Quoi d'imprévu... || Oracle

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Mar 2 Mai 2017 - 12:45



« Quoi d’imprévu pour qui n’a rien de prévu ? »
Paul Valéry

La douleur pulsait dans ma cheville. Il était difficile de tirer des conclusions à ce stade, mais a priori, je pouvais dire qu’il y avait de grandes chances pour qu’elle ne soit pas cassée. Pas encore, du moins. Maigre consolation. Mais ce n’était pas ma cheville qui me faisait grimacer, ou qui assombrissait mes traits. Après tout, j’avais connu pire, et je pouvais supposer que cette blessure n’aurait pas de conséquences trop graves sur le long terme, en particulier d’un point de vue professionnel. J’aurais pu finir avec une énorme balafre sur le visage, et là, adieu ma couverture de mannequin et d’actrice.

Non, ce n’était pas la douleur qui me faisait tirer la tête, mais plutôt la tournure que cette mission avait pris. Je détestais que les choses ne se passent pas comme je l’avais prévu, mon ego et mon perfectionnisme en prenant un sacré coup. Quoique, là encore, je pouvais admettre que je ne pouvais pas tout maîtriser et que des imprévus pouvaient arriver. Je n’étais qu’humaine, et je finirais par m’en remettre.

En revanche, ce que je ne pouvais pas accepter, c’était de me faire porter par mon partenaire jusque chez-lui comme solution de repli, car j’étais incapable de marcher par moi-même. Et mon expression boudeuse, mon silence obstiné et la colère dans mon regard le faisaient bien comprendre.

Tout avait pourtant bien débuté.

La mission était claire : infiltrer une réception dans la City de Londres, où se cachait apparemment un agent du Courtier de l’ombre. Ce même Courtier que nous avions été incapable de trouver lors de notre mission à Singapour, et qui aurait eu des liens avec le directoire de Mesa. Et potentiellement avec le fiasco qui avait suivi, résultant en une attaque terroriste et la mort de plusieurs membres de la direction. Un coup monté de la part de Mesa, qui faisait le ménage dans ses rangs tout en faisant passer l’affaire pour une attaque terroriste.

La réception accueillait des gens importants du monde entier, et le choix de mon coéquipier s’était naturellement porté sur Lancelot James Templeton. Un homme compétent, qui serait à l’aise avec les différentes personnalités et surtout, qui saurait repérer une personne au langage corporel suspect. Nous étions arrivés ensemble, et il avait été présenté comme l’un de mes nombreux amis. Entre les babillages inhérents à ce genre d’événements, la légèreté simulée et les sourires angéliques, nous avions finalement repéré un suspect. Et lorsque ce dernier s’était rendu dans un local de service à l’arrière de la salle où les festivités battaient leur plein, nous n’avons pas hésité avant de le suivre.

Mais l’homme, plus prudent que ce que nous avions pensé, s’était rendu compte de notre présence avant de pouvoir rencontrer la personne avec qui il devait avoir un contact et qui aurait pu le relier au Courtier, ou à Mesa. L’autre surprise, ce fut de le voir soulever une table sans aucune difficulté pour nous la lancer dessus comme s’il s’était s’agit d’un coussin. Une force sur-développée, voilà qui n’allait pas rendre la tâche facile. Après avoir déchiré le bas de ma robe pour faciliter mes mouvements, je m’étais lancée à sa poursuite, évitant les objets qu’il nous balançait avec rage. Alors que je parvenais à sa hauteur et m’apprêtais à l’immobiliser, un dernier geste désespéré de sa part me força à me déplacer d’urgence au dernier moment. La réception fut moins bonne que prévue, et ma cheville encaissa le choc.

Ce qui ne m’empêcha pas de sortir mon arme, et de tirer sur l’individu. La balle lui traversa l’épaule, l’immobilisant. Je laissais ensuite mon partenaire s’occuper de le neutraliser, alors qu’il apparaissait clairement que je n’étais plus en état de me déplacer.

Arkadia fut appelée en renfort pour venir récupérer le suspect. Mais nous concernant, il nous fallait partir d’ici au plus vite. Et accessoirement, trouver un endroit où l’on pourrait examiner ma cheville. Le seul endroit le plus discret et accessible s’imposa rapidement à nous : le domicile de Templeton. Sur le chemin, contact fut pris avec une personne de confiance à la Potential Home pour qu’elle vienne au plus vite examiner ma cheville.

Et me voilà face au manoir Templeton, d’aussi mauvaise humeur que je pouvais l’être.
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Mar 2 Mai 2017 - 16:52
Lancelot avait roulé pied au plancher sur soixante-dix kilomètres. La soirée était merveilleuse, les petits fours étaient un régal, Persona était magnifique et le champagne... il n'avait même pas goûté au champagne. Il l'avait jeté au pied d'une composition florale monumentale. Saleté de mission. Saleté de Courtier. Saleté de table.

Le Comte était un être flegmatique. Il tirait cette capacité de la distance qu'il était capable de gagner entre lui et les énergies négatives, les vociférations, les injures, les insultes, les crises de nerfs, les accès de mauvaise fois et tout un tas d'autres choses qui caractérisaient sa coéquipière à l'heure actuelle. Il roulait certes rapidement mais dans une sérénité positive et bienveillante. Un seul élément venait tapisser le fond de son crâne pour piquer son esprit d'un semblant de contrariété : comment la convaincre de chuchoter pour ne pas réveiller les enfants sans lui parler des enfants...?

Le manoir Templeton se dessina comme une ombre sur un ciel étoilé. La voiture avait remonté un chemin éclairé de charmants petits lumignons et s'était garée au pied du perron. Il avait longuement hésité entre l'escalier en fer à cheval à l'arrière ou celui-ci, par paliers, et doté d'une rampe pour les vieux jours de feu son père. Lancelot fit le tour de la voiture et récupéra à la volée la porte qu'il allait ouvrir.

- Si Madame veut bien se donner la peine... exagéra-t-il

Tout dans l'attitude de Persona indiquait qu'elle ne se laisserait pas porter une seconde fois. Il aurait bien voulu la laisser escalader les marches et patienter à ses côtés jusqu'à ce que son orgueil la pousse à vaincre l'édifice, mais il était tard, il faisait froid, et de toute façon elle aurait râlé de ne pas arriver tout de suite jusqu'à la porte. Il chargea donc le sac de grommellements sur son épaule.

Il introduisit les clés et... Oliver ouvrit la porte avant qu'Oracle ne la pousse.

- Vous n'êtes pas couché ?
- Quel majordome serais-je...?
- Le genre de majordome qui obéit ?


Oliver sourit. Il savait très bien qu'il aurait pérennisé son contrat par son cabotinage si la question s'était posée. Il sembla soudain remarquer le paquet soyeux qui gigotait à côté du visage de son patron. Ou plus exactement, s'en inquiéta soudain.

Il referma la porte derrière eux et alluma les petites lampes pour un éclairage indirect. Persona venait d'être posée délicatement sur 15cm de vide avant de poursuivre sa route seule sur un confortable canapé. Finalement, elle y était bien parvenue par ses propres moyens !

