[CLOS] Qu'il parle maintenant ou se taise à jamais ! [Scénario]

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Dim 2 Oct 2016 - 15:18



« La Quand il y a mariage sans amour, il y a amour sans mariage.»
Benjamin Franklin


    Claire marchait près de Lewis. Elle l’avait vu sortir son tabac bien sûr. Même si elle n’aimait pas le voir fumer, elle garda sa remarque pour elle en ce jour de fête. Grimm connaissait son opinion à propos de cette mauvaise habitude. Charadh décida ne pas en rajouter elle préférait profiter du moment avec lui. Elle replaçait tranquillement son châle sur ses épaules, pour contrer la baisse de température qui venait avec le soir, alors qu’ils discutaient.

    Ils parlaient de ce projet de bénévolat qui venait d’être proposé à la couturière. Le projet avait l’air intéressant. Le tout était de savoir s’il était réalisable. Or la famille Richards avait déjà beaucoup de choses en cours. Que ce soit pour le conteur à la Potentiel Home, ou pour la fileuse au Édimbourg secret’s, ils étaient sur beaucoup de ponts. Claire décida de se laisser un délai de réflexion avant de prendre la moindre décision. Après le passage d’Oya, il y avait encore pas mal de choses à faire sur cette arche-ci, avant d’envisager de se rendre à l’autre bout de l’Archipel.

    Après l’histoire abracadabrante des jumeaux, Charlotte reporta, elle aussi, un événement étrange. Claire, comme les autres l’écoutèrent avec concentration. Le front plissé par la circonspection, la couturière acquiesça silencieusement aux remarques d’Alex, puis de Lewis. Il n’y avait aucune raison que quelqu’un porte une arme pendant un mariage. Alors qu’ils se demandaient quoi faire, l’organisateur de la soirée arriva à leur hauteur, comme par magie. La décontraction, avec laquelle il repoussa le sujet aux oubliettes, laissa Claire songeuse. Ce petit incident lui mit la puce à l’oreille. Elle reconsidéra les paroles de son fils et se montra plus attentive.

    Toujours méditative, Claire attira gentiment les enfants dans la salle de réception du château, pour le souper. Elle accompagna les plus jeunes aux toilettes, pour qu’ils se lavent les mains avant de manger. Elle en profita aussi pour refaire sa coiffure en quelques gestes enlevés. Fin prêts, ils purent aller s’asseoir à la place qui leur était désignée.

    Connaissant la réputation du milliardaire, madame Richards s’attendait à un festin dans les règles de l’art. Elle ne s’était pas trompée. La première entrée leur fut servie avec grand chic. Claire expliqua à Élise comment choisir son couvert parmi la multitude. Elle savait que les plus jeunes ne tiendraient pas assis pour tout le temps du dîner… Elle leur confectionna des assiettes froides pour qu’ils puissent venir y picorer entre deux jeux. C’était aussi ça le plaisir des longs repas.

    Nonobstant le cadre luxueux, la tablée de PH, pouvait avoir l’impression d’être à un de leur repas d’équipe. L’ambiance était excellente. Claire passait un très agréable moment. Elle était volubile, ravie de passer un moment avec ces personnes, qui étaient devenues beaucoup plus que les collègues de Lewis. Son rire joyeux partait volontiers en fou rire aux anecdotes des uns et des autres. Elle lançait parfois un coup d’œil en direction de Charlie et Alex avec un petit air complice. La légèreté était de mise. Ce qui faisait du bien après les dernières semaines passées dans le traumatisme de la « catastrophe d’Oya » comme l’appelait certains journalistes. Pour quelques heures, ils n’étaient pas forcés d’y penser.

    Ils achevaient sereinement le dernier plat de résistance, lorsqu’une voix annonça le prochain début du bal. Quelques exclamations de joie se firent entendre. Claire posa ses couverts, s’essuya la commissure des lèvres et tenta d’apercevoir les mariées qui allaient arriver sur la piste de danse. Les jeunes femmes furent toutes les deux éblouissantes à leur manière. Autant de grâce, de beauté, laissa un sourire charmé sur les lèvres de la fileuse.

    Ses yeux verts se posèrent sur Lewis et complice elle lui indiqua la piste du menton.

    - Viennns ?!

    Claire abandonna sa serviette sur le coin de la table et se leva avec enthousiasme. Elle tendit une main à son partenaire de vie, pour en faire son partenaire de danse. Elle adressa un clin d’œil complice à Andrew et vira en direction de la piste. Lewis et Claire avançaient tranquillement, comme d’autres couples, pour se joindre aux reines du jour. Claire délicate glissa sa main dans le dos de Lewis, sans se départir de son sourire.

    - Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…

    Claire aimait beaucoup les histoires qui finissaient bien. Celles que Grimm leur racontait, chez eu le soir. Cela permettait de rêver. Elle aimait aussi danser. Danser avec Lewis encore plus. Sur les encouragements de sa mère, qui la trouvait gracieuse, elle avait prit quelques cours dans sa jeunesse. Cependant, très vite, la couture avait pris le pas sur toutes ses autres activités. Elle s’y était essayée de nouveau, juste après la naissance de Colm, cette fois avec des cours de rock&roll, mais une promotion lui avait arrêté en cours d’année. Cela ne les empêchait pas, de saisir chaque occasion de danser, quelques fois même au beau milieu du salon.

    Du coin de l’œil Claire vit le jeune Kevin accompagner l’une des mariées. Elle eut un sourire affectueux en songeant à la bienveillance du garçon. Toute cette jeunesse était belle. Elle lui rappelait la sienne quand ils passaient des nuits à danser dans les bras de Londres. Une époque dont Claire avait savouré chaque bonheur. La chanson se termina sans que la fileuse n’ait vu le temps passé. Elle allait proposer, d’aller chercher les enfants pour les faire danser, quand des hommes et femmes armées apparurent dans la salle de réception. Perplexe, Claire lâcha doucement la main de son compagnon pour observer la scène.

    - Mais… c’est la duchesse… qu’est-ce qui se passe…

    Madame Richards détestait les armes à feu. Elle n’aimait pas l’idée que ses enfants assistent à ce genre d’événement. Bien sûr, ils n’étaient pas seuls. Alex et James étaient présents. Mais, tout de même, la mère n’était pas tranquille. Elle préférait être auprès d’eux.

    - Allons retrouver les enfants. Ils vont s’inquiéter.

    Oubliant la danse, Claire, s’excusa à plusieurs reprises pour pouvoir passer au travers des invités amassés devant la piste.
Charadh
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Mar 4 Oct 2016 - 15:41


Qu'il parle maintenant
.....................ou se taise à jamais.
..........................Scénario

      Le monde est petit. Minuscule. A moins que ce ne soient les liens tissés entre ses habitants qui ne les retiennent ensemble, comme une grande toile d’araignée. Personne ne le saura jamais mais dans ce jardin animé, il semble que cela ne puisse être démenti. D’un premier regard, elle repère d’abord deux visages bien familiers. Un couple, droit et fier. Eloignant les autres de leurs chemins sans même un mot. Ses patrons. Les Lampeduza. Il lui vient un instant à l’idée d’aller les saluer avant de se rétracter. La journée de repos vaut également pour eux. Et elle n’est certainement pas la seule à apprécier ses vacances. Qu’importe qu’elle les apprécie. Son petit couple de petits vieux. Il a du charme à ses yeux. Madame, pour son coté implacable. Car, dans ses yeux, elle ne peut lire de pitié. Elle qui n’en veut pas, elle apprécie plutôt. De plus, un jeu s’est installé entre elles. Et si certains peuvent appeler ça de l’impertinence, cela n’en a que l’apparence. Ou vraiment ? Seules elles deux le savent. Quant à Monsieur, il a un charisme certain, elle ne peut lui enlever. Cependant celui-ci semble davantage la tolérer par confiance en sa très chère épouse qu'en sa nouvelle recrue. N'était-elle pourtant pas un ange tombé du terrier ? Vraiment, elle ne comprenait pas pourquoi tant de réticences. Le temps viendra sûrement où il cèdera à sa folie. Puisqu'en ce bas monde, nous le sommes tous. Fous. Seul le degré varie.

      Et Amelia ne déroge à cette règle. Car si son amie l'a provoquée à grand coups de bouquets, voilà bien quelques fleurs qu'elle ne désire que peu attraper. Mariée dans l'année, et puis quoi encore ? Ce serait mal connaître le félin que de la croire prête à sacrifier sa liberté. Elle qui s'est juré de ne plus s'accrocher à personne. Du moins personne de plus. Car elle aurait déjà perdu, à voir comme son amitié avec la petite militaire lui importe malgré ses dires. Néanmoins, les règles ne sont-elles pas faites pour être contournés, parfois ? Quoiqu'il en soit, elle ne pouvait décemment pas laisser gagner sa rivale de toujours en joute verbale. Quand elle ouvrit la bouche se fut donc pour lui répondre, le sourire au coin des lèvres.

      ▬ On sait tous ce qui arriverait, si c'est moi qui l’attrapais.

      Et par tous, elle laisse sous-entendre que chacun aura bien la version qu'il lui plaira quant à l'issue d'une telle mésaventure. L'imagination a parfois du bon, et se révèle souvent très bonne arme. C'est du moins celle que choisi Fawn, et je dois avouer que cela lui colle plutôt bien.

      En tous les cas, Amy fout la que Lotte est l'une de ses amies. Un « Ah tiens! » manque d'échapper à la plus jeune avant de s'étouffer dans sa gorge. Elle allait dire qu'elle aussi, et elle n'aurait pas eu tort mais il lui semble un instant que sa robe serait sans aucun doute plus à sa place sur le dos d'Amelia. Elle n'y prête cependant guère plus attention quand on vient agiter sous son nez de nouveaux joujoux sur lesquels elle voudrait bien poser ses griffes. Lexi sait définitivement lui parler. Et en mécanique, Fawn sait être la plus assidue des auditrices. Moteur MX-0, Stabilisateur à gravitation augmentée, ... autant de petits éléments qui la font vibrer d'un intérêt certain. Décidément, il va falloir qu'elle mette son plan à exécution rapidement se dit-elle rapidement, sans que sa bouche, en attendant, ne manque d'échanger avec sa camarade de ferrailles.

      Et son esprit est si absorbé qu'elle en oublie de surveiller ses arrières. Alors forcément, on en profite. Suffisamment pour lui envoyer une coupelle improvisée d'eau au visage, et décocher un rire à son amie d'enfance. Plusieurs solutions s'offrent alors à elle, et évidemment, Roberta penche pour la plus... inventive. Je lui ai bien appris.

      Faisant donc mine d'être courroucée par un comportement aussi puéril, elle profite de cet effet pour sauter sur son amie et l'entraîner avec elle dans le bassin. Qu'importe leur robe et qu’importe-le guindée de la célébration, Fawn ne fait jamais les choses à moitié. Il y aurait bien, dans le lot des invités, un prodige capable de la sécher en un instant. Sinon, les sèche-cheveux existaient et se révélaient parfois pratiques, bien que légèrement plus lents. Se relevant, elle continue donc d'éclabousser la militaire sans lui laisser une seconde de répit. En riant. D'un rire authentique et sincère. Fait assez rare pour être souligné, ces dernières années, et dont seule Amy et quelques élus ont encore le secret de faire naître. Cette guerre aquatique a de quoi la ramener en enfance et l'enfance lui va si bien. Elle qui se montre d'habitude si dure, utilisant cette armure d'apparences pour se défendre contre ce monde jouant les Jabberwocky avec elle, la voilà affublée d'un énorme sourire.

      On leur demande bientôt de sortir de la fontaine et elle finit par accepter sans culpabilité aucune. Après tout, elle a promis d’être demoiselle d’honneur, pas de faire honneur à ce rôle. En attendant, il s'agit de profiter de ces moments de bonheur éphémère que la vie sait parfois offrir. Et ceux-là semblent également avoir manqué à son adversaire. Qui remettra le couvert à la prochaine opportunité sous l'excuse d'une supériorité tactique.

      ▬ C'est ça, ouais! C'était juste que ma technique demandait plus de temps qu'on en a eu, c'est tout.

      Alors qu'elles débattent sur celle qui a la plus performante, de technique, on leur apporte des vêtements secs. Une petite robe, blanche et vaporeuse, pour ce qui est du chat. Qu'elle s'en va enfiler dans l'une des salles de bain, son amie sous le coude pour lui démontrer par A + B qu'elle aurait fini par gagner si l'on avait pas mis un terme à celui-ci. Comme elle l'aurait fait avec un truculente partie de criquet-flamand rose.

      Quoiqu'il en soit, l'annonce du repas par Lexi coupe court à tout débat. Car il n'existe rien de mieux qu'un bon souper pour instaurer une paix durable, d’autant plus lorsqu’on le partage en si bonne compagnie. Bien entendu, pour en arriver là, il lui a surement fallu échanger discrètement son étiquette, mais cela, elle seule le sait. Installée devant le premier met, elle est radieuse. Comme elle a pu l’être à la Potential Home avant que… tout ne dérape. Elle remercie d’un simple regard la ténacité dont a su faire preuve Caine à son égard, oubliant pour un moment

      Un moment seulement, car la vie est une chienne parfois. Elle lui rappelle bien assez tôt, que cette stabilité, ce bonheur, n’est qu’illusion fragile. Elle va par cycles, où une minute de bonheur pure entrainerait forcément son prix. Le karma, dit-on. Elle se demanderait bien, ce qu’elle a bien pu faire dans une autre vu pour payer dans celle-ci, mais son esprit est rapidement aspirer dans d’autres terriers. Alors qu’elle profitait de l’éphémère, un homme –légèrement saoul– s’approche d’elles pour prendre à partie son amie. La brutalisant des atrocités débitées par sceaux. Elle ne mériterait pas son grade, elle qui n’aurait obtenu sa promotion qu’aux prix du sang et des morts dans son sillons. En vérité, s’il y avait une suite à ses propos, elle ne l’entend pas. Ses oreilles sifflent d’une rage sourde qu’elle tente de contenir pour ne pas porter préjudice à Amy.

      Aussi, profitant de la défense d’Alexis, elle s’approche d’elle, les poings serrés. Focalisant toute son attention sur celle-ci, elle tente de la calmer. D’une main bienveillante dans son dos. De quelques paroles rassurantes. Et si cela ne réduit pas sa rage propre, elle espère être d’un secours. Bien qu’elle sache pertinemment, au fond d’elle, qu’elle ne peut rien faire. Rien d’autre que cela. Rien de véritablement utile. Et cela ne fait qu’incruster plus profondément la rage qui coule dans ses veines.

