[CLOS] Imparare e imparare di nuovo / Nikiya

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Dim 29 Jan 2017 - 14:34
Imparare e imparare di nuovo

Feat. Nikiya


A l’orée du mois de février les journées rallongeaient apportant un soulagement aux domestiques de la Villa Sofia. Le travail était moins pénible à la lumière du jour. Une douceur de la nature n'était d'ailleurs par surfaite. La cousine du Duc Lampeduza, était encore plus tyrant, que feu l'épouse de Monsieur. La dame avait un œil de faucon et nem manquait pas la moindre petite incartade. Un climat de peur et de tension en était née.

Depuis son installation, dans la demeure, deux palefreniers, une cuisinière, et trois hommes de main c'étaient vus remerciés pour leur service. Pareil remanient n'avait eu lieu depuis prés de vingt ans. Les moins dociles affirmaient que ce scorpion profitait éhontement de l'absence du maître pour faire sa loi. Une prise de pouvoir qui était regardée avec un mélange d'appréhension et de curiosité.

Un seul homme restait calme face au changement. Monsieur Pelletier dit le Français, homme de confiance de Strega. Le seul détenteur de la stricte vérité. Madame était toujours madame. Elle avait changé de corps et avec lui changé d'état d'esprit. La réincarnation était un renouveau qui réclamait son lot de bouleversement. Maurice, en grand pragmatique, accompagnait la révolution personnelle de son employeur. Il tenait l'équipe et désamorçait tout désir de rebellion. Il avait cependant plus de mal, à trouver son rôle, auprès des invitées de Madame.

Madame Natalia Lampeduza ne se levait très tôt. Généralement, à l'aube, un son guttural résonnait dans le fond de la chambre à coucher. Elle prenait ensuite un petit-déjeuner dans l'un des petit salons de l'aile est. Elle se rendait au chenil pour vérifier l'état de la meute. Enfin elle gagnait l'ancien atelier de travail de la Duchesse jusqu'à ce que Miss Hoffmeister vienne la retrouver pour sa formation. Ils en étaient à attendre la jeune femme quand la Sorcière donna ses dernière indication pour la journée.

Il nous faudra commencer à préparer le retour du Duc. Trouvez une date qui convienne à Silvio. Les autres s'en accommodation. Tout en parlant madame continuait de parapher un document pour l'opéra de la ville. Que Nikiya soit dans la bibliothèque. Dans dix minutes.

Pendant la première semaine de formation de la danseuse Nikolas avait exigé des choses simples. Principalement des lectures, afin que la jeune femme se familiarise avec les matières auxquelles elle allait toucher. C'était également un moyen de jauger le tempérament de l'apprentie, son assiduité, sa capacité à se concentrer, à mémoriser. Etant sous le toit de Strega la belle n'avait plus aucun accès à ses dons. Elle ne pouvait donc plus compter que sur ses ressources les plus basiques. Mais, avec cette contrainte venait aussi le soulagement des maux physiques.

La bibliothèque était une pièce agréable à vivre. Prés de cinq milles ouvrages y étaient indexés. Pour la partie du fonds qui était visible aux visiteurs. Ce matin-à Nikolas avait avec elle la clé d'une réserve particulière. Celle-ci contenait des livres de nature moins convenue sur des sciences plus ou moins acceptées par les sociétés modernes. La dame revint dans la pièce principale avec trois ouvrages. Elle les déposa sur un large établi de bois.
Bonjour Charlotte. Où en sont vos lectures ? Sept mots qui sonnaient comme un rituel, tant ils se répétaient chaque matin depuis une semaine.

La maîtresse de la Villa se tenait informée sur absolument tout ce qui se passait sous son toit. Elle connaissait chaque choses que l'Etoile faisait en dehors de leur session de travail. Elle savait même à quelle heure celle-ci s'endormait.

Veuillez allumé l'encen qui se trouve dans l'encensoir. Ennoncez les éléments qui le compose. Les exercices sensoriels étaient, réguliers, nombreux, indispensables. Une bonne sorcière devait être capable de connaître la composition de chacun de ses outils. Chaque plante avait un nom et une fonction. Ce n'était qu'en connaissant la nature que l'on parvenait ensuite à la manipuler.

Strega
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Ven 10 Fév 2017 - 23:32
La vie à la villa était salutaire pour l'étoile. Retirée du monde, elle avait eu à prendre cette décision, l'une des plus difficiles de sa vie. Mais nécessaire.

