[CLOS] We're defined by our actions, not our words. [ Withmore ]

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Sam 3 Juin 2017 - 22:32
We're defined by our actions, not our words.







Suite à


Les bons jours convoyaient des flux de baladeurs dans les espaces verts de la cité. Des hordes. Natifs et touristes rassemblés par le ciel bleu. Une vie nouvelle se répandait. Une joie qui rendait les drames moins dramatiques. Les amoureux plus amoureux. Les têtus... aussi têtus. D'autant plus que le Salon de l'Innovation occupait toutes les ondes. Radio ou autre.
Ce qui se passait à l'autre bout de l'Archipel y restait. Lima endeuillée. Vacillement d'un monde inconscient.

L’allégresse épargnait certains. Âmes de fer et de fois. Incapables de jouir totalement de la légèreté. Tant qu'il y aurait des luttes.
Amélia Clark était de celles-là. Elle ne cessait pas de chercher. Plus loin. Encore et encore. Une frontière était faite pour être traversée. Un ordre pour être questionné. Un mystère pour être élucidé. Voilà le moteur. Dont le carburant pouvait coûter cher. Très cher.
Au dixième mois d'exercice au Comité de Supervision des Nations Head avait obtenu des victoires. Plus de 200 commerces illégaux avaient été visités et mis en examen. En parallèle, l'équipe montée avec la division Green, commençait à avoir des résultats probants. Le trafic illégal d'organes avait connu un sérieux coup au printemps. La circulation de l'héroïne connaissait ses propres déboire. Le dossier sur la Feuerbach prenait de l'ampleur. Des réussites. Mais, aux yeux de la presque quarantenaire, pas encore assez.

Esprit vif. Pragmatique. Clark avait très tôt profité des accès offerts par ses postes. Fouillant les archives. Allant voir entre les lignes. Tirer les fils. Issue et construite par le milieu commercial, elle en connaissait les détours, les dérives. Encore trop d'escrocs circulaient en liberté sur l'Archipel. Dont certains était dangereux.
Un fil rouge. Garance. Une sortie du lot, qui avait retenue son attention. Une ombre étrange. Opaque. Autour de transactions commerciales floues. A Néo-Séoul. Encore. Un pique révélé sur l'année 2012. Cinq ans. Pourtant, aucune enquête officielle n'avait été ouverte depuis. L’Institut gardait le silence. Pourquoi ?
Les éléments -éparses- ouvraient une piste. Une piste sinueuse et inquiétante. Des choses dangereuses avaient lieux sur cette arche. Impossible de savoir exactement quoi. A moins de trouver quelqu'un. Un indicateur. Quelqu'un qui veuille coopérer. Cela avait mis du temps. Mais enfin, un nom :

Charles Withmore. Je suis Amélia... Clark. Se présenta-t-elle en lui tendant une main nue. Il était peu probable qu'il se souvienne d'elle, à New-York, ou dans les bureaux du C.S.N. Head y était peu. Toujours en action sur le terrain.

L’interprète de Chuck Jones paraissait plus jeune qu'à l'écran. Grand. Bien habillé. Beauté plastique typiquement de l'époque. Un produit Hollywood. Avec du charme aussi, pour plaire au plus grand nombre. L'idole d'une génération d'enfants américains.
Clark avait amené ses nièces voir le dernier volet au cinéma. Qu'auraient-elles dit si elles avaient su ce que leur tante faisait en cet instant ? Des cris d'admiration résonnaient dans l'esprit de la brune. Head eu un fugace sourire. Un sourire qui s'effaça pour une expression intense. Celle d'une louve déterminée... à trouver sa proie.

Merci d'être venu. J'ai pris des précautions. Je crois que mon bureau au C.S.N. est sur écoute. Deux semaines qu'Head retardait le moment de demander de l'aide. Elle voulait les coincer. Marchons ?

Le cadre parfait pour une promenade d'agrément. Leurre, contre les espions, industriels ou de toute autre espèce. A force de déterrer les squelettes des grands PDGs, Amélia se faisait des ennemis. Gens aux dents longues et aux gros moyens.
L'Américaine choisie le petit bois. Rappel des forêts du Maryland. La floraison. L'odeur des pains chauffés par le soleil. Le bruits des feuilles chahutées par les animaux. Malgré la teneur du rendez-vous, un plaisir pour cette campagnarde.
Elle attendit qu'ils aient fait plusieurs mètres :

Que s'est-il passé là-bas ? Plus proche, pour qu'ils puissent chuchoter. Deux justiciers déguisés en civils.
Head
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Jeu 8 Juin 2017 - 13:00
La première chose que Charles Withmore avait remarquée sur le compte d’Édimbourg, c'était que la ville était calme. Elle n'était pas inactive pour autant, loin de là, mais après les tumultes de New York et NéoSéoul, le contraste était saisissant. On pouvait presque s'y entendre penser, lorsqu'on prenait le temps. Entre les bâtiments anciens, les parcs et les jardins, où déambulaient les passants. A priori, des passants sans histoires, menant une vie sans histoires, dans une ville sans histoires. Mais à Édimbourg comme ailleurs, c'était rarement le cas. Il suffisait de creuser un peu sous le verni pour déceler d'innombrables imperfections, l'eau bouillante qui s'agitait sous la casserole et menaçait de révéler ce qui s'y cachait, faisant sauter le couvercle. Il y avait ceux qui pesaient dessus de toutes leurs forces, qui refusaient de voir la vérité jaillir, et ceux qui entretenaient le feu, décidés à voir l'explosion tout ravager sur son passage. Et entre deux, il y avait ceux qui s'efforçaient de limiter les dégâts.

Il se demandait encore dans quelle catégorie classer la femme qui avait demandé qu'ils se rencontrent aujourd'hui. Après avoir reçu son courrier, il avait longuement réfléchi, pesant le pour et le contre. Était-ce vraiment judicieux d'accepter à sa requête ? S'agissait-il d'une ruse, d'un piège ? Il ne voyait pas en quoi quelqu'un chercherait à s'en prendre à lui dans cette optique, mais on n'était jamais trop prudent. Quand on faisait ce qu'il faisait, on apprenait rapidement à ne pas accorder sa confiance facilement, et la méfiance devenait une seconde nature. Mais les mots l'avaient intrigué, sa curiosité suffisamment piquée pour qu'il prenne le risque. Et puis il en avait parlé avec Carmen, bien sûr ; sa sœur était arrivée à la même conclusion. Charles pouvait la sentir dans sa tête tandis qu'il parcourait les rues de la ville, cette même présence familière qu'il avait connue tout au long de sa vie. Avec elle, il n'était jamais vraiment seul, mais cela ne le dérangeait pas. Il aurait été incapable de lui cacher quoi que ce soit même s'il l'aurait pu : cette seule idée lui paraissait inconcevable.

« Si, c'est lui, je te jure ! Chuck Jones! Monsieur Withmore ? »

Un jeune garçon s'approcha, suivi d'une femme qui devait être sa mère. Il se tortillait d'un pied sur l'autre, la timidité se disputant à l'exaltation. Il avait reconnu son idole ; Charles n'avait pas fait d'effort particulier pour dissimuler son apparence. Il portait une chemise claire à manches courtes, des jeans légèrement usé, et une paire de lunettes de soleil qui quittait rarement son nez, élément indispensable de sa persona publique. Il accueillit le gamin avec un grand sourire, mettant un genou à terre pour se mettre à sa hauteur.

