You have all the weapons you need || Head

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Jeu 16 Fév 2017 - 19:05



« You have all the weapons you need. Now fight! »

L’appartement dans lequel je vivais était situé en haut d’un building composé uniquement de logements de haut standing, avec les mesures sécuritaires qui s’imposaient. La tranquillité avait un prix, que j’avais heureusement les moyens de payer. Mais en dehors de cela, l’endroit n’avait pas de marques particulières de richesse, étant sobrement meublés et avec le strict nécessaire. Les seules folies consistaient en une bibliothèque richement fournies, ainsi qu’en un violoncelle électronique, bien rangé dans son étui. Les lieux étaient décorés par quelques photographies, la majorité nous représentant mes deux pères et moi. Quelques photos de Sacha et moi à Londres venaient compléter les clichés encadrés, ainsi que plusieurs toiles de Léon, que j’avais accroché avec fierté à mon mur.

Mais le luxe le plus impressionnant était sans nul doute la pièce que j’avais transformée en petite salle de sport. Equipée de sac de sable, de divers accessoires de combats et d’objet d’haltérophilie, la pièce était même en partie recouverte de tatamis, et donc prête à recevoir des leçons d’arts-martiaux. Mon séjour en Asie avait considérablement enrichi mes connaissances en self-défense, aussi, en arrivant sur l’arche d’Edimbourg, j’avais tout naturellement continué à suivre des leçons hebdomadaires. Si ce n’était parfois quotidiennes.

La perspective de ne pas pouvoir me défendre, surtout dans les milieux que je fréquentais, avait depuis longtemps mis en lumière que de telles pratiques m’étaient indispensables. De plus, c’était un moyen de conserver ma forme, ainsi que de me défouler. Il y avait tellement d’énergie, de colère en moi, et c’était par une pratique intense de sport couplée à des séances régulières de méditation que je parvenais à maitriser ces émotions tout en conservant un équilibre salvateur. Ma vendetta personnelle avait beau motiver mes actions, les missions ne pouvaient être correctement accomplies qu’avec la tête froide, et avec le recul nécessaire.

Aussi, je ne prenais pas spécialement mal notre échec à Singapour, même si je devais admettre être moins touchée personnellement par la mise à mal de notre mission. C’était plutôt mon amour-propre qui en avait pris un coup, mais cela, j’avais appris à le gérer également. Et il était clair que personne n’avait pu prévoir la tournure des événements, même s’il était dommage que cela ce soit passé durant la première mission de Lotte sur le terrain. Et peut-être la dernière…

Évitant de trop y songer, je terminai plutôt de préparer la salle, puisque je recevais ce soir une invitée. Clarke s’était intéressée à en apprendre davantage sur ma pratique des arts-martiaux, et je lui avais donc tout naturellement proposé de me joindre, afin qu’elle puisse en juger par elle-même. De tous les membres de notre mission, il s’agissait de celle que je connaissais le moins. Personnellement, car son parcours parlait assez pour elle. L’ancienne représentante du CSN restait donc une personnalité d’intérêt, et son appartenance à Arkadia rendait un rapprochement nécessaire. Et puis, sur un plan plus humain, j’appréciais toujours de découvrir plus en détails des femmes comme elle.

Quoi de mieux pour cela que de se confronter sur les tatamis ?

Lui ayant transmis toutes les informations nécessaires pour parvenir jusqu’à mon appartement et ayant averti la sécurité de sa venue, j’allais lui ouvrir la porte lorsque l’heure convenue sonna, habillée d’un legging et d’un simple soutien-gorge de sport et les cheveux attachés.

"Bonsoir Amelia, bienvenue." l’accueillis-je avec un léger sourire, l’invitant à entrer. Je lui suggérais de débuter immédiatement par la raison de sa visite, et l’emmenais ainsi dans la salle de sport.

"Pour commencer, as-tu déjà eu des expériences dans la self-défense ? Ou les arts de combats ?"

Croisant les bras, je l’observais, professionnelle et attentive. Ce n’était pas la première personne à qui je donnais des cours, quelques femmes au foyer de ma mère en ayant aussi bénéficié. Et leur progrès après quelques mois seulement avait été l’une des plus grandes satisfactions de ma carrière. Tous domaines confondus.
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Mer 22 Fév 2017 - 18:02
You have all the weapons you need.









George Powell



    * ...Amélia signe ce papier. *

    *Tu n'aura rien.*

    * Arrête de t'obstiner. De toute façon tu n'as plus le soutien des actionnaires. Tu vas perdre !! Bon sang !! *

    *Non ! Je ne te donnerais jamais cette maison Georges. *

    * Très bien... Tu ne me laisse pas le choix. Je vais dire la vérité aux juges. Tu pourra dire adieux à ton dossier d'adoption. C'est dommage...*

    *Va au diable !*



Perte de contrôle momentanée. Stoppée. Ulcérée. Fureur ressuscitée par le seul son d'une voix. Dire que la journée avait été longue aurait été un euphémisme.
Head sentit les regards des passants converger sur elle.
Inspirée. Domestiquer la frustration. Les frustrations.

- Jamais.

20h02. L'appartement de Miss Andersen à deux rues. Clark se remit en route et accéléra le pas.
Une réunion au Parlement l'avait retenue. Encore. Des heures gaspillées en jolies formules. Un ordre du jour à moitié traité. Des politiciens véreux. Un système corrompu. Rien n'avançait aussi vite que l'Américaine l'avait espéré. Le C.S.N. peinait à faire respecter les lois déjà en place. Arkadia devait faire face aux résistances des multinationales. Mesa.
Pendant ce temps l'économie restait prisonnière des forces souterraines.

En interne des problèmes qui traînaient. Un bien immobilier immobilisé par le procès. Mac Gregor désisté. L'avocat avait baissé les armes. Il flanchait après six mois de procédures acharnées. Le dossier était trop lourd. Et Powell à la charge. Deux semaines de harcèlement intensif. Le goujat profitait de la moindre fêlure. Amélia se retrouvait au même stade qu'un an en arrière.
Tout recommencer.
Encore.

Dans la rue où logeait sa partenaire. L'envie d'annuler manqua de l'emporter.
Un banc public accueilli la rebelle en trench-coat bleu marine. Elle observa les immeubles du quartier. Chics. Elle avait passé une partie de sa vie dans un endroit comme celui-là. Elle y avait été heureuse. Un temps. L'appartement de New-York. Les premières années du mariage. Les soirées. L'exaltation. L'impression d'avoir le monde à portée de main. Les années étaient passées trop vite.
La fumée blanche volait vers le ciel. Sans étoiles. Tout était si tranquille ici. Amélia ferma les yeux pendant une seconde. Elle chercha la paix intérieur. La sérénité. Elle vit le Sicilien lui adressé un clin d’œil
Quand elle rouvrit les yeux l'acier bleu était moins sombre. Elle plongea le briquet dans sa poche.

Identifiée par le gardien. Head poussa la porte en verre, en observant l'agencement du hall. La soirée allait l'aidée à penser à autre chose. Aller de l'avant. Une Clark ne se laissait pas abattre.
Elle avait fait des recherches sur Dahlia Andersen. Une jeune femme pleine de talents. Mannequin, chanteuse, agent... Surprise de retrouver Persona en première page des tabloïds. Clark ne savait pas encore ce qu'elle en pensait. Double personnalité, mise en scène ? Le mystère était encore à élucider.

- Bonsoir, pardon pour le retard. Merci. Je suis contente que l'on se revoit en dehors du Bureau. Tiens. Un rouge facile à marié. Bouteille étiquetée Lampeduza. De la qualité. Ezio était son fournisseur particulier. Très particulier. Il va avec à peu prés tout.

