YOP ! BALLE DE MATCH ? . SCAVENGER

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Mer 17 Mai 2017 - 20:31
" YOP ! BALLE DE MATCH ?

SCAVENGER




Mr Jones avait -comme son arrière grand oncle Dream- une réelle propension à… dormir. Cette action -au demeurant indispensable pour le bien être corporel et psychique- ne demandait pas d’effort considérable et  lui permettait d’éviter de passer trop de temps sous l’égide d’Apollon. Car Mr Jones était ce que l’on appelle communément un “oiseau de nuit”. Son esprit n’était jamais aussi alerte qu’entre 2 heures et 6 heures du matin. A l’heure où la plèbe travailleuse arpentait le royaume de Morphée -dit Morphéus- Prince du sommeil, Mr Jones se trouvait à arpenter la cité, bien souvent à la recherche d’une péripétie. Cependant, avec les années ce mode de vie inversé, lui avait progressivement fait oublier jusqu’au concept du réveil matin.
Le même rituel catastrophique se répétait donc après les premiers “bip” .

*Merrrrde ! 9h18 ! Putain, j’vais encore être bon pour faire un passage à la vie-sco.
Tant pis, d’façon leurs cours théorique à la con, ils peuvent bien ce le garder. Je connais les bécanes. J’ai pas besoin qu’un noomb vienne m’étaler sa science.

Même si j’avoue que regarder Spanner s’agiter pendant une heure, ça pouvait être pas mal… Punaise la nana, sans déconner elle une de ces paires…

Naaan, faut pas que je pense à des trucs comme ça quand je suis encore au pieu.
*

En effet au bel âge de 17 ans, Mr Jones subissait régulièrement les effets d’un réflexe biochimique établi durant la phase du sommeil paradoxal. Il se réveillait donc souvent dans un sursaut de panique et avec la trique. Il dormait le plus souvent en caleçon -sauf quand la température passait la barre des 25 degrés- et avait pour modus-operandi d’ôter ce vêtement et de filer sous une gerbe d’eau chaude, à la suite de laquelle les ablutions matinales. Ablutions durant lesquelles il réfléchissait déjà à l'association des couleurs de sa tenue.

Mr Jones appartenait à ce que la sociologie du genre nommait à présent les “métrosexuels”. C’est le journaliste anglais Mark Simpson qui le premier employa ce terme pour désigner une catégorie de la jeunesse masculine et citadine venue revendiquer son appropriation des codes esthétiques féminins. Sans aller jusqu’à peindre ses orteils, ou abuser de l'épilation intime, Mr Jones était extrêmement attentif à son image. Il aimait être à son avantage. Cela lui procurait un plaisir immédiat et de l’estime de soi.

*Woarf mais qu’est-ce que ça sent ? Dylan**, mon pote je vais te casser la tête. Le mec vient crécher et il laisse son herbe dégueulasse traîner dans le frigo.

Mais qui a fini le lait !
On est le combien déjà ? Le dix-sept… Luck a dit qu’il revenait le 19. On est laaarge !

En attendant, j’ai quand même les crocs. Un burrito chez Pablo ça ferait l’affaire.
*


Mais Mr Jones ne prêtait à son bienêtre intérieur qu’un intérêt très limité, rejetant l’éducation prônée par une mère végétarienne, bouddhiste et adept du pilate. La pizza était son Saint-Graal et Bacchus la seule et unique divinité dont il aurait été prêt à concevoir l'existence. Son organisme pouvait dealer avec une hausse de cholestérol, si seulement c’eu été le seul danger pour son organisme. Car Mr Jones devait dealer avec une habitude autrement plus dangereuse: la drogue.

Mr Jones avait dû quitter New-York de façon précipitée pour éviter un placement par l’Aide Sociale. Il logeait donc à Edimbourg, à des milliers de kilomètres, de sa famille et de ses amis. C’était son oncle maternel -Luck- qui l’hébergeait dans ce qui était un logement de fonction depuis trois semaines. Une colocation impromptue qui avait ses désagréments. L’un des principaux était l’interdiction formelle de faire circuler des substances illicite dans la maison.

