Encore vous ?! | Rix

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Mer 24 Aoû 2016 - 14:02
Absorbé par les volutes de fumée qui s'échappaient de son café brûlant, le Dr. Emerson semblait ailleurs, le regard perdu dans le vague, tantôt s'accrochant aux collines noires d'Holyrood Park qui se découpaient sur le ciel déjà sombre, tantôt captivé par les lumières orangées qui éclairaient la ville en prévision de la nuit. Depuis le haut du bâtiment principale, qui servait également de piste atterrissage aux hélicoptères de l’hôpital, la vue sur la capitale gigantesque était imprenable. Sous ses yeux distraits, deux cernes noires s'étaient creusés depuis plusieurs jours. Il portait de temps en temps le gobelet à ses lèvres, observant, entre chaque gorgée, l'heure de la pause défiler avec une lenteur presque agaçante. Ses collègues l'avaient sommé d'aller prendre l'air un peu et il s'était exécuté, non sans rechigner.

Matthew avait reprit son travail près d'une semaine après son retour de Centre Afrik. Le temps d'effectuer les démarches nécessaires pour transférer sa fille de la clinique Sainte Mary à l'Hôpital Public et de s'enquérir de toutes les solutions possibles pour le rétablissement rapide et complet d'Anny. Il fallait maintenant attendre l'arrivée des spécialistes et les résultats de compatibilité génétique pour un don de moelle osseuse.
Rien d'autre à faire en attendant que de retourner travailler. Les urgences avaient en cela la capacité de lui faire oublier tout le reste. Le travail aux urgences n'avait jamais été aussi intense que depuis le début de l'Exposition Universelle. Le nombre d'admissions avait augmenté de plus de cinquante pour cent. Entre les bobos lié à la fête, les victimes de l'alcool, les bagarres qui éclataient entre gens avinés, et les accidents courant qui s'étaient multipliés proportionnellement aux nombres de gens qui visitait la ville, il y avait de quoi être bien occupé. Heureusement, d'autres cliniques avait exceptionnellement ouvert des services d'urgences pour désengorger l'hôpital et des équipes étaient placées directement sur le terrain pour effectuer les soins les plus banaux directement sur place.

Le reste de son temps, Matthew le passait au chevet de sa fille, hospitalisée quelques étages plus haut, dans l'aile ouest du service de pédiatrie. Marta s'occupait à merveille de Lou et la grand-mère d'Anny venait faire le relais entre l’hôpital et la maison lorsqu'elle le pouvait, mais la pauvre femme était bien âgée et fatiguait rapidement. Heureusement la plus petite entrerait dès le mois de septembre au kindergarten et leur jeune fille au pair retrouverait un peu de temps pour gérer la maison. Il n'imaginait même pas réussir à tout faire sans sa présence.Ses pensées vagabondèrent pour quelques temps vers la jeune femme si volontaire...
Il avait profité de cette pause pour aller border sa fille, avait finit d'un trait son café et était redescendu - comme convenu et pas avant - aux urgences où la secrétaire d'accueil lui avait transmit le dossier d'admission d'une patiente fraîchement arrivée.

Le jeune médecin avait haussé un sourcil en lisant le nom inscrit en haut du dossier, nom qu'il était assurément contrarié de revoir si tôt. Il connaissait étrangement bien la dénommée Gabrielle Kriezler. Mais, à vrai dire, il ne lui avait pas fallu très longtemps pour la repérer, avec sa propension à se faire blesser mais aussi avec son caractère détonant et clairement têtu. Avec un petit sourire légèrement désapprobateur, il s'était approché de la profileuse avant de l'inviter à le suivre :

-Mrs Kreizler, vous venez avec moi, s'il vous plaît ? Alors qu'il la conduisait d'une stalle d’auscultation, il lui avait lancé un petit regard avec un sourire en coin. Vous avez souscrit à un programme de fidélité dont je ne suis pas au courant ? Contusion, 10 points. Sutures, 30 points ? IRM, 100... ? Il n'était pas sûr qu'elle appréciait son humour mais après tout, il s'en moquait pas mal. Si c'est le cas, on devrait plutôt récompenser vos jours passés sans mettre les pieds ici...

Un sourire fugace traversa ses lèvres, malgré la pointe de nostalgie de son regard. Il fit s'asseoir Gabrielle sur le bord du lit tandis qu'il lisait en diagonale un dossier qu'il connaissait déjà, puis il la dévisagea avec attention, plongeant son regard dans le sien :

-Alors, que c'est-il passé ? Je veux dire, en dehors de... d'un geste un peu large, il avait désigné son visage contusionné et la pommette ouverte.

Il soupira intérieurement, il avait déjà eu plusieurs fois l'occasion de la retrouver dans des états similaires, voire pire. L'inspectrice avait, il fallait le croire, des facilités extrêmement pour se mettre dans des situations qui lui valaient de finir dans des états déplorables. Son caractère explosif ne devait pas non plus être étranger à tout cela.

Il désapprouvait, évidement, de tels comportements, ainsi que sa présence ici, mais que pouvait-il bien lui dire ? Rien, alors il se contentait de lui tirer les vers du nez, de la retenir jusqu'à la fin des soins - ce qui ne s'avérait pas toujours facile - et de faire au mieux pour la raisonner un peu. 
Lohen
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Sam 27 Aoû 2016 - 17:33




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Doc'Emerson



Est-ce que la journée avait bien commencée? Gabrielle ne saurait vraiment le dire. Elle avait quelques trous de mémoire. Peut-être à cause des coups, peut-être aussi, parce que son esprit avait besoin d'un peu de calme et de créer de nouveaux espaces de stockage. Juste pour mettre des souvenirs plus agréables que ce qu'elle avait vécu ces dernières 24 heures.

Déjà, son sommeil avait déserté totalement depuis quelques nuits, ils avaient dû faire une planque, avec Kylian, pour observer un homme dont le comportement suspect, pouvait les amener sur une piste. Depuis quelques temps, sévissait en ville, un kidnappeur d'enfants et ils sentaient qu'ils étaient tombés sur le bon gars cette fois-ci. Il fallait pourtant attendre, savoir où il les planquait, pour les sauver. Le gamin avait disparu depuis deux jours, ce qui baissait l'espoir de le retrouver vivant, pourtant, Rix espérait que pour une fois, la chance serait de leur côté.

Il avait fini par montrer le bout de son nez et il l'avait suivi, jusqu'à son antre. Si son collègue était du genre à être plus posé qu'elle, sur ce coup, ils avaient tous deux été des têtes brûlées. Quand ça concernait des enfants, le flic était beaucoup moins réfléchis, peut-être bien parce qu’il était père de famille. Autant dire que la suite avait été explosive. Parce qu'ils avaient foncés dans le tas, sans attendre. Sauf que le type, n'était pas seul. Ils étaient trois, trois ordures sur un enfant qui n'avait rien demandé. Ce qui avait encore plus mit les inspecteurs dans une colère noire, où il n'avait plus pensé aux risques. Le seul but était de sauvé le gamin.

