[CLOS] Nièce en détresse [GRACE]

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Mar 16 Mai 2017 - 0:25

Nièce Grace Andrews

Chef de Cabinet Doug Averill

Président Alastair MacBeathag

Nièce en détresse
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Concentré sur la lecture d'un rapport, Alastair avait les sourcils quelque peu froncés, comme si quelque chose le préoccupait et ce n'était pas que ce qu'il était en train de lire qui le rendait ainsi. Après tout, la conversation téléphonique qu'il avait eu avec sa cadette quelques jours plus tôt, l'inquiétait, au moins un peu. Pas tant pour sa sœur dont il se foutait éperdument, mais bien pour sa nièce. Il espérait que cette dernière ait trouvé un coin tranquille, loin de cette Arche, où elle vivait comme elle le souhaitait, sans le poids de cette famille désuète... enfin, ça, c'était ce qu'il espérait le plus pour elle.

Le rapport qu'il avait entre les mains, parlait des Arches qui s'étaient écroulées, il en avait des sueurs froides. Ce n'était pas parce qu'il semblait dénué de tout sentiment, froid comme la pierre, qu'il l'était complétement. De plus, ce genre de nouvelle, ne pouvait laisser indifférent. C'était terrible et il fallait bien l'avouer, il lisait avec une petite appréhension les noms des ressortissants écossais qui étaient au nombre des victimes. Sincèrement, il se voyait mal appeler sa sœur pour lui apprendre le pire. Déjà qu'il la trouvait particulièrement hystérique, il pouvait craindre le pire si cela arrivait. Sans compter que, bien entendu, elle lui mettrait toute la faute sur son dos...

Domhnall leva les yeux quand on frappa à sa porte, il invita à entrer. Ce fût Doug qui fit son apparition, il haussa un sourcil en voyant son regard. Ce dernier semblait presque un peu pressé, comme si la nouvelle qu'il avait à lui annoncer ne pouvait pas attendre plus longtemps.

- Que se passe-t-il Doug?
- Monsieur, c'est votre nièce...

Dans un mouvement, l'homme politique était déjà debout, prêt à encaisser la pire des nouvelles. Ce n'était pas parce qu'il ne la connaissait que très peu, qu'il ne comprenait pas les enjeux de sa disparition.

- Et bien quoi?
- Elle fait partie des écossais que l'on rapatrie du Pérou.

Dom' sentit comme un sac de pierre tomber à ses pieds. Au moins Grace ne revenait pas entre quatre planches et c'était déjà un soulagement en soi. Il fit un petit mouvement de la tête, pour pousser son homme à finir son rapport oral. Puisqu'il avait commencé, autant qu'il sache le tout. Ils étaient donc arrivés à l'aérodrome en début de soirée. Des médecins étaient là pour récupérer les blessés et faire les premières constatations. Il n'en fallut pas plus au Président pour prendre les devants. Mieux valait qu'il s'occupe en personne de sa nièce.

Ce fût à cet instant qu'il remarqua qu'on avait tenté de le joindre, sans succès. Pourquoi ce foutu téléphone ne se faisait entendre seulement quand c'était Elisabeth, voir son père qui était à l'autre bout du fil. Le numéro était inconnu, il écouta le message qui avait été laissé sur sa boîte vocale. Décidément, tout s'enchaînait, la demoiselle au bout du fil lui demandait un peu d'aide. Bien, au moins étaient-ils sur la même longueur d'onde.

- Allons-y.
- Rien n'est prévu pour votre sécurité.
- Howard sera là et vous irez la chercher, je vous attendrai dans la voiture.

MacBeathag n'avait pas l'intention de faire un bain de foule à l'instant, surtout que ces femmes et ces hommes ne cherchaient sans doute pas à serrer la main d'un homme politique, même quand on parlait du président de l'Arche et lui, personnellement, ne le souhaitait pas. Pas maintenant. Il préférait qu'on s'occupe d'eux d'abord. La longue limousine était déjà prête à partir, le moteur tournait, il s'installa à l'intérieur, allant s'asseoir sur les banquettes le plus au fond possible, proche des passagers de l'avant, alors qu'il observait les rues d'Édimbourg à travers les vitres fumées. L'aéronef faisait son apparition, il se frotta un instant la barbe, restant patient et tranquille à l'intérieur de l'habitacle, en profitant pour envoyer un message à son mari, lui annonçant un potentiel retard, le temps de ramener sa nièce à l'hôtel et s'assurer qu'elle y serait bien.

Doug quant à lui, entra alors d'un pas vif et sûr dans le bâtiment, à la recherche de Grace Andrews. En posant les bonnes questions aux bonnes personnes, il la retrouva bien rapidement, le regard semblant un peu perdu dans le vide, en mauvais état, mais contrôlée par un médecin. Il s'approcha sans attendre.

- Mademoiselle Andrews? Doug Averill. Je suis là pour vous aider. Pouvez-vous me suivre?

Doucement, mais sûrement, il l'amena à l'extérieur, sans plus répondre à ses questions, lui ouvrant seulement la porte de la limousine. Cette demoiselle devait avoir eu l'habitude de ce genre de véhicule, elle ne serait donc guère surprise de monter dans une, n'est-ce pas? Au fond de l'habitacle, Domhnall l'attendait toujours patient.

