[Clos]Grey and blue [Caleb]

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Jeu 22 Sep 2016 - 11:26
Gettysburg, 3 juillet 1863

La bataille était finie. Ou, plutôt, la boucherie. Plus la guerre s'éternisait, et plus elle s'apparentait au couloir d'un immense abattoir aux yeux du lieutenant James Smith de l'armée confédérée. Assis sur une souche, il contemplait l'agitation du camp nordiste, bien trop affairé à compter ses morts et ses blessés pour réellement se réjouir de leur victoire. Pour James, tout cela n'avait aucun sens. Quand il s'était engagé, au début de la guerre, ce n'était pas vraiment par choix. C'était ce qui était attendu de lui, et son père l'y avait poussé, espérant voir rejaillir sur leur petite communauté le prestige militaire. Jeremiah Smith n'avait cessé de lui dire qu'il était un ange envoyé par les cieux pour servir leur juste cause, et si James avait depuis longtemps cessé de croire en ce conte, il n'avait pas refusé pour autant. S'opposer à son père lui paraissait impossible : malgré sa dureté et ses exigences, c'était l'homme qui l'avait recueilli alors qu'il n'était qu'un bébé abandonné, l'homme qui lui avait offert un foyer, qui lui avait permis de grandir et de survivre. Et puis quand on avait passé toute sa vie sous la coupe d'une personne, il était bien difficile de briser ses chaînes.

Alors il avait suivi le chemin tracé par Jeremiah, dans un élan de gratitude distordue, sans jamais vraiment se sentir à sa place pour autant. Et si dans la communauté où il avait grandi, ses ailes avaient été acceptées, il en était bien autrement à l'extérieur. Les autres soldats ne l'avaient accepté qu'avec méfiance, et c'était la nature de ses dons de guérison qui lui avait permis de s'engager dans le corps médical de la Confédération. L'armée avait toujours besoin de médecins, et si James avait obtenu son diplôme, c'était surtout son pouvoir qui changeait la donne. Alors il l'avait mis au service des blessés et des malades de la guerre, et c'était bien devenu la seule chose qui lui permettait de continue d'avancer dans ce conflit. Le gris de l'uniforme qu'il portait sur le dos, il le ressentait parfois comme une chape de plomb, et la cause sudiste lui paraissait chaque jour plus absurde. Il ne l'avait jamais soutenue, mais il n'avait pas osé s'opposer à son père, puis à ses supérieurs. Et puis les hommes qu'il avait appris à connaître au fil des campagnes avaient besoin de lui, il ne pouvait pas les laisser tomber. C'était ce qu'il se disait pour avancer. Ça, et puis le fait qu'il n'hésitait pas à procurer des soins à tous ceux qui en avaient besoin, quelle que soit la couleur de leur uniforme et de leur peau. Malgré les récriminations des officiers et même de certains de ses camarades. Mais il ne pouvait agir contre sa nature, il en était de plus en plus conscient, et il pouvait sentir bouillir en lui quelque chose qu'il n'avait encore jamais ressenti à ce point : le sang de la rébellion. Et aujourd'hui, on lui en donnerait peut-être l'occasion qui lui manquait.

Il avait été capturé alors qu'il errait sur le champ de bataille, apportant son aide à tous ceux qui en avaient besoin. Il avait fait fi des ordres reçus lors de la retraite sudiste, il était resté, prêt à affronter les conséquences. Elles n'avaient de toute façon guère d'importance au vu d'un tel carnage. Il n'avait lui-même pas participé au combat : comme la plupart des autres médics, il ne montait pas en première ligne pendant l'affrontement, où leur perte aurait été un trop grand gâchis. Ce qui au début lui convenait bien : il n'avait jamais aimé se battre, et encore moins pour une cause à laquelle il ne pouvait pas adhérer. Mais à présent, voilà qui lui donnait plus l'impression d'une grande lâcheté qu'autre chose, comme s'il réalisait enfin que toute une vie passée à fuir ses véritables convictions par peur du conflit était une erreur. Dans ce cas, il avait beaucoup à se racheter ; alors autant commencer. Une patrouille de l'Union n'avait pas tardé à lui tomber dessus, et avaient alors ramené à leur camp l'un des plus curieux prisonniers de guerre qu'ils eurent jamais appréhendé. Les yeux des soldats se tournaient sans cesse vers les ailes qui se balançaient doucement dans le dos de l'officier sudiste. Il lui aurait suffi de décoller pour s'échapper, ne craignant guère les balles, qui n'auraient causé chez lui que des blessures temporaires. Mais il ne l'avait pas fait. Il avait coopéré, faisant connaître ses talents de médecin et de guérisseur. Il pouvait sentir l'incrédulité, l'étonnement, l'hostilité qui se dégageaient de la plupart des hommes, mais aussi la curiosité. Il avait aussi dit qu'il était prêt à aider quiconque en avait besoin, après avoir fait une démonstration de son don de guérison sur un blessé du champ de bataille, que son escorte avait alors pu ramener également. Certains soupçonneraient certainement une tentative maladroite d'infiltration, mais ce serait à leurs supérieurs d'en juger. En attendant, pourquoi ne pas utiliser cet homme pour sauver leurs camarades ?

Sous étroite surveillance, on le fit traverser une allée du camp pour le mener devant une tente. Un homme en écarta le pan, faisant signe à James d'entrer à l'intérieur. Le prodige ailé avait suivi le mouvement avec docilité, et se sentait saisi d'un calme comme il n'en avait encore jamais ressenti. Quoi qu'il arrive à présent, les dés étaient jetés et, pour une fois, ils l'avaient été de sa main. Il pénétra à l'intérieur de la tente, se penchant pour permettre à ses ailes de s'y engouffrer. Quel que soit ce qui l'attende à l'intérieur, il était prêt.
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Lun 3 Oct 2016 - 13:46
Grey and Blue

Dante avait beau fuir les conflits, il avait parfois l'impression, que ces derniers lui courraient après. Ou en tous les cas, qu'il se retrouvait souvent au mauvais moment, au mauvais endroit. Il avait un peu perdu le fil du compte des jours depuis qu'il avait signé pour entrer dans les rangs de la cavalerie Yankee.

S'il avait signé, c'était surtout parce qu'il estimait que la cause en valait la peine. Tous les hommes naissaient égaux, pourtant, certains en avaient décidés autrement et une chose était certaine, Caleb ne supportait pas de voir l'esclavage comme quelque chose de normal. Alors il avait accepté de prendre les armes, pour rendre leurs droits à tous les humains de ce continent. Il n'aimait pourtant pas la guerre que les américains menaient face aux indiens, mais chaque chose en son temps.

Il n'était pas dans le corps d'armée le plus tranquille de tous. Sabre à la main, sur leurs chevaux, les cavaliers étaient souvent les premiers à partir au front. Pour casser les défenses de l'ennemi, et soutenir les fantassins, afin que ces derniers, ne finissent pas tous en chair à canon. Enfin... c'était un peu malheureusement ce qui arrivait souvent. Cette guerre était une boucherie, comme beaucoup d'ailleurs. Il ne comprenait pas cet entêtement de l'être humain à tant vouloir s'imposer par les armes. Bon là pour le coup, c'était nécessaire. Les Sudistes n'étaient pas du genre à lâcher leurs privilèges ainsi.