Le soleil paraissait à l'horizon. Pâle et froid. S'extirpant difficilement d'une nappe de nuage qui s'était formée pendant la nuit.
Les premières heures du jour étaient encore bien fraîches, l'hiver ne touchait pas tout à fait à sa fin, pourtant, la danseuse était venue prendre son déjeuner sous la verrière, enroulée dans un plaid de cachemire et une tasse de thé brûlante entre les mains. Une domestique ne tarderait pas à lui apporter quelque chose d'un peu plus consistant. Elle poserait un plateau sur la petite table avant de se retirer sans un bruit. C'était une sorte de rituel.

La verrière du jardin d'hiver donnait sur le parc encore endormi. Le silence de la nature à cette heure était propice à la réflexion et Lotte laissait son esprit vagabonder au gré de ses pensées.
Elle s'habituait peu à peu aux bouleversements qui avaient agités sa vie dernièrement. La défaillance prématurée de son corps avait précipité sa décision, et scellée le pacte le soir même de la représentation qui marquait probablement la fin de sa carrière. Une semaine était un court temps d'adaptation et pourtant, il lui paraîssait qu'elle avait quitté le monde depuis des mois...

Le souvenir de sa dernière représentation lui revenait souvent. Elle aurait désiré une autre issue. Moins théâtrale. Elle l'avait su avant même d'entrer sur scène, qu'elle n'irait pas jusqu'aux saluts.
La peur au ventre, elle avait tenté de faire ses aux revoirs avant de partir. Elle en avait été incapable. Elle voulait croire qu'elle pourrait le faire plus tard, juste après le tombé du rideau. Elle repensait souvent au message qu'elle avait laissé à Miranda, elle aurait voulu pouvoir lui expliquer les raisons de son acte. Qu'avait-elle pensé de ne la voir à la sortie ? Elle regrettait également de ne pas avoir laissé de message sur le repondeur de Dahlia...
Mais elle devait chasser ces regrets, il était maintenant trop tard pour tout cela. Sa chute avant la fin de sa dernière variation l'en avait privé.
Trahie par son propre corps... Elle s'était effondrée en même temps que l'héroïne éponyme du ballet pour lequel elle dansait. La belle ironie.
Lotte avait pourtant tenté de repousser la douleur jusqu'à la fin de l'acte, mais dans une dernière pirouette, la fulgurance de son mal lui avait fait perdre connaissance. Le corps de la célèbre ballerine avait durement rencontré le sol dans un bruit mat. Dans une exclamations générale on avait baissé le rideau dans la précipitation. Du reste, Lotte n'avait que des souvenirs éparses.
Elle se remémorait à peine d'avoir été délesté de son costume, rhabillée, raccompagnée vers la sortie des artistes, elle tenait à peine sur ses jambes mais était soutenu par un homme, tout vêtu de noir, qu'elle ne connaissait pas. Trop faible pour protester. Sa main, dans la poche de son manteau était tombé sur son portable. A l'aveugle, elle avait réussi à composer le numéro d'urgence d'Arkadia. Mais avait fait le choix d'abandonner son téléphone derrière elle, de peur que la Duchesse ne découvre sa tentative. Elle ne pouvait laisser transparaître aucun signe d'hésitation.

Lotte n'avait aucun autre souvenir de son arrivée à la villa Sofia.
Elle avait ouvert les yeux, apaisée et reposée, allongée dans un grand lit aux draps frais. La chambre était éclairée d'une douce lumière passant au travers des voilages de coton et illuminant une tapisserie de soie, dans des tons rose et crèmes un peu passés.
Pendant de longues minutes, elle avait étudié le silence parfait qui régnait en elle. Elle entendait à peine son coeur battre dans sa poitrine, sa respiration n'était qu'un souffle discret, du reste, tout était silencieux. La douleur également s'était tue. Presque constante ces derniers temps, elle avait maintenant entièrement disparue. Elle n'avait eu, à ce moment, plus aucun doute de où elle se trouvait. Sa nouvelle vie commençait.

*

Le temps de la convalescence passée, les journées étaient à présent rythmées par l'emploi du temps qu'avait imposé celle qui se faisait dorénavant appeler Natalia Lampeduza et Lotte le suivait avec une discipline exemplaire qu'elle avait hérité de sa jeunesse.
Elle se levait généralement à l'aube, effectuait quelques exercices d'assouplissement avant de se préparer, petit déjeunait seule, souvent sous la verrière du jardin d'hiver, malgré le froid glacial qui pouvait y régner, puis allait rejoindre la Duchesse là où elle attendait, c'était à dire, le plus souvent dans la bibliothèque. Là, l'aînée dispensait pendand plusieurs heures d'affilées son savoir. Les leçons prenaient fin avec l'après-midi et la soirée lui était laissée libre, à la seule exception qu'elle devait aménager son temps pour s'acquitter des lectures demandées par la sorcière. Du reste, l'apprenti était seule. Le personnel de la maison, silencieux, la servait avec déférence, accédait à la moindre de ses demandes et répondaient poliment aux questions qu'elle pouvait poser, mais ne laissait jamais passer un mot qui n'aurait été strictement nécessaire.

