[CLOS] Fight like a woman ! [ Miss Caine ]

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Ven 28 Oct 2016 - 0:36
Fight like a woman !






Le club d’escrime d’Édimbourg comptait un nouveau membre. Ou plutôt une. Amélia Clark s’y était inscrite à la fin de l’été. Après avoir décidé de s’installer pour quelque temps dans la capitale. À l’exception, de ses absences professionnelles, rien ne pouvait lui faire rater une séance. Elle venait chaque lundi et mercredi soir, pour suivre le cours de 20h à 22h.
Un rituel athéiste.

Mais ce jour-là, un mercredi, elle était arrivée beaucoup plus tôt. 18h00 n’avait pas encore sonné, lorsqu’elle avait franchi le seuil de la bâtisse en pierre.

Le pas conquérant. Silencieuse. Tornade muette Head retrouva le vestiaire des femmes.
Elle portait encore le tailleur bordeaux et les talons du matin. Le maquillage n’avait pas été enlevé non plus. Léger il cachait les signes communs de fatigue. Un parfum du tabac froid la recouvrait. Fragrance qui lui collait presque à la peau.
Bref, elle n’était pas prête. Pas en condition. Elle était venue sur un coup de tête. Tigresse en quête de sang.

Le sac de sport à ses pieds. Amélia quitta le costume de la femme d’affaires.
Elle allait à toute vitesse. Une excitation souterraine la rendait brusque. Comme si le tissu était désagréable à porter. Sali par la vie citadine. Imprégné par son échec. Une marque de prestige pourtant. La veste. La jupe. Le chemisier. Les bas. Tout s’échappait vers le sol. L’Américaine termina en sous-vêtement face à son casier. Le n°6.

Ses cheveux bruns ramenés en une queue de cheval sommaire au dessus de son crâne. Elle dégageait de la contrariété.

Sur cintre la tenue réglementaire était soigneusement pliée.
Amélia enfila le pantalon. Initialement taille haute il glissait à mis taille. Elle passa un t-shirt lui aussi devenue trop large. La belle avait perdu les kilos du divorce. Sa silhouette s’était légèrement affinée. Un footing quotidien d’une heure tonifiait ses muscles. Autant dire qu’elle s’était reprise en main.
Elle resserra la veste sur sa poitrine en recherchant le calme.

Personne dans la salle d’armes.
Les fleurets, épées et sabres étaient sagement alignés. Amélia retrouva sa lame. Un fer forgé en 1967. Une pointe haute. Une hanse fine. Gravée aux initiales de « E. S. » Elisabeth Sanders. Épouse de feu Jefferson Clark. Avant de devenir cette mère au foyer, Mrs Clark avait été une bretteuse.
De ses six enfants Jack et Amélia avaient été les deux à vouloir apprendre cet art.

Head contracta sa main autour du pommeau. La sensation familière du poids du fer la fit sourire.
Elle tendit son bras gauche avec fermeté pour un coup d’essai.
Satisfaite, casque sous le bras, elle pénétra dans la salle destinée aux duels. Son regard métallique balaya la pièce. Il s’accrocha une silhouette. Amélia se dirigea dans sa direction d’une démarche déterminée. Elle s’arrêta face à la jeune femme.
Le choix était fait.

Ce n’était pas la première fois que Clark la voyait ici. Elle avait déjà étudié sa technique lors de quelques matchs. La fille était bonne. De plusieurs années la cadette elle n’en possédait pas moins des bases solides. Allié à la fougue et à la force de sa jeunesse.
Cela faisait d’elle une adversaire appropriée.

- Bonjour. Je m’appelle Amélia. Lança Head en offrant une main franche. Je vous ai vu manier l’épée. Vous êtes bonne. Un sourire renforça le compliment de l’Américaine. Elle ne laissa guère le temps à la demoiselle de renchérir et enchaîna directement avec énergie. Je cherche une adversaire.
Head
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Mer 2 Nov 2016 - 13:40
Amelia Caine était une créature d'habitudes. Tous les aspects de sa vie ou presque étaient ritualisés de telle manière à la rassurer, de son respect des règles à la manière qu'elle avait de tenir chacun de ses engagements. Une discipline stricte et sans relâche, voilà ce qui la séparait de la folie. Du moins était-ce ainsi qu'elle choisissait de voir les choses. Cela lui rendait la vie plus facile à gérer, elle qui avait toujours dû lutter pour la traverser. Elle préférait suivre un courant fort mais rigide que de se laisser perpétuellement ballotter par les flots. Au point qu'elle oubliait parfois de se relâcher, de s'accorder un peu de marge de manœuvre, mais elle pouvait compter sur certains de ses proches pour lui rappeler qu'il fallait parfois lever un peu le pied. Sa compagne Alexis, sa sœur Anna, sa nouvelle amie Lotte, même le docteur Weston. Au fond, elle avait besoin des autres, mais elle l'acceptait pleinement. Cela ne l'empêchait pas d'être sa propre personne.

L'escrime faisait partie des rituels qui jalonnaient son existence, un qu'elle s'imposait autant par souci d'honorer ses engagements que par plaisir. C'était son père adoptif qui l'avait initiée quelques années après son arrivée chez les Caine. Elle avait seize lorsqu'elle avait pris son premier cours, le jour où Aleck Caine lui avait offert la lame qu'elle portait encore aujourd'hui. Un fleuret ancien, lourd, à la poignée alors mal adaptée à ses jeunes mains, mais qu'elle avait aussitôt chéri. Au fil du temps et des entraînements, il était devenu une véritable extension d'elle-même, et voilà douze ans qu'elle le maniait. Lors de son engagement dans la flotte, elle n'avait pas laissé tomber le sport, se lançant dans le programme proposé aux cadets puis aux officiers. Elle était arrivée à la première place deux années de suite, et restait bien placée depuis. Malheureusement, elle avait moins de temps pour s'y consacrer depuis qu'elle avait obtenue ses galons et qu'elle servait à bord d'un bâtiment, mais elle s'y adonnait au moins un soir par semaine dans un club d’Édimbourg. Avec le violon, c'était l'activité qu'elle refusait de lâcher quoi qu'il lui en coûte. Cela lui faisait un bien fou, et c'était un plaisir autant qu'un véritable besoin.

Ce soir là, elle était arrivée un peu plus tôt, comme à son habitude. Et elle était le genre de personne qui se tenait à ses habitudes, profondément ancrées dans sa nature. Elle sortait d'une simulation de la flotte et s'était rendue au club dans son uniforme. Devant son casier, elle l'avait ôté avec la précision méthodique et la rapidité attendues d'un officier de bord avant de soigneusement les ranger dans son sac. Puis elle avait enfilé sa tenue blanche d'escrimeuse, et avait noué ses cheveux châtains en une queue de cheval. Le masque et le fleuret sous un bras, elle s'était alors redue dans la salle. Comme souvent, elle était la première arrivée. Amelia appréciait cet instant de calme avant l'effort, quand elle se retrouvait seule dans la grande pièce, et que ses pas résonnaient sur le sol dur. Elle mettait alors son masque et se lançait dans une série d'exercices réguliers, s'y consacrant toujours avec un grand respect, sans se presser, comme si c'était encore son premier jour. Respecter la lame, voilà ce qu'il ne fallait jamais oublier.

Après quelques minutes de son échauffement solitaire, les premiers autres membres arrivaient, seuls ou en petits groupes, et leurs conversations la tirèrent progressivement de ses pensées. Un femme brune, un peu plus âgée qu'elle, se dirigea droit vers le lieutenant pour l'aborder. Elle dégageait une grande assurance qui n'aurait pas dépareillé chez un officier supérieur. La femme lui tendit la main avec un sourire ; une américaine, à en juger par l'accent. Amelia lui retourna sa franchise d'une bonne poigne, souriant elle aussi.

« Enchantée de faire enfin votre connaissance. Je vous ai déjà vue également, et je vous renvoie le compliment. Ce serait un honneur de croiser le fer avec vous. Et il semblerait que nous n'ayons pas que l'escrime en commun : je suis aussi une Amelia. Amelia Caine.»

