Do you want to be my friend? [Zephyr]

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Lun 10 Oct 2016 - 10:48


"Bonjour monsieur l'vendeur, j'voudrais un animal..."



Aujourd'hui était signe de changement. Castiel pouvait le sentir, même s'il se demandait pourquoi les gens s'obstinait à renifler ce qui n'avait pas d'odeur. Du coup, il avait beau remuer son nez dans le vent, il ne pouvait pas certifier y trouver une odeur de changement. Mais c'était une chose que l'on disait, alors il tâchait de s'y employer de son mieux. Quoi qu'il en soit, sa vie était sur le point de subir quelques modifications. Des détails, quand il pensait à tout ce qu'il avait entrepris ces dernières années, mais des détails qui comptaient néanmoins. Premièrement, il avait enfin décider de se trouver un nouvel appartement. La petite chambre de bonne qu'il occupait au-dessus de son cabinet lui avait suffi jusqu'à maintenant, mais il était temps pour lui d'étendre ses ailes (1). Il y avait rechigné jusqu'ici, profitant de tout le travail qu'il accumulait en tant que guérisseur, membre de la Potential Home et aide au foyer pour jeunes pour éviter de se lancer dans les méandres insondables de l'immobilier. Mais ses proches avaient fini par le convaincre qu'il pouvait bien s'accorder quelques améliorations, et qu'il était important qu'il n'oublie pas de vivre un peu sa vie. Alors, aidé par miss Novak, il déniché un joli duplex dans l'Old Town d’Édimbourg. C'était grâce aux connexions de la vieille femme que son dossier avait été accepté aussi vite ; quant à l'argent, il n'avait jamais vraiment été un problème pour James. Quand on avait vécu plus d'un siècle, on pouvait se débrouiller pour accumuler un certain pécule ; du temps où il avait eu l'esprit plus clair, il n'avait pas manqué de faire quelques investissements judicieux. Non pas par appât du gain, mais parce qu'il avait alors estimé qu'avoir de quoi vivre en toute circonstance lui permettrait d'être plus libre pour se consacrer à ce qui était réellement nécessaire. De nos jours, il avait laborieusement réappris quelques concepts bancaires, mais il se sentait encore un peu mal à l'aise à l'idée d'utiliser de l'argent quand il s'était habitué à son petit système de troc. Cependant, quels que soient ses contacts, aucune agence immobilière n'aurait accepté de louer ne serait-ce qu'un placard à balais contre une glacière de poissons frais, un collier de perles et un kilt qui aurait ou n'aurait pas pu appartenir à un ancien et glorieux chef de clan écossais.

Toujours est-il qu'il avait alors emménagé dans son nouveau chez-lui, où transporter le bric-à-brac accumulé au fil des années s'était révélé plus compliqué que d'y amener tous les meubles réunis. Seulement, seul dans ce grand appartement, il ne pouvait s'empêcher de le trouver un peu vide. Au fond, Castiel était quelqu'un qui appréciait le contact humain, aussi s'était-il mis en tête de rechercher un colocataire. Et puis qui sait, voilà qui pourrait s'avérer utile à quelqu'un en quête d'un logement! D'autant que le prodige ailé n'était pas quelqu'un de très compliqué avec qui cohabiter, du moment qu'on n'avait rien contre retrouver quelques plumes dans la baignoire de temps en temps. Ce n'était pas pour autant la raison première qui avait poussé James à franchir les portes de cette charmante échoppe, bien qu'il comptât y déposer quelques flyers ; non, s'il était venu ici, c'était bien parce qu'il comptait également combler sa solitude avec un brave compagnon à quatre pattes. Ou deux, ou six, ou huit, ou voire aucune : là non plus il n'était pas difficile, du genre à aimer toute créature vivante. Il n'avait pas d'idée précise en tête : du beagle au perroquet en passant par l'anaconda, il avait le sentiment qu'il le saurait quand il verrait la bestiole en question. Il avait sélectionné le « Pet Shop » parce qu'il était dans le quartier de son nouveau logement, ainsi que pour la simplicité bienvenue de son nom, qui disait clairement quel commerce on y faisait sans se perdre dans d'alambiqués jeux de mots ou allégories (2). Et puis l'endroit avait l'air charmant, et même de l'extérieur il pouvait sentir via son empathie le bien-être que dégageaient les animaux. Ce fut donc mu par un bon pressentiment qu'il poussa la porte pour pénétrer à l'intérieur, vêtu de son éternel trench-coat sur une chemise blanche, ses ailes dissimulées sous le manteau à la façon d'une bosse bien moins voyante. Observant les alentours avec attention, il se dirigea vers le comptoir, sa pile de prospectus dans la main et le sourire aux lèvres.

« Bonjour ! » lança-t-il joyeusement, avant d'ajouter : « Je cherche un compagnon. »

Et malgré tous les bons pressentiments du monde, il était loin de se douter qu'il allait finir la journée avec deux nouveaux êtres dans sa vie plutôt qu'un seul.

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(1) Et si possible sans faire tomber la moitié de ce qui se trouvait sur ses étagères.
(2) Castiel évitait du coup la plupart des salons de coiffure, qui avaient tendance à le rendre très confus.
Castiel
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Lun 10 Oct 2016 - 20:19
Une belle journée s'étendait au-dehors de la petite boutique The Pet Shop alors que Leon s'affairait à mettre en place divers articles livrés la veille. Il était arrivé tôt ce matin-là afin de s'occuper des animaux, moment de la journée qu'il affectionnait particulièrement. Passer du temps avec eux était comme une bouffée d'air, il n'y avait pas d'interactions sociales, pas de contraintes, juste de la tendresse et des bons soins. Il les nourrissaient, vidaient les souillures de leur cage, les laissait sortir pour se dégourdir les jambes et leur donnait toutes les caresses dont ils avaient besoin. Il aurait tellement voulu pouvoir ramener l'un de ces petits pensionnaires chez lui, mais c'était pour le moment hors de question. L'orphelinat avait des règles très strictes et les êtres vivants qui ne rentraient pas dans la catégorie des humains n'étaient pas autorisés. Au grand dam du jeune homme qui auraient bien échangé la moitié de ses « colocataires » contre l'une des bêtes dont il s'occupait. C'était l'une des nombreuses raisons qui le faisait se sentir de plus en plus mal chez lui, ce qui le perturbait beaucoup. Cette institution avait été sa maison depuis son enfance, il y avait toujours vécu et s'y sentait en sécurité. Et bien que sa chambre avait toujours été son havre de paix, un refuge qui lui correspondait et qu'il aimait, il s'y sentait de plus en plus étriqué et gêné.