Amélia laissa son sac sur le premier fauteuil qu'elle trouva, en découvrant le lieu. Là encore, de la qualité. Cuire, solide, sobre, élégant. Il contenait une masse de travail titanesque. Les nuits étaient courtes. Sans autre repos que celui partagé dans les bras d'un amant au sang ensoleillé.
Tailleur rouge, implacable. Allure soignée. Une femme d'affaires comme en fait cette époque. Head était bonne dans ce qu'elle faisait. Aux prix de nombreux efforts. Elle eu un sourire en croisant le regard du trio sur une photo. Puis, elle revint sur la belle féministe avec une voix vive.

J'arrive du bureau. Où est ta salle de bain ? J'en ai pour une minute. Dit-elle en sortant sa tenue du sac de sport.

Isolation de cinq minutes. Jogging, débardeur, chignon. Parée pour faire du sport. Le corps était mince. Assez conservé et soigné pour susciter le regard des hommes. Encore.
Clark était assez bonne sportive. Joggeuse, tireuse, amatrice de fitness. Épéiste. Surtout depuis elle était divorcée. Ne pas s'affaiblir. Être un rock. Depuis son entrée dans la Green-Team elle avait intensifié les séances.
En fait, sans la cigarette, elle aurait un excellent niveau. Le vice était trop implanté. Dans ses gènes. Dire qu'elle ne vendait même plus le poison de son enfance à présent.

- Mmm. Alors ! Du karaté plus jeune. Une initiation à la boxe quand j'étais à New-York. Mais ça ne me convenait pas. Enfin, je crois que les professeurs ne convenaient pas. J'ai aussi suivi des cours de danse pendant quelques années. Et toi ?

A présent, Amélia prit le temps de regarder son interlocutrice. Une beauté. Une malicieuse. Elle retrouva un peu de Laure dans son sourire. Un peu d'elle-même dans sa tranquille assurance. Décidément, cette nouvelle génération de femme avait l'air de plus en plus prometteuse.
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Dim 19 Mar 2017 - 18:18
Caine avait une prestance qui se ressentait dès le premier regard. Et cela ne fit pas défaut lorsque j’ouvris la porte d’entrée, avant de l’inviter dans mon appartement. Une allure droite, qui inspirait à la fois la détermination et le pouvoir. Rien qu’à l’observer, on savait qu’être dans le camp adverse promettait de longues et difficiles batailles. En un certain sens, elle me rappelait ma mère, du moins, en ce que je trouvais de positif chez Ellen : une femme qui savait ce qu’elle voulait et ne se laissait pas marcher sur les pieds.

"Aucun problème." répondis-je avec un hochement de tête compréhensif. La journée semblait avoir été difficile, et, au moins du point de vue professionnelle, je pouvais comprendre en quoi. Pour le reste… Peut-être voudrait-elle l’évoquer par la suite, ou non. Je pris la bouteille qu’elle m’offrait, esquissant un bref sourire. Sincère. "Merci. C’est vrai que ça change, de se voir en privé. Si on peut dire ainsi."

Je ne buvais qu’en de très rares occasions, et en bonne compagnie. Cela serait certainement parfait pour l’une de ces situations. Je laissais mon invitée s’installer sur le canapé, puis prendre connaissance des lieux, tandis que j’en profitais pour ranger la bouteille de rouge. Une fois de retour, j’acquiesçai simplement à sa demande, l’invitant à me suivre pour lui indiquer où se trouvait ma salle de bain. Pièce aussi rangée que le reste, et sans doute la plus informelle. Elle était, après tout, destinée uniquement à être pratique, non à être décorative.

Une fois Caine prête, je nous amenais dans la salle de sport, commençant directement dans le vif du sujet, en l’interrogeant sur ses antécédents en arts martiaux et de défense. Elle était en forme physique, et semblait suivre un entraînement. Mais, sachant sa position chez Arkadia, ce n’était pas surprenant. Ensuite, il convenait de voir si elle avait certaines bases ou techniques, ce qui était le cas, à l’en croire. J’acquiesçai de la tête, prenant bien note de ses paroles.

"Très bien. Les professeurs ne te convenaient pas, dans quel sens ?" J’avais incliné la tête, pour la fixer avec plus d’attention. C’était le genre d’informations qui pouvaient être utile, notamment en termes de pédagogie. Si toutefois la raison de la déconvenue n’était pas plus personnelle. Puis, je me redressai quelque peu pour répondre à sa question, un léger sourire sur les lèvres : "Lorsque j’étais au Japon, j’ai eu des leçons en karaté et en baristu. Autrement, depuis mon enfance, je suis des cours de boxe et de krag-maga."

La faute à des parents un peu trop protecteur, mais je n’allais pas m’en plaindre. Naître fille n’était pas toujours un avantage, et la nécessité de savoir se défendre s’imposait rapidement, surtout selon les milieux.

"Tu pratiques l’escrime aussi, non ? Je suis plutôt Kendo, mais il doit y avoir des points communs." Je parcourais du regard la salle, et les différentes installations. "Tout ce qui est bon pour me dépenser et me défouler me plaît. C’est aussi un besoin, pour tenter de trouver un équilibre intérieur. La beauté du combat est un peu plus secondaire, je l’admets."

Pour ne pas me laisser ronger par la colère, j’avais choisi de l’utiliser d’une manière utile et constructive. Et c’était un moyen pour garder un calme et une assurance nécessaire dans ma vie. Encore une précieuse leçon retenue de mon séjour en Asie. Dans le cas de Caine, je me demandais si c’était semblable.

Je me dirigeais vers l’un des sacs de sable, avant de reporter mon attention sur mon invitée et partenaire de sport pour la soirée.

"Tu peux me montrer ce dont tu es capable ? Et ne te retiens pas, surtout. Parfois, ça fait du bien."

Je lui désignais le sac, avec un signe qui lui laissait quartier libre. Je m’éloignais de quelques pas pour lui céder la place, et pour mieux l’observer.
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Mer 22 Mar 2017 - 22:57
You have all the weapons you need.




Les odeurs. Un excellent indicateur que les odeurs. Elles avouaient énormément de choses sur leur propriétaire. L'appartement de Miss Anderson ne dégageait pas d'odeur. Au premier abord. Puis les sens s'aiguisaient. Découverte des fragrances de fleurs, de bougie peut-être également.

Ils manquaient de pédagogie. En plus d'être de fonciers sexistes. J'avais l'impression de mettre plus d'énergie à me contenir qu'à apprendre. L'expérience m'a un peu refroidie, je dois dire. Clark ne se cachait pas d'être une élève exigeante et difficile. Lorsqu'elle entreprenait quelque-chose, c'était pour le faire correctement. Mais sans la camaraderie. Sans l'esprit d'équipe. L'échec survenait. Il est vrai que cela avait l'avantage de m'épuiser plus vite.

Le baristu. Ce sport british qui avait retrouvé ses lettres de noblesses il y a une dizaine d'années. Amélia avait assisté à des démonstrations. A Londres. Elle n'avait pas eu le déclic. Restée sur sa faim.
L'Empire -morcelé- du soleil levant lui n'avait pas souvent été sur ses itinéraires. Les japonais préféraient l’opium au tabac. Clark s'était frotté à cette culture via une connaissance. Une femme de l'Ordre.

Eh bien. A croire qu'on te préparais déjà à être un agent secret. Moitiés sérieuse.

Autant que Nikiya et Miranda, Persona était objet de curiosité. Jeune femme aux capacités immenses. Pourvue d'une culture. Entraînée. Préparée. Ce n'était pas sans raison. Les aspirations de ses parents devaient aller au delà de la protection. Charlotte n'était pas qu'une ballerine. Dont les déconvenues étaient diffusés dans toute la presse. Miranda n'était pas une simple assistante.
Chacune avait un double visage.

Oui. Amélia scruta Dahlia. Ensuite, elle avisa sa propre posture au repos. Avec ses mains posées au bas ventre. Les pieds plantés dans le sol. Le dos droit. Au temps de signe de sa pratique. Je suis inscrite au club du centre-ville. Il me semble qu'il y en a oui. Mmm, oui, j'avais pensé passé au Kendo il y a quelques années. Mais, on m'a conseillé de maintenir ma pratique en escrime.