La coïncidence était amusante, et Caine avait d'ores et déjà décidé qu'elle allait apprécier sa condisciple aussi bien de sport que de nom. Elle n'était pas toujours très à l'aise avec de nouvelles personnes dans un cadre privé, mais le fait de se retrouver sur le terrain rendait la choses plus facile. Elle se recula du nombre de pas réglementaires et rabaissa son masque. Elle salua son adversaire avant de se mettre en garde : « Quand vous voulez ! »
Solaris
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Sam 19 Nov 2016 - 21:59
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Le sourire avenant se modifia légèrement au moment où Amélia entendit le nom de son interlocutrice. Elle l'observa avec une pointe d'amusement dans le fond du regard. Édimbourg était remplie de surprises.
Le nom de famille de la jeune femme lui était familier. Georges Powell convoitait une part du marché en aéronautique. La compétition faisait rage. Comme seuls le font les domaines d'avenir. L'Américain n'était pas parvenu à battre les performances des Caine. Ils étaient les meilleurs dans le milieu. Head était contente de faire face à l'une de ses représentants. Que sa famille ait donné des difficulté à son ex-mari lui garantissait une sympathie.
De quoi adoucir son humeur massacrante.

Eh bien ! C'est amusant ! J'ai l'intuition que ce ne seront pas les seuls ! Allons-y !

Un signe de main de Clark avertit l'un des arbitres de la salle qu'elles allaient utiliser l'espace 3. Celui-ci se chargea d'activer les capteurs de mouvements et le logiciel de décompte. Tout était compté par des machines. Une évolution technique qui démontrait la rapidité avec laquelle la science progressait depuis une vingtaine d'années. C'était d'ailleurs l'un des enjeux perpétuel dans le monde industrielle dans lequel évoluait la famille d'Amélia.
Compté incitait à faire une performance. Ce n'était pas forcément nécessaire, puisque les filles faisaient un match informel. Mais Amélia ne disait jamais non.

Le son feutré des pas sur le parquet. Dix mètres derrière la ligne centrale. Une stature droite. Un corps ferme et vif. Clark ne faisait pas son âge. Elle avait en elle l'énergie de la passion des âmes sincères. Seuls les aléas de sa propre existence l'avait obligée à devenir « Head ».
Salut. Lorsque l'Américaine se redressa son regard luisait. Un regard d'un bleu de roi.

En garde !

15 touches en 3 manches.
C'est ce que disait la règle du jeu. Amélia ne visait pas le score le plus haut. Elle voulait les meilleures touches. L'art n'était pas, selon elle, dans la quantité, mais dans la qualité des mouvements. La perfection était pour elle un état de vie.
Nulle surprise à ce qu'elle soit devenue l'une des commerçante les plus efficace dans son domaine.

Une inspiration et la brune lança la première offensive. Pieds dansants. Les quelques années de danse classique l'avait dotée de souplesse. Elle réduisit la distance de trois pas. Elle recula immédiatement de deux pas. Puis de un. Avant d'avancer de nouveau sur quatre mètres.

A travers la grille de protection son regard suivait la silhouette de l'officier. Au moment qui lui paru le plus opportun Head bandit le bras armé et tourna le poignet pour une touche au niveau de l'abdomen. La pointe de la lame toucha brièvement l'uniforme de la jeune femme.

Amélia recula pour aller reprendre sa position initiale. Elle retira son casque pour échanger un sourire avec son adversaire. Le sourire de celle qui sait avoir fait un bon coup.
Cependant, contrairement à tous les autres espaces de compétition dans son existence, Clark n'exaltait aucun orgueil. Elle était surtout satisfaite de son action.

Arrivée à sa propre ligne de sécurité.

En garde !

Elle reprit sa position de garde pour la prochaine passe. Sous le casque de protection se devinait le sourire d'une louve en plein jeu.
Head
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Lun 28 Nov 2016 - 9:23
L'escrime avait toujours apporté à Amelia une discipline qui lui faisait un bien fou. Cela lui permettait de se concentrer sur l'instant, de vider son esprit pour le diriger tout entier sur son corps et sa position dans l'espace. Pas de doutes, pas d'angoisses, uniquement la lame dans sa main. Une lame devenue une véritable extension d'elle-même, et dont la poignée offrait une prise aussi familière que rassurante. Elle n'aurait pu imaginer combattre sans elle, et le sabre de cérémonie qu'elle portait lors de ses apparitions officielles en tant qu'officier de la flotte lui paraissait bien moins adéquat. Heureusement, elle n'avait jamais eu besoin de s'en servir pour un match, d'autant qu'il n'était finalement pas vraiment fait pour ça.

La flotte ne demandait pas à ses membres de savoir se servir d'une épée, mais la pratique restait bien vue chez les officiers, et Amelia mettait toujours un point d'honneur à exceller dans les domaines qu'elle représentait. Non pas dans le but d'être la meilleure aux yeux des autres, mais dans celui d'être la meilleure qu'elle pouvait être face à son propre regard. Elle avait démontré plus d'une fois à certains de ses collègues qu'il ne fallait pas la sous-estimer en situation de combat, ce qui en avait étonné plus d'un. Autant dire que sur un tapis d'escrime, elle se sentait comme un poisson dans l'eau, et c'était l'une des choses qui lui manquait le plus lorsqu'elle était en poste sur un aéronef : il n'y avait guère de place à bord pour s'y entraîner.

Plus important encore, la pratique du sport de combat lui permettait de décompresser d'une manière unique qui lui convenait à merveille, en plus du simple exercice physique. Si elle se défendait au corps à corps, elle préférait néanmoins l'escrime, qu'elle considérait comme plus élégant, plus technique. C'était une part d'elle-même qu'elle ne pouvait imaginer abandonner d'une manière ou d'une autre. D'autant qu'elle avait toujours la possibilité de s'améliorer, d'aller plus loin, de prouver qu'elle était capable de se dépasser. Et puis elle en appréciait l'élégance, la finesse, la précision, dont les règles étaient les meilleures représentantes.

Concentrée sur l'instant, la jeune femme ne quittait pas des yeux sa partenaire après le salut réglementaire. Il y avait bien des éléments à ne pas perdre de vue chez son adversaire : son épée bien sûr, mais aussi ses pieds, la manière dont elle se déplaçait, les mouvements de sa tête. Une succession de petits détails qui, pris ensemble, lui donnaient une meilleure idée des talents de son homonyme. Le lieutenant put rapidement juger de la technique de Clark, qui se révélait redoutable. Ses mouvements étaient précis et énergiques, et elle y concentrait toute sa volonté de gagner, attendant le meilleur moment plutôt que de se perdre dans une succession de coups. D'une certaine manière, leur manière de combattre n'était pas très différente ; Amelia préférait aussi viser la touche parfait plutôt que de se contenter de submerger son adversaire. Elle souriait sous son masque, heureuse de la manière dont débutait ce match. Sa partenaire allait lui donner du fil à retordre, et c'était généralement le signe d'une excellente séance.

A la première touche, Amelia sut qu'elle avait vraiment une assaillante à la hauteur. Elle n'avait pu éviter le coup, qui avait été placé avec une grâce trompeuse, mais qui lui donnait aussi une meilleure perception du combat. Elle avait surtout profité de ce premier échange pour analyser la technique de Clark, et se faire une idée de la manière dont elle comptait se battre. Bien sûr, cela ne voulait pas tout dire, et elle se doutait bien que l'autre Amélia lui réservait encore des surprises, mais c'était un début. Caine recula elle aussi jusqu'à sa position de départ, relevant également son masque pour croiser le regard de l'autre après avoir croisé le fer. Elle lui retourna son sourire, l'accompagnant d'un petit hochement de tête appréciateur. Puis la protection à nouveau sur le visage, elle se remit en garde.

D'un bond, elle se précipita en avant, mais au moment où Clark allait pouvoir riposter, Amelia n'était déjà plus là. Sa feinte paya : d'un revers, elle glissa sa lame le long de son bras et la fit passer sous la garde de son adversaire, la touchant au sternum, égalisant le compte. Elle n'allait pas se laisser faire, et le combat serait serré jusqu'au bout : elle n'en attendait pas moins de Clark, et le combat allait s'avérer des plus intéressants. Qu'elle gagne ou qu'elle perde, Amelia considérait déjà cet entraînement comme capable de beaucoup lui apporter.

