Garden Party [Head et Oracle]

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Sam 22 Avr 2017 - 16:38
Le manoir Templeton se dressait au sud de l'Angleterre comme une pièce de jeu de construction sur le chemin d'un père. Petit comparé à d'autres mais suffisamment présent pour imposer le respect.

Lancelot, qui sautillait sur un pied en quête d'un point de chute, avait passé les derniers mois à organiser l'événement pourtant rôdé. Il apportait une touche de modernité au travail entamé par ses parents à la suite des événements climatiques qui avaient bouleversé le monde. Une garden party monumentale, et pourtant en moyenne pas plus haute qu'un mètre, allait bientôt venir saccager sa pelouse. Et comme tous les ans, il en était très satisfait.

Il passa sa première chaussette en énumérant mentalement tout ce qu'il restait à faire. Du bord de son lit, la fenêtre donnait sur le jardin. Une tonnelle coiffée des branches pendantes d'un saule émergeait. Dessous, trois longues tablées accueilleraient mêlés des orphelins, des enfants adoptés et leurs parents, et des parents triés sur le volet pour une seconde rencontre avec leurs futurs petits. Un joyeux mélange qui permettait aux petits de ne pas perdre contact les uns avec les autres, de donner du courage à ceux qui attendaient pour des parents et de rassurer ceux qui franchiraient le pas sous peu. Les faire se rencontrer équivalait pour la plupart à un deuxième Noël. Un joyeux bazar familial avec de la nourriture, des cris et des jeux. Beaucoup de jeux. Entre l'escalier en fer à cheval et la tonnelle, plusieurs ateliers avaient été mis en place. De la peinture, des cerceaux, deux piñatas pleines de bonbons, et beaucoup, beaucoup d'espace.

Pour la deuxième chaussette, le Comte se concentra sur l'autre partie du challenge de la journée. Cette année, il avait une idée derrière la tête. Une idée dans un petit dossier marron, sagement fermé à côté lui. Il étendit les jambes et l'attrapa pour le relire. Il approuvait sa propre démarche. Il fallait tenter le coup. Qu'avaient-ils à perdre ?

- PAPAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !
- Trouvez mes chaussures et après on en reparle !


Theodora et Arthur jaillirent comme deux flèches à travers l'encadrement de la porte. Ils tenaient respectivement la chaussure droite et la chaussure gauche. Touché... Lancelot les accepta comme on capitule. Ils allaient en reparler. Encore.

- Un cocker ?
- Non.
- Un labrador ?
- Non.
- Un terre-neuve ?
- Non ! T'as pas plus gros ?
- Un leonberg !
- C'était une question rhétorique !


La sonnette retentit. Sauvé par le gong. Lancelot lassa à la va-vite ses souliers et ramassa au passage l'arme du crime plantaire. Il refourgua la pièce du jeu à Arthur et les poussa gentiment vers la sortie.

- Allez enfiler vos chaussures vous aussi ; nos invités arrivent.

Ce qui était merveilleux à 4 ans, c'est que ses jumeaux passaient d'une joie à une autre sans fausse note. Leurs petits pas pressés grouillèrent sur le parquet de l'étage et un POC lui indiqua que le jouet venait d'être balancé sans soucis d'ordre dans la première des deux chambres. Ils rangeraient plus tard. Du coin de l'œil, il avisa à travers la balustrade Arthur qui redressait le nœud dans le dos de la robe de sa sœur. Elle se retourna et ajusta le nœud papillon de son frère. Son petit cœur fondit et ses sourcils se rejoignirent au dessus de son nez. Il reprit la descente de l'escalier, le dossier roulé dans une main. Oliver débarrassait déjà les premiers venus de leurs manteaux. Le temps pour lui de passer par son bureau avant de faire son apparition.

Son bureau était muré de livres et de souvenirs de voyage. Pas les siens, pour la plupart, mais il les chérissait d'autant plus. Au centre, sa table de travail donnait sur une porte-fenêtre. Il se figura un instant les cris qu'elle étoufferait bientôt... Il écarta sa chaise d'un coup de hanche sexy malgré lui et s'activa sur la grande boîte de classement posée sur son sous-main de cuir. Elle recelait tous les dossiers des enfants présents aujourd'hui, adoptés, en passe de l'être ou non. Il jeta un dernier coup d'œil à celui qu'il avait dans les mains et entreprit de le glisser parmi les autres quand on toqua contre la porte ouverte de son antre...
Oracle
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Dim 23 Avr 2017 - 18:08
Garden-Party !








La vitre du VAP couleur citron remonta. S'y refléta la silhouette de l'Américaine en visite. Seule pour le moment.
D'un geste gracile elle baissa la paire de lunette noire pour cacher ses yeux clairs du soleil. Des yeux bleus comme deux saphirs brutes. Si promptes à terroriser les administrateurs cossards. L’accessoire élégant, à l'image de cette nouvelle quarantenaire, aux traits tirés par les longues semaines d'ingrate besogne. Un nuage de poussière à ses trousses, le taxi ne tarda pas à disparaître.

Amélia Clark, sourire aux lèvres, fit volte-face. Nez levé vers les hauteurs du manoir Templeton, elle entendit les premiers rires d'enfants. Son sourire s'élargit. Elle était heureuse d'être arrivée. Le bas de sa robe noire s'envola légèrement sous l’impulsion dynamique de son pas. La coupe cintrée, autour d'une jolie taille, s'évaporait jusqu'aux mollets encore très blancs. L'ombre de la façade fit frisonner les bras nus de la belle. Elle pressa la marche pour pénétrer dans le hall de la demeure.

Olivier ne tarda pas à venir à son encontre. Head le salua avec bonne humeur. Et familiarité. Son accent tonique et assuré claquant dans l'air english. Elle avait apprit à apprécier l'homme derrière le domestique. Il lui rappelait Monsieur Parish, ce précepteur, que son père leur avait imposé enfant. Un Anglais. Un British, comme seule en fait cette arche. L'homme avait prit retraite voilà des années, épuisé par cette jeunesse rebelle.
Ils pactisèrent pour cacher les cadeaux avant l'arrivée des jumeaux. Délestée de ses bagages Clark s'immergea dans l'atmosphère enfiévrée du lieu. Elle se mit en quête de Lance. Amusée. Curieuse. Cela faisait quelques temps qu'elle n'était pas venue. Son œil vif notait les changements et les aménagements apportés pour la fête. Amélia aimait cet endroit auquel elle associait généralement paix et tranquillité.
Elle remonta l'escalier, riant, en entendant les éclats de voix, venant du jardin.

Voyant la porte du bureau ouverte, Amélia ralentit. Elle lança un rapide regard des deux côtés. Personne. Un coup sur la porte, alors qu'elle observait Lancelot en train de fourrager dans ses dossiers. La tension dans ses épaules suggérait une certaine concentration.
Clark l'interpella aussitôt :

-
Je croyais qu'on ne devait pas travailler ce week-end ?  Hum ? Moqueuse, la collègue étudia la mine du noble.

La brune, franchit le seuil, pour aller faire la bise à son hôte. Ses lèvres volaient sur chaque joue, fraîches et douces comme le printemps. Puis, Head recula pour avoir une vue d'ensemble sur la tenue du jeune père.
Une lueur taquine au fond du regard, elle valida silencieusement son apparence. Une rencontre surprenante que la leur. Lui, rare homme à particule dont elle pardonnait les origines. Travailler ensemble avait beaucoup aidé à la chose. Oui. Clark estimait Templeton. Elle le considérait comme un ami et avait confiance en lui. Ce qui, au regard de son passif avec les hommes, n'était pas une sinécure !

Bonjour, Lance. Je suis contente de te voir. Un sourcil interrogateur se redressa. Clark connaissait assez cet homme pour lui prêter quelques cachotteries. Ezio a été retenu. Il arrivera plus tard dans la journée. D'ailleurs ! Le GSM apparu dans sa main.

Le temps que le maître du château termine ses affaires l'intruse s'occupa. Amélia déambula dans la pièce. Ses yeux caressant le dos des livres rangés sur les rayonnages. Une collection importante que celle-ci. Lancelot avait-il seulement lu le tiers de son fonds ?
Grande amatrice de théâtre, l'Américaine était toujours à la recherche de nouvelles lectures. Elle aimait dénicher des pièces confidentielles. Anonymes. Sa culture dans ce domaine était impressionnante.
N'ayant rien trouvé qui retienne son attention elle se concentra sur le Comte. Un sourire, presque doux, fleurit sur sa bouche carmin.

-
Où sont-ils ? J'ai hâte !

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Dim 23 Avr 2017 - 19:50
- Je croyais qu'on ne devait pas travailler ce week-end ? Hum ?

