[CLOS] Pendaison de crémaillère

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Lun 18 Sep 2017 - 15:57
Tout ce petit monde semblait s’entendre à merveille pour une famille recomposée qui venait tout juste d’accueillir de nouveaux membres. Les petites étaient particulièrement à l’aise avec Castiel qui, bien qu’il ne fasse pas partie de cette famille à proprement parlé, y avait tout de même une place de choix. Non seulement il était le colocataire et ami de Leon, mais en plus il partageait une relation privilégiée avec Anny et Lou avec pour preuve leur conversation sur l’école qui ne put qu’attendrir l’hôte de la soirée. Leur dialogue était simple, direct, facile à suivre et il avait un effet reposant. Une bulle d’air dans ce grand chambardement qui était en train de se dérouler et qui était, certes agréable, mais pas moins violent pour l’artiste. Sans sa sœur à ses côtés, il n’était pas sûr qu’il aurait pu aussi bien s’en sortir. L’angoisse l’aurait certainement déjà étreint et il aurait été à deux doigts de paniquer pour de bon. Mais la présence de Dahlia le rassurait, ainsi que le fait qu’il n’était pas le seul à rencontrer un grand frère qui lui aussi, mine de rien, devait être aussi stressé qu’eux.
 
Il y avait pourtant, malgré les appréhensions, un esprit bon enfant à ces retrouvailles et une atmosphère de confiance s’installait peu à peu. Le point culminant pour le vendeur fut lorsque sa jumelle fit un geste des plus significatifs envers leur père en lui faisant une place dans sa vie. La connaissant, il savait que cela n’avait pas du être facile à faire, à dire. Lui avait accepté Percy sans la moindre hésitation, tout comme il l’avait fait avec Ellen d’ailleurs. Mais il savait que le chemin serait bien plus long pour sa sœur et ce qu’elle venait de faire lui prouvait qu’au fond elle n’était pas si détachée que ça dans cette situation. Bien qu’il n’en ait jamais réellement douté. Elle avait beau être une bonne actrice, il commençait à la connaître et il savait qu’elle ne pouvait pas être totalement indifférente à l’arrivée de son père biologique dans sa vie. Elle pouvait tromper son monde et se mentir à elle-même autant qu’elle le souhaitait, son frère était persuadé qu’il avait raison et que les barrières tomberaient, à leur rythme.
 
Ce dîner était une bonne occasion pour entamer ce processus et faisait visiblement déjà son effet. Le petit groupe s’apprivoisait doucement et alors qu’ils allaient passer au salon pour l’apéritif, Lou alla murmurer quelque chose à son père et revint avec sa sœur vers leur oncle en lui tendant deux feuilles sur lesquelles trônaient de beaux dessins. Zephyr s’agenouilla pour se mettre à leur hauteur et accepta les cadeaux avec un large sourire, vraiment touché que les petites aient pensé à lui offrir quelque chose. Il répondit avec enthousiasme à leur air gêné.

 
- Wow ! Ils sont magnifiques ! Bravo les filles ! Et merci beaucoup. Je les accrocherai dans ma chambre un peu plus tard.
 
Ce qui n’était pas là une promesse en l’air. La peinture, les dessins, même d’enfants, lui parlaient souvent plus que mille mots et il exposerait les créations de ses nièces avec fierté. Elles marquaient le début d’un nouveau chapitre dans sa vie, avec une famille agrandie et de nouveaux proches à aimer et protéger. A cet instant, Leon ressentit une bouffée d’amour pour toutes ces personnes autour de lui, si intense et subite qu’il en aurait pleuré. Lui qui avait grandi dans un orphelinat, il posait à présent les yeux sur tous ses proches qui avaient répondu présents pour cette occasion si spéciale dans sa nouvelle vie, même s’ils ne le connaissaient que depuis peu, voire pas du tout.
 
Il se releva pour aller déposer soigneusement les dessins sur une petite desserte alors que Lou en offrait un à Castiel et qu’Anny se désolait de ne pas en avoir préparé un pour sa tante. Cependant l’artiste était sûr qu’elles auraient le temps d’en faire d'autres durant la soirée, d’autant plus qu’elles avaient été prévoyantes et avaient apporté tout leur matériel. Au pire, du papier et des crayons, ce n’était pas ce qui manquait dans cet appartement, loin de là. Avec un oncle à l’imagination débordante lorsque lui prenait l’envie de coucher ses émotions sur une toile, il y avait assez de stock pour tenir un petit siège sans avoir à s’attaquer aux murs.
 
Tout ce beau monde se déplaça au salon à l’invitation de leur hôte. Percy échangeait avec Ellen sur le ton de la plaisanterie tandis que Castiel dissertait sur son expérience en matière de cocktails qui avait failli tourner au drame durant l’après-midi. Après l’incident du citron et la mystérieuse disparition des glaçons, les colocataires avaient décidé de ne pas pousser l’expérimentation plus loin et de s’en tenir à des choses plus simples mais tout aussi savoureuses. Comme le champagne que Leon sirotait à présent après avoir trinqué et remercié chacun pour sa présence. Matthew lui retourna ses remerciements et se proposa même de l’aider, ce que l’artiste refusa sous le prétexte qu’ils étaient ses invités. A ce qu’il avait pu comprendre, il était d’usage d’agir ainsi lorsque l’on recevait des gens chez soi. Pourquoi ? Aucune idée. La bienséance à ce qu’il avait compris, même si le terme n’était pas des plus clair pour lui.
 
En tous les cas, s’il y en avait bien une qui n’hésitait pas à mettre les pieds dans le plat, c’était bien Ellen qui, sous couvert d’admiration pour son fils, projetait sur lui une attention à laquelle il n’était pas coutumier. Heureusement le regard que lui lança Dahlia le rassura ainsi que ses mots qui déclenchèrent même un petit rire. Il n’avait jamais imaginé sa mère peindre et pour une raison qu’il ne saisissait pas, il trouvait cette idée plutôt saugrenue. La remarque de sa fille ne l’atteignit pas outre mesure et elle se dirigea vers Castiel qui se tenait un peu en retrait afin d’en apprendre plus sur ses connaissances en matière de cocktails. Pendant ce temps, Zephyr devait faire un effort pour ne pas lancer des coups d’œil à tout son matériel entreposé dans un coin. Il remarqua cependant qu’il n’était pas le seul à le faire, bien que ce fut pour d’autres raisons en ce qui concernait la petite Lou. Autant son aînée semblait s’être prise d’affection pour l’actrice, autant la cadette semblait partager le goût du vendeur pour la peinture.

 
- Exact, c’est à moi. J’ai oublié de tout ranger.
 
A la manière d’un enfant, sa réponse établissait des faits simples, sans fioritures. Pas étonnant qu’il s’entende aussi bien avec les gamins. Il allait d’ailleurs proposer à sa nièce de peindre un peu lorsque l’attention de l’assemblée fut détournée par le coup d’éclat de Quetzal. Pour une raison qui n’appartenait qu’à lui, peut-être pour soutenir son maître ailé, il avait pris pour cible Dahlia qui ne fut pas le moins du monde impressionnée par cet accident. Il lui fut reconnaissant de ne pas faire un scandale et de se contenter d’ôter le melon de son verre en donnant une réponse qui paru troubler Lohen qui ne savait sûrement pas si elle était sérieuse ou non dans ses propos. Castiel, lui, s’était précipité d’un air désolé pour porter assistance alors qu’Anny avait éclaté d’un grand rire. Les avis sur l’animal étaient, semblait-il, partagés, mais Zephyr l’appréciait malgré son caractère bien trempé. De plus, il s’entendait autant que faire se peut avec Furry qui était bien plus timide et n’avait pas encore montré le bout de ses moustaches.
 
Malgré ces diversions, Ellen ne semblait pas prête à stopper ses éloges sur les jumeaux et après avoir parlé du talent pictural de Leon, elle embraya sur ceux liés à la musique, proposant même une petite démonstration, ce qui fit lever les yeux de son fils au ciel. Il fut reconnaissant à son frère de ne pas entrer dans le petit jeu de sa mère et à Percy de la rembarrer avec humour. Il aurait chanté avec plaisir et n’avait honnêtement aucune gêne à le faire en temps normal. Toutefois, il préférait lorsque cela venait de lui, spontanément, un peu comme avec la peinture. La petite Lou provoqua une distraction bienvenue en allant se coller à la baie vitrée et en laissant des traces de son passage ce qui, il fallait l’avouer, ne dérangeait absolument pas son oncle qui vint à sa rescousse alors que son père la grondait gentiment.

 
- Oh il n’y a pas de problème, vraiment.
 
Il n’avait pas à élever deux petites filles en bas âge, alors certaines notions d’éducation lui échappaient. Tout ce qu’il voyait, c’était une gamine émerveillée par ce qu’elle observait par la fenêtre, curieuse. Des qualités que certains adultes avaient parfois oubliées en grandissant mais que Zephyr approuvait depuis sa bulle d’observation. Et pour bien faire comprendre à sa nièce qu’il n’était pas fâché, il lui tendit la main en lui souriant.
 
- Tu veux peindre un peu ? On a le temps avant que le dîner soit prêt.
 
Il se dirigea vers le coin de la pièce où étaient entreposé pinceaux et tubes de peintures et en dégagea un drap recouvert d’éclaboussures qu’il utilisa pour protéger le canapé. Il sortit ensuite une petite toile vierge, des pinceaux ronds et quelques couleurs basiques ainsi qu'une palette propre avant de lui tendre une vieille chemise qui avait connu des jours meilleurs.
 
- Tiens, mets ça. Ca serait dommage de mettre de la peinture partout sur ta jolie robe.
 
Il l'aida à enfiler le vêtement dix fois trop grand pour une petite fille et lui remonta les manches afin qu'elle ait les mains bien dégagées avant de faire pareil. La table basse étant occupée, il installa le tout sur le canapé et s'agenouilla devant en faisant signe à Lou pour qu'elle vienne l'aider.

- Viens, on va mélanger les couleurs. C'est laquelle ta préférée ?

La petite fille le rejoint et lui répondit d'une voix timide.

- Le violet...

- Tu sais comment on fait pour avoir un beau violet ? Regarde...

