Drowning in our dreams || Tohum & Caleb

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Lun 21 Nov 2016 - 14:20



«Even if it's remembered, a dream is only a dream. »



31 août 2016, Edimbourg. J+1

Les constantes sont normales. Eu quelques difficultés à me lever ce matin, et légère perte d’appétit en début de soirée. Mais, rien d’anormal ou qui puisse directement être lié au sérum.
Les illusions ne sont plus apparues depuis la rencontre sur la plage. Meilleure maîtrise de celles-ci, visiblement.
Rapport envoyé à Sveda.

[…]

15 septembre 2016, Edimbourg. J+16


Légère fièvre depuis trois jours. Problème de perception visuelle, et sensibilité à la lumière marquée. Peut-être un problème d’immunité ?
Le reste va bien, illusions toujours pas réapparues.
Rapport envoyé à Sveda.

[…]

30 octobre 2016, Edimbourg, J+ ?

Migraines à répétition. Impossible d’aller au travail. Hallucinations visuelles, ou retour des illusions ? Possible pertes de contrôle des dons, espère que ça n’aura pas de conséquences hors de la maison.
Pertes de conscience régulières.
Rapport non envoyé à Sveda.

[…]

??? ??? ???

Jour… Nuit… Rêve…Cauchemar… Morts…
[la fin du carnet est illisible]

***


SAHAR


Le manoir se trouvait dans la périphérie d’Edimbourg, et Sahar avait dû contacter un nombre important de fois l’administration de l’université pour en obtenir l’adresse. Finalement, c’était le nom de la Potential Home qui avait convaincu la secrétaire de lui fournir la seconde adresse du Professeur Wintertowne, qui avait bien précisé n’y être contacté qu’en cas d’urgence extrême. Et de toute manière, avait ajouté la femme, il ne répondait plus au téléphone depuis plusieurs jours, et cela faisait des semaines qu’il était en arrêt maladie. Ce qui n’avait pas rassuré la musicienne, elle-même sans nouvelles de son « père » depuis un moment.

Elle s’était donc immédiatement rendue à la fameuse maison, envoyant un message urgent à sa mère pour qu’elle la retrouve sur place, demandant également si elle pouvait amener quelqu’un de confiance pour les aider. Car, ce que Dawn vit en arrivant dans la ruelle confirma définitivement que quelque chose ne tournait pas rond. La luminosité avait subitement baissé, et même en plein jour, on aurait dit être au milieu de la nuit. Les autres habitations semblaient avoir été abandonnées précipitamment, et le tout donnait une ambiance particulièrement sombre et oppressante. Impression encore renforcée par le fait que tout était inhabituellement silencieux. C’était comme si tout poussait à éloigner quiconque de s’approcher de la fameuse maison.

Sahar attendit cependant devant l’entrée du jardin, passablement agitée et angoissée. Par parce ce qu’elle voyait et ressentait, mais parce qu’elle imaginait se trouver à l’intérieur, et qui ne s’annonçait clairement pas bien. Elle afficha cependant une expression profondément soulagée lorsqu’elle aperçut sa mère arriver, se précipitant vers elle pour la serrer dans ses bras. Même si avec les siècles, elles ne se voyaient pas toujours régulièrement, Sahar appréciait toujours le contact rassurant et apaisant de Sveda, de qui elle avait finalement beaucoup hérité. Et l’on ne s’en rendait d’autant plus compte lorsqu’elles étaient réunies, pour le plus grand bonheur de la musicienne.

Elle offrit un sourire reconnaissant à la scientifique, avant de se tourner vers l’homme qui l’accompagnait et de faire de même. Elle déduisit que c’était sans doute le fameux Dante Carso, et regrettait qu’ils aient à se retrouver dans de telles conditions. Ce qui ne l’empêcha pas de poser une main sur son bras, en signe de salutations.

"Merci d’être venu également." Elle s’adressa ensuite aux deux : "Je ne savais pas quoi faire… Je n’arrivais plus à le contacter, et je n’avais personne d’autres à contacter… Et tous ces événements dans la ville… Maman, tu sais ce qu’il se passe ?"

Rien que d’y penser, cela lui donnait des frissons dans le dos. Natacha semblait même en avoir été victime, preuve du caractère imprévisible et aléatoire de ce qui était en train de se passer et qui semblait provenir directement de l’intérieur de la maison. Un léger grondement sinistre s’y fit d’ailleurs entendre à cet instant, et l’attention de Sahar se reporta sur la façade. L’inquiétude réapparut alors sur son visage, alors que l’air semblait vibrer autour d’eux. Des ombres aux formes indistinctes apparurent autour de la maison, avant de disparaître dans un râle inquiétant.

"Il est à l’intérieur, et il faut qu’on l’aide ! Si ça continue, tout ce qui se passe ici pourrait s’étendre sur l’arche toute entière… Et lui…"

Même si la perspective d’entrer dans cet endroit qui tenait désormais plus de la maison hantée qu’autre chose ne la réjouissait pas, Sahar ne pouvait se résoudre à laisser celui qui avait été son père seul et en détresse dans cet endroit. Car, en dehors de tout ce décor macabre, ce qu’elle pouvait ressentir, c’était la douleur qu’il y avait derrière tout ce qui n’était finalement que des illusions. Mais dans tous les cas, elle ne pourrait pas arriver à aider Wairua seule. Et que, quoi qu’ils puissent trouver à l’intérieur, cela ne serait certainement pas des plus engageants…
Wairua
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Lun 21 Nov 2016 - 19:39


“Les hypothyèses en science comme dans la vie étant toujours dangereuses. ”
Camus



Les jours raccourcissaient. La lumière se faisait plus timorée. Le ciel était bas, lourd et menaçant. La pluie n'attendait plus qu'un signe pour se déverser. Une ambiance dés plus automnale qui déteignait sur les habitants. Heureusement les festivités autour de l'exposition universelle créaient de l'animation. Tout comme les préparatifs des portes ouvertes de la célèbre école pour apprenti Prodige, j'ai nommé Potentiel Home.

Depuis une semaine c'était là-bas que notre chère Catherine Kent passait le plus clair de son temps. Elle s'écartait du lit des malades pour renouer avec l'un de ses premiers amours... l'enseignement. Daisuke lui avait demandé si elle pouvait se charger d'un cours suite à un désistement de dernière minute. Sveda avait presque aussitôt accepté par plaisir et par commodité car le travail à l'hôpital ne lui serait plus accessible très longtemps...