Les premiers jours, Lotte s'était appliquée à découvrir le domaine. Elle n'avait jamais cherché à forcer une porte fermée, mais il fallait reconnaître qu'il y en avait peu. Elle avait trouvé plusieurs salons, chambres et boudoirs peu utilisés. La villa était immense mais manquait cruellement de vie. Aussi, et parce qu'elle n'avais jamais su faire autrement, Lotte avait aménagé un coin dans une pièce presque vide, ou le plancher souple lui avait paru propice et s'entraînait à la danse plusieurs heures par jour, après ses leçons. Les sensations étaient nouvelles et elle avait l'impression de devoir tout réapprendre, mais elle ne pouvait faire autrement.
Une soir, elle avait été surprise dans ses exercices quotidiens par le majordome de la duchesse. Peunaude et persuadée qu'elle ne pourrait continuer, elle allait préparer une excuse mais le Français l'avait devancé en lui assurant qu'il lui ferait aménager une pièce si elle le désirait. La jeune femme, un peu surprise, avait approuvé du chef et remercié l'homme à mi-voix.

La danseuse terminait généralement sa soirée avec un repas, servi où elle me désirait, au salon, à la cuisine ou parfois même dans sa chambre, puis, elle se retirait avec ses lectures avant de bien souvent s'endormir d'épuisement.
Le réveil sonnait, et une nouvelle journée commençait.

Ce matin là, la duchesse fit appeler Nikiya dans la bibliothèque. Cette dernière s'y était rendue sans tarder, abandonnant ces pensées et ce qu'elle n'avait mangé.
En entrant, elle avait salué Strega avec respect. Cette dernière l'avait accueilli avec les mêmes mots que tous les autres matins et comme tous les autres matin, Lotte avait répondu par un :

-Bien. Docile, mais vague.

Elle s'exécutaient ensuite, allumant l'encens tout en humant l'air. Elle avait fermé les yeux, faisant appel à une mémoire nouvelle.

-Sauge officinale, salvia officinalis ...Bois de cade, juniperus oxycedrus.. Camphre, cinnamomum camphora.. Et... Romarin verbenone ?

Elle hésita sur ce dernier point. Elle releva le regard vers la sorcière.
Elle passait beaucoup de temps dans les études confiées par la Duchesse, et si elle y mettait toujours beaucoup d'application, il arrivait, que, le temps que sa mémoire classe précieusement toutes ces informations dans les cases correspondante, que quelques détails se mélangent. Malgré cela, elle savait qu'elle n'avait d'autre choix qui d'être rigoureuse, elle avait tout quitté pour suivre la Lampeduza, c'était ce qu'elle voulait le plus et elle se donnait tous les moyens de parvenir à ses fins.

Nikiya
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Jeu 16 Fév 2017 - 16:28
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Feat. Nikiya


La dame inclina lentement le menton. La belle Lotte ne pouvait guère espérer davantage en encouragement. Madame Lampeduza était avare en douceur et en complésence. Elle était, à l'égal des rois et des reines, d'une grande exigence. Travailler avec elle n'était pas facile. Mais, quand une éléve réussissait son apprentissage elle était assurée d'être la meilleure. Strega était ainsi à l'origine des plus puissantes Sorcières de l'Histoire.

Dans toute l'Histoire l'Homme a fait des fumigations. Egyptiens, Mayas, Amériendiens, Européens, tous ont découverts et utilisé les huiles. Les rituels sont aussi vieux que la découverte du feu. Pourquoi ?

Nikolas passa devant l'établi de bois. Elle s'arrêta devant un premier bougeoir sur un meuble de rangement en chêne massif. Du fond de la gorge gracile retentit un son difficile à identifier. La mèche de la bougie s'embrasa timidement. La flamme s'éleva dans l'air odorant. La chaleur fit fondre de la cir blanche. Strega répéta le processus avec les douze bougies disposées dans la pièce. Elle ne montrait pas de signe de lassitude ou de distraction. Chacun de ses gestes était calme et précis. Elle activait des mécanismes invisibles. Ceux que les prodiges découvraient par erreur et maitrisait sans les comprendre.

