CLOS] [Dans son ombre ils grandissent. [ Ridley, j'attend.]

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Mar 23 Aoû 2016 - 12:02
Dans son ombre ils grandissent

Feat. Cheshire


Une nouvelle journée d’été commençait tout juste. La Villa Sofia était encore silencieuse. Dans l’aile la plus à l’ouest, un rayon de lumière tranchait dans la pénombre. Il venait d’une porte entrouverte. Celle-ci donnait sur une pièce rectangulaire de belle dimension. Il s’y trouvait une cheminée dans laquelle les braises mourraient lentement, ainsi qu’une bibliothèque surchargée et un établit lui aussi alourdis par de nombreux objets. Le bruissement de l’eau en train de frémir était couvert par une suite de cliquetis. Dressée derrière la table, une silhouette allait d’un bout à l’autre pour manipuler des récipients.

Une femme très mince, aux cheveux blancs, à la mine sévère, qui était plongée dans une grande concentration. Le déshabillé, noué à la hâte autour de ses hanches dévoilait une ossature saillante et une peau couverte de tâches de vieillesse. La dame avait l’air nerveuse et agitée. La main armée d’un maillet elle brisait la coque de coquillages dans le fond d’un ramequin en terre cuite.

Inutile de me le rappeler. Je sais. Maugréa la Duchesse Lampeduza, avec une pointe d’emportement, qui ne lui ressemblait pas.

Il n’y avait pourtant personne dans la pièce, à l’exception de la vieille chienne, assise au fond de la pièce qui la fixait. Les yeux orangés de l’animal étincelaient d’une lueur d’intelligence déroutante. On eu dit que l’animal comprenait tout ce que disait l’herboriste. C’était à s’y méprendre. Quand on y regardait à deux fois, l’ombre d’Hécate n’avait pas la forme convenue. Plutôt que la silhouette allongée d’une chienne c’était celle d’une créature humanoïde.

Ah! Il suffit. Je ne parviens à rien avec tes interruptions. Maintenant, sors. Sur l’instant !

La bête n’avait pas poussé le moindre petit jappement. Sans démontrer de signe d’humeur, elle se dressa sur ses pattes et quitta l’atelier, pour aller au jardin. La porte ainsi entrouverte laissa entrer les premiers bruits d’une activité humaine. Le personnel de la maisonnée était levé. Dans quelques minutes le calme ne serait plus de mise.

La vieille noble contenu un soupir exaspéré. Elle stoppa le feu sous le réchaud. Elle remit aussi de l’ordre dans sa tenue pour ne pas paraître négligée devant les domestiques. Après un regard sur l’ensemble, elle se dirigea vers la porte-fenêtre pour faire pénétrer l’air du matin dans la pièce.

Un furtif frisson au niveau de la nuque lui raidit le dos. Avant même que la jeune femme n’approche sa main de la porte pour toquer sur la porte, Nikolas lui ordonna :

Prenez la liste qui se trouve sur la table. Envoyez l’une des filles de cuisine en ville, sur-le-champ. Qu’elle prenne également de l’atropa. En quantité.

Strega fit ensuite volte-face pour darder ses yeux sombres dans ceux de Cheshire. Une tension musculaire tendait la dame plus que de raison. Elle avait les traits tirés par le manque de sommeil. Elle semblait sur le point de s’effondrer. Une image peu commune pour les gens du service. Mais, en un battement de cil, madame se composa le visage impénétrable habituel. Elle questionna alors, sa nouvelle employée, d’une voix tout à fait neutre.

Comment vont les chiots ce matin ?

Strega
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Sam 3 Sep 2016 - 23:29


Dans son ombre, ils grandissent.
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      05:00. Le réveil sonne. Fort. Il faut dire qu’elle ne peut décemment pas rater cette alarme. Il s’agit d’une de ses journées où elle va devoir se montrer irréprochable. Du bout des talons à l’extrémité de chacun de ses cheveux. Car Madame ne rit pas avec cela, et malheureusement pour elle, Fawn a besoin de Madame. Pour dire vrai, sa vie en dépend. Or, être attachée au bout d’une laisse n’est pas pour plaire à la jeune femme. Elle n’est pas du genre à faire la belle et donner la patte. Ce qui explique très certainement la violence qu’elle emploie pour faire taire son réveille-matin. Cette fois-ci, il n’a pas résisté. Elle réparera cela ce soir. Elle n’a pas le temps pour le moment.

