[CLOS] Qu'il parle maintenant ou se taise à jamais ! [Scénario]

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Dim 18 Sep 2016 - 14:15
C’est avec un puissant sentiment de devoir accompli que Sersen s’éloigna du stand de glaces. Une petite brise s’était levée quelques instants auparavant, probablement un vent d’ouest, car il l’avait senti chaud sur son visage. Toute cette activité avait cependant généré une légère sudation chez Sersen, qui ne pouvait tolérer qu’une quelconque odeur s’échappât de ses aisselles toujours fraîches et talquées. Il prit donc la direction des salles d’eau, afin de se rafraîchir quelque peu. Il croisa, en route, une jeune femme asiatique qu’il était persuadé d’avoir déjà croisée, probablement au H2O’s. Dans le doute, il lui adressa un « Madame » de circonstance, tout en se penchant pour lui faire un baisemain. Cela n’était peut-être pas très approprié étant donné la circonstance, mais Sersen se dit qu’au moins il était couvert, et que vu le lieu dont la femme sortait, il espérait elle s’était lavé les mains une fois sa besogne accomplie.

Ses affaires réglées, il sortit des cabinets d’une démarche d’autant plus désinvolte qu’il se sentait frais et immaculé. Il reprit la route de la réception, avec la vague sensation d’avoir laissé quelqu’un en plan un peu plus tôt (sans pour autant se souvenir de qui il s’agissait), mais bon, ce sont des choses qui se font dans ce genre de fêtes. Il passa à côté du groupe des musiciens, et ce qu’il vit lui glaça le sang. Il se raidit, se redressa brusquement, et le sentiment de légèreté et d’insouciance qui s’était emparé de lui au début de la fête s’envola brusquement, comme emporté par une bourrasque.


Il est des moments dans la vie d’une personne où elle sent que tout bascule. Des points de rupture, où le chemin qu’emprunte une vie fait soudainement un virage brusque et inattendu. Ces moments, rares et décisifs, sont déclenchés par une rencontre, une déception, une vision, une douleur… Søren Jensen en avait connu un, dix ans plus tôt, dans un des sombres couloirs de l’historique opéra Garnier. Il avait voyagé jusqu’à Paris pour la retrouver, la surprendre, alors qu’elle jouait dans l’orchestre qui ferait danser la troupe extraordinaire de la maison parisienne. Elle avait joué, ils avaient dansé. Elle l’avait trompé, déçu et Sersen était reparti. Depuis ce jour, il avait décidé de vivre détaché des autres, de ne plus rien laisser l’atteindre, plus jamais à ce point. Et à force de ne plus l’utiliser, de ne plus l’entretenir, la machine avait rouillé, et l’usage même de ce sentiment d’humanité lui était devenu étranger. L’évolution de son don avait précipité le phénomène, et Sersen ne s’autorisait d’être vraiment lui-même et de tomber les barrières que dans des moments spécifiques, précis, où il lâchait la bonde et vivait des moments cathartiques de débauche.

Il n’y avait plus repensé depuis dix ans (ou plutôt, il n’avait pas voulu l’affronter depuis dix ans, car il repensait à Aurore chaque jour qui passait) et c’est chez lui, au H2O’s, dans son lieu, qu’il avait été confronté au souvenir il y avait de cela quelques semaines. Lotte Hoffmeister, la responsable de ce qu’il était maintenant (car il l’avait tenue pour responsable de tout ce qui s’était passé à Paris), était arrivée dans son bar. La rencontre avait été particulièrement pénible, mais c’est suite à celle-ci que Lotte avait cru bon d’inviter Sersen à son mariage. Il avait accepté, de bonne grâce, et maintenant il en payait le prix.

Car Aurore était là. Sans son violoncelle, mais toujours aussi belle, grande, délicate et solide. Ses cheveux, qu’elle n’arrivait jamais à maîtriser totalement, lui tombaient jusqu’au milieu du dos en un amoncellement de boucles brunes parsemées de mèches blanches, comme un lierre sauvage viendrait s’immiscer dans une glycine odorante. Une de ses mains (rugueuses, sculptées par le travail de son instrument, dures au toucher et puissantes) était posée sur la taille de la violoniste que Sersen avait abordée un peu plus tôt. De là où il était, il apercevait son sourire, ses lèvres qu’on eût cru dessinées par Sargent lui-même (Sersen allait régulièrement à la National Gallery of Scotland admirer le portrait de Lady Agnew of Lochnaw pour cette raison précise), entrouvertes sous le coup du bonheur d’être là. Il vit tout d’un coup ses yeux, gris-vert, avec leurs trois points plus sombres (il les appelait les « Ilots de doute ») dans l’œil droit. Elle le regardait, elle lâcha la taille de sa compagne. Sersen, pris de court, fit ce qu’il aurait dû faire toutes ces années auparavant, quand il avait entendu ce cri déchirant de l’autre côté de la porte du logement qu’Aurore avait sous les toits, près du conservatoire d’Edinburgh : il avança vers elle et la pris dans ses bras. Un geste qu’il n’avait plus accompli volontairement depuis, sachant qu’il le réservait à cette femme qu’il avait maintenant en face de lui. Il inspira une grande bouffée d’air, et il lui sembla presque sentir le parfum fruité et entêtant de l’Aqua Allegoria qu’elle portait à l’époque. Il ferma les yeux, dans cette accolade qui aurait dû durer dix ans, et remarqua que ses mains tremblaient alors qu’une larme coulait au coin de son œil.
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Sersen
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Lun 19 Sep 2016 - 13:11
Il y avait un sacré paquet de monde à ce mariage, Grimm gardait un oeil sur ses gamins qui étaient partis aussi rapidement qu'ils l'avaient pu en direction du vendeur de glace, suivi de près pas Charlie, puis carrément Dastan. Ce qui ne manqua pas de le faire sourire, le garçon semblait en pincer vraiment pour la demoiselle. Autant dire que Claire, avait totalement vu juste les concernant. Ou en tous les cas, concernant le directeur de la PH. Mais mieux valait un peu d'amour dans l'air, que de haine.

Il profita du moment où il était seul pour observer un peu les invités autour de lui. Il y avait du beau monde en tous les cas. Sortant de la poche intérieur de son veston son paquet de cigare, il se permit d'en prendre un, pour l'allumer, autant profiter de ce moment de solitude. Avant que son regard croise celui de son épouse, il la fixa alors d'un regard interrogateur. Qu'est-ce que lui avait voulu le maître de cérémonie? Tout en espérant qu'elle ne lui en voudrait pas de s'être permis de fumer.

Restant un instant silencieux, Lewis, sembla réfléchir aux paroles de son épouse. Il trouvait remarquable qu'elle veuille ainsi, toujours, aider les autres. Mais la période n'était peut-être pas tellement propice aux œuvres de charités, loin de l'Arche écossaise. Pour la simple et bonnes raisons, qu'ils avaient tous deux beaucoup de travail. Quoique, ce serait peut-être une excellente raison de laisser les enfants à la Potential Home et voir comment ils s'en sortaient, en se retrouvant à devoir y dormir aussi.

- Tu sais bien que je ne serai jamais contre. Après, est-ce que tu penses avoir le temps pour le faire? Je peux parfaitement m'occuper des petits pendant ton absence. Si on décide de les placer à la PH, en tous les cas. Avec un petit sourire.

Toute la fine équipe revenait alors victorieuse, glace dans les mains. Ce qui ne manqua pas de faire rire le père, acceptant sans autre problème que les gamins retournent ensuite gambader dans le jardin. Autant qu'ils usent cette énergie qu'ils avaient. Il suivit sans autre sa cavalière.

- Pourquoi pas. Ça lui fera sans doute plaisir. Le conteur aurait bien rajouté quelque chose, mais son fils déboula à toute allure vers eux, pour leur raconter un truc, dans un débit difficile à suivre, même pour quelqu'un comme Claire, qui n'avait aucun problème d'ouïe.

Le récit était certes étrange, Claire prit cela pour de l'imagination, le père Richards, se demanda ce qui avait quand même pu tirer autant d'idée à ses enfants. C'est vrai qu'un homme en noir, avec un sabre, était assez étrange. Il regarda son épouse, qui sembla ne pas vouloir en faire plus de cas, mais quand Charlie les rejoignit alors pour parler d'une femme avec, elle aussi, une arme. Les sens du père commencèrent doucement mais sûrement, à s'allumer.

- Hum, non c'est loin d'être commun, surtout dans un mariage. Nous devrions peut-être avertir la sécurité...

Il y avait suffisamment d'hommes de main dans les parages, pour faire passer le mot. Non?
Grimm
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Lun 19 Sep 2016 - 19:45
Je quittais Sersen des yeux, toujours un peu perplexe. Enfin bon, rien de grave finalement, et j’aurais peut-être l’occasion de davantage discuter avec lui lorsque nous nous pencherons sur son problème de moteur. Et puis, ça me permettait de me concentrer sur Charlie et les enfants, ainsi que sur les glaces. Il me semblait que cela faisait une éternité que je n’en avais pas mangées, mais comme quoi, fréquenter la jeune femme avait des influences sur moi. Et plutôt positives. Tout à ma réflexion et à mon hésitation, je finis par prendre mon courage à deux mains et à profiter que nous étions seuls pour amorcer un début de conversation, d’abord sur les mariées.

"Cette zone ?" demandai-je en haussant un sourcil surpris tout en essayant de terminer ma glace sans en mettre partout. Une maladroite, peut-être… Mais je ne doutais pas qu’elle soit sympathique, et si Charlie me le confirmait. J’acquiesçai donc à sa proposition d’aller les trouver une fois nos glaces terminées. Ce qui me laissait avec l’autre sujet que je voulais aborder. Sans vraiment savoir comment le faire, mais tout en restant néanmoins déterminé à lui demander. Même si voir Charlie me fixer droit dans les yeux ne m’aidait pas vraiment. "Eh bien, je…"

L’apparition d’une des mariées m’interrompit dans mon élan, celle que Charlie ne connaissait pas apparemment. Cependant, je retrouvais rapidement contenance et un sourire pour saluer la dénommée Anna. Sincère et souriant, je hochais doucement la tête pour la saluer.

"Enchanté, et toutes mes félicitations. Ma foi, pourquoi pas. J’espère qu’il y aura assez de matière pour faire un article intéressant, mais je vous ferai parvenir mes coordonnées pour que nous puissions en discuter à un autre moment. Merci de votre intérêt."

Si je ne savais pas vraiment ce qu’on pouvait dire sur moi, je parlais toujours avec beaucoup de plaisir de l’école. Contribuer à la faire connaître et à partager ses valeurs et cela faisait également partie de mon travail.

Une fois la mariée parti, je dus revenir à des considérations toutes autres et retrouver ma concentration pour reprendre là où je m’étais arrêté avec Charlie. Pour être une nouvelle fois interrompu, alors qu’elle s’éclipsait pour aller aux toilettes et dégager ce qu’elle pouvait avoir dans l’œil. Je restais un plan, toujours un peu perdu, avant de finalement pousser un énorme soupir, portant instinctivement une main qui mon cœur qui battait la chamade. Est-ce que j’allais y arriver ? Je ne pouvais cependant pas m’arrêter là… Je voyais déjà Gear me tourmenter encore plus si je rentrais sans même aborder ce sujet avec Charlie. Sans lui dire ce que je ressentais, et savoir si c’était réciproque.

Je décidais de me promener un peu parmi les invités pour me changer les idées et mieux me préparer pour le retour de Charlie. Mais alors que je passais à côté d’un serveur, ce dernier sembla se prendre les pieds et commença à tomber dangereusement vers l’avant. Dans un geste réflexe, je ralentis le temps et me déplaçais souplement pour réceptionner l’homme d’une main, ainsi que son plateau rempli de quelques coupes de champagne de l’autre. Ramenant le cours du temps à la normale, j’observais l’homme avec un air légèrement concerné.

"Tout va bien ? Rien de cassé ?"

Mon regard suivit alors le sien et je remarquais alors que sa chute avait failli se produire sur un convive. Et pas n’importe lequel. Surpris, j’observais Feuerbach pendant quelques silencieuses secondes, et tout en tenant toujours le serveur et le plateau dans les mains. Finalement, et puisque tous les désastres avaient été évités, j’aidais le serveur à se remettre sur pieds et lui tendis son plateau, souriant doucement face à ses remerciements balbutiants. Je reportais ensuite mon attention sur l’allemand, une expression plus neutre sur le visage, et le saluai d’un hochement de tête poli.

"Monsieur Feuerbach."

Il n’était pas correct de dire que je n’appréciais pas de l’avoir croisé, mais disons que j’aurais préféré éviter. Enfin bon, je n’étais pas rancunier à ce point, et même si l’individu ne m’inspirait pas vraiment, il ne semblait pas nuire à Delight pour l’instant. Et c’était tout ce que je lui demandais.

Charlie choisit cet instant pour revenir, et je pris rapidement une mine à la fois étonnée et concernée lorsqu’elle mentionna un invité ayant sorti un poignard. Mes yeux passèrent d’elle à Feuerbach, qui avait dû entendre cela aussi.

"Euh non, normalement pas…" J’interrogeais l’homme d’affaire du regard, qui devait certainement savoir si une telle chose était normale ou non. Mais si nous étions dans ce dernier cas de figure, alors c’était plutôt inquiétant… J’attrapais doucement la main de Charlie pour l’éloigner, laissant Feuerbach prendre en main la suite, tout en restant sur mes gardes. "Viens, on va laisser ça à la sécurité. Et le repas va bientôt commencer, il faut retrouver Saoirse."

Mais sur le chemin vers les tables, j’oubliais rapidement cet incident pour revenir à mon problème initial, qui, décidément, ne semblait pas vouloir quitter mon esprit. Je m’arrêtai alors soudainement, fixant le sol à la recherche de mes mots.

"Pour tout à l’heure, ce que je voulais te dire…"

Je sentais que je recommençai à rougir, et que mes pensées se dérobaient de nouveau à moi. Serrant légèrement la mâchoire, je pris une profonde inspiration et mis toute mon énergie à me calmer et à redevenir maître de moi. Je savais que c’était une chance que je sois en vie, et qu’il me soit accordé de vivre sans me soucier de savoir si mon cœur allait me lâcher à chaque moment. J’avais depuis trop longtemps enfermé mes émotions pour survivre, et ce n’était plus nécessaire. Je devais apprendre à vivre avec ces sentiments, et à les gérer. Et je devais commencer maintenant.

Un peu moins rouge, je reportais mon regard sur Charlie, et la fixais avec attention. Trop peut-être, mais tant pis.