Un nouveau salut, puis le combat pu reprendre : touche après touche, chacune des femmes ne perdant du terrain que pour le regagner l'instant d'après, dans une lutte qui allait se révéler aussi redoutable que satisfaisante.
Solaris
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Lun 19 Déc 2016 - 22:47
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Le match continua sur la note sur laquelle il venait de s'ouvrir. Rythmé. Dynamique. Un point prit était récupéré juste derrière. Un jeu de va et vient. Dès lors le but ne fut plus de distancer l'adversaire. Plutôt de lui arracher LE point de la victoire. Les chiffres défilaient sur l'écran central, démontrant à quel point les filles étaient au coude à coude.
Clark évacuait toute la rage contenue contre son frère. Dans chacun de ses coups s'exprimait sa détermination personnelle. Michael Clark, l'aîné, venait d'entamer une guerre ouverte contre sa cadette.

L'échange effréné attira d'ailleurs l'attention du reste de la salle.
Les autres épéistes furent curieux. Ils s'étaient rassemblés pour regarder le duel. En quelques minutes le public se divisa. A la crié, les plus joueurs d'entre eux lancèrent des paris. Chaque touche s'accompagna d'exclamations.

L’entraîneur arriva dans la salle alors que les derniers coups furent échangés. La cinquantaine, grand, blond, au catogan et à la barbe bien taillée. Il avait un petit air de Mousquetaire. Les femmes prenaient plaisir à ses manières passées. Tout comme à observer cet athlete sculpté par son art. Malheureusement pour ces dames ce d'Artagnan n'avait d'yeux que pour son bel Aramis.
Surpris de voir tant d'excitation il approcha pour observer la raison de l'agitation. Un sourire éclaira son visage austère. Il suivit les filles des yeux pendant la fin de leur partie.

Seulement...

Le système de sécurité se mit en marche. Lumières éteintes. Ascenseurs bloqués. Portes automatiques closes. Plus de vrombissement dans les murs. La clim hors service. Le bâtiment paralysé. Coupé du reste de la ville. La salle d'entrainement se retrouva éclairée par les rares raie de lumières qui transperçaient les persiennes.
Une panne d'électricité, comme il en survient de temps à autre, quand le ciel est chargé.

De l'étonnement les esprits basculèrent dans la panique. Un murmure gronda dans la troupe. Plusieurs voix piaillèrent. Le gardien fit son apparition dans la grande salle. Munie d'une lampe torche électrique le formateur entra dans le cercle. En tant que responsable il se devait de suivre la procedure standard.

Amélia détendit son bras, la pointe de son épée pointée vers le sol, elle tenta d'écouter les directives. Elle cessa d'être attentive quand l'homme demanda si quelqu'un avait un moyen de communiquer avec l'extérieur. La langue claqua au palais en signe d'agacement. Encore un homme sans savoir.

Venez. Commanda Clark en calant son casque sous son bras libre.

Les faisceaux des appareils individuels pour uniques guides jusqu'aux vestiaires des femmes. Retour à la case départ.
Head tâtonna un peu jusqu'à trouver le casier. Le N°6. Une chance que les cadenas soient à clef magnétique depuis septembre. Le sac de sport attérit sur le banc avec force. Puis le sac-à-main. Le cellulaire, en fonction lumière éclaira, les recherches vestimentaires. Clark fit glisser le pantalon de sport tout en s'adressant à la jeune femme.

- L'équipe de secours met parfois des heures avant d'arriver. Je ne sais pas pour vous, mais j'ai un dîner que je ne peux pas manquer ce soir.

Le haut venait d'y passer à son tour. Élevée avec trois frères et deux sœurs, Amélia n'était pas spécialement pudique. En présence d'une femme. Elle considérait Caine comme l'une de ses semblable. Qui plus est sans électricité difficile de distinguer grand-chose. Le grain de peau qui tire sur le lait. Les tâches de rousseurs. Les petits stigmates que la vie laisse sur la chair. Un corps encore ferme et soigné.
Une robe de soirée bleue nuit disparue du cintre pour glisser le long des hanches de l'Américaine. Coupe cintrée. Aux genoux. Une fermeture dorsale remontée aussi prestement que le reste. La paire de baskets encore aux pieds. Le sac à l'épaule. Le portable en éclaireur. Un être de l'action.

Head planta ses yeux bleus dans ceux de l'officier.

- Je pense qu'on peut trouver une sortie. Vous me suivez ? Amélia sortit de la pièce en marmonnant. Damned, je tuerais pour une cigarette. Vous fumez ?

Le couloir était totalement désert.
Personne n'était revenu ici. L'endroit ressemblait à un plateau de film d'horreur. Il en fallait un peu plus pour mettre mal à l'aise une fille qui avait grandit prés des gigantesques forêt du Maryland. Clark fit basculer la poignée du bureau du directeur. Elle entra et fouilla les murs à la recherche du plan de sécurité.
Un cliché.

- Il y a un local poubelle un peu plus loin. En général la porte n'est pas mécanique.

Clark tourna les talons.
Head
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Mer 4 Jan 2017 - 14:16
Le combat continuait, et il n'était pas près de s'arrêter de sitôt. Aucune des deux adversaires ne cédait un pouce de terrain, usant de toutes leurs ressources et de toute leur expérience pour faire face. C'était un duel qui testait toutes leurs capacités, et Amelia appréciait de s'abandonner dans la précision et l'ivresse du combat. Plus rien d'autre ne comptait, elle oubliait tous ses soucis et ses névroses : il n'y avait plus que les épées. Sa partenaire était très douée, dotée d'une discipline et d'une fougue intérieure qui offraient un véritable défi à la la militaire. Un point pris d'un côté était vite rattrapé par l'autre, et les attaques se multipliaient avec de plus en plus de maîtrise au fur et à mesure que la bataille s'emparait d'elles. L'escrime nécessitait un équilibre intérieur total, et un véritable accord avec son corps, ce qui apportait toujours beaucoup de paix à Amelia. Là où elle se sentait maladroite dans la danse, elle se sentait parfaitement en phase avec le sport de l'épée ; elle ne savait plus si sa lame était une extension d'elle-même, ou si c'était l'inverse.

Elle avait à peine remarqué les autres élèves qui assistaient à l'engagement. Même leur professeur n'avait pas osé les interrompre, lui qui n'avait pourtant jamais hésité à faire régner l'ordre. Caine appréciait cet homme, un maître efficace au caractère strict mais juste qui lui rappelait certains des meilleurs officiers supérieurs sous les ordres de qui elle avait pu servir. Lui-même semblait bien en peine de pouvoir départager les épéistes, et un air d'intense concentration se lisait sur son visage tandis qu'il suivait chacun de leurs mouvements. Et lorsque les lumières s'éteignirent brutalement, cet homme généralement si austère ne put retenir une exclamation de consternation, à l'image de la plupart des autres élèves pris par le spectacle.

Amelia fit quelques pas en arrière pour se désengager, ôta son masque et glissa sa rapière sous son bras tandis qu'elle se débarrassait de ses gants. C'était là quelque chose qui l'avait toujours gênée ; elle préférait sentir les objets qu'elle tenait directement sur sa peau. Elle conserva son calme malgré la panne ; il lui en fallait plus pour l'effrayer, elle qui avait l'habitude des pannes de système à bord d'un aéronef. Et puis elle profitait encore de l'adrénaline produite par son duel, et qui faisait tant de bien à son esprit toujours bien trop nerveux. Sur l'Arche, ce genre d'incident se produisait régulièrement, lorsque le ciel se montrait capricieux. Ce n'était probablement pas une tempête, pas aussi rapprochée de la précédente à l'ouverture de l'exposition universelle, mais c'était là les aléas d'une vie nouvelle dans les airs.

« Je vous suis. »

Elle emboîta le pas à Clark, n'ayant guère l'envie de rester à poireauter dans le noir. Dans ce genre de situation, elle préférait rester active plutôt que dans l'attente. Dans les vestiaires, voyant qu'il n'était guère facile de voir, elle sourit et leva une main : « Je m'en occupe. »

Après un instant de concentration pour appeler à elle son pouvoir, elle révéla la lumière qu'elle avait emmagasinée en elle, et sa main se mit à briller vivement, à l'image d'un soleil miniature qui éclairait mieux encore que la plus performante des lampes torches. Son don pouvait se révéler pratique, comme elle l'avait découvert plus d'une fois lors de situations similaires. Elle s'habilla à son tour ; la pudeur n'était pas au nombre de ses névroses, encore quelque chose qu'elle devait à l'armée.