Elle venait de s'installer dans la salle commune quand son téléphone avait sonné. D'abord, ravie de découvrir qui l'appelait, la nomade avait rapidement changé d'humeur en sentant la nervosité de sa fille à l'autre bout du fil. Elle s'était immédiatement levée pour aller frapper au bureau de Dastan pour le prévenir qu'elle ne pourrait pas donné son cours. Les mots "urgence familiale" avaient suffit à convaincre le jeune directeur. La seconde personne prévenue fut bien évidement, vous vous en doutez, Caleb. Sveda lui avait rapidement expliqué la situation: Wairua, le serum, le test, le silence. D'un commun accord ils s'étaient retrouvé devant l'école pour se rendre ensemble au domicile de Camille dans Eastside.

Pendant que Carso garrait la voiture emprunté à la PH Sveda se confia :

« Il n'a pas répondu à mes derniers messages. Je comptais lui rendre visite cette semaine. J'espère qu'il n'y a rien de grave. »

La portière claqua dans l'allée silencieuse. Un vent froid faisait tourbillonner les feuilles mortes à leurs pieds. Tohum remonta le col de son mentau en laine pour contrer le froid. Elle rentra le cou, un bras croisé contre son corps, l'autre tenant sa sacoche médicale, elle s'avança à la rencontre de Sahar. En regardant autour d'elles Sveda sentit que quelque chose ne tournait pas rond. Elle remarqua alors combien il faisait sombre... Mauvais signe, si vous voulez mon avis !

« Chérie tu as bien fait. J'avais l'intention de venir quoiqu'il arrive. Tout ça ce n'est pas normal. » Sveda était préoccupée, mais elle se fit rassurante pour Dawn dont l’inquiétude lui arrivait de plein fouet. « Le serum a probablement eu des effets secondaires... Quelque-chose ne va pas. Ton père n'a pas pour habitude de ne pas répondre. »

Du coin de l’œil la rose entraperçut les silhouettes fantomatiques qui rôdaient près du manoir. Cet indice confirmait malheureusement que Wairua avait un souci avec son pouvoir. Ce qui voulait dire qu'Enée n'avait pas fonctionné comme prévu. Kent tenta de se souvenir du contenu du dernier rapport qu'Anima lui avait envoyé. Il remontait à plus de trois semaines. Tohum se concentra pour ne pas faire de conclusions hâtives.

« On va trouver ce qui se passe. Ne t'inquête pas. Il va falloir que je l'examine pour comprendre ce qui se passe. »

Le décor ne donnait pas très envie d'avancer plus loin. On aurait l'impression de se retrouver dans un film d'épouvante. De quoi donner la frousse à n'importe qui. Mais Sveda n'allait pas se laisser intimider. Elle chercha le regard de Dante pour avoir son assentiment. Camille était aussi l'une de ses connaissances. Sans doute lui aussi avait envie de l'aider.

« Sahar je préfèrerais que tu attendes à l'extérieur. Je veux que tu appelles Natacha. Dis-lui de convoquer l'équipe de recherche immédiatement. On va sûrement avoir besoin d'aide. » Sveda sourit une fois encore. « On va le sortir de là. Je te promet. »

Une promesse qu'il allait falloir tenir Tohum. La blonde se tourna vers son compagnon pour s'assurer qu'il était prêt. Puis, la belle entra dans le jardin maudit pour se rendre sur le palier du manoir. L'enfant qu'elle portait dans le creux de ses reins commença à s'agiter. A ce stade de la grossesse -21 semaines- c'était tout à fait normal. Mais Catherine avait tendance à penser que tout était lié. Elle ralentit le pas et murmura:

« Schuut tout va bien. On va juste faire une petite visite à Oncle Camille. » Intuitivement Sveda alla chercher le contact de Dante. Elle avait beau faire bonne figure... elle redoutait de découvrir ce qui se passait dans cette maison.

Ils étaient maintenant sur le pas de la porte... Sveda du tout de même prendre une inspiration avant d'oser frapper. Toc. Toc. Toc.

« CAMILLE ! TU ES LA ? C'EST NOUS, DANTE ET SVEDA ! OUVRE S'IL TE PLAIT ! »

Houuu. Il y a comme un air des Wuthering Heights ! Vous ne trouvez pas ?
Tohum
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"Le bonheur c'est mieux quand on le partage."


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Mar 17 Jan 2017 - 18:20
Drowing in our dreams

<<

Son départ pour sa nouvelle expédition était imminent. Perdu dans les différents papiers administratifs à régler, il ne voyait plus trop le temps passer. Lampeduza le talonnait pour qu'il se dépêche de commencer, alors qu'il aurait préféré rester aux côtés de sa compagne et du futur bébé. Enfin, on ne pouvait pas faire ce que l'on voulait toujours. Mais le téléphone qu'il reçut de sa compagne, l'obligea bien rapidement à mettre de côté ses préparatifs et la rejoindre dans la minute. Camille semblait avoir des problèmes, il serait là pour l’aider, comme il l'avait promis, quelques mois plus tôt, quand tous deux, s'étaient croisés au musée.

Ayant rejoint Sveda à la PH, ils avaient ensuite roulés jusqu'à l'adresse où se trouvait le prodige en difficulté. Caleb avait donc été rapidement mis au parfum de ce qui se tramait et il fallait bien l'avouer, tout ceci, ne lui disait vraiment rien qui vaille.

- Je l'espère aussi. Mais n'étant guère un expert de tout ceci, il ne pouvait pas en dire plus, pour tenter de rassurer sa compagne.

Une jeune femme, dont les traits lui faisaient penser à Sveda, s'approcha d'eux quand ils rejoignirent la maison. Pas de doute sur le lien d'affiliation entre les deux femmes, il eut un petit sourire pour la plus jeune, qui bien évidement, savait à qui elle avait affaire.

- Oui, attendez nous dehors, sait-on jamais... pour soutenir les dires de la belle blonde, avant de suivre cette dernière dans le jardin de la maison, afin de rejoindre le palier. Il lui posa doucement une main sur l'épaule. Est-ce que tu ne devrais pas aussi attendre à l'extérieur? Je serai plus rassuré... pour le bébé et toi.

Parce que si sa rose se mettait en danger, pour un ami, lui ne se pardonnerait pas qu'il lui arrive quelque chose. Il préférait très nettement se rendre seul dans la maison. En tous les cas, pour voir ce qui s'y passait, avant de lui permettre de mettre un seul pied à l'intérieur.

- Laisse-moi voir ce qu'il s'y passe, avant d'entrer. Au moins?
Bien qu'elle venait de taper à la porte. Il attendait un peu nerveux - sans doute plus qu'il ne le souhaitait, ressentant la nervosité de sa compagne - de voir si la porte allait s'ouvrir.

Même s'il avait vu déjà beaucoup de chose lors de ses expéditions, il n'aimait guère quand tout lui faisait penser à un film d'horreur.

