How I killed your mother (except not) [Lohen]

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Mer 5 Avr 2017 - 9:58
« Vous me les gardez à l’œil, quoi qu'il arrive. Je ne veux pas qu'elles se retrouvent un seul instant sans surveillance. Et tenez-vous prêts à agir ; elle pourrait décider d'agir à tout moment, et je refuse que les filles en paient le prix. Restez vigilants, et tenez moi informé. »

Percy coupa la communication, posa son téléphone sur son bureau, et le fixa d'un regard noir. Il n'était pas particulièrement de bonne humeur, principalement parce qu'il était inquiet et que ce n'était pas chez lui un sentiment habituel. Pas à ce point. Et pas pour quelqu'un d'autre. Dans le cas présent, ses deux petites-filles. Il ne les avait encore jamais rencontrées, mais cela n'avait aucune importance lorsqu'il s'agissait de leur protection. Et si Marisa n'avait pas changé, elles étaient en danger. Si elle s'intéressait à elles -et il ne doutait pas que ce soit le cas- ce n'était pas pour leur cuisiner des tartes aux cerises.

« Roan ne laissera rien leur arriver. » intervint Miranda. Elle effleura le bras de son patron, qui fut touché de sa sollicitude. La force tranquille de son lieutenant était devenue pour lui un roc sur lequel il savait toujours pouvoir compter. Là où auparavant il y aurait vu une faiblesse, aujourd'hui c'était pour lui une force. Et il pouvait également compter sur Roan. Il n'aurait pas pu choisir un gardien plus efficace pour les filles, si ce n'était peut-être Miranda, mais il avait besoin d'elle pour gérer le reste. Roan était l'un de ses plus anciens agents, et sa loyauté était indéniable ; il lui était resté fidèle lors du putsch de Marisa, et c'était grâce à lui qu'il avait finalement réussi à s'échapper. De plus, c'était l'un des plus redoutables combattants qu'il connaissait : il plaignait ceux qui se retrouveraient sur son chemin. Principalement parce qu'il faudrait probablement plusieurs sacs mortuaires par personne.

« Merci, Miranda. » Il le pensait vraiment. Elle n'avait pas son pareil pour le recentrer.

« Toujours, monsieur. Et l'accueil vient de m'annoncer que votre fils est arrivé. Je leur ai dit de le faire monter. » 

« Très bien. » Il redressa machinalement son col, et redressa sa cravate. Il ne voulait pas donner à Matthew l'impression qu'il était plus inquiet que nécessaire. Il n'eut plus qu'à attendre que son fils prenne l'ascenseur jusqu'à l'aéronef, et se dirige vers son bureau. Quelques minutes plus tard, on le fit entrer dans le bureau, et Percy se leva pour l'accueillir, avant de l'inviter à prendre place. Au lieu de retourner s'asseoir, son père resta debout, s'appuyant contre son bureau, les mains en arrière. Il avait longuement réfléchi à la meilleure manière d'annoncer la nouvelle à Matthew. Il n'avait que très brièvement songé le lui cacher, mais il avait vite fait fi de ce vieux réflexe. S'il voulait avoir une chance d'établir une vraie relation avec le jeune homme, il ne devait pas lui mentir. Encore moins pour ça ; il lui devait la vérité.

« Merci d'être venu aussi vite.Tu te rappelles de l'agent Lokchart. »
Miranda hocha la tête à l'adresse de Matthew. « Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Matthew : Marisa...ta mère est vivante. »

Autant être direct ; pour une nouvelle pareille, il ne voyait pas comment faire autrement...
Percy
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Lun 10 Avr 2017 - 0:41
A l'arrière du taxi, la voix du président nouvellement élu parvenait au passager à travers le grésillement d'une radio à la fréquence mal réglée. La voix déformée par les ondes à la réception fluctuante parlait avec une détermination caractéristique au personnage. Si le conducteur ne semblait pas perturbé par la réception particulièrement mauvaise,le passager, lui, n'y avait pas même prêté attention.
Dans son essence, le discours d'investiture aurait pu être qualifié d'inspirant. Matthew l'aurait d'ailleurs probablement trouvé intéressant, plutôt satisfait que le candidat pour lequel il avait mit son bultin dans l'urne ait été élu. Du reste, il n'avait pas cette confiance aveugle en l'homme, mais s'était reconnu dans les idées, il ne restait plus qu'au nouveau représentant du peuple de faire ses preuves.

Seulement, du discours en question, Lohen n'en écouta presque rien. Il avait d'autres préoccupations en tête. Mille autres préoccupations.

Le jeune homme avait raccroché le téléphone avec une boule au ventre. Il ne savait pas trop à quoi il s'était attendu en appelant son géniteur. Mais pas à ça. Sûrement pas à ça. Pourquoi sa mère était-elle venue sur le tapis ? Que pouvait bien nécessiter de remuer encore un fois le couteau dans la plaie de l'acte immonde commis par Perceval Rose près de dix ans auparavant ?
Se sentant incapable de continuer à travailler dans ces circonstances, le docteur Emerson s'était apprêté à partir avant la fin de son service et raccrocher sa blouse. Une chose qu'il ne faisait pour ainsi dire jamais, mais qui, dans cette situation inhabituelle, lui paraîssait nécessaire. Il n'aurait, de toute façon, pas réussi à penser à autre chose qu'a son père et aux derniers mots qu'il avait laissé sur son répondeur.

Du moins, c'était ce qu'il avait cru, cependant, ses pensées furent immédiatement captées par l'arrivée d'une demi douzaine d'ambulances et de véhicules de pompier dans la cours jusque là si tranquille de l'hôpital. Un immeuble avait pris feu dans l'hypercentre de la capital et l'on comptait pas moins d'une dizaine de blessés plus ou moins grave.
Ce qui explin quait l'heure et demi supplémentaire qu'il avait faite sans s'en rendre compte. Aussi, lorsque le calme retomba dans les urgences, Matthew en avait presque oublié ce qui l'avait tant préoccupé. Pour la seconde fois de la journée, l'humeur du jeune médecin fut entachée. En fait, il aurait préféré pouvoir rester dans son univers d'immeubles flammes, d'accidentés de la route, de blessés en tout genre...


Matthew n'avait pas la moindre envie de se trouver là. Il détestait cet ascenseur de verre presqu'autant que l'idée de devoir faire face à son géniteur. Il ne se sentait jamais assez préparé et au vue du sujet qui allait être abordé, la conversation n'allait rien avoir de plaisant. A ce moment précis, et pour la première fois depuis qu'il avait fait le premier pas de la réconciliation vers son père, le jeune homme le regrettait. Sa mère était morte et enterrée et il avait depuis longtemps fait son deuil, que son paternel ait encore quelque chose à y redire le rendait fou.

L'efficacité du personnel d'Arkadia avait cela d'agacer qu'elle était parfaite, sans le faire attendre, Lohengrin fut introduit dans le bureau du directeur.
Les lieux lui était maintenant familier, sans pour autant être hospitalier. Perceval l'accueillit sans effusion et lui-même resta distant. Silencieux, le fils alla s'installer là où son père lui avait désigné, seulement, il resta debout, en voyant que son géniteur ne s'asseyait pas. Il préférait garder ce semblant de pied d'égalité.
Il avait ensuite salué du chef l'agent Lockhart, avant de reporter toute l'intensité de son regard sur le directeur.

Perceval n'y alla pas par quatre chemin.

