Do you remember the seaside? [Watchman]

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Ven 28 Avr 2017 - 15:40


"I come alone here." Promise - Ben Howard

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Est-ce que tu te souviens du port, Hailey ? Nous nous étions promenées sur la jetées, la première fois que nous étions venues sur l'Arche. Quand j'y pense, c'était notre première fois en Europe. Enfin, si l'appellation d'Europe a encore un sens maintenant que tout est éparpillé dans le ciel. L'aéronef venait à peine de se poser le long de la jetée -quel modèle était-ce, déjà ? Un sigma 3, je crois, un des fleurons de Mesa à l'époque. Ils en sont au douzième maintenant. Tu dorerais – que nous nous étions éclipsées sur la promenade. C'était peu après la révélation des portails au reste du monde. L'effet que ça avait fait, ni toi ni moi ne nous en étions rendues compte. Pour nous, c'était...un projet, quelque chose de fun sur lequel bosser. Qui aurait cru que la possibilité de se déplacer instantanément d'un point à un autre aurait à ce point captiver les gens ? On se déplace tout le temps pourtant, je ne vois pas pourquoi on en ferait un fromage. Mais le succès... C'était le tiens, avant tout. C'étaient tes portails. Ils le sont toujours : chacun d'entre eux, c'est un peu comme une partie de toi, de l'énergie que tu y a mise. Parfois, quand j'en ouvre un, je crie ton nom ; j'espère toujours qu'un jour, tu finiras par me répondre. C'est idiot, je sais, mais...ça fait du bien. L'espoir, je veux dire. Sans ça...sans ça, je ne sais pas ce que je serais devenue.

Pourtant, je ne m'en tire pas trop mal. Enfin je crois. J'ai continué nos recherches bien sûr, comment aurais-je pu faire autrement ? C'est le seul moyen que je connais d'avoir une chance de te ramener un jour, aussi infime soit-elle. Le docteur Horst, Mesa...ils pensent tous que tu es perdue. Mais même sans l'Entité, le système des portails continue de fonctionner. Voilà dix ans que des centaines de milliers de personnes les utilisent tous les jours. En as-tu croisés, des fois ? L'un d'entre eux est-il arrivé jusqu'à toi ? Mais je m'égare. Je fais souvent ça, je pense, je pense, et je ne fais plus attention où mon esprit se dirige. Mieux vaut ça que se cogner dans un mur, même si j'ai parfois l'impression d'être un rat dans labyrinthe. C'est un peu ça la vie sans toi, Hailey : un labyrinthe dont je n'arrive pas à trouver la sortie. Mais je ne m'arrête pas pour autant, j'en suis incapable. On dit qu'il faut toujours tourner à gauche, que c'est un moyen infaillible de trouver la sortie. Alors quand je pense très fort, je penche la tête sur la gauche, des fois que ça marche ; pour le moment, ça m'aide surtout à me déboucher les oreilles après un voyage en aéronef. Mais je parlais du port, je crois. Il pleuvait, mais cela nous était égal. Nous nous étions assises sur la jetée, à regarder les mouettes et les goélands, des éclairs blancs sur fond de ciel gris. Le vent ramenait tes cheveux contre ton visage ; j'avais remonté mes lunettes de travail sur la tête, pour tenir les miens. Et on ose me dire que je n'ai pas l'esprit pratique... On avait cherché Saturne, aussi. Comme à chaque fois qu'on découvrait un endroit, pour en faire notre point de repère. Une promesse, afin de s'y retrouver si on se perdait. Sur le port en Écosse, ou ailleurs. Mais cette fois-ci, tu n'es jamais venue. Ou plutôt, je ne t'ai pas trouvée. Pas encore.

Aujourd'hui, je suis venue sur l'Arche pour l'exposition universelle. Cecil a insisté sur l'importance de ma présence pour la présentation de Mesa à la foire aux inventions, prévue dans quelques semaines. Il paraît que je suis une figure de proue, une « poster child ». Même si je n'avais vu ma tête sur le moindre poster. Cela ne me dérange pas plus que ça, au fond. J'aime bien les foires, j'aime biens les inventions, et j'aime bien l'Arche. La dernière fois que j'y suis venue doit remonter à au moins deux ans. Une série de conférences à l'université d’Édimbourg et à la Potential Home, ou presque rien n'a explosé cette fois-ci. J'aime bien cette ville, cette arche : je m'y sens bien. C'est différent de l'Institut de Néo-Séoul où tu m'avais trouvée, et c'est bien plus vivant que la froide arche de Singapour où Mesa a son quartier général. Il fait plus frais ici, et c'est agréable. Le vent, les embruns, l'odeur de l'eau salée qui cascade au bord de l'Arche. C'est une vision magnifique, dont je ne me laisserai jamais. J'aurais juste préféré que tu sois là pour la voir avec moi. On se serait assises sur la même jetée, on aurait mangé des frites et du poisson frit enrobés dans du papier journal, et on aurait parlé de Ramon. Il nous aurait sûrement rejoint, plus tard, et Cecil et Carlos aussi, après leur promenade en amoureux.

Mais là, je suis toute seule. Ramon s'occupe de superviser le déchargement de l'équipement, Carlos supervise les chercheurs, et Cecil fait sa communication. Heureusement qu'il est là ; la communication, ça n'a jamais été mon fort. La communication officielle, tout du moins. Je ne sais jamais ce qu'il faut dire et ne pas dire ; tu étais bien meilleure que moi pour ça, ma grande... C'est pas plus mal d'être seule, ceci dit. Après le voyage, ça me fait du bien ; souvent, j'ai besoin de calme, de m'éloigner des gens. De ne plus entendre sans cesse leurs voix quand j'ai de la peine à entendre la mienne. Alors je profite de mes retrouvailles avec la ville, avec le port. J'ai les pieds qui se balancent au-dessus de l'eau, assis au bord du ponton ; il pleuvine, presque comme la première fois, mais en moins fort. J'en profite aussi pour bricoler Bob, ou du moins Little Bob, son interface portable. Bob, c'est... je ne sais pas comment te le décrire. Je travaille dessus depuis presque dix ans, j'ai commencé le projet peu après ta disparition. Je ne sais pas si c'est un ordinateur, une machine à penser, un organigramme ou une sorbetière ; je crois que ça dépend des jours. Je le modifie sans cesse, même si j'ai l'impression que c'est lui qui se modifie à travers moi. Je peux l'entendre, tu sais, et plus clairement encore que les autres machines. C'est presque une partie de moi. Une partie que je peux monter, démonter et remonter à loisir. Little Bob ressemble à une sorte de boîtier cuivré dont dépassent tuyaux, rouages et pièces diverses ; il ne reste jamais pareil très longtemps. Parfois, un mince jet de vapeur me brûle la main, mais je m'y suis habituée. C'est une des manières qu'il a de communiquer. Je l'installe sur mes genoux, je le branche à mon bloc poignet (Samantha, que j'ai conçue moi-même), et je le triture avec Elvis (un de mes tournevis). Je vois qu'il fonctionne moins bien sans l'ourse en peluche, mais j'ai dû le laisser avec l'interface principale pour éviter la panne.