Tel deux gamins qui s'apprivoisaient par le jeu, l'oncle et la nièce s'ajustait l'un à l'autre et à cette nouvelle configuration familiale. Lorsque Zephyr s'immergeait dans le monde de la peinture, il se détendait instinctivement et communiquait avec une aisance qu'il ne possédait pas d'ordinaire. Ici décuplée par la présence de sa jumelle, certes, mais tout de même. Cette dernière était toujours l'objet de l'attention de l'aînée qui n'avait d'yeux que pour sa tante-princesse. Les petites s'étaient immédiatement trouvé des atomes crochus avec chacun d'eux ce qui n'annonçait que du bon pour la suite. Bientôt le dîner serait prêt et la prochaine étape de la soirée serait lancée. Mais ce petit intermède peinture n'était pas pour déplaire à Leon qui pourrait ainsi se recentrer quelque peu avant que de réelles conversations soient entamées à gauche à droite.
Zephyr
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Mer 27 Sep 2017 - 14:05
De ce que pouvait en juger Castiel, la soirée se déroulait plutôt bien. Il n'avait pas assisté à beaucoup de pendaison de crémaillères, et n'en avait jamais données avant aujourd'hui, aussi il n'avait pas beaucoup de points de références. On avait encore pendu personne, ce qui lui paraissait plutôt être une bonne chose, d'autant qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qu'était vraiment une crémaillère. Personne n'en avait apportée, en tout cas. Alors Léon et lui s'étaient contentés de rendre l'appartement aussi agréable que possible en le préparant pour la fête. Le peintre semblait aussi ravi que nerveux à l'idée de jouer aux hôtes pour sa famille, mais il s'acquittait honorablement de sa tâche. La présence de sa sœur n'y était pas pour rien : dès sa présence, il avait vu la lueur d'âme de l'un comme de l'autre...pas vraiment changer de couleur, mais se compléter, comme plus entière. A bien y réfléchir, ce n'était pas la première fois qu'il avait constaté ce phénomène : c'était pareil chez les deux élèves de l'Institut sud-coréen en échange à la Potentia Home, des jumeaux également.

« Je suis sûr qu'on a aussi de quoi faire des choses intéressantes dans la petite section. Chaque classe a son lot de découvertes. Et je sais lire. Mon père adoptif m'a appris, dans le village où je vivais. Il me faisait l'école à la maison. »

Aussi sévère que fut Jeremiah Smith dans son éducation, il avait également mis toute sa rigueur dans l'apprentissage de son prodige. Lecture, calcul, histoire, il avait été un professeur aussi implacable que diligent. Bigot, il n'avait guère accordé d'importance à certaines sciences, et James avait dû faire de son mieux pour rattraper des notions dans la plupart des domaines. Notamment en médecine ; son père avait dit qu'il n'en avait pas besoin en raison de ses dons, mais il avait eu envie malgré tout de savoir comment fonctionnaient les corps qu'il guérissait.

« Merci beaucoup pour ce dessin, il est magnifique ! Je vais l'exposer dans mon cabinet!»

Novak ne le disait pas seulement pour faire plaisir à la petite, il le pensait. Il était extrêmement touché, et plus encore par la reconnaissance tacite des fillettes à son égard. Non pas qu'il la cherchât, mais parce que cela signifiait tout simplement qu'elles étaient en vie, et toutes les deux en bonne santé. Capable de vivre leur vie à fond comme des enfants de leur âge, avec encore tellement à découvrir !

« Prenez soin l'une de l'autre, d'accord ? » Il leur sourit affectueusement, tandis que le colibri voletait à nouveau autour d'elle. « Vous pouvez le caresser ; s'il vole autour de vous comme ça, c'est qu'il est d'accord. Vous avez des animaux ? Ce sont de chouettes compagnons ! Même si Quetzal à son caractère ; parfois, j'ai l'impression que c'est moi son humain de compagnie. »

Et le colibri se laissa faire. Comme son humain, il appréciait les enfants pour la simplicité franche de leurs émotions. Et puis il aimait être le centre de l'attention. Comme le prouva plus tard son bombardement dans le verre de Dahlia, ce qui ne manqua pas de mettre Castiel encore plus mal à l'aise concernant la jeune femme. Plus il essayait de se montrer aimable et accommodant, plus il pouvait sentir grandir son ressentiment à son égard. Il en était particulièrement troublé, car il n'arrivait pas à en percevoir la raison et il avait envie de s'entendre avec la sœur de son nouvel ami. Il se demanda s'il n'aurait pas l'occasion, plus tard, de lui demander directement ce qu'il pouvait faie pour améliorer la situation. Il n'était pas du genre à se montrer aussi direct, et ce n'était pas le moment, mais il voulait comprendre.

En tout cas, l'intervention à distance de ses parents amena encore plus de vie dans la soirée, et il put sentir l'amour qu'elle éprouvait pour eux. Elle avait eu la chance de tomber sur des gens admirables, qui avaient su devenir sa famille, et il en était heureux. Que Léon et elle soient réunis aujourd'hui, de même qu'avec Ellen, Percy, Matthew, Anny et Lou n'enlevait rien à cela : cela ne faisait qu'agrandir la famille.

« Il y a longtemps, j'ai connu une artiste qui avait décidé de me peindre les plumes, pour faire une sorte de tableau vivant. » disait-il, en observant avec attention le cours de peinture improvisé entre l'oncle et sa nièce. Ils venaient de se rencontrer, mais la complicité entre eux était déjà indéniable, et cela faisait plaisir à voir.
Castiel
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Dim 1 Oct 2017 - 16:42

ELLEN


En dehors de quelques –mineurs- incidents, tout se passait bien. La rencontre avec notre demi-frère, bien qu’un peu étrange, s’était bien déroulée et les filles aidaient à rendre l’atmosphère plus légère et joyeuse. Ellen aussi, à sa manière, mais heureusement, Any et Lou semblaient la contenir un peu. Malgré sa bonne humeur, elle pouvait se montrer d’un cynisme prompt à briser les meilleures ambiances qui soient. Elle pouvait même se montrer parfaitement insortable parfois, et je devais la rappeler parfois à l’ordre. A se demander si les rôles n’avaient pas été inversés et si ce n’était pas moi la plus à même d’être une mère. Mais cela faisait aussi partie de notre relation, et je m’y étais habituée.

Contrairement à la présence d’un troisième père dans ma vie, qui me demandait encore de m’adapter. Ce qui semblait être réciproque, d’ailleurs, Rose sachant visiblement mieux interagir avec Léon qu’avec moi. Il fallait dire que mon frère avait accueilli ses deux parents avec bonheur et naturel, ce que je lui enviais un peu. Mais même si mon géniteur hésitait parfois avec moi, j’avais le sentiment que notre relation se construisait petit à petit. Dans tous les cas, je ne le rejetais pas en bloc, il allait juste me falloir du temps. J’esquissais cependant un léger sourire lorsqu’il déclara faire de son mieux pour être à la hauteur de son nouveau rôle, et je le savais sincère. Cela encourageait à faire de même.

"Peut-être. Mais ce serait un peu hypocrite, je n’ai pas toujours ma langue dans ma poche." répondit Ellen en haussant les épaules. Elle était cependant plus souriante, et retrouver le directeur d’Arkadia devait lui faire plaisir. En souvenir du bon temps, ou peut-être parce qu’ils étaient censés être les « adultes » de cette réunion. A eux deux, ils avaient sans doute plus d’années de vie que tous les autres réunis. "Ma foi, comme toi je crois. Beaucoup de boulot et avec le contexte actuel, ça n’aide pas. Et ce n’est pas à moi que tu devrais demander ce genre de conseils. Mais ce qui est sûr, c’est que ça change tes priorités. Ce qui n’est pas plus mal. Et comment vont tes sœurs ?"

Pendant ce temps, les filles avaient commencé la distribution de leurs cadeaux. J’observais avec beaucoup d’affection la réaction de Léon, qui en soit était le plus beau cadeau qu’on puisse me faire. C’est pourquoi je répondis avec un sourire à Any :

"Ce n’est pas grave du tout. Moi non plus, je n’ai pas de cadeaux pour vous. Je me rattraperai la prochaine fois. Et si vous voulez en faire plus tard, bien sûr. Mais vous n’êtes pas obligée. Vous avoir avec nous est déjà un beau présent."

A l’heure de l’apéritif, je subis une nouvelle attaque du colibri, que j’ignorais. Tout comme je faisais de mon mieux pour ignorer Novak, malgré les regards qu’il me lançait. Je fus trop heureuse de pouvoir me concentrer sur les nouvelles excentricités d’Ellen à la place, qui ne manquait jamais une occasion de nous embarrasser avec mon frère. Après la peinture, elle enchaîna avec la musique, et je me contentais de lever les yeux au ciel.

"Maman, arrête d’ennuyer Matthew avec tes idées excentriques." lui dis-je sans prendre de gants, habituée. Elle se contenta d’hausser les épaules, et je glissai à mon demi-frère : "Désolée. Elle n’est pas méchante, mais il ne faut pas vous laisser marcher sur les pieds avec elle. Et elle ne le prendra pas mal."

"Je me débrouille, mais sans plus. J’avais bien une grand-mère qui faisait partie d’un chœur et qui faisait tourner la tête des prêtres, paraît-il…" répondit Ellen à Rose, pensive.

Un peu à distance, j’observais Léon peindre avec Lou, un sourire aux lèvres. Je n’aurais jamais cru qu’une réunion de famille –surtout la nôtre, il fallait l’admettre- puisse être aussi reposante. Je me tournais vers Anny, qui restait non loin de moi, ce qui ne pouvait que me rendre à la fois attendrie et amusée.

"J’ai entendu que tu aimais bien la lecture, comme une grande dis donc. Qu’est-ce que tu aimes lire ?" Je lançais un regard aux deux peintres. "Tu fais la lecture à Lou, aussi ? Cela lui ferait peut-être plaisir. Ça doit être chouette d’avoir une sœur avec qui jouer, non ?"

Même si je n’avais manqué de rien durant mon enfance, je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qu’aurait pu être cette période si je l’avais passée avec Léon. Et inversement. Lui semblait avoir eu un parcours plus compliqué. Mais tout ce qu’on pouvait faire, c’était essayer de profiter au maximum de notre temps ensemble, maintenant que nous étions réunis.

"Vraiment ?" demanda pendant ce temps Ellen à Castiel sur sa participation artistique. "Ça a dû être difficile de retirer tout ça après. Vous avez une technique particulière pour les nettoyer ? Pas en léchant avec la langue, je suppose… Le car-wash peut-être ?"

