We're defined by our actions, not our words. [ Withmore ]

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Sam 3 Juin 2017 - 22:32
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Suite à


Les bons jours convoyaient des flux de baladeurs dans les espaces verts de la cité. Des hordes. Natifs et touristes rassemblés par le ciel bleu. Une vie nouvelle se répandait. Une joie qui rendait les drames moins dramatiques. Les amoureux plus amoureux. Les têtus... aussi têtus. D'autant plus que le Salon de l'Innovation occupait toutes les ondes. Radio ou autre.
Ce qui se passait à l'autre bout de l'Archipel y restait. Lima endeuillée. Vacillement d'un monde inconscient.

L’allégresse épargnait certains. Âmes de fer et de fois. Incapables de jouir totalement de la légèreté. Tant qu'il y aurait des luttes.
Amélia Clark était de celles-là. Elle ne cessait pas de chercher. Plus loin. Encore et encore. Une frontière était faite pour être traversée. Un ordre pour être questionné. Un mystère pour être élucidé. Voilà le moteur. Dont le carburant pouvait coûter cher. Très cher.
Au dixième mois d'exercice au Comité de Supervision des Nations Head avait obtenu des victoires. Plus de 200 commerces illégaux avaient été visités et mis en examen. En parallèle, l'équipe montée avec la division Green, commençait à avoir des résultats probants. Le trafic illégal d'organes avait connu un sérieux coup au printemps. La circulation de l'héroïne connaissait ses propres déboire. Le dossier sur la Feuerbach prenait de l'ampleur. Des réussites. Mais, aux yeux de la presque quarantenaire, pas encore assez.

Esprit vif. Pragmatique. Clark avait très tôt profité des accès offerts par ses postes. Fouillant les archives. Allant voir entre les lignes. Tirer les fils. Issue et construite par le milieu commercial, elle en connaissait les détours, les dérives. Encore trop d'escrocs circulaient en liberté sur l'Archipel. Dont certains était dangereux.
Un fil rouge. Garance. Une sortie du lot, qui avait retenue son attention. Une ombre étrange. Opaque. Autour de transactions commerciales floues. A Néo-Séoul. Encore. Un pique révélé sur l'année 2012. Cinq ans. Pourtant, aucune enquête officielle n'avait été ouverte depuis. L’Institut gardait le silence. Pourquoi ?
Les éléments -éparses- ouvraient une piste. Une piste sinueuse et inquiétante. Des choses dangereuses avaient lieux sur cette arche. Impossible de savoir exactement quoi. A moins de trouver quelqu'un. Un indicateur. Quelqu'un qui veuille coopérer. Cela avait mis du temps. Mais enfin, un nom :

Charles Withmore. Je suis Amélia... Clark. Se présenta-t-elle en lui tendant une main nue. Il était peu probable qu'il se souvienne d'elle, à New-York, ou dans les bureaux du C.S.N. Head y était peu. Toujours en action sur le terrain.

L’interprète de Chuck Jones paraissait plus jeune qu'à l'écran. Grand. Bien habillé. Beauté plastique typiquement de l'époque. Un produit Hollywood. Avec du charme aussi, pour plaire au plus grand nombre. L'idole d'une génération d'enfants américains.
Clark avait amené ses nièces voir le dernier volet au cinéma. Qu'auraient-elles dit si elles avaient su ce que leur tante faisait en cet instant ? Des cris d'admiration résonnaient dans l'esprit de la brune. Head eu un fugace sourire. Un sourire qui s'effaça pour une expression intense. Celle d'une louve déterminée... à trouver sa proie.

Merci d'être venu. J'ai pris des précautions. Je crois que mon bureau au C.S.N. est sur écoute. Deux semaines qu'Head retardait le moment de demander de l'aide. Elle voulait les coincer. Marchons ?