- Vous avez le chic pour offrir des cheveux blancs à votre mère Grace... et nous savons tous deux à quel point cela la rend hystérique. Fit-il en guise d'accueil, d'une voix assez neutre, pour ne pas être trop glacial, après tout, elle n'avait pas à subir ses foudres... quoique. Prenez de quoi vous désaltérer, il y a à boire dans le petit bar à côté de vous. Et à manger, si vous avez faim...

Un message s'afficha sur son portable, monsieur MacBeathag, First Man du pays, ne laissait guère le choix à Monsieur son mari le Président, la petite venait chez eux et ce n'était pas une question, car hors de question de la laisser seule à l'hôtel vu ce qu'elle avait dû vivre. Il soupira un instant, c'était bien parce que c'était Erend qui l'exigeait.

- Mon époux me presse de vous accueillir chez nous. Vous y serez en sécurité le temps que.... je prévienne votre mère. Et Dieu savait comment il n'en avait pas envie!

Domhnall cogna deux fois contre la vitre le séparant de son chauffeur, lui donnant la destination à suivre. Doug s'était installé à côté d'Howard pour laisser les deux membres de la famille, en tête à tête.
Domhnall
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Mar 16 Mai 2017 - 14:11
La luminosité commençait doucement à décliner en cette fin de journée et, dans le grand hall vitré du terminal, les lumières bleutées des lampes à xénon s'allumaient une à une pour repousser la nuit tombante. Dehors, sur les airs d’amarrage des aéronefs, les silhouettes sombres des grands bâtiments se découpaient sur un ciel indigo, flamboyant à l'horizon.
Le regard capté par ces couleurs de fin du monde, Grace observait en silence la nuit se poser sur l'aéroport.
Elle était assise là depuis quelques heures maintenant, sur ses sièges en enfilade, moulés d'un bloc dans une résine lise et froide. Le manque de confort lui importait en réalité, peu. Perdue dans ses pensées, elle se surprenait à apprécier le calme et le silence qui régnait dans la vaste salle d'attente où on avait accompagné les rescapés dans l'attente qu'ils puisse rentrer chez eux.
A cette heure, cette partie du terminal était presque entièrement vide et tout y était particulièrement feutré. Le bruit des pas des hôtesses d'accueil, dans leurs escarpins aux semelles de caoutchouc, les tintements irréguliers de l'ouverture des portes d'un assesseur, le vrombissement léger de la climatisation. L'ambiance sereine d'un autre monde. Un univers où la température était parfaite, la lumière ni trop faible si trop aveuglante, l'air parfumé de très subtile senteurs de propreté.
Dans ce lieu aseptisé, la jeune femme se sentait fatiguée, sale, usée, délavée. La toilette sommaire qu'elle avait tenté de faire dans un des espaces de rafraîchissement de l'aéroport ne lui avait donné qu'un vague sentiment d'être juste un peu moins crasseuse. Elle rêvait d'une douche.
Dans la chaleur moite du Pérou, de ses grands hangars non climatisés où la saleté était juste ignorée, ici, elle avait l'impression d'être parfaitement inadéquate.

Inadéquate. Oui, c'était le mot pour ce retour à une tout autre réalité. Une réalité plus proche du rêve, et dans laquelle ses souvenirs pouvaient s'apparenter à des cauchemars. Elle tentait de ne pas se laisser emporter par les vagues d'images de ses dernières semaines qui la submergeaient comme un roulis régulier. Pourtant, tenter de se figurer l'avenir n'était pas plus rassurant. Son retour à Édimbourg avait quelque chose de forcé et elle n'avait pas la moindre envie de se trouver là. Il n'y avait rien pour elle dans cette ville, juste tout ce qu'elle avait cherché à fuir. La force des choses avait pourtant voulu qu'elle se retrouve là. A devoir considérer la possibilité qu'appeler sa génitrice soit une des seule options qui s'offrait à elle, incertaine que l'appel à son oncle ait été une bonne idée.
Tout bien réfléchit. Elle préférait encore devoir dormir sur ses sièges de plastique une nuit entière, plutôt que de composer le numéro de sa mère. Mais sans un centime en poche, prendre une navette pour le centre ville ou se payer un hôtel était impossible. Et il était trop tard et elle était bien trop à bout de force pour considérer marcher ou faire du stop.

La jeune voyageuse fut sortie de ses rêveries par une voix. Relevant le menton vers l'homme qui s'était adressé à elle par son prénom, elle le détailla de la tête au pied, un peu dérouté. S'il connaissait vraisemblablement son identité, elle ne l'avait jamais vu et son nom ne lui disait rien. Le fait qu'il soit vêtu d'un costume de plutôt bonne qualité excluait la possibilité d'un membre du personnel de l'aéroport ou d'un agent des services de l'immigration.
Le plus étonnait étant qu'il l'avait invité à le suivre.
Grace n'avait pas bougé d'un millimètre. Elle s'était contentée de battre plusieurs fois des paupières, comme pour essayer de comprendre. La fatigue n'aide décidément pas et elle devait se forcer à rester parfaitement concentrer, surtout dans une situation aussi étrange.

-Et je suis censée suivre un inconnu sans poser plus de question, juste sur cette affirmation ? Avait-elle fini par articuler en observant tour à tour son interlocuteur et les environs pour chercher, au besoin, une assistance.

-S'il vous plaît, ajouta l'homme avec cette tonalité patiente qui laissait néanmoins entendre que la contestation n'était pas vraiment la bienvenue. l tendit alors une main pour l'aider à se lever, le regard insistant.