« C'est bien moi, p'tit gars! »

« Waouw ! Juste... Waouw ! »

« Content de te rencontrer ! Qu'est-ce que tu dirais d'une photo...comment tu t'appelles ?»

« Tim ! C'est vrai ? »

« Bien sûr, Tim ! »

Il fit signe à la mère, tandis qu'il passait son bras sur les épaules du gosse, affichant son célèbre sourire de circonstances. La femme sortit son téléphone, immortalisant l'instant, et voilà qu'il serrait vigoureusement la main du jeune : « Ça a été un plaisir, p'tit gars ! » Puis il les laissa là, après une dernière volée de salutations, et un clin d’œil adressé à la femme sous ses lunettes brièvement relevées. Puis il reprit sa route. Tandis qu'il se rapprochait du lieu de rendez-vous, il changea subtilement son comportement, de manière presque imperceptible, mais pourtant efficace. Il s'agissait d'une subtile manifestation de sa cognition, où il utilisait son pouvoir afin de s'imaginer moins réel, afin que les gens paient moins attention à lui. Repérant la femme qu'il attendait, il se dirigea droit vers elle, mais d'un pas tranquille, comme s'il allait à la rencontre d'une amie.

« Miss Clark. Je me souviens de vous. » Charles avait bonne mémoire, et il oubliait rarement les visages. « J'oublie rarement une belle femme. » Puis, se reprenant avec un sourire : « Pardon. Il est parfois difficile de se séparer du masque. »

L'acteur se calqua sur les pas d'Amelia ; décontracté d'apparence, il restait attentif à leur entourage. Ainsi, elle travaillait pour le CSN, à présent. Et ce qui l'avait poussée à le contacter n'avait rien d'officiel, voilà qui était d'autant plus intéressant...et potentiellement dangereux. Bien. Charles Withmore n'avait pas peur du danger. Si Clark était sincère et désirait vraiment aller au fond des choses, peut-être pourrait-elle devenir une alliée utile pour sa croisade.

« Directe. Plus que la plupart de vos collègues. » Les yeux dissimulés derrière ses lunettes, il observait attentivement les réactions de la brune. « Ce qui s'est passé, c'est que c'était un beau merdier, pardonnez mon français. Mes collègues et moi avions accepté de reformer notre équipe d'intervention pour le compte du CSN. Nous avions fait nos tours, mais une...situation nécessitait notre aide. Des gosses avaient disparu, tous des prodiges. Ma fille. Nous avons retrouvés ceux que nous avons pu, les autres... Des amis sont morts pour la mission. Le complexe a été détruit. Affaire classée. Du moins officiellement. Le CSN n'a jamais jugé bon de continuer l'investigation. Jusqu'à vous. »
Justice
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Sam 10 Juin 2017 - 10:46
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Se souvenir d'Amélia Powell. Ce mirage des années 2000.
Manhattan et sa folie furieuse. Head se souvenait de ces soirées dans le monde de l'artifice. Les nuits blanches dans les restaurants. De Georges et de ses amis braillards. De toute cette hyperactivité. Clark n'avait plus jamais été aussi productive que lors ces premières années de mariage. La fusion des entreprises. Les séminaires. Les parutions. Quel enivrement. A y repenser une tout autre vie. Son écho hantait encore parfois les aurores.

Très bien... Un point d'égalité.

Un sourire amusé, voir un rien taquin, répondit à l'excuse du comédien. La flatterie était l'arme -favorite- des flagorneurs. Plaire était dans les instincts de l'homme. De l'Homme aussi. La séduction assurait une survie.
L'Américaine laissait faire plutôt indifférente aux compliments préfabriqués. La convenance était un outil. Honnête, Amélia se savait attrayante. Désirable. Pour une partie de ses adversaires. Elle savait, elle aussi tailler ses mots, pour charmer une cible.
De fins négociateurs en avaient perdu leur latin et leur argent.

Difficile ? Impossible, non ?


Merci. Les agents étaient le plus souvent Écossais. Ils imitaient leurs cousins britanniques à l’excès. Le flegme anglais était le fléau de toute bureaucratie.

Clark, venue d'une Arche plus vive, investie, fougueuse, était considérée comme brute et tyrannique. Ses méthodes managériales étaient d'une équité indiscutable. Ils discutaient. Jugeaient. Mais, elle était à la tête.
Et le bureau de la surveillance pour l’application des décrets et loi commerciales internationales enregistrait d’excellent résultat ce trimestre. Les commissions exécutives avaient quasiment triplées.

Brindilles craquant sous les pieds.
La brune écouta jusqu'à la fin. Hochant parfois du chef, quand une information allait dans le sens de ses propres données. Un compte rendu sans grande précision. Le floue demeurait.

Quant est-il pour votre fille ? En pleine procédure d'adoption, Amélia était ultra-sensible sur le sujet.

Le Comité aurait dû intervenir. Lucide, Head avait rapidement déchanté. L'idéal du C. S.N. ne résistait pas aux complexités du monde. Corrompu à la racine. Comme tout le reste. L'inaction est une faute grave. Une voix de tonnerre silencieux condamna ensuite : D'autant plus, lorsqu'on est sensé donné un exemple de vertu. Mots empruntés à un jeune soldat nommé Jack Clark. Mort, sous le casque du C.S.N., dix ans plus tôt. Un homme bon. Le frère chéri.

Clark suivait un sentier étroit. Joggeuse devant l'éternel elle avait déjà parcouru cet endroit en long, large, et travers.

Comme je le disais dans ma lettre, j'agis en dehors de mes affectations officielles. Mes moyens sont limités. Cependant, je crois pouvoir obtenir de nouveaux éléments. Cette affaire doit être résolue ! Ne serait-ce que pour que les parents aient des réponses. Amélia enjamba une branche sans sourciller. Cette aisance dénotait l'habitude des petits chemin de terre. Tout comme le corsaire noir qu'elle portait ce jour-là.

Une bifurcation. Une seconde.

Cette équipe dont vous parlez est-elle toujours active ? Voulez-vous m'aider ?

Head choisie une clairière. Une en particulier. Parce qu'elle connaissait le terrain. Certaine que personne ne viendrait les déranger ici. Une pierre couverte de mousse pour siège. Jambes moitiés nues accolées l'une contre l'autre. Le soleil frappa l'argent du collier pendu au cou, quand elle se pencha. Bijou sobre, élégant, familial. Le sac à main sur les genoux. Elle attrapa un dossier.
A vue de nez une bonne cinquantaine de pages. Résultat d'une prés-enquête solide.