Ça avait été un début de journée comme les autres, préparation des canassons, des armes, le capitaine qui tentait encore un speech pour motivé ses troupes. Le bruit des canons qui tonnent, des fusils qui tirent et du galop des sabots sur le sol du champ de bataille. Tout était passé ensuite très rapidement, la seule chose dont se souvenait réellement notre homme, c'était un boulet de canon qui avait du atterrir pas loin de lui. Il s'était retrouvé projeté bien loin de son cheval, qui avait dû être déchiqueté par la puissance de l'explosion.

Des infirmiers l'avaient chopés dès que les combats avaient cessés. A les entendre, ou du moins, ce qu'il avait l'impression de comprendre, c'était bien le fait qu'on ne l'avait pas raté. Mais entre ses douleurs et celles qu'il ressentait tout autour de lui, il était bien à mal de dire ce qui venait de son corps ou pas. Il en était à se demander si cette fois-ci, son heure était finalement venue. Son pouvoir d'immortel n'avait pas l'air de vouloir se déclencher et prendrait-il, de toutes les façons, le risque de s'exposer ainsi, dans un camp de soldat? Pas dit.

Installé sur un lit de camp de l'infirmerie, il avait déjà l'esprit bien ailleurs, perdant tout son sang abondamment. L'ange qui apparut dans la tente, il ne le vit pas tout de suite, mais l'un des médecins, attrapa le confédéré pour le tirer vers le lit du mourant, qu'il fasse donc une démonstration de ce dont il était capable, s'il ne souhaitait pas se retrouver fusiller dans la minute.

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Caleb
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Ven 7 Oct 2016 - 11:44
Au vu des regards que lui lançaient la plupart des soldats de l'Union tandis qu'il traversait le camp, James Smith en venait à ressentir plus que jamais une vive honte pour l'uniforme qu'il portait sur le dos. Il ne l'avait jamais demandé, et il ne l'avait pas enfilé par conviction, mais quelque part cela rendait la chose pire encore. Il s'était contenté de suivre le mouvement imposé par son père, comme il l'avait toujours fait, parce qu'il était incapable d'imaginer faire autrement. Il avait toute sa vie été sous la coupe de cet homme, et il avait toujours cru qu'il lui devait tout quoi qu'il en coûte ; après tout, il ne connaissait rien d'autre. Mais plus la guerre avançait, et plus il ouvrait les yeux, réalisant à quel point il ne pouvait continuer de se laisser ainsi guider par quelqu'un d'autre que lui. Comment pouvait-on se battre pour un mode de vie qui impliquait la privation de liberté d'autres êtres humains ? Pour James, la couleur de peau n'avait jamais eu la moindre incidence, et il ne comprenait pas comment elle pouvait en avoir. Il avait passé bien trop de temps dans le mauvais camp, et il osait enfin se l'avouer.

Ses propres convictions, voilà ce qu'il recherchait vraiment. Il avait toujours cru qu'il n'avait pas à en avoir, qu'il était effectivement né pour servir des volontés qui le dépassaient, qu'elles proviennent de son père ou d'un dieu auquel il ne savait même pas s'il croyait. C'était le problème, au fond : James Smith ne savait pas vraiment ce en quoi croyait James Smith. Il était cependant sûr de deux choses : il ne voulait laisser personne souffrir qu'il était capable d'aider. Et il ne pouvait plus se battre au nom d'un idéal corrompu qui n'avait finalement jamais été le sien. Pouvait-il seulement racheter ses erreurs, et prendre enfin le contrôle sur sa vie ? Il était déterminé à tout faire pour, en tout cas.

Dans la tente qui servait d'infirmerie, il put tout de suite sentir la détresse et la souffrance des blessés. Les champs de bataille et leur suite étaient des lieux qui avait un puissant effet sur ses capacités d'empathie qu'il était incapable d'annuler. Il y avait bien plus de terreur que d'exaltation dans les combats, et les conséquences en étaient inévitablement une tragédie qui le frappait toujours de plein fouet comme si c'était la première fois de sa vie qu'il s'y confrontait. Il pouvait voir l'aura des soldats mal-en-point vaciller et s'éteindre au fur et à mesure que leur vie s'échappait, les couleurs de leur leur d'âme distordues et teintées de sang. Cela lui permettait au moins de savoir instinctivement ceux qui avaient besoin de soins le plus vite possible, lui permettant d'établir un triage efficace. Mais même le guérisseur qu'il était ne pouvait sauver tout le monde. Utiliser ses pouvoirs lui demandait de l'énergie, et il ne pouvait les employer à la chaîne. Ce qui ne l'empêchait pas d'essayer, jusqu'à s'effondrer d'épuisement.

Ses gardiens le dirigèrent tout de suite vers un lit de fortune où gisait un homme sérieusement blessé, dont l'uniforme était imbibé du sang qu'il continuait de perdre. Un médecin militaire s'efforçait de le stabiliser comme il pouvait, et s'écarta de mauvaise grâce pour laisser place au prisonnier. James ne s'en formalisa pas, déjà pleinement concentré sur sa tâche. Cet homme ne mourrait pas, pas aujourd'hui. Et puis il y avait quelque chose chez le mourant qui intriguait James, un sentiment familier comme s'il retrouvait un vieil ami alors qu'il venait pourtant de le rencontrer pour la première fois. Il y avait de ces connexions qui étaient instantanées ; raison de plus pour que Smith fasse tout son possible pour le sauver. Pour comprendre, pour en savoir plus. Et parce qu'il ne voulait pas voir une autre vie s'éteindre. La lueur d'âme de l'officier était d'un bleu acier presque gris, et perdait sans cesse de sa superbe, mais James y décelait aussi une force insoupçonnée...et ancienne. Plus que les traits de cet homme attirant ne le laissaient penser, bien plus.

Avec une grande délicatesse, le confédéré posa ses mains sur la poitrine du blessé, une douce lueur dorée s'en dégageant déjà tandis qu'il effectuait son diagnostic. Il pouvait sentir les blessures comme s'il les examinait de l'intérieur, et il y fit couler tout son pouvoir de guérison pour réparer les dommages internes. Dans le même temps, il pouvait sentir le propre pouvoir de cet inconnu qui essayait désespérément de sauver son hôte, mais qui était loin d'agir aussi rapidement que le facteur autoguérisseur que possédait Smith. Intrigué, il n'en perdit pas pour autant sa concentration, et il se passa deux ou trois longues minutes avant qu'il ne rompe le contact, chancelant si fort sur ses jambes qu'un des soldats dût le retenir pour éviter qu'il ne tombe. Mais il avait réussi : l'aura de l'officier nordiste avait retrouvé de son éclat, et ses blessures s'étaient refermées, complètement guéries.

« Ça va aller, maintenant. » dit James Smith dans un sourire. Puis il perdit connaissance.
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Sam 15 Oct 2016 - 12:44
Dante semblait ne pas avoir si peur que cela d'aller faire la connaissance de son créateur. De toutes les façons, que pouvait-il faire d'autre? Son pouvoir était impuissant face à cette situation et aucun miracle ne pourrait le sauver. C'était sans compter l'arrivée d'un ange dans la tente. Mais il estimait que c'était ses yeux, son esprit qui divaguait, la douleur sans doute. Un rire avait accueilli l'arrivée de cet ange, lui qui croyait être damné pour l'éternité, voilà qui était cocasse. Quelque chose pourtant, lui fit comprendre que l'ailé n'était peut-être pas là pour l'emmener avec lui, mais bien pour le faire rester sur Terre.