Pour quelques secondes encore, la jeune femme resta parfaitement immobile, soutenant le regard de cet homme en costume, tentant de mettre en ordre ses pensées et de rationaliser.
Puis elle soupira. Un soupire de renoncement. En fait, elle n'avait pas la force de protester plus longtemps. Il n'y comprenait rien et se morigéna intérieurement de ne pas être plus prudente, mais le type n'avait pas particulièrement l'air louche et elle se trouvait dans un aéroport bardé de caméra de surveillance, aussi elle restait méfiante, mais suivit docilement ce « Doug » qu'on avait, visiblement, envoyé la chercher. Passant sur son épaule son sac maigre de quelques possessions sauvées, elle se demandait qui pouvait bien avoir envoyé ce gars de bureau la prendre la l'aéroport. Son oncle ? L'idée semblait absurde, il n'avait pas même répondu à son message. Ses parents ? Impossible qu'ils soient au courant... Mais il paraissait que tout venait à point à qui savait attendre.

Quelques minutes plus tard, ils se trouvaient sur les airs d'attentes où une file taxis désœuvrés stationnaient dans l'espoir de ramener vers la capitale quelques voyageurs tardif. Parmi eux attendait une longue limousine noires.
Grace s'arrêta une seconde pour détailler le véhicule. Si elle n'avait été aussi exténuée, elle aurait probablement levé un sourcil surpris, un brin désabusée même, par l'allure tapageuse de la voiture de luxe. Elle jeta un coup d’œil à son accompagnateur comme pour chercher en lui la confirmation que c'était bien là-dedans qu'on attendait d'elle qu'elle prenne place. La réponse vint bien assez rapidement lorsqu'il ouvrit la portière.
La jeune voyageuse n'avait toujours pas bougé d'un centimètre et se trouvait à plusieurs pas du véhicule dont le moteur n'avait été coupé.
Plusieurs questions lui brûlaient les lèvres, elle voulait des explications, mais puisque les poser étaient plus long et lui demanderait plus d'énergie que de voir par elle même, elle se glissa dans la voiture.

L'accueil fut loin d'être chaleureux.
A peine installée, elle avait reconnu, face à elle, le frère de sa mère. C'était donc effectivement son oncle qui s'était donné autant de mal pour la récupérer. Elle se serait probablement questionnée sur le pourquoi du comment de cette mise en scène particulière, si les premières paroles qu'il lui adressa n'avaient été aussi abruptes.
En fait, Grace était capable d'endurer beaucoup de choses et beaucoup de remarques, dans beaucoup de situation différentes, qu'elle pesait toujours les mots plutôt que de les prendre directement pour elle et de réagir au quart de tour. Mais là... là, il fallait avouer que son oncle Gareth avait visé pour faire mouche.
A la seconde même où elle s'était assise, elle avait eu l'envie mordante de ressortir de la limousine, et de l'envoyer se faire foutre. Elle n'avait pas besoin de ça. Pas besoin qu'on lui dise quoi que ce soit au sujet de ses choix, de ses décisions, encore moins de sa mère... Pas là. Pas maintenant. Pas après tout ce qu'elle venait de vivre.

Mais étrangement, elle se contenta de fixer son regard dans celui de l'homme face à elle. Sa mâchoire se décrispa et un sentiment abandon s'empara d'elle. Non, là, elle n'avait pas l'énergie de protester, d'arguer contre de tels propos, de lui faire entendre son point de vue. Elle détourna le regard, ferma les yeux pour une seconde et encaissa le coup.

-Merci d'être venu, murmura-t-elle, un peu entre ses dents, mais non sans une véritable reconnaissance. On lui avait appris la politesse et c'était la moindre des choses, en dépit de la remarque, que de montrer sa gratitude.

Elle hocha ensuite doucement de la tête lorsque Domhnall lui proposa de se servir en eau ou en nourriture, signe qu'elle avait entendu son offre et qu'elle l'en remerciait. A vrai dire, elle mourrait de soif et de faim, pourtant, quelque chose dans son éducation l'avait toujours retenue de se servir, même si on le lui proposait. C'était là ce qu'on appelait les bonnes manières, celle qu'on lui avait inculqué à coup de remontrance et de petites tapes sur les mains lorsqu'elle venait à se resservir elle-même à table. Des habitudes qui avait la peau dure, même dans de pareilles circonstances (ou surtout, dans de pareilles circonstances).
Aussi, et puisqu'elle n'avait absolument rien à répondre d'autre, elle resta parfaitement silencieuse. Elle l'observa sans rien dire regarder son téléphone et détourna les yeux une seconde pour voir l'entrée du terminal à travers les vitres fumées, avec ses grosses lettres lumineuses. ARRIVEES. Humph. Elle revint sur son interlocuteur lorsque celui-ci lui annonça qu'elle était invitée à rester chez lui jusqu'à ce que Elizabeth soit prévenu.

-Je préfère qu'elle ne soit pas mise au courant. Avait répondu la nomade du tac-au-tac à peine avait-il mentionné sa génitrice. J'irais à l’hôtel, assura-t-elle en laissant entendre qu'elle n'imposerait pas sa présence plus longtemps que nécessaire. La façon dont il avait tourné la phrase laissait entendre que l'initiative était de son conjoint, elle ne le dérangerait donc pas longtemps et trouverait le moyen de subvenir rapidement à ses besoins s'il le fallait. Son cœur s'était légèrement emballé de cet intervention. Elle respira tranquillement pour empêcher les palpitations causées par l’éreintement. Merci à Erend, ajouta-t-elle sincèrement en esquissant quelque chose qui ressemblait à un sourire gêné.

