Guns and Roses [Ikea]

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Ven 17 Mar 2017 - 13:17
Perceval Rose possédait plusieurs terrains privés sur l'Arche. Mais la place n'étant pas infinie, il essayait de ne pas trop en faire, se contentant de quelques parcelles ici et là en plus des bâtiments de sa société. L'une d'elle était un petit jardin privé, qu'il entretenait lui-même lorsqu'il avait un peu de temps ; autant dire qu'il n'avait guère l'occasion d'y enfiler ses gants, en ce moment. Non loin du port, mais à l'écart de l'activité bourdonnante de la ville, l'endroit était privé et sécurisé, protégé par les meilleurs contre-mesures développées par Arkadia. Plus que tout, la serre -du dernier cri elle aussi, d'un design moderne mais élégant qui se mariait à merveille avec la nature foisonnante qu'elle contenait- était pour lui un sanctuaire. Et, il avait décidé, l'endroit parfait pour rencontrer une nouvelle recrue potentielle. Comme à chaque fois qu'il en avait l'occasion, il préférait voir un nouveau candidat en personne, afin de mieux s'en faire une idée. Même en béton –et ceux d'Arkadia l'étaient, il n'y avait pas une seule dissertation oubliée dans une vieille école désaffectée qui leur échappait lorsque ses services menaient leur enquête- un dossier ne remplaçait pas la personne. De plus, Percy avait besoin de faire quelque chose de positif. Entre les troubles qui se profilaient sur l'Arche aussi bien qu'au niveau international, se concentrer sur une des tâches qui était l'essence même de son organisation aujourd'hui était bienvenu. Surtout depuis le retour de sa femme, revenue des morts au sein de Mesa Corporation, et le fâcheux événement de Singapour. Voilà qui n'arrangeait pas ses migraines, et qui remettaient beaucoup de choses en question...

Mais pour l'heure, il s'agissait d'établir le contact avec une brillante jeune femme en qui Percy voyait toutes les qualités requises pour faire une très bonne agent. Il avait parcouru son dossier avec attention, en mémorisant chaque ligne. Son don lui permettait de ne jamais rien oublier, aussi n'avait-il qu'à brièvement se concentrer pour sortir les mots de sa mémoire. Ce qui se révélait diablement pratique dans ce type de situation, tout en s'avérant un poids très lourd à porter dans d'autres : il pouvait revivre chacun des pires moments de sa vie comme s'il y était à nouveau. Comme ce jour dans le désert de l'arche australienne il y a des années, quand il avait cru tuer Marisa, sa femme qui l'avait trahi. Et qui n'était pas morte. Il se demandait encore comment elle avait réussi son coup. Cela attendrait. Il fallait qu'il pense à autre chose, qu'il laisse son esprit s'attaquer à d'autres problèmes pour mieux y revenir plus tard. Il se devait de ne pas délaisser les activités journalières d'Arkadia ; quelles que soient les grandes crises, il fallait que la machine continue de tourner.

« Ace arrive, patron. » l'avertit Miranda. Assise sur une chaise de jardin en bois, la grande blonde venait d'accuser la réception du message de l'agent Stone. Miranda avait comme d'habitude tenu à accompagner son patron pour l'entretien, peu encline à le laisser rencontrer elle ne savait qui tout seul. Vêtue d'une veste de cuir jetée sur un chemiser pâle, croisant les jambes dans ses jeans, elle reprit la lecture de son livre tandis que Percy hochait la tête. C'était Alexis Stone, une agent de la Sword Division d'Arkadia au sein de Scotland Yard, que Percy avait choisi pour faire la liaison. Si Sigrid Andersson et elle travaillaient ensemble depuis peu, elles avaient établi de bons rapports, et Rose estimait que le rendez-vous avait des chances d'être plus favorable si Andersson pouvait compter sur un visage connu en plus d'un très bon exemple d'un agent recruté au sein des forces de police.

A l'extérieur, le VAP personnel d'Alexis -celui qu'elle avait construit de ses mains, petit à petit, et qu'elle ne cessait jamais de bricoler- se posa en douceur. C'était un petit deux-places élégant et agile, et le vol s'était déroulé sans accrocs. Lexy était une pilote accomplie, et elle avait été ravie de faire découvrir un peu l'Arche vue de haut à sa nouvelle camarade. Ouvrant le cockpit, elle sauta prestement à terre devant l'entrée de la serre, attendant que Sigrid fasse de même.

« On y est ! J'imagine que tu ne sais pas trop à quoi t'attendre, mais c'est toujours comme ça, au début. »

Puis elle la guida à l'intérieur, où Percy leva la tête du buisson de roses dont il était en train de s'occuper. Il posa le tout petit sécateur sur un établi, et ôta ses épais gants de travail maculés de terre. Au propre comme au figuré, il n'était pas le genre de boss qui évitait de se salir directement les mains. Puis il se débarrassa du tablier -qui avait tout autant vécu que les gants- qui recouvrait son costume trois-pièces sur mesure, dont il passa la veste. Plusieurs autres sièges avaient été mis à disposition, et il s'assit sur l'un deux, invitant les autres à faire de même.

« Merci, Alexis. Et merci à vous d'être venue, officier Andersson. Voici l'agent Miranda Lockhart, mon bras droit. Puis-je vous offrir un rafraîchissement ? »

Miranda hocha la tête à l'intention de Sigrid en guise de salut franc ; il n'y avait pas d'animosité dans son regard, mais elle étudiait la policière avec l'attention de la professionnelle. Percy attendit que tout le monde s'installe et, tandis qu'il observait la nouvelle venue, il se demandait si elle avait eu l'occasion de parler à Gabrielle de cette curieuse volonté de rencontre demandée par le directeur d'Arkadia. Si oui, c'était un moyen comme un autre dont aurait pu faire preuve Andersson pour en savoir un peu plus, suivant ce que lui aurait dit Gabrielle. Kreizler ne faisait pas partie de l'organisation, mais elle en savait assez pour éclairer la lanterne d'une collègue.

« Avez-vous une idée de pourquoi j'ai tenu à vous rencontrer, officier Andersson ? »
demanda-t-il en guise de préambule, curieux.
Percy
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Dim 19 Mar 2017 - 23:46
Lexy était une pilote douée. Installée dans son VAP, Sigrid regardait avec admiration le port de l'Arche et son agitation. Ses yeux revenaient parfois sur sa collègue, aux commandes, avec une pointe d'envie. Dans une vie antérieure, un lointain passé, la flic avait rêvé d'être pilote. Mais un très léger astigmatisme avait mis fin à sa carrière dès ses premières lunettes de repos, qu'elle portait au quotidien, plus par coquetterie que réel besoin. Depuis, la Suédoise se contentait du siège passager et de se dire, qu'un jour, peut-être, elle prendrait quelques leçons : pour le plaisir. Il faudrait pour ça plus qu'une paie d'infirmière ou d'agent de police, mais un rêve est un rêve, alors, pourquoi ne pas s'y accrocher?

Elle restait silencieuse, réfléchissant aux circonstances pour le moins étranges qui l'avaient menées dans ce VAP précis, en route pour ce rendez-vous... professionnel?