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Mer 25 Jan 2017 - 15:03

SAHAR


Malgré l’inquiétude et l’environnement hostile, la présence de sa mère apaisa Sahar. Elle avait beau avoir plus d’un demi-millénaire, c’était la première fois qu’elle se faisait autant de souci pour celui qui avait été son père, et les paroles de Tohum surent la rassurer, alors que l’angoisse et l’impossibilité de trouver une solution l’avaient rendue de plus en plus nerveuse ces dernières heures. De même, ne plus se savoir seule pour gérer cette situation aidait, et elle était donc d’autant plus reconnaissante au nouveau compagnon de sa mère de les avoir rejoint. A l’allure sinistre du quartier, ainsi que de la maison de Wairua, il ne serait pas de trop. Surtout s’ils voulaient éviter que l’arche entière soit touchée, voire plus.

Même si la proposition de Sveda pour les laisser gérer à eux deux la situation laissa Sahar hésitante, elle se laissa finalement convaincre par les arguments de sa mère. Hochant la tête en tâchant de retrouver une expression plus assurée, elle déclara :

"Entendu, je vais aller les chercher. Soyez prudent." Elle parvint ensuite à retrouver un vague sourire reconnaissant. "Merci, à vous deux."

Sans être totalement rassurée, elle les laissa se diriger vers la maison, confiante malgré tout dans la promesse que Tohum venait de lui faire. Elle leur lança un dernier coup d’œil, avant de se hâter pour retourner à son véhicule et de se diriger vers le domicile de la russe. Elle avait désormais son propre devoir à accomplir, et sur lequel se concentrer. Aussi s’efforça-t-elle d’oublier l’inquiétude qui lui rongeait l’estomac.

***

Les arbres chancelaient doucement et sans bruit, comme secoués par une brise fantôme. De temps à autre, un craquement sinistre se faisait entendre en brisant le silence oppressant qui avait envahi le quartier, et des ombres passaient furtivement dans le jardin ou sur les murs de la maison, non loin de Tohum et de Caleb. Avec le départ de Sahar, ils étaient désormais seuls dans les alentours. Les autres maisons semblaient vides, mais à bien y regarder, on pouvait avoir l’impression que des figures sombres observaient les deux nouveaux arrivants depuis les fenêtres des maisons voisines. En revanche, les fenêtres du manoir étaient aussi noires que la nuit, et ne laissaient rien entrevoir.

Le cri de Sveda fut tout d’abord accueilli par le silence absolu qui régnait tout autour d’eux. Puis, après quelques longues secondes, la porte de l’entrée s’ouvrit dans un grincement, ne laissant apparaître de l’intérieur qu’une obscurité totale. Le vent se leva soudainement, et des hurlements s’y joignirent en même temps, de telle sorte qu’il était difficile de savoir si c’était la bourrasque qui était à leur origine, ou autre chose. Derrière Caleb et Tohum, dans le sentier du jardin qui menait jusqu’à l’entrée, les ombres se rassemblaient et avançaient dangereusement dans leur direction. De même, le fort vent les forçait à avancer vers la porte, de telle sorte que les deux n’eurent d’autres choix que d’entrer dans le manoir.

Une fois à l’intérieur, la porte se referma en un claquement derrière eux, les plongeant dans le noir le plus complet. Le silence retomba. Cependant, avant qu’ils puissent faire quoi que ce soit, le décor autour d’eux changea brusquement, après un clignement de paupière.

Ils se trouvaient désormais devant l’océan, sur une immense plage de sable fin, comme on en trouvait avant Armageddon dans certaines régions du monde. Et même, après observation, les deux immortels pourraient deviner qu’il s’agissait d’un lieu bien plus vieux, plus ancien qu’eux. Le roulement des vagues se joignait aux cris de quelques oiseaux au-dessus d’eux. Le soleil était à l’horizon, au-dessus de la ligne séparant le bleu de l’océan de celui du ciel, et il avait déjà commencé à plonger dans les eaux, répandant autour de lui une palette de couleurs orangés. L’air était doux et chaleureux, l’ambiance paisible. Même le sable sous leurs pieds semblait plus vrai que nature.

Cependant, une fois la surprise passée, si Caleb ou Tohum tentait d’avancer, ils comprendraient bien vite que tout cela n’est qu’une grande illusion. Sans les voir derrière ce décor factice, les murs de l’entrée du manoir étaient toujours là, et il leur faudrait avancer prudemment pour ne pas les percuter.

Mais, assez rapidement et avant qu’ils puissent sortir de cette pièce en trompe-l’œil, une silhouette apparut un peu plus loin. Une jeune femme blonde au sourire doux et angélique, que Tohum pourra sans peine reconnaître comme étant la femme disparue de Camille, dont elle avait déjà rencontré l’illusion lors de leur dernier rendez-vous, sur une autre plage. Avec un geste délicat, la jeune femme leur fait signe de la suivre, avant de leur tourner le dos et d’avancer avec légèreté sur sable. Puis, après quelques mètres, elle s’arrêta pour se retourner vers les visiteurs, en leur désignant ce qui semble être le vide, à une dizaine de centimètres d’elle.

Pourtant, si Tohum ou Caleb s’approchait, ils pourraient découvrir une porte. Une fois la poignée abaissée, un encadrement s’ouvrait dans l’illusion, laissant apparaître un escalier descendant vers ce qui semblait être la cave de la maison. Et de laquelle semblait provenir, aussi faible qu’un murmure, de l’agitation. Avec un sourire à la fois reconnaissant et rassurant, l'illusion de la défunte Johanna Wintertowne les encouragea à descendre.
Wairua
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Dim 29 Jan 2017 - 1:24


Sveda pressa tendrement la main de sa fille aînée. Elle était rassurée de la voir quitter cet endroit qui n'avait rien de sûr. C'était déjà une inquiétude en moins pour la mère. Elle la suivit des yeux sur quelques pas, avant de se concentrer sur la raison de leur visite. Elle essayait de ne pas se laisser influencer par l'ambiance de l'endroit. Mais son intuition n'allait pas dans ce sens. A vrai dire, Tohum était heureuse que Caleb soit avec elle pour affronter ce qui allait suivre.


A la pression sur son épaule Catherine se tourna vers son compagnon. Elle percevait l'inquiétude dans sa façon de la regarder. C'était tout à fait comprehensible. Sveda était partagée entre son désir d'aider Anima et celui de rassurer Dante. Elle finit par accéder à la demande de ce dernier et recula de trois pas. La priorité restait le bébé.


