[CLOS] L'erede della strega nera / Wairua

 :: Édimbourg :: Old Town :: Arthur's Seat Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Dim 8 Jan 2017 - 21:14
L'erede della strega nera

Feat. Wairua




Natalia Lampeduza



L'Aube éclairait l'horizon de ses premiers reflets par de là la ville et l'arche. La colline d’Édimbourg émergeait du brouillard dans ce décor citadin. Elle surplombait, du chateau, et toute la citée, impérieuse dans sa roche volcanique. La neige de la veille n'avait pas encore fondue. Elle étouffait tous les sons, de la course des renards, au grondement des moteurs hydrauliques. Une femme sortie de la brume du matin. Avec un long menteau d'hermine sur les épaules il n'était pas facile de voir sa silhouette.

De chaque côté de cette dame mystérieuse marchait un gigantesque canin. Ils avaient l'air musclés, féroces, et très protecteur. Hécate leur ayant fait faux bond. La nouvelle Duchesse Lampeduza c'était vue contrainte de sélectionner deux jeunes mâles de la meute afin d'assurer sa protection rapprocher. Les bêtes étaient encore fougueuses et seule une constante vigilance assurait leur obéissance. Ils s’arrêtèrent un mètre dans le dos de leur maîtresse et se mirent en posture de vigile.

Anima.

La voix de l'Immortelle, à l'image de toute son apparence était différente, de celle qu'elle avait eu pendant près de 60 ans. Elle était plus jeune, plus suave, envoûtante, comme le sifflement du cobra. Une peau neuve qui la rendait encore plus forte que en l'avait été la vieille Sicilienne. Elle dardait ses yeux sombres sur l'homme qui se faisait appeler Wairua par ses confrères. Un homme, la chose était rare, plus vieux que celle qui s'était adressée à lui. Camille était néanmoins affublé d'une depression qui le rendait faible et manipulable.

Vous avez mauvaise mine. Le tacla-t-elle avec froideur.

Cela sans chercher à dissimuler qu'elle savait ce part quoi il venait de passer. Il eu été difficile d'en être autrement avec les espions qu'elle avait placés autour du scientifique. Même sans cela, il lui aurait été impossible de manquer les perturbations provoquées par le Prodige, au cours des dernières semaines. Strega était intimement connectée au gène. Elle avait ainsi obtenu une information capitale pour ses projets. Le serum mit au point par sa rivale était imparfait. Kassianov était -en ce moment même- en train d'améliorer la formule.

Nikolas avait sérieusement envisagé de supprimé Camille. Ne serait-ce que pour sa propension à aider l'une de ses adversaires les plus coriaces. Cependant, cette pauvre âme lui serait toujours plus utile sous cette incarnation. La colère de la sorcière s'exprimerait donc au moment le plus opportun. Une fois qu'elle aurait en main ce qu'elle était venue chercher. Il était question de généalogique royale. Il était question de l'Histoire du royaume d'Angleterre.

L'un des héritiers directs du roi Henri VI se trouvait être également celui de la plus puissante des dynasties crétoise. Dans le secret de l'adultère, Strega avait naguère mis au monde une bâtarde. Malheureusement celle-ci s'était révélée faible et inutile. Mais de cette lignée de sangs royaux avait enfin de compte émergé un être hors du commun.
Un Magicien.

Eh bien ? L'avez-vous retrouvé ? Était-il parvenu à retrouvé la piste du prodige au delà du Protectorat de Caroline ?

Strega
Sphère Artistique
avatar

Messages : 258
Etat Civil : Mariée au Duc Lampeduza
Pouvoirs : Inibition du gène x chez autrui
Revenir en haut Aller en bas
Mar 10 Jan 2017 - 17:28



« What we do now echoes in eternity. »
Marcus Aurelius


Le changement d’altitude entre le centre d’Edimbourg et la colline d’Arthur’s seat ne fit rien pour améliorer la migraine lancinante qui ne me quittait plus depuis quelques jours. Je serrai cependant les dents, et avalai un énième antidouleur. Un médecin se serait certainement arracher les cheveux en voyant la quantité astronomique de médicaments que j’avais engloutis depuis quelques semaines, dans l’espoir de diminuer la sensation gueule de bois qui avait suivi l’essai du sérum. Pas toujours avec succès. Cependant, la fraîcheur de l’air ambiant aidait à me concentrer davantage, à défaut de réduire les maux de tête. Et le café que je tenais en main aidait également en ce sens.