Les précisions de la collègue ne manquèrent pas d'avoir l'assentiment de l'Américaine. Elle hocha du chef un sourire aux lèvres. Visiblement, elles partageaient le même usage de l'exercice physique.
Clark n'en était pas surprise. Les recruteurs d'Arkadia recherchaient des profils types. A priori des femmes, pas mal de femmes.

Je comprend l'idée de la soupape de survie. Sans le sport, avec le travail que je fais, je crois que je me serais dangereusement approchée de la rupture deux ou trois fois. Ceci dit, j'aime autant transpirer que rechercher la beauté du mouvement. Ça m'oblige à focaliser ma rage et à la magnifier en quelque sorte.

Survenait la béatitude. Après. La sensation d'épuisement après une séance était une véritable bénédiction.

Amélia lorgna le sac. Elle n'avait pas touché à ce genre de matériel depuis cinq, voir même six ans. Son corps se souviendrait-il des mouvements ? Il avait traversé tellement de choses depuis. D'abord dénouer ses épaules. La rotation soulagea un peu de tension colérique.
Malheureusement, l'esprit éprouvait des complications pour se détendre. Lui. L’écho de la voix de George dans le crâne.

C'est exactement ce dont j'ai besoin ce soir. Une profonde inspiration. Une impulsion sur pied dominant.

Jeux des pieds. Droite. Gauche. Avant. Arrière. Cadencer le mouvement. Pas d'arrêt. Souplesse du à l'activité physique. Ce qu'il fallait pour réchauffer les muscles. Préparer l'esprit. Head avait tout de même retenu de trois conseils de son année d'essai.
Elle maintenue constamment une distance d'un mètre entre elle et le sac de frappe. Tournant autour pendant que son souffle d’auto-régulait. L'énergie et la force devaient remonter jusqu'à l'avant-bras.
Le canalisateur.

Les bureaucrates du C.S.N.
Un premier coup.

Les promoteurs américains.
Un coup plus ferme.

Michael.
Deux coups qui firent plier le cuire.

Georges.
Coups successifs en avalanches.

L'excitation devant la résistance de la toile. L’absence de retenue. L'énergie qui se libérait. Surtout après une journée à avoir du jouer à la diplomate avec des salauds sans scrupules. Le coup de fil de Powell pour coup de grâce. Clark ne s'était pas rendue compte que le dossier en cours la remplissait d'autant de frustration. Ni que l'attitude de son ex-mari l'atteignait toujours. Encore.
Cette passion, dont elle se défendait souvent était là tapis dans le creux de son ventre. A attendre.

Une tension musculaire pour rappel à l’ordre.

Verdict ? Questionna Clark avec un petit sourire satisfait sur la face.

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Mar 11 Avr 2017 - 20:46
Un bref sourire vint un instant étirer mes lèvres. Être une femme dans ce monde, c’était épuisant. Pire encore, être une femme et avoir conscience de toute la misogynie que la société patriciale diffusait, même dans d’infimes petits détails. Mais lorsque cette violence était frontale, au moins, il pouvait être facile de réagir directement, c’était au moins cela l’avantage.

"J’espère que tu lui as cassé le nez." répondis-je, non sans humour. Ou alors, peut-être pas tant que cela. C’était une chose que je supportais difficilement, que l’on me manque de respect, et beaucoup l’avait appris trop tard et à leur dépend. Ou n’était parfois plus là pour en témoigner. Puis, je repris, plus sérieuse : "Le but n’est pas seulement de s’épuiser, mais d’apprendre dans le respect. Un professeur qui n’applique pas ce principe de base est un mauvais professeur."

Certes, j’avais mes idées très arrêtées et ce sur beaucoup de sujets. Mais dans ce domaine-là, cela me semblait être le minimum. Quoiqu’il en soit, nos parcours semblaient être assez différents, quoiqu’orientés vers le sport de manière générale. L’influence asiatique était surtout venue de mes séjours en Orient, et pour le reste, mes parents m’avaient appris très tôt à savoir me défendre. Mais me défendre uniquement.

"Disons plutôt que j’avais des parents un peu angoissés et protecteurs. Ils voulaient surtout que je sois capable de me protéger, pas vraiment d’attaquer. C’est quelque chose qui m’est venu tout seul, avec le temps et les expériences…"

Raison pour laquelle Jens et Stefan ne savaient rien de la double vie que je menais, ou du moins, pas dans les détails. La différence entre eux et mes parents biologiques se situaient surtout là : deux étaient des hippies et des papas poules, et les autres grands bonnets dans des organismes sécuritaires et qui m’employaient comme agent. Entre les deux, j’avais néanmoins trouvé un juste milieu.

Pour en revenir à Clarke, cette dernière semblait avoir une vie millimétrée, et en bien des aspects, elle me rappelait Ellen. En beaucoup plus sportive et moins portée sur l’alcool, certainement.

"Ce sont deux philosophies différentes, et je comprends qu’il vaille mieux mettre la priorité sur ce que tu connais déjà pour l’améliorer. Mais je serai curieuse de te voir à l’œuvre, d’autant que l’escrime est un sport qui a beaucoup d’élégance." Ses paroles me confirmèrent ensuite que son travail était pour le moins prenant, et je m’en doutais bien. Entre le CSN et Arkadia, dans le contexte actuel, il y avait de quoi. J’esquissai un sourire, sa remarque sur la haine me parlant assez bien. "Je comprends. Et quand on peut avoir le contrôle sur quelque chose, c’est aussi paradoxalement apaisant."

Raison pour laquelle je lui proposai de passer à la pratique, lui montrant le sac de sable un peu plus loin. Elle ne se fit pas prier. Je croisais les bras, puis la fixais pendant qu’elle se préparait, avant de se lancer. Amelia dansa autour du sac, sans pourtant lui laisser de répit, et plus les secondes passaient, plus ses coups semblaient s’intensifier. Plein de passion et de rancœur, dans des gestes qui exprimaient la beauté de la rage dont elle me parlait avant. Je la laissais terminer, puis, m’approchais, un sourire franc sur le visage.

"Tu as de l’énergie à revendre. Je suppose que cela veut dire que la journée a été difficile ?" Plus qu’une vraie question, c’était une constatation. Je ne connaissais presque rien de sa vie privée, mais savais que c’était quelque chose à respecter. Enfin, si cela était son souhait. Autrement, j’étais toujours une oreille attentive et discrète. Je m’approchais un peu plus pour me mettre à ses côtés. "Fais attention à l’angle de ton poignet. Il faut qu’il puisse encaisser le choc sans que cela te blesse."

J’attrapais avec douceur sa main, la refermais en un poing et le bougeais légèrement jusqu’à le faire adopter la position désirée. J’accrochais son regard pour obtenir son accord et sa compréhension, avant de continuer.

"Aussi, veille bien à taper correctement avec ton pied, sans trop de déboiter la hanche. Comme ceci." Je lui montrais en envoyant doucement un coup contre le sac. "Mais sinon, je n’ai pas grand-chose à dire, tu as déjà un bon niveau. Tu mises plutôt sur la force, j’ai l’impression ? Je suis plus sur l’agilité et la vitesse, mais dans les deux cas, cela s’apprend. Tu veux que je te fasse une démo ? Peut-être que ça te parlera plus que des explications."
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Mer 19 Avr 2017 - 19:10
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Un souvenir remonta à flot de la mémoire.

Non. Mais, j'en ai recroisé un, deux ou trois en plus tard. A un gala. Je pense qu'il doit encore me détester après l'humiliation. Apparition de sadisme.

Clark n'avait pas eu les bons poings. La verve, elle, avait toujours été sa force. En plus d'une rancune. Tenace. Le surnom de Head lui avait été donné tôt. Pas tant pour ses capacités de leader. Mais parce qu'elle savait tenir sa route.
L'échine droite. Aussi droite que son esprit.
Aujourd'hui aucun homme ne pouvait plus lui manquer de respect. Il finissait à terre.