Le cadre parfait pour une promenade d'agrément. Leurre, contre les espions, industriels ou de toute autre espèce. A force de déterrer les squelettes des grands PDGs, Amélia se faisait des ennemis. Gens aux dents longues et aux gros moyens.
L'Américaine choisie le petit bois. Rappel des forêts du Maryland. La floraison. L'odeur des pains chauffés par le soleil. Le bruits des feuilles chahutées par les animaux. Malgré la teneur du rendez-vous, un plaisir pour cette campagnarde.
Elle attendit qu'ils aient fait plusieurs mètres :

Que s'est-il passé là-bas ? Plus proche, pour qu'ils puissent chuchoter. Deux justiciers déguisés en civils.
Head
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Jeu 8 Juin 2017 - 13:00
La première chose que Charles Withmore avait remarquée sur le compte d’Édimbourg, c'était que la ville était calme. Elle n'était pas inactive pour autant, loin de là, mais après les tumultes de New York et NéoSéoul, le contraste était saisissant. On pouvait presque s'y entendre penser, lorsqu'on prenait le temps. Entre les bâtiments anciens, les parcs et les jardins, où déambulaient les passants. A priori, des passants sans histoires, menant une vie sans histoires, dans une ville sans histoires. Mais à Édimbourg comme ailleurs, c'était rarement le cas. Il suffisait de creuser un peu sous le verni pour déceler d'innombrables imperfections, l'eau bouillante qui s'agitait sous la casserole et menaçait de révéler ce qui s'y cachait, faisant sauter le couvercle. Il y avait ceux qui pesaient dessus de toutes leurs forces, qui refusaient de voir la vérité jaillir, et ceux qui entretenaient le feu, décidés à voir l'explosion tout ravager sur son passage. Et entre deux, il y avait ceux qui s'efforçaient de limiter les dégâts.

Il se demandait encore dans quelle catégorie classer la femme qui avait demandé qu'ils se rencontrent aujourd'hui. Après avoir reçu son courrier, il avait longuement réfléchi, pesant le pour et le contre. Était-ce vraiment judicieux d'accepter à sa requête ? S'agissait-il d'une ruse, d'un piège ? Il ne voyait pas en quoi quelqu'un chercherait à s'en prendre à lui dans cette optique, mais on n'était jamais trop prudent. Quand on faisait ce qu'il faisait, on apprenait rapidement à ne pas accorder sa confiance facilement, et la méfiance devenait une seconde nature. Mais les mots l'avaient intrigué, sa curiosité suffisamment piquée pour qu'il prenne le risque. Et puis il en avait parlé avec Carmen, bien sûr ; sa sœur était arrivée à la même conclusion. Charles pouvait la sentir dans sa tête tandis qu'il parcourait les rues de la ville, cette même présence familière qu'il avait connue tout au long de sa vie. Avec elle, il n'était jamais vraiment seul, mais cela ne le dérangeait pas. Il aurait été incapable de lui cacher quoi que ce soit même s'il l'aurait pu : cette seule idée lui paraissait inconcevable.

« Si, c'est lui, je te jure ! Chuck Jones! Monsieur Withmore ? »

Un jeune garçon s'approcha, suivi d'une femme qui devait être sa mère. Il se tortillait d'un pied sur l'autre, la timidité se disputant à l'exaltation. Il avait reconnu son idole ; Charles n'avait pas fait d'effort particulier pour dissimuler son apparence. Il portait une chemise claire à manches courtes, des jeans légèrement usé, et une paire de lunettes de soleil qui quittait rarement son nez, élément indispensable de sa persona publique. Il accueillit le gamin avec un grand sourire, mettant un genou à terre pour se mettre à sa hauteur.

« C'est bien moi, p'tit gars! »

« Waouw ! Juste... Waouw ! »

« Content de te rencontrer ! Qu'est-ce que tu dirais d'une photo...comment tu t'appelles ?»

« Tim ! C'est vrai ? »

« Bien sûr, Tim ! »

Il fit signe à la mère, tandis qu'il passait son bras sur les épaules du gosse, affichant son célèbre sourire de circonstances. La femme sortit son téléphone, immortalisant l'instant, et voilà qu'il serrait vigoureusement la main du jeune : « Ça a été un plaisir, p'tit gars ! » Puis il les laissa là, après une dernière volée de salutations, et un clin d’œil adressé à la femme sous ses lunettes brièvement relevées. Puis il reprit sa route. Tandis qu'il se rapprochait du lieu de rendez-vous, il changea subtilement son comportement, de manière presque imperceptible, mais pourtant efficace. Il s'agissait d'une subtile manifestation de sa cognition, où il utilisait son pouvoir afin de s'imaginer moins réel, afin que les gens paient moins attention à lui. Repérant la femme qu'il attendait, il se dirigea droit vers elle, mais d'un pas tranquille, comme s'il allait à la rencontre d'une amie.