Néanmoins, et pour l’équilibre de tous, Mr Jones ne sortait pas sans avoir le cerveau entravé par l’un de ses produits de consommation. Sous l’effet d’une bonne herbe fourni par un petit cultivateur brésilien, Mr Jones se mit plus ou moins en quête d’un endroit où pioncer en attendant 11h30. Le son du ballon de basket qui dribble sur l’asphalte attira son ouïe engourdie. Le sport faisait partie de la culture de son quartier d’origine. Jones dansait avec un ballon, comme il dansait avec une jeune femme avec passion.

"Salut! J’peux venir ? "
(Ce qui servait vaguement de sac de cours s'écrasa sur le bitume. La casquette passait en mode arrière.)

Mr Jones avait effleurer le podium deux années de suite dans son ancien lycée. Il avait fièrement porté le maillot.

**Dylan est un collocataire ponctuel doublé de l’un de ses fournisseurs de cannabis.
Ed
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Jeu 18 Mai 2017 - 18:59

ft. Ed

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「 Yop ! Balle de match ? 」
Chers lecteurs,

Est-ce que je vous ai déjà dit que j’adorais le sport ? Le football, le handball (à prononcer à l’allemande, handbââââl, et non handbaul), la natation, le saut à ski, le parapente, le hockey sur glace, le hockey sur gazon, le tennis, le badminton, l’équitation, le pole dance, les échecs, le flamenco, les dominos… Dommage que je sois déjà chef d’une grande organisation terroriste, j’aurais peut-être fini patineur professionnel. Surtout à cause des justaucorps, c’est trop la classe. Mais aussi, il faut le dire, mon manque de concentration m’empêche de faire une activité sur la durée, et je fonctionne clairement plus sur l’impulsion du moment.

Comme aujourd’hui. J’avais rendez-vous avec Booky, pour une énième discussion sur comment gérer l’organisation XIII, tout ça tout ça. Et, v’là t-il pas que, alors que je me dirigeais tranquillement vers le lieu de rendez-vous au centre-ville, mon attention se porta sur un adorable chien-chien, que sa maîtresse était en train de promener. J’ai passé quelques minutes à jouer avec lui, à me faire lécher abondamment le visage.
Puis, l’instant d’après, c’est le camion à glaces qui m’attire, avec sa mélodie doucereuse et sa promesse de saveurs glacées. Ni une ni deux, je double tout le monde dans la queue, en leur demandant-forçant tout de même avant. Un énorme cornet chocolat-pistache plus tard, je continuais ma promenade, sur le skateboard que j’avais réquisitionné auprès d’un gamin. Enfin, j’ai ordonné, et il me l’a offert de bon cœur. Il était heureux de ce présent, j’en suis certain. Ce skate me convenait mieux qu’à lui. En échange, je lui avais offert trois bonbons à la menthe qui traînaient dans ma poche depuis plusieurs semaines. Echange de bons procédés.
Roulant sur la planche comme si j’étais né avec, je me dirigeais vers les jardins de Princes Street, toujours agréables à cette période de l’année. Les lieux étaient remplis de gens qui faisaient des pique-niques, ou de jeunes en train de jouer à différents jeux de ballon. Et c’est ainsi que, laissant mon skate sur le bord du terrain, j’avais obtenu un ballon de basket et avais commencé à faire des paniers, de façon toujours plus originales à chaque fois.
Je commençais gentiment à me lasser, lorsqu’un garçon à casquette débarqua pour me demander s’il pouvait se joindre à moi. La perspective d’un jeu à deux aiguisa tout de suite mon intérêt, et je l’accueillis avec un grand sourire.
"Bien sûr Bro !" –tous les jeunes avec les casquettes s’appelaient comment ça, même entre filles. Je le savais.- "Cool ton style ! Et ton parfum aussi, j’aime bien !"
Ça me rappelait Amsterdam, allez savoir pourquoi. Les gens sont tellement drôles là-bas, et par association, bah, je l’aimais bien, ce p’tit jeune à casquette ! La drogue, ça me fait plus trop d’effet, mais c’est toujours marrant de voir les autres en subir les effets. C’est comme l’alcool, sauf que j’aime bien le champagne. Les bulles qui chatouillent le palais, y a rien de tel !
Le ballon sous un bras, je lui tendis la main
"Barthram. Mais mes potes m’appellent Babar. Tu as une salutation de gang ? Un truc du genre ? Les jeunes font ça aujourd’hui, nan ?"
Enfin, cher lecteur, je disais ça, mais le gamin était tellement plus baraque que moi qu’il aurait pu limite passé pour plus âgé. Enfin, je pense pas que ça lui aurait plus de savoir qu’il faisait plus vieux qu’un gars de plus de 200 ans. Quoique, j’étais encore bien conservé, non ?