Mmm. Je vois. Les miens étaient plutôt du genre à aller chercher le fusil de chasse. Enfin, mon père surtout.

Cependant, l'époque des cours de tir était lointaine. Jefferson Clark, avait été un bon-vivant, un grand travailleur et un chasseur émérite. Le meilleur tireur de sa région. Aucune proie de s'en sortait. Il avait fallu une guerre armée pour tuer ce patriarche.
Sa chère veuve s'était vue refusée l'accès à la haute société américaine. Le commerce était un domaine ingrat. Fait pour une bourgeoisie petite. Il n'y avait aucune splendeur dans les dîners des négociants. Élisabeth Clark n'avait eu droit qu'au bas de l'échelle. Elle avait pour ses deux filles aînées, épouses d'un banquier et d'un juriste, une admiration sans borne. Quant à la cadette, Amélia, les sentiments étaient beaucoup plus alambiqués.

Quelques mouvements de chevilles pour les assouplirent. De même avec la nuque. Les épaules. L'échauffement se faisait sans avoir à y penser. Encré dans le corps de la belle. Il lui arrivait de rêver d'être en train de faire de l'exercice. Une échappatoire pour un esprit souvent en hyperactivité.

-
Si ça t'intéresse je te préviendrais la prochaine fois que le club fera une démonstration. On fait ça au moins une fois par trimestre pour attirer des nouveaux. Clark n'était pas aussi froide que ne le démontraient ses traits.

Enfin, pas quand elle n'en avait pas besoin. Non. En dehors de la sphère professionnelle Clark pouvait être charmante. Seulement, le découvrir réclamait de la détermination. Peut-être un peu de mérite également.

Exactement ! Ces opinions communes donnaient le sourire.

De la sueur. Des gouttes le long de la nuque. L'impression que les pores de la peau se sont ouverts sous l'effort. Amélia appréciait de ressentir le tiraillement de ses muscles.
La petite souffrance physique, dont elle seule était l'auteure. Une douleur contrôlée. Voir recherchée. Clark y trouvait une sorte de complément. Rappel qu'elle était bien l'unique possesseur de son corps. Un procédé somme toute classique pour une ancienne victime.
Mais, il avait fallu des années avant de conscientiser tout cela. Ce n'était qu'un début encore.

On peut dire ça. Heureusement, elle se termine mieux qu'elle a commencé. Head allait s'arrêtait là de son commentaire. Le sourire de Persona l'encouragea à se montrer plus ouverte. Plus accessible. Un ex-mari. Doublé d'un chef d'entreprise. Un mauvais calcul de jeunesse.

Une synthèse avec ironie mordante. Qui ne cachait rien de son véritable sentiment. Clark aurait volontiers transpercé cet homme d'une lame. Passion noire et destructrice.
Qu'importe les accords du passés. Powell lui menait un tel train d'enfer. Il était probablement aussi rancunier qu'elle. Ils y perdaient des plumes. Rien de moins de possible pour un tandem qui avait été si loin sur les chemins de la conquête.
Heureusement l'exercice avait calmé le feu.

Persona eu droit d'entrer dans la bulle d'Head.
La mission chinoise avait permit de cimenter les bases d'une confiance mutuelle.
Les liens étaient sans doute plus forts entre les plus jeunes. Logique. Clark n'avait pas eu de nouvelles de Lotte ou Miranda. Mais qu'avaient-elles en commun ? Une aspiration. Un désir. Une volontiers de changer les choses. Était-ce suffisant pour effacer des différences plus grandes ? Amélia avait apprit la « disparition » de la ballerine. D'abord inquiète elle s'était raisonnée. Arkadia aurait réagit.

D'accord. Amélia refit le geste de correction deux trois fois de suite. Oui... déjà à l'époque j'avais tendance à trop lever la jambe. Lien avec la pratique de l'équitation. Peut-être. Simple mauvais mouvement enregistré par le corps.

Mimétisme attentif avant de retenter de faire le bon geste. Une fois. Deux fois. L'erreur était effacée.

Je veux bien oui ! Amélia recula pour libérer la place. Elle lança un coup d’œil par dessus son épaule pour localiser le mur le plus proche. Une fois fait, elle alla s'y adosser, prête pour l'observation.

Head
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Lun 8 Mai 2017 - 12:39
Je partageais un sourire amusé et satisfait à la mention de sa nouvelle rencontre avec son ancien professeur de boxe. Humilier un homme pouvait être aussi grisant que de lui envoyer un coup bien senti, voire même plus. Ne disait-on pas que la vengeance était un plat qui se mangeait froid ? Ne jamais sous-estimer une femme qui voulait qu’on la respecte. Ou qu’on les respecte de manière générale. Car, toutes les femmes ne pouvaient malheureusement pas user de leurs poings ou de leurs paroles pour se défendre. C’était là aussi la puissance pernicieuse d’une société patriarcale qui faisait culpabiliser les femmes, ou leur faisait constamment comprendre qu’elles n’étaient pas en mesure ou ne devaient pas se défendre. Mais pour toutes ces personnes, je comptais bien agir en leur nom, autant que je le pouvais.

Je ris de manière plus légère à la mention du fusil de chasse de son père. Voilà au moins qui annonçait la couleur. Et très éloignés de la pensée de mes deux pères, bobos et hippies convaincus, anarchistes pacifiques dans l’âme.

"Quels que soient les parents, ils nous laissent toujours une influence. Qu’on les suive, ou qu’on se construise en opposition."

Jens et Stefan m’avaient inculquée un nombre incroyable de choses. Et malgré ce que les épreuves de la vie et la société avaient fait de moi, cette éducation n’avait jamais été effacée. J’en gardais un goût prononcé pour la culture underground, ou même, la culture en générale. Le théâtre et la musique étaient deux passions qui me venaient d’eux. Ainsi qu’une grande curiosité, ainsi qu’une méfiance générale envers le système établi.

Suivant Clarke, je commençais à faire quelques échauffements légers, tout en continuant la discussion.

"J’en serai ravie." répondis-je avec un sourire, appréciant cette nouvelle complicité qui grandissait entre nous et révélait des points communs. J’hochais la tête lorsqu’elle expliqua les raisons de sa colère, compréhensive. La raison de son énergie à frapper dans quelque chose avec force était justifiée, et on pouvait voir qu’elle allait puiser au plus profond de sa colère une force qui ne demandait qu’à sortir. "D’une manière ou d’une autre. Tout le monde fait des erreurs. Mais les meilleures savent comment les gérer et les rattraper. Ce que tu sauras faire, je n’en doute pas."

Après cette démonstration, je signalais à Amelia les quelques suggestions d’amélioration que j’avais pu trouver en l’observant. Des détails, mais qui pouvaient parfois faire la différence. Professionnelle, je n’en restais pas moins humble dans mes conseils. Je n’avais après tout pas une expérience suffisante pour me déclarer maître ou professeur, mais étais suffisamment pratiquante pour lui éviter certaines erreurs que j’avais moi-même commis par le passé.

"C’est beaucoup mieux." répondis-je lorsqu’elle eut corrigé le geste en le pratiquant plusieurs fois. Une bonne élève, déterminée. Comme dans la vie. L’erreur détectée était immédiatement effacée et améliorée. "Ce ne sont pas toujours des réflexes que l’on a naturellement. Mais avec de l’entraînement, on peut y arriver sans trop de problèmes."

Vint mon tour de montrer comment je m’en sortais sur le ring. Je laissais Amelia s’installer dans un coin de la salle, et pris place face au sac de sable. Inspirant profondément, je levais les bras avant de rassembler mes mains et mon énergie au niveau de la poitrine. Je fermais les yeux, et oubliais tout ce qui m’entourait pour me concentrer uniquement sur ma respiration. Canaliser mes émotions et mon énergie, pour mieux les utiliser. Faire le vide, avant d’exploser.