« Miss Clark. Je me souviens de vous. » Charles avait bonne mémoire, et il oubliait rarement les visages. « J'oublie rarement une belle femme. » Puis, se reprenant avec un sourire : « Pardon. Il est parfois difficile de se séparer du masque. »

L'acteur se calqua sur les pas d'Amelia ; décontracté d'apparence, il restait attentif à leur entourage. Ainsi, elle travaillait pour le CSN, à présent. Et ce qui l'avait poussée à le contacter n'avait rien d'officiel, voilà qui était d'autant plus intéressant...et potentiellement dangereux. Bien. Charles Withmore n'avait pas peur du danger. Si Clark était sincère et désirait vraiment aller au fond des choses, peut-être pourrait-elle devenir une alliée utile pour sa croisade.

« Directe. Plus que la plupart de vos collègues. » Les yeux dissimulés derrière ses lunettes, il observait attentivement les réactions de la brune. « Ce qui s'est passé, c'est que c'était un beau merdier, pardonnez mon français. Mes collègues et moi avions accepté de reformer notre équipe d'intervention pour le compte du CSN. Nous avions fait nos tours, mais une...situation nécessitait notre aide. Des gosses avaient disparu, tous des prodiges. Ma fille. Nous avons retrouvés ceux que nous avons pu, les autres... Des amis sont morts pour la mission. Le complexe a été détruit. Affaire classée. Du moins officiellement. Le CSN n'a jamais jugé bon de continuer l'investigation. Jusqu'à vous. »
Justice
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Sam 10 Juin 2017 - 10:46
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Se souvenir d'Amélia Powell. Ce mirage des années 2000.
Manhattan et sa folie furieuse. Head se souvenait de ces soirées dans le monde de l'artifice. Les nuits blanches dans les restaurants. De Georges et de ses amis braillards. De toute cette hyperactivité. Clark n'avait plus jamais été aussi productive que lors ces premières années de mariage. La fusion des entreprises. Les séminaires. Les parutions. Quel enivrement. A y repenser une tout autre vie. Son écho hantait encore parfois les aurores.

Très bien... Un point d'égalité.

Un sourire amusé, voir un rien taquin, répondit à l'excuse du comédien. La flatterie était l'arme -favorite- des flagorneurs. Plaire était dans les instincts de l'homme. De l'Homme aussi. La séduction assurait une survie.
L'Américaine laissait faire plutôt indifférente aux compliments préfabriqués. La convenance était un outil. Honnête, Amélia se savait attrayante. Désirable. Pour une partie de ses adversaires. Elle savait, elle aussi tailler ses mots, pour charmer une cible.
De fins négociateurs en avaient perdu leur latin et leur argent.

Difficile ? Impossible, non ?


Merci. Les agents étaient le plus souvent Écossais. Ils imitaient leurs cousins britanniques à l’excès. Le flegme anglais était le fléau de toute bureaucratie.

Clark, venue d'une Arche plus vive, investie, fougueuse, était considérée comme brute et tyrannique. Ses méthodes managériales étaient d'une équité indiscutable. Ils discutaient. Jugeaient. Mais, elle était à la tête.
Et le bureau de la surveillance pour l’application des décrets et loi commerciales internationales enregistrait d’excellent résultat ce trimestre. Les commissions exécutives avaient quasiment triplées.

Brindilles craquant sous les pieds.
La brune écouta jusqu'à la fin. Hochant parfois du chef, quand une information allait dans le sens de ses propres données. Un compte rendu sans grande précision. Le floue demeurait.

Quant est-il pour votre fille ? En pleine procédure d'adoption, Amélia était ultra-sensible sur le sujet.

Le Comité aurait dû intervenir. Lucide, Head avait rapidement déchanté. L'idéal du C. S.N. ne résistait pas aux complexités du monde. Corrompu à la racine. Comme tout le reste. L'inaction est une faute grave. Une voix de tonnerre silencieux condamna ensuite : D'autant plus, lorsqu'on est sensé donné un exemple de vertu. Mots empruntés à un jeune soldat nommé Jack Clark. Mort, sous le casque du C.S.N., dix ans plus tôt. Un homme bon. Le frère chéri.

Clark suivait un sentier étroit. Joggeuse devant l'éternel elle avait déjà parcouru cet endroit en long, large, et travers.

