Exposition universelle, salon des inventions [Scénario]

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Ven 16 Juin 2017 - 23:41
Le salon de l'innovation d’Édimbourg

Feat. Les autres




Le rire de la dame des ombres éclata en plein milieu du tumulte que son arrivée avait provoqué sur le stand. La satisfaction faisait briller son aura. Dans son dos l’homme qui occupait la fonction de garde du corps se tendit pourtant davantage. Il venait de repérer l’arrivée d’un homme d’influence sur l’arche écossaise. Celui-ci possédait tous les signes distinctifs assignés aux gens de pouvoir du XXI siècle. L’ambassadeur de la Fédération faisait partie des personnes dont Strega suivait le déroulé de carrière avec application. Elle n’eut pourtant pas un regard, pour la procession, focalisée sur sa vieille ennemie. La rancœur que lui inspirait cette femme était quasiment tangible.

La question de la jeune mécanicienne, pour l’un des étudiants, donna l’occasion à Madame Lampeduza de prendre connaissance de la présence de l’un de ses petits poulains. La Sorcière considéra l’enfant de vingt ans et sa nouvelle compagne. Un sourire retroussa ses charmantes babines. Elle esquissa un pas pour aller dans la direction de Kevin Scotlly. Cependant, une silhouette s’interposa entre elle et lui. Cet homme était assez grand, massive, vêtue de façon très sobre, il aurait pu passer inaperçu. Il n’appartenait pas à la catégorie des prodiges, néanmoins l’immortelle marqua un arrêt prudent. Elle était conquérante mais pas téméraire.



Kussi Teboni & Maurice Pelletier



- Sveda ? Interrogea l’Africain sans quitter Cnossos des yeux.

« Je vais bien. … Laisse là partir. »

L’élément perturbateur avait visiblement changé la donne. La dénommée « Sveda » avait su s’entourer, une fois encore. Le mécontentement de la Duchesse était égal à sa curiosité. Elle fixait la horde dressée contre sa seule petite personne. Un pareil front prouvait la cohésion qui persistait dans les rangs de la rose. C’était également un indicateur, beaucoup plus précieux, pour connaître les projets de Catherine Kent. Car la famille « Teboni » n’était pas de simples sorciers-vaudou, dans la culture gabonaise. Leur attribution était beaucoup plus précise et concernait le domaine de la natalité. Strega pouvait donc sourire tout son soul. Elle aurait bientôt une autre façon de jouer ses cartes.

Monsieur Teboni. La Sicilienne ne se départissait nullement de son calme.

« Madame… » Débuta Monsieur Pelletier, tout de suite stoppé par une main levée.
Nikolas Cnossos se détourna lentement de son opposant direct. Elle darda ses yeux dans ceux du jeune prodige.

Monsieur Scotlly, si c’est la « Justice » que vous cherchez, je vous suggère de changer de fréquentations.

La remarque lâchée avec tranquillité appuyait pourtant une expression dés plus machiavélique. Il y avait derrière ces yeux sombres, une intelligence et une lucidité, qui dépassaient de loin l’instant présent. Tout comme l’homme-sorcier face à elle, Strega la Grande, voyait par de là les frontières communes aux mortels. Aussi savait-elle qu’il ne servait à rien de chercher à accélérer les événements. Elle consentit donc à écouter le Français, qui sans avoir fini sa phrase, lui avait cependant donné la meilleure stratégie.

Maurice Pelletier pu enfin escorter la noble à la sortie du stand. Il était tendu comme le soldat en terrain ennemi. Tous les gourous du mal s’étaient donné rendez-vous à ce salon, en faisant un champ de guerre silencieux. Le service de sécurité des Lampeduza, était sur tous les fronts, prêt à couvrir la retraite de la dame. Le Français était le plus exposé mais le plus exercé à la protection et aux lubies de madame. Lorsqu’il ouvrit la bouche il sut que sa proposition trouverait un refus.

« Madame… »

Pas encore Maurice. Anticipant l’ordre Maurice s’adressa au collégue chargé de la surveillance de l’Apprentie.
Strega
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Mar 20 Juin 2017 - 13:12


Grace


Le musicien déambulait tout sourire à travers les merveilles technologiques et scientifiques qui l’entouraient. Tout autour de lui des visages ébahis et curieux passaient de stand en stand, pointant du doigt un objet, écarquillant les yeux devant un autre. Les adultes comme les enfants paraissaient s’amuser et se laisser entraîner par la fébrilité ambiante et Owen n’était pas en reste. A travers les verres noirs de ses lunettes de soleil, il posait son regard sur les inventions, petites ou grandes, qui présentaient une quelconque utilité. Bien sûr les grandes entreprises avaient employé les gros moyens pour se faire remarquer. Mesa, Arkadia, Feuerbach, ils avaient tous répondu présent à l’appel et s’exhibaient de manière parfois presque indécente, écrasant de leur poids visuels les petits artisans qui ne manquaient pourtant pas d’intérêt. Mais c’était là les règles du jeu et au final peu importait la taille du comptoir. Si l’innovation présentée était une révolution, même infime, le bouche-à-oreille ferait le travail de communication sans qu’on ait à débourser un centime.

C’était d’ailleurs grâce à ça que l’homme se trouvait à présent devant une table sur laquelle était présentée un gramophone holographique qui reproduisait à la perfection les sons des vieux vinyles. Vox était du genre old school sans pour autant cracher sur la technologie. Il aimait ce qui alliait des objets anciens à des procédés modernes et avaient comme résultat un mélange du meilleur des deux. La solidité, la fiabilité et la qualité de l’ancien unies à la transportabilité et à l’accès facile du contemporain. Il était d’ailleurs en train d’apprécier le son d’un vieux 45 tours d’un chanteur du siècle passé lorsque ses yeux se posèrent sur une jeune femme non loin de là. Etait-ce le sujet de la
chanson ou le simple fait qu’il reconnaissait ces courbes pour les avoir parcourues de ses mains à de nombreuses reprises ? Toujours est-il qu’il avait reconnu une ancienne maîtresse avec qui il avait étrangement développé un lien d’amitié à travers les années. Il prenait soin, en général, de ne pas se lier avec ses partenaires, ayant trop peur qu’un attachement non mutuel s’installe. Cependant il avait tout de suite senti que Grace lui était semblable sur plusieurs points et qu’il était clair que leur relation ne souffrait d’aucune ambiguïté.

C’était la première fois qu’il la voyait depuis qu’il était revenu s’installer à Edimbourg, mais ils avaient gardé contact par lettres. Encore une méthode de la vieille école qu’il affectionnait. La dernière fois qu’il avait eu des nouvelles, elle était quelque part sur une arche d’Amérique du Sud, puis plus rien. Il ne s’était pas inquiété outre mesure étant donné qu’il restait parfois des mois sans que le moindre courrier ne lui parvienne. Mais il était heureux de la retrouver en chair et en os après tout ce temps et alors qu’elle était concentrée à prendre une photo, il se glissa derrière elle et se pencha à son oreille pour lui parler dans un murmure.


- Est-ce que cette jungle est aussi intéressante que celle dont tu me parlais ? Je pense que ses habitants sont quand même plus féroces.

Il ne l’avait pas touché, même si l’envie de sentir sa peau délicate sous ses doigts était irrésistible. Il laissait son doux parfum l’envoûter alors qu’il ôtait ses lunettes pour planter son regard dans le sien quand elle se retournerait.

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L’œil collé à l'objectif, Grace observait la foule qui déambulait parmi les stands à travers la lentille de son appareil photo. Ce même appareil qui avait capturé la beauté brûlante des dunes de la Centre Afrik, immortalisé les sourires curieux des enfants des caravanes du désert, survécu aux pluies diluviennes dans la jungle luxuriantes de l'arche amazonienne... celui-là même qui portait le témoignage de l'effondrement de l'arche bolivienne et de la vie dans le camp de réfugiés au Pérou.

La jeune femme n'avait pas entendu se glisser cette présence derrière son épaule. Et si elle avait sursauté, surprise par cette voix tout contre son oreille, elle l'avait immédiatement reconnu. Faisant volte-face, un large sourire illumina son visage ravi.


- Owen ! Dans un élan de soulagement, elle lui sauta au cou pour l'enlacer. Voir un visage familier dans toute cette foule étrangère était un véritable bonheur. Cette population autochtone est la plus effrayante que j'ai pu rencontrer, avoua-t-elle mi-amusée mi-sérieuse. Comment tu vas ? Elle relâcha son étreinte. Je suis tellement contente de te voir.

En cela, elle était parfaitement sincère, mais s'il lui avait fallut être tout à fait honnête, elle aurait également dû avouer qu'elle avait complètement oublié que son ami se trouvait dans la capitale écossaise. A l'évidence, elle aurait tenté de le contacter plus tôt, si ça avait été le cas. Mais pour excuse, elle n'était de retour à Édimbourg que depuis quelques semaines – un retour qu'elle n'avait pas fait pour son plus grand plaisir-, encore éprouvée par les bouleversements dans sa vie.

Fixant son regard noisette dans celui de Vox, elle le détailla avec attention. Son sourire ne quittait pas ses lèvres et la lueur dans son regard était clairement amusée. Depuis quand ne s'étaient-ils pas vu ? Elle ne pouvait que reconnaître les bienfaits de ces années sur son interlocuteur, dont la maturité des traits lui donnait encore plus de charme qu'à l'époque. Pour sa part, allait-il la trouver changer ?

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Le léger sursaut de la jeune femme ne l’avait pas empêché de rapidement se retourner et de sauter dans les bras de Vox qui l’enserra avec affection, humant son parfum en souriant de cette rencontre fortuite. Un rire fusa de sa gorge alors qu’elle lui avouait sa crainte de leurs congénères. La connaissant, il se doutait pertinemment qu’il était plus difficile pour elle de se retrouver au milieu de cette foule que perdue dans la jungle.


- Salut Miss Grace. Il serra un peu plus ses bras autour de son corps. Ne t’inquiète pas, au bout d’un moment, on les apprivoise.

Il s’était sédentarisé depuis assez longtemps pour ne plus se sentir mal à l’aise en restant au même endroit, bien que cela lui ait demandé un temps d’adaptation certain. Lui aussi avait adoré voyager et sans doute repartirait-il illico si on le lui proposait. Cependant, il était conscient qu’il avait à présent un point de chute auquel il retournerait toujours et qu’Edimbourgh était devenu son foyer au fil des ans.

Lorsqu’elle desserra son étreinte, il laissa ses mains traîner sur sa taille tout en plantant son regard dans le sien. Il la scrutait avec autant d’attention qu’elle le faisait elle-même et il adora voir dans le fond de ses yeux ce petit pétillement qu’il connaissait si bien. Celui qui augurait de bons moments passés ensemble. Elle n’avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois, mise à part le fait que son allure ressemblait moins à celle d’une jeune fille tout juste sortie de l’adolescence mais plus à celle d’une femme. Il ne savait pas ce qu’elle faisait sur l’arche écossaise, ni combien de temps elle resterait, mais c’était là une jolie surprise que de la croiser après tout ce temps.


- Je vais bien merci et toi ? Qu’est-ce qui te ramène par chez nous ?

Lorsqu’elle exprima son bonheur de recroiser sa route, il passa un bras autour de ses épaules et l’attira à lui en déposant un baiser sur sa joue.

- Moi aussi Grace. Je t’offre un verre ? Il lança un regard à l’appareil qu’elle tenait entre les mains. Et ne me dis pas non, il faut faire une pause de temps en temps !

Il n’avait aucune idée si elle était là en mission officielle pour couvrir l’événement, cependant il était à peu près sûr qu’elle ne déclinerait pas son invitation vu le sourire qu’il lui réservait. Ses yeux ne laissaient place à aucun doute sur le fait que non seulement il était ravi de la voir, mais surtout qu’il n’était pas contre l’idée de se retrouver dans un coin isolé pour raviver la flamme.

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- Des chatons sous les apparences de fauves, hein ? Demanda-t-elle, un brin ironique, alors que Vox lui assurait qu'un apprivoisement était possible.

Elle avait depuis longtemps pris en désamour ces sociétés "civilisées" pour être tout à fait objective.

Elle était heureuse d'entendre que son ami se portait bien. Cependant, sans qu'elle ne l'ait voulu, son visage s'était immédiatement rembruni alors qu'il abordait le sujet de ce qui l'avait poussé à rentrer. La question était délicate et la renvoyait à des souvenirs sur lesquels elle ne souhaitait s'attarder pour le moment.