La révélation laissa son fils interdit. Pour une seconde, Lohen cru qu'il avait mal compris. Il y avait forcément une erreur. Quelque chose qui clochait. Il rêvait. Ou bien on lui faisait une blague...
Le coeur du jeune homme avait fait un bond dans sa poitrine, battant très fort et sans rythme régulier. Il lui semblait à présent qu'il s'était arrêté. Son cerveau également semblait s'être arrêté de fonctionner. Son regard vide d'expression fixait Percy. Il aurait dû se poser des milliers de questions. Des pourquois, des comments, des pourquois maintenant, comment était-ce possible... Mais rien de tout cela ne venait. Il se sentait vide et dans le vide se déployait peu à peu une colère sourde.

Sa mâchoire s'était crispée, ses poings aussi. Les mots sortirent bien avant la volonté même de les formuler.

-Vous n'aurez donc jamais fini de nous pourrir la vie, vous deux...

C'était la seule chose qu'il avait trouvé à dire dans ces circonstances. Tout ce temps. Toutes ses années, à s'en sortir, à se construire, se reconstruire. Tout ça pour que tout ce sur quoi il avait posé ses fondation était faux ? Où s'arrêtait le mensonge, où commençait la vérité ? Que savait-il vraiment, jusqu'à quel point allait-on continuer à lui cacher des choses, jusqu'où ces dissimulations allaient-elle... Non, en fait, il ne voulait même pas savoir dans quel but tout cela avait été fomenté. Il n'en avait rien à faire du pourquoi son père avait-il endossé cette mort et de la raison pour laquelle sa mère l'avait abandonné en ne prennant jamais la peine de le contacter.
Ce qu'il voulait était d'avoir une chance d'élever correctement ses deux filles, prendre soin d'elles autant qu'il pouvait, oublier le passé et ses origines, ne voir que l'avenir.

Le ton de Matthew fut catégorique:

-Je veux que vous restiez en dehors de ma vie. Tous les deux. Vous y avez suffisamment foutu le bordel, je refuse que vous entriez dans celle de mes filles. Je m'en contrefiche de vos histoires... Comment j'ai pu... Un seul instant... sa voix se brisait sous l'émotion. Son visage, marqué par la déception et la colère restait cependant froid. Comment j'ai pu te croire pour une seconde, avec toutes ces belles paroles...

En réalité, Matthew n'en voulait pas à son père. Après, tout, il était toujours le même homme, décevant, encore et encore. Non, Matthew ne pouvait que s'en prendre a lui-même, à sa faiblesse et sa naïveté.


-Qui sont ces hommes ? Cette femme qui me suit ? Tu as dis que ce n'était pas tes agents, qui sont-ils alors ?

Puis que c'était de là que tout était parti, autant obtenir une réponse. Le ton était glacial et distant, la question était posée comme si elle le révulsait de devoir en apprendre un peu plus sur toute cette histoire. Il ne voulait rien avoir affaire avec tour cela, seulement, s'il y avait un danger pour ses filles et lui, il devait le savoir.


Lohen
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Dim 16 Avr 2017 - 11:56
Percy s'y était attendu, mais cela ne faisait pas moins mal. La colère de Matthew était implacable, glacée, et il avait l'impression de prendre coups qui faisaient bien plus mal que n'importe quelle main envoyée dans la figure. Il dut faire un grand effort pour éviter de chanceler face à la force des sentiments de son fils; il ne put malgré tout s'empêcher de tressaillir. Même pour lui, il était impossible de rester totalement imperturbable dans une telle situation. Quoi qu'en pense le jeune homme furieux en face de lui, il restait humain. Et il n'avait certainement pas voulu ça. En fait, il n'avait jamais voulu que quoi que ce soit puisse autant affecter son fils. C'était ce qui l'avait poussé -pour des raisons flouées, ils s'en rendait compte aujourd'hui- à l'éloigner autant de sa vie, de peur que trop l'impliquer puisse le mettre en danger. Et peut-être parce que ça l'arrangeait bien de ne pas trop se rapprocher, de peur de vivre ça comme une faiblesse à travers laquelle on pourrait l'atteindre.

Résultat des courses, il avait sans doute perdu son fils à jamais, et ses petites filles aussi.

En toute franchise, il ne pouvait décemment pas en vouloir ä Matthew. Même si ce dernier n'avait pas toutes les cartes en main, sa réaction était légitime. Après tout, ses parents ne lui avaient jamais laissé attendre autre chose d'eux qu'être une source d'ennuis, de distance et de douleur.Une fois de plus, Percy était impressionné de voir à quel point le jeune homme avait bien tourné étant donné les circonstances. Plutôt que de se laisser dévorer par ses géniteurs et subir leurs actions, plutôt que de perpétuer la tradition familiale distordue, il avait choisi de s'éloigner autant que possible d'une telle vie, allant jusqu'à devenir sur bien des points l'exact opposé. Il avait travaillé dur pour se reconstruire, et tout ce qu'il avait aujourd'hui, il ne le devait qu'à lui-même. Son père n'en était certainement pas responsable. Et il était incroyablement fier de lui. Seulement, il l'était bien trop tard.

"Il semblerait que non." lâcha-t-il dans un souffle. "Je n'ai jamais voulu en arriver là. J'avais cru que nous pourrions laisser tout ça derriüre nous. Pour de bon. Que le passé n'aurait plus à nous hanter de cette manière. Surtout toi. Tu as toujours mérité bien mieux que tout ce que nous avons pu t'offrir."

Le retour de Marisa causait déjà des dégâts bien plus importants et personnels qu'il n'aurait cru possible en si peu de temps. Cela ne l'étonnait pas plus que ça, ceci dit; mais même le directeur d'Arkadia ne pouvait vraiment se préparer ä tout ça. Il était furieux, contre Marisa qui ne reculait devant rien pour atteindre son but, et avant tout contre lui pour s'être laissé manipuler aussi facilement. D'autant qu'il ne savait pas encore comment. Et sa famille en payait le prix. A quoi était-il bon, s'il ne pouvait même pas leur épargner tout ça?

"Ta mère a réussi à tromper la mort. A nous faire croire à tous qu'elle avait disparu pour de bon. Je viens de l'apprendre, parce qu'elle a choisi de révéler sa présence. Et je peux pas te mentir là-dessus. Pour la simple et bonne raison que sa survie représente un danger plus grand que tout. Tu ne veux plus jamais me revoir? Tu veux que je disparaisse de ta vie, de celles des filles? Je ne peux pas l'empêcher. Je ne peux pas non plus te convaincre que j'ai changé." La voix Percy perdit en assurance, et ses traits s'affaissèrent légèrement; il ne voyait pas l'intérêt de cacher sa tristesse. Puis il reprit un peu de contenance. "Mais je ne peux pas ne plus au moins garder un œil sur vous. Parce que ses hommes qui t'inquiètent, cette femme que tu as vue -et qui s'est laissé apercevoir- appartiennent à ta mère. Elle fait exprès de révéler sa présence ainsi, pour semer le chaos, mais ses intentions n'en sont pas moins claires: elle va venir pour vous, Matthew. Pour les filles. Je vous protégerai de loin si c'est la seule chose que je peux faire, mais je ne peux pas le laisser faire. Elle est dangereuse. Plus que quiconque le croit."
Percy
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Ven 21 Avr 2017 - 9:17
La douleur qui dévorait Matthew de l'intérieur était insupportable. Elle était l'étau dans sa poitrine et la lame dans son coeur.
L'amertume qui emplissait sa bouche allait jusqu'à lui donner la nausée, celle d'un dégoût viscéral et incontrôlable, qui lui nouait la gorge et lui faisait crisper la mâchoire pour ne pas vomir le flot de sa colère, gémir sa peine et crier sa rage.

