It's a Small World || Saturn

 :: Édimbourg :: Leith :: Manoir Hamilton Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Ven 28 Avr 2017 - 11:27

ft. Saturn

ft. Scavenger

「 It’s a Small World 」
Chers lecteurs,

Ou auditeurs, ou spectateurs, sait-on jamais que mes mémoires soient un jour produites en livre audio, voire en film ou série !
Vous me pardonnerez aussi l’utilisation du masculin uniquement, pour des questions de convenances. Et écrire en épicène, ça me saoule. Quoique, techniquement, je m’exprime en anglais, donc la question se pose moins, mais là, ça devient trop compliqué. Même pour moi.

Bref ! En cette belle journée, j’étais peinard chez moi en train de profiter de l’oisiveté du jeune rentier que j’étais. Enfin, aussi peinard que je pouvais l’être en sachant qu’il y aurait une scientifique trop cool qui allait passer à la maison. J’avais ouvert tous les placards, à la recherche de mes plus beaux projets de recherche, afin de les lui montrer et de voir s’ils étaient réalisables. Pêle-mêle, nous avions : un grille-pain spécial croissants, un chariot à mouettes, un fauteuil-voiture, une pinata en forme de licorne remplie de poudre à gratter ou une bouteille de gin qui faisait aussi office de lampe de poche.
Que des projets intéressants, mais que la team de l’Organisation XIII avait jugé « Inadéquats aux missions de l’organisation ». Bookeeper avait cependant, après moultes demandes de ma part, accepté d’intégrer mon idée de déguisement de pancake à l’une des missions. Selon lui, cela pouvait potentiellement faire une bonne couverture pour se fondre dans la foule lors d’un festival. Qu’est-ce qu’ils feraient sans moi, franchement ? Ils seraient bien perdus !
Mais aujourd’hui, j’avais demandé aux gars si je pouvais prendre une journée de congé pour m’occuper de ma petite scientifique. Etonnamment, ils ont rapidement accepté, sans même que cela soit compter dans mes vacances réglementaires. Quand même, ils sont choupinous mes petits numéros, ils se soucient de mon bien-être. J’en ai de la chance, hein chers lecteurs, vous ne trouvez pas ? Pour les remercier, j’amènerai une surprise demain. J’hésitais encore entre amener un DJ pour animer les réunions de travail, ou Bibi, le petit singe que je parrainais au Zoo de la ville. A ton avis lecteur, qu’est-ce qui leur ferait le plus plaisir ?
Pour la solution A, envoyez SUPER CADEAU A par SMS au numéro 666. Pour la solution B, envoyez CADEAU B.
Où j’en étais déjà ? Ah oui, mes projets !
Avant l’heure de midi, j’avais étalé une grande partie des nombreuses feuilles volantes où je notais toutes mes idées. Les domestiques avaient juste poussé un soupir en voyant le bordel que j’avais créé en moins de cinq minutes, mais ils étaient ensuite retournés à leurs activités. Ils avaient l’habitude de comment je fonctionnais maintenant, et, de toute manière, je les payais assez cher pour qu’ils travaillent sans broncher, non mais !
Bernard, mon majordome en chef hérité de la précédente propriétaire (RIP Lady Hamilton. Mémo à moi-même : aller déposer un bouquet de fleurs sur sa tombe, dans le fond du jardin. Et nettoyer un peu les taches de vin sur la pierre tombale. Souvenir de la grosse fête de la semaine dernière. Oupsi Oups), m’avait suggéré d’inviter la jeune dame à un brunch. Et j’avais accepté, parce que les brunchs, c’est toujours cools.
Mais d’ici 13h, l’heure donnée à la scientifique, j’avais déjà oublié sa venue et m’étais lancé dans d’autres projets. Je suis un homme très occupé, après tout, et mon cerveau tourne toujours à mille à l’heure (trois fois « heure » en 2 phrases, c’est pas terrible ça, non ?).
Aussi, lorsque la sonnerie de l’entrée principale résonna, j’étais en plein visionnage du dernier Indiana Jones. Celui avec les aliens. Pas le meilleur, mais la scène du frigo me fait toujours rire. D’un seul coup, je me rappelais la scientifique et le brunch. Ni une ni deux, je pris mon élan et sautai sur Penny, qui traversa la porte, puis le couloir, en prenant toujours plus de vitesse. Je déboulai en haut des escaliers qui surplombaient le hall d’entrée, et, avec une petite impulsion du pied, m’envolai au-dessus de la balustrade. Je frôlais le grand lustre en cristal (tiens, la poussière n’était pas très bien faite là, je devrais le faire remarquer à Bernard), avant de me réceptionner sur l’un des canapés. Style Louis croix quatre bâtons, ou quelque chose comme ça. Juste au moment où Bernard faisait entrer la jeune femme.
"Salut ! Bienvenue chez moi ! C’est trop cool que tu sois venue !" Je commençai à sauter tout autour d’elle d’excitation et d’impatience, pendant que Bernard, impassible, débarrassait mon invitée de son manteau. "Joli vol, hein ? C’est un de mes projets, de créer un jet-pack pour Penny. D’ailleurs, je te présente Penny." Je désignais la chaise. "Penny, voici la super-scientifique. Sullivan, c’est ça ?"
"Monsieur voudrait prendre le brunch tout de suite, ou plus tard ?" demanda Bernard
Je me tournais vers la scientifique.
"Qu’est-ce que tu préfères ? Sinon, on commence par le boulot et on en discute en mangeant après !"


Scavenger
Sphère Economique
avatar
Messages : 35
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Immortalité, Persuasion
Revenir en haut Aller en bas
Lun 1 Mai 2017 - 10:07
La vie sur l'arche écossaise avait de quoi bien m'occuper, mais d'une manière différente que celle que je menais à Singapour. Au cœur de Mesa, chaque journée était aussi trépidante qu'éreintante, entièrement dévouée aux recherches déterminées par la société. J'avais tout ce dont j'avais besoin, mais ma liberté était quelque peu restreinte ; je n'avais qu'occasionnellement l'occasion d'entièrement me dévouer à mes projets personnels. Heureusement, je leur étais trop utile pour qu'ils m'en empêchent, ce qui me permettait de tout faire pour te retrouver, Hailey. A Édimbourg, je ne savais pas si j'allais me rapprocher de toi, mais j'avais au moins l'impression d'être sur le bon chemin. Plus que je ne l'avais été depuis mon séjour en Océanie. Et puis l'atmosphère locale était agréable ; c'était une grande ville, mais qui restait curieusement paisible sans pour autant être privée d'agitation. J'étais heureuse de la retrouver ; c'était aussi te retrouver un peu, mon amie, et tous les moments que nous y avions partagés des années plus tôt.

De plus, les préparatifs pour la foire de l'exposition ne me prenaient que peu de temps. C'était plutôt la partie de Cecil et Carlos. Cecil avait toujours aimé organiser, ce qui tombait bien : c'était son travail au sein de Mesa. Il était chargé d'apporter un peu de sens pratique à mes recherches désordonnées, et à établir le lien avec le public. Quant à Carlos, c'était un scientifique brillant, indispensable à l'équipe que nous avions formé au fil des années. Et puis il y avait Ramon, qui avait appris à m'assister malgré ma nature parfois chaotique. Tu leur manques, Hailey, à tous. Mais s'ils ont fini par accepter de vivre sans toi, je n'en suis pas capable. Et je ne le serai jamais, tant que je te chercherai.