Je me proposais ensuite naturellement pour aider à ranger et à mettre en place le repas. Au moins, ces divertissements avaient réussi à nous détendre tous, pour mieux apprécier la suite de la journée. Du moins, si cet oiseau et son maître se décidaient à rester calme.

"Tu veux bien nous aider aussi, Papa ?" demandai-je à Rose, en essayant de ne pas trop accentuer le dernier mot. C’était déjà assez étrange de le dire, mais il allait bien falloir que je m’habitue.
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Ven 6 Oct 2017 - 9:08
« Qui aurait cru que nous finirions parents, tous les deux ? » répondait Percy à Ellen. « Même avec la preuve devant les yeux, j'ai encore de la peine à le croire...J'ai l'habitude des défis, mais celui-ci les surpasse tous. »

Vu sa relation aussi compliquée que tumultueuse avec Matthew, Percy n'avait jamais songé devoir composer avec d'autres enfants au cours de sa vie. Et voilà qu'il se retrouvait avec des jumeaux ! Au moins étaient-ils adultes, ainsi n'avait-il pas eu l'occasion de gâcher leur éducation. Il avait une réelle chance d'établir une relation avec eux, et il comptait bien ne pas la gâcher. S'il se montrait encore prudent, c'était uniquement par peur de faire un faux pas. Il n'avait aucune intention de se mettre l'un ou l'autre à dos.

« Andrea et Agrafena vont bien. Concernant le boulot, je crois bien qu'on n'en manquera jamais, toi et moi... D'ailleurs, il faudra que je te parle, un de ces jours. Histoire de rattraper un peu le temps perdu, et puis il y a un sujet sur lequel j'aimerais bien avoir ton avis... Passe donc au restaurant d'Agrafena, si ça te dit.»

Il s'agissait de Mesa, évidemment. Il était curieux de savoir ce qu'Ellen pensait de la corporation, et si elle possédait des informations qui lui avaient échappé. Quoi qu'il en soit, elle ferait une alliée de poids, le jour où la guerre serait déclarée. Chaque personne de talent comptait face à l'ennemi, et Ellen n'en manquait certainement pas. Mais il n'était pas venu ce soir pour parler boutique, voilà pourquoi il lui proposait de remettre ça à un autre jour, si elle le souhaitait.

Pour l'heure, il préférait profiter de la soirée. Et il devait bien avouer qu'il se sentait...heureux d'être ici. Un sentiment qui ne lui était pas coutumier, et dont il avait tendance à se méfier. En général, c'était le signe qu'il avait quelque chose à perdre, et cela représentait donc une faiblesse. C'était ce qu'il avait toujours cru, ce qui l'avait éloigné de Matthew, ce qui avait failli le perdre dans sa guerre avec Marisa... Plus maintenant. Il avait décidé d'en faire une force. Parce que tous les gens présents ici ce soir -sa famille- valaient la peine qu'on se batte pour eux. Et il allait tout faire pour assurer la sécurité de chacun d'entre eux.

« Bien sûr ! » fit-il lorsque Dahlia lui proposa de donner un coup de main. Préparer la table pour un dîner en famille... Voilà bien quelque chose qu'il n'avait encore jamais fait, même du temps où Matthew était enfant. Il pouvait voir que la jeune femme faisait un effort pour l'inclure, et il était touché qu'elle décide de l'appeler papa. Il espérait avoir l'occasion de s'en montrer digne. Quant à Léon, il semblait comme un poisson dans l'eau en compagnie de sa famille retrouvée, et il y avait quelque chose de touchant à le voir ainsi en compagnie de Lou. Comme Anny s'était éprise de Dahlia. Matthew lui-même semblait aussi détendu que possible étant donnée la situation. Cela devait être étrange de se découvrir un frère et une sœur, surtout aussi tard, mais il avait l'air prêt à les voir rejoindre sa famille, et les filles les avaient déjà adoptés.

« Dites moi ce que je peux faire ! »
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Mer 3 Jan 2018 - 13:22
Anny et Lou étaient à présent comme deux petites poissons dans l'eau. Mises en confiance, elles évoluaient dans ce monde d'adultes avec aisance et Matthew, s'il ne pouvait s'empêcher de les couver du regard, les laissait au moins vivre leur petite vie.

De son côté, Anny écoutait religieusement l'homme ailé et fut ravie d'apprendre qu'elle pouvait caresser le tout petit oiseau. D'un bout d'un doigts, elle effleura son plumage coloré tandis que le colibri se délectait de ces grattouilles en tendant son petit cou vers l'enfant.

-Je n'ai jamais vu d'oiseau aussi petit. C'est parce qu'il est encore bébé ? Demanda-t-elle dubitative.

L'homme ailé lui demanda alors si elles avaient des animaux de compagnie à la maison et l’aînée répondit au tac-au-tac avec la franchise de l'innocence :

-Non, je voudrais bien un petit chien, mais papa dit toujours que Lou et moi, on dépose suffisamment de cheveux et de paillettes partout dans la maison, pour qu'on ait pas besoin, en plus, d'avoir des poils et des puces...

A cette réponse un peu trop honnête, Matthew écarquilla légèrement les yeux et se retourna mécaniquement vers sa fille, qui, visiblement, ne saisissait pas encore toute la subtilité du seconde degrés.

-Ha ha... Anny... Le jeune père avait piqué un phare et se trouvait partagé entre le désir de creuser un trou pour s'y cacher et l'envie de rire de la naïveté de ses enfants. Il se massa les tempes pour dissiper son malaise et d'un sourire sur les lèvres, il leva les yeux au ciel avec cet air mi-désespéré, mi-honteux.

Heureusement pour tout le monde, Castiel avait subtilement enchaîné sur une anecdote au sujet de plumes peintes qui faisait relativiser les bourdes de la plus grande. Ellen, toute aussi intriguée que lui n'hésita pas à lancer une hypothèse à la cantonade qui tira à Matthew un sourire amusé alors qu'il cherchait Lou du regard. Puisque l'on parlait de peinture, la plus jeune semblait aux anges.
Lorsque son oncle lui avait proposer de peindre, ses yeux étaient devenues deux billes sous la force de l'excitation. Elle avait vigoureusement hoché du chef avant de jeter un coup d’œil à son père pour obtenir son approbation, mais elle se ravisa bien vite. Après tout, son oncle était un adulte aussi, si elle avait sa permission, elle n'allait pas prendre le risque que son père ne la retienne de mettre en pratique ses talents picturaux. Bientôt, elle se retrouvait dans une chemise bien trop grande pour elle. Une fois boutonnée jusqu'en haut, les manches retroussées, plus aucun centimètre de peau ou de vêtements n'était visible. Voilà qui devrait faire l'affaire.
La cadette, pourtant pas farouche, se retrouva a être étonnement timide tandis que le Zéphyr sortait le matériel en lui expliquant diverses choses. Elle resta coi à sa question et ne trouva qu'à répondre par une question qui sonnait comme une évidence :

-Bah. Tu n'as pas de violet ? C'était tout de même absurde.

A la place, son oncle ouvrit deux tubes de couleur, l'un rouge, l'autre bleu et déposa deux petites noix pâteuse sur la palette. D'un geste expert, il venait prendre par petites touches un peu de l'une et de l'autre pour les mélanger et la couleur ne tarda pas à apparaître sous le regard émerveillé de la gamine. S'il rajoutait du bleu, le mélange prenant une magnifique couleur de prune, tandis qu'un ajout de rouge, faisait prendre à la palette une couleur de framboise bien mûre.

Anny, pour sa part, ne lâchait plus Dalhia d'une semelle. Cette dernière lui parlait lecture, un sujet sur lequel l'aîné pouvait se montrer intarissable.

-Oh, oui, j'adore ! Je lis beaucoup de chose. En ce moment je lis les histoires d'Ester, c'est l'histoire d'une jeune fille cambrioleuse. Mais elle ne vole que les riches, pour donner aux pauvres. Parfois je lis des histoires à Lou, je lui lis les conte d'un livre que maman m'avait ramené de Centre Afrik. Je les connais par cœur, mais j'aime bien les relire parce que ça me rappelle quand c'était elle qui me les lisais et j'entends sa voix. Mais Lou, elle, elle a jamais entendu sa voix, alors j'essaie de faire aussi bien. Le mieux, c'était quand je me glissais entre papa et elle, dans leur lit parce que je voulais pas dormir, maman racontait l'histoire du lama qui dit non, et papa il faisait apparaître le petit lama qui dévalait les pentes du Machu Pitchu. Mais papa il fait plus jamais rien apparaître depuis que maman est partie.

D'une oreille, Lohen écoutait sa fille déblatérer, et son cœur se pinça dans sa poitrine mais il souriait tendrement.

-Anny. Le jeune père passa une main dans la chevelure blonde de sa fille. Laisse respirer ta tante un peu aussi, ma chérie. Dahlia, n'hésitez pas à lui dire si elle est trop collante. S’inquiéta-t-il.

La gamine lança un regard à la princesse qui lui tenait lieu de tante pour s'assurer qu'elle n'était pas un sujet d’ennuis mais l'heure du repas arriva à point nommé et l'on commença a débarrasser. A ce moment, Lou avait eut la bonne idée de courir vers son père, les mains peinturlurées droit devant elle. Le médecin, dont les réflexes étaient particulièrement aiguisés, avait arrêté sa fille à temps et l'avait attrapé sous les bras en la soulevant de terre avec aisance :

-Où tu vas comme ça ?! La gamine rit aux éclats et plongea sa petite tête maline dans l'épaule de son géniteur pour cacher une honte surjouée. Eh, tu sais à quoi ça sert les pinceaux ? La vilipenda-t-il avec plus d'amusement dans la voix qu'une véritable réprobation.

-Mais c'est trop dur avec les pinceaux, se marrait-elle à moitié dans la chemise de son géniteur. Ce dernier chercha son demi frère du regard pour lui demander.

- Est-ce qu'on peut emprunter la salle de bain, le temps que je fasse de cette crouilla une petite fille prête à se mettre à table ? 

Anny s'était levée pour imiter Persona et voulait aider à la mise en place de la suite. Elle évoluait parmi les grands et papy Perceval avait également été réquisitionné. Avec l'instinct imprévisible des enfants, l'aînée était venue se coller dans les jambes de son grand père pour l'étreindre sans un mot, juste comme ça, parce que c'était ce que faisait les enfants qui aimaient instantanément leur grand-parents. Quelques secondes plus tard, la gamine reprenait ses activités et disposait les serviettes en papier qu'on avaient accepté de lui confier, autour de la table.