Une chaleur parcourue tout son corps, qui l'aidait à se remettre de son état. La douleur disparaissait comme par magie, il ne sentait plus rien, il se redressa comme un seul homme, une fois les soins prodigués. Comme un noyé qui reprenait son souffle. Dante avait bien du mal à comprendre ce qu'il venait de se passer et il n'était pas le seul. Les autres soldats étaient tout aussi surpris. L'ange s'était écroulé quand à lui, rattraper par ses gardiens, qui le posèrent sur une chaise.

Le cavalier quitta alors son lit de fortune, pour rejoindre son sauveur, il demanda alors à s'en occuper, il prenait le relai de la garde, de toutes les façons, il allait bien. Même si le médecin voulait l'ausculter pour s'assurer de ce qu'il venait de se passer. Plus aucune blessure visible était présente sur le corps du lieutenant en tous les cas.

La rumeur s'était bien vite répandue et il avait fallu déplacer le confédéré dans la prison, simplement pour qu'il soit en sécurité. Carso ne l'avait pas lâché d'une semelle, jusqu'à ce qu'il se réveil.

- Qui es-tu?

Oui, il entrait tout de suite en matière, mais il voulait savoir. C'était tellement incroyable. Etait-il comme lui, ou était-il réellement un envoyé du ciel? On pouvait quand même se poser la question. Surtout pour un homme tel que lui, que bien que même s'il avait perdu un peu sa Foi ces derniers siècles, il n'avait pas tout oublié pour autant.

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Caleb
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Lun 24 Oct 2016 - 9:47
Quand il reprit conscience, James Smith se demanda s'il avait remonté le temps pour se retrouver une fois de plus dans le cellier froid qui servait de prison dans la communauté où il avait grand. Les barreaux, l'odeur, l'impression d'être pris au piège : au fond, toutes les prisons se ressemblaient, quel que soit leur but. Le temps que ses pensées s'éclaircissent, il réalisa qu'il n'en était rien, et qu'il se trouvait encore au camp de l'Union, dans l'une des cellules qu'ils avaient dû y bâtir. C'était rassurant, d'une certaine manière : il n'avait aucune envie de se retrouver à la maison. On l'avait allongé sur la planche en bois qui servait de couchette, et ses captifs n'avaient pas bien su que faire de ses ailes. Il s'assit tranquillement avant de les étirer dans son dos, cherchant à les défroisser un peu. Elles étaient ankylosées, comme souvent après une guérison difficile. Il en ramena une devant lui, l'examinent pensivement : un groupe de plumes noires était apparu au milieu d'un blanc qui perdait de plus en plus de terrain au fur et à mesure que la guerre s'éternisait. Mais le médecin ne regrettait aucune de ces guérison ; selon lui, c'était bien la moindre des choses qu'il pouvait faire.

Il se passa les mains sur le visage, puis dans les cheveux, prenant conscience de chacun de ses muscles, endoloris par la longue bataille qui avait précédé tout ceci. Comparé à un nombre toujours plus grand d'infortunés dans les deux camps, il s'en était extrêmement bien sorti, et il ne lui serait pas venu à l'idée de se plaindre. Il se sentait encore un peu faible d'avoir guéri l'officier nordiste, d'autant que la procédure s'était révélée plus ardue qu'elle aurait dû l'être. Il se sentait encore un peu faible, en manque d'énergie, et il n'aurait pas été contre un bon café sucré, qui se révélait être un des meilleurs remèdes qu'il connaissait pour se remettre d'aplomb après une telle utilisation de ses pouvoirs. Il avait fermé les yeux, respirant lentement pour reprendre le contrôle de ses sens et de son esprit, et pour chasser le vertige ; quand il les rouvrit, ce fut pour découvrir que l'homme qu'il avait soignée se trouvait de l'autre côté des barreaux. Il semblait avoir complètement récupéré de sa blessure, et sa lueur d'âme bleu gris était pleine de vie, ce qui plut à James. Le lieutenant sudiste sourit, tout simplement heureux de voir que l'homme allait bien. Il pouvait sentir la curiosité qui émanait de son gardien, sans déceler chez lui de réelle hostilité malgré les camps qui les opposaient. Et James espérait de plus en plus que ce dernier point ne serait bientôt plus un problème.

« Lieutenant James Smith, du corps des médics de la Confédération. Jusqu'à aujourd'hui, du moins... J'aurais pris le temps, mais je crois qu'on n'est plus en très bon terme, elle et moi... Je suis content de te revoir sur pied. Ta blessure était...grave, mais il y avait autre chose ; comme si tu avais commencé par décider que cela ne valait pas la peine de la combattre. Pourtant, j'ai senti en toi un des mêmes pouvoirs que j'ai en moi, celui qui nous pousse à avancer qu'on le veuille ou non, mais bien plus anciens qu'il peut l'être chez moi. J'espère...j'espère que tu as retrouvé la volonté de vivre...blue guy. »

L'autre ne s'étant pas présenté, James avait opté pour le premier surnom qui lui était venu à l'esprit.

« Tu devrais être complètement remis maintenant, j'en suis content. Est-ce que...est-ce que ce serait possible d'avoir un café bien sucré ? Ou au moins un peu d'eau ? Après une guérison, j'ai besoin de retrouver un peu d'énergie... Je vois que tu regardes mes ailes ; beaucoup de gens font ça. Je peux déjà te dire que je ne suis pas un ange, malgré ce que mon père aurait voulu me faire croire. Et maintenant, qu'est-ce qui va m'arriver ? »
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Lun 7 Nov 2016 - 11:50
Dante observait l'ailé d'un œil curieux, le laissant reprendre tranquillement ses esprits, même si dans le sien, une série de questions faisaient son apparition. Il restait attentif à ses émotions, se calant sur la tranquillité qui émanait de cet homme. Étrangement, ce dernier semblait ne pas ressentir toute la peur et l'angoisse, que les autres soldats traînaient avec eux, jour et nuit. Lui aussi, l'avait, cette peur au ventre quelque part.

Heureusement, cet interlocuteur était plutôt bavard. Répondant à sa question avec rapidité, tout en continuant sur des sujets plus délicats. Que Carso n'avait peut-être pas envie de voir s'ébruité par ici. Il se rapprocha alors des barreaux, pour lui intimer de parler moins fort, surtout quand il se permit de parler de pouvoir. Comment ce dernier avait pu sentir quelque chose en lui?

- Je ne vois pas de quoi tu parles...
mieux valait le faire parler lui, sans trop lui donner de détail. J'avais les viscères à l'air, difficile de penser pouvoir s'en sortir ainsi... le fixant un instant. Mais grâce à toi... je voulais surtout te remercier de ce que tu as fait... James.

A la demande du Confédéré, Caleb alla lui chercher ce qu'il pouvait trouver, de café et de sucre. Il était sans doute dégueulasse comme un peu tout ce qu'il y avait à boire et à manger dans ce camp, mais au moins, le goût passerait, s'il mettait une bonne dose de sucre à l'intérieur.

