L'heure de la discussion | Persona

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Ven 10 Fév 2017 - 19:11


L'Heure de la Discussion

Lieu :

Appartement de Leith

Date de l'événement :

Fin Janvier 2017

Participants :

Persona

Précédemment :

Vingts minutes

A suivre :

Une offre





La pièce était plongée dans une demi obscurité. Les persiennes avaient été tirée et, de fait, la morne lueur des jours d'hiver pénétrait à peine dans l'office ou régnait un silence absolu, presque palpable, en dépit du ronronnement discret de l'informatique.

Une lumière bleutée venait embrasser les ténèbres, celles des écrans qui diffusaient sans interruption les informations du monde entier. Ils avaient été mis en sourdine et il y avait une certaine étrangeté à voir toutes ces images s'agiter sur le plasma dans le plus parfait des silences.

Alexander était installé son bureau. Pensif. Une légère ride s'était creusée sur son front, signe des préoccupations qui occupaient sont esprit génial. Ses mains, dont la pâleur extrême était accentuée par la luminosité de synthèse que diffusait les écrans, soutenaient son menton dans une position d'intenses réflexion et ses yeux noirs, parfaitement accommodé à la pénombre, scrutaient le vide, comme captés par quelque chose qui aurait été invisible à l’œil humain. La fatigue cernait son regard, creusait ses traits et trahissait son âge. Les cheveux en bataille, sa chemise de coton ouverte, sa veste de costume abandonnée dans un coin, cette nuit blanche lui avait volé ses airs d'adulte austère pour laisser apparaître sa jeunesse.

Devant le milliardaire était posé un dossier ouvert dont les feuillets avaient soigneusement été empilés dans le porte document, mais il semblait que l'allemand avait été interrompu dans sa lecture par quelques réflexions. Les journaux de la veille avait été lu et replié sur un coin du bureau, seul l'exemplaire de l'Edimbourg Post était encore ouvert sur un article relatant la chute d'une étoile à l'opéra. Il était encore trop tôt pour qu'ait été apportés ceux du matin.
A l'opposé, un plateau sur lequel avait été posé une tasse ainsi qu'une cafetière italienne était resté intouchée, à en juger par la propreté immaculée de la porcelaine.

Le calme statuaire du génie n'était qu'une apparence trompeuse. La façon dont sa mâchoire s'était légèrement contractée, le tremblement très léger de sa main, étaient autant de signes d'une contrariété refrénée.
Pourtant, rien n'avait laissé prévoir le geste impulsif qui avait suivit.

Dans un excès de colère qui battait depuis trop longtemps sous son crâne, Alexander avait, d'un revers de bras aussi subit qu’inattendu, balayé tout ce qui avait eu le malheur de se trouver sur son bureau à ce moment précis. Le cri de rage qui avait accompagné l'impulsion avait pour une seconde déformé ses traits habituellement si placides, avait un accent de désespoir.

La seconde suivante, le calme était retombé sur la pièce, plus pesant encore.
Toutes les feuilles n'avaient pas totalement finit de voler que le garde du corps de Feuerbach surgissait dans le bureau, arme au point er sens aux aguets. D'un coup d’œil circulaire, la montagne de muscle avait analysé la situation et rangeait prestement son automatique dans son holster. Son employeur seul, sain et sauf, ainsi que le désordre caractéristique de la pièce étaient des indices suffisamment à la compréhension de la situation. Lars avait posé un œil sur son patron, qui contournait à présent le bureau délesté de son superflu. L'homme du Nord n'avait pas de mal à se figurer ce qui s'était passé. Alexander était dans une humeur noire depuis l'événement avec sa cadette. Lars n'aimait pas savoir son employeur dans un tel état. Après tout, leur relation dépassait celle du simple patron/exécutant, Lars était au service du jeune Feuerbach depuis ses onze ans et connaissait depuis autant de temps la petite mais espiègle Lotte.

D'un flegme retrouvé, le génie avait remonté la bobine d'un dictaphone à encryptage et dictait déjà quelques nouvelle directives. Un charabia au sujet de la modification d'un protocole d'étude ainsi que du lancement d'une thérapie sur les sujets tests de la seconde génération. Ou quelque chose approchant.
Lars n'y connaissait pour ainsi dire rien à ce sujet, mais puisqu'Alexander employait les meilleurs scientifiques pour comprendre ce genre de choses et les exécuter, lui pouvait avoir toute la sérénité de ne s'occuper que de ce qu'il faisait le mieux, la sécurité de son employeur.

La montagne de muscle avait tendue la main au moment où Alexander en avait fait de même et lui transmettait le dictaphone mécanique.

-Demandez à Hayden de le faire parvenir au labo via le système pneumatique. Et qu'elle face envoyer quelqu'un pour... Tout ça, ajouta-t-il en désignant dans geste vague le désordre qui avait volé aux quatre coin de la pièce.

Son homme de confiance tournait déjà les talons pour s'exécuter. Sans se donner la peine de regarder l'heure, Verstand savait que son rendez-vous ne tarderait pas et il n'était en aucun cas présentable. Aussi, il abandonna son bureau, pesta intérieurement contre le trop de luminosité qui régnait dans le reste de l'appartement, et alla se préparer. Lorsqu'il se présenta au salon, Hayden venait à sa rencontre pour le prévenir que Miss Anderson était arrivée. Le jeune homme était parfaitement coiffé, rasé de frais, il avait passé un costume impeccable et il donnait l'impression d'avoir dormi une nuit de dix heures.
Il remercia mentalement Hayden qui captait ses pensées et lui demanda par le même intermédiaire de faire préparer du thé et du café.

Dans le même temps, Dahlia était introduite dans le vestibule d'un somptueux appartement au dernier étage d'un immeuble situé dans le quartier chic et nouvellement prisé de Leith, à deux pas de la mer et de la rivière paisible du même nom. Là, elle fut délestée des affaires dont elle n'avait besoin avant de passer au salon.

-Miss Anderson. La salua l'allemand, avec une sobriété coutumière qui n'était pas dénuée de respect. Merci d'être venue.
[/quote]
Verstand
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Mer 15 Fév 2017 - 14:48
Incapable de dormir, j’avais passé quelques heures dans la pièce de mon appartement que j’avais transformé en salle de sport, alternant entre le sac de sable et les autres cibles d’entrainement. Je frappais sans relâche, soit à l’aide de mes poings, soit avec mes jambes, prenant à peine quelques instants de pauses pour boire un peu d’eau, avant de repartir pour éviter à mon esprit de trop vagabonder. Surtout vers des pensées que je préférais clairement éviter. La nouvelle de l’accident de Lotte m’inquiétait d’autant plus que je n’avais pas de nouvelles de la danseuse, et que cela me laissait présager le pire.

Et puis, il y avait eu ce message, de la part de Feuerbach, qui avait interrompu ma séance de défoulement, m’étant précipité sur mon téléphone, espérant des nouvelles de la ballerine. Je n’avais jamais cherché à connaître le lien entre lui et Lotte plus exactement, quoique cela semblait assez clair qu’il y avait une proximité entre les deux. D’un côté, cela ne me regardait pas. Du moins, jusqu’à présent. J’espérais simplement que cette rencontre allait apporter quelques réponses, car c’était une chose de respecter la vie privée d’un proche, mais d’être tenu délibérément à l’écart dans une situation problématique, cela, je le supportais moins. Et après notre mission sur l’arche de Singapour, ce sentiment désagréable s’était encore accentué.

Au bout de quelques instants, je finis par arrêter de tabasser mon sac de sable, qui en avait déjà vu d’autre, réalisant que l’heure du rendez-vous approchait. Et que la moindre des choses était de me présenter mieux que couverte de sueur et la peau rougie par l’effort. Je me débarrassais des protections autour de mes mains et poignets, et dégageai une mèche de cheveux collée à mon front avant de me rendre à la salle de bain, où je pris une longue douche pour apaiser mes muscles et mon corps tremblant, après tous ces efforts.

J’en sortie plus présentable, comme si ma nuit avait été paisible et mon quota de sommeil atteint. Et même si l’inquiétude ne m’avait pas quittée, je me sentais plus en forme après avoir passé ma colère et mes émotions sur quelque chose de tangible. J’envoyais un message à Ellen pour annuler tous les rendez-vous de la journée, ne me sentant pas d’humeur à travailler. Cela arrivait très peu, et je savais que ma mère n’essaierait pas de me dissuader, ou de découvrir la raison de cette décision. Elle-même avait déjà beaucoup trop de choses à se faire pardonner, mais surtout, je savais qu’elle me faisait confiance. Pour l’heure, je ne lui avais jamais fait défaut, et si je décommandais toute une journée de travail, c’était que j’avais une bonne excuse.

Je choisis ensuite un tailleur, simple, élégant, professionnel, et ramenais mes cheveux fraîchement séchés en une queue-de-cheval tout efficace. Attrapant un sac et mon téléphone, je descendis ensuite en bas de mon immeuble, où m’attendait le véhicule promis par l’allemand. Le trajet se passa en silence, et je tâchais de me changer les idées en parcourant les nouvelles du monde sur mon téléphone. Ce qui ne marcha pas aussi bien que je l’avais espéré, mais heureusement, je fus rapidement amenée à bon port. Assez littéralement, au vu de la proximité de la mer et du port. Suivant les indications, je montais jusqu’au dernier étage de l’immeuble, et terminai mon voyage dans un élégant salon.

"Monsieur Feueurbach." le saluai-je à mon tour, avec un léger hochement de tête respectueux. J’eus également une salutation pour son assistante, et, en d’autres circonstances, aurais été ravie de discuter un peu avec elle. Mais pas aujourd’hui.