Et puis je rencontrais des personnes intéressantes. Il y avait eu Camille l'universitaire, avec qui je m'étais découvert une certaine affinité, et puis Fawn, la géniale mécanicienne. Alors quand j'avais été contactée par ce Berthram...et bien pourquoi pas ? Je n'avais aucune idée de qui cela pouvait bien être avant que Cecil ne fasse quelques recherches. Cet homme passait pour excentrique, ce qui me l'avait aussitôt rendu sympathique. Curieuse, j'avais écouté certains de ses podcasts en travaillant, et je m'étais laissé emporter par le flot de ses paroles. Si d'autres les auraient sans doute trouvées éparpillées et sans queue ni tête, j'y trouvais une similarité bienvenue avec ma façon de penser : un chaos qui n'avait de sens que pour la personne à qui il appartenait, et une absence de limites imposée à l'esprit. J'étais donc plutôt impatiente lorsque j'arrivai devant l'imposant bâtiment. Un majordome me fit entrer, ce qui était plutôt la classe. A bien y réfléchir, Cecil était un peu mon majordome malgré lui, même si je ne le lui aurais jamais dit ; mais cela ne manqua pas de me faire éclater de rire, étonnant sans doute l'homme qui m'accompagnait dans le hall. Et ce fut là que mon hôte fit une entrée fracassante. Avec un large sourire, j'applaudis avec exubérance, ce qui n'aida pas le domestique à ôter mon manteau.

« Dude, je pouvais le faire moi-même ! Mais merci. Bernard, c'est ça ? J'ai toujours cru que les majordomes devaient s'appeler Arsène ou Alfred. » Puis je m'approchai de Berthram, le jugeant immédiatement sympathique. Relevées sur la tête, le portais mes habituelles lunettes teintées de soudeuse, et sous la veste maintenant rangée, un gilet bariolé par-dessus une chemise qui l'était autant ; et une cravate bleue. Une jupe au motif écossais, des collants oranges et de grosses chaussures de marches complétaient le tableau. Je composais mes tenues un peu comme je conduisais mes recherches : je prenais ce que je trouvais intéressant, et je les combinais dans le but d'en faire une nouvelle expérience. « Sullivan, oui. Summer Sullivan. Bonjour Penny, ravie de faire ta connaissance ! »

Je m'adressai à la chaise comme je l'aurais fait avec n'importe quel être humain. Qu'on me présente un meuble à roulettes ne m'étonnait pas plus que cela ; qu'on lui donne un nom encore moins. A vrai dire, c'était un accueil qui me mettait aussitôt à l'aise. De ce que je pouvais en juger, la chaise semblait satisfait de son sort. Même si je pouvais ressentir que si elle avait eu des yeux, elle aurait vu bien des choses capables de la hanter à jamais. Je ne pouvais pas comprendre aussi bien les objets construits de manière simple, mais j'étais heureuse de la voir aussi bien considérée par son propriétaire. Je brandis mon poignet sous le nez du maître des lieux, lui présentant le gros bloc de poignet relié au sac que je portais avec moi.

« Lui, c'est Little Bob. C'est...je ne sais pas trop, c'est surtout une extension d'un projet sur lequel je travaille. Il se développe un peu tout seul. Oh, et pour le brunch, j'ai apporté des bananes. C'est important, les bananes. »
J'en sortis une de la poche de mon gilet, que je proposai à Berthram : « Banane ? Et c'est comme tu veux. On peut faire les deux. Y en a qui pensent que c'est pas une bonne idée de manger en bossant, mais ça m'a jamais dérangé. Ça fait perdre moins de temps, et je vois pas pourquoi on mélangerait pas les plaisirs. Faut juste faire gaffe à pas faire tomber un boulon dans une tasse ; j'ai failli m'étouffer avec, une fois. »
Saturn
Sphère Savoir
avatar

Messages : 40
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : compréhension innée des machines
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 18 Mai 2017 - 12:54

ft. Saturn

ft. Scavenger

「 It’s a Small World 」
Chers lecteurs,

C’est toujours bien d’avoir une audience, n’est-ce pas ? Si on a pas de public pour vous applaudir, parler de vous et vous glorifier, ce serait vraiment dommage. Personne pour voir mes plus belles performances de tir à l’arc –ma plus belle réussite restant d’avoir empalé deux hommes d’affaires avec une seule flèche par la fenêtre ouverte au quatorzième étage d’un building de la City à Londres. Rassurez-vous, ils sont encore vivants. Enfin, je crois, j’ai pas été vérifié-, ou encore, mes tentatives pour repousser toujours plus les lois de la gravité. Faut dire que, depuis que les arches existent, Newton doit un peu se retourner dans sa tombe, alors, pourquoi ne pas essayer ? Sur un malentendu, ça peut marcher.

Alors, je fis ma plus belle révérence à mon invitée après ma réception parfaite pour accueillir son arrivée. Et Penny aussi l’aurait fait, si elle avait été capable de s’incliner, mais le cœur y était ! Je ris avec la scientifique, pendant que Bernard faisait de son mieux pour la débarrasser de sa veste.
"Il faut bien lui laisser faire son travail parfois, il déprime sinon." répondis-je en haussant les épaules. Même s’il était souvent vieux jeu, ça faisait partie du pack majordome de base, alors, je laissais couler. "Ah, c’est clair, ce serait plus classe ! Bernard, ça vous plairait que je vous appelle Arsène à l’avenir ? Allez, vendu ?"
Bernard-Arsène m’adressa à peine un regard, avant de soupirer et de secouer la tête d’un air résigné. Voilà qui était décidé et approuvé !
Mais assez parler du personnel, la star du jour –après moi-, c’était mon invitée ! Lecteur, tu trouves pas ça hyper classe de recevoir une scientifique chez toi ? Surtout quand elle a vraiment l’air d’une scientifique excentrique, comme dans les meilleurs films ou dessins animés !
"Summer, Summy, Su’ ; ça me plait ! Et j’adore ton style, sooooo swag ! Tu veux pas créer une collection de vêtements chez moi, à l’occasion ? Ça ferait un malheur !" Je passais une main dans mes cheveux pour en souligner la coiffure parfaite, et ajoutai : "Moi, c’est Barthram, mais tu dois déjà le savoir. Appelle-moi Babar, c’est plus sympa ! Et Penny est ravie de faire ta connaissance, hein Penny ?"
La confirmation silencieuse de la chaise fut cependant vite oubliée lorsque Summer me montra son poignet, et l’étrange objet qui s’y trouvait. Mes yeux s’écarquillèrent, et j’observais Little Bob sous tous les angles, toujours plus émerveillé.
"Eeeeh, c’est trop cool ça ! Une création qui vit toute seule et s’adapte, un Frankenstein de poignet, un virus mécanique ! Salut, Little Bob ! Tu veux être copain avec Penny ? Et avec moi ?"
Je ne regrettais pas d’avoir invité la scientifique chez moi, c’était sûr ! Attrapant la banane, je commençais à la manger, tout en méditant les paroles de Summer sur le fait de manger en travaillant.
"F’est une ponne idée !" répondis-je en terminant ma banane. "On est pas là pour perdre du temps, et on fera attention aux boulons dans nos tasses. Arsène, allons bruncher ! Et qu’on m’amène mes dernières créations !"
Je fis signe à ma nouvelle copine de me suivre jusque dans la salle à manger, où le reste du personnel s’affairait à préparer le repas. Et à poser mes dernières inventions, ainsi que mes instruments de travail. Dans un salon style Louis je-sais-pas-combien –celui qui s’est fait décapité, vous voyez ?-, à côté du service en porcelaine, des machines étranges et divers clés à molette, marteaux et tournevis donnaient un côté Mad Tea Party qui n’était pas pour me déplaire.
D’ailleurs, en parlant de thé, je me précipitais sur la tasse que venait de me préparer Arsène, la quatrième de la journée. Et je me sentais déjà mieux.
"Summer, Little Bob, servez-vous, faites comme chez vous !" leur annonçai-je, en attrapant plusieurs fruits, du gâteau, une part d’omelette, de la viande, du sucre, des épices, et tout un tas de bonnes choses ! Ce faisant, je sortis un appareil qui ressemblait un grill à croque-Monsieur. "Regarde, une de mes dernières inventions ! "
Je fis un rapide sandwich avec deux toasts, du jambon, du fromage, et un peu de cornichon –mangez vos légumes, les enfants, c’est important-, et l’enfournai dans la machine. Après quelques secondes, j’ouvrais le grill, et une magnifique image de moi en train de faire un dab était imprimée en brûlé sur le sommet du sandwich.
"C’est la classe, hein ? Tu sais faire ça aussi pour les bananes ? Ca pourrait être marrant ! Vas-y, parle-moi de tes projets !"
Ce faisant, j’enfournais le sandwich Babar-Dab dans ma bouche, et lui offris un grand sourire plein de pain et de fromage.