Incensum. « Ce qui brûle ». Le feu est associé à la purification. La fumée en est l'expression. Elle est envoyée en hommage vers les divintés invoquées.

Dans la bibliothèque la lumière solaire décrue. Les flammes des bougies grandirent. Les différentes fragrances de l'encens montèrent dans l'air. Une fumée grise et acre dessina des volutes. La température monta de deux ou trois degrés sans aucune aide humaine. Strega indiqua à Nikiya d'approcher, jusqu'au centre, où le parquet en bois était dégagé. Elle la fit asseoir sur le sol en tailleur. Elles avaient succintement parlé de méditation la veille au soir. Mais Nikolas ne disait jamais clairement où elle voulait l'enmener. Charlotte devait toujours faire la moitié du chemin seule.

Les molécules odorantes restent intactes. Elles sont activées par la chaleur. Elles parviennent jusqu'au cerveau limbique. Elles agissent également sur la partie neurovétégative, ce qui détend le corps et l'esprit.

La dame, debout dans le dos de l'apprentie regarda la façon dont elle se positionnait naturellement. Chaque exercice imposé tendait à démontrer que l'être humain avait en lui les ressources pour le contrôle absolu de son enveloppe. Nikiya avait la capacité de développer son don et d'en détruire les effets néfastes.

Inspirez. Faites pénétrer la fumé dans vos poumons. Centrez-vous.

Les odeurs s'allièrent. Un léger courant d'air vint chatouiller la nuque de cette dernière. Elle pu sentir que le voile qui entourait son don se souleva délicatement. Une vibration douce et continue naître au creux de son ventre. Associer à un battement lent et profond, comme si la Terre était encore sous leurs pieds. L'Immortelle recula, dans le fond de la pièce, pour isoler la jeune femme avec elle-même.

L'effet somatique n'est qu'une première étape. Les huiles transforment les courants électriques de votre cerveau. Votre accuité va augmenter. A partir de maintenant, je veux que vous cessiez de rèfléchir, d'analyser.

Nikolas attrapa une bourse pour en verser le contenu dans sa paume. Elle leva sa peaume et souffla délicatement sur les graines de myrrhe. Celles-ci s'envolèrent le long d'un courant invisibles et formèrent des arabesques aériennes. Les effluves permettaient de détendre chaque muscle. Strega accompagna la méditation de Nikiya d'une chanson mystérieuse. Elle la guida lentement sur la voie de la transcendance. Elles arpentèrent ensemble l'un des mondes astrales. Sous leurs yeux apparurent différentes silhouettes.

Ceux sont les résidus d'âmes. Ecoutez.

Une foule sourde chuchotait. Il y avait des voix d'homme, de femme, d'enfants et ils parlaient dans toutes les langues. Ils revenaient de toutes les époques saluer la jeune apprentie à laquelle ils étaient tous reliés. Ils étaient ses ailleuls, ses proches, ses démons. Ils l'observaient avec curiosité. Ils n'avaient pas d'intentions claires envers cette nouvelle venue. La haute stature de Jao Wang était parmi eux. Lui, néanmoins, sortit de la foule pour parler avec la danseuse.

Ouliez-le. Oubliez Kim.

Une récitation plus vive envahie la pièce. La forme astrale de Cnossos gagna en ampleur. L'aura lumineuse força le Samouraï à battre en retraite. Il recula, pas après pas, sans quitter la mortelle des yeux. La paix revint parmi les esprits. Le danger était écarté par le pouvoir.

Soudain, un rire d'enfant raisonna dans la pièce jusqu'à ce qu'apparaisse une jolie petite fille aux cheveux d'or. Elle se fandille d'une petite révérence en soulevant sa chemise de nuit blanche et fixa sur Lotte ses grands yeux noirs et joyeux.

Sofia Lampeduza

- Bonjour Charlotte ! Tu viens jouer avec moi ?

La petite fille et tous les autres esprits disparurent d'un seul coup. Les esprits des deux magiciennes regagnèrent brutalement leur vaisseau charnel. La lumière électrique s'imposa dans la bibliothèque. L'exercice était terminé.

Analyse immédiate ? Tonna Strega d'une voix désincarnée.
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Mar 4 Avr 2017 - 0:12
La Duchesse de Lampeduza attendait de son apprentie des réponses claires et précises. Il n'y avait, dans l'art de la magie, de place pour l'approximation. Certes, l'erreur était tolérée, à condition qu'il ne se répète jamais, aussi, Lotte avait rapidement appris qu'elle n'avait d'autre alternative qu'une rigueur parfaite. Ce à quoi elle se pliait sans trop de difficultés. Stimulée par le désir d'apprendre et de progresser rapidement, l'ancienne étoile n'avait d'autre choix que donner le meilleur d'elle-même, et plus encore. Comme pour la danse, elle répétait, encore et encore, sans relâche jusqu'à ce que soit gravée en chacune de ses cellules ce qu'elle devait savoir. Nikiya avait eu cette éducation de ne jamais renoncer, de ne jamais cesser de chercher la perfection.