« Qu'est-ce que tu racontes, mon grand ? »
que je lui dis ; il semble récalcitrant, je peux le sentir. Peut-être que... Mais bien sûr, Goumi ! J'aurais dû y penser avant ; Hailey, tu vas me prendre pour une véritable idiote ! Je pose Elvis, et je fouille dans la poche de ma chemise, que je porte à carreaux avec une paire de shorts en jeans et des collants, le tout avec mes fidèles grosses chaussures. La poche gigote, et Goumi en jaillit pour filer ventre à terre sur la jetée.

« Goumi, reviens ! » que je crie au rat blanc qui finit par s'arrêter quelques mètres plus loin, son museau frétillant tandis qu'il inspecte ce nouvel environnement. Je ne m'inquiète pas trop, parce que Goumi est un rat plutôt prudent, et que j'ai encore du cracker et du fromage dans une autre poche, entre deux bananes. J'espère surtout qu'il ne prendra pas peur ; ce serait compliqué de me mettre à lui courir après, Little Bob sous le bras... Je soupire, et tend le bras au point de presque m'en tordre l'épaule, des fois que j'arrive à l'attraper par la queue. Puis j'avise une promeneuse qui passe à portée, et c'est avec mon plus grand sourire poli que je lui demande : « Est-ce que vous pourriez me passer ce rat s'il vous plaît ? Il s'appelle Goumi, il est très gentil. »
Saturn
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Sam 23 Déc 2017 - 11:12

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Une fois qu'on est entré dans la petite case des handicapés il y a tout un écosystème qui se dévoile. C'est vrai. On n'imagine pas combien de dispositifs, de métiers, d'associations, sont interconnectés avec le monde du handicap. Comme tout microcosme spontané il se suffit à lui-même... ou presque. On ne va pas non plus se mentir, sur le fait que la société en général à du mal avec les éclopés, les vieux, les fous. Tout ce qui ne rentre pas dans les cases.

Une fois qu'on a trouvé une ouverture on est soudain, la connaissance, le copain, l'ami de personnes, qui n'ont rien de plus en commun avec toi qu'une paire de guibolles en moins. Je m'étais catégoriquement tenu éloigné, de ce monde parallèle, pendant des années. Je ne voyais que son aspect étriqué et stigmatisant. Qui n'a pas disparu. Et qui s'est peut-être même accentué. Mais maintenant j'ai compris que je ne ferais plus jamais de cent mètre.

Enfin, pendant ma période de soin j'ai rencontré une nana, Rose, soixantaine, infirmière depuis 45 ans, proche de la retraite. Je n'ai jamais rencontré une fille aussi têtu. Du jour où je suis arrivée au service, elle a décrété que j'allais me mettre au foot... en fauteuil. J'avais vaguement suivi quelques match des mecs aux paralympiques de l'été dernier. Y a de quoi inspirer deux trois troufions de l'unité. Toujours est-il que je me suis mis au foot au bout d'un an. Une fois par an, l'équipe se fait un repas, dans un petit resto de la plage. Je n'aime plus ces grands rassemblement. C'est toujours un risque que je perde les pédales. Je faisais surtout l'effort pour faire plaisir à Rose. En général je restais pour l'entrée et puis je leur faussais compagnie.

Mais très vite, le brouhaha, les cris, me donna le tournis. J'ai donc trouvé un moyen pour m'éclipser pendant un éclat général. Je peux déjà l'angoisse venir me titiller le cerveau. Une sueur froide me coule dans le dos. Il a beau faire chaud, ça me donne froid. J’accélère un peu la cadence pour m'éloigner. J'étais désolé de ne pas avoir dit au revoir à certains. Mais ils comprendraient.

L'air de l'océan m'arriva dans les cheveux. Le haut de cœur s'apaisa doucement mais sûrement. Je sens que ça me fait du bien. Alors, je pousse plus fort sur les roues en respirant à plein poumons. L'iode remontait jusqu'à ma gorge. Je sentais le soleil frapper sur ma nuque. Voilà, ça c'est fait pour moi. Le sable, le soleil, l'océan, comme là-bas...

_ LA VACHE ! La bestiole à 15 millimètres de ma roue. Je crois que ses moustaches viennent d'avoir une permanente accélérée. J’entends la voix qui gueule un peu plus loin. Je me penche et hop là. On était pas loin. Les rats... pour certains c'est un met délicieux. Pour d'autres c'est un animal de compagnie. C'est bon IL A RIEN ! La fille a une dégaine. Je souris. Je préfères ce qui sort des cases, ce qui sort du lot. Et j'avoue que là je me demande un peu sur qui je suis tombé.

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Mar 2 Jan 2018 - 11:17
Goumi, ce n'est pas seulement un rat, c'est mon ami. Je l'avais récupéré un an plus tôt, alors qu'il s'était faufilé dans mon labo à Singapour. Il avait échappé à ses responsables pour se réfugier dans mon bric-à-brac, et je l'avais trouvé niché entre les rouages de Big Bob, tranquillement installé contre l'ours en peluche. La machine ronronnait d'un air satisfait, et je l'avais sentie protester quand j'avais pris l'animal dans mes mains. Depuis, je laissd souvent Goumi explorer l'engin, qui devenait son propre labyrinthe. Tous deux semblent y trouver leur compte, ce qui me ravit. Les premiers propriétaires de ma boule de poils avaient bien tenté de la récupérer, mais je m'y étais farouchement opposée, jusqu'à ce qu'ils me le cèdent. Je n'aurais jamais pu travailler dans le département des recherches biologiques, là où ils testaient sur des animaux.Et je suis bien contente d'avoir épargné un sort funeste à mon pote le rongeur.