Scavenger
Sphère Economique
avatar
Messages : 35
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Immortalité, Persuasion
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 25 Mai 2017 - 11:07
Je regardais autour de moi avec intérêt, m'imprégnant de la majesté des lieux, dont le contraste avec la personnalité bigarrée de leur propriétaire s'avérait des plus fascinant. Celui qui se dénommait Babar avait l'air de pouvoir se sentir chez lui n'importe où, imposant son état d'esprit à la manière, disons, qu'une locomotive s'imposait sur des rails. Son enthousiasme était pour le moins communicatif, ce qui contribuait à me mettre rapidement à l'aise. Si j'avais parfois de la peine à interagir avec de nouvelles personnes de prime abord, ce n'était avec lui pas un problème, et je me sentais libre d'être parfaitement moi-même. C'était comme si mon hôte était totalement désinhibé de manière naturelle, et dépourvu du moindre préjugé. Il se contentait d'être ce qu'il pensait, et ce qu'il pensait semblait changer et évoluer de seconde en seconde, à la manière d'un programme en éternelle expansion.

« Sorry, dude. » lançai-je au majordome qui avait l'air un brin dépité, le gratifiant d'un petit coup de poing amical dans l'épaule. Je savais ce que c'était, que de vouloir remplir sa fonction ; l'esprit humain n'était parfois pas si éloignée que cela de celui des machines. J'espérais surtout ne pas avoir rendu la vie trop difficile au brave domestique... Les remarques de son pétillant supérieur quant à mon look me désarçonnèrent un instant ; ce n'était pas quelque chose que j'avais considéré sous cet angle.

« Merci. Mais c'est pas vraiment un style. Je me contente de choisir tout ce qui a l'air fun sur le moment, et j'enfile le tout sans trop me poser de questions. Et puis je customise un peu, l'important, ce sont les poches. »

Je tendis les poignet en avant, les secoua d'un petit geste, et plusieurs outils rétractables jaillirent de mes manches : un tournevis, une petite clef, deux bidules qui n'avaient pas de nom officiel parce que je ne m'étais pas encore décidée et que, trouvant ça terriblement impersonnel, j'appelais plutôt Arthur et Nicolette, et un tire-bouchon, parce que j'avais découvert qu'il pouvait se révéler terriblement pratique lorsqu'il s'agissait de bidouiller du quantique. « Après, le truc, c'est de les rentrer ; j'ai pas encore tout à fait le coup de main... » L'opération se réalisa sans encombres...si ce n'était le tournevis qui fut propulsé à grande vitesse par un défaut du mécanisme avant d'aller se ficher dans le mur en vibrant, juste à côté de l'oreille de Bernard-Arsène. « Sorry, my bad ! » Je me précipitai pour l'en arracher, avant de le fourrer dans une poche avec un sourire gêné.

« Little Bob sera ravi de devenir copain avec Penny. Je trouve qu'on accorde pas assez de considération à tous ces objets qu'on utilise autant. On ne dirait peut-être pas comme ça, mais ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas les moyens de se faire entendre comme on s'y attend qu'ils n'ont rien à dire. Mon pouvoir me permet de les comprendre. » ajoutai-je. « Et Little Bob est une extension de Big Bob, que je peux difficilement transporter ; honnêtement, je ne sais pas où l'un commence et où l'autre se termine. Quand je les rassemble, ils se modifient l'un l'autre sans que je comprenne toujours pourquoi ou comment. Et depuis quelque temps, Big Bob refuse de fonctionner si je lui enlève son panda en peluche. »

Bob, Big ou Little, restait pour moi une énigme malgré mes dons. Ce qui pouvait paraître étrange, étant donné que j'étais à l'origine de sa conception, mais je n'avais jamais commencé en espérant atteindre un but particulier. C'était plus un projet qui me permettait d'apaiser mon esprit, de l'éloigner un peu de toi sans pour autant te trahir, Hailey. Je me contentais de me laisser porter, mue plus par l'inspiration et mon rapport avec cette curieuse entité que par la science pure et dure. D'un certain point de vue, il grandissait tout seul.

« J'ai avalé un composant de sous-particule à déambulateur contraire, une fois ; il était tombé dans mon milk-shake. Si ça se trouve, il est toujours en moi quelque part. » Tout en parlant, je suivais mon hôte à la salle à manger, aussi impressionnante que le reste des lieux. L'ensemble était chaotique, mais à la manière d'un esprit déterminé à ne pas se brimer, et qui préférait allait dans tous les sens afin de ne rien rater ; autant dire que je me sentais à ma place. Je me servis également une tasse de thé bien sucré, et je me mis à écraser un peu de banane sur un pancake, avant d'y étaler de la confiture. Tout en mangeant, j'observai avec attention la construction de Babar, et j'enfournai le reste du pancake d'un coup pour mieux battre des mains. Le résultat était précis, et l'effort fourni pour y arriver était le signe d'une grande vivacité d'esprit, du genre de celle qui se dédiait dans son entier à sa tâche, peu importe sa nature ou son utilité. Probablement pour le seul plaisir d'y arriver, ce qui représentait pour moi la meilleure méthode scientifique.

« C'est vachement bien ! High five ! » Je levai ma main pour initier le geste, avant de continuer : « Les détails sont pas mal, tu pourrais peut-être gagner un peu de finesse en utilisant un désarticubonlateur. Les bananes sont jamais assez dures, mais j'ai réussi à en projeter une à plus de mille mètres, une fois ; je développai un projecteur à petit-déjeuner, mais Cecil m'a dit que ça ne marcherait jamais. Cecil, c'est mon chargé des relations publiques à Mesa, il fait en sorte que tout se passe bien avec les gens. Il surveille ce que je dois faire, ou ce que je dois dire. Parfois c'est un peu pénible, et il est souvent trop sérieux, mais je l'aime bien, et puis je pense que je serais un peu perdue sans lui. Je n'aime pas trop me préoccuper de ces détails, y a plus intéressant à faire... Comme ça, par exemple ! »

Du petit sac à bandoulière que j'avais gardé avec moi, je sortis une sorte de cône métallique entouré d'un plastique blanc renforcé, que je posai sur la table. J'appuyai sur un bouton, et la construction se mit à vibrer joyeusement, tandis qu'une petite lumière à son sommet clignotait en changeant de couleur.