Malgré sa réputation, j’avais beaucoup d’estime pour l’homme d’affaires allemand. Surtout qu’il s’avérait que nous avions de nombreux points communs. Dont un que j’étais assez impatiente de découvrir plus en détails désormais, puisqu’il constituait la raison de ma venue en ces lieux. J’eus d’ailleurs à peine un regard pour le luxueux appartement dans lequel nous nous trouvions, fixant toute mon attention sur mon interlocuteur, un air sérieux et sombre sur le visage.

"Et merci de votre invitation. Mais je crois qu’il vaut mieux que nous passions directement aux explications."

Il était ainsi clair que je ne voulais pas perdre de temps en mondanités ou politesses. Je croisais les bras, attendant la suite des événements, tandis d’un léger tapotement de bras trahissait mon impatience.
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Lun 20 Fév 2017 - 11:31
Miranda Lockhart était de mauvaise humeur. Depuis son retour de Singapour, elle se retrouvait incapable d'évacuer sa frustration, ce qui n'arrangeait pas les choses et contribuait à la rendre grognonne. Et un agent alpha d'Arkadia grognon était généralement synonyme de mauvaise nouvelle, surtout pour ceux qui croisaient leur chemin au mauvais moment. Plus d'un agent du gymnase d'entraînement l'avait appris à ses dépends ses derniers jours, et elle en était à passer ses nerfs sur des sacs de sable, ses collaborateurs ayant jugé préférable de ne plus se mesure à elle. Elle s'en voudrait plus tard ; pour le moment, son esprit était entièrement concentré sur la manière de régler toute cette histoire. Mesa était devenue en tête de sa liste des gens à abattre, et elle se repassait en permanence les événements du gala, espérant y trouver ne serait-ce qu'un indice lui permettant de savoir comment le mieux canaliser sa colère. Mais le patron lui-même n'avait pas encore dêmelé toutes les implications de cette histoire, d'autant qu'il devait encore digérer la nouvelle du retour de Marisa. Miranda n'avait jamais croisé le chemin de cette femme avant Singapour, mais elle reconnaissait en elle quelqu'un de particulièrement dangereux. Elle voulait être là pour soutenir Rose du mieux qu'elle pouvait, mais pour cela elle devait avant tout arriver à se calmer un peu. Pour l'heure, Percy ne montrait guère à quel point tout cela pouvait le troubler, mais elle le connaissait assez pour savoir que cela le travaillait plus que jamais. Il savait où la trouver s'il avait besoin d'elle, et il lui faisait assez confiance pour qu'elle fasse son propre chemin en attendant.

Et puis il y avat Lotte. Si Lockhart s'en voulait toujours de ne pas avoir mieux pu protéger ses camarades, elle s'inquiétait avant tout pour la danseuse. Cette dernière n'avait rien d'un agent de terrain, du moins pas lorsqu'il s'agissait d'être au coeur de l'action. L'allemande avait eu l'air passablement secouée, elle-même en proie à une colère certaine. Miranda avait essayé de faire de son mieux pour la soutenir, mais au fur et à mesure de leurs contacts, elle l'avait sentie se renfermer, comme si elle s'éloignait de plus en plus de la vie qui avait été la sienne. Et puis il y a avait eu ce dernier spectacle, la crise, et l'absence de nouvelles...jusqu'à ce qu'Alexander Feuerbach réponde à sa place à Miranda via le portable de sa soeur. Pour Miranda, ce fut un peu la goutte d'eau qui non seulement fit déborder le vase, mais le balança avec humeur contre un mur avant d'en écraser les restes avec un gros marteau. L'agent alpha n'avait jamais apprécié Feuerbach, et ne s'en était jamais cachée. D'une certaine manière, c'était parce qu'il se ressemblaient sur certains points, notamment en ce qui concernant leur besoin de perfection. Et, elle devait bien avouer, Lotte représentait un lein indéniable, et elle espérait vraiment que le génie autoproclamé choisirait de rester dans le camp de sa soeur ; sinon, ce ne serait plus le vase qu'elle fracasserait à coup de maillet.

Elle s'était demandée comment réagir, avant de réaliser qu'elle savait déjà comment elle allait agir avant même d'y penser. Miranda en avait touché quelques mots à Percy, qui lui avait laissé carte blanche pour gérer la situation. Il souhaitait lui aussi aider Lotter de son mieux, et il savait à quel point elle comptait pour son bras droit. Ils avaient tout deux convenu du fait que l'intervention de Feuerbach consistait en son idée d'une invitation, qu'il avait jugé bon de ne pas faire directement. Et Lockhart était bien décidée à y répondre. Voilà pourquoi elle s'était rendue jusqu'à sa propriété, où les gardes ne lui avaient opposé aucune résistance. Elle n'aurait pas hésité à leur faire sentir sa mauvaise humeur le cas échéant, et regrettait presque qu'ils ne lui aient pas donné l'occasion. Elle avait vraiment besoin de passer ses nerfs sur quelque chose... Aussi, quand elle se retrouva devant la porte qui menait là où on lui avait indiqué que se trouvait l'allemand, elle stoppa net avant de l'ouvrir. Ouaip, cette porte ferait l'affaire, du moins dans un cas immédiat. D'un puissant coup de pied, elle la démonta plus qu'elle ne l'ouvrit malgré l'épaisseur, et un des gonds sauta piteusement dans un grincement déchirant. Elle espérait qu'elle était ancienne et hors de prix ; il y avait bien des chances, dans un endroit pareil... Tant mieux.

« Feurbach ! » lança-t-elle, sa voix un grondement, ses yeux des éclairs. « Vous allez me dire ce qui se passe, ou est-ce que vous avez envie de redécorer ? » Elle n'avait vraiment pas de temps à perdres pour les salamalecs, aussi espérait-elle que pour une fois, Alexander irait droit au but. C'est à ce moment là qu'elle repéra l'autre personne présente. Elle se détendit face à son amie, allant jusqu'à lui adresser un sourire : « Dahlia, heureuse de te savoir dans le coup. »
Percy
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Ven 17 Mar 2017 - 8:38
D'un simple coup d'oeil, Alexander avait étudié en détail la jeune femme qui s'était présentée à lui. Son regard sombre et acéré s'était posé sur elle sans laisser passer la moindre émotion et seule une lueur d'intelligence un peu impitoyable faisait briller son regard d'un reflet froid. En une seconde il avait capté l'état d'esprit de celle qui lui faisait face, en dépit de ses habiles efforts pour tenter de dissimuler des sentiments comme l'inquiétude ou la fatigue derrière une attitude assurée ou un tailleur bien coupé. En cela, Verstand savait apprécier les qualités et la force de caractère de la Fleur. Mais l'heure n'était pas aux compliments.
D'ailleurs, Anderson ne se donnait pas la peine de cacher son impatience. Elle se tenait droite, campée, avec cette intention d'obtenir des réponses avant tout. Et puisque l'allemand se trouvait dans une disposition semblable, il ne s'embarrassa pas des politesses et autres courtoisies de rigueur dans un monde un tant soit peu civilisé. Faisant fis des bonnes manières - Dahlia s'installerait au salon si bon lui semblait - Alexander voulu prendre la parole pour répondre aux exigences de miss Anderson.
Il l'aurait d'ailleurs fait si Hayden n'était pas intervenue par voix télépathique pour lui apprendre que l'agent Lockhart s'était présenté à l'entrée du building. La ponctualité de l'agent alpha était plutôt remarquable, aussi Alexander prit le parti de ne pas dire les choses deux fois. D'un petit geste de la main, il pria Persona de leur accorder une seconde et de contenir encore quelques temps sa patience. Ils n'eurent pas à attendre bien longtemps, la seconde suivante, la porte volait littéralement à l'autre bout de la pièce dans un craquement effroyable. Si l'arrivée de Miranda fut plutôt spectaculaire, Verstand se contenta d'hausser un sourcil légèrement désabusé. Lui-même aimait particulièrement les entrées théâtrales, c'était une pourtant qualité qu'il appréciait peu chez les autres, surtout lorsque cela impliquait la destruction de son mobilier. Cependant peu ébranlé par ce manque flagrant de civilité, Alexander fit l'impace sur ce geste qui traduisait assez bien l'humeur visiblement massacrant de la jeune femme et sans se départir de la placidité qu'on lui connaissait, il salua l'agent d'élite avec flegme

-Miss Lockhart, je vous remercie d'être venue, je vous prierais cependant d'arrêter là les dégâts et passons à l'essentiel.

Alexander jeta un dernier coup d'oeil à la porte qui n'était plus, il admirait chaque fois un peu plus les talents et capacités de la jeune femme au service de Rose. Il avait également conscience du ressentiment qu'elle pouvait lui porter, pour diverses raisons - mais principalement à cause d'une rencontre dans un certain jardin d'acclimatation - aussi, Alexander savait pertinemment qu'il devait prendre garde à ne pas totalement s'en faire une ennemie. Mais pour le moment, il s'agissait d'aller au plus important: Lotte. Ils étaient réunis à son sujet et mieux valait ne pas perdre de temps.

Feuerbach savait exactement ce qu'il avait à dire et avait ordonné de façon pragmatique son propos afin de donner les informations par ordre d'importance et d'optimiser au mieux cette discussion.

-L'état de santé de Lotte est très préoccupant et elle a refusé mon aide. Selon mes informations, elle a quitté l'opéra avec la Duchesse de Lampeduza, j'en déduit qu'elle se trouve actuellement à la Villa Sofia.

L'information restait à confirmer cependant, mais Alexander n'avait pas de doute quant à la véracité de sa déduction.