- Mes excuses, très chère...

Oracle n'était pas vengeur, mais revanchard. Et clairement, cette action venait d'être dictée par ses tympans qui criaient leur soif de justice depuis une bonne demi-heure.

- Oliver, Care arrive pour examiner Mademoiselle Anderson. Veuillez vous assurer qu'elle ne manque de rien.

Il se tourna vers Persona et tenta de déceler un brin de reconnaissance derrière la furibonderie post-exfiltration. ... ... ... La prochaine fois il chercherait le Graal. Statistiquement, il avait plus de chance de le trouver.

- Veuillez m'excuser, s'inclina-t-il

Il gravit les escaliers quatre à quatre et à pas feutrés. À l'étage, les enfants dormaient. Théoriquement chacun dans leur chambre, mais Theodora et Arthur se retrouvaient encore souvent dans la même. Particulièrement lorsque leur père les laissaient aux bons soins de Meredith et Oliver. Il les observa blottis l'un contre l'autre et son cœur se réchauffa comme le thé enveloppe l'âme. La situation aurait pu être autrement plus dramatique, ce soir...

Un mouvement attira son attention. Un tout petit mouvement. À la base de l'oreille d'Arthur, qui lui tournait le dos.

- C'est bon, j'ai compris.

Pas de réponse.

- Soyez sages. Et rendormez-vous !

Gloussements.

- J'ai dit sages !

À la lumière du couloir éclairé, la chambre connut une nouvelle agitation. Arthur se retourna et Theodora s'assit. Ils plantèrent leurs yeux bleus et bruns dans les siens et leur sourire indiqua que la jauge de chahut était au maximum.

- Non non non ! Il faut dormir !
- À qui tu parlais ?
- Oliver.
- Oliver c'est "Mademoiselle Anderson" ?
- J'ai ramené une amie.
- Une amie ?


Lancelot trouva le mot infiniment plus suspect dans la bouche de son enfant que dans la sienne. À quatre ans, se pouvait-il qu'ils aient déjà l'esprit si affûté ? Non bien sûr que non, souffla le déni à l'oreille du Comte. Ils sont tout petits ! Et si innocents !

- Mon amie s'est blessée à la fête. Elle va bien. Elle va voir une infirmière et dormir ici et je la ramènerai chez elle demain.
- Tu nous la présentes ?


C'était le genre de questions plantées devant un champ de mines. S'il répondait par la négative, ils penseraient à nouveau qu'ils étaient la cause de son célibat. S'il répondait par l'affirmative, Persona découvrirait l'un de ses plus précieux secret. S'il ne répondait pas, il ne sortirait pas vivant de cette chambre d'enfants.

- Peut-être au petit-déjeuner demain. Si vous êtes sages. Et que vous avez bien dormi.

Il les borda et les embrassa. Puis il referma la porte derrière eux et redescendit prendre des nouvelles de sa coéquipière... Lancelot ne se préparait pas au pire, il s'y attendait.
Oracle
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Dim 21 Mai 2017 - 12:24
La moue boudeuse que j’avais affichée durant tout le trajet, accompagnée de complaintes diverses, s’accentua encore plus lorsque mon partenaire vint m’ouvrir la portière. Suivie d’un début de protestation lorsqu’il me chargea une seconde fois sur son dos, mais la fatigue et la douleur y coupèrent vite court. Je me contentais donc de grommeler, n’appréciant pas plus que la première fois de devoir être portée. Et avec trop de fierté et de mauvaise foi pour admettre que c’était la décision la plus sage et la plus logique, étant donné qu’il m’aurait fallu plusieurs dizaines de minutes pour avancer par moi-même jusqu’à la porte d’entrée et à travers l’escalier, ce qui était encore plus ridicule.

Pendant que Monsieur était en train d’ouvrir la porte de chez lui, j’en profitais pour observer un bref instant les lieux à travers la pénombre. Même dans le noir, l’endroit semblait imposant, un manoir typiquement anglais. Avec un majordome pour nous ouvrir la porte. Lorsque ce dernier me remarqua sur le dos de son maître, et afficha une expression inquiète, je poussai un long soupir.

"Rassurez-vous, ce n’est pas lui qui m’a mise dans cet état. Et Monsieur n’a pas pris l’habitude de ramener les jeunes femmes blessées qu’il trouve sur le bord de la route non plus."

Je me retrouvais à nouveau sur le plancher des vaches, une légère grimace lorsque mon pied toucha terre. Je clopinais jusqu’à un canapé, ne cachant pas mon soulagement d’être enfin posée quelque part après toutes ces mésaventures. Sans que cela améliore pour autant mon humeur, après la débâcle de cette mission.

"C’est cela, très cher." répondis-je donc sur un ton presque sec. Je fixais ensuite simplement Lancelot après qu’il eut discuté avec son majordome de l’arrivée d’un médecin, me contentant d’un hochement de tête en guise de réponse. Le maître des lieux finit par s’éclipser un instant, et je me retrouvais seule avec Olivier.

"Une femme dans le grenier à avertir de l’arrivée inattendue et en tout bien tout honneur d’une jeune inconnue ?" lançai-je en observant Lancelot monter les marches à grands pas, surtout pour moi-même plutôt que pour quiconque d’autre. Je finis par soupirer, me rendant compte à quel point la fatigue me rendait mauvaise. Inspirant profondément pour me calmer, je relevai la tête vers le majordome. "Toutes mes excuses pour les dérangements occasionnés. Ce n’était pas prévu… Je vous remercier de m’accueillir."

Je m’inclinai légèrement, avant de demander poliment s’il était possible d’avoir de l’eau. Pendant qu’Olivier s’exécutait, mes oreilles purent cependant capter des bruits de conversation à l’étage. Ainsi donc, ce n’était pas totalement une blague, il y avait effectivement d’autres personnes. D’un côté, cela ne me regardait pas, mais de l’autre, cela m’intriguait aussi, je devais l’avouer. La vie privée de mon partenaire m’était en grande partie inconnue, et c’était d’ailleurs réciproque. En dehors de ses talents de séducteurs, qui me faisaient dire qu’il n’était a priori et sans doute pas marié. Mais on pouvait toujours être surpris.

Oliver revint ensuite avec une carafe d’eau, et, quelques instants plus tard, Lancelot fit de même. Hydratée, et plus confortablement installée, je fus donc de meilleure humeur qu’auparavant. Un peu. Mes erreurs me restaient toujours en travers de la gorge, mais j’avais réussi à accepter le fait qu’elles étaient de mon fait, et nullement de celui de mon hôte.