Alors je suis un peu inquiète de le voir filer ainsi sur la jetée. Je sais qu'il est curieux de nature, et qu'un petit cœur d'aventurier battait sous les poils, mais la vie pouvait vite se révéler dangereuses pour une créature de sa taille. A le voir slalomer entre les pieds des passants, je me demande comment c'est de voir le sol d'aussi près, à ras les moustaches. Une autre perspective, pour sûr. Il faudrait trouver un moyen pour expérimenter ce genre de choses, on gagnerait beaucoup à être un rat de temps en temps. Ou juste...autre chose, quelqu'un d'autre. Parfois, on se concentre trop sur être soi, et on oublie un peu que les autres ne voient pas le monde de la même manière. Je le sais parce que ça m'arrive aussi, quand je me laisse emporter par mes recherches, et que je ne pense plus assez aux conséquences. Je fais de mon mieux, Hailey, mais si je veux te retrouver... Enfin, ce qui compte maintenant, c'est que Goumi n'a rien !

« Merci dude ! » Je me lève, Little Bob sous le bras, toujours connecté à mon bloc poignet, et je me dirige à la rencontre de cet ami des animaux. Au creux de ses mains, Goumi a l'air à l'aise, pas effrayé pour un sou. « Il n'est pas très craintif. Pas assez, peut-être. Il ne sait pas tout ce qui peut lui arriver. Je crois qu'il vous aime bien, alors je vous aime bien aussi. »

Je lui souris, parce que c'est aussi simple que ça. Je suis spontanée dans mes amitiés, parce que je ne vois pas l'intérêt de perdre du temps, et puis je vois assez vite si ça va coller. Je ne suis peut-être pas toujours à l'aise en société, alors j'en profite quand je sens que ça va bien se passer. Je ne suis pas du genre à perdre du temps en simagrées. L'homme en face de moi à un beau sourire, alors je suis contente de le lui rendre. Je remarque le fauteuil plus que l'infirmité, parce que je m'intéresse aux objets et que je me demande toujours ce qu'ils peuvent bien raconter. C'est un engin à roues, pas un modèle antigrav comme on en voit de plus en plus. Je me penche pour que Goumi saute dans ma main, puis il me grimpe le long du bras pour revenir prendre sa place habituelle dans ma poche de poitrine.

« Heureusement que t'étais là pour le réceptionner ! »
Sans réfléchir, j'opte pour le tutoiement. Ce que je fais avec pratiquement tout le monde de toute façon. « Je suis Summer. Le rat, c'est Goumi, et sous mon bras c'est Little Bob. Vous vous appelez comment tous les deux ? Ah, je crois qu'il... Tu peux prendre Bob deux minutes ?»

Je débranche Little Bob avant de le confier à l'homme, puis je me penche pour observer une des roues. J'en suis le contour avec ma main, et je me concentre pour écouter. De mon autre main, je me saisis d'Elvis le tournevis, et je vais trifouiller un peu plus loin derrière la roue. Et je fais ce qu'il faut avant de me redresser.

« Il fallait resserrer un truc, le fauteuil me l'a dit. C'était pas facile à remarquer, mais au moins c'est fait ! »
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Sam 13 Jan 2018 - 23:16

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La fille vient vers nous. Je vois tout de suite qu'elle a de l'énergie à revendre. Je pense à Rose et ça me fait sourire plus encore. Je l'observe en train de marcher. C'est un truc fascinant de regarder les gens marcher. Je ne m'en rendais pas compte avant. Pourtant c'est vrai, on apprend beaucoup de chose à la façon dont une personne avance vers son objectif. Je lui souris. Ce qu'elle dégage me met plutôt à l'aise ce qui n'est pas si rependu.

_ Les bêtes ont un bon instinct en général. Salut Goumi. Je me tournais ensuite vers la jeune femme pas surpris par le « tu ». Ça colle avec la spontanéité du personnage. Parce que faut bien le dire, Summer a l'air d'être tout un monde à elle toute seule. Lui c'est T. Yes, je suis fan de Schawary. C'est lui qui m'a donné le goût de l'action et de la Justice. Alors, ça devait aller de soi que mon fidèle destrier lui face honneur. Moi c'est Sean. Miller me paraît assez futile comme info étant donné le ton de la conversation. On en est à un tout autre rapport. Et ma fois, ça ne fait pas de mal. Je réceptionne comme je peux l'engin qu'elle me tend un peu étonné.

Et puis j'observe ce qu'elle va trifouiller. Normalement, j'aurais du avoir l'idée de la stopper en la voyant s'armer d'un tournevis. Mais, à voire l'appareil qu'elle m'avait remis j'avais l'intuition qu'elle maîtrisait sa bille dans le domaine. Quant à ce qu'elle parle des objets comme de personnes j'en étais plus amusé qu'effrayé. Si le terrain m'avait bien enseigné un truc pendant toutes ces années c'est que le matos pouvait devenir ton meilleur pote. Et que souvent, il te sauvait la vie.

_ Cool merci ! J'observe alors plus attentivement Littel Bob. Le disgn me parle. Mais la provenance m'échappe encore. Ça me perturbe un peu de ne pas retrouver. Par hasard, tu connais le langage de Mac aussi ? J'ai Paulette qui me fait des analyses système spontanées. C'est assez chelou.

Les mouvements de Goumi attire mon regard. Je souris. C'est vrai qu'elles sont pas mal attachantes ces petites bestioles. J'avais eu des animaux de compagnie étant gosse. Ma mère adore les petits chiens. Un calvaire ces teignes, oui. Ils sont agressifs, invasifs et fragiles. Mon père a une fascination pour les poissons. La question de l'aquarium, au moment de partir en vacance avait toujours été un calvaire en terme d'organisation. Mes potes c'étaient les hamsters... Je dois en avoir eu 8 ou 9. Mais now, ma vie est tellement déréglée que ce ne serait pas cool pour une bête.

_ Il te sert à quoi, lui ? J'ai une piste, mais ce n'est pas mon rayon. Moi j'étais plus dans la communication dans le bataillon. Il n'y avait pas un Talki, ni une radio, qui n'avait pas fini par craquer sous mes manigances techniques. Franchement, sans mentir, j'étais un bon dans ma branche. Je m'étais le cœur à l'ouvrage. Sans ce putain d'accident, j'aurais pu en réparer encore des tonnes des circuits. Enfin, si je commence à penser à ça, je sais que mon humeur va repartir à vaut-l'eau. Ce serait con maintenant que j'ai réussi à quitter le repas. En plus cette Summer avait vraiment un air estival, pour le coup, et mieux vallait en profiter. En Ecosse on ne sait jamais combien de temps le soleil va rester.