« C'est pour râper les légumes, ou d'autres trucs qu'on peut râper. Bon, on m'a fait remarquer que les râpes normales faisaient le même boulot, mais ce ne sont pas des râpes laser, et c'est toujours plus fun avec des lasers, j'l'ai toujours dit ! Et puis ça peut faire de la musique, suivant ce que tu mets dedans. Par contre, il refuse de passer autre chose que du Queen lorsque je mets des carottes. »
Saturn
Sphère Savoir
avatar

Messages : 40
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : compréhension innée des machines
Revenir en haut Aller en bas
Lun 12 Juin 2017 - 18:05

ft. Saturn

ft. Scavenger

「 It’s a Small World 」
Chers lecteurs,

Ce n’est pas pour me plaindre, hein, je suis connu pour ma grande patience –sauf quand il s’agit de manger. Et d’avoir un truc que je veux, genre, vraiment vraiment. Comme les envies de femmes enceintes.- ; mais j’avais l’impression que les domestiques, ce n’était plus ce que c’était. Il y a plusieurs années, ça pouvait travailler de jour comme de nuit, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et ça répondait à vos ordres sans broncher ou se plaindre. Mais de nos jours, ce n’était plus pareil. Quand je voyais Arsène levez les yeux au ciel à chacune de mes demandes, je ne pouvais m’empêcher de le trouver… un peu malpoli et pas très professionnel. En plus, il était payé ! Et je ne voyais pas où étais le problème, quand je lui demandais de mettre du colorant mauve dans la piscine à trois heures du matin, ou de mettre des petites pastilles colorées sur les livres de la bibliothèque selon que leur auteur avait un nom marrant ou non. Vraiment, ce n’était pas la mer à boire, n’est-ce pas ?

Et en plus, s’il le faisait devant les invités, je ne savais plus quoi faire. Heureusement, il faisait du bon travail, et Summer ne semblait pas être choquée par cette attitude ingrate. Et je fus bien trop absorbé par mon invitée pour porter mon attention plus longtemps sur le majordome. Me connaissant, j’aurais sans doute même oublié cet incident d’ici cinq minutes.
"Oh tu sais, ne pas avoir de style, ou improviser son style, ce sont aussi des styles." répondis-je d’un ton très sérieux, en spécialiste de la mode que j’étais depuis que j’avais hérité de la compagnie Hamilton. Bon, je n’allais jamais aux réunions, et jouais à Candy Crush quand il y avait des assemblées générales où ma présence était obligatoire. Mais j’avais été un apport artistique important pour la marque, et de nombreuses collections avaient vu le jour grâce à mes soins. Et faits par mes soins, surtout.
J’observais avec attention et curiosité ses fameuses poches, éclatant de rire lorsqu’un tournevis se planta à toute vitesse dans le mur d’en face, manquant de peu Arsène.
"Ah ! Un lance-tournevis dans une poche, j’adore le concept ! Vraiment, tu devrais songer à lancer la mode."
On avait vu beaucoup plus inutile après tout, et là au moins, ça pouvait servir d’arme d’auto-défense.
Mon intérêt –aussi volatile qu’un papillon, comme le disait souvent Bookkeeper sur un ton de reproche, malgré la poésie de la comparaison qui me plaisait bien plus-, se porta ensuite sur l’étrange objet qu’était Little Bob. Puis de nouveau sur Sumy, alors qu’elle me parlait de son pouvoir.
"Oh, trop cool ! Moi, c’est… un charisme surnaturel. Mais c’est pas vraiment un don, hein ! Je suis pas vraiment un prodige, mais j’ai beaucoup de respect pour eux. Surtout à ceux qui peuvent parler aux objets." Hop, comment détourner habilement la conversation sans provoquer le moindre soupçon. Les gens n’aimaient pas trop apprendre que je pouvais leur ordonner n’importe quoi, et plus bon, c’était un secret top secret. Lié à l’organisation XIII, du sérieux de chez sérieux.
La perspective d’un autre Bob, beaucoup plus gros, eut vite fait de changer de sujet tout court. Un objet comme ça, en plus grand ? Ça piquait ma curiosité !
"Wahou, ça doit être impressionnant ! Et je le comprends. Penny passe une très mauvaise nuit si elle n’a pas sa housse de couette Spider-Man. Elle est de mauvaise humeur après le matin."
Je croisais les bras et hochais la tête en signe de compréhension. Et puis, quand Penny n’était pas de bonne humeur, c’était quelque chose. Ses roues se bloquaient sans raison, et j’avais fini plus d’une fois dans le mur. Un peu comme le tournevis, tiens.
"Bah, tu as l’air en forme. C’est qu’il doit être entré en harmonie avec ton corps. Après, j’espère qu’il ne fait pas sonner les portiques de sécurité."
J’avais avalé un pion d’échecs, sans le remarquer. C’était à force de sonner dans ces fameux portiques que je me suis dit que ce n’était peut-être pas parce que j’étais devenu Iron Man. Malheureusement. Mais j’ai eu de la chance, je suis arrivé le jour des frites à l’hôpital.
D’ailleurs, en parlant de nourriture, le brunch-inventions était servi ! Je lui fis un démonstration de mon toaster, pas peu fier du résultat. Un grand pas pour la science, assurément.
"HIGH FIVE !" criai-je avec enthousiasme en lui tapant dans la main. "Ah, c’est une bonne idée pour le désarticubonlateur ! Je note, merci !" J’enfournais les toasts à mon effigie, tout en l’écoutant me parler de son chargé de comm’. "Ouais, ils sont un peu craignos ces gens. Mais, de manière générale, ils ne tiennent pas longtemps avec moi, donc j’ai fini par me débrouiller seul. C’est bien d’être son propre patron, pour ça. Bon courage, en tous cas. S’il est sympa, et qu’il ne s’enfuit pas au milieu de la nuit en hurlant de peur, c’est toujours ça"
Mais bon, il fallait des gens en haut, et des gens en bas. Et de toute manière, le management, ça ne m’avait jamais intéressé. Par contre, l’invention de Sumy, si !
J’avalai cul-sec ma tasse de thé, et fixais la râpe avec un regard brillant.
"Trop bien, tu peux le prendre en soirée ! Et il a de bons goûts musicaux, ça va." Je parcourus la table du regard, et trouvais finalement ce qui se rapprochait le plus d’un légume : un quartier de pomme sur un plateau remplis de fruits découpés.
"Et avec ça, qu’est-ce que ça va donner ?" dis-je en lui tendant le morceau de fruit.

Scavenger
Sphère Economique
avatar
Messages : 35
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Immortalité, Persuasion
Revenir en haut Aller en bas
Ven 16 Juin 2017 - 9:57
Je me demande ce que tu aurais pensé d'un tel personnage, Hailey. Barthram -ou Babar, comme il se faisait appeler-était un être des plus singuliers. Ce qui n'était pas pour me déplaire : j'avais toujours préféré le fantasque à l'ordinaire, l'unique au commun. Pour changer le monde, il fallait un esprit particulier, dont les connexions échappaient parfois même à leur propriétaire, comme si une partie du cerveau prenait les décisions avant même que le reste ne soit mise au courant. Les idées prenaient le pas sur le reste, et nous n'étions plus qu'un instrument de leur réalisation, destinés à les voir s'accomplir en ce monde. Comme toi et tes portails, Hailey, auxquels tu avais dédié ta vie...et ta disparition. Car je ne pouvais me résoudre à dire ta mort. Car je te retrouverai un jour, je le savais.

« Ne sois pas trop dur avec Arsène. » Ce n'était pas pour embêter le majordome que je continuais de l'appeler ainsi ; seulement, j'avais déjà oublié son vrai nom. J'avais tendance à oublier de tels détails, surtout quand mon esprit était occupé ailleurs. « Scuse moi pour le Arsène, Arsène. Les noms, c'est pas toujours mon truc, y en a quand même beaucoup. Des fois, je me dis que je devrais appeler tous les hommes Dave et toutes les femmes Debbie. Ce serait plus simple, on s'embêterait moins. »

Tandis que je flanquai une petite tape amicale au majordome avant de récupérer mon tournevis, je me demandais ce que la suite du programme allait nous réserver. En tous les cas, je ne fus pas vdéçue : le bric-à-brac disposé sur la able avait de quoi éveiller mon attention. Ce n'était pas si éloignée de ma conception du petit-déjeuner, qui consistait souvent à retrouver le beurre planqué entre les bidules, pour finir par me tartiner un écrou plutôt qu'une tranche de pain (et ce n'est pas très agréable de mordre dans un morceau de métal quand on vient de se réveiller, même si ça reste empiriquement intéressant).

