Oops they did it again | Dastan

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Dim 7 Mai 2017 - 0:42
La jeune femme était arrivée, sarouel coloré, débardeur court et bandeau bariolé dans les cheveux, sa paire de roller dans une main, l'autre tenant l'un de ces plateau en carton aggloméré, contenant quatre mugs en carton d'un café bien aimé, menaçant de s'écrouler lorsqu'elle poussa la porte de l'épaule. Avec la discrétion d'un canon de la Grande Guerre, Holli s'approcha du bureau de la secrétaire habituée à ses entrées fracassantes.

Il y avait quelque chose à savoir sur Holli Maxwell : elle était physiologiquement incapable d'être à l'heure. Quelque chose dans son horloge interne la retenait, lui faisait perdre un temps fou sur des tâches improbables, pour ne pas la laisser arriver à l'endroit ou elle devait se trouver avec moins de cinq minutes de retard. Cinq minutes, ça n'était pas grand chose. Pas assez pour que les gens lui en veuille, mais assez pour qu'on secoue doucement la tête, avec une exaspération indulgente, en apprenant qu'elle n'était pas encore arrivée. Assez pour qu'on ait l'habitude de la voir arriver en courant, portant la plupart du temps des trucs bien trop encombrants pour un fonctionnement efficace.


- J'ai rendez-vous avec Al... Mr Mason.
- Oui, il vous attends.

La métisse eut un sourire désolé, entre grimace d'excuse et sourire charmeur. Elle laissa un des cafés encore chauds -miracle- qu'elle avait apporté sur le bureau des secrétaires de l'école, comme pour se faire pardonner, et dans un départ de course digne d'un dessin animé de Bip-Bip et Coyote, détala dans les couloirs. Elle connaissait l'itinéraire, maintenant. Il était loin le temps ou elle était obligée de se faire accompagner pour trouver la porte du bureau d'Alex, jeune maman terrifiée par les grands couloirs de cette grande institution. Une fois arrivée devant le bureau du dirlo, Ash prit une pause le temps de reprendre sa respiration afin d'entrer plus discrètement. Discrétion qui était globalement réduite à néant par le raffut qu'elle avait fait.

Une autre chose à savoir sur Holli : elle était constamment entourée d'un nuage sonore peu discret, et presque pas entièrement de son fait. Elle avait tendance à dire que ce n'était de sa faute si le monde était trop silencieux.

Elle frappa à la porte, et attendit qu'on l'invite à rentrer. Presque. Disons que sa main était sur la poignée de porte, prête, et que dès la première syllabe de l'autorisation susmentionnée, la métisse avait déjà ouvert le battant.

Holli connaissait Dastan depuis, boh, cinq ou six ans maintenant. Elle avait rencontré l'actuel directeur de la Potential Home en cherchant de l'aide avec ses démêlés avec la justice, fatiguée qu'elle était qu'on essaie de lui mettre le moindre incendie criminel sur le dos à cause de son don. La PH avait une association d'aide aux opprimés, comme elle aimait l'appeler, à vrai dire un endroit où les gens comme elle (comprendre : ex détenus avec complexe de persécution irréel ou affirmé) pouvait prendre la parole et obtenir de l'aide. Au fil des discussions, Alex et elle s'étaient pris d'affection. Elle n'était pas réellement sûre de la manière dont ça s'était déroulé, d'ailleurs. Le hasard, la proximité, un abus de café, et un amour commun pour les petits mécanismes et la manières dont, imbriqués entre eux, ils pouvaient créer une machine super efficace, probablement. C'était la raison pour laquelle, quand Kenny avait commencé à montrer des capacités à créer les glaçons pour sa limonade avec le bout de ses doigts, elle avait su à qui s'adresser.

La tornade à la peau mate laissa tomber ses rollers dans un coin de la pièce, et s'approcha de son ami, à défaut d'un terme pouvant décrire leur relation de manière précise et exhaustive. Elle fit un sourire et, posant le plateau contenant encore trois mugs, et lui en tendit un, son sourire s'élargissant presque jusqu'à dépasser de son visage.


- Thé noir, sans sucre, juste un nuage de lait.

Elle s'assit en face de lui, résistant à l'envie de mettre les pieds sur le bureau, et se contenta de s'emparer de son café glacé pour en mordiller la paille.