"Merci de m’avoir amenée jusqu’ici, Lancelot. Et puis… je suis désolée de mon comportement, ce n’était pas digne de votre aide." Cela me coûta un peu de le dire, fierté oblige, mais je n’en étais pour autant pas ingrate. Pour ne pas m’attarder sur ce sujet, je continuais, sur un ton plus posé : "J’espère ne pas avoir trop dérangé vos autres invités, et le reste du personnel."
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Dim 28 Mai 2017 - 10:14
Dans un recoin de sa boîte crânienne, le flegme d'Oracle rangeait méthodiquement sa paperasse. Pour le Courtier : tampon "Ajourné". Pour Persona : tampon "Prioritaire". Pour les jumeaux : tampon "Top Secret". Et pendant que les embrouilles grattaient à sa porte et que son flair aboyait de l'autre côté, le flegme profitait des quelques minutes de calme avant l'apocalypse. Il avait soigneusement prêté une sourde oreille à la remarque sur la jeune femme du grenier, laissé lettre morte, et classé l'information. Restait la mise en balance d'une bonne éducation et la conversation afférente avec le dossier Top Secret.

- Merci de m'avoir amenée jusqu'ici, Lancelot. Et puis... Je suis désolée de mon comportement, ce n'était pas digne de votre aide.

Lancelot sourit, fidèle à son élégance. Les excuses présentées à un gentleman n'appelaient aucun commentaire.

- J'espère ne pas avoir trop dérangé vos autres invités, et le reste du personnel.

Bien essayé. Les intentions de Persona étaient à peine voilées. Cette fois, le flegme reprit sa plume et la trempa dans l'encrier diplomatique.

Lancelot ôta sa veste de smoking et la plia proprement pour la laisser sur le dossier de son fauteuil Chesterfield préféré. Elle y resta à peine le temps d'enlever son nœud-papillon et de se départir du premier bouton de son col cassé, parfaitement repassé. Oliver, aussi alerte que discret, venait de subtiliser le noeud pour le remettre dans une boîte qui relevait davantage de l'écrin.

- Vous trouverez grâce à leurs yeux si vous vous éternisez jusqu'au petit déjeuner, offrit-il à sa coéquipière en retroussant sa première manche, à moins que la dépendance alimentaire ne vous fasse à nouveau piaffer d'impatience et de fierté, évidemment, ajouta-t-il en retroussant sa seconde manche

Lancelot observait son invitée. Il gardait les mains sur le dossier du fauteuil devant lui. La fraicheur du cuir l'avait distrait pour appeler d'autres attentions.

- Une couverture ? Proposa-t-il, alliant le geste à la parole

Oliver passa à nouveau, fantomatique. Le Comte le remercia et lui intima gentiment l'ordre d'aller se recoucher. Le Majordome saisit plus d'un message. Aller se coucher et veiller à ce que d'autres le restent. Il devait prévenir Meredith... Il s'inclina et s'éclipsa aussi effacé que la craie au sol d'une cour d'école après la pluie.

Oracle fit le tour du fauteuil et s'y assit. Il étudia rapidement Dahlia et reporta son attention sur le téléphone. L'infirmière était en route, elle ne tarderait pas.

- Cette demeure est un sanctuaire. Ceux qui y sont accueillis sont protégés, que la situation siée ou non à leur convenance.

Persona était aussi intelligente qu'elle était capable de prétendre le contraire. Elle devinerait sans violence l'impitoyable corollaire d'une protection à l'intérieur : la moindre trahison à l'extérieure serait synonyme d'une vendetta sans précédant. S'ils s'inspiraient mutuellement le plus haut respect professionnel, Oracle pressentait qu'ils ne tarderaient probablement pas à s'inspirer confiance... La soirée ne faisait que commencer !
Oracle
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Jeu 22 Juin 2017 - 12:59
Il se passait dans ce manoir quelque chose… d’intriguant. C’était le moins que l’on puisse dire. Lancelot était un homme discret sur sa vie privée, et j’avais bien conscience que c’était un cas extrême qui avait autorisé ma présence en ces lieux. D’un côté, je ne pouvais pas lui en vouloir, j’étais tout aussi protectrice de ma sphère privée. Mais d’un autre, je ne pouvais m’empêcher de m’interroger sur ce qu’il cachait dans cette grande demeure qui doive nécessiter autant de protection. Quelque chose d’illégal ? Peut-être. De dangereux ? J’essayais de ne pas y penser, mais ma prudence se transformait lentement en paranoïa dans cet endroit inconnu, et ma jambe n’aidait pas vraiment.

Il en allait de même pour les paroles mystérieuses de mon hôte.

"Je crois que ma cheville ne me laisse d’autres choix, mais l’infirmière le confirmera ou non." indiquai-je avais une légère moue, puisque j’aurais évidemment préféré ne pas devoir m’éterniser chez quelqu’un à cause d’une blessure stupide. Je relevai le regard vers mon interlocuteur, lui adressant un vague signe de la main tout en retrouvant un petit sourire à moitié amusé : "Comme l’oiseau en cage : je me nourris de peu, et de ce que l’on veut bien me donner. La fierté est parfois tout ce qui me reste. Et puis, il paraît que le jeûne est bon pour le corps, de temps à autres."

La métaphore sur l’oiseau n’était qu’une plaisanterie, dans le cas présent. Mais de manière générale, il était vrai que j’avais parfois cette impression, dans ma vie de tous les jours. Emprisonnée dans la cage que j’avais moi-même en partie construite, figée dans une existence faite de faux-semblants et de masques. Pour mieux servir ma cause, certes, mais une cage restait une cage.

Je soupirais pour ne pas que cette conversation verse dans une direction trop personnelle ou larmoyante, et acceptais d’un signe de tête la couverture offerte par Lancelot. Il ne manquerait plus que je tombe malade et doive encore davantage prolonger mon séjour ici. Lorsque mon interlocuteur s’installa dans un fauteuil et me détailla, je soutins son regard sans ciller. Ses paroles me firent étirer mes lèvres en un bref sourire.

"Je m’en souviendrai. Mais la confiance est requise des deux côtés."

Au moins, la situation était claire pour tout le monde. Une nouvelle sonnerie se fit entendre, annonçant l’arrivée de l’infirmière. Du moins, je l’espérais.


Aishi Pyar - CARE


Aishi était habituée à ce qu’on la réveille au milieu de la nuit. La vie d’infirmière dans un établissement scolaire où séjournaient de nombreux prodiges –enfants comme adultes- n’était pas toujours de tout repos. Mais elle l’avait toujours vécu avec bonne humeur et dévotion à son travail, comme pour le reste. Du moins, cette fois-ci était un peu différente. On l’avait contactée pour rendre service à un ancien élève, une mission qui nécessitait discrétion et son déplacement vers le sud et l’Angleterre. Elle n’avait pas bronché, ni posé de questions, se bornant uniquement à faire son travail et ce qui la motivait dans la vie : aider les autres.

Elle s’arrêta quelques secondes pour fixer l’imposant manoir, qui, dans la nuit, avait un caractère encore plus imposant. Mais son travail la tira bien vite de son admiration architecturale et de ses pensées qui partaient vers les romans anglais du XIXème siècle. Souriante, elle salua avec politesse la personne qui vint lui ouvrir, s’excusant de débarquer au milieu de la nuit, comme si c’était elle qui était en faute. On l’amena à la personne blessée, et Care ne cacha pas sa surprise en découvrant l’identité de la femme, une personnalité bien connue du monde du show-biz et qu’elle n’aurait pas imaginée trouvé ici.