Peu à peu, j’avais retrouvé un rythme de vie plus normale après la dernière crise. J’avais recommencé à travailler, un peu, mais mon apparence trahissait l’état dans lequel j’avais été durant plusieurs semaines. Je devais admettre que ce n’était pas beau à voir. J’avais beau avoir repris quelques couleurs, les traits de mon visage étaient tirés et fatigués à l’extrême. Mon manque de sommeil était évident, et la migraine n’arrangeait rien. Heureusement, l’inquiétude de mes collègues et des élèves n’allait pas jusqu’à surmonter l’espèce de respect effrayé qu’ils avaient à mon égard. Ou alors, ceux qui s’aventuraient à demander ce qui s’était passé recevaient une réponse vague. Généralement, l’excuse d’un virus qui m’avait cloué au lit.

Mais je ne doutais pas que certaines personnes aient fait le rapprochement entre mon absence et les étranges apparitions de l’automne. Et sans doute était-ce le cas de la femme que je rejoignis ce matin-là. Une parfaite étrangère, du moins en ce qui concernait son corps physique. Mais les détails du changement de corps de Strega ne m’intéressaient que moyennement, même si d’un certain côté, je ne pouvais m’empêcher de noter les différences avec ma propre manière de revenir à la vie. Encore et encore.

"Madame." répondis-je donc avec la politesse habituelle. Le corps était plus jeune, assurément. Mais l’aura était la même. Aussi, l’étrangeté de la situation passa assez rapidement. Comme en témoigna la remarque cinglante sur mon apparence. Je haussais les épaules, indifférent. "J’ai connu des jours meilleurs."

Elle savait. Pour le sérum, et le reste. Mais puisqu’elle n’aborda pas le sujet, j’en fis de même. Elle ne m’avait pas convoqué pour cela, après tout. Restait donc à savoir ce qui se tramait dans sa tête, et pourquoi elle continuait malgré tout à demander mes services. Même si, de mon côté, les deux travaux n’étaient pas incompatibles du fait de ma neutralité, je pouvais concevoir que cela ne plairait pas à l’ancienne Duchesse. Cela n’avait pas plu à Sveda, en tous cas. La perspective d’une vengeance n’était pas à exclure, mais pour être honnête, et comme pour tout le reste, cela m’importait peu. Du moins, dans certaines limites qu’il me faudrait sans doute préciser.

Peut-être n’étais-je pas dans ma meilleure forme, et qu’il en fallait désormais beaucoup pour me sortir de mon indifférence, mais personne n’avait jamais gagné à s’attirer mes foudres.

Je plissai les yeux alors que la douleur s’était focalisée à l’avant de mon crâne, et bus une nouvelle gorgée de café, laissant la question de « Natalia » sans réponse durant quelques instants de silence.

"Votre homme était déterminé à ne pas être localisé." commentai-je finalement. "Il a mis beaucoup d’efforts en ce sens, et ça n’a pas été facile d’endormir sa méfiance. Cependant, il n’a pas mes moyens. Ni l’avantage de l’âge."

Je m’interrompis pour remettre mon écharpe, alors que le froid mordant s’infiltrait jusque dans mes os. Cela ne me dérangeait pas, je m’étais habitué à bien pire. Et à ne plus prendre autant soin de ce corps qu’auparavant. Je fixais ensuite la ville qui s’étendait à nos pieds et qui semblait si petite et vulnérable.

"Je sais où il se trouve." lâchai-je finalement. Je me tournai enfin vers mon interlocutrice pour la fixer de mon regard froid. "Mais inutile d’envoyer vos sbires. Il se trouve dans l’un de mes domaines privés, sous ma surveillance."