Avez-vous des informations sur les enfants disparus ? Des dossiers ? En fait, toutes les informations que vous pourriez encore avoir. Clark ouvrit le document sur ses genoux. Les informations étaient classées de façon systématique. Témoins d'un esprit pragmatique. Head l'avait relu la veille au soir. Tout était encore frais. Les paroles de Withmore avaient fait tilt. Tenez, regardez. Un document officiel venant des archives de l'Institut Chinois. Une photo de Mrs Choi passa entre les pages tournées. La liste des véhicules du centre. De leur entrées et sorties sur une période d'un mois en 2012. Plusieurs lignes surlignées au stabilos. Il s'agit de VAP utilitaires. Ils sont prévus pour transporter des cargaisons de 2 tonnes. Assez spécieux pour transporter une vingtaine d'individus. Voir plus à taille d'enfant. J'ai cherché. Il n'avait aucun ordre de mission officiel à cette date-là. Ni aux deux autres dates. Pour deux véhicules. Aucune feuille de route. Ni de débit de carte de crédit reliés aux trajets. Amélia scruta un arbre droit devant elle. Leur itinéraire se perd vingt kilomètres après la sortie sud de Néo-Séoul. Personne n'échappe aux contrôles douaniers. A moins...
Head
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Dim 18 Juin 2017 - 13:57
Les apparences, voilà quelque chose que Charles connaissait bien. Elles étaient indispensables dans son domaine : on pouvait difficilement réussi à l'écran sans apprendre à les gérer. Il s'en servait comme d'un costume, une succession de masques qu'il affichait aussi bien à l'écran que dans la vie. Chuck Jones était son plus célèbre, et sa persona publique n'en était finalement qu'une déclinaison, c'était plus simple ainsi. Celui de Justice avait lui aussi atteint une certaine notoriété, surtout sur les arches américaines, mais ce n'était pas la gloire qu'il recherchait ainsi, plutôt le symbole que pouvait devenir Justice. Enfin, il y avait Charles Withmore, un masque derrière le masque. Au fond, il n'y avait que ses amis les plus proches pour s'approcher de la personne qu'il était vraiment, et seule sa sœur pouvait prétendre le connaître réellement. Sans doute plus que lui-même...

« C'est parfois plus pratique comme ça. Il est souvent plus facile de traiter avec les gens quand ils s'imaginent que nous sommes quelqu'un d'autre. »

Jouer la star lui avait ouvert bien des portes : la plupart des gens n'accordaient que peu d'importance à ce que pouvait penser ou apprendre un acteur comme lui. Après tout, il ne pouvait pas vraiment avoir le sens des réalités, n'est-ce pas ? Se faire sous-estimer était l'une des armes les plus efficaces de tout arsenal. Et une raison de plus qui lui permettait de conserver son anonymat sous les traits de Justice.

« Faith est en sécurité, c'est tout ce qui compte. » se contenta-t-il de répondre. Il n'aimait pas parler de sa fille avec ceux qui ne connaissaient pas la situation. En fait, il n'aimait pas en parler avec quiconque. Même avec Carmen. Malgré son soutien, il pouvait sentir à travers leur lien qu'elle n'était pas sûre qu'il avait fait le bon choix. C'était quelque chose qu'il ne pouvait tout simplement pas envisager. Car au moindre doute, tout risquait de s'arrêter. Et c'était tout bonnement impensable. Son cœur se serra, comme à chaque fois qu'il imaginait sa fille, endormie dans sa nouvelle chambre, quand lui était éveillé. C'était la condition pour qu'elle continue d'exister, pour qu'il puisse la garder près de lui, même s'ils étaient incapables d'interagir. Voilà cinq ans qu'il n'avait plus entendu son rire, qu'il n'avait pas vu l'éclat dans ses yeux lorsqu'elle les levait sur lui... Mais elle était en vie, c'était tout ce qui compte. Quoi que d'autres puissent en penser.

« Le Comité n'a jamais été très réactif. Les équipes d'intervention étaient censées changer ça, et nous avons fait une différence...pendant un temps. Ils ne se sont pas foulés, c'est certain. Les enquêteurs mandatés nous ont posés quelques questions, mais ils avaient déjà décidé qu'il n'y avait rien de plus à trouver. En ce qui les concernait, les responsables étaient morts, le complexe détruit... Affaire clasée. On a fait ce qu'on a pu, et deux des nôtres y ont laissé leur peau. »

Madison et Pietro, qui avaient rempilé avec eux pour cette dernière mission, sans la moindre hésitation. Deux amis qu'il avait rencontré à l'Institut, comme les autres, et à qui il aurait confié sa vie. Ils étaient morts pour sa fille, pour les autres enfants qu'ils avaient pu sauver. Après toutes les missions faites au nom du CSN, c'était celle-ci qui leur avait tout coûté. Et Charles s'en voulait chaque jour depuis ; s'il n'avait pas insisté, Madison et Pietro auraient pu continuer leur vie...

« L'équipe a été dissoute, depuis. Mais je suis toujours en contact avec les autres. Ma sœur, Carmen, et Arthur Saint-James sont venus avec moi à Édimbourg. Jin et Chun-Hei Park enseignent à l'Institut de NéoSéoul. Je peux vous mettre en contact, si vous le souhaitez. Mais le temps où nous allions combattre au nom du CSN est révolu. On a fait de notre mieux pour continuer notre vie.»


Charles se demandait ce que Amelia recherchait vraiment. Il ne voyait pas comment elle aurait pu le lier à Justice, par exemple, mais on n'était jamais trop prudent. Et il n'avait pas l'intention de se découvrir comme cela. Elle était rusée, et ne perdait pas de temps. Seulement, il n'avait rien pour valider qu'elle était bien ce qu'elle prétendait être. Mais si elle était effectivement déterminée à faire la lumière sur cette affaire...peut-être était-ce là une occasion à saisir.

« Je n'ai pas plus d'information sur les enfants que ce qui a été inscrit dans les dossiers d'enquête du CSN. Franchement, je n'en sais pas beaucoup plus. Le complexe a été détruit dans la lutte, et nous n'avons pas eu l'occasion d'obtenir des informations de ses occupants. Mais ils n'étaient pas indépendants comme le CSN veut le croire. Ils dépendaient de quelqu'un d'autre, de cela j'en suis certain. Je pense qu'ils se sont plantés quand ils se sont fait repérer, et ceux avec qui ils travaillaient ont décidé de leur faire porter le chapeau. Et personne ne s'est démené pour retrouver leur piste... »

Il jeta un œil intéressé aux informations que lui transmit Clark, et laissa échapper un petit sifflement appréciateur : « Vous devez avoir de sacrées ressources...ou de sacrés contacts, si vous avez réussi à mettre la main là-dessus. Bon, ce n'est pas grand chose en-soi, mais c'est une piste. Qu'est-ce qui vous fait penser que je pourrais vous aider, miss Clark ? Et, surtout, qu'est-ce qui vous a poussé à agir aussi officieusement ? Qu'est-ce que vous voulez vraiment ? »
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Lun 26 Juin 2017 - 17:21

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Encore un homme avec des masques. La société ne permettait-elle rien que la tricherie ?
Amélia se souvenait de la première fois où elle avait chaussé le costume de Mrs Powell. Une moindre comédie. A côté de la liberté que lui offrait ce pacte avec un diable. La liberté… Oui, quitter le Maryland. Éloigner le poids de la tristesse. Le deuil de Jack. Refaire une vie.
Conquérir New Victoria. A 20 ans, Clark aurait fait n’importe quoi pour y parvenir. N'importe quoi. Georges, jeune et ambitieux, avait eu des airs de Sauveur.

Head ne se souvenait pas avoir vu le visage de la petite fille dans les documents. Ni dans les médias. Anonyme, à l’inverse de son géniteur.
Une précaution que l’Américaine comprenait. Hollywood n’était que manipulations, violences, coups dans le dos. On y perdait son âme, sans s'en rendre compte. Les strasses cachaient la laideur. Mieux valait fuir loin de ses feux trop brûlants. Amélia l'avait rapidement compris. Elle contrôlait son image avec la force d'une stratège. D'autant plus depuis l'acte de divorce.