Professionnelle, elle retrouva bien vite une expression plus rassurante, demandant la permission à la jeune femme de pouvoir examiner sa cheville, après s’être présentée. Malgré la tension qu’elle pouvait lire chez Anderson, Care fut vite soulagée de voir que les soins et la délicatesse qu’elle apportait à son examen eurent vite fait de rassurer la blessée. Du reste, son diagnostic ne fut pas long à établir.


"Une simple entorse. Rien de grave, mais il faudra éviter de bouger durant les prochaines heures. Je vais vous faire un bandage, et vais vous prescrire des antidouleurs, pour vous aider à dormir. Il faudra faire le point demain pour voir comment cela va évoluer."

Ce faisant, et une fois la cheville soigneusement entourée d’un bandage et d'un crème à l’arnica, elle sortit de son sac les médicaments promis, et en prescrivit d’autres pour la suite. Elle termina en ajoutant quelques pilules homéopathiques. Pour un meilleur sommeil et pour détendre les muscles.

"Vous avez un très joli manoir." dit-elle avec son accent indien et chantant et avec un grand sourire chaleureux en se retournant vers l’homme, qui semblait être le propriétaire des lieux. Elle en profita enfin pour admirer la pièce dans laquelle ils se trouvaient, des étoiles plein les yeux.
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Mar 27 Juin 2017 - 10:45
Lancelot gardait un calme olympien tandis que son cerveau turbinait à plein régime. En temps normal, la nuit était le meilleur moment pour exfiltrer un agent blessé, à plus forte raison pour une blessure qui n'appelait aucune urgence vitale. En temps normal toujours, Persona aurait eu cette chance dans son malheur. Et en temps normal enfin, une entorse ne nécessiterait pas juste une nuit de repos avant un autre avis médical. L'agence avait-elle d'autres plans pour eux le lendemain malgré la tournure des événements ou était-elle trop occupée sur d'autres terrains pour rapatrier Persona quand l'opportunité était inespérée ?

Oliver, qui s'était relevé pour ouvrir à Aishi malgré les injonctions du maître de maison, rangeait discrètement le plateau d'argent grâce auquel il avait apporté un verre d'eau à Persona. Le Comte la regarda ingérer des antalgiques qu'il devinait assommants, aux pictogrammes présents sur leur emballage.

- Les deux chambres du rez-de-chaussée sont prêtes, My Lord.
- Je vous remercie, Oliver. Mais pour l'amour du Ciel reposez-vous. J'ai la moitié de votre âge !
- Et donc la moitié de mon expérience en la matière, très cher.


Le privilège d'être un septuagénaire alerte résidait probablement dans l'impunité avec laquelle il pouvait asséner quelques vérités au maître qu'il avait vu grandir. Lancelot l'encaissa avec une pointe de malice dans le regard. Ils adoraient tous deux leurs petites joutes verbales sur le terrain de l'âge... Et ils ne s'y livraient qu'en de très rares occasions devant public. Leur éducation imposait qu'ils profitassent d'un distraction de leurs convives pour des aller-retours sans pitiés au pays des traits d'esprit. Et ce soir, leurs messes basses cessèrent après la dernière intervention de l'infirmière de laquelle ils s'étaient écartés pour leur laisser l'intimité nécessaire à toute pratique médicale.

- Il faudra faire le point demain pour voir comment cela va évoluer.

La cheville de Persona prenait une vilaine teinte violacée. Il connaissait la procédure en la matière et s'apprêtait à chercher de la glace dans la cuisine quand il avisa son majordome... un sac de glace dans les mains. Lancelot doutait depuis 37 ans de la capacité d'Oliver à clignoter. Il disparaissait et réapparaissait avec les objets nécessaires avant de s'évanouir à nouveau.

- Par cessions régulières de 20mn, je suppose... proposa-t-il à Aishi en tendant la poche de glace, D'autres glaçons sont au réfrigérateur pour votre confort demain matin, Miss Anderson.

Care était un être d'une incroyable douceur. Le genre de femme à entretenir la légende sur la façon dont le corps professionnel vous soigne. Et cette douceur cohabitait avec un regard pétillant qu'elle promenait partout où les éclairages secondaires étaient allumés alors que le grand lustre dormait. Sous cette luminosité tamisée mais largement suffisante, le travail de la petite armée que dirigeait Oliver sautait aux yeux. Argenterie briquée, souvenirs de voyages dépourvus de poussière, vases immaculés, fleurs fraîches, nappes repassées, coussins rebondis...

- Vous avez un très joli manoir.

Les yeux hétérochromatiques d'Oracle balayèrent lentement le lieu pour y apposer une couche de satisfaction toute personnelle. Il aimait beaucoup ce qu'il en avait fait, à la mort de ses parents. Il l'avait considérablement désencombré et rendu infiniment plus fonctionnel. Cependant, ce qui rendait le manoir si beau, c'était les gens qui y laissaient leurs bons souvenirs. Le lieu respirait la sérénité. Pas un seul employé ne restait insatisfait. Il mettait un point d'honneur à communiquer avec chacun d'entre eux. Chaque problème lui parvenait directement. Quelques uns des précédents domestiques passaient toujours le voir, bien après leur retraite. Pour prendre des nouvelles. Pour voir le manoir évoluer. Pour raviver leurs souvenirs à la flamme du lieu.

- Il a une âme, acquiesça le Comte dans un sourire

La quiétude du lieu les enveloppaient. Les invités du manoir éreintés s'endormaient toujours rapidement, ici. Cette pensée en raviva une autre dans l'esprit du Comte. Puisqu'il fallait attendre le lendemain pour un autre avis médical et qu'Oliver avait inspecté les deux chambres du rez-de-chaussée...

- Miss Pyar, si j'en juge par la distance que vous avez couverte pour nous rejoindre, vous pourriez rester pour la nuit vous aussi. Serez-vous des nôtres ou le devoir vous appelle-t-il encore ?
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Jeu 6 Juil 2017 - 11:20
L’arrivée de l’infirmière parvint à me détendre quelque peu, d’autant que la présence d’une autre femme avait un côté rassurant. J’observais Lancelot et son majordome se disputer pour savoir qui allait ouvrir la porte, songeant qu’ils ressemblaient tout de même à un vieux couple. Le majordome et lui devaient se connaître depuis longtemps, cela se sentait dans leurs échanges et leur manière de se comporter l’un envers l’autre. Encore un mystère autour de la vie de mon partenaire de mission, qui rendait ce dernier à la fois plus clair mais paradoxalement plus opaque à mes yeux. Seulement un pan du rideau se dévoilait, ce qui était assez intriguant et frustrant, je devais l’admettre. Même si, dans le fond, je n’étais pas plus curieuse d’en découvrir davantage. Surtout dans l’état actuel des choses, où j’avais clairement d’autres priorités.