Je laissais ensuite le silence faire son œuvre, reprenant un peu de café. Les siècles et les voyages m’avaient laissé dans les petits papiers de nombreuses personnes autour du monde. Et je savais me montrer persuasif, ou du moins, en donner l’illusion pour convaincre même les plus récalcitrants à me suivre de leur plein gré. L’homme attendait donc quelque part dans le monde, et demeurait ainsi en quelque sorte mon invité. Jusqu’à ce que j’en décide autrement. Je pouvais le remettre à Strega, le relâcher dans la nature, ou le tuer. Mais il devait être clair pour mon interlocutrice que je n’étais pas prêt à révéler son emplacement. Du moins, pas tout de suite.

"Comment a réagi le Duc ?" demandai-je avec calme tout en fixant à nouveau la ville d’un air absent. Pas besoin d’être devin pour deviner la réponse. Néanmoins, cette question rhétorique avait le mérite de montrer que, si mon corps était affaibli, je n’en restais pas moins une personne qu’il ne fallait pas prendre à la légère. Même venant de la part d’une sorcière.
Wairua
Sphère Savoir
avatar

Messages : 133
Etat Civil : Veuf
Pouvoirs : Réincarnation, illusions, prédictions
Revenir en haut Aller en bas
Sam 14 Jan 2017 - 23:16
L'erede della strega nera

Feat. Wairua


Natalia Lampeduza restait cachée dans l'Ombre depuis sa naissance. Elle n'avait fait aucune apparition publique, absente même à son propre enterrement. La clandestinité lui donnait plus de marge de manœuvre. Les Ombreuses, là était le nom donné aux membres les plus fidèles de l'Ordre agissaient pour elle et en son nom. Sans qu'il n'y prenne garde le pouvoir politique de l'Arche tombait sous sa coupe machiavélique. La première étape d'un projet à la mesure de sa grandeur ancestrale.

Les difficultés du professeur n'avaient aucun impact sur la femme qui avait requit ses services. Si ce n'était qu'elles lui faisait remettre en question sa capacité à remplir la mission qu'il lui avait été confiée. Or la Duchesse n'admettrait aucun retard dans ses plans. Elle s'était fixée une date. Celle du retour de Vito Lampeduza à Edembourg. Celui-ci devait avoir lieu dans quelques semaines à peine. Le temps pressait.

C'est la raison pour laquelle vous avez été recruté Wintertowne. Rétorqua la Sorcière.

La nouvelle de la captivité du Prodige mit un froid dans une conversation qui était déjà aux limites de l’Antarctique. Wairua se révélait ainsi moins flexible qu'il voulait le faire croire. Nikolas le connaissait suffisamment pour savoir qu'il avait envie de négocier. Elle s'abstint donc de réclamer la moindre information, lui donnant ainsi l'illusion, de contrôler la situation. Elle lui renvoya un regard méfiant avant de l'ignorer. Il lui donnerait ce qu'elle voulait. Dut-elle pour cela l'enfermer dans la folie qu'il redoutait tant.

D'un mouvement lent la Réincarnée se posta à la droite de l'Ame et contempla la capitale avec lui. Un homme, une femme, qui n'avaient plus ni âge, ni passion. Ils étaient plus semblables qu'ils en le reconnaîtraient jamais. Pourtant, à force de trop vivre, chacun avait embrassé la voie de l'Obscure et de innommable. Il n'y avait pas de rédemption pour ces êtres. Il n'y avait pas non plus l'échappatoire de la mort. Mais, il y avait le pouvoir, l'intrigue, le danger, tout ce qui pouvait nourrir un esprit millénaire.

Comment a réagit Tohum ? Lui renvoya-t-elle sans un regard.

Catherine Kent était une épine dont Strega cherchait à se débarrassée depuis plus de cinq siècles. Plus d'une fois elle avait été proche de réussir. Mais la nomade avait assez de soutiens pour lui être inaccessible. Le dernier en date était l'un des plus contrariant. Un Immortel prit de remord. La pire espèce qui soit. Seulement, en décidant de rester sur cette île et de se sédentariser, la rose faisait une erreur stratégique. Ses anges gardiens périraient jusqu'à ce qu'elle se retrouve seule, isolée, vulnérable. Une fois Sveda aux Cieux Nikolas pourrait enfin se concentrer sur la dernière de ses ennemies Marisa. Avant cela, elle devait mettre la main sur son -unique- descendant.