- Quoi de neuf, Mr le Directeur?
Ash
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Jeu 11 Mai 2017 - 18:20



« We cannot solve our problems with the same thinking that created them. »
Albert Einstein

L’heure du rendez-vous était passée depuis près de cinq minutes. Pourtant, je ne me fis pas de souci, continuant mes activités en attendant l’arrivée d’Holli. Depuis le temps, je savais que la jeune femme ne parvenait jamais à être à l’heure, et c’était donc devenu une convention de lui fixer un rendez-vous, sachant qu’elle sera là environ cinq minutes plus tard. J’en avais donc profité pour m’allouer une petite pause avant de la rencontrer, et après avoir terminé une nouvelle réunion de ce matin. Une petite heure qui me permit de faire le contrôle mensuel de toutes les montres et horloges qui trônaient dans mon bureau.

Ce qui aurait été pour beaucoup d’autres personnes une corvée était au contraire une activité reposante et familière pour moi. Il y avait un côté apaisant dans cette routine, et maintenant que j’avais endossé la casquette de directeur, mes heures de travaux pratiques avaient drastiquement chuté au profit de toute l’administration nécessaire au bon fonctionnement de l’école. Même si cette dernière partie me plaisait également, je restais un horloger de formation, et un retour aux sources ne me faisait donc jamais de mal.

J’avais commencé par toutes les grandes horloges, vérifiant leur mécanique avec soin et nettoyant ce qui devait l’être. Je passais ensuite aux quelques modèles de montres exposés dans des vitrines, m’équipant d’une loupe pour vérifier à l’intérieur qu’aucune poussière ne venait déranger leurs engrenages parfois délicats. Si les modèles les plus récents ne nécessitaient pas d’attention particulière, les quelques exemplaires historiques que j’avais récupérés, dans des ventes ou durant mes voyages, demandaient un peu plus de surveillance.

J’étais justement en train de terminer quelques légers ajustements sur un modèle de montre de poche Patek Philippe datant du XIXème siècle et élégamment ornementé, lorsqu’un la ligne interne m’annonça l’arrivée de ma visiteuse. J’eus à peine le temps d’enlever la lunette de travail et mon matériel que des coups se firent entendre à ma porte.

"C’est ouvert." répondis-je en remettant en place dans sa vitrine la précieuse montre.

Avec son énergie habituelle, Holli entra dans la pièce et je l’accueillis avec un sourire chaleureux. Même si les raisons qui avaient motivé ce rendez-vous n’étaient pas des plus joyeuses, et qu’il était assez déprimant de voir qu’avec le temps ses ennuis judiciaires ne s’arrêtaient pas ; cela faisait toujours plaisir de la croiser. Surtout quand elle était accompagnée d’une dose de théine dont mon corps avait justement bien besoin.

"Tu es parfaite, merci beaucoup." la remerciai-je en prenant le mug, avant de l’inviter à s’asseoir sur le siège en face de mon bureau en lui disant de se mettre à l’aise, et de prendre place dans le mien.

Dire que cela faisait déjà plusieurs années que nous nous connaissions. Enfin, ce n’était pas à moi qu’il fallait dire que le temps passait vite, je suppose. Surtout en compagnie de personnes que l’on apprécie. J’entamais mon thé avec grand plaisir, avant de lui répondre :

"Comme souvent, pas mal de boulot. L’organisation pour notre stand au salon des inventions demande toujours beaucoup de temps, mais comme à chaque fois, ça va bien se passer." J’étais assez confiant là-dessus, et ce même si la présence de Gear rendait toujours les choses aléatoires dans ce genres d’événements. Enfin, je savais qu’il était impossible qu’il se tienne à carreaux, alors autant le faire travailler le plus possible sur ses inventions pour éviter qu’il ne dérive ailleurs en attendant. "Et toi ? Je suppose que tu y seras aussi ? Et comment va Kenny ?"

Le fils d’Holli était élève à la House Arts depuis quelques temps, et je ne doutais pas que tout était mis en œuvre pour l’aider à gérer son don. Comme pour tous les autres élèves de l’école. Mais j’avais rarement l’occasion de connaître les parents personnellement, ce qui rendait son cas un peu à part aussi.

"Alors." repris-je, plus sérieux. "Encore des soucis avec la police ? Toujours la même chose ? Raconte-moi tout ça."
Dastan
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Mar 16 Mai 2017 - 23:35
Parfaite? Bien sûr, qu'elle était parfaite. Ça n'était pas évident?