      Elle se lève donc pour passer un peu d’eau sur son visage et une petite robe noire autour de son corps. Ses cheveux se voient ramener en arrière, en une queue de cheval bien sage. Trop sage pour son tempérament, mais elle le tolèrera. Jusqu’à un certain point. Sa toilette se poursuit quelque peu, puis elle file aux cuisines. D’abord pour y avaler un petit quelque chose. Sa collègue y est déjà aux fourneaux. Carène, de son doux nom. Et bavarde, du premier adjectif que trouve à lui attribuer Fawn. Un tantinet trop à son gout, mais elle préfère lui répondre. Toujours avec le sourire, bien que celui-ci ne soit pas toujours l’expression d’un bonheur certain. Elle souhaite simplement faire profil bas. Les vagues ne seraient pas une bonne idée, ici. Alors elle entraine sa patience, lançant parfois des vérités crument, sous le jeu d’une plaisanterie. C’est tellement plus simple ainsi.

      Ce matin-là, Carène est plutôt calme. Une bénédiction pour le chat qui s’est levé de quatre pieds gauches. Elle se contente donc d’avaler sont bol de porridge en silence. Pas de thé. Elle n’en a pas réellement envie, ce jour-là. Un chapelier en serait bien triste. Quoiqu’il en soit, il est 05:30 lorsqu’elle pose son récipient dans l’évier. Il est temps d’aller voir le chenil. Les chiens semblent heureux de la retrouver. Et la réciproque est également vraie. Ridley se laisse aller davantage, auprès de ses créatures pourtant hostile à notre espèce. Il faut avouer que le courant passe bien. Bien mieux, en tous cas, qu’avec certains humains. On pourrait parfois se demander qui sont les réels animaux.

      Pour autant, l’heure n’est pas aux questions, ni aux jeux. Fawn regarde sa montre. 05:53. L’heure d’aller voir si Madame est réveillé. Retournant en cuisine pour y laver ses mains, elle prend ensuite un plateau dans ses mains. Elle y pose un verre d’eau fraiche ainsi qu’un bol de fraises. Cela n’a pas été requis, mais avec Madame, il faut parfois savoir faire preuve d’initiatives. Surtout à ces heures. Arrivant rapidement près de sa porte, elle coince le plateau contre son ventre pour libérer l’une de ses mains. Cependant, elle n’a pas le temps de frapper que déjà des ordres lui sont déjà… donnés. Prendre la liste, pour la donner à l’une des filles de cuisines. Ajouter de l’atropa, en masse. Cheshire opine du chef, plaçant le plateau sur une desserte.

      ▬ Bien Madame. se contente-t-elle de répondre, le plus simplement du monde.

      Pourtant, quelque chose la retient quelques temps dans cette pièce. Un regard qui tente de la percer à jour complètement. Sans succès semble-t-il. Si l’on omet la dilation prompte de ses pupilles. Telles celle des félins. Elle entraperçoit, sur ce visage toujours de marbre qui lui fait face, les traits tirés par la fatigue et l’âge. Cela ne dure que quelques secondes, mais reste gravé dans sa mémoire. Si elle s’est déjà posé la question, la réponse ne lui apparait pas comme surprenante. Madame n’est pas infaillible. Rassurant ou inquiétant, il n’est pas encore l’heure de répondre à cette question mais davantage à celle qui vient de lui être lancé.

      ▬ Les chiots vont bien. Je m’inquiète davantage pour Hector, son comportement m’a l’air étrange. Mais après tout, lui non plus n’est plus de la première jeunesse.

      Elle sait parfaitement que ses sous-entendus seront perçus, mais elle ne s’en cache pas. Elle doit être irréprochable, pas forcément angélique. Quelle sorcière digne de ce nom désirerait une domestique angélique, après tout ? Ou même idiote ? Or quel meilleur moyen qu’un sous-entendu pour faire comprendre sa pensée. Fawn a compris que quelque chose n’allait pas avec Madame non plus. Alors si celle-ci souhaite une aide, mieux vaut-il la demander lors de sa prochaine question, car la patience de la jeune n’est plus ce qu’elle a pu être.

      ▬ Madame désire-t-elle que je lui ramène autre chose ? fit-elle, pointant le plateau.