Je rouvris les yeux, et commençais à donner des coups de pieds dans la cible. Des coups, calibrés, qui touchaient le sac avec précision. La maîtrise des gestes était le point sur lequel je travaillais le plus. Toujours consciente de mon centre d’équilibre, je me mis à danser autour du sac avec rapidité et souplesse, le frappant à un intervalle régulier. A chaque coup, je laissais échapper un petit kia, autre manière de me concentrer sur la force et l’énergie que je mettais. Je terminais enfin avec un dernier coup, plus puissant, et un cri qui résonna plus lourdement dans la pièce.

Légèrement essoufflée, je ramenais une mèche de cheveux en arrière et me tournais vers Amelia :

"Je préfère me battre avec les pieds. Les jambes ont naturellement plus de force que les bras. Mais je sais que je dois également développer mes techniques de poings, c’est un peu ma faiblesse. Du moins, quand je n’ai pas d’arme."

J’esquissai un sourire. Les sabres et autres poignards avaient ma préférence, et je ne me déplaçais jamais sans en avoir un à proximité. Comme durant le mariage de Lotte
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Ven 26 Mai 2017 - 14:26
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Le sourire d'Amélia se teinta d'ironie.
Nier aurait été vint. Pam et Victoria avaient été les modèles. Objet d'une idolâtrie sincère. Elles si belles. Convenables, en tous points. Si auréolées de perfection qu'elles avaient imposé un standard difficile à suivre.
Head y avait pourtant réussi. Jusqu'au scandale, son couple, son mariage, l'avait habilitée au bon rang. Les Clark lui avait pardonné ses frasques estudiantines, son esprit rebelles, ses désirs de grandeurs. La réussite, l'avait fait brillé. La chute n'en avait été que plus humiliante.

Ils ne sont pas les seuls. Sans mes sœurs j'aurais probablement été beaucoup moins sage.

Clark haussa un sourcil d'amusement. Son interlocutrice était perspicace. Rapide en analyse.
Rattraper les erreurs était le travail de l'Américaine. N'avait-elle pas passé 15 ans à rattraper celles de son partenaire ? Car, oui, la perfection n'avait été qu'une immense illusion. Élaborée avec soin néanmoins. Amélia n'avait rien laissé paraître. Jamais. Une à une. Les oublis, les maladresses, les déviances.
Si l'entreprise « C&C » avait été si loin, c'était grâce au sang froid d'Head.

Que mon avocat t'entende ! Lui rétorqua-t-elle avec détermination. Une pointe de lassitude se sentit sur ses traits. J'aimerais en être débarrassée, une bonne fois pour toute.

La répétition. Les muscles qui chauffent. L'adrénaline qui circule. En période de grand stress Clark pouvait faire quatre heures de course quotidienne. D'activités sportives quelles qu'elles soient. Tant que le corps pouvait ressentir les effets de l'effort. La lutte. L'endorphine redevenait une drogue. Au même titre que la nicotine qui excitait son cerveau. Le vin n'était pas si loin de lui faire le même effet.
Heureusement, Amélia tenait trop à sa réussite pour se faire submerger par ces (petites) dépendances.

Comme je te le disais dans mes messages j'ai l'intention de me renforcer. La mission m'a montré que je ne suis pas préparée. En plus, je suis la plus âgée de l'équipe, je dois me tenir en forme.

Spectacle de rigueur et d'efficacité. Rien à redire à la présentation. Une demoiselle au fait de sa forme. Clark n'avait qu'à suivre la danse de ce corps en fleur. A même d'apprécier la beauté et le travail derrière chaque mouvement. Persona faisait probablement de la danse.
Le métal des yeux bleus brillaient de curiosité. D'envie aussi. Un instant. Où était-elle dans sa vie au même âge que cette jeune femme ? A faire grossir le pécule d'une entreprise. Un projet d'envergure. Une conquête. Pour en être dépossédée ensuite. Sans plus aucune prise sur ce qu'ils en faisaient.
Deuil, encore inachevé. Lui aussi.

Certes, mais tu possèdes déjà une très bonne technique. A te voir je regrette d'autant plus de ne pas m'y être mis plus tôt.

Les saphirs dévièrent sur les armes blanches rangées aux murs. Épée contre sabre. Non. L'alliage ne fonctionnerait pas. Amélia était toute disposée à revenir vers la cousine de sa lame. Sans formation longue. Mais, il y avait des bases sommaires.
Pour le plaisir du jeu.

Un petit échange ? Clark souriait, en louve taquine.

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Jeu 15 Juin 2017 - 21:16
L’influence de mes deux pères adoptifs était indéniable, même si je ne la montrais pas forcément. Et que je ne parlais pas d’eux tout court, de manière générale. Si la vie en avait décidé autrement, peut-être que je leur ressemblerais encore davantage aujourd’hui, menant une vie bohème et insouciante. D’un autre côté, je me demandais ce que ma mère et Rose allait m’apporter comme influence. Je pouvais déjà dire que je tenais du côté borné maternelle, et d’un certain professionnalisme paternel. En dehors de cela, seul l’avenir allait nous dire comment Léon et moi allions nous intégrer à cette nouvelle famille.

Même si je ne connaissais pas mon frère –et ensuite, mon demi-frère- depuis très longtemps, je pouvais déjà dire que nos retrouvailles m’avaient marquées profondément. Aussi, je pouvais tout à fait comprendre les paroles d’Amelia sur sa fratrie.

"Des sœurs ? Tu en as plusieurs ? Si elles sont comme toi, ça devait parfois être intéressant."

La mention de son ex-mari expliquait la colère de ma partenaire de sport. Et si en plus, il était questions de soucis professionnels avec, je pouvais comprendre que c’était une situation particulièrement délicate et agaçante. D’autant que cela semblait durer depuis un moment, à en croire les mots de la femme d’affaires. Je posais une main sur son épaule, et affichais un sourire compatissant et encourageant.

"Courage. Il finira par se décourager. Si ce n’est pas le cas, et que tu souhaites de l’aide, fais-moi signe."

C’était après tout un cas qui pouvait rentrer dans mes cordes. Combien d’autres hommes récalcitrants j’avais réussi à faire tomber avant lui ? Trop pour être comptés. Et il y en avait encore tellement, c’en était décourageant certains jours. Surtout quand cela concernait des personnes de mon entourage. Mais j’avais également vu plus d’une femme venir à bout de ce genre d’ennuis et se relever, c’était donc malgré tout encourageant.

La séance de sport sembla faire du bien à Amelia. Je la sentais aussi perfectionniste que je l’étais, aussi, même avec les quelques corrections que j’apportais, je sentais qu’elle ferait des progrès très rapidement.

"Contrairement à d’autres facultés, c’est quelque chose qui s’acquiert vite, avec un bon entraînement et une bonne hygiène de vie. Tu as déjà le plus difficile à avoir : la motivation."

Je lui montrais ensuite mon propre style de combat, lui aussi d’influences diverses. J’attrapais un linge pour essuyer la sueur sur mon front, et attrapai l’une des bouteilles d’eau à disposition pour me désaltérer.

"On ne peut pas rattraper nos erreurs du passé, tout ce qu’on peut faire, c’est d’aller de l’avant." Je fixais un instant mes poings, alors que d’anciens souvenirs me revenaient en mémoire. "J’ai dû sacrifier beaucoup de choses pour parvenir à ce niveau. Ce que je ne souhaite à personne."

Malgré tout, je ne pouvais m’empêcher de songer à ce qu’aurait été une existence normale. Heureusement, la proposition d’Amelia m’empêcha de plonger trop loin dans le passé, ce qui aurait été ironique vu ce que je venais de lui conseiller. Je retrouvais un sourire, acquiesçant d’un signe de tête avant d’aller chercher deux shinai, ces sabres en lattes de bambou majoritairement utilisé pour le kendô. J’en tendis un à mon amie, lui indiquant comment le tenir.