Holli eut un grand sourire de satisfaction et posa une cheville sur son genou, s'enfonçant confortablement dans le fauteuil qui faisait face à Alex. Elle avala une gorgée de café et plissa le nez, passant une main impatiente dans ses boucles noires, achevant d'y foutre le bordel. Faudrait qu'elle passe chez le coiffeur, bientôt. Hors de question qu'elle finisse par avoir les cheveux longs. Ça la faisait passer pour une ado, et avoir l'air d'avoir la vingtaine n'était pas spécialement sa tasse de thé. Se faire demander sa carte d'identité dès qu'on passe l'entrée d'un bar, c'est flatteur au début, mais rapidement, ça devient usant.

La métisse hocha de la tête, compréhensive, lorsque son ami lui fait état de la charge de boulot qui allait avec son statut de directeur. Oh, il l'avait cherché. On avait pas idée, d'accepter des responsabilités. C'est comme ça qu'on se retrouver à attraper du boulot en plus.

La mention du Salon des Inventions la rendit pensive, et elle mordilla la paille avec d'autant plus d'ardeur, comme pour tenter de la décapiter d'un coup de dent vengeur.


- Ouais... j'y serais. Sauf si je me dégonfle.

Elle s'y était inscrite sur un coup de tête, mais regrettait un peu sa décision, pour le coup. Ash était une inventeuse du dimanche, une imposteur, par rapport à tant de gens qui allaient être présents. Ses vrais projets, puisqu'elle ne pouvait s'y consacrer suffisamment, avançaient avec la lenteur exaspérante d'un escargot par jour de grand soleil. Elle avait bien une flopée de gadget, des automates, des jouets, pour la plupart. Ceux créés pour Kenny, des pièces uniques, pour la plupart. Une bouilloire qu'elle avait créé pour elle, un jour où ils n'avaient plus d'électricité. Mais probablement pas de quoi remplir un stand, et surtout pas à un endroit qui serait rempli de génies. Elle fit une grimace:

- On peut pas dire que j'ai vraiment de quoi impressionner les foules.

La brunette haussa les épaules, et avala une autre gorgée de café, avant de changer de sujet. Ne pas s'appesantir sur les sujets déplaisants, c'était sa recette perso du bonheur. Pas de pensées, pas de problèmes. La procrastination mentale, c'était son rayon. Ça venait avec quelques petits inconvénients, oh, mineurs. Le fait de se retrouver avec 45 trucs à gérer au dernier moment, par exemple.


- Tu te reposes un peu sur Spanner, au moins? Et Gear?

La jeune femme ne mit que deux secondes à comprendre la connerie qu'elle avait dite.

- Okay, non, peut-être pas Gear, fais comme si j'avais rien dit.

Il n'était probablement pas des plus fiables.

Le sujet déborda sur son fils, et un sourire étira les lèvres brunes de la jeune femme.


- Bien, je crois. Il se plait vraiment à la House Arts. Et il fait des progrès au piano. Je pense que je vais lui acheter un synthé, là, il doit aller chez ses grands-parents pour s'entraîner, c'est pas forcément pratique. Et niveau pouvoir, on évite les catastrophes. Faut dire que c'est pas un gamin qui se laisse dicter par ses émotions. Là aussi, il s'entraîne, posément. Y'a eu quelques bévues, mais rien de grave. Je fais attention.

Le don de cryokynésie de Kenny s'était déclenché deux ans auparavant. Par hasard. Un moment de stress, à cause d'un film, et il avait gelé sa limonade et fait exploser le verre. Holli avait géré posément, soignant les quelques coupures et discutant avec calme avec le petit garçon, effrayé par le pouvoir qu'il ne maîtrisait pas. Et, bien après que son fils se soit endormi, elle s'était servi trois verres de whisky qu'elle avait avalé coup sur coup, et avait passé une heure prostrée sur le canapé à pleurer, la tête dans un coussin pour ne pas le réveiller.
C'était le don de son père.

Faisant très attention à ne pas s'abîmer dans des souvenirs douteux, Ash préféra sauter du coq à l'âne, et sourit à Alex, avec entrain :


- Et toi, comment va Charlie?

Le sous-entendu était manifeste. Sans avoir les détails - ni les avoir demandés - elle était au courant de la relation du Directeur avec la professeur de peinture. Elle aimait le taquiner avec ça : pourquoi louper une occasion?