"Ce que je voulais te dire, Charlie, c’est que je t’apprécie. Mais… plus que comme une amie. Plutôt comme… les mariées aujourd’hui. Ou comme Lewis apprécie Claire. Cette sorte d’affection." Je déglutis, mais les mots sortaient tout seuls à présent et étonnamment. "Je n’ai pas l’habitude de gérer ce genre de choses, c’est vrai. Mais j’aime vraiment être à tes côtés, et je voulais savoir … si c’est réciproque. Je voudrais te rendre aussi heureuse que tu me rends heureux. Et j’aimerais bien que ça continue. Parce que je t’aime."

Sur cette belle phrase, que j’avais pourtant prononcé jusqu’au bout, et dans mon agitation de plus en plus marquée au fur et à mesure que je animais dans mon discours, mon pied buta contre un obstacle et je m’étalais de tout mon long par terre. Parce qu’autrement, ça aurait vraiment été facile…
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Mer 21 Sep 2016 - 20:34
Beleth salua d'un simple mouvement de la tête Percy, qui risquait d'avoir droit à une belle révélation. Le choc serait-il suffisamment rude pour le déstabiliser, comme semblait l'espérer sa compagne? Difficile à dire. Il ne connaissait pas assez Rose, pour tenter de deviner la façon dont il allait prendre la nouvelle. Il fût un instant surpris par les pensées de sa seconde, quand cette dernière passa devant lui.

*Et pourquoi personne n'amène ces fameux gâteaux!?*

Le noble haussa légèrement un sourcil, mais n'en fit pas plus cas, il marchait aux côtés de son épouse, tout en observant les gens autour d'eux. Tout en buvant lui-même son champagne. Ils n'avaient pas été les seuls à repérer leur nouvelle employée, puisque cette dernière, ne manqua pas d'avoir un petit mot charmant à leur encontre, enfin plutôt, une pensée. Encore...

*Oh y a les vieux. Coucou les vieux. Ouais en fait, j'irai les saluer plus tard.*

- En effet, elle semble ravie de nous voir. Lâcha-t-il avec un petit sourire amusé, tandis qu'il fixait la demoiselle de son regard insondable. Il se demandait encore pourquoi Nikolas l'avait choisie, elle lui avait dit qu'elle était plutôt capable, malgré sa tendance à se montrer quelque peu... impertinente.

*C'est peut-être pour le gâteau, qu'elle a prévu le couteau, au cas où ?*

Décidément, les gâteaux étaient une préoccupation importante des esprits féminins aujourd'hui... certes elles pouvaient être gourmandes mais de là à...

*Et dire que mon père aime porter des bas-résilles!*

... Oui parfois, il était très spécial de vivre avec un donc comme celui qu'avait le duc. Surtout dans des moments où beaucoup de personne se trouvaient au même endroit. Tout se mélangeait souvent, ce qui rendait l'écoute des esprits un peu chaotique. Mais, ayant une certaine habitude de la chose, il prenait plutôt cela avec amusement, d'où le petit sourire en coin qui ne quittait pas ses lèvres. Bien que l'un de ses sourcils se soit levé à cette dernière pensée. Bien incongrue, il fallait le noter.

Pourtant, souvent ces pensées lui offraient des informations précieuses, il pourrait toujours ressortir à M. Rose, cette histoire de bas, si un jour, il se montrait trop suffisant face à eux. Strega n'était pas en état de l'écouter pour le moment, puisqu'il croisait l'inspectrice, qui semblait déjà être sur le départ... le jour de mariage de sa nièce. L'homme laissa les deux femmes discuter sans les déranger, continuant d'observer la ronde des mariées, avec leurs invités.


*Marre de ce bustier qui me scie en deux... si seulement qu'un avait la gentillesse de me l'enlever.*

Il serait mal venue de la part du peintre de directement aller en faire la proposition à la mariée, mais des pensées pareilles, ne pouvait pas le laisser de marbre.

*Comment mouiller quelqu'un, en toute discrétion?*

*Je vais tellement pouvoir faire plein de truc avec cette clé à molette!*

*Ces tâches d'herbe vont être infernales à laver.*

Wow, wow... ça commençait à faire beaucoup en même temps.

*Il perd rien pour attendre celui-là!*

Il tourna la tête pour remarquer la deuxième mariée qui marchait d'un pas sûr d'elle, qu'est-ce qui venait de la contrariée? Son épouse attira alors à nouveau son attention, alors que Rix quittait pour de bon le site.

*Mieux vaut se retrouver face à un cadavre, que de continuer à côtoyer tous ces gens.*

Charmant. Il montra alors une direction avec son menton.

- Juste là. Un problème Nikolas?

Il la sentait tendue. Voilà bien la seule femme dont il ne pouvait entendre les pensées, mais depuis le temps, Vito n'en avait plus guère besoin. Il lui suffisait de l'observer, pour savoir ce qui pouvait un peu lui passer par la tête et il sentait que quelque chose clochait. Elle avait l'air méfiante ou sur ses gardes. Ce qui pouvait être compréhensible vu tout le beau monde qui se trouvait là, mais c'était une inquiétude qui semblait plus profonde.

Il remarqua alors un homme s'étalant de tout son long devant une jeune femme... c'était une façon d'entrer en matière.
Beleth
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Mar 27 Sep 2016 - 21:43
Dahlia. Une lueur de soulagement passa sur le visage devenu légèrement plus pâle de la danseuse. Alexander avait néanmoins relâché sa prise non sans la fixer une dernière fois de son œil glacial. De ses grands yeux d'ambre, elle lui avait rendu ce regard, raffermie par la présence de son amie. Elle lui avait murmuré quelques mots - pique cinglante à laquelle il s'était gardé de réagir - avant de venir prendre Dahlia par la main, un grand sourire sur les lèvres :

-Dahlia ! Tu ne pouvais pas mieux tomber ! Elle avait insisté sur les mots avec un accent qui ne laissait place au doute puis l'avait entraîné à sa suite dans le château.

Bras dessus, bras dessous avec son ex-amante, elle n'avait pas eu besoin de lancer un regard en arrière pour sentir celui de son frère sur sa nuque. Aussi, elle les avait entraînées dans un dans un charmant petit boudoir, au calme. Lâchant le bras de la belle, elle avait soigneusement refermé la porte derrière elles avant de laisser échapper un petit, soupire. Son sourire avait tout à coup disparu ainsi que cette mine faussement joyeuse. Elle se laissa tomber sur un petit fauteuil Louis XV et posa sa coupe de champagne à moitié vide sur un petit guéridon d'acajou. D'un air sombre, elle observa une dernière fois le jardin par les larges portes-fenêtres qui garnissait la pièce. Voyant Alexander s'éloigner et remonter une allée, elle finit par prendre la parole, avec cet accent à la fois reconnaissant et blasé :

-Merci d'être venue, tu n'imagines pas de quelle interminable et ennuyeuse conversation tu m'as tirée. Elle tourna finalement son visage vers la sublime Persona. Oh mon dieu... mais c'est quoi cette mine effroyable ? Se redressant pour aller au-devant de sa demoiselle d'honneur. Qu'est-ce qui se passe ?

Malgré ses propres préoccupations, Lotte n'avait pu louper la mine contrariée imprimée sur le visage de la chanteuse. Toute habile actrice qu'elle était, Dahlia ne pouvait tromper notre héroïne. Pinçant légèrement les lèvres de contrariété – celle de savoir que quelque chose troublait une personne chère – elle était prête à l'écouter si cette dernière voulait lui parler de quoi que ce soit et elle espérait que Dahlia en était consciente.

Et puisque l'heure était aux confidences, Lotte se devait de continuer ce pour quoi elle avait attiré la jeune femme ici.

-Dalhia... elle ne savait pas bien par quoi commencer. Je devais te remercier d'avoir accepté de venir à ce mariage. D'être ma demoiselle d'honneur... je me rends compte à quel point cette demande à pu te paraître étrange ou déplacée, mais j'avais vraiment de ça. Pour ne pas dire « de toi ». Sur les lèvres de la jeune mariée, un petit sourire triste s'était dessiné. J'aurais vraiment aidé pouvoir te présenter Anna plus tôt qu'aujourd'hui, te parler de ce projet de mariage... tout a été un peu précipité.

D'un geste un peu vague de la main, elle désignait l'espace, comme pour parler de l’événement, le mariage, le décorum.

-Tout ça, c'est... De la poudre aux yeux ? Elle aurait voulu pouvoir expliquer à son ancienne amante les enjeux, les réelles motivations qui avaient été à l'origine de cette comédie, mais à quoi bon, cela ne changerait plus rien, surtout pas entre elles, alors la ballerine garda son remord -celui de l'avoir laissée partir pour l'Angleterre, quelques années en arrière... Elle laissa sa phrase en suspens.

-Il y avait autre chose dont je voulais te parler. Je sais que c'est le pire moment pour le faire, mais j'ai peur de ne pas avoir d'autre occasion... un silence s'installa pour quelques secondes, le temps que l'étoile prenne son courage à deux mains. Elle n'aimait pas faire ça. Mettre des mots sur tout ça. Je suis malade, Dahlia. Un mal dégénératif, lié à mon don. Il n'y a pas grand-chose à faire pour le moment... mais la question n'est pas vraiment là, comme tu le vois je ne suis pas aux portes de la mort. La belle épousée se força à rire, mais sa voix se brisa légèrement. Seulement... seulement, si tu le veux bien, je voudrais qu'on passe plus de temps ensemble. Tu sais, pas juste se croiser dans les galas, se faire des clins d’œil et attirer l'attention de l'autre avec des comportements puérils... Je voudrais qu'on retrouve... au moins cette amitié qu'on avait. Pendant qu'il est encore temps... sa voix se perdit dans un murmure, mais elle ne baissa pas les yeux, continuant d'observer avec attention sa si chère interlocutrice.

Elle déglutit avec peine. Ses yeux étaient très légèrement humides, mais elle ne pleurait pas. Elle avait glissé sa main dans celle de la belle fleur et la serra très légèrement. Elle s'en voulait de lui apprendre la nouvelle aussi rudement, mais elle n'avait eu d'autre choix que de le faire avant qu'il ne soit trop tard et qu'elle ne regrette de ne l'avoir jamais fait. Aussi, Lotte se força à sourire, à reprendre le contrôle. Elle posa un baiser sur la joue fraîche de son amie avant de tourner les talons et de l'abandonner à ce petit salon privé tout à fait coquet. Se retournant une dernière fois avant de sortir, elle aborda un petit air espiègle :

-J'ai peur que l'on m'attende pour le repas. Promets-moi de t'amuser encore un peu ce soir.

Et elle s'envola. Elle n'avait pas eu le choix. Elle n'aurait pas eu le courage de rester une seconde de plus, pas sans s'effondrer, et ça, elle ne pouvait se le permettre.

Lorsqu'elle retrouva l'ensemble des convives rassemblés dans la grande de réception élégamment décorée, autour des tables chiquement dressées, elle souriait de ce sourire que tout le monde attendait de voir sur ses lèvres.
Nikiya
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Mar 27 Sep 2016 - 21:44
Du coin de l’œil, le milliardaire avait avisé l'approche de miss Anderson, aussi avait-il lâché, un peu à contrecœur, le bras de sa cadette. Qu'elle se défile autant qu'elle le souhaitait, elle n'échapperait à cette conversation et peu importait qu'il doivent rabâcher encore et encore pour faire entrer quelque chose dans son esprit récalcitrant.

-Et toi ? À quoi joues-tu ? Avait-elle murmuré entre ses dents avant que la belle danoise n'intervienne.

Leurs regards s'étaient soutenus pour quelques secondes, mais l'allemand n'avait pas relevé. Il savait pertinemment ce qu'elle essayait de faire. Vainement. Il avait reculé d'un pas, laissant la jeune femme et ex-amante de sa sœur entrer dans le cercle de leur conversation. Ses traits avaient retrouvé leur placidité habituelle et il posa sur la demoiselle d'honneur un œil qui ne laissait trahir aucune émotion quant à cette intrusion soudaine. Il n'avait pas imaginé Lotte agir autrement qu'elle ne l'avait fait, c'était à dire par la fuite, aussi, il observa les deux jeunes femmes s'engouffrer dans l'imposante bâtisse. Et puisqu'il n'y avait plus rien à faire pour le moment, il rejoignit le parc d'un pas tranquille, laissant derrière lui des préoccupations familiales dont il se serait assurément passé.

Il avait rejoint l'italien qui l'accompagnait et qui, d'un seul coup d’œil, avait perçu la très légère ride qui creusait son front. D'un regard noir au Méditerranéen, Alexander avait balayé toutes les questions naissantes dans l'esprit de son amant. Ce dernier s'en était alors tenu à un silence légèrement résigné. Il sentait la mauvaise humeur soudaine de l'industriel sans être capable d'intervenir. Un sentiment qui aurait pu provoquer la montée de quelques nuages à l'horizon.

Pour sa part, dans ce genre d’événement, l'homme d'affaires échappait rarement à la tranquillité et tandis qu'un entrepreneur quelconque venait courtiser son portefeuille d'investissement, il observait avec la plus grande attention la jeune hôtesse qui se dirigeait avec ce pas sûr, mais diligent, vers les Lampeduza afin de les convier au dîner, réparant ainsi l'erreur faite et présentant les sincères excuses de l'organisateur, c'était à a dire monsieur Feuerbach en personne. Comme l'on pouvait s'en douter, l'erreur n'en était évidemment pas une. Bien évidemment, le génie aurait préféré garder le duc et la duchesse loin de cette réception, mais, à delà de la demande explicite de l'une des mariées pour leur présence, l'allemand devait reconnaître qu'il avait besoin de Cnossos. Ou tout au moins, de son don et son influence. Mais il reviendrait vers l'immortelle plus tard dans la soirée, il voulait lui laisser encore quelque temps pour profiter de ce beau début de soirée.

D'ailleurs, une préoccupation plus immédiate occupa une partie de l'esprit de notre milliardaire qui eu, une nouvelle fois, l'occasion d'être le témoin d'un phénomène toujours aussi étrange que fascinant à observer, c'était à dire, être le témoin extérieur de ce petit jeu sur le cours du temps.
À vrai dire, le plus surpris devait probablement être le serveur qui, pour quelques raisons inconnues, avait perdu l'équilibre. Alexander s'était contenté de tourner légèrement la tête. Son esprit décodait déjà la situation et avant même qu'elle ne se produise en connaissait le résultat, désastreux pour son complet neuf. Mais dans le calcul des probabilités s'était interposé un talent qui ne lui était pas inconnu. Aussi, l'issue s’avéra moins fatale et au lieu d'une demi-douzaine de coupes de champagne se reversant sur sa personne, Alex Mason s'était comme matérialisé pour soutenir le malheureux maladroit. Alexander, déjoué dans ses statistiques plutôt sans faille arqua légèrement un sourcil, se félicitant -comme rarement- de s'être trompé.
Une fois le serveur remis sur pied, balbutiant quelques excuses doublées de remerciements, le directeur de la Potential Home lui fit ses salutations, auxquelles il répondit avec une neutralité parfaite, comme si cet incident, qui aurait pu être bien plus malheureux, ne s'était produit :

-Monsieur Mason.