Ces derniers mois, un changement s'était opéré en lui, précipité par la rencontre de son père quelques semaines auparavant. Il avait fait beaucoup de progrès dans sa relation aux autres et voir les gens autour de lui si indépendants avait déclenché une réaction qu'il ne pouvait plus arrêter. Il sentait, malgré l'angoisse que cela lui procurait, qu'il avait besoin de s'envoler du nid qu'il avait côtoyé ses 25 dernières années. Il n'était plus un enfant et malgré toute la reconnaissance qu'il éprouvait pour les directeurs de l'orphelinat qui lui avait permis de ne pas se retrouver à la rue, il était fatigué des règlements et contraintes qu'on lui imposait. Il n'était plus un petit garçon mais un homme, il s'en rendait compte plus que jamais maintenant que cette soif de liberté l’étreignait. Un besoin impératif d'avoir un chez lui avait fait son chemin dans son esprit. Il pourrait aller et venir comme il le souhaitait, à toute heure du jour et de la nuit, ce qui lui faciliterait grandement la tâche lors de mission pour l'Organisation XIII. Il pourrait également recevoir Dahlia et pourquoi pas sa mère et son père également, chose absolument impossible jusqu'à lors.

Un appartement à lui, voilà ce qu'il désirait par-dessus tout en ce moment. Quitter l'enfance et entrer de plein pied dans une nouvelle vie. Quitter l'institution, s'était également quitter l'orphelinat et sa vie sans famille. Et malgré le fait qu'il avait retrouvé cette dernière, il s'était obstinément refusé à parler de son projet à qui que ce soit. Zephyr sentait qu'il devait faire toutes les démarches seul, comme un défi qui lui faisait miroiter une superbe récompense. Cela n'était pas facile et il lui arrivait de vivre de grands moments d'angoisse et d'abattement. Sans compter tout le côté administratif que comporte un déménagement, il devait également subir les nombreuses visites de minuscules appartements à des prix exorbitants. L'argent n'était pas un souci pour lui qui avait travaillé depuis ses 18 ans sans devoir payer de loyer. Il avait de quoi subvenir à ses besoins. Ce n'était pourtant pas une raison pour qu'il accepte de vivre dans un logement plus petit que sa chambre, insalubre et pour une somme délirante qui plus est. La route serait longue, mais il ne désespérait pas de trouver la perle rare.

Il était donc plongé dans les petites annonces du journal lorsque son premier client de la journée franchi le pas de la porte. Au tintement de la petite cloche, il releva la tête et posa les yeux sur un homme à l'apparence aimable qui vint avec entrain se poster devant lui pour lui faire part d'une requête qui le déstabilisa quelque peu. En règle générale, les clients de l'animalerie savait déjà ce qu'ils recherchaient. Ils voulaient un chien, de la nourriture pour perruches, un coussin pour leur chat, etc... Cela ne semblait pas être le cas de l'individu qui lui souriait gentiment en attendant sa réaction. Leon se releva doucement de son tabouret et commença à faire le tour de la petite boutique tout en montrant les différentes bêtes.


- Est-c-ce qu-que v-v-vous s-sav-vez qu-quel anim-m-m-mal v-vous v-v-oud-driez ? N-nous av-vons d-d-des ois-seaux, d-des ch-chats, d-d-des ch-chiens, d-des s-s-s-erp-pents, d-d-des r-rong-geurs...

A chaque fois qu'il passait près d'une cage ou d'un enclos, il remettait de l'eau, faisait une petite caresse, avait une attention pour l'animal qui y habitait. Il expliqua à son client les spécificités de chaque espèce, leur besoin nutritionnels mais aussi affectifs, leur espérance de vie. Tous ces paramètres qui sont importants lorsque l'on décide d'accueillir un animal chez soi. Il fallait qu'il corresponde à son mode de vie. Lorsqu'on avait choisi l'espèce, encore fallait-il ensuite se confronter aux différents individus qui la composait afin de trouver celui avec qui le courant passait. La matinée risquait bien d'être longue si l'homme était du type indécis !
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Lun 17 Oct 2016 - 10:45
Au fil du temps, Castiel avait eu l'occasion d'adopter un grand nombre d'animaux de compagnie. Il s'était toujours bien entendu avec les bêtes, qu'il trouvait bien moins compliquées que les humains. Leurs émotions étaient claires, ils s'embarrassaient rarement de subterfuges, et ils ne connaissaient pas l'art de la métaphore. James avait passé son enfance au milieu d'un bon nombre de bestioles, dans la communauté où il avait grandi. Chats, chiens, poules, bétail, et quelques alligators qu'il fallait parfois chasser du potager à coup de balai. L'empathie du guérisseur lui permettait de facilement ressentir ce dont les animaux avaient besoin, et contribuait généralement à créer un lien fort. Et il réalisait aujourd'hui que c'était une chose qui lui manquait. Il l'avait compris en travaillant au zoo, depuis qu'il y était allé en compagnie de Dante, Sveda et Charlie. On avait bien essayé de lui faire comprendre qu'il s'agissait techniquement d'une punition pour la commotion à laquelle il avait participé sans faire exprès, mais il persistait à voir ça comme une fabuleuse opportunité. Et comme il pouvait difficilement ramener à la maison un lion ou un zèbre, il avait décidé d'opter pour un animal de compagnie plus classique. D'où sa présence aujourd'hui dans la boutique.

Une boutique qu'il découvrait aussi charmante que chaleureuse, et dans laquelle il se sentait instantanément le bienvenu. Il pouvait ressentir le bien-être des pensionnaires, et se réjouit de les découvrir bien traités. Captivé par la ménagerie, il n'avait pas tout de suite réagi à l'intervention de l'employé ; dans sa cage, une gerbille tortillait ses moustaches, ce qui présentait un spectacle des plus fascinants. Castiel se mit pensivement à remuer le nez sans même le réaliser, comme pour accompagner le petit mammifère. Puis il concentra son attention sur le jeune homme qui l'avait accueilli. Sa lueur d'âme luisait d'une couleur bleutée, et se révélait particulièrement étrange : James avait la curieuse impression qu'il lui manquait quelque chose, comme si elle n'était pas...complète. C'était un phénomène qui ne manquait pas de l'intriguer, et il se demandait ce que cela pouvait bien signifier. Au-delà de ça, il pouvait sentir une certaine timidité chez l'homme, mais aussi le fait qu'il se plaisait dans son environnement, au milieu des bêtes. Et le voir s'en occuper avec soin tandis qu'il faisait le tour du magasin dressait de lui un portrait favorable aux yeux du prodige ailé. Il ne réagit pas à son bégaiement ; à vrai dire, il ne l'avait pas vraiment remarqué.