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Dim 28 Mai 2017 - 21:23

[color:5390=##0B3B39] YOP ! BALLE DE MATCH ?

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Mr Jones avait été des gens sociables. Dans l'institution qu'était le lycée Américain, il avait profité de l'aura du sportif. Les gens venaient naturellement vers lui, à la recherche de cette petite lumière diffusée par la popularité. Mr Jones avait allégrement tiré profit de sa réputation. Durant les trois années du lycée, plusieurs camarades s'étaient succédé pour l'aider dans les matières indispensables à la validation du diplôme. La direction tolérait la tricherie à partir du moment où celle-ci servait les intérêts de l'institution. Il valait mieux voir un membre de l'équipe de basket sur le terrain que dans une salle de retenue.

Ainsi Mr Jones avait habilement réussi à dissimuler ses lacunes.

"Heu ouais, merci « Bro ». "


Mr Jones faisait néanmoins parti de la classe pauvre de son arche d'origine. Il subissait les insultes raciales depuis sa tendre jeunesse. Il était l'enfant d'un blanc et d'une noire, tiraillé entre deux communautés qui ne l'acceptait pas. Il avait crié, combattu et renié le système avec ses simples moyens. L'école ne lui avait pas fournis les bonnes armes pour se défendre. A présent, les principes d'équité et de justice sociale ne touchaient plus Mr Jones. Son champ de vision s'était réduit à ses besoins les plus égoïstes et avec lui son besoin de se révolter.

* Toi t'en tiens une sacrée … frère. *

Mr Jones n'avait donc pas toujours été ce jeune homme solitaire au pas pathos. Il avait fait partie d'une bande. Ceux que les bourgeois bien pensants nommaient les voyous. Le Bronx conservait une image négative encore aujourd'hui. Les gangs continuaient d'y faire régner une loi sans pitié. Mr Jones avait échappé à leur emprise grâce au sport et aussi à la musique. Ces deux occupations l'avait propulsé hors du bourbier déterministe. Il avait eu de la chance. Mais Mr Jones n'arrivait plus à composé non plus, depuis qu’il était entré dans la case des prodiges.

"Ed... "
(Il le fixait pour essayer de déterminer son âge.)

Mr Jones avait apprit, de ses expériences, à se fier à ce que lui disait son sixième sens. Il l'avait émoussé. Il était comme une plante dont on a coupé les racines les plus profondes. Le prix ne lui paraissait pas si lourd pour éviter la catastrophe. Mais même sans intuition Mr Jones reconnaissait les stigmates du « chelou ». Il n'en prenait pas grand cas tout à fait conscient qu'il avait perdu la capacité et le droit de se défendre. Cette déperdition de l'estime de soi et de son droit de vivre faisait partie du processus auto destructeur.