Puis, le sujet redevint sérieux, et le visage d'Holli s'assombrit. Elle se revoyait, assise dans la salle d'interrogatoire, sous le regard goguenard de Wilson. Il avait fait parti de ceux qui l'avaient arrêté, il y a treize ans, lors du cambriolage qui avait mal tourné. Et depuis, il prenait un malin plaisir à l'interroger à chaque nouvel incendie. Il ne dépassait jamais les bornes, pas vraiment. Mais il paraissait prendre plaisir à rappeler à la jeune femme qu'elle avait été incarcérée pendant un an, alors qu'elle faisait tout pour ne pas se laisser définir par son passé : ce qui, avec des individus pareil, n'était pas simple.


- Y'a eu un incendie sur un terrain vague, à New Town. Alors, comme ils avaient aucune piste, ils sont venus voir la seule pyromane qu'ils connaissent.

Elle avait mimé des guillemets, à pyromane. Malgré une certaine fascination, un respect plutôt, pour le feu, la métisse n'avait rien d'une pyromane. Et les analyse psychologiques qui avaient été établies allaient dans ce sens. Mais le fait d'avoir été condamnée avait apparemment scellé son destin, et définitivement collé une étiquette sur son front.


- Ils sont venus me cueillir au taff. Heureusement que mon boss sait à quoi s'en tenir. Genre, je peux me permettre de louper une aprèm' de taff. 'Tain, je l'aurais tué, Wilson.

Elle s'aperçoit du sens de ses paroles un peu tard.

- Enfin, tu vois ce que je veux dire.

La jeune femme marqua une pause, renfrognée.

- J'aimerais juste qu'ils puissent me foutre la paix, tu vois. Ça a été suffisemment dur de retomber sur mes pieds en sortant de prison, alors qu'on continue à me faire chier treize ans plus tard, je l'ai un peu mauvaise... Mais je t'avoue que je sais pas trop quoi y faire. J'ai l'impression que si je rue dans les brancards, ils vont sauter sur l'occasion.

Le complexe de persécution, le retour.
Ash
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Ven 2 Juin 2017 - 21:25
Appréciant avec bonheur le thé apporté par Holli, je profitais également de la présence de la jeune femme, toujours aussi rafraîchissante. Elle dégageait une énergie particulière, décomplexée et libre, assez à l’opposé de la mienne à bien y réfléchir. Mais c’était sans doute pour cela que je l’appréciais autant, ne disait-on pas que les contraires s’attiraient ? Dans tous les cas, j’avais remarqué avoir toujours une certaine admiration pour les tempéraments de feu, sans que cela ait quoi que ce soit à voir avec le don d’Holli. Gear et Charlie étaient également ainsi, quoique de leur propre manière.

Cependant, la mécanicienne était également prompte à se sous-estimer et à douter d’elle-même. Chose pour laquelle je pouvais tout à fait m’identifier à la jeune femme. Mais, dans ces cas-là, je savais que je pouvais compter sur les autres pour me rassurer et m’encourager, aussi, je voulais faire de même avec Holli.

"Tu sais que j’aime beaucoup ce que tu fais, et je serais vraiment heureux de découvrir tes nouvelles créations. Pas besoin d’exhiber des objets incroyables et révolutionnaires. Le but, c’est de s’amuser. C’est ce que je dis aux élèves pour qu’ils ne se mettent pas trop de pression. Penses-y aussi." Je lui adressais un sourire, avant de rire légèrement de sa remarque sur Gear. "Elias est un électron libre, mais quand ça lui tient à cœur, le boulot est fait. Heureusement que Spanner est là pour compenser et pour le rappeler à l’ordre."

Je l’écoutais ensuite me parler de son fils, et des progrès qu’il faisait. Son sourire était contagieux, et je hochais doucement la tête pour approuver ses paroles. Kenny était un enfant agréable et qui ne nous posait pas de problèmes. Du moins, il était comme le reste des enfants de son âge, mais c’était tout à fait gérable pour l’équipe.

"Dans tous les cas, je crois que je peux parler au nom du reste de l’équipe et dire que nous avons beaucoup de plaisir à l’avoir dans notre établissement. Et tu peux regarder avec les professeurs de la section de musique, ils ont sans doute des prix pour acheter du matériel, voire en ont peut-être à donner."