La rouquine avait rencontré Lexy peu de temps après avoir intégré Scotland Yard. Les deux femmes avaient le même âge, et une sorte d'idéalisme commun : l'envie d'aider son prochain. La bonne humeur d'Alexis contrastait avec une évidence frappante avec la taciturnité de la nouvelle recrue. Elle l'appréciait. Peut-être parce qu'elle était ce qu'elle-même n'était pas. Peut-être parce qu'elle était ce qu'elle aurait voulu être. Peu importait, au fond : au moins avait-elle un visage à qui sourire en arrivant au boulot, et sortir, rien qu'un tout petit peu, de son professionnalisme méfiant, dans cet univers longtemps réservé aux hommes. Alors, quand un jour, Lexy lui avait annoncé que Perceval Rose voudrait la rencontrer, Sigrid était restée interloquée. Enfin : interloquée façon Ikea, à savoir un sourcil levé et un air semi blasé. Elle ne saisissait simplement pas pourquoi le dirigeant d'Arkadia voudrait la voir personnellement. Elle n'avait pas un grade important, pas de pouvoir hors du commun, ni exceptionnellement maîtrisé, n'avait pas de don particulier pour l'économie, la politique ou que savait-elle encore. Son passé n'avait rien d'extraordinaire... à moins que? Non, ça ne pouvait pas être ça. Qui s'intéresserait à une flicaillette expatriée et orpheline?

Et c'était cette même question qui lui avait fait accepter l'entretien : la curiosité.

L'engin d'Alexy amorça sa descente, et finit par se poser dans un jardin bien entretenu, où s'élevait une serre assez moderne - de ce que les connaissances de Sigrid lui permettaient de juger. Elle descendit à son tour et eu un vague rire:


- Je ne sais pas si c'est censé me rassurer.

La rouquine fit quelques pas en regardant autour d'elle, appréciant la végétation et l'agencement de l'endroit. Elle avait fait un effort vestimentaire: chemisier bouffant en mousseline blanche, pantalon sombre et ajusté et escarpins noirs... qu'elle fit attention à ne pas ruiner en marchant par mégarde dans une plate bande de terre et pas sur une des allées. Elle rangea - avec un peu de nervosité, peut-être - une mèche flamboyante derrière son oreille et suivit sa collègue à l'intérieur de la serre ou les attendaient une femme en veste de cuir en train de lire et un homme en costume trois pièces qui venait d'enlever gants et tabliers de jardinage. Mr Rose, qu'elle n'aurait définitivement pas associé avec une telle activité.

Elle n'eut pas le temps de faire preuve de politesse que déjà, l'homme l'encourageait à prendre place sur un des sièges auprès de lui. Après un regard légèrement intrigué vers Lexy, elle s'assit en croisant les jambes, et salua à son tour d'un hochement de tête ladite Miranda lorsque son nom fut prononcé.


- De l'eau, merci.

Elle écoute Perceval avec une attention polie, un sourire naissant sur ses lèvres alors qu'il débutait l'entretien.

- J'ai tablé sur la curiosité. C'est ce qui a fait que j'ai accepté, en tous cas. J'ai d'abord pensé que vous cherchiez un garde du corps... Et je me suis dit qu'il y avait probablement de meilleurs candidats que moi pour le poste.

Les yeux bleus de la Suédoise s'arrêtent sur Miranda : elle sait reconnaître une femme entraînée. Ils font ensuite un rapide tour des environs, avant de revenir vers le PDG, qu'elle corrige avec une moue amusée:

- En revanche, je ne suis pas Officier. Juste Agent. J'espère que ça ne contrecarre pas...

La rouquine fait une pause, un air curieux au fond du regard.

- ... peu importe ce à quoi vous pensiez.
Red
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Lun 20 Mar 2017 - 11:33
Miranda Lockhart ne demandait pas grand chose dans la vie : une occupation qui lui permettait d'occuper aussi bien son corps que son esprit, des défis pour toujours s'améliorer, et se lever le matin en retrouvant le monde à peu près dans le même état qu'elle l'avait trouvé la veille (un sentiment qu'elle partageait avec son patron, et qui leur permettait de si bien s'entendre). Oh, et un bon plateau de cupcakes de temps en temps. Aussi, elle attendait de Percy que ce dernier ne se mette pas inutilement en danger, ce qui rendait parfois sa tâche de protectrice...compliquée. En grande partie parce qu'elle considérait toute situation comme inutilement dangereuse de base, afin de toujours être préparée au pire. En ce qui la concernait, le boss prenait déjà bien trop de risques en sortant de sa douche le matin, des fois qu'il glisse sur quelque chose. Mine de rien, le système marchait plutôt bien : Miranda faisait preuve d'un zèle efficace qui s'accordait avec la tempérance de Perceval, et ils formaient un duo de choc finement accordé. Lorsqu'il rencontrait une éventuelle nouvelle recrue, il comptait au moins autant sur les yeux et les oreilles de Miranda que sur les siens. Au moins, la policière ne semblait pas sur le point de vouloir bondir sur Percy pour l'étrangler avec une fougère, mais elle n'allait pas relâcher son attention pour autant ; on ne savait jamais...

De son côté, Alexis était curieuse de voir comment la rencontre allait tourner. Elle connaissait Sigrid depuis peu, mais elle l'appréciait déjà beaucoup. Elle ne s'était pas laissé démonter par l'attitude de prime abord froide de la nouvelle venue à Scotland Yard, et elle appréciait d'apprendre à la connaître petit à petit. C'était une agent de police efficace, qui s'efforçait de faire de son mieux pour protéger ceux qui en avaient besoin, et qui était entièrement dévouée à sa cause. C'était ce qui avait poussé Lexy à donner un avis favorable à Arkadia ; Sigrid avait le potentiel de faire beaucoup de bien au sein de l'organisation. Restait à savoir s'il était disposée à œuvrer de concert avec une organisation aussi officieuse...

« Voici. » Percy avait sorti un pichet d'eau fraîche d'un box frigo, et il en avait servi plusieurs verres, qu'il tendit aux autres avant de reprendre place. « Agent est un titre qui a son mérite. »

Il savait évidemment que son interlocutrice n'était pas officier, mais l'une des approches consistait à se servir de tels détails pour mieux se faire une idée de l'autre. La réaction d'Andersson avait été naturelle, ce qui lui plut. Conforme au portrait qui avait été dressé d'elle dans son dossier, en tout cas. Maintenant qu'il l'avait en face de lui, il appréciait la force tranquille dont elle faisait preuve, ainsi que son attitude curieuse, bien que sur la réserve. Elle était observatrice, et il sentait qu'il avait son attention. Restait à faire de son mieux pour ne pas la gâcher.

« En ce qui concerne les gardes du corps, j'ai effectivement tout ce qu'il me faut. Même si une certaine personne persiste à me rappeler que je n'en fais jamais assez. »

« Maintenant que vous le dites, patron, vous n'en faites jamais assez. » rétorqua Miranda du tac au tac.