* Dans deux seconde il se met à faire du 50cents... *

"Heu, ouais, ouais. Bon, c'est quoi tes règles ? Distance, tout ça ? "

Mr Jones lorgnait le ballon du coin de l’œil pour faire comprendre qu'il voulait déjà passer à l'action. Il profitait du contre-effet de la drogue qui quand elle ne vous mettait pas en effet de léthargie, vous rendait hyperactif. Mr Jones souffrait alors d'impatience musculaire. La seule façon qu'il avait trouvé pour s'en débarrasser était de transpirer et ça de quelque façon que ce soit...

Ed
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Ven 23 Juin 2017 - 19:57

ft. Ed

ft. Scavenger

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Chers lecteurs,

Depuis le temps que je traîne sur cette planète, et les petits bouts volants qui en reste, j’en ai vu passer, des générations. J’ai un petit faible pour celle révolutionnaire du début du 19ème siècle, ainsi que pour le disco. Y a pas à dire, dans les deux cas, on savait se marrer ! Dans le fond, à chaque nouvelle mode, je me pose pas trop de question, je me lance dedans à corps perdu. Je dois d’ailleurs régulièrement faire le ménage chez moi, tant j’accumule des objets inutiles que la publicité nous fait ressentir comme nécessaire. Ils sont forts, quand même, et je me fais à chaque fois avoir. Mais bon, comme je paie rarement pour ces bonheurs éphémères, c’est pas plus grave que ça, et au moins pendant quelques temps, cela m’occupe. Après, avec toutes ces fois où j’ai croisé des jeunes, avec leurs nouvelles habitudes, je m’y perds un peu. Mais quelle importance ?

Dans tous les cas, le petit jeune semblait pas vraiment convaincu par mon approche savamment étudiée d’un point de vue sociologique. Ou alors, il était complètement stone. Ou les deux.
C’était fou, cette tendance des gens à plonger dans la drogue pour échapper à la cruauté de la réalité. Une échappatoire comme une autre, mais qui semblait attirer de plus en plus de monde. Bon, je n’allais pas me plaindre, la révolte, c’était un peu le fonds de commerce de l’Organisation XIII.
Et puis, c’était peut-être le fait que ni l’alcool ni les drogues ne me faisaient d’effet. Pas le moindre. Bookkeeper disait que c’était parce que mon cerveau était comme perpétuellement sous substances illégales, de façon naturelle. Mais quand même, ça me rendait curieux ! Peut-être que ça me rendrait normal, du coup ? Quoique, qu’est-ce que la normalité ? Et j’aurais trop peur de m’ennuyer, soyons honnête.
"Enchanté Ed !" Puis, voyant qu’il me fixait, comme pour essayer de deviner quelque chose. "J’ai un truc sur le visage ? J’aime bien me déguiser, alors parfois, il me reste des traces de maquillage. C’est ça ? Ou est-ce que je me suis encore endormi dans mon bol de céréales arc-en-ciel ?"
C’était fou ce qui pouvait se passer quand on s’endormait sur des objets les plus divers. Cher lecteur, tu sauras qu’on pourrait en écrire toute une encyclopédie, basée sur des expériences empiriques. Je devais d’ailleurs rajouter ça à ma to-do list.
Mais Ed semblait pressé s’en venir au but, à savoir, le ballon. Je pris ce dernier entre mes mains, l’approchant du garçon comme on approcherait un bonbon d’un enfant.
"Huuuum, j’aime pas vraiment les règles. C’est trop ennuyeux de vivre en les suivant ! Ça te va si on improvise ? On fait ce qu’on veut. Sauf se tirer les cheveux, j’ai passé du temps à me coiffer ce matin !"
Et puis, vu la coupe de mon adversaire, ce n’était pas très égalitaire.
Je commençais à dribler, passant à la vitesse supérieure pour tourner autour d’Ed. Je n’avais pas vraiment la carrure d’un joueur de rugby, mais le trop-plein d’énergie constant de mon corps me permettait d’être rapide et souple. Sans compter le millier d’heures que j’avais dû passer à m’entraîner à mettre des buts dans mon bureau, et dans le hall d’entrée de mon manoir. J’en étais à 5478 paniers et 4 vases cassés, au dernier décompte.
"Dis-moi, t’as quel âge ? Tu devrais pas aller à l’école ?" Je réfléchis durant quelques instants, essayant de me rappeler l’âge de la scolarité. Ça aussi, ça changeait tout le temps. "Quoique, je te comprends. Les cours, c’est chiant, et ça sert à rien, pour vraiment changer les choses. J’y suis jamais allé moi, et je me suis toujours très bien débrouillé !"
A l’époque et dans le village paumé où j’étais né, l’alphabétisation des enfants n’était de loin pas une priorité. Mais quand on voyait où j’en étais arrivé –riche, beau gosse, chef d’une super organisation terroriste, futur roi et membre honoraire de Greenpeace-, c’était bien la preuve qu’on avait pas besoin de suivre une éducation classique. Fallait juste pouvoir se faire obéir