"Contrairement à l’escrime, on tient le sabre à deux mains. Avant et après chaque combat, on se salue." lui indiquai-je en me penchant légèrement vers l’avant. Je lui montrais ensuite les différentes gardes, ainsi que quelques mouvements. "Normalement, on met des armures pour les combats, mais ce serait trop fastidieux. On va y aller doucement."

Je lui demandais de répéter quelques mouvements, pour commencer, la corrigeant si nécessaire. Avant de commencer quelques échanges lents, aussi pour lui permettre de se corriger elle-même et de tester la différence du sabre avec les fleurets de l’escrime.
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Lun 26 Juin 2017 - 17:10

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Head fut interpellée par la formulation de sa comparse. « Comme elle »... Les filles Clark s’étaient-elles jamais rassemblées ? Les garçons se ressemblaient-ils ? Amélia n'avait pas de contact suffisamment réguliers pour en être sûre. Le lien familiale était rompue. Depuis la trahison de Michael. Évincer ainsi sa sœur de l’entreprise. Elle n'avait pas pu laisser passer ça.

- Comme moi ? Que veux-tu dire par là ? Nous étions 6. Trois garçons et trois filles. Et je suis la dernière des filles. Pamela est l’aînée et Victoire est au milieu. Je ne peux pas dire qu’on se ressemblent beaucoup. Nota-t-elle, avec humour. Victoire avait été une alliée. La Douce, ainsi l’avait surnommée sa sœur. Prompte au dialogue. A la négociation. Médiatrice pour cette fratrie explosive. Jusqu'à ce qu'elle quitte la maison. Elles sont beaucoup plus respectable. Selon ce que les Clark entendent par "respectable”. C’est à dire qu’elles sont toujours mariées, qu’elles ne travaillent pas et qu’elles ont des enfants.

Une réussite sociale, certes oui. A l’image de toute cette famille bourgeoise américaine. Baltimore était le fief de cette famille. Les produits Clark circulaient sur toutes les arches américaines. Ils atteignaient même les côtes européennes. Ça grâce à Head. Pourtant, ils l'avaient écartée. Sans même sourciller.
David avait été le plus rebelle du côté des garçons. Le temps avait donné raison aux sages. Le libertin entretenait une relation stable, avec une jeune femme, depuis deux ans. Sa sœur doutât qu'il se marie un jour. Être dans les bonnes grâces d’Élisabeth Clark. Voilà un gage de sucés personnel. Amélia peinait encore à s'en détacher.

Geste solidaire, de la part de l’agent Persona. Head lui sourit. Étonnée par la naturel avec lequel elles parlaient de leur vie privée. Amélia levait enfin ses propres interdictions. Ne plus redouter une confession amicale. Une nouveauté qui démontrait à l'Américaine qu'elle avait bien fait de quitter New-York. Prendre un nouveau départ ici.

- De l’aide ? Head avait déjà envisagé -un bref instant- d’avoir recours aux services d’Arkadia. Mais. La fierté l’arrêtait à chaque fois. Le contentieux va au delà de l’aspect financier pour lui. Il ne lâchera pas.

Échanger des conseils sportifs. Parler d’elles. Clark se rendait compte qu’à force de travailler, elle avait –aussi- oublié ces aspects sociaux. Interactions mises de côté. Ou au service de sa/ses cause(s). Ce qui lui rappela que Madame Harding attendait son appel. La preuve que l’Ordre n'était plus un réel centre d'intérêt. Head ignorait d'ailleurs que son interlocutrice avait été sur la dernière liste.
Le dernier déjeuner avec la Charpentier remontait à des mois. Lancelot parvenait à obtenir des nouvelles. Parce qu’ils travaillaient dans le même bâtiment. Ezio, parce qu’il partageait épisodiquement son lit. Sinon Clark était plongée dans ses dossiers. Bourreau de travail.

Pourtant Dahlia la maintenait de la sphère intime. Avec ces remarques. Sa pertinence.

- Je comprends ça… La valeur du sacrifice. Le plus dur est peut-être de vivre sans le regretter. Aller de l’avant, comme tu le dis. Introspection partagée. Plus efficace que le dernier professionnel chez qui Clark était allée. Des Insomnies chroniques. Certes, utiles pour avancer dans le travail administratif. Mais beaucoup moins agréable pour l'amant qui était amené à partager ses nuits. J'imagine qu'un jour j'arriverais à arrêter de me demander : « Comment aurait été ma vie si je ne m’étais pas mariée si vite".

Amélia écarta ces “si" elle aussi. Un revers de pensée. Comme au bureau.
Tout à l'écoute de l'instruction. Elle observa les planches de bois. Elle se souvenait en avoir vus plusieurs fois. À des démonstrations de sport collectifs. Le nom était sur le bout de sa langue. Un nom à consonance en “she”. Le japonais n’était pas encore une langue fluide pour la commerçante. Ses inclinaisons allaient au mandarin. Depuis qu'elle avait débuté une enquête de fond sur MesaCorp.

Head était une élève studieuse. Moins rebelle que dans ses jeunes années. Plus humble.
L’expérience démontrant que rien n’était totalement acquit. Jamais. Il n’y avait pas un sujet facile. Aussi s'exerça-t-elle et avec zèle. D'abord très en mimétisme. Se fiant à sa coatcheuse improvisée. Persona maîtrisait son art. Cela pouvait se voir à sa façon de bouger. A sa façon de respirer.
Elles firent plusieurs échanges sans prononcer un mot.

Ce fût une légère alarme sonore qui obligea Clark à demander une pause. Elle s'excusa une seconde. Sans explications. Pas encore. Ce sujet là était vraiment trop intime. Elle attrapa son sac-à-main pour disparaître une seconde fois dans la salle de bain.
Contrairement à sa résolution, Amélia continuait de tester sa stérilité. Le traitement en cours exigeait des injections à heure fixe. Le matériel était rangé dans une sacoche en tissu. Toujours avec elle.
Avec un calme clinique elle se piqua la cuisse. A force, cela ne faisait plus rien. La procédure prenait à peine 5 minutes.
Head inspecta la pièce. Ne laisser aucune trace. Puis, elle se donna le temps pour ranger proprement ses affaires. Humidifia son visage. Observa son reflet. Repoussa l'ombre des derniers échecs.

-Est-ce que tu as eu des nouvelles des deux autres ? Lui demanda-t-elle en revenant prés de la mannequin.
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Dim 2 Juil 2017 - 13:58
Je m’interrogeais parfois sur ce que cela pouvait faire, de grandir dans une famille nombreuse. Au sens plus consensuel du terme. J’avais certes un jumeau et un demi-frère, mais ne les avais connus que très récemment. Et durant mon enfance, même si j’avais été enfant unique, notre maison était rarement vide, mes deux pères ayant toujours des amis pour venir faire la fête, ou avoir des débats philosophiques. Mais il s’agissait presque toujours d’adultes, ce qui expliquait peut-être la maturité dont j’avais fait preuve très tôt. Alors, grandir avec d’autres enfants, c’était quelque chose qui m’interpellais encore. Même si, dans le cas d’Amelia, cela semblait encore différent.

"Des femmes qui savent ce qu’elles veulent, et ce qu’elles méritent." répondis-je avec un sourire complice en coin, avant de l’écouter me parler de ses sœurs. Différentes d’elle, finalement. Je hochais la tête, constatant que grandir dans cette famille ne devait pas avoir été des plus évidents. "Je vois. Mais la respectabilité de ce genre d’individus est, généralement, aussi hypocrite que la société dans laquelle nous vivons. Dans mon éducation, on m’a toujours appris qu’une femme respectable, c’est une femme qui vit comme elle le souhaite."

Bien sûr, de ce que j’avais compris, les individus comme ceux de la famille Clarke n’avaient que faire de l’éducation de quelques hippies allemands. C’était leur erreur, car leur monde vieillissant et patriarcal était peu à peu en train de s’effriter. Et tout ce que je pouvais souhaiter à Amelia, c’était de s’affranchir de ces gens et de ce modèle.