La jeune femme ne quittait pas sa maîtresse des yeux, tandis que celle-ci allumait une à une les bougies qui se trouvait dans la bibliothèque. Quelques mots à la puissance sous-estimé, murmuré pour faire embraser la mèche. L'antique prodige continuait la leçon avec cette régularité parfaite et Lotte s’imprégnait de chacun de mots, les gravaient de sa mémoire. Elle répondait comme elle récitait une leçon. Il y avait quelque chose de mécanique dans sa voix. De par cœur.

Grâce à l'intervention d'une force qui paraissait surnaturelle, la luminosité se fit plus faible dans la grande pièce, comme crépusculaire, en dépit de l'heure. La flammes des candélabres projetaient les ombres inquiétante de la sorcière et son élève sur les murs couverts de livres anciens. Lotte ignora la sensation de chaleur. Ses sens s'ouvrait peu à peu, dans les conditions propices créée par l'immortelle. La ballerine se laissa guider. Elle exécuta sans résistance aucune les mouvements induit par Nikolas et s'installa au centre de la pièce. Déjà, son esprit, sous les effets des fumées d'encens, commençait à s'ouvrir. Lotte avait une petite idée de ce qui allait se passer. Nikolas aimait toujours lui laisser entrevoir le chemin avant de l'y conduire. La voix de la Lampeduza se fit bientôt lointaine, mais toujours présente, distante mais gardant le contrôle.

Bientôt, la jeune élève pu sentir l'emprise du don de sa mentor s'estomper. La musique en son être se fit de plus en plus prégnante. Elle pouvait à présent sentir à nouveau chaque mécanisme de son organisme concourir à son bon fonctionnement. Elle sentait chaque stimuli électrique parcourir son système nerveux, elle sentait cette énergie différente que réveillait les pouvoirs de la nature.
Sous les indications de son instructrices, Lotte quitta les chemins classique de la réflexion et abandonna l'analyse pour plonger dans un état méditatif. Elle n'était plus qu'une respiration qui traversait un corps de chaire, un écho en phase avec celui du monde. La partie d'un tout qu'elle embrassait entièrement et avec lequel elle partageait ses énergie. Pourtant, peu à peu ce monde s'ouvrit encore un peu à un nouveau plan. Comme si un voile recouvrait le monde, un voile de plus en plus transparent et à travers duquel elle pouvait apercevoir un autre univers, limbique. Des silhouettes se dessinèrent, les détails apparaissait de plus en plus tangible. Strega était toujours là, elle pouvait saisir sa voix à travers le voile mais sa présence était de moins en moins forte.

Nikiya observait avec une curiosité réciproque les âmes, ou leur résidus, qui se rassemblait là. Elle avait l'impression de revoir des visages oubliés depuis longtemps, d'autre, elle ne les avait jamais oublié. Elle ne pensait plus. Elle ressentait exclusivement. La curiosité, la surprise, une fois de joie et de peur intense. Le Samouraï s'était découpé de la foule des âme et s'approchait. La peur la submergeait comme une vague, son cœur s'était emballé dans sa poitrine. Elle se savait assise en tailleur dans la bibliothèque, pourtant, elle était là, debout face à l'asiatique. Elle avait reculé d'un pas, elle se sentait comme piégée, mais la Sorcière ne tarda pas à intervenir et força l'image de Wang à reculer. Aussi, l'apprentie s’apaisa légèrement. Une nouvelle silhouette sortie de l'ensemble. Son rire avait résonné aux quatre coin de la pièce et une petite fille était venue se placer devant elle. Elle avait la beauté de l'innocence, la légèreté de l'enfance. Nikiya s'était comme sentie attirée par cette forme astrale. Elle avait eu envie de la suivre, mue par la curiosité, mais aussi par la paisibilité qui s'était installée en elle. Pourtant, elle n'eut pas le temps de lui répondre, qu'elle fut happée par la réalité, ramené dans la bibliothèque sans ménagement. L'autre côté s'effaçait déjà pour ne laisser que les deux femmes maintenant face à face dans la pièce sombre.