La jeune soignante examina ma blessure, et parvint rapidement à une conclusion rassurante : ce ne devait pas être plus grave que cela, malgré la couleur étrange que prenait ma cheville. Je poussais un léger soupir, avant d’afficher un petit soupir reconnaissant à l’indienne.

"Merci. Et désolée de vous avoir fait déplacer pour si peu."

Arkadia ne lésinait pas sur les moyens quand il s’agissait d’agent blessé, même si lesdites blessures n’étaient pas si importantes. Je me demandais si le lien de parenté entre Rose et moi avait également joué dans ce remue-ménage pour une simple entorse, mais j’espérais que non. Je ne voulais pas de traitement de faveur. Aishi se contenta d’un sourire doux pour me signifier que ce n’était rien. D’autant qu’elle semblait vraiment heureuse de pouvoir découvrir le manoir de notre hôte.

"C’est exact, merci beaucoup." répondit-elle en attrapant la poche de glace pour l’appliquer sur ma cheville. Après un léger frisson, le froid endormit peu à peu la douleur. L’infirmière lança un regard complice à Lancelot, puis au majordome. "Habitué des entorses, peut-être ?"

Les deux se lancèrent ensuite dans une observation des lieux. Je me joignis à eux, pouvant enfin profiter de pouvoir m’attarder sur ce qui m’entourait avec plus d’attention maintenant que ma cheville était entre de bonnes mains. L’endroit fourmillait de milliers de petits détails, et témoignait d’un soin attentionné. Oliver n’y était sans doute pas étranger. Mais, là où je me contentais de regarder, les yeux de l’infirmière parcouraient avec enthousiasme et admiration. Un regard pur et enfantin, que j’avais depuis longtemps perdu.

Peut-être que, finalement, c’était avec elle que Lancelot aurait dû faire mission qu’avec moi. Ils avaient l’air de s’entendre bien mieux.

"Exactement." acquiesça-t-elle avec un nouveau sourire. "On dit qu’un logement en dit beaucoup sur ceux qui y vivent. Et j’aime beaucoup ce que cela veut dire ici."

Ce qui, bien évidemment, leva la question de savoir ce qu’elle allait faire désormais. Prenant un air plus concerné, Aishi sembla réfléchir un instant, avant de me lancer un coup d’œil.

"Eh bien, je dois admettre que cela me rassurait de pouvoir examiner cette cheville demain, pour être certaine que cela n’empire pas. Mais je ne voudrais pas m’imposer, bien sûr…"

"Vous voyez bien qu’il n’attend que de pouvoir nous montrer nos chambres." indiquai-je en me redressant et en esquissant un premier geste pour me remettre debout. Aishi se précipita alors pour m’aider, alors que je retins une grimace de douleur. Dépendre de quelqu’un entachait ma fierté, mais au vu de la situation, je compris qu’il valait mieux ne pas trop tenter de faire ma tête de mule. Je relevais le regard vers Lancelot et Oliver. "De plus, je crois que tout le monde a mérité de pouvoir dormir un peu."

"C’est vrai qu’il est tard…" commenta Aishi avec un léger sourire, comme pour adoucir la relative platitude de mon ton. "Enfin, si vraiment je ne dérange pas…"

Fatiguée et lasse, je me retins de lever les yeux au ciel. Peu importe toutes ces politesses, tout ce que je désirais à présent, c’était pouvoir me reposer au calme et seule. Du moins, si les mystères de ce manoir me le permettaient.
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Jeu 6 Juil 2017 - 15:07
- Habitué des entorses, peut-être ?
Oliver botta en touche.
- Plus de 70 ans à monter et descendre des escaliers, Miss Pyar.

Lancelot releva avec une pointe d'admiration sans surprise, la finesse de son vieil ami. "Habitué des coups, bleus, bosses, contusions en tout genre, bobos et autres petits drames du quotidien." n'aurait pas sonné moins juste. Lancelot, Oliver et Meredith étalaient au rouleau à tapisser les crèmes à base d'arnica et collaient des pansements au bisou magique à la fréquence d'un photobooth tenu par une vedette.

Oliver justement, venait encore de disparaître... Son oeil expert avait transmis des signaux factuels, et professionnellement dénué d'un tout autre intérêt, à son cerveau. Oui. Premier étage, dressing, deuxième étagère à droite, quatrième pile pour l'une, troisième pile pour l'autre. Un pyjama confortable et magnifique de fierté pour l'espionne, un autre confortable et magnifique de motifs pour l'infirmière. Des robes de chambre. Des chaussons. Surtout, prendre des chaussons fermés pour maintenir la cheville. Hmm. Et puis une cruche et un verre d'eau pour qu'elle n'ait pas à se relever, si elle se décidait à ingérer d'autres antalgiques dans quelques heures.

Lancelot, quant à lui, accueillait volontiers le compliment d'Aishi. Si elle savait à quoi ressemblait l'étage... Les dessins approximatifs et les bricolages étranges autant que créatifs se disputaient un morceau de couloir, entre les deux portes les plus éloignées. Il aurait pu faire passer le mélange de couleurs et de matières pour la pièce maîtresse d'une collection d'art moderne. Enfin... si les autres œuvres qui la composaient ne mentionnaient pas "Papa" entre cœurs et étoiles tous les 10cm.

Le Comte acquiesça. Lui aussi préférait voir Dahlia soignée au plus vite et au mieux. C'était un excellent agent, aussi bien sur le terrain qu'en support. Une entorse mal soignée risquait de raccourcir considérablement sa carrière et son ascension, au mieux, et, au pire, sa vie. Cette seule pensée taraudait suffisamment Lancelot pour ne souffrir aucune remarque désagréable de la part de sa première "invitée". Et pourtant, elle y mettait du cœur ! Pour un hyper-Broca, les mots sonnent plus clair que ceux qu'entendent le commun des mortels. Comme si la haute-définition était encore sourde à côté de ce qu'il percevait de couleurs et d'intentions dans un son, un mot, un ton. Être prodige ne requerrait pas seulement une maîtrise de son don. Il s'agissait aussi d'acquérir une maîtrise parfaite de soi-même, face à son don. Concrètement, si elle le lui avait infligé 10 jours durant, et qu'il n'avait pas dormi, elle l'aurait tout bonnement torturé. Fort heureusement, l'appel du sommeil serait bientôt entendu par tous...

Oliver conduisit les deux convives jusqu'à leur chambre. Care déposa soigneusement Persona sur le lit, à côté des biens qui l'attendaient. Elle rejoignit ensuite sa chambre et depuis le couloir où ils s'étaient effacés, Oliver et Oracle perçurent un cri d'enthousiasme mal étouffé. Ils s'accordèrent un regard satisfait et n'attendirent pas une grogne supplémentaire de l'autre porte pour rejoindre les étages. Ils se séparèrent au premier, où Lancelot demeura.

Quel calme... Il adorait la nuit. Ce moment où tout le monde va s'endormir et qu'il pourra disposer d'encore quelques minutes ou heures pour penser. Il inspira et expira longuement.