Lancelot s'humecta les lèvres et sourit au coin des yeux avant de lâcher son ouvrage pour répondre au salut de son invitée. Elle respirait le soulagement des vacanciers qui posent enfin leurs bagages. Elle avait manifestement besoin de temps pour elle et une petite escapade champêtre lui serait du plus grand secours. Il l'observa encore rôder devant sa bibliothèque. Son langage corporel disait sa suspicion.

- J'ai TOUT lu, très chère, chantonna-t-il sur l'air de l'insolence charmeuse alors qu'il terminait son classement, et moi aussi je suis très heureux de te revoir.

Il passa devant le mur de livres le plus proche de la porte et promena son doigt le long des rayonnages. La reliure de mauvaise facture d'une édition indépendante grinçait sous son extraction. La pièce de théâtre avait été montée deux ans auparavant mais s'était jouée dans la confidentialité des petits théâtres Londoniens. Lancelot s'y était rendu par amitié pour le metteur en scène et y était retourné par intérêt pour la pièce. À coup sûr, Les Grenouilles Chantent Au Printemps attirerait du monde à sa refonte.

- Ton livre de chevet, indiqua-t-il avec un clin d'œil

Puis il offrit son bras pour repartir.

- Où sont-ils ? J'ai hâte !
- C'est même surprenant que tu aies eu le temps de terminer cette phra...
- TATAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !
- ... se.


Les deux flèches s'agrippèrent aux jambes d'Amelia comme deux koalas sur un arbre. Lancelot se contenta d'un regard et ils reculèrent d'un pas pour saluer poliment la nouvelle venue. Ils ressemblaient maintenant à deux petits singes dans une cage invisible qui s'étrécissait au fil du temps. Ils trépignaient crescendo d'une telle impatience qu'à la seconde où l'américaine plierait les genoux, elle donnerait le signal pour un câlin dont l'impact irait contre toutes les lois de l'équilibre.
Lancelot en profita pour dégager poliment son bras, récupérer son dossier, et devancer Oliver qui pointait le bout de son nez. À quoi bon disposer d'un manoir quand 5 personnes se retrouvaient dans une seule pièce ?!

- My Lord, Madame, Mademoiselle, Monsieur, le brunch est servi dans le jardin d'hiver.

Son endroit préféré ! Lancelot sourit sous les assauts de la satisfaction. Dans l'immense véranda envahie de plantes, un charmant mobilier de fer forgé blanc ouvrait la voie d'une restauration royale. Le jus d'orange fraîchement pressé, les boissons chaudes, les plats salés encore fumants, et tout un tas de petites attentions délicates tendaient les bras. Le noble, fidèle à son éducation, avança la chaise sous son invitée puis rapprocha ses enfants de la table avant de s'installer à son tour.
Il inspecta la table et repéra deux paquets à côté des verres de Theodora et Arthur. Nul besoin d'être un éminent espion pour déduire leur provenance. Il porta son regard accusateur en direction d'Amelia pour la forme et autorisa les enfants d'un hochement de tête à découvrir leurs surprises...

- Nous avons quatre heures devant nous, mon amie. Je te propose de nous restaurer, puis de te reposer, et enfin de te préparer pour la garden party.

Il offrit un plat de crumpets à son invitée avant de le présenter aux petits... et de l'ôter avant le drame.

- Hephepehpehpehpep ! Vous n'oubliez rien ?

Les enfants s'inspectèrent mutuellement. Si. Visiblement, à 4 ans, on ne mangeait pas sur des vêtements tout neufs sans serviette de table. Ils y remédièrent rapidement et bondirent sur les crumpets et la marmelade.

- ... Vous n'oubliez rien d'autre ?

Les enfants passèrent en revu l'ensemble de l'étiquette. Theodora percuta aussi vite que son frère ! La bouche pleine, ils rattrapèrent l'erreur.

- Merfffi tant'amélia !
- F'est cré vontil !


Lancelot enfouit sa tête dans sa main. Elle glissa lentement du front à son menton.

- C'est bien, les enfants. La prochaine fois terminez votre bouchée, avant de parler...

Il restait manifestement deux ou trois réglages de timing à opérer dans leur éducation. Pour le reste, c'était pour l'instant plutôt réussi. Ils se tenaient droit et mangeaient correctement. Cela faisait maintenant quinze minutes qu'ils discutaient avec leur tante de cœur et on ne dénombrait aucune tâche ni accidents de nappe.

Lancelot commençait à se détendre. Comme l'ambiance était bonne enfant, il estima qu'il était peut-être temps de se jeter à l'eau.

- Comme tu le sais, tous les ans l'orphelinat du comté ainsi que les enfants adoptés et leurs parents viennent passer un bon moment ici-même. Cette démarche est utile pour tous. Elle nous permet d'assurer le suivi des petits, de prendre de leurs nouvelles, mais aussi d'encourager ceux qui restent à y croire et les futurs parents en passe d'adopter peuvent discuter avec ceux qui ont déjà franchi le pas afin de calmer leurs angoisses.

Lancelot observa Amelia avec l'intensité d'un prodige qui maîtrisait son art. Il sentait au fond de lui la rondeur d'une proposition sans engagement immédiat. La douceur d'une proposition qu'on a le droit de refuser. La légèreté des paroles sans conséquence.

- Parmi nos petits invités, après deux ans de négociation, Newton a accepté mon invitation. Chacun est en droit de la refuser, bien entendu, mais depuis les œuvres de mes parents, c'était le premier enfant à l'avoir fait.

Le comte chercha l'inspiration dans le sourire de Theodora et la candeur d'Arthur. Ils respiraient la joie de vivre.

- J'ai conscience que certaines adoptions se déroulent mieux que d'autres... La vérité c'est que Newton avait lui-même été adopté. Et sa... particularité, a conduit ses parents à nous le confier à nouveau. Disons qu'ils n'avaient certainement pas évalué l'ampleur de l'investissement personnel que l'entreprise requerrait. Il en a eu le cœur brisé et se croit aujourd'hui indigne d'appartenir à une famille.

Lancelot repris une gorgée de thé. La chaleur qui nimba ses cordes vocales réchauffa encore le ton de sa voix. Amélia était son amie. Et le bien des enfants passait par la vérité qu'on leur devait.

- Il a été dernièrement adopté par une seconde famille et leur a fait vivre l'enfer.

Cette fois, il laissa la suite à la sagacité d'Amelia. Newton était de retour à l'orphelinat. Et pour ce qui était de ses capacités spéciales, il tendit le dossier marron à son invitée. Il aimerait beaucoup le lui présenter...
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Dim 30 Avr 2017 - 12:27
Garden-Party !



Les Grenouilles Chantent Au Printemps. Clark lus la quatrième de couverture. En diagonale. Amusée de voir que son ôte se rappelait de leur dernier débat littéraire. Un article était d'ailleurs remonté sur le bureau du directeur de la revue théâtrale de Baltimore.
Sous un nom de plume Head faisait des critiques, parfois acerbes. Mais c'était un secret.

Volte-face. Comme la fleur qui cherche le soleil. L'attention de l'Américaine perdue. Un sourire extatique, similaire à celui des petits, s'étira sur son visage. La garde de la femme d'affaires tombée en un cri d'enfant. Connexion instantanée avec les deux boules d'énergie joyeuse.
Accroupie en un instant, la belle réceptionna les bombes humaines. Une embrassade aussi forte qu'elle était sincère entre les parties. Les mains caressantes.
Voix douce. Le dragon des bureaux administratifs retrouvait le sourire d'un ange. La passion d'une louve protectrice. Head pouvait faire n'importe quoi pour protéger ces petits d'adoption. N'importe quoi.

Vous grandissez bien trop vite ! Haha.

Clark prit le pas de la famille. Le regard volant sur tout le décorum noblier.
Jamais la maison du Maryland n'avait approché un tel sens du goût et de l'équilibre. Aucun de ses propriétaires n'avait réellement donné de son temps pour en faire un foyer. Cela aurait-il changé quelque-chose ? De ne pas vivre dans cet maison froide et sans âme ? L'appartement d’Édimbourg était très différent. Même si Clark ni passait pas obligatoirement plus de temps.

Un festin. Nul mot de la langue anglais ne serait plus juste. Parfums alléchants. Couleurs séductrices. De quoi nourrir un régiments de petits et grands.
Amélia, regarda les bonnes manières de son proche, avec une pointe de dérision. L'étiquette prétexte à plaisanterie(s). Critiques. Cabotins. Une fille du peuple revancharde de la classe privilégiée. L'ironie voulue pourtant que cette étrange espèce peuple son entourage. De façon parfois très rapprochée.

Un sourire angélique effaça la fausse réprimande du comte. Les paquets étaient beaux. Soignés. Head y avait mis tout son élégance.
Pour Théodora un bâton de sourcier. Pour Arthur une longue-vue. Deux objets deux bois. Importée d'une petite arche où l'empire Clark s'était étendu. Pièces uniques. Dont il avait fallu faire la commande. Amélia obtenait toujours ce qu'elle voulait. Toujours. En l’occurrence, de bons outils pour les jeunes chasseurs de trésor.
Face à la mine déconfite de la fillette un rire tendre.