Mon équipe est plus au point que la sienne. Vous pourriez obtenir ce que vous voulez. Elle le lui souligna d'une voix moins cassante.

Le ton de la négociation était froid mais retrouva une sorte de cordialité. La dame aimait maintenir les usages et les bonnes manières. Le savoir-vivre faisait partie de ces éléments qui les retenaient dans le monde présent. Elle serait d'autant plus disposée à faire un effort si cela lui permettait d'avoir la tête de la scientifique sur un plateau. Les yeux rivés sur la tour du chateau, un sourire sadique lui vint à la pensée de sa future victoire.
Strega
Sphère Artistique
avatar

Messages : 258
Etat Civil : Mariée au Duc Lampeduza
Pouvoirs : Inibition du gène x chez autrui
Revenir en haut Aller en bas
Dim 22 Jan 2017 - 20:10
Ignorant le mécontentement de la nouvelle forme qu'avait adoptée Strega, je continuais mon rapport. Si le fait que je détenais l'homme recherché la surprit, elle ne le montra pas outre mesure. La raison pour laquelle j'avais été engagé, comme elle venait de le signaler avec peu de délicatesse, surpassait-elle les risques encourus ? Car, même si j'avais établi ma neutralité dès le début de cette affaire, feu la Duchesse Lampeduza ne pouvait ignorer les liens que j'avais eus et avais encore avec bon nombre de ses ennemis. À quoi avait-elle donc pensé en faisant appel à mes services ? Je m'interrogeais.

Mais sans doute était-ce ma faute. Comme l'avait répété Tohum, puis Sahar. La neutralité était une illusion, surtout dans le cas présent. J'aurais dû me montrer moins naïf, car il était évident que tout cela n'allait pas se terminer au mieux. Bien sûr que j'étais responsable, une nouvelle fois. Un autre poids en plus sur ma conscience. Alors, si je ne pouvais pas rester en dehors de tout cela, et qu'on me forçait à prendre parti, alors je le ferais. Même si cela ne faisait qu'accentuer plus dangereusement ma fatigue. On ne me laissait tout simplement pas le choix.

La répartie ne tarda pas lorsque je mentionnais le Duc, et malgré moi, je laissais échapper un petit rire, amusé et sinistre. Une fois calmé, je plantai mon regard sur Natalia Lampeduza.

"Voilà ce dont il est réellement question, n'est-ce pas ?" J'esquissai un vague sourire, avant de fixer à nouveau la ville. "Au-delà des différences pratiques de nos réincarnations, je vois aussi une manière différente de les concevoir. Voyez-vous Duchesse, lorsque je quitte une vie, je laisse tout derrière moi. J'ai appris depuis longtemps qu'il est vain de s'attacher. Tout est si éphémère dans l'existence, vous, moi, cette ville, Vito Lampeduza... Aussi, je sais quelles souffrances s'accompagnent d'une vie éternelle, et je ne souhaiterais jamais cela à un être aimé. Mais, si tel est malgré tout votre stupide désir, alors ainsi soit-il."

Le visage de ma femme me revint en mémoire, et je fermais un instant les yeux. Non, même à elle que j'avais aimé plus que tout, je n'aurais voulu la garder éternellement avec moi. Tout avait une fin, n'était-ce pas cela qui faisait la beauté de toute chose ? Et cette existence infinie, qui se transformait en souffrance infinie, pouvais-je la souhaiter ne serait-ce qu'à mon pire ennemi ? Non...

Le ton de la sorcière se fit moins rude, et une nouvelle fois, je ris, plus doucement cette fois, alors que ma migraine eut un regain de violence.