-Ce départ est une décision réfléchie, tout avait été préparé pour que Lotte parte ce soir. Mais il a été précipité, puisqu'elle pensait pouvoir vous joindre toute les deux avant. Des adieux, j'imagine. Ce qui laisse à penser que la dernière crise a été particulièrement violente et incontrôlable. Elle a dû avoir un moment de doute pendant lequel elle a composé le numéro d'Arkadia, c'était quelques minutes après être sortie de scène. Mais le fait qu'elle ait laissé son téléphone dans sa loge laisse entendre qu'elle ne voulait ni être joignable, ni que l'on puisse voir qu'elle avait cherché à vous contacter. En dépit de la fascination que Lotte a pour Nikolas, elle en a également peur.

Une peur justifiée, pensa Alexander en serrant légèrement la mâchoire de dépit. Le génie épargna à ses interlocutrices certaines déductions qu'elles pouvaient aisément faire elles-mêmes.

-Je crois pouvoir affirmer que Lotte a fait son choix entre toutes les alternatives qui lui étaient offertes. Seulement, la duchesse est une personne extrêmement dangereuse qui maîtrise l'art de la sorcellerie.

La danseuse n'avait pas supportée l'échec et l'humiliation de Singapour. Les raisons de sa fuite vers la Lampeduza et l'ordre étaient assez claires.

-J'ai besoin de savoir tout ce que vous savez sur l'ordre et sur la duchesse.

Alexander était venu plongé son regard de jais dans celui de la fleur. Entre les mains de Strega, tout pouvait arriver. Alexander avait toujours tenté de garder à distance sa cadette pour la protéger, seulement, il avait échoué et Cnossos se servirait d'elle pour l'atteindre lui, d'une façon ou d'une autre. Il espérait ne pas devoir en arriver à un point de non retour avec son propre sang.

Il reprit à l'attention de Miranda cette fois:

-J'imagine qu'Arkadia possède également des informations au sujet de cette femme.

Il ajouta d'une voix plus sombre encore, comme pour finir sur sa prise de parole :

-Pour répondre à la question que vous n'avez pas encore posée, miss Anderson, Lotte est ma soeur cadette. Et je n'accepterai pas qu'il lui arrive quoi que ce soit.
Verstand
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Jeu 6 Avr 2017 - 14:40
Le tout n’avait vraiment rien d’une visite de courtoisie. Ni même d’une visite professionnelle, d’ailleurs. Ce qui expliquait pourquoi, malgré notre respect mutuel, nos salutations furent à la limite du cordial, étant inutiles alors que nous avions des sujets bien plus sérieux à discuter. J’entrai donc dans le vif du sujet, peinant malgré tout à rester calme alors que j’attendais des réponses à un certain nombre de questions concernant l’homme d’affaires et Lotte. Et cette volonté d’aller droit au but semblait partagée.

Néanmoins, quelque chose sembla arrêter Feuerbach dans son élan, et il me fit signe de patienter encore quelques instants. Je fronçai un bref instant les sourcils, avant de finalement prendre place sur l’un des canapés, sans toutefois décroiser les bras ni le quitter du regard. Et de toute manière, je n’eus pas longtemps à attendre avant de comprendre ce qui avait motivé cette attente supplémentaire. La porte d’entrée vola à travers la pièce, et le fracas produit m’arracha un air quelque peu surpris, avant que je ne découvre la raison de cette entrée en fanfare.

Toujours assise bien droite sur le canapé, n’ayant pas pris soin de bouger puisque la situation, à défaut d’être calme, ne présentait pas de dangers, je saluais d’un hochement de tête Miranda. Mon sourire fut bien plus bref que le sien, mais l’intention et la sincérité y étaient.

"Bonjour, Miranda." Mon regard passa de l’assistante de Rose à Alexander. "Je ne sais pas vraiment dans quel coup je me trouve, mais oui, c’est sans doute mieux de ne pas y être seul…"

La réflexion me vint qu’il était plus agréable d’être du même côté que Miranda plutôt qu’en face, et ce quand bien même on n’était qu’une simple porte. J’eus une petite pensée pour les pauvres personnes qui allaient être chargées de nettoyer tout ça, mais, d’un autre côté, je savais que donner un coup dans quelque chose pouvait être un sacré exutoire. D’autant que, de mon côté, je ne pouvais pas vraiment espérer un résultat aussi impressionnant que déboîter une porte. Dans tous les cas, la présence de Miranda ne pouvait être que positive, autant que la situation le permette.

Mais Feuerbach reprit alors la parole, et toute mon attention se concentra sur lui. Je fis de mon mieux pour ne pas laisser apparaître les émotions que les différentes révélations sur Lotte produisaient en moi, et parvins à garder un masque sévère et presque sans réactions tout le long des explications d’Alexander.

A la réflexion, le tout n’était pas si étonnant, et j’aurais pu sans doute en déduire une partie. L’état de santé de la danseuse n’était plus un secret, même si je n’aurais pas imaginé qu’il se dégrade aussi rapidement. De même, la savoir auprès de la Duchesse pouvait se comprendre, après l’introduction en grandes pompes de son pouvoir et de l’Ordre, il y a quelques mois de cela. Cette femme avait les moyens de l’aider, mais n’était pas sans danger.

La mention de sorcellerie fut plus surprenante, quoique, je pouvais admettre qu’après les prodiges, ce genre de choses passait sans doute plus aisément. Néanmoins, je me promis intérieurement d’investiguer cela plus en détails, quitte à interroger Feuerbach plus tard dans la discussion. La véritable surprise vint à la fin, lorsque l’allemand dévoila son lien de famille avec Lotte. A ce moment-là seulement, mon visage se détendit un bref instant pour faire place à de la surprise, avant de retrouver sa neutralité. Frère et sœur. Là aussi, j’aurais pu m’en douter. Cela expliquait un certain nombre de choses.

Pendant que Miranda parlait au nom d’Arkadia, je restais silencieuse, réfléchissant à tout ce que je venais d’apprendre. Mon esprit analysait toutes les informations avec rapidité, mais je sentis très vite un mélange de colère et d’agacement monter en moi. De la colère, envers Nikky pour m’avoir caché tout cela, pour ne pas m’avoir donné de nouvelles. Est-ce qu’elle avait si peu confiance en moi ? Ou estimait que je n’avais pas à faire partie de sa vie, malgré tout ? Que je n’aurais pas pu l’aider, la comprendre ? De la colère, aussi envers Feuerbach, qui semblait traiter tout cela avec sa condescendance et son sérieux habituel, alors qu’il s’agissait de sa sœur et de Lotte. Envers Rose, qui n’avait pas su protéger la danseuse malgré ses promesses. Et surtout, de la colère envers moi, qui avait tout autant échoué qu’eux.

Je redressais la tête pour fixer Alexander d’un regard intense et sérieux.

"Si Lotte a fait son choix, pourquoi devrions-nous intervenir ? Elle est assez grande pour savoir quoi faire de sa vie, même si cela ne nous plaît pas. Et je ne veux pas aller contre sa volonté." Je continuais à soutenir le regard de Feuerbach sans sourciller. "Cependant, comme elle semble désormais se soucier de nous et notre inquiétude comme d’une guigne, je suppose que je peux vous accorder que la laisser avec cette femme est dangereux."

Mon ton froid ne pouvait pas cacher à quel point la décision de Lotte de m’exclure m’avait blessée et exaspérée. Plus que le choix en lui-même. Elle avait essayé de me prévenir, pourquoi n’avait-elle pas continué ? Pensait-elle que je m’en fichais de ce qui allait lui arriver ? D’un autre côté, avec un control freak comme frère, on pouvait comprendre certaines choses dans son comportement.

"Laissez-moi être claire sur certains points : je veux bien vous aider en vous donnant ce que je sais sur l’Ordre et en faisant ce que je peux pour me renseigner au sujet de Lampeduza. Mais, s’il s’avère que Lotte est consciente des conséquences de ses actes et souhaite malgré tout rester auprès de cette femme, il n’y a rien d’autres que je pourrais faire. Rien. Et, même en tant que frère, je pense que vous devriez faire de même."

En un sens, je pouvais le comprendre. Moi aussi, j’aurais fait tout ce qui était en mon pouvoir si mon frère était en danger, et sa sécurité m’importait plus que tout le reste. Néanmoins, je le respectais aussi assez pour le laisser vivre sa vie librement. Personne n’avait à me dicter comment je devais gérer ma vie, et il en allait de même pour lui. Comme pour Lotte. Je serai donc intraitable sur ce point.

Je poussais un soupir, et quittais l’homme du regard pour observer Miranda, puis Alexander à nouveau.

"De la sorcellerie ? Que savez-vous à ce sujet ?"

L’image de la femme qui s’était attaquée à Lotte durant son mariage me revint en tête. Elle m’avait reconnue, comme si nous nous étions croisées peu de temps auparavant. Hors, je n’en gardais aucun souvenir. En dehors de son regard, dont la lueur me rappelait bien quelque chose. Peut-être que cela avait à voir avec la Duchesse, qui, après tout, était présente également ce jour-là. Et un autre, durant une soirée dans sa villa.
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Lun 10 Avr 2017 - 11:14
Miranda Lockhart avait toujours été du genre à garder la tête froide, surtout en mission. Elle mettait un point d'honneur à ne pas se déstabiliser, et à ne pas se laisser dépasser par les événements. Mais depuis qu'elle avait retrouvé sa sœur, depuis qu'elle avait tissé des liens avec Arkadia et ses membres, depuis qu'elle s'était fait des amies comme Lotte et Dahlia, elle avait découvert à son grand regret qu'elle pouvait se montrer terriblement impulsive lorsque ses proches étaient concernés. A la seule idée que Lotte pouvait courir un danger, elle avait débarqué chez Feuerbach avec ses gros sabots, sans prendre le temps de réfléchir plus que ça. Elle ne planifiait pas ses actions, elle se contentait de réagir. Parce que son amie ne lui avait pas laissé le choix, pas plus qu'elle ne l'avait laissé à Dahlia ou à son frère.