« Je vous comprends. Ma compagne m'attend à la maison, et j'aimerais bien ne pas manquer la soirée. Et si on doit compter sur les secours habituels... Parfois, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. »

La main toujours luisante, elle jeta son sac sur l'épaule et suivit son homonyme dans les couloirs. Elle était impressionnée par le caractère dont elle faisait preuve, et du charisme naturel dont elle était dotée, qui donnait envie de la suivre sans poser de question.

« Je vois la sortie dont vous parlez. Vous savez garder votre sang-froid, et vous ne perdez pas de temps. Vous feriez une excellente officier. »

Ce qui, de la part d'Amelia, était un très grand compliment. Elles atteignirent le local à poubelles, et la fameuse porte censée leur apporter la liberté. Caine s'y dirigea sans attendre, et poussa avec force. La porte était lourde et ancienne, aussi résista-t-elle dans un premier temps, avant de finalement s'ouvrir en grinçant pour leur révéler la ruelle. Dehors, le soleil était en train de se coucher, et les deux femmes purent constater que la panne touchait tout le quartier.

« Dites donc, les filles, peut-être qu'on pourrait vous soulager un peu de vos affaires ? Il va faire sombre dehors, et c'est pas sûr de sortir seule, on ne sait jamais sur qui on va tomber... »

Une petite bande avait fait irruption dans la ruelle, une demi-douzaine de jeunes gens aux tenues bigarrées ; la plupart avaient l'air un peu éméché, et riaient grassement entre eux. Celui qui avait pris la parole semblait plus vif, et un sourire mauvais fendait son visage tandis qu'il jouait nonchalamment avec le couteau à cran d'arrêt qu'il tenait dans une main. Et lorsqu'il aperçu celle, brillante, d'Amelia, il reprit de plus belle : « Et voilà une de ces monstres ; franchement les gars, on a touché le gros lot ! »

A ces mots, le lieutenant serra le poing, et son regard étincela de colère. Toujours dans le rush du duel, elle n'allait pas se laisser démonter par des crétins pareils. Aujourd'hui, il lui faudrait bien plus pour diminuer sa confiance. Elle était officier de la flotte, que diable, et ces types n'allaient pas tarder à découvrir ce que cela voulait dire ! Elle chercha Clark du regard, sans accorder plus d'attention aux manants : « Je vois qu'on a déjà sorti les poubelles. Comment est-ce que vous voulez jouer ça ? »
Solaris
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Dim 8 Jan 2017 - 16:53
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L'expression de la capacité extraordinaire de l'officier Caine alluma une sonnette d'alarme dans le crâne de l'Américaine.
Elle ne modifia en rien son comportement mais activa ses sens. Clark n'était pas foncièrement une « anti-prodige ». Son amant actuel était un prodige. Elle l'appréciait a de là de cette bizarrerie génétique.
Mais. La réserve était là. Ces êtres hors normes étaient manifestement avantagés. Puissants. La « guerre de 4 ans » en avait été la preuve flagrante. Le conflit avait amené l'Archipel et sa famille au bord du gouffre. Elle se garda d'épiloguer.

- A qui le dites vous. Rétorqua Clark avec ironie.

Le monde entier était gouverné avec des lois qui prônaient individualisme et égoïsme. La loi du plus fort était le crédo auquel même les plus grands idéalismes se pliaient. L’Apocalypse n'avait pas réellement transformé l'Humanité. Elle s'était retranchée sur elle-même.
Survivre restait le mot d'ordre.

- Hum. Je n'en suis pas si sûre. Lucide.

Même si son petit-frère avait également vu en elle les qualités d'un leader de troupe.

Les voies commerciales amenaient Amélia à côtoyer la sphère militaire de temps à autre.
Féministe. Pro-paix. Les discours des Généraux avaient tendance à la faire sortir de ses gonds. Elle avait d'ailleurs provoqué quelques esclandres, aux grands dîners, pendant les premières années de son mariage. La mort de Jack -son jeune frère- sur le front civile avait fait d'elle une anti-militariste. Elle était contre l'usage de la force brute. De toute façon, Clark voulait croire au pouvoir de la machine judiciaire. Aux lois. A tout ce qui faisait de leur société une société -dite - évoluée.
Là était son champ de bataille.

La ruelle mit ces convictions à l'épreuve. Une fois de plus.
Il fallait croire que les filles auraient mieux fait de rester dans l'enceinte du bâtiment. Cette énième manifestation de barbarie humaine alluma une flamme de détermination en elle. Head ne passait pas ses journées à lutter pour l'égalité, pour que des primates viennent la menacer de leurs muscles. Ils ne l'emporteraient pas.

Observa le tableau. 6 individus armés et sous substance. Avec des intentions belliqueuses. La situation était plus que problématique. Problématique, pour ne pas dire dangereuse. (Clark venait à peine de débuter sa formation en combat au corps à corps à Arkadia.) En particulier avec des velléités raciales dans la balance.
Ceux là se terminaient malheureusement quasiment à chaque fois de la même façon.

La brune fusilla le leader du regard. Il représentait exactement le genre de gars à cause de qui la guerre avait éclaté. Ce qu'elle haïssait. Il méritait de finir dans un trou.

- Je n'ai pas envie d'abîmer ma robe. Le GSM en main Clark activa le numéro d'urgence. Préenregistré sur la touche n°2. Elle articula clairement. Code 12 sur Westside. 02 John Woods Street. 6 hommes. D'un geste ultra vif Amélia braqua la caméra de l'appareil sur le groupe.Messieurs souriez. Un cliché parti instantanément dans les dossiers virtuels journaliers, du commissariat du district.

Le tout en moins de 15 secondes. Une voiture arrivait normalement en 7 minutes sur les lieux. Au mieux.

Arme juridique en poche l'Américaine laissa son sac choir sur le sol. La vie à New-York lui avait enseigné une règle primordiale. Ne pas montrer sa peur. Jamais. La loi du plus fort prévaut. Ces hommes devaient croire qu'ils n'avaient absolument aucune chance, de l'emporter dans un conflit au corps à corps.
La chance voulait que Clark était douée pour garder le contrôle. Manipuler et duper ses cibles aussi. Elle leur offrait un visage placide. La peur juguler derrière la glace de sa colère.

- Maintenant vous choisissez. 6 mois de prison. Ou je vous carbonise le cerveau de l'intérieur pendant mon amie vous finit au bûcher. Hum ? Votre choix  ?

La réaction de la femme était assez inhabituelle pour les déstabiliser.
Une vague d’appréhension passa dans le groupe aviné. Les agresseurs s'observèrent les uns les autres. Indécis. Même le plus idiot d'entre eux était au courant que des Lois protégeaient les Prodiges. L'Ecosse faisait partie des ïles qui avaient signé les accords de 2002. Allaient-ils courir le risque de parier contre elles ?
Head
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Mer 18 Jan 2017 - 10:32
Amelia n'avait pas vraiment réfléchi avant d'utiliser son don, ce qui ne lui ressemblait pas. Elle se montrait habituellement plus discrète, pour se préserver autant que pour ménager la susceptibilité d'autrui. Ce qui n'avait pas toujours été facile. Plus jeune, son pouvoir se manifestait au rythme de ses émotions les plus vives ; et se mettre soudainement à briller d'une lumière vive alors que tout ce qu'elle voulait, c'était disparaître dans un coin, ce n'était pas très pratique. Au moins ne s'était-elle jamais retrouvée dans une situation dangereuse à cause de ça, ce dont elle s'estimait heureuse. D'autres prodiges n'avaient pas eu autant de chance... Malheureusement, le sentiment anti pouvoir pouvait se révéler encore fort, même s'il était plus marginal sur une arche comme celle d’Édimbourg. On le devait sans doute à la présence de la Potential Home, qui continuait de faire beaucoup pour l'intégration des jeunes prodiges à la société. Ancienne élève elle-même, elle lui devait beaucoup ; c'était en grande partie grâce à l'école qu'elle avait pu rejoindre la flotte. Une flotte qui l'avait accueillie malgré ses différences. Dans son ensemble, elle ne lui avait jamais tenu rigueur d'être une prodige, et s'était concentrée principalement sur ses talents, ce qu'elle avait toujours trouvé appréciable.