- Tiens. Passant la tasse fumante à travers les barreaux, sans aucune crainte. Il sentait bien que cet homme, ne lui voulait aucun mal. Si tu n'es pas un ange, qu'est-ce que tu es? Il était rare de rencontrer d'autres gens aux pouvoirs spéciaux. Dans sa longue vie, Dante n'en avait rencontré que très peu. Il savait donc ne pas être le seul à posséder des dons, mais il se montrait toujours pourtant très méfiant, on n'était jamais trop prudent. Je n'en sais rien, je pense que tu seras sans doute suffisamment utile à notre camp, pour ne pas te faire fusiller sur place. Si en plus, tu estimes ne plus vouloir servir les gris. Mais c'est au Général d'en décider.

Il lui tendit alors une main, franche, avec un petit sourire.

- J'intercèderai quand même en ta faveur, après tout, c'est bien la moindre des choses que je peux faire pour toi. Et je m'appelle Dante.

Quelque chose le poussait à vouloir être sympa avec lui, à s'en rapprocher. Sans doute leur condition, un peu similaire. Il avait bien compris que l'autre devait être "immortel", bien qu'il lui ait fait comprendre qu'il ne voulait pas en parler, alors qu'un certain nombre d'oreilles indiscrètes pouvaient tout entendre. Car si le soigneur pouvait être utile, un type comme le lieutenant de cavalerie, pouvait faire peur.

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Caleb
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Sam 12 Nov 2016 - 11:44
Il avait beau se retrouver derrière des barreaux, James se sentait plus en paix qu'il ne l'avait été depuis bien longtemps. D'une certaine manière, il avait l'impression d'enfin trouver sa place, ou du moins d'en découvrir le chemin. Par lui-même, sans personne pour l'y forcer. Ses propres idées, ses propres choix. Voilà quelque chose qui allait lui demander un temps d'adaptation, mais qui le rendait déjà plus serein. Quelles que soient les conséquences. Il était conscient qu'il n'allait pas échapper à ses responsabilités, et il était prêt. Que ses geôliers lui donnent une seconde chance ou non. Aussi s'était-il laissé guider sans résister, d'autant qu'il était encore un peu faible suite à l'utilisation de ses pouvoirs. Rarement avait-il vécu une séance de guérison aussi intense, et rien que cela rendait d'autant plus particulier l'homme qu'il avait sauvé.

« Pas besoin de me remercier. Quand je vois quelqu'un que je peux aider, je l'aide. Le reste n'a aucune importance. » Il baissa la voix, conscient que son interlocuteur souhaitait qu'ils ne soient pas à la merci des oreilles indiscrètes. James pouvait sentir son inquiétude à ce sujet, et il comprit qu'il n'avait guère envie d'ébruiter ses propres facultés. C'était quelque chose que James n'avait pas considéré, et il s'en voulut un peu d'avoir mis le blessé sur la sellette, même sans le vouloir. Ce n'était certainement pas à lui de révéler son secret. Lorsque le nordiste lui apporta son café, il le remercia avec un grand sourire avant de se délecter du breuvage. La quantité de sucre suffisait à noyer le goût de chaussette, mais la saveur n'avait jamais été très importante pour James lorsqu'il s'agissait de retrouver un peu d'énergie. La combinaison lui fit grand bien, et il avala le contenue de la tasse d'une seule traite malgré la chaleur.

« Merci. J'ai toujours besoin de retrouver un peu d'énergie après..et bien, ça. » Il mua son sourire en un sourire d'excuse, parlant toujours à voix basse. « Je suis désolé, je voulais pas te faire remarquer. Je n'ai pas l'habitude de rencontrer d'autres...enfin, tu sais. Et j'oublie qu'on pourrait vouloir le garder secret, parce que je n'ai jamais vraiment eu le choix de pouvoir rester discret. » Il haussa ses ailes pour accentuer son propos. Il avait beau pouvoir les dissimuler sous un manteau, elle restaient voyantes; il n'avait jamais eu le loisir de se cacher. C'était sans doute cette apparence d'ange qui l'avait sauvé du bûcher, d'ailleurs...

« Je suis un homme, comme toi. Mon père... Il a décrété que j'étais un ange tombé du ciel pour apporter la gloire de Dieu, et il a su s'en servir pour prendre l'ascendant sur sa communauté. Sur moi. Je n'y ai jamais vraiment cru, mais c'était la seule chose que je connaissais. Je n'ai jamais voulu servir les gris, j'ai juste cru que c'était le seul chemin qui m'était possible. Alors j'ai aidé tous ceux que je pouvais, peu importe le camp. Tout en sachant intimement que ce n'était pas la solution, mais je crois que j'avais trop peur de me retrouver seul. Seulement...seulement, je ne peux plus faire ça. Je ne peux plus servir une cause en laquelle je n'ai jamais cru. Il est temps que j'apprenne à suivre mes propres convictions. Et si vous voulez bien de moi...je crois que c'est ce que je veux faire. Lutter pour ce en quoi je crois, pour une fois. »

Il avait beaucoup parlé, mais il avait enfin eu l'occasion d'exprimer ce qu'il ressentait à ce sujet, et il se sentait en confiance avec l'homme en bleu. Il avait rencontré un congénère, quelqu'un qui partageait une partie de ses dons, de ses différences. Quelqu'un qui le comprenait plutôt que de le juger ou de vouloir se servir de lui. Quand il lui tendit la main, James la serra avec franchise, conscient qu'il se faisait un ami.

« Enchanté, Dante. Et merci. »
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Mar 17 Jan 2017 - 17:38
C'était bien rare de rencontrer quelqu'un prêt à se mettre en danger comme ça, pour aider les autres. Car il était bien clair que cet homme avait quelques pouvoirs, qui pouvaient parfaitement le mettre dans les ennuis. Caleb avait appris à se faire beaucoup plus discret. Surtout que lui, ce n'était finalement pas pour aider les gens que son pouvoir se mettait en route. Et ce n'était pas de son empathie à laquelle il pensait.

- C'est quand même bon de ta part. Le fixant. Considérant que tu pourrais avoir des problèmes à montrer tes dons ainsi.

Vrai que le pauvre homme aurait bien eu du mal à cacher ce qu'il était au monde. Vu ce qu'il cachait sous son manteau. Il l'écouta en hochant légèrement de la tête, restant toujours quelque peu calé sur ses émotions.

- De rien. L'observant. Et j'imagine que de sauver un type de la mort, doit te prendre beaucoup plus d'énergie qu'une simple guérison.

Tout ce que disait James, était sincère. Il le sentait. Dante était presque désolé pour lui qu'il se soit ainsi fait manipuler, par son père en plus de cela.

- Si tu expliques que tu es prêt à te battre pour notre cause, parce que tu ne crois plus en celle des gris. A mon avis, ça fera déjà un bon début. On a autant besoin de bras que possible en ce moment. Et puis, comme je te l'ai dit, vu ton don, ils seraient idiots de ne pas voir comment tu pourrais nous être utile. Un médecin comme toi, on n’en trouve pas à tous les coins de rue.

Honnête, Caleb l'avait toujours été, surtout à ce niveau. Et puis, comme il le lui avait dit, il parlerait pour lui à ses supérieurs. Certes, il n'était pas l'homme le plus écouté du camp - parce qu'il restait le plus souvent dans son coin - mais pour avoir été celui sauvé par cet... "ange"... peut-être que ses dires auraient du poids. Un franc sourire se faisait sur son visage.