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Jeu 18 Jan 2018 - 12:25
Je ne me considère pas comme quelqu'un de compliqué. C'est plutôt un avantage lorsqu'il s'agit de mes relations avec les gens : j'aborde tout le monde de la même manière. En fait, c'est surtout parce que sinon, je ne m'y retrouverais pas. Les gens sont plus compliqués que les machines : ils utilisent des mots, et les mots veulent rarement dire ce qu'on croit. Il y a trop de variables dans ces combinaisons de lettres et de sons, sans compter qu'il faut prendre en compte le ton et le contexte. Ce n'est pas mon type de science, j'ai toujours préféré les chiffres. Et le langage des machines, celui que je comprends instinctivement. Les machines ne mentent pas. Alors plutôt que de m'échiner à tourner autour du pot avec les humains, je me montre directe en toutes circonstances. Et puis la plupart d'entre eux ne sont pas si méchants. Je crois.

« Leur instinct est même souvent meilleur que le nôtre. T'as une bestiole ? Goumi et moi on s'est mutuellement adoptés, c'est plutôt sympa. Je lui ai fait un petit chapeau avec un boulon, et j'essaie de lui apprendre les claquettes, je suis sûr qu'il a un don. »

Goumi a le rythme dans la peau, j'en suis persuadée. Quand il y a de la musique au labo, il dodeline toujours des moustaches comme un pro, et il sait faire savoir ses préférences. Il s'est découvert une prédilection pour Fred Astaire, et il faut le voir se tenir debout sur sa petite planche ! Bon, l'ennui, c'est qu'il commence parfois à ronger des câbles qu'il ne faut pas quand on arrêter sa musique, mais même les meilleurs morceaux deviennent agaçants pour les autres dans le labo au bout de trois heures. Pourtant, ça ne me dérange pas trop ; je peux écouter la même chanson en boucle pendant trois jours, surtout si je tombe sur celle qui s'accorde à mon expérience en cours. J'aime bien travailler en musique, il suffit de trouver la bonne.

« Enchantée T ! »
Je flanque une petite tape amicale sur la roue du fauteuil, à la manière d'un high five. « Vous êtes ensembles de puis longtemps ? »

Les machines, plus on passe du temps avec, et plus on s'y accorde. C'est comme si on entrait en résonance, il y a une influence mutuelle. Les objets ont une personnalité bien à eux, pour peu qu'on prenne le temps de s'y intéresser. De vraiment tendre l'oreille. Enfin, pas vraiment l'oreille, mais son attention. Souvent, on ne s'en rend compte que lorsqu'on les perd, ou qu'ils se cassent. C'est fou comme cela peut devenir compliqué de remplacer un objet qu'on est venu sans le savoir à considérer comme un ami.

« Oh de rien, mais faut remercier T aussi, c'est lui qui me l'a dit. Il t'aime bien. »
Tout en parlant, je récupère Little Bob, que je rebranche à mon bloc-poignet. Il se met aussitôt à vrombir de ce son si particulier qui rappelle le ronronnement d'un chaton satisfait. « Je connais pas toutes les spécificités du langage Mac, je préfère demander directement à l'ordinateur, et il me guide. Si tu me l'amènes, je pourrai le faire. »

L'informatique en elle-même ne m'intéresse que moyennement. Ce sont les ordinateurs en eux-mêmes, les machines, qui valent le détour. Leur potentiel incroyable ne cesse de se développer, parfois sans que nous ne le remarquions. Cela ne m'étonnerait pas qu'ils finissent un jour par devenir plus intelligents que nous. Y en a qui trouvent ça inquiétant, mais du moment qu'on les écoute, je me dis que ça devrait bien se passer.

« Tu es dans l'informatique ? J'suis inventrice à Mesa, c'est pratique vu que j'aime bien les machines. Little Bob sert à...ben, à être Little Bob, je pense. Je sais pas trop pourquoi je l'ai créé, et je continue de le bidouiller. C'est l'extension de Big Bob, c'est avec lui que j'ai commencé. Je les modifie à l'instinct, ou alors ils me disent ce dont ils ont besoin. Ils sont...ben, Bob. La machine qui évolue. Pourquoi est-ce qu'il faudrait absolument servir à quelque chose ? C'est comme avec les gens, parfois juste être, c'est déjà bien. »
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Dim 21 Jan 2018 - 20:17

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Je n'ai pas de pote poilus chez moi. Nop ! C'est bien trop une prise de tête. Ni l'envie, ni la patience, pour m'occuper d'un autre être vivant. Mais je pense bien que je rend service au règne animal en me contentant de mes copines les machines. Quand Summer me parle de carrière de cirque pour Goumis je tente d'imaginer le costume. Ça me fait rire, tout ce que j'ai en tête ceux sont les écureuils stars _ Écoute, si vous montez un show, réserve moi une place, mdr. Pas que je sois fan de l'esclavage de nos amis les bêtes. Je sens bien que cette nana en prend soin de son ami la souris. Et je suis même sûre qu'elle lui a sauvé la peau.

_ Bientôt quatre ans lui et moi. J'aurais du le changer l'an passé pour l'assurance, mais bon, je l'aime bien celui-là. Il me correspond pas mal. ça passe vite mes ailleux. Je ne sais pas si c'est une bonne chose ou non. J'ai l'horloge rouillée depuis un moment de toute façon. Faut dire que je pose mon cul, au bas mot quinze heures par jours dessus. A ce stade de rapprochement fessier, vaut mieux aimer la bête. Je dirais même, faut l'adorer. On m'a déjà proposé, deux fois, de passer à une version pure mécanique. Perso, je n'accroche pas. Un truc de faignant. Déjà que j'ai du mal à garder du muscle. Un truc qui me reste de l'armée.

J’imite la tape amicale faite par Summer un peu plus tôt. Ça fait quand même plaisir de voir que je ne suis pas le seul à parler à ma bécane. C'est un truc qui se pratique pas mal dans mon nouveau monde d'ailleurs. En soi, c'est plutôt logique. On devient tellement dépendant de toutes ces conneries. Vaut mieux s'en faire des potes. On a tendance à plus faire confiance à une machine quand on lui donne un semblant de vie. Tant pis si ça fait peur à la clique des psy. On les emmerde.

_ Ah Okay. Je verrais si je peux avoir une autorisation de sortie. A mon avis, non. Le matos du Bureau était presque cimenté. Trop peur de fuites. Le service gère des données sensibles. C'est vrai que si ça tombe dans les mauvaises mains. On serait dans un beau merdier. Mais bon qui ne tente rien n'a rien. Je peux négocier avec le patron.