Plongeant son regard de jais celui du prodige avec une intensité qui laissait impénétrable sa pensée, il ajouta :

-Merci pour votre remarquable habileté.

Habileté qui serait remise en question quelques minutes plus tard, mais nous n'en étions pas encore là. Une fois ces quelques cordialités échangées, l'allemand allait se détourner pour reprendre là où avait été abandonnée une quelconque conversation. Après tout, autant ne pas imposer à ces deux hommes leur présence mutuelle. Pourtant, une partie de l'attention du milliardaire fut encore sollicitée quelques instants, tandis que mademoiselle Charlotte Edgeworth revenait au bras de son cavalier et laissant échapper quelques paroles qu'il ne pouvait ignorer. Pourtant, sans marquer la moindre surprise, ou même désagrément à la nouvelle, l'homme d'affaires répondit à la jeune femme, comme à son accompagnateur qui semblait attendre une réponse. Son ton était un peu froid, mais, somme toute, poli :

-C'est choses peu communes en effet, Mademoiselle Edgeworth. Posant davantage son regard sombre sur Mason, il ajouta avec aplomb. Mais je peux vous assurer qu'il n'y a aucun souci à avoir.

Et comme il s'apprêtait à les abandonner, il fut à ce moment même appelé ailleurs, s'excusa auprès du duo et suivit l'homme qui était venu le chercher. Dans son oreillette, il écoutait sans rien dire le rapport de sécurité que lui dressait son garde du corps. Un petit sourire passa comme un éclair sur ses lèvres pâles et, passant aux côtés d'Arturo, prit le bras de son amant pour rejoindre le château où le repas allait être donné.

***

Le faste du repas fut d'ailleurs incomparable et si des invités eurent encore à douter de la qualité du mariage, le dîner effacerait sans mal ces réticences. Les mets les plus fins se succédaient avec une fluidité et une efficacité parfaite. Chaque plat était une combinaison parfaite entre l'association des saveurs et des textures et se trouvait accompagné des meilleurs vins. Un réel dommage pour ceux dont la nature les avait privés du goût.

Notre protagoniste observait le déroulement de ce repas d'un œil scrutateur et précis. Ses yeux noirs, son visage pâle et sans expression lui donnait étrangement ses airs d'oiseaux de mauvais augure, d'autant plus dans l'enthousiasme grandissant de la soirée, ponctuée de rire et de bonne humeur.
Mais il ne fallait pas croire, lui aussi, profitait à sa manière de ce mariage. Plus qu'il ne le laissait percevoir.

Bientôt, il s'était agi pour nos deux jeunes mariées d'ouvrir le bal. Ravissantes, elles éblouissaient la piste de leur grâce. Lotte avait bien évidemment cette élégance incomparable dans la danse, mais Anna avait pour elle cette innocence touchante qui équilibrait parfaitement le couple. Un instant de grâce.
Mais déjà la piste accueillit l'ensemble des convives souhaitant se joindre aux épousées et, lorsqu'un homme se dirigea vers le bras droit du directeur d'Arkadia, Alexander sut que c'était le moment.
Il s'éclipsa au regard de tout tandis qu'on apportait la pièce montée. Un chef-d'œuvre de pâtisserie que les deux femmes ne tarderaient pas à découper et dont chacun pourrait, après avoir satisfait ses yeux de cette petite œuvre d'art comestible, régaler ses papilles.
Seule, peut-être, celle qui avait attendu le plus cette monumentale pièce culinaire devrait s'en passer.


À l'extérieur, la nuit commençait à tomber paresseusement. Ici et là, sur des terrasses de pierres, directement adjacentes aux portes-fenêtre de la grande salle, étaient venus s’aère quelques invités, soit pour profiter de la fraîcheur de la nuit, soit pour venir fumer une cigarette. Quelques couples discutaient aux pieds des fontaines et des amis riaient et buvaient joyeusement dans les alcôves des bosquets du parc voisin.

Lars s'était presque matérialisé aux côtés de son employeur qui venait de s'allumer une cigarette et tirait à longs traits la nicotine. Il commençait à ressentir la fatigue. Pas celle d'une longue journée où il avait été sans cesse sollicité. La fatigue physique. Celle sur laquelle il forçait, encore et encore, poussant jusqu'aux limites le traitement expérimental. Les prochains jours seraient les pires... Mais l'heure n'était pas à se préoccuper de son corps défaillant. Alors, d'un hochement laconique de la tête, le milliardaire donnait à son homme de main le dernier ordre de la soirée. Sans sourciller, le gorille s'était retiré pour exécuter les impératifs de son jeune patron.
Alexander tira alors de sa poche deux téléphones. Il écrivit deux messages sur le premier. Un seul sur le second, puis avisant une fontaine, il laissa tomber l'un des deux téléphones dans l'eau.
Verstand
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Mar 27 Sep 2016 - 21:44
Lotte avait cette boule au ventre qui ne la quittait plus. Sa main, sur le couteau, tremblait légèrement. Heureusement, celle d'Anna était venue se poser sur la sienne et, comme un seul homme, elles avaient glissé la lame dans la génoise fondante et le glaçage avait craquelée dans un petit bruit caractéristique. Malgré les sourires, elle pouvait sentir que la femme à ses côtés percevait son trouble. Elle lui avait d'ailleurs jeté un petit regard étrange, mais Nikiya s'était contentée en retour d'un sourire crispé avant de déguster un bout des lèvres une part du traditionnel gâteau. Pourtant, elle ne pouvait quitter son frère des yeux. Il s'était, un peu plus tôt, arrêté à la table des Lampeduza pour glisser quelques mots à l'oreille de Nikolas et à cet instant même, au creux de sa poitrine s'était installée une angoisse qu'elle n'arrivait pas à chasser. Il s'éclipsait dans le jardin.
L'étoile aurait voulu pouvoir fermer les yeux un instant, les rouvrir et s’apercevoir que rien de tout cela n'avait eu lieu. Mais à la place, elle balaya du regard la salle comme si elle eut voulu y trouver de l'aide. Sans réfléchir, elle lâcha le couteau, déposa un baiser sur les lèvres d'Anna et rejoignit l'extérieur, protestant le besoin de s'aérer. Elle aurait voulu s'élancer hors du château, mais à peine avait-elle tenté de faire un pas vers le jardin qu'une masse humaine se mis en travers de son chemin, dans l'obscurité, elle ne l'avait vu et lui était tout simplement rentrée dedans. À demi sonnée, elle releva la tête :

-Miss Hoffmeister, je vous prierais de rentrer pour le moment. Profitez du bal, de votre fête, de votre femme...

-Lars... Le concerné avait doucement posé ses deux énormes mains sur ses épaules pour l'aider à se remettre de cette collision qui semblait ne pas avoir ébranlé la montagne d'un millimètre. Où est Alexan...

-Je suis là Lotte. Sa voix sombre s'était élevée plus loin dans l'obscurité, mais la douceur de son ton contrastait. Sortant de l'obscurité pour la lumière d'un lampion, il s'approcha de la jeune femme, écrasa sa cigarette dans un cendrier avant de passer un bras autour de ses épaules. Allez, viens et offre-moi une danse.

Sans qu'elle ne se sente la force de protester, elle le suivit sur la piste.

Passant ses bras autour de son torse, elle posa sa tête contre son épaule et se laissa aller à la voix langoureuse de la chanteuse.

-C'est trop tard, Lotte. Mais tout cela sera bientôt terminé.

Il pouvait sentir les larmes silencieuses qui coulaient des grands yeux de celle qu'il voulait protéger. Quoi qu'elle en dise.
Nikiya
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Mar 27 Sep 2016 - 21:48


" Ne demeurez pas dans le passé, ne rêvez pas du futur, concentrez l'esprit sur le moment présent. "
Bouddha

music



Sveda observait Cassiopée au moment où elle reçut (enfin) le message d’Alexander. L’appréhension qu’elle refoule, depuis le début de la soirée, atteignit la stratosphère. Elle rangea l’appareil dans la poche arrière de son pantalon, lente. Elle sortit de sa cachette, à pas de loups, pour rejoindre le point de rendez-vous… Cette fois, les jeux étaient faits. Le chapitre allait bientôt se terminer.


**



    Pour comprendre ce qui est sur le point d’arriver nous devons remonter le temps, au XVIII siècle, en 1775. À ce moment, le monde était encore entier, rond, normal. Par divers faits et hasards Sveda, c’était lié d’amitié avec la fille d’un commerçant chinois, Mei. La jeune fille se trouvait aussi être l’une des chefs d’un groupe dissident Le conseiller de l’empereur celui que l’on nommait Le Samouraï était alors la cible. Cela faisait des mois qu’ils cherchaient un moyen d’approcher le Prodige. Sarah Kane ne tarda pas à se proposer, convaincue par la cause de sa jeune amie.

    Sveda n’eut pas réellement de difficultés pour approcher l’homme en question. Une jeune fille blonde, à la peau pâle et aux yeux bleus, était extrêmement rare en ce temps-là. Encore à ce jour Tohum se demandait si Jao n’avait jamais su la vérité concernant son approche ? Il lui fit une coure assidue. La rose l’avait laissé faire y voyant le moyen rapide d’obtenir ce qu’elle voulait. Cependant, la belle se fit prendre à son propre jeu. Oui, elle finit par être charmée. Dès lors, son réel objectif fut de convaincre Wang.


**



Tout avait commencé deux semaines plus tôt, quand Tohum avait (enfin) décidé de mettre en place la première phase de sa mission. Pourquoi ce moment-là précisément ? D’abord, parce qu’elle redoutait de voir les Lampeduza quitter l’Arche. Ensuite, parce qu’elle voulait (enfin) en finir, avec la menace que faisait planer le Chinois sur ses épaules. Sveda avait besoin d’avancer et elle ne pouvait le faire qu’à condition d’être libérée du passé.

Contrairement à ce qu’elle avait initialement imaginé, c’est vers l’Allemand qu’elle s’était tournée pour obtenir de l’aide. Elle comptait sur son grand pragmatisme et n’abandonnait pas non plus l’idée, de poser les bases d’un accord médical par la suite. L’homme d’affaires l’avait reçu sans rechigner. L’un comme l’autre avait mis sa réserve de côté. À partir de cet instant, tous les deux avaient minutieusement élaboré un plan.

Le plus dur avait été de trouver le moyen d’isoler Jao, sans éveiller les soupçons. Sveda savait qu’il aurait été impossible de le piéger sur son propre terrain. Elle avait vécu avec cet homme, pendant près de six ans, et n’avait pas oublié sa façon de faire. Il ne sortait jamais sans une garde rapprochée. En fait, le Samouraï était tout bonnement inattaquable.

Sveda et Alexander avaient donc créé les circonstances adéquates. Le mariage. En effet, Wang ne serait jamais apparu en public avec plus d’hommes que le strict nécessaire. Ça même s’il savait le directeur d’Arkadia présent sur les lieux, car Jao était aussi paranoïa qu’il était fier. Une faiblesse qu’ils pouvaient tirer à leur avantage.

Ensuite : les pouvoirs. Wang était immortel et il maîtrisait le sable mieux que personne. Ironique, non ? Toutes les tentatives de Tohum pour le maîtriser, au cours des deux derniers siècles, s’étaient soldées par des échecs. Jao était plus ancien, plus expérimenté, plus puissant, qu’elle. Jamais elle n’arriverait à le battre s’il avait toutes ses capacités.

Verstand s’était donc assuré qu'une certaine Lampeduza se trouve parmi les invités ce soir-là. Le pouvoir de Nikolas leur donnerait l’atout inespéré. Sveda y voyait un pied de nez du destin. Peut-être aussi, de la triche, une sorte de trahison, envers la femme qu’elle avait été par le passé. Puis, elle se souvenait de tout le mal dont Jao était le responsable et sa conviction revenait.

Néanmoins, même sans un accès à ses capacités spéciales, le Prodige demeurait toujours un excellent combattant. Grand adapte des arts martiaux, Wang avait été le maître de nombreux guerriers au cours de sa longue vie. Aucun homme, même le plus entraîné, n’aurait pu le tenir en respect. D'ailleurs, Tohum était contre l’idée que quelqu’un mette sa vie en danger à sa place. Elle était celle qui avait décidé d’en finir. C’est donc là que Sveda entrait en scène.

Au cours de toute la préparation, la nomade avait énormément pensé à Jao et à Kim. À la vie qu’elle avait eue avec l’Asiatique. Ces quelques années, où elle avait été Sarah Kane. Tohum avait appris deux choses importantes avec cet homme. La première était que tout coup possédait sa parade. La seconde était que le Samouraï avait une faiblesse. Une seule faiblesse, acquise à la suite d’un combat, qui avait mal tourné. Sveda savait donc comment le déstabiliser, juste assez longtemps, pour pouvoir le blesser et…

Le plan était bien de liquider le tyran oriental. La rose espérait avoir suffisamment de tripes pour aller jusqu’au bout. Jao avait beau être son adversaire, il était aussi le père de Kim. Diane ne pouvait occulter le fait que ce meurtre allait avoir un impact sur ce dernier. Sur la famille Wang et sur leur empire aussi. Elle était sans cesse cisaillée par le doute. La culpabilité.

Avec l’aide de ses hommes de main, Alexander, avait discrètement fait entrer Sveda sur la propriété en début de soirée. Une silhouette anonyme que l’on avait transférée dans le plus grand secret. Par précaution, la rose avait également amené avec elle, suffisamment de sable pour pouvoir se défendre en cas de besoin. Elle ne s’était alors pas rendu compte que sa nervosité sous-jacente la rendait maladroite au point de faire voler le sable dans les airs. Mais, à ce stade, il était trop tard pour faire machine arrière. Jamais, une occasion comme celle-ci ne se représenterait. Une fois sur place, il lui avait suffi de récupérer les armes, une arme à feu et un sabre. Un long sabre japonais, magnifique, car il n’y avait pas mille et une façons d’ôter son immortalité à un Prodige. Si vous voyez ce que je veux dire.

Moins de cinq personnes savaient pour cette opération. Verstand et Tohum s’étaient mis d’accord. Mais, il leur fallait une dernière complice. Celle qui leur fournit l’ultime élément de ce plan. Le téléphone de Kim. Ce même téléphone l’Allemand venait d’adresser un message très alarmant au Chinois qui le forçait à quitter sa garde rapprochée pour se jeter, de lui-même, sous les piques de la rose.

Et maintenant, ils y étaient. Le moment était venu (enfin).
Tohum
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"Le bonheur c'est mieux quand on le partage."