« Autre chose, pendant qu'on y est ? »

« Vous devriez vraiment porter votre gilet par-balles plus souvent. Je ne vais pas non plus me jeter devant vous à chaque fois. »


« J'essaierai de mettre ça dans le prochain budget. »
L'échange avait été naturel, témoignant de la grande complicité qui les unissait malgré les piques. Puis Percy reporta toute son attention sur Sigrid : « Ce que j'ai à vous proposer consiste à quelque chose de plus gratifiant que de ne protéger qu'une seule personne. Plutôt une opportunité d'en aider plusieurs, au-delà des limitations parfois imposées par les lois. Arkadia n'est pas seulement une société lambda, c'est aussi une organisation plus...officieuse, dont l'agent Stone fait d'ailleurs partie. Nous nous efforçons à notre manière de faire en sorte que le monde continuer de tourner. Conserver l'équilibre est important, et pour cela il nous faut parfois gérer certaines situations qui peuvent échapper aux forces de l'ordre. Comme un criminel ayant légalement pu échapper aux sanctions nécessaires. Croyez le ou non, mais le gouvernement lui-même a fait appel à nos services de temps en temps. Je recherche sans cesse de nouvelles personnes pour rejoindre nos rangs, et vos états de service me laissent penser que vous feriez un agent des plus efficaces. Nous ne sommes pas là pour mettre des bâtons dans les roues de la loi, entendons-nous bien : nous nous efforçons d'agir en complément avec elle. »
Percy
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Ven 24 Mar 2017 - 22:49
L'attention constant sur sa personne n'était pas nécessaire : Sigrid n'était que rarement prise d'instincts meurtrier irrépressibles, et il fallait en général qu'une personne se croyant spirituelle vienne de faire une blague sexiste. Le mauvais humour était le fléau de notre génération, entre autres atrocités quotidiennes. Mais ça, Miranda ne pouvait pas le savoir.

Celle que ses collègues nommaient si affectueusement -?- Ikea posa ses yeux clairs sur elle, deux secondes, paisiblement, attendant de croiser le regard de la garde du corps à qui elle offrit un léger sourire, avant de retourner au PDG d'Arkadia. Un sourire qui se voulait rassurant, qui disait : "Je ne suis pas une dangereuse psychopathe et je n'ai aucunement l'intention de bondir sur votre employeur pour lui défoncer le crâne à coup de nain de jardin." De nain de jardin, ou de pot de plantes, à défaut, ou tout autre moyen inventif.

La jeune femme avait conscience qu'on attendait quelque chose d'elle. Ce qui était frustrant, c'est qu'elle n'avait encore pas la moindre idée de quoi il était question. Les trois personnes qui l'entouraient, en revanche, étaient bien au courant, et peut-être que la gymnastique mentale était faisable... Qu'est-ce qu'avaient en commun un PDG, une garde du corps et une pilote? Qu'est-ce qui pourraient les pousser à interviewer un agent de police? On aurait dit le début d'une mauvaise blague, mais pourtant, Sigrid y réfléchit, à la vitesse de l'éclair... sans trouver de réponses satisfaisantes toutefois. Elle n'était personne au sein de Scotland Yard, et c'était ce point précisément qui rendait difficiles toutes spéculations. Peu importait la tâche qu'ils pourraient lui confier : espionnage, informations, accès à des dossiers épineux, protection, assassinat (assassinat?)... Il y aurait toujours quelqu'un qui serait plus apte qu'elle. Oh, elle ne se sous-estimait pas, non : la flic avait simplement conscience de sa valeur, et en l’occurrence, elle ne parvenait pas à comprendre quelle valeur elle pourrait avoir pour Arkadia.

La rouquine réceptionna le verre d'eau avec un hochement de tête en guise de remerciement, et le garda dans ses mains pour en apprécier la fraîcheur durant quelques secondes. Enfin, elle le porta à ses lèvres et but une gorgée. Elle n'avait pas soif, pas vraiment... Mais sa mère lui avait appris la politesse. Elle acquiesça aux mots de Rose concernant le titre d'agent. Elle était fière de ce qu'elle était. Fière aussi de ce qu'elle deviendrait, plus tard, au mérite. Mais tout comme son ancien métier, son poste actuel lui donnait l'impression d'être utile, de pouvoir aider les gens. Et c'était déjà quelque chose.

Elle laissa Perceval et Miranda se chamaillait avec un air impassible. Ceci ne la concernait pas. Elle n'allait ni s'immiscer dans leur conversation, ni en rire : elle n'aurait pas été à sa place. Doucement, elle détourna la tête, attendant qu'ils aient fini. Le regard bleu se posa sur Lexy, l'espace d'une seconde, puis dériva vers l'extérieur. Dehors, une brise agitait doucement les feuilles d'une haie proche. Et lorsque l'homme en complet s'adressa de nouveau à elle, elle tourna de nouveau la tête vers lui pour ne plus le lâcher.

Il n'avait eu besoin que de la première phrase pour capter son attention. Et durant toute sa tirade, elle resta silencieuse, le regard rivé sur lui. Avait-il conscience de la bombe qu'il venait de lâcher? probablement. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait ça, et lui, tout comme son bras droit, tout comme Lexy, étaient probablement en train de l'étudier pour essayer de capter une réaction. Un froncement de sourcil, un plissement de nez, n'importe quoi. Mais la Suédoise resta impassible. A ce moment, elle aurait tout donné pour une cigarette. Elle décroisa ses jambes puis les croisa de nouveau, dans l'autre sens. Rose lui offrait l'opportunité de travailler à "conserver l'équilibre". C'était une expression dangereuse, qui pouvait autant cacher des combattants de la liberté que de dangereux psychopathes. A quelle catégorie appartenait Perceval Rose?

L'agent Andersson avait toujours pensé avoir un bon instinct. Mais pouvait-elle s'y fier, là, tout de suite?

Un sourire éclot surs ses lèvres maquillées. Un sourire désabusé. "Ses états de service." : vaste sujet. Qu'avaient-ils trouvés? A quel point la connaissaient-ils, désormais?


- Que savez-vous exactement de moi? Je me doute que ça n'a pas dû être limité à mes notes à l'Académie de Police, et une recherche internet. Jusqu'où êtes-vous remontés? Et surtout... comment vous assurerez-vous que je garderais le silence sur notre entretien? Êtes-vous certains de pouvoir me faire confiance?

Son sourire, tranquille, s'élargit. Elle ne se moquait pas d'eux. Elle était sincèrement curieuse de voir ce qu'ils avaient réussi à trouver. De voir si... l'Evènement avait été déterré. La réponse de Perceval permettrait aussi probablement de se faire une idée de son caractère, et de là, de l'organisation. Mais ils avaient été forts sur un point : Lexy. Sa présence était un véritable atout pour ce genre de discussion. Bien joué, Mr Rose.
Red
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Mer 29 Mar 2017 - 11:48
Ce n'était certainement pas la première fois que Perceval Rose se lançait dans un tel discours, et ce ne serait pas la dernière non plus. Mais pour chaque recrue potentielle, les mots étaient différents ; chaque personne nécessitait quelques variations. Il ne s'agissait pas de les entourlouper, de les faire succomber à un bon baratin, mais d'éveiller leur intérêt. De comprendre ce qui les motivait réellement, et de leur proposer la manière la plus adéquate de réaliser leurs souhaits. Voilà pourquoi il préférait rencontrer personnellement chaque agent potentiel, pour mieux se rendre compte de leur caractère. Parfois, cela lui avait même permis de réaliser que des personnalités idéales sur le panier n'étaient finalement pas faites pour intégrer son organisation dès qu'on en venait au concret.