« Suivant ce qui va se passer, ce n'est pas de votre mobilier dont vous devrez vous inquiéter, Feuerbach. »

Même si c'était pour une bonne cause, elle n'appréciait guère de se retrouver à jouer le jeu ainsi pour le compte de l'allemand. Elle avait l'impression d'avoir été convoquée malgré elle, ce qui la rendait d'autant plus furieuse. Et puis elle avait toujours une dent contre lui pour la manière dont il s'était comporté au jardin botanique quelque temps auparavant. La plupart du temps, elle avait surtout envie de lui faire avaler sa cane par les oreilles, aussi faisait-elle des efforts pour se retenir. D'autant qu'elle avait besoin de lui, si elle voulait en apprendre plus sur la situation.

« C'est pas vrai, Lotte... Qu'est-ce que t'as foutu ? » grogna-t-elle entre ses dents une fois que leur hôte leur ait expliqué les détails. De toutes les façons dont aurait pu disparaître la danseuse, ce n'était pas celle à laquelle Miranda aurait pensé. Et elle s'en voulait terriblement de ne pas l'avoir vu venir. Mais pour être honnête, Arkadia ne pouvait prendre soin des siens avec efficacité que si ces derniers ne faisaient pas tour leur possible pour l'éviter. On ne pouvait que difficilement aider quelqu'un qui ne souhaitait pas s'aider soi-même... Toujours est-il que Miranda n'avait pas su à quel point la détresse de son amie était sur la point de la précipiter sur un chemin dangereux. Restait à espérer qu'il n'était pas encore trop tard pour l'en ramener.

« Lotte a peut-être fait son choix, mais c'est un choix incroyablement stupide. » La blonde faisait les cents pas dans la pièce, adressant un regard à Dahlia. « Ce n'est pas l'Ordre le problème ; le but de l'organisation est louable. Non, le problème, c'est Lampeduza. Cette femme est dangereuse, Dahlia. C'est même l'un des êtres les plus dangereux de l'Arche. Quelqu'un de mauvais. Si elle a laissé Lotte venir à elle, c'est bien pour l'avoir sous sa coupe. On ne peut pas la laisser là-bas, quoi qu'il en coûte. Et si elle se rend vraiment compte de ce qu'elle fait, si elle embrasse la cause de Cnossos... Peut-être que tous nos efforts ne suffiront pas. Je ferai tout ce que je peux pour aider votre sœur, Feuerbach. » Elle s'adressait maintenant à Alexander, s'arrêtant juste en face de lui. « Mais je sais que vous n'êtes pas du genre à aider qui que ce soit par pure bonté d'âme, même lorsqu'il s'agit de votre famille. Dites moi, qu'avez-vous prévu si nous ne pouvions convaincre Lotte de revenir à la raison ? Jusqu'où êtes-vous prêt à aller pour protéger vos intérêts ? »
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Mer 3 Mai 2017 - 22:48
Sans sourciller, Alexander accueillit les menaces à peine voilées de l'agent alpha. Avec un calme statuaire, il répondit d'une voix étrangement posée:

-Vous n'êtes pas ici en terrain ennemi, miss Lockhart. Mais laissez-moi vous rappeler que toute tentative contre ma personne, aussi efficace pourrait-être, ne resterait pas sans réplique.

Son regard d'acier s'était fixé dans celui de son interlocutrice. Cette dernière, bien que parfaitement en mesure de s'en prendre physiquement à l'allemand, devait garder à l'esprit que, quoi qu'elle tente - et quand bien même elle atteindrait sa cible - elle aurait affaire à un garde du corps plus que capable et un service de sécurité hautement efficace qui lui serrait assurément fatal. Était-il réellement nécessaire d'aller jusque là ?

Le milliardaire maintint son regard dans celui de l'espionne encore une seconde avant d'entrer dans le vif du sujet.

Les réactions des deux jeunes femmes, anticipées par le génie avec justesse, n'étaient donc pas une surprise.
Dahlia se campait avec efficacité derrière le masque de la neutralité et ne laisserait trahir ses sentiments qu'à travers ses paroles chargées d'amertume. Miranda était un peu plus expressive et murmura quelques mots pour elle.
Autant de comportements dans lesquels l'allemand pouvait saisir l'inquiétude, la colère et l'agacement des amies de sa soeur.
Il pouvait d'autant plus facilement les reconnaître qu'il les avait efficacement barricadé dans un coin de son esprit au moment même où ils y avaient germé. Savamment éloignée par sa raison à l'instant où il avait pris conscience des plans de Lotte. Des plans qu'il n'avait pas su contrecarrer à défaut de les voir venir et maintenant qu'elle était passée à l'acte, même en agissant rapidement, il n'avait pas la certitude de réussir à lui faire changer d'avis, à lui proposer une autre alternative que celle qui la conduirait vers des chemins obscures.

Le ressentiment de miss Anderson était palpable dans sa voix et contrastait avec ces propos, tandis qu'elle revendiquait la liberté de Nikiya à faire ses propres choix. Elle admis cependant que ce dernier était loin d'être le meilleur.
L'agent Lockhart observait des sentiments un peu différents. Elle semblait davantage consciente du véritable danger que représentait Cnossos, et d'y laisser Lotte entre ses griffes. Alexander dû reconnaître qu'il était parfaitement d'accord avec ses affirmations, aussi, il hocha doucement du chef pour appuyer ses paroles.

Persona accepta cependant de collaborer en fournissant information et énergie nécessaire, pour aider son ex, mais affirmait que si la ballerine agissait en connaissance de cause, il n'y aurait plus rien à faire et que lui-même devrait alors renoncer.
Le milliardaire écouta la jeune femme avec attention, ses yeux sombres fixés dans les siens. Si Lotte était consciente de ce qu'elle faisait elle serait alors beaucoup plus dangereuse et devrait être arrêté à tout prix. L'agent alpha en était également consciente: le danger ne résidait pas tant dans le fait que la danseuse se soit laissée bercer par les paroles et les promesses de la Duchesse, le réel danger reposait dans le fait que Nikiya ait pleinement conscience de qui elle suivait... Comme lui, le bras droit de Rose savait parfaitement ce que cela représentait.
Aussi, lorsque l'agent alpha lui assura qu'elle ferait tout pour aider Lotte, le milliardaire hocha de nouveau du chef en signe de remerciement.

Les questions qu'elle lui posa ensuite ne le surpris guère. Le bras droit de Rose commençait à connaître l'industriel et savait à quoi s'attendre de sa part et pourtant, il fallait croire qu'elle avait besoin d'entendre de sa bouche ce qu'elle soupçonnait déjà. Alors, sans sourciller, Feuerbach répondit le plus calmement du monde :

-J'irais jusqu'où j'estime que cela sera nécessaire...

Son oeil noir ne pouvait laisser de place au doute vis-à-vis de la sincérité terrible de ses paroles. Ni Dahlia, ni Miranda ne devaient espérer de la clémence de sa part. Le genie se devait d'être le genre d'homme à éliminer ses ennuis d'un revers de la main, même si lesdits ennuis étaient de son propre sang... Elles devaient se persuader que si Lotte devenait un danger pour l'allemand, il ne ferait preuve d'aucune hésitation pour s'en débarasser. Voilà la conviction qu'elles devaient avoir, car seule cette menace inflexible pouvait assurer au génie que tout, absolument tout, serait tenté pour détourner sa cadette de l'influence de la Lampeduza, mais aussi lui épargner le sort que lui réserveraient son aîné si elle venait à se retourner contre lui.

Il laissa un silence pesant entourer ses paroles.
Un court silence pendant lequel il laissa son esprit vagabonder. En venir à l'idée de devoir effacer du tableau sa propre soeur n'était pas anodine. Et Feuerbach avait entièrement conscience qu'il portait la responsabilité de ce qui était en train de se passer. Malgré ses efforts, son intelligence, ses statistiques et ses probabilité, les analyses savantes, les calculs, les plans,les coups d'avances, en dépit de son désir de garder sa cadette à l'écart et de la protéger, de ses efforts, des moyens mis en oeuvre...
Il aurait été incorrect de dire que tout était de sa faute. Il y avait des circonstances qu'il n'avait pu éviter et qui avait pesé dans la balance, mais aussi Nikiya elle-même, qui avait pris la décision finale. Mais de ces circonstances, de cette décision, c'était à lui de porter l'entière responsabilité. Il s'en rendait parfaitement compte. A vouloir faire au mieux, il avait créé de toute pièce la suite de situations et d'événements qui avait poussé Lotte a agir comme il l'avait fait. Il visualisait exactement la toile complexe tissée dans son esprit, comme autant de chemins pris ou délaissés. Il percevait chaque choix décisif et les événements qui les avant engendré, créant ainsi le schéma final. Il saisissait également l'impact qu'aurait pu avoir telle ou telle autres décision à tel moment, ce qu'il aurait pu faire pour lui faire emprunté une autre voie. La poussée vers Arkadia ou dans les bras de Wang aurait été plus favorable. Alors comment en était-il arrive là ? Il avait voulu trouver la solution "parfaite", mais parfaite pour qui... Il s'était persuadé vouloir faire passer sa cadette avant tout le reste, mais des deux, il avait été celui qui avait obtenu exactement ce qu'il voulait. Lotte n'avait jamais aspiré aux mêmes choses. Lotte n'était pas lui... Et pourtant, elle était sur le point de prendre le même chemin.