-C’est tout ce qui compte oui…

Oui Clark avait eu accès aux “témoignages” des membres cette équipe d’intervention. Après une longue recherche. Car ils avaient été détériorés. Trafiqués. Quelqu’un avait volontairement endommagé les fichiers sources. C'était illégal. L'acte d'une personne qui ne voulait pas être découverte.
Encore un point qui menait sur une piste criminelle.

Head avait envoyé Oracle à la chasse. Les archives du C.S.N. contiendraient peut-être des indices. S’il y avait le moindre élément à trouver, Lance’ le trouverait. Il était doué. Excellent. Amélia le considérait comme son égal au travail. Qu'importe les grades. La hiérarchie. Les promotions lui étaient utiles pour avoir la main mise sur plus de procédures. Sinon Oracle aurait fait un bon manager.
Ce qui n’avait rien à voir, avec le lien d’amitié qu’ils avaient développé. Ce qui se passait à l’extérieur, demeurait à l’extérieur. Amélia était très claire avec elle-même sur ce fait. Elle ne mêlait jamais le professionnel et l'intime. D'ailleurs, elle avait confié le dossier Lampeduza Ezio a une de ses collègues de bureau.

Apprendre la mort de deux hommes huerta la dame. Morts sur les mains de leurs dirigeants. Morts sans pardon. Des morts à venger. Une justice à rendre. Encore une autre. Il y en avait tant encore qui attendaient, que justice soit faite. Dont le cadet, Jack. Décédé pour protégé des civiles.
Alors que deux semaines auparavant, il évoquait ouvertement le Comité dans une affaire « louche ».

-Toutes mes condoléances pour ces pertes injustifiables.

Ils reprenaient. Calmes. Withmore ne prenait pas peur. Clark acquiesça silencieuse. Les noms cités par l’agent faisaient tilt. Une correspondance. L’équipe n’était plus intervenue sur le terrain depuis le drame. Amélia savait maintenant quelle en était la raison. Ils avaient joué la prudence. Mère de toute sûreté. Ils avaient probablement eu raison. Beaucoup d'organisations officieuses surveillaient le C.S.N.

-Je ne cherche pas des agents du C. S.N. Je cherche des agents efficaces. J’ai tout à fait conscience que le système est pourri de l'intérieur.

Les zones d’ombres dominaient.

-Peu d’individu ont suffisamment d’influence ou de pouvoir pour se dissimuler du Comité. Si ce que vous dites est vrai il nous faut d’autant plus retrouver leurs traces.

Des résistances. L’américaine pouvait sentir la méfiance de son interlocuteur.
Amélia scruta le visage de Charles.

-Je veux la vérité. La vérité pure. Cela fait des mois que je surveille Néo-Séoul. J'ai l'intuition que cette affaire est reliée à quelque-chose de plus grand. C'est mon travail de faire en sorte que les lois soient respectées et que cette société fonctionne correctement. Les victimes doivent avoir justice. Les coupables doivent payer pour leurs actes.

Head lui adressa un sourire. Sans réelle joie. Seule une franche et sincère détermination. Elle avait accepté un poste à Arkadia, précisément pour que les impunités des puissants cessent. Là était la promesse faite devant Mr Rose et sa sœur. Clark était une femme de parole et de fois. Elle était prête à faire le travail seule si nécessaire.

-Mr Withmore nous avons les mêmes adversaires. Je vous assure. Vous pouvez me faire confiance.

Aprés tout, l'intransigeance de "Clark" était connue au Comité. Head était une personne droite. Lorsqu'elle menait un combat c'était comme une louve.
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Mer 5 Juil 2017 - 20:21
« Elle est tout ce qui compte, surtout. Tout ce que je fais... d'une certaine manière, c'est pour elle. Pour éviter que d'autres parents, d'autres enfants subissent un tel traumatisme. Faith en est ressortie changée, mais qui ne le ferait pas ?»

S'il était reconnaissant à son interlocutrice de ne pas avoir insisté sur la question, peut-être était-ce qui le poussait à se livrer un peu plus concernant sa fille. Pour le reste du monde, les spectateurs, elle était l'un des enfants qui avait pu être sauvé, et son père la gardait farouchement loin des projecteurs depuis. Pour son cercle intime, Faith une énigme qu'il n'était pas sûr de vouloir résoudre un jour. En ce qui le concernait, elle existait, elle était aussi réelle que l'amour qu'il éprouvait pour elle depuis sa naissance. Il ne pouvait pas lui parler, mais il pouvait lui caresser doucement les cheveux quand elle dormait. Il pouvait entendre sa respiration, voir l'expression décidée de son visage qu'elle affichait même assoupie. Tout cela lui suffisait. Ce n'était pas idéal, bon dieu non, mais c'était mieux que l'alternative. Quoi que puissent en dire les rares personnes qui en savaient plus. Ils avaient appris à ne pas trop insister sur le sujet, Carmen la première. C'était devenu le seul pan de leur vie ou sa sœur et lui fermaient leur esprit l'un à l'autre. Mais quoi qu'elle en pense, la tante de Faith veillait sur elle les quelques heures quotidiennes où elle ouvrait les yeux, quand son père succombait enfin au sommeil.

« Vous avez des enfants ? » demanda-t-il, la scrutant de son regard clair par-dessus ses lunettes de soleil. La question lui paraissait être de circonstance, elle pourrait peut-être éclairer pourquoi cette femme s'attaquait à l'affaire avec autant de hargne. Pour Charles, tout cela était tellement personnel qu'il lui arrivait d'oublier que ce n'était pas nécessaire ; que l'on pouvait avoir envie d'en avoir le cœur net simplement parce que c'était la bonne chose à faire. La chose juste.

« Merci. Madison et Pietro étaient de vieux amis ; tout notre groupe s'est connu lors de nos études à l'Institut, ce qui a poussé le CSN à nous recruter ensemble. Cela ressemblera sans doute trop à ce que je pourrais dire dans mes films, mais...ils sont morts en héros. Ils ont aidé à sauver les gosses qu'on a pu ramener, à sauver Faith... Tout ça, c'est aussi pour eux. » Puis, parce qu'il y avait quelque chose dans la manière dont elle avait présenté ses condoléances, ou dans son regard, il s'enquit d'une voix douce qui ressemblait plus à une constatation qu'à une question : « Vous avez perdu quelqu'un vous aussi, je me trompe ? Je suis désolé. »

Ce n'étaient que des mots, et ils ne se connaissaient pas tant que ça, mais venant d'une personne qui avait traversé une épreuve semblable, ils pouvaient dire beaucoup. Déjà, ils indiquaient qu'on comprenait. Il fit quelques pas dans le jardin, accompagnant Amelia. Il profitait de la relative anonymité de leur conversation. Personne ne l'avait encore reconnu, en partie parce qu'il avait appris à se donner une attitude qui lui permettait de passer plus inaperçu que ses personnages à l'écran, et en partie parce qu'il s'aidait discrètement de ses pouvoirs. Une légère influence sur la réalité, qui suffirait à détourner l'attention des esprits dépourvus de talents particuliers. Non, ce n'est pas Chuck Jones que vous avez vu, juste quelqu'un qui lui ressemble un peu, vous avez cru voir, c'est tout...