Scavenger
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Sam 1 Juil 2017 - 21:14
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* Ce mec est chelou. *

"Nan, y a rien... "

Mr Jones haussait des épaules avec cette nonchalance typique de l'adolescent. Un tic gestuel qui était devenu un vrai réflexe maintenant qu'une grande part de la réalité se dérobait à son entendement le plus basique. Mr Jones n'avait pas (encore) perdu de capacité intellectuelles. Néanmoins, ses muscles cérébraux étaient atrophiés. Il ne cherchait pas le compliqué là où tout pouvait être très simple. Cela lui allait très bien.

Mr Jones se demandait tout de même si son interlocuteur jouait les demeuré, ou bien si lui aussi avait pris un « truc ». Cet homme, bien habillé, riche, faisait partie de la clientèle de Jones. Les discours fantasques de ce genre n'étaient pas rares dans les salles de shoots. Les drogués voyaient le monde sans les codes dont les gens ordinaires avaient l'habitude. Mr Jones avait lui-même plaisir à ne pas se cantonner aux normes imposées par la société. Il devait sans aucun doute remercier Patty Brown-Jones (sa mère) qui le poussait à voir au delas des normes établies.

"Pas de règles, ça me va, ouais."

Mr Jones quittait soudain sa posture décontractée. Il scrutait le déplacement de son nouveau camarade de jeu. Il avait tellement joué au basket plus jeune qu'il pouvait encore se défendre sur un terrain. Il pouvait aussi faire une première évaluation du niveau de l'adversaire. L'homme avait l'air de maîtriser la balle. Il devait jouer assez souvent lui aussi. Mr Jones aimait quand il y avait « du jeu ». D'ailleurs, il s'arrangeait pour suivre les championnats Américains, de sa chambre temporaire.

"Et toi mec ? T'es pas à ton taf. T'as pas l'âge de bosser ? "
(Éden se plaça face à lui, en attaquant, attendant une première ouverture.)

Mr Jones écoutait d'une oreille l'analyse faite par le « Bro ». celle-ci n'était pas celle qu'on entendait le plus souvenant venant des hommes de sa catégorie. De son côté, Mr Jones n'avait pas des parents très croyants en le système scolaire. Ils l'avaient placés en école publique parce que cela leur permettait de ne pas l'avoir à leur charge pendant la journée. Le père de Mr Jones n'avait pas fait d'études non plus. Il était un ferveur défenseur de l'école de la rue. C'est dans la rue qu'il avait monté son besenss et qu'il s'était fait prendre par la police. C'était une triste réalité en New Victoria.

*On sait pour qui c'est les études. *

"Ouais, autant pas perdre de temps. Dés que j'ai le fric, j'ouvre mon truc. "
(Ed tenta une attaque pour récupérer la balle.)

Mr Jones parlait de l'avenir, comme il parlait de sa prochaine sortie au cinéma. En l'état actuel, il ne se projetait pas beaucoup plus loin que le samedi soir suivant. Avec cela, avoir une vie sociale épanouie s'avérait plus compliqué en Écosse. En effet, il n'était pas aisé de se faire des relations (quel qu’en soit le genre) quand on devait rester constamment sous l'effet des pyscotropes. Mr Jones se faisait donc progressivement à la vie de solitaire. Il faisait tout pour s'en convaincre, même s'il était plus ou moins conscient qu'il était en train de virer dans la folie.

