconfortante. Elle avait conscience de ses efforts pour la mettre à l'aise et faire en sorte qu'elle se sente accueillie. De cela, elle lui était profondément reconnaissante. Seulement, le contraste avec les semaines qu'elle venait de vivre était saisissant au point qu'elle ne savait répondre à toute cette soudaine attention. Aussi, elle restait presque mutique, répondait par des sourires polis et des acquiescements du chef.
Elle se sentait particulièrement mal élevée de n'aligner plus de deux mots ou même d'oser penser que le menu lui importait peu tant elle était affamée, mais il était un stade où l'épuisement prenait le pas sur les bonnes manières.

-Ça sera parfait, ne vous inquiétez pas pour moi, assura-t-elle à mi voix.

Elle se surprit à parler si bas, comme si elle avait inconsciemment cherché à se faire plus petite ou plus discrète dans ce foyer où, en dépit du comportement de l'un de ses oncles, elle n'avait pas tout à fait l'impression d'être là bienvenue.
Elle n'avait pas été dupe, et à la façon dont Macbeathag avait amené les choses dans la voiture, elle savait qu'elle était de trop. Ça ne durera pas, réaffirma-t-elle intérieurement comme si elle avait fait cette adresse directement à Alastair.

A son grand soulagement, Erend ne sembla pas se formaliser de sa demande, bien au contraire. Il prit les devants pour la conduire jusqu'à chambre qu'elle occuperait et pallia ses moindres besoins. Elle le laissait lui désigner la salle de bain, les placards, lui expliquer qu'il allait lui trouver de quoi se changer, sans pouvoir empêcher une réflexion de naître dans un coin de son esprit: il lui semblait que jamais personne ne s'était montré aussi avenant envers elle. En d'autres circonstances, elle aurait probablement trouvé ce comportement un peu infantilisant. Mais en d'autres circonstances, elle n'aurait pas été si à fleur de peau et en besoin d'une telle attention, elle n'aurait probablement même pas fait irruption dans leur vie...

-Merci. Dit-elle à nouveau, à défaut de trouver plus original. Elle hocha de la tête lorsqu'Erend lui proposa de les rejoindre une fois qu'elle serait prête. Commencez sans moi, je ne voudrais pas vous retarder. Elle ajouta. Je fais au plus vite. Elle jeta à son hôte un dernier regard empli de gratitude avant de se retrouver seule.

Le vide s'engouffra en elle comme une vague. L'espace d'un instant, elle crut qu'elle n'aurait pas la force de se relever de cette épreuve. L'idée même de se défaire de ses vêtements et de se glisser sous la douche lui apparaissait être insurmontable, comment réussir alors à imaginer se remettre des pertes qu'elle venait de vivre. Plus elle y pensait et plus la réalité devenait tangible : ceux restés sur place avaient toutes les probabilités d'être morts, pourtant, elle n'en aurait jamais la certitude. De qui devait-elle faire son deuil, quel espoir pouvait-elle encore porter ?
Elle se plia en deux sous le poids de la boule qu'elle avait dans le ventre. Elle cru qu'elle allait vomir sur la moquette impeccablement moelleuse de la chambre d'ami mais cette réaction physiologique qui eu l'efficacité de la pousser jusqu'à la salle de bain.

Sous le jet énergique de la douche, l'eau lui paraissait brûlante. Elle y demeura tout de même immobile de longues minutes, là où les larmes se mêlait directement à l'eau sans couler sur ses joues. Coupant finalement nette l'eau et ses sanglots, se blottit dans la douceur d'un linge à l'odeur délicate, ferma les yeux, prit une longue respiration et tenta de reprendre le dessus.
Dans la large glace au dessus du lavabo, elle s'étudia longuement. Elle n'avait pas eu affaire à un miroir pendant de nombreuses semaines et elle n'était pas encore tout à fait familière de la silhouette émacié et terne qui s'y reflétait. Elle s'assura que ses yeux n'étaient pas trop gonflés de larme.