La mention de Charlie, sortie presque de nulle part alors que je ne m’y attendais pas, me fit presque renverser mon thé de surprise. Ce n’était plus un secret, même si, à en croire plusieurs personnes, certains l’avaient deviné avant même que nous nous mettions ensemble. Mais étant l’un et l’autre discret et timide à ce sujet, nous ne l’abordions pas spontanément. Prenant quelques couleurs, je tâchais de poser ma tasse avant de la renverser pour de bon, et fis de mon mieux pour relever le regard vers Holli en me reprenant.

"Elle… elle va bien. Enfin, je crois. Je ne… l’appelle pas tout le temps pour prendre de ses nouvelles. Il me semble que cela ne se fait pas… non ?"

Niveau assurance, on avait certainement vu mieux. Je m’éclaircis cependant la voix pour aborder finalement la raison de la présence de mon interlocutrice, à savoir, ses ennuis avec la police. Je l’écoutais donc avec attention, avant de finalement pousser un soupir à la fin de ses explications.

"Je suis désolé que cela soit arrivé, encore une fois. Même si ton patron est compréhensif, cela devient du harcèlement et de l’abus."

Je me redressai sur mon siège, et restais silencieux durant quelques instants, pensif. Le cas d’Holli n’était pas isolé, et de nombreux prodiges faisaient des suspects idéaux pour la police, sans que cette dernière ne cherche parfois à voir plus loin. Ce qui prenait parfois des proportions ridicules. Mais le fait était que, même si les prodiges étaient désormais mieux intégrés à la société, ils créaient toujours une certaine crainte chez certaines personnes.

"Peut-être que c’est ce qu’ils cherchent à faire, te pousser à bout pour avoir une bonne excuse de te garder, pour une fois. Je sais que c’est dur, mais il faut essayer de ne pas leur faire ce plaisir. Mais franchement, je trouve que cela en dit long sur leur incapacité à trouver les vrais coupables, s’ils te tombent dessus à chaque fois."

Ce qui n’était pas rassurant venant de la part de ceux qui étaient censés nous protéger. Heureusement, je savais aussi que certains membres de la police étaient plus compétents et professionnels.

"Peu importe ton passé, tu disposes de droits, à commencer par la présomption d’innocence. Je peux regarder auprès de notre équipe juridique ce que nous pouvons faire, mais je crois que tu peux toujours faire appel à eux, si tu te fais une nouvelle fois arrêtée. Et eux se chargeront de faire comprendre ce qui arrive aux officiers qui témoignent de trop de zèle envers les prodiges."

L’avantage de la PH, c’était qu’elle avait de nombreux soutiens, ce qui était particulièrement précieux dans des cas comme celui-ci. L’association d’aide aux prodiges chapeauté par l’école avait ainsi pu sortir de situations problématiques de nombreuses personnes. Et j’espérais que cela allait être le cas d’Holli aussi.
Dastan
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Ven 7 Juil 2017 - 22:28
Malgré les quelques années à bidouiller, malgré le fait qu'elle encourageait via quelques ateliers de temps à autres les jeunes à bidouiller à leur tour, Holli ne se me considérait pas comme une inventeuse. Oh, bien sûr, Elle y avait déjà songé. Aller travailler pour une firme qui faisait de l'avancée technologique son cheval de bataille, ou bien se mettre à son compte. Mais sans diplôme, qui l'embaucherait? Elle se considérait chanceuse d'avoir obtenu du boulot dans la boîte de Larry. Il avait été intéressé par son don, et en voyait les applications. Il lui avait donné sa chance, et elle avait su lui montrer qu'il avait eu raison. Pour le reste... La plupart du temps, pas besoin de diplôme pour travailler au black. Ça faisait les à-côtés.

Mais une partie d'elle regrettait d'avoir gâché ses chances. Ou plutôt, de n'avoir pas su plus tôt trouver une voie qui lui plaisait, un chemin dans lequel s'investir. Maintenant, reprendre des études était impensable. Manque de temps et de moyens. Alors elle se contentait de ce qu'elle avait. Son fils, ses amis, et ses bricolages à la petite semaine, quand elle avait assez de temps à leur accorder. Mais Dastan était de ceux qui y croyait. Et qui, depuis qu'elle le connaissait, l'avait empêché de baisser les bras, de remiser ses rêves au placard. En l'accueillant de temps en temps à la Potential Home, et en réussissant toujours à placer un petit mot, quand il fallait, quand il voyait qu'elle perdait courage.