"Ce que je veux ? Je doute que vous puissiez réaliser ce que je souhaite, au plus profond de moi. Je doute que quiconque le puisse..." La paix, qu'on me laisse tranquille, loin de toutes ces histoires. Mais non, ce n'était pas possible. La mort de Natacha venait le confirmer. Et même le repos éternel m'était défendu. Cependant, même si je devais sombrer, je pouvais encore faire quelque chose pour limiter au mieux les dégâts. "Votre équipe ? Vous voulez dire, feu Mr. Wang et cet incompétent de Kassianov ? Ne me faites pas davantage affront. Celui qu'il vous faut pour obtenir les meilleurs résultats le plus rapidement, c'est moi."

L'âge et l'expérience, n'était-ce par pour cela que j'avais été contacté ? J'avais même servi de cobbaye, certes de manière infructueuse, mais c'était des données qu'il n'en restait pas moins précieuses. Et personne ne pouvait égaler un savoir de 4000 ans. Sveda ne me le pardonnerait sans doute pas, mais c'était tout ce que je pouvais faire. Peut-être finirait-elle par comprendre, avec son grand coeur et sa bienveillance. Peut-être.

"Je veux que vous laissiez les enfants en dehors de cela." finis-je par dire, plus sérieux que jamais. ""Ceux de Sveda, ainsi que ceux de la Potential Home. Ils n'ont pas à subir les conséquences de nos querelles." J'inspirais profondément, affichant une légère grimace de douleur avant de reprendre une expression plus morne. "S'il leur arrive quelque chose, votre homme perdra une main, sa langue, ou sa tête, selon ce qui vous intéresse chez lui. Ou alors, peut-être a-t-il des révélations à me faire sur vous ?" Je m'interrompis quelques instants pour la fixer dans les yeux. "Et n'oubliez jamais ceci : vous pouvez me torturer, tuer tous ceux auxquels je tiens ; je reviendrai toujours. Je ne suis peut-être pas au meilleur de ma forme, mais contrairement à vous, il n'existe aucun moyen de me neutraliser totalement. Et je sais être patient, s'il le faut. Dussé-je attendre plusieurs vies avant de pouvoir me venger. Vous ne me voulez donc pas comme ennemi, Madame Lampeduza..."

Je laissais le silence qui suivit accentuer ces dernières paroles, avant de tendre une main à la sorcière.

"Leur protection -et cela inclut votre précieux Ordre ainsi que tous vos alliés-, en échange de votre homme et de mes services pour une durée illimitée. Est-ce que cela vous convient, Madame ?"
Wairua
Sphère Savoir
avatar

Messages : 133
Etat Civil : Veuf
Pouvoirs : Réincarnation, illusions, prédictions
Revenir en haut Aller en bas
Dim 29 Jan 2017 - 14:17
L'erede della strega nera

Feat. Wairua


La nostalgie placée en filigramme dans l'argumentation d'Anima la déservait. Il trahissait ainsi la seule véritable faiblesse que les êtres humains en pouvaient faire disparaître. Strega, elle même n'y était parvenue malgré une forte capacité à désacraliser les émotions humaines. Car oui, à force de vivre sans fin tout devenait terne.

Des propos ironique venant d'un homme qui vie entouré de ses fantômes. Nikolas esquissa un sourire malin, démontrant toute sa connaissance, de l'état dans lequel se trouvait le Prodige. L'éternité ne peut se vivre seule. Ne pas l'accepter, c'est cela qui est stupide.

Le rire perça une fois encore dans la fraîcheur matinale. Un son qui sonnait faux. Une piètre armure contre des vérités impossibles à ignorer. La dame réincarnée semblait beaucoup moins percluse par les émotions parasite. Aucun souci moral en venait perturber ses idées. Elle était libre, plus libre que son interlocuteur.

Mmm. Mourir.

Certes, la Sorcière n'appréciait pas l'effronterie de son confrère. Cependant, elle ne le contredit pas, trop lucide, pour mentir. Wintertowne était l'un des meilleurs dans son domaine. Il surpassait Kent. Il était encore loin devant le Russe. Les compétences de cet homme feraient gagner des mois aux recherches. Ce que Tohum avait comprit elle aussi. Avoir une telle personne ressource, dans l'équipe, était une opportunité à ne pas manquer. Natalia chercha donc un recourt pour obtenir ce savoir.