- C'est bien la moindre des choses, vu ce que tu as fait pour moi. Reprends des forces, je vais voir ce qu'on peut faire pour toi.

Puis il disparut. Il était temps d'aller en parler avec le capitaine, qui irait sans doute voir les officiers du quartier général. Mieux valait passer par la hiérarchie, pour éviter de se faire des ennemis. James avait sans doute dû attendre un moment, avant que le général du camp ne décide de passer la porte de la prison, pour rencontrer le prisonnier en personne.

C'était un type de haute stature, les cheveux déjà bien grisonnant, mais qui semblait être un homme intelligent et réfléchi. Le cavalier qui l'avait fait venir, se trouvait un peu en retrait et fit un léger sourire au prisonnier, il n'avait sans doute pas autant besoin de s'inquiéter que cela.

- On m'a dit que vous étiez un faiseur de miracle, soldat. Même mon médecin le plus chevronné, n'arrive toujours pas à m'expliquer ce que vous avez fait. Son regard était plongé dans le sien. Qu'avez-vous à répondre à cela?

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Caleb
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Lun 23 Jan 2017 - 10:11
« Je n'ai jamais imaginé faire autrement. Et aujourd'hui, je me rends compte que ce n'était pas assez. Pas du bon côté, en tout cas. »

Il ne serait jamais venu à l'idée de James de s'interdire l'usage de ses pouvoirs, pas quand autant de gens pouvaient en avoir besoin. Se faire remarquer était le cadet de ses soucis, et si son père avait espéré que cela lui profiterait en terme de coups d'éclat et d'avancement, il s'était contenté de faire son petit bonhomme de chemin en aidant tous ceux dont il était capable. Peu importe leur camp, ce qui lui avait parfois causé des ennuis auprès de ses supérieurs. Mais il continuait de se révéler utile, ce qui lui avait permis de passer entre les mailles du filet sans pour autant bénéficier du moindre avancement. Ce qui lui convenait : le grade de lieutenant qu'il avait sur les épaules, il ne l'avait même pas demandé, et la notion d'officier restait pour lui assez abstraite.

« Je n'ai jamais cru en la cause confédérée. Je crois que je l'ai servie parce que je pensais que je n'avais pas le choix. Aujourd'hui, j'ai compris que c'était idiot. On a toujours le choix. Je crois que tout le monde mérite d'être libre et égal. Je n'aime pas me battre, mais...je sais quelle cause vaut la peine, maintenant. »

Et en disant cela, il sut que c'était vrai. Chacun de ses mots était sincère, et il se sentit libéré d'un poids dont il ignorait l'existence consciente en les prononçant. Il repoussa le vague sentiment de culpabilité qui le tenaillait à l'idée de trahir son père, plus que l'uniforme ; le gris n'était pas sa couleur, il le comprenait, maintenant.

« Si mes capacités peuvent servir, considère qu'elles vous appartiennent. Je ferai de mon mieux, en tout cas. Et je te remercie de ton aide. Tu es quelqu'un de bien, ce serait un honneur que de servir à tes côtés. »

James pensait ce qu'il disait. Il pouvait sentir le trouble intérieur qui agitait en permanence l'âme du nordiste, comme dans une lutte perpétuelle. Mais sa lueur gardait malgré tout de son éclat, et il sut qu'il était prêt à se battre aux côtés de Dante. Un lien s'était créé, qui dépassait les uniformes et les causes pour rejoindre leurs âmes. Il sourit à celui qu'il considéra déjà comme un ami, et s'assit sur la vieille couverture qui gisait sur le sol, s'adossant au mur. Croisant les jambes, les mains sur les genoux, il ferma les yeux, décidant de reprendre un peu plus de forces. S'il avait su ce qu'était la méditation, il s'y serait adonné ; là, il se contentait simplement de profiter d'un peu de calme. Il n'aurait su dire combien de temps s'était passé -dix minutes, une heure, plus?- quand deux présences le tirèrent du calme où il s'était glissé. Ouvrant les yeux, il se releva calmement, avant de frotter pensivement son pantalon. En apercevant le général, il se redressa dans une posture qui rappelait le garde-à-vous, qui ne lui était jamais venu naturellement. Le sourire du cavalier le conforta dans l'idée que les choses avaient des chances de bien se passer, et il prête toute son attention au chef du camp.

« Que j'ai fait mon devoir, général. Celui qui consiste à sauver des vies. Je ne sais pas exactement comment je fais ce que je fais ; je...et bien, je le fais, voilà tout. » Il ne voyait pas l'intérêt de mentir, ou de faire passer ses pouvoirs pour ce qu'ils n'étaient pas. Il sentait qu'il valait mieux jouer franc-jeu avec le général, dont la franche lueur d'âme lui disait qu'il appréciait qu'on se montre direct et sincère. « Je peux soigner. Appelez ça un don, un pouvoir, un miracle ou une malédiction, cela n'a pas d'importance pour moi ; tout ce qui compte, c'est ce que je peux en faire. J'ai commencé cette guerre du mauvais côté parce que j'ai cru que je n'avais pas d'autre choix, parce que c'était ce que mon père voulait, parce que je ne savais pas comment exister par moi-même. Mais j'ai appris, et je sais ce que je veux faire, maintenant. Surveillez moi, imposez moi toutes les restrictions que vous jugerez nécessaires, faites de moi ce que vous voulez...mais laissez moi terminer cette guerre du bon côté, général. »
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Mar 31 Jan 2017 - 12:21
Il était rare de rencontrer des gens avec un aussi bon fond. Et ce n'était pas que le don de cet homme qui le poussait à être ainsi. Après tout, il aurait pu se cacher, avoir peur des conséquences, craindre qu'on cherche à le brûler comme un sorcier, car même si ce n'était plus l'époque de l'inquisition, on pendait encore ce que l'on ne comprenait pas. Encore plus en ces moments troublés. Mais non, lui, il avait décidé de continuer, de se montrer au grand jour. Certes, ses ailes n'étaient pas une aide pour rester cacher, mais justement, il aurait pu partir loin... il restait. Ce qui forçait l'admiration de Caleb, qui lui, vivait très bien sans que personne ne sache ce qu'il était vraiment.

- Mieux vaut tard que jamais. Ne t'inquiète pas, l'important, c'est de sauver des vies, qu'importe l'uniforme et tu le fais depuis un moment, n'est-ce pas?

Après, la cause, était une autre histoire. Dans quel monde avait-il vécu, grandit, pour penser qu'il n'avait pas le choix? Certes, Dante se croyait damné depuis le jour de sa naissance, pourtant, tout ce qu'il avait fait ensuite, l'avait été par choix. Peut-être qu'un être Supérieur guidait ses pas, lui faisait prendre ses choix, pour autant, il avait l'impression de pouvoir faire ce qu'il voulait quand même.

- En effet, tu as le choix. Tu l'auras toujours. Avec un petit mouvement de la tête. C'est tout à ton honneur, James. Je pense que tu as vraiment toutes tes chances pour rejoindre notre camp. Surtout que je te sens sincère. Et ça, c'était bien dû à son don. Rien ne nous appartient, mais si tu les mets à notre service, je pense que le Général t'en sera redevable. Si on se bat contre l'esclavage dans ce camp, tu te doutes bien qu'on va pas commencer à faire l'inverse de ce que l'on dit. Lui faisant un petit salut militaire. Ce sera aussi un honneur.