Lorsque Matthew revint, sa cadette brillait comme un sous neuf et il tendit la chemise empruntée à Zephyr :

-Merci pour Lou, je crois qu'elle s'est découverte une nouvelle passion, lui affirma-t-il, reconnaissant qu'il prenne ce temps avec ses filles.
Lohen
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Ven 12 Jan 2018 - 19:49
Depuis son plus jeune âge, Leon s'était imaginé ce que cela pouvait faire d'avoir une grande famille comme celles qu'il voyait dans les séries télévisées que les bonnes sœurs les autorisaient à regarder le soir après le souper. Ils passaient des heures avec Ava à rêver une vie où ils vivraient dans une belle maison avec deux parents aimants, un immense jardin pour courir et jouer avec eux, une cabane en bois dans un arbre et même un gros chien gentil qu'ils auraient baptisé Nounours. Ils partiraient en vacances tous ensemble, se raconteraient leur journée autour d'un bon repas, seraient réconfortés en cas de cauchemars et bordés le soir. Tout l'amour qu'ils ne recevaient pas à l'orphelinat, ils se l'imaginaient au centuple et même si en grandissant ils avaient abandonné leurs illusions, ils eurent la chance de s'être trouvés l'un l'autre. Ava avait été sa toute première famille, sa sœur de cœur, celle qui l'avait soutenu et protégé des autres.

Le fait qu'elle ne puisse pas être là ce soir le rendait triste, mais elle n'avait pas pu se soustraire à ses obligations. Il aurait adoré la présenter à tout le monde car elle était aussi importante à ses yeux que les personnes réunies dans son salon. Elle lui avait toutefois assuré que d'autres occasions de tous se réunir se présenteraient à l'avenir et que cette fois-ci elle serait là, ce qui avait quelque peu atténué sa peine. Il aurait toutefois voulu qu'elle partage son bonheur d'avoir trouvé une famille qui allait au-delà d'eux. Elle qui avait refusé d'être adoptée pour rester avec lui, il souhaitait l'inclure dans son entourage et lui montrer qu'enfin, ils avaient atteint leur rêve. Pas aussi idéalisé que dans leur enfance, certes, mais tout de même.

Peu importe où il posait le regard, il se rendait compte de la chance qu'il avait. Certains aurait pu dire qu'après des années passées à être négligé, cela n'était qu'un juste retour des choses, mais le raisonnement de l'artiste n'était pas aussi cynique. Il était simplement heureux, que ce soit en regardant la petite Anny caresser Quetzal en riant ou sa mère et Castiel discuter de peinture sur ailes. Il gravait tout ceci profondément dans sa mémoire et avait hâte de pouvoir faire ressortir le tout sur une toile. Peut-être en ferait-il plusieurs qu'il offrirait à chacune des personnes présentes en signe de son affection. Il avait beau ne pas avoir hésité à prendre son père et son frère dans ses bras, il n'empêche qu'il n'était pas encore prêt pour de grandes déclarations. Une peinture pouvait contenir mille mots, mille émotions bien plus fortes que tous les discours qu'il pouvait imaginer.

Et en parlant de peinture, la petite Lou avait semblé ravie de l'invitation de son oncle et même si elle avait montré quelques signes de timidité au début, ils disparurent bien vite lorsqu'il s'agit de mettre la main à la pâte. La question qu'elle lui posa, si innocente, si évidente, le fit sourire et il entreprit de lui expliquer comment mélanger les couleurs pour obtenir une belle teinte violette. Il lui tendit ensuite un pinceau, en prit un lui-même et ils s'attaquèrent tout deux à la toile. Leur enthousiasme les amena bientôt à avoir de la peinture plein les mains et c'est ainsi qu'ils décidèrent de continuer à dessiner avec leurs doigts, ce qui était bien plus aisé il fallait l'avouer et surtout bien plus amusant. Heureusement pour le canapé et la robe de le fillette, ils étaient bien protégé et aucune tâche fâcheuse ne vint ternir cette séance d'art plastique.

Pendant ce temps, le reste des invités discutaient tranquillement, Dahlia et Anny parlant lecture jusqu'à ce que cette dernière mentionne sa mère disparue. Leon tout concentré qu'il était sur le chef-d'oeuvre à quatre mains qu'ils créaient avec Lou, ne put s'empêcher d'entendre la discussion et de ressentir un petit pincement au cœur. Il était désolé qu'elles et Matthew aient du affronter un tel drame. Il avait grandi sans parents, certes, mais c'était différent de les avoir connu et de les perdre. Aussi ressentit-il une bouffée d'affection pour les trois nouveaux membres de sa famille ainsi qu'une certaine détermination à les protéger. Une lueur sombre traversa son regard un court instant avant qu'il ne se reconcentre sur sa tâche. Sa jumelle offrit une diversion bienvenue en apportant son aide pour la suite des festivités, secondée dans sa tâche par leur nièce et leur père qu'elle appela... Papa. Si l'artiste avait été en train de boire, il aurait sûrement tout recraché tant cela le surprit. Il tourna vivement la tête vers Persona et lui fit un large sourire tout en lui lançant un regard étonné. Tandis que tout ce petit monde s'affairait, il mit la touche finale à la peinture de Lou en signant au pinceau fin leurs noms en bas du tableau.


- Ça te plaît ? Je crois qu'on peut être fiers de nous ! On va le laisser là pour qu'il sèche et ensuite tu pourras le prendre à la maison si tu veux.

Sa nièce acquiesça, toute contente, et fila comme une flèche vers son père qui la rattrapa avant qu'elle ne mette des touches de couleurs poisseuses un peu partout. Leon la suivit et tenta de prendre sa défense en montrant ses propres mains à son frère.

- Elle a raison, c'est plus facile parfois.

Il leur montra ensuite la direction de la salle de bain et se débarbouilla lui aussi un minimum. Il avait l'habitude d'avoir constamment des traces de peinture sur les doigts et cela ne l'avait jamais dérangé, mais il fit un effort pour paraître un peu plus soigné en présence de Lohen et des filles. Il récupéra la chemise que ce dernier lui tendait et rougit quelque peu aux remerciements.

- Oh pas de quoi, c'est un plaisir. Et puis elle a beaucoup de talent.

Il fit un clin d’œil complice à sa nièce et passa en cuisine pour mettre la touche finale au dîner. Ils avaient décidé avec James de se lancer dans un bœuf bourguignon accompagné de purée de pommes de terre en plat principal. Le menu était complété par une salade en entrée et un soufflé à la framboise en dessert. Il n'avait pas oublié que sa sœur était végétarienne et lui avait cuisiné une tajine. Ne sachant pas si Matthew et les filles mangeaient de la viande ou pas, il en avait fait une certaine quantité. Cela leur avait pris la journée et l'heure de vérité était arrivée. Alors qu'il soulevait les couvercles où mijotait les plats, Zephyr eut une bouffée d'angoisse à l'idée que son repas soit immangeable. Mais ils avaient suivi les recettes à la lettre : les ingrédients, les quantités, le temps de cuisson. Il n'y avait aucune raison que cela se passe mal. Il appela son colocataire pour l'aider à apporter les plats et vérifier qu'ils n'avaient rien oublié.

Lorsque tout fut absolument prêt, ils rejoignirent leurs invités à la salle à manger et disposèrent sur la table les différentes mets. Leon en profita pour prendre son ami dans ses bras afin de le remercier de toute son aide pour la préparation de cette fête. Il ne savait pas comment il aurait pu y arriver sans lui.


- Merci mon ange.

Ce surnom était une marque d'affection, voir d'amour pour la plupart des gens qui l'utilisaient, mais il s'agissait surtout de reconnaissance aux yeux de l'artiste. C'était Ava qui, lors d'une discussion, avait souligné que Castiel était apparu dans la vie de son ami de toujours tel un ange gardien, le prenant sous son aile et lui offrant enfin l'indépendance dont il avait tant besoin. Le fait que son colocataire soit pourvu d'ailes l'avait aidé à consolider le rapprochement dans son esprit et il arrivait qu'à certaines occasions, lorsqu'il souhaitait lui montrer sa reconnaissance, il l'appelle ainsi. En toute innocence.

Il se détacha de lui en lui souriant et en bon hôte, servi ses invités à tour de rôle avant de s'asseoir à sa place, entre Dahlia et Percy. Il laissa le soin à sa mère de servir le vin et se contenta d'un thé glacé pour trinquer avec le reste de la tablée. Après avoir souhaité un bon appétit à tous en espérant timidement que cela leur conviendrait, il attaqua le plat qu'il trouva pas si mal en fin de compte.
Zephyr
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Lun 15 Jan 2018 - 14:07
Quetzal-Bahamut le Destructeur, Fléau du Monde, Héraut de la Tempête, Messager de la Foudre Vengeresse et Bibi le Rapide n'était pas un oiseau à se laisser tripoter par n'importe qui. Mais dans son petit cœur de colibri qui battait naturellement à cent à l'heure, il ne pouvait qu'accepter l'attention des deux gamines. A l'instar de son humain, il trouvait les enfants plus faciles à comprendre, et puis leur innocence était touchante pour un vieux baroudeur comme lui. Aussi se laissait-il grattouiller en laissant échapper une trille flûtée de plaisir, s'ébouriffant à la manière d'une petite boule de plumes. A la mention de sa taille, il redressa néanmoins le bec, réussissant à se donner un air vexé, ce qui n'était pas facile lorsqu'on était un oiseau.

« Quetzal n'est pas un bébé. Les colibris sont des oiseaux de petite taille. Ils se nourrissent du nectar des fleurs, et peuvent faire du sur-place en volant, comme des abeilles. Et puis la taille qu'on voit, ce n'est pas très important. Il est grand à l'intérieur, comme toi. » Castiel sourit à la gamine, tandis que l'oiseau se frottait contre la main d'Anny pour réclamer plus de câlins. « Et bien tu pourras venir quand tu voudras pour profiter de nos animaux de compagnie ! On a un chat à la maison aussi, c'est celui de Leon ! »

Le prodige ailé ne savait pas où se trouvait le félin, mais il ne devait pas être bien loin. Contre toute attente, la cohabitation entre Furry et Quetzal se passait plutôt bien,les deux bestioles étant rapidement arrivées à un terrain d'entente. Le colibri évitait de froisser un prédateur pouvant donner dans la chasse aux oiseaux, et le chat avait vit compris qu'il fallait éviter de s'en prendre à un piaf qui pouvait vous cramer les moustaches. D'ailleurs, Quetzal laissa échapper une minuscule flamme, semblable à celle d'un briquet.