La négociation changea donc de niveau. Strega voyait son intérêt propre à écouter les récriminations du scientifique. Elle n'avait cure de la colère, ou d'une prétendue éthique, dévoilées par Wairua. Aucun raisonnement ne pouvait faire défaillir le système de pensée de avec lequel la dame survivait depuis l'Antiquité. Les Tyrans, les Lumières, les extrémistes religieux, tous étaient appelés à disparaître un jour, quand elle demeurait. Là était la règle.

La menace -directe- à l'encontre de sa personne tira cette fois, un rire cynique à Strega.

Dans ce cas employez mon véritable nom.

Le pacte atemporel et tacite ne pouvait se faire autrement. Lampeduza, était le nom d'emprunt. Un nom d'une vie, d'un amour, d'un projet. Il perdurait sans la Sorcière. Tandis que “Cnossos” était le nom de naissance. Le nom, de la fille d'un roi, qui avait tué son père de sang froid. Si Camille voulait réellement établir une guerre froide, entre eux, il devait lui aussi se souvenir de qui était la personne face à lui. Car si l'un était prêt à patienter jusqu'à la fin des temps, l'autre aussi.

Je veux l'exclusivité de vos compétences. Là était la condition de la Sorcière.

Anima ne pouvait désormais plus jouer à double-face. Soit il choisissait un camp. Soit il payerait les conséquences d'une trahison. La Sorcière antique approcha sa main, attendant un oui, avant d'achever son geste. Une fois, l'engagement sellé, ils conviendraient des détails pour mettre en place la première partie de ce diabolique marché.
Strega
Sphère Artistique
avatar

Messages : 258
Etat Civil : Mariée au Duc Lampeduza
Pouvoirs : Inibition du gène x chez autrui
Revenir en haut Aller en bas
Sam 4 Fév 2017 - 18:35
Discuter était inutile. Nos points de vue étaient radicalement opposés, et, autant dire qu’à notre âge, il était difficile de nous faire changer d’avis. Cependant, même en constatant à quel point mon interlocutrice était insensible à mes paroles, énoncer mon opinion et mes idées à voix haute était cathartique. Et avant ce qui allait suivre, autant que les choses soient bien au clair. Cela m’éviterait ensuite de me répéter, car j’avais le sentiment que je n’allais plus avoir à m’exprimer autant par la suite. Et mon instinct a souvent raison.

Un simple haussement d’épaule vint répondre à la remarque de la Duchesse sur mes illusions. Bien sûr qu’elle savait, le contraire aurait été étonnant. Et bien sûr, c’était un peu l’hôpital qui se fichait de la charité, comme souvent avec moi.

"J’ai bien conscience qu’il s’agit de fantômes, rien de plus. Je me demande comment vous réagiriez, si le Duc venait à mourir, malgré tous vos efforts… Seriez-vous capable de ressentir la tristesse ? La culpabilité ? Comment votre deuil s’exprimerait-il ? Je serais curieux de le savoir…" Ce n’était pas une menace, mais une pensée énoncée à voix haute. Car, si mes illusions avaient parfois un caractère rassurant, elles avaient également un rôle de douloureux rappel. Des êtres perdus à jamais, et parfois par ma faute. Difficile cependant d’imaginer Strega vivre cela de la même manière que moi. "Une vie, même éternelle, est faite de cycles. De renaissance, de mort, puis de recommencement. Et la solitude en fait partie. Autant l’accepter."

Même si ça ne rendait pas le tout moins douloureux. Ainsi avais-je passé les âges. Parfois entouré, parfois seul. Et j’avais pu constater que rien dans ce monde, pas même nous, n’était constant. Chaque vie était différente, une nouvelle opportunité à saisir. Et c’était cela qui rendait cette longue existence supportable. La liberté de ne pas être enfermé dans le même schéma, encore et encore. Je serais devenu fou bien plus rapidement. Il avait donc toujours été clair que je ne pouvais pas vivre avec les mêmes personnes à chaque existence. Cela ne semblait pas naturel. Comme si l’éternité avait ses limites. Mais, quoi qu’il en soit, cela ne servait certainement à rien de tergiverser sur ce sujet.