Et ça avait été plutôt rude, les salopards savaient se défendre et étaient armés, bien évidement. Kreizler s'était retrouvée face à une grosse brute, qui n'avait pas ralenti ses coups, quand il pouvait la toucher, de plus, d'un coup de pied bien placé dans le plexus, il l'avait envoyé valdinguer dans des escaliers métalliques, qu'elle avait dévalée sans pouvoir arrêter la chute, elle avait juste eu le réflexe de se protéger un poil, pour éviter un mauvais coup qui l'aurait sans doute envoyé à la morgue. Elle avait eu du mal à se remettre debout.

Heureusement pour eux, les sirènes des renforts s'étaient fait entendre finalement et les hommes qu'ils étaient venus arrêtés, furent appréhendé. Et eux, bien évidement, amener à l'hôpital pour un contrôle et quelques points de sutures. Qu'ils n'avaient pas volés, tout comme l'engueulade qu'ils allaient se prendre par leur supérieur, une fois qu'ils auraient rejoint Scotland Yard.

Pour l'instant, Rix était plutôt concentrée à canaliser sa douleur, une main posée sur son torse, attendant qu'on la prenne en charge, ce qui ne manqua pas d'arriver. Le docteur Emerson, qu'elle connaissait bien, arrivait, l'air contrarié de la voir à nouveau ici. Elle le regarda presque d'un air blasé. Elle tout autant heureuse d'être ici, que lui de la voir entre ces murs.

- Ouais, j'essaie de remplir au plus vite ma carte, pour avoir droit à une de vos gelées gratuites... au moins ne perdait-elle pas son humour et montrait à son interlocuteur, que cela ne la dérangeait pas. Kelly me dit la même chose... étonnamment. Kelly étant l'infirmier qui prenait soin d'elle quand elle venait à l'hôpital généralement.

Elle s'assit alors sur le lit, soupirant un peu de se retrouver encore une fois, là. Mais elle l'avait cherché et le savait. Pas de regret, le môme avait été sauvé, ça valait bien les bleus et les bosses.

- Je suis tombée dans un escalier...
bon ce n'était pas totalement faux. Et je pense que vous n'allez pas aimer... elle ouvrit alors sa blouse pour montrer sa blessure au torse dont quelques points avaient - encore - sautés et un bleu se formait autour de la plaie. Il fallait bien le dire, ce n’était de loin pas agréable, le mec avait tapé fort avec son pied.

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Jeu 29 Sep 2016 - 16:34
Sans quitter sa patiente des yeux, Matthew avait tout d'abord posé son dossier médicale sur le bord d'un chariot de soin. Il s'était ensuite soigneusement désinfecté les mains à l'aide de ces solutions alcooliques que l'on trouvait un peu partout dans l'établissement. Bien évidement, il s'était gardé de sourire trop largement alors que l'agent de Scotland Yard renchérissait à sa boutade, mais il n'en était pas moins satisfait de voir que la jeune femme, malgré son état et de la situation, était encore capable de plaisanter.

-Et il a bien raison, affirma seulement le jeune médecin, à la mention de l'un des infirmiers de l’hôpital. Matthew ne le connaissait pas davantage qu'à travers des rapports professionnels généralement bref, c'était à dire, lorsque l'infirmier descendait aux urgences afin de faire remontrer dans les étages des patients pouvant sortir du services de réa'. Mais au moins était-il content de voir qu'il n'était pas le seul à tenir ce discours.

L'urgentiste préparait, dans un silence qui laissait la place aux paroles de sa patiente, le matériel nécessaire au soin. Lorsque de Kreizler soupira légèrement, il haussa imperceptiblement un sourcil. Il se garda de faire le moindre commentaire, mais lorsqu'elle ouvrit sa chemise en lui donnant une explication des plus laconiques et presque clichée, il eut une petite grimasse. Son torse meurtri n'avait rien de beau. Observant attention une attention toute particulière la plaie fraîche et l'hématome sombre qui s'étendait sous sa peau diaphane, il tentait d'évaluer les dégâts et d'y répondre avec la meilleure solution. Quelques points d'une précédente blessure s'était rouvert malgré la plutôt bonne cicatrisation et les chaires à vifs avaient de nouveau saigné. L'hémorragie avait été stoppée et la plaie préalablement nettoyée, probablement sur le trajet jusqu'à l’hôpital.
C'était un peu plus sérieux que quelques contusions aux visages, finalement.
Il fixa son regard dans celui de sa patiente :

-Sur une échelle de 1 à 10 – 10 étant une douleur intense et insupportable – comment décririez vous la douleur dans votre torse ?

Déjà, il désinfectait la plaie avec un coton imbibé d'alcool et préparait quelques séristripes.

-La respiration semble-t-elle particulièrement douloureuse ? A l'expiration et ou à l'inspiration ?

Il avait posé les pansements pour aider à la cicatrisation et sans relever la tête de son travail, il ajouta :

-Pour le moment je vous rafistole, mais je ne peux pas vous laisser repartir comme ça, dès que le service d'imagerie me trouve un créneau, je vous envoie passer un scan'.

A vrai dire, elle aurait même le droit à deux pour le prix d'une. Il voulait un crâne et un buste, pour s'assurer, dans le premier cas, qu'il n'y avait aucune commotion cérébrale, de l'autre, pour vérifier qu'aucune côte n'était cassée et surtout pas prête à perforer un poumon. Il voulait également vérifier l'étendue de l'hématome sous cutanée, s'assurer qu'il n'y aurait rien à ponctionner.

-Vous n'avez toujours aucune allergie ? Malheureusement, je ne pourrais pas vous donner d'anti-douleur réellement efficace, mais je vais demander à une infirmière de passer vous donner un peu de paracétamol et des granules d'arnica. Elle s'occupera aussi de votre joue et vous apportera de la glace pour aider à dégonfler. Ajouta-t-il en désigna la pommette fendue, il n'y avait rien d'autre à faire pour le moment.

-Je vais appeler le service d'imagerie, je compte sur vous pour rester bien tranquillement ici et ne pas donner trop de mal à Myriam qui va s'occuper de vous. Je reviens.

L'homme en blousse blanche avait alors abandonner quelques minutes la profileuse, allant trouver ladite infirmière pour lui transmettre les soins prescrits. A peine avait-il donné ses directives qu'un collègue l’interpellait pour un conseil qui lui prit quelques minutes avant de se diriger vers un téléphone mural tout en évitant avec subtilité l'infirmière du dispatche. Il n'osait pas regarder le mur de peur de voir son nom écrit de trop nombreuse fois.
2442 – Service Imagerie.
Le téléphone sonnait dans le vide. Une fenêtre s'était ouverte et déjà, une aide op' l'informait d'un entrée en réa bloc 2 et le besoin de son aide. Matthew garda pour lui son soupire, pris l'aide op' par les épaules, la mis à sa place au téléphone et lui lança les directives à donner à la radio'. Il était déjà en train de passer une blouse stérile pour aller voir ce pour quoi on avait besoin de lui. Dans un coin de son esprit, il n'oubliait pas notre chère Gabrielle, mais en attendant qu'ils envoient un brancard des sous-sols, il ne pourrait pas l'aider davantage. Pourtant, il espérait la trouver bien en place lorsqu'il reviendrait. La connaissant, ce n'était pas si sûr.
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Sam 8 Oct 2016 - 20:22




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Doc'Emerson


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Dans cet hôpital, Gabrielle était connue presque autant que le loup blanc. A force de venir y faire des séjours de plus ou moins longues durées, le personnel la connaissait. Et ceux qui ne la connaissaient et bien... on les mettait rapidement au parfum. Car bien évidement, notre agent n'avait pas le caractère le plus facile qui soit, encore moins ici. Elle n'aimait pas l'hôpital, mais s'y retrouvait pourtant souvent, un sacré paradoxe. Mais c'était ainsi, quand on était une tête de mule. Tout le monde devait faire avec et tout le monde... faisait avec.