« Je ne suis plus un agent, du CSN ou d'autre chose. » dit-il d'un ton neutre. Il continuait de se demander ce qu'elle pouvait réellement savoir, et quelles pouvaient bien être ses intentions en l'ayant contacté. Mais cela avait du sens : si elle s'était heurtée à des non-dits et à des mensonges officiels au sein de sa hiérarchie au CSN, s'intéresser aux intervenants les plus directs de cette fameuse mission était un bon moyen de continuer son enquête. Et quand trois d'entre eux venaient de s'installer à Édimbourg, l'occasion était trop belle.

« Comme toujours, la question qui reste, c'est : qui ? Qui pourrait soit berner ainsi le CSN, soit le manipuler ? Ce qui mène au : pourquoi ? Peut-être faut-il prendre la question sous cet angle. Qu'est-ce que qui que ce soit aurait à gagner en bazardant ainsi son opération de kidnapping de prodiges ? Aucun prisonnier, les derniers enfoirés ayant préféré sauter avec leur complexe. Comme si ça arrangeait bien quelqu'un d'autre de s'assurer qu'on leur fasse porter le chapeau, sans qu'il n'y ait plus personne à qui poser des questions ensuite. D'autant que le CSN a bien assez de lions à fouetter en permanence pour creuser une affaire aussi bien réglée... »

Jusqu'ici, Withmore et son équipe n'avaient pas réussi à assembler les autres pièces du puzzle. Notamment parce qu'ils faisaient de leur mieux pour vivre leur vie après le CSN, pour mieux sauvegarder les apparences. Aucun d'eux n'avait encore de réelle entrée au Comité, alors obtenir l'aide de quelqu'un de l'intérieur... Quand ça paraissait trop beau pour être vrai, ce n'était pas toujours un piège ; parfois, on avait simplement perdu l'habitude de profiter d'un coup de chance. Son instinct lui disait qu'il pouvait faire confiance à Clark ; pour en être sûr, il faudrait quand même qu'ils s'arrangent pour que Carmen soit dans les parages lors d'une prochaine rencontre, afin de confirmer tout ça avec une bonne vieille sonde mentale...

« NéoSéoul n'est probablement pas impliquée. La directrice cherche des réponses autant que nous ; elle était en poste quand j'étais élève, elle a supervisé la mise en place des équipes d'intervention, et nous avons gardé bon contact. Elle se montre plus prudent dans ses rapports avec le CSN, depuis cette affaire. Vous pouvez la considérer comme une alliée. » Ce qui revenait à dire qu'il s'impliquait, à peu de chose près. Il sourit en le constatant ; les vieilles habitudes avaient la vie dure, mais s'il y avait vraiment un moyen d'en savoir enfin plus, après tout ce temps... Parfois, tout ce qu'il manquait, c'était un point de vue extérieur, un regard neuf. « Quelque chose me dit que vous ne mentez pas. Et vous avez de toute façon raison sur un point : s'il existe vraiment de plus gros poissons derrière tout ça, il ne faut pas qu'ils s'en tirent impunément. Admettons que mon équipe et moi soyons prêts à vous aider... Qu'est-ce que ça impliquerait exactement, selon vous ? »
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Mer 12 Juil 2017 - 1:10
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Head percevait la souffrance cachée du père. Sans doute, sa propre histoire l'y rendait plus sensible. Réceptive. Comme un miroir.
Que n'aurait-elle pas donné, à la Terre, ou à n'importe quel dieu, pour assurer la survie d'un de ses enfants ? Elle aurait tué. Elle se serait mille fois damnée. Si cela avait pu sauver l'un de ses bébés. Pourtant, cette peine peu la connaissait. Personne ne la partageait. Car le père. Non, le géniteur, avait tôt fait d'oublier... dans les bras d'une Australienne à la peau d'ambre.

- Le temps et votre amour l'aideront à avancer avec ce traumatisme.

La question retournée avec naturelle raviva une plaie impossible à guérir. Jamais. Amélia avait bien failli mourir de tristesse. Surtout à la dernière tentative.
Elle essayait de ne pas vivre dans le fantasme. Pourtant, elle pouvait dire que son premier enfant, un garçon, aurait bientôt fêté ses 16 ans. Il aurait eu l'âge d'éprouver ses premiers émois. D'avoir les aspirations d'un prince du monde. Le second aurait déjà 14 ans et l'envie de se rebeller contre sa mère. La dernière dix ans et des rêves pleins la tête. Souvent, Amélia rêvait de disparaître dans un monde chimérique. Où il n'y aurait eu ni coups du mari. Ni perte des enfants. Mais, le dragon, en elle soufflait sur les braises et la rendait forte.

- Non. Malheureusement. Amélia força un sourire à sa bouche. Mais ça n'a aucun impacte sur ma volonté de résoudre ce mystère. Croyez-le bien.

La nouvelle pertinence du comédien alluma une lueur dans le regard de la Clark. Elle le considéra. Lui sa douceur et son sourire. Elle se faisait l'impression qu'ils partageaient tous les deux plus que prévu. Comme deux compagnons qui auraient connu les mêmes guerres.
Le sourire de Jack s'imposa de plus belle. Lui le petit dernier. L'adoré. Le chéri. Beau. Parce que parti trop tôt. Pleuré à torrents.

- Un frère... « Mon » frère, pensait-elle. Jack était son préféré. Comme elle avait été sa sœur. Pas un jour. Un. Sans qu'elle ne pense à lui d'une façon ou d'une autre. Il était le guide. Le garde-fou de sa mémoire. Vous me le rappelez un peu.

Clark se tue. Elle écouta l'ancien agent.
Le raisonnement de Charles était sensé. Il n'y avait pas crédit à le contredire.

- Oui et c'est pour ça que j'ai d'abord pensé que le coupable était un membre du Comité. Quelqu'un qui aurait des intérêts divergents et qui se serait arrangé pour que cette affaire éclabousse suffisamment pour forcer à abandonner.

Au moins Withmore donnait des réponses. Certes pas celles qu'Head espérait. Mais des réponses. Un nouveau fil à tirer et à suivre.

-Reprendre les recherches. Faire une véritable enquête. Amasser assez de preuves pour mettre le C.S.N. face à ses obligations. Que tous les moyens soient rassemblés pour faire la lumière. Quitte à saisir la cour de Justice Inter-Arches. Amélia n'avait pas obtenu sa réputation par excès.

Savoir si Mesa Corporation avait un lien avec ces enlèvements, était sa priorité. Le coursier des Ombres était encore en liberté.
En vingt ans d'exercices dans la sphère commerciale mondiale, beaucoup avaient -déjà- souffert de l’intransigeance professionnelles de Clark. Elle était une Faucheuse pour les menteurs, les profiteurs et les tricheurs. Ils étaient son pain quotidien.

-De plus, le contexte politique devrait nous faciliter les choses. Du moins quand nous opérerons à Édimbourg. L'élection -sans partage- d'un lord écossais, bourré de principes, changeait la donne.