C'est un bâton magique ! Je te montrerais comment on s'en sert après mangé, chérie.
C'est un programme qui me plaît !
Valida-t-elle pour le maître du lieu.

L'odeur des crumpets encore chauds. De quoi éveiller l’appétit.
La belle était debout dés l'aube. Impossible de manger avant le soleil. Le café était le seul carburant depuis le départ. Boisson noire et addictive. Aussi addictive que la nicotine dont le manque commençait à taper dans son cerveau. Clark faisait des efforts pour ralentir sa consommation. Un petit peu. Elle tendit donc la main vers le beurrier. La texture était parfaite. Tout était parfait, ici.

Scène attendrissante de ces petits bouts.
Les yeux bleus d'Amélia brillèrent. Un très court instant. Le temps d'une pensée secrète et intime. Elle secoua doucement la tête. Éloigner les ombres du passé. Rien ne servait de regarder en arrière. Surtout devant les représentants du futurs. Qu'ils étaient beaux. Une belle raison de ce battre pour rendre l'archipel meilleur.
Lancelot faisait du bon travail avec eux. Lui que rien ne destinait à ce rôle de parent.

De rien, je n'aurais raté ces bouilles pour rien au monde.

Amélia voulait rattraper le temps perdu. Bien qu'un émissaire -charmant- la tienne informée des avancées. Rien n'était plus sûr qu'un compte rendu en direct.
Les questions et réponses filaient d'un bout à l'autre de la table.

Verre moitié vide reposé en douceur. Clark plongea ses yeux métalliques dans ceux du lord anglais. Elle cherchait sur quel chemin il les attirait ensemble. Lancelot était un homme d'intelligence. Jamais, il ne disait quelque-chose dans le vide. En cela, ils se ressemblaient beaucoup. Amélia se garda de l'interrompre afin de découvrir le fond de sa pensée.
Clark avait vaguement confié ses débouards avec la législation américaine. Comment ses deux dossiers d'adoptions avaient été refusés. Motifs variés. Réponses tristement identiques. Non. Un « non » dont elle avait eu du mal à se remettre la seconde fois. La dépression qui en avait suivie avait était difficile à accepté.

L'histoire de Newton toucha Head. Évidement. Orphelin, puis rejeté. Un passif qui aurait abîmé n'importe quel cœur d'enfant. La vie n'était pas une chance pour tout le monde. Cela faisait des années que Clark était engagé dans le milieu. Son argent soutenait des associations en lien avec l'enfance. Elle avait rapidement connu et investie auprès de son collègue également.

L'intensité du regard d'Amélia augmenta d'un cran. Bien sûr, elle avait l'intuition de ce que Lancelot était en train de faire. Elle baissa lentement ses yeux sur le dossier placé entre eux. Ses doigts n'osaient pas approcher.
Une vague de sentiments contradictoire remontait de ses entrailles. Le troisième dossier attendait dans un tiroir de son chiffonnier. Depuis un an. Head n'avait pas peur de beaucoup de choses. Mise à part l'eau. Mais un troisième échec. Ça. Cela lui semblait trop dur à supporter. Elle qui aurait donné n'importe quoi pour être une mère.

Tu sais qu'on m'a dit non. Deux fois.

En disant ces mots Clark vrilla son regard dans ceux du noble. Avait-il sélectionné l'enfant à dessein ? Pour cette similitude. Tous les deux rejetés du monde...
Elle souleva lentement la couverture. Presque craintive. Si son cœur cédait encore une fois, à l'amour, allait-elle y survivre ? Ses yeux volaient de case en case. Découvrant l'identité de ce petit pariât.
Au compte rendu du premier psychologue Head sentit une pointe de révolte en elle. Elle retrouvait ce langage moralisateur et écœurant. Sous prétexte de connaître le fonctionnement de l'esprit humain ces hommes portaient des jugements. Ils l'avaient placés dans toutes leurs cases. La privant d'une identité propre. Condamnant ses actes comme une criminelle.

Crois-tu vraiment que j'aurais une chance ? L'espoir était tapis sous le doute.

Elle écarta lentement sa main de la photographie. Ses doigts nerveux allérent se perdre dans ses cheveux. Un tic. Une coquetterie qui n'en était pas une. L'espoir avait tendance à rendre Amélia nerveuse. Elle attrapa vivement sa tasse de café. Puis trouva une diversion en observant les jumaux.
Head
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Dim 28 Mai 2017 - 17:38
Theodora se satisfaisait d'à peu près tout. Elle partageait avec son frère un tempéramment aussi facile que souriant. Raison qui poussa Lancelot à prêter d'autant plus d'attention à sa fille. Elle était trop bien élevée pour rechigner devant un cadeau, quel qu'il soit. Un détail piqua la curiosité de son père. À chaque nouvelle prise en main du bâton de sourcier, la petite finissait par s'essuyer les paumes sur sa robe. Il était certain qu'il pétillait. Elle avait fait la même chose pendant trois jours après avoir balayé une fourmilière qui s'en prenait à une sauterelle. Se pouvait-il qu'elle soit sensible à la magie ? Il tendit le bâton à Arthur. Pour la science. Le petit fit montre de ses deux rangées de quenottes en inclinant la tête sur le côté. Pas de doute, le bâton picotait. La même fourmilière avait envoyé ses plus vaillant mercenaires à l'assaut du petit qui participait à l'exfiltration de l'agent Sauterelle.

- Tu sais qu'on m'a dit non. Deux fois.

Lancelot reporta son visage sur celui de son invitée. Ils se tenaient aussi droit qu'elle semblait abattue. Son port de tête détonnait avec ce qu'elle abritait de pensées, de désillusions et de crainte d'un nouvel échec. Les dernières années avaient été psychologiquement éprouvantes pour Head. Oracle compatit d'un sourire rassurant, autant qu'il était persuadé d'une possible issue à son calvaire maternel.

- Crois-tu que j'aurais une chance ?
- Amélia, c'est une rencontre. La réponse à cette question dépend de votre entente ce jour.


Une main de fer dans un gant de velours. Le tact légendaire du Comte nimbait quotidiennement de douceur les pires nouvelles. Alors l'incertitude... Comment aurait-elle pu apparaître cruelle quand il était simplement trop tôt pour conforter ou condamner l'espoir ? Cette entrevue entre les deux éventuels protagonistes d'une nouvelle histoire était un essai, comme il en existe tant face caméra pour le rôle d'une vie. Comment répondre avant même de découvrir la partition ?

- En ma qualité d'ami, très chère, je te garantis qu'il me fait suffisamment penser à toi pour que j'ose m'immiscer dans ta vie privée sans, pour une fois, attendre que tu m'y aies invité.

Le degré d'estime qu'il avait pour elle, l'éducation qui l'avait forgé, la profonde bienveillance qui était sienne et la force qu'il dégageait venaient de s'allier. Quiconque le connaissant aurait immédiatement et sans appel possible accepter la réponse comme un cadeau. Et Amélia le connaissait fort bien...

- Newton est gentil... s'invita timidement la courageuse Théodora
- Nous, on aime bien Newton... chuchota Arthur pour appuyer bravement sa soeur

Lancelot sourit calmement. De tous les enfants qui passaient et repassaient par l'orphelinat ou le manoir, ses jumeaux avaient bien plus cotoyé Newton que le reste des troupes. Il gravitait comme un cousin éloigné autour des fêtes de famille. Mais Newton était particulièrement triste et parfois sinistre. Les premières minutes en compagnie d'autres enfants lui semblaient dédiées au rôdage social avant de s'élancer dans les jeux, les rires et les coups de fourchette. Avant la fin, il comprenait. Tout allait s'arrêter. Une heure ou deux plus tard. Et il retournerait à sa solitude. Et plus personne ne jouerait avec lui. Parce qu'il portait malheur. Il avait raté deux adoptions. Il ne voulait pas d'une troisième.

Un crissement mat sortit le Comte de sa rêverie. Une joyeuse brochette de sept bambins collait le nez, la langue, une joue ou les mains aux les vitres qui ceignait le jardin d'hiver. Ça, c'était vraiment irrésistible... Il manqua de s'étouffer avec son thé. L'heure des préparatifs avait sonné !

- Amélia, je te présente la plus belle réussite de l'Angleterre ! Comme leur beauté naturelle accentuée par cette vitre le laisse deviner : les enfants adoptés... qui ne craignent d'ores et déjà plus rien de l'autorité parentale. Leurs parents m'aident à terminer la mise en place. Ils ont dû faire le tour pour rejoindre les premiers bénévoles.

Il constata, attentionné, que chacun en avait terminé avec le brunch. Il essuya le coin de la bouche de ses enfants et rassembla Les Grenouilles Chantent au Printemps et le dossier marron pour les tendre à son amie.