Le cadre était un autre élément qui avait son importance. Lorsqu'il s'agissait de recruter quelqu'un, il recourrait rarement à son bureau à bord du Balance Point. Après tout, l'aéronef qui s'élevait en permanence au-dessus du port de Leith était le siège officiel d'Arkadia, celui présenté à la vue de tous, et les entretiens qui s'y déroulaient étaient plus formels. Il trouvait plus intéressant l'idée d'organiser un rendez-vous à l'extérieur, ne serait-ce que pour observer les réactions. Le moindre détail pouvait en dire beaucoup, et on ne perdait jamais rien à observer. C'est fou tout ce que l'on pouvait apprendre sur quelqu'un à travers un regard, un geste, un soupir. Des décennies de pratique avaient permis à Percy de décoder plutôt bien les micro-expressions et autres manies, et son instinct complétait à merveille son esprit naturellement analytique.

« Je sais ce qui vaut la peine d'être su. Sans pour autant me montrer trop invasif. Le but n'est pas d'exposer votre linge sale ; pour peu que vous en ayez. Disons que j'aime me faire une idée de qui j'ai affaire. D'un point de vue purement académique, je dois dire que cela a suffi à retenir mon attention. Il en va de même pour vos états de service, même en aussi peu de temps. »

En effet, les résultats parlaient d'eux-mêmes. Andersson était une agent qui faisait son travail et qui le faisait bien. Elle ne manquait pas de motivation, et occupait consciencieusement son poste depuis son arrivée sur l'Arche. Plutôt solitaire, elle ne semblait pas s'être liée à beaucoup de personnes, ce qui avait poussé l'agent Stone à se rapprocher d'elle. Sans arrière pensée ; Alexis était simplement du genre à s'entendre avec la plupart des gens. C'était pour cela que Rose avait tenu à ce que la pilote soit présente ; elle représentait un bon exemple de ce que pouvait devenir un agent d'Arkadia.

« Quant à vous faire confiance... Disons que j'estime le risque minimal. Vous ne seriez pas la première à parler d'Arkadia en ces termes ; que l'organisation existe toujours après des dizaines d'années de service prouve bien que c'est un risque que je suis prêt à prendre, et qui s'avère généralement payant. Et puis quelque chose me dit que vous n'êtes pas du genre à parler pour ne rien dire. »

Et puis ce n'était pas comme si Arkadia n'avait pas ses contacts avec des éléments hauts placés dans la hiérarchie de Scotland Yard. Même si cela déplaisait à l'agence de police, il lui était arrivé de travailler de concert avec Rose et ses agents ; parfois sans le savoir, cela rendait les choses plus faciles. Voilà pourquoi il était bien pratique d'y avoir des agents directs, comme Alexis, pour mieux faire la liaison. Si Sigrid acceptait, elle ne serait pas la première, et il espérait qu'elle ne serait pas la dernière. De son côté, toujours en soutien, Alexis sourit à son amie, pour l'encourager aussi bien que pour lui montrer qu'elle était là pour elle ; son but n'était pas de la presser pour Percy, mais d'être là en tant qu'amie avant tout. Miranda, pour sa part, restait attentive et silencieuse.

« La confiance se doit d'aller dans les deux sens. Aussi n'hésitez pas à me poser toutes les questions que vous jugerez nécessaire, et j'y répondrai du mieux que je peux. De mon côté, j'en ai une qui m'intrigue : dites moi, agent Andersson, qu'est-ce qui vous a poussée à rejoindre les forces de l'ordre d’Édimbourg ?»
Percy
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Sam 8 Avr 2017 - 23:03
"Ce qui vaut la peine d'être sû." C'était vague. Il aurait pu trouver l'Incident, ou pas. S'il l'avait trouvé, en tous cas, ça n'avait pas eu l'air de le déranger.

- Nous avons tous du linge sale. Névroses, sales habitudes, enfants cachés, double vie ou cadavre dans le placard. C'est une loi universelle. Ravie que le mien, en tous cas, ne vous ait pas découragé.

Sigrid avait ses sac de linge sale. Elle était une jeune femme célibataire avec un trouble social, accro au sport, irritable, anti-machiste, obsédée par le sang, avec des pulsions violentes quand on la titillait un peu trop. Et surtout, elle avait tué son père. Un acte qui a 12 ans aurait dû être lourd, mais qu'elle avait porté avec une facilité étonnante. Des sédatifs dans son aquavit, une cigarette sur la moquette. Simple. Efficace. Elle savait que sa mère ne se serait pas remise d'un autre passage à tabac. Et sa mère était la seule personne qui avait été là pour elle. Cela ne l'avait jamais empêché de dormir, mais elle n'avait jamais éprouvé le besoin de recommencer pour autant. Elle n'en avait jamais parlé, et elle ne pensait pas que quiconque le savait. Sa mère, l'avait peut-être deviné : mais elle n'était plus là pour le dire, désormais.

Elle sourit, doucement, à la mention de ses notes et de ses états de service. La Scandinave aimait son boulot, et tenait à le faire correctement. Alors effectivement, il n'y avait pas grand chose à lui reprocher actuellement. Une bavure viendrait peut-être. Pour le moment, c'était un sans faute, associé à de bonnes notes à l'Académie et un don qui, bien que mal maîtrisé et encore plus instinctif qu'autre chose, pouvait se révéler bien utile.

Elle étouffa même un léger rire lorsque le PDG lui fit part de l'impression qu'il avait d'elle. "Pas du genre à parler pour ne rien dire"... C'était peu dire. Elle lui donnait raison en gardant le silence, quelques secondes de plus, son sourire s'élargissant. La rouquine finit par répondre à sa dernière question.


- Si vous avez fait un check-up sur ma personne, vous serez probablement tombés sur les dossiers des services sociaux qui parlent de mon père. Du fait qu'il était alcoolique, violent et qu'il nous battait, ma mère et moi. Je doute aussi que vous ayez loupé la mort de ma mère, agressée dans la rue, et laissée dans le caniveau pour y mourir. Ce que vous n'aurez peut-être pas su, en revanche, c'est que l'officier qui a géré le dossier a été un vrai trou du cul - passez-moi l'expression.

Ses yeux flamboyaient, presque autant que sa chevelure que venait frapper un rayon de soleil, embrassant le roux pour lui créer une crinière de flammes. Ses mâchoires s'étaient contractées au possible, et elle dut s'obliger à fermer les yeux pour inspirer profondément, par deux fois, pour se calmer.

- Il a insinué que ma mère, comme toutes les femmes qui se faisaient agresser, était responsable. Qu'elle n'avait qu'à ne pas... porter de jupe.

Elle ne se livrait d'ordinaire jamais autant. Le faire devant Lexy l'avait un instant fait hésiter. Mais après tout, si elle devait travailler pour Rose, autant qu'il sache vraiment à qui il avait affaire. Et tant pis si Lexy était au courant : elle l'aurait probablement appris un jour ou l'autre, de toute manière.

- J'ai trouvé son comportement inadmissible. Et j'ai su qu'en tant qu'infirmière, j'arriverais toujours après le crime. Qu'il n'y avait qu'en était dans les forces de polices que je pourrais tenter de l'empêcher. Edimbourg... un hasard. Je voulais quitter l'Arche Scandinave dont je n'avais plus rien à attendre. Edimbourg m'a paru un endroit aussi bon qu'un autre pour recommencer.