« Je ne me suis jamais vraiment souciée du style, franchement. J'aimerais bien une machine qui m'habillerait toute seule, tiens ; ça serait plus simple. » En voilà une idée ! J'étais sûre que c'était possible, en y réfléchissant bien. Il devait y avoir un moyen, avec les bons ressorts, les mécanismes adéquats et un brin d'improvisation mécanique... « Y a pas besoin de don pour être prodigieux, au fond. Et je pense que même si j'avais pas eu de pouvoirs, j'aurais eu plus de facilité à parler aux objets qu'aux gens, de toute façon. Les gens ne sont parfois pas très intéressants ; ou plutôt, ils ne s'intéressent jamais aux bons trucs. Et ils perdent trop de temps à parler pour rien quand on pourrait faire mieux à la place. »

C'est pourquoi je dépendais de Cecil pour m'organiser lorsqu'il s'agissait d'interagir avec le monde extérieur concernant Mesa et mes recherches. Et même si je m'en plaignais parfois, il faisait de l'excellent travail. Surtout, c'était devenu un ami ; avec Carlos et Ramon, il faisait partie de ma famille. De notre famille, Hailey ; il ne manquait plus que toi.

« Big Bob et Penny auraient sûrement beaucoup de choses à se dire ! Peut-être qu'ils pourraient apprendre l'un de l'autre, faudrait voir à organiser une rencontre. Et pour les portiques de sécurité, j'ai un certificat qui explique le truc. Mesa y tient, ça évite les problèmes. »


Avec intérêt, j'observais le toaster sous toutes les coutures, sincèrement impressionnée par l'imagination derrière. Il en fallait beaucoup plus qu'on ne le croyait pour réaliser quelque chose d'aussi trivial...et, surtout, unique. Rien d'étonnant à ce que je m'entende aussi vite avec son créateur !

« Oh, Cecil est ok ! C'est un chic type, il sait parler, et il le fait à ma place quand ça m'ennuie, c'est plutôt pratique. Il a aussi beaucoup de patience, je crois que c'est une qualité dans son domaine. Il ne s'est encore jamais enfui en hurlant, mais je ne le voudrais pas ; c'est un ami. Et comment c'est, d'être son propre patron ? »

Je contemplai le quartier de pomme que Babar me tendit, pensive. Le truc d'une râpe à légumes, c'est qu'elle était faite pour râper les légumes. Le calibrage était important. Mais en même temps, un fruit et légume, c'était pratiquement pareil, non, sur un point conceptuel ? Si ça se trouve, j'avais peut-être mis au point une râpe capable de s'occuper aussi bien des légumes que de fruits sans même l'avoir voulu, ce qui serait plutôt pas mal. Souvent, les meilleurs résultats n'étaient jamais prévus !

« C'est comme ça qu'on fait avancer la science ! » lançai-je en m'emparant du morceau de fruit pour l'enfoncer dans la machine. Je pianotai sur les commandes de l'appareil, qui se mit à vrombir tandis qu'il diffusait sa lumière. Tout semblait se passer comme prévu, ce qui était modérément intéressant. Jusqu'à ce qu'un bruit sourd se fasse entendre, comme une implosion, et que la râpe décolle littéralement de la table pour se mettre à zigzaguer dans les airs à la manière d'une fusée ayant perdu tout contrôle, projetant des traînées de pomme derrière elle comme la flamme du réacteur. Puis l'engin rebondit plusieurs fois contre le plafond, à la manière d'une mouche ivre, avant de passer à travers une fenêtre et de disparaître à l'horizon, enfin libre.

« Cool. » fut ma réaction. Pas prévu, mais indéniablement cool. Les meilleures choses l'étaient souvent. "Désolée pour la fenêtre."
Saturn
Sphère Savoir
avatar

Messages : 40
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : compréhension innée des machines
Revenir en haut Aller en bas
Lun 26 Juin 2017 - 13:10

ft. Saturn

ft. Scavenger

「 It’s a Small World 」
Chers lecteurs,

Je crois au pouvoir de l’amitié. Franchement, c’est plus cool d’avoir des amis qu’un mari, une femme, un compagnon, une moitié, une âme sœur. L’amour, c’est tellement codifié et compliqué, il faut faire ça, ça et ça, s’embourber dans un train-train, avoir des gosses, ou des animaux de compagnie… Boring ! Mais des amis, c’était beaucoup plus simple. On pouvait tout faire avec eux, et on avait beaucoup moins d’obligations contraignantes comme des repas de boîtes ou attendre l’autre pour regarder la suite de sa série TV préférée. Et puis, franchement, le mariage, j’avais testé plusieurs fois, et c’était clairement surévalué. A part pour la fiesta qu’on fait juste après, mais on peut trouver plein d’autres excuses pour faire la fête que le mariage ! Un déménagement, une réussite à Mario Kart, réussir à manger sa coupe de glace sans en mettre partout, faire une célébration anti-céleri –parce que franchement, c’est un légume venu de l’enfer, c’est pas possible d’avoir un truc aussi dégueulasse sur terre !-…

Et une nouvelle amitié, bien sûr ! Sumy remplissait toutes les qualités pour être une super copine, je pouvais déjà le dire.
"Tu es une gentille fille." lui répondis-je en lui tapotant l’épaule lorsqu’elle prit la défense d’Arsène. Ce dernier eut un vague regard de remerciement dans sa direction, avant de soupirer et de retourner à son travail. "Mais t’inquiète pas pour lui. Au moins, il a une vie mouvementée, et je ne retiens pas prisonnier." Du moins, je ne pensais pas que c’était le cas… "Oh, je te comprends bien, y a tellement de noms, tellement de gens… Ou alors, tu les appelles par une caractéristique, comme « Monsieur au nez en forme de patate » ou « Madame la vieille à chats », ça marche aussi."
Je connaissais plus ou moins les noms des treize à l’organisation, mais après, c’était trop me demander. J’appelais les subalternes par leur numéro, ça j’arrivais encore à m’en souvenir. Surtout que je leur demandais d’afficher un badge où il était noté en grand.
"Ça peut se fabriquer ! Avec une fonction aléatoire pour plus d’originalité ! Enfin, je suppose que ça a ses limites. Quoique, mette son slip par-dessus son pantalon, ça peut devenir tendance…" C’était à étudier, en tous cas. "Ah ! J’aime bien cette philosophie ! C’est vrai que les gens sont pas toujours très intéressants, ou aussi compréhensifs. Il faut être avec ceux qui nous aiment pour ce que nous sommes, comme Penny ou les Bob ! Ou quelques humains, quand même."
En parlant de Bob, c’était une invention qui me fascinait déjà beaucoup. Et je ne doutais pas qu’il s’entendrait très bien avec la meilleure chaise à roulette du monde.
"Trop, c’est une bonne idée !" Je sortis un agenda pokémon de ma poche, où il était écrit « J’appartiens à PENNY. Si vous me trouvez et que vous me ramenez, vous aurez droit à un tour dans les escaliers gratuit ! ». "Penny a un planning bien rempli, mais on doit pouvoir trouver un moment de libre pour Bobby ! Et pratique, l’idée du certificat… Je demanderai à Arsène de me faire le même."
Au cas où je devienne Iron Man un jour. Je n’avais pas abandonné ce rêve.
"Ah, si c’est un ami, ça va alors ! Il fait de la luge avec toi aussi ? C’est très important, entre amis !" répondis-je en buvant ma quatrième tasse de thé, entre deux bouchées de pancakes. Avant d’afficher un grand sourire pour répondre à sa question. "C’est trop cool ! Enfin, moi j’aime pas qu’on me dise ce que je dois faire. Généralement, ça finit… mal. Alors, c’est mieux pour tout le monde si on me laisse faire ce que je veux. Tu vois ce que je veux dire ?"
On avait essayé de n’enrôler de force dans l’armée, pour je sais plus quelle guerre. Bilan : vingt-quatre morts, trois bâtiments détruits, un tank coulé et un avion disparu dans la nature. Nan, décidément, c’était pas une bonne idée. Quoique, j’avais bien aimé le quatre heures à l’armée !
Vint ensuite le moment intéressant de l’expérimentation scientifique ! Je laissais Sumy placer le morceau de pomme dans la râpe, me plaçant par-dessus son épaule pour observer avec impatience le résultat. Et je ne fus pas déçu.
Lorsque l’engin s’envola dans les airs, je poussai un cri de joie et me mis à lui courir derrière pour essayer de gober les pelures de pommes qu’elle laissait derrière. Finalement, la râpe s’échappa par une fenêtre, et je ris avec bonne humeur.
"C’était vachement cool, oui ! Encore ! Encore !" dis-je en tapant dans les mains !
"Ne vous en faites pas Miss," dit Arsène avec un nouveau soupir. "Monsieur casse en moyenne sept fenêtres et trois portes par mois. Sans compter le mobilier ou les appareils électroniques. Heureusement, l’assurance accepte à chaque fois de payer. Je ne sais pas par quel miracle…"
Ça, c’était parce que je veillais personnellement à ce que l’agent des assurances vienne me voir en personne. Plus facile de leur donner des ordres en direct que par téléphone ou par lettre.
"Tu as d’autres tours comme ça dans ton sac ?" demandai-je à Summer, toujours en riant avec bonne humeur. Décidément, j’avais bien fait de l’inviter !