Elle avait eut un petit sourire amusé à la vue de tout ce qu'avait apporté Erend. Elle trouva son bonheur dans un jean et un t-shirt, même si la douceur d'une soirée d'été aurait été propice à une robe légère. Elle coiffa rapidement sa chevelure encore humide qu'elle noua en une tresse grossière mais efficaces. Sortie silencieusement de la chambre pour retrouver la salle à manger où avait été dressée la table. Elle n'avait aucune notion de l'heure où du temps écoulé. Elle ne savait pas non plus si elle dînerait finalement seule où si ses oncles avaient fait le choix de l'attendre en dépit de son invitation à ne rien en faire. Grace était peut être un peu nerveuse à l'idée de se trouver à table avec des membres presque inconnus de sa famille. Quels sujets de conversation était-elle censée aborder. Privé ? "Et les enfants, vous y pensez ?" Politique ? "Quel est votre opinion sur la potentiel entrée d'un nouveau pays membre au CSN ?" Familial ? "Il se pourrait que Noël soit particulièrement... intéressant cette année." Classique ? "Le temps est plutôt doux ce soir". C'est avec toutes ces questions en tête qu'elle tenta de retrouver son chemin vers le salon.
Grace
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Mar 1 Aoû 2017 - 0:53
Nièce en détresse

Domhnall

Grace

S’il était bien une chose pour laquelle les Dunbar étaient connus, c’était leur sens de l’accueil chaleureux. Et aucun membre de cette famille ne manquait à la règle : pas d’exception pour la confirmer. Ce qui n’était pas forcément un mal dans une situation telle que celle-ci. Grace avait beau avoir du sang MacBeathag dans les veines, elle avait surtout besoin d’un peu de sympathie Dunbar pour le moment.

Lorsque celui-ci évoqua une partie du menu, elle répondit que cela lui convenait. Pour autant, ce qui intéressa davantage le médecin fut son ton. Sa voix était si basse, à peine audible. Cela l’inquiétait un peu mais il ne dit rien. Il se contenta de froncer légèrement les sourcils, le regard soucieux. Bien qu’on e lui avait rien demandé, il l’évaluait silencieusement pour saisir l’étendue des dégâts causés par les récents évènements.

Pourtant son front se dérida lorsqu’elle leur demanda si elle pouvait d’abord se rafraichir. C’était bon signe. Et absolument pas un souci, bien au contraire. Il l’entraina donc à sa suite afin de lui montrer où se trouvait chaque chose. A l’heure actuelle, la dernière chose dont elle avait besoin était de se retrouver dans un environnement où elle ne maitrisait rien. Ici, elle était certes leur invitée, mais elle saurait se retrouver. Erend souhaitait qu’elle se sente comme chez elle. Ou du moins confortable. Et cela sembla être le cas puisqu’elle vint à la remercier. Elle ajouta ensuite qu’ils n’avaient pas besoin de l’attendre, mais qu’elle ferait au plus vite.

▬ Plaisir ! Et prends ton temps, Grace, rien ne presse. La rassura-t-elle avec un sourire chaleureux.

Il la laissa donc profiter d’un peu de tranquillité. Puis, après avoir déposé les vêtements comme convenus, rejoignit son mari. S’approchant tendrement, il s’enquit de son état personnel. Ce à quoi il obtint une réponse des plus simples. Ca va pouvait vouloir tout dire et son contraire, mais Erend s’arrêtait encore une fois davantage sur la manière qu’il avait de le prononcer. Il lui semblait fatigué mais cela était des plus compréhensibles. Ses journées étaient loin d’être légères, surtout depuis qu’il avait été investi, mais plus important encore, il ne se permettait pas encore de se détendre. D’habitude sa journée aurait au moins été terminée mais la présence de Grace la rallongeait. Avec quelqu’un d’autre dans son antre que son compagnon, il était sur le qui-vive. Quand bien même la personne en question n’avait aucune intention hostile ; ce qui changeait de sa mère.

Quoiqu’il en soit, Erend l’avait forcé à ce choix et il espérait que Gareth verrait l’intérêt d’une telle chose assez promptement pour réussir à supporter sa fatigue. Ce qui ne tarda guère car il continuait déjà, demandant comment elle se portait selon lui. Le psychiatre eut un sourire, retrouvant son ours grognon bien plus avenant qu’il ne le laissait paraitre, avant de retrouver une mine plus soucieuse.

▬ Elle a subi un traumatisme important… Mais je pense qu’avec un peu de temps dans un environnement stable et du soutien, elle devrait pouvoir s’en remettre assez rapidement. Mieux vaudrait donc qu’elle ne retourne pas chez ta sœur, si elle n’en a pas l’envie. Il fit une pause, semblant réfléchir un peu. Est-ce que tu sais si une liste des disparus va être diffusée ?