L'esprit de la jeune femme avait reprit le contrôle et analysa maintenant tout ce qu'elle venait de vivre, parallèlement à tous les sentiments qu'elle avait pu expérimenter et elle se retrouva submerger. Elle n'avait pas eu le temps de se relever, qu'elle avait chancelé. Elle se sentait mal et la voix de Cnossos était implacable. Elle devait répondre, mais elle avait besoin de quelques secondes encore pour reprendre ses esprits. Elle tremblait légèrement, la séance avait été des plus éprouvante et elle ne s'était pas sentie prête lorsque Nikolas avait écouter la communication. Lotte était déboussolée par ce retour brutal après ce premier voyage astral des plus éprouvants. Elle avait revu des proches perdus, dont elle avait presque oublié le visage après toutes ces années. Elle les revoyait maintenant parfaitement, des visages amis de disparus de ses années noires en France. Il y avait eu Jao, qui inconsciemment, la hantait. Et puis il y avait cette petite fille. Elle était la raison de l'interruption de la séance. Pourquoi ? Qui était cette enfant ?

D'une voix blanche, elle avait articulé quelques mots, relevant ses grands yeux de biches vers sa mentor :

-Je ne sais pas...


Brillait dans son regard une incompréhension, mais aussi un profond désir de retourner « là-bas ». Elle n'avait pas pour habitude de formuler ces mots.

-J'ai l'impression que tout ces gens étaient là pour moi. Elle eut un temps de réflexion. Sauf cette enfant. Qui était-ce ?
Nikiya
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Mer 19 Avr 2017 - 0:17
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La femme aux cheveux geais chuchota un autre mot d'une langue morte. Celle qui permettait de saisir les radiations de l'univers. La porte-fenêtre de l'atelier s'ouvrit en grand. Une gerbe de soleil surgit dans la pièce chassant le souvenir des spectres passés. L'air du grand jardin entra pour effacer toute trace odorante. La luminosité du soleil était de nouveau normale. Un calme relatif s'installa dans l'antre de Strega. Des piaillements d'oiseaux finirent par s'imposer et ranima la vie tout autour d'eux.

Là où la jeune femme montrait clairement des signes d'affaiblissement suite à l'exercice, sa préceptrice était fidèle à elle-même. A l'exception de l'émotion indescriptible qui peinait à disparaître de son regard noir, la dame dissimulait fort bien son trouble. Elle était intérieurement agitée par la vision. Pas préparée à cette douloureuse résurgence, Strega devait faire un effort de volonté, pour juguler une montée d'émotions personnelles.

Il s'agit de notre fille, Sofia. Nikolas était cependant certaine d'avoir exécuté le rituel correctement. L'enfant n'aurait pas dû être présente.

Nikolas devrait tirer au clair tout ceci. Mais, elle devait d'abord palier au plus pressé. Nikiya subissait le contrecoup de son initiation.

La dame retourna derrière la table. Il y avait encore une certaine raideur dans ses mouvements. L'esprit au travail pendant que les mains s'activaient de façon automatique. Elle attrapa différents sachet de tissu pour en extraire des plantes. Elle les passa au burin dans un bol, avant de mettre la mixture dans un verre et de la couvrir d'eau tiède. L'herboriste mélangea le tout d'une longue cuillère en argent pour créer une texture homogène. La boisson prit une teinte légèrement brune.

Votre capacité native a probablement intercédé et amplifié le champ pour me faire entrer Nikolas rejoignit la ballerine et s’accouple pour lui donner le verre. Buvez.

La boisson fraîche était un fortifiant accéléré. Une recette conçue il y a des centaines d'années par un groupe de sorcières mexicaines qui désiraient préserver leurs forces pour prolonger les sabbats. Nikolas profita de sa position pour étudier de fond des pupilles de la demoiselle avant de se redresser.

La famille Wang a trait à la sorcellerie depuis de nombreuses générations. Wang a dû lancer un sort à sa dépouille pour se protéger. Une part de son esprit doit se maintenir dans le plan astral où nous sommes allées. Nikolas se présenta sur le seuil de l'ouverture. Elle roula de la langue pour émettre un long sifflement strident. Vous venez de rencontrer ce que l'on nomme vulgairement des fantômes.

Dans le contre-jour une silhouette canine se dessina. Ce n'était pas le chien que la Duchesse prenait avec elle en temps ordinaire. Il s'agissait de l'un des rares mâles de la meute. Il était encore massif malgré son âge avancé. Le pelage gris foncé avait blanchie par endroit. Cependant, l'animal était visiblement en bonne santé et très bien traité. Il s'arrêta de lui même à un mettre du mur du côté extérieur de la villa.