- Repose-toi un peu. Le voyage a dû être éreintant. Ta chambre est prête et les jumeaux ont promis d'être sages... C'est à dire qu'il n'assailleront ton lit que si tu laisses la porte suffisamment entre-ouverte pour leur en donner le signal, murmura-t-il en l'embrassant sur le font

Il prit congé de sa famille de sang et de coeur. Qu'Amélia le rejoigne immédiatement pour mettre la main à la pâte ou s'allonge pour les trois heures qu'il restait avant le lancement officiel de la garden party, Lancelot savait que le sujet brûlerait dans sa tête et dans son coeur pour les jours à venir.

À quelques kilomètres de là, Newton, quant à lui, attendait déjà tout endimanché dans son dortoir qu'on vienne le chercher...
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Dim 4 Juin 2017 - 15:10
Garden-Party !







Amélia regarda la réaction des jumeaux. Curieuse. Théodora eu un comportement étonnant. Son père ne montra aucun motif à s'alarmer. Il n'y en eu donc aucun pour son amie non plus. Clark respectait les décisions des parents. Elle ne formulait pas de critique. Ou n'intervenait pas pour les contredire. C'était le genre de choses, qu'elle trouvait contre-productif dans l'éducation. Sans doute avait-elle aussi mal digéré les remarques perfides à elle qui n'était pas une mère. Une exclusion sociale parfois douloureuse pour une femme intelligente.

L'angoisse fondue par quelques mots. Dégrossie par le sourire amical du British. Une expérience régulière mais chaque fois saisissante pour Clark. Elle aurait eu de la peine à décrire le phénomène. Mais, elle se sentait bien. Heureuse.

-
Oui Le regard de métal bleu dévia sur les le frère et la sœur.

Leur mine concernée. Leur timidité affecté. Mais surtout cette sincérité si rare chez les adultes. Voilà qui était la quintessence de l'enfance. Head, sous ses airs de grande femme n'y résistait guère. La confiance de ces trois amours débordait sur elle. C'était presque de la magie. Un sourire se posait sur sa bouche. Une certaine impatience se diffusait de son ventre vers son cœur.

-
Je suis curieuse de le rencontrer.

Une savoureuse interruption dévia l'esprit de l'Américaine vers les baies vitrées. La vision d'une brochette d'enfants joueurs ne manqua pas de déclencher une tendre hilarité. Plaisant de voir que quel qu’uns avaient trouvé une maison, des parents, un avenir. Leur bonheur était communicatif lui aussi.
La brune leva la main, pour un coucou collectif. Complice.

Ils se mirent naturellement en mouvement.
Amélia imita Lancelot. Sans même y penser. Avant d'abandonner la serviette en coton sur la table. Elle réceptionna ses nouveaux biens. Un sourire éclaira spontanément son visage. Elle se sentait bien, ici. En sécurité. Les pressions se dégageaient. Même la perspective d'une rencontre avec le petit garçon était moins intimidante. Comment faisait Oracle ?
Les paupières baissées Clark recevait le baiser tendre de ce frère d'adoption. Oui, parfois elle se sentait plus proche de Lancelot, ou de Charles que de ses frères de sang.

-
Merci Lance. Glissa-t-elle dans un chuchotis, alors que sa main pressait le bras du lord.

Le jardin d'hiver se vida en un souffle. Amélia observa une seconde la table des festivités. Son cœur se gonfla de reconnaissance. Elle n'avait pas pu construire une belle et grande famille, mais ses amis comblaient ce manque. Lancelot. Laure. Même Ezio. Bien que tout ne soit pas rose. Elle parvenait à voir sa chance. Jack aurait été content de voir sa sœur si proche de tendre une main vers le bonheur.

Oliver n’eut pas à faire le guide. Amélia savait où se trouvait « sa chambre ». Les éclats de rire l'accompagnèrent. La belle avait l'impression de remonter le temps. Le temps de sa propre enfance. Les mêmes courses dans les jardins. Cette énergie. Ces émotions vives. C'était galvanisant.
Sa main caressa le bois de la porte. La pièce conservait cette aura solaire. Puissante. Inchangée, depuis la dernière visite. Cette pièce avait fait office de sanctuaire et le ferait sans doute encore.
Clark fit un tour de la pièce. Ses doigts effleurant les objets sur leur passage. Son regard d’adoucie.
Les chaussures délaissées sur le tapis. La veste au pied du lit. Le collant au bord du lit. Tels la piste d'un abandon de poste. Head avait laissé ses responsabilités à la porte. A peine rencontra-t-elle l'oreiller que Morphée l'enlaça.

Newton fût la Muse de ce sommeil réparateur. Il lui prenait doucement la main. Il l'amenait dans une aventure fantastique, celle de la vie.
Amélia s'éveilla naturellement une heure et demie plus tard. L'animation du jardin lui parvint par éclat d'une fenêtre qu'elle ne se souvenait pas avoir ouverte. Elle se leva pour aller jeter un coup d’œil. Elle croisa le sourire de d'un des jumeaux et lui fit un clin d’œil. Si elle se dépêchait, elle pourrait aider pour les ultimes installations.
Avant de descendre Clark se prépara pour la garden-party. Adieu tailleur de la semaine.


-
En quoi je peux aider ? Demanda-t-elle au maître de la demeure alors qu'elle arrivait dans son dos. Avec aisance Amélia glissa un objet dans la poche de Lancelot, avant d'embrasser sa joue. -Tu l'ouvriras plus tard.

Une petite demie-heure. Encore trente minutes. Plus que trente minutes. Le dossier était encore grand ouvert sur le lit. Le fantasme plus que jamais présent à l'esprit. Newton dans chaque pensée. Clark tentait de juguler ses émotions. Mais, elle se sentait aussi impatiente que les enfants.
Head
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Dim 4 Juin 2017 - 17:04
Le buffet s'élevait sous la tonnelle rafraîchie par le saule autant que les parfums dans l'air du printemps. Entrées froides et chaudes, entremets, plats, accompagnements, desserts, canapés, petits fours, sucré, salé, acide, amer, confiseries, boissons colorées, pétillantes ou plates, douces ou acidulées... La longueur de la tonnelle relevait de l'établi d'apothicaire. Les cloches argentées étaient étiquetées de mots appétissants. Les bocaux de verres appelaient à la gourmandises. Des infusions dans des brocs divers s'ouvraient sur des senteurs à faire saliver.

- En quoi je peux aider ?
Lancelot sourit.
- Tu l'ouvriras plus tard.
Il plissa une paupière intriguée, en sentant le petit écrin dans sa poche.

Il pivota et passa son bras autour des épaules d'Amélia avant de poursuivre sa promenade à travers les longues tablées. En quoi Amélia pourrait-elle s'avérer indispensable ?
- J'aimerais que tu m'empêches de mettre le nez dans ces mignardises avant le repas... mais je crains d'être le maître des lieux et, à ce titre, de m'être commandé un nombre supplémentaire de ces petites merveilles à manger en douce.
Il présenta aux lèvres d'Amélia l'une des bouchées marmelade - chocolat noir.
- Goûte-moi ça.

Au même moment, non loin de l'événement, la porte du dortoir s'ouvrit. Nelly Dewitt étudia le petit garçon, de dos, assis sur son lit. Il n'était pas encore descendu et le moteur du bus tournait déjà.

- Tu as changé d'avis ?

Newton l'ignora. Nelly quitta son appui contre le chambranle de la porte. C'était une femme d'une soixantaine d'années. Sa direction de l'orphelinat remontait aux années du Comte et de la Comtesse Templeton. Elle avait connu Lancelot à sa naissance et œuvré plus tard auprès de lui pour la poursuite des œuvres de charité qu'elle animait. Leurs actions conjointes structuraient à merveille leur coopération. Un nouveau souffle donnait une ampleur vivifiante à la fondation.

- Newton ?

Elle s'accroupit pour faire face à la tête basse du petit homme.

- Et si elle m'aime pas...? Chuchota-t-il entre ses larmes

Newton avait appris de sa précédente erreur et culpabilisait encore. Il oscillait perpétuellement entre la volonté d'être adopté et celle de tout faire pour ne pas être à nouveau déçu. Ses angoisses se traduisaient parfois en un mauvais calcul : "Si même méchant elle me garde, alors elle m'aime vraiment.". Enfin, c'était avant l'aide apportée par Lancelot. Ils avaient tenu conversation durant tout l'après-midi, après son retour au foyer. Newton s'en souvenait. Nelly aussi. L'enfant était entré comme convoqué chez le directeur et sorti comme un collaborateur qui vient de signer un partenariat. Nelly ne savait rien de cette entrevue mais l'enfant était métamorphosé. Il accepta même pour la première fois depuis sa première adoption de revenir à la Garden Party.