"Le genre d’aide qui débloque des portes autrement fermées." répondis-je simplement, en haussant les épaules. Je restais volontairement mystérieuse, mais ajoutai tout de même : "Trouver des moyens pour faire tomber des hommes bornés, parfois tous les moyens, c’est mon travail. Mais c’est à toi de voir."

C’était son affaire, et à elle de la gérer. Toutefois, son cas ne m’était pas étranger, pour l’avoir souvent vu et vécu. Bon nombre de ces hommes nous avaient toutefois sous-estimées, et certains n’étaient même plus là pour s’en mordre les doigts.

La séance de sport prit également une teinte plus amicale et sociale, alors que nous continuions à discuter de nos vies et expériences. Comme mon interlocutrice, je ne m’ouvrais pas facilement à autrui. Mais je savais sentir quand une personne était réceptive et digne de confiance, comme c’était le cas actuellement. D’autant que nous semblions partager de nombreux points de vue.

"C’est un travail constant sur soi-même. Plus difficile que le travail physique, c’est certain. As-tu déjà essayé la méditation ? Ou le Tai-chi ? Ce sont des disciplines qui aident à façonner le mental et à se détacher peu à peu de l’inutile."

Encore un enseignement qui m’avait été appris en Orient, et que je continuais à pratique avec la régularité qui me caractérisait. Mais pour l’heure, j’expliquais les bases du Kendô à mon amie, qui fut une élève attentive et avec une compréhension rapide.

Une alarme vint cependant mettre fin à notre entraînement, et je laissais Amelia s’éclipser sans rien lui demander, ni même échanger le moindre regard interrogatif. Si je comprenais bien une chose, c’est la notion de respect de la vie privée. Même avec des personnes proches. Pendant son absence, j’en profitais pour préparer du thé dans une petite théière japonaise, dans un coin de la pièce. J’étais en train de le verser avec des gestes précis dans des petites tasses, assise en zazen, juste au moment où mon invitée revint, et lui en offrit une.

Un voile passa brièvement devant mes yeux à la mention de nos deux autres collègues de la précédente mission, mais très vite, mon visage retrouva sa neutralité habituelle. C’était là mon propre secret que je tenais à conserver.

"Pas de Lotte, non." conclus-je donc la concernant. Notre dernière rencontre au foyer de ma mère me revint en mémoire, ainsi que notre baiser, mais je les chassais bien vite de ma tête. "Miranda travaillant pour Rose, je la croise plus souvent. Je pense qu’elles n’ont pas spécialement apprécié ce qui s’est passé à Singapour, et le relatif échec de notre mission."
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Mar 11 Juil 2017 - 23:41
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- C'est ce que je pense également.

Jamais Amélia n'oublierait le jour de son départ de la maison. Le regard de sa mère. Le silence de son père. Quoi se marier à 19 ans. Et avec un fils Powell en plus. Non, ils n'y avait pas de mariage arrangé dans la famille. Mais des accords de principes, disons.
Prendre un travail à plein temps. Il avait fallu des négociations musclées pour qu'elle soit acceptée à un poste dans l'entreprise. Oui la benjamine avait été rebelle. Recherchant indépendance, quand ses sœurs prônaient la sécurité. Mais... elle aurait voulu un compagnon aimant. Des enfants. Comme elle aurait adoré avoir des enfants.

-Il ne m'aura fallu que 20 ans pour m'assumer entièrement. Et une troisième alerte médicale, certes. Le sarcasme était-là. Glissé sur les cordes vocales de la femme. Aurait-elle jamais fait la démarche, sans ce dernier drame personnel ? Cette maturité me donne de bonnes armes.

Une seconde, Head imagina Persona, un revolver en main. Pointant Georges du canon. Mallory Inox. Sans son Mickey. Une image qui lui donna dangereusement le sourire.
Ô bien sûr, Amélia haïssait Georges. Elle lui aurait volontiers déversé les feux de tous les enfers dessus. Elle l'aurait écorché vif. Écrasé son cœur avant de le faire manger par des chiens. Mais c'était là des fantasmes. Rien que des fantasmes. Ils venaient la tarauder, parfois. Comme après le genre de coups de téléphone qu'ils avaient eu ce soir-là. Mais, la belle trahie restait une représentante et une exécutante de la Loi.

-... Ce serait légal ?

L'esprit d'Head était formaté. Organisé. Oui. Mais il n'était pas en paix. Il n'y avait pas de repos. Car cette femme ne savait pas faire cela. Elle apprenait, avec difficultés et échecs, à communiquer autre chose que des avis.
Les émotions étaient pour elle, trop intenses, trop complexes, pour être partagées. Laure Charpentier devait souvent prendre des détours, évaluer, caresser, pour obtenir un ressentis chez son amie. De même avec le charmant Lampeduza, qui l'amadouait par son silence posé, sa patience tranquille et ses baisers. C'est qu'il fallait que l'Américaine réapprenne. Quoi ? A faire confiance. A baisser la garde.

-Non. Le sourire désolé disparu aussi vite. J'ai beaucoup de mal à ne penser à rien. Un défaut qu'une vie professionnelle sur investie n'aidait pas.

Une fois revenue de la salle de bain, Clark prit place devant Anderson. La séance de sport avait heureusement réchauffé ses muscles. La posture en tailleur tirailla son dos fatigué par la journée. Un peu comme pour lui rappeler cet âge, ce temps, qui avançait.

A son tour Amélia se garda bien de critiquer la réserve de son interlocutrice. Elle avait plus ou moins deviner que la relation entre Dahlia et Lotte était ancienne. Et que leur amitié était fondée sur quelque -chose de plus complexe qu'une amitié sororale.
Inconsciemment, Clark aurait reconnue la lueur dans le regard de Nikiya. Pour l'avoir déjà observé dans les yeux de Mrs Charpentier. Ce désir sourd à la raison et renforcé par sa forme de secret. Pourtant, son intuition lui soufflait que celui de cette ex-danseuse étoile n'était pas sans retour, lui. Combien d'amours déçus ? De passions désœuvrées encombraient les rêves des Hommes ? Ça depuis les nuits des temps. Amélia était bien stupide de se croire à l’abri de tels émois.

-Oui. Nous nous sommes fait manipuler de bout en bout. Head marqua une pause. La confession se fraya un chemin au bord de ses lèvres. J'ai décidé de continuer les recherches par d'autres biais. Moins... encadrés.

En dire plus aurait mis Persona dans une position périlleuse. Clark n'en voulait rien. Pour le moment, elle avait seulement besoin que quelqu'un le sache. Une personne qui soit à même de reprendre le flambeau. Juste au cas où cet esprit de recherche éveil des vélléités.
Aussi sa collaboratrice accepta le thé maison.

-L'art du thé aussi te vient du Japon, n'est-ce pas ? Un jour, sans aucun doute j'irais. Me conseillerais-tu ? Questionna alors Amélia.

Avec elle cet art de la conversation. Si usité dans les petits et grands salons de sa première vie. Via lequel tant de porte c'étaient ouvertes, quand elles auraient dû rester closes.
Car les meilleures armes ne sont pas toutes de bois ou d'acier. Il y en avait de souffles et de caresses. Aux secondes Head était d'ailleurs prête à céder une place. Enfin. Puisqu'il n'y avait plus d'époux. Voilà bien une chose que Persona devait elle aussi pratiquer. La tactique du sourire. Les promesses nocturnes. Head laissa ce sujet à ses pensées amusées.
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Lun 7 Aoû 2017 - 12:00
J’acquiesçai à nouveau avec un sourire en constatant que nos points de vue se rejoignaient une nouvelle fois. Amelia n’avait peut-être pas eu la même éducation et la même enfance, mais cela ne faisait que confirmer son opinion sur elle. Rose avait eu raison de s’associer à elle. Mais de toute manière, il semblerait que mon père avait toujours raison, ou presque. Aussi agaçant cela soit-il. Autant l’accepter, et dans le cas présent, cela avait été une bonne chose. Le reste de ses paroles me laissa songeuse quelques instants. Vingt ans… A peine moins que mon âge. A bien des égards, j’étais encore un bébé, même si cela m’horripilait qu’on me considère de la sorte. Seulement, à côté de certains prodiges âgés, ce n’était que la pure vérité.