« Oui. Tu as raison. Vas-y. »

Quand la porte d'entrée commença à s'ouvrir d'elle même le rythme cardiaque de la rose des sables accéléra. Son regard se riva, sur le trou noir béant, espérant voir apparaître la silhouette de Camille. Le long cri qui envahissait l'air augmenta sa nervosité. Elle se mit à épier les alentours avec méfiance. Au moment où elle devina une ombre dans leur dos la pression atmosphérique se fit si forte qu'elle se cambra. Mais rien à faire ses pieds se mirent à glisser vers la maison. Centimètre après centimètres... inévitablement.


« Dant' ! » Sveda tendit la main pour attraper celle de l'archéologue. Mais rien à faire, le vent était trop fort pour elle. Elle du résister, de toutes ses forces, pour ne pas se faire arracher sa sacoche médicale.


Le noir. Absolu.


« Ha ! » Hurla Kent dans un sursaut de panique, au moment où la porte claqua.


Ils furent privés de la lumière extérieure par le même coup. L'obscure encore plus présent augmentait l'angoisse générale. Eh oui. Le noir était si intense autour d'eux que ça en était oppressant. Sveda se rendit compte qu'elle n'avait rien sur elle qui aurait pu les éclairer. A part peut-être l'écran de son téléphone portable. Elle commença à fouiller ses poches, avant de se rappeler que l'appareil était resté dans la voiture.


Tandis que la blonde pestait doucement la lumière solaire frappa sa pupille. Elle plaça sa main devant ses yeux pour les protéger. Immédiatement le bruit des vagues lui tira un sourire ravie. Elle avait beau savoir que ce qu'elle avait sous les yeux ne pouvait pas être vrai, la vision de cette plage la bouleversa. Elle ressentit au fond d'elle un bonheur indescriptible. Armageddon les avaient séparé de la Terre. Sveda s'était doublement sentit arrachée à la racine du monde. Le lien fondamental entre son don et son âme avait failli se casser. Une larme s'évada pudiquement de sa paupière.


« Johanna ? » Tohum avança instinctivement en direction de la défunte. Dans la précipitation elle se cogna contre un meuble. Elle s'arrêta pour le contourner. « Où est-il ? Dis-nous ? »


Sveda ne tergiversa pas. Elle faisait naturellement confiance à cette illusion féminine. Mrs Wintertowne avait été une manifestation positive du don de son époux. Il n'y avait pas de raison pour que cela change. Johanna était leur guide vers Camille. Tohum resta déconfite face au vide. Elle chercha une réponse dans le regard de la jolie femme blonde. Mais celle-ci ne semblait pas vouloir parler. Alors, elle chercha une réponse avec plus d'attention.


« Une porte ! » Sveda avança sur le seul. Elle devina les premières marches de l'escalier. Un son indistinct en bas. Il y avait quelqu'un. La rose revint en arrière et adressa un sourire reconnaissant à l'illusion. « Merci. » Les deux femmes échangèrent un sourire, puis Tohum chercha Caleb du regard. « Il faut qu'on descende. »


Tohum prit une bonne inspiration pour affermir son courage. Elle ressera sa main sur la poignée de sa sacoche. Elle posa sa main libre sur le mur de pierre pour s'aider. Son pied se posa sur la première marche. Un frisson remonta jusqu'à sa nuque. Tout cela ne lui disait vraiment rien qui vaille sur l'état d'Anima. L'inquiétude lui donna une dose dadrénaline. Elle refoula sa propre peur et s'enfonça dans les entrailles du manoir.


Sur le seuil, la belle se décala, pour que Carso ait une place. Elle tendit sa main pour trouver la sienne et se rassurer. A ce stade Tohum n'en menait pas large. Elle redoutait de plus en plus de voir dans quel était leur ami était. Il faisait encore sombre en bas. Difficile de bien voir ce qui se passait. Mais, à présent les sons étaient un peu plus clairs. Ils n'avaient rien de plaisant eux non plus.


« Anima ? C'est toi ? »
Tohum
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Mar 31 Jan 2017 - 23:00
Tout ça ne lui disait vraiment rien de bon. Dante sentait que tout pouvait partir en live d'une minute à l'autre. Sveda acceptait qu'il entre le premier, juste pour s'assurer que rien ne les attendait de l'autre côté. Bien évidemment, pourquoi espérait-il que cela se passe ainsi? Le couple se retrouva donc comme aspirer dans la maison, sans avoir vraiment le temps de faire quoi que ce soit. Le noir était bien trop noir, même dans les grottes les plus profondes, il n'en avait pas vu des comme ça. Il jura dans sa barbe.

- Sveda.... c'est vraiment pas bon tout ça.

Il s'inquiétait plus pour sa belle que le reste, après tout, elle était enceinte, il ne voulait pas qu'elle fasse une fausse couche à cause de ce qu'ils pourraient vivre ici. Il lui tint fermement la main et sursauta comme elle, sans doute à cause de son cri, quand la porte claqua.

Carso cherchait son briquet dans ses poches, quand finalement, ce fût le soleil qui illumina l'intérieur... enfin ce... mais c'était quoi ce bordel? Maintenant ils se retrouvaient sur une plage de sable blanc? Mais... bref, il tenta de garder l'esprit calme et logique et comprit que c'était sans doute une illusion.

- Fais att'.... outch sa compagne venait de se prendre un meuble. Il marcha en regardant un peu autour de lui, quand même surpris de découvrir cette vision d'un temps ancien, si ancien qu'il n'avait pas l'impression de l'avoir connu. Pas comme ça.

Il ne connaissait pas cette apparition, sa tête ne lui disait rien, mais puisque la lionne semblait la connaître et vouloir lui demander de l'aide, l'explorateur suivit. Pour se retrouver près d'elle, devant cette porte. L'apparition voulait vraiment qu'ils descendent? Tohum semblait en être assurée.

- Ok...

Bien évidemment, sa belle n'attendit pas et passa devant, sans se préoccuper du danger, ce qui le fit grogner, il suivit donc sans attendre, sentant une chair de poule le prendre de partout. Il n'aimait vraiment pas ça. Arrivé en bas, il alluma son briquet, en espérant que le peu de lumière qu'il faisait, les éclaireraient, au moins un peu.

- Camille? Même s'il tenait la main de sa compagne, il prit les devant, pour s'assurer un minimum sa sécurité et celle du bébé. On peut revenir si tu veux... tentant de plaisanter, enfin d'avoir un ton plus léger, comme si cela allait vraiment changer quelque chose.