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Mar 27 Sep 2016 - 21:54


    Jao Wang suivait son épouse en direction de la salle de bal quand son téléphone portable s’illumina, pour lui indiquer la réception d’un SMS. Après, l’avoir consulté, il donna une directive ferme à l’encontre de l’un de ses gardes du corps, et partit en sens inverse des invités, pour sortir du château. L’expéditeur du message n’était autre que son fils. Voici ce qu’il lui disait :

      SMS a écrit:
      J’ai décidé de rentrer à Pékin ce soir. Je suis revenu pour te dire au revoir. Viens dans le parc sans Xin. K.


    Furieux, le Samouraï s’avançait dans le grand parc à la recherche de Kim. Wang avançait, sans se méfier, trop préoccupé, par ce qu’il pensait être un ultimatum familial. Comme il n’y avait aucune trace du prodige nul par il entreprit de relire le message. C’est là, qu’il perçut sa présence.

    Tohum se trouvait, à quelques pas de lui, sur sa droite. Une lame à la main elle l’observait en venant lentement dans sa direction. Alors, le Chinois comprit (enfin). Un sourire remplaça la colère sur son visage centenaire.

    Sarah. Annonça-t-il tout en voulant activer son pouvoir.

    « C’est fini Jao. Tu ne peux rien ce soir. »

    Tu crois pouvoir me battre ? Est-ce que ton fils sait ce que tu es en train de faire ?

    Une détonation brisa le calme nocturne. La belle avait tiré dans l’épaule du Samouraï. Une tache de sang se répandit sur sa chemise. Une lueur de surprise se peignit (enfin) dans le fond des yeux noirs de l’Immortel. Il porta la main à la blessure en chancelant.

    « Je ne peux pas te laisser l’avoir. »

    Jao fouillait le parc du regard. Sans doute, cherchait-il une trace de ses hommes. Pourquoi n’étaient pas là ? Il avisa le château et commença à reculer, dans l’espoir de trouver une aide.

    *



    Mrs Wang profitait de ce mariage comme seule une femme influente savait le faire, avec pédant et amusement. Elle observait avec intérêt une femme assise sur sa droite. L’une des directrices des ressources humaines du gouvernement. Une recrue de choix pour l’organisation secrète au service duquel la Chinoise mettait tous ses sourires et ses armes.

    La table à laquelle on l'avait placée était pourvue de personnalités triées sur le volet. Les gens les plus influents du Grand Archipel étaient présents à la soirée. Le destin du monde se décidait entre le fromage et le dessert. La conversation oscillait entre éclats de rire et complots en tout genre. Bien sûr, "Oya" était l'un des sujets de prédilection des grands financiers. La chute de la petite arche du sud avait totalement bouleversé les marchés internationaux. Avec ça une recrudescence dans les activités des cultistes Aoéliens était avérée. De quoi faire frémir, pourtant, la riche asiatique se sentait calme.

    Ce ne fut qu’au moment de se lever pour assister au rituel du dessert que la Chinoise nota la dispersion de ses hommes de main. Intriguée, par cette soudaine absence, elle commença à les chercher. À force d’arpenter la propriété, Xin retrouva leurs traces, derrière l’une des ailes du château. Ils étaient tous là, maintenus en respect par le service d’ordre de l’organisateur.

    Que se passe-t-il ici ? Pourquoi mes hommes sont-ils retenus ? J’exige que vous vous écartiez, messieurs.

    Au loin résonnaient les échos d’une altercation. Les bruits de la lutte semblaient de plus en plus rapprochés. Les hommes de main de l’Allemand ne firent aucun mouvement. Une lueur de lucidité s’alluma dans les prunelles de Xin. Elle glissa tranquillement une main vers sa hanche gauche.

    Où se trouve mon époux, je vous prie ?

    **




    Kim sentit ses cellules se tendre dès qu’il arriva en vue du château. Il était le fils de Tohum et du Samouraï. Plus que n’importe lequel des héritiers de Sveda, il était l’enfant des sables, le fils du désert, à jamais lié à cet élément. C’est ainsi que même sans son don il était à même de ressentir la vibration terrestre qui grandissait autour de la bâtisse. Il se détourna de l’entrée principale et vira vers l’ouest guidé par son instinct.

    Il vit d’abord les hommes en costumes noirs. Xin au milieu d’eux. Il vit ensuite la porte ouverte de laquelle émanaient des ombres et des bruits métalliques qu’il connaissait bien. Un terrible pressentiment s’empara de lui. Il s’élança alors dans leur direction. Il eut tout juste le temps d’apercevoir la silhouette de sa mère, avant qu’un bras ne l’arrête. Elle se battait… contre le Samouraï, contre son père.

    - MAMAN !

    Sveda détourna le regard de sa cible le temps d’une inspiration. L’assaillant profita de cette ouverture pour contre-attaquer. Il bondit armé d’une dague. Premier sang versé pour la belle vengeresse qui n’eut pas de répit. L’échange était vif. Les coups pleuvaient. Mais, Kim fût prestement écarté de la scène, pour sa propre sécurité.

    Alors, qu’il se débattait, il rencontra le regard glacial de sa belle-mère. Un cri de douleur retentit dans la nuit. Un garde s’effondrait sur le sol. Xin arme au poing se préparait à la riposte. La guerre contre le clan Wang était déclarée.
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Jeu 29 Sep 2016 - 21:35
La nouvelle de ce nouveau lien de parenté avec un total inconnu avait complètement bouleversé Leon. Il errait de-ci, de-là dans les somptueux jardins de la propriété, ignorant les individus qu'il pouvait croiser, perdu dans les méandres de son esprit. Ce dont il avait envie par-dessus tout, là, à cet instant, c'était d'avoir un pinceau, de la peinture et une toile vierge sous la main. Il aurait tant aimé faire le tri dans ce torrent d'émotions diverses et parfois même contradictoires. Il avait rencontré son père aujourd'hui. Cette pensée s'insinuait petit à petit et une joie telle qu'il n'en avait plus connue depuis longtemps prenait le dessus sur tout le reste. Un large sourire s'étirait sur ses lèvres alors qu'il commençait à trembler sous le coup de l'émotion. Puis une sorte de malaise l'envahit au souvenir de la réaction de Dahlia. Elle n'avait pas eu l'air ravie de découvrir qui était leur géniteur pour une raison qu'il n'arrivait pas à comprendre. Comment se faisait-il qu'ils se connaissaient déjà ? Etait-ce pour cela qu'elle s'était enfuie de la sorte en les laissant tous en plan ? Il aurait aimé qu'ils en discutent tout de suite afin de clarifier la situation, cependant cette conversation devrait attendre. Le dîner était annoncé et le jeune homme n'avait d'autre choix que de suivre les retardataires qui se pressaient aux portes de la salle. Il sentait que ce ne serait pas le moment d'aborder ce qui le préoccupait et c'est avec un déplaisir certain qu'il se mêla aux autres invités afin de rejoindre sa place.

Sa sœur arriva quelques instants après qu'il se soit assis et c'est avec un grand soulagement qu'il lui lança un regard doux qu'il espérait réconfortant. Il lui prit furtivement la main pour l'assurer de son soutien face au raz-de-marée qu'ils venaient de vivre, puis le repas commença. Zephyr n'était pas un connaisseur en termes de mets raffinés, mais il ne put qu'apprécier le mélange des goûts aussi agréable que parfois inattendu. Il mangea avec appétit et réalisait que le stress de cette journée l'avait éreinté plus qu'il ne l'aurait cru. Il fut également heureux de ne pas avoir à faire les frais de la conversation étant donné que les réponses aux quelques questions qu'il reçu furent pour le moins laconiques. Sa lucidité toute retrouvée, il se perdait dans ses pensées et tentait d'y mettre un peu d'ordre, ce qui ne fut pas facilité par le fait qu'il goûta à chaque vin. L'alcool lui montait à présent à la tête et c'est peut-être pour cela qui décida de la suite des événements. Ou alors était-ce simplement un moyen pour lui de faire redescendre la pression de la journée.

Quoiqu'il en soit, lorsque le repas prit fin et alors que tout le monde attendait la pièce montée, son regard s'accrocha sur l'individu prénommé David qui avait eu le malheur d'insulter sa sœur. Ce dernier, visiblement saoul, se dirigeait hors de la salle, certainement pour assouvir un besoin naturel. Dahlia était en pleine conversation avec sa voisine de droite et Leon était presque sûr qu'elle n'avait pas remarqué son ex-amant sortir tant les allers et venues des serveurs vous faisaient perdre le nord. Après avoir attendu qu'il ait passé la porte, sans qu'aucune hésitation ne lui traverse l'esprit, Leon se leva en s'excusant et gagna les grandes portes ouvragées de la pièce d'un pas calme qui contrastait avec l'expression de son visage. Une lueur s'était allumée au fond de ses yeux, la même qui avait traversé son regard plus tôt dans la journée. Dans ses pupilles l'on pouvait à présent voir une menace gronder alors qu'il avait atteint l'entrée des toilettes pour hommes. Il s'appuya contre le mur et fit mine de s'intéresser à son téléphone en attendant que sa proie daigne se montrer.

Lorsque l'homme sorti enfin dans le couloir après ce qui parut une éternité à Zephyr, il n'y avait personne à l'horizon. Les invités s'étaient dépêché de retourner à leur table et les acclamations qui parvenaient aux oreilles de l'artiste lui indiquaient que le dessert était enfin arrivé. Tout comme l'heure de s'occuper des nuisibles. Un dernier coup d’œil aux alentours l'assura que la voie était libre et c'est avec un certain naturel qu'il prit l'homme sous le bras et l'aida à marcher dans la direction opposée à la salle de réception. Ce dernier à moitié conscient et titubant, même avec l'aide que lui apportait Leon, n'opposa pas de résistance particulière. Quelques mots suffirent à le rassurer en lui disant qu'il allait l'emmener se reposer. L'étrange duo longea le couloir avant de bifurquer sur la gauche. Ils se retrouvèrent face à un imposant escalier qu'ils gravirent non sans peine. Si quelqu'un passait par-là, tout ce qu'il verrait dans la pénombre était une personne qui aidait charitablement une autre dans cette pénible ascension.

Arrivés sur le palier, l'artiste se décida à continuer tout droit ce qui les amena dans un nouveau couloir aux innombrables portes. Il déposa son fardeau sur le sol et alla les entre-ouvrir une à une puis, quand il eu trouvé ce qu'il cherchait, il revint vers David et le hissa sur ses épaules. De loin lui parvenait les rires accompagné de musique mais il n'y prêta aucune attention. Il n'avait en tête que son plan qui s'était étrangement mis en place à toute vitesse malgré l'alcool et les émotions qui s'entre-choquaient en lui. Il ne pouvait pas peindre en ce moment pour se défouler, il avait heureusement sous la main une victime qui lui permettrait de le faire, pour une bonne raison qui plus est.

Les deux hommes passèrent la porte d'une belle chambre aux couleurs pastels dans laquelle trônait sur la gauche un magnifique lit à baldaquin. Zephyr y jeta David plus qu'il ne l'y déposa, alluma une lampe de chevet à la lumière douce et tamisée, puis s'en alla dans la salle de bain qui faisait face au lit. Lorsqu'il en ressortit une minute plus tard, il avait ôté ses vêtements et n'avait gardé que son caleçon. Il savait que ce qu'il s'apprêtait à faire allait être salissant, il préférait faire profil bas lorsqu'il rejoindrait la fête et ne pas être couvert de sang des pieds à la tête. Son vis-à-vis lui lança un regard éberlué avant d'éclater d'un rire sonore et de prendre la parole d'une voix avinée.


- Mec, merci pour tout, mais je ne mange pas de ce pain là.

Le sourire que lui adressa Leon aurait pu mettre la puce à l'oreille de sa victime si celle-ci n'était pas complètement ivre. Il était carnassier, dérangeant et lorsque l'artiste s'approcha pour venger sa sœur, il semblait que plus une once d'humanité ne l'habitait. Une calme froideur s'était installé sur ses traits qui restaient à présent figés. L'autre homme en revanche s'était à demi relevé et s'appuyait sur ses coudes pour ne pas tomber en arrière, regardant maintenant l'artiste d'un œil mauvais alors qu'il continuait à s'approcher de lui.

- Putain mec je t'ai dit que c'est pas mon truc ! Je ne me tape que des femmes ! Tu sais, des femmes ? Comme cette salope qui t'accompagne ! A ce que j'ai pu la baiser celle-là. Pffff... j'aurais bien du remarquer que t'étais pas assez masculin pour elle, espèce de tafiole !

L'agacement commençait à poindre le bout de son nez chez David qui ne rêvait que d'une chose, s'était de pouvoir rester allongé et dormir jusqu'au lendemain. Malheureusement pour lui, il venait de dépasser les limites déjà bien entamées de Zephyr et il comprit, trop tard, que la situation était devenue dangereuse. A l'instant même ou il fut agrippé par le col de sa chemise et mis debout sans plus de cérémonie, la panique l'atteint enfin. L'état second dans lequel se trouvait son agresseur mêlé à l'alcool lui conférèrent une assurance telle qu'il ne bégaya pas lorsqu'il lui susurra quelque mots à l'oreille.

- Cette..... salope. C'est ma sœur. Et je n'aime vraiment pas qu'on s'attaque à elle.

Dans un mouvement rapide, il projeta l'homme sur le sol et le contempla comme s'il avait été un insecte particulièrement immonde qui tentait tant bien que mal de se relever. Il lui donna quelques coups de pieds dans le bas ventre et les reins, puis se pencha vers lui et déchira un morceau de sa chemise avant de la lui fourrer dans la bouche. Ils se trouvaient loin de la fête, mais mieux valait être prudent et éviter des cris d'agonie qui pourraient amener des questions gênantes. Avec une force décuplée par l'adrénaline, il releva l'homme et le projeta contre le mur, un frisson de plaisir lui parcourant l'échine alors que la douleur se propageait dans le système nerveux de sa proie. A nouveau il le releva pour l'asseoir sur une belle chaise en bois sombre. Les vaines tentatives de son adversaire pour se débattre ne servirent à rien de plus qu'à le déséquilibrer et il s'affala à nouveau sur le sol. Leon profita de cet instant pour s'emparer des cordelettes qui retenaient les rideaux du baldaquin avant d'attacher solidement David à la chaise. Ce dernier avait beau se débattre, il n'y avait aucune chance qu'il puisse s'échapper.

- Tu sais, j'avais vraiment besoin de ça. J'ai eu une dure journée.