      Elle bouillonne. Et le changement brusque de comportement de la part de sa fiancée est autant un coup porté qu’une aide. Elle lui indique une marche à suivre qui pourrait concrètement sauver sa Lieutenant d’amie. Un médicament, dans l’une de ses poches. Ne barrant pas plus longtemps le chemin à Lexi, consciente qu’un abandon maintenant ne peut signifier autre chose qu’une urgence extrême, elle la laisse filer sans aucune question. Du moins pour le moment. Se baissant de nouveau, Fawn récupère donc la précieuse pastille et l’administre lutte aucune, ignorant totalement leur entourage malgré l’ouragan qui hurle en elle.

      Jusqu’à ce que le journaliste prononce la phrase de trop.

      ▬ Tu veux qu’j’te dise… ? C’est toi qui devrais être à leur place.

      Il est revenu à la charge, et il va le payer. C’en est trop. Se relevant d’un coup, Fawn lui en décroche un au visage. Une droite si violente qu’il en lâche sa coupe de champagne mais elle n’a cure de la violence dont elle peut faire preuve sur l’instant. Elle se fiche de l’endroit, elle se fiche des conséquences. Elle a besoin de frapper. Elle a besoin de faire quelque chose pour son amie. N’importe quoi. Elle ne veut plus regarder Amelia ainsi à terre sans rien faire. Elle veut terrasser l’origine de sa peine. Elle donnerait n’importe quoi pour pouvoir faire plus, pour pouvoir voir sur son visage le sourire qui s’y trouvait quelques minutes plus tôt. Et qu’elle mérite. N’importe quoi pour cette amie qui ne l’a jamais abandonnée. Elle ne veut plus se sentir inutile ou impuissante. Elle veut agir. Qu’importe la suite, elle ne supporte pas de la voir ainsi.

      Devenue furie, elle vient se placer au-dessus de lui pour l’attraper par le col. Un second coup lui échappe. Puis un troisième. Elle se défoule, enfant redevenu sauvage, contre l’homme qui a osé porter l’attaque de trop.

      -▬ Tu crois vraiment pouvoir dire ce que tu veux en toute impunité, hein, connard ?!! Un nouveau coup. Qu’est-ce que tu connais exactement de la vie des autres ? rugit-elle, le secouant comme un prunier. Tu viens avec tes grands airs mépriser la vie des autres sans même savoir ce qu’ils ont vécus. Vous les journalistes, vous êtes tous pareils!

      Malheureusement la leçon est bien vite interrompue. Deux hommes l’attrapent pour lui faire lâcher sa proie pendant qu’on aide celle-ci à se relever. Le visage ensanglanté, il joue les victimes outragées, lui assurant que des poursuites seront menées contre elle ; mais la moitié du sang qui le masque provient des mains Fawn, qui toujours serrés montre qu’elle fulmine toujours. Entravée, le regard noir, elle reste prête à lui sauter à la gorge. Aussi, quand il se permet un dernière pique, elle n’hésite pas à lui cracher au visage. Et ce, malgré les regards rivés sur elle désormais. Elle se fiche royalement du quand dira-t-on, ou même de faire quelques jours derrière les barreaux, si c’est pour protéger une amie aussi importante. Les journalistes ont suffisamment détruit sa vie, elle ne les laissera pas faire de même avec Solaris. Et avec une telle correction, on éviterait sans doute d’attaquer trop frontalement la militaire, maintenant.
Cheshire
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Mer 5 Oct 2016 - 22:42


Qu'il parle maintenant ou se taise à jamais !
L’image de la lame traine encore dans ma tête quand je rejoins notre table. J’ai beau essayer de me dire que c’est normal, que c’est peut-être une coutume prévu pour le gâteau, plus tard, mais j’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui cloche. Quand même un peu. Alors arrivée à la hauteur des Richards, je laisse sortir ma question, parce que si ça se trouve c'est simplement une tradition de plus des mariages occidentaux. Mais apparemment non, c’est pas commun. Bizarre.

Je tente de réfléchir encore un peu à cette énigme, quand je m'aperçois qu'Alex nous a toujours pas rejoins. Et plus j'y pense, plus je me dis qu'il doit encore être sous l'arbre à attendre mon retour. Oups. L'appel de l'estomac, parfois... C'est des choses qui arrivent, non? En tous les cas, je me lève pour aller le chercher, laissant Saoirse avec ses petits coupains. Après tout à quoi bon l'embarquer quand je file juste récupérer le Darkstan? Qu’a une nouvelle à m’annoncer, d’ailleurs, j’y pense.

Partie en direction du jardin, je finis par lui tomber dessus en pleine discussion avec deux hommes très élégants. Dont un qui semble être l’organisateur du mariage. Je repose donc ma question, concernant le couteau, persuadée qu’ils auront peut-être plus d’informations. Ce qui semble être le cas, à voir. Et vu que personne s’affole vraiment, je me dis que c’était tout prévu et range ça dans le rayon « coutumes inhabituelles mais potentielle d’un mariage occidental » de mon esprit.

Et heureusement que le rangement c’est fait rapidement, parce qu’Alex me traine déjà loin. Sa main tenant la mienne. Je fixe un instant son dos, nos mains, pis son don à nouveau. J’ai comme une question qu’essaye de faire son chemin jusqu’à mon cerveau mais elle y parvient pas vraiment. Coupée, de toute façon, par l’arrêt brutal du grand dadet. Il veut revenir sur le sujet qu’il a pas encore pu aborder et me fixe au moins une bonne minute sans rien dire. Je retiens mon souffle, persuadée que la nouvelle ne peut qu’être grave pour le transformer comme ça en un lama tondu.

Puis la suite me fait littéralement bugger. La nouvelle est si énorme à avaler que ça refuse de transmettre l’information. Bourrage papier, comme il dirait. Les questions surgissent tellement d’un coup que je suis incapable d’avoir la moindre pensée digne de ce nom. La cohérence d’un tubercule.

▬ Je… euh… merc.. ? Hé, là !

Et je sais pas si c’est ma réaction, ou juste ses cents pas, mais la chute est rude. De tout son long sur le sol, coupant court à ma réponse. Pour mon plus grand soulagement. A croire que le Destin avait prévu le coup. Je tente toutefois de le relever, alors que j’aperçois une mèche brune dans mes cheveux. Aussi, puisqu’il lui avait été donné d’expérimenter cela à la Villa Sofia, elle savait qu’elle perdait peu à peu le contrôle. D’une simple mèche, elle passait au cuir chevelu complet. D’un brun familier mais qui, pourtant, ne lui correspondait pas. Arrêter dans son geste de secours, elle fut mue par d’autres pulsions. Elle lâcha donc le Directeur de l’Ecole des Prodiges pour fuir vers d’autres rivages. Si possible, ceux de l’alcool. Car le flot d’émotions qui tourbillonnait en elle était bien trop puissant pour lui suggérer quelque autre réponse de sa part, désormais.

Un verre à la main, elle s’approcha de leur table. Sa démarche était tout à fait différente, cependant si on excluait ses gestes, et sa coloration express, personne n’aurait su noter de différence. Personne d’autre que Saoirse, du moins. D’expérience ou d’instinct, elle savait toujours faire la différence quant à l’hôte de ce corps.

- Papa, tu es venu ! s’exclama celle-ci, se jetant dans ses bras alors que son parent posait son verre, désormais vide.

▬ Je n’aurais raté mon chaton dans une tenue aussi élégante pour rien au monde. Répondit-elle, lui prenant le menton dans un geste affectueux.

Cela avait beau ne pas être sa forme habituelle, avoir sa fille dans les bras le calmait. Car si son agitation n’était pas sienne, il la partageait. Chimère étrange qu’avait là Saoirse devant les yeux et pourtant elle l’acceptait sans une once de recul. C’était ainsi, et peut-être cela lui semblait-il être la norme mais la compréhension de cet enfant était tout de même impressionnante. Surtout pour son age. Bien des gens aurait porté un regard écœuré sur Edge. Pas elle.

Néanmoins, si l’on devait parler de regard, celui de père et fille s’arrêta bien vite sur une image étrange dans le lointain. Alex, accompagné d’une dame. Plutôt âgée, et surtout, bien trop aguichante pour ne pas avoir quelques grammes d’alcool dans le sang.

▬ Yurk, Papa ! La dame qui sent la naphtaline, elle a fait un bisou Alex !

Et sur ses mots, une mèche redevint blonde. Une seule. Cependant cela fut suffisant pour qu’il ne repose son chaton, rejoignant ainsi l’homme en question. Toujours amalgame de deux âmes qui n’en formaient qu’une. Sa démarche assurée et le regard noir qu’elle décocha à la couguar qui s’était entichée de Dastan, en furent les seuls indices. Car à mesure qu’elle avançait, tirant derrière elle un Directeur dont elle avait capturé la main, sa crinière redevenait d’or.


J’ai retrouvé mes esprits et même avec quelques bribes me manquent, je sais que je peux plus faire marche arrière. Si les interventions de la Couguar – qui doit bien compter sur son tableau de chasse au moins autant de trophées qu'y a de rides sur son visage – et celle de l’autre Asperge m’ont aidé à y voir plus clair, je ne suis pas sure de vouloir encore m’arrêter. Je continue donc de marcher, nous entraînant sur la terrasse, pour ne pas avoir à m’arrêter tout de suite. Ce que je m’apprête à lui dire m’effraie un peu, en vérité. Alors je retarde l’instant. Pour autant, le jardin lui aussi aura ses limites. Je me stoppe donc d’un coup. Si brutalement qu’on se rentre dedans. Il est grand temps d’attraper le bélier par les cornes.

Je prends une respiration…Puis une autre et si je me tourne, je n’ose pas encore vraiment relever les yeux. Je me tortille et je joue avec mes doigts. C’est censé aider mais tout ce que je sens c’est la chaleur sur mon visage. Il fait chaud tout d’un coup, ou c’est juste moi ? Encore une respiration et les premiers semblent s’échapper.

▬ Tu sais Alex, je… Pour ce que tu m’as dit plus tôt… Je.. Je crois que c’est pareil pour moi ! Je veux continuer à être près de toi. Parce que… Parce que j’ai envie de te rendre heureux aussi. Parce que ce que tu me fais ressentir, je l’ai jamais ressenti avant. Je comprenais pas surement parce que la première fois... ou peut-être que simplement, je voulais pas regarder la vérité en face. Parce qu’elle me faisait peur. Parce que je sais pas ce que je dois faire exactement, ce que ça implique… mais moi aussi, j’aimerai bien que ça continue. J’aimerais bien que tu restes avec moi. Comme Lewis avec Claire !

Mes dernières explications semblent se précipiter, comme si au plus tôt ils auront quitté ma bouche, au mieux ce serait. Comme entraîné par le même instinct, mon corps suit le mouvement et je me précipite dans ses bras. Autant pour cacher mon visage contre lui que pour appuyer mes mots.

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Ven 7 Oct 2016 - 11:16
Charlie vint interrompre le léger flottement entre Feuerbach et moi, alors que je venais d’acquiescer simplement à ses remerciements pour avoir évité une catastrophe et allais me détourner, n’ayant ni l’envie ni l’imagination de commencer une conversation. Néanmoins, la remarque de ma cavalière du jour sur une personne portant une arme m’inquiéta légèrement. Mais l’allemand insista sur le fait que cela ne devait pas nous inquiéter et je fus bien obligé, quoiqu’un peu hésitant, à le croire et à passer à autre chose. Autre chose qui ne s’annonçait pourtant pas des plus évidentes à faire.

Prenant néanmoins mon courage à deux mains, et avant qu’autre chose ne vienne nous déranger une nouvelle fois. D’un autre côté, ce n’était peut-être pas le meilleur endroit ou moment pour une déclaration, au vu du monde et de l’animation, mais… tant pis. J’avouais donc à Charlie ce que j’avais sur le cœur, et lui demandai si mes sentiments étaient partagés. Malheureusement pour moi, mes jambes finirent par se dérober par un étrange mais pas si incroyable coup du sort, et je me retrouvais à terre sans avoir pu laisser le temps à la jeune femme de répondre. Cela laissait quelques secondes de répit, mais également une nouvelle attente qui me sembla interminable. Embarrassé, je tâchais de reprendre mes esprits, lorsque Charlie me lâcha subitement pour s’éloigner. Surpris, j’eus à peine le temps de relever la tête et de voir une mèche plus foncée dans ses cheveux, avant que toute la chevelure ne prenne une teinte brune. Parvenant enfin à me mettre debout, je fixai la silhouette s’éloigner, à la fois étonné et inquiet.

Qu’est-ce qui s’était passé ? Est-ce que c’était un non ? Cela en avait tout l’air… Et puis, cette allure… Est-ce que l’autre était intervenu ? Si c’était le cas, ça ne pouvait être dû au hasard, pas juste à cet instant. Et si c’était pour me signaler sa désapprobation ? C’était une partie de Charlie, après tout, et il avait sans doute le droit d’intervenir. Ou alors… Non, décidément, je ne savais pas. Confus, je poussais un énorme soupir, essayant de ne pas me laisser envahir par la vague de tristesse et de déception qui se tapissait au fond de moi, ainsi qu’au pincement inhabituel de mon cœur. Au moins, je me consolais d’avoir essayé, même si ça ne s’était pas passé de la manière dont je l’aurais cru.

Je ne me sentais pas d’humeur à rejoindre la fête, et pourtant, je finis par bouger en direction du lieu où se déroulait le repas. Inspirant profondément, je parvins à me ressaisir quelque peu et à me dire que je devais retrouver Charlie –ou l’autre- pour avoir une réponse plus définitive. Et le cas échéant, lui présenter mes excuses pour l’avoir dérangée et lui assurer que ça ne changerais rien à notre… amitié. Seulement, arrivant dans la salle, je sentis une main se poser sur mon bras.

"Mon cher ami, êtes-vous seul ?"

Je me retournais pour tomber nez-à-nez avec une inconnue dont je ne me risquais pas à deviner l’âge, mais qui était certainement plus âgé que moi. Je fronçais les sourcils, un peu surpris d’être ainsi pris à part

"Euh oui, enfin, pour l’instant…" Je tentais de jeter un regard dans la salle pour retrouver Charlie ou Saoirse, mais la foule qui s’amassait pour le repas m’en empêchait. Puis, sentant que la poigne se fit plus ferme, je reportai mon attention sur l’inconnue. "Dites, votre main…"

"Est-ce que j’accepterais que vous m’accompagniez pour le repas ? Mais bien sûr ! Que c’est aimable à vous de proposer." dit-elle en ignorant ma remarque et en me tirant dans la salle. Elle m’adressa ensuite un sourire que ne je pus totalement interpréter, mais qui me laissa des frissons dans le dos. "Vous êtes vraiment élégant, laissez-moi devinez ! Vous êtes de la famille d’une des mariées ? Un riche avocat ? Ou un médecin ? Quelqu’un avec une bonne situation financière, assurément !"

"Je gagne ma vie, on peut dire ça." répondis-je poliment, tout en continuant à essayer de me libérer de sa prise. "Mais je ne suis rien de tout ça, je suis directeur d’école."

Elle s’arrêta pour me fixer, avant d’éclater de rire.