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Caleb
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Mer 8 Fév 2017 - 18:38

JOHANNA WOODHOPE


Est-ce que Sveda et Dante avaient quelque chose à craindre dans cette maison lugubre, et pourtant possédée (c’était assez le cas de le dire…) par une âme amie ? Rien n’était encore certain Au moins, l’accueil qui leur fut offert fut ensoleillé, souvenir et vestige d’un temps qui était révolu depuis longtemps. De même, le visage de Johanna Woodhope était bienveillant et souriant, et Tohum pouvait attester qu’il s’agissait d’une manifestation pacifique. Un fantôme semblable à la femme qu’elle avait été, et dont le sourire s’agrandit encore plus lorsque la scientifique l’interpella, au risque de se cogner contre un mur. En guise de réponse à ses interrogations, elle leur dévoila la porte qui menait à la cave. Après un échange de regard, l’illusion fixa Caleb avec un sourire rassurant.

"Il ne les blessera pas." lui assura-t-elle, avant d’afficher une expression plus inquiète et sérieuse. "S’il vous plaît, aidez-le…"

L’instant d’après, elle avait disparu. Les laissant seuls face à l’escalier. Une fois en bas de ces derniers, le briquet de Caleb permit d’éclairer faiblement un couloir, dans lequel se trouvait toute une série de portes. Certaines s’ouvraient sur une simple réserve, ou sur le local du chauffage. D’autres ne s’ouvraient pas, même en insistant. Cependant, plus ils avançaient, plus ils se rendraient compte que les bruits et le râle provenaient de plus loin. De la dernière porte, au bout du couloir. De temps à un autre, un cri s’en échappait, et la porte tremblait, comme si elle était soumise à une forte bourrasque. Elle n’était pas fermée à clé pourtant, et s’ouvrait en baissant simplement la poignée.

Un faible rayon de lune éclairait la pièce à travers une fenêtre haute, dévoilant l’étrange scène qui se tenait devant les visiteurs. L’endroit était ravagé, des marques d’immenses griffures et de peintures s’étendaient à la fois sur le sol, les murs et le plafond. Des meubles étaient éparpillés dans toute la pièce, renversés et dans des états parfois déplorables. Des ombres passaient d’un bout à l’autre, traversant les murs et le mobilier comme s’ils n’existaient pas, tourbillonnant dans une danse lente.

"… Sveda ? Carso ?"

La voix, faible et apeurée, provenait d’une ombre plus imposante, dans le coin opposé de la pièce, et qui s’avérait être un homme recroquevillé. Un visage apparut de cette masse, les yeux tirés et le teint anormalement pâle. Les ombres accélérèrent leur danse, tandis que les meubles et les murs commencèrent à vibrer dangereusement.

"Faites… que cela s’arrête…" reprit Wairua, suppliant. "Sveda, je t’en prie…"

Il poussa un hurlement strident, et se prit la tête entre les mains dans une expression de souffrance. Son corps s’arqua d’un coup, sa tête se rapprochant dangereusement de ses pieds dans un craquement sinistre. Toute la pièce trembla, et avant que Caleb ou Tohum puisse avancer, l’endroit autour d’eux changea. Ils se trouvèrent tout à coup en plein milieu d’un champ de bataille, entre deux armées antiques sur le point de s’entrechoquer. Puis, l’instant d’après, au beau milieu d’un bal dans une immense pièce dont une paroi était couverte de miroirs, et dont les fenêtres en face face donnaient sur l’immense jardin du château de Versailles. La seconde suivante, se fut en haut d’un donjon, donnant sur une immense plaine. Puis, au beau milieu de la mer, en pleine tempête. Une vague énorme s’abattit sur eux, et l’instant d’après, ils se trouvaient à nouveau dans la cave du manoir.

Les ombres tournaient désormais autour des deux visiteurs, s’approchant de plus en plus. Une chaise s’envola pour foncer sur eux, mais sa course fut déviée au dernier moment. De même, le reste du mobilier s’éleva dans les airs pour tournoyer, mais dès qu’un objet s’approchait trop de Sveda, il s’éloignait brusquement. Wairua se trouvait désormais dans le coin supérieur, au plafond, toujours recroquevillé. Après un nouveau hurlement, il tomba lourdement à terre. Les ombres prirent alors des formes plus concrètes, pour prendre l’apparence de personnes connues de Caleb et Tohum : soit des personnes encore vivantes, ou des souvenirs de leur passé. S’ils évitaient Sveda, en revanche, elles ne tardèrent pas à attaquer l’archéologue, en l’entourant avant de se jeter sur lui. Laissant cependant la voie libre jusqu’à leur créateur pour la scientifique.
Wairua
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Lun 20 Fév 2017 - 21:13

Le souterrain était sombre, humide, un courant d'air froid remontait dans le long couloir. Il n'y avait pas de source de lumière, autre que la flamme du briquet de Caleb. Une faible lueur, pour voir où nos deux aventuriers posaient leurs pieds. Ils avaient connus des endroits bien plus glauques, mais savoir que Wairua était à l'origine intensifiait le malaise. Sveda tenait fermement la main de son compagnon. Elle tendait l'oreille, cherchant à identifier la provenance des cris et des gémissements lugubres. Cette atmosphère n'était pas sans lui rappeler les asiles du Moyen-Age. Ce qui lui rappela à quel point le scientifique était âgé. Il l'avait mise en garde et elle, elle avait voulu espérer.

« Là...» Tohum attrapa la poignée et la poussa. Le sang tapait dans ses tempes à cause de l'adrénaline.

La pièce dans laquelle ils entrèrent était aussi détérioriée que les autres. Il y régnait le même froid. Kent sentit les poils de ses bras se soulever. Elle scrutait l'espace à la lueur lunaire. Ses yeux s'agrandissement lentement face au chaos. Elle ne vit d'abord aucun signe de leur ami, jusqu'à ce ce qu'il se fasse entendre. Il avait une voix à fendre les pierres. Le désarois de Camille prit Sveda au coeur et elle ressentit un puissant élan de pitié. La compassion refoula la peur dans un coin. Elle lâcha la main de Dant' pour se diriger vers l'angle.

« Oui... »

Avant que la rose, ait eu le temps de faire un pas, une énorme vibration ébroua la batisse. Le bois craqua, la pierre grinça et Tohum sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Elle avait toujours eu peur des tremblements de terre. Il évoquait pour elle un souvenir sinitre. Je vous en parlerais un autre jour. Hypnos devait d'ailleurs bien s'amuser dans sa petite cachette astrale. Sveda se tourna vers Carso.

« Il a perdu le contrôle. »

Et là, bam ! Le défilé des visions était trop intense, pour que Tohum puisse tout analyser. Mais, elle comprenait que Wairua était coincé parmi ses propres souvenirs. La trame du temps ne se tenait plus. Si cela faisait un bon concept pour un film de Sciences-Fiction, dans le monde réel c'était tout de suite moins excitant. Le sérum avait certainement déréglé son don, au lieu de l'annuler. L'expérience était un échec.