La question de miss Anderson recentra la conversation sur l'un des points crucial de la discussion, le sujet aussi vaste qu'obscure de la sorcellerie.

-Peu de chose, dut-il admettre. D'un geste du bras, il désigna une table sur laquelle reposait quelques ouvrages visiblement très anciens, certains dans des écrins de verre en raison de leur état de délitement avancé. Des ouvrages d'une rareté incroyable et qui valaient plus, à l'unité, que le PIB d'une petite arche africaine. Mais les acquérir avait été une chose complexe, les dénicher en avait été une autre.

-Tout ce que je sais sur le sujet se trouve dans ses ouvrages.

Certains étaient écrit en grec anciens, d'autre en latin, et d'autre encore dans un langage perdu, ou secret, qu'il avait fallu décrypté, et là encore, sans avoir la certitude que la traduction était correcte. Il était rapidement apparu au génie, qu'au delà d'une traduction parfaite, il était presque impossible d'en saisir le contenu. En effet, il semblait que tout le savoir magique compilé par écrit ne pouvait se suffir à lui-même et devait être complété par les explications et enseignements d'une initiée. La sorcellerie n'était pas une science accessible à tous et si quelques éléments avaient été immortalisés par l'écriture, traversant ainsi les siècles, ils étaient indissociables d'un savoir orale jalousement gardé et très peu transmis.

-Vous pourrez les consulter ou les faire étudier si vous le désirez. La sorcellerie est une science puissante dont la majeur partie à tout simplement été perdue. A une époque où la magie était plus répandue que les prodiges, les hommes ont pris peur...

Les schémas se répétaient.

- Je pense que Cnossos est l'une des dernières porteuses de ce savoir dans sa forme la plus intégrale.
Verstand
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Dim 21 Mai 2017 - 21:11
Pendant que Miranda et Alexander continuaient leurs chamailleries, j’essayais de garder mon calme pour analyser la situation le plus froidement possible. Sans succès. Mais, s’agissant de Lotte, était-ce si surprenant ? Elle semblait avoir la capacité de déchaîner les passions, même chez les gens les plus raisonnables. Un rayonnement solaire qui m’avait toujours attirée, et qui, malgré les années et toute la raison du monde, continuait à faire effet. Et cela m’agaçait. Moi qui voulait toujours être maîtresse de mes émotions, de la situation ; tout m’échappait et partait dans tous les sens. Je n’étais pas sensée me laisser envahir par quoi que ce soit qui puisse entraver mon calme et mon jugement. C’était ainsi que je fonctionnais, et que je devais fonctionner.

Alors, pourquoi je me sentais de plus en plus en proie à un mélange de sentiments violents et incontrôlés ? Parce que c’était Lotte. Nos retrouvailles, son mariage, nos rencontres depuis ; tout avait recommencé comme si ces années de séparation n’avaient été qu’une seule journée. Même si nous avions changées toutes les deux, il restait quelque chose des deux jeunes femmes que nous étions et qui paraissait immuable.

Je fis de mon mieux pour écouter les explications à la fois de Feuerbach, puis de Miranda. Mais j’avais la détestable impression d’être traitée comme une enfant. Et pire, que Lotte était en passe d’être perdue, comme un vulgaire objet. Je ne réagis pas lorsque son frère sous-entendit qu’il était prêt à l’éliminer si cela représentait un trop grand danger. Ce n’était finalement pas si surprenant de lui, même si, dans le fond, je me demandais s’il était aussi détaché qu’il l’affichait.

Mais, même si je paraissais de marbre, à l’intérieur, je me sentais bouillir d’une rage sans non. Le niveau montait, montait, inexorablement. Et rien ne semblait pouvoir le calmer. Je m’approchais de quelques pas pour fixer les ouvrages qu’Alexander avait rassemblés. D’obscurs traités, inaccessible même pour Feueurbach. Il avait dû se sentir frustré que quelque chose lui résiste, à n’en pas douter. Et cette Cnossos, la femme chez qui Nikky s’était réfugiée pour chercher de l’aide, était l’une des rares à pouvoir tirer quelque chose de ces objets. Entre son frère, ses amies, son ancienne amante ; Lotte avait préféré se tourner vers une sorcière.

Comme c’était ridicule. Et pourtant, cela disait également beaucoup de choses sur nous. Sur nos échecs.

Un léger gloussement s’échappa de mes lèvres, avant de devenir un rire plus franc. Je me tournais vers les deux autres, une expression amusée sur le visage.

"Alors, notre ennemie est une sorcière qui utilise une science que nous ne pouvons pas comprendre ? Les choses ne s’annoncent pas faciles, qu’allons-nous faire ? La brûler ? Lui planter un pieu dans le cœur avant de lui trancher la tête ?"

C’était ridicule. Nous étions ridicules. Et je me sentais ridicule et incapable, à ne savoir que faire. Je leur tournais un instant le dos pour m’éloigner de quelques pas, avant de m’arrêter. Le visage de Lotte me revint en mémoire. Son sourire à son mariage, la manière dont elle m’avait annoncé ne plus en avoir pour longtemps. Notre baiser à la villa de ma mère. Mon poing se serra, et d’un coup, mon pied décolla et alla frapper un luminaire, l’envoyant s’écraser contre le mur le plus proche.

"Verdammte Scheiße !"

Loin de me calmer, cet accès de violence ne fit que libérer toute la colère qui couvait depuis le début de cette conversation. Elle s’échappait maintenant en vague, ne semblait pas pouvoir s’arrêter. Je me tournais vers Alexander et Miranda, les yeux emplis de rage, et d’un dédain moqueur.

"Et vous, vous deux ! Vous l’avez laissée s’approcher de cette femme ? Vous n’avez rien fait pour l’en empêcher ? Son frère, son propre frère ! Et Rose, l’homme qui m’avait promis qu’il l’aiderait, et son organisation avec. Feuerbach et Arkakia, les plus puissantes entreprises du globe, laissez-moi rire ! Je vous déteste, vous m’entendez ? JE VOUS DETESTE !"

Et celle que je détestais le plus, c’était moi. J’avais sorti ce que j’avais sur le cœur, et l’expression du désespoir que j’avais en me sentant si impuissante. Parfois, me mère me rappelait que je n’avais que vingt-cinq ans, même si je donnais l’illusion d’être beaucoup plus mature. C’était sa manière à elle de dire que ce n’était pas anormal que je ne puisse pas tout maîtriser. En un sens, je comprenais maintenant pourquoi elle disait cela. Même si cela ne me satisfaisait pas du tout. J’aurais voulu être plus vieille, plus posée, plus intelligente. J’aurais voulu être une personne qui aurait pu aider Lotte.

Peu à peu, la colère s’apaisa, et je retrouvais une expression plus neutre. Plus froide, aussi. Ma respiration trouva un rythme plus régulier, et je me tournai cette fois-ci vers Feuerbach, me redressant dans une posture presque militaire.

"Si elle tente de s’en prendre à vous, alors, je n’ai pas le choix. Je dois me mettre de votre côté et tout faire pour vous protéger. En ce qui me concerne, je n’ai pas de cas de conscience hypocrite qui m’empêche à travailler avec vous. Les combats de coqs, je suis au-delà de ça." Je lançais un regard à Miranda, avant de revenir à l’allemand. "Si je me mets entre vous deux, peut-être que j’aurais une chance de la dissuader. Ou au moins, j’aurais fait tout ce que j’ai pu. Si elle peut être raisonnée ou souhaite partir de chez cette femme, je l’aiderais. Autrement, si elle représente un danger… Alors, je me rangerais de votre côté, Alexander."

Lotte avait fait des choix, et si ces derniers s’avéraient être sans retour possible, alors les nôtres devaient l’être aussi.
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Mar 30 Mai 2017 - 11:48
Maintenant que les choses étaient dites, Miranda n'était plus autant en colère. Son esprit avait navigué les eaux tumultueuses au-delà, pour retrouver le calme froid qu'elle éprouvait lorsqu'elle se dédiait entièrement à un but. Elle songea un instant à casser encore un peu de mobilier pour faire bonne mesure, mais voilà que Dahlia s'y mettait également, ce qui ne manqua pas de surprendre son amie. Elle ne l'avait encore jamais vue perdre son sang froid, ce qui démontrait à quel point ce qui se passait avec Lotte lui tenait à cœur. Le lien qui unissait l'actrice et la danseuse était plus fort qu'elle ne l'aurait cru, surtout pour que le masque tombe ainsi. Quelque part, c'était étrangement rassurant. Ce qui n'était pas le cas de Feuerbach, qui prenait soin de se montrer aussi imperturbable que d'habitude. Voilà qu'il allait jusqu'à parler de disposer de sa sœur comme si cela ne l'affectait pas plus que de se débarrasser d'un employé gênant. Miranda voulait croire que cela le touchait plus que cela, mais on ne pouvait jamais être sûr, avec lui. Mais s'il avait pris la peine de les faire venir ici plutôt que de régler la situation de lui-même, c'était peut-être bien parce qu'il espérait encore que la situation pouvait se résoudre sans que le moindre mal soit fait à Lotte.

« Tu as fini ? » lança-t-elle à Dahlia, attendant qu'elle retrouve un peu de calme. Les mots de son amie avaient frappé un peu plus durement qu'elle ne l'aurait cru, et elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Elle s'en voulait assez elle-même, et elle comprenait ce que Dahlia pouvait ressentir, du moins en partie. Ce n'était jamais facile de voir une amie vous tourner le dos.