      Il n’y aurait aucune honte à demander un médicament ou autre. Ce serait plutôt s’entêter dans le déni qui serait idiot. Sa réponse lui permettrait au moins de juger de l’intelligence de sa patronne. Joignant ses mains devant elle, elle attend sa réponse. 06:10, l’heure du jugement en cette belle matinée d’été.

Cheshire
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Ven 9 Sep 2016 - 12:32
Dans son ombre ils grandissent

Feat. Cheshire


Le bruissement d’un tissu se fit entendre d’une porte entrouverte dans le couloir. Les employés déployaient des draps propres dans les chambres attenantes à l’atelier de Madame. Un rituel cent fois exécuté en particulier pendant l’été avec ses longues soirées. Le couple qui habitait là ici recevait régulièrement. La Villa Sofia était une ruche aux cent cinquante abeilles, toutes plus laborieuses les unes que les autres, dont la reine était d’une grande exigence.

La banalité de l’échange entre les deux femmes laissait pourtant deviner des enjeux sous-jacents. Une brève lueur traversa le regard de la dame. Difficile de connaître son sentiment à l’encontre de ces animaux de compagnie. Elle attendait toujours d’être seule pour leur faire des démonstrations d’affection. Elle ne cacha pas la contrariété que provoquait la nouvelle. C’était à se demander si madame Lampeduza ne tenait pas plus à ses bêtes qu’aux êtres humains.

Si la situation n’évolue pas dans quelques jours nous appellerons notre vétérinaire.

L’élevage canin de la Duchesse était de (très) bonne constitution. Un grand soin était apporté à cette meute au pedigree impeccable. La quatrième génération était en train de grandir dans le chenil écossais. La race et le nombre n’avaient pas énormément changé depuis le début des années 80. La propriété était suffisamment grande pour accueillir deux fois le nombre actuel de chiens. Néanmoins, Nikolas préférait la qualité au nombre. D’autant que l’âge allant elle déléguait de plus en plus leurs traitements quotidiens à son personnel.

Allez au jardin. Trouvez-moi de la sauge. … Un thé serait appréciable. De même qu’un bol fromage blanc pour accompagner ces fraises que vous avez amenées.

Le congé ne fut donné. Un silence passa et s’appesantit entre la dame et sa domestique. La tension qui émanait de la noble rendait l’atmosphère tendue. Un sifflement strident s’éleva de la bouilloire d’appoint posée à l’une des extrémités de l’établi. Strega se porta lentement jusqu’à la table pour ôter le récipient, d’où s’élevait de la vapeur d’eau parfumée. Le poids de l’objet pesa sur le poignet de la dame qui du le reposer rapidement pour ne pas se faire mal.

Madame porta ensuite son attention sur les longues étagères qui étaient alignées dans son dos. Elle scruta une rangée de livres avec attention. Ses yeux parcouraient une suite de titres obscurs dont les langues, pour la plupart, n’étaient plus pratiquées depuis des siècles. Le contenu de ces ouvrages était accessible par une poignée d’initiés sur tout l’archipel mondial. Certains d’entre eux étaient encore inscrits sur les listes noires des bibliothèques.

Fermez la porte Fawn.

La main de Nikolas s’arrêta sur un codex au dos large d’une quinzaine de centimètres. Elle attrapa délicatement le document duquel s’éleva un petit nuage de poussière. Une odeur de papier fermenté couvrit le parfum de la décoction en cours de refroidissement. Le livre pesait au bas mot huit kilos, peut-être dix. Les intempéries en avaient abîmé la couverture. Les lettres cursives s’étaient estompées avec le temps. Le titre de l’ouvrage était illisible.

Quelel est la nature exacte de vos rapports avec Lotte Hoffmeister ? Exigea-t-elle de savoir, avant de la laisser exécuter ses directives.
Strega
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Lun 14 Nov 2016 - 21:04


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      C'est quelque chose de tout à fait fascinant. Voir la Duchesse -qui ne semble accorder à l'humain pas plus qu'une place de pions- accorder à ce point d'importance à des canidés. Au contraire des premiers, ils ne sont de simples rouages qui font fonctionner sa machine bien huilée. Non, ils sont des éléments à part. Des êtres dont elle aurait allègrement pu se passer et qui pourtant semblent lui importent. Bien plus qu'à certains. Et bien plus qu'ils ne devraient, si vous voulez mon avis.