« Ah, ça veut dire qu'il est content ! » commenta joyeusement James. Puis, perplexe, il répondit à Ellen : «  Pourquoi est-ce que me lécherais les plumes pour nettoyer la peinture ? Il me suffit d'une bonne douche, mais c'est plus facile si quelqu'un me tient le tuyau d'arrosage. »

Plus la soirée avançait, plus Castiel se sentait à l'aise avec tout ce petit monde. A travers son empathie, il pouvait sentir que les autres invités se détendaient également, et appréciaient de s'être retrouvés. Les réserves diminuaient -enfin, à part celles de Dahlia à son égard- et les langues se déliaient. Anny et Lou y contribuaient grandement, passant aisément d'un adulte à l'autre, loin des blocages que pouvaient se constituer leurs aînés. En un sens, c'était elles qui montraient l'exemple. Et voir Lou peindre avec son oncle était un spectacle qui aurait fait fondre le plus endurci des cœurs de pierre. La joie de Leon faisait plaisir à voir, pure et simple, et James était plus heureux que jamais pour son ami. Il savait que la vie à l'orphelinat, sans famille, n'avait pas toujours été facile pour lui ; alors de l'avoir enfin retrouvée, et d'y être accepté, voilà qui était fantastique ! Et dans sa modeste capacité de colocataire, Castiel était heureux d'en faire partie.

« Je suis content que vous vous soyez trouvés. C'est une belle soirée. »
dit-il à son ami tandis qu'ils se rendaient dans la cuisine pour les dernières préparations avait d'apporter le repas. James avait fait de son mieux pour aider Leon durant la journée, et il avait même réussi à s'apercevoir qu'il avait confondu la boîte de sucre et de sel avant de commettre l'irréparable. De même, il ne renversa pas le moindre plat, et les disposa de son mieux en compagnie du peintre.

« Mais de rien ! Et puis, je devrais te remercier aussi, tu n'arrête pas de me montrer comment bien utiliser ton pinceau ! »
Puis, à l'assemblée : « Je crois que c'est prêt, bon appétit ! »
Castiel
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Dim 21 Jan 2018 - 16:14

ELLEN


Perdant un instant son expression désinvolte, Ellen esquissa un sourire en direction de Percy, avant de jeter un regard aux autres personnes présentes. Quelque chose passa à travers son regard, puis elle reporta à nouveau son attention sur son interlocuteur.

"Si je pensais t’entendre dire ça un jour. Tu as bien changé. " En un clin d’œil, elle retrouva sa malice et sa bonne humeur. "Et ne dis pas que moi aussi. Je suis toujours une vieille folle excentrique qui bosse beaucoup trop. Et donc, avec plaisir pour l’invitation, je pourrais enfin revoir cette chère Fena, ça fait un bail. Et je me demande dans quelle sorte d’ennuis tu t’es encore fourré, Perceval…"

Pendant ce temps, Léon et moi étions en train de passer un peu de temps avec nos nièces. Si la plus jeune et mon frère s’étaient trouvé une passion pour la peinture, Anny et moi discutions de ses passions, dont la lecture. Son enthousiasme me fit sourire encore un peu plus, et je l’écoutais avec attention. J’aimais beaucoup passer de temps avec les plus jeunes, les écouter parler de ce qu’ils aimaient, avec cette innocence qui leur était propre. Alors, quand il s’agissait de ma propre nièce, le plaisir était encore plus décuplé.

"Ça m’a l’air très intéressant, une sorte de Robin des bois. Tu voudrais être comme elle ?" Cependant, le reste de la conversation prit une teinte plus amère, alors qu’Anny évoquait les souvenirs de sa mère. Mon sourire se tarit un peu, mais je fis de mon mieux pour ne pas le perdre, continuant à l’écouter. C’était sans doute un sujet sensible, et l’entendre parler de sa maman et du fait que Lou n’avait jamais entendu sa voix avait de quoi briser le cœur. Sans parler du fait que cela pouvait être délicat pour son père. Mais peut-être que la fillette avait besoin d’en parler, d’une manière ou d’une autre. "Tout va bien, il n’y a aucun problème." assurai-je donc à Matthew avec un petit sourire, avant de me concentrer à nouveau sur Anny, changeant de sujet pour l’instant : "Tu es déjà allée en Centre Afrik ? Tu aimerais ? Ou tu as vu des lamas ? Ils sont amusants."

Je me proposais ensuite pour aider à mettre la table, suivie par Anny. J’adressais un sourire ravi à cette dernière, avant de me tourner vers Rose. L’appeler autrement que par son nom de famille, et de manière plus familière, n’était pas évident ou naturel. Du moins, pour le moment. Mais, puisque que nous étions tous là pour profiter les uns des autres, et pour devenir une famille, autant faire ce qu’il fallait. Je me tournai un instant vers Léon, et vit que cela lui plaisait, malgré la surprise. Je lui offris un sourire et un hochement de tête, avant de me concentrer sur les tâches qui nous attendaient. Matthew et Lou nous rejoignirent, une fois cette dernière propre de ses activités picturales avec son oncle.

"Quel honneur tu as !" taquina Ellen à l’intention de Percy, avant de se mettre à nous aider pour ranger l’apéritif et préparer la table. Elle répondit à Castiel, avec amusement : "Evidemment, c’est logique. Vous avez un bon tuyau à disposition, j’espère."

Pendant que l’on s’affairait, mon frère était reparti en cuisine avec son nouveau colocataire. Voir Léon si heureux de nous vois tous ensemble et du déroulement de la soirée m’adoucissait, et je préférais ne pas trop me concentrer sur l’ange pour changer cela. Cependant, il allait bien falloir, maintenant qu’ils allaient vivre ensemble. Peut-être qu’avec le temps, je pourrais le supporter. A défaut de l’apprécier. Même si son rôle dans le bonheur de mon jumeau lui donnait assurément des points. Mais à la première incartade, je serai là pour le lui rappeler.

Tout le monde passa ensuite à table, et nos hôtes commencèrent à nous servir. J’eus un signe de tête reconnaissant à l’attention de mon frère lorsqu’il me servit l’alternative végétarienne, tandis que notre mère était trop heureuse de pouvoir servir le vin. Le service fut conclu par un remerciement et une accolade de mon frère à l’attention de Novak. La familiarité entre les deux fut cependant pour le moins… surprenante. Je fronçais un instant les sourcils, avant de pousser un soupir. Concernant mon frère, je pouvais imaginer que c’était au sens littéral. En revanche, l’autre devait être trop idiot pour se permettre de faire des remarques potaches. Ou pas au point de le faire durant un repas de famille volontairement. Ellen, de son côté, éclata de rire.

"Eh ben, je savais pas que vous étiez déjà si intimes, les garçons." Elle leva son verre pour trinquer. "A la famille, aux colocataires et aux coups de pinceaux !"

Je poussais un autre soupir, mais levai tout de même mon verre.

"Et aux coups tout court. Nous sommes là grâce à ça aussi, après tout." marmonnai-je, entendue sûrement uniquement par mon père. Je retrouvai néanmoins un sourire pour échanger un regard avec tous les invités, trinquant à notre nouvelle famille et leur souhaitant bon appétit. J’entamai mon plat, avant de me pencher vers mon frère : "C’est délicieux Léon, merci beaucoup de nous recevoir. Tous les deux."

Faire des efforts, tout cela en valait bel et bien la peine.
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Mer 24 Jan 2018 - 10:26
« J'en suis le premier surpris, crois moi. » fit Percy à l'attention d'Ellen. Puis il hocha la tête en direction des deux gamines : « Elles viennent d'arriver dans ma vie, et je sais déjà que je ferai tout pour elle. C'en est presque effrayant. L'ancien moi se serait ri d'un tel attachement. Aujourd'hui, je pense que ça me rend plus fort. »

Oui, Percy était prêt à tout. Pour Anny et Lou, mais aussi pour Matthew, Leon et Dahlia. La famille revêtait soudain pour lui une importance nouvelle, comme si le barrage qu'il s'était soigneusement construit au fil du temps avait enfin cédé pour de bon. La sensation était aussi grisante que terrifiante : il ne savait pas comment aimer tout ce petite monde, mais il allait faire de son mieux. Plus important encore, il les protégerait, et ce quoi qu'il arrive.

« Ce ne sont pas seulement mes ennuis, hélas. Ils nous concernent tous, d'une certaine manière. Mais rien que pour ce soir, j'ai envie de les laisser de côté. » Il était curieux de voir ce que Ellen savait à propos de Mesa, et du danger que la corporation représentait. Parmi les vieilles folles excentriques, il n'y en avait pas une qu'il aurait aimé avoir de son côté plus qu'Ellen. Dans le même temps, la conversation qui se déroulait entre Anny et Dahlia ne lui échappait pas ; suivre plusieurs échanges en même temps avec la même clarté était l'un des bénéfices de ses dons. Quand la petite mentionna sa mère, son cœur se serra. A les voir aussi joyeuses et éveillées, il était parfois difficile de se rappeler ce que les deux sœurs avaient traversé. La perte de leur mère, la maladie... Et pourtant, elles continuaient d'avancer, braves comme l'étaient les enfants. Quand Anny vint le prendre dans ses bras tandis qu'il aidait à mettre la table, il sut qu'il venait de se constituer un des souvenirs les plus précieux de sa longue vie. Rien que pour ça, cela valait le coup d'avoir une telle mémoire. Face aux pires des souvenirs, il pourrait toujours s'ancrer à celui-ci.

Puis vint le moment de passer à table. Leon et Novak s'étaient donnés beaucoup de peine pour cuisiner, et Rose était content que son fils se soit trouvé un tel colocataire. Les deux hommes avaient l'air bien s'entendre, même s'il ne peut s'empêcher de hausser un sourcil à la suite de leur échange. Ces deux-là avaient l'air capable de tenir une conversation entièrement constituée de sous-entendus sans même le réaliser, ce qui devait être un spectacle assez fascinant. Bien évidemment, Ellen ne put s'empêcher d'y ajouter sa touche personnelle, et Percy leva son verre en compagnie des autres : « A cette soirée ! Puisse-t-il y en avoir d'autres. » Il ne précisa pas s'il parlait aussi des coups, amusé, tandis que Dahlia montra qu'elle tenait effectivement de sa mère.