"Beau, riche et vous avez de l’humour ! J’adore ça, venez un peu par ici."

Ou plutôt, elle tira un peu plus fort sur mon bras pour que mon visage s’approche du mien pour déposer un baiser sur ma joue. Une puissante odeur de naphtaline envahit alors mes narines, me rappelant l’antimite utilisé à l’orphelinat de Londres où j’avais grandi et que je m’étais promis de ne jamais faire subir aux armoires et penderies de la PH. Je mis tous mes efforts pour cacher le dégout que cela m’inspira, ce qui ne fit que tordre mon visage dans une étrange grimace que la femme ne vit pas, ou choisit de ne pas voir.

"J’ai hâte de faire davantage votre connaissance, mon jeune ami. Vous avez des enfants ? Non, parfait ! Et combien de propriétés avez-vous exactem…"

Une force me tira alors dans le sens inverse, et je quittai bien vite des yeux l’expression outragée de la femme qui m’avait alpaguée pour me concentrer sur mon sauveur. Une plutôt ma sauveuse, à en croire la chevelure blonde que je distinguais, puis la silhouette de Charlie. Mes joues s’empourprèrent, et, étonné, je la fixais avec interrogation, tandis qu’elle me traînait hors de la salle. Est-ce que j’avais vraiment fait quelque chose de mal pour qu’elle ne veuille pas me regarder ? Je commençais à angoisser de plus en plus, sans toutefois parvenir à ouvrir la bouche. Puis tout-à-coup, elle s’arrêta net, et, pris dans mon élan, je la percutai de plein fouet, m’excusant précipitamment sans toutefois oser la regarder dans les yeux.

Elle finit par se retourner, se triturant les doigts dans une gêne manifeste, et j’allai m’excuser une nouvelle fois, cette fois-ci pour l’avoir embarrassée de mes sentiments, lorsqu’elle prit la parole la première. Il me fallut quelques instants pour comprendre le sens de ses paroles, et je restais hébété jusqu’à ce qu’elle se jette dans mes bras, manquant encore de me faire tomber. Je sentis alors mon cœur exploser, mais sans que cela soit douloureux. Au contraire, la sensation était lumineuse et chaleureux, et elle propagea rapidement dans le reste de mon corps. Les battements finirent par reprendre un rythme plus régulier, et un sourire apparut sur mes lèvres. Je la serrai à mon tour contre moi avec douceur.

"Puisqu’on est deux à ne pas savoir quoi faire, on va découvrir ça ensemble, je suppose. Mais… on va y arriver, et je te promets que je vais faire de mon mieux pour ça. Tu peux compter sur moi." Je m’abaissai légèrement pour sentir l’odeur –sucrée, sans étonnement- de ses cheveux, ce qui m’apaisa plus encore. Après quelques instants, je reculai légèrement pour la fixer avec un regard doux et un sourire amoureux. "Pour l’heure, je crois qu’on nous attend. Ce serait dommage de rater le repas, et surtout le dessert, non ?"

Lui prenant délicatement la main, je nous ramenais dans la salle de réception, non sans lui adresser un sourire conquis de temps à autre. Je ne lâchais sa main que pour prendre Saoirse dans mes bras lorsque nous fûmes arrivés à notre table, avant de prendre place pour le repas. Pour un œil extérieur, tout semblait être comme auparavant, sauf que j’étais beaucoup plus souriant et de bonne humeur. Intérieurement, je ne pensais pas que j’aurais pu être un jour aussi heureux.

Une fois le dîner terminé, le bal fut lancé. J’éprouvais un léger dilemme, avant de finalement proposer à Saoirse une danse. Je la laissais monter sur mes pieds, et le temps d’une musique, m’amusais à la faire tournoyer avec moi. Je la laissais ensuite retrouver les enfants Richards, me tournant vers Charlie pour lui proposer la danse suivante. C’est à ce moment que j’aperçus la scène composée d’Amelia, d’un homme et de Fawn un peu plus loin. Fronçant légèrement les sourcils, je partageais un regard avec ma cavalière, avant de m’excuser sur un ton profondément navré en reportant notre danse de quelques instants.

J’approchais ainsi de l’agitation, inquiet de voir la militaire à terre dans un piteuse état et l’ancienne de la House Mechanics en proie à une rage violente contre l’homme, retenue par deux autres personnes. Je cru reconnaître en la personne cible de ces insultes un journaliste déjà croisé à plusieurs occasions, et à en croire les paroles de la jeune femme ainsi que l’état de panique dans lequel semblait être Solaris, il devait s’en être pris à cette dernière. Retrouvant subitement une mine plus sérieuse et plus sombre, je m’arrêtai aux côtés de l’individu pour le dévisager avec froideur.

"Au vu de votre taux d’alcoolémie, je serais plutôt inquiet qu’on ne vous poursuive pas vous, à votre place. Sans parler de la forte probabilité de perdre votre emploi..." L’homme allait rétorquer lorsqu’il croisa mon regard, et sa voix mourut au fond de sa gorge. "N’aggravez en effet pas votre cas, et si vous avez quelque chose à dire, vous pourrez toujours en discuter avec les avocats de la PH."

Ne lui en déplaise, lorsqu’on s’attaquait à des membres, fussent-elles anciennes ; il fallait s’attendre à une riposte de la part d’une des structure les plus importante d’Edimbourg. Je le quittais finalement du regard pour me pencher vers Solaris, une expression beaucoup plus douce sur le visage. Je posais délicatement une main rassurante sur son épaule.

"Amelia ? C’est Alex. Tout va bien, nous sommes là, tu n’es pas seule. Ça va aller. Tu es capable de te lever ?" Je relevai le regard en direction de Fawn pour attirer son attention, même si la revoir dans ces circonstances était assez étrange. "Il faudrait l’amener dans un endroit calme, sa chambre peut-être ?"

Je remarquais alors l’agitation qui régnait dans la salle, et qui n’était certainement pas due à cet incident. Un test m’indiqua que mon don était de plus inutilisable à cet instant, ce qui ne manqua pas de m’inquiéter. J’essayais de trouver Charlie et Saoirse du regard, pour leur signaler de se rapprocher. Je ne savais pas ce qui était en train de se passer, mais ça ne me plaisait vraiment pas…
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Ven 7 Oct 2016 - 12:21
Lewis trouva quelque peu surprenant que personne ne s'inquiéta finalement plus d'apprendre que des gens portaient des armes sur eux, sans que cela n'ait aucunes conséquences. Est-ce que l'allemand trouvait cela normal? Il se demandait s'il fallait suivre son exemple, ou peut-être rester un poil plus vigilent. Ses enfants étaient présents et il ne souhaitait pas qu'un nouveau malheur n'arrive. Ils avaient suffisamment été traumatisés par l'ouragan.

Enfin bon, les gamins, pour le moment, continuaient de jouer, pas plus arrêtés que cela sur la question. Surtout qu'on invitait tout le monde à rejoindre la salle de bal, pour un repas, qui allait au-delà du faste. Notre homme n'était vraiment pas habitué à ce genre de chose et n'en était guère un appréciateur. Il préférait ce qui était, certes, moins somptueux, mais plus intime, abordable. L'étalage d'une richesse quelconque, n'était vraiment pas à son goût. Mais le repas était bon, sa femme et ses enfants heureux, il resterait donc avec le sourire.

Le bruit ambiant s'était amplifié en entrant dans la salle fermée, mettant à quelque peu à mal l'ouïe défectueuse du conteur. Ce dernier restait donc un poil plus silencieux que d'habitude, observant les autres autour de la table, le regard plus concentré sur leurs lèvres, pour mieux comprendre les discussions. Ce n'était donc pas qu'il ne souhaitait pas participer, mais il ne pouvait pas tout faire à la fois.

Comment dire non à son épouse, quand cette dernière lui demanda avec enthousiasme de rejoindre les mariées sur la piste. Il se leva avec un sourire, pour lui prendre la main, afin de la suivre. Jamais il n'avait refusé une danse. Il y avait quelque chose de sacré à se retrouver ainsi à deux, sur une piste. Ils étaient des habitués, ils avaient toujours aimés danser. Posant une main dans le bas du dos de sa compagne, il lança donc le mouvement, se mouvant avec une facilité entre les autres convives, toujours un petit sourire en coin. Dans ces moments, Grimm avait l'impression que plus rien d'autres autour d'eux n'existait. Ils étaient seuls sur terre et que c'était bon.

Bien entendu, rien ne peut jamais tourner rond, surtout ces derniers temps. Claire remarqua bien vite que quelque chose n'allait pas, il tourna la tête dans la direction qu'elle regardait, pour se rendre, à son tour compte du problème. Des gens en armes... à un mariage? Certes, il y avait un peu de sécurité, mais là... qu'était-il en train de se passer?

Il eut le même réflexe que sa compagne, pour rejoindre leur table, il aimait de moins en moins ce qui était en train de se passer. Ils rejoignirent encore assez rapidement leur table. Son instinct de père le mettait en garde, il était déjà en train de réfléchir à comment faire sortir sa petite famille d'ici.
Grimm
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Ven 7 Oct 2016 - 13:45
Le fait que son épouse lui fasse part de son inquiétude, mis notre peintre sur ses gardes. Elle ne disait pas ce genre de chose à la légère, il fit un signe à Luke, pour qu'il se rapproche et ne les quitte plus d'une semelle. Il avait suffisamment confiance en cet homme de main, pour savoir que ce dernier, ferait tout pour les mettre en lieu sûr, si les choses dégénéraient. Pour le moment, il fallait pourtant continuer à ne faire comme si de rien n'était.

Beleth tenta alors d'entendre avec plus d'assurance les pensées des femmes qui auraient pu lui apprendre quelque chose, mais pour le moment, rien ne lui permettait de comprendre ce qu'il se tramait réellement dans l'ombre. Il fit, comme tous les autres, rejoindre la table à laquelle il était convié, pour partager un repas avec les autres invités, de son rang.

Bien que comme à son habitude, il réussissait à attirer l'attention de la tablée, pour raconter l'une de ses nombreuses anecdotes, il restait attentif à sa compagne à ses côtés. Il avait l'oeil, la connaissant bien entendu par cœur, pour se rendre compte de la dégradation de la couleur du teint de sa peau ou de ce qui pouvait bien la tracasser. Doucement, il avait posé une main sur la sienne, alors qu'il se penchait pour écouter ce qu'elle avait à lui dire, le bruit ambiant étant une bonne couverture pour les messes basses.


- Plus nombreux? Que se passe-t-il Nikolas? Son ton démontrait qu'il n'aimait guère ce qu'il entendait et que l'inquiétude allait réellement finir par le prendre lui aussi. Surtout qu'il n'aimait guère ne pas être maître de la situation.

En plus, si Feuerbach s'y mettait... à quoi jouait-il bon sang!? Le duc fronça les sourcils, en voyant la colère de son épouse, mais cette dernière ne lui laissa guère le temps de dire quoi que ce soit. Un ordre tombait avant qu'elle ne disparaisse. Décidément... mais le peintre savait que ce n'était pas le moment de n'en faire qu'à sa tête et Maurice se voyait donc rapidement mis au courant de sa nouvelle mission. Ces deux hommes de mains, ne quittaient jamais leurs patrons, même dans ce genre de soirée. Le Français filait donc à la recherche du parrain chinois.

Vito aurait bien voulu en faire plus, il avait déjà son téléphone en main et se levait, tout en s'excusant auprès des autres convives, prétextant une affaire urgente à régler. S'il fallait faire venir d'autres personnes dans les parages, pour éviter le pire, il allait le faire. Mais voilà que Strega revenait déjà entourée d'hommes en arme, ce qui ne manqua pas de le faire un peu plus tiquer.


- Tout va bien?

A voir la tête de la dame, la contrariété était de mise, mais pas seulement. Elle décida de s'amuser, aux dépends de ces personnes, pour lui transmettre un message.

- Et de quoi nous protègent-ils? Fit-il en fixant les dits protecteurs du monde.
Beleth
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Dim 9 Oct 2016 - 14:43
La table. Une perte de temps, un lieu parfaitement inutile d'un point de vue biologique. Depuis que son don lui avait enlevé à la fois la nécessité et le plaisir de manger, Sersen ne s'y asseyait que pour des raisons sociales ou professionnelles. Le seul intérêt qu'il trouvait encore dans l'acte de manger était de comparer les textures. Par exemple, manger des chips sans pouvoir en sentir le goût était une expérience fascinante: il n'y avait que là qu'on se rendait réellement compte de la torture qu'on infligeait à ses gencives. À l'inverse, manger un yoghourt était parfaitement répugnant, cela revenait à avaler un tube de crème de nuit. L'expérience de ce soir serait de découvrir quel intérêt textural recelait une tranche de pièce montée. Une fois arrivé au gâteau, Sersen considéra sa tranche d'un œil à la fois curieux et plein de méfiance: la génoise allait-elle se défaire élégamment sous ses dents ou alors résister et s'effriter comme une vieille éponge à vaisselle trop sollicitée? La garniture serait-elle onctueuse, crémeuse, mousseuse?...

Tout en dressant mentalement une critique de la texture de son dessert, il jeta un regard en coin du côté des musiciens. Il lui avait fallu un certain temps pour retrouver ses esprits après les événements survenus en début de soirée. Les retrouvailles avec Aurore l'avaient laissé particulièrement sonné, mais avaient eu l'avantage de le faire dessaouler (car oui, le champagne lui était légèrement monté à la tête) quasiment instantanément. Ils n'avaient échangé que peu de mots, mais il lui avait néanmoins tendu une de ses cartes de visite, imprimées sur papier vélin crème, qui contenaient les informations suivantes (laconiques au possible):

Søren Jensen, M. Sc.
Entrepreneur, Chimiste et Aviateur

Avec au verso un schéma stylisé de molécule d'eau tracé au fusain. Il avait sorti sa plume et y avait inscrit son numéro de téléphone personnel avant de la donner à Aurore en lui demandant de l'appeler pour qu'ils puissent se voir. Il s'était ensuite détourné et était allé faire un tour du côté de son avion, un élément rassurant et familier, en attendant que la soirée ne continue.

Maintenant que le repas était avalé, Sersen ressentait un besoin impérieux de se lever et d'être actif. Il sentait une certaine tension régner autour de lui – sans doute due aux nombreuses personnalités politiques et influentes enfermées dans une même pièce – mais il n'en avait cure. Il voulait danser. Les musiciens avaient recommencé à jouer, et les couples se levaient les uns après les autres pour rejoindre la piste de danse. Lorsque les musiciens entamèrent une valse, Sersen chercha des yeux un ou une cavalière potentielle. Soudain, son regard s'arrêta sur Dastan, qui passait non loin de lui et qui avait étrangement l'air soucieux et léger à la fois. Il s'approcha de lui et lui adressa la parole:

"Cher ami, je ne peux m'empêcher de constater votre air grave qui contraste avec la légèreté de votre démarche. Puis-je vous proposer d'être mon cavalier pour cette valse (en tout bien tout honneur)? J'aime danser, et cela nous fera une occasion de bavarder des sujets qui nous préoccupent."