      Ainsi, quand Fawn lui annonce l'état inquiétant de l'une de ses plus vieilles bêtes, elle décide que si la situation n'évolue pas, ils feront appel à des soins vétérinaires. A quoi bon? Enfin. Cela semble tout à fait affectueux, et d'une logique implacable sous cet éclairage. Pour autant, on ne peut décemment s'empêcher, non plus, de se demander su cette décision ne proviendrait pas aussi d'une empathie au mêmes souffrances partagées, aux vues de leurs grands âges ? Pas au moins juste un peu ? Cela pourrait sembler légitime, en tous les cas. Mais passons donc.

      Pour l'heure, la domestique a à faire. Aller au jardin, y cueillir de la sauge. Le temps d'un clignement de cils, la plus jeune tente de se remémorer l'aspect de la plante et un micro sourire nait discrètement sur son visage lorsqu'elle réussit enfin à l'identifier mentalement. Elle pourrait peut être se recycler en herboristerie, dans quelques années. Néanmoins, il n'est pas encore l'heure de tourner les talons pour aller profiter de l'air frais. Madame a d'autre demande et elle entend bien les satisfaire en une seule fois. Elle ajoute donc le thé ainsi que le fromage blanc à sa liste invisible.

      Puis elle patiente, encore. Apres tout, aucun congé ne lui a été donné. Alors elle observe, droite dans ses petites chaussures. La pièce ressemble à celle d'un conte. L'antre d'une Sorcière où les livres antique degueulent des étagères. Où les plantes séchées, les poudres et autres liquides inidentifiables s'étalent du plant de travail à leurs emplacements; entre poussières et toiles. Certaines salles ne sont pas accessibles au rangement et l'on comprendrait rapidement pourquoi si on l'autorisait. Il y aurait à coup sur une descente dans le terrier du lapin, ou à défaut, quelque transformation en carpeaux. Ou en lama. Tout dépendait des mélanges.

      Elle reste immobile. Le silence s'allonge encore. Sans que personne ne vienne le briser, et ce malgré l'impatience qui nait en elle. La bouilloire la devance, en effet, de son sifflement désagréable. Madame vient la retirer du feu, la portant vers sa table. Son bras est tremblant mais Fawn ne fait pas un pas pour aider. Elle comprend que sa patronne n'apprécierait pas le geste, aussi altruiste soit-il. Apres tout, qui d'aussi fière accepterait de reconnaître sa faiblesse face à une jeunette arrivée il y a peu ?

      Finalement, l'ancienne se retourne pour attraper l'un de ses grimoires et demande à ce que la porte soit fermée. La mécanicienne s'exécute, une fois sortie de ces pensées. D'un pas discret mais rapide. Lorsqu'elle revient, la question tombe. Tellement sortie de nulle part qu'il lui faut un instant pour la comprendre. Quelle est la nature de ses relations avec Lotte Hoffmeister? Hum... Elle hésite d'abord à répondre que cela ne la regarde pas mais elle ressent l'instinct d'être un peu plus... sage et raisonnable. Vraiment, elle détestait cette laisse à son cou.

      ▬ On peut pas vraiment dire qu'on soit amie. Elle réfléchissait. Donc... connaissances, je dirais? Elle m'a demandée d'être une des demoiselles d'honneur de son mariage. Plus par défis qu'autre chose. Ou peut être pour mon charme naturel?

      Derrière ses traits d'humour, on peut se demander: où commence donc, la vérité ? Où commence le mensonge?

Cheshire
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Dim 20 Nov 2016 - 14:46
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La Duchesse darda ses yeux de Cobras sur la jeune fille le temps de considérer sa réponse. Celle-ci du la satisfaire en partie puisqu'elle ne revint pas sur le sujet. Peut-être était-ce bien tout ce qu'elle désirait savoir. Le plus sûr était cependant que Strega récoltait des informations pour les utiliser le moment opportun venu. Depuis plusieurs semaines déjà la vieille dame semblait très occupée à préparer quelque-chose.

Bien. Allez chercher ce qui vous a été demandé. Nous aborderons ensuite un dernier point.

Tandis que la domestique quittait la pièce la patronne se concentra de nouveau sur le grimoire qu'elle avait devant les yeux. L'objet était impressionnant. Il recelait de nombreuses formules dont les effets pouvaient influencer l'équilibre de l'univers. Il fallait le traiter avec précaution. La Sorcière écarta la couverture tout en délicatesse. Le cuire émit un craquement de protestation. Sur le papier jauni étaient incrustés des lettres tracées à la plume par les apprentis sorciers saxons.