Malgré la violence des émotions qui l'agitaient intérieurement, il avait tenté d'écouter les explications de son père, plutôt que de se renfermer en lui-même.
Lohen comprit alors que son géniteur avait lui-même ignoré, jusqu'à un certain point, le fait que Marisa était en vie. Pourtant, cela ne changeait rien, c'était toujours la même et pénible histoire...
Bien qu'il ait en réalité échoué, il n'en demeurait pas moins que Perceval avait tenté de tuer sa mère, quant à cette dernière...

Rien que d'y penser, Matthew devait ravaler une profonde et soudaine rancoeur.
Le jeune homme n'avait ressenti un tel chaos d'émotions au sujet de sa mère depuis l'annonce de son décès ; Le jour où une partie de son monde s'était écroulé. Il avait affronté la peine incommensurable, le sentiment de vide lié à la perte, le déchirement dû à l'abandon injuste, le désespoir de l'impuissance.
Il avait l'impression de revivre exactement ce moment. La trahison en plus. Il avait l'impression de devoir entreprendre un nouveau deuil, celui de ses illusions.

Tout ce temps, où elle était en vie, tout ce temps pendant lequel pas une fois elle n'avait cherché à le contacter...
Un étrange sourire amer traversa ses lèvres, un rictus plutôt, un rire jaune, billieux. Il riait de sa propre stupidité, incapable d'en pleurer, affligé par sa naïveté. Comment avait pu penser un seul instant que cette figure maternelle qu'il avait aimé, l'avait aimé en retour ? Ouvrir les yeux était extrêmement pénible. Il lui avait fallut l'abandon d'une mère. En réalité, le retour à la vie de Marisa était pire que sa mort.
Cependant, il devait ravaler cette rancoeur, surmonter ce sentiment de n'avoir été qu'une erreur indésirée et faire abstraction, s'il voulait trouver la force de continuer là où, une nouvelle fois, une partie de son monde et tout ce qu'il avait cru, s'effondrait.

Lohen était trop aveuglé par la colère pour voir les états d'âmes de son géniteur, sa mine déconfite. Elle n'aurait pu qu'être le dixièmes du tier de ce que Matthew ressentait, parce que celui-ci voulait croire que, contrairement à son père, ll ne méritait pas tout ça. Certes, peut-être ne méritait il pas d'avoir une famille aimante, ou même simplement présente, mais au moins voulait il espérer qu'il était en mesure de mériter la paix. Et c'était, et de loin, l'inverse de ce que ses géniteurs lui avaient réservé.

A présent, il aurait voulu avoir une chance de mettre, encore une fois, tout cela derrière lui. Reprendre sa vie, offrir à ses filles d'autres bases, meilleures, plus stables, en dépit de l'absence pénible de leur propre mère.

Au moins son géniteur sembla accepter facilement de ne plus interférer dans la vie du trio, seulement, il revendiquait la nécessité de garder un oeil sur eux, arguant la dangerosité de sa génitrice.
Le jeune père laissa le silence s'installer, le temps de trouver les mots face à l'absurdité de cette situation.

-Honnêtement, je n'en ai rien à foutre qu'elle puisse être un danger, pour toi, tes affaires ou même le reste du monde... En fait, je crois que ce n'est pas mon problème. Tout ce qui m'importe est le bien-être d'Any et de Lou, aussi je ne refuserai pas ta proposition de les garder en sécurité, tu me dois bien ça.

Le ton froid et détaché du jeune médecin était une façade. Il avait bien du mal à ne pas chanceler ni à laisser transparaître l'état dévasté dans lequel il se trouvait. Les révélations du directeur d'Arkadia étaient inquiétantes seulement, il devait penser au bien être de sa famille avant tout.

-Pourquoi est-elle revenue ? Demanda-t-il finalement. Depuis combien de temps es-tu au courant ? J'imagine que si elle compte revenir vers nous, ça ne sera pas pour jouer son rôle de grand-mère, qu'est-ce qu'elle veut ?

Puisqu'il était là, autant demander toutes les réponses.
Lohen
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Lun 15 Mai 2017 - 11:50
Malgré toute son intelligence, malgré toute son expérience, Perceval Rose ne pouvait pas prétendre imaginer ce qui pouvait se passer dans la tête de son fils en ce moment. Une telle nouvelle aurait eu un effet dévastateur chez n'importe qui, mais vu les personnes impliquées, cela se rapprochait plutôt du raz-de-marée cataclysmique. Une description qui cadrait bien avec Marisa, se dit Percy avec un ricanement intérieur. Elle s'abattait telle une force de la nature, sans la moindre considération pour ce qui risquait de se trouver sur son chemin. Sa fibre maternelle avait toujours été sa seule qualité rédemptrice , aussi Percy comptait là-dessus pour que le pire soit évité concernant la sécurité de Matthew et des siens, mais il ne pouvait en être certain. Après tout ce temps, nul ne pouvait dire à quel point elle avait changé, à quel point son amour pour son fils avec pu se distordre. Ce qui embêtait le plus le directeur, c'était qu'il ne pouvait mettre le doigt sur ce qu'elle voulait vraiment... Le pouvoir, la domination, voilà qui était certain ; mais...comment ? Et pourquoi ? Tout ceci pouvait attendre. L'important avant tout, c'était la sécurité de sa famille.

« Le danger qu'elle représente pour Arkadia ou le reste du monde n'est rien pour moi en comparaison du danger qu'elle peut être pour les filles et toi. Si je pouvais me livrer à elle, lui offrir ma vie pour préserver les vôtres, je le ferais sans hésiter. De cela tu peux être sûr, quoi que tu penses de moi. » Et Percy y avait sérieusement songé. Il y songeait encore, à vrai dire. Si cela devait être le seul moyen, il payerait le prix en un instant. « Arkadia me survivra, le monde aussi. Mais l'idée d'un monde sans vous... Si empêcher cette terrible idée est la seule chose de bien que j'aurai faite de ma vie, alors j'aurai finalement rempli mon rôle. »

L'ennui, c'est que pour le moment il n'avait aucune garantie que se livrer à son ex-femme assure la sécurité des siens. Il ne pouvait pas risquer un tel marché sans être absolument certain qu'elle tienne sa parole ; disparaître maintenant, laissant finalement sa famille sans protection, n'arrangerait pas les choses. Cela ne ferait même que les empirer. Non, il lui fallait plus de temps pour être sûr de son coup et, surtout, pour trouver un moyen de résoudre la situation qui n'appellerait aucun sacrifice inutile. Mais une chose restait claire : la considération de Percy pour sa vie et sa situation n'avait aucun importance face à celle qu'il ressentait pour son fils et ses petites-filles. Même si Matthew ne le croyait. Que son fils le renie pour de bon lui faisait beaucoup de mal, bien sûr, et l'idée de ne plus revoir les petites-filles qu'il venait de rencontrer lui était insupportable, mais cela ne changeait rien : d'une manière ou d'une autre, il les protégerait jusqu'au bout, et ce quoi qu'il arrive.