« Le repas est excellent. Merci pour tout, les garçons. ». dit-il après quelques instants. Il engloba la tablée du regard, gravant chaque détail dans sa mémoire. Il avait envie de faire de cet instant un de ses souvenirs les plus précieux. Ensuite, il lui suffirait de fermer les yeux pour le revivre comme s'il y était. Les blagues d'Ellen, la joie timide de Leon, la douceur de Dahlia avec les filles, l'inquiétude de Matthew pour les siens, et l'enthousiasme d'Anny et Lou. Un portrait auquel Perceval Rose n'aurait jamais imaginé appartenir un jour.

« Je me demandais... J'aimerais bien tous vous recevoir également, un de ces jours. Je pensais que nous pourrions nous réunir au château, avec Agrafena et Andrea. Le domaine est grand, il y a des chevaux... Les filles pourraient apprendre à monter. Si Matthew est d'accord, bien entendu. »
Percy
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Jeu 8 Mar 2018 - 14:57
Si aucun des convives présents ne semblaient vraiment accoutumés aux réunions familiales, il ne faisait aucun doute que chacun appréciait ce moment si particulier. Tout en découvrant la joie insoupçonnée que pouvait procurer ce genre de rassemblement, Matthew acceptait peu à peu d'adoucir ses retissance notamment au sujet de son père.
Certes, certains liens étaient encore récents et fragiles et méritaient d'être consolider, cependant, les sourire et la joie sincère sur les visages, la douceur des jumeaux, le grain de folie d'Ellen, l'aisance de ses propre fille, lui donnaient autant de raison d'apprécier le moment. En somme, il était heureux qu'une si belle occasion soit le prétexte d'une si effrayante mais au final si belle rencontre.

Lohen repensais aux années qui avaient passé. À sa jeunesse puis à son adolescence. Il ne pouvait s'empêcher de se demander quelle tournure aurait prise sa vie s'il avait eu une sœur et un frère pour partager ce qu'il avait traversé. Accepter le père absent. La mère psychopathe. Le premier assassinant la seconde.
Matthew était conscient que Dahlia et Léon avaient été mis au courant de ces... détails. Percy n'avait de cesse de répéter qu'il voulait faire les choses correctement à présent, garder des secrets pour les uns et les autres ne semblaient plus faire partie de ses projets. Pour autant, son premier fils avait tout de même encore un peu de mal à y croire.

Matthew savait pertinemment qu'il aurait dû se focaliser entièrement sur l'avenir. Regarder en arrière n'aidant généralement pas à aller sereinement vers l'avenir, mais comment pouvait-on renoncer au passé lorsque certaines choses auxquelles il n'avait jamais voulu renoncer lui avait été arraché ? La seule excuse qu'il se trouvait encore résidait sans l'espoir de se nourrir du passer pour ne plus répéter les mêmes erreurs.

À présent, la table était dressée et les convives s'étaient installés. Lohen avait réussit à garder Anny à l'un de ses côtés, à la condition que Dahlia soit de l'autre et Lou se trouvait à sa gauche.
Une odeur délicieuse flottait maintenant dans l'appartement et le jeune père su qu'ils allaient se régaler. Léon et James s'étaient visiblement donnés beaucoup de mal pour les recevoir et ils avaient préparé des plats pour les différents goûts et convictions de chacun. Disposé sur la table, le tout était plus qu'alléchant.

L'embrassade du jeune artiste à l'homme ailé avait quelque chose de touchant, et Matthew, qui visiblement était le seul à s'être fourvoyé sur les conditions de cette installation, était plutôt heureux pour les deux hommes. Il fallait tout de même noter, à sa décharge, que l'échange qui s'en était suivit entre les différents protagonistes n'eut rien pour le de tromper. Il fut d'ailleurs un brin soulagé
que les filles ne soient pas encore en âge de décrypter les sous entendus qui pouvaient planer derrière une telle conversation. D'ailleurs, un très léger rouge avait coloré ses joues et il laissa échapper un petit rire loin d'être à l'aise.

Léon servit les plats et Ellen le vin. Matthew négocia patiemment avec Lou pour lui faire accepter de goûter aux deux plats si gentiment préparés et Anny discutait avec sa voisine de table au sujet de lamas et autres destinations qu'elle aurait aimé découvrir, telles que -puisque l'on parlait de lama- l'arche du Pérou et le Machu Pichu.(Elle avait apprit la semaine passée ce que c'était et était particulièrement fière de pouvoir en faire mention à sa tante.)
On trinqua a nouveau et Matthew ne pu s'empêcher de seconder Dahlia et son géniteur :

-Oui, vraiment excellent.

Pour preuve, les deux gamines mangeaient à présent sans moufter.
Percy mentionna alors la possibilité d'organiser une autre réunion familiale au domaine des Rose. Immédiatement, les deux fillettes relevèrent la tête, la mention de chevaux avait su attirer leur attention aiguisée. Elles miss se regardèrent, les yeux ronds comme des billes, elle regardèrent leur grand père, puis leur père, avant d'échanger un nouveau regard complice et plein d'espoir.
Pour ça part, le jeune urgentiste observait son géniteur avec ce mélange si indescriptible de sentiments partagés. Il ne voulait pas se montrer trop retissants face à Persona et Zephyr, mais n'arrivait pas non plus à se montrer particulièrement enjoué. Ces souvenirs du domaine n'étaient pas particulièrement heureux et en toute honnêteté, il n'y avait pas remis les pieds depuis des années, bien avant le décès de Caroline. Aussi, il se garda de répondre quoi que ce soit pour le moment. Il laissait le reste de la tablée s'exprimer sur le sujet, après tout, il auraient le temps de prendre une décision le moment venu.

Finalement, il prit la parole sur un tout autre sujet :

-Une grande étape qu'un emménagement, n'est-ce pas ? Demanda finalement Matthew à Léon avec un sourire et un petit clin d'oeil

Il repensait à leur premier appartement avec Caroline. Ce jour où ils avaient railleur é leurs cartons dans ce petit studio de westside, juste à côté de l'hôpital. C'était avant les filles. Certes, ça n'avait pas duré très longtemps, Anny était arrivée un peu précipitamment, et il avait fallu rapidement plus d'espace, mais ce souvenir était un vrai délice. Il sentait encore l'odeur de peinture neuve, et le rayon de soleil qui traversait le salon encore vide. Caroline portait un petit top blanc, presque transparent et ses cheveux attachés en queue de cheval. Quelques mèches rebelles avait fui et coulaient sur ses épaules nues. Une sourire un peu nostalgique et béat se dessinait sur les lèvres du médecin.
Lohen
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Ven 16 Mar 2018 - 19:34
Il y avait des moments dans l'existence qui restaient marqués à jamais dans la mémoire d'un homme. Par leur beauté, leur cruauté, l'impact qu'ils avaient eu. Cette soirée faisait partie de ces instants qui prenaient part dans la construction de Leon et bien des années après il s'en souviendrait avec bonheur et reconnaissance. Il se trouvait à une nouvelle étape de sa vie, une page s'était tournée et l'avenir lui souriait enfin. Il avait retrouvé sa famille, avait pris son indépendance, s'était fait de nouveaux amis sur qui il pouvait compter. Sans parler de son travail qu'il adorait, que ce soit au Pet Shop ou au sein de l'Organisation XIII. En pensant à tout cela, la joie qu'il ressentait semblait sur le point de le submerger et il devait alors se faire violence pour ne pas éclater en sanglots. Ce tableau familial qu'il avait sous les yeux était le chaînon manquant qu'il avait cessé d'espérer et il le prenait violemment aux tripes. A tel point que, autant il appréciait cette réunion, autant il était pressé d'être seul afin de pouvoir faire le tri dans le fouillis qui l'envahissait. Il avait la nette impression de ne plus savoir où donner de la tête et ce malgré la précieuse présence de sa jumelle. Il aurait besoin de beaucoup de calme et de temps après que ses invités soient parti avant d'avoir entièrement digéré ce qui venait de se produire et de réaliser l'impact que cela aurait sur la suite.

Présentement, il chassa ce tourbillon de son esprit et laissa un sourire sincère se dessiner sur ses lèvres alors que Castiel le remerciait pour ses cours de peinture. Les deux colocataires n'étaient pas du genre à comprendre des sous-entendus, encore moins à les utiliser volontairement. Que leur petit échange ait pu mettre le doute à certains sur la nature de la relation qu'ils entretenaient ne lui traversa même pas l'esprit. Ce fut la remarque de sa mère qui le dérouta et provoqua un doute en lui. Pour autant il ne saisit pas ce qu'elle entendait par là et se contenta de lever son verre pour trinquer à ses paroles à moitié dénuées de sens pour lui. Heureusement, il n'entendit pas la remarque de Persona qui aurait terminé de le noyer dans un brouillard d'incompréhension. Au lieu de cela, il accepta timidement les compliments sur le repas que tout le monde sembla trouver à son goût et qu'il entama en silence. Il avait beau savoir qu'en tant qu'hôte il était censé entretenir la conversation, il fut toutefois soulagé que son père lui permette une pause en proposant une réunion familiale dans son domaine.

Le jeune homme n'avait encore jamais eu l'occasion d'y mettre les pieds et ce fut cette curiosité doublée de la joie de se réunir à nouveau qui provoqua son enthousiasme. Visiblement, celui-ci était partagé par ses nièces qui semblaient chercher l'accord de leur père sans pour autant oser le formuler. Lohen ne semblait toutefois pas prêt à répondre dans l'immédiat, ce qui n'étonna guère son frère qui était au courant de ses différents avec leur géniteur. Il savait que leur relation avait été tendue par le passé et le fait qu'ils soient réunis en cette occasion le touchait d'autant plus. Ils avaient leur propre histoire à régler à laquelle Zephyr ne souhaitait absolument pas se mêler. Il était là pour se construire ses propres liens, même s'il était conscient de l'effort que tous faisaient pour que cela se passe au mieux. Que ce soit Matthew avec Percy ou Dahlia avec James, bien qu'il ne comprenne toujours pas ce qui avait pu mettre sa sœur autant sur la défensive vis-à-vis de son ami.