L'encre qui avait servit à rédiger ces pages avait été ensorcelée pour naître visible qu'aux yeux capables d'en maîtriser le contenu. Strega avait participé à sa rédaction. Elle connaissait chaque incantation de mémoire. A l'instant où sa main effleura le papier une vibration fit trembler l'établi. Le grimoire était conscient que cette vieille âme était trop affaibli pour réussir le sort qui l’intéressait aussi lui masquait-il les éléments les plus importants du rituel.

Nikolas écarta vivement sa main en retenant un grondement de contrariété. Elle se détourna du bouquin qui sous son injonction oral se referma sur lui-même.

Fawn, j'ai pris la décision d'étendre vos attributions dans cette équipe. Aussi à daté de ce jour vous serez l'unique domestique en charge du service auprès de Monsieur le Duc. Cela aussi longtemps que je le jugerais nécessaire.

Les remaniements dans l'équipe de la Sofia étaient rares. L'embauche de Miss Ridley avait déjà alimenté des ragots. Cette brusque ascension dont elle était l'objet allait probablement les entretenir. Néanmoins la maîtresse de maison avait un plan en tête et elle ne pouvait se permettre de ménager l'équité au sein de son service.

La vieille dame s'approcha de la mécanicienne. Elle lui présenta un médaillon au bout d'une chaîne en or. Un bijou ancien et précieux dont la valeur était probablement inestimable. Il contenait un petit sac en cuire noué par un cordon, dont le contenu devrait lui rester inconnu.

Vous devez garder ceci sur vous en permanence. En particulier en dehors de ma présence. Il contiendra votre don le temps nécessaire. Faites en sorte qu'il ne soit personne ne le voit.

Les traits de la Duchesse se tendirent encore plus. L 'objet de ses pensées n'étaient pas pour la rendre heureuse. Pourtant elle ne quitta pas son ton autoritaire et poursuivie selon son idée.

De gros changements vont survenir. Vous devrez alors faire preuve de la plus grande des vigilance concernant Monsieur. Je compte sur votre savoir-faire pour qu'il demeure en bonne santé. Est-ce bien compris ?

Ces paroles pouvaient manquer de sens à ce jour. Mais Nikolas savait cette jeune fille vive d'esprit. Fawn comprendrait bien assez vite de quoi il était question. A la vitesse à laquelle la santé de la prodige se détériorait il n'était plus question que de quelques mois avant qu'elle soit forcée d'intervenir.

Avant de quitter votre service vous informerez Julia des détails de votre fonction auprès de moi afin qu'elle puisse vous remplacer.

Contrairement aux apparences le cœur de cette vieille noble battait encore pour quelqu'un. Vito Lampeduza était le seul sur cette terre à pouvoir influencer sur les inclinaisons de sa dame. La sécurité de cet homme n'avait donc aucun prix. Le regard de Strega se fit pénétrant. La mission qu'elle confiait à Ridley était donc la plus importante de toutes. Elle lui accordait une confiance dont peu d'individus pouvait se prévaloir sur cet Arche.

Des questions ?
Strega
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Mer 8 Fév 2017 - 21:28


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      Tournant les talons, elle s’en va querir tout ce que madame a pu demander. La courte liste repasse dans sa tête alors qu’elle parcoure le jardin à la recherche de la Sauge. Une plante miracle, si elle en croit le manuel qu'elle a emprunté à la vieille sorcière. Sa curiosité en vient à se demander pour laquelle de ses utilisations celle-ci à été commandée. Nul temps cependant de s'arrêter là dessus. Une cordelette se noue simplement autour des tiges pour les rassembler. Prenant le bouquet à pleine mains, Fawn ne tarde pas à se les essuyer sur un torchon; évacuant ainsi la rosée du matin venue les saluer. Une fois passer la porte de la cuisine, elle met une nouvelle bouilloire en route et s'enquiert auprès de Carène, la cuisinière, pour un peu de fromage blanc. Puis elle attends. Une musique entraînante en tête.

      ▬ Foux de fafa.. Foux de fafa fafa ahya.. marmonne-t-elle, en battant la mesure.