« Vous savez réagir sous la pression, vous ne perdez pas de temps, et vous avez le charisme. Officier ou non, le pouvoir vous va bien. Dans le bon sens, bien sûr. Vous n'avez pas non plus l'air du genre à en abuser, ce qui est aussi une bonne chose. Et si vous dirigez ne serait-ce qu'à moitié aussi bien que vous manier l'épée, il y a de quoi être impressionnée. »

Le lieutenant se demandait si son homonyme avait quelque chose contre les militaires. Ce ne serait pas la première personne pensant ainsi qu'elle rencontrerait, mais cela ne l'empêchait pas de s'entendre avec elle. Souvent, on lui reprochait de faire partie de la machine de guerre, ce à quoi elle rétorquait qu'il n'y avait pas de guerre, et que le rôle de l'armée n'était certainement pas de favoriser cette dernière. En réalité, on comptait les va-t'en-guerre sur un doigt de la main au sein du haut commandement, ce qui était heureux. Amelia avait toujours vu la flotte comme une force de paix, chargée de la maintenir et d'intervenir uniquement si elle était menacée.

« J'en conclus que vos n'êtes guère militariste. Ça tombe bien, moi non plus : on ne le croirait pas, mais c'est une qualité, chez une militaire. » Elle sourit, signifiant qu'elle n'avait aucune intention de provoquer un débat stérile ; au contraire, elle était sincèrement curieuse d'en savoir plus sur l'opinion de l'autre femme.

Mais la discussion devrait attendre : la ruelle les précipitait dans une nouvelle épreuve. Dès l'apparition des voyous, Caine avait senti tous ses sens se mettre aux aguets, et ses muscles se tendre comme à l'entraînement de combat. Tous les membre de la flotte avaient des notions d'autodéfense, et Amelia avait continué les leçons au-delà du minimum demandé. Il y avait peu de chance qu'elle se retrouve à devoir lutter au corps à corps sur le pont d'un aéronef, mais elle aimait être prête à tout. Quand elle commençait quelque chose, elle allait jusqu'au bout, et même au-delà : elle ne savait pas faire autrement. Aussi ne se sentait-elle pas particulièrement inquiète. Elle avait confiance en ses capacités, ainsi qu'en celles d'Amélia. Elle faillit sourire ; c'était un signe qu'elle avait retrouvé de l'assurance depuis l'incident avec les pirates. Plus les jours passaient, plus elle se sentait maîtresse d'elle-même en situation de crise.

« Si j'étais vous, j'écouterais mon amie. Et encore, elle se montre patiente. Je ne sais pas comment elle fait... Plutôt que de perdre du temps, j'aurais envie de vous faire flamber tout de suite. Je ne pense pas qu'elle trouve beaucoup à carboniser dans vos petits cerveaux, mais ça vous épargnerait un peu de souffrance. »

Pour appuyer ses propos, elle se concentra pour faire appel à son pouvoir, ramenant à la surface l'énergie stockée ces derniers temps : tout son corps se mit à étinceler, forçant les gens alentours à plisser les yeux pour se protéger de son éclat. Amelia était à peu près sûre qu'elle n'était pas capable de réellement enflammer quelqu'un ; elle n'avait jamais essayé, et n'en avait pas l'intention. Mais elle savait qu'en concentrant ses pouvoirs, elle avait de quoi causer des dégâts sérieux ; tout dépendait de l'énergie qu'elle avait en réserve. Elle espérait surtout ne pas avoir à la gaspiller pour ces malandrins. Des malandrins qui firent fonctionner les quelques neurones en état de marche qu'ils se partageait tous, et lorsque le meneur se retourna pour trouver du soutien, ce fut pour voir que ses acolytes étaient en train de se faire la malle. Il recula de quelques pas, son visage tordu sous l'effort provoqué par un tel dilemme. Finalement, il prit la suite des autres, sa dignité blessée ; mais mieux valait sa dignité que le reste de sa personne.

« Voilà qui est fait. » lança joyeusement Amelia, tandis qu'elle diminuait l'intensité de la lumière jusqu'à redevenir parfaitement normale. « Vous savez vous y prendre, belle tactique d'intimidation. Ça vous arrive souvent ? »
Solaris
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Dim 29 Jan 2017 - 21:00
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Portrait gratifiant. Dépeint avec sincérité. Head ne cacha pas sa satisfaction personnelle en entendant son homonyme. Les institutions pour lesquelles l'Américaine travaillait lui reconnaissait un savoir faire. Elles n'allaient pas jusqu'à l'encourager à prendre le pouvoir.
Sans les principes qui la cantonnait à des rôles subalternes, cette femme aurait peut-être tenté une carrière différente. La politique. Être un décideur.

Puisque, son interlocutrice avait l'air curieuse il y eu des détails.

- J'ai dirigé une multinationale pendant quelques années. « P&C »

Le groupuscule avait connu une immense expansion au début des années 2010. Leur réseau s'étendait jusqu'en Chine. Ils étaient même puissants. Ils auraient pu obtenir une suprématie.
Le divorce des deux parties avaient sonné la fin de l'empire commercial. Un gâchis. Chacun avait sa part de responsabilité. Amélia n'était pas prête à pardonner à Georges. Probablement ne le serait-elle jamais.

Clark était sur le point de réagir à la remarque du lieutenant Caine. Elle dû, à la place, se concentrer sur le groupe qui venait les ennuyer. Importuner.

La mise en scène de la militaire fit l'effet escompté. Une intensité lumineuse assez impressionnante pour décourager les hommes. Amélia se concentra pour ne pas montrer qu'elle était elle aussi impressionner. Une main, cela pouvait s'entendre. Le corps entier c'était une tout autre échelle.
De quoi d'autre était capable cette jeune femme ?

Head observa la prodige reprendre un aspect normal. Face à son sourire rayonnant elle s'apaisa un peu. Aucune raison de s'inquiéter. Caine ne cherchait pas la domination. Comme d'autres de ses semblables. Elle avait l'air d'être une personne pourvue de morale.

- Oui. J'ai un côté assez procédurier. C'est utile parfois. Clark réfléchie une seconde. Pas depuis que je suis ici non. C'était plus courant à New-York.

Sac à l'épaule Head se remit en mouvement.
La menace était loin. Les filles n'avaient plus rien à craindre. D'une manip' sur le GSM la transcription de l'agression fut terminée. Les autorités compétentes se chargeraient des poursuites. Ces hommes auraient à assumer leurs actes. Réprimandés. Avant d'avoir une opportunité d'aller plus loin.
Une mésaventure qui démontrait que la force n'était pas l'unique réponse aux conflits.

Au bout de quelques pas Amélia ajouta pour que tout soit clair.

- Tout à l'heure. C'était du bluff. Je ne suis pas prodige. Derrière l’honnêteté intellectuelle, la crainte peut-être, d'être assimilée.

Clark était fière d'être ce qu'elle était. Simple mortelle. Avoir réussi sans une aide cosmique. Sans talent inné. Il y avait de l'orgueil là dedans. Mais pas seulement. Il y avait une rancœur mal domestiquée. Non-assumée. Dû au traumatisme dans son histoire familiale. Personne n'était réellement responsable. Mais, la peine n'avait, ni raison, ni maître.

- Et pour vous répondre. Mon père a été un officier lui. Capitaine Jefferson Clark. Réformé en 89. Il nous a éduqué avec les codes de l'armée. J'étais la plus réfractaire. Jusqu'à ce que je décide de me mettre à travailler. Elle sourit à son interlocutrice. Il était rare qu'Amélia puisse parler de son défunt père. Le sourire se tassa à la mention du second nom. J'ai un frère qui s'est engagé au CSN. Au début de la guerre des Cultes. Il n'est pas rentré.

Un aveux qui n'était pas facile à faire. Ou a entendre.
L'ouverture d'esprit de la militaire l'y avait poussé. Mieux, expliquer, justiifer une position. Clark n'avait pas peur. Le sang. La mort non. C'était la rage qu'elle sentait bouillonner en elle. De celle qui l'avait prise en allant au club ce soir. A noircir ses pensées et ravager son cœur. Que seuls, ceux qui s'étaient vues injustement privés des êtres chers, ressentaient.

- Je suis certaine que vous faites de l'excellent travail Amelia. Une observation basée elle aussi sur tout ce qu'elles avaient échangées. Je vais rejoindre le métro. Et vous ?

Les geurrières urbaines découvraient un quartier immobilisé. Sans électricité le coin tout entier était statufié.
Spectacle à nul autre pareil.
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Sam 4 Fév 2017 - 14:29
Je veux vivre, je ne veux pas mourir.
Je veux vivre, je ne veux pas mourir.
Je veux vivre, je ne veux pas mourir.