Le doc' Emerson démontrait bien à quel point ce n'était pas une surprise. Au moins lui, devait savoir comment y faire avec la dame. Ou en tous les cas, il avait réussi à avoir sa confiance, pour qu'elle se laisse ausculter avec plus de facilité.

- 5 je dirais... mais bon... ma résistance à la douleur n'est plus vraiment à prouver. Peut-être que ça fait plus mal que ce que je ressens. Après tout, vu par quoi elle était passée, la douleur elle l'approchait autrement. L'expiration est moins cool.

Et voilà que le doc' voulait lui faire faire un IRM, de quoi perdre une grande partie de son temps. Elle ne manqua pas de soupirer à nouveau, pour montrer sa désapprobation à devoir faire une chose pareille.

- Vraiment? Doc', c'est pas si grave que ça...

Bon ça, elle n'en savait rien, certes, mais de ce qu'elle ressentait, elle n'avait pas l'impression d'avoir quoi que ce soit de casser, juste des bleus quoi. Rien de grave, rien qui demandait de se retrouver dans cette saloperie de scanner.

- Aucune allergie... heureusement. Hochant de la tête. Je sais, j'ai l'habitude. Ça va aller.

Et oui, quand on avait fini addict à la morphine, plus grand chose ne pouvait être pris ensuite. Trop de risque de rechute. Et elle était la première à ne surtout pas vouloir retomber dans cette addiction, qui avait été pire que tout.

- Promis, je serai sage avec la nouvelle... avec un petit sourire amusé.

Son regard suivi le médecin qui quittait la pièce pour aller passer son coup de téléphone, alors que l'infirmière venait s'occuper de sa blessure à la joue. Etonnamment, l'agent resta tranquille, jetant parfois un regard à sa montre. L'homme mettait du temps à revenir, pas de doute qu'il avait été appelé sur quelque chose de plus urgent qu'elle. Rix se remit alors sur ses pieds, mais la dénommée Myriam semblait prête à ne pas la laisser sortir.

- Relax, je vais juste aller m'en fumer une en attendant le doc'. Je crois qu'il est occupé et je ne vais pas attendre ici des heures. Dites-lui que je suis à l'extérieur, promis, je n'irai pas plus loin.

Ou pas. Ça c'était encore à voir. D'un pas leste, Kreizler ne se laissait pas arrêter plus et rejoignait l'extérieur du bâtiment, pour fumer sa clope, bien méritée. Ce n'était sans doute pas bon avec ce qu'elle avait, mais elle s'en moquait. L'important était de prendre l'air. Kelly se retrouva alors à sa hauteur, tiens-donc, l'avait-on appelé à la rescousse, pour s'assurer qu'elle ne filerait pas à l'anglaise?

Au moins, l'infirmier et l'agent discutèrent tranquillement, tout en fumant. Attendant de voir si Emerson referait son apparition.

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Ven 21 Oct 2016 - 23:29
Le docteur Emerson avait un peu perdu la notion du temps, ce qui n'était pas une chose rare lorsque l'on travaillait aux urgences. Et lorsque que celles-ci – les urgences - se multipliaient les unes après les autres, les minutes, les heures même, filaient sans même pouvoir s'en rendre compte. Et pourtant, il avait l'impression de passer sa vie à se battre contre ce temps, précieux, dans une éternelle course contre la montre.

Matthew avait déposé sa blouse jetable dans une poubelle prévue à cette effet avant de sortir du bloc. Il avait toujours cette sensation de flottement. Toujours a peu près au même moment. Comme une sensation de déjà vu, alors qu'il jetait une énième blouse en papier, et cette impression de flottement. Pendant quelques secondes, parce qu'il ne pouvait se permettre plus, il devait remettre son esprit en place. Sortir de la salle de réa' et laisser derrière lui tout ce qu'il y avait à laisser derrière. Le soulagement, celui d'avoir tirer quelqu'un d'affaire, la déception, de pas avoir pu faire plus, la rancœur parfois de l'injustice de la vie face à la mort. Une minute en tout et pour tout, pour être d'aplomb pour la suite, parce que malgré tout ce qui se passait là-bas, le monde ne s'arrêtait jamais de tourner et il y avait d'autres patients à prendre en charge.

En parlant d'autre patient, miss Kreizler lui revint à l'esprit. C'était maintenant sur elle que revenait toute son attention. Il se força à se remémorer chaque détails de leur conversation. La douleur, qu'elle semblait supporter – mais après tout ce que cette femme avait traversé dans sa vie, l'indicateur de la douleur n'était peut-être pas le plus probant ou révélateur. Sa réticence aux examens complémentaires – il espérait seulement qu'elle ne s'était pas fait la malle en douce, il voulait la comprendre, seulement il ne fallait pas qu'elle prenne tout ça à la légère... ce désir de ne pas écouter son corps ou vouloir prendre soin de soi, était-ce une sorte de... d'auto-punition ? Ou une façon de refuser ses faiblesses ? Des questions auxquelles le jeune médecin se refusait de donner une réponse.

Arrivant à proximité du bureau des infirmières, il croisait Myriam, qui sans avoir à décrocher une parole lui fit un petit signe qui voulait dire « Dehors. ». Matthew, presque involontairement, ne pu s'empêcher un sourire de résignation. Incorrigible.
Alors d'un pas calme, il prit la direction de l'entrée des urgence.

L'air frais lui fit du bien. Il avait l'impression de pouvoir respirer, ce qui n'était pas toujours le cas lorsqu'on passait dix heures enfermés entre les murs des urgences. Sans trop de surprise, il trouva là, comme indiqué, sa patiente, en train de cloper. Il n'allait pas lui faire de remarque, même si elle pouvait aisément se douter qu'il désapprouvait.
Il plongea une main dans la poche de sa blouse pour en tirer une barre chocolaté qu'il avait pris quelques minutes plus tôt dans la machine dans l'entrée, juste avant de la rejoindre. Il était affamé. A vrai dire, il n'avait rien mangé depuis qu'il avait prit dix minutes pour grigner un truc sur le pouce vers midi et depuis, il ne s'était nourrit que de café. Pas de quoi tenir au corps non plus avec une friandise, mais il avait envie de sucre.