« Ben, j'avoue que je ne me suis pas vraiment posé la question. J'ai eu envie de me trouver un compagnon, je viens d'emménager dans le quartier, et je suis passé devant votre boutique, alors...me voici. C'est une chouette boutique d'ailleurs, on s'y sent tout de suite bien. Les animaux aussi, je le sens. Oh ! A part peut-être ce petit gars... »

Castiel s'était arrêté devant la cage d'un lapin, qui se tenait immobile dans un coin. Quelque chose dans son aura ne plaisait pas à Castiel, et il lui suffit de l'effleurer du doigt à travers le grillage pour savoir qu'il était malade. C'était sans doute récent, il n'avait pas encore eu le temps d'en montrer les signes. Il se concentra un instant, une douce lumière émanant de son doigt, et la guérison fut instantanée . Le lapin retrouva aussitôt son énergie, remuant des oreilles.

« Votre lapin était malade, mais il va mieux maintenant. Je suis guérisseur, enfin, c'est un de mes dons. James Novak. » Il tendit la main à l'employé avec un sourire, réalisant qu'il ne l'avait pas encore réellement salué.  « Vous travaillez ici depuis longtemps ? Les animaux vous aiment bien en tout cas, je peux le sentir.»

Dans le même temps, Castiel se demandait toujours ce qu'il pouvait bien adopter comme bête. Il se disait surtout qu'il le saurait quand il le verrait.

« Vous avez des conseils à me donner ? »
Castiel
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Mar 3 Jan 2017 - 19:52
Le comportement de son interlocuteur était pour le moins curieux et étrange. Les clients étaient souvent excités de voir tant d'animaux autour d'eux, mais les seuls que Zephyr ait pu voir regarder les pensionnaires de la boutique avec autant de curiosité étaient des enfants. L'homme à ses côtés semblait scruter chaque bête avec énormément d'intérêt, s'étonner de chaque infime détail et se préoccuper de leur bien être à toutes. Il dégageait un calme et une douceur que le vendeur trouva étrangement rassurants étant donné qu'ils venaient à peine de se rencontrer, mais aussi quelque chose d'autre qu'il n'arrivait pas à nommer. S'il avait pu trouver les mots, il aurait sans doute compris qu'une certaine candeur les liait sans qu'il ne s'en rende compte. Ce que Leon voyait en revanche était leur amour indéniable et commun pour les animaux. Il l'avait remarqué à mesure qu'il lui faisait faire le tour de la boutique en lui donnant des informations. L'ayant observé, il lui paraissait évident qu'il se sentait à l'aise en compagnie des pensionnaires du Pet Shop et que ces derniers lui rendaient la pareille. Parfois les animaux pouvaient se montrer anxieux, voir effrayés par les clients, mais c'était tout le contraire qu'il se passait. Ils accouraient vers lui pour le renifler, chercher une caresse, comme s'il était un compagnon de jeu qu'ils n'avaient pas vu depuis longtemps. Un phénomène rare que le client expliqua bientôt tout en discutant des raisons de sa venue.

Zephyr n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait que son interlocuteur s'approchait d'un lapin pour le caresser, un air préoccupé sur son visage. Il ne comprit pas tout de suite ce que signifiait cette lueur qui avait émané de lui et qui avait, semblait-il, redonné toute sa vigueur au rongeur. Mais les explications ne tardèrent pas à arriver. Un guérisseur, tout simplement. Ce à quoi il venait d'assister aurait pu en étonner plus d'un, mais le vendeur était bien trop au courant de la portée de certains dons pour que ce soit le cas. Il était très heureux que cet homme ait passé la porte et il lui serra la main sans trop de réticences lorsqu'il se présenta.


- M-m-merci p-pour l-lui. L-Leon G-God-dwin. Ca f-fait s-sept ans qu-que j-j-j-je t-trav-vaile i-ici.

Il se sentait du coup plus enclin à prendre son temps pour l'aider à choisir un compagnon. Il l'aurait fait de toute façon, la matinée était calme, mais avec sûrement moins d'entrain si le client n'avait pas été aussi sympathique. Il fut également ravi d'entendre que les animaux appréciaient la manière dont il les traitait, car on ne pouvait jamais être sûr lorsqu'on n'avait pas un don comme celui de James. C'était une chose de s'en douter, une autre de savoir. Et pour le coup, Zephyr ne trouvait pas une seule raison de ne pas croire son interlocuteur. Il sentait qu'il pouvait lui faire confiance, au-delà du fait qu'il venait d'assister à une guérison instantanée. Pour la deuxième fois en très peu de temps, il laissait tomber ses barrières bien plus vite qu'à l'accoutumée ce qui, s'il y avait réfléchi, traduisait une grande avancée dans sa vie. Il ne se rendait pas encore compte quel pas de géant il s'apprêtait à faire ce jour-là.

Il proposa à Castiel de refaire un tour de l'animalerie ainsi que de la cour intérieure où ils pourraient interagir plus directement avec certaines bêtes et ainsi voir avec laquelle il s'entendait le mieux. En passant devant un enclos, il s'arrêta pour l'ouvrir et attendit qu'un beau chat noir aux poils longs viennent à lui. Il le laissa se frotter sur ses jambes un moment avant de le prendre dans ses bras et de le câliner.


- Ca c'est F-f-furr-y. C-c'est l-l-le ch-chat qu-que j-j-je p-p-prend-dr-rai s-si j-j'av-vais un-un app-part-tement.