Devant lui, la porte où dormaient les jumeaux. Il avait allumé une petite lampe d'appoint dans l'autre chambre désertée et profitait du faible éclairage pour les admirer. En temps normal, il aurait porté le petit déserteur ou la petite déserteuse à sa place. En temps normal, il n'y avait pas une espionne à la maison. Enfin si, cela arrivait. Mais Head était une tatie gâteau. Il referma la porte et s'apprêtait à repartir vers sa chambre lorsqu'il avisa le lit vide de la chambre dont il éteignait la lampe. La chambre juste à côté d'Arthur et Theodora. Juste au dessus d'une espionne. ... Juste au dessus d'une espionne surentraînée, désabusée, misanthrope, brisée, de mauvaise humeur, de mauvaise foi et qui souffrait.

Les pieds du Comte dépassaient. Dépassaient du matelas, dépassaient des draps, dépassaient de la couette. Il tenta vaguement une position fœtale qui découvrit ses reins puis se redressa et couvrit ses pieds gelés... en découvrant son torse. Non définitivement un pyjama ne suffisait pas. Il devait s'y résoudre. Pour la quatrième fois en une nuit, après pyjama, oreiller et édredon, il repartit pour un aller-retour. Princière... Royale... Impériale ! Sa silhouette enveloppée dans une grande couette traversa à nouveau le couloir. La chambre d'en face serait enfin adaptée à un adulte. Il resserra son emmaillotement, se lova sur le petit lit et sombra dans un sommeil aussi profond... que court.

Son ouïe perçut une intention inhabituelle dans le renâclement qui hantait d'ordinaire les stalles. Imperceptible pour qui ne connaît pas maison. Il ouvrit un œil. Deuxième renâclement.

- Noctiiis... supplia-t-il dans sa barbe

Troisième renâclement.

Percheron 3 - Sommeil du Comte 0.

Rhabillé à la hâte, Oracle choisit minutieusement sa sortie. Dehors, les stalles du vieux canasson pépiaient d'un bruit nouveau. À mesure qu'il se rapprochait, ses idées s'éclaircissaient. Était-ce possible...?

Il braqua sa lampe torche sur le sol pour ne pas effrayer le retraité à 4 pattes. Il l'accueillit en soufflant dessus plutôt qu'un hennissement.

- Oui je suis là, mon vieux... rassura-t-il Noctis en lui flattant l'encolure, Qu'est-ce qui t'a... Oh !

C'était donc possible. Après avoir passé 3 semaine à le fuir, 4 semaines à filer très loin sur le domaine et 5 semaines totalement absent, Zeus était revenu. Première nouvelle, Zeus était une femelle. Deuxième nouvelle, elle n'était pas revenue seule. Trois chatons tétaient dans la paille. Les enfants seraient fous de joie ! Ils avaient passé des semaines inquiets pour Zeus ! Il... enfin, Elle, avait terminé la gamelle qu'on lui laissait. Certainement pour reprendre des forces.

- Félicitations ma belle... murmura Oracle en s'agenouillant

Il ôta son pull et le disposa en nid douillet autour de Zeus et de ses petits. Il s'attendrit une minute avant de repenser aux siens. Il se redressa et referma le box.

- Veille bien sur eux, mon pépère.

Un renâclement d'acquiescement plus tard, Lancelot s'apprêtait à partir quand il aperçu la lumière à la fenêtre des enfants.

- Est-ce qu'il y a une personne qui dorme dans ce foutu manoir ?!

Le cheval compatit d'un cinquième renâclement.

- T'as raison.

Lancelot sprinta jusqu'à l'entrée et se faufila comme un voleur dans sa propre demeure. Les pièces du bas affichaient toujours porte close, leurs occupantes émettaient des sons rassurants, et à l'étage... les enfants avaient disparu.

- Theodora ? Arthur ? Appela-t-il en chuchottant

Deux gloussements diamétralement opposés en terme de géolocalisation lui répondirent. La nuit promettait d'être longue...
Oracle
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Ven 4 Aoû 2017 - 14:14
La chaleur et le sourire solaire de l’infirmière contrastait avec mon propre comportement, beaucoup plus sombre et réservé. La cheville y était certes pour quelque chose, mais pas seulement. Quoique je puisse bien en montrer pour correspondre aux rôles et aux identités qu’on attendait de moi, j’étais de nature froide, réfléchie. Je jouais pour paraître autrement, l’inverse de la spontanéité et de la sincérité de la jeune indienne, qui s’était de suite entendu avec toutes les personnes présentes ce soir, et ce malgré les circonstances. Cependant, ce constat était purement factuel, et moi aussi, je trouvais du réconfort dans cette personnalité rayonnante et attachante. Elle rit d’ailleurs de bon cœur à la remarque du majordome, lui adressant un regard doux et compréhensif.

Mais ma patience vint à bout de ces civilités, et l’envie de pouvoir profiter d’un lit pour me reposer prit le dessus sur tout le reste. Il fut donc décidé qu’Aishi resterait avec nous pour s’assurer de l’état de ma cheville le lendemain. Oliver nous indiqua nos chambres, et, même si je ne fus pas aussi enthousiaste que l’infirmière à découvrir la mienne, je fus toutefois grandement soulagée. Nos hôtes étaient également repartis de leur côtés, à l’étage, si j’en cru les lointains bruits de pas qui me parvenaient.

L’expérience et l’entraînement m’avait dotée d’une attention et d’une ouïe entraînée à repérer le moindre bruit suspect. Quand il s’agissait de sa survie, ou d’une mission des plus importantes, c’était essentiel. Pourtant, dans d’autres situations, cela s’avérait assez désagréable. Comme lorsque l’on attendait de tomber dans les bras de Morphée, mais que des craquements, bruits étouffés et autres indices sonores vous empêchaient d’y parvenir. Ne pas me trouver dans un endroit familier, fusse-t-il celui d’un allié, n’aidait également pas. Sans parler de l’étrange impression qu’il se passait quelque chose d’étrange dans ce manoir, sans que je sache pourquoi. C’était une chose de garder des secrets, mais, dans le cas présent, j’avais comme une bizarre impression.

La fatigue et les médicaments n’aidaient pas non plus à calmer un sentiment qui devenait de plus en plus paranoïde. Aussi, lorsque je fus certaine d’entendre quelqu’un marcher dans le manoir, mon sang ne fit qu’un tour et je me relevais dans mon lit. D’autres bruits, semblant provenir de l’extérieur du bâtiment, me convainquirent qu’il était en train de se passer quelque chose. Je regrettais de n’avoir aucune arme à ma portée, et, de toute manière, avec ma cheville, j’aurais été trop dérangée pour pouvoir en faire usage correctement. Surtout lorsqu’il me sembla entendre quelqu’un passer devant ma porte. Je retins mon souffle, jusqu’à être sûre que l’inconnu se soit à nouveau éloigné.