-Je vous en ai pris une aussi, avoua-t-il en sortant une seconde barre de sa poche, je me suis dis que vous aviez peut-être faim... c'est pour vous remerciez d'être restée, se moqua-t-il gentiment.

Il ouvrit la sienne sans tarder et croqua dedans à pleine dents, fermant les yeux, mastiquant avec plaisir son « repas ». Chocolat, sucre et cacahuète, que demander de plus.

-On va pouvoir descendre vous faire passer ce scan, on y va ? Je voudrais pas vous faire manquer ce créneau, on pourrait devoir attendre quelques heures en plus, sinon.

Malgré le petit sourire sur les lèvres et le regard avenant que l'homme portait sur l'inspectrice de Scotland Yard, Matthew était exténué. Peut-être ne le croirait-elle pas, mais il était probablement tout aussi pressé qu'elle de rentrer chez lui, alors au moins faire en sorte que ça se passe vite et bien.
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Sam 5 Nov 2016 - 16:24




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Doc'Emerson


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Le médecin pouvait être content que sa patiente ne se soit pas envolée en profitant de son absence. C'était un peu la façon de faire de Rix, pourtant, quand elle avait un peu de respect pour ceux qui prenaient soin d'elle, elle était prête à faire quelques efforts. De plus, ce n'était pas non plus très intelligent de sa part, de leur rendre la vie plus difficile qu'elle ne l'était déjà. Alors elle avait juste prit le temps de se fumer une cigarette à l'extérieur, de toutes les façons, elle n'avait guère envie de rentrer chez elle. Cette dernière arrestation avait été éprouvante, ce n'était pas si mal, que la profileuse se retrouve un peu entourée de gens plus sympathique que les tueurs qui se côtoyaient dans sa tête.

Kreizler discutait donc tranquillement avec l'infirmier qui l'avait rejoint, alors qu'Emerson faisait à son tour son apparition. Il avait les traits tirés. Il semblait tout aussi épuisé qu'elle finalement. Ils ne faisaient certes pas le même métier et pourtant... ils se ressemblaient. En tous les cas, dans l'énergie qu'il prenait à ceux qui le faisait.

L'attention du médecin était plutôt sympathique et même touchante. L'agent eut un petit sourire et prit la barre chocolatée sans se faire prier.

- Merci doc'. Je n'ai qu'une clope à vous offrir en échange et je pense que cela ne vous intéresse pas, n'est-ce pas? Avec un ton tranquille. Après tout, au regard qu'il lui avait lancé en arrivant, elle avait parfaitement compris qu'il n'était pas trop pour la voir fumer. Je ne vais pas vous faire cet affront de disparaître, pas aujourd'hui en tous les cas. Dans un clin d'œil.

Gabrielle écrasa alors sa clope dans le cendrier prévu à cet effet, saluant alors Kelly, qui retournait à son boulot, puisque le docteur était de retour et qu'il n'y avait plus besoin de surveiller cette patiente, qu'il appréciait, à force de la côtoyer.

- Pas de problème, je préfère aussi ne pas rater ce créneau. Suivant l'urgentiste. Depuis combien de temps n'avez-vous pas dormi? Après tout, il n'y avait quand même pas que les gens de la Santé qui pouvait s'inquiéter pour les autres, non?

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Mar 6 Déc 2016 - 0:12
Humant l'air du soir tout en avalant en quelques bouchées son en-cas histoire de combler la faim qui formait un creux dans son estomac, Matthew esquissa à nouveau un petit sourire à la réflexion de sa patiente. Tout en froissant le papier dans un bruissement caractéristique de plastique, il répondit :

-Je m'en passerai, en effet. Mais merci... ajouta-t-il alors qu'elle lui lançait un petit clin d’œil, lui assurant qu'il n'aurait pas à lui courir après. Voilà qu'il était rassuré !
D'un lancé plutôt adroit, il fit rejoindre l'enveloppe pleins de chocolat fondu, une poubelle non loin.

-Oui... merci... reprit-il avec plus de sérieux cette fois, et plus de profondeur aussi. Plus que pour une simple politesse. De fait, il était venu poser son regard intense dans celui de Kreizler. Un regard pleins de reconnaissance, appuyé par les larges poches noires qui cernaient ses yeux.

A dire vrai, les rumeurs se répandaient plus vite dans les hôpitaux que nul par ailleurs. Aussi, les raisons de l'admission de deux agents de Scotland Yard aux urgences n'avaient pas tardé à se faire connaître. Surtout lorsque l'un des deux agents en question avait une sérieuse réputation dans la maison et que l'histoire était sordide. A croire que les gens aimaient particulièrement les faits divers les plus glauques... Emerson se tenait le plus possible à l'écart de ce genre d'histoire et des commérages en règle générale. Seulement, il n'avait pas loupé les bruits de couloir et cette histoire d'arrestation qui avait failli tourner à la catastrophe. Il comprenait mieux pourquoi au regard de l'état dans lequel était arrivée sa patiente...
En tant que père de deux petites filles, son estomac s'était retourné.

Kreizler comprendrait ou pas ces soudains remerciements. Ou pas. A vrai dire, peu lui importait, il avait surtout eu besoin de le dire. En un sens, le père était rassuré de savoir qu'il existait encore des gens prêts à risquer leur vie pour sauver celle des autres, le médecin avait une certains fierté à pouvoir apporter, comme il le pouvait, son aide à ces gens là.

Emerson chassa alors de son esprit les pensées un peu sombre, les angoisses d'un père dépassé par les événements qui n'osait imaginer qu'une telle horreur puisse arriver aux deux anges qui était tout son monde. Ils avaient un scanner à passer et s'était maintenant ou jamais ! Glissant ses mains dans les poches de sa blouse, il montra le chemin à la fumeuse qui s'était débarrassée de sa cigarette. Un salut à l'infirmier puis ils traversèrent les couloirs presque anormalement calmes des urgences pour enfin prendre les ascenseurs qui menaient aux sous-sols.
Matthew dut reconnaissante que la question de Gabrielle le déconcerta un peu, il l'observa un instant avec un petit sourire tandis que le « ding » des portes de l'ascenseur se faisait entendre. S'engouffrant à l'intérieur, il répondit avec un triste amusement :

-Bien trop longtemps. Bientôt vingt quatre heures. Malgré tout, il ne pouvait se départir de son sourire.

Il ne devait pas penser à ce genre de chose, même si cela était une pure aberration de faire travailler aussi longtemps d'affiler des hommes et des femmes qui devaient presque à chaque instant prendre des décisions vitales dans l'urgence. Mais c'était la force des choses, voulue par les budgets des hôpitaux publics. Non, pour le coup, dans ce métier, on ne pouvait se permettre de perdre la foi ou l'optimisme.

-Mais je parie qu'on pourrait faire un concours, je me trompe ?

Ils arrivaient déjà en salle d'imagerie. Emerson ouvrit la porte d'une petite cabine :

-Vous pouvez vous déshabiller ici, gardez juste vos sous vêtements et ensuite, passez dans la pièce d'à côté.