– Je suis rentrée il y a à peine quelques semaines, répondit-elle sombrement. Plus sombrement qu'elle ne l'aurais voulu. C’est une longue histoire, souffla-t-elle, un peu dépitée.

Mais sa moue fut apaisée par le bras qui vient se glisser sur ses épaules et le baiser posé sur sa joue.


- Ca me va, je te raconterai ça autour d’une bière.

Il n'avait pas fallut à Grace plus d'arguments pour la décider. D'une part, parce qu'en dépit de l'heure, certes un peu précoce, elle refusait rarement une bonne bière. D'autre part, parce que si Owen était probablement le meilleur sex-friend qu'elle avait eu, il en restait prioritairement un "friend", et elle savait qu'elle aurait son oreille.

La chance résidait donc dans le fait qu'elle était là pour son "plaisir", aussi n'avait-elle de compte à rendre à personne d'autre qu'à elle-même. Rangeant précautionneusement son appareil dans son sac, elle lui fit un petit clin d'oeil pour lui signifier qu'elle était prête à le suivre.


- Et toi ? Tu es venu faire les curieux sur le salon ?

En même temps, elle ne pu s'empêcher de se demander si cet amant ne pourrait pas lui filer un coup de pouce. Qu'on ne se mente, pas Grace était une chouette fille, pas prise de tête pour un sous, mais qui savait aussi se montrer extrêmement déterminée et qui, lorsqu'elle avait une idée derrière la tête, était prête à user de beaucoup de moyens pour la mettre en oeuvre. Aussi, elle n'avait pas sans arrière pensée que Vox puisse lui être utile.

L'homme était revenu se poser à Edimbourg depuis quelques temps maintenant. Probablement avait-il eu le temps de se faire quelques contacts sur place. Elle, avait justement besoin de contacts. Il fallait qu'elle trouve au plus vite un éditorialiste qui accepte de publier son papier, et rapidement. Et pas un journal comme le Post, où on lui demanderait probablement de faire des coupes et d'emousser sa lame, non, quelque chose où on ne la censurerait pas, quelque chose qui ferait du bruit, quelque chose qui les empêcherait de fermer plus longtemps les yeux sur la situation...

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Le professeur de musique n’avait pas manqué de remarquer l’ombre qui s’était glissée sur les traits de Grace lorsqu’elle parla de son retour à Edimbourg. Par délicatesse, il ne poussa pas plus loin ses questions et resserra brièvement son étreinte autour de ses épaules pour lui signifier qu’il avait compris que c’était un sujet douloureux. Elle lui en parlerait en temps voulu et ils avaient toute la journée et toute la nuit pour rattraper le temps perdu. D’ailleurs, elle avait accepté son offre sans hésitation et il amorça alors un départ vers l’un des bars qui avaient été disséminés un peu partout dans l’enceinte du Salon.


- Je suis venu aider des collègues à monter le stand de la PH ce matin. Maintenant je rends les gens fous de jalousie en me baladant au bras d’une jolie brunette.

Un clin d’œil fusa en direction de la jeune femme alors qu’il lui faisait du plat sans vergogne. Ca avait toujours été un jeu entre eux, bien qu’ils aient déjà consommé leur désir à maintes reprises. Une manière comme une autre de ne pas s’ennuyer ! Et puis après tout ce temps, il était agréable de prendre le temps de la séduire à nouveau. Sa voix avait naturellement baissé d’un ton et il était probable qu’il lui chante la sérénade d’une voix de crooner avant la fin de la soirée.
Vox
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Sam 24 Juin 2017 - 18:23
Dire que la présence de Nikolas Cnossos sur le stand d'Arkadia avait jeté un froid était un euphémisme. C'était plutôt comparable à l'ère glacière, qu'elle traînait dans son sillage comme un vieil oiseau de mauvais augure. Après tout, ce n'était pas parce qu'elle portait un autre visage et un autre nom que cela changeait le fait qu'elle était dotée d'une âme aussi vieille que malveillante. Il y avait toujours une part de soi qu'on ne pouvait vraiment cacher, quelle que soit la façade. Le sentiment reptilien que dégageait le prédateur, et qu'on pouvait reconnaître entre mille. En temps normal, Percy ne se serait pas offusqué à ce point du comportement de Cnossos, mais il n'appréciait absolument pas la menace voilée qu'elle affichait en présence de Matthew.

« Singapour ne se serait jamais produit si vous ne vous étiez pas laissée berner par une de vos élèves. D'autant que les fuites de votre Ordre précèdent le petit congrès de Mesa. Vous comptez continuer à jouer à se passer le blâme, ou est-ce que vous songez à faire en sorte d'arranger les choses ? Nous aurons tout le temps de nous chamailler par la suite. »

Il ne comptait pas lui accorder plus d'attention, d'autant qu'elle se dirigeait déjà vers un autre stand à assombrir de sa présence. Percy était bien plus embêté de voir l'effet que sa visite avec eue sur Matthew, qui rassemblait déjà les filles, les privant des joies de l'apesanteur. Pourtant, il n'y avait pas d'autre endroit que sur ce stand où elles seraient aussi en sécurité... Mais c'était également là que Percy avait tendance à attirer l'attention des mauvaises personnes.

« Je vous promets que vous n'aurez à aller nulle part. » dit-il à la petite famille. « Vous êtes chez vous, et personne ne vous en délogera. Et peut-être que vous aurez l'occasion de revenir voler un de ces prochains jours, l'exposition n'est pas encore finie... »

Il hocha la tête à l'adresse de Matthew, n'ayant de toute façon aucune intention d'aller à l'encontre de ses directives. Et puis Roan n'était pas loin, une ombre qui veillait farouchement sur la famille de Rose depuis la tentative d'enlèvement. Sans compter tous les agents présents aujourd'hui, d'Arkadia ou d'ailleurs : peu de chance qu'il leur arrive quoi que ce soit. Mais on n'était jamais trop prudent... Une fois qu'ils furent partis, il se rapprocha de Miranda ; il fallait bien la connaître pour voir que les quelques mots qu'elle avait échangés avec Lotte l'avaient troublée.

« Rien n'est encore joué. Je suis sûr que nous saurons trouver un moyen de la faire revenir à la raison. »

« Si vous le dites, patron. Mais elle est...différente. Et je n'aime pas ce que j'ai ressenti. »

L'humeur de la blonde avait été assombrie, et s'accordait sans peine à celle de Percy, qui n'était pas spécialement d'une humeur très folichonne non plus. Les organisations de tout le monde continuaient de se querelle dans l'ombre, les gens les plus dangereux revenaient du royaume des morts, d'autres pactisaient avec des sorcières, et ce n'était pas évident de se retrouver à gérer une famille dans tout ça, surtout quand on venait de la retrouver et qu'on ne savait pas comment s'y prendre. Quant à Miranda, elle ne se liait pas facilement non plus, et Lotte était rapidement devenue une des rares personnes qu'elle considérait comme une amie...ce qui n'arrangeait pas la confusion qu'elle ressentait vis-à-vis de tout ça. S'était-elle trop précipitée, à accorder ainsi sa confiance ? Au fond, elle se sentait surtout coupable, impuissante d'avoir pu aider la danseuse. Elle ne pouvait plus qu'espérer qu'il ne soit pas trop tard, d'une manière ou d'une autre... Le patron lui serra gentiment le bras, l'assurant de son soutien.

Perceval Rose poussa un profond soupir ; symbole d'unité et de festivités, la foire lui paraissait soudain bien triviale, comme s'il était impossible de réellement profiter d'une telle occasion quand autant de dangers rôdaient juste sous la surface, ignorés de la majeure partie de la population... Restait à espérer que l'inauguration de l'aéronef allait se dérouler sans encombres : Arkadia avait participé au projet, concevant l'appareil conjointement avec la flotte écossaise, et un symbole fort ne serait pas du luxe. Au fond, pensa-t-il au fond de lui avec un certain cynisme, qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?
Percy
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Thème: Everybody Wants To Rule The World - Lorde




"Chaos is found in greatest abundance wherever order is being sought. It always defeats order, because it is better organized." Terry Pratchett
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Mer 28 Juin 2017 - 19:02

Scénario

ft. Scavenger

「 Salon des inventions 」
Chers lecteurs,

Le plan était d’une simplicité diabolique : une fois au point de rendez-vous, tous les membres de l’organisation XIII –une quinzaine, vêtus en noir et du fameux masque à mon effigie- étaient prêts pour passer à l’action. Une rapide observation, ainsi que des informations obtenues préalablement par de braves petits numéros, nous permettrait de connaître le dispositif de sécurité autour de l’aéronef. En quelques ordres, je nous ferais rentrer à l’intérieur de l’appareil et neutraliserais toutes les défenses, afin que le véhicule soit entièrement réquisitionné par nos soins. Je devais passer ma super veste dorée à un membre chargé de se faire passer pour moi dans le salon, toujours dissimulé sous un de mes masques. J’avais même préenregistré des paroles dans un petit dispositif à l’intérieur du masque, que l’homme pouvait actionner et qui déclarait des phrases comme : « J’aime la barbe-à-papa. », « Vous avez un drôle de nez. », ou encore : « Je m’appelle Babar ! ». Personne ne saurait que ce n’était pas moi, c’était certain. L’illusion était p-a-r-f-a-i-t-e.

Enfin, ça, c’était ce qui était prévu. Parce que, quatre minutes après l’heure de rendez-vous, je n’étais pas auprès des autres. N’en déplaise à ceux qui doutaient de mes capacités à être chef, mais j’avais de très bonnes raisons. Bref, dix secondes avant d’être officiellement en retard de cinq minutes, je débarquais comme une fleur, un autre individu masqué avec moi.
"Désolé les gars, j’ai récupéré celui-ci au passage !"
Certains chiffres parurent sceptiques, se demandant quel membre j’avais pu ramener à la dernière minute. Mais de toute manière, nous avions d’autres chats à fouetter, maintenant que nous étions tous présents. On s’approcha alors de l’aéronef, chacun suivant le plan que l’on avait soigneusement détaillé. Enfin, je crois. Je n’avais écouté qu’à moitié.
Tout ce que je savais, c’était que Fafawn et Arick étaient entrés discrètement à l’intérieur pour nous ouvrir une brèche et préparer le terrain. A leur signal, je devais ensuite neutraliser la sécurité de l’aéronef. Ce que je fis avec grand plaisir et avec bonne humeur, lorsque le signal d’attaque fut lancé. D’un simple ordre, toutes les personnes autour de l’aéronef reçurent durent nous laisser passer sans rien faire et se rendre immédiatement tous aux toilettes de l’autre côté du salon. Toilettes devant lesquelles devaient déjà s’étirer des queues monstrueuses. De quoi nous laisser largement le temps d’agir en toute impunité. Et, bien évidemment, j’ajoutais que personne ne se souviendrait de pourquoi ni comment ils s’étaient tous retrouvés là-bas.
Je fis de même avec toutes les personnes présentes à bord, qui nous laissèrent prendre possession des lieux dans le plus grand calme, comme s’il s’agissait d’un simple exercice d’évacuation. On garda juste quelques membres, par sécurité, les envoyant dans la salle des machines pour qu’ils s’y tiennent tranquilles. On aura bien le temps de s’en débarrasser le moment venu. J’espérais que l’un d’eux allait tenter une révolte, comme ça, j’aurais l’autorisation de le pousser hors de l’aéronef en hurlant « Lâchez du lest ! » comme dans les films, ce serait marrant !
Repérant Fafawn dans le groupe, je lui levais le pouce pour lui montrer à quel point j’assurais comme chef. Enfin, comme si c’était encore à prouver. Dommage que ces masques cachent à la fois mon beau sourire, et la réaction de Fafawn.
Grâce au plan récupéré par l’agent Zephyr –petite pensée pour lui ♥ -, nous parvinrent rapidement à nous frayer un chemin jusqu’à la salle de pilotage. Un dernier ordre pour que le plus haut gradé nous cède tous les droits pour le pilotage de l’appareil, et l’aéronef fut complètement à nous ! Je laissais les pilotes de notre organisation au tableau de commande, et, quelques minutes après, l’aéronef s’envola dans les airs. Sous le regard ébahi des gens aux alentours, surpris par le départ avancé et non-prévu de l’engin.
Admirant la vue, je me rappelais soudain le membre que j’avais ramené à la dernière minute et qui ne me lâchait pas d’une semelle depuis le début de l’opération. Comme un vrai fan.
"Tu peux t’asseoir.**" lui dis-je en lui désignant un siège à l’autre bout de la salle de pilotage. Je m’éclaircis ensuite la gorge, et allumai le micro qui donnait sur l’intérieur de l’aéronef. "Guys, guys ! Ici numéro Zéro, j’ai une annonce à faire !"
Les autres membres présents dans la salle se tournèrent vers moi, et je continuais en allumant également les micros qui donnaient sur l’extérieur de l’aéronef et dans la tour de contrôle. Quelqu’un dans l’équipe avait même fait en sorte que cela soit retransmis dans tout le salon, pour encore plus d’impact.
"Mesdames et Messieurs, un peu d’attention je vous prie ! Ceci est un message officiel de l’Organisation XIII : nous venons de prendre le contrôle de votre précieux aéronef ! Je répète, nous avons chapardé Le Harrington."
Je fis une pause pour accentuer l’effet de surprise, avant de reprendre :
"Pourquoi, vous demandez-vous ? En plus de mettre un peu d’ambiance dans ce salon, nous voulons montrer au gouvernement que nous existons. Qu’aussi longtemps que ce système pourri et corrompu sera en place, nous continuerons à le combattre, et par la force, s’il le faut. Enfin, nous volons cet aéronef, tout simplement parce que nous le pouvons !"
Pas peu fier de mon petit discours, je finis par ajouter, sur un ton plus anecdotique :
"Oh, et s’il vous venait l’idée de nous abattre, parce que « plutôt couler le navire plutôt que de le laisser à l’ennemi », sachez que nous avons plusieurs otages avec nous, dont un de marque !"
Je m’éloignais du micro pour retourner vers le membre que j’avais fait s’asseoir, sortis son téléphone avant de lui arracher son masque et de prendre un seflie de nous deux. Enfin, de lui et d’un masque de moi.
"Souriez Mister President !"
Quelques instants plus tard, la photo était sur tous les réseaux sociaux à partir de comptes crées spécialement pour l’occasion, accompagnée du hashtag #KidnappThePresident. Je me tournais ensuite vers les autres membres de l’organisation, fier comme un paon de cet enlèvement improvisé qui n’avait, de base, pas fait partie du plan.
"C’est une super idée, nan, guys ?" demandai-je tout en poquant le visage du Dom-Dom du bout du doigt.