Quelque soient vos intentions envers ce jeune Wang je ne saurais trop que vous conseiller d'écouter son père. Ensuite Strega darda ses yeux dans ceux de l'animal. Assures-toi que tout est encore en place. Fais vite.

La bête se mit sur pied et partit vers les frontières de la propriété des Lampeduza. Étant donné la taille de l'endroit une demie heure ne serait pas de trop pour parvenir au sud. Strega referma délicatement la fenêtre. Une ombre sur son front trahissait la présence de réflexions contrariantes. En effet, il était plus qu'inhabituel d'avoir coup sur coup la manifestation de deux esprits si différents. Or Strega connaissait bien trop les arcanes des sciences occultes pour envisager une coïncidence.

Une fois que l'on arpentes les voies de la connaissances on ne peut plus en sortir. De votre savoir dépendra souvent votre survie. C'est pour quoi il vous faut être assidue. Une leçon qui n'était jamais assez récitée.
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Dim 7 Mai 2017 - 12:47
Le retour brutal du soleil dans la bibliothèque força l'apprentie à détourner le regard le temps que sa rétine s'habitue au retour d'une franche luminosité. Désarçonnée, elle devait reprendre conscience du temps et de l'espace qui l'entourait.
Ses repaires avaient été éprouvé par cet effleurement avec l'autre monde. Elle devait s'ancrer à nouveau dans le présent, celui de la villa, de cette journée qui débutait à peine.
L'air qui s'engouffrait par la fenêtre ouverte chassait les dernières fumée d'encen en même temps que les réminiscences de l'au delà.

A la différence de l'apprentie, la maitresse ne montrait aucun signe de perturbation. Avec le même calme étrange, elle avait répondu à la question de son élève, un stoïcisme d'autant plus surprenant au regard de la nature de la réponse. Intriguée par ce détachement, Nikiya garda cependant pour elle ces interrogations, masqua sa surprise, fit taire sa curiosité mal venue et agit comme elle se devait de le faire, en maintenant l'apparence d'une neutralité parfaite. Pourtant, son esprit ne pouvait que s'interroger sur cette fille perdue, les raisons de son décès mais surtout les raisons de sa présence de l'autre côté du voile.

Si la duchesse observait la moindre contrariété vis à vis de cet apparition qui n'aurait dû être, elle n'en montrait rien.
Dans des gestes précis, qu'elle semblait connaître par coeur, elle avait utilisé plusieurs plantes à sa disposition pour concocter un remède qui permettrait à la jeune sorcière de reprendre des forces plus rapidement.
Drainée de son énergie, pâle, Lotte se tenait pourtant droite et fière. Même dans l'effort, même au bout de ses forces, jamais elle n'avait montré autre chose qu'un sourire resplendissant. En cela, la vie n'était pas différente de la scène, pleine de spectateurs devant lesquels on ne pouvait se permettre de montrer son vrai visage.

Aussi, la française écoutait sa préceptrice avec attention, assimilant chaque informations qui lui permettraient d'intégrer le processus de cette expérience. En dépit des paroles de la Duchesse, de la lumière et des bruits du printemps, Nikiya avait l'impression qu'une petite partie d'elle même était restée de l'autre côté du miroir, que quelque chose de terriblement attirant l'appelait à y retourner.
Le goût amer de la décoction que lui fit boire la Sorciere n'était rien en comparaison de l'amertume laissée sur sa langue par ce voyage aussi effrayant que captivant.

La potion fit son effet rapidement et combinée à son don de prodige, Lotte se sentait de nouveau fraîche et dispo. A vrai dire, elle ne s'était pas sentie aussi bien depuis très longtemps. Elle tentait de ne pas afficher cette satisfaction mais son oeil brillait d'un éclat nouveau.
En dépit des supposition de la Lampeduza sur Wang, elle n'avait plus peur de lui, en dépit de l'injonction qu'il avait faite et qui résonnait toujours dans son esprit.
L'étoile observa l'un des chiens de la duchesse entrer dans la pièce d'un pas velouté. Mais son attention se focalisa à nouveau sur sa mentor lorsqu'elle lui conseilla à son tour de suivre les conseils de l'âme du Samouraï. La jeune femme fronça légèrement des sourcils.

-Quelle est l'influence de ces fantôme sur notre monde ? Demanda l'élève non sans arrière pensée.

Il se passait quelque chose, Lotte n'était pas dupe. Strega donna se ordres et la lueur noir dans son regard ne prédisait rien se bon. Cependant, la française se contenta d'opigner du chef.