"Je paris que t'es patron d'une boîte, ou un truc comme aç. "

Ed
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Mar 1 Aoû 2017 - 14:21

ft. Ed

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Chers lecteurs,

D’après ce qu’on voit aujourd’hui, les jeunes sont un peu comme ces animaux qu’on voit dans les reportages animaliers. Des êtres intriguant, à approcher avec précaution. De préférence, avec un peu de nourriture à la main. Il faut gagner leur confiance, avant de pouvoir espérer interagir avec eux. C’est pas moi qui le dis, c’est la télévision. Ce que j’en dis, c’est que je préférais croiser un panda roux plutôt qu’une horde de gamins de dix-sept ans. Mais bon, faut reconnaître que si le premier est plus agréable à câliner, les seconds sont plus amusants pour faire la fête -ne jamais faire la fête avec un panda roux, conseil d’ami.

Et puis, jouer au basket avec Ed serait plus sympa qu’avec un panda, on est d’accord. Je lui offre un grand sourire lorsqu’il accepte de jouer sans règle, pour le fun. High Five si toi aussi tu ne comprends rien à rien aux règles du tennis. Mon adversaire devait être de cette catégorie. Un peu amorphe et apathique. Ce qui ne l’empêcha pas de s’activer pour suivre mes mouvements et la balle, ce qui était tant mieux.
Quand il y a du challenge, c’est plus intéressant.
Je profitais des quelques dribles d’échauffement pour lui poser des questions. Difficile de savoir si j’allais avoir des réponses ou ce que j’allais entendre. Mais au pire des cas, c’était pas grave. J’avais l’habitude de faire la conversation pour plusieurs. Il me répondit cependant, me retournant la question. Je ris, amusé. A la fois par sa non-réponse et par les questions.
"On peut dire que j’ai plusieurs jobs, ou que j’en ai aucun. Je fais tout par passion, alors c’est plus vraiment des boulots. Et ce qui compte le plus, c’est la liberté de faire ce qu’on veut. D’être jeune dans sa tête. T’es pas de mon avis, Ed ?"
Un type extraordinaire comme moi ne pouvait pas avoir un boulot banal comme tout le monde. Ou une vie rangée et tranquille. J’étais un créatif, un vrai artiste. Je vivais donc une vie de Bohème, mais moderne. Pas question de mourir de la gale dans un grenier miteux en mourant inconnu de tous.
Toujours en riant, j’eus un mouvement souple et rapide pour éviter de lui faciliter la tâche et d’approcher trop du ballon. Comme mon adversaire, je savais me débrouiller sans en donner l’air. De longues heures d’entraînement dans mon bureau à bord du Céleste, lorsque je n’avais pas envie de lire la paperasse que Bokky me donnait.
C’est-à-dire, presque tout le temps.
"Ah oui ?" demandai-je en continuant à tourner autour de lui, faisant passer de temps à autre le ballon le long de mes épaules. "T’as raison, être son propre patron, y a que ça de vrai ! Tu voudrais ouvrir quoi comme boîte ?"
Ce qui anticipa sa nouvelle question, et me fit rire à nouveau. Comme quoi, même s’il semblait apprécier la fumette, il savait réfléchir.
"On peut dire ça." répondis-je avec un petit sourire énigmatique. "Je veux rendre le monde meilleur, mais toujours en m’amusant !"
Comme pour sublimer ces paroles, je m’arrêtai net et envoyai la balle vers le panier. Elle tourna avec élégance autour de l’arceau avant de retomber au milieu.
"Youhou !" criai-je en levant les bras, avant d’aller récupérer la balle, non sans avoir fait quelques sauts et une roue avant.
"Et toi ? T’as des rêves, mon p’tit Ed ?" lui demandai-je en lui tendant la balle, toujours un grand sourire sur les lèvres.
L’échauffement était terminé. A lui de me montrer ce qu’il savait faire.