"C’est ce qui me manque encore. La maturité." Même si je faisais tout pour ne pas le montrer, il m’arrivait de perdre mes moyens. Et j’étais parfois de mauvaise foi. Au moins, je me consolais en me disant que le reconnaitre était toujours un premier pas. Mais il y avait quelque chose dans le ton d’Amelia qui me disait qu’il y avait autre chose, et qui ramena mon attention sur elle. "Même les plus vieux immortels continuent à apprendre et à changer. C’est plutôt rassurant, car ça nous dit qu’il n’est jamais trop tard."

Un mince espoir, dans un océan de confusion. Ainsi était la vie. Et la raison pour laquelle je m’étais fixée des objectifs clairs, ainsi qu’une ligne de conduite bien précise. Et détruire des individus indésirables et toxiques en faisaient partie.

J’esquissai un bref sourire énigmatique lorsqu’elle demanda si mes méthodes étaient légales. La question pouvait se poser, effectivement. Je n’étais plus vraiment à ce stade, je devais l’avouer. Mais, selon qui étaient mes commanditaires, c’était un détail qui avait de l’importance.

"Cela peut l’être. Il existe plusieurs manières de détruire un homme, donc certaines parfaitement légales."

Un scandale, une photo, un message, une vidéo. Parfois, la mort était plus douce que certains traitements que j’avais infligés. Un trader japonais s’en mordait encore les doigts, au fond de sa cellule. Aux dernières nouvelles, il avait faire trois tentatives de suicides. Dont une après avoir évité la peine de mort. Mais il faut dire que l’honneur est un concept beaucoup plus important là-bas qu’il ne peut l’être en Occident.

Mais pour revenir à des considérations plus calmes, j’interrogeais mon interlocutrice sur d’éventuelles techniques pour canaliser son énergie et sa concentration.

"Ce n’est pas pour tout le monde. Ou plutôt, pas à n’importe quel moment de leur vie. Il faut le vouloir pour y parvenir. Mais ce n’est pas impossible. Tu sais où me trouver, si jamais."

Je la laissais ensuite s’éclipser pour préparer le thé. Un rituel qui était, justement, très apaisant. Avec ses gestes précis, codifiés, qui correspondaient bien à mon besoin de contrôle. Je servis une tasse à Amelia lorsqu’elle revint, mais expérimentai durant un bref instant cette perte de contrôle qui m’agaçait tant. Et ces derniers temps, elles arrivaient généralement quand on mentionnait Lotte. Je refoulais tout un tas de souvenirs et d’émotions, me concentrant sur ma tâche pour ne pas me laisser distraire. Si mon interlocutrice remarqua quoi que ce soit, elle ne dit rien.

"Si même Rose n’a pas su le prévoir, c’est que nous n’aurions jamais pu le faire." Excuse qui ne nous satisfaisait pas. Aucune de nous. Et n’enlèverait pas le goût amer que nous laissait cette mission. Toutefois, je fus rassurée de voir qu’Amelia aussi ne comptait pas s’arrêter là. "Bien. Si jamais tu en as un jour besoin, tu peux compter sur moi. Et… je ferai de même."

Je retrouvais ensuite un sourire lorsqu’elle me parla du thé et du Japon. J’avais vécu quelques temps là-bas, et, malgré quelques désagréments, j’avais beaucoup apprécié mon séjour.

"Exact. Il y a là-bas un état d’esprit qui m’a bien plu. Loin de la pensée occidentale. Cela fait du bien d’ouvrir son esprit à d’autres visions du monde. Je pense que ça pourrait t’intéresser. Dis-moi si un jour tu prévois un voyage là-bas."

Nouveau sourire, puis un silence religieux pour déguster ma boisson. C’était aussi cela, l’art du thé. Comme il se faisait tard, une fois le rituel terminé, j’invitai Amelia à se relever, ne voulant pas la retenir trop longtemps. Nous avions chacune un emploi du temps chargé, à n’en pas douter.

"Je te remercie pour la soirée. On se tient au courant pour l’escrime, et… tu reviens quand tu veux. Pour l’entraînement, ou un thé."
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Mer 16 Aoû 2017 - 17:41
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Même apaisée, Clark sentait la colère tapis au fond de son ventre. Un souffle sur les braises. Le dragon sortait ses griffes. Il en serait ainsi tant que Georges serait dans sa vie. Poison, dont l'Américaine était bien en peine pour se débarrasser, par les recours légaux. L'avocat peinait. La Justice trébuchait. Encore une fois.
Fouler au pied des principes pour la liberté ? Dévoiler la gueule du diable devant les écrans.
En était-elle capable ? Jamais elle n'avait encore choisi la facilité ou la triche.

-Je garde ça dans un coin de la tête.

Cette soirée donnait des perspectives. Une bouffée d'air frais. Amélia était heureuse d'avoir rencontré un soutien. C'était la première fois dans sa vie qu'elle acceptait l'idée d'avoir de l'aide. Oui, de l'aide. Enfin, elle commençait à entrevoir tout ce qu'elle gagnerait à aller vers les autres. Ezio avait raison. Charles avait raison. Il était temps de grandir.
Georges n'arriverait plus à l'isoler.
Ainsi, peut-être finirait-elle par avoir les épaules pour le plus grand de ses rôles.

La réactivité de Persona ne surprit pas Head. Elle avait l'âme forte. Taillée pour des combats de fond. Des luttes que les autres femmes n'étaient pas prêtes à assumer. Mais, elles, elles étaient nées pour changer ce monde. Une fatalité. Un devoir.... Qui aurait refusé une chance de rentre l'archipel meilleur ?

-C'est d'accord. Je ferais appel à toi.

Chaleur parfumée. La boisson d’orient accompagna les rêveries. Amélia avait décidé de quitter les chemins de l'Import International. Mais elle conservait un goût pour l'étranger, l'autre. Être déroutée par les autres cultures. Cela lui permettait de voir les faiblesses de la sienne.
Depuis son arrivée dans le C.S.N. les déplacements étaient moins nombreux, moins étendus. Elle travaillait surtout sur les arches alentours. Londres, Bruxelles, parfois l'arche helvétique.
Restait le temps propre. Clark devait encore apprendre à l'utiliser de façon raisonnable. Elle avait beaucoup de mal à s'extraire du tourbillon du travail. Cette tornade était familière. Presque réconfortante... Elle lui avait servi de cachette pendant toutes ces années. Peut-être même lui avait-elle sauvé la vie. A une époque.

-Tu seras prévenue. Ma famille a des comptoirs sur plusieurs arches au sud. N'hésites pas non plus à me demander si tu veux en profiter.

Chuintement de céramique, alors qu'elles dégustaient chacune une dernière gorgée. Un son aussi délicat que la voix de Dahlia.
Cette boisson chaude avait fait du bien. Clark se sentait détendue malgré la fatigue. La perspective d'une nuit de paperasse était moins décourageante. Le travail devait être fait.
A moins que l'Italien lui fasse une visite nocturne. Lampeduza était un homme imprévisible. Il disparaissait parfois pendant des jours. Attiré par des affaires dont Head ne savait pas grand-chose. Pourtant, elle avait décidé de ne pas poser de question.

-Merci à toi. C'était... agréable. Bonne fin de soirée. Lui souhaitait-elle en regagnant l'entrée.

La nuit était plus fraîche.
Clark appréciait le vent du soir. Elle repartait en direction inverse. Le pas plus calme qu'à son arrivée. Une fumée grise traînant rapidement dans son sillage. Cette fois la nicotine faisait office de friandise. Elle accompagnait les pensées doucereuse de la combattante. La guerre ne faisait que commencer. Pour sûr, elle en sortirait victorieuse. Elle. Amélia. CLARK.
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