Comme je le disais dans ma lettre, j'agis en dehors de mes affectations officielles. Mes moyens sont limités. Cependant, je crois pouvoir obtenir de nouveaux éléments. Cette affaire doit être résolue ! Ne serait-ce que pour que les parents aient des réponses. Amélia enjamba une branche sans sourciller. Cette aisance dénotait l'habitude des petits chemin de terre. Tout comme le corsaire noir qu'elle portait ce jour-là.

Une bifurcation. Une seconde.

Cette équipe dont vous parlez est-elle toujours active ? Voulez-vous m'aider ?

Head choisie une clairière. Une en particulier. Parce qu'elle connaissait le terrain. Certaine que personne ne viendrait les déranger ici. Une pierre couverte de mousse pour siège. Jambes moitiés nues accolées l'une contre l'autre. Le soleil frappa l'argent du collier pendu au cou, quand elle se pencha. Bijou sobre, élégant, familial. Le sac à main sur les genoux. Elle attrapa un dossier.
A vue de nez une bonne cinquantaine de pages. Résultat d'une prés-enquête solide.

Avez-vous des informations sur les enfants disparus ? Des dossiers ? En fait, toutes les informations que vous pourriez encore avoir. Clark ouvrit le document sur ses genoux. Les informations étaient classées de façon systématique. Témoins d'un esprit pragmatique. Head l'avait relu la veille au soir. Tout était encore frais. Les paroles de Withmore avaient fait tilt. Tenez, regardez. Un document officiel venant des archives de l'Institut Chinois. Une photo de Mrs Choi passa entre les pages tournées. La liste des véhicules du centre. De leur entrées et sorties sur une période d'un mois en 2012. Plusieurs lignes surlignées au stabilos. Il s'agit de VAP utilitaires. Ils sont prévus pour transporter des cargaisons de 2 tonnes. Assez spécieux pour transporter une vingtaine d'individus. Voir plus à taille d'enfant. J'ai cherché. Il n'avait aucun ordre de mission officiel à cette date-là. Ni aux deux autres dates. Pour deux véhicules. Aucune feuille de route. Ni de débit de carte de crédit reliés aux trajets. Amélia scruta un arbre droit devant elle. Leur itinéraire se perd vingt kilomètres après la sortie sud de Néo-Séoul. Personne n'échappe aux contrôles douaniers. A moins...
Head
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Dim 18 Juin 2017 - 13:57
Les apparences, voilà quelque chose que Charles connaissait bien. Elles étaient indispensables dans son domaine : on pouvait difficilement réussi à l'écran sans apprendre à les gérer. Il s'en servait comme d'un costume, une succession de masques qu'il affichait aussi bien à l'écran que dans la vie. Chuck Jones était son plus célèbre, et sa persona publique n'en était finalement qu'une déclinaison, c'était plus simple ainsi. Celui de Justice avait lui aussi atteint une certaine notoriété, surtout sur les arches américaines, mais ce n'était pas la gloire qu'il recherchait ainsi, plutôt le symbole que pouvait devenir Justice. Enfin, il y avait Charles Withmore, un masque derrière le masque. Au fond, il n'y avait que ses amis les plus proches pour s'approcher de la personne qu'il était vraiment, et seule sa sœur pouvait prétendre le connaître réellement. Sans doute plus que lui-même...

« C'est parfois plus pratique comme ça. Il est souvent plus facile de traiter avec les gens quand ils s'imaginent que nous sommes quelqu'un d'autre. »

Jouer la star lui avait ouvert bien des portes : la plupart des gens n'accordaient que peu d'importance à ce que pouvait penser ou apprendre un acteur comme lui. Après tout, il ne pouvait pas vraiment avoir le sens des réalités, n'est-ce pas ? Se faire sous-estimer était l'une des armes les plus efficaces de tout arsenal. Et une raison de plus qui lui permettait de conserver son anonymat sous les traits de Justice.