Sa question n’était pas aussi anodine qu’elle pouvait le paraitre. Il avait conscience qu’elle allait devoir faire le deuil de nombreuses personnes et il voulait pouvoir l’aider si elle le souhaitait. Aussi, savoir si elle risquait de tomber sur l’une de ses listes seule était une possibilité, il préférait s’y préparer. Dans son métier, il intervenait certes bien souvent après l’évènement mais il tachait toujours de prévoir ensuite les possibilités que devrait affronter ses patients par la suite. Et même si Grace ne l’était pas officiellement, elle était de la famille. Du moins la considérait-il ainsi.

Réfléchissant toujours au moyen d’aider la jeune fille qu’ils venaient d’accueillir sous leur toit pour quelques temps, il vint poser son menton sur l’épaule de Gareth. Il glissa ensuite ses mains autour de lui pour venir lui voler la cigarette qui brulait entre ses doigts. Posant ses lèvres sur l’objet de son larcin, il se permit quelques bouffées avant de rendre la nicotine à son propriétaire légitime. Il avait arrêté, oui, mais cela restait son plaisir coupable. De quoi détendre les nerfs disait-on, bien qu’il n’ait jamais été un grand stressé.

Avec en tête l’idée de venir s’assoir sur le rebord de la fenêtre pour profiter des deux vues, il se redressa pour finalement s’en prendre la poignée dans son inattention. Cela lui tira un petit grognement de surprise qui eut pour effet de réveiller… the beast !

Redressant ses oreilles, San ouvrit ses petits yeux pour y voir une deuxième qu’elle aimait beaucoup. Bombardant pour la rejoindre, la jeune berger allemand manqua de tomber plus d’une fois, s’encoublant dans ses propres pattes. Cela semblait néanmoins en valoir la peine, aux vues des salutations qu’elle adressa à son second maitre. Mouvementés serait certainement le mot le plus approprié pour les définir. Elle se mit d’abord à aboyer joyeusement en lui tournant autour avant d’essayer de lui lécher les doigts. Puis elle choisit finalement l’option des chaussures. Oui, les chaussures étaient définitivement sa partie préférée. Alors elle se posa enfin au pieds de Gareth, une fois sa gueule léchouillant ses chaussures. Le cirage devait avoir bon gout.

Quoiqu’il en soit, d’abord hilare de la voir réagir ainsi quand il savait que Gareth n’était pas son plus grand fan, il se baissa pour attraper la bête féroce, dévoreuse de cire.

▬ Bah alors ? On embête Gareth ? Vilain toutou ! fit-il sur un ton si doux et si amusé que le chiot aurait difficilement pu croire qu’on le disputait.

D’ailleurs ce n’était pas du tout son intention. Elle n’avait rien abimé et la fougue était surtout de son âge. Cela finirait par partir. Ou pas, et dans ce cas, il l’entrainerait. En attendant, il se contentait de lui caresser le ventre, lui parlant comme on parlait à un bébé. Et il fallait avouer que c’était certainement ainsi qu’il la voyait. Comment lui en vouloir pourtant ? Bien qu’il en avait toujours rêver, un enfant n’était pas dans leur plan, alors il compensait. Avec la PH. Avec San. Avec tout ce qu’il pouvait. Cet homme avait de l’amour à revendre. Il était loin d’tre le démon que certains s’imaginait, bien au contraire.

En tous les cas, lorsqu’il releva le museau, ce fut Grace qu’il aperçut, par l’entrebâillement de la porte. Il reposa donc la bete sauvage sur le sol, s’accroupissant pour lui doucement lui ordonner d’aller dans son panier. Puis il se redressa et sourit à leur invité.

▬ Grace, bon timing! Nous ne sommes pas encore passé à table ; toujours faim ?




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Mar 1 Aoû 2017 - 12:10

Nièce Grace Andrews

First Man Erend MacBeathag

Président Alastair MacBeathag

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Part. II

Même si Alastair n'avait pas été des plus heureux de la demande de son époux, que sa nièce débarque chez eux. Il avait parfaitement compris pourquoi il le lui avait demandé. Ce n'était pas parce que cet homme n'était pas le plus grand des altruistes, qu'il ne pouvait pas comprendre que cette jeune femme pouvait avoir vécu une situation extraordinaire et plus que traumatisante. Chose que lui confirma d'ailleurs Erend, alors qu'il lui donnait ses premières impressions sur la jeune femme. Observant toujours les lumières de la ville, le Président soupira légèrement.