Scavenger
Sphère Economique
avatar
Messages : 35
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Immortalité, Persuasion
Revenir en haut Aller en bas
Lun 3 Juil 2017 - 10:12
Je ne savais pas trop quoi penser des gens, en général. Je m'étais toujours sentie à part, comme si nous ne faisions pas vraiment partie du même monde. J'avais un contact privilégié avec les machines, avec les objets. Eux, je les comprenais. Ils avaient une âme, à leur façon, une âme qui leur venait des efforts des gens, de la croyances de ces derniers en leur utilité, ou du moins c'était ainsi que je le voyais. Les petits dieux modernes, de la fourchette au ventilateur en passant, pourquoi pas, par la chaise de bureau.On ne se rendait pas compte du pouvoir qu'on leur accordait, et du pouvoir qu'ils avaient sur nous. Pour ma part, je l'acceptais, je m'en servais pour communiquer, c'était plus facile ainsi. Surtout depuis ton départ, Hailey. Toi qui m'avait comprises comme personne.

« Ben, il ne fait que son boulot, et c'est pas toujours facile, de faire son boulot. Je sais pas si je suis gentille, mais je sais que je préfère qu'on me traite bien quand on bosse avec moi, alors j'essaie de faire pareil. » Inspirée par le geste de mon hôte, je tapotai l'épaule du majordome. « Vous faites de l'excellent travail. » C'était toujours agréable de recevoir un compliment, non ? J'avais remarqué que c'était toujours préférable à ne rien dire : pourquoi se priver d'un mot gentil, quand c'était possible ? Certains carburaient à la dureté et aux remontrances, je croyais à l'amabilité, qui coûtait moins d'effort. Je croyais aussi aux bananes, qui selon moi rendaient bien plus aimables que les carottes. Déjà, on ne risquait pas de se casser une dent dans une banane.

« Au début, j'appelais Cecil -c'est mon responsable des relations avec les gens- le type au micro, parce qu'il aime bien parler dedans quand il s'agit de faire un commentaire. Ou pour la presse. Ou pour son projet de radio communautaire. On devrait parfumer les micros, ce serait plus sympa. Banane, bien sûr, ou fraise. Quitte à les avoir aussi près de la bouche, autant que ce soit plus fun. Après, faut se retenir de les manger, évidemment, mais ça devrait être jouable. »

Ce qu'il y avait de chouette dans cette conversation, c'est que nous faisions rebondir nos idées les unes sur les autres, un peu comme si nous étions des atomes à l'intérieur d'un accélérateur de particules. Souvent, même mes collègues avaient du mal à me suivre, ou alors je perdais vite de l'intérêt quand on me parlait d'autre chose que les projets sur lesquels je travaillais. Mais avec Babar, c'était différent, comme de rencontrer enfin un esprit dont la configuration s'approchait du mien. Pas de la même façon qu'avec toi, Hailey, bien sûr ; mais c'était chouette de ne pas avoir à restreindre mon enthousiasme, à freiner mes pensées.

« L'aléatoire, ça me plaît. C'est comme la vie, on ne sait jamais vraiment sur quoi on va tomber. On pioche au hasard dans le sac de pièces, et on les assemble comme on peut. Sinon, on ferait toujours la même chose. Quitte à mettre son slip par-dessus son pantalon, autant le faire avec panache. Des fois, c'est marrant rien que pour voir la réaction des gens, ils sont souvent un peu sensibles avec ces choses-là. Oh, sympa l'agenda ! Ça me fait penser que je cherche quelqu'un pour avoir un ectoplasma, ils n'évoluent que par échange, et j'aimerais bien l'avoir sur la dernière version... On trouvera un moment, alors ! Bob n'a jamais rencontré une chaise, ça pourrait lui apprendre des trucs ? Les meilleures techniques d'assise, tout ça. Un bon maintien du fessier, les roulettes. Vachement importe, les roulettes. On devrait tous en avoir, genre sous les pieds. Mais on ne veut pas que j'aille au labo en rollers. »

Je tartinais joyeusement de la banane écrasée sur un toast tout chaud, que j'avais beurré au préalable. J'y ajoutai plusieurs sortes de confitures choisies au hasard, des fois que l'une d'entre elles se sente laissée pour compte, ce qui aurait été dommage. Puis je trempais le tout dans un bol de chocolat chaud, avant de mâcher d'un air concentré. J'avais toujours l'air concentré quand je mangeais, ça te faisait rire, Hailey.

« J'ai jamais fait de luge. J'ai fait du toboggan aquatique, par contre. Ils ont un grand parc, à Singapour, avec des piscines. On aimait bien ça, avec Hailey. On a jamais pris le temps pour la luge, par contre. Elle... » Je m'interrompis ; je parlais peu souvent de toi aux gens, surtout quand je venais de les rencontrer. Mais avec Babar, les mots venaient tout seul, sans que je m'en rende forcément compte. Te mentionner restait difficile cependant, comme si dire les mots à voix haute rendait le tout trop réel. Je continuai : « Je préfère avoir quelqu'un pour s'occuper de tout ça. Pour me rappeler ce que je dois faire, dès que je mets les pieds hors du labo. C'est plus simple. Après, y a pas de raison que ça finisse mal, mais je me laisse pas marcher sur les pieds non plus. »

La fenêtre m'embêtait un peu, parce que je ne voulais pas que cela cause des ennuis à Arsène. Mais le majordome n'avait pas l'air de m'en tenir rigueur, ce qui était plutôt cool de sa part. Il était majordome après tout, pas vitrier. Quoi que les fenêtres, ça restait une compétence utile. A bien y réfléchir, aucune compétence n'était inutile, d'ailleurs. Plus on savait faire de trucs, mieux c'était. Il y avait toujours plus à apprendre ; sinon, à quoi bon ?