A croire qu'entre eux, venait de se créer un lien plus fort qu'une simple et franche camaraderie. Peut-être était-ce dû au fait qu'ils étaient tous deux - ce que l'on appellerait par la suite - des Prodiges, qui se rencontraient et découvraient qu'ils n'étaient pas seuls sur cette planète. Ce qui, forcément, renforçait les liens d'une rencontre.

Le Général, même s'il ne faisait pas parti de ce petit groupe de gens aux talents incroyables, était un homme intelligent, qui savait juger les autres en les regardant. Et ce qu'il voyait de cet "ange", était plutôt positif. Car l'homme semblait vraiment vouloir les aider. Ce qui ne pouvait être qu'un bon point pour lui, comme l'avait dit quelques heures plus tôt, Carso.

- Très bien Lieutenant. Vous comprendrez qu'ici, je ne peux vous donner le même pouvoir dû à vos galons. Les hommes ne suivront pas aussi facilement un confédéré qui a retourné sa veste. Mais si vous faites votre devoir, nous vous les rendront sûrement. Ouvrez la porte. Un garde obéit dans la minute. Je ne vous ferai pas surveiller à toute heure du jour et de la nuit, mais je vous mets sous la garde du Sergent Carso, puisqu'il se porte garant.

Dante eut un petit sourire pour l'ailé, voilà qu'il était libre.

- Bien évidemment, si vous vous avérez être un espion, un traître, vous serez fusillez sur le champs. Des questions?

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Caleb
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Lun 6 Fév 2017 - 11:14
L'uniforme. Pour beaucoup, cela représentait une cause, une manière d'être, voire toute leur vie. Pour James, cela n'avait toujours été qu'un vêtement. Pas toujours très confortable, et dans une teinte de gris un peu triste. Ou d'un bleu un peu trop sombre, s'il fallait mentionner l'autre côté. Ou, comme il le réalisait pleinement maintenant, son côté. De toute façon, la couleur du tissu lui avait toujours moins importé que celle de l'âme. Le truc, c'était d'avoir un manteau large, pour les ailes. Cela rendait la plupart des gens mal à l'aise, d'imaginer qu'un ange parcourait les champs de bataille. Surtout avec son lot de plumes noires. En général, mieux valait se charger de guérir discrètement : une brève imposition des mains, un peu de lumière, et la plupart des blessés étaient trop dans le coaltar pour vraiment saisir ce qui se passait. Et puis les miracles étaient une denrée rare en temps de guerre ; on les acceptait bien plus facilement. Le besoin appelait à revoir un certain nombre de ses convictions.

« Depuis aussi loin que je m'en rappelle, j'ai toujours fait de mon mieux. » avait-il répondu au nordiste. Qui, il le réalisait maintenant, était au moins autant son sauveur qu'il avait été le sien.

Le choix, voilà quelque chose de nouveau pour l'ancien sudiste. Toute sa vie, il l'avait vécue formatée par l'influence d'un père qui ne laissait guère les coudées franches lorsqu'il s'agissait de faire preuve d'individualisme. Quant au reste de la communauté où il avait grandi, quand le patriarche vous faisait passer pou un ange tombé du ciel, on n'était que peu enclin à vous traiter comme tout le monde. Il n'avait eu qu'une seule véritable amie, Annie, et la maladie l'avait emportée jeune, avant qu'il ne maîtrise assez ses pouvoirs pour pouvoir la sauver. Il n'avait même pas eu l'occasion d'essayer. Aujourd'hui, il était un homme adulte, et il était plus que temps qu'il prenne son destin en main. Surtout maintenant qu'il était capable d'aider ceux qui en avaient besoin.

« Je m'en rends compte, enfin. Et c'est en partie grâce à toi. » avait-il souri à l'adresse de Dante Carso, radieux. « C'est là notre avantage, n'est-ce pas ? On sait tout de suite à quoi s'en tenir avec les gens. » Il prit garde de ne pas faire d'allusion plus directe, comprenant bien que cet homme n'avait aucune envie d'ébruiter ses talents. Il espérait malgré tout qu'ils auraient l'occasion d'en parler en privé ; ce n'était pas tous les jours qu'il rencontrait quelqu'un capable de ressentir à sa manière. Il lui rendit son salut, avec plus de conviction qu'il n'en avait jamais eue face à n'importe quel supérieur.

Il n'avait plus qu'à attendre, ce dont il s'accommoda aisément. L'ennui ne lui venait pas facilement, et puis il n'était pas contre se reposer un peu. D'autant que le général et Carso ne tardèrent pas à revenir. Le discours de l'officier en charge du camp renforça la bonne opinion qu'il s'en était fait. Ce général était direct, et il émanait de lui une force tranquille, et aucune duplicité. Un commandant sous les ordres duquel il pouvait s'imaginer servir sans peine. Il conserva une posture droite, les mains derrière le dos, attentif.

« Le pouvoir n'a aucune importance pour moi, général. » Et c'était vrai : ses galons, il n'en avait cure. Il ne les avait obtenu que parce qu'il était médecin, et il n'avait jamais cherché à s'en servir plus que ça. La promotion ne l'avait jamais intéressé non plus. « Je vous remercie, monsieur. Votre confiance ne sera pas bafouée. Celle du sergent Carso non plus, j'en fais le serment. »

James était heureux que Dante soit celui chargé de le surveiller ; le lien qui s'était créé presque instantanément entre eux était indéniable. Une fois la porte ouverte, il fit ses premiers pas d'homme libre. Et il ne parlait pas de son temps très bref derrière les barreaux. Il sentait léger, sûr de lui comme il ne l'avait jamais été.

« Une seule question, général : quand est-ce que je peux commencer ? S'il y a des blessés graves, je n'aimerais pas perdre de temps. »
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Ven 17 Fév 2017 - 19:03
Comme il l'avait deviné, l'ange en face de lui était prêt à aider qui que ce soit, qu'importe l'uniforme, les idées, l'important était de sauver ceux qui en avaient besoin. De quoi rendre son côté angélique plus puissant encore. Il eut un petit sourire en hochant de la tête à sa réponse, c'était tout ce qu'il attendait d'entendre. En tous les cas, les deux prodiges avaient de quoi s'entendre. Après tout, ils avaient plus de points communs, qu'ils ne le savaient encore.

- Grâce à moi? Tu ne me dois rien, tu sais. Sourit. Oui, c'est vrai.

Mais Dante n'en dit pas plus. Comme il le lui avait comprendre, il ne voulait vraiment pas en parler. En tous les cas, pas là où trop de monde pouvait les entendre. Il tenait à ce que son secret, le reste, bien entendu. Surtout que contrairement au sudiste face à lui, notre ami n'avait pas un don qui permettait de soigner qui que ce soit. Mis à part le fait de pouvoir sentir comment allait ceux qui se trouvaient autour de sa personne.

Puis ce fût au tour du Général des lieux de parler avec le prisonnier. Tout en lui parlant, il le jugeait. Caleb pouvait parfaitement le ressentir et pour le moment, il semblait satisfait de ce qu'il entendait. Il fallait bien dire que le fameux James, avait l'air on ne peut plus honnête et l'était. Ce n'était pas qu'une certitude pour le cavalier, il le sentait. Avec un petit sourire en coin, derrière son supérieur, il savait que la libération était pour bientôt. Bien entendu, la menace de se faire fusiller n'était pas une blague, il fallait vraiment que l'homme se tienne à carreau.