_ On peut dire ça. Je suis un traqueur de données. Je bosse chez les flics. Une reconversion qui en vaut bien une autre. Avec ce que j'ai appris à l'école militaire de toute façon je ne pouvais plus en faire grand-chose après l'amputation. Si on philosophe, genre, quand j'en suis à mon cinquième verre d'eau de vie dans un bar pourris, on peut y voir une renaissance. Une renaissance pfff. Y abien que les hippies pour sortir des trucs pareils.

L'explication de Summer me semble alors plus sensé que pas mal de choses que j'ai déjà entendu. Juste être, ça peut être un putain de job à plein temps. Il m'a fallu un accident de la mort pour le comprendre. Avant, j'avais une fonction très claire, un but précis, je savais pour quoi on m'avait foutu sur la planète. Maintenant ? Chaque jour je me demande

_ Ouais. C'est assez vrai ce que tu me dis là. Je me force à me redresser. Sinon blocage des vertèbres douze et treize again. Ma colonne est en vrac. Ils en beau empêcher le tassement des dorsales c'est les cervicales qui répondent à l'appel. Les chiennes. Mais, je sais comment les contrer. Et sans médics !

Je lui souris.

_ Ils marchent vraiment ces portails ? Of course j'y vois une inspiration directe de la série de S&F des années 90. O'Neal et son équipe m'avait accompagné un temps. Je suis assez curieux d'avoir l'avis de quelqu'un qui est de l'intérieur. La presse exagère-t-elle le côté révolutionnaire du truc ?

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Jeu 25 Jan 2018 - 9:21
« Tu seras aux premières loges ! Tu joues d'un instrument ? Tu pourrais nous accompagner. »

Ça fait un moment que j'essaie de pousser les gars du labo à monter quelque chose. Histoire de favoriser l'esprit d'équipe, et parce que c'est fun. Je me débrouille avec une guitare, j'en ai une que j'aime bien bricoler, j'y ai mis plein de pistons. Tout est mieux avec des pistons, c'est une règle de vie. Après, c'est pas encore dans la poche, d'autant que Carlos n'a pas le rythme dans la peau. Mais Cecil a une belle voix, faut dire que c'est son outil de travail, ça aide.

« Les assurances ne connaissent rien aux liens qui nous unissent avec nos machines. T'as raison d'y être fidèle. Et si y a besoin de maintenance pour que ça continue, je pourrai te donner un coup de main. Y a trop de gens qui se débarrassent de leurs objets quand ils sont un peu abîmés, alors qu'ils marchent encore. J'trouve ça un peu triste. C'est comme les gens, remarque ; quand t'es pas conforme, on te met à l'écart. »

Des fois, je me dis que si j'étais pas aussi douée dans mon domaine, j'aurais facilement été mise au ban de la société. Avant que Mesa ne me repère, avant toi, Hailey, j'étais une gamine sans passé, sans famille. Et je le serai restée sans toi. Mais on s'est trouvées, on s'est comprises, et aujourd'hui je suis à la tête de ma propre équipe scientifique. J'ai les moyens de me livrer à toutes les recherches que je souhaite, et je ne manque de rien. Du moins tant que je suis utile, me souffle une petite voix, celle qui se fait de plus en plus insistante.

« Wow, c'est un sacré boulot ! Difficile de travailler plus étroitement avec des machines que ça... J'imagine que tu dois voir de sacrées choses, avec ça. Et ça doit pas être de tout repos. Ça te plaît ? »

C'est important d'aimer ce qu'on fait. C'est même capital. Là encore, je sais que j'ai beaucoup de chance. Je ne manque ni de ressources, ni de moyens, et je peux faire ce que je veux, du moment que je continue de m'occuper des portails pour Mesa. C'est ce qui me permet de tout faire pour te retrouver, Hailey. Pour essayer de te rejoindre, où que tu sois. Par n'importe quel moyen.

« Je ne sais pas qui de Bob ou moi fait le plus évoluer l'autre. On fonctionne un peu en symbiose, je me sentirais perdue sans lui. C'est plus qu'un projet, c'est...une partie de moi-même, qui se manifeste toute seule. » Et ce n'était pas la seule. En parlant des portails, je ressens pour eux une connexion semblable. Inexplicable. Quand je travaille sur eux, c'est comme rentrer à la maison. Je peux les entendre chanter.

« Bien sûr qu'ils marchent vraiment ! T'en as encore jamais pris ? C'est une amie à moi qui les a inventés. Elle...n'est plus là, alors je fais de mon mieux pour qu'ils continuent de marcher. C'est pour ça que Mesa m'a envoyée ici, pour travailler sur les nouveaux modèles qu'elle présente à l'exposition universelle. »
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Mar 30 Jan 2018 - 23:22

Do you remember the seaside?WATCHMAN & SATURN

Je ris de moi-même. _ Houla non. J'ai aucun sens du rythme. Comme pas mal de gars, j'ai tenté la guitare, pendant le lycée, pour plaire aux filles. J'ai aussi testé la basse pendant la première année de formation. Mais non, ce n'est pas pour moi. Je peux chanter à la limite quand je suis bien. Mais genre bien bien. Y avait bien que les chants militaires pour me pousser à gueuler. Pas une campagne militaire sans un bon refrain martial. C'est ça qui nous porte dans la boue et la merde. Je chante. Surtout sous la douche. Et toi ?

Cette fille me semble avoir compris pas mal de chose. Elle a l'air finaude. C'est vrai que vaut mieux ne pas avoir un pét de travers ici-bas. Les failles, les faiblesses, en vérité, rien n'est jamais totalement pardonné. La charité, le grand pardon, c'est de la bondieuserie pour se racheter une bonne conscience. Seulement, l'Homme est mauvais. Alors dés qu'il voit qu'il peut avoir le dessus, il ne marche pas... il court.

_ Tu crois pas si bien dire. Une paire de jambes en moins et paf, tu deviens pire qu'un lépreux. J'ai vécu de plein fouet ma sortie de la normalité. Il faut bien dire qu'avant je n’ai pour ainsi dire, jamais eu de problème. Je rentrais dans les standards. Pas trop con à l'école. Pas trop chiant avec les autres. Pas trop moche. Avec un peu d'efforts, j'aurais pu passer par la case populaire. Mais, déjà à l'époque, j'aspirais à la tranquillité. Je l'avais eu... jusqu'au front. Maintenant, que je sais d'être mis au rebut ma tendance à jeter à drastiquement baissé. Bon ça et le fait que sur le terrain t'apprend à rafistoler, plus qu'à te servir du nouveau matos. Y a des moyens, ouais, mais pas pour la chair à canon qui est en première ligne de tire. Ni pour la dernière.