Au signal de l'homme, le véhicule redémarra.
Grace
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Mar 16 Mai 2017 - 23:49

Nièce Grace Andrews

Chef de Cabinet Doug Averill

Première Ministre Joan Warnock

Président Alastair MacBeathag

Nièce en détresse
Domhnall n'était peut-être pas le plus altruiste des hommes, c'était pourtant un observateur. Il ne lui avait fallu qu'un regard sur sa nièce pour voir à quel point cette dernière semblait épuisée. Une légère crispation de la mâchoire démontrait que cela ne convenait guère à l'homme. S'il estimait que sa famille se résumait à son époux, ça n'empêchait pourtant pas le fait qu'il pouvait éprouver un désagrément à voir sa nièce ainsi. Elle avait dû vivre quelque chose d'éprouvant.

- Je comprends que vous n'ayez guère envie de vous retrouver avec votre mère... fit-il d'un ton de compréhension alors qu'elle le remerciait. Surtout... servez-vous. Pas qu'elle se gêne pour des bêtises, alors qu'ils n'étaient qu'entre eux.

L'important était bien qu'elle prenne quelque force. Le simple fait de nommer sa soeur, ne manqua pas de faire réagir Grace au quart de tour. Doucement, notre homme haussa un sourcil, il la comprenait, tellement. Pourtant, il l'avait promis à sa frangine, d'au moins lui dire qu'elle allait bien. Il la fixait de son air neutre.

- ... elle m'a demandé de lui donner de vos nouvelles si j'en avais. Puis-je au moins lui dire que vous allez... êtes en vie?

Le reste serait au bon vouloir de la fille, bien entendu, ce ne serait clairement pas MacBeathag qui ferait un quelconque effort pour que les deux femmes se voient et fassent la paix. Il connaissait bien trop Elizabeth pour savoir que c'était une mission quasiment impossible... et ne parlons pas de l'anglais qu'elle avait pour époux et qu'il avait encore plus de mal à supporter.

La suite ne pouvait qu'être logique. Alastair sachant parfaitement s'adresser à ses interlocuteurs, savait faire passer les bonnes réflexions dans leurs esprits. En effet, il avait pensé à déposer la demoiselle à un hôtel et s'occuper des frais qu'il faudrait couvrir. Qu'Erend veuille que la jeune femme envahisse leur espace privé et intime n'était pas totalement pour plaire au Président, qui estimait que son antre, était le seul endroit immaculé de tout... mais bon, il ne savait guère lui dire non, alors il ne manqua pas de rétorquer rapidement et sans laisser le choix à la jeune femme de faire un autre choix.

- Et prendre le risque de faire imploser mon ménage? Jamais... si Erend vous veut chez nous, il n'y a plus de matière à discuter.

Même s'il n'y en avait pas un qui portait la culotte plus que l'autre dans ce duo, Domhnall avait appris depuis longtemps à mettre de l'eau dans son vin quand il s'agissait de ne pas contrarier celui qui partageait sa vie et c'était bien le seul qui avait droit à un tel traitement. Il pianotait sur son portable pour dire à son homme qu'ils allaient arriver dans quelques minutes, le temps que la voiture se fraie un passage dans la circulation.

Le problème d'être le Président de l'Arche, c'était bien le fait qu'il devait vivre dans l'établissement aménager pour sa fonction, qui se trouvait à quelques pas du parlement et donc, en plein centre de la vieille ville, autant dire que depuis l'aérodrome, ils en avaient pour un petit moment. De quoi resserrer les liens familiaux... ou pas. La vitre vers le conducteur s'ouvrit, Doug se permettait de les déranger un instant.

- Monsieur?
- Oui, qu'y-a-t-il?
- Madame la ministre voudrait vous parler...
- A cette heure?
- Elle dit qu'il n'y a pas d'heure, monsieur. Cela concerne votre rencontre avec la délégation Helvétique demain.
- Bien... passez la moi.

Il attrapait le téléphone de son directeur de cabinet, pour le porter à son oreille.

- Joan... parfois je me dis que vous portez parfaitement votre nom.
- Je le prendrais comme un compliment de votre part Alastair. Au sujet de...
- Des Suisses... vous avez peur que je les morde? Ce ne sont que des banquiers, il suffira de les faire rire.
- Sauf votre respect monsieur, vous n'êtes pas celui avec qui il est le plus simple de rire.
- Touché. En français dans le texte.
- ...
- Écoutez, je suis occupé pour le reste de la soirée, venez me briefer demain à la première heure.
- Bien, bonne soirée Monsieur le Président.
- A vous aussi, Madame la Ministre...

Et ils raccrochèrent de manière parfaitement synchrone. Ce n'était pas pour rien que Domhnall avait décidé de prendre cette jeune femme pour être son premier ministre. Elle avait le talent, la niaque nécessaire. Et surtout, elle n'avait pas peur de lui dire les choses, à lui et rien que pour ça, il la respectait profondément. Ça pouvait parfaitement s'entendre au ton qu'il employait avec elle. Si bien entendu, tous deux étaient capables de s'envoyer des piques, ce n'était que dans le respect de l'interlocuteur. Ils bossaient bien ensemble, ils étaient efficaces et cette femme, ne se laissait clairement pas marcher sur les pieds, tout en étant honnête, ce qui était deux qualités plus que conséquentes aux yeux de l'écossais.

Son bras tendait le portable à son propriétaire, avant de revenir sur son invitée.