Lors de son changement d'orientation, elle avait envoyé des candidatures aux Académies de toutes les Arches qu'elle pouvait se permettre d'atteindre. Il était resté Paris, Londres, la Nouvelle-Russie et Post-Amsterdam. Edimbourg avait répondu en premier. Elle avait vendu ce qui pouvait l'être, avait fait ses valises, loué un petit deux-pièces qui serait son nouveau chez-elle, et était partie, sans un regard en arrière. Elle ne regrettait rien.

Doucement, son regard tomba sur Lexy:


- Tu fais partie de l'organisation depuis longtemps?

L'expérience de la pilote l'aiderait probablement à se faire une idée. Et si elle faisait confiance à Rose, Sigrid doutait qu'il soit véreux : à moins bien sûr qu'il ne soit maître dans l'art de la manipulation et de la traîtrise... ce qui était toujours une possibilité.

En vérité, l'idée la séduisait. L'Equilibre. Punir les mauvais. Du moment que rien ne dérapait et que l'organisation n'était pas un congrès pour malfrat et tueurs à gages qui butaient qui dérangeait le plus l'entreprise. Se tournant de nouveau vers Perceval, elle lâche, d'une voix tranquille:


- Dans l'optique ou je disais oui... sur quel type de mission pourrais-je être affectée? En cas d'échec, je suis protégée par l'organisation, ou vous me laissez me débrouiller seule, voire me collez une balle entre les deux yeux? Et surtout...

Elle marqua une pause, rivant son regard pâle dans celui de son vis-à-vis:

- Avez-vous déjà utilisé la face sombre d'Arkadia pour servir les intérêts économiques de votre entreprise? Je parle chantage, menace ou assassinat de la concurrence, blanchiment d'argent ou tout autre moyen malhonnête de faire grimper le chiffre d'affaire.

Bien sûr, il pourrait lui mentir, et elle ne s'en rendrait pas forcément compte. Mais elle se devait de poser la question, pour le principe : parce qu'elle avait l'impression que l'entretien se déroulait sous le signe d'une certaine honnêteté... et parce qu'il y avait toujours le risque qu'un tic ne le trahisse.

- Disons que j'essaie d'éviter de bosser avec des pourris.
Red
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Mar 11 Avr 2017 - 13:13
« Oh, il en faut bien plus pour nous décourager, à Arkadia. Et tout linge sale n'est pas bon à jeter. Un des objectifs de l'organisation est de permettre à ceux qui pourraient en avoir besoin d'avoir une seconde chose. Ou de leur permettre de canaliser leurs passions de manière la plus constructive possible, au mieux de leurs capacités. Je suis un fervent partisan de la théorie qui veut que tout le monde ou presque à quelque chose à apporter. Il suffit de trouver comment. »

Sigrid était loin d'être une des recrues les plus endommagées que Percy avait envisagé pour Arkadia. Et si son passé avait des zones d'ombre, ce n'était rien en comparaison de certains de ses agents les plus troublés. La Blood Division, gérée par sa sœur Agrafena, existait justement pour leur donner un but. Pour les réhabiliter plutôt que simplement les exterminer. Bien sûr, ce n'était pas sans problèmes, et jamais facile, mais essayer en valait la peine. Certaines personnes avaient des talents utiles, il suffit simplement de leur donner un environnement contrôlé dans lequel les utiliser, une direction qui limiterait les dégâts.

« Un presque tout le monde qui n'inclut certainement pas des hommes comme votre père. J'aurais tendance à dire que des individus pareils ne méritent pas l'appellation d'hommes, et personne ne devrait avoir à subir une vie sous leur coupe. Quoi qu'il ait bien pu lui arriver...peut-être était-ce tout simplement inévitable. Parfois, face à un mal aussi grand, on ne peut qu'agir. »

Les services de renseignements d'Arkadia n'étaient pas omniscients, ce qui ennuyait grandement Percy, mais il avait appris à l'accepter. Aussi, ils n'avaient rien trouvé qui puisse indiquer que la nordique était responsable de la mort de son père. Mais c'était une théorie à laquelle Percy avait accordé une certaine réflexion. C'était un cas de figure probable, et qui collait à l'idée qu'il se faisait de la personnalité de son interlocutrice. Au fil des décennies, on commençait à comprendre les gens, et ses capacités d'analyse lui indiquaient généralement les pistes les plus probables Quoi qu'il en soit, il ne ressentait pas le besoin de confronter la policière sur ce point : ce qui était fait était fait, et si ses soupçons étaient avérés, il ne pouvait pas vraiment lui donner tort. De plus, ce n'est pas comme s'il était-lui même innocent de tout reproche... Il parlait d'un ton dur, sans appel, et ses yeux communiquaient bien le dégoût qu'il pouvait avoir pour ceux qui abusaient de leur pouvoir d'une telle façon.

« Il en va de même pour des personnes comme ce policier qui vous a reçu, à l'époque. C'est un comportement inadmissible. Peut-être bien que je creuserai un peu la question, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Oh, il ne finira pas au fond du fleuve avec des blocs de ciment aux pieds, mais je peux m'arranger pour qu'il ne soit plus en fonction très longtemps. Le rôle d'une organisation comme Arkadia est aussi de retirer de la machine les pièces qui sont incapables de fonctionner correctement. »

De fait, Percy s'arrangeait régulièrement pour se débarrasser des éléments gênants, qu'ils occupent des posts clefs ou non. Il recourait rarement à la disparition définitive, à moins que les individus en question ne puissent vraiment être mis hors service autrement ; généralement, il faisait simplement en sorte d'écarter les gens de leurs domaines, voir simplement de les déplacer ailleurs. Et puis parfois, il y avait des punitions bien pires que la mort.

« Pour un changement de carrière, c'est plutôt une bonne raison. La volonté de faire quelque chose, de faire partie du système pour mieux le changer, à sa manière, plutôt que de continuer à arriver après la bataille. Une autre raison qui me laisse à penser que vous serez un atout pour nous. Vous n'êtes pas la première, et j'essaie de favoriser de telles reconversions autant que possible. »

« Je suis avec Arkadia depuis trois ans, à peu près. » répondit Lexy. « Principalement, je m'occupe de véhiculer des équipes d'intervention lorsque les conditions demandent une bonne pilote. Parfois, on me confie un engin expérimental, en phase de test. » A ces mots, son sourire était tellement grand qu'il menaçait de couper son visage en deux ; elle n'avait jamais su résister à de nouveaux jouets, et Arkadia ne manquait pas d'opportunités en la question. « Et au-delà de ça, je pense que ce que nous faisons est important. Parfois, les officiels sont trop prisonniers de leurs habitudes et de leurs contraintes pour vraiment agir, pour prendre le recul nécessaire. »

« Miss Stone est un atout pour Arkadia, comme le sont chacun de nos agents. Quant à vos activités si vous deviez accepter, agent Andersson, elles s'accorderont à vos capacités. Il pourrait s'agir de traquer certaines personnes ayant échapper aux mailles du filet de la justice. Parce qu'ils ont été plus malins qu'elle, parce qu'ils ont su profiter de ses lacunes, ou parce qu'ils ont les connexions nécessaires. Je compterai aussi sur vous pour nous permettre de faire en sorte que des gens comme le policier scandinave qui vous avait reçu ne puissent plus agir en toute impunité. Et vous serez libre de proposer vous-même des missions qui vous paraîtront judicieuses. Pour le reste, nous ne sommes pas du genre à abandonner nos agents, et encore moins à les supprimer lorsque tout ne se passe pas comme prévu. Non seulement ce serait un gâchis de talent, mais cela irait à l'encontre de ce que j'essaie de mette en place. Non, Arkadia est là pour ses agents, et pour leurs proches. »

La question suivante n'était pas inattendue, même si tous les candidats n'y songeaient pas forcément. Il n'était pas étonné que Sigrid y ait songé, cela collait avec son caractère. En fait, il aurait même été déçu si elle avait cru bon de ne pas le mentionner. C'était un sujet délicat, mais sur lequel il ne s'imaginait pas mentir. Et puis la réaction de son interlocutrice continuerait de beaucoup lui en apprendre.