Ah oui, c’est peut-être bien d’expliquer le pourquoi du comment, maintenant.

Il se trouve qu’en me rendant au point de rendez-vous, mon chemin a par hasard croisé celui du président. Et que cette idée de génie m’a traversé l’esprit : pour marquer encore plus les esprits, il nous fallait plus que quelques membres d’équipage en otage. Et puis, je l’aimais pas ce nouveau président, alors, c’était tout décidé !
Neutraliser l’équipe de sécurité fut aussi facile que celle de l’aéronef, il suffisait de leur demander gentiment d’aller voir ailleurs si j’y étais, et d’oublier immédiatement mon intervention. Un petit masque sur la tête de Mr Grincheux, et la consigne de me suivre sans faire d’histoires et sans bouger ou parler sans que je lui en donne la permission jusqu’à l’aéronef et BIM ! Retour au présent.

C’était pas un plan de génie, ça ? Et puis, ça allait pouvoir m’occuper un peu, parce que, maintenant que nous avions pris possession de l’aéronef… Je savais plus vraiment quoi faire. J’allais donc pouvoir tirer les plus grands secrets de l’homme le plus puissant de l’arche, et obtenir les réponses qui m’empêchaient parfois de dormir la nuit.

"Dis-moi Dom-Dom." l’interrogeai-je en prenant place sur ses genoux. "Quel est ton parfum de glace préféré ? Et si tu réponds que tu n’en n’as pas, donne-toi une pichenette sur le nez, parce que tu le mérites largement alors !" Puis, après quelques secondes de réflexion : "Oh, et tout compte fait, tu es de nouveau libre de parler comme tu veux. Ce sera plus marrant comme ça ! Quoi de neuf alors ? La vie est belle ? On profite du vol ?"

**Quand je parle en italique, ça veut dire que je donne les ordres èwé


Scavenger
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Mer 28 Juin 2017 - 19:03
      PNJs:
       

      Et les cloches sonnaient encore. Du moins dans son crâne. Et elles continueraient encore un moment, sonnée comme elle l'avait été par la nouvelle. Elle avait bel et bien un père. Et lui n'en avait rien su. Tout ce temps...

      Fawn chassa cette pensée d'un mouvement de pupilles pour se concentrer sur ce qui l'intéressait désormais. Arick, son ami d'enfance et plus connu sous le chiffre Seven de l'organisation XIII l'attendait. Et elle le retrouva, décontractée comme à son habitude, un coude sur le socle de poubelle municipale, l'autre soutenant un sac. Il lisait paisiblement un comics, l'air de rien. Arick avait toujours eu ce don. Dès qu'il s'agissait de lire quelques bulles, le monde pouvait bien s'écrouler autour de lui qu'il n'aurait pas même levé le nez. C'est donc ainsi qu'il lui tendit le sac sans un regard; au plus grand bonheur de Fawn. Elle voulait quelques secondes pour reprendre ses esprits et elle les aurait. Elle entra donc dans les toilettes, retira son bleu pour révéler une silhouette simple: une tenue sportive noire. Une fois changée, elle s'approcha des lavabos pour se rincer le visage. Elle avait le visage pale. Pourquoi maintenant?! Elle enfila ensuite un de ces masques à l'effigie de Babar. Cela était ridicule comme concept mais parfois le ridicule pouvait s'avérer très efficace.

      Pour autant, bien que cachée derrière ce visage idiot, à peine eut-elle posé le pied en dehors des toilettes qu'il lui demanda si elle allait bien. Il avait rangé son livre.

      ▬ Une... Nouvelle. J'ai encore du mal à savoir si elle est bonne ou mauvaise. Je te raconterai plus tard, on va être en retard.

      A cette réponse, il se contenta d'hausser les épaules. Il savait pertinemment que pousser Bobbie à répondre à une question alors qu'elle avait dit plus tard était une mission suicide.

      Ils se dirigèrent rapidement vers le point de rendez-vous qui leur avait été donné et quelques hommes s'y trouvait déjà. Évidemment, pas de Zero en vue. Il allait être en retard, elle le sentait. Une soupire quitta ses lèvres. Il ne faudrait pas que quoique ce soit déconne pour la journée, elle n'était vraiment pas d'humeur. Elle regarda sa montre, il était temps pour elle de commencer. Fermant les yeux, elle disparut dans son ombre, attrapant Arick au passage et m'agrandissent jusque l'aéronef. En quelques secondes, ils étaient à l'intérieur. Rematerialisés. Arick assomma le premier garde, pendant que Fawn observait sa main. Elles étaient déjà pour moitié noires de geais.

      ▬ Sh*t, déjà?! pesta-t-elle.

      La contrepartie de son don progressait plus rapidement qu'à l'habituer. Pourtant, encore une fois, ils n'avaient pas le temps pour ça. Grâce aux plans récupérés avec son petit apprenti, elle les dirigea à travers la carcasse de l'aéronef sans se faire repérer. Leur but, ouvrir au reste de l'équipe, ce qu'elle ne tarda pas à faire.

      Barthram était enfin arrivé et s'occupa rapidement du reste de l'équipage, qu'il envoya dans une salle des machines, sous une surveillance accrue. Une chose était sûre, avec un don pareil, mieux valait être dans ses petits papiers, elle le savait. D'ailleurs, elle ne tarda pas à remarquer que le boss en question avait un membre qui le suivait partout, un de plus que prévu. Elle afficha un regard suspicieux derrière son masque, ce qui n'était pas pratique, et il lui fit un thumbs up, visiblement pas conscient de des interrogations.

      Quoiqu'il en soit, ils accédèrent rapidement à la salle de contrôle. Fawn assomma le pilote. Juste pour se défouler un peu. Il semblait qu'elle était quelque peu... à cran. Arick se plaça directement derrière les commandes, avec l'agilité d'un chat, puis commencer à allumer les engins. Il semblait avoir piloté la bête toute sa vie, ce qui expliqua le décollage qui s'en suivi rapidement.

      Et c'est à ce moment-là que Babar décida de faire sa petite annonce. Légèrement différente de ce qui avait été prévu. Le… Le… Le Président. Rien que ça ? Il avait kidnappé le f*cking président ! Et il était fier ! Fawn e retrouva à sa hauteur en un claquement de doigts.

      ▬ WTF, Zero ?! Ça, une super idée, t’es sérieux ? siffla-t-elle, tapant déjà du pieds, tant elle était agacée. P*tain, mais qu’est ce qui t’as pris !! Le f*cking président, merde ! Qu’est-ce que tu comptes en foutre ?

      Elle se retenait uniquement de l’attraper par le col à cause des autres chiffres présents dans la salle, mais son énervement était palpable. Elle enrageait. D’une part car il n’en avait, une fois de plus, fait qu’à sa tête les mettant tous davantage en dangers, d’autre part parce qu’elle soutenait ce président-là et ne souhaitait guère le voir passer par-dessus bord, si c’était possible, merci. Pourquoi fallait-il que cette journée soit aussi merdique ?
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Mer 28 Juin 2017 - 19:06




Avec ce piratage surprise de l’aéronef, on peut dire que l’agitation du salon augmenta de plusieurs crans d’un coup. Entre la sécurité qui tentait de mettre en place des moyens pour récupérer l’appareil militaire, la confusion pour comprendre comment tout un groupe avait pu à la fois prendre possession de l’aéronef ET enlever le président, et les mouvements de foule de plus en plus animés, voire paniqués ; il ne fallut pas longtemps pour que l’ordre soit demandé d’évacuer le salon. Mais le calme pour qu’une telle opération se passe au mieux était loin de régner dans l’événement.

D’autant que, comme s’ils n’avaient attendu qu’une telle occasion pour se manifester, différents groupes anti-prodiges en profitèrent pour semer la pagaille auprès quelques stands, notamment ceux d’école de prodiges ou d’entreprises pro-prodiges. Ils alpaguaient également les passants pour leur scander leur haine, leur propagande. Quand ils n’essayaient tout simplement pas de s’en prendre physiquement à tous ceux qu’ils considéraient comme leurs opposants.
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Mer 28 Juin 2017 - 21:42

Le Harrington

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Je veux vivre, je ne veux pas mourir.

Amelia Caine, lieutenant de vaisseau fraîchement promue commandant dans la flotte écossaise, faisait les cents pas dans la petite cellule nichée sur le pont inférieur. Elle avait été prévue pour les éventuels prisonniers faits lors d'affrontements contre des pirates ou la saisie de contrebandiers, et elle contenait pour l'heure la jeune femme, ainsi que les cinq autres membres d'équipage que les responsables du piratage avaient cru bon de garder à bord. Au complet, le Harrington était prévu pour un équipage de vingt marins, ainsi qu'une équipe de douze fusiliers, en cas d'abordage ou de débarquement au sol. Seulement, pour l'inauguration, on n'avait pas cru bon de faire venir les fusiliers deux heures à l'avance ; mais leur présence n'aurait sans doute rien changé, au vu des capacités dont avait fait preuve l'homme qui avait visiblement tout manigancé.

Je veux vivre, je ne veux pas mourir.

En y repensant, Amelia s'efforçait de devenir qui pouvait bien se cacher derrière le masque. Ce dernier lui rappelait bien quelqu'un, mais elle n'était pas très au fait des personnalités de l'Arche du moment qu'elles ne touchaient pas à ses domaines de prédilection, et seule comptait vraiment l'identité de celui qui se cachait dessous. Il avait étendu la mascarade à l'ensemble de sa troupe, ce qui ne rendait pas la chose facile en terme d'identification, mais qui la simplifiait grandement sur un point : il n'y avait plus qu'un seule visage sur lequel écraser un point rageur. Car le lieutenant Caine bouillait d'une colère qui s'agitait jusque dans les tréfonds de son être, comme elle n'en avait pas ressenti depuis...depuis... Et bien, elle n'avait jamais ressenti une colère pareille. Même pas contre les pirates qui avaient tué ses camarades, à bord du Loch Ness. Le Nessie n'avait pas été sien, pas vraiment ; elle n'avait qu'assumer le contrôle de la situation au mieux des ses capacités. Mais le Harrington était son bâtiment -son bâtiment, bon sang!- et voilà qu'il était arraisonné avant même qu'elle ait pu accepter officiellement ses ordres. Voilà qu'on lui volait son vol inaugural ! Mais cela ne piquait finalement que sa fierté, même si ça restait important pour un nouveau commandant. Non, le pire, c'était que ces mystérieux assaillants avaient mis la vie de ses hommes et femmes d'équipages en danger, et qu'ils pouvaient en menacer bien d'autres ! Les capacités du Harrington pouvaient s'avérer redoutable entre de mauvaises mains : outre le blindage renforcé et les moteurs à énergie, il était dotés d'armes destructrices. La frégate de soixante mètres de long était flambant neuve, mise au point via le partenariat de la flotte avec Arkadia, dans le but d'être le premier d'une longue lignée. Et voilà qu'il tombait aux mains...aux mains de quoi, exactement ? De pirates ? Ou de terroristes ? L'annonce du voleur en chef, transmise via les hauts-parleurs du vaisseau, n'en avait pas vraiment appris plus que ça sur leur but véritable, si ce n'était celui de semer le trouble au nom d'une seule opposition à l'ordre. Toutes ces vies mises en danger...juste pour le tantrum d'un mégalo qui avait décidé de faire son intéressant ?