Sveda reconnue les murs de la cave. Elle sentit le vertige la prendre pendant quelques secondes. Elle mit un peu de temps à réagir et remarqua trop tard qu'un objet lévitait vers eux. Elle ne comprenait pas du tout ce qui se passait. Anima n'était pas sensé pouvoir faire ce genre de choses. Pas à un niveau aussi élevé en tous les cas. Le sérum avait visiblement fait beaucoup de dégâts.

« Attention ! » Sous ses yeux exorbités la chaise s'écrasa au mur du fond.

Les fantômes changèrent tout à coup de comportement. Tohum comprit qu'ils avaient l'intention de passer à l'attaque. Ils se rebellaient. Ce n'était pas logique. Ces projections étaient une part de Wairua. Pourquoi refusaient-ils qu'ils interviennent pour aider leur créateur ? L'un des fantômes chamboula un peu plus la rose. Un court instant elle ne bougea plus entièrement captivée par la vision de son fils. Il avait l'apparence d'un jeune homme. Ses yeux verts étaient habités par une flamme étrange qui donnait le frisson.

« Azenzâr. Aide ton père. »

Vite, arrête de rêvasser. Voir que les ombres se focalisaient sur Dante lui fit un court jus. Il fallait qu'elle fasse disparaître ces manifestations belliqeuse avant que quelqu'un soit blessé. Elle attrapa sa sacoche tombée au sol et profita d'avoir un passage d'ouvert pour atteindre Camille.

Tohum s'agenouilla au chevet de prodige. Elle se pencha au dessus de lui, attrapa son visage pour vérifier son état. Les pupilles étaient réactives mais le pouls n'était pas bon. Anima était en train de se faire avoir par son pouvoir.

« Ani' je suis là. Ca va aller. »

Les pouces de Kent firent une pression sur les tempes du fou. Elle concentra le flux de son don pour prendre le contrôle des synapses de l'Immortel. Les fonctions du sommeil furent activées de force ce qui le plongea dans un semi-comas. Sveda lâcha délicatement la tête du malade pour récupérer une seringue et une fiole. Malgré son inquiétude, autant pour Anima que pour Dant', la blonde était efficace. Un filet de sérum s'écoula de l'aiguille. Elle attrapa le bras le plus accessible et chercha une veine à piquer.

« Dant' !/font][i"> Appela-t-elle pendant qu'elle finissait l'injection. Dant' tu vas bien ? »

Maintenant, que le corps de Camille était en arrêt, Sveda se concentra sur son état général. La vérité creuvait les yeux. Catherine se sentit responsable de ce qui était arrivé. C'était elle qui avait fait ce sérum. Elle regreta d'avoir agit trop vite. Elle vit plusieurs blessures lègères sur sa peau. Il y avait également les premiers signes d'une anémie. Cela devait faire déjà plusieurs jours que le Prodige était en souffrance. En découvrant la maigreur du scientifique elle sentit son ventre se tordre de culpabilité.

« Qu'est-ce que j'ai fais... Index et majeur appuyés contre la carotide Tohum compta les pulssassions minutes. Elle réfléchissait à toute vitesse. Elle décida de lever l'effet de son don. Mieux valait éviter d'en abuser. Le calemant suffirait à contenir les troubles. Elle fouilla de nouveau dans sa besace en s'adressant à Caleb. Il est déshydraté. Il faut qu'on l'amène à hospital. Non, plutôt à la PH. James pourra nous aider. Tu peux l'appeler ? » Puis, Sveda dégagea le front de Camille d'un geste apaisant en examinant ses traits au repos. « Je n'aurais jamais dû te demander ça. Je suis désolée...»

Bon à vue de nez, Wai devait bien approcher les quatre-vingt kilos. Le transporter n'allait pas être de la tarte. A moins qu'ils attendent les renforts que Sahar était aller chercher ? Tohum reposa doucement la main de son ami sur son ventre. Elle se redressa en faisant attention à ne pas se faire mal et chercha l'emplacement des fusibles. S'ils devaient attendre ici, ils allaient avoir besoin d'un minimum de confort.
Tohum
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Sam 1 Avr 2017 - 20:14
Dante avait quand même du mal à croire les paroles d'un fantôme, ou d'une illusion. Il avait peur pour sa compagne et l'enfant qu'elle portait. Car si Camille était dans une crise, allez savoir ce qu'il risquait de leur faire, à tous les trois. Ce n'était pas parce qu'ils avaient été des compagnons à une époque, qu'il pouvait encore s'en souvenir. Oui, il était inquiet et c'était ainsi. Rien ne changerait cet état de fait. Qu'importe les paroles rassurantes qu'on lui faisait. Mais bien entendu, il aiderait cet ami. Après tout, c'était bien pour ça qu'ils étaient là, non? De toutes les façons, vu comment était Sveda, il doutait qu'il réussirait à la faire rebrousser chemin. Il sentait la culpabilité qui la rongeait, comme si elle se pensait coupable de tout ce qui était en train d'arriver.

La voix de Camille se faisait enfin entendre, mais pas de doute, il n'allait pas bien. Caleb pouvait même le sentir, la douleur et la terreur étaient de mise dans cette pièce, tout ceci le frappa de plein fouet, rien qui ne pouvait lui plaire. Il fallait qu'il se batte contre ces émotions, pour ne surtout pas aggraver les problèmes. Car s'il ne se maîtrisait pas suffisamment, lui aussi, pouvait entrer dans une crise.

La remarque de sa compagne lui fit simplement hausser un sourcil. Bien évidemment que l'autre immortel avait perdu le contrôle. Pas besoin de s'appeler Einstein pour s'en rendre compte. C'était, bien entendu, ce qui était le plus inquiétant. Allez savoir ce que ce pouvoir non maîtrisé, était réellement capable de faire. L'aventurier craignait qu'il ne les blesse, voire pire, surtout que la lionne avait quand même une sacrée coupure au flan... Les ombres semblaient vraiment menaçantes, encore plus quand après une série de visions plus space les unes que les autres, elles s'approchèrent vraiment trop près de lui. Il reconnut alors quelques visages connus, d'époques disparues, ne manquant pas de le déstabiliser et pas qu'un peu.

- Woow... wow... les copains... ça fait longtemps hein? C'est un peu tard pour un café, vous êtes certains que... Il reculait pour tenter d'éviter de se faire attaquer, se retrouvant bien rapidement bloquer contre une paroi. Ses tempes gouttaient, il transpirait réellement, pas confiant pour un sous.