Je me levai ensuite avec le plus de discrétion possible, et clopinai jusqu’à la porte de ma chambre. Une fois dans le couloir sombre, il ne me fallut que quelques instants pour m’accoutumer à l’obscurité, et après de nouveaux pas difficiles, je parvins jusqu’à la chambre de l’infirmière.

"Il y a un problème ?" me demanda-t-elle lorsqu’elle me vit en ouvrant, abandonnant son expression endormie pour un regard inquiet.

Je lui fis signe de rester discrète, lui indiquant dans un murmure ce que j’avais entendu.

"Vous pensez à un cambrioleur ?" s’inquiéta-t-elle.

"Peut-être. Mais dans le doute, je préfère aller vérifier. Et pour ça, j’aurais besoin de votre aide…"

J’aurais aimé qu’il en soit autrement, mais au vu des circonstances… Aishi finit par acquiescer, s’éclipsant un instant dans sa chambre pour revenir avec deux cannes, qu’elle avait eu l’intelligence de prendre, songeant que je pourrais en avoir besoin. J’en pris une pour m’aider à marcher, donnant l’autre à l’infirmière pour qu’elle puisse s’en servir comme d’une arme. L’instant d’après, nous partions dans les méandres du manoir, formant un étrange duo en pyjama et à moitié éclopé.

Même si je sentais qu’Aishi n’était pas rassuré, elle faisait de son mieux pour ne pas le montrer, s’agrippant à la canne comme à une bouée de sauvetage. Elle sursauta en entendant de nouveaux bruits, et je lui indiquai l’étage d’un hochement de tête. Monter les escaliers sans nous trahir ne fut pas aisé, mais nous parvînmes au premier étage après quelques efforts. Des gloussements se firent alors entendre, arrachant un petit cri effrayé à Aishi.

"Montrez-vous si vous l’osez !" répliquai-je, sentant qu’il y avait définitivement quelqu’un tout près de nous.

Lorsqu’il silhouette nous frôla, l’infirmière poussa un hurlement qui résonna dans tout le manoir et certainement dans les environs. Profitant de cette diversion, je fis de mon mieux pour bondir sur le côté, afin d’atteindre l’interrupteur. L’instant d’après, la lumière nous éblouit, mais dévoila également notre adversaire… qui s’avéra plus petit que prévu. Et surtout, beaucoup moins âgé. Surprise, j’échangeais un regard avec l’infirmière, tout aussi ébahie et qui continuait à serrer sa canne comme si sa vie en dépendait. Un enfant ?

"Qu’est-ce que c’était que cette histoire ?"

La scène ne manquait pas de bizarrerie : deux femmes en pyjamas, dans un manoir au milieu de la nuit, armés de cannes, découvrant que leurs craintes avaient été créées par un petit garçon. Des explications étaient sans doute nécessaires…
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Sam 5 Aoû 2017 - 19:19
- J'te tiens !

Meredith venait de refermer le piège, tendu par Lancelot, sur la petite Theodora. Elle lui enfonçait des bisous dans le cou tandis que sa prisonnière riait aux éclats. Et soudain, du deuxième étage, l'atmosphère tomba lourdement. Lancelot avait compris en une fraction de seconde ce qui se tramait un étage plus bas. Sa mine s'assombrit. Sa voix se fit sèche.

- Gardez-la. Et surtout pas un bruit.

La gouvernante opina du chef. La main de son patron et ami s'était refermée sur son bras comme une supplication. Elle déglutit péniblement et resserra son étreinte sur son petit trésor. Même l'enfant, relativement peu accoutumée à tant de gravité sur le visage de son père, perdait l'envie de jouer les rebelles effarouchées.

Oracle entreprit de descendre l'escalier qui lui permettrait d'arriver dans le dos du duo improbable. Il souhaitait mesurer l'ampleur des dégâts. Fidèle à ses principes d'éducation, il poursuivit sans autre arme que ses propres réflexes de Papa prêt à en découdre pour protéger sa progéniture. ... Il était donc, d'une certaine façon, bien armé jusqu'aux dents.

Au premier étage, Arthur étudiait. Il étudiait cette drôle de bête qui crie aigu avec plein de pattes qui font toc ou tic en fonction de ce qu'elle pose. Il étudiait aussi furtivement sa texture. C'était doux, un peu mou, un peu tiède... et ça générait donc des cris. Comme son pingouin Nanook ! De toute évidence, les monstres sous les lits n'étaient plus aussi effrayant qu'auparavant. Celui-ci râlait contre lui-même et avait peur d'un enfant !

Et la lumière fut. Il cligna de ses petits yeux hétérochromes et découvrit avec enchantement Persona et Care.

- Qu'est ce que c'était que cette histoire ?
- T'en connais beaucoup ?

Lancelot qui longeait l'escalier, tapis contre le mur, s'arrêta brusquement. Il prêtait l'oreille et jurait percevoir que l'on se détendît. Un toc indiqua qu'une béquille venait de retrouver la terre ferme. Il poursuivi sa progression et un deuxième élan d'enthousiasme de son fils le foudroya.

- T'as des yeux de panda.

Lancelot s'écrasa une main sur le visage. Effectivement, si elle avait pu dormir au lieu de lutter contre les effets relaxants des antalgiques, elle aurait sans doute hérité d'un visage plus approprié ! Il poursuivit encore et monta, à pas de chat qui lévite, un escalier dont il connaissait chaque planche...

Et là, l'apocalypse. Theodora s'était ressaisie. S'il existait une circonstance sur Terre capable de lui faire passer l'envie d'obéir dans un moment grave, c'était bien celle de sauver son frère. Sauver. Oui. Parce qu'Arthur, à cet instant très précis, venait de prendre la mesure de l'impact de son affront sur l'aura déstructurée de Persona. Une aura de femme détruite qui n'a plus rien à perdre et donc qui faisait peur. Très peur. Et à deux, ils n'avaient plus peur de rien ni personne. À deux, ils étaient invincibles.

- IHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!!!

Lancelot bondit devant Care et Persona, attrapa sa fille qui chargeait à la volée et immobilisa son fils de l'autre bras. Chargé d'un enfant sous chaque aisselle, il présenta le derrière de son fils avant de se tourner pour faire profiter à ses invitées d'un meilleur jour :
- Ladies, Arthur Templeton.
Puis d'un mouvement souple, il pivota et poursuivi.
- Et Theodora Templeton.

Il sentit contre ses flans les jumeaux se calmer. Ils adressaient même un petit salut de la main, chacun dans leur sens. Le signal de les reposer, de récupérer des mains et donc des armes, et de se mettre entre les jumeaux d'un côté et le binôme Persona/Care de l'autre... de toute évidence encore en proie au calcul mental.

- Les enfants, mes amies Dahlia - Arthur, tu t'excuses - et Aishi.
- Mais c'est joli les pan... MademoiselleDahliaJeVousPrésenteMesExcuses... Mais je suis sûr qu'elle aime les pandas, grommela-t-il dans sa barbe.