*****

Danser lui avait fait du bien. Mettre son corps en accord avec la musique permettant à Sersen de ne penser à rien d'autre, et avait sur lui un effet cathartique. Il prenait maintenant l'air sur une des petites terrasses bordées de buissons qui étaient disséminées le long des murs de la demeure. Il regardait le ciel clair – idéal pour un vol de nuit, se dit-il – et appréciait la fraîcheur d'une légère brise nocturne. Des échos de musique lui parvenaient de la salle de bal, mélangés au léger brouhaha d'une agitation lointaine qui ne le concernait pas. Tous ces sons restaient en demi-teinte, comme un tapis sonore d'orchestre sur lequel un soliste viendrait bientôt déposer ses pas.

La lumière des étoiles fut brusquement interrompue, un bruit sourd se fit entendre. Quelque chose était tombé du balcon au-dessous duquel Sersen se trouvait et avait atterri dans les buissons en face de lui. Interloqué, il considéra les faits pendant un moment, puis s'avança prudemment jusqu'à la basse haie qui lui faisait face. Un homme venait visiblement de s'y étaler, probablement tombé du balcon. Sersen s'approcha de lui, et malgré le fait que son visage était en fort piteux état, il lui demanda poliment "Excusez-moi, est-ce que tout va bien?" Ce à quoi l'homme répondit en toussant bruyamment, projetant ainsi un nuage de gouttelettes de sang qui vinrent crépir la tenue de Sersen. La majorité de l'ensemble étant noire, cela ne se verrait pas trop, mais la chemise blanche se retrouvait maintenant mouchetée de taches couleur rubis. Parant au plus urgent, il se rendit dans le château dans l'espoir de pouvoir détacher sa chemise (tâche malheureusement impossible sans le produit adéquat) et retourna ensuite voir s'il pouvait être d'une quelconque utilité à l'infortuné buissonnier.

Juste avant d'arriver à la terrasse, il croisa Perceval Rose qui en sortait, entouré de son habituelle clique d'homme d'action spécialisés dans la neutralisation d'indésirables. Il répondit à son regard effaré (peut-être que ces taches de sang prêtaient à confusion, tout compte fait) par un poli signe de tête et fit un détour par un couloir adjacent afin que l'homme n'ait aucun soupçon quant à sa destination. Une fois retourné à la terrasse, il y vit Dahlia Anderson, l'air un peu secoué. Ils se toisèrent du regard, et au moment où Sersen allait prendre la parole arriva le jeune homme dont il avait subtilement décousu les ouvertures de complet quelques heures plus tôt. Voyant que les deux individus se regardaient d'un regard entendu, Sersen leur demanda:

"Belle soirée, n'est-ce pas? Bien que le fond de l'air soit un peu frais. J'ai l'impression d'arriver comme un cheveu sur la soupe, j'espère que je n'interromps rien?"
Sersen
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Lun 10 Oct 2016 - 18:43
Envahie par des sentiments contradictoires, Lotte avait fermé les paupières et se laissait guider par son cavalier, au rythme lent de la musique. Elle aurait voulu pouvoir se reposer sur lui. Ses bras avaient toujours su apaiser ses angoisses, pourtant, dans son ventre bouillonnaient une rancœur sourde qu'elle ne pourrait lui pardonner. 
Il n'avait pas prononcé un seul mot, mais au regard qui lui avait lancé, elle avait lu sa pensée. Conserver les apparences, voilà sa demande informulée. Lui faire confiance et ne pas chercher à intervenir... Alors, elle avait tenté de décharger son esprit de toutes les préoccupations qui l'agitaient.
Danser lui était salutaire.

C'est à ce moment là qu'un souvenir frappa son esprit. Jamais elle n'avait repensé à cette journée ensoleillée de fin d'été. A vrai dire, elle l'avait complètement oublié jusqu'à cet instant. Une boule grandit dans le creux de sa poitrine à cette constatation. Dire qu'elle en voulait a son génie de frangin de s’imposer ce traitement expérimental à la noix...

Ils avaient huit ans. Lotte, tournoyait dans l'air doux de la fin de journée. Aux anges, les yeux pleins d'étoiles, la tête dans les nuages. Bientôt, il lui faudrait quitter la demeure familiale pour la France. L'école de danse de l'opéra national de Paris. Elle revoyait chaque détail de cette scène comme si elle se jouait à nouveau sous ses yeux. Le jeune Alexander, le nez dans un livre quelconque, avait cédé à la requête de sa cadette et était venu s'assoit sur les marches qui menaient au jardin. Ils profitaient là de leur dernières heures inséparables.
La future ballerine, déjà pleine de grâce et d'énergie, avait tenté de faire lever le jeune garçon renfermé pour une danse. Chose impossible. Mais il en fallait plus à l'intrépide enfant, qui ne prenait jamais un "non" pour une réponse, pour s'avouer vaincue. 

-Mais tu me montreras comment tu danses, un jour, tu me promets, n'est-ce pas ? Promets-moi que tu me feras danser, le jour de mon mariage, promets-moi !

Son rire cristallin avait résonné dans l'immense jardin. À huit ans, comme beaucoup de petites filles, Lotte avait des rêves de princesses et de princes charmants.

Ce mariage n'avait pas tout à fait pris la tournure de son rêve d'enfant...

L'étoile n'avait pas souvenir qu'il lui ait promis quoi que ce soit ce jour là. Mais vingts années s'étaient écoulées et elle avait totalement oublié ce caprice... Contrairement à lui, qui n'oubliait jamais rien. 
Elle aurait tellement souhaité que tout se passe différemment.

Lorsque la musique prit fin, la belle épousée fut comme tiré d'un rêve. Elle ne s'était d'ailleurs pas attendu à une intervention quelconque, elle qui s'était soudainement sentie si seule et impuissante face à la volonté irrévocable de son frère.
Aussi quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'un jeune homme ne donna au milliardaire d'autre choix que de céder sa place.

-Kevin... Avait-elle murmuré sans prendre la peine de masquer sa surprise. Tu es sûr que... Elle n'avait eu le temps de formuler tout à fait sa pensée qu'il avait glissé sa main dans la sienne. La jeune femme était parfaitement consciente de ce qu'il en coûtait à son ami et en était d'autant plus touchée. 

L'athlète avait semblait-il, remarqué sa détresse ainsi que l'intervention du garde du corps. Elle eut un petit sourire triste, étouffant un petit rire entre un sanglot. Elle ne doutait pas de la bravoure du jeune homme, seulement de son potentiel de réussite vis-à-vis de la montagne aux ordres de l'allemand. Elle ne savait comment exprimer sa pensée. Fixant son regard reconnaissant, mais ferme, sur le jeune homme, elle répondit à sa proposition avec un accent plus suppliant qu'elle ne l'aurait voulu :

-Je t'en supplie, je ne veux pas te mêler à toute cette histoire... 

Elle n'aurait supporté qu'il arriver quelque chose au jeune Scoltly par sa faute. Qu'il le sache où non, Kevin était lié à toute cette histoire. Il en avait d'ailleurs été, en quelque sorte, le point de départ. Mais il n'était pas nécessaire qu'il y soit davantage rattaché. Il avait déjà bien trop mis sa vie en danger.
Son cœur s'était violemment contracté dans sa poitrine. Elle était complice de tout ce qui était en train de se passer, complice et désemparée. Elle avait laissé faire, en acceptant tacitement que son précipité ne soit le piège tendu à l'ennemi. Elle avait même bien pris soin de garder les yeux fermer sur toute la préparation, avait elle-même glissé l'invitation à Perceval Rose dans l'enveloppe et selon les directives, avait « oublié » de glisser un carton d'invitation au repas dans l'enveloppe destinée au duc et la duchesse. Pire encore, elle avait supplié, au bord des larmes, l'homme qui l'avait rejeté de venir assister à toute cette mascarade.
Mais La vérité était bien trop désagréable pour être regardée en face... Elle avait répété trop longuement à sa conscience qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce qui était en train de se passer. Les regards noirs qu'elle n'avait cessée de lancer à Feuerbach voulaient en être la preuve, mais ces regards, à lui, lui répondait clairement, de façon aussi glaciale que ne l'aurait fait ses mots : « Arrête de vouloir te faire passer pour plus naïve que tu ne l'es. »
Elle se mordait l’intérieur des joues.

Dire qu'elle avait saisi plans de son aîné lorsque l'asiatique avait quitté sa table, ou même lorsqu'elle avait aveuglément répondu à la demande d'Alexander de subtiliser le portable de son ancien amant – Kim... elle avait eu une pensée pour cet homme qu'elle avait perdue à tout jamais - aurait été une nouvelle fois se mentir. Car en vérité, elle avait su au moment même où, quelques semaines plus tôt, elle était venue trouver Alexander, encore tremblante, honteuse et apeurée de sa rencontre avec Wang père. Le regard de son aîné au moment où elle lui avouait que l'asiatique connaissait leur lien, n'aurait pu être plus explicite...
C'était elle l'instigatrice, la cause principale de toute cette mise en scène.
Et elle n'arrivait même plus à se souvenir si elle avait formulé sa demande à voix haute... avec horreur, elle compris que ça avait été ça volonté, à elle.

Dans les bras de son jeune cavalier, elle tremblait. La notion du temps semblait maintenant parfaitement absurde alors que tout s'accélérait autour d'elle...
Des exclamations de surprises et de peur s'étaient élevées dans la salle. Un groupe armé avait son entrée pour mettre la duchesse de Lampeduza sous bonne garde. Les murmures se répandaient déjà parmi la foule et en balayant la grande salle du regard qu'elle avait aperçu Anna, un homme, le visage en sang, que l'on aidait à se relever, deux gardes qui retenait une Fawn furieuse... ?! Amelia, prostrée. Elle ne comprenait plus rien. Sans vraiment trop de surprise, Miranda et le directeur d'Arkadia n'étaient nullement visible. Persona était également sur la liste des disparues. Son cœur battait à tout rompre. Dans ses tempes, le sang affluait par à-coups qui lui faisait presque tourner la tête.
Toutes ces situations lui échappaient, elle avait l'impression de ne plus avoir aucun pouvoir d'influencer les événements. A moins que...

Du bout des lèvres, elle avait murmuré à Kevin :

-Va trouver Feuerbach. Prend un air concerné et dis-lui que je suis partie précipitamment à la fin de cette danse, dans la direction opposé où je vais partir, d'accord ? Ensuite, va voir Anna pour moi, elle risque d'avoir besoin de soutient.

Son cœur battait encore un peu plus vite. Elle posa à son tour un baiser sur le front du garçon et avait profité d'une seconde où le milliardaire avait eut le dos tourné pour s’éclipser par les entrées de service. Les vacances de son enfance était loin, mais elle avait encore un parfait souvenir des moindres recoins de cette demeure. Il y avait peut être un autre moyen de rejoindre le parc placé sous haute surveillance.
Elle se força à ne pas penser à Anna, qu'elle avait laissé dans la grande salle, à Amelia, qu'elle aurait voulu prendre dans ses bras pour la réconforter en lui demandant pardon. A la place elle fuyait pour... pour quoi ? Tenter d'éviter l'inévitable ?

Lorsque ses pieds étaient entrés en contact avec l'herbe humide de la nuit, elle s'était rendu compte que, d'une façon ou d'une autre, elle avait retiré ses chaussures blanches pour pouvoir courir plus vite. Elle se faufilait entre les buissons taillés impeccablement. Elle frissonnait de tout son corps, non pas à cause du froid, mais de la peur. La peur de ce qu'elle risquait de trouver. Légèrement essoufflée, elle avait finalement aperçue la silhouette blonde de son amie se découpant dans la clarté de la lune.

-Miranda !

Elle était la plus à-même de la comprendre. Son arrivée avait provoqué une réaction de surprise. Elle s'était arrêtée de courir, observant la scène insensée. Xin semblait prête à se défendre, son œil noir brillait dans la nuit et Lotte la sentait prête à tout. D'autres hommes, qu'elle ne connaissait pas, avaient rejoint les gardes de son frère.

Le cœurs au bord des lèvre, ses yeux balayaient involontairement le sol. La nausée lui avait donné un teint blafard. Elle ne pouvait détacher son regard horrifié des corps gisant au sol. Des hommes de Jao. La tête lui tournait. La terre se désaltérait déjà de leur sang poisseux qui collait aux herbes et à ses pieds. Elle avait étouffé un cri de dégoût et avait reculé de quelques pas. Elle tremblait maintenant de tout son corps. Elle ne pouvait s'empêcher de penser « Qu'est-ce que j'ai fais ? », se sentant aussi coupable que si elle avait elle-même tué ces hommes. « Tu as laissé faire, ça revient au même. »
Une silhouette s'était déplacée dans son dos et elle s'était vivement retournée pour faire face à un homme dont une partie du visage avait été brûlé. Dans l'état d'esprit où elle se trouvait, cette vision l'avait effrayé mais elle n'avait pas émis le moindre son. Elle s'était simplement vivement écartée Elle devait garder ses distances de tous ces hommes ou elle craignait qu'on ne la ramène manu militari au manoir.
Mais à son arrivée, le temps semblait s'être suspendu pour quelques secondes. Elle avait une minute, tout au plus, pour défendre la cause de Xin. Elle reprit, d'une voix plus forte qu'elle ne l'aurait cru.

-Miranda... je t'en prie. Laisse la partir. Se tournant vers la chinoise. Xin, je t'en prie, ne fait rien de stupide... De nouveau à l'attention des hommes venues soutenir Lockheart contre la mafia chinoise. Faut-il qu'elle soit jugée sur les actes de son mari ?

Comme elle aurait pu l'être sur ceux de son frère...
Elle n'avait eu le temps de pousser un cri. Un mouchoir était venu se poser sur le bas de son visage, l'odeur capiteuse lui était montée directement au cerveau. Elle n'avait pas vu le voile se poser sur ses yeux. D'une main, elle avait cherché à se rattraper à l'air autour d'elle, mais elle avait perdu conscience avant d'avoir su elle avait pu s'y accrocher.
Nikiya
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Always comes a time when you need to take tough decisions.
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Lun 10 Oct 2016 - 18:46



    Trois des hommes de Wang s’étaient rassemblés pour assurer la protection rapprochée de la femme du Samouraï. Celle-ci comprenait qu’il lui serait impossible de rejoindre Jao pour le moment. Elle essuya la lame de son arme contre sa cuisse tout en pestant à la vue des renforts dont profitaient les hommes de l’Allemand. L’ennemi était en surnombre. Ils n’avaient pas moyen de sortir d’ici sans encombre. Du moins pas sans leurs pouvoirs qui étaient totalement inacessibles. Xin profita donc du court répit, pour aller saisir un petit objet dans son soutien-gorge. Elle le cacha discrètement dans le creux de sa paume. Un léger cliquetis se fit entendre à la suite duquel un message d’alerte arriva sur le réseau crypté de l’organisation secrète.