« Faith est en sécurité, c'est tout ce qui compte. » se contenta-t-il de répondre. Il n'aimait pas parler de sa fille avec ceux qui ne connaissaient pas la situation. En fait, il n'aimait pas en parler avec quiconque. Même avec Carmen. Malgré son soutien, il pouvait sentir à travers leur lien qu'elle n'était pas sûre qu'il avait fait le bon choix. C'était quelque chose qu'il ne pouvait tout simplement pas envisager. Car au moindre doute, tout risquait de s'arrêter. Et c'était tout bonnement impensable. Son cœur se serra, comme à chaque fois qu'il imaginait sa fille, endormie dans sa nouvelle chambre, quand lui était éveillé. C'était la condition pour qu'elle continue d'exister, pour qu'il puisse la garder près de lui, même s'ils étaient incapables d'interagir. Voilà cinq ans qu'il n'avait plus entendu son rire, qu'il n'avait pas vu l'éclat dans ses yeux lorsqu'elle les levait sur lui... Mais elle était en vie, c'était tout ce qui compte. Quoi que d'autres puissent en penser.

« Le Comité n'a jamais été très réactif. Les équipes d'intervention étaient censées changer ça, et nous avons fait une différence...pendant un temps. Ils ne se sont pas foulés, c'est certain. Les enquêteurs mandatés nous ont posés quelques questions, mais ils avaient déjà décidé qu'il n'y avait rien de plus à trouver. En ce qui les concernait, les responsables étaient morts, le complexe détruit... Affaire clasée. On a fait ce qu'on a pu, et deux des nôtres y ont laissé leur peau. »

Madison et Pietro, qui avaient rempilé avec eux pour cette dernière mission, sans la moindre hésitation. Deux amis qu'il avait rencontré à l'Institut, comme les autres, et à qui il aurait confié sa vie. Ils étaient morts pour sa fille, pour les autres enfants qu'ils avaient pu sauver. Après toutes les missions faites au nom du CSN, c'était celle-ci qui leur avait tout coûté. Et Charles s'en voulait chaque jour depuis ; s'il n'avait pas insisté, Madison et Pietro auraient pu continuer leur vie...

« L'équipe a été dissoute, depuis. Mais je suis toujours en contact avec les autres. Ma sœur, Carmen, et Arthur Saint-James sont venus avec moi à Édimbourg. Jin et Chun-Hei Park enseignent à l'Institut de NéoSéoul. Je peux vous mettre en contact, si vous le souhaitez. Mais le temps où nous allions combattre au nom du CSN est révolu. On a fait de notre mieux pour continuer notre vie.»


Charles se demandait ce que Amelia recherchait vraiment. Il ne voyait pas comment elle aurait pu le lier à Justice, par exemple, mais on n'était jamais trop prudent. Et il n'avait pas l'intention de se découvrir comme cela. Elle était rusée, et ne perdait pas de temps. Seulement, il n'avait rien pour valider qu'elle était bien ce qu'elle prétendait être. Mais si elle était effectivement déterminée à faire la lumière sur cette affaire...peut-être était-ce là une occasion à saisir.

« Je n'ai pas plus d'information sur les enfants que ce qui a été inscrit dans les dossiers d'enquête du CSN. Franchement, je n'en sais pas beaucoup plus. Le complexe a été détruit dans la lutte, et nous n'avons pas eu l'occasion d'obtenir des informations de ses occupants. Mais ils n'étaient pas indépendants comme le CSN veut le croire. Ils dépendaient de quelqu'un d'autre, de cela j'en suis certain. Je pense qu'ils se sont plantés quand ils se sont fait repérer, et ceux avec qui ils travaillaient ont décidé de leur faire porter le chapeau. Et personne ne s'est démené pour retrouver leur piste... »

Il jeta un œil intéressé aux informations que lui transmit Clark, et laissa échapper un petit sifflement appréciateur : « Vous devez avoir de sacrées ressources...ou de sacrés contacts, si vous avez réussi à mettre la main là-dessus. Bon, ce n'est pas grand chose en-soi, mais c'est une piste. Qu'est-ce qui vous fait penser que je pourrais vous aider, miss Clark ? Et, surtout, qu'est-ce qui vous a poussé à agir aussi officieusement ? Qu'est-ce que vous voulez vraiment ? »
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Lun 26 Juin 2017 - 17:21

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Encore un homme avec des masques. La société ne permettait-elle rien que la tricherie ?
Amélia se souvenait de la première fois où elle avait chaussé le costume de Mrs Powell. Une moindre comédie. A côté de la liberté que lui offrait ce pacte avec un diable. La liberté… Oui, quitter le Maryland. Éloigner le poids de la tristesse. Le deuil de Jack. Refaire une vie.
Conquérir New Victoria. A 20 ans, Clark aurait fait n’importe quoi pour y parvenir. N'importe quoi. Georges, jeune et ambitieux, avait eu des airs de Sauveur.