Le fait que celle de l'homme assis en face de lui allait être pire ne lui avait même pas effleuré l'esprit et sans plus attendre, il se jeta sur sa cible tous poings dehors. Les coups pleuvaient sans que le malheureux ne puisse rien y faire et les cris de douleur étouffés en disaient long sur ce qu'il subissait. D'habitude Zephyr était un peu plus créatif, il torturait avec divers instruments, il prenait le temps, sauf qu'il lui était impossible de le faire dans la situation présente. Après tout, il avait une réception à rejoindre tout à l'heure et un gâteau à goûter. Des gouttelettes de sang lui parsemaient le corps et il se félicita d'avoir pris le soin d'enlever son beau costume. Tout se déroulait parfaitement bien pour un plan improvisé, cependant, quelque chose clochait. Il avait beau rendre l'homme méconnaissable aux yeux de tous, il lui semblait qu'il ne ressentait pas la douleur comme il en avait l'habitude. C'était comme s'il avait atteint un certain seuil qu'il n'arrivait pas à dépasser. Cette situation commençait à devenir frustrante et après de longues minutes à frapper le misérable, il fit une pause pour souffler et se remettre les idées en place. Pourquoi n'arrivait-il pas pleinement à ressentir les blessures qu'il infligeait ? L'insatisfaction l'envahissait et petit à petit il comprit le paramètre qui changeait tout : il avait bu. La présence d'alcool dans son sang était la seule explication qu'il trouvait.

Il retint un cri de rage et lança à l'homme ligoté un regard empli de haine, comme si cela était de sa faute. Ce dernier eu un peu de répit lorsque Leon commença à arpenter la chambre de long en large comme un lion en cage. Il réfléchissait à toute vitesse et il ne vit que deux solutions : soit il continuait et il ne ressentirait toujours rien de plus, soit il continuait et il pourrait débloquer la situation. Dans les deux cas, il n'avait pas l'intention de s'arrêter là et la troisième option de mettre fin à cette entrevue ne lui effleura même pas l'esprit. Il se devait de poursuivre. Il avait dû subir cette journée pour faire plaisir à sa sœur, il y avait mis toute sa bonne volonté, mais entre la demoiselle d'honneur dénudée, cet énergumène qui avait insulté Dahlia, le fou qui s'en était pris à sa veste, la révélation de l'identité de son père et sa rencontre, sans compter le fait qu'il avait constamment été entouré d'étrangers, il avait besoin de se défouler.

Il fit un détour par la salle de bain pour prendre un verre d'eau et revint lentement vers son prisonnier dont la tête tombait sur son torse. Il avait l'air d'un pantin désarticulé et d'après ce que l'artiste avait pu ressentir, il avait du lui briser une côte ou deux ainsi que la mâchoire. Il lui releva le menton avec une douceur qui contrastait avec ce qu'il venait de lui faire subir. Puis l'aspergea d'eau froide pour le réveiller un peu. Lorsqu'il fut sûr et certain que sa victime était consciente, il lui décocha un violent crochet qui délogea le bâillon empli de sang de sa bouche et l'envoya s'écraser sans bruit un peu plus loin. Des traces rouges maculèrent le sol de marbre et d'autres s'ajoutèrent au fur et à mesure que Zephyr continuait son passage à tabac. Cependant rien ne se débloquait en lui et il dût se rendre à l'évidence, il n'obtiendrait rien de plus ce soir. Il entreprit donc de détacher David et de le laisser s'affaler mollement sur le sol avant d'ouvrir en grand les portes fenêtres qui menaient à un large balcon. L'air frais de la nuit s'engouffra dans la pièce et il sortit afin de le respirer à plein poumons. Son regard se posait un peu partout et il remarqua d'épais buissons en contre-bas qui lui donnèrent une idée. Il revint dans la pièce et s'approcha de la silhouette toujours prostrée par terre qui gémissait de douleur, à demi consciente.


- Je crois que tu as appris ce soir qu'on n'insulte pas Dahlia Anderson en ma présence.

Il se pencha pour attraper l'homme et le mettre sur ses épaules comme un sac à patates avant de l'amener sur le balcon et de le poser sur la rambarde. Il pouvait encore sentir le supplice qui parcourait le corps de sa proie. Il s'approcha de lui et lui murmura à l'oreille.

- Maintenant je vais m'assurer que tu ne recommenceras plus.

Il le poussa alors dans le vide sans sourciller, le regardant chuter et atterrir dans les buissons avec un bruit mat. Le faible cri qu'il avait poussé avait dû passer inaperçu grâce à la musique qu'il entendait au loin. Soudain pourtant, une sorte de panique l'envahit. Quelques secondes auparavant il était capable de sentir les conséquences de chaque coup qu'il avait porté et là... plus rien. En un claquement de doigt, les agréables sensations avaient disparues. Le problème était que cela ne se produisait que si sa victime mourrait. Agrippant la rambarde de pierre, il se pencha pour tenter de distinguer quoique ce soit dans l'obscurité, mais il ne voyait pas David bouger. Qu'il soit mort ne le dérangeait pas en soit, mais qu'il ait tué un homme en plein milieu d'un mariage, cela était plus gênant. Son esprit travaillait à toute vitesse et cette rapidité lui mit la puce à l'oreille. C'est là qu'il comprit et se retourna pour poser les yeux sur sa jumelle. Le doute l'envahit aussitôt : le mufle était-il mort ou était-ce simplement l'arrivée de Persona qui avait stoppé ses sensations ? La situation était pour le moins gênantes et sans oser la regarder, il passa devant elle pour entrer dans la chambre et lui expliquer ce qui venait de se passer.

- Je me suis occupé de lui, de ce... David. Mais j'ai dû y aller un peu fort parce que là, je ne ressens plus rien ! Je ne sais pas si c'est parce qu'il est mort ou parce que tu es arrivée, mais si je l'ai expédié six pieds sous terre, on va devoir s'en occuper.

Il réfléchissait comme jamais sur ce qu'il convenait de faire et une idée quelque peu saugrenue lui vint en tête.

- Va chercher Papa. Enfin Perceval, peu importe comment tu veux l'appeler. Rejoignez-moi en bas du balcon. Je vais me débarbouiller.

Il lui lança un regard assuré afin qu'elle comprenne qu'ils n'avaient pas le temps de discuter, puis se rua sous la douche afin de nettoyer le sang qui maculait sa peau. L'eau volontairement glaciale fit du bien autant à son esprit qu'à son corps. Moins de cinq minutes après l'irruption de sa soeur, il était à nouveau habillé et tout à fait présentable. D'un pas vif il sortit de la pièce et sortit de la maison en s'enfonçant dans les jardins et en se dirigeant vers le présumé cadavre. Jamais il n'aurait pensé demander de l'aide à cet homme, mais il s'était souvenu qu'il était accompagné d'un agent. Qu'elle soit un agent de protection ou un agent faisant partie d'une organisation quelconque, toujours était-il que cela impliquait que leur père, apparemment son boss, saurait sûrement gérer des situations délicates. Et puis il fallait bien se l'avouer, si l'homme était mort, il ne serait pas trop de trois ou quatre pour se débarrasser du cadavre dans une propriété pleine de monde et d'agents de sécurité. Ces derniers auraient heureusement du mal à trouver l'infortuné qui gisait caché dans les buissons dans l'obscurité de la nuit. Ils avaient un certain avantage, faible certes, mais il fallait en profiter avant que la situation ne se complique un peu plus. Il aurait le temps plus tard de revenir pour nettoyer un peu la scène du crime qu'il venait vraisemblablement de commettre.
Zephyr
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Ven 30 Sep 2016 - 19:01


ELLEN



Ellen observa sa fille s’éloigner, et poussa un long soupir. Ça ne s’était pas vraiment passé… Enfin bon, elle ne s’était pas imaginé que cela se passerait positivement, d’une manière ou d’une autre. Elle était venue en apprenant que Persona opérait maintenant avec Arkadia, et qu’elle et Léon se rendait à ce mariage, ou leur père était présent. Cela ne semblait pas être un hasard, non ? Quoiqu’il en soit, maintenant, tout le monde était au courant. Pour le meilleur et pour le pire. Elle adressa un petit sourire à son fils, posant une main affectueuse sur son épaule lorsqu’il vint l’embrasser sur la joue. Elle avait beau ne pas savoir s’y prendre avec eux, c’était le moins qu’on puisse dire, elle les aimait profondément. C’était le seul point qui la rassurait dans toute cette histoire.

Elle laissa Léon s’éloigner pour retrouver sa sœur, préférant ne pas intervenir pour envenimer davantage les choses. Il leur fallait du temps, seuls, sans doute. Elle attrapa ensuite une coupe de champagne à la volée du plateau d’un serveur qui passait justement par là, et le but d’une traite.

"Ils n’ont pas quelque chose de plus fort ? Du whisky ?" demanda-t-elle d’un ton nonchalant, en direction de Percy et de Miranda, bien qu’il s’agisse d’une question purement rhétorique. Abordant ensuite une expression plus sérieuse et désolée, elle ajouta à l’attention du directeur d’Arkadia, tout en s’allumant une cigarette : "Navrée que nos retrouvailles se soient faites de cette manière, et que tu l’ais appris ainsi. Mais Dahlia a sans doute raison, on a des choses à se dire. Mais pas maintenant ni ici. Je t’appellerai quand tu seras de retour sur Edimbourg, Perceval. Prend soin de toi et d’ici là. Et d’eux, surtout."

Leur adressant un signe de tête, elle tira sa révérence et s’éloigna pour quitter les lieux de la fête, puis l’arche. Mieux valait qu’elle arrête les frais là, pour l’instant.

***

J’observais tour à tour Lotte et Alexander, attendant une réaction. Peut-être avais-je eu tort de m’interposer dans ce qui semblait être une dispute, mais cela avait été plus fort que moi. Et puis, j’avais vraiment besoin de me changer les idées, en cet instant, alors égoïstement J, ça tombait plutôt bien. Je n’eus pas vraiment le loisir de me demander ce qui motivait cet échange musclé, ni le lien que pouvait avoir ces deux personnes, puisque Nikky m’attrapa par le bras pour nous éloigner, une lueur soulagée dans le regard. Un peu surprise, je jetai un coup d’œil en arrière pour observer une dernière fois l’allemand, ne sachant pas vraiment ce qui était en train de se passer. Je me laissais donc guider par la danseuse, supposant que c’était le moment venu pour ce fameux aparté convenu plus tôt dans la soirée.

Une fois la porte refermée sur un petit boudoir isolé, je regardais Lotte s’affaler sur un canapé, la mine soudainement bien sombre. Enfin, de mon côté, je ne devais pas être mieux.

"Non, en effet, je n’imagine même pas…" répondis-je simplement sur un ton tout aussi neutre que le sien. Ce n’était pas vraiment un reproche, je n’avais pas à savoir de quoi il en retournait entre les deux. Mais je ne savais pas vraiment si j’appréciais d’être prise à part entre ces deux connaissances. Cependant, mes traits s’adoucirent légèrement lorsqu’elle s’approcha, inquiète de me voir avec cette mine étrange. "Rien de très grave. Juste quelques… surprises familiales. Mais merci de t’inquiéter. Et je pourrais te retourner la question, tu sais."

Mais bon, ce n’était peut-être pas le moment. Je lui rendis son petit sourire, hochant doucement la tête.

"Alors, je suis ravie d’avoir accepté cette offre."

Pour le reste, je l’écoutais avec attention, légèrement plus concernée et interrogatrice. Précipité ? Tout ça ? Que voulait-elle dire ? Ce mariage cachait-il d’autres choses pour qu’elle en parle ainsi ? Mais une nouvelle fois, ce n’était sans doute pas l’heure pour en discuter. Surtout que Lotte avait visiblement autre chose à me dire.

J’attendis patiemment qu’elle trouve ses mots, mais ne pus empêcher une expression de surprise lorsqu’elle m’expliqua être malade. Mon expression se décomposa peu à peu, alors que je la fixais d’un air abasourdi. Lotte, malade ? Les pensées défilèrent à toute vitesse dans mon esprit, mais je me fis violence pour retrouver contenance et pour ne pas montrer à mon interlocutrice le désarroi que cette nouvelle créait en moi. Cela me touchait plus que j’aurais voulu le montrer, surtout à la principale intéressée qui n’avait pas besoin de ça. Je posais une main sur son bras, retrouvant un sourire qui était un peu triste cette fois.

"Je suis désolée… Bien sûr, qu’on peut passer plus de temps ensemble. J’avais espéré que ce mariage en serait l’occasion." Je serrai la main qu’elle avait glissée dans la mienne, retrouvant un peu de force. "Tu n’as jamais perdu cette amitié, Lotte. Je serai là pour toi, et je mettrai tout en œuvre pour t’aider. Tu as ma parole."

Mon sourire s’agrandit légèrement, se faisant plus rassurant. Il n’y avait rien que je puisse faire pour l’instant, si ce n’était lui promettre mon soutien. Mais c’était une chose pour laquelle je pouvais me montrer très obstinée, et qui n’était donc pas à prendre à la légère.

Un peu à contrecœur, je la laissais repartir vers le repas après un rapide baiser sur la joue. J’observais son pas aérien l’éloigner de moi, restant immobile un moment après son départ. Décidément, ce n’était pas ma journée… Ayant finalement repris suffisamment mes esprits, je me dirigeais à mon tour vers la salle où le repas était servi. M’amuser, c’était plus facile à dire qu’à faire.

En retrouvant Léon, je réalisais que je l’avais abandonné à cette soirée et au pire moment. Je m’en voulus, et m’excusais immédiatement auprès de lui, une expression sincèrement confuse sur le visage. Serrant aves soulagement sa main, je partageais un regard complice et reconnaissant avec lui, avant d’attaquer le repas. Sans grand enthousiasme ni appétit, malheureusement. Je ne parlais d’ailleurs pas beaucoup, à l’instar de mon jumeau, trouvant cependant la force de sourire et de mener quelques discussions avec ma voisine de table. Je dus y mettre beaucoup de concentration cependant, plus épuisée que je l’aurais imaginé. Ce ne fut qu’au moment où on m’apporta un morceau de la pièce montée que je réalisais que mon frère n’était plus à mes côtés.

Inquiète, je m’éclipsais pour partir à sa recherche, interrogeant des serveurs pour savoir s’il avait été vu. Mais apparemment pas… Je m’aventurais alors dans le château, finissant par emprunter un large escalier. J’ouvris plusieurs portes, donnant sur des pièces vides alors que tout le monde était rassemblé en bas pour la pièce montée. Obstinée, je continuais néanmoins à chercher, persuadée au fond de moi que mon frère n’était pas très loin.

J’ouvris finalement une porte qui donna sur un étrange spectacle. J’eus à peine le temps de voir le visage effrayé de David tombant à la renverse par-dessus le balcon, ainsi que mon jumeau de dos. Légèrement interdite, je remarquais alors l’état de la pièce, ainsi que le sang au sol. Mais je ne mis pas longtemps à réagir, m’approchant de Léon pour m’assurer qu’il allait bien. Une expression sérieuse et professionnelle sur le visage, je l’écoutais m’expliquer ce qu’il avait fait, à savoir régler son compte à David, et qu’il fallait maintenant gérer la situation. Je commençais à énumérer toutes les solutions possibles dans mon esprit, lorsque Léon proposa de faire appel à Rose. J’arquai un sourcil, mais l’idée fit son chemin dans mon cerveau et je finis par hocher la tête.