Nos différences de vision me firent cependant rire jaune, alors que la dame prétendait pouvoir réaliser mes souhaits. C’était un dilemme dont moi-même je n’avais pas la réponse avec certitude.

"Peut-être…" Je fermais les yeux un instant. Était-ce aussi simple ? Les siècles m’avaient appris à en douter. La mort n’était pas toujours une solution.

J’en vins ensuite aux faits, exprimant une nouvelle fois clairement ma pensée, puisque c’était nécessaire pour le marché que je lui proposais. Mes recherches, contre une protection. Ce fut au tour de la dame de laisser échapper un rire cynique, qui ne modifia cependant pas mon expression neutre. Si ce n’est, pour l’assombrir encore plus.

"Très bien, Cnossos. Et vous connaissez le mien."

Ma main restait tendue, impassible, attendant la conclusion de cet accord. Si elle le voulait aussi solennel, alors ainsi soit-il. Je n’avais de toute manière pas mon mot à dire. Et cela m’importait peu.

"Soit." Je pris donc sa main pour la serrer, tout en la fixant dans les yeux. "J’attendrai vos conditions exactes concernant ma part de ce contrat. Les miennes sont assez claires, je crois ?"

Concernant la suite, une chose me semblait au moins certaine : choisir cette solution ne se ferait pas sans conséquences. Mais je m’y étais préparé, et étais prêt à les assumer pleinement. Perdre de mon humanité aurait au moins cet avantage : je n’en souffrirais que moins de toutes ces choses futiles qui embarrassent ceux qui ont encore le courage d’avoir un cœur. Et je savais que je n’avais plus ce courage. Je l’avais dit à Sveda, et si elle avait réussi à me redonner un peu d’espoir, la chute n’en avait été que plus douloureuse. Aussi, cette solution conviendrait mieux à tout le monde. Même si cela ne se ferait pas sans heurts.
Wairua
Sphère Savoir
avatar

Messages : 133
Etat Civil : Veuf
Pouvoirs : Réincarnation, illusions, prédictions
Revenir en haut Aller en bas
Lun 6 Fév 2017 - 16:21

L'erede della strega nera

Feat. Wairua


La suggestion, quant à laquelle Vito Lampeduza viendrait à mourir un jour, réussie à ramener la femme à une émotion. Un déni profond entravait le sens critique de la dame sur ce sujet. Elle rencontrait, en cet individu, l'exception. Le Duc et ce qu'il représentait dans cette vie, permettait à Nikolas de ne pas oublier ce que signifiait être humain. Il était un garde fou. Sa disparition n'était donc pas à souhaiter. La question de Wairua raviva une douleur que la Sorcière avait emporté avec elle dans ce corps. Une douleur, qui tel un monstre, restait dissimulée dans un recoin d'âme malade.

Je vous engagerais donc à suivre vos propres conseils. Laissez donc cette pauvre Johanna en paix.

Un silence froid recueilli le rire du fou. La femme prés de lui ne voyait rien de risible à la mort. La mort était respectable. Nikolas la tenait en haute estime. Le rapport qu'elle avait par rapport à elle était complexe mais toujours teinté d'une secrète fascination. Strega l'avait longuement étudiée par les sciences occultes ou non. Jamais, elle n'avait tué un être gratuitement. Le goût du pouvoir se trouvait au-delas de la mort.

En effet. L’œil de la Sorcière se fit plus sombre et impénétrable. Mon homme de main vous les fera parvenir sous peu.

L'inflexion dans la voix de la femme incita les bêtes à quitter leurs postes. Les deux canins furent aux pieds de Strega en quelques foulées. Celle-ci posa une main calme sur le crâne du plus jeune d'entre eux. Un geste à la fois d'une grande élégance et d'une forte autorité. Les chiens fixaient le nomade avec acuité mais sans vouloir en faire leur déjeuner.

Recouvrez vos forces. Faites vos adieux à tout vos fantômes. Ensuite, nous reprendrons ce travail.