Et notre homme avait bien raison, à peine son dos avait-il touché le mur, que les ombres l'attaquèrent sans attendre. Il se défendit alors du mieux qu'il le pouvait. Heureusement qu'il avait appris à le faire au fil des siècles, c'était un combattant aguerri. Mais face à autant d'agresseur. Carso ne comprit pas totalement tout ce qui lui arriva, mais une chose était certaine, il s'était retrouvé au sol, comme si on l'avait roué de coup. Mais la voix de sa belle le fit presque sortir des ténèbres. Il posa une main sur le mur, pour tenter de se relever, comme si ses agresseurs n'étaient plus autour de lui.

- Ca va... ça va...

Soufflant un instant, il s'approcha alors aussi rapidement qu'il le pouvait vers Sveda, il posa doucement une main sur l'épaule de sa compagne, avant de jeter un regard vers le corps de Waiura. Il soupira un instant.

- Il va aller? Tu n'as rien? Sortant son téléphone. Elle avait raison, James pourrait être d'une aide précieuse. Et ce fût lui qu'il appela rapidement. Autant profiter de l'avoir le plus rapidement sur place, au pire, ils finiraient les soins à la PH, mais ce n'était pas si mal s'il venait directement sur place. Il fallait juste espérer, que l'homme sache répondre au téléphone... Je vais aller lui chercher un verre d'eau.

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Caleb
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Mer 10 Mai 2017 - 20:24

SAHAR



Sahar avait fait aussi vite que possible, conduisant à une vitesse folle mais avec une dextérité étonnante. Elle avait assez baroudé autour du monde, avant et après Armageddon, pour savoir se débrouiller aux commandes d’un véhicule aérien ou terrestre. Surtout lorsque l’urgence le demandait. Sur le chemin qui la menait à sa voiture, elle avait prévenu Natacha de la situation, afin qu’elle rassemble l’équipe et se retrouve non loin de la maison de son père, dans un quartier aux limites de la zone d’ombres. Les minutes semblaient être des heures, et plus le temps avançait, plus la musicienne s’en faisait pour sa mère et Dante. Et son futur petit frère.

Elle parvint à garder contenance lorsqu’elle retrouva la russe et le personnel scientifique, leur donnant une explication plus détaillée que durant l’appel téléphonie. Ils convinrent ensuite tous d’approcher de la maison, ne serait-ce que pour être le plus proche possible au cas où quelque chose se passerait. En bien, priait Sahar.

Une fois de retour devant la maison, elle laissa l’équipe observer avec étonnement l’environnement modifié par le don de son père. D’aussi loin qu’elle se souvienne, cela n’avait jamais pris de telles proportions. Et l’état d’Anima s’était considérablement dégradé ces dernières années. Il avait perdu quelque chose, cette lueur dans le regard, au coin de ses sourires. A tel point que désormais, Sahar n’était plus totalement certaine de côtoyer le même homme, alors que, d’ordinaire, chaque réincarnation gardait une part reconnaissable de celui qui avait été son père, il y a plusieurs siècles.

Mais alors que l’équipe discutait d’une possible intervention, le décor changea subitement. Les ténèbres disparurent, et les ombres laissèrent place à un quartier banal et tranquille de la banlieue d’Edimbourg. Les illusions avaient disparu. Sahar retint son souffle. Cela ne pouvait dire qu’une chose : d’une manière ou d’une autre, son père avait été neutralisé. Elle ne perdit pas une seconde, et s’élança vers la maison, suivie par le reste de l’équipe.

Une fois à l’intérieur, elle se dirigea rapidement vers l’escalier menant à la cave, volant presque par-dessus les marches tant elle courrait vite. Elle ne s’arrêta qu’au moment de pénétrer dans la pièce du fond, son regard ignorant le délabrement des lieux pour se fixer sur le groupe de trois personnes un peu plus loin.

"Maman !"

Elle se précipita vers eux, examinant tour à tour Sveda, Dante qui était en train de téléphoner puis l’homme inconscient. Instinctivement, elle lui attrapa le poignet pour sentir un pouls, faible, mais existant. Elle poussa un énorme soupir de soulagement, luttant pour que ses jambes ne la lâchent pas.

"Vous allez bien ? Qu’est-ce qui s’est passé ?"

Mais peut-être que ce genre de questions devraient attendre. A entendre Caleb, ce dernier essayait de joindre la PH et un soigneur. Une bonne décision, qui la délivra d’un nouveau poids. Elle sécha quelques larmes qui lui avaient échappé avec la pression et l’angoisse, et prit le relai de Sveda pour rester aux côtés de son père, le temps que l’équipe scientifique ne décide quoi faire, et jusqu’à ce que l’équipe médicale n’arrive. Elle resterait à ses côtés tout du long, une main dans la sienne, lui chantant des mélodies qui respiraient leur passé commun et les déserts d’Orient.
Wairua
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Lun 15 Mai 2017 - 12:13

La blonde l’observa par dessus son épaule pour s’assurer qu’il n’avait pas besoin d’un soin de premier secours. Les démons n’y avaient pas été de main morte avec lui. Sveda relâcha ses épaules quand elle sentit la douce pression de la main de Dante. Le loup était en un seul morceau. La maison s’apaisait. La lumière revenait. Ils avaient réussi à passer cette crise de folie. Malheureusement, rien n’assurait que Wairua n’allait pas en refaire, ni quand exactement. Ils ne pouvaient pas prendre de risques.

« Je ne sais pas encore. Il faut que je l’examine. Il y a de quoi faire les premières analyses à Eron hil.» [/font][i] Oui, de l’eau serait très bien pour commencer. « Merci Dant’» [/font][i]




Natacha Nabov



De l’autre côté de la scène Natacha Nabov avait en effet reçu l’appel de sa tante. Ni une ni deux, elle avait réquisitionné l’assistance de ses deux collaborateurs présents au laboratoire ainsi que les deux stagiaires. Tohum et elle avaient souvent discuté du cas de Wairua. Sveda ne supportait pas de le voir perdre pied. Elle lui avait d’ailleurs signifié son inquiétude le concernant, pas plus tard que la veille, alors qu’ils ne répondait plus aux messages depuis plusieurs semaines. La situation avait donc empirée.

L’équipe de cinq scientifiques avait amené avec eux de quoi contenir les dons d’un prodige, de quoi analyser et transporter le ou les blessés. Le spectacle de la dégradation du site provoqua une vive nervosité chez les plus jeunes. Nat, elle était plus inquiète pour sa grand-mère, dont elle connaissait la témérité. Kent avait tendance à se défier du danger, quand il était question de la famille. L'expérience menée sur Joachim lui-même en avait été une preuve.

Lorsqu’en fin, ils purent entrer dans la manoir, la jeune femme russe était sur les traces de Sahar. Moins casse-cou, mais tout aussi déterminée à intervenir. Elle arriva juste derrière elle avec une expression similaire à celle de la chanteuse. Heureusement, l’équipe recrutée par Tohum était habituée à réagir en situation de crise.