- Veuillez m'excuser, le travail ne s'arrête jamais. Marquant un temps. Comment... vous sentez-vous? Il ne savait pas avoir le tact de son homme et ce dernier serait sans doute beaucoup mieux placé pour tenter de faire parler la jeune femme mais... il pouvait quand même demander, non?
Domhnall
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Lun 5 Juin 2017 - 16:31
Alors que son oncle affirmait comprendre sa réticence à voir sa génitrice, Grace eut un léger haussement d'épaules. Elle demeura muette mais ce geste était lourd de sens et portait tout ce qu'elle n'avait pas le courage, ou peut-être n'osait, dire.
Il y avait dans ce haussement une résignation, une pudeur aussi, vis-à-vis de cet homme qui, somme toute était presque un étranger. Il y résidait également quelque chose de plus tacite, qui semblait dire que s'ils ne partageaient rien d'autre que le sang, au moins s'accordaient-il sur la chiantitude de sa mère.

Et puisque la fille n'était pas aussi bornée que ladite mère, celle-ci ne fit pas prier une nouvelle fois. Elle prit une bouteille d'eau qu'elle bu presque d'un trait. Elle aurait d'ailleurs émis un grognement si elle n'était pas occupée à étancher sa soif. Elle Rebouchant la bouteille vide avec des gestes précis et lents dans lesquelles elle canalisait son agacement pour n'en rien laisser transparaître devant cet homme. Elle pinça néanmoins les lèvres. Le sujet d'Élisabeth n'était effectivement pas un sujet à aborder avec la jeune femme, Domhnall s'en rendait compte suffisamment rapidement. Grace avait espéré que son appel eut été un signe suffisant de son désir d'éviter Hera. Cela n'avait visiblement pas été le cas puisque l'homme face à elle demandait la permission de donner quelques nouvelles de son état à sa sœur.
A cela, Grace se retint de répondre vivement qu'elle préférait encore qu'il lui apprenne sa mort ou sa disparition. Cependant, sa volonté n'entrait pas en compte, elle ne pouvait remercier son oncle de ce qu'il faisait pour elle en lui demandant de mentir. En supposant qu'il l'aurait fait - mentir. A voir son air austère, son sourcil droit, son oeil sombre, elle ne doutait pas que ce type était la probité même, c'était bien sa veine.

-Humph... Se contenta-t-elle de répondre en guise d'assentiment. J'imagine que vous pouvez lui dire que je suis en sécurité, maugréa-t-elle de mauvaise grâce.

Une tournure qui laissait entendre qu'il n'avait nullement besoin de préciser, en revanche, où elle se trouvait exactement.

Ce qui surprenait probablement le plus la jeune femme était qu'Elizabeth ait formulé cette requête. Enfin, non, pas la requête en elle-même. Elle imaginait fort aisément que la situation puisse rendre folle une femme qui refusait de n'avoir l'absolu contrôle de tout ce qui l'entourait (et avoir une fille qui partait des années au bout du monde sans donner de nouvelles était, comme qui dirait, la définition même de la perte de contrôle). Non, ce qui l'étonnant était bien le fait qu'elle se soit adressé à son aîné.
Grace n'avait pas d'idée précise de l'état de la relation entre le frère et la soeur mais elle pariait sans prendre trop de risques sur "mauvaise". D'autre part, quelle certitude Hera pouvait avoir sur le fait que son oncle aurait eut des nouvelles avant elle ? Avait-elle conscience du degrés de rejet qu'avait envers elle sa fille ? Une question qui devrait demeurer en suspens.
Grâce considéra l'homme face à elle. Détaillant ses traits durs et ses expressions impassibles, elle tentait de cerner ce personnage qui, malgré elle, l'intimidait. Pourtant peu impressionnable, elle n'en menait pas large, peut-être parce qu'il avait donné le ton d'entrée de jeu, peut-être parce qu'elle était à bout de force et à fleur de peau.
Aussi, lorsqu'il évoqua une possible implosion de son couple s'ils ne se pliaient pas aux desiderata du mari, Grace chercha à peser la part d'exagération dans ses paroles, dites avec un ton si neutre qu'elle se résolut à les prendre au pied de la lettre. Elle ne protesta donc pas, mais réaffirma en son fort intérieur qu'elle devrait trouver un endroit où loger au plus vite.

Cette pensée fut plus ou moins interrompue par une intervention de l'homme qui était venu la récupérer dans le terminal de l'aéroport. Depuis l'avant de la limousine, il tendit à Macbeathag un téléphone en invoquant l'appel d'une ministre.
Probablement trop fatiguée pour afficher des yeux ronds, la jeune nomade n'en resta pas moins perplexe.
C'est à peu près à ce moment qu'elle réalisa qu'elle ne connaissait rien de son oncle. Rien d'autre que ce qui était passé par le prisme de sa mère, près de dix ans plus tôt et qui se résumait par "l'aîné qui avait déshonoré la famille à cause de son orientation sexuelle soit disant déviante". Cependant, Grace était bien en peine de dire quel était son métier, ses occupations, ou même le lieu où il vivait. A en juger par le coup de téléphone, il naviguait dans les hautes sphères de la société et peut-être même de la politique. En cela, il n'y avait guère d'étonnement à avoir, leur famille était, de par ses racines aristocratiques, ancrée dans cette vie mondaine et politique. Un point qu'il lui faudrait tout de même éclaircir rapidement, sans savoir qu'il ne tarderait pas à s'éclaircir de lui-même.