-Que se passe-t-il ? Se permit-elle finalement de demander.
Nikiya
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Lun 15 Mai 2017 - 15:11
Imparare e imparare di nuovo

Feat. Nikiya


Nikolas Lampeduza se détourna de la porte-fenêtre. Femme mince, de belle taille, avec des pommettes saillantes, elle dégageait une beauté froide. Il semblait que son caractère de glace déteignait dans cette apparence que certains nobles fantasmaient au plus secret de leurs rêves. Pareille à la pomme sacrée, à laquelle on aimerait goûter, mais dont on ne s’approche assez que pour en saisir le parfum. Qu’elle qu’eut été l’apparence de Strega, elle avait de tout temps suscité des passions inavouées et dangereuses pour les hommes de pouvoir Peut-être, la magie avait participé à élaborer la légende de cette créature féminine sans scrupule ?

Tout d'abord, il convient de définir ce que vous nommé notre "monde".

Leurs cours avaient déjà permis de concevoir la complexité du monde. Mais, seulement Lotte pouvait en saisir les aspérités. Nombres d'individus extraordinaires avaient essayé d'écrire à ce sujet. Mais l'Histoire les avaient oubliés. Seule une mémoire vive perdurait. Ceux d'entre eux, nommés les anciens, qui avaient connue la Terre en tant que globe, voyaient l'Archipel en reliquat d'un monde perdu. Ces monceaux flottants n'avaient rien à voir avec la grandeur d'antan. Selon toute vraisemblance cet ersatz vivait une lente et inévitable agonie.

Ce que vos sens vous indique n'est une petite part de ce que recolle le monde réel. La Duchesse parlait encore de façon sibylline. Une pédagogie qui favorisait analyses et critiques chez l'élève. Les fantômes sont le plus souvent des résurgences d'énergies. Ce que la religion nomme âme nous le nommons source d'énergie. Issue des mêmes mécanismes qui font naître les étoiles et les planètes. Son influence dépend de sa puissance. La puissance de l'âge et de ce qui la maintient active.

La théorie invoquée par madame Lampeduza était à la base d'un ancien et long débat scientifico-spirituel. Strega n'en prenait que la partie qui servait son discours. En pratiquant les sciences occultes, les sorciers ouvraient des voies qu'aucun scientifiques n'étaient encore disposés à accepter. Pourtant, cela faisait des siècles qu'ils interagissaient sans le savoir. Seuls quelques génies avaient eu assez d'audaces pour gommer l'opposition entre la science et la magie. La plupart d'entre eux avaient un jour attiré l'attention de Nikolas Cnossos.

Abandonnez les schémas de pensé inculqué par votre société. Ils on éronnés. La vérité est que tout est possible.

La demoiselle, jeune apprentie à l'esprit vif posa une question. Ces quelques mots allumèrent le regard de son aînée. La Duchesse alla jusqu'à l'une des bibliothèque de la pièce. Elle en tira un codex à la couverture tannée. Aucune inscription sur son dos ne permettait de connaître son titre. Sur la première page était écrit très sobrement : Récit de voyages. L'ouvrage fût placé sur la table à l'attention de l'apprentie.

Il est trop tôt pour le dire. La réponse n'appelait pas à discussion. Cependant, la dame de la villa choisie d'en dire plus. Les voiles que nous levons pour avancer dans d'autres strates ne se referment pas toujours. Il est aisé de manipuler et de contrôler la strate dans laquelle nous évoluons. Comme je le fais avec ces petits tours de passe-passe. Il l'est moins quand nous touchons aux mécanismes profonds de l'univers. Vous ne devez jamais penser que vous échapperez à une erreur, car alors vous en commettrez une. Et celle-ci pourrait avoir beaucoup plus de conséquences que de vous priver de votre vie.

Un aboiement se fit entendre. Il était long et plaintif. Un animal manifestait une souffrance. A peine fût il terminé que l'on frappa à la porte de l'atelier de la sorcière. Celle-ci se tourna vers la porte close sachant déjà que son homme de main apportait une mauvaise nouvelle. Strega ne prit pas la peine de répondre. Elle s'installa de nouveau derrière l'établi. Elle s'activait avec calme, semblant préparée à devoir réagir à ce qui se passait. Quelques soucis perduraient bien au delà des incarnations. Certains adversaires étaient impossibles à écarter très longtemps.

Nikiya, prenez le livre sur la table, allez reprendre des forces. Nous reprenons dans une heure. Il se pourrait que j'ai besoin de votre concours cette fois. Annonça la femme.

Le fait que la dame envisage la participation de Lotte à la protection de la villa dénotait combien la danseuse avait progressé.
Strega
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