- Parfait. Observant un instant son interlocuteur. Trouvez-vous un uniforme et Carso vous emmènera à l'infirmerie. Rompez.

Le cavalier salua alors le Général avant que le gradé ne disparaisse de la prison, pour retourner à ses affaires. Dante tendit alors une main vers James, pour le saluer un peu plus convenablement.

- Bienvenue donc. Riant un peu. Allez, allons t'habiller un peu plus correctement, que tu puisses te balader ici en pouvant respirer. L'amenant alors à la cabane où se trouvait tout le stock pour la troupe. Il salua d'un air tranquille le soldat qui était de piquet avant de demander un uniforme de soldat pour son nouveau frère d'arme. L'uniforme était tendu alors à l'ailé.

- Faudra pas vous plaindre des trous, sont ramassés sur ceux qui ont pas la chance de revenir sur leurs pieds...

- L'argent manque on dira... fit alors Caleb avec un petit air désolé. Lui n'aimait guère voir des camarades tombés. Toute sa colère était tombée depuis longtemps, il n'avait aucun plaisir à prendre part à des combats, mais il fallait bien le faire, pour protéger ceux qui en avaient besoin et dont les droits étaient ainsi bafoués. Mais au moins la taille devrait t'aller. Il lui laissa la possibilité de se changer, en sortant de la cabane, l'attendant à l'extérieur, bras croisés, observant les alentours.

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Caleb
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Mer 22 Fév 2017 - 8:29
« Au contraire, mon ami. Je te dois plus que tu ne pourrais le croire. »

James sourit, et il y avait une certaie résolution dans son sourire. Quoi que Dante puisse en dire, c'était grâce à lui que l'ex-confédéré s'était retrouvé face au choix qui serait certainement l'un des plus importants de sa vie. Il se sentait de l'autre côté d'un point de bascule, et son existence allait irrémédiablement changer. Le chemin sur lequel il s'engageait, il ne s'en écarterait dans le futur que pour mieux y revenir, quoi qu'il en coûte. Tout ce qu'il lui avait finalement fallu, c'était la bonne opportunité, présentée par la bonne personne. Carso était celle-ci, et il était ravi que ce soit lui. Il avait l'intime conviction que leurs deux âmes s'étaient trouvées, et qu'ils n'étaient qu'à l'aube d'une longue et belle amitié. Smith se demandait si cet homme était également doté d'une longue vie ; il n'avait pas rencontré beaucoup de gens dotés de pouvoirs, et l'immortalité n'était pas ce qui se repérait au premier coup d'oeil. Ce serait agréable, d'avoir un ami qui ne serait pas condamné à mourir avant lui...

« Bien, monsieur. Et merci. »

Le général lui décocha un dernier regard franc et sans équivoque, et James se détendit quelque peu, conscient d'avoir passé un examen de conscience. Il suivit le pas assuré de l'officier du regard, se demandant quelle serait la vie sous ses ordres. Il le sentait honnête et droit, du type sévère mais juste, et il savait qu'il saurait s'en accommoder. C'était le type de commandant avec qui il fallait faire ses preuves, mais qui respectait les hommes avec qui il servait. Il en avait connu plusieurs chez les sudistes. Malgré la cause pour laquelle ces derniers se battaient, ils n'étaient pas tous foncièrement mauvais, et de loin. La plupart se battaient pour des raisons qui leur échappaient, ou qui étaient flouées, et même la grande partie qui luttait pour maintenir leurs traditions et ce qu'ils estimaient être leurs droits n'étaient pas des monstres. Ce qui rendait la lutte d'autant plus déchirante et paradoxale. Et, il fallait bien l'avouer, nécessaire malgré tout.

« Dante Carso, ce n'est pas du coin. » commenta-t-il en suivant son nouvel ami à l'extérieur. Il était curieux d'en apprendre plus sur cet homme, sans pour autant vouloir se montrer trop invasif. « Tu as connu l'Europe ? » Il y avait un émerveillement à cet idée dans la voix de James, et Carso pouvait de toute façon le ressentir. Peut-être venait-il de loin, peut-être était-il né ici. James n'avait jamais quitté le sud des États-Unis, et il espérait avoir la chance de découvrir le reste du monde. Plus tard, lorsque cette guerre serait finie. Car elle devait bien finir un jour...

A l'équipement, Smith salua d'un signe de tête et d'un sourire le soldat en fonction. Si l'autre lui tenait rancune du gris qu'il portait sur le dos, il ne le montra pas, et il ne ressentit pas d'animosité particulière chez lui. Plutôt le flegme d'un militaire qui en avait vu d'autre, et se contentait de faire son boulot sans trop posef de questions. Il accepta les frusques qu'on lui tendit, remerciant le soldat dans la foulée. Il était plus ou moins à sa taille, peut-être un peu trop grand, mais cela allait rendre plus facile l'étape suivante...

« Est-ce que tu peux me prêter une lame, quelques minutes ? » demanda-t-il à Carso. Une fois le couteau en main, il découpa dans le dos de l'uniforme avec l'expertise de quelqu'un qui en avait l'habitude. Oui, voilà qui devrait suffire... Il l'enfila avec dextérité, comprimant ses ailes avant de les faire ressortir par l'ouverture. Il avait ainsi un moyen de les déployer facilement, et il lui suffirait d'ajouter le manteau par-dessus lorsqu'il voudrait les cacher. Il ne s'offusqua pas un seul instant de l'état un peu passé de la tenue ; au contraire, il décida de faire honneur à l'homme qui l'avait porté avant lui.

« C'est parfait. » dit-il en rendant à Dante sa lame. Et James le pensait : il se sentait plus en adéquation avec lui-même qu'il ne l'avait jamais été. C'était une sensation agréable. « Je me sens...enfin moi-même. »
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Jeu 6 Avr 2017 - 19:49
- Alors disons que l'on est quitte tous les deux! Tu m'as sauvé la vie après tout. J'estime que tu ne me dois rien. Soyons simplement de bons camarades, qu'est-ce que tu en penses? D'un air tranquille et souriant.

Après tout, Caleb n'aimait pas que des gens aient des dettes envers lui et pour le coup, cet ange-ci, n'avait vraiment rien à lui devoir. Alors qu'il l'accepte. Et s'il était d'accord avec ce deal qu'il faisait, alors tout irait bien. Après tout, c'était rare de croiser d'autres individus capables d'avoir des dons extraordinaires, ce qui rendait notre ancien inquisiteur curieux d'en savoir plus sur cet homme ailé.

Ce qui parut le plus étonnant, c'était bien que le général ne fit aucun commentaire les concernant, ces ailes. Il devait estimer que tous les bras étaient important dans ce combat et qu'un guérisseur comme lui, ne pouvait être qu'un plus pour sa compagnie. Le reste, les hommes apprendraient à faire avec. Et s'il était vu comme un sauveur, il serait, de toutes les façons, bien accepter dans les rangs des bleus. Avec un dernier salut, le gradé quitta la prison pour laisser les deux hommes ensemble.