La voyageuse attendit patiemment que le coup de fil se fasse. Elle posa doucement sa nuque contre l'appui tête. Il y avait moins de dix heures, elle se trouvait encore dans un camp de réfugiés, maintenant, elle voyageait en limousine, y avait-il seulement un sens à tout ça ?
Son regard fixé sur l'extérieur, Grace captait à travers les vitres de la voiture de luxe des images familières de cette ville qui l'avait vu grandir. Elle reconnaissait certaines rues et retrouvait l'atmosphère si particulière à Édimbourg. Pourtant elle n'avait pas cette impression d'être de retour "chez elle". Peut-être était-ce le propre du voyageur, que d'être familier partout mais de n'avoir nul chez soit. Elle n'avait, dans cette ville que de pénibles souvenirs, elle aurait préféré ne pas avoir à rentrer. Quel tournant donner à sa vie, maintenant ? Devait-elle repartir rapidement ? Ou au contraire rester, faire valoir son travail ici, c'était à dire montrer, mettre à jour, informer la population de ce qui se passait là-bas et de ce qui risquait - et plus rapidement que prévu - d'arriver chez eux?

Lorsque son oncle raccrocha et s'excusa de cette interruption, la jeune femme eut un petit mouvement du chef pour laisser entendre qu'il n'y avait pas de mal, après tout, c'était elle qui s'excusait de débarquer dans sa vie sans prévenir.
La question suivante la pris un peu de court. Elle n'aurait pas dû.
Cependant, répondre qu'elle était exténuée, affamée, dévastée par l'incertitude, incapable de savoir si plusieurs des personnes qui lui étaient chères avaient réussi à s'en sortir, lui semblait... trop personnel, mais aussi hors de propos. Elle était en vie et en sécurité alors qu'elle aurait pu être comptée au nombre de victime et être rapatriée en soute plutôt qu'en charter...

-Ça va, assura-t-elle finalement.
Grace
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Lun 26 Juin 2017 - 2:54

Nièce Grace Andrews

First Man Erend MacBeathag

Président Alastair MacBeathag

Nièce en détresse
Vraiment, comment ne pas comprendre cette jeune femme qui ne voulait pas entendre parler de sa mère. Ce n'était clairement pas son oncle qui allait la blâmer. Bien au contraire. Mais s'il se montrait presque aussi insistant, c'était surtout pour que sa sœur lui foute une paix royale. En se doutant que s'il se contentait de dire que Grace était en sécurité, elle souhaiterait en savoir plus. Il observait donc cette jeune femme en silence, se frottant un instant la barbe, puis hocha quelque peu de la tête.

- Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas dans mes intentions de lui dire plus que nécessaire vous concernant.

N'étant pas un menteur, il n'allait clairement pas le faire avec sa sœur, mais il ne lui donnerait que le strict nécessaire au niveau des informations. En fait, il tapait déjà un sms court et concis, qui disait en gros, de sources sûres, votre fille est vivante et hors de danger. Pour le reste, agissez en conséquence. Si Elizabeth voulait en savoir plus, il lui faudrait faire jouer ses autres relations, car de son frère, elle ne tirerait pas plus. C'était ainsi, même s'il était maintenant le président de l'Arche.

Une fois les formalités d'usages faites, ainsi que sa discussion avec Joan, il put reporter une attention plus attentive à sa nièce, qui ne manqua pas de répondre à sa question de façon... évasive, dirons-nous. La pauvre ne pouvait guère savoir qu'en répondant ainsi, elle mentait quelque peu à son oncle et que bien entendu, il le savait. La fixant toujours de son regard plutôt neutre, il comprit bien rapidement le pourquoi d'une telle façon de faire. Elle ne voulait sans doute pas plus l'alarmer que cela, elle estimait sans doute qu'elle devait être privilégiée, alors pourquoi se plaindre plus? Un léger soupire traversa ses lèvres, décidément, Alastair savait qu'il ne savait pas y faire dans ce genre de situation, encore moins quand il se retrouvait face à un... ce que l'on pouvait qualifier de proche, puisque la jeune femme était de son sang.

- Vraiment? Vous n'en avez pas l'air pourtant. Mais je ne vous obligerai pas à en parler si vous ne le souhaitez pas.

Avec son tact légendaire, notre homme savait qu'il était plus que capable de faire plus de tords que de bien, alors autant éviter. Son mari tenterait d'apaiser la demoiselle, avec sa façon plus altruiste de faire. D'ailleurs, en parlant de cela, voilà que se profilait à l'horizon la nouvelle demeure que le couple présidentiel avait investi depuis quelques mois maintenant. La résidence de Guthrie Street ne payait pas de mine, mais était suffisamment reconnue pour que l'on sache directement où l'on se trouvait. Sans compter la sécurité accrue autour de la bâtisse. L'intérieur ne valait certes pas la maison blanche, mais c'était bien assez spacieux pour que l'on ait l'impression de se retrouver au moins dans un manoir.