Disant cela, la belle se releva. Head avança de six mètres vers le sud. Un arbuste chargé de mûres sauvages. Leur couleur sombre était belle. Aussi les fruits furent glanés avant d'être partagés. Tenant la paume ouverte, devant le Justicier caché, Amélia sourit.
L'heure pouvait être grave. Sans pour autant gâter les présents de Mère Nature.
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Ven 21 Juil 2017 - 13:15
L'amour pour sa fille, Charles en a à revendre. C'est ce qui lui permet d'avancer, ce qui lui donne un but clair : c'est pour elle qu'il fait tout ça. Pour elle, et pour tous les enfants qu'il n'avait pas pu sauvés, pour qu'aucun parent n'ait à revivre une telle épreuve. La pire de toutes. Il avait souvent entendu dire que les parents n'étaient pas faits pour survivre à leurs enfants, et il comprenait plus que jamais à quel point c'était vrai. Il était incapable d'imaginer sa vie sans Mei, et c'était ce qui lui permettait de continuer à exister. Ce qui leur permettait d'exister tous les deux. S'il devait arriver quelque chose à l'enfant... Il ne savait pas comment il réagirait. Mal, ça au moins c'était certain. Elle était le centre de son univers, et elle influençait chacun de ses actes, il ne se passait pas un seul instant sans qu'il ne pense à elle dans un coin de son esprit. Il n'y avait que dans son sommeil que sa conscience dérivait. Et plus il dormait, plus il avait l'impression que Mei risquait de lui échapper pour de bon. Quand il était éveillé, ils ne pouvaient pas interagir, mais il était au moins sûr qu'elle allait continuer d'être aussi réelle qu'il l'imaginait. Qu'il en avait besoin. Alors s'il avait l'amour, c'était bien le temps qui lui faisait peur ; peur de voir sa fille lui échapper au fil des jours...

« Elle ne se souvient de pas grand chose. Il paraît que les enfants ont naturellement tendance à surmonter ce genre de traumatisme, pour peu qu'ils soient bien entourés. »


Il sentit qu'Amélia avait très brièvement hésité sur la question des enfants, et le sourire qu'elle affichait lui semblait plus douloureux que sincère. Si elle n'était pas mère, nul doute que le sujet la tourmentait. Il ne chercha cependant pas à en savoir plus ; sil elle avait jugé bon de se livrer sur le sujet, elle l'aurait fait. Et sa résolution paraissait d'autant plus féroce.

« Je vous crois. Il est agréable de rencontrer quelqu'un décidé à faire ce qui est juste, quoi qu'il arrive. Car vous vous rendez compte des conséquences, n'est-ce pas ? Le CSN -ou ceux qui le manipulent- n'hésiteront pas à s'en prendre à ceux qui se mettent en travers de leur route. Pour eux, nous ne sommes que des rouages dans une machine qui nous dépasse. »

Voilà pourquoi il se montrait aussi discret que possible quant à ses activités vigilantes. En tant que Charles Withmore, l'acteur comme l'ancien membre d'une équipe d'intervention du CSN, il gardait avec ce dernier des rapports lointains mais amiables. Et il faisait en sorte de passer pour la dernière personne qu'on aurait imaginé se couvrir d'un masque pour aller combattre le crime dans la rue. Il faisait plus attention encore concernant l'enquête qu'il menait avec ses coéquipiers pour découvrir ce qui s'était réellement passé il y a cinq ans. Une enquête qui, il devait bien l'avouer, se trouvait au point mort. Peut-être bien que Clark était celle qui allait lui permettre d'avancer enfin sur la question ; il ne croyait pas vraiment au destin, mais là...

« Je suis désolé, pour votre frère. Qu'est-ce...qu'est-ce qui lui est arrivé ? » Il posait la question parce que la réponse lui permettrait sans doute de mieux comprendre son interlocutrice. De savoir d'où elle venait. Puis, avec un sourire sincère: « J'espère que la ressemblance est bonne. »

Revenant à leur investigation commune, il devait bien admettre qu'elle soulevait des points intrigants. Il s'était posé les mêmes questions, bien sûr, mais le point de vue d'une personne interne au Comité était le bienvenue. Cela apportait une nouvelle perspective, et il espérait faire de même pour elle ; tous deux semblaient en avoir bien besoin, s'ils voulaient avoir une chance d'avancer. L'idée d'unir leurs forces lui paraissait de plus en plus séduisante.

« Tous des buts louables. Et franchement, si je peux vous aider à les réaliser, d'une manière ou d'une autre, je le ferai. Même si je ne suis pas sûr de ce que je pourrai faire exactement. Je n'ai plus accès à l'interne du CSN, du moins pas officiellement. Je peux toujours faire jouer mes contacts du domaine des équipes d'intervention, mais je ne suis pas sûr de pouvoir m'y fier à cent pour cent... Est-ce qu'il y a des collègues en qui vous avez une confiance totale ? »

L'ennui, avec de telles machinations, c'est qu'on ne savait jamais vraiment quand on allait tomber sur la mauvaise personne. S'il y avait effectivement des infiltrés au CSN, ils faisaient probablement assez bien leur boulot pour être restés dissimulés aussi longtemps... Ou alors, ils n'étaient pas vraiment au service de ceux qui tiraient les ficelles, qui s'en servirait du coup comme des proxys bien utiles.

« C'est l'une des raisons qui m'a poussé à venir travailler en Écosse. Le gouvernement actuel a l'air aussi intègre qu'efficace, ce qui nous laisse déjà plus de marge de manœuvre. Vous pensez pouvoir compter sur lui pour représenter les griefs face au CSN si nous avions de quoi le faire ? »
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Mer 26 Juil 2017 - 15:28

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Head non plus ne chercha pas à s'étendre sur le sujet de la famille. Ses yeux métalliques se mirent à briller. Plus intenses. Fiers.
Une force impérieuse dans la tenue de la nuque. Un orgueil qui donnait à ses traits réguliers une froideur. Le masque du leader. Il était là pour protéger la flamme passionnée. Car un cœur gouverné par la passion ne peut gouverner à son tour. Amélia avait tôt fait de dissimuler son âme profondément révolutionnaire. Si bien que peu de personnes avait saisi la vérité. Laure peut-être. Ezio aussi, parce qu’il avait su lui ôter sa cotte de maille étincelante.
Elle était la pire des procédurière. Tellement à cheval sur les règlements qu'elle en faisait soupirer ses subalternes. Ce profond respect de la règle était le biais. La seule façon de voir et d'abolir les failles du système. Telle était la méthode qu'elle avait trouvé pour aller dans son sens. Vers ce qui lui paraissait être le progrès.

- En effet, ils croient ça. C'est toujours ce qu'ils croient. Cet excès de confiance nous rendra peut-être service. Les convictions de Clark avait cimenté son tempérament. Je dis que ce n'est pas une raison pour s'avouer vaincu. Je ne crois pas au déterminisme fondamental. Tout peut évoluer.

Autrement, à quoi bon exister. Être. Sans un moteur. Si certains arrivaient à vivre sans aspirations Head n'était pas aussi chanceuse. Elle avait besoin d'objectifs. Il lui fallait une « mission ». Quelque chose qui la transcendance. Pour lui faire relativiser les peines et les erreurs accumulées sur son chemin. Elle n'était pas la première à fuir en avant.
Michael -son frère- interdisait qu'elle se consacre à la famille. Amélia en ferait le deuil. Elle avait à présent embrassé une cause plus grande. Elle agissait à un niveau qu'aucun Clark n'avait jamais atteint. Elle avait un pied dans deux des plus puissantes organisations inter-arches. A force de travail, de patience, cette petite Américaine finirait par esquisser un monde à la hauteur de ses principes.
Un monde où les frères ne se tueraient plus les uns les autres.

-Il a été tué par balle pendant une intervention. Il faisait partie des soldats envoyés sur le terrain pendant la guerre des Cultes. Cette guerre avait allumé ses foyers dans tout l'Archipel. Clark fils avait fini en R.D.T. Escadron chargé de contenir les extrémistes dans les environs de Dallas.