- C'est une rencontre, mon ange. Personne ne peut savoir si l'un aimera l'autre avant de se rencontrer, qu'en dis-tu ?
Newton acquiesça en s'essuyant une joue d'un revers de manche.
- Si tu souhaites rester, Monsieur Templeton comprendra ta décision.
Newton releva immédiatement le menton, comme pris de conscience. Non non non, il ne pouvait pas le trahir. Ils avaient un accord. Le petit garçon sauta du lit et s'élança vers la porte... avant de revenir, attraper sa besace, y enfouir une pochette à dessins et repartir.

Cette fois, il ne pouvait plus reculer. Le bus s'était immobilisé au pied du manoir. Les enfants sur leur 31 ajustaient leurs uniformes. Guidé par Nelly, le troupeau s'avançait sur la pelouse. Les rangs se rompirent. Une acclamation joyeuse explosa dans l'air. Encerclé par tout un tas de bouilles festives, Lancelot accueillait les stars de la journée !

- Du calme, du calme !
Il collectait des dessins, des bricolages divers, des photos, des lettres et des petites attentions comme s'il en pleuvait. Et il en pleuvait. Oliver arrivait en renfort pour récupérer ceux que le maître avait échoué à prendre et le débarrassait de ce qui lui encombrait les bras.
- Merci ! Merci infiniment ! Je suis heureux que vous soyez là ! Vous êtes magnifiques, les enfants ! Mora, j'ai tenu parole ! Il y a un buffet de bonbons ! Trevor, une partie de la musique t'es dévolue. Eblouis-nous ! Devon, Katy et Milo, un piano a été disposé à côté des tables ! Improvisez-nous un peu de magie entre chaque intervention de Trevor. Eh tout doux !

Puis le Comte capta le regard tétanisé de Newton. Nelly, toujours prompte à réagir, dirigea les fauves vers la tonnelle.

- Je te remercie d'avoir accepté mon invitation, Newton.
L'enfant ne lâchait pas la main qu'il serrait. Seconde après seconde, il donnait l'impression de s'y raccrocher. Lancelot initia le mouvement pour rejoindre les autres quand les yeux du petit tombèrent sur un écrin au sol. Il l'ouvrit.

- Cadeau d'Amélia. J'ai dû les faire tomber dans l'assaut.

Amélia avait bon goût, songea Newton. Elle aimait visiblement l'artisanat et, le comprit-il, les gens qui l'entretenaient contre vents et marées industriels. Lancelot dégrafa les siens et opéra l'échange.

- Qu'en dis-tu ? offrit-il au jugement de l'enfant à qui il montrait ses poignets
Newton dévoila son plus beau sourire. Ils étaient du plus bel effet ! Mais les autres n'étaient pas mal non plus, tout bien considéré.

- Je n'ai que deux manches. Veux-tu porter les premiers ?

Cette fois, la fête commençait ! Il peinait à les passer dans ses boutonnières quand une ombre fine et un parfum délicat s'ajoutèrent à la présence de Lancelot dans l'atmosphère. C'était elle...
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Lun 5 Juin 2017 - 10:02
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Pâtisserie.
Amélia avait une alimentation saine. Aussi saine que possible avec un amour du vin. Surtout le Sicilien.
Mais attention. Majorité des protocoles médicaux allaient avec des régimes strictes. Depuis dix ans, l'Américaine enchaînait les contrôles médicaux. Par orgueil, c'est vrai. L'espoir de trouver un moyen de contourner la cruauté de la Nature. Et de lui donner le don de la vie. Enfin d compte. Au bout du compte. A ce jour aucune résultat satisfaisant.
Pourtant, ce week-end, serait prétexte à des entorses. Gourmandes. Clark savait qu'elles étaient un mal nécessaire. Pour son bien, tout aussi nécessaire.

-
Une de moins. S'amusa-t-elle en croquant dans une seconde mignardises.

Le manoir grouillait. Tous ces enfants sans crainte. Clark connaissait tous les efforts réclamés pour qu'un tel lieu existe. Les prochaines votations approchaient. Chez les différents candidats le programme était inégal. Deux hommes étaient désignés comme favoris.

-
J'ai l'impression que je repasse un examen ! Head avait travaillé pour devenir Head.

Certes, il y avait une flamme initiale. Un charisme. Voir même l'intuition d'une meneuse. Cependant, au tout début de sa carrière, et quoiqu'elle en dise, Amélia n'était qu'une jeune fille. Presque encore une enfant, aurait dit son père. Mais Jefferson Clark l'avait laissée faire. Peut-être avait-il eu la vision de sa fille dans ce monde de requins.

Ayant du mal à tenir en place Clark s'éloigna pour fumer. Ce doux poison, compagnon bien singulier qui la maintenait à flot. Aux situations les plus ardues la drogue répondait présente. Elle donnait l'illusion du réconfort et du plaisir. Mais la commerçante ne se leurrait pas. Toute dépendance était propre à créer des faiblesses et des complications. Il lui faudrait encore du temps avant de se soustraire au produit de son empire.
A la première aspiration la belle sentit ses sa nervosité baisser d'un cran.
Son regard se perdit sur l'étendue herbeuse qui se dressait sur plusieurs hectares. Elle regrettait de ne pas avoir pris son G.S.M. avec elle. Pour secours. Une voix grave pour lui dire de foncer. Rien que quelques mots d'Ezio. Ou même de Laure.

Des renâclements extirpèrent l'Américaine de ces méditations, de dernières minutes. Les stalles étaient à une poignée de mètres. Des chevaux. Bêtes bien utiles pour travailler la terre. Et s'enfuir dans les champs de tabac. Amélia avait eu de nombreux équidés pour compagnons de vie. Fidèle à eux seuls. Jusqu'à son départ du Maryland.
Souvent, elle rêvait de pouvoir remonter à crue, et partir. L'odeur du foin. Encore un parfum de l'enfance. Un élément fa millier.
Clark plissa les yeux dans la pénombre. Elle vit la vieille bête de trait. Une robe noire fatiguée par les années. L'allure pataude. Un percheron supposa la cavalière. Une race répandue pour l'attelage. Il y en avait en New-Victoria. Mais l'origine venait des arches françaises.

-
Salut mon joli. Quel était son nom?

Apaisée. Calme. Amélia entendit le moteur du bus. Le véhicule rebroussait chemin.
Les enfants étaient arrivés. Tous. Leur vitalité s'ajoutait à celle des premiers venus. Combien étaient-ils au juste ? Assez pour tout remuer. Le parc des Templeton, envahi par cette marmaille, ressemblait à l'île des enfants-perdus. La pièce de Barrie n'aurait pas eu meilleur décors. Eux les adultes, n'avaient pas plus belle raison que d'être des grandes personnes.
Head s'avança, à pas de louve. Ses yeux bleus croisèrent le doux visage de Mrs

D'abord la veste du lord. Lancelot, cher Lancelot, brave et beau chevalier. Ensuite la silhouette à ses côtés. L'enfant était similaire à la photographie que le dossier contenait. Mais ses épaules avaient l'air plus frêles. La taille plus importante. Il lui tournait presque le dos. Mais Clark pouvait déjà discerner les lignes de son visage. Elle eu un sourire. Son cœur battait. Fort et vite.

-
Bonjour Newton. Amélia s'avança vers lui. Consciente de tout. De son âge et de son passé. De ses espoirs. Et des siens. Elle ne voulait rien faire peser. Rien abîmer. Surtout pas. Je m'appelle Amélia. Lentement les saphirs dévièrent sur l'entremetteur. Son sourire se fit complice. Monsieur Templeton m'a parlé de toi. Oui, elle savait. Ils étaient pareils.

Newton fût cependant celui qui conquérit toute son attention. Étant donné qu'Head n'avait pas été avertie, elle n'avait pas apporter de cadeau. Enfin, ne doutons pas de l'ingéniosité d'une fille de la campagne. Peu, suffisait pour créer beaucoup. Avec de l'imagination. Et des mains. Pour l'heure, elle voulait surtout le rassurer. Les rassurer.

-
Je suis heureuse que tu sois ici. Parce que j'aimerais beaucoup faire ta connaissance. Bien entendu. Il n'y avait pas de secret. Ils cherchaient tous les deux la même chose. Pourtant, Clark contrôlait sa voix. Serais-tu d'accord pour que l'on passe du temps ensemble aujourd'hui ? On peut parler. Je te dirais tout ce que tu veux savoir. L'Américaine posa ses yeux sur la pochette à dessin. Elle osa un pas de plus vers le petit homme. Ceux sont tes dessins ? Le dessin artistique n'était pas des talents compté chez la brune. Elle maîtrisait néanmoins les croquis fonctionnels, les plans, les mécanismes. Tout ce qui était indispensable pour comprendre et exploiter la terre, le tabac. Moi je préfère écrire. Je trouve ça moins difficile.