La voiture passa les contrôles sans trop de souci, pour s'arrêter devant la porte. Le garde du corps alla alors ouvrir la porte à son patron et son invitée. Domhnall ne manqua pas de le remercier et de congédier les deux hommes, Doug et Howard avaient donc leur soirée pour eux. Il prenait le relais d'ici. Ce qui n'empêcha pas qu'à peine avait-il rejoint le seuil de la maison que la porte s'ouvrit en grand, sur un homme, grand, aux traits tranquilles et beaucoup plus avenants que ceux de notre protagoniste. Erend venait ouvrir à son homme et sa protégée. Il avait encore un tablier de cuisine sur lui, ce qui ne manqua pas de faire lever légèrement un sourcil au président, qui comprit bien rapidement que monsieur avait bien décidé de prendre les choses en main pour ce soir. S'ils avaient été que les deux, il n'aurait sans doute pas manqué de faire une remarque, là pour le coup, il n'eut guère le temps de desserrer les dents.

- Grace! Bienvenue! Entre seulement. Se décalant pour les faire entrer. Lui prenant ses affaires. Allez-vous installer à table, je me suis dit que tu devais être affamée.

Autant dire que notre cher First Man ne manquait pas d'hospitalité, il voulait que la demoiselle soit le plus à son aise, sachant parfaitement que même un court trajet avec Alastair pouvait en traumatisé plus d'un.

- J'espère qu'il n'a pas été trop désagréable avec toi. Avec un petit sourire pour l'homme concerné.

- Je sais être civilisé... fit ce dernier d'un air presque sombre. Non, il n'aimait pas être chambré quand il y avait un inconnu chez lui. En fait, ayant un besoin vital de garder sa vie privée, privé, il restait un peu en retrait, n'ayant guère plus de geste amical envers son mari, restant à une petite distance.

Heureusement qu'Erend connaissait suffisamment son homme pour en avoir l'habitude, en ayant fait son lot. Il s'occupa plutôt de Grace, qui elle, avait réellement besoin de soutien. Il l'amena donc à la salle à manger où la table était dressée pour trois convives, quoi qu'en dise Gareth, il lui faudrait s'asseoir à table avec eux. Il ne se ferait pas prier, il aimait les petits plats de son amant, pour ne pas lui faire l'affront de ne pas y toucher.

Enlevant son manteau, Alastair laissa les deux discuter un peu et prendre de l'avance sur lui, il n'était pas pressé, sachant aussi que mieux valait laisser le courant passer entre ces deux, s'il souhaitait en apprendre plus sur ce qu'avait bien pu vivre sa nièce sur cette arche qui s'était écroulée.
Domhnall
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Mer 28 Juin 2017 - 14:00
Le pourpre monta involontairement aux joues de la rapatriée.
Son oncle venait d'exprimer son scepticisme face à sa réponse laconique qui l'avait visiblement peu convaincu. Elle détourna vivement le regard, faisant mine d'être soudainement captivée par l'extérieur, pour masquer sa gêne. À son grand soulagement cependant, il lui assura presque aussitôt qu'il ne l'obligeait à rien si elle n'en avait pas envie. Grace hocha doucement la tête. Reconnaissante. Elle resta profondément muette.

Pudeur ou fierté ? Un savant mélange des deux, très probablement. Peu importait ce que l'homme en penserait, la nomade savait parfaitement qu'elle n'était pas capable de verbaliser pour le moment. Elle avait contenu ses pleurs tout ce temps, ce n'était pas pour fondre en sanglot maintenant, devant cet homme dont l’œil acéré semblait plus apte à vous juger qu'à recueillir de chaudes larmes. Hors de question de laisser transparaître la moindre faiblesse, elle n'avait pas l'intention de donner à qui que ce soit la possibilité de souligner que lorsque l'on faisait le choix de quitter sa famille du jour au lendemain, sans donner plus que le strict minimum de nouvelle, pour partir vagabonder de par le monde, il fallait également savoir en assumer les conséquences. Grace ne donnerait à personne -et lorsqu'elle pensait personne, elle pensait surtout à ça mère- la satisfaction de la voir craquer comme une gamine, au premier rapatriement. Personne ne viendrait lui dire que ce genre de vie n'était pas faite pour une petite aristo pourrie gâtée dans son genre, et surtout, elle ne rentrait pas à Edimbourg pour venir pleurer dans les jupons de sa mère !

Le silence retomba donc dans l'habitacle du véhicule, aussi lourdement qu'un pavé dans une marre.
La voiture de luxe, pendant ces minutes un peu gênantes, continuait de parcourir les rues sinueuses de la vieille ville.
En fait, Grace s'était davantage attendue à ce que la voiture de luxe se dirige vers la nouvelle ville, dans les quartiers à la fois chics et en vogue de Moray Place, par exemple, avec ses confortables maisons mitoyennes en pierres grises, leurs bow windows et leur jardinets propret. Un coin huppé, bobo, et un... peu gay...
De fait, elle s'étonnait presque de voir défiler sous ses yeux, les vielles bâtisses comme montées les unes sur les autres de Old Town. Ceci dit, les rues attenantes au roc qui surplombait la ville et duquel trônait le château à l'ombre inquiétante, étaient les plus onéreuses de la capitale. Se trouvait là les plus riches et plus anciens immeubles de la noblesse Écossaise, leurs quartiers d'été si l'on pouvait dire, les appartements luxueux habités pendant la saison mondaine surtout. Il semblait d'ailleurs à Grace que les Macbeathag possédait ce type de demeure bien que les grands-parents, avec l'âge, s'étaient retirés sur leur domaine dans les highlands. Était-ce là qu'ils allaient ?