"D’accord, on se retrouve là-bas." Calme, je posai rapidement une main sur l’épaule de mon frère, et retrouvai un bref sourire en ajoutant : "Merci, Léon. Sois prudent."

Après un dernier signe de tête, je quittai la pièce d’un pas déterminé. Arrivée en bas, je repris un sourire de circonstance, et parcourut l’assemblée pour finalement trouver la personne que je cherchais. L’avantage de cette soirée, c’était que je n’avais plus le loisir de penser au fait que cet homme était mon père. Tout sourire, je me plantais devant Rose, interrompant sans état d’âme ce qu’il était en train de faire pour lui glisser à l’oreille :

"On a besoin de vous."

Rapidement, je lui exposais la situation : nous avions un corps à faire disparaître, Léon et moi. Sans vraiment entrer dans les détails du pourquoi ni du comment, je m’éloignais finalement pour le fixer dans les yeux avec une intensité grave, et qui montrait bien que j’attendais qu’il soit avec nous sur ce coup-là. C’était inattendu, mais l’occasion de me montrer s’il était digne de ma confiance se présentait à lui désormais.

Je les laissais à leurs réflexions, me dépêchant ensuite de me rendre au bas du balcon, l’air de rien. Après m’être assurée que j’étais seule, j’approchais du buisson pour retrouver le corps inerte de David. Je l’observais silencieusement, profitant que mon frère ne soit pas encore là. Il était difficile de dire s’il était encore vivant. Enfin si, il y avait bien un moyen. D’un mouvement rapide et entraîné, je sortis un petit colt de sous ma robe et tirai un silencieux en plein dans le front de ce qui fut David. Ce n’était pas aussi jubilatoire que de le rouer de coups, mais ça soulagea légèrement la tension accumulée de cette journée.

"Tu n’étais même pas un bon coup, c’est vraiment pitoyable." commentai-je simplement en rangeant mon arme.

Mon frère s’était mis dans une situation délicate pour me venger. Le moins que je puisse faire, c’était de supporter une partie des responsabilités, et de tout faire pour faire disparaître le cadavre et les preuves.

Scheißtag, comme on dirait chez moi.
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Ven 30 Sep 2016 - 20:49
Perceval Rose avait à peine touché au somptueux repas qu'on lui avait proposé. Il avait grignoté quelques bouchées par pure politesse, mais son esprit était bien ailleurs, en train de se repasser en boucle la scène qui s'était déroulée quelques minutes plus tôt. Le retour d'Ellen, et la nouvelle qui lui avait fait non pas l'effet d'une monde, mais celui d'une météorite s'écrasant de plein fouet sur l'univers qu'il croyait connaître pour le faire éclater en morceaux. Non, il n'aimait décidément pas ne pas savoir, et pour le coup, il n'avait vraiment mais alors vraiment rien su. Bon sang, sa propre fille s'était tenue devant lui il y a peu, et il n'avait même pas été au courant ! Comment aurait-il pu ? Boudeur, il se demanda s'il allait falloir exigé un test de paternité de la part de chacun de ses invités lors de ses prochaines réunions, histoire de s'éviter de nouvelles surprises. Si ça se trouvait, Matthew -le seul enfant qu'il avait cru avoir jusqu'ici- allait prochainement débarquer dans son bureau, ne serait-ce que pour ajouter un brin d'ironie au plan cosmique qui semblait se jouer contre lui. Et pourtant, pas un seul instant il n'avait mis les paroles d'Ellen en doute. Qu'aurait-elle gagné à lui mentir sur un sujet pareil, surtout après tout ce temps ? Quelque part, il la sentait dans ces tripes, cette vérité qu'il n'avait su voir par lui-même. A croire qu'il avait vraiment perdu de sa superbe, à s'adoucir ainsi ces dernières années. Quoi qu'en y réfléchissant bien, l'ancien Percy n'aurait pas eu de moyen de le savoir non plus ; et dieu sait comment il aurait réagi alors. Peut-être que la vie lui offrait l'occasion de s'y prendre mieux. C'était de s'être fait surprendre ainsi jusqu'au bout qui le chiffonnait le plus ; à côté de ça, que sa première rencontre avec sa fille se soit faite alors qu'il portait un déguisement affublé de bas résille était un détail sans importance. Qu'est-ce qu'il avait raté d'autre ?

Bah, cela ne servait à rien de s'appesantir là-dessus pour le moment ; il n'y pouvait rien, et il devait accepter qu'il existait des choses sur lesquelles il n'avait aucun contrôle. Ce qu'il pouvait faire, c'était avancer à partir de là, et essayer de ne pas tout gâcher. Car une fois le choc passé -ce en quoi quelques verres de scotch avaient bien aidé- il avait enfin eu l'occasion d'apprécier la situation. Ou, du moins, de la considérer d'un air aussi favorable que possible. Dahlia et Léon -des jumeaux- étaient ses enfants. En soi, il réalisait bien que cela ne voulait pas dire grand chose : les liens du sang ne faisaient pas une famille, il suffisait de voir ce qu'avait donné la sienne... A leurs yeux, il n'allait pas devenir leur père du jour au lendemain, ou du moins en ce qui concernait Dahlia, qui le lui avait bien fait comprendre. Et il l'acceptait, car il comprenait bien que cela ne lui donnait aucun droit sur eux. Mais une petite partie de lui ne pouvait s'empêcher de s'en réjouir malgré tout ; à croire qu'il se faisait vraiment trop sensible avec l'âge... Quand Léon l'avait serré dans ses bras, il n'avait d'abord su comment réagir, avant de finir par lui retourner son étreinte. Un peu maladroitement, car c'était là un geste dont il n'avait pas l'habitude, mais cela lui avait paru la chose à faire. Si Dahlia était énigmatique, son frère représentait un mystère encore plus grand. Percy espérait avoir tout le temps de le résoudre plus tard.

« Bonjour, Léon. Je suis heureux de faire ta connaissance. »
avait-il fini par dire avec un mince mais sincère sourire. Le jeune homme semblait plutôt ravi de la situation, bien qu'un peu emprunté, et il y avait décidément quelque chose d'étrange chez lui. Quant à sa sœur, elle avait à peine reconnu l'événement avant de tourner les talons. Percy ne pouvait pas vraiment lui en vouloir ; il espérait simplement qu'elle lui donnerait une chance. Léon avait fini par s'éclipser à son tour, sans doute pour partir à la recherche de l'actrice ; les jumeaux semblaient partager un lien très fort. Rose avait alors longuement contemplé Ellen, qui n'en dit guère plus. Au fond, Perceval ne lui en voulait même pas vraiment ; il n'aimait pas qu'on lui cache ainsi des choses, mais peut-être bien qu'elle avait fait le bon choix. Il n'était pas prêt pour être un père, à l'époque ; il suffisait de voir comment avait tourné sa relation avec Matthew. Matthew, qui se retrouvait du coup lui aussi avec deux nouveaux membres de la famille ; son père ne put s'empêcher de se demander comment il réagirait à cette nouvelle.

« Ce sera une demi-bouteille de scotch pour moi. »
avait-il répondu à Ellen. « Je ne suis pas fâché. Enfin, je crois que je ne sais pas trop ce que je suis, et tu m'as assez connu pour savoir que ce n'est pas dans mon habitude. J'attendrai que tu me contacte, alors ; je crois qu'on a effectivement beaucoup à se dire. Une rencontre pareille ne fait pas de moi leur père, pas comme ça, mais...je prendrai soin d'eux du mieux que je peux, tu as ma parole. »

Puis elle était repartie aussi vite qu'elle était venue, le laissant avec deux nouveaux enfants et un bon paquet de souvenir. La liaison qu'il avait eue avec Ellen s'était révélée aussi brève que passionnée, et il n'aurait jamais imaginé qu'elle donne suite à de telles conséquences. Ces derniers temps, il n'avait pas imaginé beaucoup de choses, on dirait, et cela commençait sérieusement à le turlupiner. Miranda à ses côtés, il avait alors pris le chemin de la salle de réception. Sa garde du corps n'avait pas prononcé un mot, elle n'en avait pas eu besoin. Il sentait son soutien, et il lui était reconnaissant d'avoir été là pour apprendre cette nouvelle avec lui. Par bien des côtés, elle faisait bien plus partie de sa famille que ses propres enfants. Certains ne manqueraient pas de dire qu'il se reposait trop sur elle, mais il ne voyait pas cela comme une faiblesse : Miranda était pour lui une force, et elle n'était pas seule.

Voilà comment il se retrouva attablé, échangeant quelques conversations polies avec ses voisins de table, conservant une apparence détendue. Pour sa part, Miranda ne se privait certainement pas du repas et dévorait tout ce qui passait à sa portée avec le même entrain. Elle demanda plusieurs fois à son patron s'il allait terminer ci ou ça, et il lui laissa les trois quarts de ses assiettes sans regrets. Les regrets, il les gardait pour d'autres choses. Plus d'autres choses qu'il n'aurait cru humainement possible de contenir dans un seul esprit. Et comme toujours, son esprit fonctionnait sur plusieurs niveaux à la fois : c'était qu'il y avait de quoi faire. La réception était animée et, s'il ne se trompait pas, elle allait le devenir encore plus. Et il avait très envie d'arrêter de se tromper, aussi était-il venu préparé. Le repas fini, ce fut au tour du bal d'être annoncé, tandis que les desserts suivraient. A la mention de pièce montée, le regard de Miranda s'était illuminé : après tout, elle était venue pour ça. Enfin, principalement pour Lotte, se corrigea-t-elle intérieurement, mais aussi pour le gâteau, qui représentait à ses yeux l'intérêt principal d'un mariage.

Cependant, tandis qu'elle se levait pour se diriger vers la salle de bal en compagnie du directeur, un homme élégant s'approcha d'elle, le sourire aux lèvres et les mots empreint de politesse. Il semblait agréable, ce qui poussa aussitôt Miranda à se méfier de lui comme jamais.

« M'accorderiez-vous votre première danse ? »

« Je ne danse pas. » répondit Miranda du tac au tac. Du moins, elle ne dansait que lorsqu'une mission le demandait, et aujourd'hui ce n'était pas le cas.

« Vous avez tort, on ne sait jamais ce qui peut se passer lors de ses mariages...on manque toujours de belles femmes comme vous, ouvrez l’œil.» Il lui fit un petit clin d’œil avant de s'éloigner, la laissant d'autant plus soupçonneuse.

« C'est bien ce que je pensais, quelque chose se prépare. Et je pense avoir enfin deviné quoi. » Percy n'avait rien perdu de leur échange, et il semblait résigné à son sort, ce qui alerta d'autant plus son bras droit. « Je n'étais sûr de rien, et j'aurais préféré être mis au parfum, mais... l'occasion était sans doute trop belle. Et ce message vient de me le confirmer, de même que le...conseil de ce galant jeune homme. »

Il montra son téléphone à Miranda, qui fronça les sourcils, avant de comprendre : « Wang ? »

« Wang. Il semblerait que cette réception ait été choisie comme dernier champ de bataille. Ce qui est bien dommage pour les mariées, mais qui devrait s'avérer profitable pour tout le reste de l'Arche si tout devait se dérouler comme il faut. »

« Et vous êtes venu préparé, bien sûr. »

« On ne perd jamais rien à le faire, Miranda. Pour commencer, je vous ai vous, et l'agent Stone, que je viens d'avertir. Et puis... disons que j'ai fait en sorte que certains de nos collègues n'attendent pas très loin. Je pense que les autres comptent sur Cnossos pour qu'elle leur donne un petit coup de pouce malgré elle. » Au loin, une commotion pouvait se faire entendre, ainsi qu'une agitation de plus en plus perceptible. « C'est parti. Nous... »

Il fut coupé net par la soudaine réapparition de Dahlia Anderson. Le ton de...et bien, de sa fille, était sans appel, et il la trouvait encore plus sérieuse que d'habitude. Pour qu'une femme comme elle avoue avoir besoin de son aide, c'était que la situation devait être on ne peut plus sérieuse. Et terriblement inconvenante d'un point de vue du timing. Percy poussa un bref soupir et se passa la main devant les yeux quand l'allemande lui en dit un peu plus avant de repartir. Il venait de découvrir des jumeaux, et voilà qu'ils avaient besoin de lui pour faire disparaître un corps. Rien de tel pour resserrer les liens familiaux... Il devait agir vite, et à plus d'un titre.

« Miranda, il faut que je m'occupe de cette histoire de corps ; je ferai également venir nos renforts. De votre côté... et bien, vous savez ce que vous avez à faire. Je vous fais confiance. »

Il n'eut pas besoin de lui demander de faire attention à elle ; entre eux, c'était implicite. Elle hocha la tête, et se sépara de lui en accordant un dernier regard plein de regrets à la pièce montée qu'on amenait dans la salle. Tout en marchant, Rose décocha son téléphone pour passer sur la ligne sécurisée d'Arkadia, où il se contenta d'une simple directive : « C'est parti. »

Enfin, il retrouva Dahlia près des buissons...ainsi que ce qui était effectivement un cadavre tout ce qu'il y a de plus mort, si l'on prenait en compte le trouve qu'il avait dans la tête.

« Je ne perdrai pas de temps à demander ce qui s'est passé maintenant, et j'aurais tendance à dire que ce malheureux l'aura mérité, même si ça reste sans doute disproportionné. Donnez-moi votre arme. » Il ouvrit la main, et la présenta à la jeune femme. « J'aurai beaucoup plus de facilité à me défaire de toute accusation si on devait me retrouver avec l'arme du crime. Vous resterez une actrice et une chanteuse à succès sans le moindre lien avec cette affaire, et je m'assurerai qu'il en soit de même pour votre frère. Enfin, pour qu'il n'ait aucun lien avec ça, pas pour qu'il devienne subitement une grande vedette de l'écran. Il reste à se débarrasser du corps, mais ça ne devrait pas tarder. Ah, pile à l'heure ! »

Plusieurs silhouettes tombèrent littéralement du ciel pour atterrir avec un bruit minimal à leurs côtés. Il s'agissait d'agents d'Arkadia en armures de combat noire, qui s'étaient laissés tomber depuis un VAP de transport passé en trombe au-dessus du domaine. D'autres équipes avaient été larguées ailleurs. L'un des agents releva son casque pour découvrir le visage d'une femme noire, aux traits durs. Resolve, l'un de ses directeurs de division ; l'immortelle commandait à la Sword Division, à savoir les troupes d'intervention d'Arkadia. Elle n'avait nullement besoin de ses pouvoirs pour être une des combattantes les plus redoutables de l'organisation, de même que ses hommes. S'il s'agissait de mettre une fois pour toutes un terme aux agissements de Jao Wang, Percy n'allait pas lésiner sur les moyens.