Un pas de plus.
Head
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Dim 11 Juin 2017 - 21:52
Lancelot sentait l'atomosphère vibrer comme l'air autour d'un verre sur lequel on premenait un doigt mouillé. Le son aigü et fragile d'une relation à visée familiale montait dans son coeur. Il goûtait chaque seconde de ce moment, précieux, équilibré.

Newton quant à lui ne cillait plus. Il processait chaque mot, chaque attention, chaque mouvement de son interlocutrice. Seule preuve de vie, le pouls de sa main qui battait fort dans celle de Lancelot. Il la serrait comme si sa vie en en dépendait. Serait-ce réellement lucide que de le nier ? Sa vie n'en dépendait peut-être pas à proprement parler mais son avenir y était clairement conditionné.

Pour toute réponse, il parvint à opiner du chef. Oui. Il souhaitait vivement faire sa connaissance. Il était bouleversé par la franchise d'Amelia. Lui dire tout ce qu'elle voulait savoir...

Il émergea quand Lancelot l'entraina doucement vers la tonnelle. Il le suivait, trainé par la force tranquille en laquelle il plaçait toute confiance, et se dévissait la tête pour observer Head un pas derrière eux. Elle était grande, mince, et elle portait une robe très graphique. Il aimait bien ces motifs-là. Il s'en servait pour donner des illusions de profondeurs à ses oeuvres. Elle sentait la cigarette. Ça, il n'aimait pas. Mais elle avait l'air heureuse de le voir et ça compensait bien le tabagisme... À condition qu'elle n'en meure pas tout de suite et qu'il ne finisse pas encore à l'orphelinat. Non. En fait, il n'était pas certain que ça compense le tabagisme. Ses angoisses repartirent à la hausse. Lancelot, aux aguets, le capta et l'assura de la bonne marche du processus d'une pression de la main et d'un clin d'oeil. Newton se détendit un peu. À peine.

Ils étaient tous trois installés en bout de table. Une petite intimité leur était offerte par le reste qui poursuivait leur propre conversation. Lancelot plaça ses deux invités d'honneur l'un en face de l'autre et s'arrogea la présidence entre eux pour mieux les lier. De l'autre côté d'Amelia et Newton, Theodora et Arthur se faisaient face. Oliver et Meredith assuraient le ravitaillement des jumeaux. Leur père les interrogea du regard. Les enfants répondirent d'un sourire et d'un acquiescement commun. Ils savaient qu'aujourd'hui leur Papa devait prendre soin de Tante Amelia et Newton comme il prenait soin d'eux d'habitude. Ils acceptaient avec plaisir de partager leur héros... surtout contre une ration savammant négociée de grignottage sucré. Ils sortaient de brunch mais il y avait toujours un peu de place pour la gourmandise entre deux activités !

Lancelot avait assuré le service pour eux trois. Il était revenu avec une assiette dans chaque main et une autre sur l'avant-bras. Il avait encore quelques réflexes du stage imposé par sa mère auprès de chacun des membres de son personnel !

- Des années d'école hôtelière... exagéra-t-il avec humour en servant Head et Newton

Un petit assortiment de bonnes choses brisait la glace rapidement. Surtout quand la franchise infantile y mettait son grin de sel. Newton louchait sans complexe sur une bouchée aux fruits rouges dans l'assiette d'Amelia !

Lancelot sourit et accentua son mouvement vers elle.

- Peut-être que tu pourrais montrer tes dessins à Amelia ?

Newton rougit, sourire aux lèvres.

- Tu vas adorer ça... murmura-t-il à son interlocutrice

Il piquait facilement la curiosité de son amie. Pendant ce temps, le petit homme déballait avec précaution sa pochette. Lancelot écartait les assiettes et les verres pour offrir respectueusement un musée à l'enthousiasme mal dissimulé de l'enfant.

Des décors de théâtre ! Tout un tas de feuillets se disputaient des scènes, des arrières-plans, des pans de solutions mouvantes pour un changement d'ambiance rapide... L'enfant n'avait d'yeux que pour la technique au service de l'art et l'art de la technique. Il était toujours volontaire pour oeuvrer dans l'ombre de ses camarades qui montaient des pièces pour satisfaire les retraités du Comté. Il mettait son ingéniosité à la disposition de l'atmosphère qui nimberait les mots portés par les autres. Chaque planche était annotée : une pièce, un acte, une scène.

Lancelot pencha la tête sur le côté pour offrir à Amelia son regard de vinqueur. Alors ? C'était qui le meilleur ?
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Mar 13 Juin 2017 - 23:44
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Head avait de l'intuition. Avec les enfants. Avec tout être vivant. Elle aurait été parfaite pour tenir un ranch et donner des cours d'équitation à des bambins. La vie avait allumé un feu sacré chez elle, la faisant renoncer à l'idée d'un bonheur simple. « Facile ». consumée par L'ambition des âmes damnées.

-
Oui c'est une bonne idée, je suis curieuse.

L’étalage de papier ne manqua pas son effet. Théâtral. Sur la férue de dramaturgie scénique.
Clark avait d'abord regardé les dessins à distance. Respectueuse. La pudeur du garçon était aussi la sienne. Elle savait à quel point une production personnelle avait la valeur de trésor. Pour celui qui la créer.
Cependant, une pointe de curiosité taquina l'esprit américain. L'attraction fût impossible à contrer. Alors Amélia lança un regard brillant à Lancelot. Elle lui céda cette victoire. Amusée et passionnée. Il la connaissait. Qu'il avait du sourire en découvrant les goûts du garçon. Quel bel hasard venait donc s'égarer sur leurs chemins ?

-
Est-ce que tu as vraiment vu des mises en scène de toutes ces pièces ? Une scène de Cyrano sous les yeux. Clark regardait. Non, elle voyait. Elle voyait clairement ce que Newton avait imaginé.

Avec plus d'assurance, Amélia attrapa la scène finale des Fourberies de Scapin. Un sourire extatique exprima son ravissement. L’œil connaisseur scrutait le(s) mécanisme(s). L'examen continua, ainsi. Avec la minutie d'un chef de travaux qui savoure le plaisir d'un travail bien fait.
Head découvrait l'ingéniosité de cet enfant. Fascinée. Elle était la fille d'un cultivateur. Réparer, construire, déconstruire, tout cela faisait parti de son quotidien. Elle ne savait pas dessiner une Mona Lisa. Mais Clark savait reconnaître un bon système mécanique. Elle était à même de reconnaître la technique et surtout de l'apprécier à sa juste valeur.

-
Tu es doué Newton. Un constat de premier ordre.

Il n'y avait pas les de compliment séducteur. Ce n'était pas le genre de la maison. Head effrayait souvent ses subalternes. Si rigoureuse. Si implacable. Si parfaite. Mais, quand tout était bien fait, les raisons de la craindre n'étaient plus. Elle était de toute façon plus conciliante avec la jeunesse. Consciente et consciencieuse face à cette innocence. Car elle chérissait l'enfance.
De quoi faire oublier l’appréhension. Amélia caressait l'un des schémas. Elle était en train de gamberger. Son esprit s'échauffait pour trouver le meilleur moyen d'exploiter et de soutenir ce talent. Car chacun devait tirer le meilleur de soi. Aspirer à une grandeur individuelle. C'était là l'état d'esprit d'une femme qui avait passé sa vie à conquérir sa place et ses droits.

-
Il faut absolument que tu vois le prochain Andromaque. Le metteur en scène est prodigieux. Il se joue jusqu'à la fin du mois, je crois. Lance, tu as les dates en tête ? J'ai prévu d'y aller. On pourrait y aller ensemble Newton ? Ça ne t'engage à rien de me dire oui pour cette sortie.

Sur ce Clark se saisit du cruchon le plus proche. Avisant le verre de Théodora, elle la servie. Offrant par la même un clin d’œil complice à la fillette. Elle passa ensuite au comte et enfin à leur jeune invité. Elle se comportait avec une nouvelle aisance. Glace fondue par le feu de la passion. La lumière était dans ses yeux. Comme tous les passionnés du monde, elle parlait, parlait, parlait.

J'aime le théâtre, pas le jouer, mais le lire, et le voir. Je trouve ça fascinant. Comment on transforme la vérité, pour la magnifier et la faire accepter au spectateur. Le sourire grandi. Adressé tout entier à ce complice des rouages.

A ce stade Head prévoyait déjà d'apporter de la lecture au petit garçon. Qu'il lui dise oui, ou non, elle serait impliquée. Parce qu'elle fonctionnait ainsi. Engagée.
Sous la table, les longues jambes blanches se croisaient. Le dos se redressait naturellement. La raideur, d'une dame du monde. Mais derrière ces manières, il y avait quelque chose de singulier. Le passé d'une femme qui avait vécu autant de réussites que d'échecs.
Amélia tendit la main pour saisir un plan couvrant Newton de bienveillance.
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Jeu 6 Juil 2017 - 14:46
Lancelot disparaissait. Non au sens physique, mais au sens atmosphérique. La bulle que créait le théâtre autour de Newton et Amelia l'exhortaient à sortir. Comme le panneau "CABANE DES JUMEAUX" avec le D à l'envers. Il se sentait privilégié. Il assistait à l'éclosion de la maternité d'Amelia... sans la partie trash.