« La sécurité des filles est la chose la plus importante. Pour répondre à tes questions... Je suis au courant de son retour depuis peu. Depuis l'attaque qui s'est déroulée à un sommet de Mesa Corporation, à Singapour ; tu en as sûrement entendu parler aux nouvelles. Elle s'est hissée dans les rangs de la société, et je la soupçonne d'y détenir un pouvoir non-négligeable. J'ai pris le temps de faire quelques recherches, de m'assurer de ce que je savais avant de t'en parler. Et le moment est venu. Si j'ai repéré ses agents en surveillance, c'est bien parce qu'elle le voulait. Elle prépare quelque chose, mais je ne sais pas quoi. Et si elle avait simplement voulu reprendre contact avec toi, elle l'aurait déjà fait. Son amour pour toi a toujours été le dernier lien qui la reliait à son humanité. Qu'elle n'ait pas tenté de t'approcher directement m'inquiète du coup plus qu'autre chose. Je ne sais pas ce qu'elle veut, mais je sais qu'elle ne reculera devant rien pour l'obtenir. »

Une alerte discrète se déclara sur le terminal de Percy, qui prit connaissance des informations avec un froncement de sourcils. Voilà qui était curieux... Certains des agents sous surveillance avaient été repérés, d'une manière qui ne prêtait pas à l'inquiétude quant à leurs agissements mais qui restait curieuse. Rose releva les yeux sur son fils, un soupçon désagréable à l'esprit : « Dis moi, où sont les filles en ce moment ? »

Percy aurait dû le savoir, mais les rapports des opérateurs qu'il avait assigné à leur surveillance étaient curieux. Parfaitement adéquats, mais quelque chose lui mettait la puce à l'oreille...et il n'aimait pas du tout ça.
Percy
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Mer 17 Mai 2017 - 23:10
Peu de choix s'offraient à notre protagoniste. Aussi tentait-il de mettre ses états d'âme de côté comme on tente d'écoper un navire qui à une voie d'eau : avec la force du désespoir. Tenir la barre en dépit du trou béant dans la coque de son cœur brisé par nouvelle du retour de sa mère et de la tempête de sentiments qui était en train de s'abattre sur sa tête comme un gros grains qui ajoutait un peu plus de flotte dans cet océan qui montait inexorablement par la cale. Garder le cap, alors que face à lui se dressait un mur d'eau, une vague destructrice qui portait le nom de Marisa, puisque fuir serait vain. Aussi, essayer une traversée désespérée avec pour seuls moteurs, l'espoir d'en sortir peut-être miraculeusement indemne et quelques prières à des dieux marins capricieux. Et au pire, s'accrocher, comme on s'accroche à un radeau de fortune -ou au moins à quelques planches-, à la possibilité infime de s'en tirer indemne et ainsi dériver lentement en attendant que l'ouragan cesse. Et surtout, ne pas sombrer.

Matthew ferma les yeux pour une seconde. Une seconde rien que pour lui, pour se recentrer, rassembler ses esprits, ses questionnements. Une seconde pour faire le point sur une situation en apparence absurde qui prenait, dans son esprit fatigué, la forme d'un naufrage assuré.
S'il semble ne prêter que peu d'attention aux paroles de son père, gérant la nouvelle et ses émotions comme il le pouvait, c'était là une apparence trompeuse. Chacun de ses mots était entendu, à contre cœur, assurément, mais assimilé tout de même.
Ils en étaient donc là ? Au point où son géniteur craignait pour leur vie ? Pour sa vie à lui, et celle de ses filles ?

Lohen aurait préféré croire qu'il ne s'agissait que d'une technique tordue et perverse comme Perceval avait par le passé su si bien les employer, une manipulation visant à le monter contre sa mère, la discréditer, à tuer dans l’œuf toute tentative de retrouvaille.
Mais Matthew devait rester rationnel. Marisa n'avait jamais daigné donner signe de vie, lorsqu'en revanche, son géniteur n'avait plus la moindre raison d'agir ainsi. Pour la première fois depuis... toujours, Matthew ne doutait pas de la sincérité des paroles de l'homme face à lui. Le directeur d'Arkadia avait tout fait pour avoir une chance de renouer le contact avec son fils, ses efforts s'était fait nombreux et les preuves d'une forme de recherche de rédemption ne pouvait être démenties... aussi, tenter de l'éloigner de sa mère sans raison valables auraient été contre-productif.
Non, Perceval s'alarmait plutôt du fait que la revenante n'ait jamais tenté de revoir son fils. Une preuve supplémentaire -et d'autant plus pénible- pour ce dernier qu'elle avait définitivement fait le choix d'abandonner son rôle de mère. A quoi bon s'embarrasser d'une progéniture lorsque l'on avait des ambitions. Quelles ambitions ? Conquérir le monde ? Ironisa le jeune homme intérieurement. Perceval parlait de cette société qui avait fait parler d'elle dans le courant de l'automne, un fait divers dans le milieu de l'économie, une attaque terroristes anti-capitaliste dont les médias avaient fait leurs gros titres pendant un temps, jusqu'à une nouvelle plus juteuse encore. Le médecin avait probablement vu passer l'information, sans réellement s'y intéresser. A aucun moment il n'aurait pu imaginer qu'elle ait un quelconque lien avec sa mère. Quels étaient les enjeux de tout cela ? Le pouvoir, l'argent ? Autant de choses complètement déconnectées de la réalité dans laquelle Matthew vivait. Qu'est-ce qui pouvait bien justifier tout cela ? Une vague de colère prit à nouveau le jeune père à la gorge. Il lui en voulait tellement. Débarrassée de leur lien du sang, de quoi était-elle à présent capable ? Ses inquiétudes étaient-elles justifiées ? Devait-il s'éloigner, partir avec ses filles pour les protéger ? Rose semblait préoccupé, plus encore par le fait de ne savoir ce qui les attendait que par ce qui les attendait réellement.

Ses questionnements silencieux furent alors interrompu par celui, formulé à voix haute, de Percy. Cette interrogation suscita chez le jeune père une méfiance. Pourquoi cette question, n'était-il pas censée détenir ce genre d'informations ? Lohen y voyait là une questions rhétorique un peu agaçante. Était-il en train d'essayer de luis faire croire qu'il n'en avait pas la moindre idée, imaginait-il que Matthew ne se doutait pas qu'il gardait, même le plus discrètement possible, un œil sur sa famille ? Ce n'était pas parce qu'une chose n'était pas palpable qu'on ne pouvait pas se douter de sa présence, surtout lorsqu'elle venait de son père.
Il consulta tout de même, mais de mauvaise grâce, sa montre, avant de répondre :

-Un jour de semaine, à cette heure ci, elles sont à l'école. Sans message contraire de ma part, Marta est probablement en train de partir de la maison pour aller les chercher. Mais quand je suis de matinée et que j'arrive à finir à l'heure, c'est moi qui y vait.

Un moyen subtile de souligner qu'à cause de cette conversation pénible, Matthew manquait la sortie d'école de ses deux anges.

-J'imagine qu'il y a une raison à cette question, ajouta-t-il un brin désabusé de toute cette situation.
Lohen
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Mer 24 Mai 2017 - 9:27
La première équipe d'agents chargée de la surveillance discrète des petites filles du directeur d'Arkadia n'eut pas vraiment le temps de réagir. Ceux qui leur tombèrent dessus semblèrent jaillir de nulle part, et agirent avec une efficacité redoutable. C'était comme s'ils avaient pu deviner leur présence avec précision... ou qu'ils les avaient eux-mêmes attendus. Néanmoins, la lutte fut âpre. Mais le délai fut suffisant pour la suite des opérations. Une voiture jaillit d'une rue transversale pour couper la route à Marta qui sortait de l'école avec les filles, s'engageant jusque sur le trottoir, tandis qu'une autre débarquai pour les coincer dans l'autre sens. Les portières s'ouvrirent dans un ensemble sinistre, tandis qu'une demi-douzaine de personnes, hommes et femmes, se mirent à encercler la gouvernante et les deux enfants. Tandis que ses collègues pointaient leurs armes sur le trio, une femme manipula son bloc de poignet, jusqu'à ce qu'en jaillisse l'image d'une femme mince, aux longs cheveux flamboyants et à la figure sévère et hautaine.