La fameuse « pièce d'à côté » était une large salle où trônait un imposant anneau, ou « donuts ». Une manipulatrice radio préparait déjà la machine pour les clichés. L'examen ne durerait qu'une dizaine de minute, ensuite, Matthew devrait réussir à alpaguer un radiologue de garde pour avoir sa confirmation de l'interprétation des images.
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Mar 17 Jan 2017 - 18:54




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Rix observait son interlocuteur tout en se demandant pourquoi il se sentait obligé de la remercier. Deux fois en un temps record d'ailleurs. Si c'était pour ce qu'elle venait de dire, ce n'était pas grand-chose, si c'était pour ce qu'elle faisait, ce n'était pas de lui qu'elle allait recevoir des remerciements. Pourquoi? Parce qu'elle estimait que lui aussi sauvait des vies. Sans doute de meilleure façon qu'elle. Que son taux de pourcentage de survie était sans doute meilleur que les siens. Après tout, elle arrivait souvent sur des scènes de crime, dont il n'y avait que des indices à tirer et un cadavre à enlever. Alors...

- C'est pas grand-chose, Doc'. Lâcha-t-elle finalement, avec un petit sourire, presque forcé.

Ils se retrouvèrent rapidement dans l'ascenseur et elle put voir qu'elle venait de le surprendre avec sa question. Ne leur demandait-on donc jamais comment eux allaient? S'ils avaient bien dormis, s'ils étaient ok pour travailler? Elle haussa un sourcil à sa réponse, tout patient digne de ce nom, pourrait voir à s'inquiéter d'apprendre que celui qui avait votre vie entre ses mains, ne rêvait que d'un bon lit douillet.

- Mmm... et on vous laisse encore travailler? Vous ne vous inquiétez pas des risques?

Etre fatigué, n'aidait pas à prendre les bonnes décisions en général, l'esprit affuté, ne l'était plus autant, quand il manquait de sommeil. La remarque d'Emerson la fit quelque peu sourire. Elle était sans doute dans le même état.

- Absolument pas. Mais après votre petit scanner, j'aurai le droit de rejoindre mon lit, et vous?

Enfin elle disait cela, mais dormir... rien n'était moins sûr. Son état de fatigue devait être avancé, surtout avec ce qu'elle venait de subir, mais le sommeil aimait souvent la déserter. Enfin, c'était une autre histoire. Se retrouvant dans la cabine, elle eut une moue. S'il y avait bien une chose qu'elle aimait peu, c'était bien de se mettre nue devant des inconnus.

- Vous n'avez pas vos magnifiques blouses d'hôpital pour que j'en passe une, non?

A voir... non. Elle soupira et finit par faire ce qu'on lui demandait, mettant à nu les cicatrices qui recouvraient son corps, qu'elle recouvrait normalement avec soin, pour que personne ne puisse les voir. C'était donc un peu mal à l'aise que Gabrielle rejoignait la pièce où se trouvait la machine, dans laquelle on lui demandait de s'installer. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour s'assurer que tout allait bien. Après, assurément, il lui faudrait un bon verre.

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Sam 28 Jan 2017 - 21:29
La remarque de la flic tira au Dr. Emerson un haussement d'épaule un peu résigné et un sourire gêné :

-Si, bien évidemment que si, c'est très inquiétant et ça va à l'encontre de notre éthique de médecins. Malheureusement, nous sommes en sous-effectif et j'ai prêté serment d'aider tous les patients. Si je n'avais pas prolongé ma garde pour remplacer une collègue absente, il n'y aurait aucun titulaire présent ici ce soir. Pas de titulaire, pas de service d'urgence ouvert, et nous sommes l'hôpital public, c'est impensable de fermer...

La question était réellement problématique. Mais au moins, la discussion faisait passer le temps plus vite pour nos deux protagonistes et Matthew se serrait souvent de cette technique pour distraire ses patients lorsqu'ils pouvaient se sentir mal à l'aise.

-C'est aberrant, je le reconnais, mais pour les gérant de cet hôpital, la médecine revient à des chiffres dans un tableau Excel. Des chiffres trop souvent dans le rouge. Et c'est bien connu, les chiffres n'ont jamais ému personnes...

Il retint un petit rire mais un sourire barrait ses lèvres, prouvant son amusement lorsqu'elle expliqua qu'elle allait retrouver son lit très rapidement. Le jeune médecin profita des aveux:

-J'ai moi aussi bien l'intention de retrouver mon lit au plus vite ! La relève doit déjà être arrivée et vous êtes donc ma dernière patiente de cette journée à rallonge.

Avec un petit air de confidence, il ajouta pour l'amuser :

-Croyez-moi, je vais raser les murs jusqu'aux vestiaires et partir incognito sans demander mon reste !

C'était évidemment davantage un fantasme qu'une réalité plausible, mais Matthew avait toujours ce périt espoir qu'un jour une journée se finirait à l'heure. Il ajouta précipitamment à Gabrielle, comme pour qu'elle ne se fasse pas trop de faux espoirs :

-Mais ne vous réjouissez pas trop vite, je ne vous laisserai pas partir tant que je n'estimerai pas que c'est sans risque, même si cela doit retarder l'heure de rentrer chez moi.

Son regard appuyé était ferme sur ce point.
Il secoua ensuite négativement la tête lorsque la jeune femme lui demanda si elle avait le droit à une blouse pour l'examen :

-Malheureusement cela crée des artefacts sur l'image.

Il sourit de ce sourire franchement désolé, lui promettant une nouvelle fois que ça ne serait pas long.
Sa patiente était déjà installé sur la table du scanner. Il voulait que cela soit fait avant même qu'elle ne s'en rende compte. Il n'était pas rare que les patients soient réticents à se dénuder, dans le cas de la profileuse, c'était encore différent. De son oeil de médecin, Matthew en avait vu d'autre, il avait vu des corps brûlés, ouverts, mutilés, amputés, gangrenés... Mais il avait appris à gérer et son regard savait sans avoir cet oeil glacial et blasé de certain médecin qui avait plutôt pris l'habitude de voir de la chair, plutôt que des hommes. Il avait cette douceur bienveillante dans le regard.

Aussi, il était rapidement passé dans une pièce à côté, là où la technicienne lancerait la machine depuis les ordinateurs. En outre, il continuait de parler à Gabriel via l'interphone :

-Vous savez, je ne vais pas me plaindre, je vais être en week-end trois jours.

Il lui faudrait bien cela pour récupérer de la semaine de dingue qu'il avait eu :

-Ne bougez plus, ne respirez plus, demanda-t-il à sa patiente. S'il fait beau, je pense emmener mes filles à la plage de Portobello, reprit-il.

Il espérait que Anny soit en forme pour sortir de l'hôpital. Le pédiatre avait l'intention de la faire entrer à l'hôpital de jour, ce qui serait beaucoup moins lourd pour l'enfant. L'air de la mer ne pouvait que faire du bien, il espérait seulement que le temps serait clément. Peut-être même pourraient-ils mettre les pieds dans l'eau !

L'engin à rayons X s'arrêta. L'urgentiste avait déjà bippé le radiologue qui ne tarderait pas à analyser les images en 3D, pour sa part, Emerson avait dégotté une blouse jetable de bloc et la tendit à sa patiente avant de la sortir de l'étrange appareil.