« Lotte n'a pas été attaquée en pleine rue, Cnossos ne l'a pas enlevée. Il est plus difficile de protéger quelqu'un d'elle-même que d'un autre danger. Elle a bien préparé son coup, et dès qu'elle s'est présentée à la sorcière, elle savait que tout allait changer. On ne peut pas forcer les gens à faire des choix, et encore moins choisir à leur place. Qu'est-ce que tu voudrais, qu'on suive tout le monde à la trace, et qu'on les enferme contre leur gré quand ils pourraient prendre une décision qui ne nous convient pas ? Tu voudrais que Perceval s'en charge pour tout le monde, qu'il fasse pareil avec toi s'il tu devais donner l'impression de prendre une décision qui ne lui convient pas? Je regrette assez de ne pas avoir pu être là pour elle, pour l'empêcher de prendre cette décision. Tu n'as pas besoin de me le rappeler. Mais tu n'étais pas là non plus, que je sache. Nous lui avons tous failli. »

La blonde s'efforçait de rester calme, afin de ne pas envenimer la situation. Elle ne voulait pas s'en prendre à Dahlia, pas plus que nécessaire pour mettre les choses à plat, et elle pouvait encaisser. Même si ce n'était pas agréable, et que cela la touchait plus qu'elle ne l'aurait cru. Elle pensait bien que son amie s'en prenait moins aux autres qu'elle ne s'en prenait à elle-même, et l'agent alpha pouvait le comprendre. Elle s'en voulait assez, elle aussi.

« Déteste moi si tu veux. Du moment que tu as les idées en ordre pour la suite. Car je tiens à exprimer quelque chose de parfaitement clair : je ne suis pas encore prêt à abandonner, et à considérer Lotte comme devant être éliminée. Pas si je peux faire quoi que ce soit pour l'en empêcher. Si je me joins à vous, ce sera pour la sauver, quoi qu'il m'en coûte. Je refuse de croire que la situation est aussi désespérée. Le véritable ennemi dans tout ça, c'est Cnossos. Si tu veux bien de moi, Dahlia, je serai là pour t'aider à la ramener parmi nous. Quant à vous... » Elle regarda Alexander : « Lotte compte plus moi que votre organisation, ou que votre sécurité, franchement. Si travailler ensemble nous permet de l'aider, tant mieux. Mais ne comptez pas sur moi pour faire votre sale boulot. »

Elle était tout bonnement incapable de comprendre comment on pouvait imaginer en arriver là lorsqu'il s'agissait de sa sœur ; elle pensait à Lucy, et à tout ce dont elle serait capable de faire pour la sauver.

« Je ne l'abandonnerai pas. » répéta-t-elle, autant pour se convaincre elle même que les autres. Mais si elle n'avait vraiment pas d'autre choix, serait-elle capable d'aller jusqu'au bout, d'empêcher Lotte de commettre l'irréparable si cette dernière succombait entièrement au pouvoir sombre et s'en prenait à d'autres ? Elle espérait qu'elle n'aurait jamais à le découvrir. Pas si elle pouvait l'en empêcher.
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Thème: Everybody Wants To Rule The World - Lorde




"Chaos is found in greatest abundance wherever order is being sought. It always defeats order, because it is better organized." Terry Pratchett
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Mer 14 Juin 2017 - 0:06
Sans même sourciller, Alexander avait regardé l'une des lampes de son salon heurter violemment le mur le plus proche avant de choir lamentablement au sol, en un nombre considérable de morceaux. Portant un vague regard à l'objet fracassé sans que l'on puisse dire s'il était tout à fait agacé ou profondément indifférent, l'allemand reporta ensuite son attention sur la jeune femme qui avait soudainement perdu ce sang froid jusqu'alors implacable.
Il analysait méthodiquement la flamme rageuse qui allumait son regard et l'inflexion pleine de mépris de sa voix. Le masque s'était brisé et sous les morceaux, se révélait la véritable personnalité de miss Anderson. 
Feuerbach s'était abstenu de tout commentaire. Il observait avec un calme patient la scène. Chacune des paroles teintées de reproche étaient pour le génie, un caprice. Une perte de temps. Un processus qui ralentissait une réflexion rationnelle et une prise de décision efficace. Un luxe. Que lui-même ne pouvait s'offrir.
Pourtant, Alexander ne fit pas le moindre signe qui aurait pu traduire d'une exaspération ou d'une impatience. Seul son regard, étincelant de cette lueur étrange, dévisageait avec une attention méticuleuse la jeune femme. Un regard indéchiffrable. Un regard qui n'aurait jamais laisser transparaître le sentiment inavouable qu'éprouvait le jeune homme. Un soulagement. Celui de voir personnifiée, en cette réaction. sa propre colère qui bouillonnait, refoulée, quelque part, très profondément. Un excès que lui ne pouvait se permettre.

Le milliardaire laissa le soin à miss Lockhart prendre la parole pour calmer la Fleur. Les reproches lancés par Dahlia le laissèrent de marbre puisqu'il les estimait injustifiés. Alexander approuva l'agent d'un signe discret de la tête. Arkadia ou lui-même n'aurait pu la retenir sans, effectivement, entraver directement la danseuse dans sa liberté. Là où ils avaient échoué n'était pas dans leur impossibilité à empêcher sa fuite, leur échec était ailleurs. Il résidait quelque part, dans les liens qu'ils avaient tissé avec l'étoile, dans leur incapacité à lui faire voir les choses sous un autre angle.
Depuis qu'elle s'était su malade, Lotte ne supportait plus ses faiblesses et chacune de ses relations semblaient lui renvoyer tout ce qu'elle n'était pas. Elle avait haï la placidité de son aîné face au mal qui les consumait là où elle n'en supportait pas même l'idée. Elle avait détesté la force de caractère de Persona, sa maîtrise, son indifférence aux passions qui l'agitaient, elle, et la faisait agir impulsivement. Elle était incapable de supporter plus la perfection et l'efficacité de Miranda, qui ne savait prendre que les bonne décisions, tandis qu'elle enchaînait les erreurs... et probablement y avait-il encore beaucoup d'autres raisons qui avait amené Nikiya à repousser un à un ceux qui l'avaient entouré et à leur tourner le dos sans un dernier mot d'explication. Mais regretter amèrement de n'avoir su lui ouvrir les yeux sur ses propres qualité ne changerait rien. Aussi s'était là un sentiment que Verstand avait également balayé d'un revers de main.

Bientôt, le calme retomba dans la pièce. L'une et l'autre des femme face à lui se fit claire quant à l'aide qu'elle accepterait d'apporter, et dans quelle mesure. L'allemand hocha une nouvelle fois du chef. Son regard sombre était maintenant profondément posé sur l'agent alpha, qui répétait comme pour elle-même quelques mots qui raisonnaient en lui comme un écho. Chassant de son esprit des pensées parasites, il fixa tour à tour Miranda et Persona.

-Bien. Puisque nous sommes au clair sur votre engagement respectif.

Alexander fit faire volte face à son fauteuil à répulsion, se dirigeant vers la table basse du salon où se trouvait une enveloppe. D'un geste qui, par son tremblement, aurait pu trahir une faiblesse de la part du génie, il désigna la pochette de kraft. Il était simplement incapable pour le moment de porter lui-même l'enveloppe à ses interlocutrices.

-Envisageons les façons d'aider Lo... ma sœur, corrigea-t-il avec un accent étrange. J'imagine qu'Arkadia est déjà en possession de ces informations. Supputait-il en parlant de ce que contenait le dossier qu'il leur présentait.

-Guenièvre Page... c'est le nom de la jeune femme qui portaient les traits de celle que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Natalia Lampeduza. Et qui n'est autre que Cnossos. L'immortelle semble devoir sa longévité à sa capacité à changer... d'hôte...

Dans ladite enveloppe se trouvait une liste d'informations au sujet de G. Page, une jeune femme sans famille, décédée en septembre de l'année passée. Le génie ne doutait pas qu'en dénichant ces informations, il avait attiré l'attention de la duchesse, mais soit. Il s'en accommoderait.

Avec un ton qui rompait presque avec sa neutralité habituel tant il laissait deviner la sincérité de ses paroles, Alexander ajouta :

-Je n'ai pas de plan précis pour tirer ma cadette des griffes de Lampedusa. Mais je peux affirmer deux choses. La première est que la conscience de Lotte vacillera si la duchesse la pousse trop loin, à ce moment là, soit elle franchira une ligne d'où nous ne pourront la ramener, soit elle craquera. La seconde, est que Nikolas ne laissera pas faillir son apprentie et Lotte en prendra rapidement conscience...

Ce qui offrait peu d'alternative à l'étoile. Il leur faudrait être cette issue vers laquelle se tourner au moment où elle perdrait le contrôle. Si cela était possible. L'influence de l'antique immortelle était forte et les solutions offertes par celle-ci alléchantes. Alexander ne pouvait dresser que des statistiques sur jusqu'où la sorcière pourrait attirer sa sœur, mais elles étaient particulièrement alarmantes...
Verstand
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Lun 26 Juin 2017 - 12:27
C’était idiot, inutile et bas de s’en prendre à des objets et aux autres. Et indigne de moi de me montrer aussi émotive et irrationnelle. Ellen me disait souvent que je pouvais faire preuve d’une mauvaise foi assez spectaculaire, et que mon caractère borné et ma fierté n’arrangeaient rien. On pouvait bien le voir maintenant : malgré les apparences, je n’avais rien de parfait, rien de maîtrisé. Du vent. Comme tout ce qui semblait passer entre mes doigts. D’ailleurs, Miranda et Alexander ne perdirent pas de temps pour me rappeler à l’ordre, la première exprimant ce que les deux pensaient tandis que le second approuvait en silence.