Je veux vivre, je ne veux pas mourir.

Normalement, l'équipage n'aurait pas dû se trouver à bord autant de temps avant la cérémonie. Mais Amelia était perfectionniste, et ses subalternes et elle étaient là depuis plusieurs heures, à organiser les derniers préparatifs, assurer les dernières vérifications. Ils avaient effectué de nombreuses heures d'exercice ensemble ces dernières semaines, et plusieurs à bord du Harrington, mais ils ne l'avaient encore jamais fait décoller, travaillant principalement à travers de nombreuses simulations. Cela avait permis à Amelia de se faire une bonne idée de leurs compétences, et de commencer à créer un certain lien entre tous les membres de l'équipage. Cela avait sa plus grande angoisse, si on mettait de côté les séquelles de son combat contre les pirates : à même pas trente ans, elle était bien jeune pour un premier commandement, et elle avait craint la réaction de ses hommes, surtout ceux qui avaient plus d'ancienneté qu'elle dans la flotte. Elle avait eu peur, aussi, qu'on la croie arrivée à ce poste via népotisme, quand on prenait en compte le fait que sa mère était lady de l'amirauté civile, et son père haut placé au gouvernement. Mais elle n'avait pas eu à affronter le moindre ressentiment pour l'instant, et elle avait été plutôt soulagée de l'accueil qui lui avait été fait. Pour plusieurs des autres marins, c'était aussi une première affectation, ou au moins une manière de faire leurs preuves. Elle n'avait pas encore tout assimilé, et le rapport avec les autres était encore en construction, mais elle commençait enfin à se convaincre de pouvoir assumer une telle autorité. Que cela ne finirait pas forcément en fiasco, qu'elle serait capable de les protéger, de les mener à bon port... Et voilà que le chaos régnait avant même qu'elle ait pu ordonner pour la première fois à l'aéronef de prendre son envol ! Elle luttait pour garder le contrôle, avant tout furieuse contre elle-même. Elle avait laissé agir ce voleur arrogant sans même faire mine de lui résister ! Comme les autres, elle avait été incapable de lui désobéir, et elle n'avait retrouvé ses esprits que quelques minutes après s'être retrouvée au trou, comme les autres. Ils avaient été victime d'un pouvoir de prodige, il n'y avait guère de doute ; comment étaient-ils censé lutter contre ça ? En elle, l'angoisse menaçait toujours de l'emporter sur la colère, essayant de saper sa confiance en elle, de se nourrir de ses insécurités, de sa peur de l'échec, du manquement à l'ordre qui la perturbait plus que tout. Aussi se raccrochait-elle à sa colère de toutes ses forces, s'efforçant de la brandir comme une lame ! Mais pouvait-elle vraiment faire quelque chose, ou allait-elle faillir à ses hommes alors que leur vaisseau n'était même pas inauguré ? Elle allait se perdre une fois de plus dans sa litanie, son petit rituel mental, quand elle sentit une main ferme mais rassurante se poser sur son épaule.

« Commandant ? »

La voix grave d'un homme blond-roux à la barbe légère, imposant et aux yeux bleus perçants, lui permit de se focaliser sur autre chose que ses pensées, les stoppant net dans leur course. Elle appartenait à son second, le lieutenant Killian McKeon. Ce dernier avait au moins dix ans de plus qu'elle, sans doute plus. Dans la force de l'âge, il émanait de lui une force tranquille à laquelle elle avait vite appris à se fier. C'était la réaction de McKeon qu'elle avait craint le plus lors de son affectation : comment un officier avec plus de bouteille allait traiter la gamine qui l'avait prise de vitesse sur le chemin des promotions ? Très vite, elle s'était aperçue qu'elle avait eu tort d'imaginer un tel cas de figure, et s'en voulait même d'y avoir ne serait-ce que songer. McKeon, était un marin aussi pur-souche qu'il était écossais, et s'il ne commandait pas son aéronef après plus de vingt ans dans la flotte, c'était bien parce qu'il était satisfait de son sort. Elle avait appris qu'il connaissait sa mère de longue date, et Amelia ne doutait pas qu'Emily Caine soit en partie responsable pour la nomination de cet homme en tant que second pour sa fille. Elle savait que sa mère n'interviendrait pas dans sa carrière, mais c'était sa manière de garder un œil sur elle, sans mettre en doute ses compétences. Et il était de toute façon logique que l'amirauté appaire un second expérimenté à un commandant tout neuf. Elle l'avait apprécié dès leur première rencontre en personne, et si le lieutenant était toujours resté professionnel et flegmatique, elle avait l'impression que c'était réciproque. Il lui avait été d'un grand soutien, l'épaulant comme un bon second se devait de le faire, n'hésitant pas à la recarder discrètement si le besoin s'en faisait ressentir. Elle comptait sur lui pour lui apprendre les ficelles, et il comptait sur elle pour faire de son mieux. A le voir à ses côtés, ainsi que les quatre autres membres d'équipage encore présent, elle sentit son angoisse diminuer, ou du moins revenir à un niveau qu'elle savait contrôler.

« Tout va bien, monsieur McKeon. Du moins, autant que faire ce peut compte tenu de la situation. »

« Au moins, la fille vole bien. On peut la sentir vibrer sous nos pieds. Et je pense qu'elle va leur donner du fil à retordre : il faut tout un équipage pour la maîtriser correctement en temps normal, et avec l'entraînement qui va avec. »

« Voilà qui devrait nous donner un avantage. »

« Pacha ? »

« Essayez de ne pas s'écraser dans le premier obstacle venu devrait occuper une bonne partie de leur concentration... » dit-elle avec un sourire acéré.

Le titre officieux qu'un équipage attribuait à son commandant était agréable à ses oreilles ; c'était généralement une marque de confiance. Et elle comptait bien s'en montrer digne. Elle n'était pas prise au dépourvu sous le feu ennemi, cette fois-ci, à assumer d'urgence une situation qui ne lui revenait pas. Non, aujourd'hui, elle était le commandant de droit, elle l'avait mérité, et elle n'allait certainement pas laissé le Harrington au mains de cette...organisation sans combattre ! Se faire capturer son bâtiment par un prodige doté d'un pouvoir de contrôle mental qui prétendait en plus avoir kidnappé le président de l'arche écossaise pour l'amener à bord ne faisait pas vraiment partie du manuel mais, comme le disait Lexy, il fallait parfois rajouter des chapitres en cours de route. Penser à sa compagne contribua à renforcer la résolution d'Amelia ; pas question qu'on lui pique son vaisseau, qu'on menace son président, et qu'on l'empêche de retrouver Alexis ! Ces guignols pouvaient se prétendre combattants de la liberté ou même des anges rebelles descendus du ciel, elle n'en avait rien à faire ! Car pour elle, ils n'étaient qu'une chose : des pirates. Et des pirates, à bord de son bâtiment ? Ils allaient voir de quoi bois elle se chauffait ! Et en parlant de ça...

« Madame ? » lança à nouveau McKeon à son attention, un large sourire sur les lèvres.

« Lieutenant ? »

« Vous brillez. Si je puis me permettre. »

« Oh ? » Elle baissa les yeux, levant une main qui luisait effectivement, de même que l'ensemble de sa personne. La colère avait fait son chemin, transformée en une volonté inébranlable. Son équipage était au courant de son don, elle n'avait pas cru bon de le leur cacher. « Voyez-vous ça. Il veulent des coups d'éclat ? On va leur en donner un de notre crû. »

Elle n'eut pas besoin d'en dire plus pour se faire comprendre ; McKeon fit signe aux quatre autres -deux femmes et deux hommes- de reculer dans un coin de la cellule. Une fois qu'il les eut rejoint, Amelia Caine se frotta les mains, appelant en elle la concentration dont elle avait besoin pour diriger au mieux l'énergie solaire emmagasinée en elle. Et ça tombait bien : elle en avait à revendre ! La décharge d'énergie concentrée pulvérisa les attaches de la porte, qui s'écroula sur le sol. Tous les membres d'équipage avaient fermé les yeux pour se protéger de la lumière aveuglante, ce qui n'était pas le cas des éventuels gardes. Une fois libres, les marins ne perdirent pas de temps à les maîtriser si nécessaire, avant de ligoter les éventuels prisonniers et de s'emparer de leurs armes s'ils en avaient. Dans le cas contraire, tous les membres d'équipage savaient où trouver les caches d'armes, non loin: Amelia avait veillé à ce qu'elles soient stockée, même pour l'inauguration. On ne pourrait jamais lui reprocher de ne pas être préparée; et puis c'était le protocole, après tout. Toujours luisante, Amelia pris la tête de son petit détachement, avant de donner ses ordres : « Monsieur McKeon, prenez Guiness et Martinez, et essayez de reprendre le contrôle de la salle des machines. Roberts, Sidney, avec moi : nous avons à faire sur le pont. Si le président est vraiment à bord, ce sera à nous de tout faire pour le sécuriser. Au nom de la flotte, allons reprendre notre bâtiment ! »

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Solaris
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Mer 28 Juin 2017 - 22:48
Dès que le Harrington s'était élevé bien plus tôt que prévu, Arkadia n'avait pas prévu de temps. Le premier réflexe de Perceval Rose avait été de s'assurer de la protection de sa famille ; le cynique qui restait en lui s'en amusa, lui faisant avouer qu'il y a quelques années seulement, il aurait encore agi bien différemment. Mais le cynique en lui avait bien assez d'autre chose à commenter, merci bien, donc il pouvait aller voir ailleurs s'il y était. Il était tout simplement hors de question qu'il arrive quoi que ce soit à Matthew, aux filles et à Marta dans tout ce chaos. La première équipe de sécurité du stand s'était aussitôt rassemblée autour de la petite famille, façon légionnaires romains en mode tortue. Il faudrait littéralement leur passer sur le corps pour toucher ne serait-ce qu'à un seul cheveux de leurs protégés. Plus compliqué encore, il faudrait passer sur le corps de Roan. L'homme aux lunettes se tenaient aux côtés de ceux dont il avait la charge, présence aussi rassurante qu'inébranlable.

« Roan et les agents vous conduiront en lien sûr. Je peux vous faire embarquer dans un petit aéronef blindé, et vous emmener loin de la foule. Pour vous ramener chez vous, si tu le souhaites, ou à bord du Balance Point. Je ne sais pas encore ce qu'il se passe avec ce vaisseau, mais avec la foule qui s'agite, mieux vaut éviter le moindre risque pour les filles. Cela te va ? »

Il attendait l'assentiment de Matthew. Si besoin, il était capable de s'en passer pour les protéger, mais il préférait nettement que son fils accepte plutôt que de forcer quoi que ce soit. Mais s'il n'avait pas le choix, il n'hésiterait pas. La sécurité de ses petites-filles était le plus important ; sur ce point, il se disait cependant que son fils et lui devaient être plus sur la même longueur d'onde que jamais. Puis, une fois ses proches en sécurité, il donna toute une série d'ordres sur le réseau de communications sécurisé d'Arkadia. L'Organisation XIII se révélait enfin au grand jour, et elle ne manquait pas d'un certain panache. La fibre narrative de Percy ne pouvait s'empêcher de le reconnaître, mais cela n'allait rien changer à ses actes pour autant. Il n'avait pas réussi à apprendre grand chose sur ce groupe aussi élusif qu'imprévisible, mais il n'allait certainement pas les laisser s'en tirer comme ça ! Pas avec le fleuron des frégates que sa société avait mis au point conjointement avec la flotte écossaise...et encore moins avec le président ! McBeathag ne portait peut-être pas Rose dans son cœur, mais ce dernier considérait le politicien comme extrêmement important pour la bon état de marche de l'Arche, et il n'allait pas le laisser entre les mains de ces terroristes sans réagir !