Scavenger
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Lun 21 Aoû 2017 - 12:57

YOP ! BALLE DE MATCH ?

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Mr Jones avait appris à sourire sans paraître moqueur. Il n'avait pas été premier de sa classe mais il avait été élevé de façon solide. Mr Jones découvrait en plus que Luke Brown (son oncle) était encore plus exigeant que sa sœur. Avec cet homme les gens avaient dans leur intérêt de ne pas se faire remarquer. Les premières semaines de cohabitation n'avaient pas été évidentes à gérer pour deux solitaires comme eux.

"Ouais, Ouais. F'in pas que dans sa tête, ça aide aussi de tenir la route."

Mr Jones ne cherchait pas à cacher à ses interlocuteurs quand il faisait une référence tacite. Chacun faisait des références à son propre vécu. Là se trouvait toute la matière fondamentale qui permettait à l'individu de construire son histoire et donc aussi son avenir. En l’occurrence Mr Jones évoquait entre les lignes l'homme qui lui servait de géniteur. Une vie d’excès avait vieilli Clay Jones ne façon prématurée. Il était vieux avant l'heure et attendait le moment où il pourrait sortir de prison.

Mr Jones suivait les mouvements de l'adversaire aussi rapidement qu'il en était capable.

"... Un garage."
(Éden suspendit son souffle, hésitant à ajouter quelque-chose.)

* Sauver le monde en jouant aux billes. Il se prend pour Iron-Man le gars, ou quoi ?*

Mr Jones avait grandi dans un quartier où la drogue remplaçait l'argent dans les échanges. Il avait regarder sa mère compter les sous à chaque fin de mois. La pauvreté les avaient amené à quémandé la clémence du logeur, la charité de la voisine, le fric des copains de Patt Jones. Mr Jones avait vu sa mère trimer pendant toute son enfance, uniquement parce qu'elle était une femme noire célibataire. Aussi était-il vacciné contre l'optimisme et les utopies. Mr Jones s'était fait une raison le monde était injuste et ils n'y pouvaient rien.

"Les rêves c'est pour les gosses. Nan ? J'rève d'épouser Lindsey Morgan..."
(Éden eu un sourire en coin. Puis, d'un coup, d'un seul, il se mit à dribbler pour doubler son adversaire et faire un panier. )

Les épreuves qu'il avait traversé l'avaient endurcie, mais Mr Jones n'avait pourtant pas encore complètement perdu son âme. Il était encore un enfant de dix-neuf ans au tout début de sa vie. Il y avait chez Mr Jones des sursauts de légèreté et d'innocence. Sous ces raisonnements fatalistes et cette attitude désabusait ce cachait le petit garçon qui avait rêvé de devenir disque de platine. Malheureusement ce visage là restait caché de crainte de disparaître pour de bon.

"Yeah ! … on s'fait un paris ? Si je marque le premier tu me files ta montre ? Deal ? "
(Éden semblait beaucoup plus éveillé. )

Mr Jones aimait jouer. A mesure qu'il gagnait le terrain et oubliait sa réserve, il retrouvait quelque-chose de profondément humain.
Ed
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Sam 9 Sep 2017 - 20:29

ft. Ed

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Chers lecteurs,

La vie est facile, si on décide de le voir et de le vivre ainsi. Nous sommes loin de naître égaux. Et j’en sais quelque chose. Malgré le fait que je sois né en pleine période des lumières, on peut dire que, dans mon coin reculé du Danemark, ma famille n’était pas des lumières. Disons-le franchement, ils étaient pauvres, paysans de générations en générations. Je repense à eux, de temps en temps. En essayant d’éviter de me rappeler qu’ils ont essayé de me noyer, ça me met de mauvaise humeur. Mais bref, je me suis sortis de cette condition et me suis débrouillé par moi-même. Evidemment, ça n’a pas été toujours évident, mais j’avais très tôt réalisé que définir mes propres règles étaient la clé d’une belle vie. Ça, et la discrétion, ainsi que les plats à base de pomme de terre. Et les choses me réussissaient plutôt bien depuis que j’avais arrêté de me prendre la tête. Comme quoi, c’était un état d’esprit.