Meredith et Oliver accoururent derrière lui, depuis l'autre escalier, pour compléter le tableau. Il ne manquait plus que Zeus, ses chatons de 3 semaines, et Noctis !

Meredith pressa sa main contre l'épaule d'Oracle.
- Je suis navrée, elle...
- Je sais. coupa-t-il en tapotant ses doigts avec bienveillance

Oracle avait les idées parfaitement en ordre. Peut-être le premier de toute la bande à les rassembler. Il impulsa au cours de l'Histoire la reprise d'une activité normale.

- Les enfants, allez vous coucher.
- On n'a pas sommeil.
- Je ne vous ai pas demandé de dormir.

Celle-là, ils ne l'avaient pas vue venir. Theodora et Arthur se concertèrent. Une faille dans laquelle s'engouffra Meredith pour les rediriger vers leurs chambres. Ils choisirent celle d'Arthur, où une montagne de peluches les attendait depuis 20mn.

- Puis-je suggérer un lait chaud avec une cuillère de miel ? Vous regagnerez le sommeil plus rapidement.
- Bonne idée, Oliver. Nous descendons.

Lancelot restait flegmatique mais il n'avait plus tellement envie de rire. Il devança Persona dans l'escalier et lui présenta son dos.

- Vous pourriez profiter de la position pour m'égorger mais je vous suggère de descendre les marches sur mon dos et de votre plein gré. Ou je vous charge sur mon épaule comme à votre arrivée. Vous choisissez.

Le ton était courtois mais ferme. En général, le ton qu'il réservait à quelques criminels de haute volée quand le temps jouait contre eux. Suffisamment rare pour être remarqué.

À travers la balustrade, son regard se porta sur l'origine d'une phrase.
- On n'a pas somm...
Un regard froid comme de l'acier. Inédit.
- Oulala, qu'est-ce qu'on a sommeil ! S'exclama Theodora
- Oui crès crès sommeil ! Acquiesça son frère en faisant semblant de bâiller
Ils repassèrent devant Meredith en faction devant leur porte sans même s'être faits prier.

En bas, confortablement installés dans le salon qu'ils occupaient à peine quelques heures auparavant, Oracle déserrait sa machoîre. Il était 4h15 du matin, son plus précieux secret s'était éventé tout seul à une espionne et une membre de la PH. Oliver, quant à lui, s'occupait les mains pour se vider l'esprit. Il posa le plateau sur la table basse et récupéra deux tasses... qu'il déposa dans l'escalier, à l'endroit même où il était certain que deux petits espions courageux comme Persona et Oracle se présenteraient.

Oracle se saisit de son breuvage et patienta. Impassible. Quelqu'un finirait bien par rompre le silence.
Oracle
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Mer 30 Aoû 2017 - 20:27
Le cri de l’infirmière résonna dans tout le manoir, et brisa le silence nocturne d’une manière aussi violent que lorsque je rallumai la lumière pour y voir plus clair. Je m’étais attendu à beaucoup de choses, mais certainement pas à tomber nez-à-nez avec une paire de grands yeux curieux et enfantins. Malgré l’absurdité de la scène, il sembla ravi de nous voir. Difficile de croire que c’était cette adorable bouille qui avait créé toute cette étrange situation. J’échangeais un regard avec Care, tout aussi surprise que moi, et mis quelques instants avant de retrouver mes esprits. Mais mes muscles se décontractèrent devant l’évidence que ce garçon ne présentait aucun danger immédiat. Du moins, pas directement.

"Des histoires ? Tu ne crois pas qu’il est un peu tard pour ça ?" demandai-je en affichant un léger sourire. Avant de rire face à sa question sur mes cernes.

"Tu es tout seul mon grand ?" ajouta Aishi en s’abaissant vers lui pour l’observer avec une expression douce et bienveillante.

La réponse nous parvint rapidement, sous la forme d’un autre cri. Plus aigu et… plus jeune, aussi. Une petite forme s’était mise à courir dans notre direction, et, avant que je puisse réagir, Lancelot s’était interposé pour l’attraper et stopper la charge. L’instant d’après, il se trouvait avec deux enfants sous les bras, qui, à vue d’œil, semblaient avoir le même âge. Et que le maître des lieux présenta rapidement : Theodora et Arthur Templeton. Ce qui ne manqua pas de m’intriguer. Un même nom de famille, un neveu et une nièce ? Ou alors… une filiation plus immédiate peut-être ?

Care leur rendit un petit signe de la main, visiblement sous le charme. Je me contentais d’un léger sourire, mais il fallait admettre que ces chenapans avaient des visages d’ange. Et c’était toujours mieux que des cambrioleurs, à devoir choisir.

"Ce n’est pas grave." assurai-je en secouant la tête. "Et tu as raison. J’aime bien les pandas. Toi aussi ?"

Le majordome et la gouvernante arrivèrent à leur tour, et je me tournai à nouveau vers l’infirmière pendant que Lancelot réglait la fin de la sortie nocturne des petits aventuriers. Aventuriers, et négociants dans l’âme, visiblement. L’anglais s’approcha ensuite de moi, et proposa son aide pour descendre à nouveau les escaliers. La fatigue et les émotions de ces dernières minutes eurent raison de ma fierté.

"Le dos, cela ira très bien, merci. Et je n’ai pas pour habitude de frapper lâchement par derrière."

"Bonne nuit Theodora, bonne nuit Arthur. Dormez bien… ou essayez !" leur déclara Aishi en agitant sa main.

Après une dernière tentative –infructueuse- de lutter contre le coucher, les jumeaux disparurent. Tout en descendant sur le dos de notre hôte, je me fis la réflexion que, si j’avais eu la chance de grandir avec mon frère, peut-être aurions-nous pu développer une telle relation dès notre enfance. Mais il ne servait à rien de se perdre dans des « si », d’autant qu’une discussion nous attendait. Assise aux côtés de Care, j’observais la tasse de lait dans un silence religieux. L’infirmière nous fixait l’un et l’autre, attendant de voir qui serait le premier à s’exprimer. Et ce fut moi.

"Vous auriez pu nous dire que vous aviez des invités, cela nous aurait évité de penser au pire." D’autres choses que nous pourrions encore croiser dans les couloirs inopinément, tant que nous y sommes ? Dis-je d’un ton calme en buvant une gorgée. "Cela dit, nous sommes ici chez vous et vous agissez donc comme vous le souhaitez. De plus, je comprends votre prudence. Ce sont des informations qui resteront entre nous. Vous avez ma parole."

"Tout à fait." acquiesça Aishi avec un sourire. "Mais ils sont vraiment adorables ces petits ! Un peu hyperactifs, peut-être ? Nous en avons aussi à l’école, et on peut dire que cela met de l’animation."

Heureusement que l’infirmière était là pour détendre l’ambiance et rendre la situation beaucoup plus légère. Un don que je n’avais pas. Mais, comme je l’avais déclaré, je pouvais comprendre les raisons de tous ces secrets. La famille peut être une cible facile dans notre métier, et il convenait donc de la protéger en conséquence.
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