« Ben, j'crois pas que j'ai autre chose. Ou alors, je me rappelle plus que ça fait. Peut-être que ma poche va exploser, ça voudra dire que j'ai oublié un truc dedans, c'est pas la première fois que ça arriverait. On peut jamais mettre assez de bidules dans une poche, je trouve. Ce serait bien d'y caser un portail, genre pour mettre plein de machins, ce serait plus grand à l'intérieur ! Après, faudrait pas se perdre dans sa poche, mais ça ferait une belle aventure ! Et toi, t'as d'autres trucs cool dans le coin ? Quelque chose me dit que cette baraque est pleine de trucs cool ! »
Saturn
Sphère Savoir
avatar

Messages : 40
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : compréhension innée des machines
Revenir en haut Aller en bas
Mer 2 Aoû 2017 - 20:29

ft. Saturn

ft. Scavenger

「 It’s a Small World 」
Chers lecteurs,

Je crois –mais ce n’est qu’un soupçon. Peut-être que je lis trop de romans policiers et suis devenu un poil parano- que les gens ont un peu peur de moi. Je ne sais pas pourquoi. Je suis un type sympa, je paie mes impôts –plus ou moins. Arrangement amical, on dira-, je mange cinq fruits et légumes par jour, j’arrose mes plantes, je me brosse les dents, je suis membre de GreenPeace… Et pourtant, j’ai comme cette impression que les gens se méfient de moi. Bon, dans le fond, ils ont pas tout à fait tort. Je suis quand même le boss de l’Organisation XIII. Mais je ne fais de mal à personne. Enfin, c’est très rare. Faut vraiment m’énerver. Et ça fait plusieurs années que j’ai plus tué personne, et la dernière fois, c’était un accident. Fallait pas me mettre au défi de dévaler les rues de San-Francisco dans un tonneau. J’ai survécu, pas l’autre. Pas ma faute.

Alors, j’étais content de voir qu’entre Sumy et moi, ça collait tout de suite. Elle avait pas l’air de me trouver louche, ou flippant. On était sur la même longueur d’ondes pour beaucoup de choses. C’est sûrement comme ça qu’on reconnaît les génies. Et puis, elle avait l’air sympa, elle s’inquiétait même pour Arsène.
"Tu as un grand cœur." lui dis-je en acquiesçant de la tête, comme si je venais de sortir un proverbe zen d’une profondeur philosophique intense. Arsène avait de la chance de nous avoir vraiment, on était un duo d’enfer. En tous cas, il avait l’air d’apprécier notre invitée davantage que les autres personnes que j’avais pu amener ici. Une fois, j’avais croisé la route d’un cirque et les avais tous invités pour un pique-nique dans le jardin. Le majordome n’a sans doute pas apprécié de manquer de se faire manger par un tigre.
En plus d’être cool, la scientifique avait plein de trucs intéressants à dire. Et, même si j’aime beaucoup parler, je l’écoutais avec beaucoup d’attention.
"Un projet de radio communautaire ?" demandai-je, intéressé. Tout comme par son idée : "Ah ouais, ça rendrait les discours beaucoup moins barbant ! Faut aussi faire attention de pas baver sur le micro, mais on pourrait faire une gamme avec différents parfums ! J’en veux un chewing-gum !"
Je me voyais déjà avec l’un de ces micros, mais il allait d’abord falloir les créer. Encore un projet à ajouter dans ma liste des choses à créer. Décidément, c’était très émulant cette rencontre, mais je n’en attentais pas moins !
"Comme une boîte de chocolats. Ou de boulons !" confirmai-je. "Oh, il faudrait que je vois, j’en ai peut-être un !" Mais il faut que je me rappelle sur quelle cartouche c’est… J’avais toutes les versions. Plusieurs fois. Pour jouer à deux en même temps, histoire d’être sûr de ne rien rater. "Oui, l’ergonomie, c’est primordial. Mais le fun aussi. Tu devrais leur dire, à ton labo. C’est une question de santé au travail !"
Ne pas pouvoir aller au boulot à roller, mais dans quel siècle vivions-nous ?
Tout en continuant à manger, le tout arrosé d’un peu de thé entre chaque bouchée, j’imitais Sumy en prenant un air sérieux. Je le faisais pas forcément exprès, mais c’était parfois plus fort que moi. J’imitais mon interlocuteur, même si ça me valait parfois des ennuis. Les gens pensent que je me moque d’eux. C’est pas toujours vrai. Et pas en ce moment.
"Les toboggans aquatiques, ça va aussi. Ça manque dans le coin. On peut pas les faire venir de Singapour ?" Je ne relevais pas cette Hailey. Ça a l’air compliqué. Et j’aimais pas ce qui était compliqué. Et qui pourrait faire de la peine à ma coupine. "Vous êtes complémentaire, alors. Comme les champignons et la racine des arbres. Une team qui poutre sa mère, quoi !"
J’avais entendu cette expression, et je la trouvais marrante. Même si je comprenais pas le lien entre une poutre et une maman.
Et puis, les teams, ça me connait. L’organisation XIII, c’est ma team à moi. On a tous nos spécialités, et ça marche plutôt bien. Sauf quand Fafawn pète un plomb ou que Nova casse l’ambiance. Tss, ces deux-là, vraiment !
L’incident de la râpe me fit bien rire, et augmenta mon nombre de fenêtres brisées pour le mois. Mais comme le disait Arsène, c’était pas grave. J’en voulais cependant plus, demandant à Sumy si elle avait encore d’autres objets magiques comme celui-ci avec elle.
"Il te faut le sac de Mary Poppins. Peut-être qu’en fusionnant un portail avec un sac de grand-mère… Ce serait bien pratique en tous cas ! Enfin, j’espère que tu ne vas pas exploser ! C’est vrai que j’ai plein de trucs à te montrer !"
Sautant sur mes pieds, je l’invitai à me suivre, traînant Penny derrière moi en chantonnant. Direction, ma pièce à moi !
C’était un grand salon, que j’avais reconverti en un gros… fourre-tout. Une bibliothèque pleine de comics se tenait à côté d’un toboggan et d’un mur d’escalade. Au sol, de nombreux objets étaient dispersés, la plupart en cours de construction.
Je pris la direction de la piscine à boules et plongeais dedans, avant de ressortir avec une orque mécanique.
"Je l’ai créée spécialement pour cette piscine ! Elle a plusieurs modes : jeu, poursuite, chant… Bon, parfois, une boule en plastique se coince dans la gueule, j’ai pas encore réussi à trouver comment empêcher ça…"


Scavenger
Sphère Economique
avatar
Messages : 35
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Immortalité, Persuasion
Revenir en haut Aller en bas
Mar 8 Aoû 2017 - 14:20
Ce n'était en tout cas pas moi qui allait juger les gens en raison de leur excentricité. Après tout, plus ils de démarquaient, plus ils avaient des chances d'être intéressants. On ne donnait pas assez d'importance au chaos dans certaines recherches scientifiques, je trouve. Parce que mine de rien, le chaos c'était important : c'était fou le nombre de trucs qu'on pouvait découvrir par hasard, simplement en tombant dessus. Parfois littéralement, comme quand j'avais enfin compris comment résoudre la formule d'un resserrage de portail d'un point de vue quantique en glissant sur une peau de banane. Bon, il fallait bien ranger un peu de temps en temps par contre, pour l'odeur et puis pour éviter que les cafards se coincent dans les machines. Ce qui était aussi bien pour la sécurité des machines que des cafards ; j'avais toujours trouvé ces derniers plutôt mignons, et je ne comprenais pas trop pourquoi les gens les trouvaient aussi laids. Ce n'était pas très gentil. Ceci dit, le spectacle de Cecil qui grimpait précipitamment sur le premier meuble à portée lors de l'apparition de la moindre bestiole à plus de quatre pattes pouvait s'avérer distrayant, même si on m'avait gentiment fait comprendre qu'il fallait arrêter de jouer avec les araignées mécaniques.