A cette pensée, un léger découragement s'abattit sur lui car il n'avait toujours pas réussi à trouver quoique ce soit de décent et à un prix abordable. Et tant que ce n'était pas le cas, il ne pourrait pas ramener Furry chez lui. Il y avait un lien indéniable entre les deux et c'était une chance inouïe que personne ne l'ait déjà adopté. En montrant cela à James, il l'inspirerait peut-être à chercher une connexion forte plutôt qu'une race particulière, cependant il ne le faisait pas consciemment. Sortir les animaux de leur enclos lui permettait de cajoler celui qu'il considérait comme étant son chat, même s'il savait qu'ils seraient peut-être séparés un jour.
Zephyr
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Sam 7 Jan 2017 - 14:24
On l'appelait Bahamut le Destructeur, Fléau du Monde, Héraut de la Tempête, Messager de la Foudre Vengeresse et Bibi le Rapide. Ou du moins était-ce ainsi qu'il avait choisi de s'appeler, lui, dans le langage imagé tout personnel à travers lequel il voyait le monde. Un monde qu'il voyait généralement de haut, et plutôt vite tandis qu'il arpentait les airs avec la grâce et la précision d'un esprit élémentaire des vents. Des lointaines jungles de son enfance, à laquelle il avait été arraché par des démons à deux pattes sans scrupules, il ne gardait plus qu'un lointain souvenir, le parfum capiteux des fleurs sauvages dans ses narines comme seul repère d'une époque bien trop vite révolue. Il ne se souvenait pas des siens, mais il se rappelait des cages, des seringues et des expériences. Un animal à haut potentiel, avait ton dit. Comme s'il avait eu besoin d'eux pour le savoir, lui dont le destin était fait pour s'inscrire en lettres de feu dans le ciel. Au final, aucun barreau ne put le retenir bien longtemps, et il profita d'une cohue organisée par ses soins pour prendre la fuite et atteindre la liberté qu'il avait toujours méritée. Il avait alors parcouru les arches, vivant maintes aventures appelées à devenir les plus formidables des légendes, et ses hauts-faits seraient chantés bien longtemps encore après la disparition des hommes lents et stupides. Non, il n'y avait pas deux oiseaux comme lui, même si son ego aurait pu tenir dans une demi-douzaine de ses congénères. Il avait été un héros, une canaille, un meneur, un fauteur de troubles et un semeur de pagailles, un véritable aventurier. Et voilà qu'aujourd'hui, il se retrouvait coincé dans une boutique minable sur une arche perdue, loin du ciel auquel il aspirait temps. Tout ça parce qu'il s'était cassé une aile lors de son attaque d'un VAP qui avait osé le bousculer. Il avait piteusement rebondi de toit en en toit avant de s'écraser dans une ruelle, où un couple de hippies l'avait recueilli. Et s'il n'aimait guère les hippies, il avait consenti à leur laisser la vie sauve, car il devait bien avouer qu'ils lui avaient sauvé la sienne. Il avait alors profité d'un répit bien mérité, manipulant ces drôles d'humains selon son bon plaisir. Seulement ils ne savaient pas trop quoi faire d'un colibri (car Bahamut le Destructeur, Fléau du Monde, Héraut de la Tempête, Messager de la Foudre Vengeresse et Bibi le Rapide était, précisons-le, un colibri). Une espèce exotique qu'on ne voyait pas tous les jours sur l'Arche écossaise. Les propriétaires de l'animalerie se demandaient qu'en faire, car l'animal était doté d'un sacré caractère, et il ne se laissait pas approcher facilement, faisant échouer toute adoption. Le renvoyer dans les jungles des arches du sud restait une solution, mais une solution compliquée à mettre en œuvre. Bahamut, lui, attendait qu'on lui ouvre la cage aux oiseaux, qu'on le regarder s'envoler, voilà qui serait beau. Et glorieux ; dans sa grande mansuétude, peut-être ne mettrait-il pas le feu à la boutique avant de partir.

Et c'est alors qu'il picorait pensivement un biscuit sucré qu'il sentit une présence. Car à l'image d'un certain pingouin dont la réputation n'était plus à faire sur l'Arche, il n'était pas un oiseau ordinaire. Il pouvait sentir la présence des humains, et leurs émotions si étranges. Ce qui le frappa d'autant plus en détectant ce nouveau venu car, inexplicablement, il eut la conviction que ce grand dadais (comment il considérait de base tous les êtres humains) était comme lui. Voilà qui l'intriguait, et qui serait pour lui le parfait ticket de sortie ! Délaissant son goûter, il se mit au travail : il avait appris à crocheter les serrures lors de ses aventures sur l'arche péruvienne, et il n'était pas encore trop rouillé...(1)

* * *

Castiel se laissait paisiblement guider dans le magasin, écoutant les conseils du responsable, qu'il trouvait décidément de plus en plus sympathique. Il pouvait sentir la nervosité de ce dernier diminuer au fur et à mesure. Il n'avait pas l'air très à l'aise avec les gens, ce que le guérisseur n'allait certainement pas lui reprocher ; lui-même avait tendance à les trouver bien confus. Léon accepta sa démonstration de guérison sans sourciller, et sa gratitude était sincère. Ce qui plaisait à Castiel, dans le sens où il était agréable de se retrouver face à un esprit où le cynisme ne semblait pas avoir réellement de place. A sa manière, ce garçon dégageait une certaine innocence qui rappelait celle de l'enfance ; typiquement le genre d'âme qui savait le mieux toucher celle de Castiel.

« Mais de rien ! Si une créature vivante à besoin d'aide, je pars toujours du principe qu'il faut lui la offrir. Je pourrais passer de temps en temps venir faire le tour de vos compagnons, si ça vous dit ! J'ai toujours apprécié les animaux. Souvent, je me dis qu'ils sont bien plus simples que les hommes ; ces derniers ont tendance à se montrer très vite trop compliqués, et pour pas grand chose... Souvent, je m'y perds, avec eux. »

Léon s'arrêta près de la cage d'un magnifique chat noir à l'air royal, à qui il ouvrit la porte. L'animal alla aussitôt se frotter aux jambes du vendeur avec un plaisir certain. Tous ceux qui disaient que les chats ne pouvaient pas se montrer affectueux se trompaient sur toute la ligne ; dès qu'ils trouvaient un humain qu'ils jugeaient digne, ils pouvaient l'aimer autant que n'importe quel chien. Pour Castiel, c'était même en réalité le cas de tous les animaux ou presque. De ce qu'il ressentait, ce n'était pas le degré d'affection qui variait entre les espèce, mais la manière dont ils la témoignaient ou la ressentaient eux-mêmes. Y compris ses abeilles, à leur façon toute particulière.

« Furry vous aime énormément. » commenta Castiel, le sourire aux lèvres. Et il sut aussitôt ce qu'il lui fallait faire. « Il se trouve que je viens d'emménager dans le quartier. C'est un grand appartement, avec bien assez de place pour deux, et...ben, il se trouve que je cherche un colocataire. »

Il n'y avait guère que Castiel pour proposer ce genre de chose à un inconnu qu'il venait de rencontrer. Mais son empathie le trompait rarement sur la question et, même si ce Léon devait cacher les secrets les plus noirs, son âme, elle, ne l'était pas. Sa couleur était vive et tremblante, comme si elle était encore incomplète, en formation. Et puis, c'était là le genre de James Novak, après tout : comme il l'avait dit, s'il pouvait venir en aide à une créature vivante, il le faisait.