« Je vais être honnête avec vous, agent Andersson. Arakadia n'a pas été créée dans l'idée d'accomplir de grandes choses dans un but aussi noble. A vrai dire, elle a commencé bien différemment, quand j'étais encore jeune, et persuadé que le pouvoir en soi justifiait tous les moyens. Agir en dehors des règles, monter mon réseau, tout ceci n'avait pour but que de servir les intérêts des plus offrants. Je confondais le manque de moralité avec le pragmatisme, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Arkadia a tué, manipulé, fait chanté, trahi et déstabilisé jusqu'à des cités entières. Et puis la trahison est venue de l'intérieur, j'ai failli tout perdre, et cette épreuve m'aura permis de comprendre que j'avais déjà perdu beaucoup plus que je ne l'avais cru. J'ai compris que le pouvoir absolu était une quête dépourvue de sens, et que le monde avait besoin d'équilibre, pas qu'on le déchire de l'intérieur. Je n'étais pas un homme bon, et je ne prétends pas l'être devenu : j'ai fait bien des erreurs, je le sais aujourd'hui. J'essaie simplement de faire ma part, de rediriger toute cette énergie, toutes ces ressources au nom d'une cause reposant sur un principe simple : s'assurer qu'un lendemain suive toujours aujourd'hui, et que ceux qui n'ont pas la possibilité d'avoir leur mot à dire ne souffrent pas à jamais des querelles des puissants. Il n'est jamais trop tard pour se réveiller, pour changer, pour faire de son mieux ; cela ne pardonnera jamais mes actes passés, mais je ne fais pas cela uniquement par souci de rédemption. Je le fais parce qu'il le faut. »
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Ven 21 Avr 2017 - 15:42
Sigrid hocha doucement la tête, pour montrer un accord tacite avec les paroles de l'homme qui se tenait en face d'elle. Elle était convaincue qu'il y avait un atout en chacun. Que chacun devrait pouvoir être jugé sur ses compétences et non pas ses fautes. Que tout le monde avait le droit à l'erreur. Une fois.

Merder, ça arrivait. Se tromper, se faire embarquer dans des histoires pas clairs par des gens pas nets. Les dossiers de Scotland Yard et de toutes les polices du monde étaient pleins d'histoires comme ça. Elle était d'accord avec le principe de se planter. Mais pardonner deux fois la même erreur, ce n'était pas quelque chose que la Scandinave était en mesure de faire. Elle était d'ailleurs assez intransigeante sur la question, avec des principes moraux qui frisaient le ridicule par leur rigorisme.

Tout le monde a quelque chose à apporter, oui. Restait par contre à décider si les pours et les contres pouvaient s'équilibrer.


- Mon père aurait définitivement eu quelque chose à apporter au monde. C'était un excellent mécanicien. Mon père a eut ses bons côtés, je crois. Je ne serais pas là, si ce n'était pas le cas. Mais la misère et l'alcool ont fait ressortir tout ce qu'il y avait de mauvais en lui. Je n'ai jamais connu l'homme que ma mère a épousé. Malheureusement, des gars comme lui, pourris par l'alcool et le ressentiment, y'a a des tas. Et des fois, leurs mauvais côtés éclipsent tout le reste.

Sigrid avait haï son père, avec une certaine ferveur. Mais en grandissant, s'était rendu compte que la vie qu'il avait mené avait probablement poussé ses vices au point d'en faire un salaud. Elle ne le croyait pas innocent pour autant, et il avait trop pourri son enfance et la vie de sa mère pour qu'elle puisse lui pardonner. Mais elle n'était pas aveugle au point de lui nier certaines circonstances atténuantes. Dans une certaine mesure.

Une ombre de sourire, entre mélancolie et fatalisme, étira un peu ses lèvres. Le discours de Mr Rose lui laissait penser qu'il n'était pas dupe. La mort de Per Andersson n'avait même pas été discutée. Endormi devant la télévision, il avait mis le feu avec une cigarette mal éteinte et ne s'en était pas sorti. Aucune piste criminelle n'avait jamais été envisagée : sa femme n'était pas présente à l'heure du départ de feu, en train de faire les commission avec sa fille. Et Kristin avait toujours tu le fait qu'elle ait perdu de vue Sigrid pendant quelques minutes. Et que sa fille avait toujours eu de très bons résultats en cours de sport... Surtout lorsqu'il s'agissait de vitesse.

Le fait que le PDG d'Arkadia évoquait simplement le fait "d'agir" montrait que, s'il n'avait pas de preuves, peut-être, que Sigrid était impliquée, il y avait songé. Le fait qu'il ne cherche pas à en savoir plus en disait long, là aussi. Suffisamment pour lui accorder un crédit sympathie aux yeux de la rouquine.


- Il a mérité sa fin.

Elle n'en dirait pas plus, elle non plus. C'était suffisant, à son sens, pour que Perceval se fasse une opinion, si toutefois il en avait besoin.

La proposition qu'il fit à propos du flic qui s'était occupé de la mort de sa mère lui tira un sourire plus machiavélique. Elle aimait l'idée de pouvoir lui pourrir la vie, elle qui n'avait jamais pensé qu'il paierait un jour pour son comportement, malgré la plainte qu'elle avait déposé, et qui - évidemment- n'avait jamais abouti.


- Je n'y vois pas d'inconvénient, non. Il est temps que certains cessent d'être protégés par leur ancienneté.

Sigrid continua d'écouter avec attention, se contentant d'un petit hochement de tête lorsqu'il fut question de son changement de carrière : elle n'avait pas grand chose à rajouter sur la question, et préféra écouter le témoignage d'Alexis, à la fois intéressée et amusée par sa réaction presque fanatique à la mention de tests sur appareils encore expérimentaux. Ses yeux pâles rencontrèrent ceux de la pilote, à qui elle adressa un petit sourire, à la fois sincère et reconnaissant. Un "merci" qu'elle ne jugeait pas nécessaire de dire à autre voix, quand il y avait bien d'autres moyens de l'exprimer.

En écoutant l'homme en complet s'exprimer, la Scandinave ne pouvait qu'approuver le fond. Sur la forme, en revanche, elle craignait le conflit entre ses activités de flics et celles d'Arkadia.


- Serais-je libre de refuser toute mission qui rentrerait en conflit avec mes principes personnels?