-J'ai une bonne nouvelle, d'après ce que j'ai pu voir, pas de commotion sérieuse et pas d'épanchement de sang inquiétant. Je devrais avoir la confirmation du spécialiste dans quelques minutes, mais je ne pense pas me tromper en disant que vous n'êtes plus qu'à quelques minutes d'une bonne nuit de sommeil.

Et lui aussi ! Soulagement.
Il invita Kreizler à retourner s'habiller. Il en profita pour s'adosser à un mur. Il pourrait presque s'endormir, là. La pression commençait déjà à retomber.
Lohen
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Mer 1 Fév 2017 - 12:19




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Rix eut une petite moue à la réponse du médecin. Alors comme ça, on les laissait s'épuiser, au risque que des patients en pâtissent... c'était vraiment une erreur médicale sérieuse. Qui allait à l'encontre de la déontologie. A ses yeux en tous les cas. Mais pouvait-elle vraiment faire quelque chose contre? Elle observait l'urgentiste avec plus de détail, il avait vraiment l'air épuisé. Ce n'était pas normal de le faire bosser dans des conditions pareilles.

- Et si vous décidiez de ne plus le faire? Je veux dire... si vous démontriez aux autorités que sans médecins disponible et frais, ce sont des chiffres bien plus graves que ceux d'un tableau Excel qui apparaîtraient.

Bon c'était horrible comme pensée, mais parfois, les morts servaient eux aussi une cause. Enfin, elle disait cela, en sachant qu'elle aussi, s'épuisait à la tâche, pour éviter que des tueurs ne fassent plus de victimes. Ils se comprenaient quelque part, mais Gabrielle trouvait plus dangereux de laisser des médecins soigner des patients, alors qu'ils n'avaient pas dormi depuis plus de 24 heures. Et après, on s'étonnait encore de la voir éviter les hôpitaux comme la peste?

- Parfait, vous avez intérêt à filer à l'anglaise Doc'. Fit-elle sur le même ton qu'il prenait pour lui dire qu'elle avait fait des bêtises. Hey, chacun son tour!

Elle eut un petit sourire de connivence, elle comprenait parfaitement cette histoire de raser les murs. Voilà pourquoi elle parlait de filer à l'anglaise. Enfin, son avantage, c'était bien qu'à partir d'une certaine heure au bureau, il n'y avait plus vraiment de monde pour risque de se faire appeler pour faire de la paperasse. Par contre, elle était toujours joignable quand il s'agissait de se rendre sur une scène de crime.

- Je vais bien Doc', vous inquiétez pas, vous serez chez vous sans avoir compris comment vous avez fait.

Bon, Gabrielle n'en savait strictement rien, mais à part se sentir fatiguée, elle n'avait pas mal au crâne, c'était quand même une bonne nouvelle non? Un petit soupire marqua le fait qu'elle se retrouvait donc nue devant les médecins. Elle savait qu'ils s'en moquaient bien, ça n'empêchait pas qu'elle n'aimait pas ça. Qu'est-ce qu'elle pouvait détester ces endroits... dire qu'elle s'y retrouvait toujours. Pourquoi ne pas faire quelques efforts et tenter de changer de façon de faire? Parlez-en à son caractère!

La profileuse s'installa donc dans la machine et attendit que les choses se passent. Elle écoutait la voix de l'urgentiste, se disant qu'il en avait bien de la chance. Quoique, en y réfléchissant, elle ne voyait vraiment pas ce qu'elle pouvait faire d'un weekend de trois jours. Au moins lui, pourrait se reposer convenablement. Et profiter de ses enfants, ce qui n'était pas non plus une mauvaise chose. Elle s'arrêta de respirer un instant pour que les photos soient prises, puis ne fût pas déçue de sortir de cet engin, pour au moins passer quelque chose autour de son corps.

- Parfait. Et vous aussi finalement.

Kreizler en profita donc pour se rhabiller et rejoignit l'homme dans le couloir, elle remarqua qu'il était sur le point de s'endormir et posa doucement une main sur son épaule, pour ne pas l'inquiéter.

- Vous savez quoi, je vous accompagnerai jusqu'au vestiaire, pour jouer les gardes du corps, qu'on vous foute la paix et que vous puissiez aller dormir. Vos filles vont finir par s'inquiéter. D'une voix douce. Après tout, elle savait aussi prendre soin des autres quand il le fallait, c'était, bien évidemment, aussi son métier.

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Rix
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Dim 26 Fév 2017 - 21:36
Les paroles de la flic avaient résonné en lui. Elle ne se gardait pas de dire tout haut ce que lui ne pouvait que penser tout bas. Il hésitait entre hocher gravement du chef et esquissé un petit sourire triste aux propos de l'inspectrice de Scotland. Elle avait raison, seulement, ses mots étaient bien trop francs pour être réalisable. Il était impensable de fermer un service d'urgence, de laisser des patients dans un état critique sans soins... Et si l'envie pouvait parfois être forte d'utiliser des méthodes radicales pour faire changer les choses et les menaces de grèves sur toutes les bouches, aucun médecin, aucune infirmière, aucun aide soignant, ne pouvait décemment choisir de sacrifier la vie d'une personne. Alors les choses demeuraient, pour le moment, comme elles étaient.
Ce n'était pas faute, en tant que chef des internes, d'avoir alerté de nombreuses fois la hiérarchie de l'hôpital de la situation précaire et aberrante du service, en vain. Les rapports inquiétant et les doléances des urgences n'étaient clairement pas une priorité.
Seulement un jour, quelqu'un commettrait une erreur. Une erreur grave qui coûterait probablement la vie à un patient. Faudrait-il en arriver là ? Un mauvais diagnostique, une mauvaise prise en charge, un scandale, pour qu'en haut, ils ouvrent les yeux ?
Emerson soupira intérieurement.

L'examen c'était passé sans encombre et Kreizler s'était rhabillée rapidement, surprenant le jeune médecin dans un moment de somnolence. La pression se relâchait déjà et il s'imaginait déjà rentrer chez lui, se faufiler dans l'appartement silencieux, et se glisser presque tout habillé dans les draps, la tête enfoncée dans l'oreiller moelleux pour une nuit de douze heures.
Elle l'avait tiré avec douceur de cet état, aussi une main sur son épaule l'avait ramené à la réalité. La femme semblait bien décidée à aider le médecin et celui-ci lui en était reconnaissant. Avoir un garde du corps lorsque l'on voulait finir sa journée et quitter les urgences était une excellente idée, de cette façon,
Matthew pu rejoindre sans encombre le vestiaire et quitter sa blouse blanche sans la moindre anicroche. Maintenant de nouveau dans ses vêtements civils, ils quittèrent l'hôpital et se retrouvèrent sur le parking des ambulances. Le jeune médecin n'avait pas de VAP. En réalité, il n'avait même pas son permis, qu'il n'avait jamais vraiment jugé utile d’obtenir dans une ville déjà si encombrée par les véhicules volant comme Edimbourg.
De fait, il héla un taxi avant de se tourner vers la profileuse :

-Je vis dans New Town, on peut partager un taxi si c'est sur votre chemin, proposa-t-il.