« Qu'on me trouve les responsables de la sécurité présidentielle. Dites leur de me joindre, et qu'Arkadia leur offre son aide. Mieux vaut nous coordonner, si nous le pouvons. Que les équipes en place aident à contenir les débordements dans la foule. Et qu'on établisse le contact avec le stand de la Potential Home, peut-être bien qu'ils pourront donner un coup de main, et nous de même: nous pouvons les aider à protéger les prodiges. »

Car bien évidemment, des agitateurs avaient profité du désordre ambiant pour mettre leur grain de sel. L'important, c'était d'assurer la sécurité des civils, et empêcher qu'il y ait des blessé. Les divisions d'agents se mirent au travail, protégeant ceux qui en avaient besoin, essayant de maîtriser ou capturer les fauteurs de troubles lorsque c'était possible, le tout en travaillant le plus possible de concert avec les forces de l'ordre. Restait le problème de l'aéronef... Le Harrington était un navire aussi rapide que bien défendu ; ce qui jouait en la faveur de ses défenseurs, c'était que ceux qui s'en étaient emparés ne pouvaient prétendre le maîtriser correctement... Et en parlant de pilote, il avait tout de suite fait appel à la meilleure de tout Arkadia ; mais il savait qu'il n'en aurait pas eu besoin, pas quand Amelia Caine était encore à bord du Harrington. On avait déjà récupéré une quinzaine de membres d'équipage hagards, dont Caine ne faisait pas partie. Et voilà que le VAP personnel de sa compagne, Alexis Stone, se posait déjà à côté du stand.

« Ace. » la salua brièvement Percy. « Ne perdez pas de temps : prenez Miranda, et allez-y. Bonne chance!»

« Merci, monsieur. »
la pilote actionnait déjà les commandes, tandis que Miranda montait à bord. L'agent alpha représentait la méthode d'agissement directe la plus efficace, le temps qu'une équipe d'abordage puisse suivre. Il n'eut pas besoin de lui donner des consignes, elle savait que le plus important était de protéger le président ; le reste de l'équipe qui allait suivre allait tout faire pour reprendre le contrôle du Harrington, d'autant que Stone n'était pas la meilleure pilote d'Arkadia pour rien... Le VAP décolla en trombe, et fila à une vitesse inouïe en direction de l'aéronef volé : rien ne pourrait empêcher Stone d'aller secourir Caine.

« Resolve ? » demanda-t-il sur un autre canal.

« La Sword Division est en route, directeur. »

Et à la tête du transport d'abordage qui décollait du côté du port, la dirigeante de la brigade combattante d'Arkadia avait elle-même pris ta tête. Avec ses siècles d'expérience et sa volonté inébranlable, Resolve était un atout de poids. De même que la dizaine d'agents d'élite de sa brigade qu'elle avait rassemblés à la hâte. Mais il leur faudrait de longues minutes avant de rejoindre le Harrington, et puis il faudrait ensuite l'aborder sans savoir exactement ce qui les attendait à l'intérieur, tout en faisant de leur mieux pour secourir le président, l'équipage et éviter le plus de dégâts alentours. Dans leur transports, ils préparaient leurs armes, et finissaient de se boucler dans leurs armures de combats ; comme leurs dirigeants, ils ne pouvaient plus qu'attendre le contact, maintenant. Percy ne pouvait rien faire de plus que continuer de superviser les communications, protégé par un autre groupe d'agents qui transformaient le stand d'Arkadia en poste de commandement.

Plus haut, le VAP d'Alexis avait sans peine rattrapé le Harrington, et s'arrima à un des points d'attache prévus à cet effet. La jeune pilote connaissait l'engin presque aussi bien qu'Amelia, ayant notamment participé à la conception de certains éléments du plan. Elle sauta sur la passerelle, suivie de Miranda. Puis les deux femmes ouvrir l'écoutille la plus proche, pénétrant dans le bâtiment, se dirigeant le plus vite possible vers le pont principal. Miranda était en tête, concentrée sur son environnement, et le léger don de précognition d'Alexis devrait contribuer à leur éviter de mauvaises surprises. Quoi qu'il en soit, il n'était bon pour personne de se retrouver sur le chemin de Miranda Lockhart quand elle avait une mission en tête...

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Jeu 29 Juin 2017 - 0:09


Kevin était au bord de l'implosion. Prêt de lui, se tenait probablement l'assassin de ses parents. Il ne tomberait pourtant pas dans le piège, devinant que cette délégation cherchait une confrontation ou une provocation. Il inspira un grand bol d'air pour garder le contrôle. Il ne prononça aucun mot mais son regard acéré en disait long sur ses pensées.

En attendant son nom, il se retourna. Il avait été prononcé par une femme qui ne connaissait pas alors que celle-ci semblait le connaître. Kevin ne comprenait pas cet avertissement d'autant qu'il n'arrivait pas à se détacher sur l'arrivée du diplomate qui fort heureusement ne s'éternisa pas. Il haussa les épaules.

L'atmosphère devint encore plus électrique. il se passait quelque chose de très grave. Il eut un silence imposé lorsqu'une voix bouffonne venait d'annoncer le sabordage de l'aeronef et surtout de la prise d'otage du président. C'était grave.

Au calme précéda la tempête. Tout devint agitation et panique. Certains enfants qu'il accompagnait étaient en pleurs. La peur se lisait sur leur visage. Kevin jugea l'instant grave. il fallait rapidement mettre tout ce petit monde en sécurité.


- Mademoiselle Rivers, nous devons conduire les enfants en sécurité. Il se passe quelque chose de grave.

C'est d'une main de maître que Kevin organisa leur retour. Il était inquiet mais il se garda de le montrer. Le cheminement dans la foule lui parut une éternité. Pourtant ils arrivèrent sans encombres à leur bus pour repartir. Kevin s'excusa de ne pas les accompagner plus loin. Il devait rejoindre le stand de la PH pour les aider au besoin. L’institutrice aurait aimé le retenir mais elle comprenait.

- Kevin, soyez prudent. Donnez moi des nouvelles.

Kevin hocha positivement de la tête, accompagnant du regard le départ du bus. Avec rapidité, il ouvrit son sac qu'il avait laissé dans le bus. Il choisit un coin isolé pour y sortir son contenu, soit son costume de super hero. Cela allait être son baptême. Il avait fallu un long cheminement de réflexions et de rencontre (notamment avec Justice) pour qu'il soit convaincu d'incarner un super héro masqué. Le résultat avait de la gueule. Le costume noir et bleu lui était saillant. Sans plus attendre, il activa son pouvoir d'aura kinésique.



Il s'envola d'un bond pour revenir sur ses pas. En hauteur, il avait un bon aperçu de ce qu'il se tramait. Un groupe d'une trentaine de personnes anti prodiges, aux intentions belliqueuses, se dirigeaient vers le stand de la PH. Iron Will, c'est le nom de super héro qu'il s'était trouvé, s'interposa donc. Il fit briller au maximum son aura pour les impressionner.

- Vous n'irez pas plus loin. Laissez tomber vos armes et faîtes demi tour.

C'est comme s'il avait parlé dans le vide. Une pluie de cailloux et objets contondants en tout genre lui tombèrent dessus. Mais avec son aura de force, il ne ressentit rien. Il se baissa pour ramasser une barre de fer qu'il broya en éclats. Apparemment cette démonstration de force avait été plus efficace que ses paroles. La foule rebroussa chemin. Il s'en assura en prenant de nouveau de la hauteur. Au loin, il voyait l'aéronef. Devait-il intervenir ? Il se résigna à ne pas le faire car son inexpérience pourrait mettre le président en danger.

C'était le chaos vu d'en haut. Il avait l'espoir caché que Justice serait de la partie pour le guider...



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Jeu 29 Juin 2017 - 12:53
En temps normal, la foire des inventions était le genre d'événement auquel Charles aurait participé avec Faith. Sa fille aurait adorer les festivités ; espiègle et curieuse, elle s'en serait donné à cœur joie, courant de stand en stand tandis que son père ferait de son mieux pour la suivre et la garder à l’œil, avec l'inquiétude bienveillante caractéristique des parents. Ils se seraient mêlés à la foule, s'émerveillant des dernières découvertes, des portails, de l'envol de l'aéronef. Ils auraient mangé une barbe à papa, ils auraient tout simplement passé une bonne journée. Comme il se doit. Mais ils n'avaient pas eu droit à du temps normal en cinq ans. Les seuls interactions qu'il avait avec sa fille étaient en différé, via les messages enregistrés qu'ils se laissent l'un à l'autre. En-dehors de ça, tout ce qu'il pouvait faire, c'était la regarder dormir. Et ne jamais abandonner l'idée qu'elle était encore en vie, qu'elle existait. Ne serait-ce qu'y songer autrement était tout bonnement impensable. Quoi qu'on lui dise.

Quand les troubles avaient commencé, il n'était pas loin. Il n'avait pas d'autres engagements aujourd'hui, il aurait simplement pu être Charles Withmore, profiter de la fête. Mais rien n'était simple, et il y avait quelque chose dans l'air... Il patrouillait rarement de jour, habituellement, mais mieux valait toujours se tenir prêt. Surtout lors d'un événement pareil. Quelque chose lui soufflait que c'était le moment idéal pour qu'il se passe quelque chose, pour que les vilains en profitent. Quoi, ou qui, il ne le savait pas vraiment. Et peut-être que ce n'était qu'un effet de sa cognition de Justice. Son pouvoir déformait la réalité après tout, et plus il l'utilisait, plus elle avait sur lui une certaine emprise. Mais il restait en contrôle.

On a bien fait de venir, finalement.

La voix était celle d'Arthur Saint-James, transmise via le lien télépathique de Carmen. La sœur de Charles utilisait ses pouvoirs pour mêler leurs esprits, leur permettant une communication totale et une grande coordination. Cela s'était avéré utile plus d'une fois, lors de leurs missions pour le compte du CSN...et dans leur nouvelle carrière de justiciers. Arthur était le plus jeune de leur groupe ; à l'Institut, il s'était entiché des jumeaux, qu'il en était venu à considérer comme ses modèles. Depuis, Charles et Carmen le considéraient comme un petit frère, pouvant se révéler aussi charmant qu'agaçant. Il ne tenait pas en place et avait la langue bien pendue, mais son sens de la justice était tout aussi aigu que celui de ses camarades, et son soutien était inestimable. Non seulement il était l'héritier d'une grande fortune, mais il était le principal artisan de la plupart de leurs gadgets.

On dirait bien.

Le trio observait la scène du toit d'un bâtiment voisin du salon. Charles portait sa combinaison vert sombre de Justice, Carmen en avait une du même acabit mais mauve foncé en tant que Spirit, et Arthur portait la combinaison rouge de Phoenix. Il avait longuement travaillé dessus, la perfectionnant sans cesse depuis la première version conçue à l'Institut de NéoSéoul. Même en civil, il ne pouvait se passer d'un équivalent ; c'était pour lui le seul moyen de contenir ses pouvoirs... Tous les trois avaient un masque intégral qui leur recouvrait le visage et déformait leurs voix.

Comment on s'y prend ?

La question de Spirit résonna dans leurs esprits. A travers elle, Charles pouvait la concentration de sa sœur, et l'excitation d'Artie. C'était leur première sortie en trio depuis leur arrivée sur l'Arche. Fatih était en sécurité, confiée au bons soins de Bobby, l'agent de Charles, le manager officieux du groupe, et un ami fidèle.

Comme toujours : avec panache.

Les répliques de cet acabit venaient facilement à Charles lorsqu'il était Justice, comme s'il ne pouvait pas vraiment s'en empêcher. Cela faisait partie de la persona du super-héros, qu'il le veuille ou non. C'était à se demander où une personnalité commençait et ou l'autre se terminait... Mais pour l'heure, il avait besoin d'être Justice, au maximum de ses capacités.

On aide la foule, on contient les dégâts. Pas question de laisser ces bigots s'en prendre à qui que ce soit, prodiges ou non. Et après, on voit si on trouve un moyen d'aider cet aéronef...

Reçu !