Et ainsi d'éviter de devoir se retrouver tiraillée entre devoir et moralité. En revanche, l'honnêteté de Perceval Rose, même si elle l'avait espérée, la surprit. Arkadia avait tout de même eut des bases biens nécrosées par l'envie de pouvoir et de richesse, et elle avait tendance à croire au mea culpa qu'il lui offrait. Naiveté ou instinct? Elle n'aurait sur le dire.

La jeune femme prit quelques secondes pour regarde l'homme dans les yeux, sans mots dire. Et elle décida, non pas de lui faire confiance, sa confiance était quelque chose qui était inaccessible après un simple entretien de quelques minutes, mais de lui donner une chance.
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Mar 25 Avr 2017 - 9:40
« La misère et l'alcool ont peut-être tendance à faire ressortir les mauvais côtés, mais ce ne sont pas des excuses pour autant. Tout dépend de ce qui nous précipite sur la pente, j'imagine. Mais je suis d'accord : votre père aurait certainement pu se montrer utile. S'il avait été guidé, canalisé, peut-être aurait-il pu être redirigé de manière à devenir un élément productif. C'est l'une des raisons d'être d'Arkadia : trouver ceux qui peuvent avoir besoin d'une structure qui leur permettra d'utiliser leurs talents avant qu'ils ne commettent une regrettable erreur. »

Percy croyait en l'utilité de chacun. Chaque personne pouvait avoir des talents qui valaient la peine d'être reconnus, du moment qu'on prenait la peine de les faire fructifier. Seulement, tout le monde n'avait pas cette possibilité, et c'était là l'une des grandes tragédies de la vie. Tous ceux qui n'avaient pas l'occasion de découvrir ce pourquoi ils étaient vraiment fait : les musiciens nés qui n'avaient jamais pu approcher un instrument de musique et qui ne l'avaient jamais su, les artistes inconscients coincés dans un métier où ils ne tiendraient jamais un crayon, et les jardiniers qui ne savaient pas que la terre les attendaient. Pendant longtemps, il ne s'était soucié que de celles et ceux qui pouvaient lui être utile ; aujourd'hui, il voulait qu'Arkadia puisse être utile au reste du monde.

« Ce qui est fait est fait. » se contenta de dire Percy. Il ne voyait pas l'intérêt de creuser la question ; ses soupçons n'avaient pas à être confirmés, et cela n'avait au fond guère d'importance. Il comprenait. Parfois, on n'avait simplement pas le choix. Ou on imaginait ne pas avoir le choix, ce qui revenait presque au même. Alors on apprenait à vivre avec, et c'était ce que l'on devenait à partir de cet événement catalyseur qui comptait. Et Sigrid Andersson était devenu une femme bien décidée à faire en sorte que d'autres n'aient plus à subir ce qu'elle avait subi. Cela suffisait à Percy.

« Considérez la chose faite. L'ancienneté n'a pas à être le refuge de l'incompétence...ou du manque d'humanité la plus basique. »

Il se fit une note mentale, se promettant d'y veiller personnellement. Même du temps où Arkadia était entièrement tournée vers sa montée en puissance, il avait en horreur la cruauté inutile et la bêtise crasse. Aujourd'hui, c'était tout simplement impardonnable chez un officier qui avait juré de servir et d'aider son prochain. L'homme pourrait s'estimer heureux que Rose ait abandonné l'idée d'exécuter tous ceux qui ne lui plaisaient pas. Ou pas : il y avait des punitions qui pouvaient s'avérer plus pénibles que la mort... La disgrâce, déjà. Il trouverait bien.

Le directeur s'était demandé si Sigrid chercherait à en savoir plus sur les activités passées de l'organisation, maintenant qu'il s'était montré honnête sur ce qu'elle avait pu être. Mais comme lui, elle ne semblait pas accorder grande importance au passé, pour peu qu'il reste ce qu'il était : le passé. Se laisser définir par ce dernier était un piège, et c'était qui on était aujourd'hui qui comptait. Les actes avant tout. Oui, Percy réalisait qu'il appréciait la policière, et qu'elle ferait un excellent agent, à sa manière.

« Vous serez libre de signifier votre désaccord, et j'en tiendrai compte afin que vous n'ayez pas à agir contrairement à vos principes. En principe, j'essaie d'attribuer les les missions qui correspondent le mieux aux agents : on travaille toujours mieux lorsqu'on est en accord avec sa tâche. »

« Je n'ai jamais eu à faire quoi que ce soit qui ne cadrait pas avec mes principes. »
intervint Lexy. « J'ai toujours eu le choix. »

« Et en parlant de ça... Tenez, en exemple de ce qu'Arkadia peut faire, et que nous pourrons continuer avec l'aide d'agents comme vous... » Il se saisit d'un antique dossier papier qui reposait dans un casier sous l'établi, et le tendit à Sigrid. « Le dossier de Sam Ellis. Le nom ne doit pas vous être inconnu : il a agressé plusieurs femmes en Écosse, réussissant toujours à passer entre les mailles du filet grâce à son argent et ses connexions. Y compris après le meurtre. Il a pu échapper à l'incarcération, via des liens avec la police que nous sommes encore en train d'établir. Ellis avait son passage hors de l'Arche arrangé, mais...il se trouve que l'agent Lockhart était dans les parages. » Il échangea un regard entendu avec Miranda, qui lui rendit un sourire satisfait. « J'aurais dans l'idée de le livrer à un membre intègre des forces de Scotland Yard, qui aurait pu lui mettre la main au collet. Vous ne connaîtriez pas quelqu'un comme ça, par hasard ? »
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Mar 16 Mai 2017 - 15:37
Plus Sigrid écoutait parler l'homme en costume, assis face à elle au milieu de toute cette verdure, plus elle se surprenait à vouloir y croire. Le rêve était beau. Vouloir aider chacun à trouver sa place dans la grande tapisserie du monde. Etait-il réalisable? Plus difficile à dire, et à concevoir. Mais la jeune femme se surprenait à penser que ça valait le coup d'essayer. D'une part parce que l'objectif était louable, à n'en pas douter, mais aussi parce que cela lui permettrait, elle, sur le plan de personnel, de mettre en pratique cette envie d'aider les autres. Son job de flic était un bon début, il n'y avait pas à argumenter sur la question. Mais Perceval Rose avait très bien mis en valeur le fait que les flics étaient liés par les lois, et que des fois, ce qui était juste et ce qu'il fallait faire étaient des choses bien différentes.

La mort de son père en était un parfait exemple.

La Suédoise hocha doucement la tête lorsque son interlocuteur scella le sort de Gustaf Olafsson, flic pourri aux idées d'un autre temps. Elle-même de voulait pas s'en occuper plus que ça, cela lui rappellerait trop les quelques jours qui avaient suivi l'agression de sa mère, mais elle était satisfaite que quelqu'un s'en charge. Ce type n'avait pas dû servir ce type de discours qu'à elle, et la rouquine était intimement persuadée qu'un homme qui a décidé d'être flic, se doit de servir les siens du mieux qu'il peut, et aider la vie à être moins moche. Surtout pour les personnes qui viennent de perdre un proche aussi violement.

Elle chassa le type de ses pensées. Revivre cet entretien avait tendance à la crisper, au mieux, et, en cet instant, ses poings serrés auraient bien besoin d'un peu de répit. Les ongles, quoique courts, de la jeune femme, étaient plantés dans la chair de sa paume, et si la sensation lui donnait l'assurance d'être toujours en vie - chose dont elle ne doutait pas à ce moment précis, titillée par l'aiguillon de la colère - elle n'était pas agréable pour autant.