Si l'inspectrice de Scotland Yard était arrivée en ambulance, il n'avait pas la moindre idée de comment elle comptait s'y prendre pour Il rentrer chez elle. Dans son état, le taxi restait la plus sage des solutions, l'homme de raison en lui espérait qu'elle accepterait, sinon il n'aurait qu'à lui lancer son petit regard plein de désapprobation, qui résumerait assez bien tout ce qu'il pourrait faire si la jeune femme décidait d'en faire autrement.
Lohen
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Ven 24 Mar 2017 - 15:27




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Le médecin ne répondait rien, mais à son air, Gabrielle pouvait rapidement comprendre que même si de base, l'idée pouvait potentiellement marcher, ce n'était pas le style des médecins de laisser leurs patients sans soins. Bien évidement. Ils avaient signés pour sauver des vies, pas pour les voir la perdre, sans au moins agir un minimum. Ce qui, bien entendu, profitait à ces enfoirés pour qui l'argent et les bénéfices étaient le plus important. Plutôt que la santé de leurs employés et donc des patients. Un sacré cercle vicieux.

La protection fût acceptée sans autre pensée et Rix accompagna donc l'urgentiste jusqu'aux vestiaires, s'assurant que personne ne l'arrête en chemin, pour qu'il puisse enfin quitter sa blouse blanche. Attendant pas loin de la porte, elle s'était adossée au mur, les bras croisés, observant le peu de va-et-vient qu'il y avait encore dans les couloirs à cette heure. C'était moins la cohue, à croire que même aux urgences, il y avait des heures de grande affluence. Ils purent donc quitter l'hôpital sans se faire plus aborder.

Prenant une grande inspiration, la profileuse apprécia de pouvoir se retrouver enfin à l'air libre. Heureusement qu'on ne l'y avait pas gardé pour une quelconque observation et qu'on lui offrait la possibilité de rentrer chez elle. Même si elle se demandait si elle allait vraiment dormir, malgré le mal de crâne toujours insidieux. Son attention se reporta sur son interlocuteur, alors qu'il lui proposait de prendre un taxi en commun. Ce n'était pas une mauvaise idée. Son appartement n'était pas à côté et l'envie de rentrer à pied n'était pas vraiment de mise. Elle fit un petit hochement de la tête.

- Pourquoi pas, ça nous coutera moins cher comme ça. Même si je ne suis pas à New Town même.

Au pire, elle irait à Scotland Yard récupérer son véhicule, pour rentrer chez elle. A moins qu'elle ne le récupère le lendemain. Elle verrait bien une fois qu'ils seraient sur place. Pour le moment, elle levait la main pour arrêter un taxi qui passait par là. L'avantage d'être à l'hôpital, il y avait toujours du passage, concernant les véhicules de service.

S'installant à l'arrière, elle laissa à son médecin, le soin de donner son adresse, pour commencer, puisqu'elle allait plus loin que lui, puis resta quelques instants dans le silence, observant les lumières de la ville défilées sous ses yeux. Mais les lumières s'arrêtèrent bien rapidement de défilées... car ce fût une autre lumière, plus crue, qui lui faisait carrément mal qui flottait. Et Gabrielle n'eut pas besoin de plus, pas besoin d'entendre une voix au loin, pour savoir qu'encore une fois, son esprit faisait des siennes et qu'elle n'était plus dans son corps.

Du côté du taxi, si Lohen ne faisait pas plus attention que cela, il pourrait croire que sa patiente était simplement perdue dans ses pensées. Mais si on se concentrait un peu, sa respiration semblait beaucoup plus lente, plus aucun muscle ne bougeait, le regard était comme parti dans le vide, comme si plus personne n'habitait réellement ce corps. C'était bien là tout le problème de ses connexions intempestives à des esprits psychopathes.

Cette situation ne dure jamais plus de quelques minutes, le temps que Kreizler assiste, vive carrément, le meurtre de la victime, avant de revenir assez violement dans son corps, reprenant une respiration haletante, comme un noyé qui tente tant bien que mal de retrouver un peu d'air. Le mal de crâne était plus violent encore qu'au départ, elle ne manqua pas de demander précipitamment au conducteur d'arrêter la voiture, pour ouvrir la portière en trombe et vomir ce qui restait dans son estomac. Les voyages inter-esprit ainsi, n'étaient jamais agréables pour elle. Sans compter la douleur physique et psychique que lui offrait les scènes auxquels elle assistait. Grognant de douleur, elle se tenait fermement à la porte du taxi, pour tenter de reprendre ses esprits.

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Rix
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Sam 25 Mar 2017 - 1:28
Autant dire que le jeune médecin était soulagé de ne pas avoir à insister plus que cela pour que l'inspectrice accepte de partager le taxi. Il devait avouer qu'il n'aurait probablement pas eu la force de lui tenir tête pour lui faire entendre raison - quelle légitimité aurait-il eu, de toute façon, maintenant qu'il avait raccroché sa blouse ? Heureusement, la question ne se posait pas puisque la profileuse s'était montrée raisonnable
Aussi, Matthew hocha la tête, satisfait, et un véhicule orné du sigle orangé "TAXI" s'était arrêté devant eux. Le soignant avait ouvert la portière et invité la policière à s'installer avant de l'imiter et de donner son adresse au chauffeur qui, sans un regard, se réinséra dans le flot de la circulation. La nuit était humide et les trottoir luisaient à la lumière des réverbères. Il ne fallut que quelques secondes au docteur pour que, la nuque calée contre l'appui-tête, il sombre dans ses pensées et bientôt, dans un état de somnolence avancée.
De fait, il ne remarqua nullement le comportement étrange - ou plutôt l'absence de comportement - de sa voisine. En réalité, ce fut elle qui, reprenant ses esprits et sa respiration comme violemment tirée d'un rêve, ou plutôt d'un cauchemar, tira également l'homme assoupi à ses côtés.

Emerson sursauta légèrement, il ne lui fallut qu'une seconde pour se ressituer et il se tourna instinctivement vers Kreizler qui, dans la lumière blafarde des rues, semblait avoir perdu toute couleur. Il allait s'empresser de lui demander si tout allait bien mais déjà elle alpaguait le chauffeur pour lui demander de s'arrêter.
Le véhicule à peine immobilisé, elle ouvrait la portière pour vomir sur le bas côté.
Matthew avait retrouver ses esprits plus rapidement qu'il ne fallait pour le dire, il était à son tour descendu et se tenait au côté de la flic visiblement affaiblie. Ses mains blanchissaient d'être agrippées à la portière pour se tenir. La douleur semblait battre sous son crâne et Matthew, dont le visage semblait maintenant avoir retrouvé une parfaite intransigeance, soutenait Rix avant de l'inciter à remonter dans la voiture :

-On retourne à l'hôpital, lança-t-il au chauffeur avec une voix qui ne laissait place aux parlementations.