Et c’était exactement ce que j’étais en train d’essayer d’expliquer à mon petit basketteur. Il semblait un peu désabusé et en marge, ce qui ma foi était le cas de beaucoup.
"La tête d’abord, et le reste suit." répondis-je avec un hochement d’épaules. "Tu vois le monde comme tu veux bien le voir, et après, tu agis en conséquences. C’est pas donné à tout le monde, mais c’est pas réservé qu’à ceux qui ont du fric."
Et j’en étais sans doute une belle preuve. Bien sûr, l’argent, ça aidait. Mais ça faisait pas le bonheur non plus. Enfin, sauf quand on voulait acheter une bouée gonflable en forme de licorne pour ma piscine. Mais en dehors de ça, il suffisait de me donner deux morceaux de bois, et je m’amusais comme un fou à terroriser les petites frappes autours des écoles.
Tout en continuant à tourner autour du petit Ed, j’en profitais pour l’interroger. Il voulait ouvrir son propre truc, un garage. C’était un projet intéressant, et si je ne me passionnais pas spécialement pour les véhicules, la bricole me connaissait bien.
"C’est plutôt cool ça ! Je bidouille des trucs aussi de mon côté. Des objets auxquels personnes n’a jamais pensé. Tu vois le truc ? Et tu penses y arriver ? A rassembler l’argent pour monter ton affaire ?"
L’argent, ce n’était que des bouts de papier. Aussi, je les traitais comme tels, et je m’embarrassais jamais pour en trouver. Par contre, ce que j’estimais, c’était le travail. Et tout effort mérite récompenses. Je m’efforçais de rendre le monde meilleurs, que cela soit avec mes inventions, mes créations, l’Organisation ou autres. Alors, ça me semblait normal que l’univers me rétribue d’une manière ou d’une autre.
"Et alors ?" répondis-je avec une moue. "T’as un problème avec les gosses ? J’ai beaucoup d’amis qui ont moins de douze ans, et ils sont très réglos. Et pis, t’en es un je te signale, de gosse." Je réfléchis durant quelques secondes, cherchant à retrouver pourquoi le nom qu’il me disait m’évoquait quelque chose. Je croisais tellement de monde, en même temps. "Je crois que je la connais. Elle est venue à une de mes fêtes, il me semble. Ou inversement. Tu veux que je te la présente ? Par contre, tu peux te contenter d’une partie de Mario Kart avec elle. Le mariage, c’est un peu surfait comme concept."
Dixit l’homme qui avait déjà tenté l’expérience. Ça avait pas toujours été nul, loin de là, mais bon, ça valait quand même pas un abonnement à Disneyland.
Je le fixais prendre de la vitesse avec ses dribbles, avant que mon regard ne tombe sur la montre qu’il voulait mettre en jeu. Ma super montre pokémon que j’avais moi-même fabriquée selon un modèle trouvé dans un paquet de céréales et qui indiquait toujours l’heure de Montréal. Parce qu’on ne savait jamais, ça pouvait toujours servir. Et ça me donnait toujours beaucoup d’avance. Malin, hein ?
"Ok !" répondis-je avec un grand sourire. J’étais joueur, et quelque chose me disait qu’Ed aussi. "Et si je marque… tu nommeras ton garage Babarland !"
C’était plutôt un cadeau. Un nom pareil ne pouvait être que vendeur ! Je m’avançai vers le centre du terrain, et fixai mon adversaire. "Prêt ?"
D’un seul coup et avec toutes mes forces, j’envoyai le ballon contre le sol pour le faire rebondir à plusieurs mètres. C’était à celui qui l’attraperait le premier.

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