_ Ouais. Ça va. C'est pas mal. Y a pire. On est en plein dans l'actu. Toi t'as l'air d'aimer ce que tu fais ? Pas trop prise de tête les machines ? J'imagine fort bien la pression que l'on doit avoir dans ce genre de grosse boîte. Quand il faut faire du chiffre à tout prix. Je vois comment ça te dégomme un bon gars. En deux-trois ans ils te le mettent dans un tel état que hop « brun-out ». Eux aussi ils partent à la casse en moins de deux. C'est pas quelque chose qui peut arrêter les mastodonte comme eux. A moins d'un soulèvement. Malheureusement, ce n'est pas ce genre de soulèvement qui est dans l'air du temps. On le voit bien. Non, ceux qui gueulent, ceux sont ceux qui font peur.

_ Nop ! Jamais testé ! Toi si, du coup ? Si j'étais encore été dans les petits papiers de l'armée. Je pourrais avoir un petit tour de manège gratos. Il y a quand même des avantages à être du milieu. On ne va pas faire comme si. Mais, ils ont des candidats plus « adaptés » pour ça. Je suis passé dans la catégorie inapte pour un paquet de trucs. Dingue tout ce qu'on perd. Je me rappelle avoir lu un article sur les prothèses de Mesa Corporation. Ouais, ils sont aussi dans les prototypes. L'Arche est pas mal fournie, je dois dire. Y aurait moyen tu crois ? Je suis assez curieux en fait. Voir ce que ça donne.

Ahhh, je me sens quand même vachement plus détendu qu'en sortant du repas. Je ne sais pas si c'est l'idée d'un spectacle de claquettes de rat, la mer, ou simplement d'arriver à causer avec une inconnue, sans que ça me provoque des visions ? En tous les cas, ça fait du bien. Je souris, parce qu'en fait ça fait longtemps que ça ne m'étais pas arrivé avec une nouvelle tête.
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Sam 3 Fév 2018 - 13:46
« J'ai jamais eu le sens du rythme, mais ça m'empêche pas de jouer de la guitare. Enfin, un peu à ma façon, d'accord, mais j'ai construit mon instrument moi-même, alors ça aide. Il parait qu'on n'utilise pas de spatule pour faire une guitare, mais elle marche moins bien sans. Et je trouve que c'est plus facile avec les touches de piano. Y a des pistons qui font de la vapeur quand je joue, aussi. Super important ça, la vapeur. »

Je suis l'heureuse propriétaire d'une guitare steampunk, ou du moins ce qui s'en rapproche le plus. Comme la plupart de mes inventions, elle a fini par se construire toute seule. Dès qu'un engin commence à prendre forme, il commence à se doter d'une vraie personnalité, ce qui m'aide à le comprendre. Du coup, il peut me dire ce qu'il veut, je lui dis ce que j'en pense, et ça continue : la conception, pour moi, c'est un dialogue. Comme toi qui parlais aux portails, Hailey, à l'énergie derrière ; moi, je peux juste les entendre... Mais j'ai d'autres spécialités. Enfin, je sais pas si on peut vraiment les appeler comme ça, j'aime toucher à tout, et je m'ennuierais si je devais me cantonner à un seule domaine. Il y a beaucoup trop de choses à découvrir pour se contenter d'une seule.

« Je fais beaucoup de choses sous la douche, pas toi? » je lui réponds avec un grand sourire. « Déjà parce que sous la douche, je trouve qu'on pense à plein de trucs, alors j'ai toujours un bloc-poignet résistant à l'eau pour prendre des notes. Et quand je découvre une nouvelle douche, je finis presque toujours par la démonter pour voir. »

Ce qui plait rarement aux propriétaires des hôtels où Mesa me loge. Pourtant, j'améliore leur système, ce n'est pas de ma faute s'ils j'entends qu'ils ont besoin d'une upgrade ! D'accord, le jet d'eau chaude sous pression capable de toucher une mouche à six kilomètres si on prend le temps de viser, c'est peut-être un overkill, mais je pouvais pas prévoir que l'employé furieux regarderait dedans avant qu'il ne l'enclenche ! Il va bien, bien sûr, je m'en serais trop voulue sinon. Et puis Cecil m'a tapé un peu sur les doigts après ça. Enfin, façon de parler. Il n'oserait même pas taper dans un sac de sable, des fois que le sac le prenne mal, mais il a fait les gros yeux.

« Pourtant, les lépreux, si on prend le temps de les aider, ils valent pas moins qu'un autre. T'as déjà songé au prothèses ? Ils en font des super chez Mesa, je pourrais te pistonner. On dirait des vraies, et elles sont encore plus performantes ! Ils construisent même des prothèses de combat, pour les soldats. Après, c'est juste une question, je voulais pas t'offenser. On vaut pas moins parce qu'on est dans un fauteuil. Je pourrai améliorer le tiens, si tu veux ! Peut-être installer un de ces systèmes d'antigrav... »

Je ne fais pas ces propositions par pitié, et j'espère que Sean ne va pas se froisser. Je vois simplement la possibilité d'inventer quelque chose, ce qui me met toujours de bonne humeur et peut me faire manquer de tact. Et si en plus, je peux aider mon nouveau pote, c'est tout bénéf !

« Vous devez avoir du boulot en ce moment, après ce qui s'est passé au salon des inventions. J'étais sur le stand de Mesa quand c'est arrivé. Le détournement, et...tous ces gens... » Je ne sais toujours pas quoi en penser. Plus j'y songe, plus quelque chose me trotte dans la tête, comme un détail qui m'aurait échappé... Heureusement, j'avais pu convaincre Huang de m'aider à évacuer le plus de gens possible, c'était déjà ça. « J'ai pas à me plaindre : Mesa me donne tout ce dont j'ai besoin pour poursuivre mes recherches, tant que je continue de m'occuper des portails. Je ne pourrais pas faire autre chose, la science, les machines...c'est toute ma vie. Et puis il y a quelqu'un que je dois trouver. »

Hailey, m'attends-tu vraiment quelque part, où est-ce que je me fais de faux espoirs ? Parfois, j'ai l'impression que tu me sermonnerais un bon coup, afin que je fasse autre chose de ma vie. Mais sans toi, je ne sais toujours pas ce qu'elle est. C'est ma mission, et j'ai l'intime conviction qu'au final, il n'y a pas que pour moi qu'elle se révélera aussi importante. Mais en attendant...