Le véritable visage de Marisa Rose.

« Any, Lou, je suis heureuse de faire enfin votre connaissance. Je suis votre grand-mère, et j'ai de grands projets pour vous. » Son sourire semblait calculé malgré le soin qu'elle prenait pour le rendre aussi doux que possible. « Votre père, votre grand-père... Jamais ils ne vous permettront de réaliser votre plein potentiel. Et je suis la mieux placée pour assurer votre protection. Je me réjouis de m'occuper de vous comme il se doit. » Puis elle sembla se rendre compte de l'existence de Marta, qu'elle gratifia du regard froid du prédateur : « Ah oui, la nounou. Embarquez-la aussi, elle peut servir pour l'instant. Débarrassez-vous en si elle pose problème. Et faites vite. » Puis l'hologramme disparut.


Les systèmes de surveillance du coin avaient été mystérieusement désactivés, tandis qu'un brouillage de communications auquel échappaient les appareils de Mesa empêchaient les témoins d'appeler directement des secours. Mais les autorités n'allaient pas tarder, il fallait agir vite. Deux des kidnappeurs s'approchèrent de leurs victimes.

La deuxième équipe d'agents chargée de la surveillance discrète des petites filles du directeur d'Arkadia choisit ce moment pour agir.

Elle avait ceci de particulier qu'elle n'était constituée que d'un seul homme, dont la seule tâche était depuis quelque temps maintenant de garder un œil sur Matthew, Marta, et les fillettes. Jusqu'à emménager presque à côté il y a plusieurs semaines, nouveau voisin discret mais attentif. Roan, l'agent Alpha le plus meurtrier d'Arkadia, prenait ses missions très au sérieux. Leur but lui importait peu ; du moment qu'il avait ses ordres, il les réalisait. Pour lui ainsi, seuls importaient les résultats. Son patron voulait qu'aucun mal ne soit fait aux quatre personnes qu'il avait placées sous sa protection, et bien il s'en chargerait. Quoi qu'il arrive, et par tous les moyens possibles. Il avait pris de la hauteur, grimpant à l'échelle de secours d'un vieux bâtiment de seulement deux étages. Puis, comme s'il s'agissait du plus routinier des exercices, il se laissa tomber sur une des voitures.

Le choc fut terrible, mais pas autant que l'expression qu'il avait sur le visage lorsqu'il dirigea toute son attention sur ses adversaires. Malgré leur professionnalisme, ils ne purent s'empêcher d'être surpris ; Roan savait travailler ses entrées, et une seconde d'intimidation réussie pouvait parfois changer la donne. Ils durent le sentir, car tous se regardèrent nerveusement, essayant de se rassurer en comptant sur le nombre. Roan sourit, à la manière du chat qui regardait les corbeaux s'agiter dans le champ. Ce ne serait pas du jeu : il était beaucoup trop nombreux pour eux.

Il projeta les mains en avant, et deux lames jaillirent de ses manches pour venir chacune se ficher dans l'épaule d'un agent ennemi ; tous deux s'écroulèrent en grimaçant. Dans le même mouvement, Roan profita de son élan pour bondir sur la femme au bloc poignet, qu'il étendit d'un seul coup de boule. Puis il se saisit de son corps assommé, le fit tournoyer au-dessus de sa tête comme s'il ne pesait pas grand chose, et le lança sur deux autres adversaires. L'un d'eux eu le réflexe de l'éviter, son camarade eut moins de chance. Ce qui laissait deux assaillants, qui n'hésitèrent pas avant de faire feu de leurs silencieux, visant méthodiquement. Plusieurs balles touchèrent Roan de plein fouet -à l'épaule, à la jambe, au côté- mais il ne ralentit même pas sa charge, se contentant de sourire de plus belle. Son insensibilité à la douleur n'était pas due à des dons de prodige, dont il était dépourvu ; mais il n'en avait pas besoin pour faire son travail. D'une main, il saisit le poignet d'un tireur pour le briser d'un coup sec, avant de l'étendre d'un coup de coude. Puis il se saisit de l'autre, une femme qu'il saisit par le col avant de l'envoyer s'écraser contre la voiture dont il avait bien cabossé le toit en tombant dessus. Puis, sans attendre, il fit le tour de la scène du combat, afin de rassembler les armes, qu'il rendit inopérante les unes après les autres. Il avait fait l'effort de ne pas sauvagement tuer qui que ce soit devant les gamines, une consigne que le patron lui avait demandé de respecter autant que possible. Quant à ses blessures, il ne semblait même pas remarqué les balles enfoncées dans son corps, ou le sang qui coulait ; il en avait vu d'autres. Il était occupé à fouiller les corps étendus quand un transport d'Arkadia atterrit à même la route. La porte s'ouvrit, et Roan l'indiqua d'un signe de tête, avant de s'adresser à Marta et ses protégées : « Montez. »

L'homme au visage marqué économisait généralement plus ses mots que ses balles, mais il crut quand même bon de faire un effort : « Je suis le nouveau voisin. Votre père vous attend. »

* * *

Percy raccrocha son téléphone avec un soulagement manifeste, puis se laissa aller contre le dossier de son fauteuil, regardant le plafond en poussant un long soupir tout en se massant les tempes. Il avait déboutonné le col de sa chemise et ôté sa cravate, victime de sa nervosité. Il échangea un regard avec Miranda, qui hocha la tête, l'air aussi rassurant dont elle était capable. Puis Rose redirigea son attention vers son fils, cherchant les mots qui expliqueraient le mieux la situation.

« Il y a eu une...tentative. Elle a essayé de prendre les filles, en pleine rue, à la sortie de l'école. Elles vont bien, un de mes agents les en a empêcher, et un transport est allé les chercher. Elles devraient arriver dans quelques minutes, avec Marta. »

Il avait promis qu'il ferait tout pour les protéger, et ce serait le cas tant qu'il serait en vie. Quoi que Matthew puisse penser de lui, il espérait que ce dernier pourrait au moins reconnaître à quel point il était sérieux sur la question.

« Elle n'est pas venue en personne, bien sûr, elle a envoyé ses propres agents. Et ils ont neutralisé certains des miens avant. Mais Roan est intervenu. Je...je suis désolé, Matthew. Tout est de ma faute. Si j'avais été meilleur, à l'époque... Les choses seraient peut-être différentes, aujourd'hui. J'aurais dû... » Mais à quoi bon ressasser le passé comme ça ? Il ne pouvait pas le changer, et cela faisait une belle jambe à Matthew que de l'exprimer. « Tout ce qui compte maintenant, c'est la sécurité des filles. Quand j'ai dit que je ne laisserai rien leur arriver, je le pensais. Et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir. »

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Jeu 8 Juin 2017 - 23:24
D'un air sérieux et parfaitement concentré, Any résumait avec grand soin sa journée d'école. Marta, qui donnait l'air d'écouter cette énumération passionnante avec intérêt, observait la gamine avec tendresse.
Lorsque cette dernière étouffa un petit cri de surprise, la jeune fille au pair releva prestement la tête, raffermit instinctivement sa prise sur les mains des filles dans les siennes, et d'un geste un peu sec mais précis, vint ramener les gamines contre elle avant de passer ses bras autour de leurs petites épaules pour les forcer à rester tout contre elle.