« Bah j'fais de mon mieux. J'aime bien les gens, et je sais que j'peux facilement foutre le bordel sans faire gaffe, alors j'essaie d'être sympa. Le temps passe trop vite pour qu'on en perde à s'engueuler. Le temps passe toujours trop vite pour tout, j'ai l'impression que j'aurai jamais vraiment le temps de tout faire de toute façon. J'crois que c'est pour ça que j'passe tout l'temps d'un truc à l'autre. »

Le temps, voilà un ennemi implacable, et sans doute l'un des seuls concepts qui avait le don de me mettre en colère. J'avais encore tellement à faire, à voir, à découvrir ! Et tout le temps que je passais sans toi, je ne le récupérerais jamais, Hailey. Il n'y avait bien que les prodiges immortels qui devaient s'écarter de telles considérations. Ces derniers étaient plus répandus qu'on ne pouvait le croire, comme si c'était l'un des pouvoir dont l'apparition était la plus constante. Je savais que Mesa étudiait très sérieusement les dons d'immortalité, et je pouvais comprendre pourquoi. Mais les pouvoirs et la biologie, c'était pas vraiment mon rayon. Je trouvais la vie ailleurs, là où les gens n'imaginaient pas la rencontrer : pourtant, même une brosse à dent pouvait vibrer de vie, pourvu qu'on l'utilise régulièrement et qu'on y attache une certaine importance.

« Quel parfum, le chewing-gum ? Cool pour le spectrum ! Je pourrais me l'auto-échanger, mais je trouve plus marrant d'adopter celui d'un autre joueur. J'ai connecté des jeux en réseau pour concevoir un algorithme d'échanges et d'élevage, juste pour voir si je pouvais dépasser les capacités des cartouches pour connecter les jeux de n'importe quelle génération ensemble. Ça a fait sauter les plombs, mais maintenant je sais que c'est possible ! » Car c'était le principal, finalement : il n'y avait parfois pas d'autre but que de voir si on était capable de le faire. C'était l'un des moteurs les plus efficaces. « On est super ergonomiques, mais on s'amuse bien aussi ! Faudrait voir les soirées karaokés qu'on se fait après le boulot, on finit toujours avec une ou deux cravates sur la tête ! J'en garde toujours une sur moi rien que pour ça. J'espère que y a de bon karaokés dans l'coin d'ailleurs ; si t'as une adresse, j'suis preneuse ! »

Tu sais quoi, Hailey ? Plus la conversation avançait, plus j'appréciais mon hôte. Il chassait le vague-à-l'âme qui avait menacé de m'étreindre en te mentionnant comme peu de gens en étaient capables. J'avais rarement l'impression de trouver quelqu'un qui se trouvait sur la même longueur d'ondes que moi, surtout parce que j'en changeais à toute vitesse ; ce qui était aussi le cas de Babar, dont c'était agréable de suivre le débit plutôt que d'essayer de le ralentir. Nous n'avions pas besoin de savoir où nous étions ou où nous allions : nous nous laissions porter par les pensées et les mots.

« Hum, peut-être qu'on pourrait les faire venir, mais je viens de penser à un autre truc : on pourrait faire passer les toboggans dans des portails ! Imagine : on se lance sur une arche pour atterrir dans la piscine d'une autre ! On pourrait même en traverser plusieurs en une seule descente ! Ce serait comme un genre de tourisme aquatique de l'extrême ! Ce serait aussi bien que d'avoir un portail dans la poche ! Tiens, ça serait super pratique aussi ça, avec la poche qui s'ouvre chez toi, des fois que t'ait oublié un truc ! Par contre, je ne sais pas qui est Mary Poppins. Elle a inventé des trucs cool ? »

Je n'avais pas une grande culture cinématographique ou, plutôt, elle était aussi éclectique qu'éparse. J'avais rarement la patience de suivre un film jusqu'au bout, voilà pourquoi je préférais par exemple les jeux vidéos, qui étaient plus actifs. Ou la musique bien sûr, en travaillant, sous la douche, partout, tout le temps ! Mais maintenant, c'était au tour de mon nouveau copain de me montrer ses trésors, aussi je trottait à sa suite avec enthousiasme, enfournant une dernière biscotte couverte de confiture dans la bouche, ainsi qu'une banane dans la poche. Au cas où. Et je ne fus pas déçue en découvrant son antre : c'était un véritable bric-à-brac d'éléments tous plus intéressants les uns que les autres, témoignant d'un esprit qui ne rechignait pas à aller dans tous les sens. Cela me rappelait mon labo ou ma propre chambre, et je m'y sentis tout de suite à l'aise. Je jetai un œil aux comics, curieuse : « Alors, plutôt Marvel ou DC ? C'est qui ton héros préféré? »

Puis je reportai mon attention dans la piscine à boules où il avait plongé. Je me penchai pour mieux observer l'orque mécanique : « Nice ! Qu'est-ce qu'elle chante ? C'est toujours embêtant de se coincer une boule. Surtout dans la bouche. Peut-être que c'est une question de ressort ? Ou alors, c'est juste qu'elle aime ça. Je peux regarder, si tu veux ! »

* * *

Plus loin dans le quartier, longeant un petit parc, Albert Smith se promenait tranquillement, le journal du matin sous le bras. Il s'était levé de bonne humeur aujourd'hui, le cœur léger et l'âme insouciante. Peu de choses pouvaient diminuer la bonhomie d'un homme comme Albert Smith de toute façon : il était du genre à ramasser ses dents par terre pour mieux sourire à la vie quand celle-ci venait de lui mettre son poing dans la figure. Dans la main, il tenait la laisse de Titou, le vieux caniche qui trottinait du pas décidé de celui qui avait déjà parcouru mille fois le même chemin dans sa vie mais restait déterminé à en voir le bout. On ne bouleversait pas comme ça les habitudes de Titou. Ni d'Albert Smith, qui vivait sa vie réglée comme du papier d'horloge pour le simple plaisir de voir aujourd'hui ressemble à hier : une bonne journée. Plein d'entrain, il se mit à siffloter gaillardement.

Avant de se retrouver nez à nez avec la...chose qui avait surgit de le haie, et qui vrombissant maintenant devant son nez. Cela ressemblait à un toaster, ce qui était impossible, étant donné que les toasters ne volaient pas. Ils n'étaient pas non plus censés se balader avec leur prise qui pendait dans l'air derrière eux, ni être accompagné, si on tendait bien l'oreille, d'une chanson du dernier tube cinquante qui sortait d'on ne sait où. Bien plus curieux qu'effrayé -Albert Smith faisait partie de ces gens qui étaient persuadés que tout finirait par s'arranger du moment que l'on prenait le temps de discuter honnêtement autour d'une bonne tasse de thés et de petits biscuits- il continua d'observer l'objet, qui projeta soudain une tranche de pain grillée sur laquelle avait été imprimée le visage de quelqu'un. Toast qui fit la plus grande joue de Titou après avoir atterrir sur le sol. Puis le grille-pain sursauta bruyamment, tourna trois fois sur lui-même, et s'éleva pour filer droit au-dessus des arbres du parc dans un son de pot d'échappement.

« Ça alors ! »
s'exclama Albert Smith ; quand il allait raconter ça à madame Smith...
Saturn
Sphère Savoir
avatar

Messages : 40
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : compréhension innée des machines
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Arche :: Édimbourg :: Leith :: Manoir Hamilton-