Arthur s'élança le premier, propulsé dans les airs par les jets de flammes qu'il produisait avec ses mains. Carmen prit sa suite, se servant de sa télékinésie pour s'envoler avec grâce. Justice, pour sa part, n'était pas vraiment capable de voler, sa cognition avait des limites. Mais il se propulsa d'un bond impressionnant, avant de se réceptionner sur le sol, un genou plié dans la plus pure des positions de super-héros. Les trois prodiges se séparèrent, s'arrangeant pour se retrouver là où les agitateurs étaient le plus menaçant. Une rafale de feu en arc de cercle dissuada une bande de s'en prendre à des spectateurs affolés, tandis qu'Artie les survolait. De son côté, Spirit déploya un bouclier télékinétique qui stoppa net une pluie de projectiles. Sans doute agacés par une telle démonstration de pouvoirs, plusieurs anti-prodiges s'agitèrent de plus belle, essayant de les prendre pour cible. Parfait : cela valait mieux qu'ils s'en prennent à eux, qui pouvaient se défendre, plutôt qu'à des prodiges moins expérimentés, comme les jeunes de la Potential Home... Et en parlant de cette dernière, Justice vit qu'ils n'étaient pas les seuls individus costumés à s'en préoccuper.

« Je vois que tu apprends vite, petit ! »
lança-t-il à l'adresse de ce nouveau héros « Bien vu, le costume. Comment est-ce qu'on peut t'appeler ? » Averti à travers le lien mental de Carmen, Justice se retourna d'un coup pour saisir un assaillant par le col et le projeter à terre. Arthur et Carmen le rejoignirent, faisons front; Artie était nimbé de flammes, et décocha un grand sourie aux gens alentours. « Garde l’œil sur ceux qui peuvent en avoir le plus besoin. Et après, on verra si on peut faire quelque chose pour le président. » Mais le plus important, c'était d'assurer la protection de tous les spectateurs à terre. « Nous sommes là pour vous aider. » dit-il aux représentants du stand de la Potential Home, plus théâtralement encore qu'il ne l'aurait fait à l'écran: les héros faisaient leur première sortie publique sur l'Arche, après tout.

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Jeu 29 Juin 2017 - 14:19

GEAR


Concernant la paternité, Gear avait tout à apprendre. Enfin, presque. Tous les élèves, assistants et professeurs de la Potential Home étaient sa seule famille, et même davantage. De manière générale, il était attentif aux plus jeunes, en particulier dans sa maison et envers ceux qu’il avait personnellement chapeautés. Même si cela restait à sa manière, il avait été comme un père pour beaucoup. Ironie du sort que sa fille ait été de ceux-là. Mais ce n’était peut-être pas une si mauvaise chose, au moins elle le connaissait.

"J’ai eu beaucoup d’aventures et ce n’était pas davantage. C’est la vérité, et elle le sait." répondit-il à Sveda en haussant les épaules. Avant de reconnaître : "Ça ne veut pas dire que le fait qu’elle soit ma fille m’indiffère, ce n’était peut-être pas très clair ouais… Mais la rassurer, ça devrait être dans mes cordes. Merci, Sved’ !"

Il lui sourit, retrouvant sa bonne humeur habituelle. Du moins, jusqu’à ce que plusieurs visiteurs ne viennent perturber l’ambiance en s’invitant sur le stand de l’école. La plupart des professeurs réagirent en conséquence, s’élevant contre la sorcière et l’ambassadeur. Si la première intriguait Elias et semblait le connaître, le second était davantage une chose qu’il connaissait assez bien. Ce genre de personnalités n’étaient pas rares en Amérique, mais les voir ici sur Edimbourg n’avait rien de réjouissant. Il observa en silence une connaissance de Sveda intervenir dans son face-à-face avec la duchesse, tandis que le reste du personnel de la PH était prêt à intervenir. Mais les perturbateurs finirent par partir d’eux-mêmes, non sans lancer de dernières piques.

"Ces méchants, jamais très originaux dans leurs sorties." dit-il en soupirant, les bras croisés derrière sa tête. Il se tourna ensuite le dénommé Tenobi, et lui tendis une main pour le saluer avec un sourire. "Salut, Elias Dewey. On se connaît pas, je crois ? J’aurais pas oublié un homme comme vous en tous cas. Puis, en se tournant vers le reste du salon. J’espère qu’on aura pas d’autres incidents, maintenant."

Mais, comme pour le détromper, l’incident de l’aéronef arriva peu après. Dès les premières alertes, le corps enseignant présent sur le stand s’activa pour rassembler les élèves, et commencer à les évacuer en les faisant monter dans des véhicules de l’école, des petites navettes aériennes qui avaient notamment servi à amener le matériel. Les autres stands furent également invités à les rejoindre afin de permettre une évacuation rapide et dans le plus grand calme possible. Ce qui n’était de loin pas le cas du reste du salon, sans doute moins rôdé aux exercices d’urgence.

Et préparés à d’éventuelles manifestations à leur encontre. Dès que les premiers anti-prodiges s’étaient approchés un peu trop près du stand de l’école, Pyros et d’autres professeurs s’étaient interposés pour les dissuader d’approcher davantage.

"On dirait que je vais devoir annuler les feux d’artifice. Alors, ne me tentez pas de les utiliser sur vous…" dit le professeur de chimie, dont l’imposante carrure suffisait en elle-même à impressionner la plupart des assaillants. A moins que ce ne soit l’immense lance-flamme qu’il tenait d’une main, et dont les gestes impatients de ses doigts témoignaient d’une envie dévorante de l’utiliser.

Gear de son côté était cependant occupé à préparer quelque chose d’autre. La menace d’un véhicule aussi imposant et dangereux que le Harrington, ainsi que la prise d’otage qui comptait notamment le président, ne pouvaient pas les laisser sans agir. D’ailleurs, il avait croisé le regard de Spanner, puis celui d’Alex revenu sur le stand, et les trois mécaniciens avaient eu la même idée au même instant.

"Tu crois qu’elles sont prêtes ?" demanda Dastan alors qu’ils s’affairaient les trois autours des armures.

"Bien sûr !" lui répondit Gear sans lever les yeux de l’armure qu’il était en train de préparer, la sortant de sa boîte de transport pour l’assembler. L’avantage, c’était qu’elles étaient conçues pour montées en un rien de temps.

"De toute façon, on le verra bien assez vite." conclut Spanner en enfilant d’un geste fluide le bas de l’armure, avant d’assembler le reste avec des gestes précis et habitués, ne laissant par l’urgence de la situation la distraire.

Quelques instants après, l’armure aux couleurs de l’école recouvrait entièrement leur corps. Elle était faite pour des environnements hostiles, mais également pour des missions de recherches. Aussi était-elle aussi résistante que souple, leur permettant d’être parfaitement libre de leurs mouvements. Son poids et sa technologie, en revanche, nécessitait un entraînement physique particulier ainsi que de très bonnes connaissances en mécanique. Mais les trois ayant participé à sa construction, ils remplissaient mieux que quiconque ces critères. Le casque se referma sur leur tête, allumant un écran de contrôle devant leurs yeux. Le projet Hulk Powered Armor était lancé avec quelques heures d’avance. Et surtout, avec un but improvisé tout à fait différent.

"Allez déjà à l’aéronef." leur indiqua Gear, toujours autant de bonne humeur et à l’aise dans l’armure comme s’il s’était s’agit d’un pyjama. "Je donne encore un coup de main ici, et je vous rejoins dès que je peux."

Les deux autres acquiescèrent, avant de décoller l’un après l’autre en direction de l’aéronef, après avoir légèrement plié les jambes pour prendre de l’élan. Et pour amortir le départ dû aux réacteurs de l’armure, qui les faisaient désormais voler à une vitesse semblable à celle d’un VAP de compétition. Elias les observa filer au loin, non sans une petite satisfaction, avant de se concentrer sur le stand et ses environs. La grande majorité des élèves avaient été évacuée, et les autres professeurs continuaient à empêcher les anti-prodiges d’approcher. Mais certains, isolés, parvenaient à se frayer un passage, trop près du stand au goût d’Elias. D’un bond, il s’envola à son tour, attrapant deux assaillants par le col avant de les déposer sur le toit d’un bâtiment, ignorant leurs cris et leurs insultes.

"Ça vous fera du bien de prendre l’air. Peut-être même que ça vous permettra de vous remettre les pensées en place." leur indiqua-t-il avec un sourire, avant de retourner patrouiller au-dessus du salon pour attraper d’autres fauteurs de trouble pour leur faire subir le même sort. Il remarqua alors que d’autres personnes étaient occupées à neutraliser les anti-prodiges, dont certains masqués. Cela le fit sourire. Ça lui rappelait ses jeunes années, aux débuts de la vague des comics aux USA. Et puis, ils avaient la classe quand même, ces petits jeunes. Mais, pas autant que son armure. D’ailleurs, il se demanda s’il ne devait pas essayer de trouver sa fille. A la réflexion, il se dit qu’elle était sans doute capable de se débrouiller seule, et était peut-être même déjà en train d’évacuer avec les autres de l’école. Dommage, il aurait bien voulu lui montrer à quel point son nouveau papa était cool dans sa création.

"Vous pouvez sécuriser un couloir pour qu'on aide les gens des autres stands à venir ici pour se mettre se sécurité, avant de les évacuer quand les véhicules reviendront ?" demanda Pyros à l'individu costumé qui venait de déclarer qu'ils étaient là pour les aider, un peu perplexe face à cette soudaine apparition de plusieurs personnes masquées. Mais venant de la part d'un type qui tenait un lance-flamme dans une main, et une réserve de feux de Bengale dans l'autre, il se dit qu'après tout, pourquoi pas. S'ils étaient de leur côté et aidaient à l'évacuation, c'était tout ce qui importait. Il se tourna ensuite vers ceux qui volaient au-dessus d'eux. "Il faudrait aussi faire en sorte que les navettes puissent voler jusqu'ici en toute sécurité."

Pendant ce temps, Spanner et Dastan volaient pour rattraper l’aéronef, lorsqu’une voix se fit entendre dans leur casque.

"Allo ?"

"Wisdom ?" Même s’ils avaient l’habitude que le 3ème fondateur de la PH apparaissent au milieu de nulle part, ce fut tout de même une surprise de l’entendre établir la communication. "Où êtes-vous ?"

"Au stand de la PH. C’est assez intéressant ici." commenta-t-il avec amusement, comme s’il assistait à un match de tennis. "Mais ce n’est pas le but de l’appel. Arkadia a établi un contact, je vous les passe."

Ainsi, en apprirent-ils davantage sur la situation de l’arche. Amelia Caine faisait partie des otages, et une équipe d’Arkadia était partie en reconnaissance pour tenter de la sauver et de récupérer l’aéronef. En approchant davantage, ils purent repérer l’endroit où la compagne d’Amelia et l’autre agent d’Arkadia étaient entrées dans l’aéronef. Peut-être faudrait-il forcer un peu, mais ils devraient pouvoir entrer à leur suite.

"Ne faites pas toute la partie amusante sans moi !" leur indiqua Gear à travers leur canal de communication avant qu’ils ne pénètrent dans le bâtiment à la suite des agent d’Arkadia.

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Jeu 29 Juin 2017 - 22:58
Ash fut interrompue dans son travail de soudage par une salutation amicale. Elle se redressa, et la torche de chalumeau qui illuminait sa main s'éteignit, avant qu'elle ne relève la visière d'un casque anti- étincelle -elle s'était déjà fait cramer les sourcils une fois, il faut apprendre de ses erreurs... Un grand sourire éclaira son visage en reconnaissant Dastan.

Au compliment sur son travail, elle haussa les épaules comme pour en minimiser l'effet, avec une attitude résolument cool et savamment étudiée, bien que niée en grande partie par la rougeur qui lui monta aux joues.


- Boh. Des bidules. Rien de bien compliqué, finalement. Pas mal d'automates assez classiques.

Elle montra d'un signe de tête les jouets automatisés en question, robots, humanoïdes ou animaux. Son sourire s'emplit cependant de fierté lorsque Mr le Directeur lui parla de son train, et elle éclata d'un rire léger:

- La batterie est alimentée par les rails. Il se recharge en roulant, et ça lui permet d'avoir assez de jus pour le saut. Le défaut, c'est que la loco n'est pas télécommandable... ça serait bien plus fun. Mais j'y travaille.

Elle fit une grimace:

- Arrête, ces machins? C'est de la gnognotte comparés à vos supers armures. Mais je comptais faire un atelier avec les plus jeunes de la House Mechanic un peu plus tard. Leur faire créer leur propre jouet animé. Je me suis dit que ça tenterait probablement plus les petits que les grands.

La métisse retira son casque et ébouriffa ses cheveux avec entrain, pour masquer quelque peu son manque d'assurance.