Le premier véhicule avait pilé devant le trio, un second s'immobilisait déjà derrière elles, coupant toute retraite. La surprise et l'incrédulité des premières secondes, pendant lesquelles le doute était encore possible, avait été très rapidement balayée par la peur et l'incompréhension lorsqu'une série d'hommes et de femmes armées sortirent des véhicules pour les encadrer.
A ce moment précis, en dépit de l'absurdité de la situation, Marta compris qu'il s'agissait d'une tentative d'enlèvements. Terrorisée, elle prenait sur elle pour les fillettes, aux pieds desquels elle s'était accroupi pour les serrer tout contre elle, contre sa poitrine, ses mains sur leurs petites têtes blondes.
Elle ne pourrait rien contre la demi-douzaine de mercenaires, mais il faudrait tout de même qu'ils lui passent sur le corps avant de s'en prendre aux enfants.
Elle pouvait sentir leur petit coeur battant à tout rompre contre le sien, tout aussi paniqué. Any retenait un sanglot et Lou ne semblait pas comprendre ce qui se passait. La jeune fille au pair regardait avec les yeux ronds l'image holographique qui s'adressait aux filles de Matthew.

L'angoisse l'empêchait de formuler des pensées claires. Une seule idée fixe tournait en boucle: prévenir Matthew. Mais comment ?
L'image de la femme avait maintenant disparu, fixant par la même occasion, le sort de la jeune femme. Marta s'apprêtait à sortir les ongles et mordre au besoin, alors que deux hommes s'apprêtaient à embarquer les filles. Mais cela n'arriva pas. A la place, ils s'effondrèrent dans des grognements de douleur, libérant de leur prise Any et Lou qui gesticulaient en gémissant. Sorti de nul part, un homme mit à terre leurs assaillants en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire.
Bientôt, plus personne ne leur faisait face, que cet homme étrange -dont une partie du visage n'était qu'une large cicatrice- et les corps éparses, blessés ou peut-être même pire...
Marta n'en était pas beaucoup plus rassurée, mais ne pouvait nier que cette intervention providentielle les avait tiré d'un très mauvais pas. Aussi, même si c'était à contre coeur, même si elle n'avait pas la moindre confiance, quel autre choix se présentait à elles ?

*

-Tu es en train de me dire... Que ma mère a tenté de faire enlever mes filles... ?!

Même dans sa propre bouche, la phrase lui apparaissait grotesque.

Matthew ne savait plus quoi penser, faire ou dire. Il était sous le choc. Il était furieux, désemparé, il ne savait pas s'il avait envie de frapper dans le premier truc qui lui passait sous la main ou s'il allait s'effondrer, aussi, il demeura parfaitement silencieux, clignant des yeux plusieurs fois, un peu bêtement, comme pour s'assurer que tout cela n'était pas un foutu cauchemar. Un foutu cauchemar duquel il était grand temps de se réveiller.
L'assurance que tout le monde allait bien n'était pas suffisante, les filles et Marta étaient en route, elles allaient être amené ici, à Arkadia.
Le jeune père n'écouta pas vraiment le reste des informations, il avait saisi les principales. Lou et Any allaient bien, ainsi que Marta, et sa mère était devenue une folle furieuse. C'était les deux seules informations qui avaient une valeur à ses yeux.
Comment et pourquoi étaient les deux questions qui résonnaient ensuite dans son esprit.

Lorsque l'on frappa à la porte, et qu'elle s'ouvrit sur le trio tant attendu, un poids tomba de ses épaules.

-Les filles ! Marta ! Il traversa la pièce à grands pas et prit les trois arrivantes dans ses bras. Embrassa les têtes blondes, jeta un coup d'oeil inquiet à la baby-sitter avant de demander avec empressement:

-Ça va ?! Vous n'avez rien ?! Il observa les fillettes qui, au delà du choc, semblaient en parfaite santé, il en était de même pour Marta. S'agenouillant, il avait pris ses filles contre lui, les enlaçant de toutes ses forces dans un soulagement qui avait succédé à la peur. Il ne se heurta même à pas à des protestations, signe que ses filles avaient été secouées.

-Je ne sais pas ce qui s'est passé, avoua la jeune étudiante tremblante et prête à fondre en sanglot, manifestant le besoin de se justifier. On sortait tout juste de l'école... Matthew, je suis vraiment désolée...

Sans réfléchir, le jeune père prit l'une des mains de sa jeune fille au pair dans les siennes et chercha son regard.

-Marta, ce n'est absolument pas de ta faute, tu entends. Tu as réagi exactement comme il le fallait. C'est moi qui doit m'excuser de t'avoir confronté à ça, si j'avais su...

Lou, qui suçait son pouce comme lorsqu'elle était grandement contrariée, se détacha de son papa dont l'attention était pour le moment sur Marta et s'approcha de son grand-père en levant de grands yeux mouillés vers ce dernier avant de finalement tendre ses deux bras vers lui dans un signe universel de "Tu me portes dans tes bras ? Je veux un câlin".

Any, elle, était toujours dans les jambes de son géniteur et d'une petite voix, dit:

-La dame a dit qu'elle était notre grand-mère. C'est vrai ? Elle a dit qu'elle avait de grands projets pour nous... Pourquoi elle a dit ça papa ?

Le papa en question, bien en peine de comprendre de quoi sa fille parlait exactement, lui jeta un regard d'incompréhension.

-De quoi tu parles, Any ? Se tournant vers son père à lui. Je croyais que Marisa n'était pas là ?

-La dame de l'image. Précisa l'aînée. C'est ce qu'elle a dit. Elle a dit que toi et papy, vous ne nous permettrez pas de réaliser notre potentiel. C'est quoi notre potentiel ? Elle a aussi dit qu'elle était la mieux placée pour assurer notre protection et qu'elle se réjouissait de s'occuper de nous. Ça veut dire qu'on va devoir aller chez elle, papa ? Elle avait pas l'air très gentille, je veux pas aller avec elle moi !

Sa petite voix se faisait toute plaintive alors qu'elle se remémorait l'intervention holographique de Marisa. Elle avait vraiment pas envie qu'on l'empêche de voir son papa.

Matthew, qui avait du mal à assimiler toutes les informations, regardait tour à tour sa fille et la nounou pour recouper les informations et donner un sens à l'absurde. Conscient qu'il ne pouvait pas solliciter davantage Marta, il tourna son regard vers son père.

-L'une de personne chargée... Chargée de récupérer les filles avait un bloc-poignet qui a délivré un hologramme..Je n'arrive pas à me rappeler exactement ce qu'elle a dit, mais je crois que c'était quelque chose comme ça, oui...

Matthew sera les dents. Marisa avait définitivement perdue toute raison et toute décence.

Pour la première fois depuis qu'ils étaient entrés, le père inquiet remarquait le quatrième protagoniste. Un homme qui ne lui était pas inconnu puisqu'ils s'étaient déjà croisé plusieurs fois dans le quartier de Drummond Place. Poli mais très discret comme les gens l'était dans ce quartier de la nouvelle ville, il en avait déduit à ce moment là qu'il s'agissait d'un nouveau voisin... Il comprenait mieux, à présent...
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Mer 14 Juin 2017 - 13:35
Percy avait été averti de l'arrivée des filles et de leur gardienne dès qu'elles avaient atteint l’ascenseur qui menait au Balance Point. En fait, il avait été tenu au courant de leurs déplacements dès leur sauvetage, une équipe d'intervention ayant été mise sur le coup. Mais cela n'était rien en comparaison du soulagement qu'il ressentit en les voyant débarquer dans le bureau. Il avait beau les avoir rencontrées il y a peu, à la pendaison de crémaillère de Leon, il les considérait comme faisant partie indéniable de sa famille. Même si Matthew devait souhaiter qu'il n'ait plus de contact avec elle, il ferait tout pour les protéger. Quoi que cela lui en coûte. En les voyant réunies avec leur père, il se promit solennellement qu'il trouverait le moyen de leur éviter tout danger. Qu'elles n'aient plus jamais à vivre une expérience pareille. Non, elles ne tomberaient pas entre les griffes de Marisa, il s'en fit le serment. Et au regard que lui lança Miranda, il sut que son bras droit avait compris. Il savait qu'elle partagerait sa résolution, mais avait-il décelé de l'inquiétude dans ses yeux ? Après tout, elle savait ce que cela voulait dire lorsque son patron était prêt à tout...