« On peut trouver un moment pour que vous veniez le visiter. Et s'il vous plaît, la place est à vous. Ce ne serait pas loin de votre travail, et puis vous pourriez prendre Furry avec vous. Il serait criminel de vous séparer, vous et lui. Qu'est-ce que vous en pensez ? »

Au même moment, une forme floua fusa de la porte entre-ouverte de l'arrière-boutique, où étaient placés certains spécimens problématique ou en attente. Le colibri au plumage vert et bleu qui chatoyait comme de l'émeraude et du saphir se mit à volter tout autour de Castiel dans un vrombissement manique. Chose curieuse, une légère vapeur émanait du bec de Bahamut le Destruteur, qui cachait décidément bien des secrets. L'humain étrange mais qui, il devait le reconnaître, s'occupait bien des animaux de la boutique était là, ainsi que la nouvelle présence qu'il avait senti. Et au même moment, James put déceler la similitude qu'il partageait avec l'impétueux volatile. Sans qu'aucun des deux ne le réalise vraiment, un lien s'était créé ; un lien appelé à devenir turbulent, mais un lien solide. Castiel tendit un doigt, et le colibri vint s'y poser avec l'air suffisant de celui qui venait de se trouver une voiture d'occasion à un prix abordable.

« Concernant l'animal de compagnie, je crois que j'ai trouvé. » sourit un Castiel enchanté.

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(1) Voir « Les Aventures de Bahamut le Destructeur n°49 : Les Casse-cou du Pérou
Castiel
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Sam 7 Jan 2017 - 17:42
Le vendeur avait écouté avec attention ce que lui proposait James, à savoir passer de temps à autre pour voir comment se portaient les résidents du Pet Shop. L'idée n'était pas mauvaise, mais ce n'était pas Zephyr qui allait prendre cette décision sans en parler d'abord aux propriétaires des lieux. Il pouvait faire preuve d'initiative sans que cela ne pose problème, au contraire c'était même apprécié, mais lorsqu'il s'agissait du bien-être des animaux, il préférait s'en remettre à Gerald et Peggy. Il resta donc muet et se contenta de sourire alors que le reste du discours de l'homme ailé paraissait raisonner en lui. Il était heureux de constater qu'il n'était pas le seul à rencontrer des difficultés dans les interactions sociales. Il avait toujours mis ça, dans ses moments de lucidité, sur le compte de son état général lorsque sa sœur n'était pas à ses côtés. Cela le soulageait de savoir que des personnes qui ne présentaient apparemment aucune forme d'autisme puissent ressentir les mêmes troubles que lui. Bien évidemment, tout cela ne s'était pas encore fait un cheminement précis dans son esprit, mais il éprouvait de plus en plus de sympathie pour ce client avec lequel il partageait tant de points communs. Et cette bonne entente n'allait aller qu'en augmentant au vu des dires de Castiel.

Leon n'avait pas besoin du don de ce dernier pour ressentir le lien d'affection qui le liait au chat. C'était un phénomène qui avait été quasi instantané et qui ne l'avait plus quitté depuis qu'il avait passé ses doigts pour la première fois dans le pelage doux et noir comme la nuit du félin. Il n'y avait qu'à lui que ce dernier réservait ses marques d'affection et lorsque l'artiste n'était pas là, on lui avait rapporté que Furry semblait s'ennuyer à mourir. Non, s'il y avait bien un sujet sur lequel il n'avait aucun doute dans sa vie, c'était bien celui-ci. C'est plutôt le reste de la conversation qui l'intéressa au point qu'il fixait James avec une rare intensité. Cet homme, qu'il ne connaissait pas et qu'il venait de rencontrer à peine vingt minutes auparavant, lui proposait une colocation à deux pas de son travail. De manière naturelle, sans chichis, sans s'embarrasser d'une quelconque bienséance, sans arrières-pensées semblait-il aussi. Une vague d'excitation submergea Zephyr qui ne put contenir le sourire radieux qui s'étirait sur ses lèvres. Il ressemblait plus que jamais à un enfant dans son expression de joie qu'il tentait de cacher comme il le pouvait.

Un long silence s'était installé, le vendeur étant bien trop bouleversé pour dire un mot. Il tentait de faire le tri dans ses pensées, bien qu'il n'eut aucun doute sur la réponse qu'il allait faire à Castiel. Il n'eut cependant pas le temps de répondre quoique ce soit que le pensionnaire le plus difficile qu'ils aient à l'animalerie leur tomba dessus et sembla immédiatement s'enticher de James. Leon n'en croyait pas ses yeux et pendant quelques secondes, l'offre de colocation lui sortit de la tête. Cet oiseau n'avait jamais été social et voilà qu'il avait réussi à ouvrir sa cage, ce qui n'était malheureusement pas la première fois, et qu'il se comportait de manière plus ou moins sympathique avec un être humain. Décidément, la matinée était riche en surprise ! Zephyr était fasciné de voir cet oiseau si revêche adopter une attitude plus calme et c'est sans surprise aucune que son client porta son choix sur l'animal.


- I-il n-ne s-s-se c-comp-port-te j-ja-jamais c-com-me ça.

On pouvait sentir l'étonnement dans sa voix mêlé à une certaine fascination. Il lui fallu une dose de volonté pour se secouer et, sans avoir répondu à la proposition de James, pour aller lui chercher tout ce dont il aurait besoin pour s'occuper de Bahamut le Colibri. Son esprit tournait à toute vitesse et ce n'est que lorsqu'il eut amené le panier contenant le nécessaire pour faire vivre la terreur ailée qu'il se décida à donner sa réponse. D'une voix tremblante et avec un bégaiement plus fort que jamais, il fit savoir à Castiel qu'il serait ravi de visiter l'appartement plus tard dans la journée et de discuter à ce moment-là du prix. Son esprit avait beau être quelque peu embrouillé, la perspective de pouvoir partir de l'orphelinat et de commencer, enfin, sa vie d'adulte, lui procurait un bonheur qu'il n'avait que peu connu. Et le fait qu'il emménage avec un parfait inconnu ne lui posait aucun souci. Il était assez grand pour se défendre en cas de problème, mais il sentait étrangement qu'il n'y en aurait pas. Qui était le plus fou des deux ? Celui qui avait fait cette proposition ou celui qui l'acceptait ? Quoiqu'il en soit, cela pouvait être un désastre annoncé, mais Zephyr était convaincu, dans ses tripes, que ce serait tout le contraire.
Zephyr
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Dim 15 Jan 2017 - 13:35
Castiel observait le petit animal posé sur son doigt avec l'innocente fascination d'un enfant. Il essayait de suivre du regard les mouvements rapides de l'oiseau qui hochait la tête sans jamais s'arrêter, si bien que le volatile lui-même s'efforçait de suivre l'agitation de ce grand humain. Après quelques longues secondes d'un pareil manège, Castiel commença à en avoir le tournis et Bahamut le Destructeur, Fléau du Monde, Héraut de la Tempête, Messager de la Foudre Vengeresse et Bibi le Rapide perdit l'équilibre, se retrouva suspendu au doigt à l'envers après avoir perdu l'équilibre. Il se repositionna en bombant ce qui lui servait -si l'on se montrait charitable- de torse pour retrouver de sa dignité, tout en foudroyant ce curieux deux-pattes du regard. Secouant la tête pour reprendre ses esprits, le guérisseur lui adressa un grand sourire avant de lui tapoter gentiment la tête.