- Lance, tu as les dates en tête ?
- Les 28, 29 et 30. Dans une semaine.

Là, le Comte estima vaguement qu'une semaine c'était décidément très court. En temps normal, ils laissaient passer un peu plus de temps pour recueillir l'avis de chacune des parties prenantes à l'adoption.

- J'ai prévu d'y aller. On pourrait y aller ensemble Newton ? Ça ne t'engage à rien de me dire oui pour cette sortie.

Newton resta figé une seconde. On l'invitait au théâtre... Juste pour l'inviter au théâtre. Sans engagement, à l'entendre. Juste parce qu'elle voulait que lui, Newton, puisse assister à Andromaque. Pour être bien certain de ce qu'il venait d'entendre, il se tourna vers Lancelot. Il lui répondit d'un sourire encourageant en haussant les épaules.

Le petit garçon ne répondait toujours pas. Il observait Amelia, attentionnée. Et surtout, il l'écoutait. Elle mettait en mot les concepts qui flottaient dans son jeune esprit de passionné. Elle diagnostiquait très exactement les causes de son propre enthousiasme. C'était comme si elle lisait dans sa tête en ne regardant que la sienne propre. C'était fascinant...

Elle attrapa un autre plan. Le bruit de la feuille en mouvement le tira de sa rêverie. Coincé dans sa gorge en attendant le feu vert, son esprit venait d'écraser ce satané bouton de mise à feu tout rouillé.

- Oui !

Sa voix le surprit lui-même.

- Oui, répéta-t-il en baissant les yeux, je veux bien venir avec vous...

Il enfourna la pâtisserie aux fruits rouges, sur laquelle il lorgnait depuis le début, dans l'assiette d'Amelia. Comme si une décharge de dopamine pouvait faire passer le goût d'un tel engagement sans engagement.

Il respirait plus fort. Un tout petit peu plus fort. Que venait-il de faire ? Allait-il encore s'attacher trop vite ? S'il s'imaginait une vie avec elle alors qu...

Lancelot venait de poser sa grande main sur la sienne. Il attira son attention d'une pression.

- Je serai là. C'est une sortie entre copains. D'accord ?
- Comme aujourd'hui ?
- Voilà.
- Comme aujourd'hui mais juste nous trois.
- Si tu veux demander à Nelly de venir, elle sera la bienvenue.
- Et les jumeaux ?
- Ils ont 4 ans, ils sont beaucoup plus petits que toi. Ils seront couchés.
- On va se coucher tard ?
- Peut-être...?

Lancelot affichait le sourire énigmatique et complice d'un oncle qui autorisait une petite transgression. Newton ne savait pas exactement en quoi mais il pressentait qu'il vivrait bientôt la plus incroyable soirée de sa vie.

Il reporta son regard sur Amelia. Elle passait d'un plan à un autre. Et entre deux, elle le regardait. Tout simplement. Il se sentait exister très fort. C'était très nouveau.

- Tu nous raconteras Angromate, encouragea Arthur
- Andromaque, corrigea Newton
- An-grooo...
- Et quand tu en auras vu beaucoup beaucoup et qu'on sera crès crès grands jusqu'au ciel, tu nous emmèneras toi-même, compléta Theodora en hissant sa main plus haut qu'elle ne pouvait se le permettre assise

Elle donna un petit coup de coude à sa tante. De toute évidence plus malins que ce qu'on prête à leur âge, les enfants ont tendance à profiter de leur candeur pour mettre les pieds dans le plat. Lancelot leur adressa discrètement deux pouces levés et descendit les mains de façon aussi rapide que suspecte, quand ses invités reportèrent leur regard sur lui.

- Hm. Je pense qu'on est d'accord. N'est-ce pas ?
- Oui. Pas Nelly. Juste nous trois. Entre copains.

Copains, c'était un bon début, non ?
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Sam 15 Juil 2017 - 20:43
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Un tiers, pour cette première sortie. Une précaution avisée venant du comte anglais. Amélia salua d'un sourire son intervention. Oracle n'avait pas la tête de l'emploi. On l'associait plus volontiers aux dandys. Ceux pour qui la vie de famille est un concept romanesque. Quelque-chose qui ne leur serait pas destiné. Mais, Lancelot avait -quoi qu'ils disent- plus d'expérience avec les enfants en bas-âge.
Les deux têtes blondes assises avec eux à table en était le plus bel exemple.
Clark gratifia d'ailleurs la jumelle d'un sourire complice. Elle avait en ces deux-là des alliés de force. Souvent, elle songeait à eux comme à ses trésors d'adoption.

-
Alors, c'est entendu ! Le 29 nous t'enlevons.
Entre copains. Ce sera bien !


Amélia inspira à fond. Elle contempla les feuilles amassée autour d'eux. Une joie profonde l'envahissait à la perspective de cette future soirée. C'est au théâtre que se faisaient ses plus belles rencontres. Elle était certaine que cela plairait au jeune garçon.
Alors rassurée, elle tendit la main pour prendre une madeleine. Petite récompense personnelle. Son regard bleu happa celui de Newton pour partager un frémissement optimiste. Cette fraction de seconde n'appartenait qu'à eux. Un battement de cœur plus tard, la brune s'entendit proposer :

-
Et avant, nous irons au restaurant. Je connais un endroit parfait, qui devrait vous plaire.
Leur carte des desserts fait pâlir Paris de jalousie.
Head regarda les enfants manger.

Surtout lui. Il lui fit penser à l'un de ses neveux. Le plus jeune des enfants de Victoire (sa sœur). Il était à peu prés du même âge que son vis-à-vis.
Le sourire qui flottait se teinta de mélancolie. Des mois que la benjamine n'avait pas reprit la route pour Baltimore. Mais, l'Italien n'était pas loin de réussir à la convaincre de tenter une conciliation avec les siens. Il était pour beaucoup dans son épanouissement.

Head se redressa, debout, pour attraper la cafetière. Le liquide sombre embaumait l'air d'été.
L'esprit préoccupé par ses propres manquements familiaux, la jeune femme faillie renverser le contenu sur la nappe et surtout les dessins. Elle reposa le contenant derechef et rassembla les feuillets pour les mettre à l'abri.

-
Newton ? Tout à coup, un cri strident déchira la paix de sous la tonnelle.

Des grands rires malicieux l'accompagnait alors que la petite Katy bondissait hors de table en gigotant comme une anguille, cherchant à se débarrasser de l’intrus qu'on venait de glisser dans son cou. Le mille-pattes, lui, tentait surtout de ne pas tomber sous les secousses hystériques de son tout nouveau domaine.
La douce Nelly Dewitt fût la plus empressée d'aller soulager la petite de ce fardeau quelque peu chatouilleux.
La scène attira une expression rieuse aux lèvres de l'Américaine. La fraîcheur de cette interruption lui permis de retrouver sa légèreté naturelle. Elle esquissa un geste en direction de la sacoche qui contenait son paquet de cigarettes, cependant quelque-chose dans l'éclat de l'après-midi l'incita à abandonner son envie.
En échange elle attrapa une cruche de jus d'oranges pressées. Elle adressa un regard interrogateur à Arthur. Sur son approbation versa un second verre pour lui. Songeant alors que la température avait augmenté.

-
J'ai amené mon harmonica. Quand vont-ils nous jouer un morceau ? Lancelot, tu m'as bien dit qu'il y a des musiciens dans des tes troupes ?
J'ai fais un peu de piano quand j'étais petite. Mais ce que je préférais...
Oliver, svelte et impeccable se présentait face au quatuor.

Clark fit une pause dans son anecdote. Elle échangea un regard avec l'orphelin. Attendant que le majordome ait réglé un quelconque point technique, avec son employeur de comte. Mais, c'est vers elle que l'Anglais se tourna.

Miss Amélia. Votre téléphone. Le G.S.M. reposait dans la paume du domestique.
Un clignotement vert sur la face supérieure gauche indiquait la présence de notifications.

-
Oh oui ! Merci Oliver ! Vibration de l'appareil. « EZIO » s'inscrivit en lettres numériques sur l'écran. Je reviens tout de suite. Promit-elle à la tablée.

Head repoussa sa chaise. Preste. Elle adressa un clin d’œil à la Princesse Théodora. Posa une main fraîche sur l'épaule du Lord. Une infime pression répondit aux questions qui pouvaient traverser l'esprit d'Oracle. Ce genre d'interruption faisait partie du jeu. Mais, oui, tout allait bien. Tout allait pour le mieux.
Elle accepta son bien d'un sourire reconnaissant et complice avant de s'éloigner pour répondre.