    Une seconde plus tard, le garde du corps sur la droite s’écroula au sol. Il éructa de douleur avant de perdre la vie. Mrs Wang releva les yeux du cadavre pour voir l’agent de Perceval Rose entrain de faire des ravages dans ses rangs. Quatre hommes étaient déjà tombés. A ce rythme ils risquaient de perdre. Xin ôta un à un ses talons aiguilles tout en observant la technique de la jeune femme. Elle attrapa le bas de sa superbe robe de demoiselle d’honneur, pour la déchirer d’un coup sec et ne pas être gênée dans ses mouvements. Elle se glissa derrière ses deux hommes de main encore capables.

    Un léger mouvement périphérique attira alors le regard de l’Asiatique. Un petit sourire se dessina sur sa bouche, lorsqu’elle reconnut la silhouette de la chienne de Strega. L’animal disparu un instant parmi les arbres. Cette assistance tombait à pique. Xin dû alors concentrer son attention sur miss Lockart. Après avoir liquidé 6 de ses hommes, la demoiselle se tenait devant Wang, avec l’attention claire d’aller à l’affrontement.

    Xin la détailla du regard, sans se départir de son calme et de son assurance. Dans ses yeux onyx se refléta une force mystérieuse.

    Dommage… Vraiment dommage.

    Mrs Wang ordonna à ses derniers hommes de cesser le combat. Ils suspendirent leurs mouvements, mais semblèrent hésiter avant de lui obéir. Ce fût, dans ce temps en suspension résonna la voix d’une Étoile. Xin vira son regard en direction de la jeune mariée. Une lueur mauvaise trahit alors son ressentiment envers la sœur de Fueurbach. Lotte avait la complice de ce truant à cause duquel tout ceci arrivait. Elle l’écoutait à peine trop concentrée sur la silhouette qui se faufilait dans le dos de la danseuse. La métamorphe était en place. Elle réclama un ordre silencieux de la part de l’Immortel. Une infime à coup du menton suffit à donner le feu vert.

    Le joli corps de la ballerine s’effondra dans les bras de la Prodige. Elle la maintient indifférente à sa propre nudité. Hécate, la seule, avec le peintre, que la Sorcière avait toujours protégé de son pouvoir. La main serrée, autour de la gorge du cygne blanc, la jeune femme toisait l’ennemi avec calme. Une lueur sauvage, animale, étincelait encore dans le fond de sa pupille. Ses canines étaient encore celles d’un puissant chien de chasse. Elle glissa son nez dans les cheveux de la princesse en les respirant de façon obscène.




    Hecate



    -Allez Miranda, recule. Dis à tes hommes de faire de même.


    **






    Kim était retenu par deux des hommes du milliardaire Allemand tandis que le combat faisait rage quelques mètres plus loin. L’immortel avait bien tenté de se dématérialiser, mais il n’avait pas été long à comprendre que la Lampeduza bloquait leurs dons. De plus, le Chinois avait laissé ses armes au club. Par respect, il n’avait pas voulu venir armé, au mariage de Lotte. En voyant le carnage autour de lui il se disait qu’il avait encore fait preuve de beaucoup trop d’espoir envers le genre humain.

    Ce fut le hurlement désespéré de Nikiya qui le força à reprendre le dessus sur la situation. Il s’excusa intérieurement pour ce qu’il s’apprêta à faire à ces geôliers avant d’exécuter une parade de sa création. L’avantage d’avoir son âge était d’avoir eu le temps d’emmagasiner les connaissances. Il avait été l’élève du Samouraï et l’héritier pressenti pour son empire. Les deux agents finirent à terre hors d’état. Ils allaient être inconscients pendant une bonne demie heure. Kim attrapa l’une des armes à feu tombée à terre et se précipita de nouveau en direction de ses parents.

    A cet instant Sveda se dessinait dans l’encadrement de la porte. Elle marchait à reculons, pour sortir du bâtiment, visiblement en mauvaise posture. Kim pouvait voir le sang qui s’écoulait de son flanc gauche et la peur sur son visage. La silhouette de Jao suivait de près. Armé du sabre de la belle, qu’il avait du réussir à lui reprendre pendant la lutte, il la tenait en respect pour la faire aller vers l’extérieur.

    - ARRETEZ !

    Kim arma le revolver du soldat. Il pointa le canon sur son père, puis le dévia lentement sur sa mère. L’ancien couple était encore trop loin de lui pour qu’il puisse entendre ce qu’ils se disaient. Il essaya de le lire sur leurs lèvres sans y parvenir alors qu’il se rapprochait pas après pas.

    Une arme blanche surgit dans la main de la Rose elle la lança droit vers le bras de Wang. La lame se ficha dans le poignet du mafieux, le forçant à lâcher le sabre. Sveda plongea immédiatement pour aller la ramasser. Elle esquiva de justesse un coup de pied en faisant une roulade. Elle se redressa et porta l’estocade avec une vigueur inattendue. La lame se ficha dans l’épaule encore valide de Jao. Sveda profita qu’il soit désarmé pour porter un autre coup. Cette fois elle toucha au ventre. Elle poussa de toutes ses forces sur l’arme. Le Samouraï tenta de la contrer en attrapant la lame à deux mains.

    - STOP !

    Les lèvres de Jao semblait esquissait un sourire.



    *



    … Tu arrives trop tard. Tout est déjà en place.

    « Non. Cette fois je ne suis pas seule. »

    Un sourire ensanglanté se peint alors sur le visage du Samouraï.

    Tu en es sûre ?

    Ces quelques mots suffirent pour allumer le doute dans le regard de la nomade. Le sourire de son adversaire s’agrandit. Il voulu rire mais n’eut qu’une quinte de toux ensanglantée. Immobile, blanc, il cherchait à recouvrer une partie de ses forces.

    Le cri de Kim leur arriva. Cette fois encore son fils lui permit une ouverture. Mais, sans doute Tohum pressentit-elle le coup venir. Elle se retourna juste à temps pour voir l’éclat métallique. L’une des aiguilles effleura sa pommette droite. Le Samouraï eut un gémissement de douleur. Il tomba lentement à genoux aux pieds de la rose du désert. Ils échangèrent un regard. Un silence s’écoula entre eux, tandis que les hommes de Perceval et d’Alexander se battaient plus loin.

    Alors, un changement subtil se fit dans l’atmosphère tout autour d’eux. Jao fut le premier à comprendre… Le sable commença à l’éviter autour de l’ancien couple. Kim remarqua la scène. Il essaya de nouveau d’utiliser son don. Sa main droite se dissolvait en sable sous ses yeux. Une lueur de détermination se mit à briller dans son regard alors que son bras disparaissait à son tour.


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Lun 10 Oct 2016 - 18:53



" Ne demeurez pas dans le passé, ne rêvez pas du futur, concentrez l'esprit sur le moment présent. "
Bouddha


music




« Non. Pas cette fois… »

Sveda concentra son esprit. Dans l’une des pièces du château, les deux seaux remplis de sable se mirent à vibrer. La matière minérale fut prise d’une vie propre et l’évita. Les grains volatils, se glissèrent sous la porte close, pour rejoindre celle qui les avaient activité. Un dôme de sable blanc se forma lentement autour des deux immortels. Juste à temps pour bloquer l’accès au jeune homme de sable qui fût éjecté sur plusieurs mètres.

Mais déjà le Samouraï reprenait l’avantage sur le minéral du désert. Le bas du dôme s’effritait. Le sable venait s’enrouler autour des chevilles de la rose. L’Histoire était sur le point de se répéter… Tohum mobilisa alors toutes les forces en elle. Elle savait qu’elle ne disposerait que d’une fraction de seconde pour agir. Mais, c’était sa seule chance de réussir tout ce pour quoi, ils avaient tant travaillé.

Sveda relâcha brusquement tout son contrôle sur le sable. Le dôme disparu. Elle relâcha l’arme d’une et alla la plaquer sur celle de Jao. Son énergie se projetait dans son autre don. Celui que tout le monde oubliait souvent en parlant de la Rose des Sables. Le Prodige la fixa surpris. Il comprit une seconde trop tard. Les muscles de son cerveau étaient lentement en train de s’assoupir.

Tohum n’attendit pas une seconde. Elle tira le sabre du corps du Chinois. Le mouvement lui demanda un effort considérable. À bout de souffle, la belle releva les épaules avec détermination. Ses mains s’assurèrent une bonne prise sur le paumo. Elle chassa toute trace de doute ou de remords de son cœur. Il le fallait. C’était la seule façon d’en finir une fois pour toutes avec la menace.

Il… le… fallait !

Au moment où la tête de Jao Wang atterrit dans l’herbe un hurlement animal s’éleva dans les airs.

NOOOOOONNN ! Mais qu’est-ce que tu as fait ??!!!

Le sabre s’échappa de la main de la rose. Il retomba dans l’air dans un bruit sourd. Cela en même temps que Xin sentit ses jambes se dérober sous son propre poids.

Sveda s’écarta juste à temps pour ne pas vomir au pied du cadavre de Wang. Elle tomba à genoux dans l’herbe, les yeux brouillés par les larmes. Les mains enfoncées dans la terre, la nomade était agitée de soubresauts. L'estomac révulsé. Elle sentait l'acidité dans le fond de sa gorge. L'eau salée se mêlait à la bile d'écœurement.

Le sable, lui, commençait à reprendre vie pour venir virevolter autour d’elle, comme un vent plein de fureur.

Tohum
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"Le bonheur c'est mieux quand on le partage."


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Lun 10 Oct 2016 - 18:54
Galamment, le riche industriel allemand avait cédé sa place à un autre cavalier. Le choix ne lui avait pas franchement été donné, cependant, il s'était contenté de s'écarter d'un pas, offrant la main de sa partenaire au jeune Kevin Scoltly, tout en l'observant d'un œil des plus impénétrables. 
Il n'avait pas le moindre doute quant à ses interventions chevaleresques auprès de l'étoile. Mais ses intentions, aussi bonnes étaient-elles, lui faisait bien trop souvent adopter un comportement qui risquait bien de lui porter préjudice s'il ne prenait pas conscience du milieu dans lequel il évoluait...

C'est pourtant sans un mot et sans sourciller que l'allemand s'était retiré, quittant la piste de danse. 
Aussi, se serait-il permit un geste de tendresse vers son amant, qui semblait, lui aussi, bien décidé à obtenir une danse, si sont regard n'avait été attiré par une altercation des moins plaisantes.
D'un petit geste de la main, il fit intervenir deux de ses hommes qui entravèrent une jeune femme - et pas n'importe laquelle, puisqu'Alexander la reconnaissait parfaitement - et aidait le journaliste assailli. Mais déjà, Alex Mason, grand défenseur des justes causes, pensa-t-il ironiquement, intervenait. Feuerbach pinça légèrement les lèvres sous la contrariété, lorsqu'il avisa la belle Anna se diriger, fébrile, inquiète du petit groupe. Le génie aurait voulu se passer d'un paramètre aussi futile à gérer qu'une altercation entre les invités, d'autant plus qu'une vague d'exclamation s'était levée alors que les hommes de Rose raccompagnait Cnossos à sa table.
Il en aurait presque imperceptiblement sourit. Voilà quelque chose qu'elle ne pardonnerai pas au directeur d'Arkadia. Oh, elle le tiendrait probablement également pour responsable mais Alexander savait déjà comment réconcilier la duchesse et de ce côté là, tout se passait absolument comme il l'avait prévu. Dans son oreillette, on l'informait que plusieurs escouade de l'agence non-gouvernementale était en place sur la propriété et que l'arme personnelle du directeur était déjà en train de s'occuper des hommes de Jao.
Le jeune génie réaffirma à ses troupes que Xin Wang devait demeurer sauve pour le moment.
Le seul point à éclaircir était la raison pour laquelle Perceval Rose avait été aperçu avec miss Anderson, s'éclipsant dans la plus grande discrétion. Mais l'esprit génial de Feuerbach ne tarderait à faire la lumière sur ce point d'obscurité. Une raison suffisamment importante, il fallait croire, pour le détourner momentanément de cette affaire. 

Une page allait se tourner.

A n'en pas douter, l'attitude de l'italien à ses côtés avait quelque peu radicalement changé à la vue de ses événements qui s'étaient enchaînés en moins d'une minute. Il avait dardé son regard teinté de reproches - mais non de surprise- sur Alexander. Comment pouvait-il encore aspirer à une forme de normalité dans le cours des événements... Il n'en était pas moins furieux qu'Alexander ait osé gâcher ce jour si spécial dans la vie de sa cadette.
Prendre la peine de répondre quoi que ce soit à ce genre de comportements aurait été une perte de temps, aussi l'homme d'affaires observa encore quelques secondes sa belle-sœur, afin de s'assurer qu'elle n'aurait besoin de son intervention.


Aussi, l'élégante épousée s'était précipitée aux côtés du journaliste qui venait de subir les foudres de Ridley. Elle l'avait aidé à se relever difficilement, aidée d'un autre homme de la sécurité. Elle n'avait pas mis longtemps à comprendre la situation. Elle avait attrapé une serviette sur une table à proximité et trempé une extrémité dans l'eau pour commencer à nettoyer le sang qui coulait sur son visage.
Elle était a la fois horrifiée, confuse, déçue.
Elle murmura quelques paroles amers à son ami, les larmes aux yeux :

-Tu m'avais promis être sobre, Ethan... tu m'avais juré...

Mais les sanglots et la rancœur n'étaient destinés qu'à elle seule. Tout cela était de sa faute. Dans l'égoïsme de son bonheur, elle avait tout de même voulu inviter l'un de ses amis proches, malgré sa situation fragile.
Elle avait voulu le croire lorsqu'il lui avait assuré qu'il n'avait plus touché à une goutte d'alcool depuis des mois, qu'il commençait enfin à sortir la tête de l'eau... Elle avait été si stupide, si stupide de croire que ça serait simple. Mais on ne guérissait pas de ces maux là si facilement, surtout pas avec autant d'alcool à disposition, encore moins avec l'une des survivantes de la catastrophe qui avait causé la mort de son conjoint à quelques tables de là...

D'un regard à l'homme de la sécurité à ses côté, elle avait demandé à ce que son ami soit porté dans un chambre du château et que l'on lui trouve un médecin.
La jeune mariée s'était alors tournée vers la partie adverse, les yeux légèrement baissés, comme incapable de vraiment soutenir leur regard. Elle avait l'impression de pouvoir sentir sur elle leur colère. Elle pouvait les comprendre. Elle n'avait pas entendu les paroles d'Ethan pour Amelia, mais elle pouvait aisément imaginer.
D'un autre petit signe, elle avait demandé au second garde que Fawn soit relâchée :

-Je... je suis vraiment confuse de ce qui vient de se passer. Je... mon ami traverse une période très difficile... j'imagine que ça ne justifie pas ce qu'il a fait ou dit, mais je sais que lorsqu'il aura retrouver ses esprits, il sera horrifié de ce qu'il a fait et s'en voudra de s'être laissé emporté par l'alcool. Je vous demande sincèrement de lui laisser une chance de se sortir de cette mauvaise passe – celle d'avoir perdu récemment l'homme qu'il aimait et qui servait la flotte aux côtés de miss Caine – et de ne prendre aucune mesure contre lui...