« Je le prends! » annonça-t-il joyeusement, tout en étant conscient que l'animal l'avait choisi le premier. De son côté, le colibri décida de faire preuve d'un peu de magnanimité en pardonnant un tel affront ; quelque chose lui disait qu'avec un type pareil, il en aurait bien besoin... Mais il ne pouvait nier la connexion qui s'était instantanément créée entre eux. Pour un baroudeur solitaire tel que lui, c'était une sensation curieuse, mais il avait le sentiment que tel était son destin. Et on ne plaisantait pas avec le destin, lorsqu'on était un célèbre héros aventurier.

James, pour sa part, ressentait également le lien qui s'était créé. Cela lui rappela celui qui s'était instantanément tissé entre son amie Charlie et Miguel le pingouin, lors de leur sortie au zoo il y a quelque temps. A croire que les oiseaux possédaient une affinité prononcée avec certains prodiges ! A cette pensée, il vint une idée à James. Il commença à ôter son manteau, faisant passer un Bahamut intrigué d'une main à l'autre pour terminer son entreprise. Puis il déploya ses ailes dans la boutique, se révélant ainsi tel qu'il était vraiment. Aussi bien pour l'oiseau que pour Léon ; après tout, s'ils devaient vivre ensemble, autant qu'il sache maintenant afin de ne pas s'étonner de retrouver des plumes dans l'aspirateur ou la machine à laver.

« Tu vois ? On a pas mal en commun, toi et moi. » Le colibri ne pouvait détacher son regard des grandes ailes blanches, son bec ouvert dans un air d'étonnement ébahi. « Je vais t'appeler Quetzal ! » L'air d'étonnement ébahi fit aussitôt place à un air d'indignité courroucé : comment ce tas de plumes qui marche osait-il ? Bon, ce n'était pas complètement ridicule, comme nom, en y réfléchissant bien. Cela ajoutait un certain charme, en considérant l'implication mythologique. Ouais, ouais, finalement, ça passait pas mal : Quetzal-Bahamut. QB, pour les intimes. Il poussa un bref soupir de colibri, et signala son accord ; un accord que Castiel put ressentir à travers son empathie avec joie. D'ailleurs, Castiel se rendait bien compte de la capacité étrange qu'avait le volatile de lui-même ressentir les émotions d'autrui. Voilà qui ne manquait pas d'intérêt ; il faudrait qu'il en parle à Charlie, voilà qui intéresserait sûrement ce projet esper... Mais ce brave colibri n'était pas le seul être qui allait rejoindre la vie de James Novak aujourd'hui, aussi reporta-t-il son attention sur Léon.

« Je suis content que l'offre vous tente ! Je peux sans problème vous faire visiter tout à l'heure, j'espère que l'appartement vous plaira. Il n'y manque pas grand chose, mais vous serez libre d'aménager comme il vous plaira. C'est un grand duplex, donc il y a de place. Et puis comme ça, vous ne serez pas séparé de Furry ! » Quetzal-Bahamut le Destructeur, Fléau du Monde, Héraut de la Tempête, Messager de la Foudre Vengeresse et Bibi le Rapide, haussa ses petites à la mention du chat ; du moment que la bestiole n'essaie pas de lui sauter dessus, il n'allait pas lui cramer les moustaches. Contrairement à la plupart des oiseaux, il n'avait rien contre les félins ; il était capable de se défendre, et puis il comptait un matou polonais -Vladimir le Borgne- parmi ses compagnons d'aventure (1).

« Au fait, tu peux m'appeler James. Ou Jimmy, mes amis m'appellent souvent comme ça. » Il était naturellement passé au tutoiement. Il était vraiment heureux d'avoir rencontré Léon ; sa lueur d'âme lui inspirait confiance, et puis il se réjouissait d'apprendre à le connaître. Maintenant, il ne leur restait plus qu'à s'occuper des formalités concernant la transmission du colibri ; et puis dès que le vendeur pourrait quitter la boutique, ils iraient visiter ! « Il n'y manque vraiment pas grand chose... » A part, peut-être... « Dis, est-ce que tu as un poivrier ? »

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(1) Voir « Les Aventures de Bahamut le Destructeur n°57: Ca cogne en Pologne ! »
Castiel
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Dim 5 Fév 2017 - 17:30
Avec une certaine fascination, Leon regardait l'étrange manège entre son client et l'oiseau se dérouler devant ses yeux. Ils semblaient se jauger, se demandant si leur cohabitation pourrait fonctionner et ce jusqu'à ce qu'ils en aient le tournis, littéralement. Le petit animal sembla se courroucer et pendant une fraction de seconde le vendeur, qui le connaissait bien, eu peur qu'une flamme véhémente vienne roussir les sourcils de James. Heureusement, tel ne fut pas le cas et le jeune homme ne pu que s'émerveiller de l'effet qu'avait son son vis-à-vis sur la bête. Ce dernier réaffirma son intention de prendre le colibri comme animal de compagnie et se décida à lui donner un nom, non sans avoir montré en premier lieu une particularité à laquelle son, peut-être, futur colocataire ne s'attendait pas. Car lorsqu'il l'avait vu entrer dans la boutique, il ne s'était pas formalisé de la bosse qui déformait quelque peu le dos du nouvel arrivant. Il était bossu, point barre. Mais maintenant, voilà qu'il dévoilait de fantastiques ailes qui donnaient une toute autre explication.

La bouche légèrement entre-ouverte du vendeur ne laissait aucune place au doute quand à son grand étonnement. Il en avait vu des choses, mais alors, c'était une première ! Un homme se tenait devant lui, un oiseau perché sur sa main et partageant visiblement avec lui une caractéristique physique peu répandue chez les êtres humains. Du moins c'est ce que pensait Zephyr et en ça il n'avait sûrement pas tort. Le pouvoir de guérison de Castiel ne l'avait pas surpris outre mesure, il savait que certaines personnes étaient douées de dons tous différents les uns des autres et lui-même en possédait un, bien que sa maîtrise soit loin d'être au point. Mais ces ailes, ça c'était autre chose. Quelque chose de plus concret, plus visible, qui ne laissait aucun doute planer : il avait devant lui quelqu'un qui pouvait voler. Il avait beau savoir que tout était possible, cette réalisation lui fit tout de même un petit choc et il n'arrivait pas à détourner les yeux de ce spectacle.