Le mantra fit irruption dans un coin de son esprit, et Amelia était surprise qu'il ne se soit pas manifesté plus tôt, quand le danger était réel. Elle en était heureuse, cela voulait dire qu'elle était à nouveau apte à réagir efficacement en situation de crise. Qu'elle était capable de repousser l'angoisse qui l'habitait au lieu de la laisser prendre le contrôle. Ici, dans la ruelle, elle n'avait pas hésité une seconde avant de réagir. Et comme elle l'avait appris lors de l'agression des pirates contre l'aéronef sur lequel elle servait, la moindre seconde pouvait s'avérer précieuse, voire indispensable. Cela pouvait signifier la différence entre la vie et la mort pour les membres de l'équipage, et elle pensait toujours qu'elle aurait pu mieux faire ce jour-là en assumant le commandement. La culpabilité ne la rongeait plus comme avant. Elle la sentait toujours, mais de manière à en tirer des leçons plutôt que de s'en morigéner inutilement.

Même maintenant, la phrase obsédante qu'elle se répétait pour garder pied n'était pas forte au point de submerger toutes ses autres pensées. Maintenant que l'adrénaline retombait, elle s'y réfugiait presque comme sous une couverture rassurante. Ce n'était que des mots, elle le savait, mais elle avait appris à s'y raccrocher depuis l'enfance, et ils faisaient autant partie d'elle que chacune de ses cellules. Elle laissa la répétition tourner en arrière-plan de ses pensées tandis qu'elle calmait sa respiration et se concentrait pour baisser l'intensité lumineuse jusqu'à ce que sa peau redevienne normale. Amelia se sentait toujours plus légère après une utilisation aussi conséquente de ses pouvoirs ; à vrai dire, elle appréciait une bonne occasion d'évacuer l'énergie ainsi accumulée au fil des jours.

« Un côté procédurier, ça peut mener loin. Et ça peut éviter bien des soucis. Dans la flotte, on dit souvent qu'une bonne procédure peut éviter une mauvaise guerre. Mieux vaut s'affronter comme plutôt qu'au son des cannons. »

On pouvait faire partie de l'armée sans être outrageusement militariste, et Amelia en était un bon exemple. Porter l'uniforme, c'était avant tout pour elle un moyen d'assurer l'ordre et la paix. La sécurité de l'Arche, comme celle du reste du monde, dépendait du bons vouloirs des forces en puissance, et elle attendait d'elles qu'elles se montrent raisonnable. Au fond, le rôle de la flotte consistait plus à protéger les appareils et convois civils des pirates plutôt que de jouer à la guerre. Même s'il n'y avait jamais de mal à être préparé, si le pire devait un jour se produire. Mais malgré les habituelles tensions, le lieutenant n'avait pas l'impression qu'un conflit d'envergure était sur le point d'exploser à l'échelle internationale. Du moins l'espérait-elle.

« Qu'est-ce qui vous amène sur l'Arche ? J'espère que vous vous y plaisez. Et pas de soucis, pour cette histoire de prodige ; c'est ce que j'appelle avoir de la présence d'esprit. »


Caine n'était pas très sûr de la manière dont son homonyme considérait les gens dotés de pouvoir. Elle ne se montrait nullement désagréable, mais elle sentait chez elle une certaine réserve. Mais une réserve discrète, maîtrisée, et elle ne semblait pas être le genre de femme à se laisser dominer par ses bas instincts. Amelia n'utilisait que peu ses pouvoirs en public ; elle savait que les gens n'étaient pas toujours à l'aise avec de telles démonstrations. Fort heureusement, la Potential Home l'avait aidée à s'intégrer et à accepter ses pouvoirs très tôt, et la flotte s'était révélée être une organisation globalement dépourvue de ce type de préjugés. On s'en prenait plus facilement aux marines qu'aux prodiges, sur le pont d'un vaisseau. Du moment que chacun faisait son boulot, on ne cherchait pas plus loin. Il y avait des exceptions, bien sûr, mais dans l'ensemble, on apprenait à se fier à ses camarades, quels qu'ils soient.

« Je suis désolée, pour votre frère. J'ai perdu plusieurs amis récemment, lors d'un engagement contre des pirates. C'était...difficile. Mais c'est pour quoi je me suis engagée : pour protéger ceux qui en ont besoin. Le CSN est une noble cause, et votre frère y a fait honneur. Il y a des causes pour lesquels cela vaut la peine de se battre. Ne serait-ce que pour éviter à d'autres d'avoir à le faire. »


Amelia pensait chacune de ses paroles. Elle avait participé à plusieurs manœuvres conjointement avec le Comité de Surveillance des Nations, dont elle respectait la démarche. Ce n'était pas facile de faire fonctionner une telle organisation dans un monde fragmenté. Quant à Clark, le fait que son frère ait perdu la vie lors de la guerre des cultes pouvait expliquer sa réserve quant aux prodiges. Le conflit datait d'avant l'engagement de Caine, mais elle avait longuement étudié le sujet.

« La flotte de l'Arche a plusieurs fois œuvré de concert avec le CSN. C'est un un organisme qui mérite d'être soutenu, aujourd'hui plus que jamais. C'est important de continuer à croire en de telles institutions, plutôt que de se laisser décourager. Si je porte l'uniforme, c'est bien pour éviter les conflits. »

La jeune femme avait emboîté le pas à son aînée, profitant du calme qui régnait dans les rues. Privée de ses lumières, le quartier était étonnamment silencieux, comme figé dans le temps. Peut-être qu'il avait lui aussi besoin d'une pause, d'évacuer toute cette lumière qui d'ordinaire ne le quittait jamais. Il restait à espérer que les habitants prompts aux incidents comme ceux qu'ils venaient d'effrayer étaient rares ; mais dans l'ensemble, Amelia avait toujours trouvé la vie plutôt calme, sur l'Arche. On s'y sentait bien, et la plupart des gens se montraient agréables. Elle respirait à fond l'air du soir qui s'annonçait, tout simplement heureuse d'être en vie.

« Je fais ce que je peux. Mais j'ai toujours été perfectionniste. Quitte à faire quelque chose, autant le faire bien. Je vous accompagne à la station ; pour la suite, peut-être que j'en profiterai pour marcher un peu. La soirée s'annonce belle. »
Solaris
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Mar 14 Fév 2017 - 0:00
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Flottement. Head garda le silence. Ses yeux d'acier fixés sur un point invisible. Là bas en face.
Elle se revit en train de récupérer ses bagages. Laure et Charles venues l'accueillir pour son arrivée sur terre écossaise. L'excitation. La peur.

Fuite en avant. Exile salutaire peut-être même. Amélia avait reprit sa vie en main. Elle était à présent la seule et unique maîtresse de sa vie. Elle faisait ses choix.

- Un poste. Au C.S.N. Il m'a recruté pour superviser une comission exécutive. Je m'assure que les décrets sont appliqués par les grandes entreprises commerciales. Inutile de dire que l'opportunité lui avait permit de rebondir après un odieux licenciment. Je lutte contre la corruption à grande échelle, si vous préférez.

Le Comité de Supervision des Nations avait un gigantesque organigramme. La direction de la surveillance pour l’application des décrets et loi commerciales internationales n'en était probablement pas la branche la plus excitante. Très restrictive. Administrative. Procéduriaire.
Clark avait pourtant accepté le poste de déléguée de commission exécutive avec enthousiame. Voir l'intêret pour son combat contre la corruption généralisée sur les arches Américaines. Elle était d'ailleurs la correspondante pour l'Import-export en New Victoria. Là où elle avait encore une certaine influence. Enfin. La Green division d'Arkadia était une organisation plus compliquée à conquérir. trois mois après son entrée dans l'organisation, Amélia commençait à peine à convaincre ses partenaires. Sans doute était-elle trop investie.

Les semaines de 60 heures ne lui faisaient pas peur. Quoi qu'elles retardaient son épanouissement personnel. Vocation(s)
précipitée(s) par les faits. Vocation tout de même !
La Felonie. Fratricide économique. L'attaque avait bien des noms dans l'esprit de l'Américaine. Elle n'avait pas connu trahison plus grande que celle de son frère Michael. Tout acte portait à conséquence. Amélia ne faisait qu'attendre son heure pour renvoyer la pareille. Un jour, cette famille, aura besoin de leur sœur. Ils se souviendraient, tous, de leur erreur. Elle chassa la flamme de son regard.