La conversation embraya donc sur un autre sujet et Leon ressentit une bouffée de joie lorsque le médecin lui posa une question en la ponctuant d'un clin d’œil. Il avait beau ne pas être au fait de toutes les conventions sociales existantes, loin de là, cependant il avait appris que ce geste, aussi minime puisse-t-il sembler, revêtait un caractère assez personnel. On ne faisait pas des clins d’œil à n'importe qui ! C'était, à ses yeux, un pas en plus dans les liens qui se tissaient en cette soirée et il ne put contenir l'émotion soudaine que cela provoqua. Il eut à peine le temps de terminer de mâcher ce qu'il avait en bouche et de boire une grande rasade de thé froid avant de répondre d'une petite voix. Et pour une fois, ce ne fut pas l'absence de sa jumelle qui le fit bafouiller, mais bien l'émoi qu'il ressentait.


- Oh... euh... ou-oui. Ça faisait long-ongtemps que j-je le voulais. Un sourire et une nouvelle gorgée lui permirent de reprendre un peu contenance et d'ajouter : Je suis ravi, c'est vraiment chouette cette liberté !

Enfin le tableau était complet. C'était comme s'il avait peint pendant des années alors que certaines couleurs ne se trouvaient pas sur sa palette. Un manque qu'il avait pu compenser par d'autres choses mais dont le résultat n'avait jamais été aussi brillant et beau que celui qu'il pouvait observer maintenant. Sa vie paraissait plus riche et exaltante depuis qu'il avait déménagé de l'orphelinat et rencontré sa famille. Ce soir était le point culminant de ce qu'il avait toujours voulu atteindre et il était certain que cela ne ferait que s'améliorer et s'embellir au fil du temps. Il lui fallait à présent profiter de chaque instant, chaque geste, chaque parole et ce afin de remplir le vide qu'il avait eu au creux du cœur durant tant d'années. C'est donc avec un plaisir non-dissimulé et en prenant beaucoup sur lui tout de même, qu'il discuta avec chacun des convives, qu'il rit et qu'il chérit leur présence avec une allégresse quasi contagieuse.

Le repas se passa sans encombre et le dessert fut tout autant apprécié, malgré le fait que quelques soufflés étaient un peu retombés. Cela n'enleva en rien leur bon goût sucré qui se maria parfaitement avec les cafés et thés servis à la ronde. Zephyr se surprit à aimer recevoir du monde malgré le stress que cela avait pu engendrer lors de la préparation de l'événement. Cela en valait la peine à ses yeux et il était prêt à recommencer. Peut-être pas dans l'immédiat, mais sûrement dans quelques temps. Lorsqu'ils se seraient tous apprivoisés et qu'ils se sentiraient plus à l'aise en présence des autres. Que les barrières se seraient abaissées et la timidité envolée. Il y avait encore du chemin à faire, mais ces moments partagés ne présageaient que du bon pour la suite et heureusement la présence des deux petites allégeait l'ambiance. De même que les animaux qui offrirent un petit spectacle lorsque Furry montra enfin le bout de son nez et décida de pourchasser Quetzal pour jouer avec lui. L'oiseau ne semblait pas des plus disposé, mais la chorégraphie réalisée par les deux énergumènes fut des plus hilarantes.

La soirée toucha bientôt à sa fin et lorsque Anny et Lou s'écroulèrent pour rejoindre les bras de Morphée, l'une sur le canapé, l'autre sur les genoux de son père, il fut temps pour les invités de prendre congé et de retrouver leur chez-eux. Leon aurait aimé prolonger ces instants mais la fatigue s'abattait également sur lui maintenant que la pression et l'angoisse contre lesquelles il avait du lutter rendaient enfin les armes. Un par un, il les prit dans ses bras pour leur murmurer des mots de remerciements sans même penser à contenir ses larmes, puis il prit Anny dans ses bras pour aider Matthew à installer tout ce petit monde dans la voiture. Lorsqu'il remonta, le silence qui l'entourait lui sembla bien triste et il lui fallut toute la volonté du monde pour ranger ce qui devait encore l'être avant de rejoindre sa chambre et de se jeter sur son lit encore tout habillé. Cette nuit-là, Zephyr ne dormit quasiment pas malgré la lassitude de son corps. Il resta allongé sur le dos, le regard perdu dans la contemplation du plafond, son esprit bouillonnant d'émotions. Ce ne fut qu'aux premières lueurs du jour qu'il s'endormit enfin, un sourire ravi sur les lèvres, avec la certitude qu'enfin il avait trouvé sa place.
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Mar 20 Mar 2018 - 11:20
Castiel était un homme heureux. On aurait pu croire que cela coulait de source pour quelqu'un doté d'un tel caractère, mais ce n'était hélas pas aussi évident. Ce n'était pas parce qu'il considérait la vie et les gens sous le meilleur angle possible qu'il en bénéficiait automatiquement, et il avait une fâcheuse tendance à tellement s'y impliquer qu'il s'oubliait souvent en route. S'il cumulait les fonctions et les moyens d'aider les gens, c'était d'un certain côté pour ne pas trop s'attarder sur ses propres besoins, ses propres envies. Comme si c'était plus facile pour lui de vivre à travers autrui. C'était même ce qui lui avait permis de se reconstruire après une époque difficile. Mais ce soir, en compagnie de Leon et de sa famille, il se sentait bien. Il était heureux d'avoir son colocataire et ami dans sa vie, heureux que le peintre ait pu retrouver les siens, heureux d'avoir fait plus en avant leur connaissance.

Le reste de la soirée se déroula de plus en plus agréablement, au fur et à mesure que les réserves s'amenuisaient et que les convives s'habituaient à la présence des autres. Tout n'était pas parfait bien sûr, et il leur faudrait du temps pour appréhender la situation, mais c'était un bon début. La majorité des sentiments que capturait Castiel au passage étaient positifs, et les efforts de Leon avaient porté leur fruit. Il fallait aussi dire que la présence des deux filles de Matthew y était pour beaucoup : leur innocence et leur ravissement d'évoluer entre tous ces nouveaux adules de la famille faisait chaud au cœur. Quetzal s'était pris d'affection pour elles, voletant d'une à l'autre au fil du repas, quémandant des grattouilles et effectuant des pirouettes aériennes en retour. Leur oncle s'était surpassé pour le repas. James l'avait secondé de son mieux, à la manière d'un bon second. Il n'avait rien cassé, et sa distraction avait été réduite au strict minimum. Maintenant, il en profitait tranquillement lui aussi.

« Mon tuyau fonctionne très bien. »
répondit-il à Ellen. Les sous-entendus continuaient de lui passer au-dessus de la tête comme une escouade de canards distraits. Il était impressionné par cette femme, dont la lueur d'âme rappelait les éclats de l'acier sans être pour autant dépourvue de souplesse.

Il ne faisait même plus attention à Dahlia, qui le lui rendait bien. Pour le moment, voilà qui suffisait. Quant à Rose, il restait difficilement déchiffrable, même pour un empathe, mais il pouvait sentir la force des sentiments qui l'animaient concernant les présences présentes. Particulièrement Any et Lou. Mais voilà que les deux fillettes commençaient à succomber à la fatigue. Quetzal et Furry semblaient avoir calmé leurs péripéties, comme pour accompagner les gamines dans le sommeil qui les gagnait. Vint alors le moment de partir, et James ne manqua pas de saluer chaleureusement les invités sur le départ. Ou, concernant Dahlia, il se contenta d'un petit sourire un peu timide, n'osant pas aller plus loin.

Puis ce fut le moment de ranger, et il put sentir la mélancolie qui s'empara de l'âme de Leon, à se retrouver tout à coup dans le silence après toutes ces festivités. Il fit de son mieux pour l'aider, avant de lui dire : « C'était une belle soirée. Et ce n'était que la première. Tu n'as pas fini de les revoir. »

Sur ces mots, et comme ils avaient fini, il lui souhaita la bonne nuit ; il était temps d'aller le coucher. Contrairement à son colocataire, Castiel s'écroula comme une masse, et dormit d'un profond sommeil réparateur. Il se sentait bien.
Castiel
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Lun 26 Mar 2018 - 21:39

ELLEN


Ellen observa un instant le père de ses enfants, un sourire en coin sur les lèvres. Elle-même n’était plus la même qu’il y a vingt-cinq ans, et ce constat partagé devait la rassurer. Ni l’un ni l’autre ne se serait sans doute cru là aujourd’hui, et pourtant.

"C’est l’âge. Ou les hormones, va savoir." ironisa-t-elle, avant d’ajouter, plus douce et sérieuse : "C’est une bonne chose, d’avoir un but dans la vie. Quelque chose qui nous fait avancer et redéfinir nos priorités. Il n’est jamais trop tard pour le réaliser."

Cette famille avait beau être un peu spéciale, et les premiers gestes un peu maladroits, l’affection était là. Et nous semblions tous la partager. Ellen leva les yeux à la remarque de Rose, amusée.

"Bien sûr que les ennuis de Perceval Rose nous concernent tous. En big boss d’une super organisation comme Arkadia. Mais laissons le boulot en dehors de ce soir. Qui sait, ça pourra nous faire du bien ? Va savoir."

Lorsque vint le moment de passer à table, je me retrouvais à côté d’Anny, et discutais avec cette dernière d’arches d’Amérique du Sud, impressionnée de voir avec quelle énergie et intérêt elle s’exprimait à ce sujet. J’en profitais donc pour l’écouter, non sans garder une oreille attentive au reste de la tablée. Léon semblait satisfait et heureux du déroulement de la soirée, ce qui me ravit. Ellen, de son côté, était particulièrement amusée par le colocataire de son fils, ce qui m’arrangeait bien et évitait que j’aie à lui parler plus que nécessaire.

La proposition de Rose me surprit un peu. Visiter le domaine familial, c’était très… officiel. Toutefois, les filles semblaient enthousiastes, tout comme mon frère à qui je lançais un regard. En revanche, Matthew se montrait plus réservé. Et je pouvais comprendre, sans doute avait-il des souvenirs liés à cet endroit.

"Pourquoi pas." dis-je finalement en guise de juste milieu. "En tous cas, se revoir semble être une bonne idée."

"Si la cave de ton château est digne de sa réputation…" ajouta Ellen avec un de ses sourires espiègles. "Je suis toujours partante."