A nouveau, il dut faire preuve de toute sa volonté pour ramener son esprit à la situation présente et se concentrer sur ce qu'on lui disait. James semblait satisfait de constater que Leon était enthousiaste à l'idée de visiter et rendez-vous fut pris plus tard dans la journée. Le vendeur avait fait l'ouverture, ce qui signifiait qu'il sortirait plus tôt du travail et qu'il pourrait passer en milieu d'après-midi, avant d'aller faire des achats au magasin de peinture. Car mine de rien, ce début de journée était riche en émotions et il savait qu'il devrait coucher cela sur une toile en rentrant à l'orphelinat. A l'évocation de ce qui était encore sa maison, il eut un mélange de pincement au cœur et de joie qui lui murmurait au fond de lui qu'il prenait la bonne décision en partant.

Il resta silencieux alors qu'il remplissait la paperasse indispensable lorsque le magasin confiait l'un de ses résidents à sa nouvelle famille. Il écoutait cependant attentivement celui qu'il appellerait peut-être Jimmy et fit un léger mouvement de tête de gauche à droite pour lui signifier qu'il n'avait pas de poivrier. Il ne savait pas en quoi ceci était indispensable à un appartement, mais il pensait que cela faisait partie des choses qu''il allait devoir apprendre sur la vie en-dehors des murs de l'orphelinat. Il nota cette information dans un coin de son esprit et se promis d'acheter l'objet en signe de reconnaissance s'il se décidait à emménager chez l'homme-ailé.

Celui-ci lui donna son adresse en lui assurant qu'il le retrouverait en bas de l'immeuble à 15h et s'en fut avec son colibri voletant autour de lui. Leon connaissait assez l'énergumène pour savoir qu'il aurait été inutile de tenter de le mettre dans une cage ! Surtout pas maintenant qu'il retrouvait une liberté complète. Il regard l'étrange duo s'éloigner et retourna à ses occupations, une légère tension l'empêchant de rester sur place. Plusieurs fois dans la journée, il s'était réfugié auprès de Furry afin de calmer ses nerfs, mais le manque de client n'avait pu le tenir suffisamment occupé pour qu'il mette temporairement de côté ce qui tournait à toute vitesse dans son esprit.

Il allait peut-être enfin partir de l'orphelinat pour emménager avec un homme qu'il venait à peine de rencontrer, un colibri revêche et son chat. Il était excité de découvrir ce que vivre de manière indépendante, mais aussi en colocation, impliquerait. Mais pour être honnête, il était également curieux d'en savoir un peu plus sur les dons et les ailes de James. En y réfléchissant, ce dernier avait fait preuve d'une certaine prévenance en lui dévoilant ses particularités autant physiques que mentales, mais Zephyr n'aurait pas pu lui rendre la pareille même s'il y avait pensé. Il ne manquait plus qu'à espérer que son don ne se manifesterait pas de manière inopportune, telle qu'en détruisant un pan de mur par exemple sous le coup d'un accès de rage...
Zephyr
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Sam 11 Fév 2017 - 15:09
Décidément, la vie réservait parfois bien des surprises. Castiel, pour sa part, s'en accommodait généralement avec un optimisme autour duquel on aurait pu tordre des barres d'acier. Chaque nouvelle chose était une nouvelle découverte, chaque imprévu une opportunité. Il y avait des gens qui, lorsqu'ils allaient faire des courses précises, revenaient sans trop savoir comment avec un cactus nain en prime ou toute un paquet d'assiettes en carton (elles devaient être en promotion). Quand James allait se chercher un animal, il revenait avec un colocataire en prime. Car pour lui, c'était un fait : Leon ne pouvait faire autrement que d'emménager. Le guérisseur s'était tout de suite pris d'amitié pour le timide vendeur, dont il appréciait la simplicité. C'était agréable de parler à quelqu'un qui ne se perdait pas en métaphores compliquées ; cet homme disait ce qu'il pensait, et pour quelqu'un comme Castiel, c'était toujours agréable. Rafraîchissant, même.

Ils convinrent d'un rendez-vous à la bonne adresse plus tard dans la journée, et Castiel s'en réjouissait déjà. Pour l'heure, ils n'avaient plus qu'à s'occuper des formalités concernant l'adoption de Quetzal. Le colibri observait la paperasserie avec l'air de celui pour qui l'administration n'était qu'un adversaire de plus à terrasser d'un bon coup de boule. Il n'y avait aucun doute sur le fait qu'il adoptait l'humain au moins autant que le contraire, si ce n'est plus ; Quetzal-Bahamut le Destructeur, Fléau du Monde, Héraut de la Tempête, Messager de la Foudre Vengeresse et Bibi le Rapide n'appartenait à personne. Mais étonnamment, il n'envisageait pas de s'enfuir à tire-d'aile dès qu'il sortirait de la boutique ; il avait envie d'en apprendre plus sur cet humain à plumes. Ce n'était pas tous les jours qu'on rencontrait quelqu'un du genre, surtout lorsqu'il était lui aussi capable de jauger les émotions. Peut-être bien qu'il y avait une nouvelle aventure qui se cachait derrière tout ça...

De retour dans la rue, l'oiseau perché sur un doigt, Castiel étendit longuement ses ailes. Il échangea un regard avec son nouveau compagnon, et tous deux surent instantanément ce qu'ils avaient envie de faire ensemble. Les deux prodiges s'éclipsèrent dans une ruelle, histoire de ne pas se faire remarquer plus que nécessaire. Il y avait encore des gens qui ne trouvaient qu'un type qui décollait au milieu du trottoir, ce n'était pas très normal. D'une poussée, Jimmy s'éleva entre les murs, dépassant bien vite le sommet des bâtiments environnants. Quetzal-Bahamut -ou QB, il trouvait que ça sonnait bien- voletait rapidement tout autour de lui, heureux de se dégourdi à nouveau les ailes à l'air libre. Partageant leurs émotions, ils synchronisèrent leur vol, le colibri rappelait le poisson pilote autour du plus gros poisson. Ils profitèrent de l'instant, et les minutes auraient aussi bien pu être des airs, ou vice-versa. Enfin, Castiel se dirigea vers son nouveau chez-lui.