Absence courte. Temps de quelques paroles échangées. Suavité de l'intimité.
Cela modifia sensiblement la tenue de la belle.

-
C'était Ezio! Il s'excuse auprès de vous.
Il arrivera demain matin.
Amélia irait le chercher à l’aérodrome. Déjà son regard océan cherchait l'enfant.
Head
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Sam 5 Aoû 2017 - 20:05
Le regard d'Amelia brillait. Elle gratifiait Oracle d'une marée haute du bleu acier de ses iris et laissait s'abattre sur son âme une puissante vague d'espoir. Le lien entre Newton et Amelia, bien qu'encore fragile, s'épaississait de minute en minute. Par prudence, ils refrénaient des pulsions qui auraient pu pousser Newton à faire ses valises le soir-même pour habiter chez Amelia. Mais il faudrait attendre le troisième mouvement du programme : deux jours consécutifs l'un en la compagnie de l'autre, sans tiers, sans filet. Newton y était accoutumé et il préférait encore attendre que d'être déçu. Le calme gagnait du terrain sur le trépignement intérieur. Une étape à la fois. Une facette d'Amelia à la fois.

Et puis une autre facette apostropha justement le petit garçon au plus haut niveau spirituel. Une carte des desserts qui faisait pâlir Paris de jalousie ?! Lui qui rêvait d'un voyage gourmand à travers le monde ! Son imagination débordante le transposa dans le monde de Casse-Noisette. Jusqu'au cri de Katy. Il émergea, tandis que Head rassemblait les dessins et que son amie hurlait. En rembobinant rapidement, il se souvint avoir été appelé par Amelia. Son prénom. Les dessins dans les mains...

- Tu peux ramener ton préféré chez toi, si tu veux.

C'était probablement la phrase la plus longue qu'il lui ait adressée !

Et il venait d'apprendre qu'elle était musicienne... Il repris sa rêverie où il l'avait laissée. Une musicienne. Un dessinateur. Quel potentiel créatif !

- Alors ? Comment tu la trouves ?

Oracle avait saisi l'occasion pour un premier échange. Newton pivota pour mieux observer Head qui triturait une mèche, suspendue au téléphone. Il inclina la tête et choisit scrupuleusement ses mots à mesure que des idées nouvelles lui venaient.

- Elle est amoureuse, pas vrai ?
Oracle contint un petit rire.
- C'est si évident que ça ?
- Ça crève les yeux !

Lancelot pivota à son tour pour observer son amie. Son port de tête impeccable ramollissait, de toute évidence pour suivre l'exemple de son coeur. Ses jambes se tortillaient comme celles d'une adolescente. Ses talons passaient d'avant en arrière, ses chevilles se tordaient, ses lèvres souriaient béatement.

- Oui, reconnu Oracle, ça fait quelques temps. Il est italien, c'est tout ce que je sais.
- Tu ne le connais pas ? S'inquiéta Newton
- Pas encore. Mais je connais bien Amelia. Et je peux déjà te dire qu'il l'adoucit beaucoup.

Le petit garçon absorba l'information comme l'élément d'une enquête. Il poursuivait son observation en silence. Lancelot attendit patiemment. Il savait pertinemment que sa question était loin d'être tombée dans les oubliettes.

- Elle semble me faire confiance. Tu l'as prévenu de ce que j'avais fait à l'autre famille ?
- J'ai brièvement évoqué ce qui t'avait poussé à le faire et comme tu m'avais promis d'essayer. Ça lui a suffi.

Newton la détaillait toujours. Il tâchait de peindre une nouvelle toile d'elle, au fond de sa mémoire. Il avait déjà conservé son regard, son sourire, son rire, ses clins d’œil, sa bienveillance, son odeur de tabac et de parfums mélangés, et là, il s'attachait à garder son attitude.

- Je crois qu'elle me plaît bien. Je crois... J'ai l'impression... J'ai l'impression que c'est une bonne personne. Et j'aimerais qu'elle soit LA bonne personne.

Oracle sourit, ému. Newton le gratifiait toujours des plus longues confidences. Un gage de confiance chez cet enfant taiseux et honteux de son passif. Il regarda Amelia qui revenait pour annoncer la présence d'Ezio demain.

- Il est comment, ton amoureux ?

Lancelot se pinça les lèvres et détourna le regard. C'était direct ! Oh et puis... lui aussi il crevait d'envie de le savoir ! Il s'accouda sur la table et prit une mine d'enfant curieux derrière ses poings serrés sous ses lèvres. Très rapidement, les jumeaux lâchèrent leurs pâtisseries pour adopter la même position. Pas besoin de mots ! Amelia comprendrait bien vite que la sortie de son harmonica dépendait de l'interrogatoire qui l'attendait !
Oracle
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Ven 18 Aoû 2017 - 0:45
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Clark ne savait pas quel dessin choisir. Peut-être celui qui mettait en scène Macbeth. Les mises en scène de cette pièce étaient rares. L'une de ses pièces préférées.
Les personnages, l'intrigue, la plume, avaient été autant de bouleversement pour son cœur d'adolescente rebelle. Qu'est-ce que cela pouvait révélé sur sa personne ? Qu'elle était trouble ? Sombre peut-être ? L'ironie ourlait son verbe. Le sarcasme brisait les esprits faibles. Oui, il y avait chez elle une facette noire.
Mais, la vie se chargea de les en éloigner. Pour un temps encore.

Haha ! Ça au moins c'est direct.
Comment est-il ? Mmm.
Le terme d' « amoureux » l'avait perturbée.

L'exercice n'était pas si évident. D'autant qu'elle ne s'y était pas encore prêtée. Laure avait bien tenté de lui soutirer des informations. Charles aussi. Mais, on ne faisait pas facilement parler une femme d'affaire quand elle avait décidé de se taire.
La pudeur rendait la belle Américaine mystérieuse. Elle gardait -pour elle- ce bonheur imprévu loin des regards. Comme si le révéler allait l'abîmer. D'ailleurs Ezio et Amélia ne se montraient pas. Pas d'affiches. Tout à l'opposée de sa relation avec Georges. C'était probablement ce qui la rendait si agréable à ses yeux blessés. Mais, voilà des choses impossibles à partager. Car il faudrait alors dire le secret. Ce terrible secret. D'un mariage de discorde et de violence.
Lance ne savait pas. Laure ne savait pas.

Il est... Difficile d'exprimer la base de ce qui les avaient aimanté. L'attraction physique. Le désir charnel. C'est quelqu'un de calme... de cultivé. De patient, d'intelligent, de tendre... les qualificatifs affluaient sur le bout de sa langue.

Décrire le cadet de la famille Lampeduza dans son entièreté. Les côtés moins lumineux.

Je peux vous montrer une photo.




Ezio Lampeduza

En fait, c'était la seule. Prise par surprise. Un peu en triche.
Ezio était plus vieux qu'Amélia. Il avait derrière lui toute une vie. Elle entamait à peine la deuxième partie de la sienne. Cela ne les avait pas arrêté. De liaison libératrice, la romance avait prit la tournure d'une histoire d'amour. Clark se voyait émue pour la première fois. Découvrant à l'âge mûre les doux transports d'une passion.
Quelle évolution en l'espace de six mois.

Je lui ais dit que je cherche à fonder une famille. Il sait que c'est mon projet. Donc je pense que tu peux le voir comme un futur ami Newton. Et toi, en fait je ne sais pas trop si tu vas l'aimer. … Il danse mieux que toi !

Les regards du public la firent rire. Un rire d'enfant heureux.

Allez assez parlé de mon amant ! On se fait ce petit intermède musical ?

Amélia était défendue... comme la biche qui a peur de se faire prendre au piège.
Divorcée depuis moins de deux ans. Cette relation sérieuse la prenait de court. Si elle la vivait pleinement. Elle préférait la vivre uniquement dans le sillage de l'Italien.
Une façon comme une autre se garder sa place-forte en sécurité.

Déjà elle envisageait d'aller chercher l'instrument de musique. Tel un preux chevalier anticipant sur ses désirs, le bon vieux Oliver déposait le boîtier sous son nez. Il lui adressait un petit sourire amusé.

Un petit air de chez moi pour commencer ! Vous êtes prés ?

L'objet en métal pesait lourd sur le poignée. Clark ne jouait pas assiduement. Elle avait repris quelques mois plus tôt. Par envie. Pour le plaisir. C'était David qui l'avait initié (son frère). Très vite, elle avait été meilleure que lui. Pendant que les garçons allaient à la chasse avec le Père, Amélia attendait avec les filles. Elle jouait. Jouait.
Le bonheur l'avait poussée à reprendre la pratique. Après deux trois notes hésitantes, le rythme.
La joie.


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