Ainsi les trois gardiens des forces obscures se détournèrent pour quitter la colline. Ils paraissaient indifférents au vent, au froid, au soleil qui se propageait dans le ciel. Les bêtes trottinaient sans hâte. La Sorcière marchait tranquille en reine du monde et de ses énergies. ON eu dit que les arbres affaiblis par l'hiver faisaient eux-même l'effort de se courber sur son passage.
Strega
Sphère Artistique
avatar

Messages : 258
Etat Civil : Mariée au Duc Lampeduza
Pouvoirs : Inibition du gène x chez autrui
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 23 Fév 2017 - 21:41
Plus la discussion passait, plus je sentais mon humeur s’assombrir. La fin, inéluctable et pourtant tant repoussée, approchait, et je devais m’y être résigné. Nous ne pouvions changer nos manières de voir et de concevoir le monde, ou d’appréhender la mort. Des millénaires nous avaient formés et envoyés dans des directions différentes. Ou peut-être était-ce simplement dans notre nature. Quoi qu’il en soit, mon expression était devenue grave, et ni la sensation d’avoir touché un point sensible en mentionnant le Duc, ni le nom de ma défunte femme ne parvinrent à la modifier. Je me contentais d’hausser les épaules.

"Si vous le dites."

J’étais après tout devenu un expert pour ne pas suivre mes propres conseils, pourquoi le nier ? N’avais-je pas mis en garde la jeune chercheuse de Mesa des dangers à poursuivre les fantômes de son passé ? Pourtant, je me trouvais toujours à le faire, et encore plus dans cette vie. Condamné à refaire les mêmes erreurs, encore et encore. Raison pour laquelle j’avais fini par ne plus croire en aucun Dieu : personne n’aurait permis cela, pas même par cruauté. Mais le fait était que j’avais fini par l’intégrer, maintenant plus que jamais. Personne pour me sauver, si cela était seulement possible. Je ne pouvais compter que sur moi, et le devais. C’était la moindre des choses, pour ceux à qui je tenais.

Le pacte fut donc passé, et la sorcière décréta que notre réunion s’achevait donc là. Et il était assez évident que tout avait été dit. Immobile, et toujours sans démontrer la moindre expression, j’observais la dame et ses chiens prendre congé. Les détails pratiques ne m’intéressaient désormais que moyennement. Tout finirait par suivre la logique implacable du destin. Et des décisions de Cnossos.

Silencieux, je fixais la Sorcière quitter les lieux, plus forte et sûre de sa puissance que jamais. Mais était-ce vraiment le cas ? Elle ne devrait pas en être aussi confiante. N’avais-je pas évoqué l’une de ses failles, quelques instants plus tôt ? Et la vérité, c’est que personne n’est éternel, ni irremplaçable. Ni Alexandre, ni Napoléon, ni même les Lampeduza. Mais libre à elle de ne pas voir cela, je n’y apportais désormais plus la moindre importance.

Le vent continuait à souffler dans les hauteurs de la ville, et le froid était toujours aussi mordant. Le monde continuait à tourner. Après que la dame et sa suite ait disparu, retournant vers Edimbourg, je restais toujours immobile, pensif. Une silhouette finit par attirer mon attention, et, pour la première fois ce matin, j’esquissai un léger sourire doux devant l’expression réconfortante de ma femme. Le fantôme de ma femme, comme cette sorcière osait le dire. Elle ne comprenait pas. Et ne comprendrait sans doute jamais.

"Il est des fantômes auxquels on ne peut jamais dire adieu…"

Contrairement à d’autres. Et c’était des tâches qu’il m’incombait de faire, maintenant. Me détacher peu à peu, me débarrasser des émotions superflues. Rester seul avec mon chagrin et mes illusions. Réconforté par le sourire de Johanna, je pris à mon tour la direction de la ville. Du travail m’attendait.

FIN DU SUJET
Wairua
Sphère Savoir
avatar

Messages : 133
Etat Civil : Veuf
Pouvoirs : Réincarnation, illusions, prédictions
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Arche :: Édimbourg :: Old Town :: Arthur's Seat-