Amélia pouvait encore entendre le bruit du combiné tombant sur le sol. A l'annonce.
Jack était l'un des plus jeunes soldats de son régiment. Il s'était fait enrôler sans prévenir les parents. Il avait été réquisitionné à peine un mois après la fin de sa formation. Basique. Michael avait été envoyé en Caroline. David s'était depuis longtemps arrangé pour éviter ses responsabilités militaires. Alors, les quatre femmes de la famille étaient restées à attendre. Head avait tant honnie ces mois d'angoisse. Projetée malgré elle dans un conflit dont elle ne comprenait pas encore tous les tenants et les aboutissants.

-C'était la personne la plus valeureuse que je connaissais. La belle inspira en profondeur. Il m'inspire.

La paume se referma délicatement sur les fruits sauvages. Clark s'écarta à nouveau du comédien. Elle fit le tour du rocher pour reprendre sa place assise. Elle croisa les jambes. Lissa le bas de sa jupe. Piochant les gourmandise dans le creux de sa main. Les jumeaux Templeton s’imposèrent dans son esprit. Elle imagina Théodora croquer dans le fruit avec un regard espiègle.
Très vite les paroles de Withmore replongea la brune dans le présent. L'instant. Ils devaient encore se mettre d'accord. Trouver une façon de travailler ensemble. Cela sans se faire remarquer de leurs ennemis. Les présents et ceux qui viendraient les supporter. Clark n'était pas inquiète pour ça. N'avait-elle pas réussi à jouer les épouses modèles ? Tandis que l'enfer se trouvait derrière la porte de sa maison. Ils y arriveraient.

-Le moment venu, votre témoignage et ceux de vos amis pourraient être des éléments clefs. Un court silence accueillit la question du comédien. Un homme, oui. Je l'ai déjà impliqué. Je sais qu'il fera son possible.

Cependant Clark n'avait pas l'intention de mettre les deux hommes en contact.
Lancelot avait d'autres soucis à gérer. La responsabilité de sa famille. L'orphelinat comptait aussi sur lui. Autant lui éviter des ennuis et des tracas. Enfin, le plus longtemps possible. Car Charles avait raison. Une fois l'affaire mise au grand jour c'est toute la structure qui tremblerait. Mais, au moins le comte Anglais n'avait pas à s'en faire concernant son argent. Il n'avait pas besoin de travailler. Pour ce qui était de Clark, elle aviserait. Comme à chaque fois.

-Avec un dossier solide, je pense que nous pourrons parvenir à nos fins. Le bourdonnement des insectes alourdissait l'air chaud. Une fois cette affaire sur la place publique, je monterais un collectif qui réclamera une enquête de fond sur le fonctionnement du C.S.N. Avec le renfort des médias le directoire sera forcé de coopérer.

L'heure de l’honnête. Le temps de la transparence. Leur société allait y arriver. Il le fallait.
Head attrapa une carte de visite. Elle y inscrit le numéro de sa troisième ligne. Celle qui était protégée par les services d'Arkadia.

-Cette ligne est sécurisée. Vous pourrez m'y joindre n'importe quand. Donnons-nous deux semaines le temps de voir ce que chacun peut trouver. Amélia tendit le carton à son complice. Vous aimez la peinture sicilienne ? Le Duc de Lampeduza a annoncé l'ouverture de sa prochaine exposition, ici à Édimbourg. Il y aura beaucoup de monde. Probablement quelques pontes du Comité. Avec votre nom, il vous sera aisé d'obtenir une invitation. Ce sera une bonne occasion d'aller plus loin.

Head
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Ven 28 Juil 2017 - 13:41
La famille... Pour Charles Withmore, elle s'était construite avec le temps, en partant de presque rien. Pendant longtemps, elle avait été intégralement représentée par sa sœur Carmen : les deux orphelins n'avaient pu compter que sur la présence de l'autre dès l'enfance, qu'ils avaient passée entre les rues et les refuges de l'arche canadienne, puis de New York. Aujourd'hui encore, ils ne savaient ni l'un ni l'autre s'ils avaient de la famille quelque part lorsqu'on la considérait par le sang. Et au fond, cela leur importait guère. Leur vraie famille, ils se l'étaient construite eux-mêmes au fil des ans, dès leur arrivée à l'Institut de NéoSéoul. Les liens qu'ils s'y étaient faits avaient été forgé d'abord sur les bancs d'études, puis sur le terrain lors de la création de leur équipe d'intervention pour le CSN. Arthur Saint-James avait suivi les jumeaux lors de leurs déplacements après l'incident, comme un petit frère un peu foufou mais au grand cœur, et si Chun-Hei et Jin étaient retournés à l'Institut, le couple Park travaillait toujours avec eux. Madison et Pietro, les deux membres de leur famille partis trop tôt, n'étaient pas oubliés, et et ne le seraient jamais. Quelque part, même la directrice de l'école coréenne, Sun-Hwa Choi, était devenue comme une sorte de grande tante pour toute l'équipe, et quelqu'un en qui ils avaient toute confiance. Sans oublier Bobby ; l'agent de Charlie était d'un soutien bienvenu malgré son caractère acariâtre, et l'acteur se sentirait perdu sans lui pour gérer l'ensemble de sa vie publique quotidienne.

Et puis il y avait Faith, bien sûr. L'arrivée de sa fille avait profondément bouleversé la vie de Charles, qui ne s'imaginait pas père et qui l'était pourtant devenu avec un bonheur infini. C'était lui qui l'avait élevée, avec le reste de sa famille recomposée, et elle avait toujours été une enfant bien entourée. Elle l'était toujours, se corrigea-t-il. Quoi que puissent en penser les autres. En tous les cas, elle lui avait appris ce qu'être responsable voulait vraiment dire, et c'était avec elle qu'il avait compris à quel point certaines causes valaient la peine d'être défendues. Il avait toujours fait de son mieux pour s'occuper d'elle, et ce qui s'était passé cinq ans plus tôt n'allait rien y changer, de même que sa croisade d'aujourd'hui. Tout ça, c'était pour elle.

« Croire qu'une chose ne changera jamais est à la fois la plus grande arme et la plus grande faiblesse des gens comme eux. Une arme, parce que c'est ce qu'ils font croire à ceux qui pourraient faire changer les choses, comptant là-dessus pour étouffer toute volonté d'agir. A quoi bon ? Et une faiblesse, parce que cela devient souvent de l'orgueil : ils ne s'attendent plus vraiment à ce que quelqu'un les défie... Il suffit de trouver le bon moment pour pousser au déséquilibre...et à l'erreur. »

Comme Clark, Withmore ne croyait pas à l'inéluctabilité d'un tel pouvoir. Rien n'était immuable, et encore moins éternel. De fait, rien ne pouvait être parfait, et une des plus grandes erreurs que quiconque pouvait faire, c'était de le croire. Chaque plan avait ses failles, et toute la préparation du monde n'y changeait rien. Et quand bien même, nul n'était à l'abri d'un coup du sort. Parfois, il suffisait simplement d'attendre que la chance nous offre le bon moment pour agir. Et en réfléchissant bien, on pouvait trouver bien des moyens de la favoriser...