Dante amena donc ce nouveau camarade au stock, pendant la marche, ce dernier ne manquant pas de relever qu'il n'était peut-être pas du pays. Et Dieu sait qu'il avait raison. Vrai que ça ne sonnait pas très américain comme nom, mais notre homme n'avait jamais réellement changé d'identité au fil des siècles, en fait, il ne voyait pas l'intérêt. De toutes les façons, il savait disparaître quand il était l'heure de changer d'endroit de vie.

- En effet, c'est italien. Hochant de la tête positivement. Oui, longtemps. Et toi? Tu as voyagé? Bien qu'il sentait à quel point l'idée qu'il vienne d'ailleurs semblait émerveiller James. Ce qui faisait qu'il n'avait guère besoin d'une réponse orale, mais il était aussi important que le contact se fasse entre eux et quoi de mieux que d'échanger?

Restant à l'extérieur, Carso attendait tranquillement que l'homme sorte après avoir changé d'uniforme, il fût un instant surpris de sa question mais lui tendit pourtant le couteau qu'il gardait toujours sur lui. L'observant faire, il comprit finalement ce qu'il était en train de faire. Vrai que les uniformes n'étaient pas réellement conçu pour un type avec des ailes.

- Tu peux voler? Fit-il avec intérêt. C'était un rêve de gosse ça, pouvoir rejoindre le ciel comme les oiseaux.

Avec un sourire, il récupérait le couteau, qu'il rangea dans sa poche et l'écouta, ressentant son bien-être, se sentant alors heureux pour lui.

- Je suis content de l'apprendre. Lui faisant une petite tape dans le dos. Que tu saches, je suis dans la cavalerie, le capitaine est parfois un peu taré, mais c'est un bon gars, tu sais monter à cheval? Je sais pas si tu pourras toujours être à l'infirmerie, alors autant que tu puisses te rendre utile. Lançant alors le pas. Il serait bon que tu te présentes au médecin chef aussi. Et que je te fasse faire un tour du camp... on pourra partager ma tente, y a encore de la place dedans.

Ils avaient encore pas mal de chose à faire en fait.

- Et t'as peut-être faim. Ça doit te bouffer pas mal d'énergie de soigner les gens. Et c'est pas le café que t'a bu qui va te remplir le ventre.

Bifurquant alors sur la gauche, il se rendait vers la tente de la cantine, ils feraient le tour du camp ensuite. Mieux valait qu'il reprenne totalement des forces. Heureusement, ce n'était pas encore pris d'assaut, la queue n'était pas longue, ils seraient rapidement servi. Attrapant deux bols en fer, Carso en tendit un à James.

- C'est pas du luxe, mais ça nourrit.

Le problème d'être au front, les denrées se faisaient rares, les cuistots faisaient ce qu'ils pouvaient, avec ce qu'ils avaient. Mais les chefs savaient aussi, qu'un soldat rassasié était content, alors ils faisaient en sorte de ne pas laisser la troupe crever de faim.

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Caleb
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Lun 10 Avr 2017 - 14:41
« Très bien, nous sommes quittes. Après tout, les amis ne se doivent rien. » sourit Jamesen suivant son nouveau condisciple. Car s'il venait de le rencontrer, il considérait déjà le nordiste comme un ami. Et dette ou pas, il comptait bien faire de son mieux pour faire honneur à la chance qui lui était accordée. C'était un nouveau départ, et il avait l'intention de ne pas le gâcher. Il se sentait déjà plus à l'aise dans cet uniforme qu'il ne l'avait été en gris, même si le bleu qu'il portait maintenant était loin d'être neuf. Il agitait régulièrement ses ailes, doucement, pour s'habituer à la tenue, afin qu'elles s'aménagent correctement dans les orifices qu'il avait découpés. Il attirait bien des regards, mais ils étaient pour la plupart plus curieux qu'effrayés, et il ne ressentait pour le moment ni peur ni haine à son encontre. Il ne doutait pas que tous les soldats ne verraient pas d'un bon œil qu'un homme aussi...différent marche parmi eux, mais il était prêt à l'accepter. Contrairement à Dante, il n'avait jamais eu le luxe de réellement pouvoir cacher ce qu'il était. Cependant, il n'éprouvait aucune honte quant à son apparence, et il espérait que ses actes parleraient d'eux-mêmes.

« C'est incroyable ! L'Italie me paraît si loin... Tu es né là-bas, oui ici ? »  James était curieux, et espérait qu'il aurait l'occasion d'en apprendre plus sur la patrie d'origine de son ami. Pour lui, l'Europe était un continent mystérieux, mais tout le reste du monde l'était : là où il avait grandi, on ne prêtait guère d'intérêt au monde extérieur, ce qui comprenait tout ce qui franchissait la barrière du nord. Mais il avait toujours espéré voir ce que la Terre avait à offrir, et il n'avait jamais craint l'étranger. Au contraire, il avait soif d'apprendre, de découvrir. De s'affranchir des limites qui lui avaient bien trop longtemps liés les ailes. « Non, mais j'ai toujours voulu. J'espère en avoir l'occasion un jour. Après la guerre... Peut-être pourras-tu me montrer l'Italie ! »

Il faisait peut-être preuve d'un optimisme trop grand en envisageant la fin de cette guerre, mais c'était dans sa nature. Aucun conflit ne durait éternellement, et il se devait de croire qu'il y aurait quelque chose après. Pour la première fois, il réalisa qu'il le croyait vraiment.

« Je peux voler, oui. Je pourrais te porter, un jour, si tu veux. Il suffit de bricoler un bon harnais, j'ai déjà voler avec des gens. Rien que pour ça, je crois que je voudrais perdre mes ailes pour rien au monde. » Puis, sur le sujet de la cavalerie : « Je n'ai jamais aimé me battre, mais je suis prêt à faire ma part. J'ai enfin choisi mon camp, et je ne vais pas me tourner les pouces entre les soins. Et puis je me suis toujours bien entendu avec les chevaux. » Il avait découvert enfant que son don d'empathie lui permettait de bien comprendre les bêtes, d'agir de manière à les rassurer, à être en phase avec elles. Sur les champs de bataille, il avait d'ailleurs sauvé aussi bien des chevaux que des humains. Une vie était une vie.

« Comment est le médecin-chef ? Ce n'est pas une position facile... » Il s'en rendrait compte par lui-même bien assez tôt, mais il était curieux d'avoir l'avis de Dante. « J'essaierai de ne pas me perdre dans le camp ; je n'ai pas un très bon sens de l'orientation... Et je serai ravi de partager ta tente ! »

Radieux, il suivit l'italien sous la toile de la cantine, et son montrer se mit à grommeler. Il avait effectivement bien faim : « C'est une bonne idée. J'ai toujours besoin d'énergie après une guérison. Surtout le sucre, mais un bonne platée fait toujours du bien. »

Lorsque ce fut son tour, il tendit son bol au cantinier, qui versa dedans une platée de haricots et de restes de viande longuement bouillie dont il prit une cuillère. L'allure ne payait pas de mine, mais le goût était agréable, et c'était chaud et nourrissant : il n'avait pas besoin de plus.

« C'est très bon, merci ! Vous faites un travail important. » Il sourit au cuistot, avant de s'attabler en compagnie de Dante. « Bon appétit ! » Il avala goulûment quelques bouchées, heureux d'être là où il était. Puis : « Alors, qu'est-ce qui t'as poussé à t'engager ? Tu as l'air de quelqu'un qui n'en est pas à son premier conflit... »
Castiel
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