Peut-être fallaient-ils tous les remercier de l'avoir libérée du clan Clark.

- Oui. Vous avez raison. Quand nous avons les capacités de rendre ce monde meilleur il faut agir. Je pense que nous avons un devoir envers notre l'humanité. Celle d'hier mais surtout celle de demain. Clark sourit. Caine était encore un peu jeune pour se soucier de ça.

Sans enfant. Ainsi en avait décidé la Nature. L'injustice du hasard. Reconcer au fantasme était un choix diffcile.
Mais, elle avait décidé d'avancer. Le temps avait fait son œuvre. A bientôt quarante ans, Amélia savait qu'elle n'avait plus d'espoirs à fonder. D'ailleurs, elle avait 7 neveux et nièces. Un fileul. Les enfants d'amis. Tous représentants de la génération émergeante.
Head travaillait pour eux. Pour une civilation du progrès. Elle croyait au pouvoir des lois. La Justice. Elle pensait avoir trouvé les personnes à soutenir, en Perceval Rose et Nikolas Lampeduza. Des individus capables de faire se mouvoir la pensée collective.

- Nous sommes dans le même combat. L'idéal faisait un écho.

Ces deux femmes partageaient plus qu'un prénom. Elles auraient pu se rencontrer sur les bancs de l'école. Échanger autour de leurs convictions. Leur fois. Si l'on peut dire.
Ce n'était avec aucune de ses sœurs qu'Amélia pouvait parler de son projet pour leur monde. Ni Pauline, ni Victoire, ne se préoccupait de ces choses-là. Elles avaient laissé avec Jack la dépouille de leur utopie. Mais leur cadette était incapable de renoncer.

- Quel dommage que tout le monde n'ai pas ce sens du travail bien fait. Cela nous épargnerait parfois bien des procédures.

Heures perdues. Énergie gaspillée. Car toujours tous ne remplissaient pas leurs devoirs. Là, la paresse. Ici, la mauvaise fois. La tricherie. Les tentations retenaient souvent les hommes loin de la bonne action.
Amélia avait ces individus en horreur. Elle les chassait. Harcelante. Jusqu'à les regarder tomber à terre. Il y avait un plaisir enivrant à la victoire. Une jouissance un peu sadique.
Tant pis, Head assumait pleinement ces traits noirs. Ils faisaient partie d'elle.

- Nous pourrions refaire des entraînements en commun. ?

Nouvelles rencontres. Tisser des liens. Il fallait bien commencer. La situation n'était plus temporaire. Clark allait rester sur cette île pour le moment. Elle devait faire plus d'efforts. S'intégrer. Il n'y avait pas quatre chemins à prendre.
Les Charpentier ne pouvaient être ses seuls repères. Leur monde, en vérité, n'était plus le sien. Amélia laissait à Georges le plaisir de cette vie mondaine délurée. Elle aspirait à autre chose. D'ailleurs, ce charmant vendeur de vin lui donnait goût aux bonnes choses, depuis quelques semaines.

- Cela me ferait plaisir. Précisa-t-elle, tout en croisant le regard d'un fumeur. Vous m'excusez une seconde ? Au Diable la raison.

L'adrénaline fusait encore dans les nerfs. Amélia avait besoin, non, elle avait envie d'un remontant. Avec la plus grande des assurances elle alla taxer l'inconnu d'une cigarette et d'un peu de feu. Ils échangèrent les phrases conventionnelles. Ni plus. Ni moins.
L'Américaine revint au côté de la jeune officiée.
La nicotine atteignait déjà son cerveau. Le plaisir. Le soulagement. Les yeux plus calmes.

- Si j'ai un conseil. Ne commencez jamais. Le sigle du métro était visible en haut de la rue empruntée.
Head
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Sam 18 Fév 2017 - 13:58
Le CSN était une organisation pour laquelle Amelia avec beaucoup de respect. Elle n'était pas naïve pour autant, et se rendait bien compte des difficultés que le Comité avait à faire appliquer ses règlements. Mais il n'en restait pas moins nécessaire, et l'une des tâches de la flotte consistait à lui apporter tout le soutien nécessaire. On avait beau clamer qu'il n'était pas très efficace, qu'il s'écroulait sous la procédure et les vices de forme et que certaines nations s'en servaient comme d'un pantin bien commode, ce n'était pas une raison suffisante pour arrêter d'y croire. Si certains de ses fonctionnaires se révélaient tout aussi défaitistes voire corrompus, quantité d'autres faisaient de leur mieux pour faire honneur à la tâcher première du CSN. Amélia Clark en faisait manifestement partie, ce qui faisait plaisir à voir, et le respect du lieutenant pour cette femme forte n'en était que renforcé.

« C'est une tâche difficile, et bien trop souvent ingrate. Je sais que le CSN n'a pas toujours bonne presse malgré les efforts de ses membres. Trop souvent, d'autres entités profitent de sa taille et de son poids administratif pour réaliser leurs desseins. Vous avez tellement de choses à gérer, avec des gens qui sont prêt à tout sauf se montrer coopératifs... Mais de savoir qu'il y a des gens comme vous impliqués dans le processus permet de garder espoir. »

C'était le problème d'entités aussi tentaculaires, qu'il s'agisse du CSN, ou de n'importe quelle armée. La flotte écossaise elle-même n'était pas exempte de complications, souvent piégée par des traditions qui n'avaient plus lieu d'être et l'arrivisme de certains officiers supérieurs. La mère d'Amelia avait contribué à améliorer la situation depuis sa nomination dans l'amirauté civile, mais cela restait une lutte de tous les instants. Dans son ensemble, la flotte n'était pas si mal, mais il fallait faire attention à ne jamais baisser sa garde pour ne pas retomber dans de mauvaise habitudes. Aujourd'hui, on y était globalement bien reçu quel que soit son sexe, sa nationalité, son parcours ou ses dons de prodige, et Amelia était déterminée à faire en sorte que ça dure.

« Celle de demain avant tout. Trop de mauvaises situations sont issues d'un attachement trop profond au passé. Les traditions ont tendance à aveugler bien des gens. « On a toujours fait commença. » est l'une des pires excuses qui soit. Le monde a changé, il serait bon que la majorité s'en rende compte. »

Au moins, Édimbourg bénéficiait d'un climat social plus éveillé que certaines autres arches, comme certaines des anciens États-Unis ou de l'ancienne Russie. On pouvait y vivre plus ou moins en paix sans trop de soucis, même si la situation actuelle menaçait de devenir de plus en plus tendue. Surtout en ce qui concernait les prodiges, avec le gouvernement qui montrait un regain d'intérêt de plus en plus prononcé pour le contrôle de la chose.

« Quant à la procédure, il s'agit souvent d'un mal nécessaire. L'important, c'est de savoir la contrôler pour qu'elle ne devienne pas une entrave. Nous aurons toujours besoin des règles, du moment que nous acceptons de les voir évoluer plutôt que les garder rigides quoi qu'il arrive. Voilà qui fait partie de notre travail à toutes les deux, chacune dans notre domaine respectif. »

Caine sourit à son homonyme, avec qui elle se sentait en accord sur bien des points. C'était un signe encourageant, qui augurait du bon pour les relations entres leurs départements.

« Je serai ravie de m'entraîner à nouveau avec vous. Et j'espère que nous aurons l'occasion de travailler ensemble ; la flotte et le CSN se coordonnent souvent, notamment lorsqu'il s'agit de planifier certaines routes commerciales qui ont besoin d'escorte. Avec vous, je saurai à qui me référe lorsque j'aurai officialisé mon commandement. Il est toujours agréable de savoir avec qui travailler. »

Amelia ne s'offusqua pas de la cigarette. Ce n'était pas une habitude qu'elle cautionnait, mais elle n'était pas du genre à juger autrui. Pour sa part, elle avait toujours pris soin de ne s'adonner à aucun addiction avec un sérieux inébranlable. Elle avait bien assez d'autres mauvaises habitudes comme ça...