Sa voix était mal assurée et elle espérait trouver les mots juste. Elle reprit :

-Je voudrais également faire conduire Amelia dans une chambre du château, au calme, où elle pourra se reposer et où j'aimerais pouvoir m'entretenir seule avec elle.

Elle dévisageait maintenant tour à tour Fawn et Dastan avec ce regard d'une douceur triste mais avec tout ce dont elle avait de fermeté. Pour une seconde, elle chercha un soutient du regard, mais Lotte n'était visible nul part. Ses yeux d'émeraudes croisèrent seulement ceux de leur protecteur.


Alexander avait saisi le regard de la jeune mariée. Sa mâchoire se crispa, pour la seconde fois de la soirée, son regard tomba, avec un certain déplaisir, sur l'assistant du musée. Pour son propre intérêt, le jeune homme avait plutôt intérêt à avoir l'intelligence de se placer de son côté et à ne pas lui servir le mensonge que la ballerine lui avait probablement confié.
Quelle idiote. Son inconscience le rendait fou...

-Où se trouve Lotte ? Son ton glacial n'invitait pas à passer par quatre chemins.

Son regard plus noir que jamais balayait déjà la grande salle et étudiait les différentes possibilités dont elle avait usé pour sortir sans être remarquée. Dans son oreillette, il prévint immédiatement Lars que la sécurité de l'étoile était probablement compromise.
Il apprit dans le même temps que Kim Wang était de nouveau sur la propriété et tentait d'intervenir, mais qu'il était pour le moment contenu et que miss Hoffmeister avait été retrouvé dans le jardin.
Verstand
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Mer 12 Oct 2016 - 18:12
Il ne fallut pas longtemps à Rose pour arriver à la suite de la mort au moins définitive de David. Je le reçus avec une expression placide, les bras croisés, attendant de voir ce qu’il proposait pour la suite. Je ne répliquai rien quant au fait que le sort de l’homme était sans doute exagéré, ça n’aurait certainement pas établi de bonnes bases pour une relation… disons familiale. Lorsqu’il tendit la main pour récupérer mon arme, je le fixais silencieusement pendant quelques secondes avant d’obtempérer, non sans soupirer et en levant les yeux au ciel. Je n’aimais pas être traitée comme une enfant, et il y avait bien plusieurs réparties qui me venaient à l’esprit, mais je m’abstins bien de les énoncer à haute voix, sachant reconnaître que je n’étais pas en position de répliquer quoi que ce soit.

Et puis, ce n’était pas comme si je n’avais pas d’autres armes encore à ma disposition.

L’arrivée des troupes d’Arkadia détourna brièvement mon attention, et je saluai la dénommée Resolve d’un hochement de tête. Pour la première fois, j’ouvris la bouche afin de leur rappeler, sans doute inutilement, qu’il y avait encore la chambre au-dessus à nettoyer. Mais c’était au moins pour adresser la parole à quelqu’un d’autre que… mon père. Je dus cependant reporter mon attention sur lui, lorsqu’il mentionna une autre opération sur le point de débuter. Un haussement de sourcil vint briser la neutralité de mon visage lorsque j’appris que Wang était la cible de cette mission. Mon expression fut franchement plus surprise en découvrant que Lotte faisait désormais partie d’Arkadia, mais je tâchais de retrouver mon sérieux rapidement afin de réfléchir à ce, comme toujours long discours. Après quelques courtes secondes de réflexion, je relevai le regard vers Rose pour le fixer dans les yeux et acquiesçai d’un hochement de tête.

"Entendu, Monsieur. Merci."

Je le laissais ensuite partir, réfléchissant alors que les idées et possibilités défilaient à toute allure dans mon esprit. Désormais seule avec Léon, j’en profitai pour faire le point avec lui, et sur le fait que Rose se chargeait du problème David. Ainsi que du fait que je n’aimais pas être redevable, et que l’occasion de l’aider pour le remercier de son aide se présentait à nous.

"Est-ce que tu veux bien m’aider, encore ?" demandai-je à mon frère, avant que l’intervention d’un tiers ne vienne nous interrompre. Je fixais Sersen durant quelques secondes de silence, puis, ignorant ses paroles, me penchai vers Léon pour lui chuchoter à l’oreille : "Je m’en occupe. Tu peux aller dans ma chambre pour récupérer quelques affaires pendant ce temps, s’il te plaît ?"

Je lui indiquais où trouver les quelques armes que j’avais toujours avec moi –et je regrettais maintenant de ne pas en avoir davantage. Alors que les mariages finissent toujours mal, expérience faite. Il y avait quelques armes de poings, deux petits calibres ainsi qu’une série de poignards et petits sabres. Je prenais ces derniers, lui pouvait prendre ce qu’il souhaitait de son côté, et je lui demandais également de prendre un jeans et mon pull noir à col roulé. Je lui donnais finalement rendez-vous à l’entrée du jardin, puis lui adressais un sourire reconnaissant avant de me tourner vers Sersen, un immense sourire jovial et faux sur le visage. Je m’approchais de lui, et l’attrapai par le bras pour l’attirer vers l’intérieur et vers la piste de danse.

"Danse med mig !" lui intimai-je avec enthousiasme et armée d’un magnifique sourire alors qu’une nouvelle musique commençait.


"Eh bien Monsieur Jensen." continuai-je en danois et tout en continuant à danser. "Il paraît que votre business se porte à merveille. Je devrais passer à l’occasion vous rendre visite. Mais il serait vraiment dommage qu’il vienne à disparaître malencontreusement…" Grand sourire innocent, puis, en m’approchant de son oreille : "Faites-moi plaisir, vous n’avez rien vu, rien entendu ce soir. Et s’il vous plaît, brûlez cette chemise."

La danse se terminant ensuite, je le saluai poliment, ajoutant que je serai ravie de le revoir à l’occasion et que je ne le perdais pas de vue. Voilà qui était réglé, je pouvais prendre la direction du jardin. Du coin de l’œil, je remarquais qu’il semblait se passer quelque chose avec Amelia et Fawn un peu plus loin, mais le temps pressant, je ne pouvais malheureusement rien faire. Serrant les dents, je me promis de faire mes recherches sur ce qui s’était passé une fois toute cette histoire terminée.

Comme prévu, je retrouvais Léon au point de rendez-vous, et le remerciais une nouvelle fois d’avoir apporté ce que j’avais demandé. Sans perdre de temps et avec une main habituée, je me débarrassais de la tenue de demoiselle d’honneur pour enfiler le jeans slim et le pull dont je remontais le col roulé jusqu’au niveau du nez. Ce n’était pas le top niveau discrétion, mais c’était toujours mieux que rien, et plus pratique. Je checkais mes deux Kaiken, dagues japonaises dont l’acquisition avait été plus que rentable, puis fis un signe à mon frère pour nous rendre en direction de la bataille, le plus discrètement possible et en trouvant un point d’observation en retrait.

Une brève analyse de la situation indiquait que Miranda s’était déjà occupée d’une grande partie des hommes, mais il en restait quelques-uns, en faction autour de ce qui semblait être la femme de Wang. Mais une femme tenait Lotte entre ses mains d’une manière qui me tint encore plus en alerte. Je la désignais à mon frère.

"Je m’en occupe. Une fois que son attention sera détournée, tu pourras aller aider Miranda pour le reste des hommes." Je cherchais l’approbation dans son regard, puis ajoutai : "Sois prudent."

Reportant mon attention sur Nikky et son ravisseur, je quittai notre position pour me diriger le plus près possible d’elles, glissant silencieusement sur le sol d’une manière que j’avais peu eu l’occasion de pratiquer depuis mon départ du Japon. Puis, lorsque la distance fut d’à peine quelques mètres, un kaiken fila avec précision pour se planter dans la cuisse de la femme nue qui retenait mon ex. Profitant ensuite de l’effet de surprise, je bondis hors des ténèbres pour lui assener un violent coup de pied dans la tête, et lui faire lâcher sa prise. Je me saisis ensuite de son bras, et l’immobilisai au sol pendant que le coup la sonnait suffisamment.

"Ce n’était pas une très bonne idée de menacer la mariée à son propre mariage." commentai-je simplement en arrachant d’un coup sec mon arme de sa cuisse. Avec le manche, je lui assenais un nouveau coup à la tête tout en l’empêchant de se débattre. Juste assez fort pour la rendre inconsciente, pas assez pour la tuer. Enfin, normalement. Je me précipitais ensuite auprès de Lotte, afin de m’assurer qu’elle allait bien. Même si inconsciente, elle semblait respirer normalement et je me permis de laisser échapper un soupir de soulagement.

Je la laissais aux soins des hommes de Feuerbach pour qu’il la ramène à l’intérieur, et étais sur le point de les suivre lorsque quelque chose attira mon attention plus loin. Après un dernier coup d’œil en direction de Lotte, je m’approchais de la silhouette dont le visage ne m’était pas totalement inconnu. Un rapide regard alentour me permit de découvrir le corps sans tête et donc logiquement sans vie de Wang. Quoi qu’il se soit passé, je supposais que cela mettait cette femme dans le même camp de moi… Doucement, je m’approchais de Catherine Kent pour m’accroupir à ses côtés et lui proposer mon aide pour l’aider à se relever.

"Je suis désolée… Quoi qu’on en dise, ne jamais s’habituer n’est pas une mauvaise chose." dis-je simplement sans me départir de mon expression neutre, mais néanmoins compatissante. Ce n’était pas vraiment le moment pour débattre toutefois, et je fis en sorte de l’aider à rejoindre le lieu où elle devait être évacuée, sans dire un mot de plus et en conservant cette attitude quasi professionnelle. Peut-être que l’avenir nous donnera davantage d’occasion de nous croiser.

Pour l’heure, je tâchais de retrouver mon frère pour m’assurer qu’il allait bien. Restant ensuite à ses côtés, je cherchais à retrouver Rose et lorsque ce fut fait, nous plantai devant lui. Le scrutant durant quelques silencieux instants avec insistance, je finis par demander :

"Je croyais que vous deviez protéger Lotte." Mon ton se fit ensuite moins froid. "Considérez-vous que nous vous ayons aidé ? Et est-ce que nous pourrions savoir ce qui s’est tramé ici exactement ?"

Je lançais un regard à mon frère, avant de reporter mon attention sur Rose. Etions-nous quitte, maintenant ? Et est-ce que je n’étais toujours qu’une actrice/chanteuse dont il fallait garder la réputation ? Dans tous les cas, j’estimais que Léon et moi méritions quelques réponses.
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Mer 12 Oct 2016 - 22:46
Arrivé sur les lieux de « l'accident », Leon ne put que constater que si l'homme avait été encore en vie après sa chute, sa sœur avait fait en sorte qu'il expire son dernier soupir. Le trou poisseux au milieu du front de David ne faisait aucun doute sur la question, mais il n'eut pas le temps de faire la moindre remarque que leur père arrivait pour prendre en main la situation. Des agents se matérialisèrent autour d'eux, aussi silencieux que des ombres et emportèrent le cadavre encore chaud du malotru. Suivi une conversation à laquelle le jeune homme ne participa pas mais qu'il suivit avec beaucoup d'attention. Apparemment il n'était pas le seul à vouloir s'occuper d'êtres indésirables, quoique la mission de Rose semblait être un événement préparé avec minutie et depuis longtemps. Rien à voir avec le soudain accès de rage qui l'avait pris quelques minutes auparavant. Cet échange lui permis de glaner quelques précieuses informations et des pièces du puzzle se mirent soudain en place. Dahlia, Arkadia et son directeur, l'agent Lockhart. Il voyait à présent plus clair dans la situation et il comprenait pourquoi sa jumelle avait semblé si irritée en apprenant qui était leur paternel. Son boss... qui l'eût cru ? Elle n'était peut-être pas ravie de ce nouveau lien, mais Zephyr ne pouvait qu'apprécier le fait que Perceval n'avait fait aucune difficulté pour leur apporter son aide et qu'il réparait leur mésaventure sans discuter.

L'artise le regarda s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse dans la nuit, laissant à Persona le temps de réfléchir à ce qu'il convenait de faire. Il l'écouta en silence, comprenant mieux à présent pourquoi elle voulait tant ne rien lui devoir. Il acquiesça à ses propos et la prit dans ses bras après qu'elle lui eut demandé son aide.


- Tu plaisantes ? Bien sûr que je vais t'aider. Je ne pensais pas que ça serait comme ça, un mariage.

Il s'écarta d'elle et lui fit un petit clin d’œil avant qu'ils ne soient interrompu par le fou mangeur de vestes. Leon lui lança un regard surpris qui s'assombrit rapidement. Il ne manquait plus qu'un témoin, qui plus est aussi dingue que lui ! Ne sachant pas comment répondre à tant de désinvolture, il fut heureux que Dahlia propose de s'en occuper. Après avoir pris note de ce dont elle avait besoin et lui avoir fait remarquer qu'il serait préférable qu'elle ne s'occupe pas de l'intrus comme elle l'avait fait avec David, il enjamba les buissons, passa devant Sersen en lui lançant un regard mauvais et fila dans les couloirs du manoir. Ayant accompagné sa jumelle plus tôt cet après-midi, il savait parfaitement où se trouvait sa chambre. Il entendit quelques exclamations dans la salle de bal mais ne s'en préoccupa aucunement et gravit quatre à quatre les marches menant à l'étage. Il trouva le sac contenant les armes sans grande peine et y fourra les vêtements plus pratiques pour ce qu'ils s'apprêtaient à faire qu'une robe de demoiselle d'honneur. Il se fit la réflexion que lui n'avait rien d'autre à se mettre et qu'il lui serait pénible de prendre une deuxième douche en moins d'une heure. Il verrait bien le moment venu ce qu'il adviendrait de son joli costume.