- J'ai vu de loin, et Kenny m'a fait un rapport. Mais j'ai personne pour surveiller le stand en mon absence, donc pour le moment... Mais promis, je passerais avant la fin. Au moment des démos, de toute façon, tout le monde sera agglutiné au même endroit, y'aura plus grand passage par ici.

Ils discutèrent encore un peu, et la brunette finit par retourner à ses soucis de mécanique, et s'y absorba. Tant et si bien que l'annonce diffusée au travers des haut-parleurs la prit totalement par surprise, en plein milieu d'une gerbe d'étincelle. Elle crut d'abord à une mauvaise blague. Mais en observant la cohue qui commençait à naître tout autour d'elle, la pensée terrible lui vint que tout était probablement vrai. Un vol? Des otages? Elle n'avait clairement pas signé pour ça. Pas plus que pour les agitateurs anti-prodiges qui commençaient à s'en donner à cœur joie.

Puis, la panique. L'évidence la frappa : Kenny était seul, sur le salon, avec des gamins pour tous gardes. Il ne maîtrisait de plus pas son pouvoir qui se déclenchait tout seul sous le coup du stress. Elle ne pensait plus à ses inventions. Peu importe qu'on les lui vole, qu'on les détruise, qu'on les piétine. Peu importe le matériel, elle en referait d'autre. Par contre, elle n'avait qu'un fils.

Elle se délesta du casque d'une main et attrapa son hoverboard de l'autre. Pour le reste, il fallait compter sur la chance. Trois secondes plus tard, elle avait décollé, survolant la foule qui peu à peu perdait la tête, trop haut pour qu'on puisse la désarçonner. Elle prit de la hauteur, tentant d'apercevoir son fils dont elle hurlait le prénom.

Il fallait croire qu'une bonne étoile veillait sur eux. La voix de son gamin l'appelait, avec l'énergie conférée par la peur. Elle fonça.

Kenny était acculé à un mur, et sa peur se lisait aux fleurs de givre que ses mains faisaient naître sur le ciment. Deux assaillants anti-prodiges l'avaient repérés, et s'avançaient vers lui, indifférents au fait qu'il ne soit qu'un mioche terrorisé. Holli fonça vers le groupe, heureusement peu éloigné et atterrit devant le jeune garçon, à qui elle ordonna de monter sur la planche. Elle-même ne quittait pas des yeux les deux connards qui avaient fait l'erreur de menacer son fils, et qui ne paraissaient pas plus impressionnés par son gabarit de crevette. La haine se lisaient sur leurs visages aussi bien qu'elle ne s'entendait dans les paroles prononcés.


- Ta gueule, pour voir, connard?

Ash n'eut même pas à réfléchir. Elle leva une main, paume tournée vers eux, et un jet brûlant fut projeté vers eux. Vu le cri poussé par l'un d'eux, le lance-flamme improvisé dû atteindre sa cible. Le visage goguenard de Wilson passa fugacement dans l'esprit de la métisse, qu'elle fit déguerpir d'un "Merde" retentissant. Sans se retourner pour voir la gravité des dommages, elle serra son fils contre elle, et redécolla, priant pour que la board tienne le coup. Kenny avait beau ne pas être bien épais, elle ne pourrait pas s'envoler aussi haut qu'auparavant. Et encore moins tenter de la voltige.

Peu importe.

Ou aller maintenant? Le garçon, les dents serrées, lui suggéra le stand de la PH, non loin, et ce fut en évitant du mieux possible les haineux et autres défenseurs de la pureté du sang, que mère et fils firent le trajet, forçant sur l'engin pour prendre assez de hauteur pour survoler les gens. Holli se battait contre le tournis qui lui venait. La flamme, de par sa force et sa longueur, l'avait bien déshydratée, et il faudrait qu'elle trouve de l'eau rapidement, sous peine de tomber dans les vapes - ce qui, à 2m au-dessus du sol, aurait été sacrément dommage. Ils arrivèrent sans plus de problèmes à l'arrière du stand, ou l'évacuation des derniers élèves était en cours. S'emparant d'une bouteille d'eau bienvenue qui traînait, Ash en avala une bonne partie, en indiquant d'un large mouvement du bras les véhicules à Kenny. Celui-ci, manifestement en proie à l'hésitation quant au fait de laisser sa mère seule, ne bougeait pas. Il fallut, fait rare, que celle-ci hausse le ton.


- Monte! Maintenant! Je te retrouve à la PH. Tu ne bouges pas de là-bas!

Une vague de feu lancée depuis quelque part en l'air tira un air sombre à la brunette. Elle sentait venir la convocation chez les flics, fissa... Terminant la bouteille d'eau en quelques gorgées, et après s'être assurée que Kenny était bien monté dans un des véhicules, elle s'avança vers Gear, en armure, et Pyros, véritable chevalier pyrotechnique.

- J'peux aider ici? Il se peut que j'ai déjà cramé la gueule de l'un d'entre eux, je suis plus à ça près maintenant.
Ash
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Ven 30 Juin 2017 - 12:09
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Luke Brown


Mr Jones n'avait pas un rapport à la réalité assez fort pour capter la raison des agitations de la masse. Il observait l'hystérie collective sans vraiment savoir à quoi l'associer. Dans son esprit se combinaient des éléments scéniques pour le plonger dans un film catastrophe de série B. Il imaginait, qu'une grosse bête à écailles n'allait pas tarder à crever la ligne d'horizon, pour venir détruire le salon. Cette idée lui paraissait tellement géniale, qu'il en riait comme un simple d'esprit, au milieu de la catastrophe. Mr Jones ne se rendait pas compte qu'il était lui-même vulnérable à une attaque.

- Shit. Ed ! Je te ramène sur le stand de potentiel. … Allez, bouge !

" Attends, je veux voir le monstre. "

- … Quoi ? Bordel ! T'es encore sous crack. P'tain Éden ! Mais qu'est-ce que tu as dans le crâne mec?
(Luke Brown attrapa son neveu par le sweat pour lui faire tourner les talons et retrouver le stand.)

Mr Jones n'était plus aussi musclé que pendant ses années de secondaire. Il était moins solide et il savait qu'il était inutile de lutter contre la force herculéenne de son oncle. Mr Brown avait été cramé lui aussi pendant une mission sur l'Arche Iranienne. Il était maintenant aussi fort qu'un Hulk. Jones se laissait manipuler sans opposer la moindre résistance. Il suivait la montée des hostilités d'un œil curieux. Il n'était pas étonné de retrouver les mêmes foutu insignes en Écosse. A Edembourg Mr Jones avait moins eu à faire aux gangs anti-prodiges. Mais, c'était quelque-chose d'assez commun dans le Bronx.

*Un jour vous serez tous cramés. Bande de Noobs. *

-  « Mau', t'es où? »
( Luke Brown parlait à allô-phone avec un collègue de travail. Il les faisaient toujours avancés à travers la foule. )

Mr Jones remarquait que l'ambiance devenait plus tendue, à mesure, qu'ils arrivaient dans la zone où se trouvait le stand. Un groupe important de casseurs avait totalement bloqué l'espace pour assaillir la PH. Ils avaient l'air furieux et haineux. Les bruits caractéristiques d'une bagarre venaient de tous les côtés. L'endroit était devenue une zone de guerre civile. Le service de sécurité avait de la peine à calmer le « jeu ». Les membres de l'école s'étaient donc organisés pour la riposte.

Un homme chauve, la quarantaine, blanc, les bras gonflés, la peau tatouée, une bouteille à la main frappa l'arrière du crâne de l'ancien militaire, qu'était l'oncle de Mr Jones. Luke Brown demeura de marbre. Mr Jones sentit la pression sur son bras se détendre. Il recula, de deux pas, tout en observant l'air gaugenard du militant extrémiste. Mr Jones ne pu s'empêcher de se marrer à son tour.

"Mauvaise idée dud. "
(L'homme se prit un crochet du droit assez puissant pour faire tomber un joueur de catch. Il tomba sur le sol raide comme un piquet.)

- Grouille.

Mr Jones et Brown firent le tour du carré pour atteindre plus rapidement la zone de ramassage express. Le jeune homme n'eut pas vraiment le temps de réagir tant tout s'accélérait autour de lui. Il se retrouva, à bord du véhicule scolaire, sans savoir exactement comment il était monté dedans. Il remonta l'allée centrale pour prendre la première place disponible dans les rangées. Mr Jones se retrouva à côté d'un garçon d'une dizaine d'années ** , qui avait l'air aussi perdu, dans le chaos ambiant. Il poussa son sac sous son siège. Il plongea sa main dans sa poche droite pour en sortir une barre chocolatée.

"Hey, t'as faim ? (Il observa l'extérieur pendant une seconde. Le spectacle n'avait rien de très réjouissant.) ... T'en fais pas. Mon oncle est avec eux. Ils vont les mettre au tapis ces connards. "


Une trentaine de mètres, en avant, Mr Brown mettait un troisième homme à terre de son poing. Il lui envoya également un coup de pied dans le crâne en assurance. Les deux hommes, qui venaient de voir leur camarade tomber comme une mouche, marquèrent un temps d'hésitation. Brown les fixa faisant mine d'avancer en lançant :BOUH ! Ils sursautèrent et après avoir échangé un regard décidèrent de s'éloigner.

**Kenny

Ed
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Dim 2 Juil 2017 - 12:19
Grace avait éclaté d'un rire sonore à la réplique de son ami. C'était probablement la premier fois qu'elle riait de bon cœur depuis la Bolivie et il fallait avouer une chose, cela lui faisait un bien fou. Soudain, aux côté de cet ancien amant - dont elle se doutait bien qu'il ne resterait pas au rang "d'ancien" très longtemps - elle eut comme l'impression de revivre.

- Une jolie brunette, hein ? Elle riait à nouveau, moqueuse de ses petites technique de drague, qui fonctionnaient d'ailleurs toujours à merveille. Tu as toujours su comment t'y prendre avec moi, le taquina-t-elle. Mais peut-être bien que c'est moi qui vais devoir faire face à une émeute pour t'avoir mis le grappin dessus, regarde comme elles sont toutes envieuses, lançait-elle en désignant d'un geste vague la foule de curieux qui vaquaient à leurs occupations, certes, bien plus intéressés par ce que les stands avaient à présenter que par ce duo composé de nos deux énergumènes.

Le bras du musicien autour de sa taille, elle se laissait guider vers un troquet lorsque les hauts parleurs du salon grésillèrent, attirant ainsi l'attention de la foule. Lorsqu'une voix légère s'éleva pour annoncer le vol de l'engin de guerre, Grace chercha le regard de Vox, comme pour s'assurer qu'elle n'avait pas halluciné ce qu'elle venait d'entendre. Le décollage de l'aéronef était probablement une preuve suffisante pour lui ôter toute forme de doutes. Mais cette annonce n'était pas ce qui l'avait fait réagir, non, son cœur s'était crispé dans sa poitrine à la mention d'otages. Une vague d'horreur s'était emparée d'elle à l'idée que des civils puissent être mis en danger. Le choc se lisait sur son visage, mais elle se décomposa littéralement lorsqu'elle comprit que l'invité de marque en question n'était autre que le Président. Ses yeux s'étaient arrondis comme deux billes, et instinctivement elle lança un coup d’œil à la ronde, comme si elle cherchait quelque chose ou quelqu'un. Ce qui semblait parfaitement vain dans cette atmosphère. Atmosphère qui vira dangereusement de teinte à cet instant précis. Un vent de panique soufflait maintenant sur le salon. La nouvelle avait ébranlé les badauds qui cherchaient à présent à évacuer, de peur d'être pris pour cible. C'était évidemment sans compter sur l'arrivée impromptue de militants ''anti'', qui avaient bien l'intention de semer la pagaille. Pour sa part, la nomade était parfaitement calme, une lueur de détermination brillait dans son œil comme jamais, signe qu'elle avait une idée en tête et qu'elle n'en démordrait pas. Elle avait lâché la taille de son partenaire occasionnel et était venue plonger son regard dans le sien.

- Je suis désolée, il faut que j'y aille, sa voix légèrement tremblante contrastait avec cette attitude sûre d'elle. Je dois trouver quelqu'un, savoir ce qui se passe.