Pourtant, on ne pouvait pas dire que cette petite crise n’avait pas eu un certain effet cathartique. J’avais dit ce que j’avais sur le cœur, aussi injuste et stupide que cela soit, mais je me sentais déjà mieux. Du moins, dans la mesure où cela était possible, au vu de la situation. La preuve en était que je retrouvais mon calme d’un seul coup, et écoutais les remontrances qui m’étaient adressées. Bien sûr, elles étaient justifiées, et Miranda avait raison. Lotte avait pris sa décision et personne n’aurait pu l’en empêcher. Pas même mon père ou Feuerbach. Nous avions tous échoué. C’était du bon sens. Et pourtant, je ne regrettais pas ce que je venais de dire. Même maintenant que le masque de froideur et de calme était revenu sur mon visage, comme si rien ne s’était passé.

"Je ne vous déteste pas autant que je me déteste moi. Parce que c’est toujours plus simple de mettre la faute sur les autres que d’affronter ses propres responsabilités. Excusez-moi." répondis-je simplement et avec lucidité en fixant Alexander, puis Miranda dans les yeux. Et je n’avais pas besoin d’en dire plus, c’était assez parlant.

Quoique, il y avait encore quelque chose que je puisse dire et que l’agent ne savait sans doute pas. Je jetais un coup d’œil en direction de l’allemand. Lui devait être au courant. Je reportai mon attention sur la blonde :

"Lotte et moi nous sommes connus à Paris, il y a plusieurs années. Et nous étions… plus que des amies." Je lui laissais le temps d’intégrer l’information, si elle ne le savait pas déjà ou s’en doutait. Puis, je soupirais et ajoutais en observant un point dans le vide. "J’aimerais que… Rose ne l’apprenne pas, s’il n’est pas déjà au courant. Pas maintenant. Et c’est à moi de le lui dire, je suppose…"

Est-ce que cela risquait de changer son avis sur mes compétences à gérer cette affaire ? Est-ce qu’il essayerait de me dissuader de continuer cette mission ? Ou non ? Difficile à dire. Mais ce qui était certain, c’est que nous n’avions pas besoin d’un désaccord actuellement, ni d’un autre problème à gérer.

Maintenant que tout était au clair, nous pouvions passer à la suite. J’écoutais Feuerbach expliquer l’étonnante capacité de Cnossos à changer de corps, ce qui expliquait sa longévité. Et ce qui se passait actuellement chez les Lampeduzza. Pas étonnant que Lotte ait été séduite, de tels pouvoirs étaient fascinants. Et dangereux.

"Je peux saisir pourquoi Lotte a fait ce choix, mais Cnossos ? Qu’attend-t-elle de Lotte ? A part toucher Arkadia et Feuerbach, y-a-t-il autre chose ?" Cela pouvait toujours donner une piste. Quant au reste, il semblait assez clair qu’il fallait agir avant que la danseuse ne dépasse la fameuse ligne, et que Lampeduzza ne la pousse trop loin. "Mais peut-être est-ce déjà trop tard…"

C’était une possibilité qu’il fallait envisager. Même si Miranda semblait prête à tout pour ne pas laisser tomber Lotte, et que sentais au fond de moi l’envie de faire de même, je ne voulais pas que mes émotions me fassent à nouveau perdre le contrôle et mon jugement. Peut-être était-il donc plus sage de prendre le problème à l’autre bout.

"Cnossos a-t-elle des points faibles que nous pourrions exploiter ? Des ennemis que nous pourrions utiliser ? Si nous l’affaiblissons, peut-être que son emprise sur Lotte sera moins forte, et que nous aurons davantage de chances de la faire revenir…"

A quel prix, c’était encore à voir. Je me déplaçais pour saisir l’enveloppe, signifiant par là que j’étais prête à me charger de cette investigation. Je continuerai à protéger Feuerbach, et à aider Miranda, car choisir l’un ou l’autre camp m’importait peu au final. Comme toujours, je faisais ce que je voulais. C’était encore la meilleure façon avec laquelle je travaillais. Sans attache, et avec moi-même comme seule cheffe.
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Dim 2 Juil 2017 - 12:33
Pour sa part, Miranda ne voyait aucun problème à s'en prendre à des objets lorsqu'il devenait nécessaire d'évacuer un peu de frustration. Franchement, mieux valait briser des meubles que des têtes, et ce même quand les têtes en question l'avaient parfois bien cherché. Mais cela aurait été cruel de s'en prendre à quelqu'un comme Feuerbach ; autant briser une allumette. Et puis malgré toute l'antipathie qu'il lui inspirait, elle devait bien reconnaître qu'il n'était pas plus responsable qu'un autre du choix de sa sœur. Encore maintenant, le lien de sang qui unissait ces deux-là ne manquait pas d'étonner Miranda. On ne choisissait pas sa famille... L'important, c'était ce qu'on en faisait. La sienne n'était pas des plus conventionnelle non plus ; elle n'avait que Lucie, et elle aurait fait n'importe quoi pour l'aider. Mais Alexander voulait-il aider Lotte uniquement parce qu'il craignait qu'elle finisse par s'en prendre à lui et à son empire, ou tenait-il vraiment à elle ? Il n'avait pas hésité à utiliser son mariage pour régler des comptes, après tout... Mais elle avait l'impression de déceler une réelle inquiétude chez lui, et ce n'était pas quelque chose qu'il manifestait en temps normal. A moins que ce ne soit un énième stratagème pour mieux nous manipuler, c'était toujours quelque chose à prendre en compte, avec lui. Cependant, elle était prête à lui accorder le bénéfice du toute. Pour cette fois.

« Ce n'est rien. C'est pareil pour moi, tu sais. Je me sens furieuse de ne pas avoir vu les signes, de ne pas avoir pu l'atteindre, l'aider... Et ça fait mal, aussi. De se dire qu'au lieu de venir vers nous, c'est quelqu'un comme Cnossos qu'elle a choisi. »

Elle réalisait maintenant à quel point les actions de Lotte l'avaient blessée, comme si leur amitié ne comptait finalement pas plus que cela. C'était plus compliqué, évidemment, et peut-être qu'une partie du problème revenait au fait que la danseuse n'avait pas voulu impliquer ses proches, mais cela ne rendait pas la situation plus tolérable. Miranda se liait difficilement aux gens, elle avait toujours la sensation de ne jamais vraiment réussi à se livrer aux autres, à être elle-même quand elle n'était même pas sûr de ce qu'elle pouvait réellement être. L'étoile faisait partie des rares personnes à qui elle avait pu se confier, et voilà qu'elle avait préféré la fuir. Et si c'était difficile pour l'agent alpha, cela devait être encore plus compliqué pour Dahlia, maintenant qu'elle leur avait expliqué la nature de son lien avec Lotte. Miranda n'en était pas particulièrement surprise ; cela avait du sens, maintenant qu'elle repensait aux fois où elle les avait vu interagir.

« Le patron ne l'apprendra pas de moi. Et tu n'as à le lui dire que si tu penses que c'est la bonne chose à faire. »

Lockhart n'avait pas à s'en mêler, qu'il s'agisse de la relation entre Dahlia et son père, ou entre Dahlia et Lotte. Elle rejoignit son amie, qui s'était emparée de l'enveloppe. Le tremblement de Feuerbach ne lui avait pas échappé ; sa condition continuait de progresser, il pouvait de moins en moins le cacher. Et pour un homme comme lui, faire preuve d'une telle faiblesse devant qui que ce soit devait être intolérable. Miranda le comprenait ; sur ce point, elle fonctionnait de la même manière. Elle commença à parcourir les pages, son esprit fonctionnant à toute vitesse.

« Arkadia a plus ou moins les mêmes informations, de ce que je vois. Le truc, c'est que les sorcières savent garder leurs secrets les plus précieux, surtout quand elles agissent depuis aussi longtemps. A ma connaissance, il n'y a pas de trucs particulier pouvant contrer la magie. Et il ne faut pas laisser cette dernière nous envahir. Non, la clef, c'est Lotte. Là aussi, au final, ce sera son choix qui déterminera tout. Soit elle s'abandonne au pouvoir, soit elle finira par réaliser qu'il y a une ligne qu'elle ne pourra pas franchir. Et dans ce cas, Cnossos n'hésitera pas : elle ne tolère pas ce qu'elle considère comme un échec, surtout sur investissement... Quant à savoir pourquoi elle a choisi Lotte, je pense qu'elle a simplement vu une opportunité d'exploiter sa faiblesse, et d'en faire celle d'Alexander. D'Arkadia aussi, sans doute. Et puis elle a toujours cherché à recruter des femmes pour son Ordre. C'est comme ça que la femme du patron a commencé, aussi... »

Restait à espérer que Lotte ne suive pas le même chemin que Marisa, se laissant dominer par la soif de pouvoir et de contrôle. Mais même si Alexander et Dahlia pouvaient imaginer qu'il y avait une limite à franchir dont on ne pourrait pas ramener Nikiya, Miranda n'était pas encore prêt à le concevoir. Elle était prêt à traverser l'enfer pour y a aller l'y rechercher, même s'il fallait l'en sortir par la peau des fesses. Elle avait besoin de croire qu'il y aurait toujours un moyen ; abandonner ne faisait pas partie de son vocabulaire.