Sans perdre plus de temps, il dévala les escaliers et se dirigea vers les jardins où il retrouva Persona qui se changea avec une rapidité étonnante. Leon se contenta d'ôter ses chaussures mais surtout sa veste et sa chemise qui le gêneraient dans ses mouvements et pourraient s'avérer dangereuses si l'adversaire les utilisait pour l'attraper. Il la laissa ensuite choisir ses armes puis se décida à prendre deux poignards à la lame courte et affûtée. Les armes à feu n'étaient pas ce qu'il préférait, c'était une méthode beaucoup trop rapide à son goût lorsque l'on voulait faire souffrir quelqu'un ou le tuer. Certes cela aurait peut-être été plus approprié au vu de la situation qu'ils observaient à couvert, mais rien ne valait un psychopathe en puissance au niveau d'adrénaline déjà bien élevé et avec dans chaque main l'un des ses joujoux favoris. Il sentait l'excitation monter en lui, une sorte de puissance animale qu'il laissait prendre le contrôle de ses agissements. Il lui faisait confiance car jamais cet instinct ne l'avait trahi dans ses missions, peu importe le niveau de danger. Il regardait ses nouvelles cibles avec un sourire avide et un regard de dément, se contentant de hocher la tête d'un mouvement sec au plan de sa sœur. Lorsque cette dernière se faufila derrière Nikky et la femme qui la retenait prisonnière, Zephyr se glissa sans bruit dans la direction opposée et attendit de pouvoir agir, prêt à bondir sur le garde du corps le plus proche.



Lorsqu'une dague surgit de l'obscurité pour aller se ficher dans la jambe de la ravisseuse de la mariée, il se précipita vers le dos du premier homme à sa portée et lui planta l'un des poignards dans le cou sans aucune hésitation avant de le retirer d'un coup sec. Le sang commençait à rapidement se répandre dans d'atroces gargouillis quand ses deux comparses se retournèrent dans un mouvement vif pour faire face à un Zephyr maculé d'hémoglobine qui leur souriait rageusement. Il ne prit pas le temps de s'occuper de la femme qu'ils étaient censés protéger, Dahlia ne le lui avait pas demandé, il la laisserait donc en-dehors de ça. Il poursuivit néanmoins son carnage alors qu'un léger frémissement commençait à lui parcourir l'échine. Sa jumelle avait beau être trop éloignée pour que leur lien ne fasse son effet, il ressentait tout de même par procuration le résultat du coup porté. Les deux hommes de main avaient rapidement dégainé leurs armes qu'ils tentaient de pointer en direction de l'artiste. Celui-ci soutenait le corps agonisant de sa première victime qui faisait à présent office de bouclier humain. Ils semblèrent hésiter sur le fait de tirer sur leur collègue, bien que sa blessure ne laissait aucun doute sur sa chance de survie. Cet instant d'hésitation fut profitable à leur adversaire qui poussa ce qui serait bientôt un cadavre sur l'homme le plus proche, ce qui eut pour effet de le retenir assez longtemps pour qu'il puisse le désarmer et jeter hors de portée son pistolet.

L'individu désarmé enjamba le corps inerte et se rua sur Leon tandis que son collègue faisait toujours barrage à quiconque voudrait s'en prendre à la veuve Wang. Une sorte de danse macabre se déroulait entre les deux hommes alors que l'un évitait parfois de justesse les poignards de l'autre. Mais si l'on connaissait un tant soit peu les performances du soldat de l'Organisation XIII, on pouvait deviner qu'il était comme un chat qui jouait avec sa nourriture avant de la croquer. Il y avait cependant toujours un garde du corps armé et bien qu'il s'était éloigné pour mettre Xin à l'abri, il était toujours capable de tirer même si cela ne serait pas facile compte tenu du fait que son camarade se trouvait entre lui et sa cible. Il trouva pourtant une ouverture, infime, et se décida en une fraction de seconde. La balle atteignit Zephyr à l'épaule gauche sans que cela ne semble le perturber outre mesure. Ses yeux s'arrondirent sous l'effet de l'étonnement mais il reprit bien vite son expression sanguinaire. Dahlia était partie, il ne ressentait rien et ce fait sembla terrifier son adversaire. Il avait assez joué, il était temps de passer aux choses sérieuses. Il s'approcha donc de plus en plus, par à coup, fendant l'air de ses poignards, faisant toujours attention de laisser sa proie entre lui et le pistolet. Une feinte lui permit de profondément entamer la chair du bras de l'homme qui fut trop distrait par la douleur pour se défendre contre la nouvelle attaque qui allait l'atteindre. La lame s'enfonça vivement dans son bas-ventre à plusieurs reprises, déchirant son corps dans des mouvements rapides jusqu'au dernier coup où l'arme resta plantée jusqu'à la garde. Zephyr la laissa là sans s'en préoccuper et se tourna vers le dernier homme encore debout.

Ce dernier semblait comme paralysé par l'effroi de voir le jeune homme utiliser son bras presque comme si de rien n'était. Sa mobilité était réduite, certes, mais il ne semblait pas souffrir et cela le terrorisait autant que la lueur sauvage au fond de ses yeux. Il jetait des coups d’œil à Wang et la tenait en arrière d'un geste du bras, bien que cette position ne l'arrange pas pour tirer. Leon n'avait pas beaucoup d'options, l'homme aurait le temps de vider son chargeur sur lui avant qu'il ne l'atteigne s'il était un bon tireur. Sa décision fut aussi rapide que son mouvement. Ni une ni deux, il projeta sur le garde du corps la dernière lame qu'il tenait à la main afin de faire diversion. Celle-ci ne fit pas beaucoup de dégâts mais eu l'avantage que l'homme du se protéger le visage ce qui permit à Zephyr de se précipiter pour s'emparer du pistolet et le faire voler dans les buissons à quelques mètres de là. Il allait devoir finir sa tâche au corps-à-corps ce qui, bien qu'il fut blessé, lui était particulièrement plaisant. Les coups commencèrent à pleuvoir des deux côtés, un sourire hystérique se dessinant sur le visage du peintre qui voyait, plus qu'il ne le sentait, que son adversaire s'acharnait sans résultat sur son épaule blessée. La situation l'amusait beaucoup ! Il devait pourtant mettre un terme à cette entrevue afin de rejoindre sa sœur qui, il l'espérait, était en sécurité. Un violent coup de tête suivit d'un uppercut réussirent à sonner l'homme de main assez longtemps pour qu'il puisse s'emparer du poignard tombé un peu plus loin et passer sa lame sur la gorge de sa dernière victime de la soirée.

Il se releva lentement et regarda le sang s'écouler en soubresauts et inonder les dalles de pierre. Après un rapide coup d’œil autour de lui pour s'assurer que personne n'allait surgir pour le prendre par surprise, il se détourna de la scène et s'apprêtait à rejoindre Dahlia lorsqu'il trébucha sur les jambes du corps inerte et s'étala de tout son long dans la mare de sang qui s'étendait tout autour. Son cœur rata un battement sous l'effet de la surprise puis, après un instant de silence, Leon éclata d'un rire franc qui ne semblait pas vouloir s'arrêter. *M-m-mon b-beau c-c-cost-tum-me !* fut la seule pensée qui lui vint en tête et qui eut pour effet de redoubler son hilarité. Il fut pris d'un fou rire incontrôlable qui lui faisait étonnamment du bien après cette folle journée. Il avait l'apparence d'un fou, assis là, couvert d'hémoglobine, riant comme un bossu et entouré de cadavres. Au bout de cinq longues minutes à ce régime, il réussit à se calmer avec beaucoup de volonté et se releva en essuyant les larmes qui coulaient le long de ses joues. Il retourna chercher ses affaires et improvisa comme il put un pansement avec sa chemise pour faire pression sur sa plaie. Afin de ne pas inquiéter sa famille, il remit par-dessus son veston qui, il l'espérait, cacherait sa blessure le temps qu'il soit sûr que la mission était bel et bien terminée. Il se mit ensuite à la recherche de Persona qu'il trouva rapidement dans un autre coin du jardin et qui l'entraîna vers leur père.

Dès qu'il avait été auprès de sa jumelle, une douleur atrocement plaisante avait envahi son épaule. Il ressentait à présent la morsure que la balle avait infligé à sa chair ainsi que les nombreux coups de poings assénés par l'homme de main. Il commença à frissonner tandis que Rose se trouvait sous le feu des questions de Dahlia. Tout comme elle, il apprécierait un petit résumé de la situation, mais il avait du mal à se concentrer avec la douleur qui l'étreignait.


- Honnêtement, je suis toujours partant pour tuer des sales types, mais je ne suis pas contre le fait d'avoir le fin mot de l'histoire. Et aussi des vêtements propres. Et un médecin.

Il passa son bras valide autour des épaules de sa sœur pour lui signifier qu'il se sentait bien, même si la pâleur de son visage et la tâche sombre qui commençait à apparaître sur sa veste le contre-disait. Tant pis, il ne se vidait pas de son sang pour le moment, il pouvait bien leur consacrer cinq minutes. Il avait extrêmement mal, certes mais après tout c'était bien ce qu'il recherchait la plupart du temps, il n'allait pas s'en plaindre. Il se demandait surtout comment allait réagir son père lorsqu'il constaterait que son fils pouvait s'exprimer sans aucune difficulté à présent, qu'il était recouvert de sang et qu'apparemment c'était son passe-temps de massacrer des gens. Cette réunion de famille était réellement particulière.
Zephyr
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Mer 12 Oct 2016 - 23:49


« Ainsi la belle étoile filante d'Edimbourg s'est trouvée une douce nuit pour briller à jamais de milles éclats »


Lorsque les hommes en arme débarquèrent dans la salle, d'instinct Kevin se plaça devant la danseuse et eux pour servir de bouclier. Dans ce laps de temps, l'Etoile s'était volatilisée, cachée par la grande stature athlétique du jeune homme. Kevin ne s'était aperçu de rien. Il comprit lorsque Verstand lui intima l'ordre de dire où la danseuse était passée. Il réalisa d'un coup que son amie cherchait à fuir. Elle lui avait demandé de mentir, ce que Kevin ne fait jamais et il n'allait pas commencer à le faire ce soir. S'il respectait Verstand de l'avoir embauché dans un poste passionnant, il n'était pas son obligé en dehors du travail. Il n'avait pas à lui répondre. De toute façon, Kevin ne réfléchit même pas à ce qu'il allait faire ou dire. Il agit d'instinct car il pensait son amie en danger. C'est pourquoi il partit au pas de course dans la direction où toute logique Nikiya avait dû prendre.

Il arriva dans le jardin qui était jonché de cadavres. Cette vue l'avait horrifiée. Il craignait le pire pour son amie. Lorsque son regard croisa les hommes qui tenaient Nikiya, il ne sut exactement ce qu'ils étaient en train de faire. Étaient ils en train de la kidnapper ? Il lui était impossible d'y distinguer du bien et du mal dans ce chaos. Dans le doute, il prit la résolution d'extraire son amie de tout danger. Elle ne saurait en sécurité qu'avec lui tant il ne serait pas tiré au clair ce qu'il s'est passé ici. Il activa alors machinalement son aura kinésique, le soulevant de quelques centimètres du sol. Galvanisé par son pouvoir, il traversa comme une flèche la scène de combat, pour délivrer Nikiya des hommes qui l'accompagnaient. Les touchant à peine, ils furent propulsés à quelques mètres du sol. Lorsque son aura était activée, presque plus rien ne pouvait toucher Kevin. Il était doté d'une vraie forteresse mentale et physique.

Son amie respirait encore. Il n'y avait pas de traces de blessure. Il entoura délicatement l'un de ses bras autour d'elle et d'une pulsion de bas en haut, il se propulsa dans les airs comme une fusée. En deux trois secondes, il était déjà loin, à perte de vue. Il n'avait pas réfléchi une seconde à ce qu'il devait faire comme où aller. Fort heureusement, il maîtrisait de mieux en mieux le vol aérien grâce aux cours de Castiel. Mais il ne pouvait pas se permettre de voler trop loin car il n'était pas à l'abri d'une maladresse comme celle de lâcher son amie en plein vol, et puis dans les airs la danseuse pourrait se frigorifier. Il avait déjà parcouru une cinquantaine de kilomètres en moins de deux. Il aperçut une maison de ferme seule entourée d'un enclos. A quelques mètres , il y avait une grange, c'est là où il s'arrêta. Nikiya semblait reprendre ses esprits mais elle était glacée. Il désactiva son pouvoir. Il retira aussitôt sa veste pour la confier à son amie et la serra fort contre lui pour la réchauffer avec sa propre chaleur en dépit de sa phobie.

- Ca va ? Je t'ai enlevée à tout ce chaos...Je ne sais pas ce qu'il s'est passé là bas mais je voulais avant tout te mettre en sécurité. Je peux t'emmener où tu veux. Comme on peut rester ici. Je pense que

Kevin lui avait offert son plus beau sourire. Il aurait pu l'inonder de questions pour comprendre ce qui s'était passé. Mais il ne le ferait pas car sa priorité était d'apporter protection et réconfort à son amie. Si elle avait envie de lui parler, il l'écouterait sans la juger. Elle pourrait dormir tranquille sur ses deux oreilles car Kevin veillerait sur elle toute la nuit.




Iron Will
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Sam 15 Oct 2016 - 10:58
Récapituler la situation. Voilà qu'il s'était rendu au mariage accompagné de Miranda, sans intention particulière. Voilà que le dit mariage s'était transformé en règlement de compte instigué par Alexander Feuerbach et Catherine Kent. Un plan dont, au passage, ils l'avaient totalement exclu. Mais voilà que Percy n'était pas stupide, qu'il s'était attendu à quelque chose du genre et que les signes subtils décelés ici et là au cours de l'événement ne trompaient pas. Mais voilà que des imprévus de catégorie cosmique étaient apparus sous la forme d'Ellen et des jumeaux. Ses enfants. A lui, Percy. Et voilà que les deux jeunes s'étaient retrouvés mêlés à un meurtre sur la propriété, et qu'ils avaient demandé un coup de main à leur paternel tout juste retrouvé. Ce qui revenait clairement à une sorte de teste, surtout de la part de Dahlia. Cela ne dérangeait pas Percy outre-mesure, il aurait très certainement agis ainsi lui-même si leurs situations avaient été inversées. Au moins avait-il à partir d'aujourd'hui l'occasion d'apprendre à connaître ce curieux duo. Récapituler la situation, voilé qui aidai toujours, surtout lorsqu'on possédait un esprit comme le sien. Nikolas Cnossos avait beau avoir bloqué les dons de prodiges et empêcher le directeur d'Arkadia de recourir à toute la puissance de traitement d'informations de son cerveau -ce qui lui donnait toujours l'impression que la vie et lui fonctionnaient un peu au ralenti dans ces moments- mais il restait très loin d'être stupide sans y avoir accès. Et tout à coup, le monde retrouva sa vitesse normal aux yeux de Perceval Rose, et il sut tout de suite que les pouvoirs de Cnossos ne faisaient plus effet. Il lui démangeait de savoir quelle en était la raison, mais il tâcherait de l'apprendre plus tard. L'important, c'était que ça redistribuait les avantages dans tous les camps, et que la suite allait se révéler des plus chaotiques.