Head ne se souvenait pas avoir vu le visage de la petite fille dans les documents. Ni dans les médias. Anonyme, à l’inverse de son géniteur.
Une précaution que l’Américaine comprenait. Hollywood n’était que manipulations, violences, coups dans le dos. On y perdait son âme, sans s'en rendre compte. Les strasses cachaient la laideur. Mieux valait fuir loin de ses feux trop brûlants. Amélia l'avait rapidement compris. Elle contrôlait son image avec la force d'une stratège. D'autant plus depuis l'acte de divorce.

-C’est tout ce qui compte oui…

Oui Clark avait eu accès aux “témoignages” des membres cette équipe d’intervention. Après une longue recherche. Car ils avaient été détériorés. Trafiqués. Quelqu’un avait volontairement endommagé les fichiers sources. C'était illégal. L'acte d'une personne qui ne voulait pas être découverte.
Encore un point qui menait sur une piste criminelle.

Head avait envoyé Oracle à la chasse. Les archives du C.S.N. contiendraient peut-être des indices. S’il y avait le moindre élément à trouver, Lance’ le trouverait. Il était doué. Excellent. Amélia le considérait comme son égal au travail. Qu'importe les grades. La hiérarchie. Les promotions lui étaient utiles pour avoir la main mise sur plus de procédures. Sinon Oracle aurait fait un bon manager.
Ce qui n’avait rien à voir, avec le lien d’amitié qu’ils avaient développé. Ce qui se passait à l’extérieur, demeurait à l’extérieur. Amélia était très claire avec elle-même sur ce fait. Elle ne mêlait jamais le professionnel et l'intime. D'ailleurs, elle avait confié le dossier Lampeduza Ezio a une de ses collègues de bureau.

Apprendre la mort de deux hommes huerta la dame. Morts sur les mains de leurs dirigeants. Morts sans pardon. Des morts à venger. Une justice à rendre. Encore une autre. Il y en avait tant encore qui attendaient, que justice soit faite. Dont le cadet, Jack. Décédé pour protégé des civiles.
Alors que deux semaines auparavant, il évoquait ouvertement le Comité dans une affaire « louche ».

-Toutes mes condoléances pour ces pertes injustifiables.

Ils reprenaient. Calmes. Withmore ne prenait pas peur. Clark acquiesça silencieuse. Les noms cités par l’agent faisaient tilt. Une correspondance. L’équipe n’était plus intervenue sur le terrain depuis le drame. Amélia savait maintenant quelle en était la raison. Ils avaient joué la prudence. Mère de toute sûreté. Ils avaient probablement eu raison. Beaucoup d'organisations officieuses surveillaient le C.S.N.

-Je ne cherche pas des agents du C. S.N. Je cherche des agents efficaces. J’ai tout à fait conscience que le système est pourri de l'intérieur.

Les zones d’ombres dominaient.

-Peu d’individu ont suffisamment d’influence ou de pouvoir pour se dissimuler du Comité. Si ce que vous dites est vrai il nous faut d’autant plus retrouver leurs traces.

Des résistances. L’américaine pouvait sentir la méfiance de son interlocuteur.
Amélia scruta le visage de Charles.

-Je veux la vérité. La vérité pure. Cela fait des mois que je surveille Néo-Séoul. J'ai l'intuition que cette affaire est reliée à quelque-chose de plus grand. C'est mon travail de faire en sorte que les lois soient respectées et que cette société fonctionne correctement. Les victimes doivent avoir justice. Les coupables doivent payer pour leurs actes.

Head lui adressa un sourire. Sans réelle joie. Seule une franche et sincère détermination. Elle avait accepté un poste à Arkadia, précisément pour que les impunités des puissants cessent. Là était la promesse faite devant Mr Rose et sa sœur. Clark était une femme de parole et de fois. Elle était prête à faire le travail seule si nécessaire.

-Mr Withmore nous avons les mêmes adversaires. Je vous assure. Vous pouvez me faire confiance.

Aprés tout, l'intransigeance de "Clark" était connue au Comité. Head était une personne droite. Lorsqu'elle menait un combat c'était comme une louve.
Head
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