« Dallas... » maugréa le comédien. « La soi-disant République du Texas a toujours eu l'art de raviver le fanatisme... Hier la guerre des Cultes, aujourd'hui leur haine des prodiges.Comme la Fédération... C'est d'autant plus important de ne pas oublier ceux qui sont prêts à se dresser face à l'injustice et l'ignorance, comme l'a fait votre frère. Et c'est pour eux que nous luttons aussi, pour que leur sacrifice ne soit pas vain. Je...j'ai perdu des proches moi aussi, qui faisaient ce qu'ils croyaient juste. Comme votre frère, leur valeur m'inspire. Alors je me dis que si nous pouvons laisser le monde un peu meilleur, un monde qu'ils auraient aimé voir... alors tout ça vaut la peine. »

Il pouvait deviner la douleur des souvenirs derrière la façade professionnelle d'Amelia, et fut une fois de plus impressionné par la résolution dont elle faisait preuve. Elle ne reniait pas ses doutes, ses craintes ou ses faiblesses, et elle trouvait même le moyen d'en faire une force implacable, un moteur pour sa croisade. Il sut qu'elle faisait une ennemie redoutable, mais aussi une alliée de poids, et il était heureux à l'idée de la savoir dans son camp. Et même s'ils agissaient différemment, ils se retrouvaient sur le même chemin, et il était de plus en plus persuadé qu'ils auraient beaucoup à s'apporter.

« Il est bon de savoir que nous ne sommes pas seuls. Que d'autres partagent notre idéaux. Rien que pour cela, je vous suis reconnaissant de cet entretien, Amelia. » Il lui sourit, avec douceur et non avec le brillant de son sourire travaillé de star. Distraitement, il s'empara également de quelques fruits, qu'il se mit à faire rouler dans sa main avant d'en manger un.

« Vous pourrez compter sur nous, même si je doute que notre témoignage pèse lourd en tant que tel: nous n'avons rien vu qui puisse mettre en doute le CSN. Seulement des conjectures. Mais nous vous soutiendrons. Vous pourrez également compter sur la directrice de l'Institut : Sun-Hwa est digne de confiance, et elle veut en avoir le cœur net autant que nous. Elle n'apprécie guère que les anciens élèves choisis pour les équipes d'intervention se retrouvent embarqués là-dedans... Elle s'intégrera à merveille dans le collectif que vous imaginez. Et je pense que vous tenez quelque chose : plus vous trouverez de voix pour changer la même chanson, plus elle aura de chance d'être entendue. Reste à trouver la bonne partition... »

Charles n'essaya pas d'en savoir plus sur le contact d'Amelia ; il comprenait sa volonté de le garder discret. Si elle avait estimé nécessaire d'en dire plus, elle l'aurait fait. Il accepta la carte qu'elle lui tendit, avant de lui en offrir une à son tour ; pas de nom, juste un numéro : « Ma propre ligne sécurisée. Et si l'on trouve quelque chose, je vous tiendrai aussitôt au courant. Je n'y connais pas grand chose en peinture, mais je suis connu pour avoir acquis quelques œuvres ici et là ; il y a des choses qu'on attend d'une célébrité, et j'ai appris à faire attention aux apparences. Ne serait-ce que pour mieux surprendre. Peut-être bien que j'irai y faire un tour, oui. Merci du conseil. Et...et bien, merci, tout simplement. Encore une fois, c'est agréable de savoir que l'on ne se bat pas seul. »

Il tendit la main à son interlocutrice.
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Dim 30 Juil 2017 - 17:47
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La théorie de l'équilibre. Amélia se souvenait de la première fois où elle l'avait entendu.
Georges la lui avait expliqué, alors qu'ils rejoignait l'ambassade brésilienne de New-York. Il lui avait paru brillant. Fort comme un lion. Il avait été un lion ce soir-là. C'était une époque où rien ne comptait tant que leur ambition. Ça n'avait pas duré longtemps. A peine trois ans. Lucille -en diabolique jalouse- avait joué avec les discordes du couple.
Ensemble, ils avaient vécu sur le fil. Restant pour profiter du talent de l'autre. A tenter ce que personne n'osait tenter. Des coups de pokers. Powell avait su jouer avec les poids et les contre-poids du pouvoir. Respectant les règles tout en abusant des limites. Il avait été le meilleur des professeurs. Grâce à lui, Head savait comment les fraudeurs pensaient. Elle les coinçait un par un. Au dernier moment, juste là, quand ils perdaient l'équilibre. Tout ce dont ils avaient besoin : de la patience.

-Faire un coup au roi. Jouer aux échecs était très formateur. Machiavel lui-même s'y était prêté. Nous finirons par y parvenir.

Clark apprécia la conclusion. Une conclusion comme elle en faisait elle-même. Sur les scènes. Aux meetings, congrès, et autres événementiels du métier. Comme la fin d'un sermon. Une morale. Que enfants et adultes avaient besoin d'entendre. De réentendre. Jusqu'à ce qu'ils soient capables d'y croire. Il n'y avait rien d'inéluctable. Ni dans cette vie. Ni dans une autre.
Voilà ce qu'elle rappelait aux manias du dollars. Moins depuis qu'elle cumulait ses deux postes. Le leitmotiv était le même. Faire un peu mieux. Créer un héritage. Croire que les prochaines générations feraient mieux.
La leur avait fait des erreurs longues à réparer.
Trop focalisés sur l'accumulation de richesses. Sur de la production. Les guerres de contrôle. A présent, l'Archipel se révoltait. A la racine. Ce qui était arrivé dans le sud était un signal d'alarme. L'humanité devait changer. A tout prix.

-C'est assez bien dit. Je crois que nous avons une vision assez similaire des choses. C'est une bonne chose. Cela rendra cette collaboration encore plus efficace. Charles. Je peux vous appeler Charles ?

Franchise d'un sourire masculin. Cela faisait du bien d'avoir relation frontale. Sans jeu de séduction. Pas d'attente interpersonnelle ou intimiste. Amélia inclina la nuque en signe de reconnaissance de l'autre. Elle se fiait à ses instincts. Cette rencontre allait enfin faire pencher la balance. Elle pouvait le pressentir. A deux, ils allaient faire de grandes choses pour cet arche, ce monde. De quoi alimenter sa détermination.
Être le « Dragon » du Bureau pouvait parfois vous isoler. Après les coups bas d'un frère. Cela faisait du bien de sentir qu'elle n'était pas si « extrémiste » qu'ils le disaient. Head n'était pas seule. Quel réconfort. Quel encouragement. Elle ressortait de cette entretien confiante.

-Une reconnaissance partagée, Charles.

Une fois les mûres terminées Head récupéra un mouchoir. Effacer les traces de sa gourmandise.
Ses ongles vermeils ressortaient. Taillés. Soignés. Prêts à tenir le stylo qui signerait l'arrêt de la cruauté commerciale.

- Je contacterais cette femme. Sans délais. Merci.

Une poignée de main.
Clark serrait des mains chaque jour. Ce code universel ou presque pour solder un accord. Elle serrait la même des petits et des grands. Des loyaux et des fourbes. Si bien qu'elle avait fini par savoir interpréter ce geste anodin en apparence. Elle savait maintenant, selon le temps, la puissance de la pression, la façon dont l'autre relâchait sa main. Elle pouvait dire ce à quoi il pensait réellement.
Ce jour-là en serrant la main de « Chuck », Amélia avait sourit.

-Et je ferais de même de mon côté. Je suis heureuse que vous ayez osé me répondre. Ça l'est oui. Deux saphirs aux reflets de fer. A bientôt alors.

A eux de tenir parole. Que les mots deviennent actions. Maintenant.
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