      Cependant, le récipient métallique ne tarde pas à protester au dessus du feu. C'est qu'elle risque de la garder en bec toute la journée, elle aussi. Bien, elle s'arrête de chantonner. Du moins elle essaye, en s'occupant les mains des préparatifs. Une fois le tour poser sur un plateau, elle s'engage à nouveau dans le couloir pour retrouver sa mandataire.

      Et à peine revenue sur la pointes des pieds que voilà que Strega la hèle. Il est vrai qu'elles ont un point à discuter, mais tout de même, une ouïe fine pour une vieille carne. Pour autant, malgré l'air tout à fait blasé qu'elle pris en entendant son nom prononcé par la momie-en-devenir, son expression change avec la suite. Les mots s'engouffrent dans son oreille comme dans le terrier du lapin. Elle sera la seule à charge du vieux Duc? ...Pourquoi, est la question qui reste prisonnière de ses dents. Son sourcil lui cependant, n'ayant aucune cage d'email pour le retenir, se rehausse quelque peu, révélant sa pensée. Pas qu'elle l'aime pas le petit ridé mais pourquoi elle? Pourquoi maintenant? Elle pourrait décemment pas lui avoir tapé dans son petit œil cataracté. Ni figurativement, ni littéralement d'ailleurs. Alors pourquoi? Son instinct félin s'est éveillé. Et tout cela ne présage rien de bon. Jamais la Duchesse n'aurait mis une jeune femme seule à la disposition de son infidèle de mari. Pas sans d'extrêmement bonnes raisons. Rien de bon, vous dis-je. Et non mauvais comme de simples ragots, dont Fawn se fiche royalement, déjà plus qu'habituée à en être le centre depuis l'événement. Quelque chose de plus grand, qui la met instantanément sur ses gardes.

      ▬ Bien Madame. fait-elle simplement.

      Néanmoins, son intonation laisse sensiblement paraître ses interrogations. Si madame souhaite en dire plus, elle serait plus que ravie d'entendre ses explications. Et si cela est un test pour connaître sa loyauté et/ou celle de son mari, elle risque d'être déçue. Car elle n'est pas vraiment gérontophile. Ni même encline à se donner à quiconque, d'ailleurs. Mais il lui semble que la Reine de cœur a tout à fait autre chose en tête. Et cela l'intrigue. Non vraiment, si elle souhaite lui donner plus d'informations, qu'elle ne s'en formalisera pas.

      Sa surprise ne fait qu'augmenter à la vue du médaillon qu'elle lui présente à présent. Tendant sa main pour le récupérer, elle écoute les indications de la vieille sorcière. Ainsi, elle doit le garder en tout temps, surtout loin d'elle, et personne ne doit le voir. Ses oreilles de dressent toujours plus. Jusqu'au point de rupture.

      ▬ Vous partez, Madame? finit-elle par lâcher.

      Et elle ne parle pas d'un simple voyage. C'est une gamine perspicace, mais un peu trop
      grande gueule pour son propre bien. Ceci dit c'est très certainement ce qui lui plait chez elle. Alors elle reste là, les yeux dans les yeux, bien campée sur ses pieds, à attendre une réponse. Et ce malgré le ton autoritaire de sa patronne.

      Celle-ci se tend. Puis reprend là où elle s'est arrêté. Ce qui ne fait que confirmer son pressentiment. De gros changements vont survenir, aussi doit-elle prendre soin de Monsieur. Et si en d'autres circonstances moins pesantes elle aurait certainement demandé si cela sous-entend l'hygiene également, elle s'abstient. Au lieu d'un trait d'humour grivois et rebelle, elle se contente de hocher la tête.

      ▬ Oui, Madame.

      Son ton laisse paraître toute la solennité. Un peu plus et le salut militaire l'aurait accompagné. Elle acquiesce également lorsqu'elle lui intime d'informer Julia des directives qui lui ont été fait. Cela sera fait. Et lorsqu'elle lui demande si elle a des questions, ses lèvres ne peuvent s'empêcher de s'agiter. Quand bien même se doute-t-elle de la réponse.