Le conducteur, qui s'était retourné pour s'assurer que la banquette arrière était sauve, faisait de nouveau face à la route, près à s'exécuter une fois l'homme remonté dans le véhicule.
La mâchoire serrée, le visage fermé, Matthew s'en voulait. Il s'était planté. Il avait commis une erreur médicale et peut être même une erreur de diagnostique. Sa patiente avait fait un trauma crânien et maintenant elle avait des vomissements, c'était plus grave qu'il ne l'avait tout d'abord imaginé. Ils avaient forcément loupé quelque chose au scan. Il aurait dû garder sa patiente en observation, plutôt que de la laisser rentrer chez elle. Que ce serait-il passé s'ils n'avaient pas partagé ce taxi ? Ils seraient peut-être passés à côté de quelque chose de plus grave, dont elle ne se serait pas alerté à cause de quelques simples vomissements.
Matthew était furieux contre lui-même. Il avait voulu ménager la chèvre et le chou et faciliter la vie à Kreizler qui n'était pas fan des hôpitaux en la renvoyant chez elle. Mais maintenant, il ne lui laissait plus le choix, il la collait en observation un point c'est tout. Et lui prescrivait une batterie complète d'examen pour la première heure le lendemain. Il avait fait une bourde et ça serait la seule.
Lohen
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Lun 27 Mar 2017 - 22:16




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Bien que malmenée par la vision qu'elle venait d'avoir, Rix senti bien rapidement que le médecin avait repris les choses en main. Évidemment, la voir ainsi vomir, alors qu'elle sortait d'un contrôle crânien. Elle insulta mentalement ce foutu don qui ne lui causait que des problèmes, tout en continuant à se tenir fermement à la poignée de la portière du taxi.

- Hors de question! Gronda-t-elle pour faire comprendre aux deux hommes en présence que ce n'était vraiment pas ce qu'elle souhaitait.

Et vu le ton utilisé par la profileuse, le chauffard y réfléchit donc à deux fois avant d'obéir à l'autre homme. Bon, est-ce que ces deux pouvaient se mettre d'accord? Gabrielle s'était quand même assise dans l'habitacle du véhicule, juste pour bien reprendre ses esprits, son crâne tambourinait encore et toujours, mais elle savait faire avec, se frottant vivement le front, elle posa sa main libre sur l'avant-bras de son interlocuteur, pour qu'il ne tente pas de faire quelque chose et aussi d'une certaine façon, tenter de calmer ce qu'elle avait lancé comme inquiétude.

- C'est vraiment pas ce que vous croyez doc'... et je sais de quoi je parle. Mais... jetant un regard aux oreilles indiscrètes. Elle lui donna l'adresse de Scotland Yard. On y sera mieux pour discuter.

En fait, elle ne laissait pas le choix à Lohen. Qu'il vienne chez ou pas, lui était finalement égal, mais Kreizler était bien décidée à ne pas retourner à l'hôpital. Il y avait bien plus important à faire. Sortant son portable, elle lançait un numéro enregistré dans son répertoire et attendit qu'on lui réponde. Oubliant l'heure, ce fût la voix de son chef direct, à moitié endormi, qui répondit. Dans d'autres circonstances, elle s'en serait peut-être voulu, mais pas là. Elle savait à qui elle avait eu affaire.

- Il a recommencé George... il faut trouver où il a balancé le corps.

Heureusement que le patron connaissait son employée et ne l'envoyait pas boulet instantanément à l'appeler à des heures pareilles. Ils se retrouveraient directement au bureau. L'agent reporta alors son attention sur celui qui se trouvait à ses côtés.

- En fait, vous feriez bien mieux d'aller dormir et... je vous paierai un café pour me faire pardonner? Ok?

Comment ça, il n'allait pas être d'accord? Non mais parce que vous pensez seulement qu'elle lui laissera le choix?

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Rix
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Mar 4 Avr 2017 - 16:10
La réponse de la flic fut encore plus catégorique que n'avait été la sienne. Elle avait était brusque et sèche et avait laissé le jeune médecin sans voix. Entre la surprise et une sorte d'amertume.
Le chauffeur, lui, ne savait plus ce qu'il devait faire, mais à en juger par le ton de sa cliente, il estimait qu'il était dans son intérêt de faire profil bas.
Matthew, pour sa part, dévisageait la profileuse avec cette frustration de l'impuissance mêlée à un agacement nourrit d'inquiétude. Il n'avait pas la moindre idée de la façon dont il pouvait lui faire entendre raison et il savait que toutela fermeté du monde ne serait pas suffisante.
Dans l'immédiat, il la laissa s'asseoir sur le rebord du siège arrière, le temps qu'elle reprenne ses esprits. Elle était extrêmement pâle et grimaçait presque de douleur. Le jeune médecin ne pouvait la laisser dans cet état, il devait prendre une décision, la faire monter de force dans ce foutu taxi et retourner rapidement à l'hôpital. Seulement, il n'eut le temps de réfléchir davantage que Kriezler vint poser une main sur son bras, comme pour le retenir d'exécuter ses pensées, comme si elle avait pu le pressentir. Cela eu pour effet de stopper net le docteur. Dans le même temps, elle chercha à le rassurer, mais ses paroles n'étaient peut-être pas les mieux trouvées pour arriver à ses fins.

Lohen soupira, comme une marque de son abandon face à la détermination butée de sa patiente. A quoi bon, puisqu'elle n'avait nullement l'intention de se plier à ses conseils ?
Il la laisser donner l'adresse de Scotland Yard au chauffeur, en assurant à notre homme que ce serait plus simple de lui fournir de plus amples explications là-bas
Emerson leva les yeux au ciel mais ne répondit rien, elle agirait de toute façon, avec ou sans lui, alors autant reprendre place dans le taxi. Il ferma la portière de la flic et vint retrouver place à ses côtés. Pendant qu'il s'exécutait, elle avait sorti son téléphone pour passer un coup de fil qui n'échappa pas à notre protagoniste. Les mots étaint on ne pouvait plus clair et pourtant, Matthew n'arrivait pas à leur donner un sens, une cohérence dans le contexte. Ou peut-être ne voulait-il, inconsciemment, pas qu'ils en aient.
Il étaient prêt à repartir et le doc' s'était fait à l'idée que la nuit ne faisait, en réalité, que commencer. Seulement, l'inspectrice semblait avoir changé d'avis. Elle lui proposa même de rentrer chez lui pour -hypothétiquement- faire le point plus tard. Emerson se retint de soupirer une seconde fois, par politesse, et secoua doucement la tête :

-Gabrielle, écoutez... il appelait très rarement ses patient par leur prénom, mais il n'était plus à cela prêt s'il avait une chance de faire entendre, ne serait-ce qu'un brin de raison à son interlocutrice. Ma conscience ne peut vous laisser repartir seule, vous comprenez ? Soit vous venez avec moi à l'hôpital, soit vous me donnez une explication valable. Et puisque vous ne semblez pas disposée à la première solution, je suis prêts à attendre que nous soyons arrivés à Scotland Yard pour avoir la seconde.

Pour ne pas donner d'autre choix à Rix, le médecin réitéra l'adresse et demanda au taxi de se mettre en route.
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