« Cnossos a bon nombre d'ennemis, on ne vit pas aussi longtemps comme elle l'a fait sans les collectionner. Mais elle ne leur a pas survécu tout ce temps pour rien... Et on pourrait l'abattre directement d'une balle entre les deux yeux que cela ne changerait pas forcément la situation, pas à coup sûr. A ce stade, je pense qu'il n'y a que Lotte pour décider ou non de revenir. A nous de trouver comment faire en sorte que ce soit le cas. »
Percy
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Mer 20 Sep 2017 - 18:07
Verstand accepta les excuses de la jeune femme d'un oeil neutre. Inclinant légèrement la tête pour lui signifier que cet écart ne porterait pas préjudice à leur entente, il montrait envers l'amie de sa soeur une indulgence peu commune. Cette dernière avait reconnu l'immaturité passagère de son comportement et, en conséquence, avait reprit contenance, recentrant son attention sur l'essentiel, c'était à dire, trouver une solution. Allaient-ils pouvoir finir cette conversation sans nouvel éclat ?

Afin de remettre leur relation en contexte, Persona avait explicité le lien particulier qu'elle avait entretenu avec la ballerine à Paris. A ce sujet, Alexander ne montra pas le moindre signe de surprise, puisqu'il n'y avait de surprise à avoir. Peu de choses échappaient au génie, encore moins lorsqu'il s'agissait de sa cadette. Cette idylle ne faisait pas exception. Il avait surtout conscience de la part qu'avait eu cette relation dans l'évolution de l'étoile. Car si leur amourette remontait à quelques années et qu'elle s'était terminée d'un commun accord, elle avait, quoi que celle-ci en dise, affecté Lotte. En dépit des apparences, Nikiya n'avait jamais vraiment accepté cette rupture. Par fierté peut-être un peu, par douleur aussi sûrement. Incapable d'ouvrir son coeur, elle n'avait depuis que collectionner les conquêtes, incapable d'engager son coeur. Peut-être parce que la Fleur était parti avec, ou l'avait brisé en morceau.

Le fils de Wang avait été le premier à susciter une passion nouvelle que le mariage était venu remettre en cause. Elle s'était une nouvelle fois heurtée à l'abandon, elle, si souvent habituée à être le centre de l'attention. S'il son pragmatisme déplorait les réactions beaucoup trop émotionnelles de sa cadette, il avait tout de même tenté de garder Kim à distance pour le bien de Lotte, mais sa fuite de sa soeur et la conjecture nouvelle remettait certaines choses en perspective. Jao mort, l'empire du Samouraï allait être revendiqué de toute part, et Alexander avait tout intérêt à soutenir l'ex-amant de sa soeur dans la revendication de son héritage contre la veuve du chinois.

L'ancienne amante de sa soeur demanda alors à Miranda de garder les informations de leur relation secrète. La question qu'elle posa ensuite, Alexander se l'était également posé. La réponse était simplicime et Persona en avait saisi l'essentiel. Miranda en profita pour mettre également quelques points en lumière, mais les filles -comme Nikolas- se trompaient sur une chose: Lotte n'était pas le point faible de Verstand. Cependant, elle pourrait devenir un point de friction entre Arkadia et lui. Si le génie venait à devoir se débarasser de la gêne que représentait sa soeur, Rose y verrait probablement quelques chose à redire et qui sait s'il ne tenterait pas de l'en empêcher. Et dieu sait que le monde ne voulait pas d'une guerre entre l'organisation de Rose et Feuerbach.

En revanche, Nikiya était également une excellente recrue pour l'ordre, elle avait le charisme nécessaire, l'influence, la position sociale. Elle pouvait se révéler un atout de choix pour la société officieuse de la duchesse.
Lotte avait été une proie facile, ce que lui avait fait miroiter la sorcière était tout ce qu'elle avait jamais voulu. Une opportunité de guérison, une influence sur le monde, le pouvoir de le faire.
Mais la ballerine n'était pas foncièrement quelqu'un de mauvais, encore moins d'indifférent. Elle était passionnée et vivante. La seule crainte qu'il avait été qu'elle allait toujours au bout de ce qu'elle entreprenait. Accepterait-elle d'admettre une erreur ou ira-t-elle jusqu'au bout, quitte à renier qui elle était vraiment ?

-J'imagine que la Duchesse à des points faibles effectivement, mais pour le moment, nous ne pouvons nous permette de nous faire de l'italienne une ennemi. Pas tant que Marisa Coulter - ou plutôt Carla Stone - ne tirera les rênes de Mesa.
Les chinois pourraient y trouver leur compte contre la pègre italienne, il faudrait être en mesure de jouer sur le même terrain que Cnossos... Pouvoir la battre sur son propre domaine...

Alexander laissa planer un doute.

-Miss Lockhart a raison lorsqu'elle dit que Lotte est la clé. C'est elle seule qui pourra prendre la décision de revenir. Il faut cependant lui donner un coup de pouce. Lotte n'acceptera pas son échec et Cnossos ne le tolérera pas. Bien que nous soyons en mesure de la protéger contre la Lampeduza, sa peur l'empêchera de faire marche arrière. Un jour son aura sera trop noir pour qu'elle puisse revenir. Je crois qu'il lui faut un déclic, un événement où elle ne pourra s'empêcher s'agir.

Alexander réfléchit l'espace d'une seconde.

-J'ai peut être une idée...

L'idée en question avait germé au moment même où il avait "convoqué" les deux jeune femmes. Son plan était une entreprise un peu chiche et les chiffres que l'allemand avait tiré des probabilités de réussite ne lui avait pas particulièrement plus, mais il était prêt à tenter le tout pour le tout pour contrer la Lampeduza.
Verstand
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Aujourd'hui à 15:31
C’était une maigre consolation de voir que Miranda partageait la même frustration. Mais une consolation tout de même. La jeune femme avait également été meurtrie par les choix de Lotte, et par son incapacité à empêcher la danseuse de se tourner vers des solutions aussi extrêmes. Nous avions échoué, mais plus qu’une simple mission, il s’agissait de Lotte. C’était à la fois professionnel et personnel. Nous pouvions nous comprendre. Concernant Alexander, il était plus difficile de deviner quelles étaient ses pensées derrières ce masque neutre qu’il affichait en permanence. Mais dans le fond, je soupçonnais que le sort de sa sœur ne l’indifférait pas autant qu’il ne voulait le laisser croire. Raison pour laquelle nous étions sans doute réunis ici aujourd’hui.

Ayant révélé mon ancienne liaison avec Lotte, je ne pus que remercier Miranda d’un hochement de tête reconnaissant lorsqu’elle promit de garder cette information pour elle. Je savais que je pouvais lui faire confiance là-dessus. Quant à savoir s’il fallait un jour mettre Rose au courant, c’était quelque chose qui n’était pas encore à l’ordre du jour. Cela viendra peut-être. Mais en attendant, nous avions plus urgent à régler.

Petit à petit, je parvins à mieux saisir ce qui avait poussé Lotte à se tourner vers une personne telle que la Lampeduza, et inversement. Cela correspondait à l’image que cette dernière m’avait montrée durant la soirée de présentation de l’Ordre. Prétendre que c’était là une organisation d’entre-aide entre femmes, le cynique de la situation m’aurait presque fait rire. Quoi qu’il en soit, j’étais déterminée à ne pas laisser cette femme s’en tirer aussi facilement. Et ce, même si je devais le faire seule.

Le nom de Marisa me fit tiquer également. A croire que la sorcellerie cherchait à nous pourrir l’existence. C’était également risible, surtout en ayant appris il y a à peine quelques minutes que les sorcières n’étaient pas uniquement des fables racontées aux enfants. Cependant, la remarque d’Alexander me marqua particulièrement. Ne pas se faire l’ennemi de cette Nikolas, tant que mon ex belle-mère n’était pas neutralisée ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? Qu’ils envisageaient une alliance avec cette femme ? Après ce qu’elle avait fait à Lotte ? A nouveau, je sentis la colère monter me moi, mais, cette fois-ci, parvint à la contenir et à l’apaiser. Les deux autres semblaient davantage vouloir mettre l’accent sur Lotte plutôt que sur l’autre partie du problème, très bien. Je garderai la sorcière pour moi, dans ce cas. Mais elle ne perdait rien pour attendre, c’était une promesse que je me fis.

"Vous parlez de sorcellerie et de magie… Y-a-t-il d’autres personnes qui la pratiquent ? Peut-être de la magie blanche ?"

La question sonnait moins étrange dans ma bouche que je l’aurais imaginé. Si rien ne pouvait contrer la magie, alors… il ne restait que la magie elle-même. Et autant commencer à me renseigner ici, l’air de rien, tant que cela pouvait passer pour de la curiosité relative à notre affaire avec Lotte. Mais une fois cette réunion terminée, je comptais bien chercher de mon côté. Il n’était pas dans ma nature de laisser un tel affront impuni, sorcière ou pas. Quitte à m’occuper de cela seule, et de faire profil bas auprès de mes interlocuteurs et des autres. Il fallait faire comprendre à cette soi-disant sorcière qu’on ne pouvait pas toucher à mes proches sans que cela soit sans conséquences.

Les deux autres semblaient fixés sur l’idée qu’il fallait faire revenir Lotte avant qu’il ne soit trop tard. Enfin, connaissant Miranda, il ne devait sans doute pas y avoir de « trop tard ». Pourtant, l’allemand évoqua une idée. Et en ce qui le concernait, je pouvais être certaine que c’était quelque chose de valable à exploiter.

"Je suppose que cela nous concerne également ?" répondis-je, bien que j’étais presque certaine de connaître la réponse. Dans tous les cas, j’étais curieuse de savoir ce que le génie avait trouvé. C’était de toute manière mieux que rien.
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