En un quart d’heure tout se mit en place. Camille fût extrait de la demeure sur une civière. Un scientifique resta aux côtés de Dawn, pour patienter jusqu’à l’arrivée des renforts de la Potentiel Home. Pendant ce temps les confrères de Catherine prirent en charge la mise sous quarantaine du lieu et la procédure de sécurité. L’un des stagiaires contacta les autorités sanitaires de l’Arche pour éviter tout incident diplomatique. Nabov se chargea de récupérer un début de témoignage de la part de l’archéologue. Pour comprendre ce qui s’était passé ici il leur fallait un maximum de données.

- Monsieur Carso ? Peut-être reconnaîtrait t-il sa compagne dans le sourire de la jeune femme, ou encore dans sa façon de tendre une main, ou encore dans ce les mots qu'elle prononça ensuite. Je suis l'une des collaboratrices de Catherine... Sveda. Nous travaillons ensemble sur la façon de réguler les dons. J'ai besoin de récolter quelques informations. Avez-vous été en contact avec monsieur ... au cours des deux derniers mois ?

Sveda s’attarda dans la demeure d’Anima, même si ce n'était pas son nom d'usage. A présent que les illusions étaient sous contrôle le danger était écarté. C’était une opportunité de trouver d’autres informations sur Camille ou encore sur ses travaux. La rose se doutait bien qu’il ne se contentait pas d’être son cobays. Il était toujours en train de faire des recherches. Cette petite immersion dans l’intimité de l’Immortel confirma ses premières hypothèses. “Énée” n’était définitivement pas encore prêt. Elle se permit de rassembler certains effets personnels pour les amener à l’école des prodiges. Ce petit tour dans l’univers d’Anima replongea la nomade dans des souvenirs très lointains. Avoir entre-aperçu son fils lui avait procuré une joie-douce amer.

« Promet moi de vivre très très longtemps…» [/font][i] Mumura-t-elle à l’adresse de la forme de vie logée en elle.

Une porte entrouverte conduisait visiblement au bureau du chercheur. La blonde y pénétra à pas de louve, consciente qu'elle était en train d'enfreinte une règle tacite. Elle observa le bureau, en fit lentement le tour comme si c'était un autel sacré. Avec un certain soulagement, elle trouva une place dans le fauteuil et d'une traction pédestre se rapprocha du meuble. Une dernière hésitation retarda sa fouille, mais, ils avaient besoins de ces informations n'est-ce pas ?

Ce ne fût que lorsque l'on frappa à la porte de la pièce que la prodige leva les yeux du dossier qu'elle lisait avec fascination. Notre blonde le glissa contre elle et se leva vivement pour suivre son collègue de la PH. Lançant un dernier regard à la pièce Sveda regretta de ne pas pouvoir y rester un peu plus. Elle alla retrouver Dante et Natacha dans l'une des pièces principales. Ils devaient maintenant se concentrer sur les conséquences de la crise de folies de Camille car l'onde de choc avait déjà des répercussions sur l'arche toute entière, comme vous le savez déjà.

« Hey. Vous êtes-là. » [/font][i] Kent rangea rapidement le dossier dans sa sacoche médicale avant de redevenir totalement naturelle. Elle salua sa petit-fille d'un sourire avant de se glisser prés de son compagnon. « Allons-y ? » [/font][i]

Tohum ne voulait pas laisser Down seule avec son père trop longtemps. Ne serait-ce que parce qu'elle connaissait la douceur de son coeur.
Tohum
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Sam 27 Mai 2017 - 17:33
On pouvait le dire, Caleb avait quand même une sale gueule. Après tout, il venait d'être passé à tabac par des ombres qui semblaient lui en vouloir personnellement. Heureusement pour notre loup, ce dernier avait le cuir solide et malgré un petit filet de sang sous le nez et une joue peut-être plus douloureuse qu'une autre. Il allait bien. Surtout que l'adrénaline lui faisait s'inquiéter plus pour sa compagne et son futur enfant que le reste. Mais tout semblait être rentré dans l'ordre. Anima était mis hors d'état de nuire et Sveda allait bien.

Alors qu'il se déplaçait pour chercher un verre et un peu d'eau, il entendit la voix de l'une des filles de la rose des sables, qui se retrouva en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire dans la pièce avec eux, au chevet de son père. Après s'être quand même assurée que tout deux allait bien. Il la reçu dans un petit sourire. Alors qu'il finissait de converser au téléphone.

- On nous attend à la PH. Mettant le portable dans sa poche arrière. Il faut voir la tronche des autres. Moi c'est rien. Marquant une pause. Je peux pas vraiment dire si j'ai tout compris, mais il semblerait que notre vieil ami s'est beaucoup trop laissé emporter par une folie passagère... ses ombres étaient plus qu'agressives.

Ce qui n'annonçait clairement pas du bon pour la suite. Il espérait juste que les choses iraient dans le bon sens, qu'ils trouveraient un moyen d'aider Camille et non pas de l'enfoncer un peu plus dans ces ténèbres qui le marquaient. Il aida pour déplacer le prodige, des bras en plus étaient toujours bienvenus, avant de se faire arrêter par une jeune femme en qui, il reconnut les traits de Sveda. Décidément, la famille Kent était... grande. Il resta silencieux quelques instants.

- Nous nous sommes croisés seulement, je ne peux pas vraiment en dire plus et je ne comprends pas ce qu'il s'est passé. C'est à Sveda qu'il faut poser vos questions, elle saura sans doute mieux vous renseigner.

En parlant du loup, voilà qu'il montrait son museau, il accueillit sa belle près de lui.

- On a pas vraiment bougé. L'observant un instant il se demanda ce qu'elle avait fait. Elle avait un air coupable sur le visage et pas seulement pour ce qui arrivait à leur ami en commun. Il semblait y avoir plus. Enfin, ce n'était pas le moment de poser des questions, ils allaient se rendre à la PH.

Camille allait être soigné et peut-être que des réponses seraient apportées. Il fallait vraiment l'espérer. Dante prit la main de sa belle quand ils s'installèrent dans le véhicule et la lui embrassa.

- Ne te mets pas toute la faute dessus, tu veux?

On pouvait le dire, le loup connaissait sa lionne. Et si elle avait sans doute une part de responsabilité dans tout ceci, elle n'était pas la seule et il valait mieux, pour tout le monde, qu'elle ne prenne pas le blâme pour elle seule. Ils en parleraient. Dans un coin plus tranquille. Le moteur se mit en marche et tout ce beau monde se rendit donc à l'école.

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Caleb
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