L'appartement était un grand duplex bien entretenu, au sommet d'un immeuble ancien dans Old Town. Les lieux étaient spacieux, avec un grand salon qui donnait sur une baie vitrée qui avait vue sur la ville. On pouvait obscurcir les fenêtres d'une commande, pour plus d'intimité, et les deux chambres adjacents étaient elles aussi bien assez grande pour permettre à une personne d'y trouver son confort dans chacune. Cuisine moderne, salle de bain qui l'était tout autant, un tel endroit aurait été bien difficile à obtenir si Castiel n'avait pas bénéficié de l'aide de miss Novak ; la directrice du foyer pour jeunes connaissait tout le monde en ville ou presque, et elle avait elle-même convaincu James de s'intéresser à cet appartement. Il était temps qu'il profite un peu, et se trouve un endroit agréable pour vivre ; la chambre de bonne qu'il occupait au-dessus de son cabinet n'était pas un endroit propice à y amener des baves filles ou des braves gars, avait-elle ajouté d'un air complice qui était passé tellement au-dessus de la tête de Castiel qu'une girafe aurait pu le regarder dans les yeux. De plus, il avait amassé un certain pécule au cours des décennies, ne serait-ce que parce qu'il dépensait peu, et s'était généralement contenté de déposer son argent ici et là. Ce n'était donc pas à cause du loyer qu'il avait cherché colocataire ; il était un animal social, tout simplement, et il s'imaginait mal vivre là sans un peu de compagnie. Et puis s'il pouvait rendre service à Leon par la même occasion, tant mieux ! Il ne lui resta plus qu'à attendre quinze heures, où il put recevoir son nouvel ami avec plaisir :

« Bienvenue à la maison, Leon ! » Il lui adressa un grand sourire joyeux, lui faisant signe d'entrer. QB était perché sur son épaule, et suivait la scène d'un air vaguement intéressé. Il espérait que si cet humain venait nidifier avec eux, le chat suivrait ; il aimait bien Fury, et puis rien de tel que de compter un félin parmi ses amis, ça aiderait à sa réputation dans le quartier. « L'essentiel du mobilier est venu avec l'appartement, mais on peut tout à fait imaginer autrement si tu as des envies ou des besoins particuliers. Alors, qu'est-ce que tu en penses ? »
Castiel
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Dim 9 Avr 2017 - 15:48
Après sa pause de midi, Leon n'y tenait déjà plus. Son regard azur ne cessait de faire des allers-retours entre les bons de commande qu'il devait classer et l'horloge savamment travaillée qui était accroché au mur. Une certaine tension s'installait progressivement en lui et il eut toutes les peines du monde à faire son travail correctement, ce qui eut le don de l'agacer. Il aimait bien faire les choses, surtout lorsqu'il s'agissait de son emploi de vendeur. Ses patrons avaient eu confiance en lui et il mettait un point d'honneur à ne pas les décevoir. Lorsque ces derniers arrivèrent à la boutique pour prendre le relais, ils ne purent que constater l'état d'agitation inhabituel dans lequel leur protégé se trouvait. Ils connaissaient assez bien Zephyr depuis le temps pour savoir qu'il ne servirait à rien de lui poser des questions. Le jeune homme restait un mystère et ne se confiait guère à eux sur ses états d'âme ou ses soucis. Ils remarquèrent cependant qu'il semblait plutôt heureux ce qui les rassura, l'ayant déjà vu dans des états de nervosité extrêmes qui n'auguraient rien de bon. A ces moments-là, ses yeux paraissaient couver un feu vif et brûlant qui aurait pu blesser quiconque se serait approché d'un peu trop près. Aujourd'hui, c'était tout le contraire. Ses iris avaient pris une teinte plus intense et semblaient pétiller. Peut-être avait-il reçu une bonne nouvelle ?

Voyant qu'il étaient passablement agité, ils décidèrent de le libérer une bonne demi-heure avant la fin de son service. Autant Leon n'y tenait plus et appréciait leur geste, autant il se senti démuni lorsqu'il eut rassemblé ses affaires et qu'il se retrouva sur le trottoir en plein soleil. L'appartement de James se trouvait à peine à dix minutes à pied de la boutique et ne sachant pas si l'homme-ailé était déjà là ou non, il préférait ne pas arriver avant l'heure convenue. Il se décida donc à traverser la rue pour entrer dans un petit tea-room où il commanda un thé glacé. Il n'était jamais venu ici, bien que l'endroit se trouve juste en face de l'animalerie. Généralement, il ne s'attardait pas dans le quartier avant ou après son boulot et préférait vaquer à ses occupations lorsqu'il ne travaillait pas. Cependant, et malgré le stress qui montait inexorablement en lui, il ne put qu'apprécier la décoration simple du lieu et la bienveillance de la tenancière qui eut la délicatesse de ne pas lui faire la conversation. Il sirota son thé tout en vérifiant sur son téléphone l'adresse exacte de l'appartement avant d'observer la tranquillité de la rue et de ses passants. Quand l'heure arriva, il sortit avec autant de calme qu'il le pouvait et bifurqua sur la droite en direction de sa nouvelle vie.

Durant tout le chemin, il se força à rendre son pas plus lent qu'à l'accoutumée, son cœur trahissant ses émotions et battant à tout rompre dans sa poitrine. Lorsqu'il arriva enfin devant l'immeuble, il jeta un œil à l'heure et laissa un large sourire envahir ses traits : 15 heures pile. Après avoir sonné à l'interphone, il monta les marches rapidement pour se retrouver devant une porte où l'attendait déjà James et son colibri qui l'invitaient à entrer. Il ne se fit pas prier mais passa la porte avec une certaine timidité, ne sachant pas trop où aller. L'homme-ailé pris les choses en main et lui fit faire une visite complète des lieux, gardant ce qui serait la chambre de Zephyr pour la fin. La pièce était grande, bien plus que sa chambre à l'orphelinat, et comprenait déjà une grande armoire, un bureau et un lit deux places. Ce dernier détail ravi le jeune homme qui avait toujours du se contenter d'un petit lit toute sa vie et qui ne pouvait y voir qu'une agréable amélioration. Il y avait également largement la place pour installer un coin atelier où il pourrait étaler ses peintures tout à loisir. Ceci, plus le fait que le reste de l'appartement était lumineux, spacieux et bien entretenu, termina de le convaincre. Il n'avait pas prononcé un seul mot depuis son arrivée et lorsqu'il prit la parole en se tournant vers Castiel, se fut d'une voix bien plus assurée qu'à l'accoutumée.


- J-je le p-prends !

Il n'avait même pas demandé le prix, il s'en fichait. Cet appartement était parfait pour sa nouvelle indépendance et il s'y sentait bien, tout comme il sentait que la cohabitation avec son colocataire ne poserait pas de problème. Il n'y avait plus qu'à convenir des arrangements à prendre pour le déménagement et à prévenir l'orphelinat. Quand à sa famille, il préférait leur faire la surprise et ne leur en parler qu'une fois qu'il aurait emménagé. Il avait besoin de faire ça par lui-même, sans leur aide. Une bouffée de bonheur s'emparait de lui maintenant qu'il avait pris sa décision et lorsque les détails furent réglé, il sortit de son nouveau chez lui avec une rare sensation de bien-être qu'il savoura avec délectation.
Zephyr
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