      ▬ Pourquoi moi?
Cheshire
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Jeu 16 Fév 2017 - 16:00
Dans son ombre ils grandissent

Feat. Cheshire


Un feulement s'éleva de loin. On eu peine à en savoir la provenance exacte. Était-ce dans le grand jardin ? Ou bien venait-il de plus loin encore ? Une strate de l'univers visible uniquement par quelques espèces animales. Il était acquit que l'oeil humain était limité. Il en allait de même pour chaque sens chez l'être humain. Mais parfois, les autres mondes, se laissaient voir, tantôt pour attirer leurs proies, tantôt pour menacer leurs ennemis. Ces créatures peuplaient les légendes de toutes les civilisations antiques. Depuis que la Terre était terre, il y avait des guerres aussi anciennes que l'univers. Les âmes capables de voyager à travers le temps et l'espace comme Cnossos se retrouvaient invariablement prises dans ce combat de titans.

En effet, je vais partir.

Strega était laconique, autant par goût, que par besoin. Elle connaissait ses adversaires présents, leurs moyens, leurs influences. De Tohum, à Percy, en passant par les élèves revanchardes, tous pouvaient la mettre en mauvaise posture, à l'approche de sa réincarnation. Quand elle était la plus fragile. Fort heureusement, une bonne sorcière avait toujours un tour dans son sac. Si les forces obscures se refusaient à leur Maîtresse Nikolas userait de ses autres talents.

Vous avez les qualités requises.

Les signes s'étaient tous révélés en ce sens. Jusqu'aux cartes tirées le matin même. Fawn était, à son corps défendant, une élue. A chacune des époques, la Sorcière voyait apparaître quelques êtres d'exception. Elle les observait, les approchait, et le plus souvent les manipulait. Ils devenaient ses armes, au service de la seule loi, celle du chaos. Nikolas fixa la jeune fille le temps d'une pensée. Elle parue se rétracter et se concentra sur l'un des autres ouvrages.

A présent, disposez. Ordonna la dame sans âge.

De nouveau un feulement se fit entendre dans l'air. La vielle noble darda son regard sur la baie vitrée pour épier l'extérieur. Elle quitta lentement sa position pour ouvrir la porte-fenêtre. L'air du matin s'engouffra dans la pièce. Il éteignit les bougies d'un coup. De gros nuages s'amoncelèrent dans le ciel au-dessus de la villa. L'atmosphère s'assombrit en une poignée de secondes. Le soleil, lui-même disparu de l'horizon de même que la douceur estivale.

Les mains faméliques, de la grande dame, s’élevèrent dans l'air pour dessiner des formes étranges. La succession de mouvement était faites avec une souplesse inattendue pour un corps si fatigués. A mesure, qu'ils se succédaient, les frontières de la propriété des Lampeduza se mirent à luir timidement. Une lueur dorée s'épanouissait le long d'un mur invisible. Le scintillement s'intensifia alors que Strega se mit à entonner une mélopée guttural.

Puis, le tout s'évapora et tout redevint paisible. L'ombre de la chienne âgée, celle qui se nommait Hecate apparue en contre-jour de l'aurore mourante. L'animal et la Sorcière échangèrent un regard. Nikolas se détourna lentement des jardins. Elle observa la pièce devant elle avec une nouvelle résolution.

Nous avons encore beaucoup à faire. Tel fut l'annonce alors que la Sorcière attrapa sa tasse chaude.
Strega
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Jeu 29 Juin 2017 - 0:00
Une promotion. Désormais, plutôt que de longues heures de ménages, elle s’occuperait plutôt de veiller aux besoins du Duc. Et ce, même après le retour de la Dame, dans quelques temps. Fawn accepta donc la chose, prenant rapidement ses marques. Car, même si elle tentait toujours de faire croire le contraire, elle était plus douée pour s’occuper des gens que des poussières. Enfin du moins quand on ne lui prenait pas trop la tête.

Au retour des nobles, qu’elle continuait à affectueusement appeler ses petits vieux, même s’il n’en avait plus vraiment l’apparence, elle conserva son poste. Étendu à la Duchesse comme auparavant. Elle signa simplement un contrat de confidentialité ; mais puisqu’ils savaient qu’elle faisait partie de l’Organisation XIII, il n’aurait de toute façon pas été dans son intérêt de venir les vendre, même au plus offrants.

Tout du long, Nikolas a demandé à ce que Maurice garde un œil sur elle. Celui-ci se montre cependant plus coulant concernant l’interdiction de croiser Nikiya. Désormais habituée des lieux et du personnel, elle s’occupe également de donner des conseils à Luke concernant la mécanique et apprend l’herboristerie avec la maîtresse de maison. Qui a cherché à la recruter pour l’Ordre, sans succès.

END
Cheshire
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