« Bien sûr, j'en ai pris plein de fois ! J'y pense... Y a une installation, pas loin, là où Mesa stocke les portails apportés pour l'expo. On pourrait y aller, et je te ferai traverser ! Ce serait dommage de passer à côté de l'occasion ! »
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Ven 9 Fév 2018 - 22:39

Do you remember the seaside?WATCHMAN & SATURN
Je me gratte la barbe pour chasser une démangeaison passagère. Ce qu'elle m'explique me fait de nouveau sourire.

_ Ça a l'air cool comme instrument. Avec une imagination comme la sienne je comprends bien que rien n'est conventionnel. Je me dis qu'elle pourrait bien s'entendre avec Roxy ! Ou même avec Ludo. Je suis sûre qu'ils trouveraient des trucs à se raconter. A l'occas' ouais, ce serait marrant de les présenter les uns aux autres. Histoire de voire.

Ah non, je n'ai pas spécifiquement l'esprit tourné vers la chose. Mais, je dois quand même dire que la formulation s'y prête là. Quand on me dit faire des trucs sous la douche... moi les premiers trucs qui me viennent en tête c'est sexuel. Y a pas meilleur endroit pour découvrir un partenaire que là. J'ai quelques souvenirs, assez mémorables, de coups tirés avec les gens des deux sexes. Toujours pour le sport et rarement déçu. Mais, bon, maintenant, je suis plus du côté cogitations aquatiques... De fait !

_ En fait, tout ce que tu vois tu le dépiautes, c'est ça ?

Ça ne me dérange pas outre mesure de parler de mon handicap. Enfin pas avec cette fille. Je sens, plus que je sais, qu'elle n'est pas dans le jugement ou dans l'apitoiement. Comme le sont, disons-le, un max de filles sur ce cailloux de merde. Les mecs aussi, mais, c'est encore autre chose. Eux au moins, ils ne font pas les difficiles. M'enfin, je vois bien, que Summer, elle ne se pose pas la question. Et punaise, c'est agréable.

_ Y a pas de soucis. Je sais. Non, en fait, la vérité, c'est que... je ne sais pas vraiment de quoi j'ai envie. C'est ça le problème. J'en sais foutre rien.

J'ai vus des vidéos de la catastrophe. Y a tellement de choses qui circulent sur le réseau. Les gens n'ont pas idée. Tout ce qui se passe sur cette arche, et sur les autres, est enregistré. Ça fait des années. L'internet, c'est encore plus que ce que les gens le pensent. On peut tout y trouver. Il faut seulement savoir où chercher. A force de trifouiller, de me former sur le tas, je suis devenu plutôt bon. Même Danny me l'a dit. On compense comme on peut le manque d'adrénaline. Moi du coup, c'est en flirtant avec les lois. Un peu comme ces types dont on entend parler aux infos « Justice » et un acolyte, dont j'ai oublié l'alias.

_ Trouver quelqu'un ? Une lumière rouge vient de s'allumer. On m'a déjà confié des affaires de disparition. Ce n'est pas mon domaine de spécialité à la base. Mais, grâce au réseau justement, en recoupant les données, on peut gagner du temps. Quand une personne est portée disparue on lui court au train au temps ! Enfin, ça c'est le réflexe de flic qui s'est activé. Si ça se trouve, elle me parle de trouver « quelqu'un ». faire une rencontre, quoi. Et là par contre... Je ne peux rien pour elle.

Okay je me disais qu'elle devait avoir des accès. Mais je ne pensais pas qu'elle me le proposerait, comme ça de but en blanc. Et en même temps, ça a l'air de faire partie de sa personnalité : la générosité. Je suis souvent surpris de voir qu'il existe réellement des personnes généreuses. Justes généreuses. Ça devrait me réconforter. Mais, pas vraiment en fait, je me dis qu'ils doivent surtout se prendre des vents. Ce monde, il n'est pas fait pour les gens bien. J'en ai eu des preuves irréfutables. Malheureusement. Mais, je n'ai pas envie de faire le rabat-joie, là. Summer elle donne plutôt envie de croire aux Bisounours et à toutes ces conneries.

_ Ce serait cool ! Ouais ! Ça me plairait bien. Franchement à l'occasion, je suis ton homme ! Enfin, je sais, je me fais pas trop de bile. Elle a saisie l'idée.

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Lun 12 Fév 2018 - 13:08
Je le regarde se gratter la barbe, et je me demande ce qu'on ressent. Après tout, je n'ai jamais eu de barbe, je ne peux pas savoir. Et j'aime tout savoir. Enfin, pas vraiment tout savoir, parce que je ne pense pas que c'est possible, et puis on s'ennuierait. C'est plutôt que j'ai envie de tout expérimenter. Tout ce dont je suis capable, simplement pour savoir comment ça fait, même si je ne comprends pas comment ça marche. Peut-être que je pourrais prendre des hormones, demander aux gars des labos de bio s'ils peuvent m'aider à improviser un petit cocktail. Un cocktail au poil, quoi. Sean parle, et je me reconcentre sur lui, tout sourire : mon esprit a cette manie de partir dans tous les sens dès qu'il découvre une idée qui l'intéresse, et je n'ai encore jamais trouvé d'idée qui ne l'intéressait pas. Quand il part, il a tendance à revenir, mais après avoir fait le grand tour et récupéré quelques idées de plus en chemin.

« Ouais, elle est plutôt cool, c'est vrai. Bon, le jeudi, j'ai découvert qu'elle avait tendance à produire des jets de flammes, surtout entre quatorze et dix-sept heures. Ramon -un de mes assistants- en a perdu ses sourcils, mais j'lui avais dit de pas y jouer un jeudi. »

Si mon esprit a tendance à s'éparpiller, je ne songe pas un seul instant au sous-entendu concernant la douche. Je tords rarement mes mots pour qu'ils disent autre chose que ce que j'ai envie de dire, et je n'y peux rien si d'autres les interprètent différemment. Ce n'est pas que je ne suis pas portée sur la chose : c'est une expérience toute aussi digne qu'une autre, à vivre au moins une fois. Seulement, ce n'est qu'une expérience parmi tant d'autres, alors j'ai rarement pris le temps de m'y attarder. 