« Je vous la rendrai lorsqu'elle sera cent pour cent clean. Pour la chambre, une équipe y est déjà à l’œuvre. Ce sont des pros dans leur domaine, il ne devrait rester aucune trace de ce qui a bien pu s'y passer. Cet homme ne sera bientôt plus qu'un déplaisant souvenir dans nos mémoires. Pour le reste...merci, mademoiselle Anderson. Je vous promets de vous expliquer tout ce que je sais. »

Sur ce, il prit congé, accompagné de deux agents en civil qui auraient tout aussi bien pu faire partie des invités. Ces deux s'étaient simplement changé dès leur arrivée, troquant leurs armures de combat contre des costumes de soirée. Aux yeux du grand public, les agents débarqués dans leurs combinaison intégrale ne portaient le logo d'Arkadia dessiné sur leurs armures, de même qu'ils avaient pour consigne de ne pas vocaliser leur appartenance au groupe. Cela ne serait bien sûr qu'un secret de polichinelle, un moyen de tempérer un peu les réactions avant de passer à la phase suivante : la véritable Arkadia n'allait pas pouvoir rester dans l'ombre indéfiniment, de toute façon. C'était sa manière d'agir par le passé, et quand on voyait où ça l'avait menée, peut-être qu'il était temps d'envisager les choses...différemment. S'occuper de Jao Wang était une étape de plus de ce curieux processus.

Avant de rejoindre l'endroit de la commotion, il passa plusieurs appels, afin de coordonner l'opération, ainsi que d'autres qui se passaient au même moment contre des places de forte de Jao disséminées ici et là sur l'Arche...et même au-delà. Si Wang devait malgré tous leurs effort survivre à ce jour, ce serait pour retrouver une organisation affaiblie. Et puis il fallait bien s'occuper des innombrables hommes de main, lieutenants et autre associés avant qu'il ne cause le chaos une fois libérés de l'influence de leur patron. C'était bien beau de s'occuper de la tête du serpent : il fallait aussi se souvenir que l'hydre avait de nombreuses ramifications, et qu'elle pouvait faire de sacrés dégâts privée de son meilleur cerveau. Arkadia avait mis en place un plan afin de limiter au maximum les dommages collatéraux d'un tel acte, en partenariat avec les hommes de l'Empereur, en Chine, qui allaient agir de leur côté.

Percy manqua de peu la démonstration de force de Miranda, et il ne fut pas surpris par le nombre de corps. Son meilleur agent frappait vite, frappait fort, et en général chaque coup était prévu pour incapacité l'ennemi en une fois, qu'il soit mort ou sans aucun moyen de riposter avant un long, long moment. La blonde se tenait face à Xin Wang, les bras croisés sur la poitrine dans une attitude de défi posé dans la plus grande nonchalance. Mais quand le chien qui était apparu d'on ne sait où se métamorphosa en une femme qui s'empara de Lotte Hoffmeister, Miranda Lockhart se transforma aussitôt en la guerrière la plus redoutable dont elle était capable. Celle qui faisait frissonner même Percy, qui se demanda une fois de plus comment elle aurait tourné s'il ne l'avait pas aidée à se débarrasser des griffes de son père...

"Faites lui ne serait-ce qu'une égratignure, et vous êtes mortes. Toutes les deux." Le ton de Miranda était sans appel, et elle mettrait sa menace exécution même si elle devait finir par passer le restant de ses jours à les pourchasser tout autour du globe. C'était la Miranda la plus terrifiante en action maintenant, l'ultime et implacable machine à tuer qui craignait pour la vie d'une de ses rares amies.

« De la magie... » souffla Percy. « Voilà longtemps que je n'en ai pas vue comme ça en action. J'aimerais que mes sœurs soient là, elles en sauraient plus. »

« Magie ou pas, ce n'est pas ça qui va m'arrêter. Ils ont mon amie, monsieur. Notre... »

« Je sais, Miranda. Et nous prenons soin des nôtres, c'est une promesse que je tiens à cœur. Dans la mesure du possible. »


Puis ce fut au tour de Dahli Anderson d'agir ; sa...fille. Il avait encore de la peine à utiliser ce terme, pas parce qu'il regrettait d'avoir appris une telle nouvelle, mais parce que se découvrir des enfants biologiques ne faisait pas de lui automatiquement leur père, ni eux ses enfants. Ce serait quelque chose qu'ils devraient découvrir tous ensemble, à leur rythme. Mais pour l'heure, ce n'était pas encore le moment d'y penser. Il profita du spectacle, impressionné ; c'était une chose de voir les prouesses d'Anderson relatée dans un dossier, c'en était une autre que de la voir en action en personne. Elle avait disposé sans grande difficulté de la sorcière, qui gisait maintenant étendue sur le sol. Des agents d'Arkadia se précipitèrent aussitôt vers elle, entravant ses bras et ses jambes de menottes électronique capable d'envoyer un choc au moindre comportement étrange ; la sorcière ne s'enfuirait pas. Dans le même temps, Percy eut l'occasion d'assister aux talents de combattants de son fils. Là où Dahlia était finesse et précise, Léon se jetait au combat avec le sourire, et se montrait capable d'une grande sauvagerie. Percy sursauta très légèrement quand le peintre fut touché par une balle, et fut d'autant plus surpris de le voir repartir à l'assaut de plus belle, nullement gêné par la blessure. Un don qui lui permettait de repousser la douleur peut-être, ou un facteur auto-guérisseur ?

Au même moment, profitant de la réapparition des pouvoirs, un jeune asiatique au sourire sincère et aux cheveux ébouriffés s'était matérialisé aux côtés de Lotte et Dahlia : « Bonjour ! Exit, je suis avec Arkadia. Une solution de sortie, si on veut. Agent Hoffmeister, je suis censé vous amener en sécurité. Le transport est un peu inconfortable, mais... »

Seulement, un autre homme s'interposa, et Percy reconnut le jeune Kevin Scoltly, qui était un ami de Lotte. Il hocha la tête à l'intention d'Exit pour lui signifier qu'il pouvait laisser faire. Rose avait confiance en Scoltly, et Niki serait en sécurité avec lui. Malgré tout, il ordonna à Exit de les suivre de loin, ne serait-ce que pour s'assurer de leur position et de pouvoir leur permettre de s'enfuir si un autre danger les menaçait. Percy tenait sa parole, à chaque fois que c'était possible. Et quand ça ne l'était pas, il essayait de tout faire pour que ça le devienne.

« Je protège toujours mes agents, miss Anderson. Dans la mesure du possible, encore une fois. Il y a des éléments qui échappent à mon contrôle, et je suis loin d'être infaillible. Mais tout ce que je peux faire, je le fais. Je prends la sécurité et le bien-être de madame Hoffmeister très au sérieux. De même que la vôtre, et celle de votre frère. Pas parce que je viens de découvrir que nous sommes parents, du moins pas uniquement ; mais parce que vous êtes une agent, miss Anderson, et même si vous le faites en free-lance, pour moi ça voulait quand même dire que vos faisiez partie de la famille. Et maintenant, on dirait bien que ce n'est plus que métaphorique. Quant à vous, Léon, comme je l'ai dit tout à l'heure, je suis heureux d'avoir fait votre connaissance. Vos talents sont indéniables. Et vous pouvez dorénavant compter sur moi, pour quoi que ce soit. Nous reparlerons plus tard de...l'incident dans les buissons, à tête reposée. Je suis également impressionné par le lien qui vous unit, à voir le changement de comportement de Léon. Et non, je n'avais pas de problème avec vous sans ça. Mais avant toute chose... » Il envoya une commande sur son téléphone, et un agent d'Arkadia en civil fendit la foule pour les rejoindre, une trousse de secours à la main. « Cet homme va s'occuper de votre blessure, si vous le voulez bien. »

Puis, tandis que le médecin se préparait, Percy reprit : « La femme qui vient de décapiter Jao Wang a mis ce piège sur pieds avec la participation d'Alexander Feuerbach, Tous deux en transformé ce mariage en l'ultime mise à mort, comptant à la fois sur la présence de Nikolas Cnossos pour tempérer les pouvoirs -j'ignore pourquoi ils sont revenus d'ailleurs, d'autant que la duchesse est toujours en vie- et probablement sur ma présence et celle d'Arkadia au cas où ils auraient besoin d'un coup de main. De mon côté, je m'y attendais, aussi ai-je fait les préparatifs nécessaires au cas où. Je suis navré que ce soit passé pendant le mariage de ton amie, Dahlia, et qu'elle y ait été mêlée d'aussi prêt. Je n'aurais jamais cautionner ce plan, si on m'avait demandé mon avis, ou j'aurais agi différemment. Là, je ne pouvais que limiter les dégâts le plus possible, m'insérer dans l'opération pour en contrôler ces effets. Si l'agent Hoffmeister -ou n'importe quelle autre personne qui n'avait rien à voir entre cette guerre Wang/Feuerbach- avait été sérieusement blessée ou pire... J'aurais demandé des comptes. Quant à Jao Wang... Malgré les circonstances, sa mort est une bonne chose. Pour l'Arche, et pour d'autres villes flottantes. C'était un homme dangereux, et cruel, capable de choses terribles simplement parce qu'il recherchait plus de pouvoir. Dahlia, Léon, je vous remercie de votre aide. Mais sachez aussi que vous avez le droit de me demander de l'aide sans que j'en attende forcément quelque chose en retour. Je pense...je pense que ce serait bien que l'on prenne le temps de discuter un de ces prochains jours, tous les trois. Si vous le voulez bien sûr. Et avec Ellen, si vous souhaitez sa présence. En attendant, je suis navré, mais il reste quelques détails déplaisants à gérer... »

Se détournant d'eux, il pensait toujours à Léon, et à la sauvagerie dont le jeune homme avait fait preuve. Il y avait eu quelque chose dans ses yeux qu'on retrouvait parfois chez les cas particulier de la Blood Division d'Arkadia ; ce qui pouvait être une bonne chose une fois contrôlée...ou un désastre. Quoi qu'il en soit, Percy allait suivre l'évolution de son fils de près, et s'assurer au mieux de son bien-être. Il s'apprêtait à rejoindre Miranda, quand un mouvement attira son attention du coin de l’œil. C'était comme une silhouette discrète, presque invisible, qui miroitait ici et là entre les lumières de la fête. Un pouvoir d'invisibilité partielle, probablement ; mais si on repérait les signes et qu'on savait où regarder, on pouvait suivre le déplacement de la personne avec une précision acceptable. Et elle se dirigeait droit vers leur petit groupe. Miranda se retourna, et il sut qu'elle l'avait repéré aussi, mais il hocha doucement la tête de gauche à droite pour signifier que cette fois-ci, il s'en occuperait. Il fit nonchalamment quelques pas autour de ses enfants pour se mettre à portée, et...son bras jaillit comme un serpent frappant sa proie. Il se saisit de ce qui se révéla être un autre bas, celui de l'homme dont l'invisibilité se dissipa d'un coup sous l'effet de la surprise. Rose reconnut un des hommes de main des Wang, qui avait eu on ne sait trop comment la chance d'échapper à tout ce barouf (1). Sans attendre, Percy coinça son bras entre les siens et effectua une torsion violente ; on entendit les os craquer sèchement et l'homme hurler de douleur, mais Rose n'en avait pas fini avec l'infortuné garde du corps. Il le gratifia d'un puissant coup de coude dans l'estomac qui lui coupa la respiration, d'un poing qui s'écrasa sur la trachée, et Percy profita de son élan pour se retourner et ficher un bon coup de pied qui s'écrasa sur la poitrine de l'homme, qui fut projeté à terre, émettant de curieux borborygmes pendant qu'il se tenait toujours la gorge. Deux agents d'Arkadia en armure s'en emparèrent et le tirèrent à l'écart, dans le but de le transporter dans une planque. Après tout, disposer d'un ou deux agents vivants de l'organisation des Wang pouvait toujours s'avérer utile lorsqu'il s'agirait de démanteler son empire pour de bon.

Comme si de rien n'était, défroissa les manches de son complet, avant de remettre son col en ordre, et Miranda secouait lentement la tête avec un sourire amusé. Percy souriait lui aussi : cela faisait depuis la Chine qu'il ne s'était pas retrouvé sous le feu de l'action, et ce n'était pas désagréable. Il n'était pas si rouillé que ça après tout et, un deux cents ans, on apprenait quelques trucs lorsqu'on se maintenant en forme. Mais les choses sérieuses reprenaient ; accompagné de Miranda, il s'adressa d'abord à Tohum : « Comment vous sentez-vous ? Je...sais ce que ça fait, d'être celui forcé de tuer un ancien amour en voyant à quel point il s'est égaré, le tout avec un enfant entre les deux. Si vous souhaitez en parler un jour, vous savez où me trouver. Et votre plan à marché. C'était un plan complètement fou, mais... J'aurais aimé que vous me fassiez confiance, que vous me permettiez de vous aider dès le début pour ça, mais je respecte votre décision. Et l'important, c'est que le résultat soit le même. Et...toutes mes condoléances, Diane. Je suis sincèrement désolé que vous ayez dû en arriver là, et je respecte également votre courage. »

Enfin, il restait maintenant l'épouse et le fils du mort, et ils n'allaient guère être évidents à gérer, Percy pouvait le sentir. Miranda avait eu pour ordre de ne pas la tuer si combat il devait y avoir, juste l'empêcher d'aider son mari. Et Percy ne comptait pas la tuer maintenant non plus. Il décida de s'adresser directement à Kim, dont la détresse était évidente :

« Monsieur Wang, que vous me croyiez ou non, je suis sincèrement désolé que vous ayez dû perdre votre père ainsi. Mais l'homme qu'il était devenu ne pouvait plus continuer d'agir impunément. Tous ceux qu'il a fait souffrir, et qu'il aurait continuer de faire souffrir, ont maintenant une nouvelle chance. Je sais bien que mes mots ne signifient pas grand chose pour vous, mais je le pense. Et il reste...à régler la question du cors de votre père. Pour être parfaitement franc, mon premier ordre serait d'incinérer immédiatement le corps afin qu'il n'en reste plus rien. J'ai vu des hommes revenir d'outre-tombe, pire encore qu'ils pouvaient l'être avant. Je suis certain que Feuerbach se proposera pour en disposer, mais je ne lui confierai le corps d'un immortel pour rien au monde. De même, concernant votre mère et ses connexions avec...certaines personnes, je ne serais guère enclin à le lui confier. Mais vous, peut-être que vous arriverez à me convaincre. »

En réalité, Percy pensait à Matthew, et à ce que si serait passé si Percy ne lui avait même pas permis de s'occuper du corps de Marisa pour les obsèques. Oui, avait l'âge, Percy s'attendrissait et concernant le corps de Jao Wang, il n'était pas sûr que ce soit une bonne chose. Mais malgré tout, il était prêt à laisser à Kim Wang une chance. Ce qui ne voulait pas dire qu'il l'écouterait si sa proposition ne lui convenait pas ; mais au moins aurait-il une chance légitime de le faire changer d'avis.

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(1) Il était aux toilettes.
Percy
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Thème: Everybody Wants To Rule The World - Lorde




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