« Vous pouvez compter sur moi, je doute d'y arriver un jour. Et puis, on a tous nos sales manies... »
sourit-elle, haussant les épaules tandis qu'elles arrivaient à l'entrée du métro. « Je me réjouis déjà de notre prochaine session, Amélia. En espérant qu'elle ne sera pas interrompue, cette fois-ci. »

Après tout, son côté compétitif était bien curieux de voir qui d'elles l'emporterait la prochaine fois...
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Ven 10 Mar 2017 - 12:06
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Clark regarda le paysage apocalyptique en écoutant la militaire. Aucune intention de flatter ou encore de séduire chez la jeune femme. Elle parlait à cœur ouvert. Amélia fixa son regard sur elle. Elle se revit à Baltimore. Tenir tête à ses camarades désenchantés. Les futurs PDG de la New Victoria. Ils ne croyaient pas en l'Institution, eux non plus.
Un sourire carnassier apparu. Combien en avait-elle épinglé ? Combien étaient tombés sous le couperait de la Loi ?

- Merci. Je dois vous avouer que certains jours je me demande si j'ai fais le bon choix. Mais vous avez raison. L'espoir est là.

De l'optimisme. Ingrédient indispensable pour faire un métier ingrats. La conviction même.
Sans quoi, on ne tenait pas un mois au poste bridé par Clark. Le monde du commerce connaissait beaucoup d'acharnés. De dents longues. De vicieux capitalistes malades. Dans le panier, aussi, des âmes pures. Des personnes qui travaillaient à un Archipel juste. Arkadia en partie. L'Ordre pour une autre.
Non pas qu'Amélia soit irréprochable. Elle avait son lot de linges sales. Mais ce linge était privé. Personnel. Le plan professionnel était sans tache lui. Powell avait cherché une faille sans la trouver. Aucune ombre ne pouvait venir peser sur l'épaule de l'Américaine. Toujours sur le sentier de la Justice. Irréprochable. Head pouvait passer pour un tyran.

- Oui. Les plus réfractaires s'adapteront au bout du compte. Mais quel ennui de perdre tout ce temps.

Darwin et sa théorie étaient réels. A l'échelle de l'Histoire des hommes tristement réaliste. Clark avait compris, très tôt, que le changement survenait en fin de compte. Une fois les recours inefficaces. Les choix réduits. Les peurs inévitables. Car tout intelligente quoi soit l'espèce son but restait la survie.
Les sophistications étaient un leurre. Un bel et amusant leurre pour l'esprit.

- En effet ce serait une bonne chose de vous savoir de l'autre côté. Pour le moment mes missions se cantonnent à de l'administratif et du civile, mais rien n'est définitif. Je compte bien faire valoir mon expérience. Il y a encore beaucoup de travail. Notoirement sur les voies d'Afrik centrale.

Là où se trouvaient les dernières ressources. En ces terres où la nature fait la loi.Ces terres arides. Impossibles à domestiquer grâce à des machines et de la vapeur. Le défi des hommes modernes.
Amélia s'y était rendu une fois. Ce voyage lui avait fait l'effet d'un coup de poing dans l’estomac.

- Ce serait jouer de mal chance. Clark allait partir mais se raviva. Elle déplaça sa cigarette pour ne pas se brûler les doigts. Elle attrapa son sac en sortit une carte professionnelle. La retourna pour y annoter une suite algébrique. Une ligne particulière.Mon numéro. N'hésitez pas. Je suis souvent en déplacement. Mais je finis toujours par réagir !

Tornade. Un surnom tout approprié. Quand le mouvement est sans fin.
Entre deux vols. Trois réunions. Quatre projets. Clark était inépuisable. En compensation sans doute, des dernières années ralenties, par les ennuis personnels. Le privé. Head n'avait pas encore quarante ans. Mais déjà son nom propre raisonnait comme celui du fer. L'avoir en amie était une bonne chose.

- A bientôt et bonne soirée avec votre amie.

Le trafic fonctionnait via un réseau subsidiaire.
Les rames aériennes n'était pas affecté par la disparition du courant. Cependant les wagons étaient pleins à craquer. Une heure de pointe en semaine dans une zone sinistrée. Rien à côté de la frayeur de la ruelle. Amélia n'était pas impressionnée par la masse. New-yorkaise dans le sang. Elle entra.
Disparue.


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Mar 14 Mar 2017 - 13:07
L'éclat féroce dans le sourire d'Amélia ne trompait pas: l'américaine aimait son travail. Réussir à pincer ceux qui se croyaient au-dessus des lois, surtout dans un organisme doté d'une grande inertie comme le CSN, voilà qui devait être diablement satisfaisant ! Après tout, ce n'était sans doute pas très éloignée de ce que pouvait ressentir la lieutenant lorsque son équipage et elle arraisonnaient des pirates de l'air. Et cette tâche n'était pas près d'être accomplie... Des malandrins disposés à s'en prendre à leurs prochains pour faire fortune, il y en aura toujours ; ils avaient simplement quitté les mers pour rejoindre les cieux. Comme tout le monde. Ils représentaient le plus grand danger qu'Amelia avait à affronter dans l'exercice de ses fonctions ; elle n'avait que trop bien appris la leçon lors de l'accrochage qui avait failli causer la perte de l'ancien bâtiment sur lequel elle avait servi. Comme à chaque fois qu'elle y songeait, elle sentit la sueur froide qui perlait dans son dos, et l'angoisse qui remontait à la surface pour mieux tenter de l'entraîner dans les profondeurs.

Je veux vivre, je ne veux pas mourir.
Je veux vivre, je ne veux pas mourir.
Je veux vivre, je ne veux pas mourir.


L'éternel mantra, symbole de sa lute interne. Une fois de plus, il dissipa son malaise. Elle avait réellement fait des progrès, surtout depuis qu'elle voyait le docteur Weston. Elle porterait toujours en elle un sentiment d'échec, ainsi que la vie de celles et ceux qui l'avaient perdue ce jour-là, mais elle en atténuait petit à petit les effets. Une nouvelle leçon d'apprise, sur laquelle se reposer pour faire encore mieux la prochaine fois. Non qu'elle soit pressée d'en découdre ; si son poste faisait d'elle une femme d'action lorsque c'était nécessaire, elle n'était pas du genre à chercher le combat. Sur le pont d'un aéronef comme sur la terre ferme. La dissuasion se devait de rester l'arme la plus efficace.

« Je suis heureuse que vous ayez fait ce choix, pour ma part. Et je vous souhaite tout le courage nécessaire pour vous y tenir. Quelque chose me dit qu'on a besoin de quelqu'un comme vous, là-bas. »

Ah ça, Clark changeait agréablement d'un bon nombre de fonctionnaire obtus ou désabusés que la jeune militaire avait pu croiser. Au sein de la flotte comme ailleurs, ces derniers étaient encore bien trop nombreux. Ils étaient corrompus dès le départ, ou alors perdait leur motivation à faire de leur mieux après des années difficiles. Le juste milieu était rare, et ceux qui s'y tenaient plus encore. Amélia comme Amelia, c'était à elles de montrer l'exemple.

« Mieux vaut perdre un peu de temps qu'une vie en se précipitant. Même si j'admets que parfois, il faut agir vite si on veut avoir une chance de changer les choses. En tous les cas, je serai ravie de travailler avec vous si l'occasion se présente. J'entrerai en fonction sur mon premier bâtiment dès la fin de l'Exposition Universelle. Le Harrington. Vous saurez où me trouver, si besoin. »

Elle accepta la carte de son homonyme avec un sourire, avant de lui tendre la sienne en échange après y avoir également ajouté son numéro personnel d'une écriture élégante et appliquée. On fait les choses bien, ou on ne les fait pas. Tel était l'un de ses autres mottos auxquels elle essayait de se tenir quoi qu'il arrive.

« J'ai été ravie de vous rencontrer, Amélia. J'espère que nous aurons l'occasion de recroiser le fer à nouveau, sans être interrompues, cette fois. » Car Caine restait curieuse de déterminer l'issue d'un tel duel. Et puis c'était agréable d'avoir une partenaire d'escrime avec qui elle pouvait y aller sans se retenir. « Merci, je vous souhaite une belle soirée également. »

Amelia la suivit du regard, lui adressant un dernier signe de tête avant de reprendre sa route. L'air du soir qui arrivait doucement était agréable, et malgré la mésaventure dans la ruelle, elle se sentait assez calme, et réjouie de retrouver Lexy, qui devait l'attendre. L'arche lui avait révélé une autre de ses surprises, et elle se demandait déjà quelle serait la suivante...

-Sujet terminé-
Solaris
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