Heureusement, notre demi-frère enchaîna sur un autre sujet. J’observais l’effet de la question sur Léon avec un sourire tendre, heureuse de voir que ce nouveau départ l’émouvait particulièrement. Je posais un instant une main sur la sienne, partageant un regard entendu et encourageant avec lui. Ellen de son côté essuya une rapide larme émue. Je me sentais à la fois apaisée et fébrile ce soir, et le bonheur de mon jumeau semblait particulièrement m’influencer. Je savais l’importance que tout cela avait pour lui, et d’avoir une famille à ses côtés, et je ne pouvais que le comprendre. Je n’avais peut-être jamais vraiment aspiré à cela de mon côté, mais réalisais que c’était quelque chose qui avait jusque-là manqué à ma vie. Cette famille. Ces personnes.

La fatigue des petites, véritables stars de la soirée, annonça la fin de la soirée. Ce fut cependant une grande réussite, et la difficulté à partir en était une très bonne preuve. Anny et Lou restèrent attendrissantes jusqu’au bout, et la promesse de les revoir bientôt venait mettre un peu de baume au cœur à cette séparation. Lorsque vint le moment de saluer mon frère, je le pris un plus long moment dans mes bras pour le serrer contre moi. Lui dire à quel point j’étais heureuse pour lui, et fière qu’il puisse débuter cette nouvelle étape de sa vie ; mais sans ouvrir la bouche. Simplement par mes gestes, et le regard. Comme nous arrivions à communiquer de cette mystérieuse façon qui nous était propre et nous relirait toujours. J’eus à peine le temps de lui tendre un mouchoir que déjà Ellen fondait sur lui pour le serrer, peinant à retenir ses propres larmes.

"Au revoir mon poussin. Viens voir ta vieille mère de temps en temps si tu as besoin de quoi que ce soit. Mais je sais que tu es entre de bonnes mains ici."

Ce fut ensuite au tour de Novak de recevoir une accolade enthousiaste de la part de notre mère. Je me contentai d’un simple hochement de tête. La hache de guerre était enterrée, mais je resterai tout de même vigilante.

"J’espère avoir l’occasion de vous connaître plus amplement, toi et les filles." dis-je à Matthew alors que nous sortions. "Dans tous les cas, vous pouvez compter sur moi, en cas de besoin."

Après une hésitation, je finis par prendre Rose dans mes bras pour lui dire au revoir.

"A bientôt, papa. Au travail ou ailleurs, je suppose."

"Appelle-moi pour qu’on discute toi et moi, Perceval." ajouta Ellen en s’allumant une cigarette. "De tes ennuis, ou de comment élever des petits-enfants."

Cela faisait au moins de belles perspectives pour l’avenir. Et malgré toute l’appréhension que j’avais pu avoir avant cette soirée, je me sentais désormais légère et de bonne humeur. Restait à voir exactement ce que le futur nous réserverait, désormais. Au moins, nous serions ensemble pour le voir.
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Mar 27 Mar 2018 - 11:38
« Oui, nous aurons le temps d'en reparler plus tard. » répondait Percy à Ellen. « C'est vraiment bon de te revoir. Et d'être avec tout ce petit monde. Qui aurait cru que nous finirions grands-parents, franchement ? Voilà quelque chose que j'aurais été incapable de prévoir. Normalement c'est un cas de figure qui m'agace, mais là, je dois dire que ça a permis la plus belle des surprises. »

Et c'était agréable, de se dire que la vie lui avait réservé une dernière surprise de cet acabit. La plus belle de toutes. De quoi cimenter sa résolution pour ce qu'il avait encore à entreprendre. Il avait eu peur que cela ait l'effet contraire, que cela l'affaiblisse, le fasse douter, mais il n'en était rien. Il n'avait jamais été aussi sûr de lui, à vrai dire. Pour Any, pour Lou, pour Matthew, pour Leon, pour Dahlia. Pour cette famille qui comptait maintenant plus que tout ce qu'il avait accompli.

Le repas se passa à merveille. Perceval conversait paisiblement avec les siens, accordant son attention à chacun au fur et à mesure. Il haussa un sourcil quand les mots jetèrent un instant le doute sur la relation entre Leon et James, mais il ne fallait pas être sorcier pour voir que ces deux-là n'avaient tout simplement aucune notion des sous-entendus. Non pas que cela aurait dérangé Rose le cas contraire. Quoi qu'il en soit, il était content que son fils se soit trouvé un tel colocataire. Novak était un homme bon, et un ami fidèle. Les dossiers d'Arkadia se trompaient rarement.

« Je ne connais pas une cave qui résisterait à ton passage. »

On pouvait compter sur Ellen pour animer la conversation. Elle était fidèle à elle-même, et pourtant il lui semblait qu'elle avait changé elle aussi. D'une manière imperceptible, mais bien présente. Son enthousiasme faisait plaisir à voir, en tout cas. De même que celui de Leon et des fillettes. Dahlia restait neutre, ce qui n'était pas étonnant. Quant à Matthew... Percy ne pouvait pas lui en vouloir. Il était bien conscient que son fils n'avait pas les meilleurs souvenirs de leurs rares séjours au domaine. Il était trop tard pour rattraper tout le temps perdu, et la proposition n'était pas anodine. Les souvenirs n'allaient pas être meilleurs. Il s'en voulait à l'idée d'imposer une nouvelle épreuve à son fils, à tous, mais il ne voyait pas d'autre solution. En attendant... Il voulait profiter de cette belle soirée. La graver dans sa mémoire.

« Leon, c'est excellent. Tu nous gâtes. Un vrai maître de maison ! »

Et puis la soirée, comme toutes les bonnes choses, toucha à sa fin. Le sommeil des filles en fut le signal, comme c'était souvent le cas lors des soupers de familles. Attendri, Percy contempla Leon porter Any dans ses bras, tandis que Matthew s'occupait de Lou. Le directeur d'Arkadia avait rendu son embrassade au peintre, puis à Dahlia. Elle faisait des efforts pour faire progresser leur relation, et il lui en était reconnaissant. Il devait bien avouer qu'il voyait un peu de lui en elle, surtout dans la manière qu'elle avait de se garder. C'était un sentiment étrange, que de se retrouver ainsi dans quelqu'un d'autre. Quant à Matthew... Il ne savait toujours pas trop comment s'y prendre. Il y aurait sans doute toujours une certaine distance entre eux, il s'en rendait bien compte.

« Je suis heureux de vous avoir revus, les filles et toi. Merci de...merci de les avoir amenées dans ma vie. Rentrez bien, tous les trois. Prenez soin de vous. »

Ce n'était pas la dernière fois qu'ils se voyaient tous semble. Percy se devait de le croire. Pas s'il voulait que tout fonctionne pour le mieux. Quoi que mieux était un terme bien relatif... Il était prêt à tout pour protéger sa famille. C'était devenu son nouveau moteur. Pour que les siens puissent encore partager des moments comme celui-ci, sans devoir toujours regarder par-dessus leur épaule par crainte de Marisa. Le sourire aux lèvres, Percy saluait chaleureusement sa famille, consignant chaque nouvel instant dans sa mémoire. En une soirée, il avait amassé plus de trésors que tout une vie au service d'Arkadia.

Quoi que le futur leur réserve, il y aurait toujours la crémaillère.
Percy
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Sam 31 Mar 2018 - 10:35
La soirée avait filé avec une douceur et une fluidité qui avaient fait s'écouler les heures sans que les convives ne s'en rendent compte. Matthew fut le premier surpris de voir la position des aiguilles sur sa montre lorsque les filles commencèrent à rendre les armes. Elles avaient d'ailleurs été les premières a adopter cette nouvelle famille sans condition, le plus naturellement du monde comme le font les enfants.

Ravies de pouvoir partager leurs expériences, d'être écoutée et, il fallait le reconnaître, être un peu le centre de l'attention, elles avaient, à n'en pas douté, l'une des meilleures soirée de leur vie. Que rêver de plus que de pouvoir peindre avec un tonton, discuter avec une tata princesse et jouer avec des animaux de compagnie ?
Matthew avait presque renoncé à faire goûter à Lou le soufflé que son oncle avait préparer en guise de désert, jusqu'à ce qu'elle n'émette d'elle-même la condition de le manger sur les genoux de son grand-père. Le jeune père s'était apprêté à faire les gros yeux à sa fille avant de revenir sur sa première appréhension. Il jeta plutôt un œil à son géniteur, qui visiblement ne pouvait rien refuser à ses petites filles et Lohen céda. Avec une certaine fierté, la cadette mangea toute son assiette en conversant avec son papy, même si son discours avec des allures de monologue. Elle le remercia et sortie de table une fois la petite cuillère reposées, pour aller jouer seule et silencieusement dans un coin du salon avec un puzzle acheté dans la petite boutique de leur quartier. Anny s'était montrée moins difficile et se retira pour lire sur un canapé.
Le jeune urgentiste conversa avec les différents invités, en apprit un peu plus sur sa demi-sœur et son demi-frère, leurs activités, mais n'osait pas aborder dans les détails le sujet de leur séparation.

Aussi, lorsque les gamines, les yeux lourds, commençaient à s'endormir ici et là, le médecin su qu'il était l'heure pour eux de rentrer. Malgré Lou, qui était revenue s'endormir dans ses bras, Matthew avait voulu se proposer pour débarrasser la table et faire un brin de vaisselle avant de partir, mais il se heurta à des protestations polie arguant que cela allait réveiller les gamines. Aussi, on appela un taxi et se fut l'heure des au revoir. Lohen remercia chaleureusement son demi-frère pour l'accueil, les émotions de ce dernier étaient touchantes et l'embrassade se voulu réconfortante. L'oncle des filles prit Anny dans ses bras pour lui donner un coup de main et la petite ouvrit à peine un œil pour faire des bisous à tout le monde.

-Merci Dahlia, il enlaça sa demi-sœur, nous seront également ravis. jJ'espère tous vous revoir bientôt, avoua le père avec un petit sourire sincère.

Se fut pourtant une main qu'il tendit à son père à défaut de pouvoir tout à fait le prendre dans ses bras.

-Je crois qu'elles étaient également enchantées de finalement te rencontrer. On se revoit vite, j'en suis sûr.

Un dernier salut général à la ronde et le trio Emerson s’engouffra dans le taxi-vap pour rentrer sur New Town. Il n'y avait que le pont à traverser et ce serait rapide à cette heure de la nuit. Les deux têtes blondes dans les bras, le jeune père repensait à cette crémaillère et il sut qu'il en garderait un excellent souvenir.
Lohen
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