- Tu es sûr de ça? J'ai entendu dire que l'on pouvait mettre du temps à s'en remettre... surtout si elle a perdu des proches. Il aurait pu avoir un rire plus que jaune quand son compagnon nomma sa soeur. Comme s'il allait envoyer la jeune femme chez sa mère. Il n'était pas cruel à ce point! Il resta pourtant neutre. Tu m'en diras tant... Marquant une pause. Ce n'est pas quelque chose que je me permettrai de lui imposer. Elizabeth n'est pas un environnement saint et propice à la récupération. Fit-il avec sarcasme. Non, il n'y aura pas de liste, les gens seront mis au courant personnellement, je ne tiens pas à ce les journaux en fassent leurs choux gras.

Non, le Président n'était pas copain avec les journalistes en général - et dire qu'il en logeait une -, ils avaient cette fâcheuse tendance à se nourrir du malheur des autres, ce qu'il n'appréciait pas. Qu'ils parlent du malheur qui avait touché l'arche péruvienne était important, ils pouvaient dire que potentiellement des ressortissants écossais faisaient partis des victimes, mais les noms seraient gardés loin de la presse. Les familles n'avaient pas à subir une telle mise en page. La perte était déjà assez douloureuse comme ça, pour qu'il n'y ait pas besoin que l'on rajoute une couche. C'était une mine d'or pour ces rapaces, qu'il voulait absolument éviter de leur offrir. Ses ordres avaient été plus que clair et si finalement il y avait une fuite, vous pouvez parier que ça chaufferai sévère pour les oreilles de ceux qui bossaient avec lui.

La présence de son homme permis au moins un instant à Gareth de se détendre, lui caressant doucement le bras d'une main, il se laissa piquer sa cigarette, sachant que c'était un des trucs qu'Erend aimait bien faire. Tant qu'il ne reprenait pas cette mauvaise habitude que lui n'avait clairement pas perdue, tout irait bien. C'était pour ce genre de moment, que notre homme n'aimait guère avoir une personne inconnue chez lui, il ne souhaitait pas être prit sur le fait ou tout simplement, qu'on le dérange. Il eut un petit sourire en le voyant se cogner, se disant qu'il était toujours un peu distrait quand même ce garçon.

- Fais attention chéri. Le bruit de course qu'il entendit alors, lui fit à nouveau hausser un sourcil, pour baisser son regard sur la boule de poil qui venait lui faire la fête. Mais oui, mais oui, salut. Alors qu'elle aboyait comme si sa vie en dépendait, il se baissa légèrement pour lui caresser la tête, mais quand cette dernière tenta de lui lécher la main, il la retira assez rapidement, n'étant pas un grand fan de ce genre de chose. Non. Sans pour autant être agressif mais elle devait comprendre que ce n'était pas une chose à faire, pas avec lui en tous les cas. Il manqua de soupirer profondément quand ce fût au tour de ses chaussures d'avoir droit à un embavage dans les règles de l'art. Erend...

Aucunement besoin de plus pour que le mari vienne à la rescousse et attrape la bestiole. Certes, il en riait, c'était moins le cas de Domhnall qui observait l'animal d'un regard sévère, mais elle semblait s'en foutre complètement. Il observa alors le petit manège entre les deux, tout en se disant que malgré tout, ce cadeau n'était pas à regretter. De plus, il rendait heureux son compagnon et c'était le plus important. Il s’accommodait donc des petits désagréments qu'une telle bestiole pouvait apporter, notamment le fait de devoir cirer ses chaussures tous les jours.

- Il ne faudrait pas que ça devienne une habitude, umm... surtout si elle commence à me les mâchouiller. Sur le ton de la mise en garde, tandis qu'il écrasait la cigarette dans le cendrier posé sur le rebord de la fenêtre, sa nièce arrivant dans leur champ de vision à tous les deux, arrêta instantanément la conversation sur le canidé.

Coltach prit alors les devants, demandant à la demoiselle si elle avait encore faim. Son oncle, en retrait, l'observait, cherchant les signes qu lui donnerait une idée de ce qu'elle pouvait avoir en tête.

- Venez-vous asseoir. Finit-il par lâcher, sans pour autant que ce soit un ordre. Une vraie invitation alors qu'il ouvrait la porte de la salle à manger, tout en lui tirant une chaise. Oui, c'était un homme galant, on ne changeait pas son éducation si facilement. Il serait dommage de ne pas faire honneur au repas d'Erend. C'est un cordon bleu.

Quoi? Il pouvait bien faire un compliment, de plus, il avait bien compris qu'il avait intérêt à être un poil plus accueillant, s'il ne voulait pas rajouter du stress à sa nièce. Alors... il ferait un effort. Ce soir en tous les cas.
Domhnall
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