A ces mots, elle tentait déjà de se repérer géographiquement pour établir le chemin le plus court jusqu'à l'espace VIP. Erend. Voilà quelle était son idée fixe. Où était-il ? Allait-il bien ? Était-il avec son mari au moment du kidnapping ? S'emparer du président était une chose, mais Grace savait que tout serait fait pour le tirer de là, mais qu'en était-il du psychiatre ? La jeune femme savait qu'ils devaient couvrir l'événement, une présence officielle de laquelle elle s'était tenue tout à fait à l'écart, venant par ses propres moyens et ne s'occupant pas du programme de ses oncles, mais maintenant c'était tout à fait différent. Elle jeta un dernier coup d’œil à Owen qui semblait vouloir dire "On remettra-ça, promis, appelle-moi" mêlé à un "Ou sinon, suis-moi, mais vite." Déjà elle tournait les talons et remontait péniblement la foule à contre courant pour rejoindre le stand en question. Cette marche était pénible, bousculée par des visiteurs désireux de s'éloigner au plus vite, ils ne prêtaient guère attention à cette demoiselle un peu inconsciente et surtout casse-pieds à s'entêter à vouloir rebrousser chemin. Pour une seconde, Grace cru qu'elle allait succomber à une vague de panique. Une angoisse venait de naître au creux de son ventre. Ce n'était pas celle de la peur qui l'envahissait insidieusement, mais des souvenirs. L'espace de quelques instants elle s'était retrouvée dans les rues du port d'Esperanza. La foule terrifiée, se dispersait de façon irréfléchie. La main de Sasha dans la sienne, ils tentaient de rejoindre le cargo d'une connaissance rencontrée quelques semaines plus tôt. Ni elle ni lui n'était blessés, mais les secousses qui avaient ébranlé la ville avait fait s'effondrer de nombreux bâtiments. Par chance, ils s'étaient trouvé dans la rue au moment où la terre avait tremblé. Ils étaient sans nouvelle du reste de l'équipe humanitaire restée à la permanence de l'organisme non-gouvernementale. Le cœur de l'écossaise battait à tout rompre. Une rumeur courait sur toutes les lèvres, et se propageait plus rapidement que la foule: Un bout de terre s'était effondrée, emportant avec lui un quartier côtier.

Il fallait fuir. Mais vers où ? Sasha avait su quoi faire. Grace s'était figée au milieu des passants affolés. Elle devait se reprendre, elle n'était plus en Bolivie, mais à Edimbourg. Elle devait continuer sa progression. Et trouver Erend. Mais l'idée s'était dessiné simplement dans sa tête et la réalisation allait s'avérer plus complexe. Arrivée devant les loges des officiels, la sécurité semblait particulièrement à cran. Ce qui était compréhensible, ils avaient réussi à perdre l'homme le plus important du pays. Des hommes en noirs, aux carrure impressionnantes, oreillettes et arme de point, s'organisaient pour palier à la situation. Il semblait qu'une force d'intervention s'apprêtait également à intervenir, plus loin, des hommes et des femme en tenues d'assaut attendaient les ordres. La demoiselle, qui malgré son état de choc ne perdait pas le nord, avait tenté d'utiliser la confusion à son avantage en se glissant derrière les cordons de sécurité. Mais c'était sans compter sur l'attention acéré des hommes de la garde nationale. Elle fut interceptée en moins de temps qu'il n'avait fallu pour le dire :

- Miss, vous ne pouvez pas passer par là. Déjà, deux gorilles arrivaient sur elle.

- Je dois savoir ce qui se passe. Comment est-ce arrivée ?! Il faut que... Mais l'homme ne semblait pas vraiment disposé à répondre aux questions d'une civile, ni même à l'écouter.

- Mademoiselle, la situation est sous contrôle, je vous prie d'évacuer avec le rest...

-Sous contrôle ? Elle n'avait pu se retenir de l'interrompre à cette affirmation absurde. Vous trouvez que la situation est sous contrôle ?

- ...des civils, finit-il, imperturbable. Elle continuait pourtant sur sa lancée.

[color=#cc99cc]- Des terroristes ont enlevés le président et la situation est sous contrôle ?

- Je vais vous demander de partir...

-Où est son mari ? Demanda-t-elle tout de go, consciente qu'il ne lui laissera pas le temps ni de lui expliquer sa situation, ni de s'exprimer. Il faut que...

-...ou nous seront obligés de vous mettre en garde à vue.

-...je sache si Erend est en sécurité... Visiblement, aucun des deux n'écoutait l'autre, ce qui rendait la communication d'autant plus laborieuse et si l'homme chargé de la sécurité demeurait, en apparence, très calme, il commençait sincèrement à s'agacer de cette jeune hystérique qui ne voulait pas en démordre et ne se retiendrait pas longtemps de la faire évacuer de force au besoin. Grace, qui commençait à sentir que son temps dans les parages, devait au moins tenter une dernière fois de capter son attention.

-Je vous en prie, écoutez-m... Mais elle n'avait terminé qu'elle esquivait d'un pas alerte en arrière la main qui avait tenté de l'agripper pour la raccompagner vers la sortie.

-Ne me touchez pas. Avait-elle craché froidement en prenant des grands airs empruntés à sa mère - et qui l'effrayaient parfois, tellement l'imitation pouvait être juste.
Grace
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Dim 2 Juil 2017 - 15:25
Ils ne s'étaient pas vu depuis des années, huit pour être exact et pourtant leur alchimie ne s'était pas dégradée d'un iota. Leur danse de la séduction était toujours aussi bien rodée et le musicien fut transporté dans le passé, lorsqu'il l'avait rencontrée au détour d'un bar perdu dans la Nouvelle-Pékin. Il avait posé ses valises dans cette immense arche depuis quelques semaines et après être tombé sous le charme de l'endroit, il avait décidé d'y rester pour une durée indéterminée. Max devait le rejoindre sous peu pour parler musique et contrat. En réalité, il s'apprêtait à trahir son amant et à disparaître de sa vie à jamais, mais ça, Vox ne pouvait même pas l'envisager. Si quelqu'un lui avait dit qu'une crise de jalousie détruirait la confiance qu'il avait en cet homme, il lui aurait ri au nez. Et pourtant...

Heureusement, lorsqu'il avait rencontré Grace, les choses avaient été claires dès le départ et la jeune femme semblait être d'accord avec le fait qu'il n'y aurait jamais rien de sentimental entre eux. Sur bien des points, ils étaient semblables et il se souvenait encore avec délectation de cette première soirée passée ensemble. Leurs conversations, leurs crises de rire, leurs mouvements de reins. Tout avait été parfait et savoir qu'il n'y avait aucun risque d'attachement rendait l'expérience encore plus appréciable. Rares étaient ses conquêtes qui partageaient son point de vue de bout en bout et elles avaient beau lui assurer qu'il n'y avait aucune ambiguïté, il sentait le danger qu'une nuit de plus pourrait amener. Et ce même en ayant été parfaitement honnête, car certes il adorait draguer, mais il ne le faisait jamais en trompant la personne et en lui promettant monts et merveilles. Dans son esprit, en plus d'être malhonnête et de potentiellement le mettre dans une situation délicate par la suite, c'était tout simplement tricher. Il fallait qu'il séduise sans mentir, même si son don lui donnait parfois un coup de pouce. Pour le moment cependant, il se contentait de paroles et de profiter d'entendre ce rire qui lui avait décidément manqué.


- Je dirais même : toutes et tous. Personne ne résiste à mon charme.... Il se pencha à son oreille pour terminer sa phrase dans un murmure. ... pas même les belles brunettes.

Owen n'était pas certain qu'au rythme où les choses allaient, ils resteraient très longtemps dans le bar. Toutefois, les événements qui suivirent le détrompèrent et changèrent complètement le programme qu'il s'était imaginé pour le reste de sa journée. Une lueur de surprise éclaira ses yeux alors qu'il plongeait son regard dans celui de Grace, les sourcils relevés dans une expression incrédule. Une légère angoisse l'envahit alors que des otages étaient mentionnés par les voleurs, avant que l'expression de la photographe ne le mette complètement en alerte. Elle sembla chercher du regard quelqu'un ou quelque chose, avant de revenir à lui avec une expression déterminée sur le visage qu'il ne connaissait que trop bien. A ses mots, ses sourcils se arquèrent encore légèrement. Autant son langage corporel respirait la confiance, autant sa voix trahissait une angoisse dont il ne devinait pas la cause. Certes la situation était confuse et tout autour d'eux la panique se répandait comme une traînée de poudre, mais l'inquiétude de la jeune femme semblait avoir une autre source. Il comprit le sens de son coup d’œil et n'hésita pas un instant à la suivre. Il avait immédiatement pensé à retourner au stand de la PH pour aider à l'évacuation, mais il ne pouvait se résigner à laisser Grace toute seule, d'autant plus en sachant que ses collègues étaient déjà sur place.

Après un bref signe de tête pour lui signifier qu'il restait avec elle, il lui emboîta le pas tout en essayant de la protéger de la confusion ambiante alors qu'elle tentait tant bien que mal de fendre la foule paniquée. Ils étaient les seuls à remonter le courant sous les regards affolés et les bousculades. Et comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que des meutes d'anti-prodiges se joignaient à la fête histoire de mettre encore un peu plus de chaos dans tout ça. Owen pria pour que personne ne soit blessé à la PH qui serait sans aucun doute prise pour cible par ces fous ignorants.

La remontée du flux de visiteurs était difficile et il n'était pas rare qu'il perde la journaliste de vue. Il profita de l'arrêt impromptu de Grace pour la rattraper et s'assurer qu'elle allait bien, mais ce qu'il vit l'inquiéta au lieu de le rassurer. Elle semblait perdue dans des pensées qui ne devaient pas être des plus agréables au vu de l'expression de son visage. Il posa une main sur son dos avec douceur et fut content de la voir repartir, quoique toujours soucieux. Et son appréhension ne se calma pas lorsqu'elle tenta de s'introduire dans les loges officielles, avec peu de succès il fallait l'avouer. Il avait beau savoir qu'elle pouvait passer en mode « boulot » en un claquement de doigts, il savait qu'il y avait plus derrière tout ça et son acharnement à vouloir franchir le cordon de sécurité malgré les gorilles armés jusqu'aux dents en était la preuve.

Le professeur de musique s'était planté à côté de son amie et observait le dialogue de sourd avec une grande attention, prêt à intervenir comme il le pouvait à chaque instant. Son pouvoir ne lui permettrait pas de prendre l'avantage sur le service d'ordre du président, mais il pourrait peut-être le contenir suffisamment longtemps pour que la jeune femme puisse se rapprocher de son but qui semblait être, pour une raison inconnue, le First Man. Il s'interposa donc entre Grace et l'agent alors que celui-ci tentait de l'agripper pour l'évacuer. Un sourire charmeur sur les lèvres, il prit la parole d'une voix calme, posée et quelque peu enchanteresse. Une voix grave et chaude qui se voulait apaisante malgré la folie ambiante.


- Allons, vous voyez bien que cette jeune femme est morte d'inquiétude. Laissez-nous passer et accompagnez-nous jusqu'au mari du président. Ainsi vous pourrez veiller à ce que nos attentions ne sont pas mauvaises. Même si je peux vous assurer que nous ne voulons aucun mal à qui que ce soit et certainement pas à Monsieur Dunbar. Nous souhaitons juste nous assurer que tout va pour le mieux.

L'homme semblait se calmer à mesure que Vox tentait de le convaincre. Ses muscles saillants se décontractaient, la pression de sa mâchoire se relâchait et le musicien aurait parié sur sa réussite si un groupe de cinq agents ne les avaient pas repéré. *Merde* Il se retourna pour croiser le regard de Grace et lui fit signe de se boucher les oreilles. Il concentra ensuite son attention sur ses cibles qui se rapprochaient rapidement, tous leurs sens en état d'alerte. Un raclement de gorge se fit entendre distinctement puis, lorsque les hommes furent arrivés à sa hauteur, Owen commença à chanter dans le but de tranquilliser tout ce petit monde. Il avait réfléchi à toute vitesse au morceau qu'il devait interpréter. Triste ? Joyeux ? Rassurant ? Quelle était la meilleure tactique ? Il s'était décidé en une fraction de seconde pour un vieux tube qui devrait calmer les esprits et donner une opportunité à la journaliste de se faufiler à travers la sécurité. Il mit donc toute son énergie dans son interprétation en espérant que son plan allait ne serait-ce qu'un peu fonctionner. Au pire, les gardes seraient peut-être pris au dépourvu assez longtemps par la cocasserie de la scène. Le bras droit serré contre son corps, il fit un signe de son index à la jeune femme qui voulait bien dire « vas-y maintenant ! ». Si la diversion marchait, il tenterait de la suivre, mais il savait que le contre-coup de l'utilisation de son pouvoir ne tarderait pas à pointer le bout de son nez. Il avait peu de temps pour la rejoindre en cas de réussite.
Vox
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