Ne te mets pas la pression. Il avait tellement raison, et en une seconde, les doutes de la métisse concernant le salon des Inventions lui parurent aussi risibles qu'infondées. Elle irait. Et Alex était bien le seul qui pouvait, en deux phrases, obtenir un résultat aussi radical, béni soit-il. C'était pour ce genre de truc qu'il continuerait à avoir un thé à chaque fois que la jeune femme passerait le voir. Un remerciement, aussi petit soit-il!

Ses conseils étaient aussi avisés concernant le piano qu'Ash aurait voulu offrir à son fils. Elle me promit d'aller fouiner du côté de la section musique, où ils auraient peut-être effectivement de quoi l'aider. Quitte à aller titiller Owen au passage, ce qui était toujours à la fois amusant, et bon pour l'ego... La brunette s'empêcha de dériver et se concentra de nouveau sur les mots qui sortait de la bouche de son ami. Les compliments qu'il fit sur son gamin lui firent plaisir, maman gâteuse qu'elle était, et son sourire ne quittait pas sa bouche...

Allant jusqu'à s'agrandir lorsqu'il fut question de Charlie. L'hésitation du directeur, de même que le rouge qui colorait quelque peu ses joues, était à la fois drôle et touchante. Elle ne savait pas au juste où ces deux-là en était, mais voulait définitivement continuer de l'asticoter à ce sujet. Elle haussa les épaules :


- Oh là, ce n'est pas moi qui te donnerait des conseils. Ma vie a prouvé que je n'étais pas douée en relations. C'est juste amusant de te voir rougir, en fait.

Son sourire se fit espiègle, et de nouveau, elle aspira une gorgée de café, un air tout à fait innocent sur le visage.

Le sujet étant passé sur ses ennuis avec les forces de l'ordre, la jeune maman redevint plus sérieuse. De l'abus... Oui, s'en était. Mais que faire? Holli avait de son point de vue payé ses dettes. Elle avait fait pas mal de conneries, dont un certain nombres pour lesquelles elle ne s'était jamais faite prendre. Mais au moment où on l'avait cueillie, elle avait accepté les règles du jeu. Elle avait joué, et elle avait perdu. Elle avait fait presque un an de taule, purgé sa peine. Et chaque fois qu'elle devait passer une après-midi face à ce Foutu Wilson, elle avait l'impression que la vie lui remettait une baffe, juste comme ça, pour le plaisir. Pour lui rappeler qu'elle était, maintenant et à jamais, une ex-détenue. Une "pyromane".

Ecouter Dastan, raisonnable, lui donner son avis sur la question était rassurant. Elle avait vraiment l'impression d'être soutenue, et surtout, d'être dans son droit. Parce qu'il y avait des moments ou elle en venait à douter. De mériter cette suspicion constante. Cette présomption de culpabilité.


- Tu crois que je devrais les appeler la prochaine fois? Quelque part, je me dis que pour le moment, ils m'emmerdent pour rien, et je repars vite. C'est chiant, c'est blessant, mais je sais que je suis innocente, et qu'ils ont rien contre moi. Si je demande un avocat... j'ai peur qu'ils pensent que je suis coupable, cette fois. Et qu'ils commencent à VRAIMENT m'emmerder.

Le sujet demandait réflexion. Deux cas s'offrait à elle : accepter de continuer cette vie, jamais coupable mais pas innocente pour autant, ou sortir les griffes, et répondre, légalement.

- J'ai parfois pensé à rendre ça public. Retourner vers l'asso qui m'a fait libérer de prison, à l'époque, peut-être. De me battre, pour moi et pour ceux qui subissent ça aussi. Gueuler une bonne fois pour toute, pour les droits des Prodiges... Et puis...

La jeune femme soupire, un sourire résigné sur les lèvres.

- Et puis, je me rappelle que faire des vagues, c'est pas forcément bon. Et je perds courage.

Pensive, elle sirote son café, machinalement. Elle mordille la paille, une fois de plus.

- Putain, j'aurais dû prendre des muffins.

Sa façon à elle de changer de sujet après un aveu de vulnérabilité. Se confier, avoir peur, tout ça était trop réel. Ça rendait ses problèmes et insécurités réels, en tous cas. Et s'il y avait bien quelque chose où Holli était doué, c'était le déni. Tellement plus simple de ne pas y penser. Et pourtant...

- Je penserais à les appeler, la prochaine fois. Avec un peu de chance, ça fera bouger les choses.
Ash
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