« Dahlia, Resolve. » les présenta-t-il. Puis il fit signe à deux des agents : « Emportez moi cet infortuné, voulez-vous. » Ils hochèrent la tête et s'emparèrent du corps, l'emportant à l'écart. Il y avait peu de chances qu'ils se fassent intercepter, et le cadavre serait amené à l'abri des regard indiscrets. Percy se concentra à nouveau sur sa fille : « Ceci fait, j'ai un autre travail à accomplir. Si la possibilité de mettre fin aux agissements d'un des criminels les plus dangereux de l'Arche vous intéresse, joignez-vous à nous. Le cas contraire, j'aimerais au moins que vous ne vous interposiez pas entre Jao Wang et sa juste rétribution. Pour se faire, nous allons avoir besoin de retenir la duchesse Lampeduza sur les lieux ; uniquement pour bénéficier de son annulation des pouvoirs. Aucun mal ne lui sera fait. Je choisis de vous faire confiance, et de jouer franc jeu avec vous jusqu'au bout, Dahlia, comme je vous l'avais promis lors de notre première rencontre. Je ne vais pas devenir votre père du jour au lendemain, je m'en rends bien compte, et je ne tiens pas à ce que cela change nos rapports professionnels. Quant à ce que je vais faire ce soir, c'est pour le bien de l'Arche, et de tous ceux qui ne peuvent pas se défendre contre un homme comme Wang. Ainsi que pour le bien de Lotte Hoffmeister, qui a il y a peu rejoint les rangs d'Arkadia, et que je protégerai donc comme l'une des miennes. De la même façon que je vous protégerai, Léon et vous ; et oui, je sais bien que vous n'avez pas besoin de ma protection, mais je vous l'offre quand même. Sur ce...le temps presse. A vous de voir.»

Accompagné de Resolve et des autres agents, Percy se dirigea alors d'un pas pressé sur les lieux du combat, donnant le signal à tous les agents en route de repérer Nikolas Cnossos et de l'empêcher de quitter les lieux. S'il ne la trouvait pas avant...



De son côté, Miranda Lockhart avait besoin de se passer les nerfs sur quelque chose. Non seulement quelqu'un osait venir mettre la pagaille au mariage de son amie, non seulement son patron et elle étaient forcés de mettre main à la pâte, mais en plus...en plus, voilà qu'elle se retrouvait privée de gâteau. Alors qu'elle en avait rêvé les nuits précédant la réception, imaginait ce que pouvait donner une pièce montée pour une occasion aussi spéciale. Et en la voyant arriver dans la salle, sur son chariot, luisant à la lueur des ampoules, belle comme une apparition divine, elle avait su qu'elles étaient faites l'une pour l'autre. Seulement voilà : des petits rigolos avaient cru bon de venir faire leur malin, et ils avaient tout gâché. Et personne ne se mettait entre Miranda et ce qu'elle avait envie de manger : c'était la règle d'or qu'apprenaient très vite tous ses collègues au sein d'Arkadia. Bref, la blonde était en colère. Vraiment en colère. De plus, la perspective de pouvoir enfin mettre fin aux agissements de Jao Wang s'avérait être la cerise sur...et bien, le gâteau. Après avoir laissé Percy et Dahlia, elle s'était précipitée en direction du grabuge sans attendre. A toute vitesse, et elle bondit par-dessus un chariot que des domestiques poussaient tranquillement devant eux, comme le voulaient les lois de la narration. Et si quelqu'un décidait de se mettre en travers de son chemin, il allait vraiment découvrir ce que cela voulait dire que de se confronter à un agent alpha d'Arkadia. Et ce n'était pas Nikolas Cnossos qui allait tempérer ses capacités. Sa force, son endurance, son agilité, ses réflexes : tous venaient des expériences terribles que son savant fou de père lui avait fait subir. Elle était un soldat amélioré, une machine à tuer conçue par la génétique, et ses talents n'avaient que peu avoir avec des dons de prodige.

Dès qu'elle fut en vue des gardes du corps de Wang, rassemblés autour de la femme de ce dernier, il ne lui fallut qu'un instant pour analyser la situation. Si tout se passait correctement, il lui en faudrait encore moins pour en finir avec la plupart de ces empêcheurs de manger du gâteau en rond. D'un geste, elle balança ses deux bras en avant, et les deux lames atteignirent leurs cibles en plein dans la gorge : deux des gorilles Wang s'écroulèrent dans un borborygme. Là où les hommes de Feuerbach se contentait pour le moment de les retenir, elle était bien décidée à mettre un terme définitif à leur menace. Ils allaient de toute façon finir par passer eux-mêmes à l'action, et la femme Wang avait porté le premier coup, lançant la mêlée. Miranda s'aperçut de l'homme qui se jetait sur elle, et elle se saisit de son bras, le faisant basculer au-dessus d'elle avec une force telle qu'elle l'envoya s'écraser à plusieurs mètres. Elle continua sur son élan, se lançant dans une roulade pour éviter un coup, et se releva droit devant sa prochaine victime, le saisissant à la gorge. Le garde était plus grand qu'elle, mais elle le souleva néanmoins sans grand effort, et s'en servit comme d'un bouclier pour intercepter les dagues de jet qui la visaient. Elle le laissa tomber à terre et pris appuis sur son corps pour bondir au-dessus et atterrir entre deux hommes de Wang. Sans un regard pour eux, elle les saisit chacun par la nuque et fracassa violemment leurs crânes l'un contre l'autre ; un sinistre bruit de craquement se fit entendre, mais elle était déjà concentrée sur son prochain adversaire. Il s'agissait de celui qu'elle avait déjà combattu lors du sauvetage de l'associée de Diane Greyer, et qui avait cru malin de la menacer plus tôt dans la réception. Il voulut la frapper, et sa vitesse était bonne, mais pas assez : la blonde intercepta son coup entre ses deux mains, et imposa au bras ennemie une violente torsion. Quand elle le lâcha, l'homme se traînait à terre en hurlant, un os dépassant de son coude tandis que son membre pendait selon un angle bizarre. Enfin, d'un coup de pied retourné, elle cueillit un autre garde sous le menton, et lorsqu'elle retira sa jambe d'un coup sec, son talon resta planté dans le cou adverse. Elle se débarrassa nonchalamment de son autre chaussure, pour se retrouver devant Xin Wang, en position de combat.

« Je peux faire ça toute la journée. »
lança-t-elle en guise d'avertissement, parfaitement nonchalante. Elle avait éliminé une demi-douzaine d'hommes en quelques secondes, et elle transpirait à peine. Il était rare qu'elle puisse donner la pleine mesure de ses talents, mais étant donné la situation, il n'était plus question de se retenir. D'autres agents d'Arkadia vinrent à sa rencontre et se mirent au côté des hommes de Feuerbach, pou faire front face à l'ennemi commun. Roan était parmi eux, l'un des plus anciens et fidèles de Percy, et réputé pour être encore plus impitoyable que Miranda. Il ne leur restait qu'à faire de leur mieux pour contrôler la situation ; et tant que Miranda serait d'attaque, aucun de ses hommes -ou de ses femmes- ne pourrait tenter d'aller secourir leur boss sans la rencontrer sur leur passage.

Ils paieraient tous pour le gâteau.

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Percy
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Thème: Everybody Wants To Rule The World - Lorde




"Chaos is found in greatest abundance wherever order is being sought. It always defeats order, because it is better organized." Terry Pratchett
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Sam 1 Oct 2016 - 14:18
Amelia se sentait bien. Elle n'était pas le lieutenant Caine de la flotte de l'Arche ce soir, mais juste Amelia, tout simplement. Elle était avec la femme qu'elle aimait plus que tout et avec qui elle pouvait passer le restant de ses jours, et elle était avec ses amies : Fawn, Lotte, Dahlia. Le tout pour une des plus belles occasions qui soit : l'union de deux êtres. Avec tous les invités présents, Amelia n'avait pas eu beaucoup d'occasion de parler à Lotte, mais ce n'était pas grave ; c'était le jour de la danseuse, et de sa compagne. Ou, plutôt, de sa nouvelle femme. La jeune Caine espérait avoir d'autres occasions de mieux faire la connaissance d'Anna, qui lui avait paru des plus sympathique. Plus important encore, Lotte et elle semblaient s'entendre, et à même de former un couple uni. Et puis pour l'heure, elle avait d'autres chats à fouetter : à savoir celui qui, n'axant guère apprécié de se faire surprendre par une pichenette d'eau tout ce qu'il y a de plus innocents, se précipitait maintenant sur elle avec la farouche détermination du félin vengeur. Amelia savait mieux que de tenter de l'éviter, aussi se laissa-t-elle happer au passage en riant, et elle riait plus fort encore quand Fawn la projeta dans la fontaine à l'aide d'une prise de catch qui n'était certainement pas réglementaire. Entièrement trempée, Amelia sortit rapidement sa tête du bassin pour aspirer de grandes goulées d'air, ce qui n'était pas facile étant donné qu'elle riait toujours comme une gamine. De son côté, Fawn n'était pas en reste et continuait de gicler sa victime avec un enthousiasme débordant. Juste assez loin pour ne pas se faire asperger, Alexis Stone observait les deux femmes avec un sourire. La compagne d'Amelia appréciait beaucoup Fawn, et leur passion commune pour la mécanique et les vaisseaux les avait rapprochées. De plus, Alexis était heureuse qu'Amy se soit fait une amie aussi loyale et aussi proche.

Enfin, le terrible combat terminé, les deux femmes complètement trempées, elles finirent par s'éloigner du bassin, riant toujours comme les deux gamines qu'elles avaient pu être du temps de leur passage à la Potential Home. Pour Amelia, cela lui faisait un bien fou, elle qui n'était pas du genre à se laisser ainsi aller en public, mais Fawn savait la décoincer un peu. Elle avait l'impression de retrouver de plus en plus sa vieille amie, et elle espérait que de tels jeux contribuaient aussi à faire en sorte que Fawn se sente un peu mieux. En tout cas, elle pourrait toujours compter sur Amelia -et Alexis, maintenant- Caine le lui avait bien fait comprendre.

« Ça m'avait manqué. » lâcha une Amelia épuisée mais ravie, tandis que des serviteurs leur amenaient d'épaisses serviettes pour qu'elles puissent se sécher, ainsi que des habits propres. « On remet ça quand tu veux, ma grande. D'autant que j'étais presque en train de prendre le dessus, tu ne peux rien contre ma supériorité tactique ! »

« On verra ça plus tard les filles, je crois qu'il est temps d'aller manger. » les avertit Alexis.

Une fois sèche et installée devant un bon repas, l'humeur joyeuse d'Amelia monta encore d'un cran. Les plats étaient succulents, la compagnie agréable, et elle était tout simplement ravie d'être là. Une fois de plus, elle fut profondément reconnaissante à Lotte de l'avoir invitée. Son anxiété sociale était apaisée comme jamais, et elle se sentait...et bien, à sa place. Dans l'une de ses si rares -et donc si précieuses- périodes de stabilité où elle pouvait s'imaginer faire partie du monde tel qu'il était. Et pour Amelia Caine, un sentiment pareil était plus important que tout. Quand le bal fut annoncé, elle allait demander à Alexis de lui accorder une danse, ce qu'elle ne faisait jamais : la danse était pour elle une de choses qui la bloquait le plus. Mais aujourd'hui était différent, aujourd'hui elle était vraiment bien. Aujourd'hui...

« Lieutenant Caine » La voix, hautaine et légèrement méprisante, témoignait aussi d'un abus d'alcool certain. Un homme aux pas rendus un peu tremblants par l'alcool s'approcha d'Amelia et d'Alexis.

« Je peux faire quelque chose pour vous, monsieur... ? »
s'enquit Amelia, toujours polie.

« Mon nom...mon nom n'a pas d'importance. Chuis journaliste moi, y a que la vérité qui m'intéresse, et la vérité...hic... la vérité, j'la connais, et elle me dit que vous êtes une fraude ! Une fraude, et une honte pour l'Arche et pour votre uniforme ! Lieutenant Caine... C'est un sacré grade dont on vous à décoré là... j'espère que vous êtes fière de la façon dont vous l'avez obtenu... Laisser mourir vos hommes et vous serez promue, c'est une belle politique que celle de la flotte. »

Et ces simples mots d'un abruti aviné suffirent. Ils suffirent pour s'infiltrer à travers toutes les insécurités d'Amelia, à travers la bonne humeur à laquelle elle était arrivée pendant la soirée. Ils suffirent pour détruire la stabilité tant recherchée, et pour lui donner l'impression de sentir la pierre sur laquelle elle se tenait s'effriter pour l'attirer avec elle dans la chute. C'était comme de tomber, tomber, tomber au fur et à mesure que l'angoisse montait, montait, montait. Sa gorge se serra, elle sentit son cœur manquer plusieurs battements, et les sueurs froides au coin des tempes et au creux des reins. Déjà elle se mettait à trembler, et Alexis posa une ferme sur son bras pour la calmer ; mais c'était trop tard. Depuis le terrible incident avec les pirates, elle avait fait pourtant beaucoup de chemin. Alexis, Dahlia, Lotte, Fawn, ses parents et sa sœur : tous l'avaient aidée, et ses séance avec le docteur Weston également. Mais de se retrouver ainsi attaquée sans prévenir, dans un cadre où elle n'avait pu se préparer, dans un cadre où elle se sentait enfin bien, enfin en sécurité, enfin...stable.