« Je suis heureux de vous voir toutes saines et sauves. » finit-il par dire, ne voulant pas s'immiscer dans les retrouvailles. Si la même chose était arrivée à Matthew lorsqu'il était enfant, Percy aurait-il été aussi inquiet ? Il était peiné de s'avouer qu'il ne pouvait en être sûr. A l'époque, il s'était blindé contre toute atteinte personnelle, n'accordant aux sentiments qu'une maigre place qui équivalait à déjà bien trop de faiblesse. Aujourd'hui...et bien, l'attachement restait une faiblesse, mais quand n'était-ce pas le cas ? Il savait maintenant que c'était aussi une force. Une raison qui valait la peine qu'on se batte pour elle. Une raison de laisser le monde un peu meilleur qu'il l'avait trouvé, ne serait-ce que pour permettre à ses petites-filles de grandir en sécurité. Il cherchait quoi ajouter, quand il aperçut Lou, qui s'était approchée. Le pouce dans la bouche, elle levait les yeux vers lui. Il resta un instant interdit, puis mis un genou à terre et tendit les bras pour l'accueillir. La serrant contre lui, il se releva doucement. «Ta sœur et toi êtes en sécurité, ici. Est-ce que voudrais faire un tour de l'aéronef, après ? Peut-être jeter un œil à la salle des commandes ? »

Perceval Rose avait toujours cru être préparé pour tout, mais rien ne l'avait préparé à être un grand-père. Ni un père, pensa-t-il en regardant Matthew en pleine conversation avec son aînée. Et si cela restait terrifiant, cela ne le dérangeait peut-être pas autant qu'il l'aurait cru, d'être surpris ainsi. Là aussi, il ferait de son mieux. Selon les souhaits de son fils, bien sûr. Il se rapprocha de Marta, la jeune femme qui veillait sur les petites. Elle semblait passablement secouée, ce qu'il pouvait comprendre.

« Je suis désolé que vous ayez été mêlée à ça. Et...je vous remercie infiniment de veiller sur elles comme vous le faites. On m'a dit que nous n'avez pas flanché, que vous étiez prête à tout faire pour les défendre, jusqu'au bout. Vous êtes très courageuse, mademoiselle. Si vous deviez avoir besoin de quoi que ce soit, et ce n'importe quand, comptez sur moi. »

Il était véritablement impressionné, et il le pensait : en ce qui le concernait, elle serait protégée comme si elle faisait partie de la famille. Tenant toujours Lou contre lui -toujours un peu étonné mais surtout satisfait, comme s'il craignait de devoir la lâcher un jour...et pour de bon- il rejoignit sa sœur et son père.

« Any, Lou, vous n'avez pas à partir. A aller à votre... avec cette femme. Elle est... Disons que ce n'est pas une très bonne personne. Je ferai tout ce que je peux pour vous protéger, vous, votre père et Marta. Pour que vous puissiez vivre la vie que vous voulez, pas celle qu'on cherche à leur imposer. » Bon, il n'avait pas encore beaucoup d'expérience pour parler avec les enfants, il le concevait. Encore un domaine dans lequel il espérait avoir la chance de s'améliorer. Puis, à Matthew : « Nous pourrons convenir ensemble de la meilleure manière de les protéger. Je ne ferai rien son ton accord, je ne te cacherai rien non plus. Et si vous avez des questions, je ferai de mon mieux pour y répondre. Et en parlant de protection... »

Roan était présent lui aussi ; malgré son allure imposante et son visage menaçant, il savait se faire discret. C'était là un des nombreux talents qui faisait de lui un des meilleurs agents d'Arkadia. Plus implacable encore que Miranda lorsqu'il avait une mission, ce qui expliquait en partie pourquoi il lui avait confié sa famille. De plus, sa loyauté était indiscutable. C'était à lui qu'il devait sa libération lorsqu'il avait été emprisonné par Marisa toutes ces années auparavant. Sans lui, il ne serait pas ici aujourd'hui, il n'aurait jamais pu changer la manière dont il voyait le monde et dont il dirigeait Arkadia...et il n'aurait jamais renoué le contact avec Matthew, jamais rencontré les petites. Il n'aurait jamais rencontré les jumeaux, si il continuait sur sa pensée. Il devait énormément à Roan, plus qu'il ne devait à qui que ce soit, et l'homme s'était contenté de rester loyal, de le suivre quoi qu'il fasse, sans jamais discuter ni se plaindre. Par bien des côtés, l'agent alpha restait un mystère pour son patron, mais c'était probablement un des seuls mystères dans lequel il plaçait toute sa confiance. Et il ne manquerait pas de le remercier comme jamais pour avoir protégé les petites.

« Matthew, les filles... Je vous présente Roan. C'est un vieil ami à moi. Je lui ai demandé de devenir votre voisin, pour vous protéger. Et je suis content de l'avoir fait. Si cela ne vous dérange pas...j'aimerais qu'il puisse le rester. Vous pouvez compter sur lui. Je lui confierais ma vie, ce que je ne fais jamais à la légère. Et je lui confie les vôtres. »

Roan hocha la tête, puis surprit son patron ; lui qui était toujours si invariablement taciturne, il accorda aux filles ce qu'il n'avait encore jamais vu chez lui (et vu sa mémoire, Percy pouvait en être sûr) : un sourire, qui semblait sincère, et étrangement doux sur un visage aussi dur.

« Considérez moi comme votre protecteur. »
Percy
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Sam 8 Juil 2017 - 17:38
Dans les bras de son grand-père, Lou se sentait en sécurité. Un pouce toujours à la bouche, elle était venue poser sa petite tête blonde contre l'épaule de Perceval et restait parfaitement silencieuse. Sa soeur, elle, demeurait dans le giron de son père en observant tour à tour les différents protagonistes de cette sortie d'école vraiment pas commune.

Tandis que le directeur remerciait Marta pour son dévouement, cette dernière lança un regard étonné au père des filles qu'elle gardait, comme s'il lui manquait un élément pour comprendre le sens de toute cette histoire.
Matthew soupira de dépit.

-Marta, je te présente mon père, Perceval Rose, dit-il sur un ton dénué d'entrain qui laissait entrevoir sa réticence à faire les présentations.

Marta, dont la perplexité était palpable, aborda cependant un sourire poli et salua du chef l'homme que son employeur présentait comme son géniteur.

-Enchantée, assura-t-elle sincèrement en dépit de l'émotion qui trahissait dans sa voix. Elle était encore un peu sous le choc mais il lui semblait qu'un voile se levait peu à peu sur une situation qu'elle avait toujours trouvée obscure.
Matthew s'était résolument gardé de parler de sa famille à l'étudiante, la rencontre inopinée avec sa mère semblait éclairer les raisons de ce mutisme. Il était indéniable que la jeune femme aurait voulu en savoir plus mais le visage particulièrement fermé de Matthew n'était pas une invitation à satisfaire sa curiosité, somme toute justifiée.