« J'aime bien démonter les trucs et les machins, ouais. Pour voir comment ça fonctionne, pour mieux les remonter après. Enfin, je demande à l'objet avant, c'est la moindre des choses ! Les gens trifouillent généralement pas dans les organes des gens sans leur permission, alors j'vois pas pourquoi ce serait différent avec le reste. Et puis on apprend plein de choses d'une manière ou d'une autre. »

Je suis contente de voir que je ne l'ai pas offensé en mentionner aussi directement son handicap. Il a l'air d'apprécier que je ne tourne pas autour du pot, et que je n'en fasse pas non plus l'objet de pitié. A moi, ça me semble logique, pourtant. Les gens qui ont des bras ou des jambes en moins, ben...ça reste des gens. La définition de leur être n'est pas raccourcie à la manière de leur corps : elle reste pleine et entière. Et très riche, pour peu qu'on prenne le temps de vraiment voir l'autre.

« Je comprends, c'est pas évident, ce genre de questions... Mine de rien, envisager des changements pareils, c'est jamais facile. C'est que tu dois encore avoir besoin d'y réfléchir. L'important, c'est que tu finisses par trouver ce qui te conviendra le mieux à toi. Et pas aux autres. Nous, on n'est pas à ta place, alors on peut te soutenir, mais on peut pas de donner le droit de décider pour toi. En tout cas, si jamais tu te décidais un jour pour des prothèse ou pour que je fasse voler ton fauteuil, hésite pas : ma porte sera toujours ouverte. Et pis parfois, c'est bien de juste savoir qu'on a l'option. »

Il ne réagi pas vraiment quand je mentionne les événements du salon des inventions : le détournement du Harrington (comme j'aimerais trop pouvoir monter à bord un jour, et discuter avec!), les explosions au sol... Peut-être qu'il n'aime pas parler de ces choses-là, surtout lorsqu'il n'est pas de service. Moi, il y a toujours quelque chose qui me chiffonne, dans cette histoire. Comme une puce dans le dos, juste là où on est pas capable d'aller gratter. Ou comme un appel en absence sous mon crâne que je n'arrive toujours pas à retourner. Et puis tout revient à toi, Hailey, comme toujours.

« Ouais. La meilleure amie que j'ai jamais eue. C'est elle qui a développé les portails, à la base. Moi, je ne fais qu'assurer son héritage. Elle a...disparu, quand l'arche de Pyongyang est tombée. Alors depuis, je la cherche. C'est aussi pour ça que je bosse sur les portails pour Mesa ; en échange, ils me fournissent de quoi continuer mes recherches. Et j'arrêterai pas tant que je l'aurai pas devant moi. »

Même si cela doit me prendre toute ma vie, Hailey. Mais je n'ai pas envie d'assombrir la conversation, alors je reprends avec enthousiasme en battant des mains : « Trop cool ! Y a une installation une rue plus loin, j'ai les accréditations pour entrer, et tout. On peut y aller maintenant si tu veux ; et puis ça ne prendra pas trop de temps, tu verras. A moins que je t'envoie en Chine par erreur. » Puis je reprends, toujours avec un grand sourire : « Je plaisante. Ce n'est arrivé qu'une fois. »
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Ven 16 Fév 2018 - 15:52

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Je me demande ce que dirait « T » s’il pouvait s’exprimer. Est-ce qu’il raconterait plutôt nos virées en ville sans personne. Nos nuits blanches devant le PC… Qu’est-ce qu’il dirait du vent, des feuilles mortes et du reste ? S’il a bien son caractère propre, il y a des jours où il doit en avoir mal de voir mon cul. Enfin, l’anecdote de ma camarade de discussion me distrait et je souris en imaginant un mec avec un sourcil en feu. L’ambiance dans leur atelier doit être sympa en dehors des énormes risques d’accidents de travail.

Je l’écoute me parler de sa conception du rapport humain-objet. Je ne suis pas matérialiste. Il y a très peu de trucs que j'aurais du mal à balancer. Par contre, je sais à quel point j'ai besoin de certains outils dans ma vie de tous les jours. Pas que pour mon confort, non, pour que le quotidien puisse se faire. Enfin, son exemple me fait froncer les sourcils. Je pourrais objecter que le trafique d’organes est un fléau persistant. Que les riches se font même pousser des organes bis en batteries dans des serres hyper protégées. Enfin, le boulot que je fais n'aide pas à rester croyant en l'humanité.

_Mmm savoir qu’on a l’option… Je sais pas, ouais.

Je me souviens en effet du tapage autour de la chute de l’arche. Ce n’est pas la seule. La Bolivie y est passée et même un îlot rattaché à Monaco. Je n’ai pas de formation scientifique. Pourtant, me semble que depuis deux trois ans y a une augmentation des catastrophes. Que ce soit ces chutes ou les ouragans. Comme si ce qui reste de la planète nous disait un grand « allez vous faire voire ! ». Armageddon était peut-être qu'un avertissement. J'aimerais autant qu'on ne finisse pas pareil. J'ai un peu le vertige. Rien que de penser à la distance entre nous et le sol terrestre, je ne me sens pas hyper bien.

_Et… elle n’aurait pas pu… tomber ? Je lui demande, intrigué.

Pas besoin d'être un Holmes pour saisir que la fille en question est quelqu'un d'important pour elle. J'ai beau avoir une tendance à la misanthropie, je trouve cool que le reste du monde arrive à créer des liens si forts entre eux. Je ne le fais plus. Mon cœur a donné sa part. Je sais que si je suis amené à perdre encore un proche, dans cette putain de vie, c'est l'HP direct. Autant aider Summer, elle fera, j'en suis sûre assez pour deux. En plus, ça me changera des dossiers glauques qui traînent dans le Bureau.

Ah ! OMG. Quand elle me dit tout de suite, je réalise seulement la proximité de cette nouvelle technologie. En soi, la réunion avec l'association ne m'intéresse plus. Je ne sais pas ce que j'irais y faire. De base, j'envisageais de rentrer chez moi... pour glander un peu. Reposer mon dos aussi. Ces journées en extérieur sont toujours une épreuve pour ma carcasse. Mais je ne me vois pas refuser une invitation comme celle-ci. Un portail ça ne se croise pas tous les quatre matins.

_Banco !

Les freins défaits, je fais un quart de tour d'un coup. Je regarde la plage un moment. C'est vrai qu'on a des belles côtés ici. Enfin, je me doute que la machine va se trouver dans une zone sans sable, eau de mer, et tout ce qui pourrait la faire dérailler. Je désigne une direction en interrogeant la technicienne du regard et puis je roule. Cette petite pause à l'air libre m'a fait du bien. Je me sens prêt à repartir pour un bout de route.

_J'en as pris combien de fois ? C'est où le plus loin que tu as fais ?

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