« Je... »
fut tout ce qu'elle parvint à dire, tandis que sa main venait serrer sa poitrine, comme pour essayer d'en arracher une partie, pour lui permettre de mieux respirer alors qu'elle avait l'impression d'étouffer. « Je... Je... » répétait-elle doucement, rappelant plus un enfant au bord des larmes et pris en faute que l'officier de la flotte qu'elle l'était. Dans sa tête, elle les revoyait, tous. Chacun de ceux qui étaient morts. Le lieutenant Pagorski, quand le morceau de la coque propulsé par l'explosion l'avait décapité devant sa console. L'enseigne McDougal, si jeune, si douce, si désireuses de bien faire pour son premier déploiement et qui était morte en pleurant et en criant le nom de son commandant tandis qu'elle essayait de repousser ses tripes sanglantes à l'intérieur de son corps. Les flammes, l'odeur d'ozone et de métal, le vent violent qui s'engouffrait à travers les brèches et qui avait réclamé la vie de deux autres soldats de la flotte, projeté dans le vide. Les hurlement des blessés, le sang, la panique, et les explosion tout autour. Le pont qui vibrait sons ses pieds, et l'officier supérieur d'Amelia inconscient, lui laissant le commandement. Les quelques secondes d'indécision et de panique intérieure avant qu'elle ne se secoue et agisse, fasse de son mieux pour sauver ce qui pouvait être sauvé. Les secondes de trop, même si tous ses proches, ses médecins, ses collègues et ses supérieurs lui avait dit que c'était normal, que ça faisait malheureusement partie du jeu, qu'elle avait même réagi plus vite que d'autres officiers supérieurs avec plus d'expérience. Qu'elle avait été impeccable, qu'elle méritait les honneurs. Les meilleurs jours, elle acceptait de le croire, ou presque ; le reste du temps, c'était toujours à propos de ces secondes de trop. Le journaliste avait raison : elle n'avait pas pu sauver tous ses hommes, elle aurait peut-être pu faire mieux, et un peut-être suffisait. Elle ne méritait pas ses galons, elle me méritait pas le soutien de la flotte, elle...elle n'arrivait plus à respirer comme il faut, elle tirait sans résultat sur le col de sa tenue pour arranger le tout. Elle se dégagea d'Alexis -elle ne méritait pas son aide!- et se retrouva un genou à terre, et le poing gauche enfoncé dans le sol, l'autre main toujours sur son cœur, qui donnait l'impression de cogner de plus en plus vite comme s'il voulait sortir de sa poitrine, mettre fin à toute cette souffrance. Ils étaient morts, et elle était en vie. Je ne veux pas mourir, je veux vivre, je ne veux pas mourir, je veux vivre, je ne veux pas mourir, je veux vivre... Telle était la seule pensée obsessionnelle dont elle était capable, qui tournait en boucle dans son esprit angoissé, toujours pas trois. Puis elle se mit à les prononcer à voix haute, mais doucement, un marmonnement à peine audible. « Je veux vivre, je ne veux pas mourir, je veux vivre, je ne veux pas mourir, je veux... » Jamais elle n'avait eu autant honte, jamais elle ne s'était sentie aussi faible, inutile, pathétique, à ramper devant ce journaliste qui allait s'en donner à cœur joie dans ses articles. Mais elle le méritait, oui, elle le méritait. Ils était mort, et elle était en vie. Elle méritait de tout perdre.

« Non mais ça ne va pas! » La colère était redoutable dans la voix d'Alexis Stone, et elle se redressa de toute sa taille, entre Amelia toujours à terre et le journaliste. « Vous vous prenez pour qui, à répéter des conneries pareilles que vous ne comprenez même pas ? Vous parlez de la flotte, mais vous avez déjà servi dans l'armée ? Vous avez déjà été au front, où la moindre de vos décision signifie non pas seulement votre survie, mais celle de tous ceux qui sont sous vos ordre ? Cette femme que vous avez cru bon d'attaquer, espèce de sale petit connard de lâche, c'est non seulement la femme que j'aime, mais c'est aussi une putain d'héroïne, prêt à tout pour sauver tout le monde, et qui regrettera toujours que ce ne soit pas possible. Seriez-vous capable d'en faire autant, espèce de raclure de gratte-papier ? COMMENT OSEZ-VOUS vous en prendre à elle ? »

Lorsqu'elle se mettait en colère, peut de chose pouvait calmer Lexy, et elle n'hésitait pas à devenir violente lorsque c'était nécessaire. Mais elle reconnut le signal prioritaire d'Arkadia sur son téléphone, et lorsqu'elle lut les informations qui s'y affichèrent, elle poussa une véritable bordée de jurons. Elle avisa Fawn, qui avait assisté à la confrontation, et lui fit signe d'approcher : « Je te confie Amelia. Dans sa deuxième poche, donne lui la pastille à faire fondre sur la langue, c'est pour calmer l'angoisse. Et je te laisse t'occuper de ce plouc. Je me déteste de devoir vous laisser maintenant, mais il le faut. Je t'expliquerai plus tard. Je crois que j'ai beaucoup à te dire. S'il te plaît, Fawn, prends soin d'elle. Je vous retrouve après, promis. »

Et laissant leur amie gérer la situation, Alexis se mit à la recherche de la duchesse Lampeduza. Les directives du patron tombaient certes au mauvais moment, mais elle restait un agent d'Arkadia, et elle y croyait. De plus, s'éloigner du journaliste n'était peut-être pas une mauvaise idée : dieu sait si elle aurait pu se retenir. Et puis elle avait toute confiance en Fawn. Très vite, elle répéra un groupe d'agents d'Arkadia, mené par la directrice de la Sword Division en personne : Resolve. Alexis -ou Ace, comme on la surnommait à Arkadia- était de la Sword, et Resolve était donc le commandement de son détachement. Elle avait beaucoup de respect pour cette guerrière aussi noble que redoutable. Elle se joignit à son groupe, et les agents retrouvèrent enfin leur cible : Nikolas Cnossos. Tous les combattants d'Arkadia présents étaient assez entraînés pour rester redoutables même sans leurs dons de prodiges, et Resolve était la meilleure combattante de tout Arkadia : elle avait du des millénaire pour parfaire son art de l'épée et d'à peu près toutes les techniques de combat imaginables, sans compter celles qu'elle avait elle-même mis au point. Resolve, Alexis et une demi-douzaine d'agents en combinaison se déployèrent en arc de cercle autour de la duchesse.

« Nous ne sommes pas là pour vous faire le moindre mal, mademoiselle la duchesse. »
lui dit Resolve, sur un ton sincèrement respectueux. « Nous sommes là pour vous empêcher de partir précipitamment, ainsi que pour assurer votre protection le temps que le véritable combat de la soirée se termine. »

Au côté de ses collègue de la Sword, Alexis Stone -dite Ace- se sentait en confiance. Elle continuait de s'en vouloir d'avoir laissé Amelia, mais ce qu'elle faisait ce soir pour Arkadia protégerait aussi son amie. Toute aussi résolue que sa cheffe de Division, Ace se mis en place, prête à faire son devoir jusqu'au bout.

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Sam 1 Oct 2016 - 18:25


« Ainsi la belle étoile filante d'Edimbourg s'est trouvée une douce nuit pour briller à jamais de milles éclats »


Kevin avait boudé son assiette, en picorant à peine les mets pourtant exquis qui lui était présenté. Il avait l’estomac noué. Il n’était pas à l’aise dans cette faste réception qu’il trouva à son goût trop sophistiquée. Peut être qu’il y avait une autre raison de son malaise, mais il ne savait pas l’expliquer. Il écoutait les bribes de conservation, sans pour autant y participer. Pour passer le temps, il observait les mariées, notamment son amie danseuse. Il commençait à bien la connaître à force de prendre des cours personnels de danse avec elle. Il ressentit sa fébrilité, elle qui d’habitude se maîtrisait complètement. Au début, il mit cela sur le dos à l’événement. On peut comprendre qu’un mariage soit la source d’un grand stress. Mais c’était peut être crédible au début mais lorsqu’il aperçut Lotte vouloir sortir, après avoir découpé la grande pièce montée. Il comprit qu’il se passait quelque chose de grave sans pour autant avoir la moindre idée de quoi il pouvait s’agir. Il se leva machinalement, voulant rejoindre son amie. Il fut doublé par Alexander qui ne l’avait pas remarqué. Il s’arrêta à quelques mètres écoutant leur conversation malgré lui. Son visage devint grave. Etait-il contrarié de comprendre qu’il existait une mystérieuse relation entre son employeur et son amie ? Ou se souciait il surtout du bien être de son amie ? Qui connait Kevin répondrait immédiatement que c’est son bien être. Kevin préféra pour l’instant s’effacer, s’accolant à un mur pour les regarder danser. Il cogitait sur quoi faire pour venir à son aide. Et puis c’est d’instinct, qu’à la fin de la chanson, il alla à leur rencontre. Il devait savoir ce qu’il se trame. Et là il allait faire quelque chose d’inédit, incroyable, fou et surréaliste…

- Monsieur Feuerbach, puis je vous emprunter votre cavalière ?

Cette question n’était qu’en fait une formule de politesse car Kevin était résolu à danser avec son amie. Il n’attendit d’ailleurs pas la réponse. Il inspira fortement pour se donner contenance et courage. Il ne devait pas réfléchir à ce qu’il ferait sinon sa phobie du toucher allait le submerger. Il devait se concentrer tel un danseur qui allait rentrer sur scène. C’était le moment de mettre à profit tous les cours que l’Etoile lui avait prodigués.
D’un geste gracieux, il fit une révérence à l’intention de son amie puis il lui prit sa main pour adopter la posture d’une valse. Jamais, Kevin n’avait eu un contact si proche avec quelqu’un. Fort heureusement, aucune pensée de la danseuse ne l’avait envahi. Mais, il n’avait pas besoin d’être télépathe pour lire sa tristesse et les larmes retenues dans ses yeux. Kevin surmonta sa douleur, cette brûlure fantomatique à l’origine de sa phobie. Il était trop concentré sur son objectif. Tout en dansant, il lui chuchota quelques mots, avec la plus grande douceur.

- Lotte, tu peux poser ta tête sur ma poitrine si tu veux cacher tes larmes. Je suis ton ami et je suis là pour toi. Et si tu veux sortir, tu n’as qu’un mot à dire pour que j’envoie valser cette armoire à glace…

Il lui offrit son plus beau sourire. Cette danse était sans doute la plus grande preuve d’amour que pouvait lui faire Kevin. A cet instant, la danseuse sut qu’elle pourrait toujours compter sur lui et qu’il n’ y aurait pas besoin de passer par des chemins superflus.




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Dim 2 Oct 2016 - 12:26
QU IL PARLE MAINTENANT OU SE TAISE A JAMAIS !

Feat. Groupe

La conversation avec l’Agent de Scoland Yard fut de très courte durée. La jeune femme semblait avoir le diable à ses trousses. Une observation qui tira un sourire ironique à la vieille sorcière. De par beaucoup d’occasions associées au Malin des civilisations humaines. La stigmatisée se volatilisa en quelques secondes, privant son interlocutrice d’une dernière réplique. Nikolas s’en était donc retournée aux côtés du peintre.

Elle fouillait le parc des yeux, sans y trouver les indices qui pourraient étayer son soupçon. Les derniers rayons du soleil disparaissaient à l’horizon lorsqu’elle murmura une sombre prédiction.

- Quelque chose se trame.

Sur ces paroles sibyllines, la dame fit volte-face, pour pénétrer dans la bâtisse, afin d’aller assister au dîner.

À l’égal du reste, un fastueux repas s’annonçait. Bien que les Lampeduza aient été avertis seulement au cours du cocktail, qu’ils étaient comptés parmi les convives du repas, le maître d’hôtel leur proposa une belle table. Strega s’installa, tout en observant l’agencement de la salle. Le plan de table respectait les règles communément admises, de sorte que la noblesse se retrouvait entre elles. Il n’y avait plus qu’un petit tiers des invités présents pour la suite des festivités. Ce qui était bien assez pour solliciter le pouvoir latent de la Prodige.

La salle fut comble en quelques minutes. La chaleur augmenta à son tour que l’air du soir ne parvint guère à apaiser. Nikolas, qui n’était pas de nature fragile, se sentit prise d’un début de malaise. Elle exigea immédiatement un verre d’eau. Un serveur le lui apporta sans attendre. Elle s’en abreuva, gorgée, après gorgée, lentement. L’ouragan, qui avait frappé l’Ecosse quelques semaines plus tôt, avait aussi affaibli le pouvoir de certains prodiges. L’énergie vivotait l’âme ancestrale devait composer avec ce désagrément.

Le teint de la dame, naturellement pâle, vira au diaphane, quand elle identifia la source de sa peine.

- Nous sommes plus nombreux. Vito…

L’approche du milliardaire allemand suspendit la voix de Strega dans l’air. À sa manière de l’aborder, Nikolas le soupçonna d’être un porteur de mauvais augure. L’infirme se pencha pour pouvoir baisser le ton. Les peu de mots échangés firent éclater une colère glacée dans le regard de son invitée. L’invalide se retira tandis que la dame remarqua :

- Il ose me mettre en garde. Lèvres pincées, la Duchesse fouilla la table des yeux. Elle s’empara de la salière la plus proche. Que croyez-vous.

Elle étudiait les visages des voisins, pour débusquer les éventuels prodiges qui auraient pu lui échapper. Aucun d’eux ne dégageait l’onde spécifique des immortels. Nikolas n’y voyait qu’une raison. Celle-ci n’améliora pas son humeur. Elle repoussa sa chaise dans un raclement sinistre.

- Que Maurice me retrouve Wang. Droite, elle se dirigea vers l’une des portes.

Elle poussa le battant et trouva une antichambre. Vide. Nikolas inspecta la pièce. Elle dégagea un espace devant elle. Puis, elle entreprit avec le sel de tracer une figure sur le sol. Le pressentiment qui la hantait n’affecta pas ses gestes experts. Elle acheva le pinacle de fortune, avant de réciter une courte incantation, dans une langue oubliée des Hommes. Une douce lumière émana du dessin.

Strega se raidit d’un seul coup, comme si quelque chose venait de la frapper de plein fouet. Elle battit des paupières. Elle enjamba la figure d’appel et repoussa la porte avec l’attention de se rendre quelque part. Dès qu’elle en passa le seuil elle vit le groupe d’agents arriver dans sa direction. Six soldats équipés, sans compter leur chef d’équipe, ainsi qu’une jeune femme, dont Nikolas se souvenait avoir lu le dossier. Elle fouilla sa mémoire jusqu’à pouvoir remettre un nom sur ces traits d’enfant. Puis son regard noir s’attarda sur la leader dont elle connaissait la réputation.

- Dans ce cas, vous ne verrez pas d’inconvenant à ce que je regagne ma place ? Lui fit-elle remarquer en s’écartant pour rejoindre Beleth.

Au passage de l’escorte les gens s’écartaient. Ils fixaient la Duchesse d’un air altéré. Pourquoi ces hommes armés s’en prenaient-ils à l’une des nobles les plus respectées de l’Arche ? Nikolas se déplaçait avec indifférence, trop consciente de son importance, pour redouter les ennuis. Elle savait que Vertand n’agirait pas contre elle et que Percy se contenterait de la retenir à proximité de Tohum et du Samouraï.

Au moment où ils arrivaient, à hauteur de la table, la créature convoquée par Strega se matérialisa dans le cercle. La chienne enjamba la ligne blanche de sa démarche chaloupée. Elle s’ébroua. Elle huma l’air.

- Va. Ordonna la Sorcière.

Hécate obéit. Elle chercha une sortie extérieure pour aller dans le parc. Elle se faufila dans les ombres du château, pour atteindre celle qu’elle devait protéger. Nikolas eu un fugace sourire en coin. Elle dissimula le tremblement de sa main, prenant le verre de vin rouge auquel elle n’avait pas encore touché. Le sort qu’elle venait de jeter lui avait demandé une bonne partie de ses ressources. Elle déclara pourtant avec esprit à l’intention de sa moitié.

- Mon ami, nous voilà séquestrés par les protecteurs du monde. Nikolas adressa un sourire félin aux deux jeunes femmes mise à la tête de l’escouade. Je suis impatiente d’entendre votre future défense devant la coure suprême.
Strega
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