Pour sa part, Lohen était dans un état particulièrement sombre. Partagé entre colère, amertume et inquiétude,le jeune père se sentait capable d'en vouloir à la terre entière. Il s'en voulait à lui, en premier lieu, d'avoir fait subir cette épreuve à ses filles et à Marta. Il estimait avoir sa part de responsabilité dans cette histoire puisque, contre la voix de la raison, il avait fait le choix de donner une chance à Percy, il mesurait aujourd'hui l'ampleur de son erreur. Évidemment, il en voulait également à ce dernier, sans quoi rien de tout cela ne serait arrivé, mais il en voulait d'autant plus à Marisa qu'aucun mot ne pouvait plus qualifier, ni ses actes immondes, ni sa folie furieuse.
Une nouvelle fois, Lohen souleva l'absurdité de la situation. Dans quelle vie se levait-on le matin persuadé que sa génitrice était morte pour apprendre avant la fin de la journée qu'elle était bien en vie et avait tenté un kidnapping sur sa progéniture ?

En proie à ses réflexions intérieures, le jeune père resta parfaitement silencieux alors que le directeur tentait de rassurer ses deux petites-filles. De toute façon, qu'y aurait-il eu à redire ? Si ce n'était que ses parents semblaient avoir décidé de lui pourrir la vie jusqu'au bout, ainsi que celle de ceux qui lui étaient le plus cher. Mais une autre pensée lui apparu, plus inquiétante encore. Marisa allait-elle s'arrêter à la première tentative infructueuse ? Il en doutait. Combien de temps encore Any et Lou auraient-t-elles besoin d'une protection ? Perceval allait-il à nouveau tenter d'arrêter son ex-femme ? Cette fois encore, d'une balle en pleine tête, ne pu s'empêcher de demander cyniquement une petite voix dans son esprit. Autant de questions qui provoquaient chez le jeune homme un malaise indescriptible.
Pourquoi diantre avait-il fallut qu'il cède à un désir primaire et enfoui, celui de renouer avec ses origines ? Nous l'aurons compris, bien mal lui en avait pris.

-Je n'en sais rien, répondit Matthew plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu lorsque Rose aborda le sujet de leur protection. Je suis censé savoir comment je dois les protéger de leur propre grand-mère, alors qu'il y a même pas une heure je pensais ne jamais revoir ?!

Le médecin, pourtant si souvent capable de garder un calme olympien, avait élevé le ton. Ses filles l'observèrent d'ailleurs avec des yeux ronds tant ce haussement de voix était rare.
Lohen soupira, exaspéré de sa propre perte de son sang froid. Plus doucement, comme désemparé :

-J'en sais rien... Il s'en remettait à son paternel. Le directeur présenta alors leur sauveur prénommé Roan. La confiance totale du fondateur d'Arkadia aurait dû être rassurante, mais allez, savoir pourquoi, Lohen était tout sauf rassuré, il salua tout de même le "voisin" d'un signe de tête, non dénué d'une gratitude mêlée de cette réticence palpable que causait toute cette situation.

Dans ce silence pesant qui s'était posé dans la pièce, Lou, qui n'y comprenait pas grand chose, trouva bon de poser la question qui la taraudait depuis quelques minutes maintenant, mais à voix basse, pour ne pas trop troubler le calme parfait dont elle ne pouvait saisir toute la tension dramatique.

-C'est quoi la salle des machines ?
Murmura-t-elle à son grand père comme le font les enfants, c'est à dire, en réalité, à peine moins fort qu'à voix haute.
Sa curiosité avait été piquée et elle ne pensait plus qu'à la proposition de son ailleuil.
Si cela avait été possible, probablement tout le monde aurait pu être capable d'entendre les yeux de Matthew rouler dans leur orbites. Damn, sa cadette ne perdait jamais le nord, ni une occasion de céder à sa curiosité.

Lohen
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Mar 18 Juil 2017 - 13:53
Si Matthew s'en voulait pour la situation, ce n'était certainement pas de sa faute. Percy, pour sa part, se considérait comme à blâmer, qu'il s'agisse de ses actions passées en tant que père de famille, ou la manière dont il n'avait pas pu prévoir l'attaque de Marisa. Seulement, se complaire dans les regrets et imaginer tout ce qu'il aurait pu faire afin d'offrir à son fils une meilleure enfance -une vraie enfance- n'allait rien changer. Le lien ténu qui les unissait aujourd'hui ne pourrait jamais être totalement renoué, pas d'une manière idéale. Pour le renforcer, il fallait se concentrer sur le présent, et le meilleur moyen de l'entretenir. Cela passait principalement par le bien-être des filles, qui étaient la chose la plus importante pour Matthew, et qui l'étaient instantanément devenues pour Percy également. Leur innocence était indiscutable, et il s'en voudrait à jamais si elles devaient souffrir de leurs origines. Malheureusement, c'était inévitable avec Marisa dans la partie. Percy allait tout faire pour limiter les dégâts, et un plan se formait déjà dans on esprit. Un plan qui ne lui plaisait guère -et qui ne plairait aucunement à Matthew- mais qui avait le mérite d'avoir une chance de réussir. Il verrait les détails plus tard ; pour le moment, il préférait se concentrer sur les personnes présentes.

« Roan assurera la protection rapprochée.Comme je l'ai dit, c'est un de mes agents en qui j'ai le plus confiance...et il a déjà eu affaire à Marisa, ce qui n'est pas rien. Vous pourrez compter sur lui, quoi qu'il arrive. »

L'homme balafré n'avait rien dit de plus, se contentant d'afficher une présence aussi imposante que rassurante. Il se tenait déjà près d'Any, les bras croisés, et Percy le connaissait assez pour savoir qu'on n'aurait pas pu le déloger de sa position avec un pied-de-biche. Une fois que Roan se dévouait à une mission, rien ne pouvait l'en faire dévier. La seule autre personne à qui Percy aurait pu songer de confier la sécurité permanente n'était autre que Miranda, mais il avait besoin d'elle à ses côtés. Et s'il mettait son plan à l’œuvre, c'était plus nécessaire que jamais ; il aurait bien des choses à lui dire, pour qu'elle soit correctement préparée pour la suite. L'un dans l'autre, Roan restait le bon choix étant donné la situation. Ce n'était pas l'homme le plus communicatif, et il ne rendait pas toujours les gens à l'aise, mais les gamines n'avaient aucunement l'air d'en avoir peur ; à croire qu'elles l'avaient instantanément adopté.

« Marisa n'aura plus accès à qui que ce soit d'entre vous comme ça. Ce qu'elle a pu dire... Cela ne se passera pas comme elle le veut. »
Quelque chose d'autre intriguait Percy depuis que Marta et les filles étaient montées à bord, et voilà qu'il mettait enfin le doigt dessus. Il déposa délicatement Lou à terre, lui prenant la main le temps de la confier à son père. Puis il s'accroupit auprès de sa sœur : « Tu te rappelles de tout ce que Marisa a dit ? Est-ce que...est-ce que tu te rappelles de ce que j'ai dit après votre arrivée à bord ? »

S'il avait raison, mieux valait le savoir maintenant, afin qu'ils puissent commencer à gérer la situation le plus vite possible. Il aurait donné beaucoup pour être préparé, à l'époque où ça lui était arrivé. Et s'il pouvait aider sa petite-fille sur ce point, il le ferait. Il n'en oubliait pas pour autant la curiosité de la cadette : « La salle des machines, c'est là où se trouvent les moteurs à énergie qui permettent de faire voler le vaisseau. Je peux vous la montrer, si vous voulez. »

Après tout, le Balance Point regorgeait d'endroits intéressants ; il n'aurait simplement jamais imaginé avoir la chance de pouvoir un jour le parcourir en compagnie de ses petites-filles...
Percy
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