Le changement de sujet fut donc bienvenu, et permit à Sigrid de détendre un peu ses mains. Elle croisa les jambes dans l'autre sens, et ses lèvres peintes s'étirèrent en un semblant de sourire. La manière d'envisager les missions d'Arkadia lui convenait, et semblait par ailleurs dictée par une efficacité à toute épreuve.

Elle se plairait probablement là-bas.

Elle écouta la suite avec un soin renouvelé, prenant le dossier qu'on lui tendait et l'installa sur son genou. Elle le feuilletta, rapidement, sans pour autant oublier de prêter attention à l'homme en costume. Elle avait entendu parler de Sam Ellis, alors qu'elle était encore élève à l'Académie de Police. De fait, elle avait même constitué un dossier elle-même, déplorant de ne pas être déjà diplômée pour pouvoir être affectée à son cas. L'homme était une pourriture qui haïssait les femmes, et tout à fait le genre de types que la Scandinave rêvait d'épingler à son tableau de chasse. Et on proposait à mots couverts de le lui livrer sur un plateau...

Elle haussa un sourcil:


- Mettre la main sur une telle ordure et le livrer à Scotland Yard, c'est presque une promotion assurée.

Elle ne faisait que sous-titre le sous-entendu, avec un air vaguement amusé. Le PDG d'Arkadia était un renard. Rusé, avec juste un brin de manipulation. Un adversaire de taille, probablement, pour peu qu'on se le mette à dos. La rouquine le nota, mentalement. Non pas qu'elle ait prévu de se faire des ennemis, mais on ne sait jamais... Elle se tut, un moment, plus pour l'effet dramatique que pour une réelle réflexion. Sa décision avait été prise en une seconde, à peine plus. Elle rangea une mèche de cheveux derrière son oreille, puis reposa ses mains sur le dossier, en chassant un grain de pollen qui s'y était aventuré par mégarde.

Puis, elle se pencha, et rendit le dossier à son vis-à-vis, avec un sourire aussi charmant que poli.


- L'officier Kreizler sera sans doute ravie de faire enfermer ce type. Ou a défaut, le livrer empaqueté sur le seuil de la porte devrait marcher aussi.

Elle n'avait pas l'intention de s'approprier le mérite de quelqu'un d'autre, encore plus pour une promotion. Sirid avait en effet des principes, et "s'élever grâce à son propre mérite" faisait partie de la tête de liste.

- Quant à Arkadia... j'aimerais vous rejoindre. Si ma réponse à cette dernière question vous a satisfaite.

La jeune femme doutait en effet que la proposition ait été anodine. Elle croyait Perceval bien trop astucieux pour louper une occasion d'ajouter un paragraphe à son portrait mental.
Red
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Mar 23 Mai 2017 - 10:09
Jusqu'ici, l'entretien se déroulait plutôt bien ; c'était agréable, que quelque chose se passe correctement, surtout en ce moment. Percy en avait besoin, surtout quand tout le reste menaçait d'échapper à tout contrôle. Il était bon de revenir à quelque chose de plus concret, de plus simple, d'une certaine manière. Retrouver l'un des buts premiers de la nouvelle Arkadia, permettre à un individu doué de réaliser son plein potentiel, le tout afin d'apporter leur aide à ceux qui en avaient le plus besoin. D'une manière ou d'une autre. Aujourd'hui, dans la serre, il n'y avait nulle machination, nulle lutte à l'échelle globale.Juste Miranda et lui à la rencontre d'une nouvelle agent potentielle.

Et Sigrid Andersson se révélait être une recrue des plus intéressantes. Elle était prête à faire ce qu'il fallait quand il fallait, elle avait l'esprit aiguisé, et le tout au service d'une moralité personnelle et inébranlable. Il n'enviait pas ceux qu'elle prendrait en chasse, mais il n'allait certainement pas les plaindre non plus. Si elle voulait faire tout ce dont elle était capable pour mettre le pire du pire sous les verrous, il allait tout faire pour l'y aider. Afin qu'elle n'ait plus jamais à composer avec des gens comme le policier complaisant qui l'avait reçue sur l'arche scandinave. Un agent dont il fallait se faire un plaisir de ruiner la carrière pour de bon ; il allait s'assurer qu'il ne puisse jamais trouver mieux que membre de la sécurité pour, disons, une chambre froide. Là où il ne risquait plus d'embêter qui que ce soit. Et l'autre devrait s'estimer heureux que Percy n'utilise plus ses anciennes méthodes, où il se serait probablement retrouvé dans la chambre froide...d'une autre manière.

« Peut-être pas. A vrai dire, cela risque même d'agacer plus d'un supérieur dont la politique aurait été de classer l'affaire afin de ne pas courir le risque de s'en prendre à un « intouchable ». Il y en a qui ne vont vraiment pas apprécier. Ils n'auront pas vraiment le choix une fois devant le fait accompli, ceci dit. »

Scotland Yard n'était pas corrompue dans l'ensemble, ce qui était une bonne chose. Mais elle comprenait son lot de dirigeants qui se devaient de composer avec une politique qui allait parfois à l'encontre de leurs convictions, sans compter ceux qui n'avaient plus de policier que l'uniforme. Mais Sam Ellis avait réussi à leur échapper pour une raison. Et Rose était curieux de voir ce que Sigrid allait en faire. Sa réponse ne le surprit pas plus que ça.

« C'est tout à votre honneur. Gabrielle est au courant des méthodes d'Arkadia, et aussi incorruptible que vous lorsqu'il s'agit de son devoir. Vous vous ressemblez beaucoup, elle et vous. Mais il y a une raison pour laquelle je ne livre pas de criminel saucissonné sur le parvis du commissariat : même ainsi, on ne sait jamais vraiment qui va la réceptionner, ce qui va arriver. Mais si vous ne voulez pas vous en charger, je trouverai bien un moyen. »

« On pourra toujours le déposer après, patron. »

« Ah oui ? » Il haussa un sourcil à l'intention de Miranda, qui avait parlé l'air de rien.

« Je l'ai récupéré avant de venir, au cas où; il est dans le coffre de la voiture. »


« Voilà qui ne m'étonne pas. Très bien »

Puis vinrent les mots qu'il espérait, et il réalisa à quel point il était ravi de les entendre. Tout n'était donc pas condamnée à partir à vau-l'eau, finalement. Voilà qui était rassurant. Quoi qu'il en soit, Andersson ferait une agent de valeur, et il serait fier de la compter parmi les siens. Probablement à la Shadow Division, où ses talents seraient bien employés. Le Concierge saurait les employer, le chef de la Division était aussi efficace que professionnel. Les détails se régleraient plus tard. Perceval se leva, et tendit la main à Sigrid :

« C'est un honneur que de vous accueillir parmi nous, agent Andersson. Nous vous ferons parvenir les détails. Et...tout le monde à sa part d'ombre ; vous le savez, et vous l'acceptez. Plus encore, vous avez décidé d'en faire quelque chose de mieux, ce que je respecte infiniment. Et nous vous y aiderons. »

« Bienvenue à Arkadia, en gros. »
lança Lexy avec un grand sourire, tandis que Miranda hochait la tête.
Percy
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