La réponde vint quelque secondes plus tard, et nous savons déjà que c'était "Non."
Lorsque le véhicule bifurqua dans l'une des rues les plus connues d'Ecosse, le doute ne persista pas.
La voie était barrée de part et d'autre par la garde nationale, pourtant la voiture n'eut même pas à ralentir.
Grace était suffisamment vive d'esprit pour savoir qu'ils allaient chez le président et surtout, pour comprendre qu'elle lui faisait face à ce moment même.
La surprise ne dura qu'une seconde.
En vérité, tout s'éclairait et prenait une logique qui aurait dû, dès le début, lui mettre la puce à l'oreille. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, la jeune femme jura intérieurement d'une façon plutôt vulgaire.
C'était bien sa veine.
Elle observa son oncle plus. intensément qu'elle ne l'avait fait jusque là.
Pourquoi était-il venu la chercher ? Son oncle aurait pu se donner le mal du déplacement, mais le président ? N'avait-il pas d'autres chats à fouetter que de récupérer une nièce presque inconnue. Il aurait pu s'épargner le déplacement et envoyer Erend ? Non, il avait prit la décision de venir en personne. Cet état de fait la laissait profondément perplexe.

La limousine s'était immobilisée sans que ni l'un ni l'autre n'ait décroché une parole, rendant l'atmosphère particulièrement étouffante. Aussi, lorsque le garde du corps leur ouvrit la portière, cela lui fit l'effet d'une bouffée d'air frais.
Gareth n'avait pas laissé place à la discussion, mais Grâce se sentait d'autant plus dépareillée dans cette atmosphère guidée de Guthrie Street.

Jetant un coup d’œil en biais au garde du corps qui leur tenait la porte, la nomade aurait jurée qu'elle avait comme oublié sa présence au moment même où il était sortie de son champ de vision. Elle lui jeta un regard d'autant plus soutenu lorsqu'elle s'extirpa du véhicule, avec cette très désagréable impression de louper quelque chose. Peut être bien que le type lui filait surtout la chaire de poule.
Le personnel fut congédié et la porte s'ouvrit sur le mari de Macbeathag. Le... First Man ? Était-ce comme ça qu'il fallait dire ?
Erend avait sur les lèvres un sourire et un enthousiasme plus que bienvenu. Grace en aurait soupiré de soulagement. Sa légèreté était proportionnellement inverse à la gravité constante de son mari et la tension semblait se relâcher 'un coup, maintenant qu'il y avait un tampon entre le sérieux presque cérémonial de Gareth et elle.

S'exécutant, cette dernière entra avec une certaine appréhension mêlée de curiosité dans la demeure présidentielle. Il y avait, dans la situation, quelque chose de parfaitement absurde et déconcertant. Des lieux, bien que très impersonnels, se dégageait solennité impressionnante. Grace avait à la fois envie de poser son regard partout -elle était dans une institution historique après tout - tout en ayant conscience de l’indiscrétion de son regard, gênée d'entrer dans leur intimité.

Pour la première fois depuis son retour, la jeune femme esquissa un sourire. La bonne humeur de l'un de ses hôtes était plus contagieux que la rusticité de l'autre.
Elle murmura à nouveau un "merci beaucoup" du bout des lèvres, son regard plein de reconnaissance et de soulagement était plus parlant que son murmure.

Son ventre se crispa un peu lorsque le cuisinier la délesta de son sac. Elle savait qu'il voulait bien faire, mais elle avait comme un vieux réflexe. Il y avait, dans ce sac crasseux et en triste état, toute sa vie. Tout ce qui lui restait. Son appareil photo, les clichés de ces derniers mois. Ceux de la Bolivie. Puis du camp. Il y avait là dedans ses souvenirs brûlants, puisqu'il ne lui restait que cela.
Elle le laissa cependant faire, se faisant violence pour calmer ses appréhensions. Elle dû se persuader qu'elle ne risquait rien ici, surtout pas un vol. Son sac n'irait pas bien loin, il fallait qu'elle se détende.
Pour se faire, elle se laissa guider par l'entrain de son oncle qui les invitait à prendre place devant une table déjà dressée. Passant non loin de la cuisine, elle se sentit presque défaillir de plaisir en humant les odeurs qui s'élevaient de la pièce. Son ventre émit un grognement qui en disait long, et ses oreilles se teintèrent légèrement de rouge à cette protestation stomacale.

Alastair demeurait en retrait. Étrangement, la voyageuse s'était imaginée que de le retrouver dans son foyer le rendrait un peu moins fermé et mystérieux. Elle ne pouvait que constater qu'elle avait eu tord, il adoptait toujours ce même comportement distant et taciturne. Il n'était pas comme ça en privé, constata-t-elle, il était comme ça, parce qu'il y avait une intruse chez lui...
Cette constatation la ramena à son sujet de préoccupation principale, trouver rapidement un autre toit où dormir.

Mais pour le moment, elle observait surtout la place qui lui était offerte et, en dépit de sa faim dévorante, et avant de s'installer comme l'avait invité Erend à le faire, elle demanda d'une petite voix :

-Est-ce que je peux aller me rafraîchir ?

L'idée d'un vrai repas aurait pu lui faire oublier toutes les convenances, mais elle n'avait pas pris de douche depuis des semaines, et le débarbouillage qu'elle avait réalisé dans les toilettes de l'aéroport avait été des plus sommaires. Si elle ne se sentait plus aussi poisseuse et collante que sous la chaleur péruvienne, elle pouvait sentir la crasse gratter sa peau sous ces pauvres vêtements rêches. Et à vrai dire, elle défiait quiconque de vouloir prendre un repas à ces côtés dans ces conditions. Elle était clairement une tâche dans la propreté rutilante des lieux.
Grace
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